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Nouvelles relatives à la bande-dessinée ou au graphisme
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Coup de coeur sur un enchantement.

Exceptionnellement fermé au public ce soir-là, le Louvre accueille une réception mondaine donnée en l'honneur d'un homme politique qui quitte ses fonctions. Ecoeuré, ce dernier s'éclipse discrètement, une bouteille dans chaque main, vers les salles voisines. Face à la « Vierge en Majesté » de Duccio, il rencontre une jeune femme, les mains devant les yeux...

 

 

 

 

« Il y a trop d'images ici, trop de belles choses... C'est presque étouffant tant de belles choses... Je fais un tri. J'en choisis une et je fais le noir avec mes mains. Quand je les ouvre, je ne vois plus que ce que j'ai choisi. Le reste s'est estompé...je peux voir pleinement... » C'est à une magnifique et mystérieuse rencontre que nous confie Christian Durieux, avec « Un enchantement » qui prend place dans cette belle collection offrant carte blanche à des auteurs de BD pour donner leur vision du Louvre. Peut-on imaginer plus belle reconnaissance du 9ème Art que face à pareille institution ? Loin d'une réception officielle et des jeux des courtisans, un homme politique sur le départ, qui n'est pas sans faire penser à François Miterrand, rencontre cette jeune femme, le temps d'une parenthèse nocturne joyeuse et sereine... Difficile d'en dévoiler plus sans rompre le charme de cet album d'une extraordinaire délicatesse. Christian Durieux, à travers un dessin faussement simple, s'y entend pour traduire émotions et sentiments. Si, comme moi, vous aviez été séduits par « les gens honnètes » (scén. Gibrat – Dupuis), vous ne pourrez que répondre à cette invitation à parcourir le Louvre de manière si légère, presque éthérée. L'occasion aussi de redécouvrir quelques-uns des chefs-d'oeuvre qui y sont exposés, mais là n'est certainement pas le principal propos de cet album d'exception, auquel un traitement dans des couleurs ocres ajoute encore chaleur et douceur. Le format de la collection, quasi carré, singularise encore ce beau livre. Des moments d'une rare poésie, et un album qui porte merveilleusement son titre : un enchantement !

 

Pierre Burssens

Un enchantement, Christian Durieux, Futuropolis



Publié le 27/10/2011.


Source : Graphivore


Coup de coeur : Libre de choisir

Libre de choisir commence comme une chronique familiale et provinciale des années 50. L’histoire gravite autour de deux amies, Anna et Isa, de leurs copains d’école, de leurs familles respectives, et retrace les principales étapes de leurs années d’enfance et d’adolescence. Il flotte un parfum de bonheur simple et très moral – car la morale, dans ces années et ces milieux en pleine ascension sociale, est une chose qui compte. En 1971, Anna a quinze ans. Elle sort avec Julien, un étudiant un peu plus âgé qu’elle qui l’initie à la musique et à l’esprit communautaire du moment. Elle en est amoureuse, mais leur relation n’excède pas les limites du flirt adolescent. Mais un soir, au retour d’un concert, Julien la viole. Et Anna est enceinte. Terriblement traumatisée, la jeune fille veut se débarrasser du foetus. C’est le début du chemin de croix d’Anna. Elle va découvrir que dans cette France de la fin des années 60 et début des années 70, avorter n’est pas seulement illégal : aux yeux de presque toute la société, c’est un crime odieux…


Pour débuter, je vous conseille vivement de lire la préface signée par Gisèle Halimi. Voici un livre dont on ne sort pas sans indemne, entraînant le lecteur à la réflexion. Un livre qui devrait être intégré dans le programme scolaire avec possibilités données aux adolescents de s’exprimer sur le sujet délicat abordé (Interruption Volontaire de Grossesse). Scénariste et dessinateur choisissent de plonger le lecteur dans la France du début des années 70. Le scénario reflète parfaitement bien la réaction populaire de l’époque vis-à-vis de ce sujet (tabou). Le tout est remarquablement illustré par Wachs  qui nous transporte dans le personnage d’Anna.  Sans prendre position, nos deux complices arrivent à nous livrer un chef d’œuvre accessible à tous ! La note maximale et même plus pour ce livre qui ne laissera personnes sans avis. A noter que l’IVG est toujours moralement interdite par les principaux courants religieux.

