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Sacha Guitry en BD et dans l’engrenage des amours éphémères et des envies de conquêtes toujours plus lancinantes

Toujours présent au moins une fois par semaine parmi les citations (il faut dire qu’il en a eu des bons mots, au fil de sa carrière) des Grosses Têtes, Sacha Guitry a marqué son époque et est toujours un monument impossible à déclasser des lettres et des arts de la scène en France. Alors que ses pièces continuent d’être reprises un peu partout, soixante ans après sa mort, le dramaturge aux origines russes fait son entrée dans un diptyque en BD de Noël Simsolo et Paolo Martinello. Malheureusement pas un nouveau testament.

 

 

 

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Après son divorce, le comédien Lucien Guitry enlève Sacha, son fils de cinq ans et l’emmène plusieurs mois à Saint-Pétersbourg où il se produit devant la cour impériale. C’est ainsi que l’enfant Sacha Guitry débute sur scène devant le Tsar Nicolas. Ces premiers pas sur les planches lui donnent le goût du théâtre. Très jeune, et malgré une scolarité désastreuse, il écrit et interprète ses propres pièces à Paris et connait ainsi la gloire. Ami de Sarah Bernhard, Colette, Alphonse Allais, Jean Cocteau, Georges Feydeau, il connait un destin fabuleux qui l’amène à être le roi de Paris.

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

Roi de Paris, légende immortelle, les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier cette personnalité hors-norme, ce surdoué du théâtre (et sous-doué à l’école) au destin remarquable. Mais peu de traits l’avaient incarné jusqu’ici. Alors, à l’heure où cinéma et littérature (en mots ou en dessins) aiment faire écho des récits de vies anonymes ou célèbres, Sacha Guitry avait toute sa place dans le vaste monde du Neuvième Art (plutôt deux fois qu’une puisque Delcourt vient de lui consacrer un roman graphique). C’est pourquoi, au-delà de l’icône et de l’esprit, Noël Simsolo (lui-même acteur, réalisateur, écrivain, historien du cinéma et auteur, en 1988, d’un essai sur Sacha Guitry) et Paolo Martinello s’intéressent en profondeur à celui qu’ils surnomment le bien-aimé mais dont ils se gardent bien d’enjoliver l’existence, prise dans l’engrenage des amours éphémères et des envies de conquêtes toujours plus lancinantes.

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

C’est vrai, la vie trépidante de Sacha Guitry n’a rien à envier aux feuilletons télévisés qui n’en finissent plus, il y a toujours à dire, il y a toujours un rebondissement. Et ses pairs ont tellement du mal à le suivre, dans ses grandes qualités mais aussi ses immenses défauts. Un homme avec ses failles, quoi, un joli coeur qui aimait trop les femmes mais auquel on pardonnait tous les excès une fois qu’il grattait le papier de cette plume formidable.

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

L’éclat de cet homme moderne, les deux auteurs peinent à rivaliser avec lui. L’histoire se suit mais là où l’Italien Paolo Martinello nous séduisait sur la couverture, il pioche un peu plus tard, sans parvenir à trouver la force de sortir de ce qui se contente d’être finalement une biographie convenue, sobre et un peu terne malgré quelques cases et des premières planches fascinantes, fortes en ambiance. Et quand on se frotte à un virtuose scénique, ça ne pardonne pas. « Citer les pensées des autres, c’est regretter de ne pas les avoir trouvées soi-même », mettait pourtant en garde l’homme dont il est question ici.

 

Titre : Sacha Guitry

Tome : 1/2 – Le bien-aimé

Scénario : Noël Simsolo

Dessin et couleurs : Paolo Martinello

Genre : Biopic

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 66

Prix : 14,95€



Publié le 09/11/2017.


Source : Alexis Seny


Marini règne en maître sur Batman dans un Gotham qui cherche désespérément à ne pas perdre l’enfant qui est en lui

Un Batman par Marini, waow. À vrai dire, on a commencé à en rêver le jour où cette annonce est tombée tant on ne pensait pas qu’un jour, au-dessus de Gotham, planerait un grand M dessiné par la lumière d’un projecteur en détresse. Bien sûr, on voyait des dessins, des dédicaces défiler sur le mur de l’auteur décidément insatiable (et qu’est-ce qu’on l’aime ainsi) mais on pensait que c’était pour le fun, l’hommage pas pour le bluff et pour nous prendre de court. Car oui Marini a fait son Batman, on en attendait du coup énormément. Enrico a fait mieux que tout ce qu’on pouvait imaginer. Gotham’s calling, the dark prince (is) charming.


Résumé de l’éditeur : Quel lien secret Batman et le Joker partagent-ils avec une jeune fille mystérieuse ? Kidnappée par le Joker, le Chevalier noir doit plonger dans les profondeurs de Gotham City et s’engager dans une course contre la montre pour la retrouver. Les enjeux sont importants, et pour Batman, c’est personnel !

