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Le Retour de Bruno Duhamel : l’artiste dans tous ses états volcaniques sur une île plus vraiment déserte

Après avoir livré deux albums en 2014, Bruno Duhamel s’était fait plus rare sur les étagères biblio- et bédé-phile. Pire, il avait failli tout plaquer, explique-t-il, suite à la « brutalité » du couperet sur les Brigades du temps. Vu le talent de cet artiste complet (la preuve !), on trépignait et on espérait que son retour soit prochain. On ne croyait pas si bien dire et son nouvel album (qui s’intitule, on vous le donne en mille, Le… retour) vient d’arriver (et que le prochain, « Jamais » semble déjà bien embarqué, voir en fin d’article). Une histoire d’île de moins en moins déserte et d’un artiste mégalo et jusqu’au-boutiste au point d’en devenir dérangeant. Pour son premier récit au long cours seul à la barre, Bruno Duhamel livre un ouvrage qui fait le point et arrive pile-poil au bon moment.

Résumé de l’éditeur : Sur une île volcanique imaginaire, le célèbre peintre Cristóbal meurt violemment dans un mystérieux accident de voiture. Sa notoriété et son action politique donnent à cette mort un retentissement tel que la police est contrainte d’ouvrir une enquête. Le peintre a en effet réussi à se créer une véritable collection d’ennemis parmi les investisseurs et les industriels locaux et étrangers. Un inspecteur reçoit alors la lourde charge d’aller fouiller le passé de l’un des hommes les plus puissants (trop peut-être ?) de ce morceau de lave perdu au milieu des océans.

 

 

Recherches de couverture © Bruno Duhamel

 

 

Recherches de couverture © Bruno Duhamel

 

Seul sur le sable, les yeux dans l’eau, son rêve était-il trop beau ? Trop fou, aussi ? Toujours est-il que Cristóbal s’est écrasé avec lui, platement sur les roches d’un ultime virage raté. Et comme sous l’impact de la mort, l’artiste n’a sans doute pas pu voir sa vie défiler sous ses yeux, d’autres vont se charger de la reconstituer. Il faut dire que la mort de Cristóbal est d’autant plus suspecte que ce poids lourd tout aussi volcanique que l’île de laquelle il a changé la face en a divisé ses habitants et ceux qui la convoitaient. Cristòbal, comme un ouragan, « petit con débarqué de New York » après y avoir trouvé fortune et renommée, et bien certain, tel Frankenstein, de transformer son île natale en sa créature à lui tout seul.

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

Plus qu’un roman graphique, c’est un acte de résistance que propose Bruno Duhamel. Résister par l’art face aux collusions politico-financières et aux sociétés du tourisme qui aimeraient bien disposer de son île pour en faire un parc d’attraction où le soleil brillerait toute l’année sur une mer translucide. S’inspirant, mais pas trop, de l’idée et du travail de César Manrique sur l’île de Lanzarote, Duhamel se sert de l’enquête comme d’un prétexte (loin de la négliger pour autant) pour pousser son raisonnement : qui du maître ou de l’oeuvre est propriétaire de l’autre ? Même en prenant toutes nos dispositions, est-on capable de tout contrôler jusqu’au moindre grain de sable d’une plage infinie ? Et c’est là que se loge le drame de l’artiste fait homme (et vice-versa) qu’est ce tonitruant Cristòbal.

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

 

© Bruno Duhamel chez Grand Angle

 

En éloge du lâcher-prise et des merveilles qui nous entourent si on daigne lever le nez de nos « douze travaux », Le Retour est un voyage d’une nonantaine de pages dont on ne sort pas franchement indemne. Parce qu’au-delà du propos, Bruno Duhamel a trouvé une fantastique manière de le mettre en scène. Mieux : de le faire vivre.

En inversant les codes de couleurs, notamment, utilisant un rendu sépia pour suivre l’enquête actuelle et retrouvant les couleurs du passé pour suivre notre héros à travers les époques. Que dire aussi des quelques magnifiques planches bordées de noir pour mieux se confondre à la nuit. C’est fortiche, tout comme ce dessin si généreux et expressif dans un environnement qui, en attendant le réveil du volcan se fait western, huis-clos parfois, est si contemplatif. Ce retour-là, à l’instar des gigantesques sculptures de Cristòbal, il est… géant! Une belle bouffée d’air frais.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le retour

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Bruno Duhamel (et page Facebook)

Genre : Polar, Drame

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nbre de pages : 96

Prix : 18,90€



Publié le 14/02/2017.


Source : Bd-best


Quand politique et médias font bon ménage et accouchent d’un fâcheux mélange des genres

Entre la cour de récré et la cour des « grands », il n’y a qu’un pas. Pourtant, il semblerait que, ces derniers mois, pas mal de politiciens belges, français et même internationaux (n’est-ce pas « perruque de fenec »?) se soient complus dans la première, d’un scandale à un autre en passant par des décisions très controversées sans oublier les rumeurs alimentées par certains médias voulant qu’untel soit en couple avec un tel improbable autre. Mais, cessons de refaire ce bas (très bas) monde, et prenons une bonne leçon de politique. Et de traitement médiatique, par la même occasion.
De l’importance d’être médiatiques avant d’être politiques

Continuant son tour des thèmes probables et improbables, c’est à la communication politique que s’attaque désormais la Petite Bédéthèque des Savoirs.  Une science pas toujours exacte qui, pas très vieille, n’a eu de cesse d’évoluer avec son temps et les nouvelles technologies. En bien, en mal, peu importe tant que ça rapporte des voix. Et Christian Delporte, spécialiste d’histoire politique, et l’excellent Terreur Graphique s’y sont collés.

