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Hypnos, entre anarchistes et hautes sphères politiques, l’aventure à portée de regard

Y’a pas à dire, cette couverture-là, elle nous obsédait depuis un moment. Ses lettres dorées, cette calligraphie, sa couleur qui pète et ce peu de traits si habiles à former un énigmatique visage… Bref, avant même de l’avoir touché, de l’avoir ouvert, Hypnos de Laurent Galandon, Attila Futaki et Greg Guilhaumond avait non seulement attiré notre regard, mais l’avait aussi glissé dans sa poche. Un argument pour un récit (et une série, au bout du suspense) qui entend suivre une hypnotiseuse dans le Paris des années 20.

 

 

 

 

 

 

© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard

 

© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard

 

Dans la vie, il y a toujours le choix… en théorie. En pratique, face à l’impasse, il faut parfois parer au plus urgent. Et si ces dernières années, les faillites se sont succédé, le Paris de 1919 n’était pas triste non plus. Demandez à Camille. Comme une malpropre, elle vient de perdre son boulot à l’usine qui l’employait, plus assez de commandes. Et s’il lui reste un second boulot, elle ne gagne plus assez que pour assurer les soins de sa petite fille dont la tuberculose s’aggrave. Mais si elle n’a plus rien à perdre, Camille n’en est pas encore au stade où elle mettrait en jeu sa vertu, assouvissant les désirs des hommes, dans la rue. Non, elle est rusée, Camille, et si elle choisit d’y passer, c’est pour mieux contourner la chose et faire preuve de son talent refoulé depuis un bail : l’hypnose. Faire le coup parfait et laisser sa victime sans aucun souvenir, c’est tentant mais ça ne s’improvise pas. Et un indice va faire chuter Camille, faisant de son calvaire un enfer, du couvent où elle se retrouve prisonnière à une cellule anarchiste pro-active.

 

 

© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard

 

 

© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard

 

Messmer fait le prime sur TF1, les Insaisissables ont sorti des millions de spectateurs de leur chapeau et on ne compte plus les spectacles où la magie revient à l’honneur.  L’illusion, la magie et le rêve semblent avoir retrouvés une jolie place dans le coeur des gens. Comme une réponse dans un monde qui s’est sévèrement heurté à une réalité anxiogène et mortifère ?

Peut-être. Et, dans cette mouvance, Hypnos arrive pile-poil au bon moment. Débarquant dans une époque qu’il connait plus ou moins pour l’avoir exploré, il y a quelques mois, en compagnie de Frédéric Blier avec « La parole du muet« . Dans un design, un graphisme et des ambiances qui n’en sont pas éloignés, à bon escient, c’est avec Attila Futaki que Laurent Galandon initie donc Hypnos, une nouvelle série qui cultive le mystère et a bien appris des grands maîtres de l’illusion.

 

 

© Galandon/Futaki

 

 

© Galandon/Futaki

 

« Hop, regardez par-là si je n’y suis pas, ho mais voyez donc ce qui a surgi de l’autre côté ! » C’est un peu de cette manière qu’on pourrait résumer L’apprentie. Comme un tour de passe-passe, un piège dans lequel on tombe d’autant plus volontiers qu’il booste l’intrigue et la rend intéressante. Tout comme cette héroïne, et son don, chopée à un moment, sans savoir grand-chose de sa vie antérieure. Pourtant, loin d’être un jeu sans conséquence, Hypnos intègre aussi quelques éléments géopolitiques, donnant sa vision fictive des faits mais aussi un peu plus de crédibilité à son récit.

Avec en prime, la révélation qu’est incontestablement Attila Futaki (on a appris entre-temps qu’il avait dessiné la déclinaison en BD de Percy Jackson et qu’il savait aussi user d’un trait plus manga) qui sort le grand jeu, auquel les couleurs de Greg Guilhaumond ajoutent tension et une dimension de polar qui viennent renforcer le climat de cette histoire qui semble encore attendre un peu avant de rentrer dans le vif du sujet. La suite risque bien d’être encore plus surprenante.

 

Alexis Seny

 

Série : Hypnos

Tome : 1 – L’apprentie

Scénario : Laurent Galandon

Dessin : Attila Futaki

Couleurs : Greg Guilhaumond

Genre : Thriller politique, Espionnage

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€



Publié le 06/03/2017.


Source : Bd-best


Frnck 1, avec cette série, Bocquet offre à Dupuis une série d’un genre nouveau

 « - Tu fugues et tu ne dis même pas au revoir à ton vieux pote jardinier ? »

            « - Allez, vas-y, fais-moi ton sketch habituel. ˝ Je parie que tu ne tiens pas une semaine. ˝, ˝On se voit demain au petit-déj. ˝, ˝N’oublie pas de me ramener un souvenir. ˝ Tu peux penser ce que tu veux, mais cette fois je ne reviendrai pas, c’est certain ! »

            « - Qu’est-ce que tu t’es fait à la main ? »

            « - Oh, rien. J’ai juste traversé la verrière du bureau de la directrice. »

            « - Montre-moi ça. »

 

Alors que Franck s’apprête à fuguer de l’orphelinat où un énième couple propose de l’adopter, sa rencontre avec le jardinier du domaine va changer le cours de son destin. Pourquoi a-t-il été abandonné ? Ses parents sont-ils vivants ? Quel est ce mystérieux pendentif qu’il portait à sa naissance ?

