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Nouvelles relatives à la bande-dessinée ou au graphisme
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Capa

Robert Capa dresse le bilan d'une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier. Loin de l'image de tête brûlée qui lui colle à la peau et qui a fait de lui une légende du photojournalisme, il se raconte sans fard et dévoile la blessure originelle qui a décidé de toute son existence.

A travers les traits et le récit de Florent Silloray, c’est l’histoire de la vie d’Endre Friedmann plus connu sous le pseudo de robert Capa qui nous est délivré. Silloray nous détaille les grandes lignes du parcours de cet immense photographe de presse qui  a été sur tous les fronts présent en première ligne. Le livre débute dans le Paris 1936, l’auteur nous laisse en compagnie d’Endre et de sa compagne Gerda Taro. C’est elle qui lui propose le pseudo de Robert Capa.

 

 

 

 

En aout 36, le couple part en Espagne pour couvrir la guerre civile aux côtés des  troupes républicaines.  C’est à cette époque qu’il prend la photo qui lui vaudra la célébrité  (mort d’un soldat républicain). Le décès de sa compagne, écrasée accidentellement  par un blindé républicain lors des combats de la bataille de Brunete va changer le destin de Capa.

 

 

En 1938, envoyé par Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945), il prend une photo d’un enfant chinois, habillé en militaire (un défenseur de la Chine).

 

 

En octobre 1939, confronté aux lois françaises contre les «  étrangers indésirables  », il quitte Paris et part rejoindre sa mère et son frère à New York. Aux Etats-Unis, il couvre à partir de 1942 le front d’Afrique du Nord et le débarquement des troupes alliées en Sicile ou il prend, près de Sperlinga,  une photo  où l'on voit un soldat américain accroupi et un berger sicilien qui lui indiquant la route.

 

 

En juin 1944, il débarque sur la plage Normande d’ Omaha Beach avec la première vague de soldats américains. Il prend une série de onze clichés intitulés Jour J.

 

 

 

 

 

A la Libération,  Il prend des clichés de femmes tondues à Chartres offrant un témoignage sur l’épuration.

 

 

 

Il suivra les troupes en tant que correspondant de guerre franchissant le Rhin et s’arrêtant  à Leipzig.

 

 

Après la guerre, il entretient une  liaison de deux années avec Ingrid Bergman et travaille à Hollywood comme photographe de mode. En 1947, Capa et ses amis fondent la coopérative photographique Magnum regroupant les plus célèbres photographes et photojournalistes du monde. En 1948, il assiste à la naissance de l’État d’Israël et s’y rend à plusieurs reprises entre 1948 et 1950. Les photos prises au cours de ces séjours font l’objet d’un livre.

 

 

En 1954, il couvre pour le magazine Life la guerre d’Indochine aux côtés des troupes françaises. Le 25 mai 1954, voulant prendre une photo d'un groupe de soldats français, il s’écarte du chemin et pose le pied sur une mine antipersonnel.

 

 

Toutes les photos sont copyright Capa Robert

 

Alain Haubruge

 

Titre: Capa

Scénario, dessin et couleurs: Florent Silloray

Genre: Historique

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 88

Prix: 17 €



Publié le 30/03/2016.


Source : Bd-best


Les enfants de la résistance au coeur de l’horreur de la barbarie nazie

Grâce à l'impact de leurs actions, François, Eusèbe et Lisa ne sont plus les seuls à se rebeller contre l'occupant allemand ; des adultes entrent aussi à présent en résistance, notamment le maire, le curé et les parents d'Eusèbe et François. Tout en gardant leur anonymat, les jeunes résistants font à nouveau preuve d'un culot extraordinaire en faisant le lien entre adultes pour organiser un système de passage de prisonniers français évadés vers la zone libre. En parallèle, les Allemands renforcent leur surveillance et n'hésitent pas à recourir à la violence voire au meurtre. Nos héros sont directement confrontés à la mort et au racisme. Dans une France de plus en plus divisée, de petits grains de sable isolés parviendront-ils à enrayer la machine nazie ?