Résumé de l’éditeur : Établie dans ses grandes règles il y a plus d’un demi-siècle aux États-Unis, la communication politique ne concerne pas seulement les candidats à une élection ou leurs conseillers : il s’agit en réalité d’un jeu à trois parfaitement consenti entre les hommes politiques, les médias et l’opinion publique. Car au fond, la communication politique est avant tout un espace d’échanges.

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

Faire de la politique, tout le monde peut en faire, avec son voisin, accoudé au comptoir du café du coin ou, plus simple encore, sans sortir de chez soi, sur les réseaux sociaux et parfois asociaux. Déballer à l’emporte-pièce ou construire une opinion bien tranchée, c’est l’affaire de plus ou moins tout le monde. Mais pour que Monsieur-tout-le-monde devienne quelqu’un et brigue une place dans les hautes-sphères de l’État, sans doute faudra-t-il un petit plus. On ne devient pas messie (tout relatif) du jour au lendemain, marchant sur les eaux de l’anonymat. Il faut du temps, du talent et… des communicants qui connaissent leur affaire. Il y a soixante ans à peine, tout restait à faire. Ou presque. Pas que les hommes politiques ne pouvaient compter que sur eux-mêmes jusque-là, non, mais sans doute ne faisait-on pas aussi facilement un cheval d’un âne.

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

Défi que va réaliser le jeune journaliste ambitieux, Joseph Napolitan, en s’imposant comme premier « Conseiller en communication politique » et en faisant gagner le bien mal barré Thomas O’Connor à la mairie de Springfield grâce à un savant mélange d’usages de tous les arguments à sa disposition : presse, radio, sondages, publicités… Une carrière était lancée (Valéry Giscard d’Estaing fera même appel à lui en 1974) et allait en appeler d’autres. Il était donc logique que Christian Delporte (celui qui, il y a quelques heures, donnait un très bel entretien à Télérama sur la communication Fillon) et Terreur Graphique choisisse ce pionnier qu’était Joseph pour commencer cette incursion dans ce monde de requin.

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

Autant la cinquantaine-soixantaine de pages consacrées par la BDTK (éh ouais, elle s' »acronyme » comme les groupes de musiques actuelles) pour cerner un thème nous paraissait suffisant jusqu’ici, autant, ici, on s’est demandé comment nos deux auteurs allait bien pouvoir faire le tour du sujet. Un sujet qui comme un iceberg en a sous le pied, surtout quand on le considère dans une dynamique internationale. Mais c’était sans compter le talent de nos deux pros de la vulgarisation bédéphile qui tirent leur épingle du jeu tout en accumulant un nombre fous d’exemples et de cas d’école connus ou oubliés. Pas question de bourrage de crâne mais de faire oeuvre de pertinence et de marquer les esprits à travers les actes plutôt que les paroles qui ont permis à des Trump, Kennedy ou même une Dilma Rousseff refaite par la chirurgie esthétique de s’imposer, parfois contre-toute-attente.

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

Car la politique est avant tout affaire d’audimat, et il convient d’investir tous les canaux, démultipliés en quelques années, qui s’offrent à vous : ainsi Obama s’est-il retrouvé sur les panneaux publicitaires le long d’une route d’un célèbre jeu vidéo, ce jeune freluquet de Kennedy a-t-il damné le pion à un expérimenté mais mal à l’aise Nixon lors du premier débat présidentiel télévisé de l’histoire ou Giscard a-t-il marqué l’opinion public avec un revers de la main et en moins de dix mots (« Vous n’avez pas le monopole du coeur ») face à Mitterrand. Des points sans doute pas déterminants mais décisifs. Tout comme l’apparition des politiciens dans la presse people, cette volonté d’un Poutine ou d’un Sarkozy de faire « comme le commun des mortels » (alors qu’ils se sentent quand même plus sortis de la cuisse de Jupiter).

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

 

© Delporte/Terreur Graphique chez Le Lombard

 

Passionnant, c’est le mot. Offrant une plongée dingue dans l’univers de l’image politicienne qui devrait faire fureur, Christian Delporte est précis et fascinant tandis que Terreur Graphique apporte toute son expérience de la caricature et de l’humour bien plus efficace que bien des discours trop sérieux. Le duo n’oublie pas non plus et surtout de questionner le rôle des médias qui, bien malgré eux (et bien qu’ils aient, et c’est nettement moins compréhensible, remisé certains idéaux au placard) contribuent à entrer dans la danse, à tomber dans le piège tendu par les hommes et femmes politiques pour mieux faire le jeu de ceux-ci. L’information a fait place à l’événement (on parle de Tony Blair et des comptes Facebook des puissants mais, si ce volume était paru un poil plus tard, on aurait aussi pu parler de l’hologramme de Mélenchon), à une certaine relation de proximité moins professionnelle qu' »ami-ami » et les médias, le nez dans le guidon, arrivent désormais trois guerres en retard avec leur fact-checking pour remettre en perspective les mensonges que put débiter un Trump. Ça fait quand même un peu (beaucoup ?) peur.