 

 

 

 

© Marini chez DC Comics

 

Comme un gosse dans un magasin de jouet… voilà l’effet que fait cette incursion de Marini dans le monde (pas si loin du nôtre complètement fou) de l’homme chauve-souris. C’est vrai, Marini a pris son pied, époustouflant, et le plaisir du lecteur en sort décuplé. Comme un gamin, vraiment, qui oublie tout et plonge dans cette ville dantesque dans laquelle les héros qu’ils s’appellent Bruce, Selena, James ou… Enrico auront toujours et à jamais fort à faire.

Et c’est d’ailleurs par l’intermédiaire d’un enfant comme pierre angulaire que le papa du Scorpion ou de Marcus et Arminius va nous impliquer dans la pire des horreurs. Celle qui se matérialise quand quelqu’un de malintentionné ose toucher à un cheveu d’une de nos têtes blondes.

 

 

 

 

© Marini chez Dargaud

 

Et quand ce quelqu’un n’est nul autre que le Joker en question… et que cette petite fille semble être la fille illégitime d’un Bruce Wayne qui semble tomber des nues face à cette paternité insoupçonné, la tension psychologique a vite fait de s’y installer. Dieu que ce diable de Suisse sait s’y prendre, sans trémolo, tout en justesse, dans son histoire mais aussi dans la détente des corps qui se déploient tout au long de l’album.

 

 

 

 

© Marini chez Dargaud

 

Marini et Batman, c’est plus qu’une histoire d’amour, passionnée et passionnelle, c’est l’éloge de la beauté du geste dans ce décor tentaculaire, tenant moins du carton-pâte que du réalisme troublant.

Ce premier acte (sur deux prévus), c’est une prison psychologique, dans la droite lignée de ce qu’a pu faire un Miller avec The Dark Night. Désespéré , au bord du précipice. Batman est, en force, toujours supérieur à tout le monde (et c’est ce « pauvre » Killer Croc qui en fait les frais) pourtant dans le vacillement pétri par les déséquilibrés, le chevalier noir n’en mène pas large.

 

 

 

 

© Marini chez Dargaud

 

Pour le plus grand bonheur du Joker et de sa clique (tout un cirque) réunis pour fêter l’anniversaire d’une Harley Quinn complètement démente. Et là aussi, Marini prouve que s’il sait se placer du côté du héros, sa folie est intacte pour convoler avec les fous, par des bons mots et une expressivité radicale.

 

 

 

 

 Les clowns de légende se rencontrent ! © Marini

 

 

Le trip de Marini à Gotham, sur ce premier tome, c‘est à la fois du sur-mesure et du hors-norme, du vertige et de la voltige, un exercice réussi emmené à 200 à l’heure auquel on aimerait tant que l’helvète flamboyant, dans le deuxième acte de ce théâtre super-héroïque, amène un personnage (un méchant, par exemple? enfin cela dit l’auteur s’occupe déjà d’étoffer de manière très mignonne le merchandising du Joker!) rien qu’à lui ! Qui vivra verra.

 

Titre : Batman – The Dark Prince Charming

Tome : 1/2

Scénario, dessin et couleurs : Enrico Marini

Genre : Comics, Thriller, Action

Éditeur : Dargaud & DC Comics

Nbre de pages : 72

Prix : 14,99€

Date de sortie : le 01/12/2017 (le 03/12/2017 pour une édition collector et limité avec 12 pages de croquis en plus)



Publié le 07/11/2017.


Source : Alexis Seny


Seule à la récré : si l’école est un luxe, elle devient lutte quand le harcèlement s’y immisce mais Ana et Bloz en rient à bon escient

Deux mois après la rentrée, alors que les vacances de la Toussaint se terminent, celles-ci étaient l’occasion pour nos têtes blondes de s’octroyer un peu de détente, de se relâcher des tensions qu’ils peuvent subir au quotidien. Car oui, il ne faut pas être angélique, l’école peut être infernale et la cour de récré peut défaire des réputations sous les coups de bluff de crâneurs. Pourtant, loin d’être un différent que seuls les « ennemis » jurés peuvent régler, nous sommes tous impliqués, d’un côté comme de l’autre de la barrière du harcèlement. Et avec Seule à la récré, la jeune Ana (tout juste 18 ans mais passionnées de BD de longue date), Bloz, David Lunven et Mirabelle cristallisent les expériences dans l’humour plus que dans le pathos, mais en éveillant les consciences qui auraient mis des œillères face à cette problématique bien réelle.
© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

Résumé de l’éditeur : La vie pourrait être parfaite pour Emma. Mais voilà, il y a Clarisse. Et Clarisse lui fait vivre un enfer à l’école. Elle a même réussi à monter les autres élèves contre elle. Ses parents ne remarquent presque rien, si ce n’est son changement de comportement, et les maîtresses ne prêtent pas attention à ce que l’on pourrait prendre pour « des jeux », mais qui relève de quelque chose de beaucoup plus grave.

