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Information générale concernant le monde de la BD
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Une nouvelle statue Agent 212 à Middelkerke

Une nouvelle statue à été dévoilée ce midi à Midelkerke (côte belge) dans le cadre de la dernière édition du festival BD qui se trouve sous le Chapiteau digue de Mer, Place De Greef du 26 juillet au 6 août 2017.

Elle à été inaugurée en présence de Daniel Kox.

 

 

Voici les images ci-dessous prises par Jean-Jacques Procureur :

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié le 12/06/2017.


Source : Bd-best


Les chevaliers d’Héliopolis : Louis XVII mort mais ressuscité par la force de l’alchimie de Jodorowsky et Jérémy

Quand l’histoire passe au flou certains événements, il y a souvent là de formidables catalyseurs de fiction. Et l’Histoire française, celle des Rois notamment, s’est montrée terriblement habile à faire entrer dans la légende des secrets qui, pourtant, devaient être bien gardés. Même si la nébulosité persiste entre le vrai et le faux. On ne connaît que trop bien l’Homme au masque de fer, alors l’immense Alejandro Jodorowsky (remis de son odyssée épico-hippie) s’est associé à ce forban de Jérémy pour s’intéresser au sort du 17, Louis XVII. Lui offrant une vie d’adulte ésotérique et valeureuse, dans un premier tome qui surprend son monde et fait d’emblée sensation.

Résumé de l’éditeur : Fin du XVIIIe siècle. Dans un monastère au Nord de l’Espagne, se dissimule le temple sacré des Chevaliers d’Héliopolis : une assemblée d’alchimistes immortels et coupés du monde. Alors que le disciple Dix-sept s’apprête à compléter sa formation et à intégrer l’ordre, son maitre Fulcanelli dévoile aux autres chevaliers le terrible secret de ses origines. Dix-Sept est en réalité le fils caché de Louis XVI et de Marie-Antoinette : le roi de France Louis XVII ! Héritier de cette destinée, le jeune homme va-t-il réclamer le trône qui lui est dû ou rester dans l’ombre, fidèle aux préceptes millénaires de l’Alchimie ?

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy

 

Louis XVII n’a jamais régné et a vécu seulement dix ans. Fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Louis-Charles de France est né seulement quatre ans avant la révolution et c’est peu de dire que l’ex-futur-roi n’avait pas franchement mis toutes les chances de son côté pour s’assurer un règne long et serein… à part sur les rats et le royaume des barreaux qu’est cette prison du Temple où la jeune tête couronnée périra à 10 ans (ici, pour que l’histoire fonctionne, c’est en 1793).

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy/Felideus chez Glénat

 

Du moins, selon la version officielle. Car dans les faits relatés par Jodo et Jérémy, c’est dans un combat démesuré face à un gorille anthropomorphe que nous retrouvons l’héritier du trône. Il a grandi, s’est musclé mais s’est surtout exilé en Espagne, parmi les Chevaliers d’Héliopolis qui, eux-mêmes, ignore tout de qui il est. Tous sauf Tadéo, l’homme à qui le Dauphin doit la vie. Et ce soir-là, début du reste de la vie d’un héritier qui va devenir chevalier, Tadéo range l’épée pour se faire conteur et dévoiler la vérité de cette histoire mystérieuse.

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy

 

Dans la première partie de ce tome, c’est dans un long flash-back habilement négocié que nous entraînent les deux surdoués Jodo et Jérémy pour mieux rattraper la grande Histoire que nous évoquions tout à l’heure. Nous voilà de nuit à Versailles entre l’apparition d’un éléphant et le sang d’un paon. Et les cris des fantômes. Tout s’enchaîne, la timidité infantile et infertile de Louis XVI, la jouissance d’une Marie-Antoinette enfin comblée, les frivolités de Louis avec Charlotte Corday, la naissance du fils tant attendu, le bonheur de courte durée avant les têtes tranchées. Et des auteurs qui jouent de coudées franches pour se détacher des éléments véridiques (le meurtre de l’héritier, ou de celui qui le remplace, est ainsi ramené en 1793 au lieu de 1795) et faire le bonheur de leur histoire en la couplant à celle de Charlotte Corday, l’assassine de… Marat.

 

 

 

 

© Jodorowsky/Jeremy/Felideus

 

 

Le pacte de lecture est clair et si la retranscription de l’ambiance de ce Paris croque-mort ainsi que sa reconstitution sont sans faille, le lecteur comprend bien vite que ce récit va dans l’intérêt des auteurs et non des historiens purs et durs. Tant mieux, surtout quand on sait le talent des deux lascars. Que dis-je, les trois, puisque les couleurs sont assurées par Felideus qui donne un peu plus de vie et d’intensité à chacune des cases, jouant avec les codes (pour voyager dans le temps ou revenir au présent recomposé selon les cartes rabattues par les auteurs).

 

 

 

 

Jaquette pour l’édition Canal BD © Jodorowsky/Jeremy/Felideus

 

Après cette mise en bouche historique rondement menée, vient la seconde partie où tout peut désormais partir en live au fil de l’imagination de Jodorowsky (à 88 ans, Jodo se révèle d’une jeunesse et d’une vitalité éclatante, d’une imagination redoutable) et du trait étincelant de Jérémy, virevoltant au-dessus des toits, soulevant la poussière au bas de ceux-ci. Et c’est un travail herculéen qui s’offre à Louis XVII pour passer de l’oeuvre au noir à l’oeuvre au blanc, la deuxième étape alchimique. Et pour ça, il va devoir retrouver sa couronne. Et tout ça commence sur les chapeaux de roue. On n’en doutait d’ailleurs pas une seule seconde, la confirmation n’en est que plus évidente, entre paranormal, duels bien sentis et une porte sur un univers riche à souhait puisque toute l’Histoire est à recréer. Sur quatre tomes, d’après ce qui est annoncé.

 

Alexis Seny

 

Série : Les chevaliers d’Héliopolis

Tome : 1 – Nigredo, l’oeuvre au noir

Scénario : Alejandro Jodorowsky

Dessin : Jérémy (Facebook)

Couleurs : Felideus

Genre : Ésotérique, Héroïc fantasy, Cape et épée

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€



Publié le 12/06/2017.


Source : Bd-best


Vente en préparation à la Maison de vente Urania en Italie

Urania Maison de Vente aux Enchères est en train de recueillir desoeuvres pour la prochaine Vente prévue pour le 1 Novembre 2017 pendant le Festival de la BD de Lucca.

La vente aux enchères sera un grand événement dédié à tous les fans de la BD.

Seront mis en vente les plus importants dessin originaux et illustrations des grands maitres de la Bande Dessinée.

