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Les Beaux étés, tome 2: pas de coup de soleil, mais un gros coup de coeur

Ça y est après les inondations, la grisaille et tout le reste, on aborde tout doucement le bel été. Et comme l’année passée, notre coup de coeur BD va aux Beaux Étés de Zidrou et Jordi Lafebre. Alors que le premier tome était paru en septembre (pour célébrer l’été indien, diront certains), cette fois les deux auteurs ont pris un peu d’avance, histoire de prendre des couleurs même avant le  juin. Le plaisir de retrouver la Famille Faldérault sur la route (parfois tumultueuse) des vacances est intact, si pas encore plus grands. Direction la Calanque sur, entre autres, un célèbre air répétitif des Beatles.

 


Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - barque

 

 

 

Résumé de l’éditeur: Dans ce deuxième tome des Beaux Étés, Zidrou et Lafebre remontent le temps : les Faldérault et leur 4L rouge ont quatre ans de moins. 1969, cap au Sud ! Le Sud, certes, mais le voyage sur les petites routes a aussi toute son importance : le dernier café avec Pépé Buelo avant le départ, le champagne pour les 100 000 km de Mam’zelle Estérel, les pauses pipi, les pique-niques, le camping… avant de rejoindre les calanques paradisiaques de la Méditerranée ! Des moments précieux pour lesquels il est bon de prendre son temps…

 

 

Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - Lecture

 

 

Obladi, Oblada, comme une formule magique. Dans une interview, Jordi Lafebre nous avait confié écouter les Beatles sur la route des vacances, le voilà exaucé avec une bande-son du tonnerre offerte par quatre scarabées dans le vent. Et quitte à être dans le vent, autant aussi l’être au soleil en cette belle année 1969.

 

 

Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - Planche (13)

 

 

Le vent de la contestation est retombé mais la fougue des cinq Faldérault est toujours au beau fixe. Enfin, toujours… Déjà, plutôt! Car fidèle aux conditions de leur série (qui impose de sortir d’une bande dessinée dont les héros ont percé le secret de la jeunesse éternelle et de l’anti-vieillissement), Zidrou et Lafebre ont décidé de retourner dans le passé. Avec toutes les règles et challenges que cela impose.

 


Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - Gainsbourg

 

 

On pense notamment à l’immense travail de charac-design du dessinateur. Car si on passe de six à cinq personnages et que les parents ne changent pas vraiment (quoique, on dirait bien qu’un petit être se cache dans le ventre de Madame, serait-ce Pépète?), il s’agit de rajeunir les trois enfants. Puis, on ne soulignera jamais assez le talent de Lafebre à faire ressentir cet air de famille sur chacun des visages de cette petite famille, incarnation parfaite du bonheur simple et naturel.

 

 

Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - Pastis

 

 

Pour le reste, Zidrou et Jordi déroulent le tapis rouge à toute une série de saynètes cocasses mais jamais cliché et réveillant quelques vieux souvenirs endormis en chacun de nous. Les clins d’oeil coulent de source: le métier d’auteur de BD, un Eddy Merckx en pleine forme, un auto-stoppeur hippie et en route pour Katmandou en passant par la conquête lunaire et un pastis bien mérité. Les Beaux étés est l’archétype même du récit qui se laisse vivre, bien vivre. Sans passage en force et avec une insouciance bénéfique. Et à l’aventure, la petite famille est douée pour faire des rencontres à son image, chouettes et sans compter.

 

 

Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - calanque recherches Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - Calanque

 

 

C’est comme ça que les Faldérault échouent sur ce petit îlot perdu entre le flot azur et la falaise protectrice. De quoi augurer de belles plages et planches de bonheurs, portée par la terrible efficacité de Jordi Lafebre. Le prodige espagnol livre ainsi des dessins de haute facture, ayant trouvé le juste équilibre en simplicité et maestria, et remarquable d’inventivité (ça commence par la couverture quasi-stroboscopique).

 

 

Les beaux etes - Tome 2 - La Calanque - Zidrou - Lafebre - cosmonaute

 

 

Non, sans exagération, ce deuxième tome, non content de monter en puissance, fait partie de ces ouvrages qui font soleil dès qu’on y plonge et installe leurs rayons sur les visages des lecteurs. Ne vous étonnez pas si vous bronzez, c’est normal, vous êtes fin prêt à vivre vos vacances, tout en authenticité.

 

Alexis Seny

 

Série: Les Beaux Étés

Tome: 2 – La Calanque

Scénario: Zidrou

Dessin: Jordi Lafebre (Facebook)

Couleurs: Jordi Lafebre et Mado Pena

Genre: Chronique familiale, Humour

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 56

Prix: 13,99€



Publié le 13/06/2016.


Source : Bd-best


Le coeur de l’ombre, cauchemars rêvés et lumineux!

Ça, c’est un coup de coeur! Inventif et totalement créatif sur le fond comme sur la forme, Le coeur de l’ombre de Marco d’Amico, Laura Iorio et Roberto Ricci nous propulsent dans l’envers et l’enfer de nos peurs. Inventant ce qu’il se passe quand le noir s’empare des chambres d’enfant et que surgissent les monstres qui peuplent les histoires culturelles racontées aux gosses pour s’endormir. 

