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Le monde d’après, l’humanité fracassée par la vengeance de Mère Nature!

Un an et demi plus tard, nous revoilà propulsé dans ce monde perdu, anéanti, totalement revenu à l’état sauvage (à un point tel que Mad Max prendrait ses jambes à son cou et que les tueurs de Walking Dead auraient sérieusement le cafard, si si) rêvé par Jean-Christophe Chauzy. Après un premier acte qui faisait tourner en bourrique les cartographes en réinventant de manière dantesque la physionomie du monde tel que nous le connaissons et en réinventant ses dangers. Dans l’ère du chacun pour soi, comment survivriez-vous?

Résumé de l’éditeur: Le désastre semble avoir tout balayé. Seul subsiste pour Marie et ses jeunes protégés l’espoir de rejoindre la civilisation.

 

 

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

La montagne s’est levée comme un golem, renversant toutes les certitudes de l’humanité et la ramenant à ses instincts les plus vils et primitifs, quand la survie n’est plus un luxe mais une tare. Selon la volonté de Jean-Christophe Chauzy (il nous l’avait confié en interview), les secours ne sont pas arrivés et les policiers, seuls garant du désordre, trop déboussolés ont été une durite. Non, résolument, dans ce monde anéanti, où les télécoms se sont tues (à jamais?), on ne graille que le fruit de son état de chasseur-cueilleur, ou au mieux de la ruse.

 


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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

Car, plus que jamais, ici, dans ce paysage désolé où Mère Nature a fait table rase des symboles d’une prospérité galopante (TGV à la casse et Alstom démembré à l’appui), a priori pas si loin de Port-Vendres, l’homme est un loup pour l’homme. Et on vous laisse deviner ce que deviennent les chiens retrouvant la force de la meute. Décidément, Marie et ses trois garçons ne seront en sécurité nulle part, y compris dans l’illusion qu’ils veulent se donner que rien n’a changé et que la normalité n’est pas si loin.

 

 

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

Toujours aussi désarçonnant et désespéré, Christophe Chauzy continue son travail de sape. Multipliant les images fortes et terrifiantes (alors que son trait est sublime), l’auteur fait son The Road à lui sans rien devoir à Cormac McCarthy. Les idées sont bonnes, ce fatras humain et ferailleux emmêlés, ce désert de bateaux ivres morts à faire pâlir la mer d’Aral, hallucinations poussées par la fatigue… Et cette illumination vivifiante qui s’éteint dans le regard de nos héros malgré eux.

 

 

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

 

 

Aussi haletant qu’anxiogène, Le monde d’après se termine, comme ces montagnes tranchantes, de manière abrupte en nous laissant, à l’instar des survivants, en proie au doute et aux questionnements. Et si on ne sait si l’aventure se termine là, ni même pourquoi la Terre a tremblé, ou s’il y aura une suite (pas de mot « à suivre » en tout cas, au contraire du premier tome), dans ce brouhaha émerge la sempiternelle question: « Et nous, qu’aurions-nous fait? ». Il y a matière à cauchemar mais ce livre-là est imparable, d’autant plus qu’il est réfléchi et étudié.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le monde d’après

Tome: 2

Scénario, dessin et couleurs: Jean-Christophe Chauzy

Genre: Catastrophe, Anticipation, Survival

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 112

Prix: 18€



Publié le 19/10/2016.


Source : Bd-best


Ninn de Darlot et Pilet: un tigre et des démons, l’aventure fantastique au prochain métro

Si on trouve bien un roi lion derrière le petit écran et que le monde de Narnia est à portée d’armoire, que des éléphants dans un magasin de porcelaine sont devenus expressions courantes, pourquoi ne trouverait-on pas un tigre féroce et des milliers de papillons dans le microcosme donné par le métro parisien. Après tout, métro, ça rime avec zoo et tant qu’à faire le rapprochement, Jean-Michel Darlot et Johan Pilet ne sont pas à court d’idées. Ça s’appelle Ninn, le deuxième tome vient de sortir, c’est fantastique avec des pointes de réalisme, effrayant mais convenant aux enfants. On en parle.

