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Information générale concernant le monde de la BD
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Extases où comment dédramatiser la sexualité

Et si le dernier continent à explorer était celui de l'intime ? 
Les relations amoureuses, les pratiques sexuelles, les émotions, les sensations, les sentiments, comme autant de territoires à arpenter à cartographier...
C'est le parti pris d'Extases, la série autobiographique de JeanLouis Tripp. Du petit détail trivial au sublime, du physiologique au métaphysique, de la jalousie qui consume à l'échangisme joyeux, toutes les facettes qui façonnent la sexualité sont évoquées.

 

Rencontre avec Jean-Louis Tripp.

 

Comment vous est venue l’idée du sujet d’« Extases» ?

Cette bande dessinée retrace ma vie, mon vécu, ma façon d’aborder la sexualité qui est quelque chose de joyeux et d’enthousiaste. Il se trouve que l’un de mes amis très proche et également mon confident pendant les quinze dernières années (Régis Loisel) me disait : il faut que tu racontes tout cela pareil mais en bande dessinée. Lorsque la série « Magasin général » a été terminée, la question se posait pour moi de ce que j’allais faire ensuite. J’avais plusieurs options et un jour Benoît Mouchart, le directeur éditorial de Casterman, m’a convaincu au cours d’un repas que c’était le scénario que je devais faire. Je me suis lancé car j’estime être arrivé à un point de ma vie ou je suis prêt à assumer cela. La série va parcourir toute la thématique des quatre tomes d’« Extases », mais en réalité ce n’a pas toujours été évident toute ma vie de l’assumer comme je le fais aujourd’hui. Pendant longtemps je me suis demandé si je n’étais pas une espèce de détraqué et d’obsédé sexuel, le regard des autres pouvant me laisser penser que j’étais hors normes. Aujourd’hui, j’ai dépassé tout cela.

 

 

 

 

Avez-vous eu des difficultés pour representer votre vie sensuelle et sexuelle ?

C’est l’album le plus facile à faire que j’ai eu de toute ma carrière d’auteur. Lorsque l’on écrit une série de fiction, on se pose toujours la question si cela tient la route, si elle est réaliste et crédible. Ici je n’ai pas de questions à me poser puisque je suis le fil de ma vie, je sais que tout a existé ainsi que l’ordre dans lequel cela s’est passé. J’ai juste à trouver le ton pour le raconter. J’ai essayé d’être le plus proche et naturel de ce que je suis dans la vie réelle. La seule différence, c’est que j’ai choisi de raconter cela en montrant les choses qu’en général on ne montre pas mais cela parle de la vie, il n’y a rien d’extraordinaire dans cette histoire. Simplement à partir du moment où l’on parle de sexe on ne rentre pas : dans un film on voit la scène tout à fait normal et dès qu’ils passent dans la chambre on ne voit plus que des ombres chinoises ou alors on coupe. En réalité, on est tous né d’un rapport sexuel en passant à travers d’un sexe. Je pense que tout le monde a des fantasmes, des envies et des désirs, simplement la plupart du temps c’est tellement étouffé que cela est considéré comme tabou (religieux, sociaux ou politiques) et l’on a l’impression que l’ on a fini par intégrer le fait que ce n’est pas bien, sale et qu’il ne fallait pas en parler. Lorsque je raconte cette histoire, je montre la réalité des choses telles qu’elle se passe. J’ai dessiné les corps sans les mettre en valeur, globalement je trouve que la représentation des femmes en bande dessinée est catastrophique. Comment peut-on se reconnaitre en tant que femme normale et belle dans la BD ? Moi j’adore les femmes qui ne sont pas totalement fabriquées, je ne sais pas les dessinés donc je les représente comme je sais le faire.

 

 

 

 

Comment affronter vous le regards des autres et surtout celui de vos proches ?

Cela c’est réglé depuis longtemps. Il y a deux ans lorsque j’ai commencé à faire une trentaine de pages du livre, je suis retourné en France dans ma famille et je leur ai présenté mon travail. Ils ont pris connaissance des trente premières pages, l’accueil a été bienveillant et amusé et ils m’ont déclaré cela ne nous étonne pas de toi.

Vous parler d’une suite en deux voir trois tomes, Il y a tellemment de choses à raconter ?

