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Et si la piste de l’or des Aztèques prenait source dans un musée près de chez nous, auprès de pirates flibustiers

La dernière fois qu’on avait laissé Aude Soleilhac, c’était au marché, au pays du soleil et des aventures bien plus proches de nous qu’on pourrait le croire. La recette de terroir était belle et si elle a regagné la ville en compagnie de Frédéric Maupomé et de trois fantômes de vieux loups de mer qui tiennent décidément moins des monstres de Ghostbusters que des oncles de Casper. Entre deux HLM et en déviant du chemin des écoliers, le vent souffle l’aventure et l’envie de l’abordage nous prend bien vite.

Résumé de l’éditeur : Depuis la disparition de son père, Sixtine vit seule avec sa maman…et trois pirates fantomatiques qui veillent sur elle ! La collégienne est tiraillée entre l’envie de savoir d’où elle vient et la peur de blesser sa mère qui fait face à des soucis financiers. Le jour où la classe de Sixtine se rend au musée pour admirer le trésor des Aztèques, la jeune fille et ses acolytes montent un plan quelque peu risqué…

 

 

 

 

© Aude Soleilhac

 

« Si dieu veut toujours droit devant, nous irons jusqu’à… » Stop Stop Stop ! Ok, l’air est connu mais il est décidément plus facile à chantonner qu’à réaliser. Mais c’est bien mal connaître Sixtine que de penser qu’elle manque d’énergie à revendre. Regardez-la virevolter sur les toits pour mettre en joue un ennemi invisible de la pointe de son sabre. Invisible, l’ennemi ? Si vous aviez son don, vous verriez qu’il y a trois ombres tout droit sorties d’une autre époque qui la suivent un peu partout. Des fantômes, des pirates de surcroît… un peu bêtas, revenus d’entre les morts pour accompagner Sixtine dans son chemin de vie. Sur les bancs peu trépidants de classe mais aussi dans les grands projets que mûrit la jeune fille fameusement intrépide pour son âge.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Sans doute aussi parce que la vie ne lui a pas fait de cadeau: un père mort alors qu’elle n’avait pas eu le temps de le connaître, une belle-famille qui refuse obstinément de la voir et même de la considérer et une mère qui enchaîne les petits boulots par nécessité plus que par passion pour tenter d’offrir une vie plus digne à son héroïne quotidienne. Vous voyez le topo ! Mais la magie qui a réuni ses deux parents ne s’est en rien atténuée et semble toujours bien présente pour porter Sixtine dans ses élans, secondées par ces trois drôles de pirates ectoplasmiques.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Comme aide venue de l’au-delà, on a déjà vu mieux (comme les Tesla, Muhammad Ali, Buster Keaton et autres pointures que convie la série Magic 7) mais cela ne fait qu’augmenter le comique de situation et l’imprévisibilité de cette aventure qui, de bâbord à tribord, est beaucoup moins boiteuse que la jambe droite du Capitaine Archembeau. Dont la soif de trésor n’a pas été étanchée par le purgatoire, ça va sans dire, dent de requin ! Mais attention aux affreux jojos qui semblent eux aussi convoiter l’or des Aztèques.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Au-delà du soupçon fantastique que vient baigner la chouette pleine lune de la couverture, on se laisse très vite embarquer par les deux auteurs dans cette histoire où se côtoient quelques thèmes de la modernité ordinaire. Métro, boulot, dodo, argent trop cher, secrets de famille etc. C’est clair, il fait meilleur être sur son bateau à voguer (même contre vents et marées) vers d’autres destinées et défis. Et Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac ne se le sont pas fait dire. Entraînant l’ordinaire vers l’extraordinaire, évitant les récifs tranchants mais ne naviguant pas à vue pour autant. Le tout dans la chaleur et la générosité qu’on (re)connaît à Aude Soleilhac.

 

 

 

 

© Maupomé/Soleilhac aux Éditions de la Gouttière

 

Une fortune de mer… mais sur terre. Et une occasion, si ce n’est déjà fait, de se lier d’amitié et de passion avec Les Éditions de la Gouttière, qui prouve que les récits jeunesse, quand ils sont bien faits, ont toujours la force d’entraîner aussi les plus vieux.

 

Alexis Seny

 

Série : Sixtine

Tome : 1 – L’or des Aztèques

Scénario : Frédéric Maupomé

Dessin et couleurs : Aude Soleilhac

Genre : Aventure, Fantastique

Éditeur : Les Éditions de la Gouttière

Nbre de pages : 78

Prix : 13,70€



Publié le 06/09/2017.