 


Le Coeur de l'ombre - d'Amico - Ioria - Ricci - Monstres

 

 

Résumé de l’éditeur: Luc a 10 ans, et il a peur de tout, surtout de l’Uomo nero, sombre héros d’une berceuse que lui chante sa grand-mère italienne. « Idioties ! » s’exclame son père. Pourtant, Luc n’a peut-être pas tort d’avoir peur… Avec ce one shot, Marco Cosimo d’Amico nous plonge au tréfonds de nos terreurs enfantines. Un voyage entre le merveilleux et l’univers des cauchemars que Roberto Ricci et Laura Iorio mettent en scène comme un théâtre d’ombres aux ambiances fantasmagoriques.

 

 

Le Coeur de l'ombre - d'Amico - Ioria - Ricci - foret noire

 

 

On connaissait le croque-mitaine dans nos contrées, et mine de rien, avec Le coeur de l’ombre, le trio magique autant que maléfique nous emmène à la découverte du patrimoine horrifique italien et de l’Uomo Nero, pas si diabolique qu’il n’y paraît mais ayant besoin des peurs enfantines pour survivre. Comme tous les autres monstres qui hantent l’ombre grisâtre du monde de la peur. Question de chaîne alimentaire. Et voilà que Paul, l’enfant le plus peureux de l’univers s’aventure dans la bouche de cette ombre peut-être encore plus insidieuse que le diable en personne.

 

 

Le Coeur de l'ombre - d'Amico - Ioria - Ricci - Confrontation monstres

 

 

Expérience narrative autant que puissamment graphique, Le coeur de l’ombre fait partie de ces BD’s qui retournent, bouleversent, font passer par tous les sentiments. Obscurcissant les rires et drôleries laissées par Monstres et Cie, les trois auteurs livrent une odyssée entre imaginaire et réalité et puisent, entre ici, le Tibet ou le Mexique, le meilleur de l’ombre tout en n’oubliant pas d’éclairer le tableau et de lui donner des reflets d’une éclatante lumière. La forme est acquise au fond et le graphisme, à couper le souffle, variant les styles (ce passage divin où les héros se retrouvent dans un ciel dessiné par des enfants) et les couleurs vivaces.

 

 

Le Coeur de l'ombre - d'Amico - Ioria - Ricci - Dessin enfant

 

 

Avec une vision toute personnelle du deuil et de la peur, Le coeur de l’ombre se révèle bien moins horrifique qu’enchanteur. Une oeuvre qui mérite sa place aux-côtés des grandes oeuvres prenant comme terreau les rêves et l’imaginaire enfantin. Disons, entre Peter Pan et Pinocchio, non loin de Mister Jack et d’Alice au pays des merveilles (encore plus celui de Lacombe). Horri-féérique.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le coeur de l’ombre

Récit Complet

Scénario: Marco d’Amico et Laura Ioro

Storyboard: Roberto Ricci

Dessin: Laura Ioro

Couleurs: Laura Ioro et Roberto Ricci

Traduction: Claudia Miggliaccio

Genre: Aventure, Fantastique

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 104

Prix: 17,95€



Publié le 02/06/2016.


Source : Bd-best


Histoire de la naissance de l'État d'Israël partagée par Marvano

L'armistice du 8 mai 1945 signe la fin de la Deuxième Guerre mondiale. En Europe, les armes se sont tues, les camps ont été libérés. En 1947, la résolution 181 des Nations Unies adopte la partition de la Palestine en deux États – juif et arabe. Pourtant, le sang continue de couler. À travers le destin de Leslie Toliver, membre de la Brigade juive, Marvano raconte avec justesse le long chemin qui permit la création d'Israël. Un chemin parsemé d'attentats, de morts, de haine et de peur. La guerre, toujours.

Le premier tome de La Brigade Juive (Jewish Brigade Group of the British Army - חטיבה יהודית לוחמת, חי"ל) évoquait l’histoire d’une des unités les moins connues de l'armée britannique composée de volontaires Juifs. Elle a combattu pendant la seconde Guerre mondiale en Italie contre les puissances de l’Axe. À la fin de la guerre, des soldats de la Brigade juive ont organisé l’assassinat de plusieurs responsables et collaborateurs nazis.

 

Représentés dans la BD par Leslie et Ari, le second tome s’attarde plus particulièrement sur la découverte des camps de concentration et des exactions commises par les nazis contre les populations Juives. L’auteur, Marvano, y évoque les thèmes de la vengeance, de la justice et de l'identité en posant la question du sens donner à la vie après l’Holocauste. Lors de ce second tome, les chemins pris par Ari et Leslie se séparent, le premier guidant les Juifs survivants des camps de concentration situés en Europe de l’est en organisant leurs entrées clandestines vers une terre promise; le second poursuivant sa chasse contre les criminels nazis en gardant l’espoir de retrouver les siens.

 

 

 

 

 

 

 

Le troisième tome nous entraine en Palestine, quelques jours avant le 14 mai 1948 (date de fondation d’Israël). A partir du 30 novembre 1947, suite au Plan de partage de la Palestine (résolution 181 des Nations Unies) toujours sous mandat britannique, une guerre civile éclate opposant d’une part des organisations armées juives et d’autre part des irréguliers palestiniens aidés par des volontaires arabes. Le 15 mai 1948, date de la fin du mandat britannique, commence la première guerre israélo-arabe avec l'intervention militaire de la Ligue arabe contre Israël et l'envoi de corps expéditionnaires égyptien, syrien, irakien et transjordanien en Palestine. C’est cette partie de l’histoire de la création d’Israël que Marvano nous propose en suivant les pas de Leslie Toliver.

