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Undertaker tome 3, Dorison dépeint un monstre impitoyable

« - Ils sont tous là. Préparez-vous ! C’est maintenant que l’on construit notre réputation… Et notre clientèle de demain… Ne l’oubliez pas. Discrétion et sobriété, c’est tout ce que l’on nous demande. Et éventuellement un peu d’élégance…ça ne peut pas faire de mal. Vous pouvez ouvrir le rideau, Jonas. Mesdames, Messieurs, la cérémonie va commencer. Si le mari de la défunte veut bien s’approcher. »

            « - Hum… Il arrive, Miss Prairie. Veuillez vous écarter, s’il vous plaît, pour laisser la place…au colonel Charley Warwick ! »

            « - Mais… Mais j’te reconnais, croque-mort ! »

 

            Décidemment, Jonas Crow est connu comme le loup blanc. Mais s’il a l’habitude d’enterrer les âmes, les vieux démons ressurgissent. Alors que Rose et Mademoiselle Lin le secondent pour la banale mise en bière de l’épouse d’un colonel, il s’avère que ce dernier a jadis croisé la route du croque-mort. Warwick lui apprend que Jeronimus Quint, médecin psychopathe, est toujours en vie et que son fils a disparu. Crow entame aussitôt une chasse à l’homme où les rôles de traqueurs et de traqués ne vont cesser de se croiser.

 

 

 

 

 

 

            Après un premier diptyque ayant fait entrer la série directement au Panthéon des meilleures séries de western en BD, les auteurs confirment le coup d’essai en signant un épisode haletant, un album qu’il est impossible de lâcher jusqu’à la fin…de cette première partie. Dorison et Meyer, vous êtes encore plus cruels que votre ogre !

 

            Dorison dépeint un monstre impitoyable. L’ogre de Sutter Camp est un tueur en série sans aucun état d’âme. Pourtant, on lui donnerait le bon Dieu sans confession, lui qui a le look d’un sympathique Père Noël rouquin. Détrompez-vous, Jéronimus Quint a la froideur et l’assurance des plus grands criminels.

 

            Ralph Meyer est à Giraud ce que Giraud était à Jijé : un disciple qui arrive à la hauteur de son maître. Les compositions en forêt sont particulièrement remarquables.

 

            Undertaker est une série qui n’est pas prête de se faire enterrer.

 

 Laurent Lafourcade

 

 

Série : Undertaker

Tomes : 3 – L’ogre de Sutter Camp

Genre : Western

Scénario : Dorison

Dessins : Meyer

Couleurs : Delabie & Meyer

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782505065388



Publié le 30/03/2017.


Source : Bd-best


Momo : Taille XXS pour plaisir XXL

Il y a Momo et Mémé, Mémé et Momo, les deux pourraient faire la paire mais c’est sans compter le désir d’aventure de Momo. Cette petite fille de 4-5 ans (même si on lui a dit qu’elle était une grande fille maintenant) n’a de cesse de passer la clôture pour vivre sa grande aventure. Comme son papa, parti encore une fois, trop longtemps, en mer. Alors là voilà qui toque à la porte des premiers émois, au fil des rencontres avec un trio de petits caïds pas bien méchants ou effrayants, au contraire du colossale poissonnier ou de l’étrange homme des bois qui auront tout fait de lui faire prendre ses jambes à son cou.

 

 

 

 

© Garnier/Hotin

 

Cela pourrait très bien se passer en Bretagne ou au bout du bout du monde (non loin de son phare fort célèbre) car le scénariste Jonathan Garnier et le dessinateur-coloriste Rony Hotin (qui réalisent là leur premier album rien qu’à eux) jouent la confusion. Et sans doute, le décor flou, incertain, participe-t-il à nous retrouver partout et nulle part, tant qu’il y a la mer à proximité. Momo, c’est un mélange déconcertant d’abord avant de nous emporter, de nous enthousiasmer, quelque part entre Nob, pas si loin de Vivès et, quitte à faire des kilomètres, sous le regard bienveillant de Miyazaki.

 

 

 

 

© Garnier/Hotin chez Casterman

 

Mais Rony Hotin, c’est surtout un style bien à lui, qui a déjà fait ses preuves dans le monde de l’animation, et une efficacité et des couleurs redoutables, incisives. Un mélange qui ne peut mieux porter cette histoire qui débute fort bien entre les peurs de l’enfance, son insouciance et bientôt la terrible épreuve. On adhère totalement.