Source : Bd-best


Marzi : entre l’universel et l’intimement personnel, Marzi tire sa révérence mais n’a pas fini de surfer la (nouvelle) vague

Toutes les bonnes choses ont une fin. La plage, les premières vagues, le sable chaud, les vacances et puis, Marzi aussi. Dans l’ultime album de ce qui demeurera une heptalogie (qui nous aura tenus en haleine durant douze ans, dont six d’attente du dernier tome), la petite Marzi a bien grandi mais on retrouve toujours ce qui a fait notre émerveillement face à cette série d’utilité publique et pédagogique. Car une nouvelle vague, c’est bien, mais c’est tellement mieux quand elle arrive à ne pas oublier son passé, sa conscience et sa mémoire.

 

 

 

 

 

 

 

© Sowa/Savoia

 

Résumé de l’éditeur : Cet été est un temps de grands changements, tant pour Marzi que pour son pays, la Pologne. Alors que ce dernier s’adapte tant bien que mal à la fin du communisme et à sa récente ouverture sur l’Occident, la jeune fille est quant à elle confrontée aux affres de l’adolescence. Car cet été, pour Marzi, c’est le temps des premières fois.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Une tignasse rousse, des yeux bleus curieux et incisifs, la naïveté de l’enfance comme gage de découvertes. En 2005, dans les pages du Journal de Spirou, c’est sans se poser trop de questions qu’on s’attachait à Marzi, cette petite Polonaise des années 80, période propice aux grands changements, aux inquiétudes des grands et aux interrogations des moins grands. Marzi, une héroïne en herbe dès les premières planches subjuguées par le talent Marzena Sowa à raconter sa vie et ses souvenirs et par celui de Sylvain Savoia à mettre ça en image, cherchant toujours plus la justesse.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Et voilà que Marzi nous a accompagnés, m’a accompagné, bien plus qu’on osait l’espérer. Dès mes quatorze ans en 2005, lors de la rédaction de mon mémoire consacré à la bande dessinée du réel où je ne pouvais pas ne pas considérer cette porte ouverte pour les enfants sur une période important de notre histoire européenne; et encore maintenant. Car si six ans ont séparé le sixième et le dernier tome (prépublié dans Spirou dès 2014), dans un monde éditorial où les séries s’échelonnent de plus en plus vite, on a pris le temps d’apprendre la patience et d’attendre notre héroïne. Pas forcément au tournant car Sowa et Savoia ne déçoivent jamais, et pourtant. À l’instar des vagues qui tournent avant de s’effondrer gracieusement sur la plage, notre couple à la vie comme à la planche fait bel et bien tourner cette petite fille qui ne l’est plus tellement et qui, éloignée du carcan familial et les yeux dans cette mer tant espérée, voit ses préoccupations changer. Elle évolue. Mieux, elle s’envole.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Mais il y a encore de la place pour l’émerveillement et pour la curiosité bien placée. Sur l’histoire de son pays et la sortie du communisme et l’influence de l’Amérique qui se fait désormais sentir dans le goût du Pepsi même si c’est à la France que Marzi voue ses rêves, tentant de s’informer sur ce pays où l’on trempe les tartines de beurre ou de confiture dans le chocolat chaud. Puis, sur cette plage où le soleil fait rougir les vivants, il y a aussi un jeune plaisancier allemand qui a tôt fait de rallier à sa cause les battements de coeur de notre jeune Polonaise qui découvre les joies et les déconvenues des amours de vacances. Sans oublier ces fantômes plus ou moins bienveillants que le jeunes ados convient dans leur dortoir alors que leurs moniteurs les croient endormis, plein de sable dans les yeux.

 

 

 

 

© Sowa/Savoia chez Dupuis

 

Sortant de l’appartement et des rues dans lesquels tellement de choses se sont jouées en six albums, Marzena Sowa et Sylvain Savoia ont trouvé une autre lumière pour conclure leur magnifique aventure. Et les deux auteurs font sauter les codes qu’ils avaient balisés jusqu’ici éloignant les cartouches et les descriptions pour mieux laisser parler la force des dialogues et des interactions. Signe que leur héroïne a pris la mesure du récit, fait ses choix et dirige la conversation tout en sachant écouter les opinions divergentes (autour de Lech Walesa, notamment, à l’occasion d’un passage à Gdansk, berceau de Solidarnosk). Et quelle richesse, c’est.