 

 

 

En France, il y a annuellement environ 200 000 interruptions volontaires de grossesse (227 054 en 2007). L'avortement clandestin est resté un phénomène significatif jusqu'en 1995, date où il a commencé à régresser. Par contre, malgré la diffusion massive de la contraception médicale (pilule et stérilet), le recours à l’IVG est resté étonnamment stable depuis 1975. Cette stabilité globale masque cependant une hausse des taux chez les jeunes femmes de moins de 25 ans.

En Belgique, la loi dite « Lallemand-Michielsen » proposant la dépénalisation conditionnelle de l'avortement est adoptée le 3 avril 1990. Le roi Baudouin, inspiré par ses convictions religieuses, refuse de la signer. Pour éviter une authentique crise de régime et à la demande même du Souverain, le Parlement étudie différentes pistes en la matière. Sur base d'une interprétation de l'article 82 de la Constitution, le conseil des ministres du gouvernement Martens constate alors que le roi est « dans l'impossibilité de régner » ce qui permet de sanctionner la loi avant que les chambres réunies du parlement ne rétablissent le roi dans ses fonctions le 5 avril 1990. Le Roi venait de créer un dangereux précédent en faisant passer son objection de conscience personnelle avant son devoir constitutionnel de signer des textes de loi votés démocratiquement par les deux Chambres et voulus par une large majorité du pays. Une fois la loi sanctionnée, la Chambre et le Sénat réunis approuvèrent la proposition pour mettre fin à l'incapacité de régner du Roi, par 245 oui et 93 abstentions.

Petit rappel: L'article 317 du Code pénal français de 1810 déclare que l'avortement est un crime passible de la Cour d'assises. En 1923, il en fait un délit, afin de mieux le poursuivre. En 1942, la loi considère l'avortement comme un crime contre l'État passible de la peine de mort. ( Marie-Louise Giraud et Désiré Pioge sont guillotinés en 1943 pour avoir pratiqué des avortements). Le 29 décembre 1967, la loi Neuwirth autorisant la vente des produits contraceptifs est votée. Jusqu'à 21 ans (la majorité légale à l'époque), une autorisation parentale est nécessaire pour la délivrance de la pilule. Cette loi ne sera appliquée qu'à partir de 1972  à cause de nombreux freinages de l'administration. Publication dans Le Nouvel Observateur du 5 avril 1971 du « Manifeste des 343 salopes » dans lequel 343 femmes (des personnalités du spectacle, de la littérature et de la politique) déclarent avoir avorté. Aucune poursuite n'est engagée par le gouvernement Messmer. En juillet 1971, création de l'association Choisir, par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir dans le but de défendre les personnes accusées d'avortement. Le 28 juin 1974, l'Assemblée nationale vote le projet de Simone Veil, ministre de la Santé, qui libéralise totalement la contraception. La Sécurité sociale rembourse la pilule. Les mineures ont droit à l'anonymat. Fin novembre 1974, des débats houleux ont lieu à l'Assemblée nationale sur le projet de dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse présenté par Simone Veil. En janvier 1975, la loi Veil est mise en place pour une période de cinq ans et sera reconduite définitivement en novembre 1979. A partir de mars 2001, les infirmières scolaires sont autorisées à délivrer la pilule du lendemain (Norlevo). La loi Aubry de juillet 2001 dépénalise l'avortement, porte à 12 semaines le délai légal de l'IVG et supprime l'autorisation parentale pour les mineures. En décembre 2003 le gouvernement Raffarin repousse la proposition du député Jean-Paul Garraud (UMP) instituant un délit d'interruption involontaire de grossesse.



