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Holy Wood: Marilyn Monroe, petit oiseau croqué derrière le miroir aux alouettes

Cultivant l’art de la métaphore et le mythe de la forêt tant prisée par les contes, Tommy Redolfi livre avec Holy Wood, un portrait fantasmé de Marilyn Monroe, un biopic réinventé, envoûtant et onirique de la carrière de Marilyn. Une expérience de lecture qui fera votre été!

 

Résumé de l’éditeur: Holy wood, le «Bois Sacré», est une sombre forêt de conifères, peuplée de monstres de foire et de vieilles caravanes ; c’est là-bas que naissent les stars de cinéma qui font tant rêver les spectateurs. Dans l’espoir d’en devenir une à son tour, la fragile Norma vient s’installer dans cette étrange ville-fantôme qui lui permet, malgré l’obscurité ambiante, de se retrouver sous le feu des projecteurs. Passé les premiers échecs, la frêle jeune femme se retrouve au coeur de l’attention du couple Wilcox, énigmatique fondateur de Holy wood. Grâce à eux, Norma Jeane Baker devient Marilyn. LA Marilyn. Une femme très différente de la véritable Norma. Trop, peut-être ?

 

 

Holy Wood - Tommy Redolfi - naissance Marylin Monroe

 

 

On ne va rien vous apprendre, depuis quelques mois,le thème de la forêt et des choses qui s’y cachent est dans l’air du temps. Que ce soit au cinéma (on vous parlait du retour surprise du Projet Blair Witch, la semaine passée) mais aussi en BD (Melvile, Dans les bois, Tout conte fée, Le concile des arbres…), la forêt et sa sauvagerie ont repris leurs droits. Dans l’imaginaire collectif mais aussi pour se substituer à notre monde parfois cauchemardesque. Et si A star is born, peut-être que derrière les paillettes et la chevelure platine de celle qui voulait épouser un millionnaire, le rêve tenait plutôt du cauchemar.

 

 

Holy Wood - Tommy Redolfi - Miroir

 

 

Betty Boop, le grand méchant loup et une grand-mère qui attend son poisson, le décor est planté dès le prologue pour mieux voyager entre fantaisie et réalité. Tommy Redolfi a du talent et du métier. Ça se sent et se ressent dès les premières planches, entrelacées dans les branches d’Holy Wood. La forêt à laquelle il donne naissance respire la peur, l’horreur mais aussi le magnétisme. Tout en élégance, l’auteur déploie son atmosphère et répand le venin hollywoodien. À l’instant, Marilyn vient d’arriver non pas en ville mais en forêt, chétive, craintive, à la démarche mal-assurée et à l’esprit peuplé par les fantômes du passé. On est loin du sex-symbol à la carrière fulgurante.

 

 

Holy Wood - Tommy Redolfi - Planche 2

 

 

S’inspirant des grandes lignes biographiques de Marilyn, Redolfi livre une vision personnelle de celle qui fit tourner la tête, dit-on, à JFK. Mettant en relation la quête de célébrité avec l’absence de ses parents. « Le regard d’un père et d’une mère suffisent à beaucoup. Mais lorsque ceux-ci n’ont jamais été présents, auprès de qui briller? Combien de regards faut-il pour combler l’absence d’un seul. Cent? Deux cents? Mille? Jamais suffisamment en tout cas. » Tristounette brune, Norma Jean n’arbore pas encore ses cheveux blonds platine et fait sans nul doute figure de petit oiseau à croquer par les vieux loups du 9ème art en recherche d’une nouvelle égérie (ou peut-être, est-ce une élégie?).

 

 

Holy Wood - Tommy Redolfi - foret

 

 

Alors certes, il y a du travail en façade, mais si Bette Davis a des yeux sensass’, Norma Jean a une bouche à tomber! Peu importe les cicatrices qui disparaîtront de toute façon, voilà que Norma Jean se transforme en Marilyn, « The sex Godess, changement de timbre vocal, atouts mammaires compensés, nez refait, et le tour est joué pour un nouveau conte de fée. Et pourtant, ce ne sera pas « poupoupidou » tous les jours.

 

 

Holy Wood - Tommy Redolfi - bouche

 

 

Récit de métamorphose rehaussé d’une histoire humaine au coeur d’une industrie à peu de choses près inhumaine, Holy Wood fait partie des lectures qui passionnent et transcendent leurs lecteurs. Surprenant et incertain (même en connaissant l’histoire de Marilyn Monroe), Tommy Redolfi signe, de son graphisme totalement acquis à ce qu’il raconte, une oeuvre originale au charme sensuel, fantasmatique et drôlement efficace où se nouent les regrets, la nostalgie entre factice et véritable. Sur le terrain du 7ème art, voilà une bande dessinée puissante qui bat à plates coutures le cinéma. Et en bordure de cette forêt mythique, on a vu le Cirque Freak, mais peut-être n’était-ce qu’Hollywood, glaçant, dérangeant, perturbant. Des BD’s comme ça on en voudrait plus à l’ère des biopics souvent trop calculés.

 

Alexis Seny

 

Titre: Holy Wood – Portrait fantasmé de Marilyn Monroe

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs: Tommy Redolfi

Genre: Biopic, Drame, Thriller, Fantastique

Éditeur: La Boîte à Bulles

Collection: Clef des champs

Nbre de pages: 256

Prix: 32€

 

 



Publié le 03/08/2016.


Source : Bd-best


Preview :  Les Tuniques Bleues changent de style, 19 auteurs célèbrent Blutch et Chesterfield

Événement de la rentrée BD, entre autres Blake et Mortimer et Lucky Luke, les Tuniques bleues fêteront leur soixantième album. L’occasion était trop belle que pour ne pas convier la crème de la crème des auteurs « Spirou » et d’ailleurs pour un album « de célébrations » dans lesquelles Blutch et Chesterfield vont traverser les styles et être mangés à toutes les sauces.

