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Grippy tome 3, Le fil conducteur tient la route et permet des digressions

Grippy 3 : Irrésistible

 

            « - C’est quoi cette ambiance ici ? Vous êtes en pénurie de cookie ou quoi ? »

            « - C’est Grippy, il est tombé in love-love de la nouvelle voisine. Mais il fait son timide et veut pas aller la voir. Alors il déprime. »

            «  - Ben, on n’a qu’à y aller à sa place !!! »

            «  - Méga bonne idée, ça. »

            «  - On va lui dire que notre gros matou est raide dingue d’elle. »

 

            Pas question ! Grippy ne va pas laisser faire ça à Mamie et à Melville. La dame âgée et le pingouin vont devoir laisser faire le félin gris. Et si l’amour peut donner des ailes, il ne peut rien contre les remparts qui se dressent. Quand ces remparts sont velus, ont des crocs et aboient, les franchir s’avère mission périlleuse. Grippy arrivera-t-il à conclure ? Convolera-t-il avec la belle ? Vous le saurez en lisant « Irrésistible ».  

 

 

 

 

 

 

 

            Olivier Dutto arrive à publier trois albums de gags dans l’année : deux P’tits diables et un Grippy. Il montre que le gag c’est comme le sport, plus on s’entraîne, meilleur on est. Ce troisième album de Grippy est excellent. Le fil conducteur tient la route et permet des digressions. Une des caractéristiques des mondes de Dutto est également qu’il y a très peu de personnages. Notons une création dans cet album qui va rester dans les annales : Le chien Henry, qui fait barrage à Grippy devant la maison de la voisine. Et quand il est accompagné d’Henri, les Henry-Henri font le show.

 

            Grippy, à lire avec des cookies !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Grippy

Tomes : 3 - Irrésistible

Genre : Humour

Scénario & Dessins : Dutto

Couleurs : Bekaert

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 10,50 €

ISBN : 978-2-3020-5378-6



Publié le 17/11/2016.


Source : Bd-best


Entre minotaure et Toison d’or, l’Antiquité revient de plein fouet dans la BD

Cet automne, par Zeus et par Minos, c’est un casting d’Expendables antiques qui vous permettront quelques heures de lecture au coin du feu. Ainsi, Glénat revient aux fondamentaux pour nous conter, une fois de plus, « La sagesse des mythes ». Placée sous l’égide de l’essayiste et ancien ministre Luc Ferry, la collection compte déjà quatre albums. Des prémisses, car Luc Ferry compte bien s’intéresser à une trentaine de mythes! Mais tout de suite, c’est dans les pas de Thésée et de Jason que nous nous glissons. Et ils auront bien besoin de notre force lectorale pour arriver au bout de l’aventure qui les attend. Car si, c’est la énième fois qu’ils rejouent ses scènes, un vent nouveau souffle, avec du bon et du moins bon.

 

 

 

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Les grandes lignes, on les connaît, les grands héros aussi: Hercule, Achille, Persée etc. Pourtant, c’est vrai, on serait incapable de restituer fidèlement les grands mythes grecs qui, depuis plus de 2500 ans, ont traversé les époques pour nous arriver, toujours aussi divertissants mais aussi illuminés de la sagesse des anciens. Bluffant, non?

Ainsi, dans un premier temps, c’est un Thésée en pleine fleur de l’âge que nous retrouvons encore adolescent et déjà si adulte. Thésée, fils de Posséidon mais aussi fils d’Égée. Il vient de l’apprendre, son père terrestre est le maître d’Athènes. Mais le bonheur du jeune homme va très vite être rattrapé par l’horrible malédiction qui frappe la cité. Minos, le roi de la Crête voisine et ogre des temps anciens, demande à Égée qu’il lui envoie sept jeunes hommes et sept jeunes femmes, tous les neuf ans. Le but n’est pas de repeupler la Crête mais bien de sacrifier ces jeunes gens pour préserver Athènes de la colère de Zeus. N’écoutant que son courage, Thésée va se porter volontaire pour conjurer cette malédiction, quitte même à affronter un géant sanguinaire et à tête de taureau.

 

 

 

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Lâchés dans le labyrinthe le plus horrifiant de l’Histoire, ce sont la toute jeune scénariste Clotilde Bruneau, le dessinateur Mauro De Luca et la coloriste Elvire De Cock qui assurent le spectacle tragique. Le dessin de Mauro De Luca (soutenu au storyboard par Didier poli) est magnifique, dantesque à souhait, spectaculaire et augurant tout de la tragédie qui va avoir lieu. C’est, du coup, d’autant plus dommage que l’histoire survole à ce point toute cette épopée? La faute à un format trop restrictif? Et le combat avec le Minotaure, si prometteur, se retrouve, comme la Guerre de Troie, à ne pas avoir lieu. Ou presque pas, quatre planches tout au plus alors que titre et couverture (signée Fred Vignaud) promettaient une tout autre ampleur. Et si cet album parle de toute l’histoire de Thésée, de l’insouciance à la tragédie imméritée, il met aussi les bouchées doubles pour en dire le maximum dans un minimum de pages. Le plaisir de lecture et de (re)découverte s’en trouve cruellement affecté.

 

Titre: Thésée et le minotaure

Scénario: Clotilde Bruneau

Dessin: Mauro De Luca

Couleurs: Elvire De Cock

Couverture: Fred Vignaux

Story-Board: Didier Poli

Directeur de collection et concepteur du dossier: Luc Ferry

Genre: Mythe, Aventure

Éditeur: Glénat

 Collection: La sagesse des mythes

Nbre de pages: 48 (+ 8 pages de dossier)

Prix: 14,50€

 

 

 

 

Mais il est déjà l’heure de prendre le large pour retrouver la Toison d’or, cette quête impossible que Jason s’est mis en tête de réaliser pour reprendre le trône d’Iolcos des mains de son oncle tachées de sang. Un oncle démoniaque, Pélias, qui n’a pas hésité à décimer sa propre famille pour accomplir ses désirs de pouvoir. Mais c’était sans compter Jason (qui, à l’instar de Romulus et Rémus ou de Harry Potter, plus récemment) fut caché et élevé dans le plus grand secret par les centaures et le plus illustre d’entre eux: Chiron. Mais comme Thésée, l’heure d’être adulte est venue, et avec elle la vérité.

