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En images et en bulles
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Cyril Bonin perpétue de manière fabuleuse notre besoin de… délicatesse

On la connaissait en roman, d’abord. Puis en film (l’écrivain étant lui-même passé de la plume à la caméra avec Audrey Tautou et François Damiens). Voilà que La délicatesse de David Foenkinos fait son chemin et son voyage au pays des bulles et des dessins, à la façon inimitable de Cyril Bonin. Sans redite par rapport au roman ou au film mais en offrant une prolongation, un autre regard et en perpétuant notre besoin de délicatesse.

 

 

 

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur: Nathalie et François sont jeunes et amoureux. Leur vie est une promesse. Tout est joyeusement possible. Mais François meurt accidentellement, un dimanche… Le chagrin de la jolie veuve est profond, comme un mal incurable. La mort inattendue de son mari a figé leur amour. Nathalie s’écarte du monde, accablée, aveugle aux hommes, la voilà devenue cariatide d’un amour en gloire. « Il passait par là, elle l’avait embrassé sans réfléchir. Maintenant elle se demande si elle a bien fait. C’est l’histoire d’une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.»
Recherches autour du personnage de Nathalie © Cyril Bonin
Recherches autour du personnage de Nathalie © Cyril Bonin

Judicieusement confiée aux bons soins de Cyril Bonin (à qui l’on doit, récemment, The time before, et moins récemment, Fog dont la première intégrale est ressortie, il y a quelques semaines), l’histoire naissante entre Nathalie et Markus prend toute sa force et sa simplicité. Mais avant l’amour, il y a le deuil, et ménageant les cartouches, Cyril Bonin continue son travail accompli sur The Time Before et s’impose en maître du temps. Dès les premières planches, le rythme s’impose et on se retrouve projeté dans ses bribes de vies, heureuses avant le drame.

 

 

 

Recherches autour du personnage de Nathalie © Cyril Bonin

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

Bonin réussit le prodige, avec la temporalité qu’il dicte à son récit, à faire mieux que le cinéma dont c’est pourtant la spécialité. Et rien que ça, c’est grandiose. D’habitude, en BD, ça arrache toujours un peu, on doit se forcer à y croire, ici tout coule de source. Cette délicatesse en bande dessinée part donc sacrément sur de bonnes bases.

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

 

 

© Cyril Bonin

 

… et de bonnes cases. Car le reste en découle, d’une beauté folle, d’une humanité sans faille. La maladresse de Markus est encore plus criante, les meurtrissures de Nathalie plus fortes, sans se soucier du regard des autres. Il y a des restaurants, le toit de l’immeuble et la promiscuité d’une auto. Bonin met tout cela en grâce. Le roman de David Foenkinos ne pouvait pas mieux trouver. Et nous? Hé bien, on s’y retrouve. Infiniment.

 

Alexis Seny

 

Titre: La délicatesse

Récit complet

D’après le roman de David Foenkinos aux Éditions Gallimard

Scénario, dessin et couleurs: Cyril Bonin

Genre: Comédie dramatique, Romance

Éditeur: Futuropolis

Nbre de pages: 96

Prix: 17€



Publié le 21/11/2016.


Source : Bd-best


March, quand un comic book indépendant devient le symbole de la lutte anti-Trump

L’Amérique est schizophrène. Elle vient d’élire Trump Président. Et pendant ce temps, une petite BD en 3 volumes, March, écrit par John Lewis et Andrew Aydin et dessiné par Nate Powell, rafle toutes les accolades pour nous conter avec brio la vie de John Lewis, militant pour les Droits Civils et figure centrale de la grande marche sur Washington de 1963.

 

 

 

 

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La BD est un ghetto culturel. Un milieu relativement insulaire qui ne flirte avec le grand public que via ses adaptations sur écrans. Mais parfois une œuvre se détache du lot, comme Maus en son temps qui avait reçu un… Pulitzer! Maus avait gagné la reconnaissance du monde des Comics via le Eisner Award, la plus haute récompense du milieu de la BD outre-Atlantique. Et aussi reçu le respect du monde littéraire U.S. via l’American Book Award et d’autres prix. C’était au début des années 90.

 

 

 

march-john-lewis-andrew-aydin-nate-powell-tribune

 


(c) Lewis/Aydin/Powell chez Top Shelf

 

 

Aujourd’hui, au lendemain de l’élection de Donald Trump, l’Histoire se répète. March, publié par l’éditeur indépendant Top Shelf ( qui collabore, entre autre, fréquemment avec Alan Moore), avait, cet été déjà, remporté un Eisner (meilleur album inspiré de faits réels pour le tome 2), comme Maus. Et voici que le tome 3 de March remporte également le National Book Award de la littérature pour la jeunesse. Auparavant, jamais un roman graphique n’avait remporté un National Book Award! Vous l’aurez compris, il va falloir tenir à l’œil les prochaines nominations Pulitzer…

 

 

 

(c) Lewis/Aydin/Powell chez Top Shelf

 

 

(c) Lewis/Aydin/Powell chez Top Shelf

 

Il faut dire que March a tous les atouts pour devenir le symbole de la lutte anti-Trump. Le « Graphic Novel » en 3 volumes est l’auto-biographie de John Lewis, icônes du mouvement des Droits Civils qui militait dans l’Amérique des 60’s pour l’égalité raciale. Aujourd’hui, Lewis est membre du Congrès et toujours actif politiquement.