 

 

 

 

 

HATIKVAH, le titre de l’album est le nom de l’hymne national israélien signifiant en français L'ESPOIR. Une série plus particulièrement destinée aux adolescents et aux adultes avec une relecture nécessaire permettant à chacun de découvrir l’ensemble des détails disséminés tout au long du récit et la qualité du travail effectué par le dessinateur scénariste.

 

 

 

 

NB : la Brigade juive fut officiellement fondée en Palestine le 20 septembre 1944. Elle comptait 5 000 combattants, et fut envoyée en Europe, où elle servit durant la campagne d'Italie. Les membres de la Brigade ne se limitaient pas aux populations juives originaires de Palestine : des Juifs venus de nombreux pays pour se réfugier en Palestine rejoignirent l'unité, une cinquantaine de nationalités étant représentées en son sein. Lors de la Seconde Guerre mondiale environ 30 000 volontaires juifs de Palestine servirent aux côtés des forces britanniques et plus de 700 furent tués en service. L'unité militaire fut officiellement dissoute à l'été 1946. Certains de ses membres rejoignirent ensuite les mouvements sionistes armés pour combattre au cours de la Guerre de Palestine de 1948.

 

Alain Haubruge

 

La brigade Juive T.3 HATIKVAH

48 pages

27-05-2016

13,99 €

EAN.

9782505065319



Publié le 31/05/2016.


Source : Bd-best


L'aviateur, le parcours d un adolescent en Afrique orientale allemande

Le sud-est de l'Afrique, durant la Première Guerre mondiale. Josef vit avec son père, un pasteur allemand, dans une région dominée par l'Allemagne. Lorsqu'il rend visite aux autres colons disséminés dans l'immensité de ces terres, le pasteur se déplace en avion. À ces occasions, il initie son fils au pilotage. Un jour, à la suite d'une violente dispute, Josef s'enfuit à bord de cet avion, sans réaliser que la guerre fait également rage dans cette région d'Afrique ! Cet album sera précédé d'un prologue qui fait le lien entre Tanguy-la-Vie-Dure, qui apparaît dans Tramp, et Josef.

 

 

 

 

Pas besoin d’avoir lu la série Tramp afin d’apprécier à sa juste valeur cette nouvelle aventure. En effet, le scénariste présente un prologue permettant aux lecteurs d’effectuer le lien entre Josef présent dans ce volume et Tanguy Monval alias Tanguy-la-vie dure présent lui dans les pages de Tramp. L’aventure débute lorsque Tanguy la vie dure confie une série de carnets dans lesquels il a pris des notes et croquis au commandant Yann Calec. Ce dernier débute la lecture du premier carnet présentant le premier chapitre de la vie de pilote de Josef.

 

 

 

 

 

1917, Afrique orientale allemande, le pasteur Lother accompagné de son fils Josef fait la tournée des malades aux commandes d’un Albatross B.2. En compagnie de son père, Josef fait l’apprentissage du pilotage en même temps que l’étude pratique de la médecine. Alors qu’ils se trouvent chez les Backer, Josef tombe sous le charme de Silke, la maitresse de maison et femme de Klaus Backer. Par défi, Josef accepte la demande faite par Silke afin d’effectuer la réparation du moteur d’un tracteur immobilisé depuis plusieurs années. Lors l’arrivée de Josef à la ferme, Silke est absente pendant plusieurs jours, et lui est logé et confiné dans la grange où se trouve le tracteur. Lorsque Silke fait son apparition dans la grange, elle a été battue par le contremaitre Hansel et se jette directement dans les bras du jeune Josef. Tous deux consomme leur amour lorsqu’ils sont interrompus par le mari trompé accompagné du contremaitre Hansel. De retour à la maison, Josef est placé au mitard. C’est là qu’il apprend de la bouche de son père le « suicide » de Silke. Fou de chagrin, il décide de venger la mort de cette dernière en volant l’appareil de son père pour une expédition punitive sur la ferme Backer et par la même occasion profite de l’occasion pour rejoindre son oncle dans les forces armées allemandes en Afrique. Soixante-quatre pages présentant de l’action sur fond de paysages de savanes africaines. Les dessinateurs (Erik Arnoux & Chris Millien) réussissent le pari de nous présenter au travers d’un dessin réaliste l’aventure d’un jeune adolescent découvrant l’amour et la mort. Une agréable surprise pour un premier tome dont la lecture ravira les amateurs d’aventures exotiques.

 

 

 

 

NB : De 1914 à 1918, l’Afrique orientale allemande est perturbée par la Première Guerre mondiale. En 1917, la côte Est sera définitivement prise par les Britanniques tandis que l'ouest du pays était déjà conquis par les Belges dès 1916. Lors de la défaite en 1918, la région devient un mandat de la société des Nations (SDN). En 1921, le Tanganyika sera confié aux Britanniques tandis que les Belges hériteront du Ruanda (Rwanda) et Urundi (Burundi). L'ensemble des colons, enseignants, missionnaires et militaires allemands, seront expulsés en janvier 1919. De nombreux colons allemands partiront vers l'Afrique du Sud.