 

 

 

 

Le premier tome était déjà formidable. Le second plonge nos jeunes protagonistes dans l’horreur de la barbarie nazie. Alors qu’ils continuent leur action de résistance au moyen de messages imprimés sur du papier peint, ils y intègrent  la participation involontaire de leurs parents. Malheureusement, la chance va changer de camp. L’un d’entre eux va payer un prix extrême au travers un membre de sa famille pour sa participation à un réseau de résistance. La bd se déroule de l’automne 1940 à l’hiver 1941. A cette époque, la résistance se cherche et n’est pas encore structurée. Divers petits réseaux commencent à s’organiser face à l’ogre nazi. Même si elle peut sembler cruelle, l’histoire de nos jeunes héros reflète la situation vécue par nos grands-parents. Les premières exécutions dues à des actes de résistance vont faire leurs apparitions. Un dossier éducatif de huit pages réalisés par Dugomier et s’adressant plus particulièrement aux écoliers est disponible à la fin du récit. Avec cette nouvelle série, le duo Ers –Dugomier a trouvé un digne successeur au Démons d’Alexia ! Un livre agréable à lire en compagnie des jeunes à partir de 9 ans mais qui plaira aussi aux plus grands.

 

Alain Haubruge

 

Genre : Historique
Public : Tous Publics - Famille
Paru le : 18 mars 2016
Pagination : 56 pages
Format : 22.2 x 29.5 cm
ISBN : 9782803636334
Prix de vente public : 10.6€ - 15.9CHF



Publié le 07/03/2016.


Source : Bd-best


Spirou et Fantasio tirent le diable de Palombie par la queue et ça déménage, houba!

Cela faisait 42 ans! On a envie de pousser un cri de joie, un « Houba Houba » tant la nouvelle est réjouissante. Après près d’un demi-siècle d’absence dans les aventures de Spirou et Fantasio, l’un des personnages les plus géniaux de Franquin et, parallèlement, parmi les plus mythiques que la BD ait porté, revient en force et avec fracas. Et une chose est sûre, le Marsupilami n’est pas content. Et ce n’est pas qu’à cause de l’adaptation cinématographique que lui a dédiée Alain Chabat. La colère du Marsupilami est sans doute le plus grand album de Yoann et Vehlmann à ce jour.

 

Il pleut dehors, et le temps n’est pas vraiment meilleur à l’intérieur de la rédaction de Spirou: l’heure est au bouclage et c’est un Fantasio on-ne-peut-plus-excité qui en fait voir à tout le monde. Lebrac et Prunelle sont les premiers dans sa ligne de mire. Mais Spirou n’est pas en reste, voilà que d’étranges photos le happent, des photos dont il n’a plus souvenir et qui, pourtant, concerne une période épique de sa vie. On l’y voit avec le Marsupilami, ou plutôt celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais jamais auparavant Spirou ne pensait avoir rencontré cet animal singulier. Est-ce AlZheimer (vous remarquerez le Z majuscule)? Toujours est-il que le phénomène semble toucher également Fantasio, encore plus excédé par le manque d’implication de son ami, et le Comte de Champignac! Non, décidément, quelque chose ne tourne pas rond et voilà les deux héros en route et en vol pour remuer le passé, les eaux amazoniennes et toute la jungle de Palombie. Et si un élément occulté par un très vieil ennemi expliquait la colère prête à se déchaîner de l'(in)offensif animal jaune à poids noirs? Ne dit-on pas qu’il ne faut tirer le diable (jaune) par la queue?

 

 

Yoann - Spirou et le marsupilami

 

 

Une chose est sûre, j’avais hâte. Une fois l’album en main, j’ai même pris moins de temps à l’ouvrir que le dernier Astérix, c’est dire si l’événement est d’importance avec toute l’euphorie mais aussi toutes les inquiétudes que cela comprend. Et si Yoann et Vehlmann s’étaient laissés dépasser par l’envergure de ce personnage parmi les plus emblématiques du Neuvième Art? Ce serait bien mal connaître les deux auteurs qui font union du génie de Franquin et le font entrer dans une aventure plus moderne et qui se tient. Même dans la jungle (les deux auteurs ont aidé aidé par l’auteur-« expert » Joub pour la recréer), Fantasio ne peut se passer des nouvelles technologies pour mener à bien la création du journal (on verra même un petit Gaston passer devant la webcam) tandis que Zantafio se pique et que, le long de sa piscine privée, De Mesmaeker au bord de la crise cardiaque et qui bousille une énième fois les contrats par vidéos interposées. Dans cet océan de modernité, nos deux héros n’en ont pas perdu leurs valeurs, encore plus si la jungle les fait ressortir.