 

 

 

 

 

 

 

© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

 

Ça commence par une pique, anodine et pourtant perforante, et ça n’en finit plus, cautionné par des (faux?) amis qui n’osent pas sortir des rangs et se plient à la tyrannie du leader. Ça se répand vite, comme un venin, ces choses-là et, pire, on pense que ça n’arrive qu’aux autres. Dans cette histoire faite de gag, on se rend très vite compte de l’engrenage très rapide lancé à toute allure par Clarisse sur la pauvre Emma qui n’avait rien demandé. Et très vite, l’école n’est plus un luxe mais une lutte, à n’importe quel moment, sans répit, jusque dans les nuits.

 

 

 

 

© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

 

Se gardant de parler des réseaux sociaux, cette jungle où les plus chétifs sont croqués par les prédateurs, Ana ne préserve pas pour autant ce qui est un peu son ersatz (Ana a elle aussi eu à subir les affres de l’acharnement gratuit) qui en perd l’appétit et se retrouve cabossée de partout. Sans oublier qu’il lui arrive de répercuter ce qu’elle vit sur son petit-frère, chamboulant l’équilibre familial devant ses parents médusés de ne pas savoir de quel étrange mal elle souffre. Et chez les instituteurs et la directrice de l’école, vous croyez que c’est mieux ? « Du harcèlement ici, mais non, c’est impensable! » Et pourtant…

 

 

 

 

© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

 

Outre la prise de conscience plus ou moins latente, Seule à l’école n’en fait pas pour autant des caisses et conserve son statut de divertissement cependant nourri avec du fond, évitant le larmoyant mais aussi le manichéisme. Après tout, Clara n’est pas méchante, hein, mais à force de suivre, il n’est pas forcément exclu qu’elle soit idiote ! Un peu comme nous. Car, mine de rien, je suis sûr qu’en cherchant un peu, on s’est tous retrouvés plus ou moins poltrons face à une situation de harcèlement ou assimilée, à fermer notre bouche en attendant que ça se passe. Et face à cette bande dessinée, on est aussi en position passive, seulement observateur de ces scènes de cruauté banale, en attendant que vienne le dossier de décryptage. Et si Emma passe plus qu’un sale quart d’heure, on est heureux de voir qu’elle s’en sort, au final, la tête haute, en s’ouvrant aux autres et en osant parler de ce problème que certains ont eu tôt fait de ranger et classer au premier rang des invisibles. Un bon exemple dans des planches de gags qui évitent la facilité éculée.

 

Titre : Seule à la récré

Scénario : Ana et Bloz

Dessin : Bloz

Couleurs : Mirabelle et David Lunven

Genre : Gag, Humour, Société

Éditeur : Bamboo

Nbre de pages : 48

Prix : 10,60€



Publié le 05/11/2017.


Source : Alexis Seny


Pauvre Jean-Pierre : intimité d’un anti-héros ordinaire et désormais intégral

Après avoir éclairé notre été en toute simplicité, Grégory Mardon s’offre une intégrale chez Aire Libre autour de son pauvre, si pauvre Jean-Pierre. Plus pauvre encore que Lampil mais peut-être aussi méconnu en raison de son physique passe-partout, banal. Jean-Pierre, il a fait de la chanson de Jean Sablon Vous qui passez sans me voir sa ritournelle tristounette. Alors, en 2017, quand Dupuis tape sur le clou et nous offre l’intégralité des trois albums (« Corps à corps », le premier tome de la série avortée Incognito « Victimes parfaites » et dédiés à Jean-Pierre, on ne peut que réhabiliter ce personnage aussi banal que marquant.

 

 

 

 

 

 

 

© Mardon chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Cette première intégrale inédite est un juste hommage à cet auteur complet et à la vaste fresque qu’il entreprit de dessiner en l’honneur des petites gens de l’ordinaire, parmi lesquels ce « pauvre » Jean-Pierre. Un ouvrage proche de nous, qui prouve que les voix et les récits contemporains ne sont pas en reste au sein du label « Aire Libre ».

 

 

 

 

© Mardon chez Dupuis

 

Le temps a passé, les grands se sont levés, les plus puissants ont émergé, mais les petites gens sont restées des petites gens. Et à l’heure où l’on se cherche des héros avec toujours plus de super-pouvoirs et d’effets spéciaux, il est toujours bon de retrouver des anti-héros du quotidien, ceux dont on scrute les visages dans les trajets trop long en train, en bus et en métro. Ceux qui ne reteignent pas le regard, dont on a vite fait le tour, des marionnettes de la routine et d’une vie pas palpitante, pas folichonne. Jean-Pierre en est l’archétype-même. Inodore (pas qu’on ne sache pas le piffer, non non), insipide. C’est simple, dans ses trois albums, le héros pourrait presque être nous. Parce que Jean-Pierre est intervertible, on peut aisément prendre sa place, sous ses sparadraps, empoigner ce qui lui arrive.