 

Ils font partie de « ces bons vieux héros », d’une trempe et de l’étoffe de ceux qui étaient créés dans les années 1960. 1968, pour être exact. Depuis, l’eau du Mississippi a coulé sous les ponts mais les canons de la Guerre de Sécession ne se sont pas arrêtés pour autant, ils ont redoublé même, d’humour et d’un peu de bravoure. Intemporels, le Caporal Blutch et le Sergent Chesterfield sont passés depuis longtemps à la postérité et comptent parmi les chouchous du public de la BD franco-belge. Si bien que les Éditions Dupuis, d’habitude peu adeptes de ce genre d’hommages (préférant d’ailleurs le mot « célébration » à l’hommage ou à la commémoration), se sont attelées à prêter un peu plus d’éternité à ce duo d’antihéros et au petit monde qui les entoure.

 

 

(c) Munuera-Sedyas

 

(c) Munuera-Sedyas

 

Loin de faire les choses à moitié, Dupuis a donc invité quelques grands auteurs de BD pour participer à cet album « de célébration ». Des auteurs maisons mais aussi d’autres horizons. De toute évidence, des connaisseurs de l’univers développés par Raoul Cauvin et Salvérius et puis Lambil. Dans leurs traces, c’est avec leur propre patte (sans essayer de « faire comme »), que Blutch (pas le caporal, l’autre), Denis Bodart, Jose Luis Munuera, Pau, Sti, Denis Goulet, les inséparables Baba et Lapuss’, Chamblain, Clarke, Thierry Gloris, Denis Lapière, Renaud Collin, Aimée de Jongh, Dutto, Olivier Frasier, Olivier Schwartz, Éric Maltaite et Zidrou.

 

 

(c) Dupuis/Lapière et Pau

 

(c) Dupuis/Lapière et Pau

 

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, alors qu’il faudra attendre fin octobre (un peu avant pour les lecteurs de Spirou) pour découvrir cette compilation d’histoires courtes, les Éditions Dupuis et certains auteurs ont profité de l’été pour dévoiler quelques extraits de leur vision. Car oui, ces histoires, outre l’amusement procuré de voir ces héros (que le temps n’avait quasiment pas changé jusqu’ici) transformé et imprégné de l’art des auteurs invités, permettent aussi quelques jolis voyages dans l’appréhension de ces personnages et la manière dont ils sont perçus par ces lecteurs avant tout. On vous laisse les découvrir.

  • Denis Bodart et Thierry Gloris (et Hamo pour les couleurs). Pour avoir été dans l’atelier (partagé avec Hamo et Kid Toussaint) de celui qui est considéré comme un maître par plus d’un, on peut vous dire que Denis Bodart a sué sur ce récit clin d’oeil imaginé par Thierry Gloris. Jamais content, perfectionniste en diable et pourtant prolifique en rough, crayonnés, recherches et autres (comme en témoigne l’excellent site qui lui est consacré); l’auteur de Green Manor, Célestin Speculoos ou encore Nicotine Goudron a presque failli abandonner. Il n’en a rien été et voilà que se dévoile sa version des Tuniques Bleues.

 

(c) Denis Bodart - Hommage à la couverture de

 

(c) Denis Bodart – Hommage à la couverture de « Des bleus dans la gadoue »

 



(c) Denis Bodart – Hommage à la couverture de « Des bleus dans la gadoue »



Publié le 03/08/2016.


Source : Bd-best


Polémique: L’héroïne de BD « Tamara » liposuccée par un cinéma manquant scandaleusement d’épaisseur

Dans la série « tout va bien dans le jo-li(sse) monde du cinéma français », après nous avoir refourgué un faux-nain (même s’il était Dujardin), avoir évacué un comédien black de l’affiche des Sarrazins… oups des Visiteurs et avoir privé Aladdin d’un de ses deux « d », voilà que le merveilleux cinéma français et populaire adapte « Tamara », la très sympathique héroïne rondouillarde de la BD éponyme de Zidrou et Darasse. Sauf que voilà, comme d’habitude, les premières images du film bafouent totalement la BD, son esprit et le public (que ce soit celui de la BD ou du cinéma). Jusque quand le cinéma va-t-il tout sacrifier pour des diktats dépassés?

 


Tamara - tendresse - zidrou - darasse

 

(c) Dupuis – Tamara par Darasse et Zidrou

 

 

Tamara! Tabernak, diraient les québécois! Il y a de quoi tonner, jurer et être complètement… désabusé. Si on nourrissait quelques espoirs à l’annonce du film (bon, pas mal d’inquiétudes aussi, c’est vrai, mais sans qu’elles ne se portent à la hauteur du désastre qui se dévoile), les voilà balayés. Car oui, sous la houlette du réalisateur Alexandre Casagnetti (le génial troubadour de La Chanson du dimanche et récent adaptateur du pas trop mal « Grimoire d’Arkandias ») mais aussi certainement d’une production adepte des strass et des paillettes de l’image parfaite et sans aspérité, voilà que Tamara a fondu. Une trahison pour tous les lecteurs de la bande dessinée qui espéraient enfin voir une héroïne digne de ce nom et de ses bourrelets. Touché, coulé, manqué et surtout, liposuccé!

 

Tamara, c’est quand même un symbole. Celui d’une fille bien dans son époque, dans sa peau et dans sa chair. Un symbole qui évacue les complexes et invite à, nous aussi, être à l’aise avec notre peau, à respirer la liberté de faire ce qu’on veut, qu’on soit fin ou gros, petit, grand ou moyen, peu importe la couleur de peau. Et, au fil du temps, cette série humoristique qui a su séduire avec talent des milliers de lecteurs a évolué vers une dimension multiculturelle, entre une demi-sœur noire ébène et un petit copain, hidalgo d’origine chilienne. On vous le dit, Tamara, c’est une bd en or qui a sa place dans les écoles, si si!

