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Chapeau melon, bottes de cuir… et claques venturesques, mais ne nous fâchons pas

Qui a dit que le 31 octobre avait le monopole du retour des morts? Après les mortelles festivités, pourquoi ne servirait-on pas les restes, le 2 novembre? Du réchauffé? Même pas! Et pour preuve, on en veut Raoul Fracassin. Fraca… quoi? Fracassin, l’aura immortelle d’un Lino Ventura plus vrai que dessin. Pour sa troisième aventure, on repart en Amérique, côté Nevada et mafia, avec une bonne dose de virilité, un casting une nouvelle fois d’enfer et la folie des films français qui osaient ruer dans les brancards, peu importe les pertes, Chanoinat et Loirat s’en fracassent, s’en Palance et s’en balancent!

Résumé de l’éditeur: Raoul Fracassin est de retour et il est très en colèr6e. Des malfaisants du style excité ont dérobés une bombe nucléaire à l’armée Américaine et veulent s’en servir pour redessiner la carte de France. Chez les Ricains la mafia va découvrir que Fracassin n’est pas du genre à chasser le gros gibier au lance pierre, quant aux possédés de l’explosion intempestive, ils vont s’apercevoir que quand Raoul est dans le secteur, c’est compliqué de transformer l’hexagone en carré ou en cercle.

 

 

 

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© Chanoinat/Loirat chez Jungle!

 

Une musique italienne non loin de la Statue de la Liberté, et un cri enfantin qui vient troubler le calme de cette villa écartée. Le décor est planté, la chaumière familiale nous accueille. Enfin, familiale, oui, mais mafieuse aussi. Car le Parrain est un padrino (Marlon Brando, forcément) qui pourrait faire trembler le monde entier. Et le nouveau venu, Frank Esposito (qui a les traits de Jack Palance), n’en a pas moins la gueule de l’emploi, reconnaissable entre tous. Le pacte est vite scellé et voilà qu’un traquenard est vite monté à Rio Bravo, ne laissant même pas le temps au convoi emmené par James North (déjà vu dans les deux premiers épisodes, très Constantin-ien)  de se préparer au don de sang à profusion. Et hop, envolée la bombe nucléaire. L’histoire pourrait s’arrêter là, mais c’est sans compter Raoul Fracassin et sa fine équipe qui entendent bien ne pas rester longtemps anonymes au pays des « perfusés de la mozzarelle ». Et quitte à faire des pizzas, dans sa grande gentillesse, Fracassin a apporté de quoi préparer la sauce tomate en deux temps, trois claques et quatre mouvements de mitraillettes.

 

 

 

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© Chanoinat/Loirat

 

Et c’est peu dire que le ballet proposé par les deux est infernal. Naviguant dans la démesure de la classe américaine, on sent à chaque case tout le plaisir qu’on Chanoinat et Loirat à prolonger les films qui les ont tant marqués. Avec l’art et la manière. Chez Raoul Fracassin, le temps s’est arrêté, on n’est pas fâchés, ni pressés, même si la troisième guerre mondiale est peut-être en marche. Une broutille qui ne risque pas d’augmenter la cadence de ses ténors des bons mots qui prennent toujours le temps de balancer une expression juteuse, une punchline qui claque, dont ils ont le secret.

 

 

 

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© Chanoinat/Loirat

Mais quand faut y aller, faut y aller, et en matière de spectaculaire, les deux héros de notre histoire (rejoints entre mille autres par… Diana Rigg en Bond Girl qui ferait mouiller le plus solide des glaciers) ne font pas dans les détails, zaï zaï zaï zaï… On rigole à tout bout de champ du début au final délirant de ce troisième opus qui cultive l’art du gag et la manière explosive de faire du cinéma imprégné par Audiard, Lautner et les autres en bd. Les codes ont changé mais le plaisir est identique. Le petit Lino en culotte de velours, quoi!

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Raoul Fracassin

Tome: 3 – Les flingueurs attirent la foudre

Scénario: Philippe Chanoinat

Dessin et couleurs: Philippe Loirat

Genre: Revival, Action, Humour

Éditeur: Jungle

Nbre de pages: 48

Prix: 11,95€



Publié le 02/11/2016.