 


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Résumé de l’éditeur: Ninn fut découverte tout bébé dans le métro parisien par deux ouvriers effectuant des réparations sur les voies. Aujourd’hui, Ninn a onze ans et le métro est son univers. Elle en connaît le moindre recoin et s’y sent comme chez elle. Mais en dépit de sa joie de vivre, Ninn se pose mille questions. D’où vient-elle ? Quels sont ces souvenirs lointains et incompréhensibles qui hantent ses nuits, elle qui n’a jamais mis le pied hors de Paris ? Pourquoi voit-elle, depuis peu, des essaims de papillons parcourir les galeries, invisibles aux yeux de tous sauf aux siens ? Toutes ces questions la taraudent, d’autant qu’une sourde menace la traque sans répit…

 

 

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Ninn, malgré des origines à la Harry Potter, vit dans un monde sans beaucoup de magie. Pas de voie 9 3/4 dans son métro, tout juste une station Moloch, et Ninn a bien de la peine à convaincre ses amis de toute la magie de ces rames taguées et souillées de partout. Pourtant, dans cette ambiance, ces visages anonymes, ce microcosme insolite, il y a bien de quoi faire une élocution. Pourtant, alors que se multiplient les avertissements étranges et qu’un chasseur de papillon fait son apparition avec, pourtant, un filet bien trop petit pour arrêter les métros lancés à vitesse grand v; Ninn comprend peu à peu qu’elle a un rôle à jouer dans un monde jusque-là insoupçonné. Bien sûr, tout ça n’est pas sans danger. Heureusement, dans sa quête, elle pourra compter sur un tigre… de papier, origami vivifié. Un allié qui ne sera pas de trop.

 

 

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C’est vrai, dans les premières planches, nous ne sommes pas vraiment en territoire inconnu et quelques références nous rappellent quelques grands succès ramenés au gout du jour par le cinéma. Pas de quoi crier au scandale, cependant, car les deux auteurs s’en dégagent assez vite pour mettre leur patte (de tigre) et créer leur propre monde, bien en écho au monde d’aujourd’hui. Des animaux en voie de disparition, des monstres (n’ayant rien à envier aux détraqueurs) en voie d’apparition, d’une décharge-dépotoir à de grands lointains vierges (quoique…) qui laissent rêveurs.

 

 

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Et dans tout ça, il y a Ninn, cette petite fille qui ne manque pas de courage ni de verve et dans laquelle n’importe quel ado pourra se retrouver et se projeter. C’est l’une des forces de Darlot et Pilet, écrire et dessiner une histoire qui tend vers le fantastique mais qui reste aussi universelle de par les thèmes qu’elle aborde. Avec, de surcroît, une originalité et tous les pouvoirs confiés au fantasme et aux rêves. Et quand on voit, le dessin de Johan Pilet, on se dit que tout est possible, c’est mieux que du cinéma et ça séduit autant les grands que le petit. Et si les deux tomes semblent bel et bien se tenir en un diptyque, Darlot et Pilet sont bien loin d’avoir exploré les moindres recoins de cet univers qui pourrait bien être tentaculaire et en expansion. En attendant, ne boudons pas notre plaisir, la petite Ninn et les fabuleux personnages qui gravitent autour d’elle méritent d’être adoptés!

 

Alexis Seny

 

Série: Ninn

Tome: 2 – Les grands lointains

Scénario: Jean-Michel Darlot

Dessin: Johan Pilet

Couleurs: Mathieu Barthélémy

Genre: Fantastique, Aventure

Éditeur: Kennes Éditions

Nbre de pages: 64



Publié le 19/10/2016.