C’est un parcours de vie avec des périodes plus ou moins fastes et comme fondamentalement je suis quelqu’un de curieux, j’ai toujours tendu (si j’ose dire) vers la découverte et l’expérimentation. A certaines périodes de ma vie, je me suis parfois heurté à des incompréhensions et des refus et il a fallu naviguer avec cela. J’ajoute que cela s’appelle Extases au pluriel car il y a un élément qui n’est pas encore très présent dans le premier tome mais qui arrive un peu plus dans le second mais sera très présent dans le troisième qui est la spiritualité. Vers la cinquantaine, j’ai commencé à assumer vraiment qui j’était et à être clair dans mes désirs et demandes quand je rencontrais quelqu’un . Pour moi la cinquantaine c’est le grand épanouiissement , je suis vraiment là où j’avais envie d’être.

Y-a-t’il un passage que vous regrettez d’avoir dessiné ?

Absolument pas, j’assume tout ce que j’ai dessiné. C’est vrai qu’il y a eu des passages plus difficiles à illustrer car je me méfiais un peu de la facon dont cela pouvait être interpreté ainsi que des réactions du public. Le passage sur la prostitution a été un peu compliqué, c’est pour cela que je l’ai traité à travers une conversation que j’ai eue avec Laurence Morenot qui est une féministe incontestable. Le thème de la bi sexualité a lui aussi été délicat mais j’ai pris l’engagement de raconter les choses telles qu'elles se sonts passées de façon tendre et humoristique mais surtout pas dramatique.

En quelques mots pouvez vous faire la promotion de votre livre ?

C’est un récit joyeux, tendre, bienveillant et humoristique qui dédramatise la sexualité. C’est surtout aux antipodes de ce que sont nourris les adolescents d’aujourd’hui: le porno. Ici c’est exactement le contraire qui est représenté dans ce livre, une manière d’aborder la sexualité qui est à l’inverse de la pornographie. C’est important de le signaler car beaucoup de gens qui voient « Extases » l’ouvrent et disent « Ah c’est un bouquin de cul ». Non, pas du tout, c’est un bouquin dans lequel on voit des culs et des sexes mais ce n’est pas un bouquin qui est fait pour être excitant, c’est un bouquin qui raconte une histoire de vie.

 

 

Propos recueuillis par Alain Haubruge

 

Photo © Jean-Jacques Procureur



Publié le 05/09/2017.


Source : Alain Haubruge


Marzi : entre l’universel et l’intimement personnel, Marzi tire sa révérence mais n’a pas fini de surfer la (nouvelle) vague

Toutes les bonnes choses ont une fin. La plage, les premières vagues, le sable chaud, les vacances et puis, Marzi aussi. Dans l’ultime album de ce qui demeurera une heptalogie (qui nous aura tenus en haleine durant douze ans, dont six d’attente du dernier tome), la petite Marzi a bien grandi mais on retrouve toujours ce qui a fait notre émerveillement face à cette série d’utilité publique et pédagogique. Car une nouvelle vague, c’est bien, mais c’est tellement mieux quand elle arrive à ne pas oublier son passé, sa conscience et sa mémoire.

 

 

 

 

 

 

 

© Sowa/Savoia

 