Source : Bd-best


Un bruit étrange et beau: quand le vacarme des sentiments vous ramène à la vi(ll)e

Après plus de trente ans dans le monde du Neuvième art, Zep fait partie de ces auteurs qu’on a pris l’habitude de ne plus attendre au tournant mais qui, pourtant, tentent régulièrement de quitter leur zone de confort pour nous surprendre. C’était le cas l’année passée avec une histoire pornographique « Esmera » qu’il laissait au soin du dessin de Vince. Pour 2016, le papa de Titeuf nous livre une histoire bien dans l’air du temps, qui nous plonge dans l’eau de la Seine, le temps d’une baignade. À l’abri de la ville et de ses bruits incessants? Que du contraire.

 

 

 

 

 

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© Zep chez Rue de Sèvres

Résumé de l’éditeur: Où est la valeur d’une vie? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence? Dans ses batailles ou ses renoncements? William, lui, a choisi la solitude et le silence il y a 25 ans en intégrant l’ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c’est tout un monde nouveau qu’il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu’il va retrouver…
 

 

 

 

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© Zep chez Rue de Sèvres

 

Dans cette histoire étrange, si la couverture nous emmène déjà à Paris, c’est pourtant bien plus loin et plus haut que Zep nous emmène. Au pays des rocailles et des chamois, quelque part en Suisse. Deux hommes avancent inlassablement malgré la montagne qui s’effrite. Sans un mot, ils marchent. Ils ont laissé leurs vies, il y a bien longtemps en bas, et Zep se sépare de son style « gros nez » pour retrouver le réalisme qui nous avait tellement plus dans Une histoire d’hommes (chez le même éditeur, Rue de Sèvres). Et comme les deux hommes arrivent à la source, le temps de se mirer et de retrouver un bref instant leur visage, oublié depuis longtemps, dans le reflet aquatique; il est déjà temps de rentrer, pressé par la pluie.

 

 

 

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© Zep chez Rue de Sèvres



Pour Marcus (William, dans une autre vie), peut-être est-ce la fin de son insouciance et de sa quiétude monacale. Un courrier est arrivé à la chartreuse et le père supérieur le convoque. Une tante parisienne a eu la bonne (et embêtante) idée de mettre William sur la liste de ses héritiers. Le pactole, quoi! Pas vraiment pour William qui a fait vœu autant de silence que de pauvreté mais pour la chartreuse. Problème? Pas de procuration possible, le moine, qui a tôt fait de se qualifier comme un revenant, doit monter jusqu’à Paris.

 

 

 

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© Zep chez Rue de Sèvres

Même en tentant de dire le moins de mots possible, l’homme encapuchonné et anachronique devra revivre le passé qu’il a fui, saisir le présent et ses bonheurs fugaces et faire un choix, arrivé à la croisée des chemins, qui déterminera son futur. Une nouvelle fois, Zep n’a pas son pareil pour construire ses histoires avec des petits bouts de personnages. On ne sait pas grand-chose d’eux mais on en sait suffisamment et, peu à peu, l’histoire se construit, simple et pure à la fois. Forcément il y a une femme qui va faire douter notre ecclésiastique. Pas une femme fatale, une femme qui doute et qui a ses problèmes, dont un gros qui vient obscurcir ses beaux horizons, mais qui ne lâche rien. Une rencontre et aussi une leçon pour le moine qui doit à présent accepter tout de sa propre vie et non uniquement celle qu’il a condamnée et murée dans le silence.

 

 

 

© Zep chez Rue de Sèvres

 

 
© Zep chez Rue de Sèvres

 

Coule la Seine et coulent nos vies, voilà un sujet bien contemporain (et universel) que Zep nous apporte avec finesse et simplicité. Comme ses couleurs minimalistes que l’auteur utilise comme des filtres sur les différents passages de son récit. Comme un dieu mais tout en questionnant les croyances, religieuses ou pas, et leurs conséquences, Zep fait face aux existences qui font « zip » et glisse vers la douleur pour en tirer le meilleur, la douceur et le recueillement bénéfique, ne fût-ce que quelques moments, le temps de faire trempette dans la Seine. C’est beau, chaud, tellement inspirant. Cerise sur le gâteau, Zep laisse vivre son récit sans regard inquisiteur, sans jugement, et c’est encore mieux!