 

 

 

john-lewis-appel-a-vote

 

 

Et c’est via un intérêt commun pour la bande dessinée entre Lewis lui-même et un de ses collaborateurs, Andrew Aydin, que l’idée de raconter une époque charnière de l’Histoire par l’un de ses acteurs-clefs est née. Lewis cite d’ailleurs volontiers comme influence un comic-book de 1958 racontant une autre grande figure du mouvement: Martin Luther King. Le dessinateur Nate Powell, déjà multi-récompensé aux USA, entre alors dans l’équation. La suite de l’Histoire… est en marche.

 

Un article de Christophe Coel



Publié le 21/11/2016.


Source : Bd-best


Les tuniques bleues : Des histoires courtes par…

« - Blutch !... Blutch !! Dieu du ciel ! Ne me dites pas qu’il… !! »

            « - Pas d’inquiétude, sergent. Votre copain s’en est bien tiré… Enfin physiquement, je veux dire… Pour le reste, il semblait au bout du rouleau… Hélas, ce genre de problème dépasse mes compétences… Les blessures invisibles sont souvent les plus terribles. Les pauvres âmes meurtries sont alors condamnées à errer dans les limbes pour l’éternité… Ha ! J’allais oublier. Votre ami a tout de même trouvé la force de vous écrire ce billet. Hé !... »

            « - Faites voir… ? Ha ! Non ! Il ne va pas remettre ça ! »

 

 

 

 

 

 

 

            Blutch a-t-il encore déserté ? Non. Contre toute attente, il a décidé de s’engager dans un bataillon de tireurs d’élite. Mais quelle mouche l’a donc piqué ? Chesterfield ferait bien de vérifier rapidement s’il n’y aurait pas anguille sous roche.

            Cette histoire est la première de l’album collectif des Tuniques Bleues où la fine fleur des auteurs d’aujourd’hui leur rend hommage. Signée Bodart et Gloris, « Tireur au flanc » est l’un de ces courts récits qui sort du lot.

            Inutile de présenter chacune des variations proposées, mais outre celle déjà citée, trois autres histoires se distinguent.

            « Les bleus en font des caisses » est une farce signée Sti et Goulet, dans laquelle le caporal et le sergent convoient un mystérieux chargement jusqu’à Fort Bow. Quintessence d’humour, ce récit est le plus drôle de l’album. Les deux auteurs forment un duo à exploiter dans d’autres univers. (Niffle, m’entends-tu ?)

 

 

 

 

 

 

            « Les mots bleus » de Dutto, pièce en un acte et deux acteurs où l’on apprend que Blutch a entretenu des relations épistolaires avec des individus rencontrés lors de diverses aventures, est une lettre d’amour aux personnages et en particulier aux dialogues de Raoul Cauvin. Avec « Les p »tits diables », Dutto, un des meilleurs gagmen de nos jours, a déjà montré comment il a pu tirer bénéfice de l’influence du Maître Raoul.

            « Des bleus et des Dalton » est signée Clarke. Impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler. Clarke, avec l’expérience acquise jadis chez Fluide dans ce format de courts récits, montre encore une fois qu’il est le tôlier en la matière.

            On pourrait disserter sur d’autres récits, mais les quatre présentés ici sont les meilleurs.

            Même si l’on peut regretter que certaines histoires soient trop sérieuses, l’ensemble constitue un album collectif qui se tient. Un bel hommage.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les tuniques bleues

Tomes : HS – Des histoires courtes par…

Genre : Aventures humoristiques

Scénario : Collectif

Dessin & Couleurs : Collectif

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 92

Prix : 19 €

ISBN : 978-2-8001-6839-5



Publié le 21/11/2016.


Source : Bd-best


Bec dans l’eau ou balle dans la tête, deux nuances de Pascal Regnauld très différentes

Pascal Regnauld, sacré as que celui-là. Pourtant, si vous n’avez pas été attentif, peut-être l’avez-vous loupé… jusqu’ici. Car c’est vrai que la publicité pour laquelle il a longtemps travaillé est du genre à ne pas partager la renommée avec ses hommes de l’ombre. Puis, sous l’imposant nom de Sokal qui orne les couvertures de Canardo, la place au soleil est parfois difficilement atteignable (comme sur les plages trop bondées, l’été). Mais oui, Pascal Regnauld anime depuis plus de vingt ans la série Canardo aux côtés du maître de la pêche aux canards, Benoît Sokal. Depuis deux albums, Pascal Regnauld assure même tout seul, comme un grand (mais encore sous-estimé), le dessin de cet emplumé d’enquêteur. Mais voilà qu’en deux coups, Pascal Regnauld a fait encore plus fort avec Trou de mémoire qui révèle un sens inné du polar et un graphisme très singulier et inédit.