 

 

 

© Bruneau/De Luca

 

 

© Bruneau/De Luca

 

C’est également Clotilde Bruneau qui signe le scénario de cet album. Et cette fois, la scénariste semble beaucoup plus à son aise. Il faut dire qu’il était impensable de résumer la quête de Jason et de ses Argonautes (le gratin, faut-il le rappeler, avec Hercule, Orphée, Castor et Pollux, Thésée…) en un seul album. Du coup, c’est un triptyque qui s’est imposé aux auteurs. Et comme on a le temps, on en profite, le rythme est nettement moins infernal que sur Thésée et le Minotaure et l’univers est nettement mieux mis en place.

 

 

 

© Bruneau/De Luca

 

 

© Bruneau/De Luca

 

Au crayon, Alexandre Jurban, qu’on voit d’ordinaire plus sur le front des super-héros, qui donne vie aux balbutiements de cette histoire. Car, pour le moment, ça bavarde beaucoup et l’Argo n’est pas encore prêt à prendre la mer. Tout se met en place progressivement et judicieusement, sous les couleurs de Scarlett. Le vent de l’épique est tout près de nous emporter.

 

 

 

Les Argonautes © Bruneau/De Luca

 

 

Les Argonautes © Bruneau/De Luca

 

Notons encore que chaque album est accompagné d’un dossier de huit pages revenant sur les différents éléments des mythes en regard de l’histoire, de l’art mais aussi d’expressions passées à la postérité (« des yeux de Lynx », « le fil d’Ariane »…). Drôlement bien fait par Luc Ferry et éducatif tout en évitant les symptômes du bourrage de crâne.

 

Alexis Seny

 

Titre: Jason et la toison d’or

Tome: 1/3 – Premières Armes

Scénario: Clotilde Bruneau

Dessin: Alexandre Jubran

Couleurs: Scarlett Smulkowski

Couverture: Fred Vignaux

Story-Board: Didier Poli

Directeur de collection et concepteur du dossier: Luc Ferry

Genre: Mythe, Aventure

Éditeur: Glénat

 Collection: La sagesse des mythes

Nbre de pages: 48 (+ 8 pages de dossier)

Prix: 14,50€



Publié le 17/11/2016.


Source : Bd-best


Ernest et Rebecca 7 : Il faut sauver Monsieur Rébaud, une enfant et une bestiole attachante

« - Je suis trop trop contente de vous revoir, Monsieur Rebaud !! Vous êtes venu chasser la sorcière ? »

            « - J’ai eu une mise à pied. L’inspection académique m’envoie en stage de formation pour faute grave : « Méthode anarchique et non conventionnelle. » »

            « - Désolée, je comprends pas le chinois ! Vous pouvez me traduire en français, s’il vous plaît !, »

            « - Je suis renvoyé et je retourne à l’école des maîtres car mes chefs disent que j’ai mal travaillé. Je pars à la fin du mois. »

            « - Quoi ?! Mais c’est pas juste ?!! »

 

            Si Rebecca est si indignée, c’est non seulement parce que son maître d’école préféré est mis hors-jeu, mais aussi parce qu’il a été remplacé par Mademoiselle Bello, poigne de fer dans un gant de velours, maîtresse rigide et sévère. Qui plus est : ne serait-ce pas une sorcière ?

 

 

 

 

 

 

 

            Guillaume Bianco a mis tout ce qu’il fallait dans cette nouvelle histoire d’Ernest et Rebecca. C’est frais, c’est mignon, ça parle aux gosses et aux grands. Pour un gamin, quoi de plus important que son maître ou sa maîtresse avec qui, pendant les journées de classe, il passe plus de temps qu’avec ses parents ? C’est ce que n’a pas compris Mademoiselle Bello, car, pour qu’un enfant travaille bien à l’école, il faut d’abord qu’il soit heureux d’y venir. Rebecca et ses amis le savent et vont tout mettre en œuvre pour le retour de leur enseignant préféré. Bianco redonne également une place de choix à Ernest, qui retrouve une importance certaine et une place au milieu du groupe des compagnons de Rebecca. Ce groupe donne une nouvelle impulsion à la série et la fait rentrer dans la grande famille comportant La Ribambelle, Totoche ou Le Club des Peur-de-Rien. Coralie, la grande sœur de Rebecca, n’est pas oubliée pour autant. Ses états d’âmes rythment l’album comme des respirations entre deux scènes avec les personnages principaux.

 

Le trait rond et rassurant de Danela en fait le dessinateur idéal pour Ernest et Rebecca. Les gros yeux des enfants transcrivent à merveille leurs sentiments. Le trait peut sembler inquiétant lors des scènes où les enfants soupçonnent la maîtresse d’être une sorcière.

 

Une enfant et une bestiole attachante : il y a du Disney dans Ernest et Rebecca. Bianco et Danela en ont le savoir-faire. Ils maîtrisent la situation.

 

Série : Ernest et Rebecca

Tomes : 7 - Il faut sauver Monsieur Rébaud

Genre : Humour

Scénario : Guillaume Bianco

Dessin : Antonello Danela

Couleurs : Cecilia Giumento

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 9782803635139



Publié le 15/11/2016.


Source : Bd-best


No Body, saison 1, acte 1: le diable selon Christian De Metter est assis à votre table!