 

Alexis Seny

 

Titre : La communication Politique

Scénario : Christian Delporte

Dessin et couleurs : Terreur Graphique

Genre : Vulgarisation, Histoire, Politique

Éditeur : Le Lombard

Collection : La petite bédéthèque des savoirs (Page Facebook)

Sous-collection : Société

Volume : 14

Nbre de pages : 72

Prix : 10€



Publié le 10/02/2017.


Source : Bd-best


Bascules : quand ce monde absurde ne tourne plus rond et que tout fout l’camp, Lacan tient bon

Attendez, Lacan, Lacan, Lacan comme le psychanalyste ? Non, du tout, Lacan comme l’enfant terrible du dessin dont les traits bigarrés sont passés depuis longtemps à la postérité. Et comme tout peut basculer à tout moment, Patrick de son prénom en a fait un thème de choix pour son nouvel album fait d’histoires courtes et folles et réveillant pourtant un curieux et dangereux sentiment de déjà-vu. Chez Objectif Mars Éditions.

 

 

 

 

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions



Résumé de l’éditeur : Traitant aussi bien de liberté d’expression munie de serrures que d’appartements à mobilité sexuelle, de désirs qui basculent, de poings levés aux étoiles ou de l’Homme retournant à sa nature de salade, “Bascules” est un ensemble de courts récits déroutants sur une société qui accélère sans trop savoir où elle va et écrase souvent les retardataires.

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

J’espère que vous n’avez pas le vertige, car à coup sûr, Bascules donne le tournis. En neuf histoires de moins de dix pages, Patrick Lacan nous invite donc au bal d’un monde cruel, sans concession et pourtant terriblement ressemblant aux nôtres. Ici, dans ces tristes villes à la dérive (au propre comme au figuré), on pare au plus urgent: métro-boulot-dodo, on dort dans des cités-dortoirs, on s’aime (mais appelle-t-on encore ça de l’amour ?) dans des sortes de conteneurs interchangeables d’un jour à l’autre. Et le lendemain, faites-bien gaffe à cette locomotive cannibale qui risque bien de vous broyer si vous n’y faites pas gaffe.

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

Et nos politiciens ? Ils n’y jetteraient pas un œil ? Un oeil, non (ou au beurre noir, alors), mais les poings, oui, car désormais santé, enseignement ou autre ministère sécuritaire sont disputés sur le ring de boxe. Dans cet océan de turpitudes, il serait facile de vouloir être seul au monde mais ce serait en oublier tous les désagréments.

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

 

© Patrick Lacan chez Objectif Mars Éditions

 

Bascules, c’est une oeuvre expressionniste, qui, au train où va le monde, pourrait bien vous paraître visionnaire. Dans les dignes pas des Chroniques absurdes de Miguelanxo Prado, Patrick Lacan met l’énergie et la vivacité au service d’un propos aussi loufoque que finalement réaliste, abstraction faite de l’univers délirant de Lacan. Et les pulsions humaines de tous types se trouvent ici sauvagement mises en lumière… et obscurcies, tout d’un coup. Pris dans la bascule inéluctable, tout fout l’camp, mais Lacan tient bon et nous offre une démonstration par l’absurde qui remet les idées en place.

 

Alexis Seny

 

Titre : Bascules

Recueil d’histoires courtes

Scénario, dessin et couleurs : Patrick Lacan

Genre : Fantastique, Absurde, Humour noir

Éditeur : Objectif Mars

Collection : Zone Rouge

Nbre de pages : 80

Prix : 18€



Publié le 10/02/2017.


Source : Bd-best


Astrid Bromure tome 3,  Fabrice Parme a un style délicieusement vintage

« - Des enfants sauvages qui vivraient dans la jungle… Incroyable ! »

            « - Mademoiselle Astrid, ne me dérangez pas pendant que je range ! »

            « - Je cherche où se trouve le Gabokonga. »

            « -Pas dans cette étagère en tout cas ! »

 

            Si Astrid Bromure cherche à localiser le Gabokonga, ce n’est pas pour un exposé à rendre à Mademoiselle Poppyscoop, sa préceptrice, comme le pense le majordome Benchley. Elle désire juste embarquer ses parents là-bas afin d’adopter un enfant sauvage qui pourrait devenir son frère de jeu. Elle va en rencontrer un, évidemment, mais ce n’est pas forcément celui que l’on pense qui apprivoisera l’autre.

 

 

 

 

 

 

            Fabrice Parme a un style délicieusement vintage. Chaque trait et chaque mot sont finement placés. Véronique Dreher applique les couleurs en aplats. Chacune d’entre elles est finement posée. Les animaux de la jungle sont rares mais tous plus croustillants les uns que les autres. On les croirait issus du générique des Animaux du monde, mythique émission de télévision. Palme d’or à la panthère qui, telle Chipeur voulant chiper, pourrait terminer chacune de ses scènes par un « Oh, mince ! ».

 

            Le scénario est une énième variation de l’enfant sauvage. Mais entre tribu de pygmées, animaux sauvages et « noblesse oblige », c’est une histoire bien originale qui est offerte aux lecteurs. Adam n’est qu’un lointain cousin de Mowgli ou Tarzan. Ce mini-Lord Greystoke, Yakari de la jungle, ouvre les yeux aux civilisés. La vraie vie, ne serait-elle pas la sienne ?