Source : Bd-best


Comanche 1 : Red Dust ; 2 : Les guerriers du désespoir ; 3 : Les loups du Wyoming, rééditions réussies

« - Tu en sais, des choses, rouquin. Les gars qui viennent de la ville ne sont pas les bienvenus au Triple six… On t’a dit ça aussi ? »

            « - J’expliquerai à Comanche. »

            « - Elle técoute, Comanche ! Et garde tes doigts loin de ces crosses de professionnel, Dust ! (…) Où est ton cheval, cow-boy ? Je ne l’ai vu nulle part… »

            « - Il ne m’en reste que la selle, là… Je suis arrivé à Greenstone Falls par la diligence, Comanche. C’est me cocher, Sid Bullock, qui m’a raconté ton histoire. Je sais qu’on veut te déloger d’ici… »

 

            C’est ainsi que se rencontrèrent Comanche et Red Dust. Ce premier album portant le nom du cow-boy solitaire, qui n’est pas Lucky Luke mais Red Dust, est une suite d’histoires courtes ayant servi à lancer la série dans l’hebdomadaire bruxellois. Il raconte l’arrivée du rouquin au Wyoming dans le ranch tenu par la jeune propriétaire des lieux. Il décidera de s’y installer pour aider la demoiselle à lutter contre de vénaux personnages malintentionnés. Greg y introduit déjà quelques figures qui feront l’ADN de la série : outre le vieux Ten Gallons, acolyte de Comanche, apparaissent les fidèles Toby Face Sombre (allez appeler un personnage ainsi de nos jours) et le fougueux Clem cheveux fous.

Les guerriers du désespoir est également un recueil de courts récits liées à une tribu cheyenne affamée pour laquelle Comanche servira de médiateur avec les colons. Cet opus marque l’apparition de Tâche de Lune, un indien qui a décidé que ses armes ne lui serviront plus qu’à chasser.

            Les loups du Wyoming symbolise le véritable décollage de la série. Une bande de voleurs, frères à la Dalton, tente de dérober l’argent de l’union des éleveurs. La diligence de Sid Bullock est assiégée par les malfrats mais le magot n’était pas là où ils pensaient qu’il se trouvait….

 

 

 

 

 

 

            Prépubliés dans le journal Tintin dès 1969, et édités en albums en 1972, 1973 et 1974, les trois premiers titres de Comanche se retrouvent sur le devant de la scène. Est-ce dû au grand prix d’Angoulême obtenu par Hermann ? En tout cas, l’initiative n’est que justice pour un des plus importants westerns de l’histoire de la bande dessinée.

            « De toute façon, après Giraud, on ne peut plus faire de westerns ! » proclamait Goscinny. Il n’en fallait pas plus pour piquer au vif l’ego de Greg qui n’en attendait pas moins pour lancer une série de ce type dans Tintin où, hormis quelques histoires signées Liliane et Fred Funcken, il n’y en avait pas.

Comanche est un western qui sent bon les sabots des chevaux et la terre labourée. Greg disait : « Il y a deux sortes de westerns : ceux qui se passent à l’armée et ceux qui se passent dans un ranch. ». C’est ainsi qu’il choisit de créer Comanche dans la seconde catégorie. Evidemment, la série est pétrie d’influences cinématographiques. On voit que Greg a été nourri par le thème dans les cinémas de quartier, jusqu’à la dernière séance. Il ne manquerait plus qu’Eddy Mitchell pour lancer chacune des histoires du ranch Triple Six. A propos de ce nom, Greg se détache de toute connotation ésotérique, 666 étant le chiffre du diable. Il avait simplement vu des 66 sur des fesses de vaches.

 

            Hermann a gagné ses galons d’auteur indispensable en BD avec la série Comanche qui lui servira de béquille, pour une fois bien installée, pouvoir se lancer en solo dans l’aventure risquée Jérémiah.

            Pour l’occasion de cette réédition, le sanglier ardennais a rehaussé les couleurs et revu les couvertures. Certaines ont été complètement redessinées, d’autres sont revenues aux origines, utilisant des couvertures réalisées pour le journal Tintin. Dans chacune des images ci-dessous, on peut comparer les anciennes (à gauche) et les nouvelles (à droite).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            « De toute façon, après Giraud, on ne peut plus faire de westerns ! » T’as qu’à croire !

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Comanche

Tomes : 1 : Red Dust ; 2 : Les guerriers du désespoir ; 3 : Les loups du Wyoming

Genre : Western

Scénario : Greg

Dessin & Couleurs : Hermann

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 9,99 €

ISBN : 1 : 9782803670499 – 2 : 9782803670482 – 3 : 9782803670475



Publié le 17/10/2016.