Publié le 26/10/2011.


Source : Graphivore


Coup de coeur : Triangle rose

Dessinateur de publicité et professeur de dessin, Andreas est homosexuel. Pas une “grande folle” travestie mais un homosexuel discret, joyeux et romantique, dans le Berlin des années 30. Mais la peste brune envahit peu à peu les rues, la cité, les institutions. Des lois sont promulguées. Andreas fait l’expérience de la violence, physique ou morale. On l’envoie en prison du fait de sa préférence sexuelle, puis dans un camp de concentration. Survivant aux mauvais traitements, la libération et l’après-guerre ne lui apporteront pas plus de repos. Fait prisonnier de droit commun, un nouveau combat s’engage pour sa réhabilitation. Ce combat, qui semble perdu d’avance, se gagnera par la résignation et la trahison de son identité. Comme beaucoup d’autres homosexuels, il travestira son histoire, se dira « triangle rouge » ; se conformera à la société civile en se mariant avec une lesbienne et éduquera l’enfant qu’elle eut (de force) avec un sous-officiers nazis.

 

 


Un sujet encore jugé délicat abordé par Michel Dufranne, Maza, et Christian Lerolle : le sort des déportés homosexuels lors de la Seconde Guerre mondiale. Une bande dessinée historique & pédagogique. Sans grand discours et au fil d’une intrigue efficace, on y apprend que les homosexuels vivaient, à Berlin du moins, sans trop de soucis avant l’accession au pouvoir des nazis.

Félicitations aux auteurs et aux éditions Quadrants d’avoir accompli ce devoir de mémoire, avec un récit accessible au plus grand nombre de lecteur, porté par un dessin aux tons sépias empreint d’une sincérité profonde.

Une note maximale pour un livre qui a osé et dont les ventes ne sont pas le premier objectif !

Le triangle rose était dans l'univers concentrationnaire nazi le symbole utilisé pour "marquer" les homosexuels masculins. La déportation des homosexuels par les nazis s'inscrivait dans une logique de répression des "indésirables" (asociaux, criminels, ...)  Étaient généralement déportés les homosexuels condamnés pénalement deux fois, dont une fois au moins au titre du paragraphe 175. La mémoire de la déportation homosexuelle est assez récente. Le 25 septembre 2010, une plaque en mémoire des "victimes de la barbarie nazie, déportées pour motif d'homosexualité" a été inaugurée dans le camp du Struthof (Alsace).  Ailleurs dans le monde, des plaques ou monuments rappellent la déportation des homosexuels par les nazis. On peut citer les villes d'Amsterdam, Berlin, Bologne, La Haye, Francfort, Cologne, Anchorage, Sydney, San Francisco et Montevideo. Le dernier survivant connu de cette déportation était Rudolf Brazda qui fut déporté presque trois ans à Buchenwald, faisant suite à deux condamnations au titre du paragraphe 175. Il décède le 3 aout 2011 à l'âge de 98 ans.
L'article 175 du Code pénal allemand a condamner l'homosexualité masculine entre 1871 et 1994. « La fornication contre nature, pratiquée entre personnes de sexe masculin ou entre gens et animaux, est punie de prison. » C'est au nom de ce paragraphe que plusieurs dizaines de milliers d'homosexuels ont été arrêtés et envoyés dans les camps de concentration sous le régime nazi subissant un taux de mortalité des plus élevés parmi les catégories de prisonniers, avec celui des Juifs. Le même paragraphe a également permis avant 1933 et jusqu'aux années 1970 de poursuivre les homosexuels devant la justice. Les déportés homosexuels ne bénéficièrent pas de la compassion ou de la culpabilité des populations après la découverte des camps et continuèrent à subir la réprobation sociale. Le paragraphe 175 ne fut modifié qu'en 1969, l'homosexualité cessa d'être un motif d'emprisonnement, et fut finalement abrogé en 1994 dans l’Allemagne réunifiée (mais en 1988 dans l’ex-RDA). Traduit en France sous l’article 331 du Code pénal dans le régime de Vichy, il ne sera supprimé qu’en 1982 !