 

On ne peut pas parler d’Afrique orientale allemande sans évoquer le parcours militaire du général von Lettow-Vorbeck, responsable de l’armée allemande lors du premier conflit mondial. Malgré le fait que son armée était en nombre inférieur par rapport aux autres belligérants (Anglais, Belges, portugais et Sud -Africains), elle a infligé plusieurs défaites cuisantes à ses adversaires. Ils remportèrent leur ultime victoire en Rhodésie avec la prise de l’importante ville de Kasama, le 13 novembre 1918, deux jours après l’Armistice. Le 23 novembre 1918, lorsque les rumeurs d’armistice en Europe furent confirmées, le général von Lettow-Vorbeck se rendit avec son armée invaincue aux forces britanniques de Smuts, soit douze jours après l'armistice conclu en Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article par : Alain Haubruge

Série : L'Aviateur

Titre: L'envol

Scénario : Jean-Charles Kraehn

Dessins : Erik Arnoux - Chrys Millien

Genre : Aviation

Éditeur : Dargaud

  Prix de vente : 14,99 €

ISBN : 9782205073805



Publié le 18/05/2016.


Source : Alain Haubruge


Africa Dreams, les Charles et Bihel nous offrent le dénouement de la saga

Le roi Léopold II de Belgique n’était jamais allé au Congo. C’est sa colonie qui devait venir à lui. Lors de l’Exposition universelle de Bruxelles, trois cents Congolais venus d’Afrique sont répartis dans trois « villages » dans le parc de Tervuren… un véritable zoo humain. Au Congo, Paul met de l’ordre dans sa vie privée et découvre de nouvelles perspectives prometteuses pour la plantation. De leur côté, Morel et Casement continuent leur campagne d’information. Aidés par le vice-consul Thesiger qui, dès son retour en Grande-Bretagne, dépose un rapport accablant sur les exactions commises par la Compagnie caoutchoutière du Kasaï. C’en est trop pour Léopold. Un nouveau décret stipule désormais que tout propos calomnieux envers un fonctionnaire du Congo sera passible d’une amende, voire d’un emprisonnent. Les presbytériens sont dans la ligne de mire. Sheppard va être jugé. Pour la première fois, un Noir aura droit à un procès colonial.

 

Quatrième et ultime chapitre de ce témoignage livré par Africa Dreams. On ne peut qu’admirer et féliciter les auteurs pour l’exactitude de leur récit ainsi que le formidable travail de recherche effectué. Basée sur une énorme documentation, la saga aura mis six années avant d’être clôturée, mais l’attente en valait la peine. Les représentations signées par Bihel renforcent l’impact du récit. Le choix judicieux des couleurs correspond exactement à l’ambiance générale reflétée par l’histoire. Une histoire racontée en quatre tomes présentant un visage totalement différent du roi bâtisseur que l’on nous a enseigné lors de nos études primaire.

 

 

 

 

Mis à mal par les puissances industrielles extérieures, Léopold II a de plus en plus de difficulté à cacher à l’opinion publique les exactions commises dans l’état indépendant du Congo (E.I.C) dont il est propriétaire. De 1883 à 1886, il avait prélevé sur sa fortune personnelle près de 10 millions de francs-or. C’était un homme riche, mais pas assez afin de supporter seul l’ensemble des dépenses nécessaires au développement de l’E.I.C. Il voulait tirer des richesses du Congo, et non se ruiner. De 1885 à 1889 l’E.I.C ne lui rapportant presque rien, il s'aperçut que la construction du Congo allait épuiser son ample fortune. En 1890, le parlement belge lui octroya un crédit de 25 millions de francs belge dans la perspective d'un futur transfert de souveraineté de l’E.I.C en faveur de la Belgique. Le crédit se révéla très vite insuffisant, et le parlement belge vota le 29 juin 1895 un second crédit de 6,8 millions. La somme totale des prêts consentis par la Belgique fut de l'ordre de 32 millions de francs-or. Le roi se trouva en difficulté avec les prêts contractés, avant que les investissements consentis au Congo ne soient rentables avec le début du succès mondial sur le caoutchouc dans les années 1890. Les prix grimpèrent en flèche à chaque nouvelle innovation impliquant son utilisation. À la fin des années 1890, la récolte de caoutchouc avait de loin dépassé l'ivoire en tant que principale source de revenus du Congo. Le sommet de cette exploitation intervint en 1903, lorsque le prix du caoutchouc arriva au plus haut. L'ouverture en 1898 de la ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville permit de convoyer rapidement et à peu de frais les marchandises de et vers l'intérieur du pays. Les compagnies concessionnaires congolaises durent cependant rapidement faire face à des concurrents originaires de l'Asie du sud-est et de l'Amérique latine, lorsque les plantations d'hévéas se multiplièrent dans d'autres contrées tropicales plus exploitables, généralement aux mains de firme britannique rivale. C'est alors que les prix du caoutchouc commencèrent à chuter. La compétition amena à abuser du travail forcé afin d’abaisser les coûts de production. Pendant ce temps, le coût du recrutement de la main- d'œuvre grignotait les marges bénéficiaires, qui diminueraient aussi par l'épuisement de la matière première. Avec la montée de la concurrence pour le marché du caoutchouc, la gestion privée de Léopold II devenait vulnérable aux attaques des autres nations, en particulier du Royaume-Uni.