Source : Bd-best


Amazonie tome 1 : La Photo

1949. Un photographe arrive à un dispensaire dans la jungle amazonienne. Il meurt en parlant de son appareil photo et laisse un message. Le révérend du dispensaire fait développer la photo. Ce qu’il y voit le choque profondément. Il montre la photo à son ami Graham, consul d’Angleterre au Brésil qui l’envoie aux services secrets britanniques. Sir Charles demande à Kathy Austin de venir le rejoindre en tant qu’experte du surnaturel en Namibie et au Kenya. Elle accepte de repartir. Sur le cliché, on voit cinq indiens et une créature au corps bizarre et au crâne énorme. Kathy pense que cela pourrait être un extra-terrestre. Un double de la photo arrive chez une secte germanique qui use de moyens destructeurs…

 

 

 

 

Un graphisme efficace

Après Kenya et Namibia, les scénaristes Rodolphe et Léo proposent à Kathy Austin un nouveau cycle d’histoires surnaturelles. Ce n’est plus en Afrique, mais dans un même pays au même climat avec un peuple menaçant : l’Amazonie. Les ingrédients sont les mêmes, mais le lecteur se fait accrocher comme dans les cycles précédents. Il ne voit la photo que très tard dans l’histoire. Et à ce moment tout le monde est fasciné : Kathy, les nazis et le consul. Tous veulent savoir qui est cette créature, imaginant son caractère surnaturel. Le dessinateur Bertrand Marchal excelle dans le style Léo. Tout est rythmé. Les plans et les cadres sont percutants.

On n’attendait pas moins d’une telle équipe…

Jean Jacobs

 

Album : Amazonie

Titre : Episode 1

Scénario: Rodolphe, Léo

Dessin: Bertrand Marchal

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48

Prix: 11, 99 €



Publié le 14/10/2016.


Source : Bd-best


Coup de coeur : Le chat qui n’aimait pas les croquettes, les tribulations d'un matou

Un chat ordinaire (pour sa propriétaire), un peu gras, s'échappe la nuit pour chercher son menu préféré : de la viande ! Il déteste les croquettes, qui sont son ordinaire à la maison. Il est prêt à tout pour assouvir son appétit. Cela l'entraîne dans des aventures étonnantes, absurdes, tragi-comiques et totalement insoupçonnées de sa propriétaire.

Une vie de chat

Pouvez-vous un instant imaginer les rencontres effectuées par votre chat lors de ses sorties nocturnes ? C’est le trip qu’Odrade (dessinatrice et scénariste) vous propose de vivre dans un album disponible en EBOOK sur le site SANDAWE.COM (la parution de la version papier étant prévue pour le 01 décembre 2016).

 

 

Seule une amoureuse des chats pouvait nous faire vivre un tel voyage. Partagé en plusieurs récits animaliers, on suit les tribulations de notre matou qui n’aime pas les croquettes au profit de la viande rouge. Lors des virées effectuées par notre matou, celui-ci n’hésitera jamais à échanger ses maudites croquettes avec les divers animaux croisés.

 

 

 

Le fait le plus inattendu de cet album est sa conception effectuée à partir de papier noir et complètement dessiné au crayon blanc. Idée de génie exploitée par sa conceptrice, cette bande dessinée surprendra plus d’une personne et sera le cadeau idéal pour l’ensemble des amoureux des chats.

 

https://youtu.be/jvcUfavxC8I

 

Alain Haubruge

 

Album : Le chat qui n’aimait pas les croquettes

Titre : Nuits blanches

Scénario:  Odrade

Dessin:  Odrade

Éditeur: Sandawe

Nbre de pages: 48

Prix: 12,90 €



Publié le 14/10/2016.


Source : Bd-best


Vértigo: un labyrinthe tatoué dans la violence des rues d’Amérique Latine

Après nous avoir emmené dans un voyage autour du monde des tatouages avec sa petite bédéthèque, Le Lombard en remet une couche (d’encre) avec le on-shot Vértigo de Nathalie Sergeef et Bufi. Et si l’encre se répand sur l’épiderme, le sang qui gicle n’est jamais très loin. Bienvenue en Amérique Latine, entre le Venezuela, le Salvador et le Guatemala, et les gangs locaux compte bien vous dépayser… à leur manière pas franchement cordiale.

