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Nouvelles relatives à la bande-dessinée ou au graphisme
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Love story à l'Iranienne, l'amour véritable, clandestin sous peine de prison

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime. Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Septembre 2014, sept Iraniens ayant participé à un clip vidéo sur la chanson de Pharrell Williams «Happy» diffusé sur internet ont été condamnés à des peines de prison (variant de six mois à un an) et à 91 coups de fouet avec sursis. La vidéo, mise en ligne en avril 2014, montrait trois hommes et trois femmes, non voilées, chanter et danser dans les rues et sur les toits de Téhéran au son du succès musical planétaire qui faisait l'éloge de la joie et du bonheur. La vidéo avait provoqué la colère des milieux conservateurs, estimant que les Iraniens, en particulier les jeunes, délaissent les valeurs islamiques pour un mode de vie plus occidental. Les participants avaient été arrêtés en mai puis libérés sous caution quelques jours plus tard après une «confession» diffusée par la télévision d'Etat.

 


Quelle est la situation de la jeunesse Iranienne depuis lors ? C’est ce que nous propose de découvrir un couple de journalistes se rendant régulièrement en Iran de manière clandestine sous le pseudonyme de Jane Deuxard. Au travers des témoignages recueillis auprès de personnes telles que Gila et Mila 26 ans, couple hors mariage ensemble depuis 8 ans ; Saviosh 20 ans serveur dans un café huppé du centre de Téhéran, s’évadant au travers de la musique de Pink Floyd ;  Vahid 26 ans (arrêté et torturé), parlant de ses parents qui ont fait la révolution en 1979 mais une révolution confisquée par les mollahs et qui en 2009 a cru avec la jeunesse Iranienne au mouvement vert fessant suite à la seconde élection controversée de Mahmoud Ahmadinejad.

 

 

 

 

On y trouve aussi des témoignages déconcertants tel celui de Jamileh 29 ans vivant dans les hautes sphères iraniennes profitant du système établit pour se faire de l’argent et se moquer des classes inférieures. Bd documentaire, l’Iran décrit par sa jeunesse actuelle semble être sans aucun espoir. Les mariages sont arrangés, l’homme doit pouvoir apporter en engagement à la famille de son épouse une situation professionnelle confortable, un logement ainsi qu’une voiture tandis que la femme doit disposer d’un certificat de virginité; l’amour véritable ne pouvant être que clandestin au risque de se faire mettre en prison.
Les représentations signées par Deloupy sont  simples et directes dessinant les divers intervenants sans vraiment apporter de chaleur dans les couleurs privilégiant la force des récits qui sont bouleversants.  Destiné à un lectorat débutant à partir de l’adolescence, je recommande cette BD à tous et plus particulièrement aux personnes croyant qu’un état ou une république islamique va apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens.

Alain Haubruge

 

Love Story à l'iranienne
Date de parution : 13/01/2016 / ISBN : 978-2-7560-6921-0
Scénariste : DEUXARD Jane
Dessinateur : DELOUPY
Coloriste : DELOUPY
Série : LOVE STORY À L'IRANIENNE
Collection : MIRAGES



Publié le 21/02/2016.


Source : Bd-best


L'Aigle et la Salamandre, une intrigue nait dans le brasier

Nous sommes en l'an 64 après J.C. Le père de Gaius meurt dans d'atroces souffrances suite à un effroyable incendie qui embrase Rome en ce mois de juillet.

Gaius est un de ces fils de famille fortunée ayant créé des affaires dans les assurances à la différence que celle-ci... fît de mauvais placements en réalisant des contrats sur les risque d'incendies dans une ville ou ce genre de catastrophe en constituent le quotidien. Il s'en retrouve donc au final ruiné, obligé de rembourser les sinistrés. Dans le même temps, bouleversé par le drame qui vient de se produire, ce dernier apprend qu'en réalité il ignorait beaucoup de choses à propos de son géniteur. Tigellin est soupçonné d'être le commanditaire de ce brasier, l'Empereur Néron fulmine ! Tigellin propose donc à Gaius un marcher pernicieux et lui demande d'entreprendre dès lors une enquête afin de trouver le responsable de cet incendie. Dans la négative, Gaius serait irrémédiablement bannit.