 

 

 

 

En septembre 1891, Léopold II décréta un arrêté changeant complètement sa politique commerciale au Congo. L’arrêté affirma : « Lépold II, roi des Belges, souverain de l'État Indépendant du Congo […] vu les grandes dépenses de premier établissement et la nécessité d'entretenir de bonnes relations avec les chefs et les indigènes ; sur la proposition de notre secrétaire d'État à l'Intérieur, nous avons décrété et décrétons : article 1, Les commissaires de districts de l'Oubangui-Ouellé et de l'Oruwimo-Ouellé et les Chefs des expéditions du Haut-Oubangui et Ouellé et du Haut-Ouellé, sont autorisés à prendre les mesures qui seraient urgentes et nécessaires pour conserver à la disposition de l'État les fruits des terrains domaniaux, notamment l’ivoire et le caoutchouc. Article 2, notre secrétaire d’État à l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent décret, qui entrera en vigueur à la date de ce jour. ». Léopold II, qui se tenait jusqu'alors en retrait de l'exploitation commerciale du Congo, s'arrogeait ainsi le monopole d'une grande partie de l'E.I.C. Dès novembre 1890, le capitaine Coquilhat est envoyé par Léopold II pour remplacer le major Cambier à la tête du gouvernement local, avec pour mission principale de mettre sur pied l'organisation nouvelle qui allait être donnée à la politique économique de l'État de façon à contrecarrer le libre exercice des droits des indigènes et l'action du commerce privé. Cette exploitation en régie par les agents de l'État devait rapidement amener dans le Trésor vide de l'État, via la création de sociétés d'exploitation commerciale et la mise à disposition de la force publique au service de la levée de l'impôt indigène, des millions de francs-or. Sur le terrain, pour les natifs de la région, l'arrivée de la civilisation européenne allait tourner au pire des cauchemars.

 

 

 

 

 

Entre 1895 & 1900, l'État indépendant du Congo (E.I.C) fut l’objet d'une campagne anti-congolaise qui s'exprima par différentes voix. Celle d’Edmund Dene Morel fut la plus virulente et une des plus connues. Morel, ancien employé d'une compagnie de transport de Liverpool, devenu journaliste d'investigation à temps plein, publia de nombreux textes contre l'E.I.C. souhaitant la fin du monopole de Léopold II. Dans le magazine américain Times du 18 novembre 1895, le missionnaire américain Murphy écrit : « La question du caoutchouc est au cœur de la plupart des horreurs perpétrées au Congo. Elle a plongé la population dans un état de total désespoir. Chaque bourg du district est forcé d'en apporter une certaine quantité tous les dimanches au quartier-général. Le caoutchouc est récolté par la force ; les soldats conduisent les gens dans la jungle ; s'ils ne veulent pas, ils sont abattus, leurs mains sont coupées et portées comme trophée au commissaire.». En 1900, le chef de poste de Libokwa (Tilkens), écrit dans une lettre qui sera citée plus tard par Emile Vandervelde à la chambre: « Déjà, j'ai dû faire la guerre à trois reprises contre les chefs de tribus qui refusent de prendre part à ce travail. Les gens préfèrent mourir dans la forêt. Si un chef refuse, c'est la guerre, et une guerre horrible – des armes à feu contre des lances et des armes blanches.».

Une campagne de presse enflamma des journaux italiens qui publièrent en juin 1905, une interview du lieutenant Pietro Nattino qui avait servi dans l'E.I.C: « Je considère l'État du Congo, pas du tout comme un État, mais comme une bande de marchands d'esclaves qui, tout en prétendant répandre la civilisation, exploite le travail des indigènes par tous moyens possibles afin d'obtenir 700 tonnes de caoutchouc et d'ivoire pour chaque départ de bateau, c'est-à-dire toutes les trois semaines. »

 

La situation au Congo était connue, mais peu de Belges y croyaient. Dès 1900, après avoir parlé à des fonctionnaires coloniaux et suivant l'attitude de la presse et de l'opinion belges, Léopold II mit en doute la réalité des exactions, qu'il dénonça comme campagne de propagande du Royaume-Uni pour tenter de prendre la souveraineté du Congo. Il se lança alors dans de coûteuses campagnes de publicité, créant même une « Commission pour la protection des indigènes » pour contrer les « quelques fauteurs d'abus ». À travers un service spécialisé créé au sein du Département des Affaires intérieures de l'E.I.C. baptisé « bureau de la presse », des journalistes de différents pays furent rétribués pour écrire des articles en faveur de la colonie, accusant les esprits critiques de vouloir servir les intérêts du Royaume-Uni et dénonçant les témoignages des missionnaires protestants comme étant anticatholiques. L'État indépendant du Congo contra ainsi de nombreuses attaques pendant plusieurs dizaines d'années. En décembre 1903, Roger Casement remis au ministère du Foreign Office un rapport dans lequel étaient dénoncé les atrocités commises par les agents du roi sur l'ensemble de la population congolaise, hommes, femmes, enfants, vieillards. Ce rapport eut pour suite une note envoyée officiellement en février 1904 à l'administration de l'État du Congo et aux signataires de l'Acte de Berlin. La British Congo Reform Association, fondée par Morel avec l'aide de Casement, demandait que l'on agisse afin de faire cesser les exactions. D'autres nations européennes, ainsi que les États-Unis suivirent. Pour mettre un terme à une campagne qu'il jugeait trop agressive, Léopold II créa lui-même une commission d'enquête et transmit la nouvelle au Foreign Office.