 

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

Trou de mémoire, la fuite en arrière et… en avant

Dans Trou de mémoire, c’est avec Roger Seiter que Pascal Regnauld développe (ou en tout cas dévoile) un peu plus toute l’étendue de son art. Trou de mémoire, c’est un polar vieille école dans l’Amérique mal élevée et revanchard des années 60. Les familles mafieuses aiment à se faire la guerre et les tueurs à gage se vendent au plus offrant. Et c’est sur une scène de crime, aux côtés d’une jolie fille raide morte et baignant dans le sang qui s’écoule de sa tête éraflée par une balle indécise que notre homme se réveille. Sur un ponton de San Francisco.

Notre homme? On peut avoir un nom, quand même? Ce sera plus facile pour suivre cette histoire, non? Oui, sauf que notre homme bien sapé a un gros problème: lui-même ne sait plus ce qu’il fait là, le pourquoi. Plus inquiétant, si la balle qui l’a heurtée ne laissera au pire qu’une petite cicatrice, elle semble avoir fait plus de dégât à l’intérieur: cet inconnu ne sait plus qui il est.
© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec
© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

Est-il l’assassin ou la victime? Pas le temps de se le demander, il faut fuir sans avoir idée d’un quelconque refuge. Enfin, il y a bien ce carton d’hôtel dans sa poche. Le temps de remettre le peu d’idées en place dans le taxi qui l’emmène et voilà que ce type tout perdu n’a pas le temps de souffler: il comprend qu’il trempe dans quelque chose de louche, de noir et que, peut-être, dans la pénombre de ce climat post-Kennedy, quelqu’un veut lui faire… la peau.

 

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

Trou de mémoire, ce n’est ni Memento ni Jason Bourne, c’est une atmosphère à part et un style qui ne doit rien à personne. Se servant de l’amnésie du personnage principal pour faire naviguer le lecteur (j’allais dire le spectateur, on est si proche de cinéma dans cette oeuvre) dans le flou, Roger Seiter se joue des apparences pour tirer le meilleur des faux-semblants et nous tenir en haleine jusqu’aux dernières cases de ce diptyque, bien construit. Deux albums qui ont chacun leurs propres questions et leur rythme. Tout s’accélère de plus en plus jusqu’au final sans-issue.
 

 

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

 

© Regnauld

 

Et en Pascal Regnauld, Roger Seiter a trouvé le bon allié pour développer un style unique et indescriptible et dont, de surcroît, il s’était bien garder de nous faire part. Dans ce décor monochrome d’où jaillit le rouge sang, dans ce sépia qui vieillit bureaux et chambres d’hôtel, c’est toute une époque révolue qui nous tend les bras. Une époque imprévisible et où décidément tout peut se passer. Pas si loin de Frank Miller ou de Brüno (en plus appliqué dans les détails), le trait de Regnauld est vif, précis, invente sa propre grammaire dans des décors réalistes et avec des personnages caricaturaux. Des vraies gueules, quoi! Le spectacle est intense et tellement divertissant, explosant tous les quotas fixés. Une révélation, incontestablement.

 

Alexis Seny

 

Titre: Trou de Mémoire

Tome: 2 – Combien de temps un homme peut-il survivre sans respirer?

Scénario: Roger Seiter

Dessin et couleurs: Pascal Regnauld

Genre: Polar, Thriller

Éditeur: Les éditions du Long Bec

Nbre de pages: 56

Prix: 15,50€

 



Publié le 18/11/2016.


Source : Bd-best


Grippy tome 3, Le fil conducteur tient la route et permet des digressions

Grippy 3 : Irrésistible

 

            « - C’est quoi cette ambiance ici ? Vous êtes en pénurie de cookie ou quoi ? »

            « - C’est Grippy, il est tombé in love-love de la nouvelle voisine. Mais il fait son timide et veut pas aller la voir. Alors il déprime. »

            «  - Ben, on n’a qu’à y aller à sa place !!! »

            «  - Méga bonne idée, ça. »

            «  - On va lui dire que notre gros matou est raide dingue d’elle. »

 

            Pas question ! Grippy ne va pas laisser faire ça à Mamie et à Melville. La dame âgée et le pingouin vont devoir laisser faire le félin gris. Et si l’amour peut donner des ailes, il ne peut rien contre les remparts qui se dressent. Quand ces remparts sont velus, ont des crocs et aboient, les franchir s’avère mission périlleuse. Grippy arrivera-t-il à conclure ? Convolera-t-il avec la belle ? Vous le saurez en lisant « Irrésistible ».  