 

 

Tamara - amis - bd - zidrou - darasse

 

(c) Dupuis – Tamara par Darasse et Zidrou

 

 

Ça c’était sur papier. Et si Johnny chantait, à l’égard d’Antoine, « Cheveux longs, idées courtes » dans les années 60, aujourd’hui il suffit de quelques pellicules pour faire tout et surtout n’importe quoi!  Y compris dénaturer une oeuvre originale. Un peu comme si on avait fait jouer les Schtroumpfs par des Minions, si Bill le Cocker avait été joué par Rex Chien Flic, si Fifi Brindacier avait été jouée par Heidi, les Pokémon par les Digimon, comme si Harry Potter avait soudain eu une vue de pilote de chasse et Ron des allures de beau brun. Rien à voir. Comme la Tamara de papier et celle de l’écran.

 

Bon, c’est vrai, l’équipe du film a bien tenté de nous rassurer et de nous conforter dans nos espoirs (fous) avec un croquis « enrobé et basané » des deux acteurs principaux (un joli dessin d’ailleurs de Christian Darasse); depuis la révélation de l’affiche du film, on s’est tous senti roulés et trahis. Non seulement, Yoli paraît bien pâle à côté de la petite fille à la peau si brune de la BD, mais en plus ce bellâtre de Diego n’a plus rien d’un Chilien mais d’un ersatz, tout « miam-mioum » comme dirait Yoli, entre M. Pokora et Kev Adams (oui oui Kev Adams, comme celui qui a joué dans Les Profs, ce succès inimaginable et totalement immérité qui a remis la BD dans l’ère du temps et à la mode du cinéma irrespectueux), Rayane Bensetti.

 

 

Diego

 

(c) Dupuis – Tamara par Darasse et Zidrou

 

Même Wagner, le boutonneux repoussant de service, se trouve, dans la version filmée, être un beau gosse à lunettes (en l’occurrence, le très populaire Jimmy Labeuu). C’est fini le chiqué, merde, ces acteurs en vogue (et que vous voulez sans doute propulser), vous aurez d’autres films pour les utiliser, faites place à des vraies incarnations de ces héros, quoi!! D’ailleurs, on n’a rien contre ces gentils gars qui ont vent en poupe, puisque nous partons de l’idée que tout le monde a sa place et c’est même ce à quoi nous appelons ici. Tout le monde, vraiment tout le monde, même avec des formes et des rondeurs, même petits, même pas beaux. TOUS, encore plus quand un rôle comme celui de Tamara leur tend les bras pour, ensuite, leur… échapper.

 

Mais ce n’est rien à côté de Tamara. Car si le personnage du 9ème art a des raisons d’être complexée, « à peine 20 ou 30 kilos en trop », la Tamara du 7ème art n’a rien pour l’être. Ou si, allez, les 100 grammes pris hier soir lors d’un copieux dessert (normal, ce sont les vacances). Sinon, cette Tamara interprétée par la débutante (et on est très contents pour elle, il ne s’agit pas de cracher dessus) Héloïse Martin n’a pas de quoi affoler la balance. Elle tient la ligne sans être un fil de fer non plus, mais tout en se tenant très loin, à des années-lumière, de l’idéal porté en courbes et en rondeurs par l’héroïne de Zidrou et Christian Darasse. La production n’a d’ailleurs rien trouvé de mieux que d’affubler l’actrice d’un pull rose dans lequel elle surnage, histoire de donner l’impression qu’elle est un peu enveloppée. Bon, on a quand même évolué depuis les trucages des années 20, si je puis dire.

 

 

 

Tamara banderole

 

(c) Dupuis – Tamara par Darasse et Zidrou

 

 

Et en faisant fi de cela, en préférant le lisse et le diktat d’une beauté sans aspérité, l’affiche du film (qui ose quand même « La revanche d’une ronde ») fait coup double. D’abord, comme le montre la plupart des commentaires qui ont giclé dès la publication de l’affiche, c’est tout un lectorat qui se sent trompé. Ainsi peut-on lire: « On n’a pas la même définition de ronde« , « Z’ont pas du regarder la même BD que moi !!!!« , « White washing et thin washing« , « Tamara est censé être pratiquement obèse et c’est ce qui me plaisait dans la BD car je pouvais m’identifier à elle. Mais là pour le film elle n’est pas « grosse » du tout … Je pensais voir un film pour ado qui met ENFIN une jeune fille avec des rondeurs en premier plan. Je suis déçue! Société de merde! » et j’en passe. Du coup, vu le peu de ressemblances avec les personnages originaux et l’esprit de la série BD, on commence à comprendre pourquoi sur cette affiche, injustement, il n’est même pas fait mention d’une quelconque info du style « d’après les personnages créés par Zidrou et Christian Darasse ».

 

 

famille Tamara - film

 

Copyright Arnaud Borrel

 

 

Mais la deuxième contre-performance n’est pas mal non plus dans son genre, renouant avec ce que nous dénoncions dans Un homme à la hauteur, quitte à jouer à fond le jeu de la discrimination. Alors que Nike prouve depuis quelques jours qu’il n’a plus peur de faire des pubs avec des mannequins « plus-size » (comme Dove depuis un bon moment et d’autres) et qu’il y a quelques mois sortait Bouboule (qui, outre ses défauts flagrants, avait le mérite de mettre en scène un jeune héros fort costaud), voilà que Tamara fait tomber les signaux positifs pour mieux appuyer là où ça fait mal. Ben oui, outre quelques rares exemples, chers acteurs qui pouvez-vous targuer d’un physique échappant aux conventions ridicules (et surtout dépassées) de la mode et de ce que certains agitent comme une prétendue normalité, le cinéma populaire ne vous veut pas!  Encore moins pour un rôle de premier plan. Faut pas déconner. Pas canon? Disqualifié sans même avoir prouvé ce que vous aviez dans les tripes. Non, ce cinéma-là, mesdames, préfère faire prendre 12 kilos (tout en s’en faisant une gloriole sur Twitter) à une actrice (on salue son dévouement, hein, ce n’est pas ça) pour qu’elle rentre sans convaincre dans le rôle d’une Tamara à qui il manquera quand même 20 kilos, au final. Ça fout les jetons, c’est injuste et révoltant et décidément archaïque à l’heure de tous les défis de la diversité. C’est honteux et ça fait mal au bide.