 

 

 

 

 

L'histoire emmène le lecteur directement au cœur du feu de l'intrigue si je puis dire. De révélations en suspense, de rebondissements en surprises nous poussons les pages sans aucune perte de rythme. Le scénariste Stèphane Piatzszek n'a rien laissé au hasard et nous offre un travail bien documenté sur l'époque. La narration est claire et passionnante. Graphiquement, le duo Lapo-Quatrocchi est très efficace et nous agrémente d'un travail graphique admirable et digne de l'école italienne. Allessio Lapo s'occupant des stroy-board et Quatrocchi se concentrant sur le dessin.

 

 

 

 

 

L'Aigle et la Salamandre est la somme d'une bonne combinaison d'artiste. Un amalgame parfait pour un album de qualité. La mise en couleurs est orchestrée par le talentueux Vladimir Davidenko.

L'Aigle et la Salamandre est un premier tome très prometteur et nous promet une série sortant des sentiers battus dans le genre. Un des maîtres achats du moment sans aucun doute.

 

Denis Pirlet

 

Titre: L'Aigle et la Salamandre

Série : Tome 1

Scénario: Stéphane Piatzszek

Dessin : Giuseppe Quattrocchi 

Story Board : Allessio Lapo

Couleurs: Vladimir Davidenko

Genre: Historique, Polar

Éditeur: Quadrants

Nbre de pages: 48

Prix: 14.50 €



Publié le 05/02/2016.


Source : Bd-best


Boca Nueva: un premier fourre-tout magnifique

Qui dit nouvelle année dit nouvelles bandes dessinées et nouveaux talents, attendus comme inattendus. C’est le cas du duo formé par deux bruxellois de coeur et d’études, Sylvain Almeida et Youness Benchaieb. Pour leur toute première parution et premier tome d’un triptyque (on imagine le « et plus » si affinités et succès), les deux jeunes gaillards entendent bien donner paroles, armes et responsabilités à des animaux pas comme les autres. Passé le stade de la vie privée des animaux, ils ne sont plus uniquement là pour nous faire rigoler mais pour passer à l’action. Explosions à l’appui. Bienvenue à Boca Nueva, cité étrange, royaume de tous les dangers.

 


Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - crapaud

 

 

Rescapée d’une vilaine morsure de murène gigantesque, Boca Nueva s’érige tel un avant-poste, un premier rempart aux multiples ramifications, un garde-fou d’un continent bien inconnu. Vauban n’aurait sans doute pas fait mieux comme ville portuaire. Ce soir, la Lune est pleine et la nuit est calme, seule les lumières des lampadaires brillent de mille feux. Pourtant, ce n’est que vile tromperie, et sur le port des hommes s’activent dans un curieux trafic. Très vite interrompu par l’intrépide et canin agent Riggs de la Brigade criminelle. Riggs, un policier qui tire son efficacité du fait qu’il n’est pas du genre à lésiner sur la manière forte. Sauf que cette fois, l’histoire va trop loin, le bateau suspect explose et Perry, mentor girafe et fidèle comparse de Riggs disparaît atrocement avec les marchandises trafiquées. Riggs est au repos forcé et dans ce monde vérolé et acheté dans de sombres complots, le puissant lieutenant doit trouver à Riggs un acolyte aussi inoffensif que bien incapable de faire des vagues.

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - p.5

 

 

Et cet oiseau rare, c’est Ese, petit maki fraîchement débarqué à Boca Nueva et qui n’a aucune volonté de devenir un justicier garant de l’ordre de cette étrange ville. Lui, il ne se prend pas pour D’Artagnan, il est venu pour travailler, comme son cousin, aux archives. Pas pour rivaliser dans des duels insensés avec des scélérats redoutables. Pourtant, de gré et de force, voilà Ese engagé dans l’aventure la plus trépidante de sa jeune existence, aux côtés d’un forçat de la lame qu’il ne s’agit pas de fâcher Riggs.