 


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Résumé de l’éditeur: Dans l’univers brutal et cruel des maras, gangs d’Amérique latine, la violence, la souffrance et le crime meurtrissent les chairs et s’affichent sur les corps tatoués. La mort est la seule porte de sortie autorisée. Initié et intégré à une mara du Salvador à l’âge de treize ans, Samuel Santos s’en échappe quelques années plus tard, en payant un prix plus élevé que celui de sa propre vie. Aujourd’hui, de Caracas, lieu de sa rédemption, Samuel doit saisir l’unique chance de retrouver une partie de lui-même, qui lui a été arrachée quatorze ans auparavant. Pourra-t-il enfin écrire son futur par-dessus les tatouages de son passé ?

 

 

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Du haut de son building, la vue est vertigineuse et Samuel Santos peut se dire qu’il a réussi. Réussi, comme cette nouvelle opération fructueuse dans laquelle l’évocat a réussi à dégager la responsabilité de son client pour mieux faire arrêter un colonel pourri. Samuel est un homme respectable. Pourtant, sous sa chemise blanche, d’autres marques de respect, d’une vie intérieure, marquent son corps à jamais. Un tatouage, ça ne s’oublie pas, aussi vrai que du toit de cet immeuble à la rue hantée par la violence, il n’y a qu’un pas. Un tatouage, à un rien près, à un chiffre près, ça change une existence et ça vous place dans un camp.

 

 

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Pourtant, dans son building bien protégé, cette forteresse inaccessible, Samuel est incomplet. Et un coup de fil attendu depuis des années vient le sortir de sa torpeur et remettre la machine infernale et incontrôlable en route. Est venu le temps de tomber la chemise, d’exhiber les tatous et, par dessus tout, de terminer ce qui a été commencé pour mieux retrouver ce qui a été perdu. Pourtant, on ne revient pas dans le royaume de la mort aussi facilement.

 

 

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Dosant les efforts et maniant judicieusement les flashbacks, Sergeef et Bufi signent une incursion divertissante et haletante dans l’enfer des hommes. On passe par la case prison, on se perd dans les labyrinthes tatoués qui ornent les vrais gueules de ces truands guère sympathiques et l’histoire se développe de manière classique mais résolument efficace. Et pour ceux qui ne connaissaient pas encore Ennio Bufi, la rencontre est sans issue: voilà un dessinateur sur qui il va falloir compter!

 

Alexis Seny

 

Titre: Vértigo

Histoire complète

Scénario: Nathalie Sergeef

Dessin: Ennio Bufi

Couleurs: Manuel A. Puppo et Arancia Studio

Genre: Thriller, Action

Éditeur: Le Lombard

Collection: Troisième Vague

Nbre de pages: 80

Prix: 14,99€



Publié le 14/10/2016.


Source : Bd-best


Les trois fantômes de Tesla 1 :

   « - Le 13ème étage ! Mais c’est là que le diable a élu domicile ! »

            « - Ouias, déjà, rien que le chiffre… Et pis il est vraiment flippant, ce vieux… »

            « - C’est celui du fond à droite de l’escalier ? Celui qui râle derrière sa porte ? »

            « - Quoi ?! Tu lui as déjà parlé ? Mais c’est comme si t’avais la marque, mec ! Il a déjà ton âme dans son viseur, c’est certain… »

 

            1942 : Travis vient d’emménager avec sa mère à Manhattan. Mais son voisin est bien mystérieux. Et lorsqu’un soir le jeune garçon va le prendre en filature, il va mettre le doigt dans un engrenage dont il ne sortira pas. Par ailleurs, le physicien Nikola Tesla, spécialisé dans l’électricité, a disparu. Où est-il passé ? En pleine guerre mondiale, ses avancées pourraient servir des forces ennemies.