 

 

 

 

© Mardon chez Dupuis

 

Mais, dans un ultime sursaut de ce qui lui reste d’orgueil, Jean-Pierre s’accroche et repousse case après case les quatre bords de celles-ci pour se maintenir en vie aux côtés des femmes qu’il envie, de son ami pas toujours recommandable. Pris dans les courants de l’existence, Jean-Pierre est un survivaliste, il brille contre toutes attentes d’être lui-même. Et en cela, ça en fait un héros intéressant dans cette société du paraître où les apparences sont souvent trompeuses (vous avez vu cette dame d’un certain âge qui force la chirurgie esthétique à outrance à tenter de lui en donner 20 ans de moins au rebond de ses seins et au lifting tellement tiré qu’on ne verrait pas ses larmes couler).

 

 

 

 

© Mardon chez Dupuis

 

Au gré de ses trois aventures (conçues indépendamment), Jean-Pierre, notre loser de première, tente de vivre sa vie, de s’épanouir. Il y a des histoires d’amour désuet avant même d’avoir commencé, des rendez-vous au café, des obsessions pour des muses aux formes avantageuses, la routine le jour comme secrétaire dans un cabinet médical, les errances la nuit dans la rue à chercher un destin bien mieux que le sien. Et forcément à trop croire en sa chance, à divaguer, il lui arrive des cracks, des coups de massue, à notre Jean-Pierre. Et, mine de rien, c’est sans doute ce qui fait qu’on s’y attache encore plus.

 

 

 

 

© Mardon chez Dupuis

 

Dans la troisième partie de cette intégrale, Mardon ne se contente plus de choper notre désormais ami à un moment de sa vie pour en dire le strict minimum. Non, il lui offre des souvenirs, ceux d’une campagne qui fleure bon la ferme et l’agriculture locale, les 400 coups à faire entre bois et prés et les tombolas pour la fête des écoles. Entre tout ça et ses petits camarades de classe pas toujours sympa, Jean-Pierre se rêve parfois super-héros (un peu comme P’tit Quinquin), comme dans les comics qu’il dévore, mais c’est oublié qu’il a des voisins zarbis et que quand la nuit tombe sur ce bled paumé, il faut avoir le coeur bien accroché.

 

 

 

 

© Mardon chez Dupuis

 

Parce que le personnage est récurrent mais qu’il n’y a pas forcément de lien entre les trois albums, Grégory Mardon se réinvente au fil des planches, ne bridant pas sa créativité de l’ordinaire pour l’explorer au plus loin, sans limite. Voilà sans doute pourquoi ces trois récits-là sont singuliers et si bien achalandé. Comme son personnage, Mardon semble avoir laissé faire le hasard lui souffler dans les pages. De quoi conférer à son héros si ordinaire un statut inestimable.

 

Titre : Pauvre Jean-Pierre

Intégrale

Scénario, dessin et couleurs : Grégory Mardon

Genre : Comédie dramatique et sociale

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nbre de pages : 216

Prix : 32€



Publié le 02/11/2017.


Source : Alexis Seny


Bidou, le petit chien bleu et vagabond a traversé l’océan avec un joli goût de Brésil

Il y a quelques jours, nous avons adopté un petit chiot. Est-ce ça qui nous a conduits vers la lecture de Bidou, Une vie de chien ? Forcément, ça a dû jouer. Bidou, pour le moment, n’a pas encore trouvé d’adoptant. Il erre dans la ville et ça lui convient très bien vu du terrain vague où il fait sa loi. Pourtant, Bidou, petit Idéfix des temps moderne, il ne pèse pas lourd et n’est pas plus haut que trois pommes. Et du petit roquet qu’il est en réalité, il va vite en prendre conscience.

 

 

 

 

 

 

 

© Damasceno/Garrocho

 

Résumé de l’éditeur : Bidou est un petit chien solitaire vivant dans un terrain vague plutôt tranquille. Dormant sur le toit d’une voiture abandonnée, il profite pleinement de sa liberté pour vagabonder dans le voisinage et mener ses petites affaires. Mais un beau matin, sa vie sereine bascule brutalement par l’apparition d’un énorme bouledogue qui le chasse de son territoire ! Après quelques jours d’errance à travers les rues, Bidou est recueilli et placé dans un refuge.

 

 

 

 

© Damasceno/Garrocho chez Glénat

 

Des chiens abonnés au vagabondage, il y en a plein nos rues, pourtant Bidou en a fait du chemin pour parvenir jusqu’à nous… et du temps. Car sous ses airs de jeunot, celui qui s’appelle là-bas Bidu a 58 ans et il nous vient du Brésil. Pour le coup, les éditions Vents d’Ouest n’ont jamais aussi bien porté leur nom. Bidu, c’est un des nombreux personnages de l’univers fertile de Mauricio de Sousa. Le tout premier (du moins, réussi) qui donna son emblème de petit chien bleu tout guilleret à ce qui deviendrait Mauricio de Sousa Produções et Editora. Un personnage culte en Amérique du Sud qui n’a jamais vraiment traversé l’océan… jusqu’à aujourd’hui. Mauricio n’est plus à la barre et ce sont Eduardo Damasceno et Luis Felipe Garrocho qui se retrouvent à initier ce qui est une sorte d' »origin story » (éh oui, y’a pas que les super-héros qui peuvent s’en targuer).