C’est un étrange objet qui nous est arrivé. Une couverture qui frappe dans l’oeil et un concept qui se veut inédit. Ainsi, avec No Body dans la Collection Noctambule, Christian De Metter entend bien continuer sur la lancée des bandes dessinées qui se conçoivent comme des séries, plusieurs saisons à l’appui, mais y rajoutent une subtilité: lancer une vraie série d’anthologie. Un concept qui a fait sa voie à la télévision mais jamais vu en BD. Autopsie du premier tome.

Résumé de l’éditeur: « Je ne suis pas fou, je suis cent pour cent coupable. » 2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme – 57 ans, solide, cheveux longs, barbe touffue, tatouages sur tout le corps– est arrêté sur le lieu d’un  crime qu’il semble avoir commis. Un an plus tard, une jeune psychologue est diligentée par le tribunal pour réaliser une expertise psychologique de cet homme. Elle est jeune mais déterminée. Au fil de leurs échanges, il s’accuse du meurtre de son ancien coéquipier, selon lui, l’assassin de sa femme, et révèle qu’il l’a découpé en morceaux. Cependant, certains éléments ne collent pas… Une relation de confiance s’installe peu à peu entre eux, et l’homme commence à raconter sa vie depuis le jour où elle a basculé. Une révélation de la psychologue l’obligera finalement à regarder la vérité en face…

 

 

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©De Metter chez Soleil

 

Une forêt épaisse, une maison reculée et un démon à l’intérieur qui a semé le chaos, la terreur, le sang et la mort. Le démon est humain. Et à la table de cette chaumière qui retrouve son calme mais ne sera plus jamais pareille, il y a un diable apaisé, un ex-policier lucide sur le geste fou qu’il vient de poser. « Assassin », il est, « assassin » il se présente, comme si ce mot n’avait fait que rythmer ses cinquante années d’existence alors qu’il ne fut le fruit d’une vengeance face à un homme, un coéquipier qui avait tué sa femme.

 

 

 

©De Metter chez Soleil

 

 

©De Metter chez Soleil

 

Et si le meurtrier mise une pièce sur la peine capitale pour sceller son existence, c’est sans compter l’acharnement de Beatriz Brennan, une jeune psychologue dont les rapports bâclés ne font pas la religion. Non, elle veut comprendre, aller au-delà de l' »assassin » pour comprendre les éléments qui l’ont mené à tuer de manière aussi sanglante son équipier. Et tant pis s’il faut remonter le cours d’une vie sur près de soixante ans.

 

 

 

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©De Metter chez Soleil

 

Nous plaçant comme des témoins privilégiés dans son histoire, au milieu de cette relation qui se noue et qui nous rappelle un peu celle qui avait court entre Clarisse Starling et Hannibal Lecter, Christian De Metter ne déroule rien de moins que la première séance d’échanges. Deux heures carcérales durant lesquelles la méfiance reste de mise tandis que la langue du barbu criminel (et son look rappelant celui d’un Lemmy Kilmister) se délie pour nous ramener aux fondements d’une vie de petite frappe rattrapée, au mauvais endroit au mauvais moment, puis soudoyée par ces messieurs trop tranquilles du FBI et leur programme « Cointelpro » (Counter Intelligence Program, un programme réel et déclassifié depuis). Un engrenage fatal pour le jeune malfrat forcé de jouer les espions téléguidés et manipulés dans un groupe de jeunes gens prêt à agir pour la cause noire et contre la guerre au Viêt Nam.

 

 

 

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©De Metter chez Soleil

 

Avec ce premier volet d’une première quadrilogie (dont les titres déjà annoncés transpirent l’ésotérisme, « Rouler avec le diable », Ombres et silence », « La spirale de Dante »), Christian De Metter met en place son univers, froid, sanguinolent et pourtant si réaliste. On ne navigue pas si loin de Seven sauf que le meurtrier est là, en face de nous, bien harnaché. La quête et la traque sont donc ailleurs dans cette histoire où l’on est obligé de croire sur parole le meurtrier. Et si nous sommes happés dans les nimbes de ses souvenirs, que l’on s’y promène pendant une septantaine de pages, on ne s’y ennuie pas une minute.
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©De Metter chez Soleil

De Metter est un as pour nous donner envie d’en savoir plus tout en nous faisant baigner dans le mystère le plus complet. Car si Soleil nous promet une série d’anthologie qui abordera l' »absence de corps et d’identité », on se doit de prendre notre mal en patience tant la trame de tout cela nous paraît encore bien opaque. Et comme le générique vient nous transporter, on imagine bien cette oeuvre prendre les devants et s’inviter dans d’autres médias comme des concerts-dessinés. Un peu comme Melvile de Romain Renard. Les deux oeuvres sont incomparables mais délivrent la même force singulière, un mysticisme aussi envoûtant qu’effrayant. Vivement la suite.

 

Alexis Seny

 

Série: No Body

Saison 1

Tome: 1/4 – Soldat inconnu

Scénario, dessin et couleurs: Christian De Metter

Genre: Polar, Thriller, Espionnage

Éditeur: Soleil

Collection: Noctambule

Nbre de pages: 76

Prix: 15,95€



Publié le 14/11/2016.


Source : Bd-best


XII Mystery 10 : Calvin Wax, Fred Duval pénètre aux sources de la saga

« - Wax ! Toujours aussi ponctuel ! Bienvenue, mon vieux ! »

            « - Merci de m’accorder ce rendez-vous, sénateur Sheridan ! »

            « - Je me suis dit qu’ici on serait tranquilles, pas de domestiques, pas de conseillers, pas de gardes du corps… Je suis officiellement en week-end en Georgie à la pêche en torrent avec des anciens de Harvard ! »

            « - J’ignorais l’existence de cette garçonnière !