 

Contact : par Tel: +39 0521/231343  par mail info@uraniaaste.com

Web : www.uraniaaste.com

Pays : Italie

 



Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


Delaf et Dubuc encore plus vaches : « Les Nombrils, c’est de l’anti-Disney, les gentils ne gagnent pas toujours, c’est la vraie vie »

Cela fait plus de dix ans que Les Nombrils, Jenny, Vicky et Karine ont débarqué dans le journal de Spirou pour imposer leur style aussi dévastateur que salvateur dans un monde de l’adolescence pas toujours jojo. De peines de coeur en harcèlement en passant par la « cancre attitude », en sept albums, le tandem (à la ville comme à la planche) Delaf-Dubuc n’a pas hésité à aller voir de l’autre côté et à pousser leurs personnages dans leurs retranchements. À les faire évoluer surtout. À l’heure où la « série-mère » se termine lentement mais sûrement, le duo plonge dans le passé de ses héroïnes en dévoilant leurs vacheries dans une série préquel. Avant un film. Tout un programme et le duo attachant est passé sous le feu des questions.   

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour Maryse, bonjour Marc, cela fait déjà dix ans que vous avez créé les Nombrils ! Avez-vous vu le temps passer ?

Maryse Dubuc et Marc Delaf : Oui et non !  On a beaucoup travaillé, alors ça a passé très vite.

Si on revient au début, quelle est la genèse de cette série. Comment avez-vous créé ces trois héroïnes qui comptent ? C’était d’emblée un trio ?

Au départ, ce qui nous amusait c’était de montrer des ados au nombril visible, et qui se prenaient pour le nombril du monde.  Il n’y avait donc que Jenny et Vicky, dans nos têtes.  Mais dès le premier gag, Karine, leur faire-valoir, s’est imposée.  Fort heureusement !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

Le caractère et les attitudes que vous vouliez leur donner ont très vite émergé ou avez-vous mis du temps à les affiner ?

Jenny et Vicky, à la base, étaient plutôt deux jumelles d’esprit, l’une complétant la phrase de l’autre sans distinction.  Mais comme Les Nombrils, c’est avant tout de l’humour, deux caractères très différents nous sont fort utiles pour avoir des dialogues plus divers et savoureux.

Leur magazine historique, c’est Le Journal de Spirou. Mais le chemin vers ce journal était-il tout tracé ou avez-vous démarché d’autres éditeurs (au Québec, notamment ?) avant Dupuis ?

La série a d’abord été publiée dans un magazine québécois puis, lorsque nous avons eu suffisamment de pages à présenter, nous avons envoyé notre projet chez Dupuis.  On s’attendait à un refus, car on imaginait mal nos pestes dans Spirou, entre Cédric et Yoko Tsuno !  Mais c’est ce ton différent, non standardisé, qui a plu à notre éditeur, Benoît Fripiat.  Dès le départ, il nous a dit : faites tout ce que vous voulez, ne vous censurez pas !  C’est ce que nous avons fait, en restant tout de même conscients que Spirou est également lu par de très jeunes lecteurs.  Mais Les Nombrils, pour nous, c’est clairement une série tout public, et non une série jeunesse, alors on tient à ce que le lecteur adulte s’y retrouve aussi.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc


 

Il n’y a pas si longtemps, les Journal de Spirou organisait des référendums autour de ces séries. Faire bonne impression dès les premiers épisodes est donc primordial. Vous vous souvenez des premiers retours des lecteurs ? Vos héroïnes ont-elles de suite été « adoubées » ?

Au départ, le ton a surpris un peu, certains détestaient même franchement.  Il faut dire que dans les premiers gags, Karine s’en prenait vraiment plein la gueule.  Le projet était encore jeune (il n’y avait que 9 gags dans le dossier présenté à Dupuis), et c’était justement ce qui nous avait motivés jusque là : faire de l’anti-Disney.  Le slogan en 4e de couv est venu très tôt, d’ailleurs : «La vie est cruelle.  Et puis après ?».  En effet, dans Les Nombrils, les gentils ne gagnent pas toujours, ne sont pas systématiquement récompensés pour leurs efforts.  Comme dans la vraie vie !  C’est cruel, mais quelque part, c’est réaliste.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

Comment expliquez-vous ce succès ? Ce type d’humour corrosif, très raccord à ce que nos jeunes peuvent vivre, manquait-il jusqu’ici dans le monde de la BD ?

Mais on ne l’explique pas !  Au départ, on faisait une seule page par mois pour un magazine québécois, c’était l’un de nos dix projets en chantier, on ne s’imaginait jamais que Les Nombrils finiraient par prendre toute la place !  On se voyait plutôt faire du roman graphique.  J’imagine que la série répond à un besoin, à une envie de se faire parler «des vraies affaires». Il y a peu de séries mettant en scène des personnages féminins, et encore moins qui sont scénarisées par une fille.  Un homme, quel que soit son niveau de sensibilité, n’a jamais vécu ce que c’est qu’être une adolescente, découvrir ce que ça fait de commencer à avoir des formes et attirer les regards, l’attention…  Moi, je sais quelles vacheries les filles peuvent se faire entre elles pour de vrai, et à partir de là je peux pousser plus loin et m’en amuser.  Je m’accorde un certain droit à me moquer des travers féminins et ça, peu l’ont fait jusqu’ici, en bande dessinée en tout cas.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/BenBK chez Dupuis

 

Mais surtout, je crois que la nature évolutive de la série plait beaucoup.  Marc et moi avons chacun nos forces : lui est spécialiste du gag alors que moi, je me concentre davantage sur l’histoire, les dialogues et la psychologie des personnages.  C’est un mélange rare et nous nous sommes souvent arrachés les cheveux pour assouvir nos envies à tous les deux dans des récits qui comptent à peine 44 pages !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

Avec quand même plus de 400 000 fans rien que sur la Page Facebook ! Des héros Canado-Franco-Belges qui ont atteint ce pic, il n’y en a pas des masses ! Cela s’explique-t-il par le fait que finalement Jenny, Vicky ou même Karine pourraient très bien faire partie de nos amies « virtuelles » ? Cela vous a-t-il obligé à vous investir dans ces réseaux sociaux ?

Nous avons fait le choix de nous investir dans les réseaux sociaux, particulièrement Facebook et Instagram, pour rester proche de nos fans.  Ça nous permet un contact plus proche avec davantage de lecteurs, plutôt que les traditionnelles séances de dédicaces à la chaîne.  C’est aussi dû au fait que la série est aussi populaire en France qu’en Belgique, en Suisse ou au Québec : ça fait un large territoire à couvrir !  Ça nous prend pas mal de temps, nous avons même engagé une Community Manager pour nous aider afin de garder encore un peu de place pour faire des planches !