 

 

 

 

© Mauricio De Sousa

 

Bidou, une vie de chien ne brille pas franchement par une originalité éclatante, pourtant sur le dos de ce chien de gouttière, on se laisse porter, avec notre âme d’enfant, dans ce décor urbain et brésilien.

 

 

 

 

© Damasceno/Garrocho chez Glénat

 

C’est vrai qu’il faut trouver ses repères, retrouver les codes, car le ton et l’impact visuel sortent de l’ordinaire. Parce que le dessin et les couleurs alternatives de Garrocho s’apprécient une fois qu’on les a acceptés. Alors, sous une pluie merveilleusement torrentielle (tellement qu’elle s’épanouit sur une superbe double-planche) ou dans les égouts, l’aventure insufflée nous souffle, dans tous les bruitages dont elle est capable.

 

 

 

 

© Damasceno/Garrocho chez Glénat

 

Le texte est réduit au strict minimum, les chiens, du plus petit au plus gros, parlent par images, ce n’est pas toujours de la plus grande des clartés mais c’est tellement poétique. Et, au-delà de l’aspect mignon, Bidou nous offre un monde de sensations qui pourraient bien se poursuivre. La série compte plusieurs épisodes en espagnol.

 

Titre : Bidou

D’après le personnage créé par Mauricio de Sousa

Scénario : Éduardo Damasceno

Dessin et couleurs : Luis Felipe Garrocho

Genre : Jeunesse, Aventure, Animalier

Éditeur : Vents d’Ouest

Nbre de pages : 72

Prix : 13,50 €



Publié le 01/11/2017.


Source : Alexis Seny


Fog de Seiter et Bonin finit de nous captiver dans une Angleterre sur laquelle le brouillard s’est levé mais où bon nombre de mystères planent encore et toujours

Pour embarquer dans la deuxième intégrale des aventures de l’écrivain-journaliste Ruppert Graves, de l’inspecteur principal de Scotland Yard Andrew Molton et de l’archéologue-conservatrice de musée Mary Launceston dans l’Angleterre victorienne, vous avez le choix entre un zeppelin ou des reliques de l’Égypte ancestrale. Des siècles séparent les deux thèmes qui sont les fils conducteurs de ces quatre derniers albums de Fog, et pourtant… Entre hier et ce qui était aujourd’hui en cette deuxième partie de XIXème siècle, Roger Seiter et Cyril Bonin, sans besoin d’anachronisme, tendaient de grandes perches vers notre monde d’aujourd’hui. Et c’est pourquoi Fog ne vieillit pas et n’a fait que bonifier.

 

 

 

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec



Résumé de l’éditeur : Dans ce deuxième volume de l’intégrale de Fog, nos deux héros enquêtent d’abord dans les Highlands, sur fond d’antagonisme entre l’Angleterre et l’Écosse. Leur but : retrouver l’identité d’une mystérieuse amnésique. Mais bientôt, ils découvrent que son cas n’est pas isolé… Entre intrigue policière et complot, aux frontières du fantastique, le troisième cycle de Fog s’achève dans une incroyable bataille aérienne… Dans le second diptyque contenu dans ce volume, Graves et Launceston replongent  dans les bas-fonds londoniens. Confrontés à la pègre locale, à un étrange justicier tout droit sorti de la tombe secrète d’un pharaon égyptien, mais aussi à plusieurs personnages récurrents du premier cycle, Graves et Launceston bouclent la boucle. C’est avec ce mélange d’aventures archéologiques et d’enquête policière, clin d’oeil à Howard Carter et au trésor de Toutankhamon, que l’épopée Fog se conclut…

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec

 

Dans ces quatre derniers épisodes de cette série qu’on a vu se clôturer à regrets, Roger Seiter et Cyril Bonin sont toujours autant à leur avantage. Mieux, ils enfoncent le clou pour offrir deux histoires haletantes dans lesquels le pire ne se fait jamais attendre mais a la délicatesse de ne pas prévenir et de soigner ses entrées pour frapper les esprits. Quelque part entre Poe et Wilkie Collins (encore plus dans le premier récit confectionné par La mémoire volée et Remember), Seiter et Bonin réussissent toujours autant à captiver dans cette Angleterre sur laquelle le brouillard s’est levé mais où bon nombre de mystères planent encore. Des mystères qui ont retrouvé taille humaine et dont le spectre fantastique s’est quelque peu éloigné, ce qui rend peut-être ses histoires effrayantes, baignées dans la folie des hommes seuls, ces monstres qui ne se l’avouent pas.