            « - Normal, tu es ici chez une amie… Je compte sur ta légendaire discrétion, bien entendu. »

 

            En accueillant Calvin L. Wax dans une villa du district de Columbia, près de Washington, Wally Sheridan ne se doutait sûrement pas à quel point son destin allait basculer. C’est bien aux sources du mal et aux origines de la conspiration où le sénateur va se trouver embarquer. Des faubourgs de Los Angeles aux forêts où se réunit le Ku-Klux-Klan, l’Amérique profonde livre ses secrets. De manigances politiques en campagnes électorales véreuses, Calvin Wax, numéro II, écrit le destin de son pays en choisissant le numéro I tel un marionnettiste dirigeant son pantin.

 

 

 

 

 

 

            Quoi de plus ennuyeux qu’une histoire où, pendant la majeure partie, deux hommes discutent, enfin, surtout un, et qu’il raconte à son compatriote des histoires du passé ? Avec un tel pitch, on aurait voulu ne pas aimer cet album. C’est raté : contre toute attente, la sauce prend. La magie « XIII » opère. C’est incroyable ! Qui l’eut crû ? C’est du bon, c’est du grand, c’est du XIII.

 

            Fred Duval pénètre aux sources de la saga. Il explicite le pourquoi du comment, non pas au niveau 0, mais au niveau -1. Il raconte des événements auxquels Van hamme n’a jamais pensé. La pièce qui est rajoutée dans la galaxie XIII donne envie de tout relire.

 

            Corentin Rouge est encore un jeune dessinateur. Son père était passé après Hermann (sur Comanche), il passe après Vance (sur XIII). Comme son aîné, il s’en sort avec les honneurs. On pourrait pinailler sur une ou autre case, comme celle où Wally Sheridan pousse d’un bras la porte de la salle de bains, mais Rouge se dépasse dans d’autres compositions pour nous proposer un album graphiquement au point.

 

            Cet album a un léger parfum glauque à la True Detective, ce qui n’est pas sans apporter une plus value. Les différents médias se nourrissent les uns des autres pour le plus grand plaisir du lecteur.

            Il reste encore (!) trois XIII Mystery à paraître. Mince, il ne reste plus que trois XIII Mystery à paraître…

 

Série : XIII Mystery

Tomes : 10 – Calvin Wax

Genre : Thriller

Scénario : Fred Duval

Dessin : Corentin Rouge

Couleurs : Alexandre Boucq et Corentin Rouge

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 11,99 €

ISBN : 9782505065357



Publié le 14/11/2016.


Source : Bd-best


Blue Note entre boxe et jazz, la rédemption des ombres new-yorkaise

Dans le théâtre de la nuit new-yorkaise, les vapeurs des derniers alcools prohibés forcent le voyage dans le temps. Dans les fumées et la frénésie des spekeasies, les destins des hommes se croisent. Certains s’allient, d’autres se détestent, mais à tout moment la trajectoire peut dévier. Avec les deux tomes de Blue Note, Mathieu Mariolle et Mikaël Bourgouin nous entraînent dans cette ville fantasmée où les derniers mafieux règlent peu à peu leurs soldes. Times they are a changin’, et tant sur la partition que sur un ring de boxe, les deux auteurs traquent deux destins bien différents, tout petits face à cette ville monumentale, mais profondément inspirés par l’idée de la liberté. Une bonne idée suivie d’une autre: Dargaud vient d’éditer l’intégrale de ce récit en deux tomes.

 

 

 

Recherches ©Bourgouin

 

 

Recherches ©Bourgouin

 

Résumé de l’éditeur: New York : le charme puissant des speakeasies, où l’on peut trinquer jusqu’à l’aube et courtiser les jolies femmes. Où l’on s’enivre au rythme des notes de jazz scandées par les meilleurs musiciens du moment… Blue Note nous entraîne, à quelques jours de la fin de la prohibition, dans une ville gangrenée par l’alcool et la Mafia – là où un boxeur et un jazzman ont rendez-vous avec leur destin…

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

New York, New York, le rêve ultime, la ville qui incarne le rêve mais sait aussi faire et défaire les réputations. Et en cette fin de la prohibition, à l’heure de l’irrémédiable changement, un coup de poing ou un coup de gratte peut être salutaire comme fatidique. Jack « Wonderboy » Doyle le sait déjà, RJ va l’apprendre à ses dépens.

 

 

 

Peinture ©Bourgouin

 

 

Peinture ©Bourgouin

 

Le premier, Jack, est un vieux de la vieille, un monsieur muscle qui s’est taillé une solide réputation sur les rings à force d’adversaires usés. Toutefois subsiste le doute que ses victoires de prestige n’aient été que de vulgaires arrangements pour pari truqué. Quoiqu’il en soit, d’un ultime crochet, Jack a tourné la page. Du moins, il le pensait jusqu’à ce que Théo resurgisse pour lui proposer la belle. Celle que, malgré lui, Jack ne peut refuser.

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin

 

 

©Mariolle/Bourgouin

 

De son côté, JR arrive dans celle qu’on ne surnomme pas encore la Big Apple comme on pourchasse un rêve de gosse et en forçant un peu le destin. Venu de la campagne misérable, ce jeune Afro-américain se verrait bien guitariste et jazzman comme ses idoles. Et celui qui semble tout droit sorti de l’adolescence a une arme implacable à faire valoir: un doigté ahurissant. Ne lui manque plus que la voie pour créer ses propres compositions. Et pour le moment, JR est en blocage. Mais sans doute que la confiance, la belle place que lui offre Vincenzo, un terrifiant parrain, dans son bar et l’adulation toute proche vont-elles changer la donne? Encore faut-il ne pas tomber dans les pièges des rivaux du truand en question et lui rester fidèle. Et quand on rêve de liberté…

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

Dans l’ombre du premier, il y a le second. Dans l’ombre du second, il y a le premier. Des coins de cases, des arrière-plans tout au plus. Il n’est pas question que les deux héros se lient d’amitié. Pas du tout. Et si Jack plonge dans le premier bar qui sert autant à boire que quelques mélodies d’un jazz vibrant comme coeur de l’Amérique, RJ ne s’éprend pas plus que ça de la boxe. Et les rendez-vous manqués entre ces deux héros sont fondateurs de cette oeuvre en deux volets. Si les deux tomes pouvaient se lire de manière indépendante, il est un fait que tous deux se renforcent et apportent un niveau de lecture supplémentaire.
 