 

 

 

 

 

© Sowa/Savoia

 

Le soleil n’a jamais été aussi beau et l’ombre de Marzi s’affine entre l’universel et l’intimement personnel, trop fugace que pour dompter tout ce qui a traversé cette magnifique série tout au long de ses sept tomes. Et ce, quel que soit l’âge du lecteur. De la Pologne communiste à nos coeurs, il n’y avait décidément qu’une petite fille qui a drôlement bien grandi et mûri, emplie de paradoxes et de certitudes sur ce que sera son monde à venir. La conclusion est superbe et nous ne pouvons que souhaiter une longue et palpitante vie à Marzi.

PS : Pour ceux qui auraient du retard dans la série, Dupuis a eu la bonne idée de publier de trois intégrales. La dernière regroupant le sixième et le présent dernier tome ainsi que des récits et documents d’époque permettant de mieux saisir la métamorphose opérée de l’enfance à l’adolescence.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Marzi

Tome : 7 – Nouvelle Vague

Scénario : Marzena Sowa

Dessin et couleurs : Sylvain Savoia

Genre : Histoire, Chronique

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 56

Prix : 12€



Publié le 05/09/2017.


Source : Bd-best


Harmony tome 3, Mathieu Reynès poursuit les aventures d’Harmony avec une tension digne des meilleures séries thriller fantastiques

  « - William ? Je ne vous aurais pas reconnu ! On peut dire que la vie en pleine nature vous profite !

-          Daniel, qu’est-ce que vous foutez-là ? Une petite balade entre copains ?

-          Où est-elle, William ?

-          Où est qui ? (…)

-          Je suis là ! Laissez-le partir et je viens avec vous sans faire d’histoires. »

 

Alors que William emmène Harmony à l’abri de tous mauvais esprits, ils se font arrêter par Daniel Steinman et ses hommes de main. Contrainte de rejoindre le camp d’entraînement, Harmony y retrouve ses camarades de jeu Payne et Eden. Mais les trois adolescents n’ont pas l’intention de rester des rats de laboratoire.

 

Mathieu Reynès poursuit les aventures d’Harmony avec une tension digne des meilleures séries thriller fantastiques. Aussi énigmatique que X-Files, aussi dynamique que Stranger Things, Harmony démontre la possibilité de ce genre de récits en BD. Comme dans le premier épisode, la séquence d’ouverture pose quelques jalons sur l’explication du phénomène vécu par les personnages.

 

 

 

 

 

 

Les couleurs de Valérie Vernay donnent du relief au graphisme de plus en plus incarné de Reynès. Les séquences sont ainsi délimitées par des ambiances colorées aux tons à la fois du décor, du moment et de la tension de chacune des scènes. Le traitement lumineux de certaines onomatopées est cependant parfois trop marqué.

 

            Harmony est une symphonie puissante qui n’a pas fini de nous transporter.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Harmony

Tome : 3 – Ago

Genre : Thriller fantastique

Scénario & Dessins : Reynes

Couleurs : Vernay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800168753



Publié le 04/09/2017.


Source : Laurent Lafourcade


Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir mais il y a des histoires… glaçantes !

Ça y est ! Après être monté à son zénith, le soleil de l’été couchant a entamé sa folle digression et les jours… raccourcissent alors que la nuit gagne toujours plus de terrain. Et ses ombres malfaisantes, avec. Restez cachés dans les buissons, sans un bruit, retenez votre respiration et peut-être assisterez-vous sans danger aux cérémonials orchestrés par Laurent Lefeuvre avec la béné… la malédiction de Claude Seignolle et par Pascal Moguérou.

 

 

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito



En ouvrant, tel un grimoire, le dernier album de cet orfèvre de l’obscurité qu’est Laurent Lefeuvre, j’aurais juré remonter le temps pour me retrouver il y a quelques années. Quand, à la poursuite d’émois littéraires, je dégotais quelques livres aux couvertures reconnaissables entre toutes des Éditions Marabout. Il y avait là du Jean Ray, beaucoup, mais Claude Seignolle n’était pas en reste. Et ça valait aussi son pesant de cacahuètes… et de chocottes.

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre

 

Alors quand l’un des auteurs de BD les plus sensationnels de sa génération se propose d’adapter le formidable passeur de légendes noires, on n’hésite pas, on fonce. Bon, ce n’est pas pour autant gagner, encore faut-il arriver sain et sauf, éviter les ronces, les souches et autres toiles d’araignées, pour atteindre cette clairière pas forcément réconfortante où plane comme une odeur de diable.