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec

 

Ce n’est pas pour rien que la première version de ces intégrales parues chez Casterman s’était logée dans la collection « Haute densité ». Deux mots qui résument si bien les tours de force des deux auteurs qui se sont admirablement trouvés dans cette esthétique luxueuse et très « 1800 » et ces récits qui ne laissent rien au hasard. Car s’ils ont plongé dans une époque qui, 130 ans après, semble révolue, le duo ne s’est pas privé de ramener à la surface des problématiques qui non seulement font date mais n’ont pas pris un cheveu blanc, toujours bouillantes en 2017. Que ce soit pour parler de deux peuples qui feraient mieux de se réconcilier et de faire des compromis mais préfèrent se déchirer et répandre les chairs… ou pour parler, en quelques mots glissés dans l’oreille en fin d’album mais qui font leur chemin, du pillage des civilisations.

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec

 

Bien sûr, Fog n’est pas série à essais socio-politiques, mais le fait d’effleurer ses problèmes, de les amener à la conscience, de cette manière alors que sa vocation est avant tout de divertir, ne fait que donner du cachet à cette série qui multiplie les personnages et les intrigues, éclate le propos et suit la dynamique chorale pour avancer vers le dénouement. Les deux auteurs manipulent l’info et l’image (certains personnages de l’histoire en savent souvent bien plus que le lecteur qui doit creuser et faire avec ce qu’on lui donne) profitant aussi pour éclairer le passé embrumé de certains personnages et relier les ennemis dans les points communs. De l’ombre à la lumière, du mal au bien, il n’y a finalement jamais grand-chose. Un peu de brouillard qui défie le temps et est toujours aussi pesant aujourd’hui.

 

Série : Fog

Intégrale – Livre 2

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Cyril Bonin (Page Facebook)

Genre : Mystère, Thriller, Fantastique

Éditeur : Éditions du Long Bec

Nbre de pages : 240

Prix : 34,50€



Publié le 31/10/2017.


Source : Alexis Seny


Vehlmann et Yoann offrent une parenthèse à Spirou, tantôt super-groom, tantôt voyageur dans le temps et les paradoxes temporels

Astérix est là, ça va faire mal, ça va cogner la bagarre… mais Spirou n’est pas en reste et s’offre de folles aventures dans un hors-série concocté par un Fabien Vehlmann et un Yoann en grandes formes. Rien d’inédit pour les lecteurs indéboulonnables du Journal Spirou, mais un album officiel rassemblant les histoires courtes semées à force de numéros plus ou moins spéciaux depuis bientôt dix ans. Des caves de la rédaction à une dimension parallèle en passant par le Moyen-Âge.

 

 

 

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Les aventures de Spirou et Fantasio ne se déclinent pas que sous la forme d’histoires longues. La série compte aussi des histoires courtes tout à fait réjouissantes où Yoann et Vehlmann donnent libre cours à leur imagination débridée.

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Parfois calés dans le canevas resserré qui fait leurs histoires longues, Spirou et Fantasio s’offrent ici une bulle d’air qui brasse large et prouve à quel point le duo Vehlmann/Yoann peut être explosif en quelques cases et quelques planches décalées et référencées. Bon, peut-être pas sur l’inabouti Groom Toujours, mais sur le reste bien. Parce que c’est la naissance de Super-Groom, avant toute chose, faisant lien entre monde franco-belge et American comics universe. Un justicier au calot reconnaissable entre tous mais un peu gauche qui doit encore se roder avant de revenir en force très vite. Et quand on voit le boulot de Yoann sur Les Captainz, on ne peut qu’en avoir envie.

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Et puisque ce genre d’ouvrage et de récit court laisse les coudées franches avec en point de mire l’ambition de montrer les héros intemporels comme on ne les a jamais vus, Fabien Vehlmann et Yoann y vont gaiment allant tâter de la réalité parallèle dans une Chevauchée temporelle, qui, le temps d’une planche, transforme Spirou et Fantasio (Spip est, lui resté, sur le banc de l’Histoire) en pirates, auriges ou cowboys et soigne sa chute irrésistiblement délirante. Et dans Destins contrariés, le bouchon est poussé encore un peu plus loin (et Maurice n’est pas en cause cette fois) par les deux auteurs qui n’ont peur de rien et tout le monde de notre groom préféré s’en trouve chahuté : Dupilon est rédac’chef, Fantasio est gendarme et le Comte Champignac est passé du côté obscur de la force alors que Zorglub est garçon de café. Spirou, lui, est resté le même mais tente de surnager dans tout ça.

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Ce hors-série s’apprécie comme une friandise gourmande et au-delà du fan-service de base. Ces histoires courtes méritaient un écrin. Et si vous préférez les noisettes, vous allez être servis puisqu’une fois le dernier mot « fin » venu, ne quittez pas tout de suite, il y a un post-générique : le Spip Magazine #1. Tout comme Spirou et Fantasio, Yoann est parti nettoyer son attirail de fascinant conteur d’histoires et Spip se rêve en héros casse-cou revêtant les atours que Frank, Mobidic, Joan, Krassinsky, Libon ou l’immense René Follet veulent bien lui prêter sur les coutures de Vehlmann. Ce Spip, il a du panache, on ne se le dit pas assez souvent dans les histoires de ses humains de propriétaires.