 

 

Spirou et Fantasio - La colere du Marsupilami - Yoann - Vehlmann - Combat de singes

 

 

L’humeur est au survival et le plus grand méchant est finalement le Marsupilami qu’il ne suffit plus d’amadouer. Quelque chose s’est brisé entre les deux héros (les trois même, n’oublions pas Spip qui, sinon, va encore se sentir exclu – déjà que certains lecteurs critique le graphisme donné par Yoann, nous on adore!) et l’animal (redevenu) sauvage. Quelque chose d’inexplicable et exhumé par Vehlmann en clin d’oeil aux précédentes aventures de Spirou. Car oui, si le Marsupilami apparaissait pour la première fois dans « Les Héritiers », Yoann et Vehlmann le sont un peu aussi, n’ayant de cesse de pousser les deux personnages plus loin dans leurs aventures tout en les raccrochant et en faisant sens de leur passé, sans trahir, dans un esprit de cohérence.

 

C’est assumé et ça ne fait que contribuer à l’excellence de cet album qui fait date et honore à 1000% ses promesses entre intelligence de récit, gags bien sentis et une énergie imparable. Houba, houba, vous avez dit? Oui, c’est du grand art, comme on n’en attendait peut-être plus.

 

Alexis Seny

Série: Les aventures de Spirou et Fantasio

Tome: 55 – La colère du Marsupilami

Scénario: Vehlmann

Dessin: Yoann (et sur FB)

Design: Fred Blanchard

Couleurs: Laurence Croix

Genre: Aventure, Humour

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 56 (+ 8 pages sur l’histoire du Marsupilami)

Prix: 10,60€

 



Publié le 04/03/2016.


Source : Bd-best


Love story à l'Iranienne, l'amour véritable, clandestin sous peine de prison

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime. Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Septembre 2014, sept Iraniens ayant participé à un clip vidéo sur la chanson de Pharrell Williams «Happy» diffusé sur internet ont été condamnés à des peines de prison (variant de six mois à un an) et à 91 coups de fouet avec sursis. La vidéo, mise en ligne en avril 2014, montrait trois hommes et trois femmes, non voilées, chanter et danser dans les rues et sur les toits de Téhéran au son du succès musical planétaire qui faisait l'éloge de la joie et du bonheur. La vidéo avait provoqué la colère des milieux conservateurs, estimant que les Iraniens, en particulier les jeunes, délaissent les valeurs islamiques pour un mode de vie plus occidental. Les participants avaient été arrêtés en mai puis libérés sous caution quelques jours plus tard après une «confession» diffusée par la télévision d'Etat.

 


Quelle est la situation de la jeunesse Iranienne depuis lors ? C’est ce que nous propose de découvrir un couple de journalistes se rendant régulièrement en Iran de manière clandestine sous le pseudonyme de Jane Deuxard. Au travers des témoignages recueillis auprès de personnes telles que Gila et Mila 26 ans, couple hors mariage ensemble depuis 8 ans ; Saviosh 20 ans serveur dans un café huppé du centre de Téhéran, s’évadant au travers de la musique de Pink Floyd ;  Vahid 26 ans (arrêté et torturé), parlant de ses parents qui ont fait la révolution en 1979 mais une révolution confisquée par les mollahs et qui en 2009 a cru avec la jeunesse Iranienne au mouvement vert fessant suite à la seconde élection controversée de Mahmoud Ahmadinejad.