Allez, pour juger le reste (en espérant de bonnes surprises), on attendra le film. En attendant, comme dirait Yoli (qu’on n’est donc pas sûr d’avoir reconnu sur cette affiche), « Bigzouille » et sans rancune, mais, la prochaine fois, cher cinéma français, essaie d’avoir un peu de bagout, de prendre de l’épaisseur et de nous faire rêver plutôt que cauchemarder! Parce que là, prenez un miroir, non pour voir vos kilos en de trop, mais le reflet pitoyable que vous renvoyez.

Alexis Seny



Publié le 30/07/2016.


Source : Bd-best


Le groupe Kiss, star et héros d’un nouveau comics !

Alors qu’ils n’ont plus sorti d’album depuis 2012 et que leur carrière n’est plus vraiment au beau fixe et vit de ses rentes passées, les membres du groupe glam-metal Kiss tentent de se refaire en… BD, cette (troisième fois).

L’éditeur américain Dynamite Comics vient d’annoncer la sortie imminente (en octobre) d’un comics sacrant les quatre musiciens au maquillage dément et à la langue bien pendue comme nouveaux héros d’une aventure de science-fiction futuriste (avec méchants robots et créatures peu sympathiques) créée par la scénariste féministe Amy Chu et le dessinateur Kewber Baal, avec une flopée de beaux noms (Goñi Montes, Francesco Francavilla, Fernando Ruiz…)  à la réalisation des couvertures officielles et variantes.

La série devrait ainsi inclure les deux créateurs de Kiss, Gene Simmons et Paul Stanley, ainsi que les deux anciens membres Ace Frehley et Peter Criss.

 

 

 

 

Les deux rockeurs Paul et Gene, chanteurs faut-il le rappeler de I was made for loving you, se réjouissent en tout cas que l’industrie du comics s’intéresse à eux. Même si ce n’est pas la première fois: le groupe était déjà passé de la scène à la planche dans les années 70 aux côtés du mal-aimé héros de Marvel, Howard The Duke, ainsi que dans une mini-série Marvel Comics Super Special: Kiss.

 

 

 

 

Des réussites restées modestes mais qui ont ouvert la voie des produits dérivés et des apparitions de Kiss dans des films et dessin animés comme Scooby-Doo.

Reste à savoir si, en octobre, Kiss aura toujours le vent en poupe pour séduire les bédéphiles!

 

Alexis Seny



Publié le 26/07/2016.


Source : Bd-best


Drague et bons moments, Tintin découvre les femmes et leur charme en peinture

Il y a quelque mois, Frank Pé (Broussaille, le prochain Spirou par…) nous confiait voir Tintin comme « un personnage mort parce qu’il n’a que les albums existants et rien de la vraie vie ne vient le réveiller, sinon les nostalgies. Et la nostalgie, ce n’est pas la vraie vie. La vraie vie, c’est le présent, pas le passé. Le passé est formidable, mais ce sont des coffres dans une banque. Et un personnage doit se gorger du présent avec tous les problèmes qui y sont assortis. » On ne peut pas lui donner tort, et si le gamin à la houppette continue de faire recette, il n’y a pas de doute, malgré sa grande popularité et l’amitié du Capitaine Haddock, Tintin reste l’un des plus vieux garçons de la bd.

Il n’a plus évolué d’un poil depuis l’Alph-art en 1986. Heureusement, on peut toujours compter sur les artistes (malgré le joug que tente d’imposer Moulinsart) pour laisser parler leur créativité et redonner vie à ce personnage emblématique de la BD À tel point qu’un peintre français, Xavier Marabout, a voulu lui donner un coup de pouce en matière de drague, comme l’a repéré le journal L’Avenir.

Sur la Lune ou dans des bars conviviaux et propices aux rencontres, le peintre français Xavier Marabout s’est mis en tête d’imaginer les coulisses des albums du célèbre reporter à la houppette. Ainsi, le peintre breton, sous influence d’Hopper, a décidé de donner au fiston d’Hergé une compagnie féminine.

 

 

 


 

Bière à la main, tatouage sur l’avant-bras, voilà le héros au pull bleu plus décontracté que face à Rastapopoulos et en proie aux charmes féminins. Et notamment, entre quelques inconnues qui n’ont pas froid aux yeux, d’une autre héroïne de BD, Yoko Tsuno. Des pin-up, bien plus affriolantes que la Castafiore ou qu’Irma, qui mettent d’ailleurs l’aventurier dans tous ses états et même… torse-nu! Un fantasme réalisé que certains tintinophiles désespéraient de voir un jour réalisé.

Gentiment nostalgiques, ces tableaux nous baladent aussi dans des paysages datés, évoquant le rêve américain et ses beaux bolides. Comme si lassé de ne plus vivre d’histoires, Tintin s’était enfin décidé à prendre du bon temps, sans laisser sur le carreau pour autant les Dupondt, Tournesol et le Capitaine Haddock. Une belle révision audacieuse mais aussi respectueuse de ce bientôt octogénaire encore bien sémillant.

Xavier Marabout, qui se définit comme un artiste pop, n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà réussi à emmener les personnages de Tex Avery, des Looney Tunes et bien d’autres dans des tableaux et photos célèbres. On trouve ça génial!

 

Alexis Seny



Publié le 14/07/2016.