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - crayonné

 

 

Si quelques exemples font date (on pensera inévitablement à De cape et de crocs), force est de constater que la bande dessinée a encore bien des pistes à explorer dans le monde de anthropomorphisme. Dans Boca Nueva, n’espérez pas voir un seul humain, l’humanité a fait place à l’animalité, et c’est tant mieux: loutre, phacochère, chiens, loups, crocodiles, royal coq et autres oiseaux de bons ou mauvais augure ont pris possession de ces terres mystérieuses sorties tout droit de l’imagination de nos deux auteurs débutants (du moins, dans le monde de l’édition).

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - animaux

 

 

De ces deux-là, on ne sait pas encore dire grand chose (on espère une interview bientôt?) sauf qu’ils travaillent à quatre mains sur le dessin comme le scénar’. Et une chose est certaine, ils ont des références. Des grands films de cape et d’épée en passant par un petit côté eastwoodien dans le chef de Riggs sans oublier un clin d’oeil aux aventures sablonneuses et portuaires comme on n’en fait plus et un sérieux penchant pour l’univers Donjon bien calé entre Sfar et Trondheim, Almeida et Benchaieb évoquent plutôt que de copier, car prime leur imagination, apparemment sans limite, autant dans l’humour que dans l’horreur et le fantastique (avec la création de quelques créatures pas piques des verts!).

 

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - dinosaure

 

 

Si le scénario est fluide et totalement maîtrisé pour doser le suspense et ne pas se perdre dans ce qui aurait pu être un dédale scénaristique; le dessin direct et efficace nécessite peut-être un petit temps d’adaptation, mais on s’y fait vite pour se rendre compte que non seulement il fonctionne mais est capable de belles séquences comme cette course-poursuite haletante à dos de dinos (ou peut-être est-ce autre chose?). On adhère totalement. Et, ne ménageant pas son lecteur, Boca Nueva est un album qui bouge dans tous les sens, ouvre les pistes sans épargner les deux héros. Bref, ça sent le soufre mais ça détonne aussi de fraîcheur et d’inventivité à chaque coin de case. Sans temps mort, Boca Nueva propose la grande aventure, et forcément, elle ne peut se refuser de manière décente.

 

Almeida - Benchaieb - Boca Nueva - Soufre - dinosaures

 

 

 

 

Alexis Seny

 

Série: Boca Nueva

Tome: 1 – Soufre

Scénario et dessin: Sylvain Almeida et Youness Benchaieb

Couleurs: Youness Benchaieb

Genre: Aventure, Héroic Fantasy

Éditions: Casterman

Nbre de pages: 120

Prix: 17€



Publié le 14/01/2016.


Source : Bd-best


Les sept défis capiteux du 12 de la rue royale

Après la politique et le monde de la science, préparez vos palais, voilà une BD qui a du goût et qui nous plonge dans les marmites du mythique restaurant lyonnais « La Mère Brazier » et de son chef à toute épreuve, Mathieu Viannay (non non, pas celui qui chante « Pas là »).

 


12 rue royale - Hervé Richez - Efix - voisin

 

 

Enfin… à toute épreuve… ça reste à vérifier. Et ça tombe plutôt bien, un satané olibrius a décidé de tester le chef. En effet, un peu à l’étroit dans son restaurant assailli par des hommes d’affaire qu’il ne vaut mieux pas décevoir, Mathieu songe à l’agrandissement. Problème, il a l’argent, la volonté et la réputation d’un restaurant qui marche mais il reste un obstacle de taille: le voisin. Celui-là même qui a confié au restaurateur qu’il allait vendre son immeuble mais qui ne résiste pas à l’envie de jouer avec les nerfs du meilleur ouvrier de France. Et le voilà qui fixe à Mathieu une liste de sept défis, capitaux autant que capiteux, s’il veut obtenir l’immeuble. Et dans les fumets des cuisines et le travail des meilleurs produits de saison, Mathieu Viannay va devoir se dépasser et échapper à la tentation de tout laisser tomber.