 

 

 

 

On y trouve aussi des témoignages déconcertants tel celui de Jamileh 29 ans vivant dans les hautes sphères iraniennes profitant du système établit pour se faire de l’argent et se moquer des classes inférieures. Bd documentaire, l’Iran décrit par sa jeunesse actuelle semble être sans aucun espoir. Les mariages sont arrangés, l’homme doit pouvoir apporter en engagement à la famille de son épouse une situation professionnelle confortable, un logement ainsi qu’une voiture tandis que la femme doit disposer d’un certificat de virginité; l’amour véritable ne pouvant être que clandestin au risque de se faire mettre en prison.
Les représentations signées par Deloupy sont  simples et directes dessinant les divers intervenants sans vraiment apporter de chaleur dans les couleurs privilégiant la force des récits qui sont bouleversants.  Destiné à un lectorat débutant à partir de l’adolescence, je recommande cette BD à tous et plus particulièrement aux personnes croyant qu’un état ou une république islamique va apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens.

Alain Haubruge

 

Love Story à l'iranienne
Date de parution : 13/01/2016 / ISBN : 978-2-7560-6921-0
Scénariste : DEUXARD Jane
Dessinateur : DELOUPY
Coloriste : DELOUPY
Série : LOVE STORY À L'IRANIENNE
Collection : MIRAGES



Publié le 21/02/2016.


Source : Bd-best


L'Aigle et la Salamandre, une intrigue nait dans le brasier

Nous sommes en l'an 64 après J.C. Le père de Gaius meurt dans d'atroces souffrances suite à un effroyable incendie qui embrase Rome en ce mois de juillet.

Gaius est un de ces fils de famille fortunée ayant créé des affaires dans les assurances à la différence que celle-ci... fît de mauvais placements en réalisant des contrats sur les risque d'incendies dans une ville ou ce genre de catastrophe en constituent le quotidien. Il s'en retrouve donc au final ruiné, obligé de rembourser les sinistrés. Dans le même temps, bouleversé par le drame qui vient de se produire, ce dernier apprend qu'en réalité il ignorait beaucoup de choses à propos de son géniteur. Tigellin est soupçonné d'être le commanditaire de ce brasier, l'Empereur Néron fulmine ! Tigellin propose donc à Gaius un marcher pernicieux et lui demande d'entreprendre dès lors une enquête afin de trouver le responsable de cet incendie. Dans la négative, Gaius serait irrémédiablement bannit.

 

 

 

 

 

L'histoire emmène le lecteur directement au cœur du feu de l'intrigue si je puis dire. De révélations en suspense, de rebondissements en surprises nous poussons les pages sans aucune perte de rythme. Le scénariste Stèphane Piatzszek n'a rien laissé au hasard et nous offre un travail bien documenté sur l'époque. La narration est claire et passionnante. Graphiquement, le duo Lapo-Quatrocchi est très efficace et nous agrémente d'un travail graphique admirable et digne de l'école italienne. Allessio Lapo s'occupant des stroy-board et Quatrocchi se concentrant sur le dessin.

 

 

 

 

 

L'Aigle et la Salamandre est la somme d'une bonne combinaison d'artiste. Un amalgame parfait pour un album de qualité. La mise en couleurs est orchestrée par le talentueux Vladimir Davidenko.

L'Aigle et la Salamandre est un premier tome très prometteur et nous promet une série sortant des sentiers battus dans le genre. Un des maîtres achats du moment sans aucun doute.

 

Denis Pirlet

 

Titre: L'Aigle et la Salamandre

Série : Tome 1

Scénario: Stéphane Piatzszek

Dessin : Giuseppe Quattrocchi 

Story Board : Allessio Lapo

Couleurs: Vladimir Davidenko

Genre: Historique, Polar

Éditeur: Quadrants

Nbre de pages: 48

Prix: 14.50 €



Publié le 05/02/2016.


Source : Bd-best


Boca Nueva: un premier fourre-tout magnifique

Qui dit nouvelle année dit nouvelles bandes dessinées et nouveaux talents, attendus comme inattendus. C’est le cas du duo formé par deux bruxellois de coeur et d’études, Sylvain Almeida et Youness Benchaieb. Pour leur toute première parution et premier tome d’un triptyque (on imagine le « et plus » si affinités et succès), les deux jeunes gaillards entendent bien donner paroles, armes et responsabilités à des animaux pas comme les autres. Passé le stade de la vie privée des animaux, ils ne sont plus uniquement là pour nous faire rigoler mais pour passer à l’action. Explosions à l’appui. Bienvenue à Boca Nueva, cité étrange, royaume de tous les dangers.