 

Alexis Seny

 

Série : Momo

Tome : 1

Scénario : Jonathan Garnier

Dessin et couleurs : Rony Hotin (Facebook)

Genre : Aventure, Drame, Jeunesse

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 88

Prix : 16€



Publié le 29/03/2017.


Source : Bd-best


Tif et Tondu Intégrale 1 : 1949-1954, une compilation des premiers récits dessinés par Will

« - Ah ! tu prenais un bain ! Mon vieux, habille-toi en vitesse… Je t’emmène !! »

            « - Tondu ! Type d’impatient… d’impulsif… »

            « - Qu’est-ce que tu me racontes là ? »

            « - Ce que je raconte !?... Tondu, mon ami, es-tu prêt à me suivre sur le chemin de la gloire ? (…) Mon cher, j’ai constaté à la lecture des grands maîtres que nous n’étions que des débutants… des amateurs… des fantaisistes… »

            « - Ah !... C’est ça… Et Monsieur se croit déjà le Napoléon des détectives ?!... »

 

Ce dialogue entre Tif, le chauve, et Tondu, le barbu, résume parfaitement les objectifs de cette compilation des premiers récits dessinés par Will.

 

 

 

 

 

Tif & Tondu sont nés en 1938, avec le premier numéro du journal de Spirou. Créés et animés par Fernand Dineur, ils vivent des aventures extravagantes et sans réel fil conducteur, ni intérêt, mais avec un certain charme aujourd’hui désuet.

En 1949, Dineur est prié de prendre un collaborateur afin de moderniser la série. Eddy Pape décline la proposition et le bébé, ou plutôt les bébés, échouent entre les crayons de Willy Maltaite élève de Jijé, laissé orphelin par le départ de son mentor pour les Amériques en compagnie de Franquin et Morris. C’est ainsi que Will s’est retrouvé repreneur de Tif et Tondu sur des scénarii de leur créateur Dineur.

Les débuts de cette reprise furent tout sauf un long fleuve tranquille.

Le Mystère de Beersel demeure inédite jusqu’en 1975 ! Elle ne fut même pas prépubliée dans Spirou. Tif et Tondu y affrontent une bande de faux-monnayeurs. Le pitch est allégrement pompé sur celui de L’île noire. Est-ce le pourquoi du comment ?

 

 

 

 

 

Toujours est-il que ce fut La cité des rubis qui marqua la véritable entrée de Will dans le magazine de Marcinelle. Tondu trouve un message caché dans la maquette d’un bateau. Si ça ne rappelle rien à personne, c’est qu’un certain Secret de Licorne serait passé inaperçu     six ans auparavant. On frise le plagiat. Un prince hindou est prisonnier dans un temple à la cité des rubis. Son poids en bijoux est promis à ses sauveurs. Il n’en fallait pas plus aux deux compères pour partir à l’aventure. Ils affrontent le redoutable Arsène Rupin qui essaiera de prendre sa revanche dans le récit suivant.

Petit à petit, Will acquiert une personnalité graphique. Son trait prend le pas sur celui de Dineur sur lequel il était calqué. San Salvador & Le fantôme des lagunes vont être le premier album de Will, édité sous le titre Tif & Tondu en Amérique centrale. Il sera repris dans les années 80 dans la mythique collection Péchés de jeunesse.

Dineur, pas franchement bon scénariste, est poussé par Dupuis à vendre ses personnages. La villa sans-souci sera son chant du cygne  et il faudra attendre trente-quatre ans avant que l’histoire ait les honneurs d’un album. Dineur ne terminera même pas son histoire dans laquelle le maire d’un petit patelin sollicite la sagacité de l’apprenti détective Tif pour résoudre le mystère d’une étrange villa où se passent des choses pas claires. C’est à Henri Gillain, fort du succès d’Il y a un sorcier à Champignac que sont confiés les rênes de la série. Il clôt La villa sans-souci puis écrit Le trésor d’Alaric qui entrainera nos héros dans une chasse au trésor jusqu’au bout de la botte italienne. Les projets suivants de Gillain, signant du pseudo Luc Bermar pour Tif & &Tondu, furent étrangement refusés par l’éditeur.

 

 

 

 

 

Albert Desprechins, dit Ben, imagine Oscar et ses mystères, une course au trésor (encore) orchestrée par un perroquet volubile. Will y atteint son indépendance graphique. Tif & Tondu y apparaissent tels qu’ils le seront dans l’essentiel de la carrière du dessinateur. Mais Dupuis trouve le scénario trop fantaisiste. Desprechins fut à son tour remercié. Il prendra sa revanche des années plus tard en signant quelques unes des aventures des Petits Hommes.