À proprement dit, voilà une bande dessinée qui s’échappe un peu des chemins du véridique et de la biographie pour céder le pas à une histoire créative, fantaisiste et originale dans les pas du jeune chef Viannay, réel chef d’orchestre des cuisines sans pour autant ôter sa dimension documentaire et descriptive du quotidien à deux cents à l’heure de l’équipe d’un restaurant prisé. Que dure le coup de feu car il réussit plutôt bien à Hervé Richez (au scénario) et à Efix (pour le dessin et les couleurs). Faisant leur la frénésie productive qui hante les pièces de La mère Brazier, les deux auteurs prennent un malin plaisir à nous faire saliver devant des plats concocté avec amour et passion. Et une histoire à leur juste hauteur. Sans temps mort et avec un énorme boulot conceptuel et graphique pour faire coller fond et forme, 12 Rue royale manque parfois de couleurs mais nous entraîne dans un récit qui tranche avec les autres productions BD souvent semblables (à quelques détails prêts) abordant la gastronomie et les arts de la table. Coup de chapeau donc à cette BD qui de manière innocente nous en apprend beaucoup plus ce qu’on ne pensait et nous attache profondément à l’univers de La Mère Brazier. Bon quand est-ce qu’on (y) mange?

 

Alexis Seny

 

Titre: 12, rue royale ou les sept défis gourmands

Scénario: Hervé Richez

Dessin et couleurs: Efix

Genre: Autofiction, Culinaire, Humour

Éditions: Bamboo

Collection: Grand Angle

Nbre de pages: 78

Prix: 18,90€



Publié le 13/01/2016.


Source : Bd-best


Stern, le croque-mort que vous allez adorer!

Décidément, Dargaud semble bien décidé à révolutionner le monde des croque-morts de la BD. Il est vrai que celui-ci était plutôt dépeuplé entre l'actuel vedette Pierre Tombal et C. Formol, le mythique croque-mort de Lucky Luke. Bon, on le concède, on en oublie quelques uns dans Blueberry et d'autres albums. Mais sinon, les bédéphiles n'avaient que peu de professionnels à se mettre sous la dent, qui soit capable d'enterrer ces charmants héros de cases et de dessin.

Et puis 2015 sonna le glas de ce vide mortifère et funéraire. Du moins, dans le milieu du western. Undertaker est arrivé en premier, et voilà maintenant Stern (pure coïncidence avec la sortie du premier cité), par les frères Maffre. Et ça augure du bon! Tous à vos pioches.

Kansas, 1882; une charrette emmenée par un cheval s'approche de la ville de Morrison. À son bord, le triste valet de la mort, Stern. Elijah, c'est son prénom, mais peu importe pour les habitants de cette ville aride et hostile, shérif en tête. On se contentera donc de Stern. Un homme en noir, pas des plus beaux, dont la profession fait l'austérité et la solitude. Pourtant Stern est cultivé, aidant. Par dessus tout, c'est un as de la mise en bière. Un esprit vif aussi.

Et son petit doigt lui dit que le mort auquel il a affaire cette fois, retrouvé au lit d'une prostituée, a quelques secrets à lui confier. Dans son coin, Stern va mener l'enquête et de sa pelle, il va s'aider pour mieux défoncer les scellés d'un dossier trop vite classé sans suite, revolver pointé vers le ciel pour réclamer silence et imposer la version officielle.

Stern - Frederic & Julien Maffre - Mort

Nous le disions, pour leur cru 2015, les Éditions Dargaud frappent fort pour décomplexer un des personnages les plus sous-exploités que l'univers du western ait connu. D'autant que la figure du croque-mort est riche, encore plus lorsque celui-ci est sorti de son "espace de confort". Ainsi, les frères Maffre, Frédéric au scénario et Julien au dessin et à la couleur (nous l'avions déjà vu dans les deux premiers tomes de La Banque) s'emparent du personnage pour lui imposer leur champ créatif, revendiqué des Coen, du Eastwood des hautes plaines et du Deadwood de la chaîne HBO (excusez quand même du peu!).