 

 

 

 

Des commissaires de différentes nationalités furent envoyés sur les lieux, afin de récolter des témoignages. Le rapport qu’ils rédigèrent sur les conditions de vie des Congolais confirma le rapport Casement sur la réalité des abus dénoncés et fut publié le 4 novembre 1905. Suite à ce rapport, le parlement britannique convoqua une réunion des signataires du traité de Berlin de 1885 afin de réviser celui-ci. Ce document a mené au traité de cession de l’E.I.C à la Belgique par Léopold II. Le 15 novembre 1908, quatre années après le rapport Casement, le Parlement belge vota l'annexion de l'État indépendant du Congo, prenant en charge son administration.

 

Alain Haubruge

 



Publié le 06/05/2016.


Source : Bd-best


Une vision inattendue de la vie intime et publique d'un président de la République

Au crépuscule de sa vie, François Mitterrand se confronte à son passé. Son esprit convoque de grandes figures qui l'ont inspiré – depuis Anubis, le dieu des morts égyptien jusqu'à Jean Moulin, en passant par Jaurès – pour entamer avec lui un fascinant dialogue sur sa vie. À travers ces échanges, l'auteur nous invite à redécouvrir le passé d'un homme d'état aussi exceptionnel que complexe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 Mai 1981, François Mitterrand entre à l’Elysée comme Président de la République  Française, poste qu’il transmettra à Jacques Chirac le 17 mai 1995. Dernière quinzaine du mois de décembre 1995, il séjourne à Assouan en Egypte en compagnie d’Anne Pingeot  et de sa fille cachée Mazarine ou il passe Noël. Le 31 décembre, il réveillonne en famille dans sa propriété à Latche située dans les Landes. Le 2 janvier 1996, il rentre à Paris pour effectuer des examens médicaux importants et subir un nouveau traitement. Il s’éteint à Paris le 8 janvier 1996 des suites de son cancer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivé au terme de sa vie, il fait le décompte avec différents fantômes lui servant de pilote tel Anubis sur les actes ayant ponctué sa vie. C’est ainsi qu’il fait la conversation au Panthéon avec Jaurès et Jean Moulin. Il se revoit aussi plus jeune avec son double lui reprochant sa relation avec Pétain ainsi que les ambiguïtés accompagnant sa période de résistant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il se remémore aussi l’abolition de la peine de mort alors que dans les années 50 sa signature a condamné à mort certains militants algériens. Sans compter  un tête à tête avec son épouse Danielle avec qui il évoque son infidélité et le décès de leur premier enfant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joel Callède nous emmène dans ce livre à la découverte des moments importants de la vie de cet homme de gauche, Président de la Vème République. L’ouvrage est ponctué des citations et des actes importants accomplis par François Mitterrand. Le traitement du scénario effectué par Joel Callède donne à cet BD une vision inattendue de la vie intime et publique d’un grand monsieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Haubruge

 

Série: Mitterand Requiem

Scénario: Callède

Dessin: Callède

Couleurs: Favrelle

Genre: Documentaire, Biographie

Éditeur: Le Lombard

Nbre de pages: 144

Prix: 17,95 €



Publié le 25/04/2016.


Source : Bd-best


L'homme-Oiseau, une expédition archéologique, un retour aux classiques

1959. Ile de Pâques. Lefranc accompagne une expédition scientifique pour résoudre le mystère des statues monumentales de l'île. Mais les travaux vont très vite être perturbés par d'étranges phénomènes. Un engin non identifié s'écrase sur l'île. Il n'en faut pas plus pour que les habitants y voient le signe de l'Homme-oiseau, le dieu Makemake. Pourtant, Lefranc a des doutes. Pourquoi une corvette avec Axel Borg à son bord rode au large de l'île et que vient faire ce sous-marin russe dans les parages ? Une crise internationale pourrait être sur le point d'éclater !

 

 

Contrairement à ce que j’aurais pu craindre concernant une aventure ayant pour cadre l’île de Pâques, le scénario signé par Roger Seiter n’a rien à voir avec les mystères archéologiques de l’île et n’est pas dédié à l’ésotérisme. Seiter nous propose un scénario crédible basé sur une importante actualité politique et historique sur une période charnière entre la fin des fifties et début des sixties.

 

 

 

 

 

 L’histoire débute en novembre 1959 à bord d’un bateau emportant une expédition archéologique vers l’île de Pâques.  Alors qu’ils sont en vue des côtes de l’île, le bateau rencontre un corps flottant sur les eaux. Notre reporter saute à l’eau afin d’essayer de sauver le malheureux, les ennuis commençant dès cet instant.  En 1959, l’île de Pâques est administrée par la marine chilienne et compte quelques centaines d’habitants. Comme dans toute bonne aventure de Lefranc, Borg fait son apparition et n’est pas étranger au déroulement des ennuis rencontrés  par notre reporter. C’est la cinquième aventure illustrée par Regric qui déjà lors des précédents albums avait parfaitement intégré graphiquement le personnage de Lefranc. En résumé, un agréable moment de lecture qui fera remonter des souvenirs chez les nostalgiques des années 50-60.

