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Nestor Burma, amour roux et ligne rouge pour quelques lingots de plus

L’année passée, nous avions laissé Nestor Burma en 1956 au Boul’mich en compagnie de Nicolas Barral (qui apparaît malencontreusement sur le dos de ce nouvel album). Et voilà que nous repartons de plus belle dans le passé du célèbre détective, emmené par Emmanuel Moynot (que nous retrouvons après une interview il y a quelques mois) qui reprend le flambeau après sept ans d’absence. Nous sommes en mars 1942, et en ces temps troubles, quand un meurtre a lieu et que Nestor Burma est dans les parages, on pense forcément à lui comme… coupable idéal. CQFD?

 


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(c) Moynot

 

 

Résumé de l’éditeur: Nestor Burma sous l’occupation, à la recherche de lingots d’or pour les beaux yeux d’une femme fatale. 1942. Nestor Burma vient à peine de rouvrir l’agence Fiat Lux qu’il tombe sur une affaire « en or » : retrouver trois lingots disparus lors de l’attaque d’un train postal avant guerre.

 

 

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(c) Moynot

Nestor Burma contre CQFD, c’est la deuxième enquête du détective de choc dans le Paris occupé. Si cette enquête se déroule quelques mois après 120, rue de la Gare (deuxième tome des aventures dessinées par Tardi), il a fallu près de trente ans pour que cette histoire de Léo Malet voit le jour en BD. Ce n’est pas bien grave et c’est même assez chouette de retrouver un héros transbahuté d’une époque à l’autre (et d’un univers graphique à un autre, même si chaque repreneur marche toujours sur les traces du géant Tardi), bien en retrait des séries trop linéaires et chronologiques.
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(c) Moynot
On perd nos repères (comme Nestor perd la tête, enivré d’amour) mais on les retrouve très vite. Ne fut-ce que par la carte qui orne les première et deuxième de couverture. Et le moteur des avions bombardiers nous rappellent aux tristes souvenirs d’une époque révolue, heureusement. Y’a pas à dire, le dessin de Moynot et les couleurs de Chantal Quillec se marient bien pour faire ressentir ces temps tragiques où l’on serrait les ceintures au maximum.
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(c) Moynot
La privation est de mise, mais pas en matière d’aventure au coin de la rue. Une porte qui s’ouvre, la folle cavalcade d’une rousse, un cadavre encore chaud, et voilà ce flâneur de Nestor rattrapé par ses devoirs d’enquête et pour le coup… suspecté. La faute à sa proximité avec les lieux du crime et à une carte de son agence, Fiat Lux, retrouvé à deux pas de la malheureuse victime.
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(c) Moynot
Ça craint! D’autant plus que si l’affaire est compliquée par la multiplication des pistes et des personnes impliquées, la presse de caniveau n’est pas en reste et parasite le travail des enquêteurs (déjà en ce temps-là, c’est dire!). Et si CQFD n’a finalement qu’un petit rôle à jouer dans cette histoire de faux-(res)semblants, on s’amuse, on cherche le fin mot pour être les premiers à retrouver ces trois lingots rapinés par des malfrats de seconde zone. Mais Nestor est le plus fort… quoique. Du début à la fin absurde et terrifiante (comme dans une histoire fantastique, en fait), l’auteur n’a rien perdu de sa maîtrise de l’univers du détective: Moynot est comme un poisson dans l’eau!
Alexis Seny

 

Série: Nestor Burma
Tome: 10 – Nestor Burma contre CQFD
D’après le roman de Léo Malet et l’univers de Jacques Tardi
Scénario et dessin: Emmanuel Moynot
Couleurs: Chantal Quillec
Genre: Polar
Éditeur: Casterman
Nbre de pages: 72
Prix: 15€


Publié le 26/10/2016.


Source : Bd-best


Une plume en plus au service d’un Yakari désormais incapable de parler aux animaux

Alors que ses cinquante ans approchent, Yakari semble toujours aussi galopin et intrépide. Et s’il parle toujours sioux, voilà que, sous l’égide de Grand Aigle, le papoose accueille un nouveau totem dans son univers: Joris Chamblain. Élevé dans un monde de filles plutôt populaires (à commencer par Cerise dont les carnets cartonnent), le scénariste prend la succession au pied levé de Job pour emmener l’Amérindien le plus populaire de la BD dans de nouvelles aventures, toujours avec le fidèle Derib. Et pour commencer, on coupe le son!