Leur croque-mort, ils le stylisent, lui donnent une aura (malgré son peu de charisme auprès des habitants de Morrison, vous l'aurez compris). Ils l'isolent pour le rendre attachant et l'asseoir en tant que héros d'une série singulière qu'on verrait bien durer. Car elle est originale, qu'elle balaie un peu la poussière que tout le Kansas peut contenir et qu'elle tire profit de toute l'ambiguïté de son personnage: entre la noirceur des morgues improvisées et la lumière pétante du soleil torride qui baigne les efforts de Stern dans l'inhumation de ses clients.

Stern - Frederic & Julien Maffre - Aide

Dessin grandiose (le trait de Julien Maffre a ceci d'incroyable qu'il nous immerge dans son histoire et donne une impression de profondeur, vertigineuse parfois), enquête loin de jouer la facilité et personnages westerniens ne manquant pas de psychologie font de ce premier tome un bon cru. De ceux, avec Undertaker, capable d'anoblir l'une des plus improbables professions pour un héros de BD. Un premier opus en grande pompe... funèbre, forcément.

 

Série: Stern

Tome: 1 - Le Croque-Mort, le clochard et l'assassin

Scénario: Frédéric Maffre

Dessin et couleurs: Julien Maffre

Genre: Western, Enquête

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 64

Prix: 13,99€

Date de sortie: le 28/08/2015

 

Par Alexis Seny

 

 



Publié le 01/09/2015.


Source : Bd-best


Marzena et Aude font le marché des beaux souvenirs et des belles idées.

Quelques mois après le premier tome d’un diptyque très sombre (L’insurrection), Marzena Sowa revient avec une histoire ensoleillée, qui sent bon le marché traditionnel et les jolis soucis d’enfants encore préadolescents. Un album qu’elle nous avait présenté comme une histoire à la Jacques Tati, elle ne s’était pas trompée. Et le dessin d’Aude Soleilhac ne fait que renforcer la beauté mignonne de cette histoire ordinaire de charme. Ça s’appelle Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… Un titre à rallonges et enfantin pour une aventure très sympathique.



Chaque semaine, c’est pareil, il est plus tôt que l’aurore dans la ferme de Vincent et ses parents. Mais comme chaque jour de marché, l’heure est au réveil et, sans tarder, Vincent va devoir aider à charger le camion de son maraîcher de papa, pour ensuite gagner, avec les premiers rayons du soleil, le marché de la ville. Est-ce que Vincent y rechigne? Pas le moins du monde, le marché c’est l’occasion d’une parenthèse: bien sûr, il aide ses parents à la vente des poireaux de saison; mais il rejoint aussi, le temps de pauses plus ou moins longues, ses camarades, sous les regards amusés des marchands. Et parmi ces camarades, il y a aussi Marie, belle comme une fleur cajolée par son papa, fleuriste. Marie, ça a tout l’air d’être le premier amour de Vincent. Mais dans l’affaire, il y a aussi ce « fils de riches » et trop confiant, Andréa. En plus, lui, il a même un vélo…

 

 

 

 

Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… c’est une autre manière de voir l’amour entre des enfants, diamétralement opposée aux Titeuf, Petit Spirou et autres Cédric, un premier amour dans la cour du marché. Une histoire entre souris des villes et souris des champs, entre gamins champêtre et d’autres citadins qui se mêlent dans la joie colorée de marchés comme on n’en fait plus ici (vous avez déjà vu les marchés de Belgique? On y retrouve bien quelques vendeurs de légumes traditionnels et autres bouchers mais sinon, que viennent faire des vendeurs de breloque et de biloko. On est bien loin de la saveur des marchés anciens et si beaux, ceux chantés par Bécaud).

 

 

 

 

Car oui, ce marché n’est pas loin d’être un des personnages principaux de cet album. Littéralement, il prend vie grâce au trait et aux couleurs très vivants d’Aude Soleilhac. Ce marché comme une oasis au cœur de la ville, lieu de tous les accents et de tous les possibles le temps de quelques heures, où tous se connaissent et où la mixité se crée entre les bourgeois et leurs petites exigences et insolence et insouciance des gosses. Avec un réalisme presque documentaire, Marzena Sowa signe une histoire qui n’a l’air de rien mais nous conquiert, d’autant plus qu’il semble y a voir eu symbiose entre les mots et les dessins de Marzena et Aude. Un bien bel album, au cœur de l’enfance, des marchés oubliés et d’un humour tendre et poétique.