 

Alexis Seny

 

Titre: Un bruit étrange et beau

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs: Zep (et son blog)

Genre: Drame

Éditeur: Rue de Sèvres

Nbre de pages: 88

Prix: 19€



Publié le 31/10/2016.


Source : Bd-best


La grande guerre des mondes: oubliez les cowboys… place aux Poilus contre les Envahisseurs

Comment ça? Avec tous les récits catastrophes (mais loin d’être catastrophiques, que du contraire) qu’on vous a proposé ces dernières semaines (là ou là), vous n’êtes toujours pas rassasiés? On ne sait pas ce qu’il vous faut alors. Ou alors si, peut-être La grande guerre des mondes. Ça vous fait penser à du Wells? C’est normal. Mais pourquoi grande? Parce que Nolane et Vladetic ont fait encore plus le plein d’alien? À vue de nez, on ne sait pas. Toujours est-il que La grande guerre des mondes est un « crossover », la rencontre pas si improbable entre la Grande Guerre de 14-18 et le récit de Wells. Et c’est là que ça devient intéressant!

 

 

 

 

 

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

Résumé de l’éditeur: En 1916, durant la bataille de Verdun, une super mine allemande fait sauter un important fort français et tue le général Nivelle. Surgit alors une étrange machine géante enterrée profondément depuis des siècles. Protégée par un champ de force, elle se déploie soudain pour lancer un message vers l’espace qui va réveiller ce qui est tapi sous les cités mortes de la planète Mars…
 

 

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

Sous le soleil rien de nouveau, mais par contre sous les nuages de poussière suintant la mort au-dessus des tranchées, c’est une autre paire de manches. Comme si les moyens humains et les ignobles innovations guerrières ne suffisaient pas, voilà qu’une arme ultime semble être enterrée depuis des siècles sous l’actuel front. Bien sûr, ce n’est pas la première fois que les scientifiques abordent cette étrange chose venue du ciel, certains ont même fait route jusqu’en Sibérie pour tenter d’en percer le secret. Pourtant cet engin déterré et qui semble se protéger par une cloison hermétique aux plus grosses rafales, personne n’a encore eu la possibilité d’en étudier. Et vu la dangerosité de la chose, non seulement la trêve est déclarée et les Français comme les Allemands doivent collaborer mais ces derniers doivent aussi s’allier les services d’un certain… Einstein. Vous imaginez le comble?


 

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

On connaissait cowboys et envahisseurs, voilà désormais poilus et envahisseurs, et sur papier la rencontre et le duel promettent d’être explosives. D’ailleurs, les deux auteurs ne se perdent pas en chemin et au champ d’honneur de ce premier tome (l’histoire sera bouclée en une trilogie), tombent déjà des dizaines d’hommes. Et pas un seul alien, si ce n’est la pluie de vaisseaux fulgurants qui s’abat sur la Terre. C’est sûr, on aurait sans doute aimé en savoir un petit peu plus. Mais comme tout vient à point à qui sait attendre, on attend. D’autant plus qu’il est question d’enjeu touchant au monde d’aujourd’hui.


 

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

 

© Nolane/Vladetic/Folny chez Soleil

 

La maîtrise scénaristique et tensionnelle de Nolane adjointe à la découverte un peu plus profonde de ce que peut réaliser Zeljko Vladetic (qui trouve ici un deuxième album totalement différent de son premier sur la voiture Coccinelle et de sa collaboration sur Wunderwaffen), donnent envie de rester en spectateur tout en trouvant un bon abri pour éviter les obus.

 

Alexis Seny

 

Série: La grande guerre des mondes

Tome:  1 – La chose sous les tranchées

Scénario: Richard D. Nolane

Dessin: Zeljko Vladetic

Couleur: Aurore Folny

Genre: Science-fiction, Uchronie, Guerre

Éditeur: Soleil

Collection: Fantastique

Nbre de pages: 48

Prix: 14,50€



Publié le 31/10/2016.