 

Série : Spirou et Fantasio

Hors Série 5 : Les folles aventures de Spirou

Recueil d’histoires courtes

Scénario : Fabien Vehlmann

Dessin : Yoann

Couleurs : Hubert & Laurence Croix

Genre : Aventure, Humour, Fantastique

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 64

Prix : 14,50€



Publié le 30/10/2017.


Source : Alexis Seny


Avec Gunblast Girls, Crisse revient dans la Science-Fiction qui bastonne dans ta face, minable !

Crisse nous revient avec une nouvelle série de SF. Plus en forme que jamais, il opère son come-back, en cette année 2017, seul aux commandes de son nouvel opus (Scénario-dessin) et par la même occasion, rejoint l'éditeur Lombard. Seul? enfin pas tout à fait, son retour s'opère avec la complicité de l'hyper talentueux Fred Besson qui excelle toujours dans la mise en couleur.

Résumé de l'éditeur : Zdenka et les filles de son gang s'étaient séparées suite à un casse qui avait mal tourné. Mais cette fois-ci, Zdenka est sur un gros coup, sans risque et bien payé, de quoi convaincre ses anciennes partenaires de reformer les « Gunblast Girls »... Elles devront faire traverser les lignes de l'Alliance à la fille du grand patron du consortium économique.
Mais la gamine s'avère moins facile à gérer que prévu. Et puis certaines milices ont visiblement un compte à régler avec Zdenka...

 

 

 

 

© Crisse - Lombard

 

Le récit n'est pas avare d'action. Il nous relate les aventures de Zdenka et de ses acolytes (Gunblast Girls) qui entreprennent d'escorter la fille d'un puissant homme d'affaire. Mais cette mission qui au départ semblait si facile à réaliser prendra un tournant inattendu et débouchera sur une suite d'événements des plus explosifs. mafia, Extra-terrestre livides, mineurs agressifs, braquage de train, mystères et autre complot sont les ingrédients de la recette qui compose cet album bien dynamique qui ne manque pas d'humour non plus.

 

 

 

 

© Crisse - Lombard

 

Le dessin de Crisse reste dans sa tradition. Une grande fluidité et un découpage qui donne un rythme soutenu. Son graphisme reconnaissable entre milles ne décevra pas ses fans de la première heure. On ne s'ennuie pas une seul seconde à la lecture et il parvient à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière page et fera trépigner d'impatience dans l'attente du tome 2.

 

 

 

 

© Crisse - Lombard

 

Last but not least, un petit cadeau vous attend en fin d'album avec un cahier de 8 pages de croquis des héroïnes, personnages secondaires, vaisseaux essais de couvertures et commentaires croustillants de l'auteur. Gunblast Girl est l'agréable Sur-Crisse-prise de l'année.

 

 

Titre : Gunblast Girl, Dans ta face minable !

 

Scénario, dessin : Crisse

Couleurs : Fred Besson

Genre : Science-Fiction

Éditeur : le Lombard

 

Nbre de pages : 46 + cahier graphique

Prix : 16,50€

ISBN : 9782803634927



Publié le 27/10/2017.


Source : Bd-best


L’ombre de l’aigle, le combat napoléonien-hispanique de la dernière chance est devenu voltige dans les mains de Rubén

Quand ça ne rentre pas par la porte, ça passe par la fenêtre et quand ça ne passe pas par l’écrit, ça passe par l’image ! Les bonnes histoires trouvent toujours leur chemin. C’est ainsi que Rubén (Del Rincon), après le tournoyant Insoumises, récidive aux Éditions du Long Bec à mettre en valeur le patrimoine espagnol et… napoléonien. Car si tout a été dit en français dans le texte il reste des cocasseries à raconter, avec la folie hispanique en intraveineuse.

Résumé de l’éditeur : Sbodonovo, 1812… Sur le champ de bataille, les troupes de Napoléon font face à l’armée russe. Sous l’oeil de Bonaparte, le 326ème régiment d’infanterie entame une incroyable manœuvre. La troupe, composée d’anciens prisonniers espagnols engagés comme chair à canon, tente de rejoindre les lignes russes. Son but : passer à l’ennemi. Mais l’ombre de l’Aigle plane sur la bataille : dans un instant, Napoléon va réagir. Et c’est ainsi que débute la plus formidable méprise de l’histoire militaire…

 

 

 

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

La campagne de Russie amène tout doucement la fin d’un règne. En mauvaise posture, Napoléon veut pourtant croire encore un peu à sa chance et il semblerait qu’au-dessus de ces plaines ensanglantées et percées par les canons fratricide pour ceux qui, les armes en mains, semblent être pourtant des frères. Il y a de toutes les nationalités sur ce champ de bataille, des français et des russes, des combattants d’ailleurs mis sous les couleurs des deux ennemis désormais intimes (la sueur et le sang, ça rapproche… un peu) et des Espagnols.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