Mêlant histoire et fiction, Blue Note est une plongée dans l’Amérique des années 30, pas si loin et pourtant si datée. L’heure est à tous les possibles et les deux auteurs bâtissent à mains nues leur rêve américain. Et quel rêve. Cette vision fantasmée, lancinante et quasi fantastiques sonne comme un uppercut lancé par Jack Doyle en personne. On est sous le choc de la beauté qui se dégage du trait imparable de Mikaël Bourgouin. Dantesque et à se damner. Sur un scénario taillé sur mesure pour laisser place à l’envoûtement, le dessinateur se révèle aussi habile à représenter les deux sports de combat que sont la boxe et la musique. Deux disciplines a priori sans lien mais que les gênes de la liberté vivifiante viennent fédérer.

 

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

 

©Mariolle/Bourgouin chez Dargaud

 

À l’aide de cadrages avec vue imprenable sur le drame qui se joue et des double-pages chimériques de toute beauté, Blue Note est un chef d’oeuvre, inattaquable. Les deux auteurs n’ont plus rien fait ensemble depuis, mais cette intégrale sans bonus ni rajout mais avec l’essence et la puissance originelle vient prolonger un plaisir précieux.

 

Alexis Seny

 

Titre: Blue Note – Les dernières heures de la Prohibition

Intégrale

Scénario: Mathieu Mariolle et Mikaël Bourgouin

Dessin et couleurs: Mikaël Bourgouin (Facebook)

Genre: Histoire, Drame, Polar

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 150

Prix: 24,95€



Publié le 11/11/2016.


Source : Bd-best


Rangez les Stetson, sortez les kippas, Lucky Luke se met à l’heure juive

On a encore peine à le croire: en septante ans de carrière passée à tirer plus vite que son ombre, Lucky Luke n’avait jamais été confronté à la migration des Juifs dans son pays! Un rendez-vous manqué qui ne l’est plus avec l’arrivée de Jul dans l’univers du « poor lonesome cowboy » qui se retrouve guide de luxe pour un petit peuple du livre qui a encore bien des choses à apprendre sur l’Ouest sauvage et ses dangers que la Torah ne dit pas!

 

 

 

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Résumé de l’éditeur: Jusqu’alors, l’homme qui tire plus vite que son ombre avait déjà côtoyé de sacrés originaux. Un prince russe dans Le Grand Duc, un aristocrate anglais dans Le Pied-Tendre, un psychanalyste viennois dans La Guérison des Dalton… Mais lorsque son copain Jack-la-Poisse le supplie de s’occuper de ses parents (à qui il n’a pas osé avouer qu’il était cow-boy et qui le croient avocat à New-York), Lucky Luke n’écoute que son coeur.

 

 

 

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© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Le cliché veut qu’il y ait toujours un Jacob dans les histoires mettant en scène de Juifs. Pourtant, Jul et Achdé ont déniché la perle rare car ce Jacob-là, s’il est juif, n’est pas pratiquant et n’est pas l’avocat dont sa famille est si fière. Non Jacob a choisi comme nom de selle et de colt le diminutif Jack très vite assorti du quolibet la-poisse. Car oui Jack est le cowboy le plus malchanceux de l’Ouest. Mais la chance semble tourner et un contrat pour escorter un troupeau de 4000 bêtes vient de lui être proposé. Un contrat qui tombe à pic… enfin non… puisque La-Poisse avait promis à sa famille, émigrant, de les mener à bon port à Chelm City dans le Montana.

 

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Heureusement, l’ami Lucky est là et Jack entend bien le convaincre de jouer les guides pour ces drôles d’oiseaux que sont les Stern. Peut-être cela vaut-il mieux d’ailleurs, car des clichés que traînent la petite troupe aux bandits de grand chemin en passant par les Indiens féroces et les canyons escarpés, il faudra beaucoup de chance pour ne pas perdre de plumes et arriver à temps à la Bar-Mitsvah du petit dernier.

 

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Jouant à fond la carte du sang neuf, Jul n’hésite pas à amener un peu de fraîcheur dans l’ombre du cowboy mythique, et des personnages jamais vus dans l’oeuvre de Morris, Goscinny et leurs repreneurs. Une idée en or (et Dick Digger n’est même pas dans le coup) que le scénariste de Silex and the city exploite à fond avec un plaisir non dissimulé. Non dissimulé comme les clichés avec lesquels Jul jongle, les tirant un peu plus vers l’absurde et le désopilant.

 

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Aussi bon dans le court terme que le moyen terme, le scénariste réussit à mener sans ennui son cowboy au terme des 46 planches traditionnelles tout en parvenant à trouver des petites chutes à pas mal de planches. Sans fioriture, avec un bon mot, une réflexion de Jolly Jumper (qui se trouve renommé ici Jumberg) ou un bouton qui saute du pantalon de Luke. D’ailleurs n’aurait-il pas un peu grossi? Il faut dire qu’entre les moments critiques où notre héros doit jouer aux cowboys et aux Indiens et faire un peu sport pour tirer ses compagnons des pièges tendus par les brigands, il peut aussi compter sur un repas jusqu’à-plus-faim, le soir venu.