 

Résumé de l’éditeur: Quand Yakari se montre colérique et injuste vis-à-vis de Petit-Tonnerre, il va vite découvrir que ses actes ont des conséquences et que rien n’est jamais acquis dans la vie. Ni les dons précieux, ni l’amitié… Face à un grizzly qui ne semble pas dans son état normal, Yakari devra faire preuve d’encore plus d’ingéniosité que d’habitude pour aider ses amis animaux et pour regagner la confiance de son fidèle compagnon d’aventure… et celle de Grand Aigle !

 

 

 

 

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(c) Yakari par Chamblain et Derib chez Le Lombard

Coup de (Petit) tonnerre dans le monde des héros indémodables de la BD franco-belge: Yakari a perdu sa voix. Enfin pas celle qui lui permet de communiquer avec ses amis sioux, de ce côté-là tout va bien, mais celle qui lui permettait d’interagir avec les animaux et de les comprendre. Sur un coup de tête et de sang, le don s’est évaporé, comme si Yakari avait choppé le rhume de Benoît Brisefer. D’autant plus que le temps est à l’orage et à la pluie.
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(c) Yakari par Chamblain et Derib chez Le Lombard
Et ça fonctionne, encore et encore. Dans ce monde d’émerveillement et de bons sentiments, où le mauvais jour d’un Yakari levé du mauvais pied, on se reprend au jeu. Joris Chamblain est le digne héritier de Job tandis que Derib n’a ni besoin de forcé le talent ni même la dextérité pour prêter vie et nature au petit monde du Papoose.
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(c) Yakari par Chamblain et Derib chez Le Lombard
On retrouve les castors, un grizzli rendu fou et un Petit-Tonnerre toujours aussi impétueux. Tous les ingrédients sont là, une histoire faussement naïve (qui nous rappelle la nécessité de communiquer sur la même longueur d’onde à l’heure de la technologie galopante). Par le grand manitou, après 39 albums, Yakari a encore de l’avenir et ne s’essouffle en rien!
Alexis Seny 
Série: Yakari
Tome: 39 – Le jour du silence

Scénario: Joris Chamblain

Dessin: Derib

Couleurs: Rebekah Paulovich sous la supervision de Dominique

Genre: Aventure

Éditeur: Le Lombard

Nbre de pages: 46

Prix: 10,6€



Publié le 24/10/2016.


Source : Bd-best


Chronosquad, les voyages (dans le temps) forment la… détresse

Alors, comme ça, encore un voyage dans le temps? Oui, Monsieur! Et vous ne pensez pas qu’il y a déjà eu assez d’histoires (illustres) traitant de ce thème? C’est un peu de cette manière que s’est invité le dilemme intérieur en commençant le nouvel opus (une petite brique) de Grégory Panaccione en compagnie du débutant (du moins dans ce genre) Giorgio Albertini. Mais ces deux conteurs qui s’essaient à la science-fiction décomplexée, à une époque où l’on part côtoyer Jeanne d’Arc comme on prépare ses vacances au Maroc, réussissent leur pari, avec brio qui plus est.

 

Résumé de l’éditeur: Bloch vient de recevoir l’appel de sa vie : il va enfin intégrer la mythique Chronosquad… pour une mission en Égypte antique ! Une banale fugue d’adolescents d’un centre de vacances que l’expérience de ses coéquipiers, Penn et Beylogu, devrait permettre de résoudre rapidement. Mais ce qui se présentait comme une balade temporelle de santé se transforme bientôt pour Bloch en voyage initiatique…

 

 

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Au moment de passer devant la timetable tout à fait ordinaire si elle ne proposait pas des voyages chimériques vers le Paris de 1789, le Gondwana du Crétacé ou encore le Jérusalem du Christ, Bloch n’en croit pas ses yeux. Sous ses allures maladroites, ce modeste docteur universitaire qui n’a pas vraiment brillé aux épreuves de formation se prépare à devenir un professionnel du voyage dans le temps. Un vrai, un dur, sans peur et sans reproche: un membre du Chronosquad.