Il faudra attendre l’arrivée de Rosy pour donner à la série stabilité et succès, mais ça, c’est une autre histoire, un autre « Choc » pour nos héros.

 

Bien que regroupant des œuvres de jeunesse aux scénarios perfectibles, cette intégrale présente un morceau d’histoire des éditions Dupuis et de la carrière de Will, accompagné de la longue et passionnante introduction de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Tif et Tondu

Tomes : Intégrale 1 - 1949-1954

Genre : Aventures

Scénario : Dineur, Desprechins (Ben) & Henri Gillain (Bermar)

Dessins : Will

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 368

Prix : 35 €

ISBN : 9782800160771



Publié le 29/03/2017.


Source : Bd-best


L’érection, derniers actes : certains l’aiment chaud, d’autres carrément… froid

Florent voulait une nuit diabolique. Léa en a décidé ainsi mais pas forcément dans le sens que Florent l’espérait. Dans ce deuxième et ces derniers actes de l’Érection, Jim, Lounis Chabane et Dephine sont toujours en forme pour mettre du piment dans la vie de ce couple théâtral mais de BD.


Résumé de l’éditeur : Léa vient de découvrir que son mari Florent prend du stimulant en cachette pour lui offrir, en cadeau d’anniversaire, une nuit de sexe mémorable. Une bonne surprise pour elle ? Pas si sûr. Florent a-t-il besoin de ça pour lui faire l’amour ? Lorsque la sexy Alexandra s’invite la nuit en pleine crise de couple, que les verres de shots s’enchainent et que Léa, ivre, veut se prouver chez les voisins qu’elle peut encore plaire naturellement, Florent réalise combien la prise d’une petite pilule bleue peut avoir des conséquences insoupçonnables !

 

 

 

 

© Jim/Chabane/Delphine chez Grand Angle

 

Il peut résolument se la coller derrière l’oreille. Si toutes les conditions étaient réunies en cette fin de soirée pour Florent dressé sur sa troisième jambe, il est bien obligé de déchanter. La petite pilule bleue qu’il a avalée n’a pas eu l’effet escompté. Du moins relationnellement, car à l’oeil nu, on distingue bien la bosse qui déforme son pantalon au niveau de l’entre-jambes. Il est dans de beaux draps, Florent. La dispute a éclaté et les reproches se sont accumulés, sans réconciliation jusqu’à maintenant. Et au vu de qui vient de frapper à la porte, elles ne sont pas pour tout de suite ces retrouvailles sur l’oreiller. Léa ne décolère pas, Florent fait ce qu’il peut avec un anorak enroulé autour de sa taille pour camoufler sa proéminence et Alexandra vient d’entrer, en pleurs, fuyant son compagnon pas franchement droit dans ses bottes. Le mélo en duo se fait désormais en trio et comme vous le savez, à trois, l’enfer, c’est les autres ! Et les confidences qui vont avec.

 

 

 

 

© Jim/Chabane/Delphine chez Grand Angle

 

D’accord, c’est pas marrant… c’est hilarant. Jim se révèle habile metteur en scène d’une pièce de théâtre sur les planches bédéphiles et dans les décors luxueux de Lounis Chabane que Delphine fait briller par ses couleurs. Si le premier tome démarrait sur les chapeaux de roues, ces quatre derniers actes font feu d’artifice de toutes les belles promesses dont on n’osait espérer si belle conclusion. Là où tout aurait pu s’arranger, les deux auteurs en rajoutent une couche, non contents de faire sortir Alexandra de ses gongs, ils la font quitter l’appartement. Et les scènes en deviennent encore plus intéressantes. Et n’en déplaise au lourd engin de Florent, tout cela est virevoltant ! Et tant pis pour ses ardeurs, pour les intimes retrouvailles, on verra plus tard. Le lapin chaud sera bientôt froid.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : L’érection

Tome : Livre 2/2

Scénario : Jim

Dessin : Lounis Chabane

Couleurs : Delphine

Genre : Pièce de théâtre, Comédie

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nbre de pages : 72

Prix : 16,90€



Publié le 28/03/2017.