 

            Guilhem va enfin connaître le grand succès qu’il mérite. Dessinateur étant passé par des styles proches de Dany, puis Mourier, il s’affranchit de ses influences pour se mettre au service de l’histoire steampunk-julesvernienne. Un tout petit bémol : trop de cases à fonds perdus pourrait tuer les cases à fonds perdus. Paradoxalement, cela offre des décors somptueux, des ciels nocturnes ahurissants, des fonds aquatiques envoûtants.

 

 

 

 

 

 

            Marazano commence à être un vieux routard du scénario depuis le temps qu’il bourlingue dans le métier, par tous les temps, par toutes les modes. Sans faire de bruit, il devient une valeur sûre à laquelle un éditeur peut faire confiance.

 

            Le site http://www.lelombard.com/3fantomesdetesla/index.html promeut et complète l’album. Outre une bande annonce digne d’un blockbuster américain, on peut y lire des articles d’époque ! Le scénariste les définit ainsi : « Aussi incroyable que cela puisse paraître, Guilhem et moi sommes entrés en possession de documents secrets datant de la seconde Guerre Mondiale. Un ami scénariste, aujourd’hui décédé, nous a confié une enveloppe qu’il détenait d’un dessinateur new-yorkais de l’époque, à n’ouvrir qu’à la mort de ce dernier. L'enveloppe contenait une clé, celle d'un casier de la Grand Central Station, à New York, qui n’avait pas été ouvert depuis 1944 ! À l’intérieur se trouvait une valise bourrée de documents… Voici, pour la première fois dévoilés au grand public, les Tesla Papers. » Mythe ou réalité ? Le lecteur est amené sur des chemins de traverse à la frontière des mondes, un peu comme le fait Eric Corbeyran et son « Contact and Inducement » du chant des Stryges (même si les deux séries n’ont aucun point commun).

 

            Le Lombard ne s’y est pas trompé et fait, pour le lancement de cette série, un travail éditorial exemplaire, une mise en avant comme tout album en rêverait. Mais le lecteur n’est pas pris au piège. La série le mérite amplement.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Les trois fantômes de Tesla

Tome : 1 – Le mystère Chtokavien

Genre : Aventure

Scénario & Couleurs : Marazano

Dessin : Guilhem

Couleurs : Leonardo

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782803636198



Publié le 12/10/2016.


Source : Bd-best


Et soudain surgit face au vent le vrai héros de tous les temps ou… le grand méchant des temps modernes?

Après un premier tome étonnant à plus d’un titre, Bob Morane, l’aventurier qui s’est vendu aux gouvernements nigérians et français, revient pour un deuxième tour, aux portes du village qui n’existaient pas. Et Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand trouvent là un terrain de choix pour faire évoluer le héros d’Henri Vernes sans le dénaturer mais en le faisant entrer de plain-pied dans une drôle de modernité et en l’y… perdant un peu.

 


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Résumé de l’éditeur: Nigeria, 2022. En enquêtant sur l’assassinat du Président français, Bob Morane a découvert Zamosho, une ville futuriste en plein coeur de la jungle du Nigeria. C’est un énigmatique Mongol du nom de M. Ming qui règne en maître sur la cité. Les deux hommes se jaugent rapidement : ils seront ennemis. Et leur affrontement fera trembler le monde.

 

 

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L’important, c’est l’esprit et les auteurs l’ont bien compris même s’ils s’en affranchissent un peu pour donner une autre épaisseur plus noire au héros sexagénaire. En 2022, voilà que l’aventurier est devenu vendeur de casques neuro-technologies visant à éduquer à la vitesse « VV prime » les écoliers nigérians. Un beau projet si ce n’est les enjeux qu’il sous-tend. Des enjeux qui ont causé la mort du Président Français tandis que Morane s’engouffrait dans le piège tendu à Zamosho où l’attend celui qui risque bien devenir son ennemi intime.