Les « followers » correspondent-ils aux lecteurs ou y’a-t-il des différences ? Ont-ils les mêmes attentes ? Les réseaux sociaux ont-ils permis de rallier de nouveaux lecteurs à la cause des Nombrils ?

Difficile de dire si ce sont les mêmes.  On a des lecteurs qui n’ont jamais pensé à nous suivre sur Facebook (sinon, on serait bien à 2 millions de followers!), et à l’inverse, il y a des gens qui nous suivent sur Facebook mais n’ont pas nos albums.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/BenBK chez Dupuis

 

Cela dit, vous ne vous êtes pas reposés sur vos lauriers, repoussant vos héroïnes dans leurs retranchements, leur faisant subir des évolutions inattendues (qui aurait pu dire que Karine s’affranchirait d’une telle manière de l’emprise de ses comparses ?). Si bien qu’en « seulement » neuf albums, la série a pris pas mal de galon sans jamais se défraîchir. Cette évolution était claire dans vos esprits dès le début ? Vous était-elle nécessaire pour inscrire la série dans la durée ?

Bien des gens croyait que la série se terminerait après cette évolution de Karine.  Ça aurait bien pu arriver, qui sait ?  Nous avons le goût du risque, je suppose !  Ce grand tournant dans la série, que nous avons pris dès la fin du quatrième tome, était une envie que nous avions.  Accro aux séries télé, nous adorons les cliffhangers de fin d’épisode ou de saison.  Et nous apprécions d’autant plus quand les auteurs assument ce changement dans la saison suivante et poursuivent l’évolution de leur histoire (alors que ceux qui se permettent le procédé du «ce n’était qu’un rêve» nous font rager !).

Quitte à aller au « point de non-retour » ?

Nos personnages évoluent, l’histoire avance, le temps passe…  La série aura une véritable fin.  Nous l’avons toujours dit.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

Sortir de votre « zone de confort » a-t-il pu perdre des lecteurs en route ?

Possible !  Mais j’ai l’impression que c’est plutôt l’inverse.  Des gens nous disent : au début, je croyais que c’était sans intérêt, Les Nombrils, juste une autre série à gags…  Et puis finalement, au fil de l’histoire, j’ai véritablement accroché et je suis impatient de connaître la suite !

C’est ce point de non-retour qui vous a donné envie de retrouver les bases, la naïveté originelle dans les Vacheries des Nombrils ? Du coup, comment doit-on prendre ce premier tome ?

C’est une récréation, un retour à l’ADN de la série.  Nous avions la sensation de ne pas avoir pleinement exploré toutes les possibilités qui s’offraient à nous.  L’envie de retourner aux bases s’est imposée à nous, de faire du gag pur, de revenir à une lecture plus légère.  Il faut dire qu’avec les derniers tomes, on est passés du polar au thriller psychologique, tout en traitant d’intimidation, d’homosexualité, de suicide…  Un peu de légèreté s’imposait !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

C’est un prequel, c’est ça ? Finalement vous revenez au niveau zéro, avant même le premier tome ? Ça impose des restrictions, des difficultés ? De ne pas causer de « paradoxe temporel » (tout est relatif, nous ne sommes quand même pas dans Retour vers le futur) ni d’empiéter sur la série mère ?

Oui, une sorte de prequel.  Ça nous permet de développer des personnages qui n’avaient plus leur place dans la série principale, comme Murphy ou John-John le motard toujours casqué !  On s’amuse à mettre de petits clin d’oeils ici et là, précurseurs de ce qui viendra dans la suite de la série, et aussi ça nous permet d’approfondir l’origine des relations entre les personnages, comme ce gag où, en l’absence de Jenny, Vicky et Karine jouent à la poupée et où l’on comprend qu’elles ont malgré leurs différences de l’affection et de l’admiration l’une pour l’autre.

Tout en évitant les redites par rapport aux premiers gags, non ? Vous les avez relus ?

Bien sûr, on les relit assez fréquemment !  On les a déjà assez clairement en tête mais on relit quand même pour garder une cohérence avec ce qui va venir après dans le reste de la série.  On essaie aussi de ramener de petits gags récurrents, comme le couple qui mange toujours de la crème glacée, ou escalator-man, le figurant qui ne peut résister à un escalator !

Cela va vous permettre d’apporter du sang neuf, des nouveaux personnages ?

Possible, mais il s’agit plutôt d’explorer les petites zones d’ombres qui n’ont pas encore été éclairées, faute d’espace dans les albums.  L’air de rien, tout va très vite dans Les Nombrils.  Si les albums comptaient 200 pages chacun, on aurait eu le temps de tout explorer, mais à 44 pages, il y a beaucoup de pistes que nous avons été forcés de laisser de côté.  Il faut aussi considérer qu’avec trois personnages principaux, et toute une galerie de personnages secondaires, on n’a pas la place pour les laisser tous s’exprimer, il faut toujours  élaguer, raccourcir, choisir ce qui sert le mieux notre histoire.  Dans Les Vacheries, on peut s’amuser un peu plus simplement.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

 

Parmi Les Vacheries, les inconditionnel(le)s des Nombrils remarqueront l’une ou l’autre planche qui n’avait pas été retenue pour la série régulière et que les auteurs avaient partagé sur Facebook, il y a déjà quelques années.

 

J’ai finalement l’impression qu’après plusieurs albums, de plus en plus d’auteurs aiment passer du gag à des histoires plus longues qui tiennent sur 48 planches sans délaisser les ressorts comiques des fins de planches. Comment en êtes-vous arrivés là ?

Dès le premier tome, nous avons conclu l’album avec un happy end pour l’histoire d’amour Karine et Dan.  Ça nous semblait essentiel car Karine en avait bien bavé dans cet album.  Ensuite dans le deux, Vicky ayant été extrêmement vache, elle méritait bien d’être punie !  Puis dans le trois, il nous semblait qu’il était temps de révéler le secret de John John, et Karine, elle, se faisait faire un vrai sale coup par Mélanie, qui lui a piqué son petit ami.  Et ainsi de suite dans le quatre, où Karine décide d’arrêter d’être une victime et se transforme physiquement et mentalement, puis le cinq où elle prend sa vengeance, le six où un tueur en série rode dans la ville et enfin le sept, où les trois filles découvrent leur vraie nature dont Vicky, son homosexualité qu’elle n’arrive pas à accepter, et ses parents encore moins…  En seulement 300 planches, à chaque fois tournées en gags, c’était une course contre la montre !

 

 

 

 

© Delaf et Dubuc pour la couverture d’un Spirou spécial vacances


Comment vous est venue l’idée de ce retour en arrière ? Vous êtes-vous un peu lassés de ce qu’était devenu vos personnages ?