Source : Bd-best


Le train des orphelins t.7,  Xavier Fourquemin est l’un des meilleurs dessinateurs semi-réalistes du moment

« - On a tout oublié de ceux qui sont enterrés ! (…) Je viens quand je peux… Tous ces gens qui n’intéressent plus personne, ça me touche. Vous aussi, apparemment. »

            « - J’arrive à un âge où on fréquente ces cimetières par obligation…puis on se met à y prendre goût. »

            « - Vous avez un caveau de famille ? »

            « - Euh…Oui…Sans doute, quelque part en Irlande… »

 

            Si l’histoire principale de Lisa, Joey, Harvey, Jim et Anna est close, il y a encore des pans de l’histoire de Cowpoke Canyon à raconter. Alors que Coleman brigue la mairie de la ville, Lisa décide de transformer son saloon en école. Soixante-dix ans plus tard, suite à une conversation de radio-amateur avec Louisa, une petite fille gaélique de neuf ans et demi, Joey décide de partir en Irlande. Mais la route est longue et les cimetières sont peuplés de fantômes.

 

            Xavier Fourquemin est l’un des meilleurs dessinateurs semi-réalistes du moment. Il y a un petit goût de Loisel dans son coup de patte. Par ailleurs, cet album est remarquable par la diversité des paysages représentés : la ville de l’ouest, la route américaine perdue, les cimetières, le port et la mer, ou encore les paysages irlandais, que Fourquemin retrouve après les avoir sublimés dans « La légende du Changelling ».

 

 

 

 

 

 

            Philippe Charlot n’arrive pas à abandonner ses personnages…et c’est tant mieux. Il y a tant à raconter encore dans l’histoire de la ville américaine. Harvey, quant à lui, a de nombreuses questions à résoudre pour combler les trous de son histoire personnelle.

 

            Que le train des orphelins continue son voyage sur les rails de la prairie américaine.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Le train des orphelins

Tomes : 7 - Racines

Genre : Drame historique

Scénario : Charlot

Dessins : Fourquemin

Couleurs : Smulkowski

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 978-2-81894-076-1



Publié le 28/03/2017.


Source : Bd-best


 Une génération française tome 1, Eduardo Ocaña nous plonge dans un Paris de milieu du siècle

« - Martin ! Laisse-moi te présenter mon ami Otto Abbetz. »

« - Enchanté ! »

« - Le plaisir est pour moi. Kurt m’a beaucoup parlé de vous. »

« - En bien, j’espère ? (…) La France et l’Allemagne ont beaucoup à apprendre l’une de l’autre. »

« - Exactement ma ligne de pensée. Nous sommes faits pour nous entendre. Je cherche à recruter des jeunes gens instruits afin de promouvoir la politique du IIIème Reich auprès de l’intelligentsia parisienne. Votre rémunération serait conséquente. Seriez-vous intéressé ? »

« - Navré, Monsieur Abbetz, mais je préfère ne pas me mêler de politique. »

 

Paris 1934, Martin Favre traverse les champs Elysées en compagnie de son père. Une manifestation fasciste dégénère. La république est menacée, mais elle se défend.

1938, on retrouve Martin sur les bancs de la Sorbonne. Le Valentin étudie la civilisation germanique et collectionne les conquêtes féminines. Mais c’est d’une autre conquête dont il va se retrouver acteur bien malgré lui : celle des territoires. Le IIIème Reich étend son empire. Le pire n’a pas pu être évité. L’ordre de mobilisation est annoncé. La guerre est de retour.

 

 

 

 

 

Eduardo Ocaña nous plonge dans un Paris de milieu du siècle comme si on y était. Ses angles de vue sont tels que le lecteur est placé au cœur de l’action. Idem pour les scènes de guerre où la boucherie est vécue de l’intérieur. S’il fallait pinailler, ce serait sur la taille des doigts des personnages qui sont parfois trop longs. Le dessinateur excelle dans les émotions : colère, haine, amour, les yeux de ses personnages sont capables de tout dire.

Thierry Gloris, diplômé d’histoire, après la très réussie série « Malgré nous », revient dans les affres de la seconde guerre mondiale. Il nous propose ici une série concept où l’on suivra le parcours de trois français, deux hommes et une femme, durant la seconde guerre mondiale. Dans ce premier volume, il réussit l’exploit de raconter en 46 planches les origines et les premières années du conflit. A travers le destin d’un jeune Français épicurien croisant la route d’un étudiant Allemand et d’un camarade de régiment Juif, Gloris raconte la marche d’une génération sacrifiée sur l’autel de la cruauté.

A l’heure où les programmes scolaires continuent de prodiguer un nivellement par le bas, la bande dessinée est aujourd’hui l’un des meilleurs vecteurs pour s’instruire et éveiller les consciences tout en gardant pour le lecteur, le plaisir de lire une histoire et une Histoire passionnante.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Une génération française

Tomes : 1 – Nous vaincrons !