Source : Bd-best


En filant un coup de vieux à Mickey, Tébo dépoussière jubilatoirement le mythe

Tebo qui fait un Mickey? Quelle drôle d’idée. C’est vrai qu’on pouvait ne pas donner cher de la peau de la souris aux longues oreilles mondialement connue sous le crayon du créateur de Captain Biceps et dont l’humour pipi-caca n’es plus à prouver(y’a qu’à voir dans L’Atelier Mastodonte, vous nous en direz des nouvelles). Pourtant, une troisième fois, après Cosey et Keramidas et peu avant Loisel, la magie de Disney à la sauce franco-belge fait bien plus qu’opérer, sans fausse révérence et avec beaucoup de bonnes idées.

 

 

 

 

 

©Tebo

 
Recherches pour le personnage de Mickey ©Tebo

Résumé de l’éditeur: Norbert, l’arrière-petit-neveu de Mickey, est comme tous les gamins de son âge : le nez toujours plongé dans sa console de jeux vidéo. Alors, pour attirer son attention, son arrière-grand-oncle a l’habitude de lui raconter des histoires. Mais pas n’importe lesquelles : celles qu’il a vécues dans sa jeunesse.

 

 

 

©Tebo chez Glénat/Disney


©Tebo chez Glénat/Disney



Tour à tour aviateur de guerre, chasseur de trésor dans un western qui n’a rien à envier à Leone, inventeur fou et aventurier du bayou ou conquérant lunaire, c’est peu dire que Mickey a bien vécu avant de devenir ce vieillard gâteux plus que gâteau que Norbert, son arrière-petit-neveu vient voir en coup de vent. En coup de vent? Pas si sûr, car ce grand-père croulant comme bien d’autres a peut-être autre chose que des banalités à réciter à Norbert. Et si, par la force des mots et de l’imagination, Mickey alimentait la machine à voyager dans le temps et entraînait Norbert dans ses plus grandes aventures. De la rencontre avec Minnie en passant par Dingo et Donald sans oublier l’ennemi intime, Pat Hibulaire.

 

 

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©Tebo chez Glénat/Disney

 

À chaque album, nous comprenons un peu plus la réelle opportunité qui est donnée aux auteurs du monde franco-belge de revoir, corriger ou revisiter les aventures de Mickey Mouse. Les deux premiers albums étaient des exercices de style tout à fait enthousiasmant et la version de Tébo suit la même voie. Pas question de se laisser engourdir par le poids de ce personnage mythique du monde culturel, Tébo fait à sa mode et attire irrésistiblement la chauve souris (ben oui, Mickey a vieilli, on vous a dit) à lui et à son univers totalement barge.

 

 

 

 

©Tebo chez Glénat/Disney

 
Une des doubles-planches ©Tebo chez Glénat/Disney

Plutôt que de se lancer dans une longue et périlleuse aventure, l’auteur lui préfère une série de mini-récits. Pas de quoi charcuter le plaisir pour autant, la « défoulade » est, elle, maxi et on sent tout le bonheur qu’éprouve Tébo dans cette reprise, cartoonesque à souhait. Quelques doubles-pages magnifiques, des crocodiles, des Martiens, des inventions plus magiques et incroyables les unes que les autres, le tout dans un esprit parfois très « jeu vidéo », décidément, Tebo au pays de Mickey, c’est gravement bon! Avec, en bonus, la prouesse de dépoussiérer le mythe tout en mettant cinquante ans dans la vue de Mickey! Du grand art.

 

Alexis Seny

 

Titre: La jeunesse de Mickey

Recueil d’histoires courtes

Scénario, dessin et couleurs: Tébo

Genre: Aventure, Humour

Éditeur: Glénat

Collection: Créations originales

Nbre de pages: 80

Prix: 17€



Publié le 31/10/2016.