On ne peut pas se lasser de ce qui est nouveau !  Nos personnages évoluent constamment.  La Vicky du tome 1, ce n’est pas la Vicky du tome 7.  D’ailleurs, ce personnage est un cas intéressant : au départ, peu de lecteurs l’appréciaient alors que maintenant, elle est la préférée de plusieurs !  C’est un défi que nous nous étions donné, de faire apprécier ce personnage de résiliente qui, malgré les apparences, a surtout besoin d’être aimée.

Au contraire, je dirais plutôt qu’on s’ennuyait de nos personnages tels qu’ils étaient au départ parce qu’après tout, la situation n’est pas restée stable bien longtemps avant qu’ils évoluent !  Nous avions envie de retourner aux sources de ce qui, au départ, nous a motivés à lancer Les Nombrils.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/ BenBK chez Dupuis

 

Ou est-ce plutôt une manière d’enclencher le mode pause pour mieux envisager la suite à donner à la série « régulière » ?

Il y a un peu de ça.  Comme la série aura une réelle conclusion, et que celle-ci approche (nous envisageons une dizaine d’albums au total), à ce moment-ci nous avons besoin de prendre un peu de recul et de placer nos pièces de puzzle d’ici la fin.  Nous réfléchissons toute la conclusion de la série comme un tout.  Ça fait beaucoup de choses à mettre en place et ça prend un peu de temps, évidemment !

Dupuis vous a-t-il directement suivis dans cette échappée ?

Depuis le début, la relation de confiance est totale avec notre éditeur.  Nous avons eu une chance incomparable de tomber sur Benoît Fripiat, qui n’a eu de cesse de nous encourager à laisser libre cours à nos envies les plus folles.  En 2006, une série de gags qui devient évolutive, c’était loin d’être courant !

Au fait, n’avez-vous pas parfois peur que les lectrices se projettent plus en Jenny et Vicky qu’en Karine ? Auriez-vous aimé être des ados à l’heure actuelle ?

Jamais personne ne se voit en Jenny !  Par contre, quelques personnes se sont identifiées à Vicky et dans certains cas, ça a résulté en une prise de conscience : nous avons eu un jeune homme en larmes, qui est venu nous expliquer que la lecture des Nombrils lui avait fait réaliser qu’il était lui-même un intimidateur, et lui a donné envie de changer.  Nous avons également eu une jeune femme qui nous a dit que grâce à Vicky, sa jeune soeur avait réouvert le dialogue avec elle, alors qu’elles étaient en froid depuis qu’elle avait ouvertement parlé de son homosexualité.  Et le personnage d’Albin l’albinos a permis à une autre jeune femme d’accepter sa propre différence et de réaliser qu’elle était sa force, pas son handicap.  Donc je crois que peu importe en quel personnage les lecteurs se reconnaissent, l’important c’est la réflexion que ça les amène à poser.  Depuis le début, nous avons fait le pari de nous fier à l’intelligence de nos lecteurs, et c’était le bon chemin à suivre.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc


 

Être ado à l’heure actuelle n’a rien de facile, mais ça ne l’a jamais été.  Aujourd’hui tout va plus vite, c’est sûr, mais les angoisses restent les mêmes : les autres vont-ils m’accepter ?  Suis-je trop différent, ou pas assez unique ?  Qu’est-ce que je veux, de quoi j’ai envie, qui je suis, qu’est-ce qui me caractérise ?  Pourquoi je suis comme ça ?  Est-ce que ça va changer ?  Qu’est-ce que les autres pensent de moi ?  Ont-ils raison ?

Bref, l’adolescence, il faut bien l’admettre, ce n’est pas la période la plus facile.  Mais c’est aussi une période super excitante car pleine de premières fois.  C’est pour ça que c’est si passionnant de raconter l’histoire de trois jeunes filles !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/BenBK chez Dupuis

 

Sur combien de tomes sont prévues les Vacheries ?

Il nous reste encore plein de pistes et d’idées à explorer, mais n’avons pas fait de plans à long terme. Il y aura certainement un deuxième tome, d’ailleurs il devrait contenir encore plus de surprises et d’explications sur les origines de l’histoire et des personnages. Le plus important pour nous, c’est que ça reste une récréation, alors on navigue aux envies.

Finalement, comment fonctionne votre duo ? Chacun a ses tâches dans la création ? Vous vivez ensemble, cela veut-il dire que vous pouvez penser aux Nombrils à n’importe quel moment de la journée ?

Au départ, je scénarisais seule et je coloriais alors que Marc se chargeait des découpages et du dessin.  Maintenant, nous avons BenBK qui prend en charge la couleur, nous scénarisons à deux et Marc se charge toujours du dessin.

C’est une constante partie de ping-pong entre nous deux, nous nous relançons les idées constamment.  Oui, ça peut arriver à n’importe quel moment de la journée !  Le meilleur moment pour relaxer, pour nous, c’est…quand l’album est terminé !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/BenBK chez Dupuis

 

Si vous nous parliez un peu de vous ! Qu’est-ce qui vous a mis sur la voie de la BD ? Des BDs québécoises ou des BDs venues de l’Europe ?

Marc a toujours lu beaucoup de bande dessinée, principalement européenne.  De mon côté j’étais plutôt roman jusqu’à ce que je rencontre Marc, qui m’a fait découvrir la bande dessinée à l’époque de la ‘Nouvelle bande dessinée’, avec la création d’éditeurs alternatifs comme l’Association.

Marc a toujours rêvé de faire de la bande dessinée, alors que de mon côté j’ai toujours eu envie de raconter des histoires.  L’envie de travailler ensemble s’est développée très naturellement, et nous n’avons connu que ça : nous nous sommes rencontrés à 17 et 21 ans, et nous avons toujours collaboré.  D’abord c’était dans l’illustration de manuels scolaire, puis en animation, en livres illustrés ou en romans jeunesse.  La bande dessinée, ça a été plus long à mettre en place car du Québec, les éditeurs semblent inatteignables et un projet de bande dessinée, ça demande beaucoup d’investissement de temps avec zéro rentrée financière.  On a tout mis en oeuvre pour se donner une chance de vivre de notre passion, allant jusqu’à vendre notre maison !  Ça aura valu le coup !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc

 

Qui sont vos maîtres finalement, les auteurs vous ayant inspiré d’une manière ou d’une autre ?

Franquin, Gosciny, Lewis Trondheim, Dupuis-Berberian, Christophe Blain, Posy Simmonds, Bill Watterson…  Il y en a tellement !