 

Alexis Seny

Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes par Marzena Sowa, Aude Soleilhac, Bamboo.

80 pages, 15.90 €

ISBN : 9782818933787

 

 

  

 



Publié le 03/06/2015.


Source : Bd-best


P.D.M : une course contre la mort

Une autobiographie d’un homme qui se retrouve éditeur un peu par hasard. On va suivre l’évolution de sa structure où lui-même se rend compte que la frontière entre sa vie professionnelle et sa vie privée est quasi inexistante... Un ouvrage parfois cru et dur mais qui donne pour la première fois la vision du côté éditorial.

 

 

 

 

 


Que se passe-t-il dans la tête d’un être humain lorsque celui-ci décide de partager son autobiographie avec le commun des mortels ? Est-ce par voyeurisme, par défi où une remise en question de son propre parcours ? Pierre Paquet ose où certains auraient hésité à franchir le pas. Mais qui est réellement Pierre Paquet ? Vous découvrirez à la lecture de ces 256 pages le parcours chahuté d’un homme que rien ne destinait à être à la tête de la plus grande des petites maisons d’édition. Une autobiographie parcourue à travers une course contre la mort de son meilleur ami et confident « Fiston ». A la vision des vingt années évoquées,  Pierre partage ses difficultés humaines afin de trouver le véritable amour mais aussi les différents conflits pouvant naître lorsque l’on est confronté à d’autres personnes qui vous prennent pour un escroc. Mis sur la touche par certains, il évoque les entraves à se relever après chaque coup reçu. Incapable de reporter son amour et sa vie affective sur des relations humaines, il trouve le réconfort auprès de son chien. Beaucoup de personnes se reconnaîtront  au travers des expériences partagées par Pierre. Le titre peut paraître choquant mais à l’intérieur de l’ouvrage, on retrouve un humain confronté à ses joies et à ses peines. L’autobiographie est pour moi un exercice dont on ne sort jamais intact car en partageant une partie de sa vie intime avec le grand public c’est violer son propre jardin secret.  Pierre a confié les illustrations de sa vie à un dessinateur espagnol  (Jésus Alonso) qui réussit à captiver les lecteurs au moyen d’un dessin moderne respirant la fin de l’adolescence et le passage à l’âge adulte.  Un ouvrage qui trouvera écho auprès d’un public composé majoritairement d’adulte.

 

Alain Haubruge

P.D.M par Jesus Alonzo & Pierre Paquet, Éditions Paquet

256 pages, 25 €

ISBN : 9782888904755



Publié le 13/02/2015.


Source : Bd-best


Les Trois Fruits

Les 3 fruits, c’est un conte macabre et noir, décalé dans un temps médiéval et fantasy lointain, mais aussi calé dans les plus bas instincts de l’homme, d’hier… ou d’aujourd’hui. Ainsi, se retrouve-t-on plongé dans l’histoire de ce roi qui, non content de garder pouvoir et paix sur son royaume, voulait s’approprier la vie, la contrôler. Vivre à jamais en somme. Non parce qu’il rêvait de jeunesse éternelle, mais parce qu’il craignait trop la mort que pour la subir. Décadent et en pleine folie obsessionnelle, le roi eut tôt fait de trancher la gorge à ses plus proches et fidèles savants, parce qu’ils n’avaient pas la réponse à sa question: « Que dois-je faire pour ne pas mourir?« . Se présenta alors, lorsque le royaume fut dépeuplé de ses hommes de savoir, un mage obscur quiPage 4 proposa un marché au souverain. En échange du mariage de sa fille, l’homme donna la solution au roi vieillissant. Pour s’assurer la vie éternelle, le roi devra manger la chair du plus valeureux de ses trois fils. Leur faisant miroiter l’accession au trône et à la couronne, le fou envoya donc ses fils aux 3 coins du royaume affronter d’invincibles monstres pour prouver leur robustesse.