 

Niala S.

 

Triangle Rose, Quadrants, sortit le 17 octobre, 144 pages, 17 €



Publié le 18/10/2011.


Source : Graphivore


Coup de coeur du Brüsel

Ce one-shot ne fera pas scandale comme ce fut le cas pour l'histoire dont il s'inspire et qu'avait écrite Eugène Sue en 1831, mais gageons qu'elle fera beaucoup parler d'elle.
La première chose qui frappe, c'est le dessin. Quand on n'arrive pas à en imaginer un autre pour mettre en scène un récit et porter des personnages, c'est qu'il est vraiment costaud.
Atar Gull, l'esclave arraché à sa terre pour être vendu en Jamaïque, crève littéralement la page. Comme un acteur, l'écran. Il a une de ses présences, waouh!! Mais il n'est pas le seul. Le pirate Brulart est terrifiant. La rencontre entre ces deux là, dans la cale du Brick la Catherine, est un grand moment. Une autre scène se révélera, elle aussi, fondatrice et déterminera la suite: celle de la découverte du cadavre du père, le chef de la tribu des Petits Namaquas, pendu à un arbre sur ordre de son propriétaire: Tom Will.
A partir de ce terrible moment, Atar Gull le devient, acteur. Dans le sens où il va faire semblant et, peu à peu, d'une façon qui fait froid dans le dos, gagner la confiance du planteur et de sa famille.
Mais Atar Gull n'a qu'un maître: la vengeance, à qui il sacrifiera tout, devenant davantage son esclave que celui de l'homme blanc. Il n'y a évidement pas que le dessin, la couleur et les cadrages. La tension, tout au long de ce récit, est palpable. Le rythme soutenu et les dialogues, impeccables. A la fin, la gorge se sert. On a dû mal à avaler. On se surprend même à essuyer la larme qu'Atar Gull, enfant, s'était interdit de verser.

Corine Jamar

Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
par Brüno et Nury
Editions Dargaud



Publié le 14/10/2011.


Source : Graphivore


Le coup de coeur du Brüsel, la belle image

Qui n'a jamais rêvé de changer de tête, d'apparence? Pour un mieux s'entend. Raoul Cérusier s'éteint chaque jour davantage du dépit de ne pas plaire, de ne pas susciter l'envie ou la passion dans les yeux de ses semblables. Il est pourtant marié à une fort jolie femme, a de superbes enfants et une situation confortable. Oh!, il ne cherche pas l'aventure, ou plutôt il n'en n'a pas le courage. Vu sa tête, il sait que ce serait simulé, arrangé. Ce qu'il veut, c'est de l'amour, du vrai. Du torride, de l'irraisonné.

Un jour qu'il fait la file à un guichet, le rond de cuir ne le reconnaît pas, malgré son courroux. De qui se moque t'on? Il est Raoul Cérusier et n'aime pas qu'on se paie sa tête!

Mais celle-ci a bel et bien changé, pas son apparence ni sa voix, mais son visage est devenu...beau et attirant.

Bonin adapte un superbe récit de Marcel Aymé qui propose une subtile réflexion sur la véritable personnalité, sur les envies, les attentes.

A votre avis, que va faire Raoul de ce nouveau costume si seyant?

 



Publié le 10/06/2011.


Source : Reynold Leclerc


Le coup de coeur du Brüsel,

Kampuchéa Démocratique. Cela, le pays le doit à ces soldats habillés de noir de la tête au pied et dont le nom ne fait pas le moine puisqu'ils se nomment: Khmers rouges. "Habitants de Phnom Penh", annoncent-ils à la radio, "notre capitale vient d'être libérée par nos vaillantes et victorieuses forces armées". En fait de libération, la ville est surtout évacuée. Vidée de ses habitants qui seront ensuite regroupés selon leur classe sociale, leur métier, leur passé, leur identité.