 

Alain Haubruge

 

 

 

 

 

48 pages - 22.6 x 30.4 cm
Couleur - Relié
ISBN : 9782203095502
EAN : 9782203095502
Prix 11,50€



Publié le 08/04/2016.


Source : Bd-best


Capa

Robert Capa dresse le bilan d'une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier. Loin de l'image de tête brûlée qui lui colle à la peau et qui a fait de lui une légende du photojournalisme, il se raconte sans fard et dévoile la blessure originelle qui a décidé de toute son existence.

A travers les traits et le récit de Florent Silloray, c’est l’histoire de la vie d’Endre Friedmann plus connu sous le pseudo de robert Capa qui nous est délivré. Silloray nous détaille les grandes lignes du parcours de cet immense photographe de presse qui  a été sur tous les fronts présent en première ligne. Le livre débute dans le Paris 1936, l’auteur nous laisse en compagnie d’Endre et de sa compagne Gerda Taro. C’est elle qui lui propose le pseudo de Robert Capa.

 

 

 

 

En aout 36, le couple part en Espagne pour couvrir la guerre civile aux côtés des  troupes républicaines.  C’est à cette époque qu’il prend la photo qui lui vaudra la célébrité  (mort d’un soldat républicain). Le décès de sa compagne, écrasée accidentellement  par un blindé républicain lors des combats de la bataille de Brunete va changer le destin de Capa.

 

 

En 1938, envoyé par Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945), il prend une photo d’un enfant chinois, habillé en militaire (un défenseur de la Chine).

 

 

En octobre 1939, confronté aux lois françaises contre les «  étrangers indésirables  », il quitte Paris et part rejoindre sa mère et son frère à New York. Aux Etats-Unis, il couvre à partir de 1942 le front d’Afrique du Nord et le débarquement des troupes alliées en Sicile ou il prend, près de Sperlinga,  une photo  où l'on voit un soldat américain accroupi et un berger sicilien qui lui indiquant la route.

 

 

En juin 1944, il débarque sur la plage Normande d’ Omaha Beach avec la première vague de soldats américains. Il prend une série de onze clichés intitulés Jour J.

 

 

 

 

 

A la Libération,  Il prend des clichés de femmes tondues à Chartres offrant un témoignage sur l’épuration.

 

 

 

Il suivra les troupes en tant que correspondant de guerre franchissant le Rhin et s’arrêtant  à Leipzig.

 

 

Après la guerre, il entretient une  liaison de deux années avec Ingrid Bergman et travaille à Hollywood comme photographe de mode. En 1947, Capa et ses amis fondent la coopérative photographique Magnum regroupant les plus célèbres photographes et photojournalistes du monde. En 1948, il assiste à la naissance de l’État d’Israël et s’y rend à plusieurs reprises entre 1948 et 1950. Les photos prises au cours de ces séjours font l’objet d’un livre.

 

 

En 1954, il couvre pour le magazine Life la guerre d’Indochine aux côtés des troupes françaises. Le 25 mai 1954, voulant prendre une photo d'un groupe de soldats français, il s’écarte du chemin et pose le pied sur une mine antipersonnel.

 

 

Toutes les photos sont copyright Capa Robert

 

Alain Haubruge

 

Titre: Capa

Scénario, dessin et couleurs: Florent Silloray

Genre: Historique

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 88

Prix: 17 €



Publié le 30/03/2016.


Source : Bd-best


Les enfants de la résistance au coeur de l’horreur de la barbarie nazie

Grâce à l'impact de leurs actions, François, Eusèbe et Lisa ne sont plus les seuls à se rebeller contre l'occupant allemand ; des adultes entrent aussi à présent en résistance, notamment le maire, le curé et les parents d'Eusèbe et François. Tout en gardant leur anonymat, les jeunes résistants font à nouveau preuve d'un culot extraordinaire en faisant le lien entre adultes pour organiser un système de passage de prisonniers français évadés vers la zone libre. En parallèle, les Allemands renforcent leur surveillance et n'hésitent pas à recourir à la violence voire au meurtre. Nos héros sont directement confrontés à la mort et au racisme. Dans une France de plus en plus divisée, de petits grains de sable isolés parviendront-ils à enrayer la machine nazie ?

 

 

 

 

Le premier tome était déjà formidable. Le second plonge nos jeunes protagonistes dans l’horreur de la barbarie nazie. Alors qu’ils continuent leur action de résistance au moyen de messages imprimés sur du papier peint, ils y intègrent  la participation involontaire de leurs parents. Malheureusement, la chance va changer de camp. L’un d’entre eux va payer un prix extrême au travers un membre de sa famille pour sa participation à un réseau de résistance. La bd se déroule de l’automne 1940 à l’hiver 1941. A cette époque, la résistance se cherche et n’est pas encore structurée. Divers petits réseaux commencent à s’organiser face à l’ogre nazi. Même si elle peut sembler cruelle, l’histoire de nos jeunes héros reflète la situation vécue par nos grands-parents. Les premières exécutions dues à des actes de résistance vont faire leurs apparitions. Un dossier éducatif de huit pages réalisés par Dugomier et s’adressant plus particulièrement aux écoliers est disponible à la fin du récit. Avec cette nouvelle série, le duo Ers –Dugomier a trouvé un digne successeur au Démons d’Alexia ! Un livre agréable à lire en compagnie des jeunes à partir de 9 ans mais qui plaira aussi aux plus grands.