Quel était l’état de la bd québécoise à l’époque ? Le secteur a-t-il évolué ? Est-il différent du monde franco-belge de la BD ? Y’a-t-il des liens qui se créent entre les auteurs québécois ?

À l’époque où nous avons commencé, quasi personne au Québec ne vivait de bande dessinée.  Quelques dessinateurs arrivaient à tirer leur épingle du jeu en illustrant des scénarios d’auteurs européens, pour des éditeurs européens également.  Il commençait à y avoir quelques éditeurs québécois, mais aucun ne pouvait se risquer à publier une bande dessinée cartonnée couleurs.  C’est encore très difficile, mais le milieu est en pleine effervescence et de plus en plus d’auteurs publient et peuvent vivre de leur plume.  Enfin !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc chez Dupuis

 

N’avez-vous pas des envies d’explorer de nouveaux univers ? Peut-on vous attendre sur d’autres projets ?

Oui, bien sûr, les envies ne manquent pas !  Pour l’instant, on se concentre sur Les Nombrils et Les Vacheries, mais il y aura un après.  De quoi sera-t-il fait ?  Aucune idée.  Ce sera peut-être de la bande dessinée, peut-être même pas.  Ce qui nous intéresse, c’est de raconter des histoires, mais il y a plusieurs moyens d’y arriver.

Les Nombrils au cinéma, c’est un projet dans l’air depuis un moment. Quelles sont les dernières nouvelles ? Y serez-vous directement impliqués ? Un projet québécois ou européen? Dessin animé ou live ? Déjà un casting ? Bref que pouvez-vous nous dire dessus.

Oui, ça fait longtemps que ça se discute ! C’est un cas un peu compliqué, car Les Nombrils c’est une série québécoise par deux auteurs québécois, mais le plus gros marché est la France. Donc après tout ce temps, il semble que ce sera une coproduction franco-québéco-belge, en live. Marc et moi avons écrit nous-mêmes le scénario, il s’agit d’un prequel où l’on explique comment est née l’amitié entre les trois filles lors du passage d’une méga-vedette dans leur petite ville. Le réalisateur est trouvé et il reste à finaliser les financements. Donc le casting, ça pourrait être pour assez bientôt… C’est un projet très excitant !

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/BenBK chez Dupuis

 

Mais revenons à la BD. Que va-t-il arriver aux Nombrils ? Vous pouvez nous en dire plus ? Ou vous-mêmes ne savez-vous pas spécialement ?

Nous allons poursuivre pour encore quelques albums.  Nous avons encore plusieurs événements marquants en banque, des moments incontournables de la vie de nos personnages par lesquels nous sommes impatients de les faire passer.  Nous préférons ne pas trop en parler parce que, nous connaissant, nous savons que de toute façon, ça va changer encore des dizaines de fois avant de se retrouver dans un album !  Notre galerie de personnages est tellement riche, je me demande si nous allons arriver à tout faire tenir en seulement trois albums supplémentaires, c’est à voir.  L’important, c’est que le plaisir soit toujours là, tant pour nous que pour les lecteurs.

 

 

 

 

© Delaf & Dubuc/BenBK chez Dupuis

 

 

Et jusqu’ici, il n’a jamais failli. Je vous en souhaite beaucoup, du plaisir !

 

Propos recueuillis par Alexis Seny



Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


Les nouvelles aventures de Sibylline, Netch réalise graphiquement la meilleure reprise que l’on pouvait imaginer

Les nouvelles aventures de Sibylline 1 : Le secret de Mélanie Chardon

 

            « - Taboum… ça suffit… Déchire-moi ça tout de suite… Tu ne dois avoir d’yeux que pour moi…ta fiancée !

-         Ma pauvre Sibylline, j’ai bien peur que toute supplique soit vouée à l’échec… Ce pauvre garçon me semble littéralement subjugué…

-         Je dirais plutôt envouté ! Ceci est œuvre de magie…l’œuvre d’une puissante sorcière.

-         Une sorcière… Laquelle ? (…)

-         Mélanie Chardon ! »

 

Mais qui est donc ce drôle de rat accompagné d’un chat sans poil tirant une roulotte ? C’est le mage Typhus, pourfendeur du mal, exorciste patenté et grand amateur de beauté. Mais ce charlatan sent la malhonnêteté à plein nez. Il pourchasse la puissante sorcière Mélanie Chardon, dont l’affiche fascine Taboum. Sibylline et ses amis réussiront-ils à désenvoûter leur compagnon ? Que cache cette épouvantable sorcière ?

 

 

 

 

© Casterman - Netch - Corteggiani

 

Sibylline et les habitants du bosquet joyeux vont avoir à résoudre bien des énigmes. Ils vont se trouver embringués dans un jeu du chat (et du rat) et de la souris dans lequel les cartes vont être rebattues. Il faut toujours se méfier des apparences.

 

Créée en 1965 dans le beau journal de Spirou par le génial Raymond Macherot, Sibylline entame sa troisième vie. Après 11 albums chez Dupuis, 5 aux éditions Flouzemaker réalisés par André Taymans et François Corteggiani, et sans compter une réédition en intégrale de la période Macherot chez Casterman, les bestioles reviennent pour une série de nouvelles aventures.

 

 

 

 

© Casterman - Netch - Corteggiani

 

Corteggiani reste au scénario. Il a déjà montré ses capacités à reproduire la sensibilité, la tendresse et la cruauté de ce monde animalier. Il utilise chacun des personnages avec la même finesse que leur créateur : le corbeau Flouzemaker est aussi phraseur que margoulin, le brigadier Verboten est aussi discipliné que déterminé. Les dialogues montrent une connaissance fine des intentions de Macherot pour chacune de ses marionnettes de papier.

Netch réalise graphiquement la meilleure reprise que l’on pouvait imaginer. Les personnages et les décors semblent tout droit sortis de la plume de leur dessinateur verviétois. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Plus d’un spécialiste pourrait s’y tromper. Quel bel hommage !

La maquette de l’album est, soulignons-le, une belle réussite classique, jusqu’à la quatrième de couverture présentant le visuel du prochain album de façon bien alléchante.

 

Ce retour de Sibylline ravira les jeunes lecteurs et il est impossible qu’il déçoive les nostalgiques. Le bosquet joyeux n’a pas fini de receler des mystères.

                           

Laurent Lafourcade                                    

 

Série : Les nouvelles aventures de Sibylline

Tomes : 1 - Le secret de Mélanie Chardon

Genre : Aventure animalière

Dessins : Netch

Scénario : Corteggiani

Couleurs : Netch & Cookielie

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 32

Prix : 9,90 €

ISBN : 978-2203109148



Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


Francis Carin dédicace L'intégrale Les Casseurs de bois chez Paradise BD

Francis Carin reviendra chez Paradise BD cet été (en même temps que Christian Papazoglakis) pour dédicacer  "Les casseurs de bois" réédité sous forme d'intégrale chez Place du Sablon.