 

            Si l’ensemble semble formaté pour devenir à l’avenir un dessin animé à succès, Astrid Bromure est pour l’instant une bande dessinée à savourer.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Astrid Bromure

Tome : 3 - Comment épingler l'enfant sauvage

Genre : Humour

Scénario & dessins : Parme

Couleurs : Dreher

Éditeur : Rue de Sèvres

Nombre de pages : 40

Prix : 10,50 €

ISBN : 9782369812708



Publié le 09/02/2017.


Source : Bd-best


La Guerre des Mondes, un récit apocalyptique, une adaptation BD fidèle au roman.

Seconde thème abordé dans la série H.G. Wells initiée par les éditions Glénat. Cette fois, il s'agit de la Guerre des Mondes. Le 7eme art s'est abondamment inspiré de ce roman qui figure parmi les plus emblématique de la science-fiction. N'oublions non pas non plus la célèbre adaptation radiophonique, orchestrée par Orson Welles et qui provoqua la panique parmi la population en ce 30 octobre 1938. Avec son émission, il causa un vent de panique envers des dizaines de milliers d'auditeurs qui crurent à un véritable bulletin d'information relatant une invasion extra-terrestre. Nous avons droit par conséquent à une adaptation en bande dessinée d'un roman non seulement classique mais absolument mythique.

 

 

 

 

 

 

 

© Dobbs - Cifuentes - Glénat

 

Résumé de l'éditeur : Voilà plusieurs jours que des projectiles précis et réguliers frappent la Terre depuis la Planète Rouge. Dans la petite bourgade d'Ottershaw en Angleterre, le Professeur Ogivly a du mal à croire à la théorie d'une attaque extraterrestre émise par son jeune élève. Pourtant, lorsqu'un météore tombe non loin de chez lui, il découvre, niché en son cratère, un cylindre géant qui ne peut qu'être l'œuvre d'une civilisation supérieure. Et il apprend à ses dépens que cette dernière n'a pas véritablement d'intentions pacifiques. De la capsule extra-terrestre émerge un « tripode », une immense machine de mort qui sera rejointe par bien d'autres, semant le chaos et la destruction. L'extermination ne fait que commencer...

 

 

 

© Dobbs - Cifuentes - Glénat

 

 

Voila un bien bel hommage rendu par les auteurs Dobbs et Vincent Cifuentes. En effet, le scénariste nous propose une narration efficace, plus actuelle tout en respectant les codes du roman original. Via le personnage de l'apprenti astronome, il nous offre une autre vision du récit et un fil rouge bien constant tout au long de l'album. Cela dit certains seront un peu partagé sur la représentation des tripodes qui feront penser immanquablement au dernier film en dates sortit au milieu de la première décennies de notre siècle. Mais cela n'entrave en rien toute la dynamique de l'histoire et ce n'est qu'un détail qui ne dérangera point le lecteur averti et/ou fan de la Guerre des Mondes.

 

 

 

 

© Dobbs - Cifuentes - Glénat

 

Graphiquement, Vincente Cifuentes s'en tire très bien. Il rend très bien l'ambiance d'impuissance des soldats d'époque et de leur technologies grandement insuffisante fasse à la rage destructrice d'une "civilisation" extra-terrestre bien plus avancée et bien déterminée à rayer de la terre, les humains jusqu'aux derniers. Le coloriste Matteo Vatani agrémente les flux de rayons de ses plus beaux effets pyrotechniques. En résumé, cette nouvelle collection tient toutes ses promesses. La Guerre des mondes est déclinée en deux tomes et je me permets de revenir sur la qualité de la finition de l'album qui non seulement profite d'une maquette du plus bel effet mais d'un pelliculage très classe et fort agréable au touché. le genre d'album qui redonne envie de tenir entre ses mains, une vraie BD et non pas se cantonner à la mode du tout au numérique. Une belle réussite, qui respecte décidément bien l'œuvre originale.

 

Tyler Craig

 

Titre : La Guerre des Mondes

 

D’après le roman d'H.G. Wells

Scénario : Dobbs

Dessin : Vicente Cifuentes

Couleurs : Matteo Vattani

Genre : Science-Fiction

Éditeur: Glénat

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50 €



Publié le 08/02/2017.


Source : Bd-best


D’enfant de chœur à instigateur d’un sanglant ciel de colère, la jeunesse de « Sosso » Staline à toutes fins terriblement utiles

Est-ce par obsession de comprendre le mal ou parce que les tyrans sont de bons patients pour les documentaires ou les fictions ? Toujours est-il que les dictateurs, despotes et autres inhumains passés à la postérité d’une Histoire qu’on souhaiterait oublier, n’en auront sans doute jamais fini de nourrir l’imagination et les recherches. Au rayon des tristes sires qui, chaque année, reviennent dans les rayons littéraires ou audiovisuels, il y a Hitler, bien sûr. Mais Staline n’est pas bien loin. Alors que Fanny Ardant vient de lui consacrer un film et de mettre Gérard Depardieu dans sa peau (ou peut-être est-ce l’inverse ?), Arnaud Delalande, Hubert Prolongeau et Éric Liberge consacrent une BD à la jeunesse du « Père des Peuples ».

 

 

 

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

Résumé de l’éditeur : Moscou, 1931. Au coeur du Kremlin, Staline, tout à sa paranoïa démente, se décide sur un coup de tête à raconter les premières années de sa vie. Il entame une terrible confession, qu’il dicte à un pauvre secrétaire du Parti, terrifié. De son enfance perturbée à Gori au séminaire de Tiflis, des hold-ups, coups de force sanglants et premières grèves à Bakou jusqu‘aux prisons de Sibérie, nous assistons à la naissance d‘un monstre, que ses parents et amis appelaient alors affectueusement : «Sosso».