Résumé de l’éditeur : Cet été est un temps de grands changements, tant pour Marzi que pour son pays, la Pologne. Alors que ce dernier s’adapte tant bien que mal à la fin du communisme et à sa récente ouverture sur l’Occident, la jeune fille est quant à elle confrontée aux affres de l’adolescence. Car cet été, pour Marzi, c’est le temps des premières fois.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Une tignasse rousse, des yeux bleus curieux et incisifs, la naïveté de l’enfance comme gage de découvertes. En 2005, dans les pages du Journal de Spirou, c’est sans se poser trop de questions qu’on s’attachait à Marzi, cette petite Polonaise des années 80, période propice aux grands changements, aux inquiétudes des grands et aux interrogations des moins grands. Marzi, une héroïne en herbe dès les premières planches subjuguées par le talent Marzena Sowa à raconter sa vie et ses souvenirs et par celui de Sylvain Savoia à mettre ça en image, cherchant toujours plus la justesse.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Et voilà que Marzi nous a accompagnés, m’a accompagné, bien plus qu’on osait l’espérer. Dès mes quatorze ans en 2005, lors de la rédaction de mon mémoire consacré à la bande dessinée du réel où je ne pouvais pas ne pas considérer cette porte ouverte pour les enfants sur une période important de notre histoire européenne; et encore maintenant. Car si six ans ont séparé le sixième et le dernier tome (prépublié dans Spirou dès 2014), dans un monde éditorial où les séries s’échelonnent de plus en plus vite, on a pris le temps d’apprendre la patience et d’attendre notre héroïne. Pas forcément au tournant car Sowa et Savoia ne déçoivent jamais, et pourtant. À l’instar des vagues qui tournent avant de s’effondrer gracieusement sur la plage, notre couple à la vie comme à la planche fait bel et bien tourner cette petite fille qui ne l’est plus tellement et qui, éloignée du carcan familial et les yeux dans cette mer tant espérée, voit ses préoccupations changer. Elle évolue. Mieux, elle s’envole.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Mais il y a encore de la place pour l’émerveillement et pour la curiosité bien placée. Sur l’histoire de son pays et la sortie du communisme et l’influence de l’Amérique qui se fait désormais sentir dans le goût du Pepsi même si c’est à la France que Marzi voue ses rêves, tentant de s’informer sur ce pays où l’on trempe les tartines de beurre ou de confiture dans le chocolat chaud. Puis, sur cette plage où le soleil fait rougir les vivants, il y a aussi un jeune plaisancier allemand qui a tôt fait de rallier à sa cause les battements de coeur de notre jeune Polonaise qui découvre les joies et les déconvenues des amours de vacances. Sans oublier ces fantômes plus ou moins bienveillants que le jeunes ados convient dans leur dortoir alors que leurs moniteurs les croient endormis, plein de sable dans les yeux.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Sortant de l’appartement et des rues dans lesquels tellement de choses se sont jouées en six albums, Marzena Sowa et Sylvain Savoia ont trouvé une autre lumière pour conclure leur magnifique aventure. Et les deux auteurs font sauter les codes qu’ils avaient balisés jusqu’ici éloignant les cartouches et les descriptions pour mieux laisser parler la force des dialogues et des interactions. Signe que leur héroïne a pris la mesure du récit, fait ses choix et dirige la conversation tout en sachant écouter les opinions divergentes (autour de Lech Walesa, notamment, à l’occasion d’un passage à Gdansk, berceau de Solidarnosk). Et quelle richesse, c’est.

 

 

 

 

 

© Sowa/Savoia

 

Le soleil n’a jamais été aussi beau et l’ombre de Marzi s’affine entre l’universel et l’intimement personnel, trop fugace que pour dompter tout ce qui a traversé cette magnifique série tout au long de ses sept tomes. Et ce, quel que soit l’âge du lecteur. De la Pologne communiste à nos coeurs, il n’y avait décidément qu’une petite fille qui a drôlement bien grandi et mûri, emplie de paradoxes et de certitudes sur ce que sera son monde à venir. La conclusion est superbe et nous ne pouvons que souhaiter une longue et palpitante vie à Marzi.

PS : Pour ceux qui auraient du retard dans la série, Dupuis a eu la bonne idée de publier de trois intégrales. La dernière regroupant le sixième et le présent dernier tome ainsi que des récits et documents d’époque permettant de mieux saisir la métamorphose opérée de l’enfance à l’adolescence.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Marzi

Tome : 7 – Nouvelle Vague

Scénario : Marzena Sowa

Dessin et couleurs : Sylvain Savoia

Genre : Histoire, Chronique

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 56

Prix : 12€



Publié le 05/09/2017.


Source : Bd-best


Open door et bande dessinée à Gembloux

En collaboration avec la Bapa, l'atelier de restauration d'avions anciens de Gembloux vous invite à découvrir ou faire découvrir le monde de l'aviation à toute la famille.

Au programme :

- Dédicaces d'auteurs de bande dessinée (Walthéry, Loutte, Di Sano, Clovis, Paulis,...)

- Passage d'avions anciens (sous réserve de disponibilité)

- Vente de miniatures, images et objets sur le thème de l'aviation.

- Petite restauration

Animations :

- Bouquineries spécialisées aéronautique

- Borcante d'objets aéronautiques

- Stand et démonstration d'aéromodélisme

- Bouquineries spécialisées aéronautique

- Stand Belgian Aviation Preservation Association (BAPA)

Entrée gratuite

Horaire  : 10h à 17h

Lieu : Chaussée de Tirlemont 75/A4 - 5030 Gembloux

 

 


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 16/09/2017 au 16/09/2017.

Publié le 05/09/2017.