 


Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - crapaud

 

 

Rescapée d’une vilaine morsure de murène gigantesque, Boca Nueva s’érige tel un avant-poste, un premier rempart aux multiples ramifications, un garde-fou d’un continent bien inconnu. Vauban n’aurait sans doute pas fait mieux comme ville portuaire. Ce soir, la Lune est pleine et la nuit est calme, seule les lumières des lampadaires brillent de mille feux. Pourtant, ce n’est que vile tromperie, et sur le port des hommes s’activent dans un curieux trafic. Très vite interrompu par l’intrépide et canin agent Riggs de la Brigade criminelle. Riggs, un policier qui tire son efficacité du fait qu’il n’est pas du genre à lésiner sur la manière forte. Sauf que cette fois, l’histoire va trop loin, le bateau suspect explose et Perry, mentor girafe et fidèle comparse de Riggs disparaît atrocement avec les marchandises trafiquées. Riggs est au repos forcé et dans ce monde vérolé et acheté dans de sombres complots, le puissant lieutenant doit trouver à Riggs un acolyte aussi inoffensif que bien incapable de faire des vagues.

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - p.5

 

 

Et cet oiseau rare, c’est Ese, petit maki fraîchement débarqué à Boca Nueva et qui n’a aucune volonté de devenir un justicier garant de l’ordre de cette étrange ville. Lui, il ne se prend pas pour D’Artagnan, il est venu pour travailler, comme son cousin, aux archives. Pas pour rivaliser dans des duels insensés avec des scélérats redoutables. Pourtant, de gré et de force, voilà Ese engagé dans l’aventure la plus trépidante de sa jeune existence, aux côtés d’un forçat de la lame qu’il ne s’agit pas de fâcher Riggs.

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - crayonné

 

 

Si quelques exemples font date (on pensera inévitablement à De cape et de crocs), force est de constater que la bande dessinée a encore bien des pistes à explorer dans le monde de anthropomorphisme. Dans Boca Nueva, n’espérez pas voir un seul humain, l’humanité a fait place à l’animalité, et c’est tant mieux: loutre, phacochère, chiens, loups, crocodiles, royal coq et autres oiseaux de bons ou mauvais augure ont pris possession de ces terres mystérieuses sorties tout droit de l’imagination de nos deux auteurs débutants (du moins, dans le monde de l’édition).

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - animaux

 

 

De ces deux-là, on ne sait pas encore dire grand chose (on espère une interview bientôt?) sauf qu’ils travaillent à quatre mains sur le dessin comme le scénar’. Et une chose est certaine, ils ont des références. Des grands films de cape et d’épée en passant par un petit côté eastwoodien dans le chef de Riggs sans oublier un clin d’oeil aux aventures sablonneuses et portuaires comme on n’en fait plus et un sérieux penchant pour l’univers Donjon bien calé entre Sfar et Trondheim, Almeida et Benchaieb évoquent plutôt que de copier, car prime leur imagination, apparemment sans limite, autant dans l’humour que dans l’horreur et le fantastique (avec la création de quelques créatures pas piques des verts!).

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - dinosaure

 

 

Si le scénario est fluide et totalement maîtrisé pour doser le suspense et ne pas se perdre dans ce qui aurait pu être un dédale scénaristique; le dessin direct et efficace nécessite peut-être un petit temps d’adaptation, mais on s’y fait vite pour se rendre compte que non seulement il fonctionne mais est capable de belles séquences comme cette course-poursuite haletante à dos de dinos (ou peut-être est-ce autre chose?). On adhère totalement. Et, ne ménageant pas son lecteur, Boca Nueva est un album qui bouge dans tous les sens, ouvre les pistes sans épargner les deux héros. Bref, ça sent le soufre mais ça détonne aussi de fraîcheur et d’inventivité à chaque coin de case. Sans temps mort, Boca Nueva propose la grande aventure, et forcément, elle ne peut se refuser de manière décente.

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - dinosaures

 

 

 

 

Alexis Seny

 

Série: Boca Nueva

Tome: 1 – Soufre

Scénario et dessin: Sylvain Almeida et Youness Benchaieb

Couleurs: Youness Benchaieb

Genre: Aventure, Héroic Fantasy

Éditions: Casterman

Nbre de pages: 120

Prix: 17€



Publié le 14/01/2016.