Les Casseurs de Bois c'est l'histoire d'une bande de jeunes hommes, fondus de modélisme d'avion qui se retrouvent mêlés au gré de plusieurs aventures à des histoires policières étranges.

A lire l'interview sur le site de Place du Sablon ICI

Réservations par mail bdparadise@yahoo.fr ou par téléphone au +32 (0) 2.420.28.14

 

Paradise BD

Avenue de Jette 316, 1090 Jette



Pays : Belgique

Date de l'événement : du 08/06/2017 au 08/06/2017.

Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


L’homme parfait est un connard et même qu’il est blond et qu’il arrive en BD

Si la femme parfaite est une connasse, les hommes aussi ont leur modèle tant aimé, ou tant haï plutôt. Inventé par Gad Elmaleh, il y a déjà une bonne dizaine d’années, Le Blond a pris le temps, il n’est pas pressé puisqu’il fait tout mieux que tout le monde et sans perdre une minute, pour débarquer en grande pompe et avec un brushing impeccable sur les planches de BD. Qu’il chausse d’ailleurs aussi bien que ces skis alors que vous vous êtes déjà planté quatre fois en une demi-seconde. Bref, vous l’aurez compris, il est toujours aussi agaçant. Une adaptation facile, qui n’apporte pas grand-chose au mythe du Blond mais pas mal goupillée, pour autant.

Résumé de l’éditeur : On a tous un pote qui sait tout sur tout, un pote super sportif, un pote super sociable… Eh bien, le Blond, c’est un peu tous ces mecs à la fois et bien plus encore. Le Blond, il a son propre langage : il commence toutes ses phrases par  » Dis donc ! « , ponctue chaque moment-clé par  » Pim, pam, poum  » et les termine par  » C’est pourtant simple ! « . Vous savez ?Le Blond, celui qui fait un  » clac clac  » parfait en enfilant ses chaussures de ski, un  » schpluf  » qui n’asperge pas quand il plonge, qui ne transpire pas quand il danse all night long en boîte de nuit, qui a fait  » option Ikea 3e langue  » et donc pour qui monter un meuble Flürgoeburg est un jeu d’enfant… Voilà, LUI !
© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

Il y a douze ans de cela, Gad Elmaleh (qui ne faisait pas encore des pubs pour LCL) révélait à la face du monde et du commun des mortels (masculins, surtout), son ennemi juré. Il est beau, il fait gendre idéal, il est bâti comme un dieu grec; bref il est blond. Pas blond vénitien, hein. Blond, rayonnant comme un soleil en toutes circonstances, avec tous les avantages et les faveurs de la nature de son côté. Sans oublier une chance insolente que ni vous ni moi n’oserions espérer.

 

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Le Blond, c’est un phénomène, sexy au possible et souriant en toutes circonstances. Pendant que les autres, vous, moi, eux, nous nous traînons dans un quotidien qui ne nous épargne jamais. C’est dur de surnager parmi les loosers alors que Le Blond promène son aura et son charisme, promettant d’être l’idéal de ces dames. En un mot comme en cent, c’est frustrant !

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Une frustration qui ne date pas d’hier, comme le rappelle (non sans humour) en préface celui qui est un peu le papa (je sais, on dirait pas) du Blond, Gad Elmaleh, et qui nous remet sur les bancs de l’école aux côtés de ce camarade à qui, déjà, tout réussissait. Un insolent bambin devenu grand, ce qui a exacerbé sa capacité à nous énerver encore plus et à pousser le bouchon trop loin. Un blond, c’est comme un con, « On a tous un Blond autour de nous… pas forcément blond d’ailleurs. » Après être devenu un personnage mémorable sur scène, voilà que Le Blond s’offre une BD largement inspirée des sketchs de Gad Elmaleh accommodés en dessin par Bastien Pasquier est Spoon.

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Bon, ce n’est pas le premier, on se souviendra, en d’autres temps des adaptations BD bien belges de la Gertrude de Stéphane Steeman ou de Tatayet. Mais c’est vrai que, d’habitude, ce sont plus les humoristes que leurs créations qui se prêtent au Neuvième Art comme Bérengère Krief, Jean-Marie Bigard ou encore Renaud Rutten et Michel Cymes (docteur comique sur les bords).

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

Reprenant le principe des sketchs d’Elmaleh, Pasquier et Spoon basent l’essentiel de leurs gags sur l’opposition et la comparaison entre « toi », un peu bedonnant, un peu dégarni, assez passe-partout, et le « Blond » rutilant et en tout point parfait. Y’a pas photo que ce soit à la piscine, à la vie, au lèche-vitrine ou encore à la neige, le Blond sort toujours gagnant du duel. Tout comme les auteurs qui réussissent, et font mentir les critiques toujours virulentes face à ce genre d’oeuvre surfant la vague du succès d’une star, à incarner l’imaginaire de Gad Elmaleh en planche tout en retrouvant la rage et la détresse de notre pauvre Monsieur tout le monde. On rit et, surtout, on se reconnaît dans ces gags où chacun des deux héros n’est jamais logé à la même enseigne. Et ce, même si les éclats d’originalité laissent cruellement à désirer et que les deux auteurs restent un peu trop vissés au canevas balisé par le maître et comique parmi les plus populaires de France. Ce n’est pas une suite mais une adaptation plan-plan, prêtée au pouvoir du Neuvième Art.

 

 

 

 

© Elmaleh/Pasquier/Spoon/Domon chez Michel Lafon

 

On reste donc un peu sur notre faim, un morceau de salade entre les dents alors que le Blond sourit de toutes ses dents éclatantes. Rah qu’il est énervant ! Énervant aussi car ses aventures, telles que ressassées ici, ne justifiaient sans doute pas une BD. Comme bien d’autres albums, remarquez, à l’heure où le marché surproduit. Mais, cela dit, le plaisir est coupable et loin d’être désagréable (loin de la catastrophe mercantile annoncée par certains) et voilà un album qui risque de passer de main en main chez vous et parmi vos amis. Surtout s’ils sont des inconditionnels du gars Gad ou que, justement, ils n’y connaissent rien.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le Blond

D’après le personnage créé par Gad Elmaleh

Scénario : Bastien Pasquier et Spoon

Dessin : Spoon

Couleurs : Jack Domon et Spoon

Genre : Humour, Gag

Éditeur : Michel Lafon

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€



Publié le 08/06/2017.