 

 

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Et l’heure est grave, une jeune fille et son ami ont disparu, fuguant du centre balnéaire établi en Égypte Antique. A priori, ce n’est pas la période la plus craignos de l’histoire. Mais voilà, la fugueuse n’est autre que la fille d’un puissant magnat bancaire (et même le président de la banque centrale). Voilà donc Blotch contraint de jouer les Snake Plissken.

 


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Et voilà que s’installe l’histoire aussi délirante qu’épique d’Albertini et Panaccione. On rit beaucoup (à commencer devant cette critique à peine voilée d’une société de consommation poussée dans l’absurdité la plus complète) mais on se surprend aussi à avoir peur pour ce personnage. Et si, au départ, on a du mal à comprendre comment cette histoire mêlant Égypte antique, Renaissance et ère préhistorique va pouvoir tenir la route durant… quatre tomes de près de 240 pages; les deux compagnons de croisière temporelle nous rassurent vite: ils ne comptent pas nous laisser nous ennuyer et ne ménagent pas leurs effets et leur intrigue. Fou, dément, anachronique et improbable, voilà un trip qui nous plait bien!

 

Alexis Seny

 

Série: Chronosquad

Tome: 1 – Lune de miel à l’âge du bronze

Scénario: Giorgio Albertini

Dessin et couleurs: Grégory Panaccione

Adaptation des dialogues: Simon Kansara

Genre: Aventure, Humour, Science-fiction

Éditeur: Delcourt

Collection: Neopolis

Nbre de pages: 240

Prix: 25,50€



Publié le 24/10/2016.


Source : Bd-best


Culottées de Pénélope Bagieu, l’habit ne fait pas… la femme extraordinaire

Brillante bédéiste, Pénélope Bagieu revient avec Culottées, premier tome d’un diptyque dépeignant le portrait de femmes audacieuses et hors normes. Vrai, touchant, truffé d’humour et de girl power, on ne peut qu’être fascinés par tous ces destins. Guerrière apache ou femme à barbe, sœurs rebelles ou créatrice de… trolls, ces culottées vont faire voler en éclat tous nos préjugés ! 

 

 


 


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Clémentine Delait, femme à barbe

 

 

Dans cet album regroupant toutes les planches pré-publiées précédemment sur le blog du Monde, Pénélope Bagieu continue son travail biographique, déjà entamé avec Ma vie est tout à fait fascinante où elle racontait avec son humour légendaire sa vie et poursuivi lorsqu’elle s’est intéressée à la vie de Cass Eliott dans l’album California Dreamin. Avec Culottées, l’auteur passe à un niveau supérieur en retraçant la vie de quinze femmes formidables. De l’inoubliable Joséphine Baker à Georgina Reid, une gardienne de phare investie, en passant par Margaret Hamilton, actrice terrifiante ou encore Wu Zetian, première impératrice chinoise. On redécouvre la vie de certaines, on en découvre d’autres, et chaque portrait est sublime de justesse et d’humour.

 

 

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Christine Jorgensen, célébrité

 

Avec simplicité, Pénélope Bagieu nous dévoile la vie de toutes ces femmes qui ont à leur échelle construit le féminisme. Elle ne rentre jamais dans les détails, se contentant d’exposer le fil rouge de leur existence, ce qui offre à cette bande-dessinée une belle simplicité. Sans filtre, on découvre une femme après l’autre à la manière d’un merveilleux livre de conte. À chaque fin de récit, on retrouve une véritable morale qui ne peut qu’être inspirante pour tous ceux qui décideront d’ouvrir cet album, qu’ils soient féminins ou masculins bien-sûr ! Car justement, Pénélope Bagieu ne se sert pas de ses planches comme d’une tribune pour féministes extrémistes, s’opposant au grand méchant homme. Elle s’exprime avec finesse, fait passer de véritables messages d’égalité, sans haine mais aussi sans prétention !