C’est le titre donné à ce recueil (le premier et pas le dernier, on l’espère d’emblée) qui compile ainsi cinq courts récits de Seignolle : Celui qui avait toujours froid, Comme une odeur de loup, L’homme qui savait d’avance, Un bel ensorcelé et Deux dents, pas plus… Tout un univers où rien n’est certain, et la mort encore moins, qui nous tend les branches et les bras décharnés, mais aussi l’encre noire comme jamais pour mieux s’insinuer dans nos veines. Car oui, « le diable existe ». Et il se pourrait bien qu’il soit Laurent Lefeuvre en personne. Tellement que chaque trait transpire tout l’amour nourri pour l’oeuvre de ce « fantastiqueur » de grands chemins à l’écoute de son pays, de ses campagnes et de ses mythes plus ou moins fondateurs. Glaçants, c’est certain.

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito

 

Dans Comme une odeur de diable, Lefeuvre n’a pas son pareil pour faire s’unir les mots afin qu’ils forment des monstres, des visages traumatisés, des vies hantées par les soubresauts du Malin. De ce menuisier qui devinait quand la mort frapperait à ce drôle de vagabond dont il vaut mieux ne rien voir du visage. Lefeuvre croque les monstres sur le vif, de chair et de pustules, de noir et de blanc, comme s’il avait eu les chances de les voir prendre la pose dans son atelier. Il y a de la peur mais aussi de l’élégance, l’influence du regretté Bernie Wrightson, aussi. Mais attention, les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit !

 

 

 

 

© Laurent Lefeuvre chez Mosquito

 

Parfois, on se dit qu’à la vue d’une adaptation, tel ou tel auteur doit se retourner dans sa tombe. Ici, à mesure que Laurent Lefeuvre donne poids et appui à la prose du conteur, je suis plutôt convaincu que c’est un Claude Seignolle (toujours bien vivant et centenaire bon pied bon oeil) galvanisé et requinqué pour les siècles des siècles qui s’est enfui de la chaumière où il coule des jours paisibles pour fêter jusqu’au bout de la nuit et de l’indicible, l’événement. C’est vrai quoi, on n’a pas tous les jours cent ans. Et avec l’art et la manière, encore moins. Puissant !

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Comme une odeur de diable

Sous-titre : Contes de Claude Seignolle

D’après les contes de Claude Seignolle

Scénario et dessin : Laurent Lefeuvre

Noir et blanc

Genre : Fantastique, Horreur

Éditeur : Mosquito

Nbre de pages : 64

Prix : 14€



Publié le 01/09/2017.


Source : Bd-best


Rose tome 2, Le scénario d’Alibert et de Lapière se complexifie et prend une tournure plus sombre

  « - …Mais justement, on ne sait pas qui c’est. Tout ce qu’on sait, c’est qu’ensuite, il a brûlé tout un tas de documents.

-          Comment ça, brûlé ?

-          Dans un tonneau métallique qu’il a descendu jusqu’ici. Ça a bien duré deux heures tellement il y en avait.

-          Et donc, avant de le tuer, mon père lui a parlé du 18 mars 1994 ? Mais c’est ma date de naissance ! Et il a mentionnée l’hôpital Saint-Ambroise ?... C’est là que je suis née !!

-          C’est bien ce qu’il a dit. Je m’en souviens parfaitement.

-          Et on n’en sais pas plus.

-          Abieta ! Je vais aller la voir. Il n’y a qu’elle qui peut savoir. »

 

            Rose poursuit son enquête et les révélations vont se succéder pour la jeune femme au don d’ubiquité. Son père passe du statut de victime à celui d’assassin, mais la situation est bien plus complexe. Les secrets de famille sont des coffres pour lesquels les clefs sont parfois bien cachées. Dans sa maison, un quatrième fantôme, bien moins aimable que les trois spectres locataires des lieux, entre en scène.

 

 

 

 

 

 

            Le scénario d’Alibert et de Lapière se complexifie et prend une tournure plus sombre. Des personnages ne sont pas ceux que l’on croit et peuvent porter des masques, et pas forcément dans un milieu que l’on croirait ripoux. La bourgeoisie biarrote est dépeinte de façon bien réaliste avec tout le surfait dont elle renvoie l’image. L’idée du tableau dans lesquelles s’insèrent les scènes de crime apporte une originalité supplémentaire et contribue à faire de ce récit une histoire solide.