 

 

 

 

 

 

 

            Olivier Dutto arrive à publier trois albums de gags dans l’année : deux P’tits diables et un Grippy. Il montre que le gag c’est comme le sport, plus on s’entraîne, meilleur on est. Ce troisième album de Grippy est excellent. Le fil conducteur tient la route et permet des digressions. Une des caractéristiques des mondes de Dutto est également qu’il y a très peu de personnages. Notons une création dans cet album qui va rester dans les annales : Le chien Henry, qui fait barrage à Grippy devant la maison de la voisine. Et quand il est accompagné d’Henri, les Henry-Henri font le show.

 

            Grippy, à lire avec des cookies !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Grippy

Tomes : 3 - Irrésistible

Genre : Humour

Scénario & Dessins : Dutto

Couleurs : Bekaert

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 10,50 €

ISBN : 978-2-3020-5378-6



Publié le 17/11/2016.


Source : Bd-best


Entre minotaure et Toison d’or, l’Antiquité revient de plein fouet dans la BD

Cet automne, par Zeus et par Minos, c’est un casting d’Expendables antiques qui vous permettront quelques heures de lecture au coin du feu. Ainsi, Glénat revient aux fondamentaux pour nous conter, une fois de plus, « La sagesse des mythes ». Placée sous l’égide de l’essayiste et ancien ministre Luc Ferry, la collection compte déjà quatre albums. Des prémisses, car Luc Ferry compte bien s’intéresser à une trentaine de mythes! Mais tout de suite, c’est dans les pas de Thésée et de Jason que nous nous glissons. Et ils auront bien besoin de notre force lectorale pour arriver au bout de l’aventure qui les attend. Car si, c’est la énième fois qu’ils rejouent ses scènes, un vent nouveau souffle, avec du bon et du moins bon.

 

 

 

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Les grandes lignes, on les connaît, les grands héros aussi: Hercule, Achille, Persée etc. Pourtant, c’est vrai, on serait incapable de restituer fidèlement les grands mythes grecs qui, depuis plus de 2500 ans, ont traversé les époques pour nous arriver, toujours aussi divertissants mais aussi illuminés de la sagesse des anciens. Bluffant, non?

Ainsi, dans un premier temps, c’est un Thésée en pleine fleur de l’âge que nous retrouvons encore adolescent et déjà si adulte. Thésée, fils de Posséidon mais aussi fils d’Égée. Il vient de l’apprendre, son père terrestre est le maître d’Athènes. Mais le bonheur du jeune homme va très vite être rattrapé par l’horrible malédiction qui frappe la cité. Minos, le roi de la Crête voisine et ogre des temps anciens, demande à Égée qu’il lui envoie sept jeunes hommes et sept jeunes femmes, tous les neuf ans. Le but n’est pas de repeupler la Crête mais bien de sacrifier ces jeunes gens pour préserver Athènes de la colère de Zeus. N’écoutant que son courage, Thésée va se porter volontaire pour conjurer cette malédiction, quitte même à affronter un géant sanguinaire et à tête de taureau.

 

 

 

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Lâchés dans le labyrinthe le plus horrifiant de l’Histoire, ce sont la toute jeune scénariste Clotilde Bruneau, le dessinateur Mauro De Luca et la coloriste Elvire De Cock qui assurent le spectacle tragique. Le dessin de Mauro De Luca (soutenu au storyboard par Didier poli) est magnifique, dantesque à souhait, spectaculaire et augurant tout de la tragédie qui va avoir lieu. C’est, du coup, d’autant plus dommage que l’histoire survole à ce point toute cette épopée? La faute à un format trop restrictif? Et le combat avec le Minotaure, si prometteur, se retrouve, comme la Guerre de Troie, à ne pas avoir lieu. Ou presque pas, quatre planches tout au plus alors que titre et couverture (signée Fred Vignaud) promettaient une tout autre ampleur. Et si cet album parle de toute l’histoire de Thésée, de l’insouciance à la tragédie imméritée, il met aussi les bouchées doubles pour en dire le maximum dans un minimum de pages. Le plaisir de lecture et de (re)découverte s’en trouve cruellement affecté.

 

Titre: Thésée et le minotaure

Scénario: Clotilde Bruneau

Dessin: Mauro De Luca

Couleurs: Elvire De Cock

Couverture: Fred Vignaux

Story-Board: Didier Poli

Directeur de collection et concepteur du dossier: Luc Ferry

Genre: Mythe, Aventure

Éditeur: Glénat

 Collection: La sagesse des mythes

Nbre de pages: 48 (+ 8 pages de dossier)

Prix: 14,50€

 

 

 

 

Mais il est déjà l’heure de prendre le large pour retrouver la Toison d’or, cette quête impossible que Jason s’est mis en tête de réaliser pour reprendre le trône d’Iolcos des mains de son oncle tachées de sang. Un oncle démoniaque, Pélias, qui n’a pas hésité à décimer sa propre famille pour accomplir ses désirs de pouvoir. Mais c’était sans compter Jason (qui, à l’instar de Romulus et Rémus ou de Harry Potter, plus récemment) fut caché et élevé dans le plus grand secret par les centaures et le plus illustre d’entre eux: Chiron. Mais comme Thésée, l’heure d’être adulte est venue, et avec elle la vérité.