 

 

 

 

Énième variation du pacte avec le Diable? Oui, Les 3 fruits l’est certainement, mais avec l’inventivité et l’originalité qui nous font dire que le contes de nos jours peuvent faire bien plus que répéter ceux du passé. Et que les fables de La Fontaine peuvent sortir de leur jour enfantin pour revêtir leurs atours humains et glaçants. Encore plus lorsqu’elles sont rendus par le style unique du dessinateur Oriol. Encore plus flou, plus étiré, plus fantomatique, plus pictural et plus « ambiancé » que dans sa précédente collaboration avec Zidrou (le surprenant et excellentLa peau de l’ours). Et si le lecteur est pris à revers par le genre de cette bande dessinée, il est plongé, immergé complètement dès les premières des 78 pages de cette BD fantastique. Fantastique parce que contemporaine aussi, traitant de l’habituel thème de la peur de la Page 11mort, mais également du mariage forcé, de la lâcheté et de la volonté d’assouvir ses désirs les plus cruels à n’importe quel prix. Bref, ce royaume n’est pas si loin de celui que nous contemplons chaque jour, qui est à notre porte… non, bien plus, qui est chez nous, en chacun de nous. Et que Zidrou et Oriol sont redoutables pour conter nos démons! C’est élégant, menaçant, identitaire, ultra-sombre mais d’une grande beauté et diablement emballant. C’est loin d’être kitsch et Monstrueusement conseillé, donc.

 

Alexis Seny

 

L'avis de Jean Jacobs :

 

L’immortalité


Un Roi se dirige vers la fin de sa vie après quarante ans de règne dans un royaume florissant. Il est fier de lui. Aimé de ses sujets, il a épousé la femme qu’il aimait. Ils ont eu quatre enfants. Mais, le Roi est terrifié à l’idée de mourir. Il ne pense qu’à cela. Il demande à son fou de l’aider. Ce dernier lui dit qu’on a toujours peur de ce qu’on ne connaît pas. Il lui faut apprivoiser la mort. Le Roi invite les plus grands sages pour en savoir plus. Aucun d’eux ne sait comment échapper à la mort. Le Roi les décapite  et tue son fou. Plus tard, un mage se présente au Palais et dit au Roi qu’il sait comment devenir immortel. Un marché est conclu avec ce personnage diabolique.


Un conte cruel


Zidrou et Oriol nous avait délectés avec « La peau de l’ours ». Ils reviennent dans un registre différent mais aussi puissant. Le scénariste Zidrou nous offre un conte cruel, classique et moderne. Comme dans tout conte, un élément va perturber la paix d’un royaume et envoyer trois princes dans une quête insensée. Zidrou respecte la structure de la fable, mais nous livre une histoire surprenante. Quoi qu’il se passe la conclusion sera négative. Graphiquement, Oriol se déchaine et change de registre. Il joue sur les ombres avec des cases sombres et des formes qui font penser aux fantômes. Les ombres sont associées aux faits graves. Les décors et les personnages sont sombres.


Un one-shot fabuleux…


Les 3 fruits par Zidrou & Oriol, Dargaud.

16.45 €, 80 pages

ISBN : 9782505019411

 



Publié le 30/01/2015.


Source : Bd-best - https://branchesculture.wordpress.com - Jean Jacobs


Coup de coeur : Louis de Funès, une vie de Folie

Louis de Funès fut un acteur avec un grand A. Son génie était proportionnel au talent qu'il avait de faire rire ses contemporains. Il a fasciné le public pendant des années. Sa pugnacité et son perfectionnisme poussé à leur paroxysme font qu'encore de nos jours il parvient à faire s'esclaffer tout un panel de générations. Mais derrière le comédien se cachait un être doux et discret, à la timidité extrême et à l'anxiété prononcée. Un être d'une personnalité complexe...

 

 

 

 

 

 

 

Une biographie à la hauteur du maître.