Source : Bd-best


Les sept défis capiteux du 12 de la rue royale

Après la politique et le monde de la science, préparez vos palais, voilà une BD qui a du goût et qui nous plonge dans les marmites du mythique restaurant lyonnais « La Mère Brazier » et de son chef à toute épreuve, Mathieu Viannay (non non, pas celui qui chante « Pas là »).

 


12 rue royale - Hervé Richez - Efix - voisin

 

 

Enfin… à toute épreuve… ça reste à vérifier. Et ça tombe plutôt bien, un satané olibrius a décidé de tester le chef. En effet, un peu à l’étroit dans son restaurant assailli par des hommes d’affaire qu’il ne vaut mieux pas décevoir, Mathieu songe à l’agrandissement. Problème, il a l’argent, la volonté et la réputation d’un restaurant qui marche mais il reste un obstacle de taille: le voisin. Celui-là même qui a confié au restaurateur qu’il allait vendre son immeuble mais qui ne résiste pas à l’envie de jouer avec les nerfs du meilleur ouvrier de France. Et le voilà qui fixe à Mathieu une liste de sept défis, capitaux autant que capiteux, s’il veut obtenir l’immeuble. Et dans les fumets des cuisines et le travail des meilleurs produits de saison, Mathieu Viannay va devoir se dépasser et échapper à la tentation de tout laisser tomber.

À proprement dit, voilà une bande dessinée qui s’échappe un peu des chemins du véridique et de la biographie pour céder le pas à une histoire créative, fantaisiste et originale dans les pas du jeune chef Viannay, réel chef d’orchestre des cuisines sans pour autant ôter sa dimension documentaire et descriptive du quotidien à deux cents à l’heure de l’équipe d’un restaurant prisé. Que dure le coup de feu car il réussit plutôt bien à Hervé Richez (au scénario) et à Efix (pour le dessin et les couleurs). Faisant leur la frénésie productive qui hante les pièces de La mère Brazier, les deux auteurs prennent un malin plaisir à nous faire saliver devant des plats concocté avec amour et passion. Et une histoire à leur juste hauteur. Sans temps mort et avec un énorme boulot conceptuel et graphique pour faire coller fond et forme, 12 Rue royale manque parfois de couleurs mais nous entraîne dans un récit qui tranche avec les autres productions BD souvent semblables (à quelques détails prêts) abordant la gastronomie et les arts de la table. Coup de chapeau donc à cette BD qui de manière innocente nous en apprend beaucoup plus ce qu’on ne pensait et nous attache profondément à l’univers de La Mère Brazier. Bon quand est-ce qu’on (y) mange?

 

Alexis Seny

 

Titre: 12, rue royale ou les sept défis gourmands

Scénario: Hervé Richez

Dessin et couleurs: Efix

Genre: Autofiction, Culinaire, Humour

Éditions: Bamboo

Collection: Grand Angle

Nbre de pages: 78

Prix: 18,90€



Publié le 13/01/2016.


Source : Bd-best


Stern, le croque-mort que vous allez adorer!

Décidément, Dargaud semble bien décidé à révolutionner le monde des croque-morts de la BD. Il est vrai que celui-ci était plutôt dépeuplé entre l'actuel vedette Pierre Tombal et C. Formol, le mythique croque-mort de Lucky Luke. Bon, on le concède, on en oublie quelques uns dans Blueberry et d'autres albums. Mais sinon, les bédéphiles n'avaient que peu de professionnels à se mettre sous la dent, qui soit capable d'enterrer ces charmants héros de cases et de dessin.

Et puis 2015 sonna le glas de ce vide mortifère et funéraire. Du moins, dans le milieu du western. Undertaker est arrivé en premier, et voilà maintenant Stern (pure coïncidence avec la sortie du premier cité), par les frères Maffre. Et ça augure du bon! Tous à vos pioches.