 

 

 

© Bruneau/De Luca

 

 

© Bruneau/De Luca

 

C’est également Clotilde Bruneau qui signe le scénario de cet album. Et cette fois, la scénariste semble beaucoup plus à son aise. Il faut dire qu’il était impensable de résumer la quête de Jason et de ses Argonautes (le gratin, faut-il le rappeler, avec Hercule, Orphée, Castor et Pollux, Thésée…) en un seul album. Du coup, c’est un triptyque qui s’est imposé aux auteurs. Et comme on a le temps, on en profite, le rythme est nettement moins infernal que sur Thésée et le Minotaure et l’univers est nettement mieux mis en place.

 

 

 

© Bruneau/De Luca

 

 

© Bruneau/De Luca

 

Au crayon, Alexandre Jurban, qu’on voit d’ordinaire plus sur le front des super-héros, qui donne vie aux balbutiements de cette histoire. Car, pour le moment, ça bavarde beaucoup et l’Argo n’est pas encore prêt à prendre la mer. Tout se met en place progressivement et judicieusement, sous les couleurs de Scarlett. Le vent de l’épique est tout près de nous emporter.

 

 

 

Les Argonautes © Bruneau/De Luca

 

 

Les Argonautes © Bruneau/De Luca

 

Notons encore que chaque album est accompagné d’un dossier de huit pages revenant sur les différents éléments des mythes en regard de l’histoire, de l’art mais aussi d’expressions passées à la postérité (« des yeux de Lynx », « le fil d’Ariane »…). Drôlement bien fait par Luc Ferry et éducatif tout en évitant les symptômes du bourrage de crâne.

 

Alexis Seny

 

Titre: Jason et la toison d’or

Tome: 1/3 – Premières Armes

Scénario: Clotilde Bruneau

Dessin: Alexandre Jubran

Couleurs: Scarlett Smulkowski

Couverture: Fred Vignaux

Story-Board: Didier Poli

Directeur de collection et concepteur du dossier: Luc Ferry

Genre: Mythe, Aventure

Éditeur: Glénat

 Collection: La sagesse des mythes

Nbre de pages: 48 (+ 8 pages de dossier)

Prix: 14,50€



Publié le 17/11/2016.


Source : Bd-best


Ernest et Rebecca 7 : Il faut sauver Monsieur Rébaud, une enfant et une bestiole attachante

« - Je suis trop trop contente de vous revoir, Monsieur Rebaud !! Vous êtes venu chasser la sorcière ? »

            « - J’ai eu une mise à pied. L’inspection académique m’envoie en stage de formation pour faute grave : « Méthode anarchique et non conventionnelle. » »

            « - Désolée, je comprends pas le chinois ! Vous pouvez me traduire en français, s’il vous plaît !, »

            « - Je suis renvoyé et je retourne à l’école des maîtres car mes chefs disent que j’ai mal travaillé. Je pars à la fin du mois. »

            « - Quoi ?! Mais c’est pas juste ?!! »

 

            Si Rebecca est si indignée, c’est non seulement parce que son maître d’école préféré est mis hors-jeu, mais aussi parce qu’il a été remplacé par Mademoiselle Bello, poigne de fer dans un gant de velours, maîtresse rigide et sévère. Qui plus est : ne serait-ce pas une sorcière ?

 

 

 

 

 

 

 

            Guillaume Bianco a mis tout ce qu’il fallait dans cette nouvelle histoire d’Ernest et Rebecca. C’est frais, c’est mignon, ça parle aux gosses et aux grands. Pour un gamin, quoi de plus important que son maître ou sa maîtresse avec qui, pendant les journées de classe, il passe plus de temps qu’avec ses parents ? C’est ce que n’a pas compris Mademoiselle Bello, car, pour qu’un enfant travaille bien à l’école, il faut d’abord qu’il soit heureux d’y venir. Rebecca et ses amis le savent et vont tout mettre en œuvre pour le retour de leur enseignant préféré. Bianco redonne également une place de choix à Ernest, qui retrouve une importance certaine et une place au milieu du groupe des compagnons de Rebecca. Ce groupe donne une nouvelle impulsion à la série et la fait rentrer dans la grande famille comportant La Ribambelle, Totoche ou Le Club des Peur-de-Rien. Coralie, la grande sœur de Rebecca, n’est pas oubliée pour autant. Ses états d’âmes rythment l’album comme des respirations entre deux scènes avec les personnages principaux.