 

 

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Annette Kellerman, sirène

 

Ouvrir ce livre, c’est entrer dans un univers exclusivement féminin (mais qui n’exclut pas pour autant les hommes, bien au contraire) où des pionnières perdues dans les méandres de l’histoire nous livrent leurs secrets. Des femmes uniques, forçant l’admiration, qui n’ont jamais baissé les bras face à des portes fermées mais qui au contraire, ont pris leur destin en main pour atteindre leurs rêves. C’est avec plaisir qu’on s’égare entre les pages de ce livre magnifique, qu’on se promène de cases en cases au gré des dessins et des répliques pleine d’humour et de tendresse de Pénélope Bagieu. Si ces portraits sont culottés, ils n’en sont pas moins réussis et terriblement inspirants. La femme est démystifiée, le féminisme est subtil et la découverte est superbe ! Attention, je dois tout de même vous prévenir, si vous décidez de vous frotter à ces culottées, l’expérience risque d’être addictive. Mais rassurez-vous, un second opus est prévu pour 2017 et d’ici-là, vous pouvez retrouver Pénélope sur son blog.

 

Alexis Seny

 

Culottées de Pénélope Bagieu

141 pages

19,50 euros

Éditions Gallimard



Publié le 24/10/2016.


Source : Bd-best


Le monde d’après, l’humanité fracassée par la vengeance de Mère Nature!

Un an et demi plus tard, nous revoilà propulsé dans ce monde perdu, anéanti, totalement revenu à l’état sauvage (à un point tel que Mad Max prendrait ses jambes à son cou et que les tueurs de Walking Dead auraient sérieusement le cafard, si si) rêvé par Jean-Christophe Chauzy. Après un premier acte qui faisait tourner en bourrique les cartographes en réinventant de manière dantesque la physionomie du monde tel que nous le connaissons et en réinventant ses dangers. Dans l’ère du chacun pour soi, comment survivriez-vous?

Résumé de l’éditeur: Le désastre semble avoir tout balayé. Seul subsiste pour Marie et ses jeunes protégés l’espoir de rejoindre la civilisation.

 

 

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

La montagne s’est levée comme un golem, renversant toutes les certitudes de l’humanité et la ramenant à ses instincts les plus vils et primitifs, quand la survie n’est plus un luxe mais une tare. Selon la volonté de Jean-Christophe Chauzy (il nous l’avait confié en interview), les secours ne sont pas arrivés et les policiers, seuls garant du désordre, trop déboussolés ont été une durite. Non, résolument, dans ce monde anéanti, où les télécoms se sont tues (à jamais?), on ne graille que le fruit de son état de chasseur-cueilleur, ou au mieux de la ruse.

 


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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

Car, plus que jamais, ici, dans ce paysage désolé où Mère Nature a fait table rase des symboles d’une prospérité galopante (TGV à la casse et Alstom démembré à l’appui), a priori pas si loin de Port-Vendres, l’homme est un loup pour l’homme. Et on vous laisse deviner ce que deviennent les chiens retrouvant la force de la meute. Décidément, Marie et ses trois garçons ne seront en sécurité nulle part, y compris dans l’illusion qu’ils veulent se donner que rien n’a changé et que la normalité n’est pas si loin.

 

 

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

Toujours aussi désarçonnant et désespéré, Christophe Chauzy continue son travail de sape. Multipliant les images fortes et terrifiantes (alors que son trait est sublime), l’auteur fait son The Road à lui sans rien devoir à Cormac McCarthy. Les idées sont bonnes, ce fatras humain et ferailleux emmêlés, ce désert de bateaux ivres morts à faire pâlir la mer d’Aral, hallucinations poussées par la fatigue… Et cette illumination vivifiante qui s’éteint dans le regard de nos héros malgré eux.

 

 

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

Aussi haletant qu’anxiogène, Le monde d’après se termine, comme ces montagnes tranchantes, de manière abrupte en nous laissant, à l’instar des survivants, en proie au doute et aux questionnements. Et si on ne sait si l’aventure se termine là, ni même pourquoi la Terre a tremblé, ou s’il y aura une suite (pas de mot « à suivre » en tout cas, au contraire du premier tome), dans ce brouhaha émerge la sempiternelle question: « Et nous, qu’aurions-nous fait? ». Il y a matière à cauchemar mais ce livre-là est imparable, d’autant plus qu’il est réfléchi et étudié.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le monde d’après

Tome: 2

Scénario, dessin et couleurs: Jean-Christophe Chauzy

Genre: Catastrophe, Anticipation, Survival

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 112

Prix: 18€



Publié le 19/10/2016.