Source : Bd-best


Les cercles de lumières: les crop circles ne sont pas faits pour tourner en rond mais pour aller plus loin

Finis les aliens, place aux zombies. Cela n’empêche pas quelques exceptions (qui a cité Stranger Things?) et ne boudons pas notre plaisir, replongeons dans les crop circles qui servait de cœur à l’histoire développée par Makyo et Laval NG: Les cercles de lumière. Une triste histoire puisqu’elle ne fut pas finie. Delcourt publia le premier tome avant de s’en aller voir d’autres horizons et de laisser le récit incomplet. Dans son malheur, voilà que, quatre ans plus tard, les Éditions du Long Bec bouclent la boucle et publie l’intégralité du diptyque dans une intégrale qui vaut le détour.

Résumé de l’éditeur: Depuis plusieurs décennies, des figures géométriques complexes apparaissent dans des champs cultivés partout dans le monde, sans que l’on sache de manière irréfutable s’il s’agit de canulars ou de phénomènes paranormaux… Ces signes seraient-ils porteurs de messages provenant d’une « supra-intelligence » ? Gabrielle, membre d’un groupe de recherche sur ces mystérieux « agroglyphes », et sa sœur Murielle, après la mort de leur père, vont s’approcher au plus près des mystères de ces « crop circles »… Et Julia la fille de Gabrielle, semble être directement concernée…

 

 

 

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À force de témérité et de passion, bien plus que de calcul des risques et d’hésitations entre « je le fais – je le fais pas », la cigogne a des principes. Et elle fait bien de s’y tenir. En témoigne cette intégrale qui donne le fin mot de cette histoire restée incomplète avec 58 planches. Une histoire qui, de notre avis, aurait d’ailleurs dû sortir en un one-shot plutôt que de la diviser en deux. Soit, il a fallu du temps, mais voilà, nous pouvons enfin (re)découvrir le travail de Makyo et Laval NG (qui avaient déjà travaillé ensemble sur plusieurs tomes de Balade au bout du monde) dans son intégralité. Et ça vaut le détour.

Ainsi, nous entrons en premier contact avec Gabrielle et Murielle, deux sœurs. Murielle, écrivaine à ses heures, se nourrit des personnes qu’elle croise dans la réalité pour de potentiels romans. Cash, la jeune femme n’hésite pas à classer tous ceux qui l’entourent en deux catégories, les « ganglieux » et les généreux. Généreuse, Gabrielle l’est d’ailleurs sans aucun doute, professeure de math avenante, souriante et exaltée dès qu’on lui parle d’agroglyphes, ces dessins bizarres et intrigants qui prennent possession des champs sans que rien ne puisse expliquer leur apparition. Et si les deux sœurs sont complètement différentes, le lourd secret que renferme leur papa, fraîchement sorti d’un inextricable coma et qui se met à peindre des toiles qui en disent long sur le monde de demain, va les unir un peu plus, au présent comme pour les générations futures. La métamorphose de leur existence est en marche.

 

 

 

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Comment critiquer cette bande dessinée sans en dire de trop? En vous disant avant tout que la surprise est de taille et que les chemins balisés par les films et documentaires sur les crop circles ne sont pas vraiment employés ici. Notre monde est fait de trop de territoires inconnus que pour aller voir du côté du ciel et des vaisseaux spatiaux, même si Makyo laisse la porte entrouverte.

 

 

 

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Mais le scénariste frappe fort par son indéniable talent à faire du neuf en amenant des thèmes nouveaux et des enjeux actuels sur un thème vieux comme le monde. On flirte avec l’ésotérisme et le thriller, un peu avec l’héritage maya, beaucoup avec le drame familial, mais il est aussi plus que jamais question du lien humain et de l’importance de jouer collectif. Le dessin de Laval NG répond bien au scénario de Makyo, acquis à sa cause, onirique et bien ajusté. Un ouvrage aussi déroutant qu’essentiel.

 

Alexy Seny

 

Titre: Les cercles de lumière

Scénario: Makyo

Dessin: Laval NG (Fb)

Couleurs: Laval NG et Vincent Wagner

Genre: Fantastique, Thriller, Drame

Éditeur: Éditions du Long Bec (FB)

Nbre de pages: 128 (dont un dossier de contextualisation de 14 pages)

Prix: 23,50€



Publié le 27/10/2016.