 

Le trait rond et rassurant de Danela en fait le dessinateur idéal pour Ernest et Rebecca. Les gros yeux des enfants transcrivent à merveille leurs sentiments. Le trait peut sembler inquiétant lors des scènes où les enfants soupçonnent la maîtresse d’être une sorcière.

 

Une enfant et une bestiole attachante : il y a du Disney dans Ernest et Rebecca. Bianco et Danela en ont le savoir-faire. Ils maîtrisent la situation.

 

Série : Ernest et Rebecca

Tomes : 7 - Il faut sauver Monsieur Rébaud

Genre : Humour

Scénario : Guillaume Bianco

Dessin : Antonello Danela

Couleurs : Cecilia Giumento

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 9782803635139



Publié le 15/11/2016.


Source : Bd-best


No Body, saison 1, acte 1: le diable selon Christian De Metter est assis à votre table!

C’est un étrange objet qui nous est arrivé. Une couverture qui frappe dans l’oeil et un concept qui se veut inédit. Ainsi, avec No Body dans la Collection Noctambule, Christian De Metter entend bien continuer sur la lancée des bandes dessinées qui se conçoivent comme des séries, plusieurs saisons à l’appui, mais y rajoutent une subtilité: lancer une vraie série d’anthologie. Un concept qui a fait sa voie à la télévision mais jamais vu en BD. Autopsie du premier tome.

Résumé de l’éditeur: « Je ne suis pas fou, je suis cent pour cent coupable. » 2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme – 57 ans, solide, cheveux longs, barbe touffue, tatouages sur tout le corps– est arrêté sur le lieu d’un  crime qu’il semble avoir commis. Un an plus tard, une jeune psychologue est diligentée par le tribunal pour réaliser une expertise psychologique de cet homme. Elle est jeune mais déterminée. Au fil de leurs échanges, il s’accuse du meurtre de son ancien coéquipier, selon lui, l’assassin de sa femme, et révèle qu’il l’a découpé en morceaux. Cependant, certains éléments ne collent pas… Une relation de confiance s’installe peu à peu entre eux, et l’homme commence à raconter sa vie depuis le jour où elle a basculé. Une révélation de la psychologue l’obligera finalement à regarder la vérité en face…

 

 

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©De Metter chez Soleil

 

Une forêt épaisse, une maison reculée et un démon à l’intérieur qui a semé le chaos, la terreur, le sang et la mort. Le démon est humain. Et à la table de cette chaumière qui retrouve son calme mais ne sera plus jamais pareille, il y a un diable apaisé, un ex-policier lucide sur le geste fou qu’il vient de poser. « Assassin », il est, « assassin » il se présente, comme si ce mot n’avait fait que rythmer ses cinquante années d’existence alors qu’il ne fut le fruit d’une vengeance face à un homme, un coéquipier qui avait tué sa femme.

 

 

 

©De Metter chez Soleil

 

 

©De Metter chez Soleil

 

Et si le meurtrier mise une pièce sur la peine capitale pour sceller son existence, c’est sans compter l’acharnement de Beatriz Brennan, une jeune psychologue dont les rapports bâclés ne font pas la religion. Non, elle veut comprendre, aller au-delà de l' »assassin » pour comprendre les éléments qui l’ont mené à tuer de manière aussi sanglante son équipier. Et tant pis s’il faut remonter le cours d’une vie sur près de soixante ans.

 

 

 

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©De Metter chez Soleil

 

Nous plaçant comme des témoins privilégiés dans son histoire, au milieu de cette relation qui se noue et qui nous rappelle un peu celle qui avait court entre Clarisse Starling et Hannibal Lecter, Christian De Metter ne déroule rien de moins que la première séance d’échanges. Deux heures carcérales durant lesquelles la méfiance reste de mise tandis que la langue du barbu criminel (et son look rappelant celui d’un Lemmy Kilmister) se délie pour nous ramener aux fondements d’une vie de petite frappe rattrapée, au mauvais endroit au mauvais moment, puis soudoyée par ces messieurs trop tranquilles du FBI et leur programme « Cointelpro » (Counter Intelligence Program, un programme réel et déclassifié depuis). Un engrenage fatal pour le jeune malfrat forcé de jouer les espions téléguidés et manipulés dans un groupe de jeunes gens prêt à agir pour la cause noire et contre la guerre au Viêt Nam.