 

            Valérie Vernay, avec son trait et ses couleurs semblant faites à la craie, propose de belles grandes cases. Que ce soient les expressions des personnages ou les paysages dépeints, la douceur du graphisme immerge le lecteur au cœur des sentiments des acteurs et des lieux. Enfin, si vous voulez savoir comment se battre avec un fantôme, ce deuxième acte de la trilogie Rose vous en fournira la méthode.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Rose

Tome : 2

Genre : Polar fantastique

Scénario : Alibert & Lapière

Dessins & couleurs : Vernay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800166636



Publié le 01/09/2017.


Source : Laurent Lafourcade


Joël Alessandra sur un flot de whisky jusqu’aux lacs d’Écosse pour réaliser le dernier rêve d’Helen Arthur

On se souvient des ignorants que faisaient ces deux passionnés Étienne Davodeau et Richard Leroy, entre vignes et planches à dessiner. Quelques années plus tard, c’est au tour de Joël Alessandra de faire l’ignorant sur les traces du Whisky qui honorera le mieux la mémoire d’Helen Arthur et la saveur de l’avoir connue. C’est ainsi que Joël, sans savoir ce qui l’attendait (mais n’est ce finalement pas mieux de laisser les surprises faire dans l’initiation ?), s’est envolé pour l’Écosse.

 

 

 

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Critique experte internationalement renommée dans le domaine du whisky, Helen Arthur meurt brutalement alors qu’elle était à la recherche, pour sa propre marque, d’un malt aux arômes inédits. Joël Alessandra est affecté par la disparition de son amie. Découvrant des notes laissées dans ses carnets, il décide d’honorer la mémoire d’Helen en partant à la recherche de ce nectar unique et parfait ! Commence alors un voyage initiatique en Écosse, qui le conduit à enquêter auprès des plus grandes marques de whisky de l’île d’Islay…

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

Une femme extraordinaire. Comme pour contrebalancer la chanson des Innocents, ce sont les premiers mots qui viennent à Joël Alessandra pour décrire Helen Arthur. Un nom qui pourrait être celle d’une navigatrice. En y repensant, elle l’était sans doute un peu, cette auntie anglaise que le destin a mis sur la route de notre auteur de BD lorsqu’il a épousé la nièce de celle-ci. En passant l’alliance aussi à un peu de la culture anglaise, baignée dans un doigt (ou plus) de whiskies de toutes les couleurs et pour tous les goûts. Un amour du whisky que Joël Alessandra cultivait en grand… amateur, là où le dessin de voyage lui donnait un meilleur terrain de discussion avec Helen qui, elle-même, préférait aider sa mémoire de globe-trotteuse à coup d’aquarelles et de traits griffonnés avec élégance. Et en quête du vrai.

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

Pourtant, la mort a joué la montre et a volé le livre que Joël et Helen auraient pu réaliser ensemble. Pourtant, ce duo avait plus d’un tour dans son sac et Joël n’allait pas se détacher si vite de l’influence et la bienveillance de sa belle-tante. D’autant plus que sur les derniers cahiers de voyage, restait une énigme à résoudre, comme un héritage, une mission qui en laisserait un peu aux vivants. « Est-ce que je trouverai un jour le whisky pour ma marque ? » Une ultime qu’Helen n’a pu menée à terme et que Joël Alessandra reprend à son compte, dans une ultime collaboration avec celle qu’il appréciait tellement.

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

Commence alors, sur un peu plus de 120 planches, un vrai jeu de chassé-croisé à travers les indices laissés par Helen à la postérité et au crayon de Joël. C’est pas le Da Whisky Code, c’est plus terre-à-terre et à-…lac, mais la quête est rendue palpitante… et difficile. Car Joël n’est pas un fin connaisseur de whiskys… et si dans sa quête, c’est plutôt un obstacle, dans la nôtre c’est un adjuvant total. Moi, au mieux, ai-je trempé mes lèvres quelques fois dans un whisky que je saurais à peine reconnaître. Alors, vous comprendrez que j’ai vite mis mon complexe d’infériorité et ma peur de ne rien comprendre quand j’ai vu (et lu) que Joël Alessandra nous mettait tout de suite à l’aise. Pour ce voyage à destination du pays du Loch Lomond (pour rester dans la BD), pas besoin de bagage, l’auteur a pris tout ce qu’il fallait pour qu’on ne manque de rien et qu’on ne soit pas perdus.