Kansas, 1882; une charrette emmenée par un cheval s'approche de la ville de Morrison. À son bord, le triste valet de la mort, Stern. Elijah, c'est son prénom, mais peu importe pour les habitants de cette ville aride et hostile, shérif en tête. On se contentera donc de Stern. Un homme en noir, pas des plus beaux, dont la profession fait l'austérité et la solitude. Pourtant Stern est cultivé, aidant. Par dessus tout, c'est un as de la mise en bière. Un esprit vif aussi.

Et son petit doigt lui dit que le mort auquel il a affaire cette fois, retrouvé au lit d'une prostituée, a quelques secrets à lui confier. Dans son coin, Stern va mener l'enquête et de sa pelle, il va s'aider pour mieux défoncer les scellés d'un dossier trop vite classé sans suite, revolver pointé vers le ciel pour réclamer silence et imposer la version officielle.

Stern - Frederic & Julien Maffre - Mort

Nous le disions, pour leur cru 2015, les Éditions Dargaud frappent fort pour décomplexer un des personnages les plus sous-exploités que l'univers du western ait connu. D'autant que la figure du croque-mort est riche, encore plus lorsque celui-ci est sorti de son "espace de confort". Ainsi, les frères Maffre, Frédéric au scénario et Julien au dessin et à la couleur (nous l'avions déjà vu dans les deux premiers tomes de La Banque) s'emparent du personnage pour lui imposer leur champ créatif, revendiqué des Coen, du Eastwood des hautes plaines et du Deadwood de la chaîne HBO (excusez quand même du peu!).

Leur croque-mort, ils le stylisent, lui donnent une aura (malgré son peu de charisme auprès des habitants de Morrison, vous l'aurez compris). Ils l'isolent pour le rendre attachant et l'asseoir en tant que héros d'une série singulière qu'on verrait bien durer. Car elle est originale, qu'elle balaie un peu la poussière que tout le Kansas peut contenir et qu'elle tire profit de toute l'ambiguïté de son personnage: entre la noirceur des morgues improvisées et la lumière pétante du soleil torride qui baigne les efforts de Stern dans l'inhumation de ses clients.

Stern - Frederic & Julien Maffre - Aide

Dessin grandiose (le trait de Julien Maffre a ceci d'incroyable qu'il nous immerge dans son histoire et donne une impression de profondeur, vertigineuse parfois), enquête loin de jouer la facilité et personnages westerniens ne manquant pas de psychologie font de ce premier tome un bon cru. De ceux, avec Undertaker, capable d'anoblir l'une des plus improbables professions pour un héros de BD. Un premier opus en grande pompe... funèbre, forcément.

 

Série: Stern

Tome: 1 - Le Croque-Mort, le clochard et l'assassin

Scénario: Frédéric Maffre

Dessin et couleurs: Julien Maffre

Genre: Western, Enquête

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 64

Prix: 13,99€

Date de sortie: le 28/08/2015

 

Par Alexis Seny

 

 



Publié le 01/09/2015.


Source : Bd-best


Marzena et Aude font le marché des beaux souvenirs et des belles idées.

Quelques mois après le premier tome d’un diptyque très sombre (L’insurrection), Marzena Sowa revient avec une histoire ensoleillée, qui sent bon le marché traditionnel et les jolis soucis d’enfants encore préadolescents. Un album qu’elle nous avait présenté comme une histoire à la Jacques Tati, elle ne s’était pas trompée. Et le dessin d’Aude Soleilhac ne fait que renforcer la beauté mignonne de cette histoire ordinaire de charme. Ça s’appelle Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… Un titre à rallonges et enfantin pour une aventure très sympathique.



Chaque semaine, c’est pareil, il est plus tôt que l’aurore dans la ferme de Vincent et ses parents. Mais comme chaque jour de marché, l’heure est au réveil et, sans tarder, Vincent va devoir aider à charger le camion de son maraîcher de papa, pour ensuite gagner, avec les premiers rayons du soleil, le marché de la ville. Est-ce que Vincent y rechigne? Pas le moins du monde, le marché c’est l’occasion d’une parenthèse: bien sûr, il aide ses parents à la vente des poireaux de saison; mais il rejoint aussi, le temps de pauses plus ou moins longues, ses camarades, sous les regards amusés des marchands. Et parmi ces camarades, il y a aussi Marie, belle comme une fleur cajolée par son papa, fleuriste. Marie, ça a tout l’air d’être le premier amour de Vincent. Mais dans l’affaire, il y a aussi ce « fils de riches » et trop confiant, Andréa. En plus, lui, il a même un vélo…