Source : Bd-best


Arthus Trivium, t.2: cataclysme ésotérique et démoniaque au temps de Nostradamus

Après un premier tome qui nous propulsait à l’époque fantasmée de Nostradamus, entre magiciens et démons, Raule et Landa continue leur traversée de la France de Charles IX en provoquant le monde des ténèbres. Les deux auteurs se lâchent en explorant la fiction qui se cache derrière les prédictions vérifiées de Nostradamus. Trépidant, horrifique et haut de gamme.

Résumé de l’éditeur: Nostradamus et ses trois disciples devront recourir à la ruse et à la force brutale pour affronter les légions de morts-vivants prêts à dévorer la chair tendre du jeune roi Charles IX !

 

 

 

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Alors que le premier tome prenait le temps d’imposer ses personnages et son univers, voilà que tout s’accélère dans les « Trois magiciens ». Entre présent et passé de ce brave Michel de Nostredame, Raule et Landa en ont fini de préparer le terrain, place à l’action, aux chevauchées catastrophées et à la revanche des âmes en peine flouées et oubliées.


Tout refait surface et ça sent la poudre autant que le soufre dans la petite maison de Salon-de-Crau où Nostradamus pensait être en sécurité avec sa famille. Il ne pensait pas si bien (pré)dire et quand un roi s’invite entre les rats, l’aubaine est trop belle et les retrouvailles ont tôt fait de se transformer en prise d’otages aux mains (et aux os, surtout) de l’armée des ténèbres sous les ordres du Grand Zagan (pas Peter Zagan, hein!), le Seigneur de toute chose. Le mystérieux troisième magicien et les fidèles compagnons de Nostradamus arriveront-ils à tirer leur épée du jeu?

 

 

 

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Le premier tome était bien ficelé, le deuxième n’en est que plus grandiose. Le trop rare Juan Luis Landa dévore son récit de puissance et nous oppose frontalement à l’horreur à l’état pur. Épatant à chaque case. Et si l’effroi est palpable, Raule ne tremble pas et profite complètement de l’arme de destruction massive que lui offre le dessinateur. La fresque fantastico-historique n’en est qu’à ses débuts (et néanmoins la fin d’un premier diptyque) mais porte déjà le sceau des aventures épiques et au long cours.

 

Alexis Seny

 

Série: Arthus Trivium

Tome: 2 – Le troisième magicien

Scénario: Raule

Dessin et couleurs: Juan Luis Landa

Genre: Fantastique, Cape et épée

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48 (+ cahier graphique de 8 pages)

Prix: 13,99€



Publié le 27/10/2016.


Source : Bd-best


Sambre tome 7, les débuts...

Bernard-Marie Sambre souffre chaque jour de cauchemars horribles. Il partage sa souffrance avec ses ancêtres aux yeux rouges. Bernard-Marie chaque jour reprend cette guerre des yeux écrite par son grand-père Hugo. Sa mère, Julie Saintange est partie sous un faux nom dans le Sussex. Elle est recueillie par sa belle-famille. Judith est dans un pensionnat où elle fait aussi des cauchemars. Contre une pièce, la petite fille montre son corps à Giuseppe pendant que Kazimir les espionne. Plus tard, elle qui ne sait pas se tenir est adoptée par la famille Belgrand de Polignac.

 

 

 

 

Un nouveau cycle

Il s’agit du premier tome d’un triptyque consacré à la troisième génération de la famille Sambre dans la série mère. Yslaire est seul à signer scénario et dessins. C’est la petite Judith qui prend le récit à son compte. Au lieu de profiter d’une famille aimante, elle se retrouve à la rue. Yslaire prend plaisir à nous montre ses héros sous leurs côtés de débauchés. Le trait est précis et le découpage rythmé. L’intrigue fascine même si les personnages son choquants.

Le plaisir est au rendez-vous malgré la menace qu’on sent peser. Et, on attend le prochain tome avec impatience.