Source : Bd-best


Le Tour de France, l’échappée encore plus belle en bulles

Bon, pour voir un Tour de France palpitant, cette année encore ce n’est pas gagné. Entre Richie Porte qui n’attaque désespérément pas, Nairo Quintana qui estime encore avoir à apprendre (pour gagner le Tour à 60 ans?), les autres qui montrent leur limite face au « Kenyan-nibale » Froome et les grands calculs (plutôt que les grandes manoeuvres) des équipes, il y a de quoi couper l’appétit de plus d’un amateur de la petite reine. Et si le spectacle était ailleurs? Dans une époque résolue faite d’héroïsme, de folie, de courage et de dévouement de soi. Ainsi la bande dessinée officielle du Tour de France, éditée par TJ Editions (une petite maison d’éditions carolo qui monte qui monte), nous ramène aux belles et grandes heures de la Grande Boucle, à coup de pédales et d’anecdotes parfois méconnue, toujours intéressantes.

 


Le tour de France - Ocula - Liera - Gerasi - jeu d'enfant

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

 

Montgeron, 9h13, l’animation est inhabituelle dans ce petit village à un jet de pierre de la capitale, devant le café bien nommé « Au réveil matin ». On attend les héros d’une nouvelle ère, lancés sur deux roues, les boyaux noués autour du coup comme des boas. On pare plus à l’utile qu’à l’agréable et l’esthétique, car la route va être longue et il faudra compter sur une dose de veine dans la musette pour faire valoir ses chances. Par tous les maux, les vents et les tempêtes, ces pionniers vont se lancer, parfois inconscients, dans un Tour de France qui compte alors six étapes pour 2428 kms (à titre d’exemple, cette année, la 103ème édition fait 3519kms bouclés en… 21 étapes!).

 

 

(c) Le tour de france, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

 

Le Tour en est à ses balbutiements, les coureurs sont seuls au monde, ne peuvent recevoir d’aide extérieure et ne doivent compter que sur eux-mêmes, de jour comme de nuit, à vélo tant bien que mal ou à pied quand la pente est trop difficile. Dans les premières années, on veille même à ce que ces sportifs partent au charbon armés du même matériel sans distinction ni avantage. On est bien loin de ce sport devenu ultra-professionnel, dans lequel les équipes ne laissent plus ni le matériel ni les tactiques au hasard.

 

 

(c) Le tour de france, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

 

Sans le savoir, ces héros inaugurent une épreuve qui n’a cessé de gagner en popularité et en aura, au détriment parfois du charme d’antan. Et si les anecdotes des commentateurs du Tour ne ratent pas chaque année, prouvant la richesse de cette épreuve centenaire, il reste beaucoup à en apprendre. Et ça tombe bien, dans cette BD officielle (qui tranche avec les produits vaguement humoristiques et peinant à sortir du carcan du simple produit marketing sans valeur ajoutée), Didier Ocula est parti musarder (à bon escient!) sur les chemins du Tour, de 1903 à 2016, pour accumuler sous sa pédale de conteur quelques formidables anecdotes. De la crise de foie du Cannibale (un euphémisme) à la légende de la lanterne rouge en passant par l’histoire de la photo sur le tour, la colère d’Octave Lapize (qui adressa aux organisateurs encore « amateurs », un célèbre: « Vous êtes des meurtriers ») ou l’ivresse d’Abdel-Kader Zaaf.  Sans oublier l’histoire des maillots et celle de la Caravane du Tour.

 

 

(c) Le tour de france, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

 

Les visages sont plus ou moins connus, le lecteur découvre quelques fortes personnalités qui, s’ils n’ont pas marqué leur nom au palmarès du Tour gagnent à être connus. Racontée sur une ou deux planches, les histoires racontées économisent les mots pour laisser les coudées franches et le braquet solide au duo italien qui officie à mettre des images sur ces petites épopées de la grande histoire de la Grande Boucle. Et avec Thomas Liera et Sergio Gerasi, le casting est de choix! Le premier, enseignant à la Haute-École Albert Jacquard à Namur, est issu de l’école Disney tandis que le deuxième a déjà fait de belles preuves dans l’univers du comics italien (Dylan Dog entre autres). Et l’alchimie fonctionne à merveille.

 

 

(c) Le tour de france, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

 

Le trait est dynamique, la cadence est soutenue, et au fil des pages, les coureurs s’animent pour s’échapper des cases et des bulles pour trotter un moment dans notre esprit. D’une belle richesse de mise en pages et de cadrages, les dessinateurs rendent un bel hommage au petit monde du tour sans oublier de souligner la puissance de la montagne, la difficulté des pavés, le bonheur de la campagne et la délivrance une fois venue l’heure de se frotter à la plus belle avenue du monde. Les couleurs de Karel D’Huyvetter et Patricia Van Espen  parachèvent ce bel ouvrage qui rafraîchit la mémoire, ne joue jamais à l’accordéon et fait la course en tête des ouvrages « officiels » qui ont vraiment quelque chose à raconter. De quoi allumer la mèche et lancer une nouvelle série? Ce n’est pas un pétard mouillé en tout cas!

 

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

(c) Le tour de France, la bd officielle Ocula-Liera-Gerasi TJ Editions

 

Alexis Seny

 

Série: Le Tour de France – Les petites histoires de la Grande Boucle

Tome: 1

Scénario: Didier Ocula

Dessins: Thomas Liera et Sergio Gerasi

Couleurs: Karel D’Huyvetter et Patricia Van Espen

Genre: Sport, Historique, Récits courts

Éditions: TJ Editions (FB)

Collection: Sports Collection

Nbre de pages: 48

Prix: 14,95€



Publié le 13/07/2016.


Source : Bd-best


Nini Zombie, quand la mort marque le début d’une aventure trépidante

Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose : elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie ? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle ?

En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme de celle qui lui a échappé.

 

La première chose qui frappe lorsque l’on se retrouve face à ce roman pour enfants, c’est sans aucun doute cette couverture inspirante qui ouvre déjà la porte sur cette atmosphère mystérieuse planant sur ce livre signé Lisette Morival et remarquablement illustré par Fabrizio Borrini. On a déjà envie de tourner cette première de couverture pour se plonger dans l’histoire de Nini, une jeune fille pas comme les autres prête à vivre une aventure extraordinaire.