 

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Jamais, Lucky Luke n’a été aussi chouchouté et Rachel Stern se révèle être  une véritable maman de substitution, bien pire qu’une mamma à l’italienne! Et comme Luke fait figure de gendre idéal, Rachel le houspille un peu pour qu’il sorte avec Hanna Stern, vingt ans et toute timide. Autre chose que le turbulent frérot Yankel, polisson et aventurier sur les bords.

 

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

 

© Jul/Achdé chez Lucky Comics

 

Aux « shalom », les violons déchirants, les danses typiques et bénédictions intempestives; s’ajoute une pincée de bêtise dans le chef des deux méchants qui convoite le pseudo-trésor des nouveaux arrivants qui ne passeront pas à la postérité mais qui mettent un peu de piment drôlatique dans le bagel. Disséminant les références, Achdé est irréprochable et trouve dans le scénario de son nouveau compagnon de quoi varier les plaisirs (animaliers, notamment) et donner vie à une histoire pittoresque et dynamique. Alors que Mathieu Bonhomme a bien tenté de l’assassiner, avec brio, le cowboy solitaire est bien accompagné et a encore de belles ressources. Mazel tov!

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Lucky Luke d’après Morris

Tome: 7 – La terre promise

Scénario: Jul

Dessin: Achdé

Couleurs: Mel

Genre: Western, Aventure, Humour

Éditeur: Lucky Comics

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€



Publié le 11/11/2016.


Source : Bd-best


Exit Hillary, la « première » présidente aux-côtés de Trump sera… Marine Le Pen

Vous vouliez une femme comme présidente? À défaut d’Hillary, vous aurez Marine! Quand François Durpaire nous a annoncé, l’année passée, son intention de donner une suite à La Présidente, son docu-fiction best-seller qui mettait Marine Le Pen à la tête de la France dès 2017, on était sceptique. Depuis, les mois se sont écoulés, pas mal des prédictions dressées par François Durpaire et Farid Boudjellal se sont réalisées et les auteurs ont forcément voulu prolonger le devoir plus que le plaisir d’aller voir ce qu’il se passait plus loin dans le futur monstrueux qu’ils imaginaient (mais pas tant que ça). Et à la lumière des événements de ce jour, l’élection de Donald Trump, La Présidente 2 – Totalitaire nous revient comme un coup de bambou, peut-être encore plus percutant que le premier opus.

 

 

 

 

La présidente - Durpaire - Boudjellal - Victoire Marine Le Pen

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

Résumé de l’éditeur: Après un quinquennat de gouvernement « bleu marine », la présidente prépare sa réélection. Le pays est plus divisé que jamais. La France FN défend son bilan : préférence nationale et protectionnisme, pouvoir sécuritaire et surveillance numérique. La résistance s’organise autour d’un candidat surprise. Le terrorisme rôde. Marion Maréchal-Le Pen s’oppose à sa tante. Soudain, les événements s’accélèrent…

 

 

 

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© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

Tout va bien, tout va bien. En 2022, ne dites plus « Liberté, Égalité, Fraternité » mais plutôt « Unité, modernité, sécurité ». Dans ces trois mots glaçants et ayant oublié l’humain pour le battement régulier des robots tueurs, il y a tout ce que nous dit Totalitaire. Le bleu Marine s’est fait encore plus sombre et trash que prévu. Les drones ont envahi le ciel et le monstre créé par Marine Le Pen a dépassé le maître, l’entraînant un peu plus vers l’irréversible.

 

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

C’était sans compter les loups (qui sont plus que jamais des loups pour l’homme et la première femme de France) aux dents longues qui attendent dans l’ombre et un jeune leader d’opinion, musulman et plébiscité par le peuple: Mohammed Labbes. Un homme politique qui a des valeurs et pourrait renverser la vapeur si on lui laisse trop de latitude. Et la Marine et ses complices conseillers de verser un peu plus dans le totalitarisme pour le mettre en prison sans raison et avec une facilité déconcertante. Une machination qui ne fait qu’attirer un peu plus la France vers le fascisme (qu’on pensait) d’autrefois et la haine exaltée de l’autre alors que les attentats n’ont pas cessé.

 

 

 

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© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

Du vent, du bluff, des mots, nous chantait Gold dans les années 80, et c’est exactement ce dont il est question (entre mille autres horreurs développées sur base d’enquête, de chiffres, de prévisions aussi crédibles qu’effroyables) dans Totalitarisme. À commencer par un sondage TF1/Le Figaro qui vient semer le doute et permet à Marine d’élaborer son plan machiavélique. On ne peut s’empêcher de penser que les sondages, tout démocratiques soient-ils, sont des armes à double-tranchant et ont sans doute peser dans la victoire inattendue de Donald Trump, ce funeste 9 novembre. Une fausse idée de la réalité qui en amène une autre, réelle et implacable, cette fois.

 

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

Du bluff aussi quand lors d’un débat télévisé avec Valls, seul représentant politique d’une classe désormais dépeuplée (comment ça, c’est déjà le cas?), Marine Le Pen brandit un tas de feuille vierge mais laissant penser que le féroce Manuel a un gros dossier à cacher. Dans ce deuxième tome, ça parle beaucoup, les images ultra-réalistes (on se croirait dans un jeu vidéo) de Farid Boudjellal sont le support efficace des jeux d’ombres et de lumière qui font l’intérêt de la chose politique et que François Durpaire met redoutablement en application. N’est pas Nostradamus qui veut, et Durpaire n’entend pas l’être, il constate juste que l’histoire se répète et en tire les leçons. Ainsi prédit-il (alors que l’ouvrage est imprimé depuis plusieurs semaines) que Trump est à la barre et il ne s’arrête pas là. Allant jusqu’à appliquer un couvre-feu imparable sur Paris. Mais le meilleur du pire est encore à venir.