 

 

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La couverture de l’édition deluxe à paraître chez Khani. (c) Dimitri Armand

 

 

Et qui dit ennemi pense tout de suite à l’Ombre Jaune. Pourtant, les deux scénaristes ont pris soin de retourner le problème. Dès les dernières pages du premier tome. Pas besoin de couverture ni de nom de code terrifiant, Monsieur Ming avance à visage découvert. Et si on doit lui reconnaître des procédés… expéditifs, on ne voit pas (encore) en lui ce grand méchant passé à la postérité. Ses actions sont guidées dans un but assez louable.

 

 

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(c) Dimitri Armand

 

 

Pire encore, on ne reconnaît pas non plus en Bob Morane, malgré quelques fulgurances héroïques, ce héros qu’on a pris l’habitude d’aimer et qui est entré dans le moule, par idéaux et humanisme mais aussi par une naïveté à toute épreuve. Notre héros a prêté le flanc à la manipulation et le visage à une magouille qui le dépasse. C’est le mot, notre héros si ténébreux, si risque-tout, est dépassé dans un monde où tout se monnaie désormais. À commencer par le silence et la paix qui ne risquent pas de venir s’opposer au pillage du pays. Bob ne se bat plus contre les chacals, il est parmi eux, malgré lui.

 

 

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(c) Dimitri Armand

 

 

Rivalisant des faux-semblants et de quelques scènes d’horreurs quotidiennes, le trio d’auteurs poursuit la renaissance d’un fameux héros en le façonnant d’abord par ses défauts et ses failles? En en faisant une sorte d’ennemi public n°1. Bill Ballantine n’est pas loin, emmêlé dans une nouvelle crise russo-ukrainienne. Y’a pas à de dire, même en 2022, Morane et sa troupe (les femmes sont bien représentées elles aussi) sont plus que jamais de notre monde. La reprise est brillante, soufflant la poussière (celle qui s’agglutine parfois sur nos piles de vieux Marabout) et continuant de renouveler le mythe. Et ça ne fait que commencer!

 

Alexis Seny

 

Série: Bob Morane Renaissance 

Tome: 2 – Le village qui n’existait pas

D’après l’oeuvre d’Henri Vernes

Scénario: Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray

Dessin: Dimitri Armand

Couleurs: Hugo Facio

Genre: Aventure, Science-fiction

Éditeur: Le Lombard

Nbre de pages: 56

Prix: 14€



Publié le 11/10/2016.


Source : Bd-best


Vous nourrissez le rêve américain, vous êtes sûr?

Dans la multitude de bandes dessinées parues en cette rentrée une nouvelle fois prolifique (un peu trop que pour suivre le rythme?), nous vous avons déniché trois albums qui parlent de la rude Amérique, chacun à leur façon, avec de la sueur, des larmes, des coups durs et une irrésistible bataille pour que la vie survive. Des ouvrages fracassants, touchants, remuants. À vous de choisir les qualificatifs, mais ils ne vous laisseront pas indifférents! Winter Road de Jeff Lemire,  La Loterie de Miles Hyman et Le marathon de New York à la petite semelle.

Winter Road, pour une poignée de coups de barre

C’est l’automne mais mieux vaut, tel la fourmi, se préparer à l’hiver pour ne pas être surpris. Préparez les doudounes, Jeff Lemire se charge du reste dans le rude hiver canadien qui forge les caractères et l’humanité. Ou peut-être est-ce l’inhumanité? Un mix des deux assurément. Et dans ce désert de neige et de glace où le divertissement est porté par les hockeyeurs, Derek préfère les punching-balls, encore plus quand ils sont humains, même s’il tente peu à peu de chasser sa violence intérieure. Ce bouillonnement que lui seul pourrait enrayer. Sa soeur ne vaut pas mieux que lui, junkie, sdf… Ces deux êtres triturés par un sort qui ne fait pas de cadeaux arriveront-ils à se donner une autre chance? La bonne?