Source : Bd-best


Ninn de Darlot et Pilet: un tigre et des démons, l’aventure fantastique au prochain métro

Si on trouve bien un roi lion derrière le petit écran et que le monde de Narnia est à portée d’armoire, que des éléphants dans un magasin de porcelaine sont devenus expressions courantes, pourquoi ne trouverait-on pas un tigre féroce et des milliers de papillons dans le microcosme donné par le métro parisien. Après tout, métro, ça rime avec zoo et tant qu’à faire le rapprochement, Jean-Michel Darlot et Johan Pilet ne sont pas à court d’idées. Ça s’appelle Ninn, le deuxième tome vient de sortir, c’est fantastique avec des pointes de réalisme, effrayant mais convenant aux enfants. On en parle.

 


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Résumé de l’éditeur: Ninn fut découverte tout bébé dans le métro parisien par deux ouvriers effectuant des réparations sur les voies. Aujourd’hui, Ninn a onze ans et le métro est son univers. Elle en connaît le moindre recoin et s’y sent comme chez elle. Mais en dépit de sa joie de vivre, Ninn se pose mille questions. D’où vient-elle ? Quels sont ces souvenirs lointains et incompréhensibles qui hantent ses nuits, elle qui n’a jamais mis le pied hors de Paris ? Pourquoi voit-elle, depuis peu, des essaims de papillons parcourir les galeries, invisibles aux yeux de tous sauf aux siens ? Toutes ces questions la taraudent, d’autant qu’une sourde menace la traque sans répit…

 

 

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Ninn, malgré des origines à la Harry Potter, vit dans un monde sans beaucoup de magie. Pas de voie 9 3/4 dans son métro, tout juste une station Moloch, et Ninn a bien de la peine à convaincre ses amis de toute la magie de ces rames taguées et souillées de partout. Pourtant, dans cette ambiance, ces visages anonymes, ce microcosme insolite, il y a bien de quoi faire une élocution. Pourtant, alors que se multiplient les avertissements étranges et qu’un chasseur de papillon fait son apparition avec, pourtant, un filet bien trop petit pour arrêter les métros lancés à vitesse grand v; Ninn comprend peu à peu qu’elle a un rôle à jouer dans un monde jusque-là insoupçonné. Bien sûr, tout ça n’est pas sans danger. Heureusement, dans sa quête, elle pourra compter sur un tigre… de papier, origami vivifié. Un allié qui ne sera pas de trop.

 

 

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C’est vrai, dans les premières planches, nous ne sommes pas vraiment en territoire inconnu et quelques références nous rappellent quelques grands succès ramenés au gout du jour par le cinéma. Pas de quoi crier au scandale, cependant, car les deux auteurs s’en dégagent assez vite pour mettre leur patte (de tigre) et créer leur propre monde, bien en écho au monde d’aujourd’hui. Des animaux en voie de disparition, des monstres (n’ayant rien à envier aux détraqueurs) en voie d’apparition, d’une décharge-dépotoir à de grands lointains vierges (quoique…) qui laissent rêveurs.

 

 

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Et dans tout ça, il y a Ninn, cette petite fille qui ne manque pas de courage ni de verve et dans laquelle n’importe quel ado pourra se retrouver et se projeter. C’est l’une des forces de Darlot et Pilet, écrire et dessiner une histoire qui tend vers le fantastique mais qui reste aussi universelle de par les thèmes qu’elle aborde. Avec, de surcroît, une originalité et tous les pouvoirs confiés au fantasme et aux rêves. Et quand on voit, le dessin de Johan Pilet, on se dit que tout est possible, c’est mieux que du cinéma et ça séduit autant les grands que le petit. Et si les deux tomes semblent bel et bien se tenir en un diptyque, Darlot et Pilet sont bien loin d’avoir exploré les moindres recoins de cet univers qui pourrait bien être tentaculaire et en expansion. En attendant, ne boudons pas notre plaisir, la petite Ninn et les fabuleux personnages qui gravitent autour d’elle méritent d’être adoptés!