 

 

 

 

Dès les premières pages, le décor est planté. On fait la connaissance de Nini, cette adolescente rebelle au style vestimentaire déjà bien affirmé pour son âge. Elle rentre d’un camp de vacances avec sa petite sœur et, découvre avec surprise la disparition de ses parents. S’en suit alors le début d’une étrange aventure qui va la mener aux frontières de la vie jusqu’à finalement la faire basculer de l’autre côté, du côté du néant. Mais c’est bien évidemment sans compter l’intervention du professeur Spirit qui va la ramener à la vie sous forme de zombie.

Au fil de son aventure, Nini rencontre des personnages tous plus originaux les uns que les autres qui, dans le monde sombre qu’elle habite brilleront par leur sympathie. En passant outre leur différence, notre héroïne se découvrira une nouvelle famille, sur qui elle peut compter quoi qu’il arrive ! Vous l’aurez compris, le contexte est peut-être sombre et fantastique, mais c’est un beau message qui sommeille au cœur de ce récit et qui parlera sans nul doute à tous les enfants qui se perdront entre ces pages. On attend la suite avec impatience !

 

Alexis Seny

 

Nini Zombie, Tome 1, Celle qui n’existait plus

De Lisette Morival

Illustré par Fabrizio Borrini

Genre: Jeunesse, Fantastique

Editions Kennes

Nbre de pages: 272

Prix: 12,90€



Publié le 13/07/2016.


Source : Bd-best


Cartier-Bresson, la BD comme pellicule, la liberté comme étendard

Hasard des programmes d’éditeurs, après avoir pénétré dans la courte vie de Robert Capa sous le trait de Florent Silloray chez Casterman, il est venu le temps de rencontrer un autre héros du Huitième Art et grand contemporain de Capa: Henri Cartier-Bresson. Tout en utilisant avec parcimonie et brio les photos de celui qui fut surnommé « L’oeil du siècle », Jean-David Morvan, Séverine Trefouël et Sylvain Savoia livrent un portrait juste et digeste de l’homme… derrière l’objectif, des camps nazis à son exposition outre-Atlantique pas si posthume que ça!

 


Cartier-Bresson Allemagne 1945 - Morvan - Trefouel - Savoia - photographe

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

 

Résumé de l’éditeur: 1945. Les Alliés marchent sur les camps et le monde découvre l’horreur nazie. À Dessau, en Allemagne, une rescapée reconnaît sa délatrice et la gifle. Henri Cartier-Bresson, alors sur place, capture ce geste dans une image qui deviendra emblématique. Avant d’accompagner les Américains dans la Libération, puis, plus tard, de cofonder l’agence Magnum, Henri Cartier-Bresson était déjà un photoreporter majeur du XXe siècle. Fait prisonnier en 1940, il parviendra à s’échapper en 1943 et reviendra témoigner en images avec une précision du geste, une science du moment, un talent du cadrage qui feront de lui, selon les mots de Pierre Assouline, « L’oeil du siècle ».

 

 

Cartier-Bresson Allemagne 1945 - Morvan - Trefouel - Savoia - recherche

 

Recherches de Sylvain Savoia © Savoia

 

 

Deux ans ont passé depuis Omaha Beach, premier tome de la collaboration (du beau mariage) entre Dupuis et Magnum Photo (notons qu’entre-temps, il y a eu le rendez-vous carthagénois entre dessin et photo de Raymond Depardon et Loustal, et on n’a pas changé d’époque, ou pas vraiment. Nous voilà même quelques années avant le Débarquement, la guerre se durcit et fait ses premiers prisonniers. Dans les Vosges, peu avant sa capture, le photographe chevronné depuis huit ans cache son bien le plus précieux,son Leica. Un modèle de base qui a fait de la résistance, au début, mais est devenu le meilleur compagnon d’Henri. En France mais aussi dans d’aventureux Tour du Monde. Pourtant, pendant 5 ans, l’appareil photo restera enfoui sous terre et le reporter n’aura que sa mémoire pour prendre des photos, des souvenirs.

 

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

 

Encore une histoire de guerre. Oui, c’est vrai, encore une. Pourtant, c’est sans compter le savoir-faire et le talent du trio qui a trouvé en Cartier-Bresson le témoin idéal. Jouant le jeu des flash-backs en délicatesse et bien manié, Jean-David Morvan et Séverine Trefouël explorent la première partie de carrière de pionnier de l’Agence Magnum Photos. On est loin de la biographie exhaustive et c’est tant mieux (de toute façon, vu l’oeuvre laissée par Cartier-Bresson, ça nous paraît compliqué).

 

 

Cartier-Bresson Allemagne 1945 - Morvan - Trefouel - Savoia - P.37

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

 

Focalisés sur les années de cette drôle de guerre et plongeant dans les jeunes années d’Henri, les auteurs racontent l’histoire d’une manière toute personnelle et aussi héroïque, au gré des évasions, des scènes cauchemardesques (Oradour-sur-Glane, la martyre), l’évocation des camps de travail, du Stalag, et des combats de la libération parisienne. À travers l’oeil du photographe mais aussi le traitement qu’en font les auteurs, c’est un témoignage personnel mais aussi frais et inédit sur la guerre qui se dévoile.

 

 

Cartier-Bresson Allemagne 1945 - Morvan - Trefouel - Savoia - Leica

 

Illustrations de Sylvain Savoia © Savoia

 

 

Le dessin de Sylvain Savoia apporte une nouvelle pierre à l’édifice historique que construit le dessinateur (après Marzi et tout dernièrement Les esclaves oubliés de Tromelin). Les clins d’oeil aux photos du maître sont discrets, la bande dessinée ne s’est pas laissée phagocytée par la photographie et c’est de cette manière que les deux arts s’unissent le mieux. Montrant l’envers du décor du photographe, Savoia fait une nouvelle fois valoir la finesse et l’élégance de son dessin ainsi que son pouvoir d’évocation et sa rigueur. On sent tout de la quête de liberté qui n’a fait que diriger les pas d’Henri Cartier-Bresson. Et quels regards, s’il vous plaît, entre autres qualités, Sylvain Savoia compte parmi les auteurs de BD qui réussissent les plus beaux regards, insondables, que le Neuvième art ait connu. Et sans doute cela a-t-il toute son importance quand c’est de l’oeil du siècle qu’il s’agit.