Source : Bd-best


Conférence d'Adão Iturrusgarai à l'auditorium Bob De Moor

Ce mercredi 6 septembre à 18h30, dans à l'auditorium Bob De Moor, l'auteur de BD brésilien Adão Iturrusgarai échangera des idées et des aventures avec le public !   

Adão Iturrusgarai est un cartooniste, illustrateur et artiste visuel né en 1965 à Cachoeira do Sul dans l’état du Rio Grande do Sul, au Brésil. Il vit actuellement en Argentine.

Après avoir obtenu son diplôme en Publicité et Beaux-Arts il a commencé à travailler en 1985 dans les agences de publicité en tant que directeur artistique et peu après a décidé de se consacrer exclusivement aux bandes dessinées et aux beaux-arts.

Depuis 20 ans il publie tous les jours des bandes-dessinées dans le journal « Folha de São Paulo » qui est l'un des plus grands journaux du Brésil. Il travaille également pour le magazine Fierro (Argentine) et Le Monde Diplomatique (France). Une partie de son travail a été adaptée à l'animation et la télévision en direct.

Il a aussi publié plus d'une dizaine de livres, y compris « Rocky & Hudson, les cow-boys homosexuels », en 1991. Rocky & Hudson a été traduit en anglais, français, espagnol, italien et allemand.

À partir du 14 septembre, ses bandes dessinés et ses œuvres d'arts seront exposées à Casa do Brasil (Avenue Louise, 350 – Bruxelles).

Plus d'informations sur les travaux d'Adão Iturrusgarai : iturrusgarai.com



Publié le 05/09/2017.


Source : Bd-best


Exposition Mousquetaire à Dieppe

Exposition Mousquetaire à Dieppe organisé par Le XVIIe siècle en bande dessinée

Le deuxième tome de Mousquetaire de Calvez et Duval aux éditions Delcourt  se déroule entre Dieppe et Rouen et évoque la bataille de cap Dungeness qui opposa la marine britannique à la marine hollandaise et française en septembre 1661, l'occasion pour l'Estran d'exposer ces planches qui offrent des vues de la fameuse bataille navale mais aussi de nombreuses scènes dans Dieppe et le long des falaises de Varengeville sur mer. Les auteurs ont particulièrement mis en valeur le château d'Ango habité à l'époque par la famille Guillebert, conseiller du roi louis XIV. Ils ont été aidés dans leur recherches par  le fond ancien de la ville de Dieppe.

Lieu : Estran Cité de la Mer
37, rue de l'Asile Thomas, 76200 Dieppe

Vernissage : le 15 septembre à partir de 19h

Contact : par tél +33 2 35 06 93 20 par mail   contact@estrancitedelamer.fr

Web https://www.facebook.com/events/271646036683567


Pays : France

Date de l'événement : du 15/09/2017 au 01/10/2017.

Publié le 04/09/2017.


Source : Bd-best


Munuera s’en prend à Zorglub, un méchant qui ne l’est pas vraiment et ne se rend pas compte de la frontière entre le bien et le mal

Ils ne sont plus rares les méchants réhabilités en héros que ce soit au cinéma, en BD, et j’en passe. Le tour est venu pour le plus grand TNAHCÉM que la Terre ait connu de montrer un peu plus son vrai visage de… père. Éh oui, au-delà de son emploi de tyran à temps-plein, Zorglub a une vie de famille et une fille volcanique et speedée (normal, elle a du sang espagnol) : Zandra. Presque dix ans après l’arrêt de son Spirou (avec Morvan), Jose Luis Munuera revient de plein fouet dans l’univers (parallèle) du groom avec plein de bonnes idées et un vrai microcosme foisonnant pour faire évoluer Zorglub et ses créations. Qui a dit que les spin-off étaient vains ? Certainement pas ce sympathique et créatif Espagnol. 


Bonjour José Luis, vous nous revenez dans l’univers de Spirou par une porte dérobée en prêtant vie à Zorglub dans une série à part entière.

 

 

 

 

Oui, c’est projet que j’ai proposé à Dupuis. C’est un personnage tellement fascinant et contradictoire, tellement humain aussi tout en cherchant à être une vedette. L’éditeur a trouvé ça génial, j’étais parvenu à trouver un système où Zorglub et son environnement fonctionnaient.

Un système dans lequel Zorglub a une fille, Zandra !