 

Alexis Seny

 

Série: Ninn

Tome: 2 – Les grands lointains

Scénario: Jean-Michel Darlot

Dessin: Johan Pilet

Couleurs: Mathieu Barthélémy

Genre: Fantastique, Aventure

Éditeur: Kennes Éditions

Nbre de pages: 64



Publié le 19/10/2016.


Source : Bd-best


Comanche 1 : Red Dust ; 2 : Les guerriers du désespoir ; 3 : Les loups du Wyoming, rééditions réussies

« - Tu en sais, des choses, rouquin. Les gars qui viennent de la ville ne sont pas les bienvenus au Triple six… On t’a dit ça aussi ? »

            « - J’expliquerai à Comanche. »

            « - Elle técoute, Comanche ! Et garde tes doigts loin de ces crosses de professionnel, Dust ! (…) Où est ton cheval, cow-boy ? Je ne l’ai vu nulle part… »

            « - Il ne m’en reste que la selle, là… Je suis arrivé à Greenstone Falls par la diligence, Comanche. C’est me cocher, Sid Bullock, qui m’a raconté ton histoire. Je sais qu’on veut te déloger d’ici… »

 

            C’est ainsi que se rencontrèrent Comanche et Red Dust. Ce premier album portant le nom du cow-boy solitaire, qui n’est pas Lucky Luke mais Red Dust, est une suite d’histoires courtes ayant servi à lancer la série dans l’hebdomadaire bruxellois. Il raconte l’arrivée du rouquin au Wyoming dans le ranch tenu par la jeune propriétaire des lieux. Il décidera de s’y installer pour aider la demoiselle à lutter contre de vénaux personnages malintentionnés. Greg y introduit déjà quelques figures qui feront l’ADN de la série : outre le vieux Ten Gallons, acolyte de Comanche, apparaissent les fidèles Toby Face Sombre (allez appeler un personnage ainsi de nos jours) et le fougueux Clem cheveux fous.

Les guerriers du désespoir est également un recueil de courts récits liées à une tribu cheyenne affamée pour laquelle Comanche servira de médiateur avec les colons. Cet opus marque l’apparition de Tâche de Lune, un indien qui a décidé que ses armes ne lui serviront plus qu’à chasser.

            Les loups du Wyoming symbolise le véritable décollage de la série. Une bande de voleurs, frères à la Dalton, tente de dérober l’argent de l’union des éleveurs. La diligence de Sid Bullock est assiégée par les malfrats mais le magot n’était pas là où ils pensaient qu’il se trouvait….

 

 

 

 

 

 

            Prépubliés dans le journal Tintin dès 1969, et édités en albums en 1972, 1973 et 1974, les trois premiers titres de Comanche se retrouvent sur le devant de la scène. Est-ce dû au grand prix d’Angoulême obtenu par Hermann ? En tout cas, l’initiative n’est que justice pour un des plus importants westerns de l’histoire de la bande dessinée.

            « De toute façon, après Giraud, on ne peut plus faire de westerns ! » proclamait Goscinny. Il n’en fallait pas plus pour piquer au vif l’ego de Greg qui n’en attendait pas moins pour lancer une série de ce type dans Tintin où, hormis quelques histoires signées Liliane et Fred Funcken, il n’y en avait pas.

Comanche est un western qui sent bon les sabots des chevaux et la terre labourée. Greg disait : « Il y a deux sortes de westerns : ceux qui se passent à l’armée et ceux qui se passent dans un ranch. ». C’est ainsi qu’il choisit de créer Comanche dans la seconde catégorie. Evidemment, la série est pétrie d’influences cinématographiques. On voit que Greg a été nourri par le thème dans les cinémas de quartier, jusqu’à la dernière séance. Il ne manquerait plus qu’Eddy Mitchell pour lancer chacune des histoires du ranch Triple Six. A propos de ce nom, Greg se détache de toute connotation ésotérique, 666 étant le chiffre du diable. Il avait simplement vu des 66 sur des fesses de vaches.