 

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

 

Cette collaboration entre Dupuis et l’Agence Magnum-Photos revêt décidément de bien beaux atours. D’autant plus que cette évocation de la vie de Cartier-Bresson s’accompagne d’un dossier compilant photos et textes biographiques concocté par Thomas Tode pour aller plus loin. Qu’on n’aime ou pas la photographie, et je dirais même plus, qu’on aime ou pas la BD, voilà un ouvrage à posséder pour mieux comprendre notre histoire et ne pas oublier d’où l’on vient, et ceux qui ont permis de mieux la comprendre.

 

 

Cartier-Bresson Allemagne 1945 - Morvan - Trefouel - Savoia - P.39

 

Magnum Photos par Morvan Trefouël Savoia © Dupuis 2016

 

PS1: Pour le reste de la carrière très longue de Cartier-Bresson, on ne peut s’empêcher de vous passer cette chanson de Delpech écrite par Murat et chantée ici par lui.

 

PS2: Il ne faudra pas deux ans, pour attendre le troisième one-shot de cette collection puisque qu’il est d’ores et déjà prévu et abordera cette fois un contexte et des lieux totalement différents mais tout aussi bouleversants. Ainsi 15 ans plus tard, c’est le travail de Steven McCurry en première ligne de la tragédie du World Trade Center qui sera raconté toujours par Jean-David Morvan et la pépite coréenne, qui n’en finit plus de faire sensation (notamment par ses live vidéos sur Facebook), Jung Gi Kim.

 

Alexis Seny

 

Titre: Cartier-Bresson, Allemagne 1945

Récit Complet

Scénario: Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël

Dessin: Sylvain Savoia

Noir, blanc et nuance de gris

Dossier: Thomas Tode

Genre: Documentaire, Biographique, Guerre

Éditeur: Dupuis

Collection: Aire Libre/Magnum Photos

Nbre de pages: 144

Prix: 22€



Publié le 09/07/2016.


Source : Bd-best


La Maison: Paco Roca à la reconquête de l’aventure d’une vie

Des murs, des fenêtres, un jardin aux recoins secrets. La vie s’y installe et le bâtiment devient maison. On la remplit avec des caisses, on y fait quelques transformations et l’avenir nous appartient comme les souvenirs qui vont se nouer telle des lianes au cocon familial? Une maison c’est l’aventure d’une vie, ou du moins d’une partie de vie; un personnage à part entière dont il peut être bien difficile de faire le deuil, malgré les apparences qu’on voudrait se donner. Comme le montre le très joli récit de l’Espagnol Paco Roca, à lire en prenant le temps de l’été, pourquoi pas.

 


La Maison - Paco Roca - Terrasse

 

 

Résumé de l’éditeur: Quand un être cher disparaît, la dispersion des objets qu’il a rassemblés sa vie durant donne le sentiment d’une seconde mort. Mais l’émotion est plus troublante encore lorsque ce décor était aussi celui de votre enfance. Un an après le décès de leur père, deux frères et leur soeur reviennent dans la maison de leur enfance pour en organiser la vente. Mais chacune des vieilleries qu’ils jettent réveille une part enfouie de leur mémoire. La crainte que les souvenirs de cette vie passée au côté de leur père s’évanouissent au fur et à mesure que la poubelle se remplit les engage dans un échange empreint de nostalgie.

 

 

La Maison - Paco Roca - Poubelle

 

 

Une porte qui se referme lentement, une clé qui tourne. L’homme qui part ne le sait pas encore mais sa maison ne verra pas le jour et l’air frais et vivifiant avant longtemps, un siècle, une éternité, un an. Le patriarche est mort, reste un vieux voisin qui regarde le jardin (secret) s’enliser dans le liseron, les ronces et le manque d’amour. La vie est ainsi faite et l’heure de votre départ n’est jamais prévue à l’avance. Reste la succession des vivants.

 

 

La Maison - Paco Roca - ancrage La Maison - Paco Roca - Saison - case finale

 

 

Et les vivants, un an plus tard, c’est peu dire qu’ils ne font pas grand cas de cette maison abandonnée, qui sent la poussière et le renfermé. On la vendra après l’avoir remise en état. Facile à dire mais pas si évident à faire. Et quand la nostalgie s’invite, que les souvenirs rejaillissent, voilà que l’ultra-occupé José prend le temps de la redécouverte et de l’attachement aux pans de son enfance. II s’émerveille sur ce lopin de terre qui lui a donné ses premiers frissons d’homme capable d’aider son papa. Cette maison, et s’il la gardait? Encore faut-il convaincre les autres membres de la famille.

 

 

La Maison - Paco Roca - Arbre genealogique

 

 

Le reste peut-être que Bénabar nous l’apprendra.

 

En attendant de voir ce qu’il en est vraiment de cette maison à la campagne, Paco Roca livre une jolie parabole sur la vie, à la fois lourde et légère. Le format à l’italienne prolonge le plaisir de lecture tandis que le trait rappelle un peu celui de Guy Delisle. Y compris dans les couleurs, un peu plates, vieillies, qui tranchent avec ce que promettait la couverture et engourdissent ce récit du quotidien dans le terne, parfois. C’est dommage mais c’est loin d’être essentiel car, entre hier, aujourd’hui et demain, Paco Roca force la parenthèse bénéfique et nous invite à regarder autrement ce qui fait notre « chez nous ». Un livre à lire, à vivre, une fois dans son existence.