 

 

 

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©De Metter chez Soleil

 

Avec ce premier volet d’une première quadrilogie (dont les titres déjà annoncés transpirent l’ésotérisme, « Rouler avec le diable », Ombres et silence », « La spirale de Dante »), Christian De Metter met en place son univers, froid, sanguinolent et pourtant si réaliste. On ne navigue pas si loin de Seven sauf que le meurtrier est là, en face de nous, bien harnaché. La quête et la traque sont donc ailleurs dans cette histoire où l’on est obligé de croire sur parole le meurtrier. Et si nous sommes happés dans les nimbes de ses souvenirs, que l’on s’y promène pendant une septantaine de pages, on ne s’y ennuie pas une minute.
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©De Metter chez Soleil

De Metter est un as pour nous donner envie d’en savoir plus tout en nous faisant baigner dans le mystère le plus complet. Car si Soleil nous promet une série d’anthologie qui abordera l' »absence de corps et d’identité », on se doit de prendre notre mal en patience tant la trame de tout cela nous paraît encore bien opaque. Et comme le générique vient nous transporter, on imagine bien cette oeuvre prendre les devants et s’inviter dans d’autres médias comme des concerts-dessinés. Un peu comme Melvile de Romain Renard. Les deux oeuvres sont incomparables mais délivrent la même force singulière, un mysticisme aussi envoûtant qu’effrayant. Vivement la suite.

 

Alexis Seny

 

Série: No Body

Saison 1

Tome: 1/4 – Soldat inconnu

Scénario, dessin et couleurs: Christian De Metter

Genre: Polar, Thriller, Espionnage

Éditeur: Soleil

Collection: Noctambule

Nbre de pages: 76

Prix: 15,95€



Publié le 14/11/2016.


Source : Bd-best


XII Mystery 10 : Calvin Wax, Fred Duval pénètre aux sources de la saga

« - Wax ! Toujours aussi ponctuel ! Bienvenue, mon vieux ! »

            « - Merci de m’accorder ce rendez-vous, sénateur Sheridan ! »

            « - Je me suis dit qu’ici on serait tranquilles, pas de domestiques, pas de conseillers, pas de gardes du corps… Je suis officiellement en week-end en Georgie à la pêche en torrent avec des anciens de Harvard ! »

            « - J’ignorais l’existence de cette garçonnière !

            « - Normal, tu es ici chez une amie… Je compte sur ta légendaire discrétion, bien entendu. »

 

            En accueillant Calvin L. Wax dans une villa du district de Columbia, près de Washington, Wally Sheridan ne se doutait sûrement pas à quel point son destin allait basculer. C’est bien aux sources du mal et aux origines de la conspiration où le sénateur va se trouver embarquer. Des faubourgs de Los Angeles aux forêts où se réunit le Ku-Klux-Klan, l’Amérique profonde livre ses secrets. De manigances politiques en campagnes électorales véreuses, Calvin Wax, numéro II, écrit le destin de son pays en choisissant le numéro I tel un marionnettiste dirigeant son pantin.

 

 

 

 

 

 

            Quoi de plus ennuyeux qu’une histoire où, pendant la majeure partie, deux hommes discutent, enfin, surtout un, et qu’il raconte à son compatriote des histoires du passé ? Avec un tel pitch, on aurait voulu ne pas aimer cet album. C’est raté : contre toute attente, la sauce prend. La magie « XIII » opère. C’est incroyable ! Qui l’eut crû ? C’est du bon, c’est du grand, c’est du XIII.

 

            Fred Duval pénètre aux sources de la saga. Il explicite le pourquoi du comment, non pas au niveau 0, mais au niveau -1. Il raconte des événements auxquels Van hamme n’a jamais pensé. La pièce qui est rajoutée dans la galaxie XIII donne envie de tout relire.

 

            Corentin Rouge est encore un jeune dessinateur. Son père était passé après Hermann (sur Comanche), il passe après Vance (sur XIII). Comme son aîné, il s’en sort avec les honneurs. On pourrait pinailler sur une ou autre case, comme celle où Wally Sheridan pousse d’un bras la porte de la salle de bains, mais Rouge se dépasse dans d’autres compositions pour nous proposer un album graphiquement au point.

 

            Cet album a un léger parfum glauque à la True Detective, ce qui n’est pas sans apporter une plus value. Les différents médias se nourrissent les uns des autres pour le plus grand plaisir du lecteur.

            Il reste encore (!) trois XIII Mystery à paraître. Mince, il ne reste plus que trois XIII Mystery à paraître…

 

Série : XIII Mystery

Tomes : 10 – Calvin Wax

Genre : Thriller

Scénario : Fred Duval

Dessin : Corentin Rouge

Couleurs : Alexandre Boucq et Corentin Rouge

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 11,99 €

ISBN : 9782505065357



Publié le 14/11/2016.


Source : Bd-best


Blue Note entre boxe et jazz, la rédemption des ombres new-yorkaise

Dans le théâtre de la nuit new-yorkaise, les vapeurs des derniers alcools prohibés forcent le voyage dans le temps. Dans les fumées et la frénésie des spekeasies, les destins des hommes se croisent. Certains s’allient, d’autres se détestent, mais à tout moment la trajectoire peut dévier. Avec les deux tomes de Blue Note, Mathieu Mariolle et Mikaël Bourgouin nous entraînent dans cette ville fantasmée où les derniers mafieux règlent peu à peu leurs soldes. Times they are a changin’, et tant sur la partition que sur un ring de boxe, les deux auteurs traquent deux destins bien différents, tout petits face à cette ville monumentale, mais profondément inspirés par l’idée de la liberté. Une bonne idée suivie d’une autre: Dargaud vient d’éditer l’intégrale de ce récit en deux tomes.