 

            Hermann a gagné ses galons d’auteur indispensable en BD avec la série Comanche qui lui servira de béquille, pour une fois bien installée, pouvoir se lancer en solo dans l’aventure risquée Jérémiah.

            Pour l’occasion de cette réédition, le sanglier ardennais a rehaussé les couleurs et revu les couvertures. Certaines ont été complètement redessinées, d’autres sont revenues aux origines, utilisant des couvertures réalisées pour le journal Tintin. Dans chacune des images ci-dessous, on peut comparer les anciennes (à gauche) et les nouvelles (à droite).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            « De toute façon, après Giraud, on ne peut plus faire de westerns ! » T’as qu’à croire !

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Comanche

Tomes : 1 : Red Dust ; 2 : Les guerriers du désespoir ; 3 : Les loups du Wyoming

Genre : Western

Scénario : Greg

Dessin & Couleurs : Hermann

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 9,99 €

ISBN : 1 : 9782803670499 – 2 : 9782803670482 – 3 : 9782803670475



Publié le 17/10/2016.


Source : Bd-best


Amazonie tome 1 : La Photo

1949. Un photographe arrive à un dispensaire dans la jungle amazonienne. Il meurt en parlant de son appareil photo et laisse un message. Le révérend du dispensaire fait développer la photo. Ce qu’il y voit le choque profondément. Il montre la photo à son ami Graham, consul d’Angleterre au Brésil qui l’envoie aux services secrets britanniques. Sir Charles demande à Kathy Austin de venir le rejoindre en tant qu’experte du surnaturel en Namibie et au Kenya. Elle accepte de repartir. Sur le cliché, on voit cinq indiens et une créature au corps bizarre et au crâne énorme. Kathy pense que cela pourrait être un extra-terrestre. Un double de la photo arrive chez une secte germanique qui use de moyens destructeurs…

 

 

 

 

Un graphisme efficace

Après Kenya et Namibia, les scénaristes Rodolphe et Léo proposent à Kathy Austin un nouveau cycle d’histoires surnaturelles. Ce n’est plus en Afrique, mais dans un même pays au même climat avec un peuple menaçant : l’Amazonie. Les ingrédients sont les mêmes, mais le lecteur se fait accrocher comme dans les cycles précédents. Il ne voit la photo que très tard dans l’histoire. Et à ce moment tout le monde est fasciné : Kathy, les nazis et le consul. Tous veulent savoir qui est cette créature, imaginant son caractère surnaturel. Le dessinateur Bertrand Marchal excelle dans le style Léo. Tout est rythmé. Les plans et les cadres sont percutants.

On n’attendait pas moins d’une telle équipe…

Jean Jacobs

 

Album : Amazonie

Titre : Episode 1

Scénario: Rodolphe, Léo

Dessin: Bertrand Marchal

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48

Prix: 11, 99 €



Publié le 14/10/2016.


Source : Bd-best


Coup de coeur : Le chat qui n’aimait pas les croquettes, les tribulations d'un matou

Un chat ordinaire (pour sa propriétaire), un peu gras, s'échappe la nuit pour chercher son menu préféré : de la viande ! Il déteste les croquettes, qui sont son ordinaire à la maison. Il est prêt à tout pour assouvir son appétit. Cela l'entraîne dans des aventures étonnantes, absurdes, tragi-comiques et totalement insoupçonnées de sa propriétaire.

Une vie de chat

Pouvez-vous un instant imaginer les rencontres effectuées par votre chat lors de ses sorties nocturnes ? C’est le trip qu’Odrade (dessinatrice et scénariste) vous propose de vivre dans un album disponible en EBOOK sur le site SANDAWE.COM (la parution de la version papier étant prévue pour le 01 décembre 2016).

 

 

Seule une amoureuse des chats pouvait nous faire vivre un tel voyage. Partagé en plusieurs récits animaliers, on suit les tribulations de notre matou qui n’aime pas les croquettes au profit de la viande rouge. Lors des virées effectuées par notre matou, celui-ci n’hésitera jamais à échanger ses maudites croquettes avec les divers animaux croisés.