 

 

 

 

Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… c’est une autre manière de voir l’amour entre des enfants, diamétralement opposée aux Titeuf, Petit Spirou et autres Cédric, un premier amour dans la cour du marché. Une histoire entre souris des villes et souris des champs, entre gamins champêtre et d’autres citadins qui se mêlent dans la joie colorée de marchés comme on n’en fait plus ici (vous avez déjà vu les marchés de Belgique? On y retrouve bien quelques vendeurs de légumes traditionnels et autres bouchers mais sinon, que viennent faire des vendeurs de breloque et de biloko. On est bien loin de la saveur des marchés anciens et si beaux, ceux chantés par Bécaud).

 

 

 

 

Car oui, ce marché n’est pas loin d’être un des personnages principaux de cet album. Littéralement, il prend vie grâce au trait et aux couleurs très vivants d’Aude Soleilhac. Ce marché comme une oasis au cœur de la ville, lieu de tous les accents et de tous les possibles le temps de quelques heures, où tous se connaissent et où la mixité se crée entre les bourgeois et leurs petites exigences et insolence et insouciance des gosses. Avec un réalisme presque documentaire, Marzena Sowa signe une histoire qui n’a l’air de rien mais nous conquiert, d’autant plus qu’il semble y a voir eu symbiose entre les mots et les dessins de Marzena et Aude. Un bien bel album, au cœur de l’enfance, des marchés oubliés et d’un humour tendre et poétique.

 

Alexis Seny

Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes par Marzena Sowa, Aude Soleilhac, Bamboo.

80 pages, 15.90 €

ISBN : 9782818933787

 

 

  

 



Publié le 03/06/2015.


Source : Bd-best


P.D.M : une course contre la mort

Une autobiographie d’un homme qui se retrouve éditeur un peu par hasard. On va suivre l’évolution de sa structure où lui-même se rend compte que la frontière entre sa vie professionnelle et sa vie privée est quasi inexistante... Un ouvrage parfois cru et dur mais qui donne pour la première fois la vision du côté éditorial.

 

 

 

 

 


Que se passe-t-il dans la tête d’un être humain lorsque celui-ci décide de partager son autobiographie avec le commun des mortels ? Est-ce par voyeurisme, par défi où une remise en question de son propre parcours ? Pierre Paquet ose où certains auraient hésité à franchir le pas. Mais qui est réellement Pierre Paquet ? Vous découvrirez à la lecture de ces 256 pages le parcours chahuté d’un homme que rien ne destinait à être à la tête de la plus grande des petites maisons d’édition. Une autobiographie parcourue à travers une course contre la mort de son meilleur ami et confident « Fiston ». A la vision des vingt années évoquées,  Pierre partage ses difficultés humaines afin de trouver le véritable amour mais aussi les différents conflits pouvant naître lorsque l’on est confronté à d’autres personnes qui vous prennent pour un escroc. Mis sur la touche par certains, il évoque les entraves à se relever après chaque coup reçu. Incapable de reporter son amour et sa vie affective sur des relations humaines, il trouve le réconfort auprès de son chien. Beaucoup de personnes se reconnaîtront  au travers des expériences partagées par Pierre. Le titre peut paraître choquant mais à l’intérieur de l’ouvrage, on retrouve un humain confronté à ses joies et à ses peines. L’autobiographie est pour moi un exercice dont on ne sort jamais intact car en partageant une partie de sa vie intime avec le grand public c’est violer son propre jardin secret.  Pierre a confié les illustrations de sa vie à un dessinateur espagnol  (Jésus Alonso) qui réussit à captiver les lecteurs au moyen d’un dessin moderne respirant la fin de l’adolescence et le passage à l’âge adulte.  Un ouvrage qui trouvera écho auprès d’un public composé majoritairement d’adulte.

 

Alain Haubruge

P.D.M par Jesus Alonzo & Pierre Paquet, Éditions Paquet

256 pages, 25 €

ISBN : 9782888904755



Publié le 13/02/2015.


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