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

C’est dingue comme le (mauvais) sort est coquin. Alors qu’Hitler aurait pu devenir peintre s’il avait été accepté à l’Académie des Beaux-Arts, c’est aussi un tout autre destin qui aurait pu prendre celui qui s’appelait encore Sosho Djougachvili: celui de prêtre. La religion comme première révélation et, pour longtemps, une lueur d’espoir dans sa jeune vie de Géorgien obligé de renier sa culture et ses origines sous peine de gros problèmes. Pourtant, Sosso a une chance, celle d’avoir échappé au futur de cordonnier que lui promettait son ivrogne de père et d’entrer à l’école pour y faire de belles études… à moins que ce ne soit qu’une autre prison. Tour à tour enfant de choeur, gredin, rebelle, lecteur illégal de Zola, Hugo ou Weber, puis motivateur de troupes parmi les cheminots; Staline va partir de rien pour gravir les marches de la violence et devenir un leader, dont le ton est semblable à celui des… prêtres, pour exciter « les vrais soldats du socialisme ».

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

La jeunesse de Staline, c’est avant tout un choc graphique emmené tambour battant par des premières planches sensationnelles de violence et de flammes. Une entrée en matière de main de maître par Éric Liberge qui retrouve, pour le coup, Arnaud Delalande (avec qui il avait sorti l’année passée la biographie d’Alan Turing). Le duo s’est aussi consolidé par l’arrivée du journaliste et essayiste Hubert Prolongeau. Un renfort qui n’est pas de trop tant il convient de démêler le vrai du faux pour approcher le « petit père » et obtenir ses confidences à la première personne. Le trio y arrive plutôt bien. C’est clair, précis, d’autant plus que l’atmosphère de cette époque (qui précède la montée, assassine, du moustachu géorgien bientôt appelé aux rênes du pouvoir soviétique) nous tombe dessus. Un grappin dont il est difficile de se défaire, perclus d’araignées noires qui viennent hanter la sombre trajectoire de celui qui prendra bientôt le nom (donc l’écho est encore bien sinistre à l’heure actuelle) : Staline.

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

Cela dit, toute documentation est bonne à prendre mais sans la consécration graphique, sans doute est-elle vaine ? Combien de biopics qui ne percutent pas à cause d’un dessin trop poli ? Ici, c’est tout l’inverse. S’appuyant sur un scénarioefficace , Éric Liberge a trouvé une expression spectaculaire, épique qui malmène ses « héros » et le lecteur avec. C’est fort, audacieux, terriblement addictif même si quand vient le mot « à suivre », on craint bel et bien de ne pas être au bout des peines que Joseph va nous faire endurer.

 

Alexis Seny

 

Série :  La jeunesse de Staline

Tome : 1 – Sosso

Scénario : Arnaud Delalande et Hubert Prolongeau

Dessin et couleurs : Éric Liberge

Genre : Historique, Biopic, Politique

Éditeur : Les Arènes

Nbre de pages : 72

Prix : 17 €



Publié le 08/02/2017.


Source : Bd-best


C’est reparti pour un (re)tour en DeLorean, des aventures inédites pour Marty McFly et Doc Brown en… comics

Alors, ça vous rappelle des souvenirs ? Difficile de ne pas sourire et de nourrir un peu de nostalgie avec cette musique et ces images. Une nostalgie qui a d’abord pris les musique (en témoigne le succès de Stars 80 et les soirées 80’s) avant de contaminer peu à peu le cinéma (Les gardiens de la Galaxie, Ghostbusters, Kung Fury…) et les séries (Stranger Things, ça vous dit quelque chose ?). Les comics ne sont évidemment pas en reste puisqu’on a vu fleurir et revenir pas mal de films culte qui n’auront sans doute jamais de suite dans de nouvelles suites, dessinées cette fois. C’est le cas notamment avec Big trouble in little China mais aussi Escape from New York. Kurt Russell en vedette mais Marty McFly et Emmett Brown émergent et compte bien orienter le retour dans le passé vers le… futur. Avec un beau casting à bord de la mythique DeLorean.

 

 

 

 

 

© Chris Madden chez IDW Publishing

 

 

© Chris Madden chez IDW Publishing

 

C’est un fait qu’est venu prouver et renforcer la commémoration des trente ans, en 2015, le souvenir de la trilogie initiée par Robert Zemeckis demeure impérissable dans le coeur de nombreux cinéphiles mais aussi au coeur de la culture populaire. Eighties jusqu’au bout des curieux boutons imaginés par le Doc, Retour vers le futur est passé à la postérité et 2017 sera démodé bien avant que cette franchise qu’on se repasse allègrement ait un cheveu blanc. La preuve, encore récemment, deux Bastognards fous mais pas de trop ont recréé la DeLorean à partir d’une… Citroën BX : ils ont fait fureur. Et malgré l’engouement populaire et l’appel de l’argent facile pour les studios, tel un petit Gaulois bien connu, Robert Zemeckis refuse encore et toujours à donner un petit-frère à la trilogie originale. C’est tout à son honneur. Marty et Emmett ont sans doute fait leur temps sur grand écran…

 

 

© Dans Schoening chez IDW Publishing/Flamival

 

 

© Dans Schoening chez IDW Publishing/Flamival

 

… mais pas sur papier. Et profitant du beau mois d’octobre 2015, l’époque où Marty McFly devait arriver dans le futur, IDW Publishing (l’éditeur bien connu des cinéphiles-comicsophiles) a lancé une série de comics prolongeant le plaisir et relatant des histoires courtes, inédites et aux chronologies parfois alternatives. Pour se glisser dans cette reprise qui pourrait s’avouer impardonnable si elle perdait l’essence de la série, pas d’apprentis-sorciers mais quelques auteurs bien connus. À commencer par Bob Gale, producteur et scénariste de la série originale, qu’on retrouve à la plume des neuf des synopsis et/ou des scénarios des neuf premières histoires ici compilées par les toute jeunes éditions italo-francophones Flamival.

