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Delaf et Dubuc, héros du trash-system hilarant et bénéfique (Les Nombrils 7)
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Delaf et Dubuc, héros du trash-system hilarant et bénéfique (Les Nombrils 7)

Après sept tomes et quasi dix ans de présence, il n’y a plus de doutes à avoir, Les Nombrils est une série en vogue, qui fonctionne plutôt pas mal et a su élargir son public et le diversifier (jugez plutôt: 400 000 fans sur Facebook se prêtant même au jeu du cosplay, impressionnant!). Et passé la couverture très girly de ce nouvel opus, on constate que les aventures de ces trois filles, ces as chacune dans leur genre, ont de quoi réjouir bien plus qu’une bande de teenagers féminines. Mais également tout féru d’humour croustillant et très en phase avec le monde de nos jours. C’est tour à tour drôle, cynique, absolument fort en mesquinerie tout en nourrissant la discussion sur l’état d’une certaine société qui part en live. Et c’en est délicieux.

Découvrez en avant première la bande-annonce du prochain tome des Nombrils, «Un bonheur presque parfait», à paraître le 4 septembre !

Posted by Les Nombrils on vendredi 28 août 2015

Les temps changent et les gens évoluent, les trois mousquetaires, autrefois inséparables, que sont Jenny, Vicky et Karine, vont l’apprendre encore un peu et voir leurs chemins un peu plus s’éloigner. Et les événements récents et dramatique découverts durant le tome 6 (un membre de leur entourage était en fait un dangereux serial-killer) ne vont rien arranger.

Les Nombrils - Tome 7 - Delaf - Dubuc - succès charme

Pourtant, en apparence, les trois jeunes filles s’en sortent plutôt bien, un peu plus débarrassées des liens de l’amitié et raccrochées à ceux de l’amour véritable… à moins que ce ne soit celui sacrifié au credo du paraître? Toujours est-il que de tablettes de chocolat pour Jenny (amourachée de Jean-Franky – oui oui il pourrait sortir de Dikkenek sans problème – fier musclor capable d’arriver torse-nu dans un restaurant gastronome) en grande richesse pour Vicky (qui, avec James, a eu moins de chance, car les muscles n’étaient pas en option); les deux filles semblent se rapprocher un peu plus de leurs standards de couple parfait tandis que Karine tente de remettre sur pied son Albin chéri mais déprimé.

Cela les a-t-il assagies? Pas le moins du monde… et c’est même devenu pire! Et, une nouvelle fois, la vie semble bien décidée à pourrir la vie des trois filles, car l’infidélité rode et va les toucher chacune à sa manière: Jenny est en fait amoureuse du rondouillard Hugo qu’elle n’ose pas montrer en public, Vicky quant à elle s’entiche de… Mégane (la soeur de James!) et Karine… ben Karine n’a une nouvelle fois pas de chance!

Les Nombrils - Tome 7 - Delaf - Dubuc -baiser

Le meilleur tome de la série

De quel machiavélisme ont encore usé Delaf et Dubuc? Question légitime tant les précédents tomes clament haut et fort qu’on peut s’attendre à tout de la part des deux Québécois. Et on n’est pas déçu: de nouveaux thèmes et personnages apparaissent et les deux auteurs ont gardé toute leur maestria à nous prendre à contre-pied.

Les Nombrils - Tome 7 - Delaf - Dubuc - blockbuster

Voilà même sans doute le meilleur tome des Nombrils. Tant son humour « bête et méchant » (et pourtant bien rôdé sans jamais dans la facilité) fait mouche à chaque fois et tant les deux auteurs, de plus en plus adeptes du « Qui sème le vent récolte la tempête », ne se privent pas de faire déferler une véritable apocalypse sur leurs trois héroïnes (qui l’ont un peu mérité). Rarement on a vu des auteurs se moquer autant de leurs propres créations. La plus grande victime en est sans doute Jenny, raillée de toute part car de plus en plus incapable de saisir le moindre sens du second degré.

Dénonciation et désamorce

Car oui, une bombe à retardement, voilà ce qu’est ce septième tome des Nombrils. « Non, Jenny, pas besoin de retourner l’album dans tous les sens pour chercher le fil rouge et le fil vert, c’est une E-X-P-R-E-S-S-I-O-N. » Une bombe à retardement qui va ébranler au plus fort le monde des Nombrils. Et, au fur et à mesure des 50 pages de cet album (tantôt des gags, tantôt des histoires de quelques planches suivant toujours un fil conducteur), le ton monte et l’escalade de violence se fait inévitable. Moins par baffes et par claques (même si Delaf et Dubuc se montrent généreux en yeux au beurre noir), qu’en propos effarants mais devenu monnaie courante entre « djeunes ». Une violence, âpre, se jouant des stéréotypes et jugements en tout genre.

Dix dernières pages magistrales

Une violence qui paraîtrait sans doute scandaleuse, gratuite et malsaine si elle n’était pas un moyen frontal pour mettre le jeune public en face de ses attitudes conflictuelles et méchantes vis-à-vis d’autrui et de les désamorcer dans une sorte de démonstration par l’absurde. On ne saura donc que conseiller ce livre en lecture familiale ou scolaire, avec un cadre d’analyse. Le propos n’est pas grave pour autant et la priorité reste sur le rire.

Les Nombrils - Tome 7 - Delaf - Dubuc - Poker

Et de rire, il en est question, de bout en bout mais encore plus dans dix dernières pages magistrales qui n’ont rien à envier aux grands drames choraux. Mais -sinon c’est pas marrant- avec une grosse pointe d’humour cynique et un renversement de situation aussi inattendu qu’édifiant. À ne pas rater, dans leur trash-system, Dubuc et Delaf sont des maîtres!


Série: Les Nombrils

Tome: 7 – Un bonheur presque parfait

Scénario: Maryse Dubuc

Dessin et couleurs: Marc Delaf

Genre: Humour, Drame

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 50

Prix: 10,60€

Date de sortie: 04/09/2015

Site: www.lesnombrils.com et Facebook

 

Critique par Alexis Seny (sur Branchés Culture)



Publié le 15/09/2015.


Source : Branchés Culture

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