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

En plus du soin de ne pas nous écraser de savoir mais de « distiller » ses impressions et son apprentissage, dans les alcôves secrètes et entre les alambics des créateurs alchimistes de cette noble boisson (à consommer avec sagesse), tout en les entrecoupant de la richesse paysagère dont est capable l’Écosse, où il n’est pas rare « d’avoir quatre saisons en une journée ». À savourer de préférence et sans date de péremption !

 

Alexis Seny

 

Titre : Lady Whisky

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Joël Alessandra

Genre : Initiation, Documentaire, Reportage

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 142

Prix : 22€



Publié le 31/08/2017.


Source : Bd-best


Retour inattendu de Jean Louis Tripp avec

Du jamais vu en BD où si aujourd’hui le dernier continent à explorer était celui de l’intime !

Avec "Extases" son dernier livre, Jean-Louis Tripp, co-auteur avec Régis Loisel de la série « Magasin Général », franchit une étape que beaucoup d'entre nous préfère garder secrètement enfouie dans leur jardin intime. Il nous fait découvrir graphiquement la partie la plus secrète de son existence : les relations amoureuses et sentimentales expérimentées depuis son enfance.
Avec une sincérité totale, il nous dévoile l’intimité de sa vie sexuelle en nous décrivant ses premiers sentiments amoureux vis à vis des filles mais aussi avec la découverte des différentes transformations connue par son corps passant de l 'état d'enfant à celui d'adolescent. 

 

 

 

 

 

 

Tout y passe, de l 'exploration du sexe de celle face à lui (d’où le titre de l'ouvrage) aux premiers frissons amoureux et  jeux sexuels, des sentiments éprouvés lors du mélange des corps aux différentes expériences testées par l'auteur au cours de son existence. C'est ainsi qu'il expérimente aussi bien une relation physique à trois personnes, qu'une fellation accompagnée d'une sodomie mutuelle sans pour cela verser dans une relation homosexuelle.

 

 

 

 

 

L'auteur a choisi de traiter son autobiographie de façon humoristique tout en gardant les représentations de ses différentes pratiques sexuelles conforme à la réalité. Il n'oublie pas de représenter ses états d’âme, ses émotions, ses sentiments et sensations au moyen de cases cartographiées. En conclusion, un livre destiné plus particulièrement à un public adulte averti présentant le témoignage illustré d'un homme sur son propre parcours sexuel.

 

En librairie le 6 septembre 2017

Couverture couleur souple à rabats

272 pages noir et blanc - 22 €

CASTERMAN

 



Publié le 30/08/2017.


Source : Bd-best


Dans Bâtard, le crime est une affaire de famille qui roule à tout berzingue !

Bandit, gangster, larron, pillard… Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner quiconque vole le bien d’autrui. Max de Radiguès a lui choisi Bâtard, pour l’ambigüité du mot et ses différentes significations. Puis faut dire que Bâtard, ça sonne bien et ça résonne comme un épisode de Breaking Bad ou un film de Tarantino bien torché, bien claqué. Ça tombe bien, Bâtard, c’est plus qu’un titre, c’est un road trip qui ne se refuse rien, sur la piste de Bonnie & Clyde en mode mère et fils. À moins que…

 

 

 

 

 

 

 

© Max de Radiguès

 

Résumé de l’éditeur : May et son fils Eugene tracent la route, le coffre de leur voiture rempli de sacs de billets de banque. Ils viennent juste de participer à un  » coup  » exceptionnel : 52 hold-ups simultanés à la même heure, dans la même ville. La police n’a rien pu faire !

 

 

 

 

© Max de Radiguès

 

« Faut qu’on bouge ! » « Déjà ? On n’a même pas eu le temps d’aller à la piscine… » Bon d’accord, dit comme ça, ça a tout l’air d’un album qui se traîne et prend son temps. Pourtant déjà, dans cette situation banale, dans ces premières planches, Max De Radiguès tisse son intrigue qui peu à peu va prendre un tour phénoménal. Car la situation de May et Eugene n’est pas anodine. Et la piscine dans laquelle ils vont bientôt plonger pue le sang et la sueur plus que le chlore. Eugene et May ont réussi le coup parfait (inutile de demander, l’auteur reste vague à propos de ce sujet qui n’est pas celui du livre) jusqu’à la fuite. Cette cavale qui, elle, n’a rien de parfait.