A gauche, les anciens fonctionnaires de l'état, les médecins, les ingénieurs, les intellectuels, en un mot les bourgeois, qui se feront massacrer sur le bateau, en plein milieu de la traversée. Khim, sa femme Lina qui vient de mettre au monde un bébé, sa famille et des amis devaient en faire partie. Ils seront sauvés in-extremis par un ancien employé de la fabrique de glace dont Kongcha était le patron.
A droite, ceux qui auront l'insigne honneur de participer à la reconstruction du pays pour autant, bien sûr, qu'ils obéissent scrupuleusement aux ordres. Et à condition, selon le vieil adage, qu'ils "plantent du Kapokier et du palmier autour de la maison" c'est-à-dire: qu'ils ne voient rien, n'entendent rien et ne disent rien.
L'auteur a décidé de faire exactement le contraire en racontant la tragédie qu'a vécu sa famille l'année de la prise de pouvoir des Khmers rouges, l'année du lièvre… Dans ce témoignage sobre, qui va à l'essentiel, il retrace cette première année passée sous la botte d'Angkar, l'organisation qui s'est donné pour mission de réformer la société à coups de mauvais traitements, d'exécutions sommaires, de travaux forcés, de privations et de camps de la mort. Mais le premier volet de cette apocalypse Khmère (d'après le titre du récit de Somanos Sar, paru aux éditions Jean Picollec en 2003 et consacré au même sujet) s'arrête page 120, devant un poste frontière et un Khmer qui pointe sur eux sa mitraillette en les sommant de le suivre. "Ne vous inquiétez pas", le titre du tome 2, sonne comme une menace…

Corine Jamar



Publié le 07/05/2011.


Source : Graphivore


Le coup de coeur du Brüsel : Le royaume tome 3

"Le Royaume", avec son petit oiseau au-dessus du R du titre, est un bijou.
De drôlerie, de gaité, de pertinence.
Dans cet opus, la princesse Cécile est promise au prince Eric, hyper canon sur la photo (enfin, sa représentation picturale, on est au Moyen-Age ne l'oublions pas). Mais en vrai, c'est une autre paire de manches (brodées): le fils du Roi d'Arbédie est gros, fat et… furax d'avoir à se coltiner une princesse plus peste que preste à lui donner son premier baiser. Celui-ci, elle le réserve à… chut!, on ne vous le dit pas. Parce que nous, chroniqueurs, on n'est pas comme les oiseaux du Royaume, ces vilains petits cafteurs qui ne pensent qu'à semer la zizanie et mettent le foutoir ! L'un d'eux, revenu d'entre les morts, est néanmoins d'accord de jouer à l'espion pour le compte de sa sauveuse, la jolie Anne, qui, elle, n'en revient toujours pas d'avoir été éjectée du lit royal. Mais l'héroïne de la série, loin de se laisser abattre, transforme la maison que lui a donnée le roi (bon prince) en taverne que l'on qualifierait de nos jours de… bio ou "new age".

 

 

Parce que la série, et c'est ce qui en fait tout son sel, transpose au Moyen-Age les différents travers de notre société actuelle, et c'est: jubilatoire. Ce renvoi à notre époque nous fait non seulement rire mais aussi réfléchir. En s'aidant d'une galerie de personnages hauts en couleurs et tous, quelque soit leurs défauts, attachants, elle met en lumière de façon toujours sympathique les tares du monde dans lequel les lecteurs, petits et grands, vivent. En interrogeant le pouvoir de l'image, en remettant en cause le principe de la real politique, en se moquant gentiment des nouvelles technologies (ahlàlà, ces bilboquets auxquels les deux petits princes sont scotchés), en critiquant le comportement des dirigeants tout en voulant montrer les sursauts héroïques dont ils sont parfois capables, l'auteur place notre humanité au centre de son propos. Il évite tous les écueils, notamment celui du populisme, et nous offre l'occasion, si rare, de ne pas désespérer de l'être humain.