 

 

© Bob Gale/John Barber/Erik Burnham/Marcelo Ferreira/Diego Rodriguez chez IDW Publishing

 

 

© Bob Gale/John Barber/Erik Burnham/Marcelo Ferreira/Diego Rodriguez chez IDW Publishing

 

Bob Gale, dont l’enthousiasme ne semble pas avoir pris une ride et qui a mis un point d’orgue à préserver l’âme de cette histoire de voyage dans le temps et à concerner les personnages tout en profitant des parts d’ombres existant sur le tissu de la trilogie. Sans limite, Bob Gale prend ainsi soin de remuer passé, présent et futur avec cohérence et sans oublier d’explorer ce qu’il se passe dans le passé après le passage de notre tonitruant duo. Un duo bien accompagné puisque, on le disait, outre Bob Gale, d’autres éléments forts du monde des comics ont intégré l’aventure. Au scénario, on trouve, tour à tour ou même ensemble, John Barber (qui a déjà fait ses preuves chez Marvel mais aussi IDW, de Doctor Strange/Punisher à Action Man et Optimus Prime) et Erik Burnham (également chez IDW et auteur de Ghostbusters, Scarlet Spider ou autre TMNT). Au dessin, pas de quoi non plus faire la fine bouche puisque le casting regroupe quelques fines lames du dessin qu’il soit plus réaliste  (Brent Schoonover, Ryan Browne, Alan Robinson) ou qu’il lorgne vers l’animation (Erik Evensen, Marcelo Ferreira ou l’incontournable Dan Schoening qui signe aussi pas mal des fameuses couvertures de cet album, dont quatre mises côte à côte forment une fresque). Les couleurs, elles aussi, sont bien trempés pour faire corps avec le dessin.

 

 

© Dan Schoening chez IDW Publishing

 

 

© Dan Schoening chez IDW Publishing

 

Mais venons-en à ce qui vous intéresse : les histoires ! Comme pour les fromages belges, il y a un peu de tout. Et la fine équipe joue sur du velours, sans facilité aucune, en évitant de copier l’histoire telle qu’elle a été écrite par le Septième Art et se gardant bien de lui donner l’épisode de trop. Ainsi, les histoires qui trouvent place, ici, doivent plus être envisagées comme des bonus, des petits secrets entre Marty et sa bande qui voient aujourd’hui un plus grand jour, apportant aussi une nouvelle lumière sur des éléments de la saga. Un peu comme le fait JK Rowling sur le site Pottermore, mais en BD.

 

 

©Bob Gale/Erik Burnham/Erik Evensen/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

 

©Bob Gale/Erik Burnham/Erik Evensen/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

Car, oui, résolument, on prend les mêmes et on recommence, et il n’était pas question de tromper l’univers délirant et attachant créé par Zemeckis, Lloyd, J. Fox & co. C’est fondamentalement la même ambiance qu’on retrouve, la même dynamique entre Marty et Emmet, les mêmes ennemis que sont Biff (qui, à force d’être vicieux, devient même le héros d’une courte expédition dans l’ère… jurassique) et Needles, les mêmes enjeux… et bien plus encore. Car ce recueil commence évidemment par la toute première rencontre de Marty et Doc, faite d’humour et de pièges inventifs. Plus loin, on en apprend un peu plus sur Clara, la femme d’Emmett. Puis, il y a l’achat de la mythique DeLorean qui fera rêver des millions de cinéphiles pas réfractaires aux belles mécaniques et ce questionnement qui ne cesse de hanter le George et la Lorraine des années 80 variant autour du « où est passé Pierre « Marty » Cardin ? » et donnant lieu à une pirouette capillaires inattendue sous le dessin électrique de Corin Howell.

 

 

© Bob Gale/John Barber/Corin Howell/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

 

© Bob Gale/John Barber/Corin Howell/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

Plus loin que les clins d’oeil et les références, les auteurs n’oublient pas de réinventer l’histoire en palliant le « déjà-vu » par le « ce qu’on aurait pu voir », évitant de ne jouer que sur la nostalgie superflue. Bref, au fil de ces histoires brillant par leur foisonnement graphique et leur diversité (chaque auteur est comme un poisson dans l’eau entre Marty et le Doc), on découvre un album original et pétillant, empli de talent et qui ne perd pas de vue le fan service mais s’en émancipe pour prouver son originalité dans un joyeux mélange des genres. Et un deuxième recueil devrait voir le jour au printemps, nom de Zeus !