 

 

 

Recherches ©Bourgouin

 

 

Recherches ©Bourgouin

 

Résumé de l’éditeur: New York : le charme puissant des speakeasies, où l’on peut trinquer jusqu’à l’aube et courtiser les jolies femmes. Où l’on s’enivre au rythme des notes de jazz scandées par les meilleurs musiciens du moment… Blue Note nous entraîne, à quelques jours de la fin de la prohibition, dans une ville gangrenée par l’alcool et la Mafia – là où un boxeur et un jazzman ont rendez-vous avec leur destin…

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

New York, New York, le rêve ultime, la ville qui incarne le rêve mais sait aussi faire et défaire les réputations. Et en cette fin de la prohibition, à l’heure de l’irrémédiable changement, un coup de poing ou un coup de gratte peut être salutaire comme fatidique. Jack « Wonderboy » Doyle le sait déjà, RJ va l’apprendre à ses dépens.

 

 

 

Peinture ©Bourgouin

 

 

Peinture ©Bourgouin

 

Le premier, Jack, est un vieux de la vieille, un monsieur muscle qui s’est taillé une solide réputation sur les rings à force d’adversaires usés. Toutefois subsiste le doute que ses victoires de prestige n’aient été que de vulgaires arrangements pour pari truqué. Quoiqu’il en soit, d’un ultime crochet, Jack a tourné la page. Du moins, il le pensait jusqu’à ce que Théo resurgisse pour lui proposer la belle. Celle que, malgré lui, Jack ne peut refuser.

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin

 

 

©Mariolle/Bourgouin

 

De son côté, JR arrive dans celle qu’on ne surnomme pas encore la Big Apple comme on pourchasse un rêve de gosse et en forçant un peu le destin. Venu de la campagne misérable, ce jeune Afro-américain se verrait bien guitariste et jazzman comme ses idoles. Et celui qui semble tout droit sorti de l’adolescence a une arme implacable à faire valoir: un doigté ahurissant. Ne lui manque plus que la voie pour créer ses propres compositions. Et pour le moment, JR est en blocage. Mais sans doute que la confiance, la belle place que lui offre Vincenzo, un terrifiant parrain, dans son bar et l’adulation toute proche vont-elles changer la donne? Encore faut-il ne pas tomber dans les pièges des rivaux du truand en question et lui rester fidèle. Et quand on rêve de liberté…

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

Dans l’ombre du premier, il y a le second. Dans l’ombre du second, il y a le premier. Des coins de cases, des arrière-plans tout au plus. Il n’est pas question que les deux héros se lient d’amitié. Pas du tout. Et si Jack plonge dans le premier bar qui sert autant à boire que quelques mélodies d’un jazz vibrant comme coeur de l’Amérique, RJ ne s’éprend pas plus que ça de la boxe. Et les rendez-vous manqués entre ces deux héros sont fondateurs de cette oeuvre en deux volets. Si les deux tomes pouvaient se lire de manière indépendante, il est un fait que tous deux se renforcent et apportent un niveau de lecture supplémentaire.
 

Mêlant histoire et fiction, Blue Note est une plongée dans l’Amérique des années 30, pas si loin et pourtant si datée. L’heure est à tous les possibles et les deux auteurs bâtissent à mains nues leur rêve américain. Et quel rêve. Cette vision fantasmée, lancinante et quasi fantastiques sonne comme un uppercut lancé par Jack Doyle en personne. On est sous le choc de la beauté qui se dégage du trait imparable de Mikaël Bourgouin. Dantesque et à se damner. Sur un scénario taillé sur mesure pour laisser place à l’envoûtement, le dessinateur se révèle aussi habile à représenter les deux sports de combat que sont la boxe et la musique. Deux disciplines a priori sans lien mais que les gênes de la liberté vivifiante viennent fédérer.

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

À l’aide de cadrages avec vue imprenable sur le drame qui se joue et des double-pages chimériques de toute beauté, Blue Note est un chef d’oeuvre, inattaquable. Les deux auteurs n’ont plus rien fait ensemble depuis, mais cette intégrale sans bonus ni rajout mais avec l’essence et la puissance originelle vient prolonger un plaisir précieux.

 

Alexis Seny

 

Titre: Blue Note – Les dernières heures de la Prohibition

Intégrale

Scénario: Mathieu Mariolle et Mikaël Bourgouin

Dessin et couleurs: Mikaël Bourgouin (Facebook)

Genre: Histoire, Drame, Polar

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 150

Prix: 24,95€



Publié le 11/11/2016.


Source : Bd-best


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