Source : Bd-best


Cubalandz, de la musique, de la danse, de la photographie et de la bande dessinée

Le 9 juin, CubaLandz débarque pour la première fois à BOZAR. Animée d’une vitalité bouillonnante, la culture cubaine est le produit d’un dialogue constant entre plusieurs traditions culturelles qui cohabitent et génèrent une production contemporaine riche d’expériences variées. Les artistes de cette première édition s’inscrivent dans cette dynamique et nouent un dialogue interculturel entre Cuba et leurs différents pays de résidence en Europe.

CubaLandz propose une programmation qui reflète cette floraison artistique, avec une affiche résolument contemporaine et multidisciplinaire, proposant de la musique, de la danse, de la photographie et de la bande dessinée.


Lieu : Terarken, Palais des Beaux-Arts, Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles

Contact : par tél +32 (0)2-507.82.00 par mail tickets@bozar.be

Webwww.bozar.be/fr/activities/127710-cubalandz


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 09/06/2017 au 09/06/2017.

Publié le 06/06/2017.


Source : Bd-best


Mikaël expose Giant à la Librairie Multi BD

A l'occasion de la parution de Giant par Mikaël aux éditions Dargaud, la librairie Multi BD vous invite à l’exposition Giant.

Résumé de l'éditeur :

New York, 1932. Malgré la grande dépression qui frappe durement l'Amérique, les buildings s'élèvent toujours plus haut dans le ciel de Manhattan et les chantiers prolifèrent. C'est là que travaille Giant, un homme taciturne à la carrure imposante. Ses collègues le chargent d'avertir la famille d'un compatriote irlandais du décès accidentel de celui-ci. Mais, dissimulant la triste vérité, le mystérieux colosse envoie une belle somme d'argent à Mary Ann, la jeune veuve, ainsi qu'une lettre dactylographiée qui pourrait être de son mari... Elle lui répond et commence alors une correspondance régulière, sans que Giant dissipe le mensonge. Vient alors le jour où Mary Ann et ses enfants débarquent à New York...

Une séance de dédicaces aura lieu le mercredi 7 juin à partir de 17h00 et sera suivie d'un vernissage de l'exposition qui débutera à 18h30.

Les inscriptions à la dédicace se font au comptoir de la librairie ou par courrier électronique à l'adresse info@multibd.com.

Lieu : Librairie Multi BD - 122-124 Bd Anspach - 1000 Bruxelles

Contact : par tél au +32.(0)2.513.72.35 par mail info@multibd.com

Web :  www.bulledor.blogspot.com


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 07/06/2017 au 17/06/2017.

Publié le 06/06/2017.


Source : Bd-best


Rodolphe et Dubois ont touché TER : « Ce premier tome c’est la confusion entre le merveilleux et le vertige »

L’un a une voix de conteur formidable, radiophonique. Et chance, sa plume suit sa voix. L’autre n’a pas son pareil pour créer des univers, ici ou ailleurs. Pour leur première rencontre, Rodolphe et Christophe Dubois ont regardé les étoiles et s’y sont projetés pour livrer TER, une trilogie qui nous emmène sur une planète bien plus loin que le titre le laisse penser. Mieux vaut ne pas se fier aux apparences, mais celles de ce monde prometteur qui s’offre au lecteur dans ce premier tome (L’étranger) sont très tentantes. Interview avec les deux auteurs, au coeur d’une exposition au Centre Belge de la Bande Dessinée.

 

 

 

 

 

 

 

© Daniel Fouss

 

Bonjour à tous les deux. Vous collaborez pour la première avec TER. Un projet superbe qui nous envoie dans un futur encore flou à l’issue de ce premier tome. Quelle fut l’origine de ce projet ?

Rodolphe : C’est toujours difficile de trouver l’origine. Mais c’est clair que l’idée de ce personnage amnésique, sans mémoire, sans vêtement qui va progressivement récupérer sa mémoire et ses mots faisait un bon narrateur quand il s’agissait de décrire avec ses mots ce monde curieux qui remue la matière et l’étrangeté.

Christophe : C’est Daniel Maghen qui a fait le lien entre nous. L’histoire de Rodolphe est arrivée, Daniel me l’a proposée et je l’ai beaucoup aimée. Alors, on s’est lancé.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Et, si je puis dire, c’est la première fois que vous quittez la terre pour mettre en image l’espace et cette planète peut-être pas si inconnue.

Christophe : Oui, c’est vrai, j’étais habitué aux récits qui se passaient sur l’eau jusqu’ici. Mais la science-fiction, après tout, c’est aussi un voyage vers des rivages. Bien sûr, il y avait des appréhensions, les premiers croquis. Il a fallu un peu de temps, au début, pour que j’arrive à créer un univers cohérent.

Vous, Rodolphe, vous ne lisez plus de science-fiction depuis longtemps, vous étiez vierge de toutes références, naïf dans cet univers ? Et vous, Christophe ?

Christophe : Je suis un lecteur éclectique, je lis de tout, avec une tendance pour la littérature.

Rodolphe : J’ai été libraire spécialisé dans la science-fiction dans une vie antérieure. Automatiquement, j’ai lu beaucoup de livres à l’époque, puis j’ai arrêté. Je ne dois pas avoir touché un livre de science-fiction depuis quarante ans. Peut-être que cela m’autorise de la naïveté dans cet univers, une sorte d’auberge espagnol pour faire un récit qui soit hors des normes de la science-fiction.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Naïf comme l’est votre personnage ?

Rodolphe : Mandor, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle en référence à son tatouage, hormis son pouvoir particulier, c’est Monsieur Tout-le-monde. Il est muet, nu. Il a un beau sourire, une naïveté souriante. Je pense que les auteurs comme les lecteurs s’y retrouvent. D’autant plus que comme c’est Mandor qui dirige l’histoire, il contribue à ce que le lecteur ne sache plus qui il est et, surtout, où il est.

 

 

 

 

© Rodolphe/Dubois chez Daniel Maghen

 

Ce héros, il a des mains d’or. Si bien qu’il peut tout réparer et refaire fonctionner n’importe quel objet dysfonctionnel depuis des années. Ça évoque un peu les repair café actuel, ces lieux dans lesquels les gens se rassemblent pour lutter contre la dégénérescence programmée.

Rodolphe : On n’y a pas vraiment pensé. Peut-être est-ce un clin d’oeil à cette pratique qui a le mérite d’exister. Ce don qui en fait peut-être un super-héros à certains égards, Mandor l’a au fond de lui, enfui dans son passé, tout comme son identité. Le secret resurgit peu à peu. Mandor a un rôle à jouer. Après, sera-ce cette fonction de guide que les textes annoncent depuis longtemps ?

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Dans un coin de son atelier, il y a aussi une fusée de Tintin.