Ces diables d’Espagnols qui ont tenté de déserter et sont désormais aux premiers rangs de Sbodonovo en train de faire gagner Napoléon, contre toutes attentes. Le Corse le voit bien depuis avec sa longue-vue, Labraguette en bégaye, et les héros du 326ème continuent à gagner mètre après mètre dans cette folie qui ne semblait pas les concerner jusque-là. Que l’aigle tienne et les autres suivront.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn

 

Et pourtant… au-delà des apparences, dans l’ombre de l’aigle, Munoz, Minguez, Pedro et tous les autres manient l’art du paradoxe, risquant leur peau et leur chair pour mieux se libérer du joug français et se réfugier dans les lignes… ennemies qui, en attendant, tirent à vue et à boulet rouge. Ça fait Zas-Raca-Boum, Cling-Clang.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

De cet enchevêtrement d’incompréhensions militaires, on ne sait pas de quoi le roman d’Arturo Pérez-Reverte était fait mais force est de constater qu’il ne pouvait rêver meilleur fer-de-lance que la grammaire graphique de Rubén Del Rincón. L’Espagnol qu’on avait découvert un peu plus avec ses insoumises détourne les codes guerriers pour en faire une grande farce sur laquelle il arrive pourtant à faire peser tous les enjeux de vie et de mort de cette aventure insensée. Ce ne sont plus des combats, c’est de la voltige.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

Entre le sang chaud de ses héros (chacun avec une de ces gueules, mes amis) et le froid qui va engourdir les troupes napoléonienne, Rubén met le feu à la neige et à Moscou et impose son trait tournoyant, coriace, désespéré mais aussi fondamentalement comico-caustique sur cette bonne soixantaine de planches détonantes, généreuse et emplies de bravoure aux couleurs nuancées. Costaud !

 

Titre : L’ombre de l’aigle

D’après le roman d’Arturo Pérez-Reverte

Scénario, dessin et couleurs : Rubén Del Rincón (Page Facebook)

Genre : Guerre, Humour, Épopée

Éditeur : Éditions du Long Bec

Éditeur VO : El Corte Ingles

Nbre de pages : 64

Prix : 16,50€

 

 



Publié le 26/10/2017.


Source : Alexis Seny


Ruiz apporte une dynamique et une fluidité au monde de Magic 7

« - Nous… Nous n’avons toujours pas de nouvelles d’Alice.

-          Ne t’inquiète pas. J’ai mis mon meilleur détective sur le coup. Il sera plus efficace que la police.

-          C’est que…avec sa santé fragile, je n’ose imaginer ce qu’elle traverse.

-          Alice est bien plus forte qu’il n’y paraît.

-          Un de nos hommes nous rapporte l’existence d’un site internet parlant de jeunes avec des pouvoirs.

-          S’il n’y en avait qu’un… »

 

Le père de Léo est bien placé pour le savoir. Il connaît les sept mages et leur puissance. C’est d’ailleurs pour cela que Milo le télépathe est séquestré au fond d’un silo, afin qu’il ne puisse pas contrôler la pensée de ceux qui l’approchent.

 

 

 

 

 

 

 

© Toussaint - Ruiz pour Dupuis

 

 

Pendant ce temps, Léo, perturbé par ses lectures dans la bibliothèque de son père, prend ses distances avec ses camarades. Ça ne durera pas. Il faut sauver Alice qui traîne dans un casino mafieux, et on est plus fort à plusieurs que seul.

 

Kid Toussaint a réussi son pari : faire de Magic 7 une série avec laquelle il faut compter. Ce cinquième opus donne à la série un élan important. La mise en place est terminée et on est dans le vif de l’action. Grâce un rythme de parution soutenu, le scénariste a pu installer de solides fondations assez rapidement.

 

 

 

 

 

 

Comme analysé dans la chronique du tome précédent ( http://www.bd-best.com/quelques-planches-de-bd-en-plus-sur-la-plage-de-vos-vacances-part-8-news-9381.html ), Kenny Ruiz passe du statut de révélation à celui de maître d’œuvre. Ses planches de transition de Vérités lui ont permis de prendre la main sur la série. Ce changement de dessinateur est une bonne décision. Même si le travail en duo de La Barbera et Quattrocchi était fort honorable, Ruiz apporte une dynamique et une fluidité au monde de Magic 7. Les scènes au casino et les créations de monstres de Fabrice explosent de vitalité. Le tout est servi par les couleurs de Noiry, servant les différentes ambiances avec des tons colorés, aidant à la transition avec les diverses séquences mettant en scène les nombreux personnages.

 

            Un projet d’adaptation de Magic 7 en dessin animé est dans les cartons. Est-ce le signe que l’Europe va se mettre à adopter la culture nippone qui transforme rapidement en anime les succès du manga ?

 

Série : Magic 7

Tomes : 5- La séparation

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Kid Toussaint

Dessins : Ruiz

Couleurs : Noiry

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800169712



Publié le 26/10/2017.


Source : Laurent Lafourcade


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