 

 

 

 

© Max de Radiguès chez Casterman

 

Des barrages de police à la cabane d’un bûcheron jusqu’à l’issue inéluctable, le tout émaillé d’une crise d’asthme, de baston et d’autres moments réjouissants; Max De Radiguès se sert du petit format qui lui est assigné (et qu’il s’est assigné, en fanzine, lors d’une première parution auto-éditée en 2015) pour faire dans la grande aventure, la folle épopée. Et mettant ses deux héros (dont il connait forcément plus les vies que ce qu’il en dévoile pour mieux surprendre) au pied du mur et face à une bande bien plus terrible que les quarante voleurs; l’auteur varie les plaisirs et les paysages dans un noir et blanc qui leur va bien et nous offre une péripétie tour à tour barrée, mordante, allumée (et incendiaire, même) et conquérante. Une BD de genre de beau calibre et sous testostérone qui parvient à échapper à la superficialité pour aller voir plus profond. Et ça, ça lui fait casser la baraque encore plus !

 

Alexis Seny

 

Titre : Bâtard

Récit complet

Scénario et dessin : Max De Radiguès

Noir et blanc

Genre : Road trip, Thriller, Action

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 192

Prix : 13€



Publié le 25/08/2017.


Source : Bd-best


Bocquet, Cossu et Guillo, le trio gagnant de l’année chez Dupuis

    « - Et maintenant, vous allez découvrir un truc qui va changer votre vie pour toujours, et la mienne aussi par la même occasion : la cuisson. Kenza, passe-moi un bout de viande… Mais, qu’est-ce que vous faites ??? Arrêtez ! Arrêtez !

-          C’est danger !

-          C’est pas danger, c’est progrès, espèce de primate !

-          Progrès, c’est danger !

-          C’est toi, danger !

-          C’est toi, primate ! »

 

La foudre vient de s’abattre sur un arbre qui s’embrase aussitôt. Franck saisit la balle au bond  pour montrer aux hommes préhistoriques l’intérêt et l’utilité du feu. Mais ceux-ci se sentant en danger ne cherchent qu’à l’éteindre.

Le feu ne sera pourtant l’élément le plus dangereux de ce deuxième épisode des aventures préhistoriques de Frnck. Entre tribu ennemie, créatures féroces et créatures mignonnes mais surtout féroces, l’orphelin et ses camarades en peaux de bêtes ne vont pas avoir le temps de reprendre leur respiration.

 

            Bocquet, Cossu et Guillo : c’est le trio gagnant de l’année chez Dupuis. Un scénario punchy, un graphisme pop n’roll et des couleurs chatoyantes, pour ne pas dire lapinantes, voici la recette d’un cocktail aux allures de course d’endurance. Entre Jumanji et Indiana Jones, les aventures de Frnck apportent un vent de fraicheur comme celui amené par Chuck Jones dans le dessin animé de l’âge d’or.

 

 

 

 

 

Un seul regret, nous n’en sommes qu’au deuxième épisode et il y a déjà trop de voyelles. C’est dommage de ne pas avoir exploité plus longuement le concept. Mais c’était juste pour trouver quelque chose à redire.

 

            Après ce baptême du feu, vous ne regarderez plus jamais les lapins de la même façon…

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Frnck

Tome : 2 – Le baptême du feu

Genre : Aventure

Scénario : Bocquet

Dessins : Cossu

Couleurs : Guillo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56



Publié le 24/08/2017.


Source : Bd-best


Troubs et Dumontheuil, cornacs du dessin là où les éléphants s’amenuisent, de conservation en conversation de styles

 Il y a quelques années, la fin de mon cursus universitaire se profilait et je devais mettre la dernière main à mon mémoire portant sur la bande dessinée du réel. À l’époque je cherchais, entre autres choses, des sujets sur lesquels deux dessinateurs auraient pu poser leur regard et leur art. Pas évident. Si ce n’est qu’aujourd’hui, les Éditions Futuropolis viennent de sortir l’un de ces albums, précieux tant par son sujet que par son traitement. Voilà donc que, croisant leurs visions sans les faire fusionner, chacun à son tour, Nicolas Dumontheuil et Troubs nous font prendre un aller simple pour le Laos, le pays du million d’éléphants… qui ne l’est plus tant.