Oui, je me suis inspiré de ma relation avec ma fille. Elle est plus grande que Zandra, elle part l’année prochaine. J’ai eu une sorte d’épiphanie, ça a pris tout seul, tout est venu et ne m’a pas lâché, comme un petit chien qui s’accroche à vos jambes.

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Il en avait déjà une dans la série animée.

On m’en a fait part mais je ne l’ai pas vue, j’avoue un manque de culture à ce niveau-là. Mais il m’importait de faire quelque chose qui soit à moi, d’y mettre ma touche.

Zorglub, un personnage qui vous fascine ?

C’est peut-être le plus intéressant du répertoire fourni de Spirou. Par sa nature, c’est un méchant qui ne l’est pas vraiment. Il essaie d’être reconnu pour ce qu’il fait mais il ne se rend pas compte d’où est la frontière entre le bien et le mal. Il n’a pas de morale, il ne connaît pas la différence. Après, c’est une figure tout à fait théâtrale, délirante. J’ai connu Zorglub pour la première fois grâce à Franquin, j’en suis tombé instantanément amoureux. Aujourd’hui, je ne regrette pas cette aventure, je suis content de faire vivre Zorglub. En plus, j’ai 45 ans, soit l’âge de Zorglub, c’était le bon moment.

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Un moment où les héros sont parfois des… méchants : Gru de Moi, moche et méchant; Maléfique; Choc…

Il y a une telle offre au niveau de la télé, du cinéma, des comédies musicales ou des bandes dessinées, alors pourquoi se contenter de héros « clean »?

Zorglub est reconnaissable et il a plus d’une facette. Il m’importait de voir comment il allait réagir face à quelque chose qui le dépasserait. Il est mégalo mais aussi très métaphorique. Il véhicule une sorte d’image très visuelle de la création qui devient hors-de-contrôle. Dans ce premier tome, on n’est pas si loin de Pinocchio. Et on peut allègrement voir Fredorg, le majordome robotisé qui suit Zandra partout, comme une sorte de Jiminy Cricket.

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Justement Pinocchio, parlons-en !

C’est un de mes classiques. Il me parle par sa métaphore. Sur les créateurs mais aussi dans la sublimation de la paternité, dans ce fait d’être dans un entre-deux, devant un être qui est à nous et pas à nous, en même temps. C’est un sujet fascinant.

Vous détruisez Bruxelles, quand même. Vous ne l’aimez pas à ce point, cette ville ?

C’était avant tout une manière de montrer à quel point Zorglub peut être gaffeur. Il détruit un patrimoine inestimable, la Grand-Place par exemple, mais ce n’est pas sa volonté, il veut juste récupérer sa fugueuse de fille.

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Bruxelles, j’adore. C’est pour moi un parc à thèmes de la BD avec tous ces murs décorés, ces librairies et ce côté aussi festif que je le suis dans ma tête.

Après ce clin d’oeil, c’est vers d’autres latitudes que vous nous emmenez, dans une île exotique où se cache la base de Zorglub. Imprenable… quoique !

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

Afin de créer ce microcosme, je me suis documenté sur l’architecture, sur ce qu’on trouvait dans les années 70’s. Il y a aussi un côté de James Bond, la cave secrète du Docteur No. Cette partie-là fut très technique mais aussi cool à étudier. J’ai du faire un plan pour me représenter dans l’espace et que le lecteur puisse ce faire également. Il fallait que cette base englobe une résidence, un espace habitable mais aussi un véritable arsenal scientifique. J’ai voulu customiser les pièces et leur atmosphère afin qu’elles fassent écho à la personnalité des héros. La chambre de Zandra représentant l’adolescence, par exemple.

Et forcément des convoitises.

Oui avec un primo-méchant qui, au contraire de Zorglub, a fort bien conscience de ce qui est moral ou amoral. Il cherche Zorglub pour sa capacité destructrice.

 

 

 

 

© Munuera

 

Étonnamment, vous ouvrez votre album avec un dialogue de nos deux jeunes héros sur la folie des spin-off. « Pourquoi toujours exploiter les sujets du passé au lieu de produire des films avec des idées originales ??! Ils ne se gênent pas ! Tout ce qu’ils font, c’est réutiliser des personnages connus et aimés du public et les revendre sous un nouveau costume. C’est du recyclage, du marketing. » Pas forcément positif.