Genre : Drame historique

Scénario : Gloris

Dessins : Ocana

Couleurs : Saint-Blancat

Collection : Quadrants

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-3020-5976-4



Publié le 27/03/2017.


Source : Bd-best


Des hommes et des femmes sur Mars, le cinéma l’a rêvé, Florence Porcel et Erwann Surcouf y ont été… en Bd

Le monde de la BD semble s’être passé le mot. La bande dessinée du réel (comme j’aime l’appeler afin qu’elle soit la plus ouverte possible aux BD-reportages, -documentaires ou -enquêtes, aux (auto)biographies, aux essais et plein d’autres choses) n’a cessé de se développer depuis un bon paquet d’années. Et il semblerait que depuis quelques mois, elle ait encore passée une vitesse supérieure avec l’apparition de collection dédiée à la compréhension de notre monde. Avec la petite bédéthèque des savoirs du Lombard (ici, là ou encore ici), Sociorama chez Casterman (ici) et, désormais, la collection Octopus, dirigée par Boulet et Marion Amirganian. Une « collection savante qui déploie ses tentacules » qui s’ouvre par un grand voyage entre les mains de Florence Porcel et Erwann Surcouf. Mars, nous voilà.

Résumé de l’éditeur : Ils sont psychiatre, médecin, ingénieur, pilote ou encore botaniste : ce sont les ambassadeurs de la première mission habitée vers Mars. Mais comment réagiraient les humains à 150 millions de kilomètres de la Terre ? Quel lien les unit à Mars ? C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur cette magnifique et dangereuse planète… Un récit de « vulgarifiction » piloté par Florence Porcel et Erwann Surcouf !

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

Avant toute chose, quand je me suis retrouvé avec Mars Horizon dans les mains, je ne savais pas encore que la surprise me guettait. Alors que jusqu’ici, La petite Bédéthèque des Savoirs et Sociorama (pour ne citer que les deux collections qui ont fait pas mal parler d’elles depuis deux ans, possédaient un format bien particulier, immédiatement reconnaissable et, finalement, très « livre de poche » dans sa taille), celui d’Octopus joue sur un autre terrain, ne cherchant pas à se faire remarquer dès le premier coup d’oeil, à la frontière des genres. Si bien que quand la couverture de Mars Horizon fut révélée, au-delà de son format comics, on pensait qu’avec sa couverture très graphique, spectaculaire et rappelant le magnifique « Sunshine » de Danny Boyle, Florence Porcel et Erwann Surcouf, pirate de l’espace, allaient nous livrer un autre thriller dans un espace de tous les dangers.

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

On était loin du compte même s’il y a sans conteste quelques notions de thriller. Et si l’on se méfie souvent des appellations qu’on donne aux livres pour mieux les vendre et parfois insensées, on est bien obligé de se rendre à l’évidence : en parlant de « vulgarifiction », Delcourt vise dans le mille avec cette oeuvre hybride avec un début, une fin et un enjeu, surtout, de vie ou de mort, de succès ou d’échec. Ce qui manque parfois à ces BDs si explicatives qu’elles en oubliaient le suspense. Et sous la question posée par les médias depuis pas mal de temps (et à chaque fois que des scientifiques décèlent des planètes similaires à la Terre), nous voilà en pleine simulation pour un aller(-retour ?) sur la planète rouge. Oh, il s’agit moins du voyage que de l’exploration de ces terres encore méconnues et située à plus de 200 millions de kilomètres de chez nous. Nous sommes en octobre 2080 et les premiers hommes marchent enfin sur les cratères marsiens. Et outre l’émerveillement, il va falloir survivre.

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

Écrit par une des spécialistes de la vulgarisation scientifique et astronomique jusqu’au-boutiste (Florence, paraît-il, ne dirait pas non si elle pouvait s’installer durablement là-haut) et dessiné par un auteur qui a de moins en moins peur de se frotter à l’immensité spatiale (en témoigne son dernier livre, Pouvoirpoint) et encore moins à des thèmes complexes, Mars Horizon se présente finalement comme un récit choral entre trois paires isolées dans trois caissons, trois huis-clos devant l’étendue vertigineuse de l’espace. Il y a Tsi-Ku et Nikash qui font route, dans un véhicule d’exploration baptisé le… Delorean, vers un Cargo balancé sur Mars quelques jours auparavant. Il y a Jeanne (notre interlocutrice dont le but est de rester seule sur Mars quand ses comparses s’en retourneront) et Sam, le médecin, qui surveillent les opérations depuis la base. Puis, il y a Josh, le psychiatre, et Elena, la pilote, du vaisseau Tereshkova resté en orbite mais tout aussi clé dans la réussite de la mission. Encore plus quand il faut gérer les imprévus.