Jean Jacobs

Sambre T7 Fleur de Pavé, 72 pages, Glénat Collection caractères, 15.50 €



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Blood Red Lake de Christophe Bec et Renato Arlem: la fête était… mortelle

Résumé de l’éditeur: Danny et Nathan sont aux anges. Ils sont en route pour la méga fête de l’année et, cerise sur le gâteau, ils vont parcourir 1300 kilomètres en compagnie de la plus jolie fille du lycée et de sa copine. Une vraie aubaine pour les deux ados les plus ringards du lycée ! Sauf que d’horribles parasites vont s’inviter au voyage et venir gâcher la fête. Les réjouissances ne vont pas tarder à se transformer en massacre…

D’habitude, c’est en revenant des Spring Break’s enivré d’alcool, de drogue, de fatigue et de sexe, que le périple se fait dangereux. Pas de chance pour Danny et Nathan, Molly et Jenny, l’horreur semble bien décidée à s’inviter avant même la fiesta annoncée. Une météorite au loin, un routier vicelard, un autostoppeur accidenté, voilà les ingrédients qui font que l’histoire dérape. Et bien.

 

 

 

© Bec/Arlem chez Glénat

 

 

D’emblée, on se retrouve dans cette histoire imaginée par Christophe Bec (qui avait déjà signé Bikini Atoll et Sunlight dans la première salve) et Renato Arlem (le Brésilien qu’on connaît notamment pour certains épisodes de X-Men ou de X-Factor) comme on pousserait la porte nous menant vers l’univers des 80’s (dans l’armoire à disque, nous avions même pioché le Random Access Memories des Daft Punk et force est de constater qu’en BO de ce récit, ça fonctionne du tonnerre). Ambiance décontractée, et voilà que Danny et Nathan tirent des plans sur la comète (et des plans cul, surtout) à propos des incroyables sex-symbols qu’ils vont pouvoir convoyer jusqu’à Lake Tahoe. C’est sexiste, mais pas bien méchant non plus de la part de deux ados encore dans l’âge con, très teen movie et so eighties (entre Hitcher et Dahmer), sauf qu’ici les références sont celles The Walking Dead. So actual aussi, donc.

 

 

 

© Bec/Arlem chez Glénat

 

 

Puis le fantastique s’invite charriant son lot de réflexes hérités de survival. Des amants criminels, une épidémie insidieuse qui se répand comme le sida et qui transforme les humains en animaux jamais repus de sang et de carnage. Des humains comme les autres si ce n’est quelque chose dans le regard. C’est effrayant tout autant que tripant et exaltant, le scénario est sans prétention mais tout bonnement imparable et superbement mené tandis que Renato Arlem est simplement impressionnant. Dans Blood Red Lake, tout est prétexte à faire monter dans les tours une adrénaline qui ne demandait que ça.

 

Alexis Seny

 

Bec/Arlem, Glénat Comics, 128 pages, 14,95€.



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Voyage au pays de la peur de Rodolphe et Dzialowski: huis clos en haute-mer entre icebergs et cauchemars

Résumé de l’éditeur: Chaque année, H. P. Lovecraft et d’autres collaborateurs réguliers à la revue Weird Tales se retrouvent pour se raconter des histoires terrifiantes. Invité à l’une de ces réunions, un certain Grogan Masson leur évoque l’histoire du Sphinx des Neiges. Parti à la découverte du Pôle Sud, ce navire avait été le théâtre d’événements étranges… Avaries, disparitions, mutinerie, épidémies, hystéries collectives, le voyage n’avait pas tardé à se transformer en véritable cauchemar. De tout l’équipage, Masson est le seul survivant.

 

 

 

Le port de l'angoisse n'était qu'un début... © rodolphe/dzialowski chez Glénat

 

 

Parmi les huis-clos les plus privilégiés, le bateau perdu en mer en est un on-ne-peut-plus privilégié. Mettez-y quelques personnages prêts à jouer à leur insu le rôle des dix petits nègres, saupoudrez l’océan de quelques icebergs et de beaucoup d’algues infranchissables, ajoutez-y quelques drôles de bestioles sanguinaires ainsi qu’une femme à bord, et vous obtiendrez le sinistre cocktail (salé comme il se doit) concocté par Rodolphe (l’excellent compère de Léo depuis un bon paquet d’années et outre une bibliographie impressionnante) et Dzialowski (dessinateur qui se promène entre la patrouille de France et Batman).