 

Alain Haubruge

 

Genre : Historique
Public : Tous Publics - Famille
Paru le : 18 mars 2016
Pagination : 56 pages
Format : 22.2 x 29.5 cm
ISBN : 9782803636334
Prix de vente public : 10.6€ - 15.9CHF



Publié le 07/03/2016.


Source : Bd-best


Spirou et Fantasio tirent le diable de Palombie par la queue et ça déménage, houba!

Cela faisait 42 ans! On a envie de pousser un cri de joie, un « Houba Houba » tant la nouvelle est réjouissante. Après près d’un demi-siècle d’absence dans les aventures de Spirou et Fantasio, l’un des personnages les plus géniaux de Franquin et, parallèlement, parmi les plus mythiques que la BD ait porté, revient en force et avec fracas. Et une chose est sûre, le Marsupilami n’est pas content. Et ce n’est pas qu’à cause de l’adaptation cinématographique que lui a dédiée Alain Chabat. La colère du Marsupilami est sans doute le plus grand album de Yoann et Vehlmann à ce jour.

 

Il pleut dehors, et le temps n’est pas vraiment meilleur à l’intérieur de la rédaction de Spirou: l’heure est au bouclage et c’est un Fantasio on-ne-peut-plus-excité qui en fait voir à tout le monde. Lebrac et Prunelle sont les premiers dans sa ligne de mire. Mais Spirou n’est pas en reste, voilà que d’étranges photos le happent, des photos dont il n’a plus souvenir et qui, pourtant, concerne une période épique de sa vie. On l’y voit avec le Marsupilami, ou plutôt celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais jamais auparavant Spirou ne pensait avoir rencontré cet animal singulier. Est-ce AlZheimer (vous remarquerez le Z majuscule)? Toujours est-il que le phénomène semble toucher également Fantasio, encore plus excédé par le manque d’implication de son ami, et le Comte de Champignac! Non, décidément, quelque chose ne tourne pas rond et voilà les deux héros en route et en vol pour remuer le passé, les eaux amazoniennes et toute la jungle de Palombie. Et si un élément occulté par un très vieil ennemi expliquait la colère prête à se déchaîner de l'(in)offensif animal jaune à poids noirs? Ne dit-on pas qu’il ne faut tirer le diable (jaune) par la queue?

 

 

Yoann - Spirou et le marsupilami

 

 

Une chose est sûre, j’avais hâte. Une fois l’album en main, j’ai même pris moins de temps à l’ouvrir que le dernier Astérix, c’est dire si l’événement est d’importance avec toute l’euphorie mais aussi toutes les inquiétudes que cela comprend. Et si Yoann et Vehlmann s’étaient laissés dépasser par l’envergure de ce personnage parmi les plus emblématiques du Neuvième Art? Ce serait bien mal connaître les deux auteurs qui font union du génie de Franquin et le font entrer dans une aventure plus moderne et qui se tient. Même dans la jungle (les deux auteurs ont aidé aidé par l’auteur-« expert » Joub pour la recréer), Fantasio ne peut se passer des nouvelles technologies pour mener à bien la création du journal (on verra même un petit Gaston passer devant la webcam) tandis que Zantafio se pique et que, le long de sa piscine privée, De Mesmaeker au bord de la crise cardiaque et qui bousille une énième fois les contrats par vidéos interposées. Dans cet océan de modernité, nos deux héros n’en ont pas perdu leurs valeurs, encore plus si la jungle les fait ressortir.

 

 

Spirou et Fantasio - La colere du Marsupilami - Yoann - Vehlmann - Combat de singes

 

 

L’humeur est au survival et le plus grand méchant est finalement le Marsupilami qu’il ne suffit plus d’amadouer. Quelque chose s’est brisé entre les deux héros (les trois même, n’oublions pas Spip qui, sinon, va encore se sentir exclu – déjà que certains lecteurs critique le graphisme donné par Yoann, nous on adore!) et l’animal (redevenu) sauvage. Quelque chose d’inexplicable et exhumé par Vehlmann en clin d’oeil aux précédentes aventures de Spirou. Car oui, si le Marsupilami apparaissait pour la première fois dans « Les Héritiers », Yoann et Vehlmann le sont un peu aussi, n’ayant de cesse de pousser les deux personnages plus loin dans leurs aventures tout en les raccrochant et en faisant sens de leur passé, sans trahir, dans un esprit de cohérence.

 

C’est assumé et ça ne fait que contribuer à l’excellence de cet album qui fait date et honore à 1000% ses promesses entre intelligence de récit, gags bien sentis et une énergie imparable. Houba, houba, vous avez dit? Oui, c’est du grand art, comme on n’en attendait peut-être plus.

 

Alexis Seny

Série: Les aventures de Spirou et Fantasio

Tome: 55 – La colère du Marsupilami

Scénario: Vehlmann

Dessin: Yoann (et sur FB)

Design: Fred Blanchard

Couleurs: Laurence Croix

Genre: Aventure, Humour

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 56 (+ 8 pages sur l’histoire du Marsupilami)

Prix: 10,60€

 



Publié le 04/03/2016.


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