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

Ainsi, durant 120 pages, ces Marsonautes évoluent entre fiction et éléments véridiques pour nous aider à mieux comprendre les enjeux et les caractéristiques. La progression se fait par à-coups, évitant le bourrage de crâne pour mieux faire comprendre les notions qui semblent couler de source pour nous (se parler, se déplacer, faire l’amour) mais dont les paramètres se trouvent totalement faussés sur Mars. Il faut donc se réadapter, réapprendre parfois. Comme cet adaptation ou cette déprime qui peuvent se ressentir une fois éloigné de son élément, de la Terre… mère. Si l’ensemble se complique parfois la tâche dans sa manière de faire comprendre les choses (l’explication de ce voyage, de sa genèse arrive un peu trop tard) et lasse par moment, la passion émerge dans chaque page et le graphisme d’Erwann Surcouf dope le tout sans se croire à Hollywood et sans s’encombrer de détails superflus pour aller droit au but, à l’essentiel et rendre cette BD, avant tout relationnelle, percutante.

 

Alexis Seny

 

Titre : Mars Horizon

Récit complet

Scénario : Florence Porcel (Page Facebook)

Dessin et couleurs : Erwann Surcouf

Genre : Aventure, docu-fiction, science-fiction

Éditeur : Delcourt

Collection : Octopus

Nbre de pages : 120

Prix : 16,50€



Publié le 27/03/2017.


Source : Bd-best


24ème édition du Festival BD de Perros-Guirec

Au programme:

AU PALAIS DES CONGRÈS

• Dédicaces des Auteurs
• Exposition TIGNOUS
• Exposition MICKEY VU PAR RÉGIS LOISEL
• Exposition GAI LURON - PIXEL VENGEUR
• Forums (à L’Espace Forum)
➤ Samedi à 14h30 : « Florence Cestac »
avec Florence Cestac,
débat animé par André Morvan.
➤ Dimanche à 14h30 : « Tignous »
avec Chloé Verlhac,
débat animé par André Morvan.
• Samedi à 17h : Remise des prix du concours “Jeunes Talents”.
• Animations Musicales le samedi avec Batucada Distribilh
• Boutique du Festival
• Billetterie
• Bar

À L’ESPACE JEUNESSE

Sous le chapiteau près de la rotonde

• Dédicaces des Auteurs
La priorité sera donnée aux enfants (de -15ans) pour ces dédicaces

• Vente d’albums des auteurs en dédicaces : Espace Culturel E.Leclerc Lannion
• Pour les enfants : dessins, ateliers, maquillages
• BDs à gagner avec Le Crédit Mutuel de Bretagne

À L’ESPACE EXPOSANTS

Sous le chapiteau en face de la rotonde
• Vente d’albums neufs, soldés, d’occasions ou de collections et de produits dérivés

À LA BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE, centre ville

Entrée libre
• Exposition Concours “Scolaire” avec “Le Trégor”
• Dédicaces de Michel Plessix et Thomas Priou

À LA MAISON DES TRAOUÏÉRO

• Dédicaces des Auteurs
• Vente d’albums des auteurs en dédicaces : Espace Culturel E.Leclerc Lannion
• Dédicaces et Ventes de Fanzines
• Exposition FLORENCE CESTAC
• Exposition MICHEL GOURDON
• Conférence « Michel Gourdon »,
Samedi à 16h et dimanche à 11h, salle de l’exposition Michel Gourdon, présentée par Patrick Bernard, président de l’association “les amis de Michel Gourdon”.
• Exposition Concours “Jeunes Talents” avec “Le Télégramme”
• Boutique du Festival
• Billetterie
• Bar

Auteurs présents :