 

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

 

© Durpaire/Boudjellal chez Les Arènes

 

Sans concession avec la peur et l’horreur, les deux auteurs signent un ouvrage encore plus puissant que les prémisses (peut-être est-ce aussi l’effet de la deuxième fin de l’innocence, la première étant le 11/9, la deuxième étant le 9/11, ce jour où l’Amérique s’en est retournée dans ses plus bas instincts). Dans Totalitaire, tout est logique et étudié. Heureusement, tout n’est que fiction… À moins que… Car les hypothèses soulevées par le duo sont loin d’être les plus improbables. Et c’est sans doute le pire. Alors qu’on doutait à tort de l’intérêt de cette suite, on attend le troisième tome qui nous semble obligatoire. En espérant qu’en 2017, le/la président(e) n’aura pas fait fi de la liberté de presse et de publication. On n’est pas à l’après de ça, par les temps qui courent.

 

Alexis Seny

 

Série: La Présidente

Tome: 2 – Totalitaire

Scénario: François Durpaire

Dessin: Farid Boudjellal

Noir et blanc

Genre: Docu-Fiction, Politique

Éditeur: Les Arènes

Nbre de pages: 120

Prix: 20€



Publié le 10/11/2016.


Source : Bd-best


Finies les merveilles, les héritiers d’Alice sont au pays de la peur qui veille

Une forêt étouffante et mystérieuse, des rencontres tour à tour burlesques, effrayantes ou aidantes et une aventure plus ou moins onirique et initiatique, on connaît l’histoire. Et si par la grâce (ou pas d’ailleurs) du cinéma, Alice, l’héroïne de Lewis Carroll est revenue au goût de l’air du temps, elle ne cesse depuis de faire des émules. Avec plus ou moins d’adresse. L’épouvantable peur d’Épiphanie Frayeur et Dans la forêt sombre et mystérieuse font partie des bons feuillets sous influence mais avec une patte et une originalité qui prouvent qu’ils sont bien loin d’être des pâles copies.

 

 

 

 

© Gauthier/Lefèvre chez Soleil

 

 

© Gauthier/Lefèvre chez Soleil

 

 

Les plus grands défis pour un enfant peuvent paraître comme les plus insignifiants aux yeux des grands. Grand comme la peur qui se tapit dans l’ombre d’Épiphanie Frayeur, petite fille de même pas neuf ans qui doit apprendre à vaincre son démon qui lui colle à la peau. Mais comment faire? Avec ses cheveux constamment électrisés et dressés par l’horreur, personne ne la prend au sérieux dans cette forêt aussi envoûtante que malsaine.

 

 

 

© Gauthier/Lefèvre chez Soleil

 

 

 

© Gauthier/Lefèvre chez Soleil

 

Résolument, pour se débarrasser ou du moins apprivoiser, telle une petite princesse sans renard mais avec une grosse frayeur, son indicible ennemi, Épiphanie doit faire appel à un ami. Mais qui du psychiatre à côté de ses pompes, du coiffeur zozotant, du directeur de cirque au lasso fulgurant et du Don Quichotte qui a changé de vie et de livre pourra l’aider?

 

 

© Gauthier/Lefèvre chez Soleil

 

 

 

© Gauthier/Lefèvre chez Soleil

 

Une ombre polymorphe et le tour est joué, Séverine Gauthier et Clément Lefèvre ont trouvé une excellente manière de donner corps à nos peurs d’enfants (et d’adultes, pourquoi pas). Poétique et étrange, c’est à un spectacle burtonien et néanmoins tout public que nous invitent les deux auteurs. L’endroit idéal pour compatir et se prendre de tendresse avec cette petite fille transie d’effroi mais fort téméraire pour la peine. Sans longueur mais en variant judicieusement les paysages, leurs couleurs, leurs beautés, les deux auteurs livrent une douce fable qui fait rêver et éloigne tous les cauchemars.

 

Alexis Seny

 

Titre: L’épouvantable peur d’Épiphanie Frayeur

Récit complet

Scénario: Séverine Gauthier

Dessin et couleurs: Clément Lefèvre (Sur Facebook: Les cartons de Nenent ou Clément Lefèvre)

Genre: Conte, Fantastique

Éditeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Nbre de pages: 92

Prix: 18,95€



Publié le 08/11/2016.


Source : Bd-best


Histoires du Vendée Globe, l’Everest des mers dans toute sa splendeur !

Ce dimanche 6 novembre 2016, trente des meilleurs skippers au monde ont prit le départ du Vendée Globe aux Sables d’Olonne. Se déroulant tous les quatre ans, ce tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale, est une expérience dantesque et unique. À cette occasion, quatre ans après « Seul autour du monde », Alexandre Chenet et Renaud Garreta nous livrent un second opus retraçant l’aventure exceptionnelle d’une dizaine de skippers ayant bouclé cet Everest des mers.

 

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Quatre ans, c’est le temps qui sépare deux Vendée Globes. Quatre ans, c’est aussi ce qu’il aura fallu à Alexandre Chenet et Renaud Garreta pour nous livrer Et parfois il y a des moments magnifiques… Histoires du Vendée Globe. Avec Seul autour du Monde, ils nous racontaient l’histoire fictive d’un marin engagé dans cette course mythique. Cette fois, ce sont des fragments de l’aventure extraordinaire d’une dizaine de skippers qu’ils proposent.

 

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

Pendant ces quatre années de labeur, ils se sont entretenus avec onze des meilleurs skippers mondiaux, préparant le terrain pour ce livre fascinant, tant par ses dessins plus vrais que nature, que par les récits admirables de ces hommes et ces femmes hors normes. Samantha Davies, Michel Desjoyeaux, François Gabart, Tanguy de Lamotte, Armel Le Cléac’h, Jean Le Cam, pour ne citer qu’eux, se sont confiés sur leurs aventures respectives, décrivant des faits de courses emblématiques et mettant également en lumière le quotidien difficile des skippers.