C’est un contrat de lecture passé avec le lecteur dès la première page. « Si tu veux venir, me suivre, on va bien rigoler ». Je voulais donner au lecteur la certitude qu’il n’allait pas être trompé. En sachant qu’il peut passer son chemin.

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Quels sont les spin-off auxquels vous avez le mieux goûté ?

Les plus réussis sont ceux qui trouvent un moteur, une ambition, une personnalité dans un univers pourtant pré-établi avec un angle, un point de vue. Le Choc de Desberg et Maltaite est superbe. Tout comme le Spiderman de Sam Raimi qui rebossait sérieusement la mythologie du super-héros. Dans son genre, le premier Iron Man de Jon Favrau était intéressant. Notamment grâce à Robert Downey Junior qui apportait la distance et un cynisme bienvenus.

Il y a aussi eu pas mal de one-shot autour d’un personnage que vous connaissez bien, Spirou !

J’ai beaucoup aimé ce qu’un Bravo ou un Feroumont en a fait. Mais, ce sont souvent les plus contestés. Peut-être parce qu’on y sent toute la personnalité de ces auteurs qui prennent le risque d’aller trop loin tout en faisant que cela soit intéressant pour le lecteur de voir jusqu’où ça peut aller. C’est plus pointu.

 

 

 

 

© Feroumont chez Dupuis

 

Certains les considèrent, comme votre Zorglub, comme une hérésie.

J’ai du respect pour les lecteurs-collectionneurs, ils font partie du monde de la BD. Certains croient tout comprendre. Et aujourd’hui, nous sommes dans un univers où chacun peut hyper-communiquer et dire ce qu’il veut. Dommage car en même temps, tout le monde n’est pas sur ces réseaux et sur les forums ou sur Facebook, ce sont toujours les 30-40 mêmes personnes.

 

 

 

 

© Morvan/Munuera/Sedyas dans le Journal de Spirou 3914 « 75 ans »

 

Mais entre nous, à l’époque où nous avons fait avec Jean-David Morvan et nos partis-pris, on a bien rigolé. Mais je pense néanmoins que je suis beaucoup plus mature aujourd’hui, ce qu’il faut pour s’attaquer à un Zorglub.

 

 

 

 

Step by step © Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Vous n’abandonnez pas Les Campbell pour autant.

Je vais refermer le cycle, l’histoire avec un cinquième album. J’ai envie de proposer une expérience de lecture qui en vaille la peine.

 

 

 

 

© Munuera

 

Après c’est fini ?

Un bon pirate ne ferme jamais la porte !

 

 

 

 

© Munuera

 

 

Par ailleurs, vous êtes désormais fidèle du Journal de Spirou. Zorglub n’y a bien sûr pas dérogé.

Oui, c’est déjà un plaisir de recevoir le journal, un des seuls qui existent encore. C’est aussi un honneur d’y être publié, c’est encourageant. D’autant plus qu’il y a un renouvellement, des jeunes et moins jeunes qui arrivent avec des propositions. Comme Imbattable de Pascal Jousselin. Je trouve Le journal de Spirou équilibré et qui vise assez justement une cible pourtant vaste.

 

 

 

 

© Munuera/Sedyas chez Dupuis

 

Et l’Espagne, d’où vous nous venez ?

C’est un tout petit marché, pointu mais créatif et très ouvert. Des talents sortent de partout, avec l’espoir de gagner leur vie alors que le monde de la BD est plus que dur. C’est vraiment un rêve entrepris par des passionnés, des fous, des crétins comme moi.

Après, sans la chance, rien n’est possible. Il faut être comme Forrest Gump, aux bons moments, aux bons endroits. Moi, dans les années 90, c’est ce qui m’est arrivé. De Grenade, je suis monté à Barcelone pour montrer mes travaux. Je me suis vite rendu compte que nous ne parlions pas la même langue (rires). Alors, tant qu’à faire, je n’avais rien à perdre à monter jusqu’en France et Angoulême.Et là, j’ai rencontré Joann Sfar. Lui qui était pétri de talent m’a suivi, j’en suis respectueux. Il y a eu des rencontres, des projets, j’étais open total. Je le suis encore. J’ai beau être dessinateur professionnel, je ne suis pas loin d’avoir huit ans dans ma tête.

 

 

 

 

Autoportrait © Munuera

 

Et justement quitte à être comme un gosse dans un magasin de jouets… Si, comme Zorglub, vous pouviez inventer une machine révolutionnaire, que choisiriez-vous ?