Laurent ASTIER
BARU
Olivier BESSERON
André BIBEUR-LU
BLŸNT
José-Louis BOCQUET
Olivier BOISCOMMUN
Guillaume BOUZARD
BRUCERO
CATEL
Florence CESTAC
Gérard CLAM
Laëtitia CORYN
Patrick COTHIAS
AL COUTELIS
CRIP
Damien CUVILLIER
DAWID
Romain DUTREIX
Frédéric FELDER
Daniel FUCHS
Bertrand GALIC
Annie GOETZINGER
Christophe HOYAS
Rodolphe HOYAS
ISA
Patricia JAMBERS
JULIEN/CDM
Loïc JOUANNIGOT NEW + BIO
Jean-Charles KRAEHN
KRIS
Willy LAMBIL
Christophe LAZÉ
Christophe LEMOINE
Erwan LE SAËC
Edwige LOUVET
MATTEO
MOBIDIC
Fanny MONTGERMONT
André MORVAN
PIXEL VENGEUR
Michel PLESSIX
Jeff POURQUIÉ
Thomas PRIOU
Philippe STERNIS
Ève THARLET
Didier TRONCHET
Sylvain VALLÉE
Chloé VERLHAC
Laurent VICOMTE


INVITÉE D’HONNEUR 2017

FLORENCE CESTAC

À LA MAISON DU LITTORAL

à Ploumanac’h, en face du phare par rapport au sentier des douaniers

• Exposition NUIT NOIRE SUR BREST

Album Lauréat du Prix BD Maritime 2017 Le Télégramme et le Festival. BD scénarisée par Bertrand Galic et Kris, et dessinée par Damien Cuvillier.
Accessible de de 10h à 12h et de 14h à 17h, le samedi et le dimanche, également ouverte au public (entrée gratuite) du 3 avril au 28 avril, du lundi au vendredi de 14h à 17h.

PROMENADE DE TRESTRAOU

• Exposition ENTRE TERRE ET MER - PASCAL BRESSON - ERWAN LE SAËC

LA ROTONDE
• Billetterie

Horaires de 10h à 18h30 les deux jours

Plusieurs lieux dans la ville de Perros-Guirec

Contact : Téléphone +33 (0)2 96 49 02 45 e-mail festivalbd@perros-guirec.com

web : www.bdperros.com


Pays : France

Date de l'événement : du 08/04/2017 au 09/04/2017.

Publié le 24/03/2017.


Source : Bd-best


Schtroumpfs : fini de rire, les filles arrivent

Ils sont bleus, ils portent un chapeau blanc et ils vont bientôt se rendre compte, après des années d’ignorance, qu’ils ne sont pas les seuls… Schtroumpfs (puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit). Et que la Schtroumpfette n’est plus la seule représentante de la gent féminine. Révolution en vue ? Toujours est-il que c’est le pitch du troisième film hollywoodien (et – soulagement – cette fois totalement en animation) consacré aux petits hommes de Peyo par Kelly Asbury (Spirit, Gnoméo et Juliette, Shrek 2).

Un film qui fait fi du Syndrome de la Schtroumpfette (quand une héroïne est seule, désespérément seule dans un univers qui ne compte que des hommes) comme d’aucuns l’appellent, semble prendre le parti des femmes qui se révèlent être des guerrières sans peur et qui risquent bien d’abattre mur et frontières dans l’espoir de faire cohabiter les différences. Les bases étaient trop bonnes que pour ne pas lancer une série dérivée. Celle-là même dont le premier album paraît quelques jours avant le film auquel il fait… suite. Bizarre, vous avez dit schtroumpfement bizarre ?

 

 

 

 

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

 

Nouvelle forêt, nouveau monde, nature saisissante et espèces inconnues, voilà le menu de ce spin-off qui en perd un peu son… Schtroumpf. En effet, on a l’impression que les bientôt sexagénaires parle de plus en plus français et tronque de moins en moins les mots. Pour le reste, c’est une somme de récits courts dans cette forêt aussi interdite que prometteuse que nous font découvrir l’équipe emmenée par les scénaristes Alain Jost et Luc Parthoens, les dessinateurs Alain Maury, Jeroen de Coninck, Miguel Diaz et Laurent Cagniat et le coloriste Paolo Maddaleni. Des habitués, donc, pour la plupart.

 

 

 

 

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

 

Harry Potter n’a pas le monopole de la forêt interdite et, graphiquement, celle des hommes bleus un régal. Mais comme on n’a pas eu la chance de voir le film, on s’est retrouvé un peu perdus pour apprécier cet album à sa juste saveur même s’il est sans réel enjeu notoire. Reste que ces Schtroumpfs-là jouent sur du velours mais osent aussi un petit vent de révolution et de féminisme.

 

 

 

 

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

 

Avec du caractère, s’il vous plaît. Les Schtroumpfs costauds, à lunettes ou maladroit ne sont que les premiers de la liste de ceux qui en ont fait les frais. Bon, pour le prochain tome, on ne serait pas contre une longue aventure pour exploiter tout ça avec un peu plus de fond. Et que ça schtroumpf !