 

 

 

Le fait le plus inattendu de cet album est sa conception effectuée à partir de papier noir et complètement dessiné au crayon blanc. Idée de génie exploitée par sa conceptrice, cette bande dessinée surprendra plus d’une personne et sera le cadeau idéal pour l’ensemble des amoureux des chats.

 

https://youtu.be/jvcUfavxC8I

 

Alain Haubruge

 

Album : Le chat qui n’aimait pas les croquettes

Titre : Nuits blanches

Scénario:  Odrade

Dessin:  Odrade

Éditeur: Sandawe

Nbre de pages: 48

Prix: 12,90 €



Publié le 14/10/2016.


Source : Bd-best


Vértigo: un labyrinthe tatoué dans la violence des rues d’Amérique Latine

Après nous avoir emmené dans un voyage autour du monde des tatouages avec sa petite bédéthèque, Le Lombard en remet une couche (d’encre) avec le on-shot Vértigo de Nathalie Sergeef et Bufi. Et si l’encre se répand sur l’épiderme, le sang qui gicle n’est jamais très loin. Bienvenue en Amérique Latine, entre le Venezuela, le Salvador et le Guatemala, et les gangs locaux compte bien vous dépayser… à leur manière pas franchement cordiale.

 


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Résumé de l’éditeur: Dans l’univers brutal et cruel des maras, gangs d’Amérique latine, la violence, la souffrance et le crime meurtrissent les chairs et s’affichent sur les corps tatoués. La mort est la seule porte de sortie autorisée. Initié et intégré à une mara du Salvador à l’âge de treize ans, Samuel Santos s’en échappe quelques années plus tard, en payant un prix plus élevé que celui de sa propre vie. Aujourd’hui, de Caracas, lieu de sa rédemption, Samuel doit saisir l’unique chance de retrouver une partie de lui-même, qui lui a été arrachée quatorze ans auparavant. Pourra-t-il enfin écrire son futur par-dessus les tatouages de son passé ?

 

 

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Du haut de son building, la vue est vertigineuse et Samuel Santos peut se dire qu’il a réussi. Réussi, comme cette nouvelle opération fructueuse dans laquelle l’évocat a réussi à dégager la responsabilité de son client pour mieux faire arrêter un colonel pourri. Samuel est un homme respectable. Pourtant, sous sa chemise blanche, d’autres marques de respect, d’une vie intérieure, marquent son corps à jamais. Un tatouage, ça ne s’oublie pas, aussi vrai que du toit de cet immeuble à la rue hantée par la violence, il n’y a qu’un pas. Un tatouage, à un rien près, à un chiffre près, ça change une existence et ça vous place dans un camp.

 

 

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Pourtant, dans son building bien protégé, cette forteresse inaccessible, Samuel est incomplet. Et un coup de fil attendu depuis des années vient le sortir de sa torpeur et remettre la machine infernale et incontrôlable en route. Est venu le temps de tomber la chemise, d’exhiber les tatous et, par dessus tout, de terminer ce qui a été commencé pour mieux retrouver ce qui a été perdu. Pourtant, on ne revient pas dans le royaume de la mort aussi facilement.

 

 

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Dosant les efforts et maniant judicieusement les flashbacks, Sergeef et Bufi signent une incursion divertissante et haletante dans l’enfer des hommes. On passe par la case prison, on se perd dans les labyrinthes tatoués qui ornent les vrais gueules de ces truands guère sympathiques et l’histoire se développe de manière classique mais résolument efficace. Et pour ceux qui ne connaissaient pas encore Ennio Bufi, la rencontre est sans issue: voilà un dessinateur sur qui il va falloir compter!

 

Alexis Seny

 

Titre: Vértigo

Histoire complète

Scénario: Nathalie Sergeef

Dessin: Ennio Bufi

Couleurs: Manuel A. Puppo et Arancia Studio

Genre: Thriller, Action

Éditeur: Le Lombard

Collection: Troisième Vague

Nbre de pages: 80

Prix: 14,99€



Publié le 14/10/2016.


Source : Bd-best


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