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Jour J : le prince des ténèbres voulait croire que le 11 septembre… n’aurait pas lieu !
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Jour J : le prince des ténèbres voulait croire que le 11 septembre… n’aurait pas lieu !

On ne le sait que trop bien : il y a quelques jours nous commémorions, occidentaux que nous sommes, la plus terrible des attaques contre l’Amérique. La fin du rêve et le début du cauchemar terroriste dans nos contrées qu’on pensait protégées. Sous les gravats, perdu à jamais, un homme qui aurait peut-être pu changer la face du drame et du monde de peur (amplifié par les médias) dans lequel on essaye de nous faire vivre : John O’Neill, un agent du FBI qui avait eu le nez jusqu’en Arabie Saoudite pour suivre l’ombre déjà nauséabonde de Ben Laden et Al Qaïda. Personne ne l’a cru, et voilà où nous en sommes. Qui sait ce qu’il se serait passé si l’avertissement de cet homme avait été pris au sérieux ? Peut-être bien Fred Duval, Jean-Pierre Pécau, Igor Kordey et Jérôme Maffre qui refont l’Histoire en trois actes.

Résumé de l’éditeur : L’histoire suit l’enquête d’un personnage ayant existé, John O’Neill, alias le « Prince des ténèbres », un agent du FBI ayant eu l’intuition que Ben Laden préparait une attaque d’envergure contre les USA et qui trouva la mort dans la destruction des tours du World Trade Center. Que se serait-il passé s’il avait eu l’occasion de traquer Ben Laden et s’il avait pu empêcher l’attaque du 11 septembre 2001 ?

À l’heure où Jean Dufaux annonce la fin des longues (trop ?) séries et qu’il faut être fortiche pour prédire quelle série ira loin (sauf quelques exceptions, chez Dupuis avec FRNCK ou Magic 7 et Grand Angle avec son adaptation de Tout Pagnol), Delcourt réalise des tours de force. Que ce soit avec les séries d’Héroïc Fantasy (chez Soleil, les Elfes et autres Nains) ou ses séries d’anthologie capables de compter très vite (et à la force de synergies d’auteurs qui roulent) un grand nombre de tomes en peu de temps. Comme la collection « 7 » qui se termine sur une troisième saison et un 21ème tome (on revient vous en parler) et la présente série/collection « Jour J » qui, inaugurée en 2010 en compagnie de Russes qui doublaient les Américains dans leur conquête lunaire, compte désormais trente tomes. Soit un rythme de quatre uchronies par an, dans toutes les directions possibles et imaginables et capables de se rapprocher très fort de notre présent.

 

 

 

 

© Duval/Pecau/Blanchard/Kordey/Maffre chez Delcourt

 

C’est encore plus le cas, ici, dans cette trilogie. Avec rigueur, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau font leur enquête sur les prémisses de ce que certains appelleront la fin de l’insouciance et d’aucuns y voient la fin de l’innocence, d’un côté du globe comme de l’autre. Car si le capitole est resté sourd et aveugle trop longtemps ; John O’Neil, surnommé le Prince des Ténèbres (« Satan qui bosse tard et qui s’habille en Gucci »), a très vite fait preuve de perspicacité quant aux terribles événements qui accablent l’Arabie Saoudite dès le 25 juin 1996, lorsque les tours de Khobar explosent, en toute ignominie pour les survivants soufflés, dont les membres ont été arrachés. Commence alors une traque, entre les États-Unis et le territoire de l’obscure Oussama Ben Laden, pour présager du pire et l’empêcher. Mais est-ce raisonnable quand on est seul (ou presque car John sait s’entourer de « combattants » fiables) face aux hauts responsables du bureau ? Peut-être pas, mais John, à couteaux tirés, est prêt à tout sacrifier, à commencer par ses possibilités d’évolution au FBI. Rusé et avec la science du terrain, John et son équipe réduite mais increvable ne pourront pourtant pas éviter tous les pièges tendus sur la route. Entre le sel de l’exploit et l’effroi du spectacle à venir.

 

 

 

 

© Duval/Pecau/Blanchard/Kordey/Maffre chez Delcourt

 

Deux tomes bien différents (en attendant la conclusion, fin novembre), voilà ce que nous propose le trio (assisté par Fred Blanchard) bien rodé qui avait déjà fait ses preuves sur quatre autres tomes de la série. Si le premier se révèle assez fidèle à ce qu’on pourrait attendre d’un biopic de John O’Neill, imposant sa stature de seigneur de guerre courant d’avion en avion. Une mise en situation volubile mais nécessaire avant que ne vienne le traquenard et l’action qui nous entraînent vers un deuxième tome laissant place à une chasse à l’homme doublée d’une course contre-la-montre aux rythmes nettement plus soutenus. Desquelles se dégage immanquablement l’uchronie. Une uchronie bien réelle car finalement bien plus proche du cours de l’Histoire que d’autres précédents albums. Car dans tout attentat manqué ou réussi, le vacillement de la balance d’un côté ou d’un autre se joue à des détails.

 

 

 

 

© Duval/Pecau/Blanchard/Kordey/Maffre chez Delcourt

 

Et détaillée, cette petite histoire qui change le cours de la grande l’est assurément. Rien n’est laissé au hasard tandis que la force, la vigueur et l’expérience (bientôt quarante ans de carrière) d’Igor Kordey qui, sous la bannière des couleurs sobres mais efficaces, à tendance polar de Jérôme Maffre, font le reste. Appuyant le propos aussi bien dans les scènes « de bureau » que dans le feu explosif de l’action. Avec toujours cette gravité, cette intranquillité sur les visages. Sur le nôtre aussi car si la fin de ces deux premiers tomes nous emmène en 2005 et que le 11 septembre n’a pas eu lieu, le pire n’est peut-être pas pour autant évité.

 

Alexis Seny

 

Série : Jour J

Tome : 29 & 30 – Le prince des ténèbres 

Scénario : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau assistés de Fred Blanchard

Dessin : Igor Kordey

Couleurs : Jérôme Maffre

Genre : Uchronie, Thriller politique

Éditeur : Delcourt

Collection : Neopolis

Nbre de pages : 62



Publié le 18/09/2017.


Source : Bd-best

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