 

 

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Les témoignages se croisent, se recoupent et s’entremêlent pour donner naissance, sur papier, à cette aventure au but simple ; boucler ce tour du monde. Les skippers se confient et semblent finalement vivre tous la même chose. S’ils sont rivaux dès lors qu’ils franchissent la ligne de départ, ils n’en restent pas moins des êtres humains, prêts à s’entraider au moindre pépin. Naviguant entre hyper-réalisme et expressionnisme, Renaud Garreta nous offre le plus beau des documentaires sur cet Everest des mers.

 

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

 

© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Les planches sont entrecoupées de pages de textes où un narrateur révèle les secrets du Vendée Globe. Cette voix off évoque à merveille le rapport à l’océan, l’extrême solitude, mais aussi l’influence des sponsors et le légendaire passage du Cap Horn. Cette folle aventure se dévoile alors de manière complète, tanguant tantôt du côté intime et psychologique, tantôt du côté technique nécessaire.

Un dossier final d’une dizaine de pages clôt d’ailleurs en beauté cet ouvrage riche et beau, expliquant tous les termes techniques de la voile et se penchant également  sur l’édition 2016. On y découvre les neuf voiles autorisées à bord, les skippers engagés pour cette nouvelle édition, quelques explications sur les bateaux les plus performants et même une rétrospective du parcours de ces Imoca en compétition.

 

 

 

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© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Parmi ceux qui ont accepté de se confier à Chenet et Garreta, on retrouve notamment, Tanguy de Lamotte, le skipper au grand coeur qui a pris le départ et bouclé son premier Vendée Globe en 2012 à bord de son bateau Initiatives-Coeur. Ce sportif d’exception, navigateur chevronné met ses qualités humaines au service des enfants malades. Ainsi, cette année encore, son tour du monde permettra d’opérer et de soigner des enfants malades. Tanguy raconte dans Histoires du Vendée Globe un incident particulièrement intense pour lequel il aura évité de justesse un chavirage. Pour cet épisode comme pour tant d’autre les dessins sont des plus réalistes, nous immergeant en plein cœur de l’action.
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© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Plus loin, nous assistons à une série de mauvaises décisions prises par Yann Eliès, le menant inexorablement  vers une grosse frayeur lors du Vendée Globe 2008. Une mauvaise décision lui aura presque coûté la vie au large de l’Australie. Projeté hors de son bateau et fort heureusement toujours attaché, le navigateur parvient à remonter à bord. Sa jambe est très gravement fracturée et il souffre de multiples contusions. Malgré la gravité de son état, il devra attendre les secours pendant deux jours avant de  voir arriver des secours. Marc Guillemot s’est dérouté pour porter secours à son ami, tandis qu’une frégate australienne est envoyée le secourir. Cet incident aurait pu coûter la vie au skipper, mais par un heureux coup du sort, il s’en est sorti et sera d’ailleurs au départ de cette édition 2016. C’est ça aussi le Vendée Globe, de grandes et belles histoires.
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© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Les pages se tournent et le voyage est de plus en plus passionnant, extraordinaire même. On navigue avec Bilou, alias Roland Jourdain, soudainement ébranlé par une rencontre inattendue avec une baleine. On assiste au sauvetage du Roi Jean Le Cam par Vincent Riou. On admire des couchers et des levers de soleil plus grandiose les uns que les autres. Et, finalement, on revit l’un des événements phares du Vendée Globe 2012, le coude à coude entre François Gabart et Armel Le Cléac’h. Au passage du Cap Horn, les deux hommes sont largement en tête. Mieux encore, François Gabart ne possède que 75 minutes d’avance sur Le Cléac’h, soit un temps qui ne représente que 0,07% de ce que sera le chrono final du vainqueur. Un bord à bord mémorable, qui amènera les deux concurrents à se toiser depuis leur hublot après 50 jours de courses, et plus de 25 000 kilomètres parcourus, un phénomène plutôt rare !
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© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Enfin, le Cap Horn est passé, nous laissons les mers du Sud derrière nous et après avoir côtoyé quelques icebergs, nous naviguons en plein Atlantique direction les Sable d’Olonne et cette ligne d’arrivée qui fait tant rêver. Nous la franchissons d’ailleurs aux côtés de François Gabart, grand vainqueur de l’édition 2012. L’émotion est au rendez-vous. C’est un voyage d’une étonnant intensité qui se termine et déjà, on est prêt à rempiler…

 

 

 

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© Chenet/Garreta chez Dargaud

 

Ouvrir cette bande-dessinée c’est plonger corps et âme dans l’univers intense de l’océan, c’est faire connaissance avec une course à la fois fascinante et dangereuse où l’Homme en plus d’affronter les éléments, s’affronte lui-même. Mais c’est aussi apprendre ; mieux comprendre les stratégies de course, les choix de trajectoire, les avaries et même les indications météo. Si tout comme moi, la voile vous passionne, il n’y a pas de doute, ce livre est fait pour vous. Et si au contraire cet univers vous est inconnu, ne passez surtout pas votre chemin, embarquez avec ces marins, la découverte vous ravira…

 

Alizée Seny

 

Titre: Et parfois il y a des moments magnifiques… Histoires du Vendée Globe

D’après des histoires vraies

Recueil d’histoires courtes/ Guide officiel

Scénario: Alexandre Chenet

Dessin et couleurs: Renaud Garreta

Genre: Documentaire, Aventure

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 128

Prix: 17,95€



Publié le 07/11/2016.


Source : Bd-best


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