 

Alexis Seny

 

Titre : Retour vers le futur

Sous-titre : Histoires inédites et chronologies alternatives

D’après les personnages et l’univers créés par Bob Gale et Robert Zemeckis

Scénario : Bob Gale, John Barber et Erik Burnham

Dessin : Dan Schoening, Brent Schoonover, Marcelo Ferreira, Chris Madden, Corin Howell, Tony Fleecs, Alan Robinson, Ryan Browne, James Silvani, Erik Evensen.

Couleurs : Luis Antonio Delgado, Kelly Fitzpatrick, Diego Rodriguez, Chris Madden, Jose Luis Rio, Tony Fleecs, Jay Fotos, Jordie Bellaire

Traduction : Bart Baruffaldi

Genre : Fantastique, Aventure, Humour

Éditeur: Flamival (Page Facebook)

Nbre de pages : 116

Prix : 13,70€



Publié le 07/02/2017.


Source : Bd-best


Une vie de papa, L’épilogue « dix ans après » montre l’état de la famille après une ellipse d’une décennie

  « - Un enfant… Va falloir que je le prenne en main tout de suite… S »agit pas qu’il fasse sa loi ! C’est vrai, il me doit le respect après tout ! C’est que je pourrais être son père à ce sale gosse ! Mais… Je suis son père ! Aïe Aïe Aïe Aïe Aïe ! »

 

            Tiens ? Ils ont sorti une nouvelle version de Star Wars en BD ? Dark Vador est devenu héros d’une série chez Dargaud ? Pas du tout. Celui qui prononce la phrase mythique « Je suis son (ton) père ! » est Nicoby, l’auteur même de cet album, qui se met en abyme dans une chronique sur le métier de nouveau papa. C’est peut-être le plus beau du monde mais certainement pas le plus facile. Mais, rassurez-vous, Nicoby ne se positionne ni en Régine Pernoud du lecteur de BD, ni en chantre de l’égalité dans la vie de famille. Ce livre n’a qu’un seul but : tourner en dérision le rôle du père à l’arrivée de bébé.

 

 

 

 

 

            Une vie de papa est divisée en quatre chapitres dont les trois premières furent publiées en 2007 aux éditions Six pieds sous terre. Nicoby les a entièrement redessinés et complétés par un épilogue. Avant, pendant, après, dix ans après : ces quatre épisodes constituent un résumé fidèle du bouleversement généré par l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille. Quiconque a eu des enfants se reconnaîtra indubitablement dans la majorité des situations relatées par le dessinateur. Des tourments du futur père s’inquiétant s’il tiendra bien son rôle aux confidences au bon copain, des considérations cartésiennes de la mère aux premiers mots maladroits du bambin, pas un moment charnière ne manque. Si la maman peut sembler trop sérieuse, le papa est souvent tourné en ridicule, pris à juste titre à son propre jeu du grand adolescent qui n’est pas encore tout à fait prêt à assumer son rôle de père.

 

            L’épilogue « dix ans après » montre l’état de la famille après une ellipse d’une décennie. L’enfant est ado, une petite sœur est là, déjà grandette. Mais cette fin est si courte qu’on rêverait de la voir développée sur un album entier.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

One shot : Une vie de papa !

Genre : Humour

Scénario, dessins & couleurs : Nicoby

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 88

Prix : 14,99 €

ISBN : 9782205076608



Publié le 07/02/2017.


Source : Bd-best


William Adams, Samouraï prépare le terrain au Silence de Scorsese et raconte l’incroyable histoire du premier Anglais au Japon

Alors qu’il a choisi la voie du sabre et de l’Asie depuis quelques années pour inspirer sa fibre scénaristique (mais pas que) avec des récits comme Shanghaï ou La voie du sabre, justement, Mathieu Mariolle (vous vous souvenez, on avait relu il y a quelques semaines son terrible Blue Note, les dernières heures de la prohibition) récidive avec Nicola Genzianella et William Adams, Samouraï qui se retrouve prisonnier aux Confins du monde. Le premier tome d’un diptyque.

 

 

 

 

 

© Mariolle/Genzianella

 

 

© Mariolle/Genzianella

 

Résumé de l’éditeur : Au XVIIe siècle, William Adams, un marin anglais, fait naufrage sur les côtes du Japon. Il découvre un pays au bord de la guerre civile, divisé par les luttes de pouvoir qui opposent le général Tokugawa aux quatre régents pour l’accession au titre de Shogun. Pris au piège dans cette contrée où tout lui est étranger, sa connaissance de la technologie maritime et des armes fait rapidement de lui l’instrument de ce conflit. Alors que les régents et les jésuites, hostiles à la présence d’un protestant dans le pays, réclament sa mort, le général Tokugawa lui sauve la vie. Le destin de ces deux hommes va alors se sceller de manière indissociable.

 

 

© Mariolle/Genzianella/Alquier chez Casterman

 

 

© Mariolle/Genzianella/Alquier chez Casterman

 

Avant toute chose, il est étonnant de voir à quel point la parution de ce nouvel album fait écho à une autre histoire qui verra, elle, le jour sur grand écran: le tant attendu Silence de l’immense Martin Scorsese. L’ambiance de ce Japon du XVIIème siècle dans lequel débarque notre héros-malgré-lui nous rappelle, en effet, la bande-annonce de ce film vue il y a quelques jours. La mer, la plage, une affaire de religion et la crucifixion des chrétiens hérétiques (non-jésuites). Voilà donc une BD qui pourrait très bien vous aider à prendre votre mal en patience avant la sortie du film… ou le prolonger une fois que vous l’aurez vu.