 

 

 

© rodolphe/dzialowski chez Glénat

 

 

Contant cette aventure en territoire horrifique comme si HP Lovecraft avait pu lui-même la raconter, les deux auteurs n’ont pas peur de la comparaison et mènent leur barque (si l’on peut dire) admirablement, évitant (au contraire de leur pauvre équipage) le fracas des lames de fond. Voyage au pays de la peur est généreux tout en contenant ses effets fantastiques et en les utilisant à bon escient. Et la fin, inextricable et ouverte, ne vient que renforcer le malaise du lecteur.

 

Alexis Seny

 

Rodolphe/Dzialowski, Glénat, 128 pages, 14,95€.



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Le comics à la française se défend bec et ongles et… flesh and bones!

Flesh and bones, en français, ça veut dire chair et os. On a fait de cette expression, une série, et voilà que Flesh and Bones devient une nouvelle collection, glaçante, chez Glénat Comics. Ou comment des auteurs français parmi les plus doués de leur génération s’essaient à des thématiques oscillant entre séries B et Z et dont les comics et le cinéma américain se sont montrés assez férus. Un exercice de style et de genre dont la rentrée littéraire a accueilli la deuxième salve et trois nouveaux récits taillés dans l’horreur, les frissons et le survival. La petite manufacture balbutiante du comics à la française n’a rien à envier à la grandeur (et la décadence) américaine. Un petit théâtre de noir et blanc qui lorgne jouissivement sur le cinéma spectaculaire.

 

 

 

 

© Guerin/Sentenac chez Glénat

 

 

50 de Rémi Guérin et Alexis Sentenac: combo d’influences pour course-la-montre éffrénée

Résumé de l’éditeur: Aux États-Unis, une unité spéciale du FBI a pour mission de référencer, classer et traquer les pires serial killers du pays. Mais certains ne répondent à aucun schéma, ne correspondent à aucun profil, ils sont pour ainsi dire insaisissables. Ces « suspects zéros » sont au nombre de 50. Le plus redoutable de tous, le Chat de Schrödinger, décide de lancer un défi au FBI en donnant lui aussi la chasse aux 50. Les règles du jeu sont simples : si la police les trouve avant lui, il donnera un indice permettant de l’approcher. En revanche, si les enquêteurs arrivent trop tard, il tuera l’un d’eux ou l’un de leurs proches, sans sommation…

Entre le Seven de David Fincher (référence assumée puisque citée dans ce comics), Le témoin du mal de Gregory Hoblit ou encore Que justice soit faite de F. Gary Gray, il y avait une jolie place. Rémi Guerin (Pinkerton, City Hall…) et Alexis Sentenac (un touche-à-tout vu dans Siberia 56, Nous irons tous au bois ou Carthago Adventures) ne se sont pas fait prier et voilà qu’ils assurent et assument un récit original qui fait froid dans le dos et multiplie quelques scènes qui vont nourrir bien des cauchemars.

 

© Guerin/Sentenac chez Glénat

 

 

Passé un prologue qui dévoile un peu la fin du récit et instille autant le doute qu’une certitude, une intime conviction (un peu trop?), les auteurs nous emmènent dans les pas d’O’Leary, une jeune et téméraire agente du FBI qui n’a pas froid aux yeux. Pourtant l’affaire qui l’occupe risque bien de changer à jamais sa vie, pour peu que ce ne soit pas déjà le cas. Glaçant et angoissant à la fois, le duo maléfique Guerin-Sentenac réussit à tirer son épingle d’un jeu qui aurait pu causer leur perte. L’habileté est de mise et la qualité de ce dessin criminel fait oublier que la solution de l’énigme est spoilée dans les premières pages. Dommage mais pas inconsolable car le plaisir est ailleurs!

 

Alexis Seny

 

Guérin/Sentenac, Glénat, 128 pages, 14,95€



Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


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