Une machine à dessiner avec un bouton pour éviter de suer !  Ça n’arrivera jamais… heureusement !

Merci beaucoup Jose Luis et au plaisir de découvrir la suite que vous réservez à ce personnage mythique du EMEIVUEN TRA !

 

Propos recueillis par Alexis Seny



Publié le 04/09/2017.


Source : Bd-best


Harmony tome 3, Mathieu Reynès poursuit les aventures d’Harmony avec une tension digne des meilleures séries thriller fantastiques

  « - William ? Je ne vous aurais pas reconnu ! On peut dire que la vie en pleine nature vous profite !

-          Daniel, qu’est-ce que vous foutez-là ? Une petite balade entre copains ?

-          Où est-elle, William ?

-          Où est qui ? (…)

-          Je suis là ! Laissez-le partir et je viens avec vous sans faire d’histoires. »

 

Alors que William emmène Harmony à l’abri de tous mauvais esprits, ils se font arrêter par Daniel Steinman et ses hommes de main. Contrainte de rejoindre le camp d’entraînement, Harmony y retrouve ses camarades de jeu Payne et Eden. Mais les trois adolescents n’ont pas l’intention de rester des rats de laboratoire.

 

Mathieu Reynès poursuit les aventures d’Harmony avec une tension digne des meilleures séries thriller fantastiques. Aussi énigmatique que X-Files, aussi dynamique que Stranger Things, Harmony démontre la possibilité de ce genre de récits en BD. Comme dans le premier épisode, la séquence d’ouverture pose quelques jalons sur l’explication du phénomène vécu par les personnages.

 

 

 

 

 

 

Les couleurs de Valérie Vernay donnent du relief au graphisme de plus en plus incarné de Reynès. Les séquences sont ainsi délimitées par des ambiances colorées aux tons à la fois du décor, du moment et de la tension de chacune des scènes. Le traitement lumineux de certaines onomatopées est cependant parfois trop marqué.

 

            Harmony est une symphonie puissante qui n’a pas fini de nous transporter.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Harmony

Tome : 3 – Ago

Genre : Thriller fantastique

Scénario & Dessins : Reynes

Couleurs : Vernay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800168753



Publié le 04/09/2017.


Source : Laurent Lafourcade


Les lauréats du prix Atomium

Pour un montant total attribué de 100.000 euros, la première édition des Prix Atomium dans le cadre de la fête de la BD de Bruxelles a été lancée par Visit.Brussels, en collaboration avec la Région, pour épauler financièrement les artistes de bande dessinée.

Voici la liste des lauréats :

Atomium de Bruxelles: Frank Pé & Zidrou pour "La Lumière de Bornéo" (Dupuis)

Prix Raymond Leblanc de la jeune création: Hélène Aldeguer pour "Saïf"

Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles: Thierry Van Hasselt pour "Vivre à Frandisco" (Fremok)

Prix Spirou de l'aventure humoristique: Nols avec "Pebble's Adventures" (Dupuis)

Prix Première du roman graphique: Thierry Murat pour "Etunwan, celui qui regarde" (Futuropolis)

Prix Cognito de la BD historique: Catel & Bocquet pour "Joséphine Baker" (Casterman)

Prix Le Soir de la BD de reportage: le journalisteiste Guillermo Abril et le photographe Carlos Spottorno, primés pour "La Fissure" (Gallimard)

 

 

 

 

 

 

Photos © Jean-Jacques Procureur



Publié le 04/09/2017.


Source : Bd-best


On Mars, un monde nouveau, un premier tome SF de Runberg et Grun chez Maghen éditions

Sortie en cette rentrée d'un nouvel album chez DM.

Communiqué de l'éditeur :

"Un récit d'une richesse et d'une intensité rare entre science-fiction, anticipation politique et thriller carcéral".

Résumé :

En 2132, la colonisation de Mars est devenue une réalité. Avec l’épuisement des ressources terrestres, c’est surtout une nécessité. L’avenir du genre humain repose sur une poignée de scientifiques...

Jasmine Stenford est en route pour Mars, condamnée aux travaux forcés, en compagnie de milliers d’autres prisonniers. Etre condamnée à la prison en l’an 2132, c’est un aller simple dans les camps de travail de Mars assuré. Sans espoir de retour. Comme tous les prisonniers arrivant sur cette planète, on lui greffe un implant respiratoire facial qui lui permettra de respirer à l’air libre, en attendant que l’atmosphère martienne soit suffisamment transformée pour que les humains puissent un jour s’en passer.