 

 

 

 

 

 

 

© Troubs chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur : L’éléphant est l’animal adoré du Laos. Devenu l’emblème du pays, il pourrait n’être bientôt plus qu’une mythique créature puisque la reproduction de l’espèce est menacée. Créé en 2011 par une équipe de spécialistes, le centre de conservation de l’éléphant travaille au bien-être de l’animal, des soins vétérinaires à la reproduction et la formation des cornacs. Les éléphants domestiques du Laos sont traditionnellement utilisés dans l’exploitation forestière et le bardage. Avec seulement deux naissances pour 10 décès, l’éléphant d’Asie, emblème national sacré du Laos, est sérieusement menacée de disparaître. À l’hiver 2015, le Centre de Conservation de l’Eléphant du Laos a organisé une caravane de pachydermes qui a parcouru 500 km à travers les provinces de Sayaboury et Luang Prabang. Nicolas Dumontheuil et Troubs ont suivi cette éléphantesque procession.

 

 

 

 

 

© Dumontheuil chez Futuropolis

 

La longue marche des éléphants est affaire de cohabitation. De deux cohabitations pour être juste. Celle de l’homme et de l’éléphant, d’abord. L’homme qui, bien plus loin qu’Hannibal, s’est allié ce géant et cette force de la nature pour exécuter plus de douze travaux avant de progressivement le laisser tomber en désuétude tel un super-héros abandonné. Et son territoire d’être piétiné, déforesté. Parfois, même, quelques foudres de guerre éléphantesques sont-ils utilisés pour détruire leur propre habitant.

 

 

 

 

© Troubs chez Futuropolis

 

Si bien que de 40 000, il y a quelques décennies, les éléphants ne sont plus désormais qu’une dizaine de milliers. Et si le long du parcours de cette caravane « pachydermique », les cris et les vivats sont au rendez-vous, les auteurs constatent à quel point leur héritage est fissuré, que les traditions sont rompues et que l’ascenseur social a fonctionné dans le sens inverse. Autrefois quasi-aristocratiques, les cornacs déchantent aujourd’hui. Puis comment sensibiliser des villageois misérables à la cause animale ? Comme le résume bien Mirabelle, de l’équipe pédagogique, « Comment leur parler de la protection de l’éléphant alors qu’eux-mêmes peinent à survivre? »

 

 

 

 

© Dumontheuil chez Futuropolis

 

L’autre cohabitation, c’est bien sûr celle des coups de crayons de Nicolas Dumontheuil (bien loin de la Finlande et des renards de son dernier album) puis de Troubs (un autre spécialiste des voyages et de leurs carnets) qui se font écho sans se télescoper mais en se renforçant. Dumontheuil suit ainsi le périple de la caravane tandis que Troubs, arrivé plus tard dans le voyage (mais pas dans l’aventure : à cause d’un mauvais timing, il n’a pu prendre place dans la caravane dès le début mais a conseillé aux organisateurs d’aller voir du côté de Dumontheuil), s’est consacré à l’action du centre de conservation.

 

 

 

 

© Troubs chez Futuropolis

 

Tous deux sont réunis dans le noir et blanc mais chacun officie avec le style qui lui est propre, avec ses armes. Nicolas Dumontheuil plus distancié de son sujet, fait sentir qu’il a pris le temps de maturer son aventure et ce qu’il en retirerait. Troubs, lui, est plus sur le vif, en reportage live. Et chacun fait valoir ses forces pour parler au mieux de ce sujet et pour encaser les éléphants (ce qui n’est pas si évident, pensez au magasin de porcelaine !) de toute leur grâce et de tout leur courage, de toute la richesse dont ils sont capables et dont l’homme devrait s’inspirer.

 

 

 

 

© Dumontheuil chez Futuropolis

 

On oublie que ce n’est pas si commun de voir deux visions mises côte à côte pour nous rapprocher d’un même sujet (mais sur deux angles différents) pour jouer au jeu non pas des sept mais des mille différences et comprendre ce qu’il y a derrière le regard de ces deux auteurs si habiles à comprendre et à faire comprendre le monde qui nous entoure, à pas d’éléphant mais tout en prenant le temps.

 

Alexis Seny

 

Titre : La longue marche des éléphants

Scénario : Troubs/Nicolas Dumontheuil

Dessin : Troubs /Nicolas Dumontheuil

Noir et blanc

Genre : Documentaire, Voyage, Reportage

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 82 (+5 pages de dossier)

Prix : 18€



Publié le 24/08/2017.


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