 

Alexis Seny

 

Série : Les Schtroumpfs & le village des filles

D’après l’univers créé par Peyo

Tome : 1 – La forêt interdite

Scénario : Alain Jost et Luc Parthoens

Dessin : Alain Maury, Jeroen de Coninck, Miguel Diaz et Laurent Cagniat

Couleurs : Paolo Maddaleni

Genre : Histoires courtes, Aventure, Humour, Jeunesse

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€

 

 



Publié le 24/03/2017.


Source : Bd-best


La loi de l’Ouest sauvage continue de sévir, et gare à qui convoitera l’or de Morrison

Nous vous avons pas mal parlé de westerns, ces derniers temps. Devinez quoi ? Ce n’est pas fini. On en a encore sous le pied. À commencer par le premier tome du diptyque de Roger Seiter et Daniel Brecht, L’or de Morrison. Ou comment, sur les vestiges de la guerre de sécession, un officier sudiste bien aidé va mettre au point un plan sans faille (du moins, il le croit) pour dérober la coquette somme de 350 000 $. Tout un programme et une chevauchée quasi… fantastique.

Résumé de l’éditeur :  Même s’il a servi un drapeau qui aujourd’hui n’existe plus, le Colonel Marion Michaël Morrison n’en reste pas moins un excellent officier et le plan qu’il a conçu n’a aucune raison d’échouer. Avec ses hommes, il va attaquer ce fichu train, mettre la main sur les 350 000 dollars qu’il transporte, puis traverser la montagne pour rejoindre San Francisco et sauter sur le premier voilier en partance pour l’Australie. Une fois là-bas, lui et ses compagnons pourront enfin recommencer leur vie sur de nouvelles bases.

 

 

 

 

Recherches de personnages © Seiter/Brecht

 

Tout était pourtant bien en place, les hommes ne manquaient pas pour faire face à un cheval de fer bien gardé. Non, vraiment, tout était réglé comme du papier à musique (morriconienne, bien sûr), toutes les traces effacées pour un meilleur nouveau départ, mais qu’est-ce qui a bien pu dérailler ? Bon, c’est vrai que sous les pas des chevaux lancés à toute allure, la poussière ne manque pas de… glisser quelques grains de sable dans la mécanique infernale des forfaits les plus audacieux. La loi d’un Ouest Sauvage qui ne fait de cadeau à personne, quel que soit le côté du drapeau que vous chérissez.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

En ce cowboy fringuant et flinguant vers tous les genres qu’est Roger Seiter, ce jeune auteur qu’est Daniel Brecht (né en 1958 mais qui a attendu… 2013 pour publier son premier album) a trouvé un bon allié pour le conforter dans la poussière, le sang, les cavalcades et les gunfights qui font les grands westerns. Ici, comme dans les fromages belges, il y en a pour tous les goûts. Tous les éléments sont réunis : des Apaches très en colère, deux camps rivaux, l’appât du gain, une folle course-poursuite et une pluie de détonations. Quant à savoir dans quel camp le lecteur se situera, il le doute est permis. Et quitte à choisir, ne choisissons pas, exaltons nos envies de nous encanailler.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht

 

Car, au pays des canyons et des terres sauvages à perte de vue, Seiter et Brecht se sont trouvés, créant, dans un vieux pot culturel commun (comme il se doit pour les meilleures soupes), des personnages faits dans le meilleur bois, de ceux qui n’ont rien à perdre, et les emmenant dans une aventure sans temps mort. Après tout, ce n’est pas parce que le train est braqué qu’il doit arriver en retard ! Dans un écrin classique, Daniel Brecht (pas si loin d’un Denis Bodart) réussit à imposer un peu plus sa marque de fabrique faite d’expressivité, d’action, d’un cadrage qui fait mouche… Du spectacle qui ne met pas en péril son histoire, quoi ! Que demande de plus le peuple des hautes plaines ? Celui-là même qui sera servi deux fois puisqu’en mai, Brecht reviendra (avec Philippe Nihoul), cette fois, pour le premier tome des Ombres de la Sierra Madre chez Sandawe (extraits ci-dessous).

Alexis Seny

 

Titre : L’or de Morrison

Tome : 1/2

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Daniel Brecht

Genre : Western

Éditeur : Éditions du Long Bec

Nbre de pages : 54 ( + dossier de huit pages)

Prix : 16,50€



Publié le 24/03/2017.


Source : Bd-best


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