Publié le 15/04/2011.


Source : Corinne Jamar-Brüsel


 

Une enquête approfondie sur le film culte, illustrée de caricatures qui redonnent vie à des personnages mythiques.
 Ecrit par un spécialiste du cinéma d’Audiard, ce dictionnaire révèle tout ce qu’il est possible de savoir sur les Tontons Flingueurs et décortique pour la première fois l’art et les ficelles du dialoguiste.
 On y découvre notamment comment Louis-Ferdinand Céline a contribué à l’écriture du texte, qui sont Achille et Salvatore Volfoni - cousins des célèbres Raoul et Paul, quels soupçons d’affabulation pèsent sur Jean Lefebvre, mais encore qui de René Sauvard ou de Lino Ventura est le plus célèbre dans le monde (surprise, c’est René).

Si Vous désirez devenir un incollable des Tontons Flingueurs, cet album est fait pour vous. Cela dit si vous êtes un aficionados et croyez tout connaître sur ce film culte, attention à la claque vous allez en prendre pour votre grade car ce bel opus va vous inonder de détails croustillants et jamais lu. Mais jetons un oeil d'abord sur les illustrations ( qui figurent en bas de page ), véritable merveilles réalisées par Géga, un caricaturiste de talent. C'est à croire que les acteurs et auteurs vont surgir carrement de l'album, un pur délice. Audiard est expliqué sous tous les angles et on nous offre même le luxe de nous parler d'une dizaine de ses films très peu connu du public. Un quizz test vos connaissances sur les Tontons flingueurs et croyez moi même le plus grand des fans y apprendra encore bien des choses ! Des thèmes croustillants sont abordés : " Audiard et les femmes" " Audiard, un auteur exigeant", " Audiard un génie populaire"... Ensuite pages après pages nous partons à la découverte en nous plongeant dans le noyau du dictionnaire avec les définitions des acteurs protagonistes du film et des expressions et noms, termes et autres qui y sont usités. Bref un album qui a du corps, un tout-venant agréable qui séduit le palais. Cela ne vous décambutera pas et ne vous laissera pas à la traine.  Et si j'avais un beretta j'vous l'mettrais sous le blaze pour aller casquer vos sonnant et trébuchant afin d'aller vous procurer fissa ce cador de bouquin chez votre libraire favoris. La dessus je replonge mes mirettes dans ce psaume le silencieux à la pogne.

Et pour ne pas vous laisser en carafe, je vous donne quelques tuyaux sur les auteurs de ce pt'it bijoux ci-dessous.

Gil

 

Gérard GarGouil dit «Géga» est fan de cinéma, de sport et de musique. Après avoir travaillé dans la publicité  comme créatif puis dans la presse (Télé 7 Jours Guadeloupe ) une dizaine d’années, il se lance en tant que dessinateur indépendant et collabore avec différents titres de presse sportive (La Provence des Sports,  100% PSG, Maillot Vert, Droit au But, Tennis Magazine ). Géga est l’auteur de plusieurs albums de caricatures pour les Editions SEMIC-TOURNON et de bandes dessinées (L’Épopée d’Auxerre et Un rêve de gamin sur  Jean-Pierre Papin ).  Site Web : www.drolesdidoles.com.

Stéphane Germain est spécialiste du cinéma de Michel Audiard dont il possède une collection d’affiches unique. Il a précédement signé L’Encyclopédie idiote de la Voile et une autre des extra-terrestres, guère plus intelligente (La Sirène).

 

Le dico des Tontons Flingueurs par Stéphane Germain & Géga

88 pages

12.95 €

Edité par Hugo & Cie

En librairie depuis le 14 avril 2011

 

Quelques images :

 

 

 


 



Publié le 15/04/2011.