Il s'agit d'une vie narrée via une biographie romancée que François Dimberton raconte avec passion et admiration. Le scénariste de Taxi Molly et du célèbre "le dessinateur" explique rigoureusement et chronologiquement les moments cruciaux de la vie de cet acteur emblématique du cinéma français. Nous découvrons l'enfance de Louis et ce qu'il l'a mené à se diriger vers cette profession tellement décriée à l'époque, considérée comme un travail de saltimbanque par ses ainés. Nous apprenons aussi avec quelle angoisse il appréhendait le fait de ne plus avoir de succès, se forçant ainsi à se dépasser sans arrêt, se poussant dans ses retranchements avec les ennuis de santé qu'on lui connaîtra plus tard. Alexis Chaber nous propose un belle illustration de De Funès, un trait léger agrémenté des couleurs de Magali Paillat qui s'accordent parfaitement au graphisme. Voila donc un biographie très plaisante à lire, instructive, sans lourdeur sur un être d'exception. Une réussite qui aurait plus à ce cher Louis de Funès... sans aucun doute.

 

B.Gilson

 

Louis de Funès, une vie en bande dessinée par Dimberton & Chabert, Delcourt.

128 pages, 16.95 €

ISBN : 9782756052342



Publié le 15/12/2014.


Source : Bd-best


Coup de coeur :  Alix Senator tome 3 La conjuration des rapaces

« La malédiction des furies est partout autour de nous… Je la sens. » Entre complots et politique, manigances et trahisons, Alix et Auguste s’affrontent dans une joute aussi dangereuse que perverse. Qui va sortir grand vainqueur de ce duel qui ne se joue pas qu’à deux ? Bien malin qui pourra le deviner.

Alix n’est plus le jeune homme fringuant que l’on a connu, mais son caractère est reconnaissable. Les années ont passé mais le gaulois reste fidèle à ses valeurs. Il faudra qu’il soit poussé dans ses moindres retranchements pour devoir prendre une décision irrévocable.

Les auteurs nous proposent une tragi-comédie antique. On est là où l’œuvre de Racine prenait ses racines, quelques siècles après Sophocle et Eschyle. Les auteurs jouent avec les personnages pour les amener vers un coup de théâtre final, un grand bluff. Ce terme n’aurait pas été si moderne, l’album aurait d’ailleurs pu s’appeler ainsi.

Valérie Mangin a ingéré, digéré et s’est approprié toute l’œuvre de Martin, les grandes tragédies romaines, ainsi que les codes des meilleures séries télévisées. La génération « jeux de rôles » est aussi passée par là. Elle prend et surprend le lecteur à son propre jeu. Les dialogues théâtraux donnent une dimension à la fois classique et véridique au récit. Après avoir été surpris par Les aigles de sang, après avoir été rassurés par Le dernier Pharaon, cette Conjuration des rapaces confirme la position de la scénariste dans le groupe des maîtres en la matière. Cet album donne envie d’aller jeter plus qu’un coup d’œil sur les autres productions de Valérie Mangin.

 

 

 

 

Thierry Démarez semble prendre de plus en plus de plaisir, en particulier dans les décors et monuments. Outre Jacques Martin, la lumière d’un autre spécialiste de l’époque plane sur son travail. En effet, un des coups d’éclat de la carrière de Gilles Chaillet ayant été une reconstitution gigantesque de la ville de Rome dans l’Antiquité, il pourrait être fier du travail de Démarez.

Denis Bajram enrobe le tout dans une maquette magnifique. Dès la page de titre, aux effets « pierre gravée », le lecteur est amené dans un voyage dans le temps dont il ne reviendra qu’une fois l’album terminé.

Alors que dans les remises de prix, il n’y en a malheureusement quasiment plus que pour les one shots, ce troisième épisode d’Alix Senator a tout pour intégrer la liste des meilleurs albums de cette fin d’année.

 

Laurent Lafourcade

 

Alix Sénator tome 3 par Mangin, Démarez & Martin.

48 pages, 13.50 € édité chez Casterman

ISBN : 9782203078581



Publié le 01/12/2014.


Source : Bd-best


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