 

 

 

ON MARS T. 1 – Un Monde nouveau

Scénario : Sylvain Runberg

Dessin : Grun

Caractéristiques : 80 pages dont un cahier graphique

Éditions Daniel Maghen

Parution le 31 août 2017

Prix : 16 €



Publié le 01/09/2017.


Source : Bd-best


Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir mais il y a des histoires… glaçantes !

Ça y est ! Après être monté à son zénith, le soleil de l’été couchant a entamé sa folle digression et les jours… raccourcissent alors que la nuit gagne toujours plus de terrain. Et ses ombres malfaisantes, avec. Restez cachés dans les buissons, sans un bruit, retenez votre respiration et peut-être assisterez-vous sans danger aux cérémonials orchestrés par Laurent Lefeuvre avec la béné… la malédiction de Claude Seignolle et par Pascal Moguérou.

 

 

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito



En ouvrant, tel un grimoire, le dernier album de cet orfèvre de l’obscurité qu’est Laurent Lefeuvre, j’aurais juré remonter le temps pour me retrouver il y a quelques années. Quand, à la poursuite d’émois littéraires, je dégotais quelques livres aux couvertures reconnaissables entre toutes des Éditions Marabout. Il y avait là du Jean Ray, beaucoup, mais Claude Seignolle n’était pas en reste. Et ça valait aussi son pesant de cacahuètes… et de chocottes.

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre

 

Alors quand l’un des auteurs de BD les plus sensationnels de sa génération se propose d’adapter le formidable passeur de légendes noires, on n’hésite pas, on fonce. Bon, ce n’est pas pour autant gagner, encore faut-il arriver sain et sauf, éviter les ronces, les souches et autres toiles d’araignées, pour atteindre cette clairière pas forcément réconfortante où plane comme une odeur de diable.

C’est le titre donné à ce recueil (le premier et pas le dernier, on l’espère d’emblée) qui compile ainsi cinq courts récits de Seignolle : Celui qui avait toujours froid, Comme une odeur de loup, L’homme qui savait d’avance, Un bel ensorcelé et Deux dents, pas plus… Tout un univers où rien n’est certain, et la mort encore moins, qui nous tend les branches et les bras décharnés, mais aussi l’encre noire comme jamais pour mieux s’insinuer dans nos veines. Car oui, « le diable existe ». Et il se pourrait bien qu’il soit Laurent Lefeuvre en personne. Tellement que chaque trait transpire tout l’amour nourri pour l’oeuvre de ce « fantastiqueur » de grands chemins à l’écoute de son pays, de ses campagnes et de ses mythes plus ou moins fondateurs. Glaçants, c’est certain.

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito

 

Dans Comme une odeur de diable, Lefeuvre n’a pas son pareil pour faire s’unir les mots afin qu’ils forment des monstres, des visages traumatisés, des vies hantées par les soubresauts du Malin. De ce menuisier qui devinait quand la mort frapperait à ce drôle de vagabond dont il vaut mieux ne rien voir du visage. Lefeuvre croque les monstres sur le vif, de chair et de pustules, de noir et de blanc, comme s’il avait eu les chances de les voir prendre la pose dans son atelier. Il y a de la peur mais aussi de l’élégance, l’influence du regretté Bernie Wrightson, aussi. Mais attention, les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit !

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito

 

Parfois, on se dit qu’à la vue d’une adaptation, tel ou tel auteur doit se retourner dans sa tombe. Ici, à mesure que Laurent Lefeuvre donne poids et appui à la prose du conteur, je suis plutôt convaincu que c’est un Claude Seignolle (toujours bien vivant et centenaire bon pied bon oeil) galvanisé et requinqué pour les siècles des siècles qui s’est enfui de la chaumière où il coule des jours paisibles pour fêter jusqu’au bout de la nuit et de l’indicible, l’événement. C’est vrai quoi, on n’a pas tous les jours cent ans. Et avec l’art et la manière, encore moins. Puissant !

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Comme une odeur de diable

Sous-titre : Contes de Claude Seignolle

D’après les contes de Claude Seignolle

Scénario et dessin : Laurent Lefeuvre

Noir et blanc

Genre : Fantastique, Horreur

Éditeur : Mosquito

Nbre de pages : 64

Prix : 14€



Publié le 01/09/2017.


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