Source : Graphivore


Le coup de coeur du Brüsel : Mezek

La jeune nation d’Israël vient tout juste de naître et d’emblée c’est la guerre avec les voisins arabes lourdement armés par les anciens coloniaux. Fusils, grenades et surtout de magnifiques Spitfire, vedettes de la Bataille d’Angleterre. Une aviation moderne !
L’ancêtre de Tsahal doit alors faire feu de tout bois pour répondre aux agressions. Un embargo (eh oui, déjà à l’époque le bon vieux blocage des frontières avait les faveurs des politiques) l’empêche de s’équiper par les circuits traditionnels.
Cela n’arrête pas les combattants de la première heure qui usent de nombreux subterfuges pour contourner le niet des grandes puissances.

 

 

Yann et Juillard ont choisi de nous parler des premières heures de l’Israeli Airforce qui se monte, ô ironie du sort, avec des rebus de l’aviation Tchèque alors équipée de Messerschmitt nazis (!) modifiés avec des moteurs trop lourds qui rendent périlleux chaque atterrissage.
Mais les mercenaires sont (très bien) payés pour prendre ces risques...

Avec son inestimable expérience sur le Grand Duc (aux Editions Paquet), Yann nous plonge dans le quotidien d’un escadron haut en couleurs et aux frasques dignes des boys de la Seconde Guerre Mondiale. 
Le trait de Juillard épouse à merveille et avec beaucoup de classe les frasques de Björn et de ses collègues, mercenaires sans scrupules.

Enfin, cerise sur le gâteau, l’ambiance du livre n’est pas sans rappeler celle du merveilleux film de Philip Kaufman : l’Etoffe des Héros ou des meilleurs moments des fameuses 'Têtes Brûlées'.

Passionnant !

 

Librairie Brüsel : http://www.brusel.com/site/affpage.php

 

 



Publié le 10/04/2011.


Source : Elmer Dupont-Brüsel


 

La saine gestion d’un héritage n’est pas toujours chose aisée, d’autant plus si dans le lot se trouve un objet très convoité.
Dans la famille Gonzales, Harold le patriarche se sent un peu faible depuis pas mal de temps. Il n’est pas à l’agonie, mais il estime devoir passer le témoin en bon père de famille. Après une existence bien remplie, l’heure du grand partage a bientôt sonné.
Et pas question de tourner autour du pot, hein. Il faut parler clairement, simplement, logiquement. 
Un magnifique soap digne des plus belles productions brésiliennes se construit page après page.
Qui va hériter de sa superbe Citroën CX diesel (rose de surcroît semble t’il)? 
Un carrosse que l’on imagine rutilant mais qui, je réponds d’emblée aux questions des puristes de la marque, ne se retrouve qu’en couverture (du meilleur effet).
Les négociations vont bon train, chacun se découvrant des talents de fins stratèges à faire pâlir les faucons de l’Administration Bush. Mais que symbolise donc cette voiture, ancien fleuron du Quai de Javel pour une famille sommes toutes modeste ? 

 

 

Si comme moi, votre entourage s’est parfois déchiré sur le partage de choses débiles lors d’un héritage, ce livre vous parlera forcément de la première à la dernière page.

Les auteurs mettent en situation une smala en ébullition larvée, les situations cocasses et/ou grotesques se succèdent à un rythme endiablé.
Qui emportera la belle ?

James (Ottoprod) que l’on connait déjà pour ses jouissifs ‘Open Space’ chez Poisson Pilote/Dargaud, Fabcaro issu de l’underground français et Ben Grrr à qui l'on doit entre autres un ouvrage chez Carabas et chez Soleil signent là un livre savoureux digne de l’humour de François Morel !

Elmer

Amour, Passion et CX Diesel
Par James, FabCaro et BenGrrr
Editions Fluide Glacial



Publié le 24/03/2011.


Source : Graphivore


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