 


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Résumé de l’éditeur: Pimitamon, petite ville canadienne au nord de l’Ontario. Derek, ancien joueur de hockey sur glace, vit là entre dépression, alcoolisme et bagarres. Sa vie s’est brisée quelques années auparavant quand un brutal incident l’a contraint à arrêter net sa carrière. Pour gagner sa vie, il a repris le restaurant de sa mère, décédée. Il n’attend plus rien des jours qui passent jusqu’à ce que sa sœur lui revienne, fuyant la violence conjugale, la drogue et la vie de misère dans les rues de Toronto. Ensemble, pour échapper à la spirale infernale de l’ennui et de la pauvreté, ils partent vivre en forêt, renouant avec leurs origines indiennes, et se débattant encore contre de farouches démons…

 

 

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Entre la froideur légèrement bleutée et le rouge sang qui salit les pages, Jeff Lemire a le don de tout de suite nous mettre en situation, sans esbroufe mais avec toute la puissance d’un trait qui va servir de trame de fond et de calvaire pour les deux personnages principaux aux visages burinés. La couleur, servie par petite touche, joue, elle aussi, un rôle majeur dans ce mi-road movie brutal, violent, ultra-bruyant (quoi de plus normal quand on navigue dans cet hiver qui craque sous chaque pas) mais pas inéluctable. Jusqu’au bout, la rédemption peut surgir.

 

 

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Viendra-t-elle, viendra-t-elle pas? C’est toute la question de ce roman graphique passionnant, n’épargnant rien aux lecteurs, pas même l’addiction et le ramenant à cette prise de conscience universelle: l’humain est fait de lumière mais aussi d’ombre!

 

Alexis Seny

 

Titre: Winter Road

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs: Jeff Lemire

Traduction: Sidonie Van den Dries

Genre: Polar existentiel

Éditeur: Futuropolis

Nbre de pages: 280

 

Prix: 28€



Publié le 11/10/2016.


Source : Bd-best


Marc Wasterlain semble immortel tant il parvient encore à envoyer son lectorat aux confins de l'imaginaire

Voici le retour tant attendu du Docteur Poche. Ce personnage qui à marqué toute une génération et qui continue à fasciner les plus jeunes. A nouveau, le fabuleux Marc Wasterlain nous livre un conte avec tout le talent qui le caractérise.

 

Résumé de l'éditeur :

Les infâmes cochons verts ont décidé d'envahir la planète des chats. La situation est dramatique. Le Docteur poche arrive après bien des péripéties spatio-temporelles pour remettre sur son trône Ury le petit chat. Mais l'alliance des chiens et des chats dans cette bataille sans merci ne sera pas de tout repos... Les cochons verts envahissent la planète des chats. Docteur Poche arrive pour rétablir Ury sur le trône mais l'alliance avec les chiens s'avère délicate dans cette bataille décisive.

Marc Wasterlain, le magicien, recrée, pour notre plus grand plaisir, l'univers poétique et loufoque de la planète des chats.

Nous sommes donc de retour sur la planète des chats. Cette fois, avec l'aide de précieux amis qui grâce à leurs connaissance scientifique vont aider le docteur et lui permettre de s'opposer à l'invasion de la planète des chats par de méchants cochons de l'espace. De nouvelles alliances vont se former afin de sauver la situation d'un péril certain. Wasterlain nous offre à nouveau magie et émerveillement. Il n'a perdu aucun atome de la maestria qu'il emploie à nous faire rêver.

 

 

 

 

 

Les rebondissements se succèdent et nous entraine au cœur du récit avec un plaisir sans limite. Le découpage est resté dynamique, le trait de l'auteur n'a lui non plus pas prit une seule ride. Sa mise en scène reste impeccable et la lecture est d'une infinie efficacité.

Marc Wasterlain semble immortel tant il parvient encore à envoyer son lectorat aux confins de l'imaginaire. L'histoire ne s'arrête pas à cet opus et nous promet une suite tout aussi passionnante.

 

 

 

 

L'humour n'a lui aussi pas prit la moindre poussière et reste intemporel. Un magnifique retour d'un auteur encore au top de sa forme pour le plus grand plaisir de ses fans.

 

Marc Gautier

 

Titre : Retour sur la planète des chats

Série : Docteur Poche

Scénario et dessin : Marc Wasterlain

Couleurs : Olivier Dekeyser

Genre : Fantastique

Éditeur : Mosquito

Nbre de pages: 64

Prix : 14 €

ISBN : 9782352834250



Publié le 10/10/2016.


Source : Bd-best


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