Christophe : Il faut bien la regarder cette case, elle fourmille de détails, d’objets hétéroclites qui viennent d’un passé plus proche ou d’un passé plus lointain. Il y a eu tout un travail sur le premier plan de cette case, elle permet aussi de situer la temporalité de l’action. De se dire, ah non, nous ne sommes définitivement pas dans le Moyen-Âge.

Rodolphe : Ce premier tome c’est la confusion entre le merveilleux et le vertige. Je me suis totalement laissé emporter par ce héros qui se demande où il est et s’interroge sur lui-même. Il y a aussi la confusion avec le titre de la série, T.E.R. qui semble impliquer notre planète Terre pour se révéler tout autre. Malgré ce lien qui entre la Terre et T.E.R., il y a une ambiguïté. Et c’est Mandor qui va la lever en demander, il ne sait pourquoi, à aller voir l’inscription qui a donné son nom à T.E.R.

Avec une dernière planche dont on ne sort pas indemne, notamment. Mais les étoiles semblent aussi avoir leur importance, non ?

Christophe : Oui et non. Au début de cette histoire, on ne sait pas trop où on est tombés. Et si ce qu’on observe ressemble un peu à ce qu’on peut voir de l’espace depuis la Terre, on se rend vite compte qu’il y a un décalage et que ce n’est même pas notre… système-solaire.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

D’ailleurs, le bestiaire que vous avez créé est plutôt inquiétant.

Christophe : C’est un univers différent de celui de la Terre. Une sorte d’Arche de Noé dont les animaux auraient évolué. Pour créer ce bestiaire, j’ai réalisé des mix d’animaux rares, de ceux qu’on ne voit pas tous les jours. Il faut dire que je n’arrive pas à créer des bestioles à partir de rien. Donc, je me suis inspiré d’espèces existantes, les ai croisées et agrandies. Ainsi en arrive-t-on à des crodiles, ce croisement effrayant entre une grenouille et un crocodile.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Et les personnages ?

Christophe : Ils sont venus assez facilement, sans trop d’esquisse. Certains ont pris leur importance au fil de l’histoire.

Vous avez aussi travaillé les couleurs ?

Christophe : Oui, à l’aquarelle. Je me suis servi de cette couleur pour séquencer l’album. Les ambiances chromatiques me permettent ainsi de revenir au même endroit tout en changeant les couleurs. Avec cette rupture en fin d’album, on passe d’une zone que je qualifierais de « méditerranéenne » avec du sable et une mer très transparente, à une zone verdoyante, plus humide.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Puis, vos héros vont utiliser un char, pas si loin de Mad Max.

Christophe : C’est vrai, je cherchais quelque chose qui soit visuel. Rodolphe voulait un bateau à voile, qui va permettre aux héros de comprendre leur monde, de s’y aventurer plus loin, dans une autre humanité. Ce véhicule, il est bricolé, fabriqué avec ce qu’ils ont sous la main, en fonction des conditions.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Mais finalement, la société dans laquelle Mandor arrive n’est-elle pas plus amnésique que lui-même.

Rodolphe : Quand j’ai écrit ce scénario, je voulais retrouver une part humaine plus que du spectacle et du divertissement. De l’humain, de l’émotion, la douleur, l’amour. Des gens qui perdent la mémoire, ça n’arrive pas que dans la fiction, avec le danger, en plus, de ceux qui disent se souvenir des psaumes, des versets, et qui vont y conditionner la vision de cette société, son fonctionnement. Mais qui va être perturbé par l’arrivée de Mandor, qu’ils croient être le prophète promis.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Un magicien aussi, puisqu’il arrive à projeter des hologrammes en pleine ville. Des faits marquants comme le 11 septembre…

Rodolphe : … et des événements plus anciens comme la bataille d’Angleterre mais aussi des événements qui n’ont pas encore eu lieu et, qui sait, coïncideront avec notre futur. Ces hologrammes n’auront pas vraiment d’impact sur l’histoire à venir mais ils permettaient de situer le pouvoir de notre personnage mais, surtout, de définir le temps dans lequel on se trouve. Où sommes-nous, à quelle époque ? Pas dans le passé comme on aurait pu le croire mais dans un futur avancé !

Je ne peux m’empêcher de le voir un peu comme l’explorateur de H.G. Wells qui se retrouve dans le futur mais face à une population qui a régressé.

Rodolphe : C’est toujours très chouette à la sortie d’un livre, de voir toutes les lectures que les journalistes et les lecteurs se font. À chaque fois, le lecteur amène sa propre interprétation, je ne peux qu’être respectueux de ça.

Christophe : Vous n’avez encore vu qu’une partie de T.E.R. Si bien que vous vous rendrez compte qu’en fonction de l’endroit où une population est arrivée, celle-ci a évolué différemment. Et si la société qu’intègre Mandor dans ce premier tome semble avoir régressé, d’autres ont évolué.

Rodolphe : Au début, il y a des hommes et des femmes qui ont la même origine. Au fil du temps, il y a eu séparation en deux branches qui se sont implantées de manières différentes sur T.E.R. Chacune a donc une histoire différente, des tribus, des codes, un fonctionnement… que vous découvrirez.

 

 

 

 

© Rodolphe/Christophe Dubois aux Éditions Daniel Maghen

 

Sur trois tomes, donc ?

Rodolphe : Oui, le tome 2 arrivé début octobre. Les trois sont déjà écrits. Soit 200 pages publiées en deux ans. Il a fallu rester vigilant et focalisé sur T.E.R. pour ne pas risquer la baisse de qualité.

Pour faire le lien entre ce premier et le deuxième tome, il y a cette exposition au Centre Belge de la Bande Dessinée, excusez du peu ! Ça fait quelque chose, j’imagine.

Rodolphe : C’est très flatteur, en fait. D’autant que, comme vous le dites, elle durera jusqu’octobre, quand sortira le deuxième album.

Christophe : On va vraiment y voir le dessin, les planches au pastel. En tant que spectateur d’expo, j’adore voir comment travaille un auteur.

Rodolphe : C’est passionnant. Surtout que je n’avais jusqu’ici pas vu les… originaux. On a beaucoup travaillé sur internet. Alors forcément j’avais vu les planches finales sur ordinateur mais c’est autre chose que l’objet en papier. Je les ai découvertes en live, comme certains essais de couverture, aussi.

Merci à tous les deux, on a hâte de découvrir la suite.

En attendant, Rodolphe et Christophe Dubois exposent jusqu’au 8 octobre au Centre Belge de la Bande Dessinée (Rue des Sables 20 à Bruxelles).

 

Propos recueillis par Alexis Seny



Publié le 06/06/2017.


Source : Bd-best


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