 

 

 

 

© Mariolle/Genzianella/Alquier chez Casterman

 

L’histoire n’est bien sûr pas la même mais elle aussi implique la découverte d’une culture différente et un pays dont la pensée est dirigée et cadenassée par les Jésuites qui se débarrassent assez facilement des grains de sable qui pourraient enrayer leur mécanisme d’endoctrinement. Pour ce faire? Il y a assez de croix le long des routes pour accueillir ces « ennemis ». Problème : lorsque l’Anglais William Adams, ce navigateur sous les couleurs hollandais protestant s’échoue sur les côtes de la Mer de Chine, « une terre de sauvage et primitive peuplée de barbares » croit-il alors, il présente très vite un intérêt pour le général Tokugawa le prend très vite sous sa protection. En effet, en pleine lutte des régents qui risque bien de tourner en guerre civile, mieux vaut avoir les armes pour se défendre et vaincre. Et il se trouve que le navire de William, des armes il y en a un beau stock auquel le marin commerçant pourrait initier Tokugawa et ses hommes. Entre devoir moral et envie de survie, William va devoir trancher… ou se faire trancher.


C’est un très beau diptyque inspiré d’une véritable histoire que commencent, ici, Mathieu Mariolle, Nicola Genzianella et Fabien Alquier. À l’instar de leur personnage principal malmené par le sort, le trio envoie le lecteur en voyage dans un Japon insoupçonné, plus vraiment médiéval mais pas encore vraiment moderne, sensible à une guerre de religions qui n’avait pas vraiment de raison de l’épargner. Le format de cette histoire, répartie en deux volumes, permet ainsi à Mathieu et Nicola de ne pas galoper, de prendre leur temps pour installer intrigue et ambiance, pour faire exister le mauvais temps sur la falaise, la pluie, le coucher du soleil, la moisissure des prisons et la férocité des combats aussi. Cela permet aussi quelques double-planches de bien belle facture. Jouant de tension et de malaise, l’intrigue de Mathieu Mariolle trouve sous les traits de Nicola Genzianella et la couleur de Fabien Alquier, un superbe écrin.

 

Alexis Seny 

 

Titre : William Adams, Samouraï

Tome : 1/2 Aux confins du monde

Scénario : Mathieu Mariolle

Dessin : Nicola Genzianella

Couleurs : Fabien Alquier

Genre : Aventure, Historique

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€



Publié le 06/02/2017.


Source : Bd-best


La guerre de l'Opium, un soldat français, un empire du Milieu, une aventure poignante.

Voici un thème inhabituel abordé par trois auteurs (Alcante, Bollée et Besse). L'intérêt pour la Chine par les grandes puissances de l'ère de Napoléon III (1856) via des expéditions communes sous l'appellation de Guerre de l'Opium. Nous sommes donc dans la deuxième moitié du 19éme siècle et suivons un jeune héros plein de pugnacité, un Laowai comme le disent les chinois de l'époque, un étranger à l'Empire du milieu.

 

Résumé de l'éditeur : 1859. L'empereur Napoléon III et le royaume d’Angleterre préparent une nouvelle campagne contre la Chine. François Montagne et Jacques Jardin, soldats et amis de longue date, veulent à tout prix en faire partie. Mais les places sont chères. Seuls les meilleurs seront choisis... Deux mois plus tard, après une sélection et un entrainement draconiens, ils embarquent finalement pour l’Empire du milieu. Sur le navire, Montagne se lie d’amitié avec un étrange couple, un vieux diplomate marié à une jeune Chinoise. Mais arrivé à la concession française de Shanghai, le jeune soldat français découvre que derrière les motivations politiques et diplomatiques de cette guerre se cache un enjeu bien moins noble : la commercialisation de l’opium en Chine.

 

 

 

 

 

 

Il s'agit avant tout d'une aventure romanesque à l'exotisme exacerbé. En avant pour Shanghai et ses mystères avec un prêtre en proie à un supplice des plus pénible au sort funeste. En effet, enfermé dans une cage de bois et après avoir subit une longue torture, il sera décapité. C'est sur cette entrée dramatique que débute le récit. Un jeune soldat du nom de François Montagne affrontera bien des péripéties et d'épreuves pour parvenir à son but, se faire sélectionner pour faire partie de l'expédition qui se fomente au sein de l'Empire du Milieu. Ils ignorent ce qu'il les attends et le plus dur reste à venir avec une intrigue dont nous ne vous dévoilons pas toute l'essence afin d'attiser votre curiosité.

 

 

 

 

 

 

Nous assistons à un subtil mélange entre fiction et réalité, distillés avec maestria par les scénariste Bollée et Alcante. apparition, du général Senggeliquin, épreuves douloureuses, récit haletant, suspense intenable et révélation sont les ingrédients de base d'un menu rondement mené. Le dessin et la maîtrise graphique de Xavier Besse fini de rendre à l'histoire toute l'intensité d'un premier tome riche en rebondissements. Les décors sont techniquement réussis et la colorisation judicieuse. Une fresque historique qui ravira certainement les amateurs du genre autant que les néophytes. Un premier tome qui tient toutes ses promesses et nous engage à attendre la suite avec impatience.

 

Damien Caste

 

Série : Lao Wai

Tome : La guerre de l'Opium

Scénario et dessin : Alcante, Bolée, Besse

Couleurs : Besse

Collection : Grafica

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90€



Publié le 01/02/2017.


Source : Bd-best


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