 

Alexis Seny

Titre: La Maison

Récit Complet

Scénario, dessin et couleurs: Paco Roca

Traduction: Jean-Michel Boschet

Genre: Drame familial, Chronique, Fiction autobiographique

Éditeur: Delcourt

Collection: Mirages

Nbre de pages: 128

Prix: 16,95€

 

 



Publié le 08/07/2016.


Source : Bd-best


Teddy Riner, le ténor des tatamis devient héros sur les planches de BD

Il y a quelques années, qui aurait parié qu’un judoka deviendrait héros de BD? L’idée aurait sans doute fait sourire, mais on vous aurait ri au nez. Pourtant le temps aidant, l’industrie culturelle (que ce soit au cinéma ou en bande dessinée) a commencé à tourner en rond, cherchant désormais de nouveau héros non plus dans la fiction mais dans la vie réelle. Ainsi la bande dessinée s’est diversifiée entre reportages, documentaires, biopics et autre fiction s’implantant dans des faits véridiques.

Et le domaine sportif n’a bien sûr pas été épargné. Le foot (bien sûr) et le vélo en tête. Preuve en est, encore cette année, l’Euro a été accompagné de parutions de toutes sortes, à commencer par la bd officielle, puis les Diablitos, l’équipe de France ou l’inévitable Zlatan. Puis, le Tour n’est pas en reste, entre la bande dessinée officielle, les Vélomaniacs et autres as de la pédale. Aussi, on ne compte plus les séries développées par Bamboo, du VTT à la pétanque sans oublier le tennis. Avec quelques biopics par-ci (comme Ali, par exemple), par-là, le compte y serait presque. Mais voilà que chez Dargaud, surgit Teddy Riner bien décidé de mettre un ippon à tout le petit monde de la BD.

 

 

(c) Dargaud - Beka - Jikkô -  Les aventures de Teddy Riner

 

(c) Dargaud – Beka – Jikkô – Les aventures de Teddy Riner

 

 

Résumé de l’éditeur: Coaché par Maître Otapi, Teddy s’entraîne dur aux côtés de Fleur et Loup, deux jeunes judokas du Pôle Espoir. De son côté, son plus grand adversaire, le terrible Ivan, est prêt à tout pour trouver le point faible de Teddy. C’est dans cette ambiance survoltée, que Maître Otapi propose un nouveau défi à ses élèves : affronter la célèbre et mystérieuse « Colère du dragon » ! Mais pour cela, Teddy, Fleur et Loup vont devoir se rendre au Japon…

 

 

(c) Dargaud - Beka - Jikkô -  Les aventures de Teddy Riner

 

(c) Dargaud – Beka – Jikkô – Les aventures de Teddy Riner

 

 

Bon, c’est vrai, ce n’est pas la première fois que Teddy Riner apparaît dans une bande dessinée, d’autant plus chez Dargaud. Déjà en 2012, dans Objectif or, Big Tedd partageait les souvenirs de sa (jeune) carrière de judoka à l’approche des Jeux Olympiques. Dans Les aventures de Teddy Riner, la démarche est toute autre et le ténor du tatami se retrouve aux prises avec un ennemi qu’il n’a jamais rencontré encore… la fiction.

 


(c) Dargaud - Beka - Jikkô -  Les aventures de Teddy Riner

 

(c) Dargaud – Beka – Jikkô – Les aventures de Teddy Riner

 

 

Ainsi, le tandem Béka expérimenté dans le domaine du sport en cases et en bulles (Les Rugbymen, Studio Danse ou encore Les Foot Maniac) emmène le personnage de Teddy Riner et son aura, surtout, dans une odyssée qui nous rappelle un peu les histoires qu’un autre amateur d’arts martiaux vivaient dans une série animée: Jackie Chan! C’était il y a 16 ans. Mais le principe (pas celui de Maître Jigoro Kano, le fondateur du judo, hein) n’a pas changé et voilà qu’on a dégoté à Teddy un coach moustachu et à cheval sur les principes (de Maître Jigoro Kano, cette fois), deux loupiots qui ont du mordant (Fleur et Loup), un ennemi aussi dangereux que tapi dans l’ombre et un sous-fifre pas forcément futé (et qui nous fait penser à l’un des deux affreux des séries « Il était une fois… la vie« ). Sans oublier, la mystérieuse Colère du Dragon à laquelle tout ce petit monde va être confronté.

 

 

(c) Dargaud - Beka - Jikkô -  Les aventures de Teddy Riner

 

(c) Dargaud – Beka – Jikkô – Les aventures de Teddy Riner

 

 

Bon, on ne va pas se mentir, Les aventures de Teddy Riner est avant tout un produit destiné à surfer sur la popularité du colosse français (avant de surfer les vagues brésiliennes, mais ça, ce sera pour le deuxième tome en octobre). Mais une fois passé ce constat, force est de constater que l’ouvrage concocté par Beka et par Jikkô (dont c’est la première bande dessinée, plutôt encourageante d’ailleurs) rempli son contrat en emmenant un Teddy, certes loin des tatamis, dans un divertissement fort en autodérision qu’apprécieront sans doute les enfants et les bédéphiles, à défaut des puristes du judogi, quoique… rien n’est moins sûr, tant ce champion d’homme qu’est Teddy Riner reste très attachant, une fois passé par le prisme du 9ème Art.

 

 

(c) Jikkô

 

(c) Jikkô

 

 

Humour, bravoure et quelques chutes bien senties sont au menu de cet univers entre bd et manga qui, ma foi, demeure fort sympathique, donne la banane, évite le côté bébête de pas mal de productions BD’s courant les terrains de sport et, en plus, révèle le talent de Jikkô. Que demander de plus? Bon, allez, en attendant le prochain cours, vous nous aidez à ranger le tapis?

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Teddy Riner

Tome: 1 – La colère du dragon

Scénario: BeKa

Dessin: Jikkô

Couleurs: Maëla Cosson

Genre: Sport, Humour, Aventure

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48

Prix: 9,99€

Date de sortie: le 20/05/2016

 

 



Publié le 07/07/2016.


Source : Bd-best


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