C’est dans une vallée perdue, dans laquelle il ne manquerait que Bob Morane, que va se retrouver Franck, au milieu de tribus ennemies où il va jouer le rôle d’un chien au milieu d’un jeu de quilles.

 

 

 

 

 

Les influences des auteurs sont pléthores.

Brice Cossu est de la famille graphique de Mathieu Reynès. Il faut y rajouter une dose de Totally Spies dans les attitudes des personnages.

Avec cette série, Bocquet offre à Dupuis une série d’un genre nouveau. Au début, on aurait pu penser à un Zowie 2.0. Cette série d’aventures de gosses issues d’un orphelinat au début des années 80 était signée Bosse et Darasse. Avec également une bonne dose de fantastique, Bocquet modernise et dynamite le concept. Un seul enfant quitte l’orphelinat pour se retrouver dans une vallée préhistorique imaginaire. On pourrait alors se retrouver dans une nouvelle version de « La vallée des dinosaures », dessin animé estampillé Hannah Barbera de 1979. Que Nenni. Frnck reste une série originale. Franck se trouvera confronté à des autochtones ne prononçant pas les voyelles. Et comme par magie, on comprendra (presque) tout.

 
Frnck est à ranger entre Harmony et Magic Seven dans les belles surprises apportées à Spirou par Frédéric Niffle pendant ce renouveau qu’il impulse depuis qu’il en est rédac ’chef.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Frnck

Tomes : 1 - Le début du commencement

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Bocquet

Dessins : Cossu

Couleurs : Guilio

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800167435



Publié le 03/03/2017.


Source : Bd-best


La mémoire des pierres, un scénario sur mesure, un conte émouvant

  « Grandissant paisiblement dans ce noyau familial empreint d’amour et de tendresse, mon grand-père Marcellin Legrand chérit sa grand-mère et elle le lui rend bien ! Tandis qu’il sculpte de petits personnages en bois, elle lui conte des légendes et des histoires auxquelles elle croit dur comme fer ! Ainsi cette croyance ancienne qui veut que les grenouilles et les crapauds naissent d’une pierre. C’est que, ensevelie par accident dans un agglomérat de vase et de cailloux, une grenouille survit parfois pendant de longues années dans une espèce de coma, de léthargie arrêtant toutes ses fonctions vitales ! »

 
Voici l’histoire qu’Isabelle va nous raconter. La vie de son grand-père va se trouver bouleversée par cette légende qui tintera dans sa vie et marquera son destin. Marcellin a décidé de quitter sa bien-aimée pour rejoindre les compagnons et apprendre à sublimer la sculpture des pierres. Choisir, c’est renoncer, mais il est impossible d’échapper à sa destinée.


            Nathalie Troquette, épouse d’Hausman, et Robert Reuchamps, ami de l’auteur, ont offert au verviétois un scénario sur mesure, un conte émouvant où un événement fantastique dans une ambiance milieu de siècle transforme la vie d’une famille. On y lit également entre les cases tous les dégâts qu’a pu causer la guerre sur les âmes, tous les bouleversements qu’on subit les moindres villages.

 

 

 

 

 

Seules sept planches ont été finalisées, mais l’ensemble du découpage, colorisé, a été montré à l’éditeur en guise de document de présentation. C’est tout ce story board qui est exposé dans ce livre. Les textes manuscrits ont été réécrits par Philippe Glogowski, lettreur attitré d’Hausman, en vis-à-vis des pages de cahier sur lesquelles René a jeté ses esquisses, dessins déjà d’une grande beauté.

En 2015, René Hausman accordait à BD-Best une longue interview sur l’ensemble de sa carrière. La première question définissait bien ce magicien du pinceau.

 

Monsieur Hausman, êtes-vous un peintre, un illustrateur ou un dessinateur ?

Je ne sais pas très bien comment établir les frontières entre tout cela. Lorsque l'on pense illustration, jusqu'à une époque relativement récente, les peintres ne faisaient rien d'autre que de l'illustration forcément. Après, des mouvements artistiques sont intervenus qui ont permis à la peinture de vivre sa propre vie.

Sinon, qu'elle était la différence entre le Caravage, qui représente Marcus, ou Rembrandt, avec la Ronde de nuit, et une illustration d'un fait soit historique, soit mythologique… Je ne vois pas très bien ou se situe la frontière, je l'avoue.

Alors, en ce qui me concerne, je sais bien que je ne suis pas vraiment un dessinateur de bandes dessinés ; je serais plutôt illustrateur, et peut être un peintre refoulé.

Toujours est-il que ce poète animalier représentait de façon inégalée le monde enchanteur et féérique, réaliste ou fantastique de la forêt, des champs et des sous-bois. Mais comment le festival international de la BD d’Angoulême a-t-il pu passer à côté de ce maître en la matière ? Il restera à jamais un grand prix oublié.

La mémoire des pierres est à Hausman ce que l’Alph’Art est à Hergé : une œuvre grandiose inachevée sublimant le talent d’un artiste. Le message qui y est délivré résonne comme une note d’éternité : L’amour est plus fort que la mort. L’année dernière, René, vous avez rejoint pour toujours elfes, fées et lutins. Nul doute qu’ils dansent pour vous. Merci pour tout ce que vous nous avez laissé ici.

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : La mémoire des pierres

Genre : Conte

Scénario : Troquette & Reuchamps

Dessins & couleurs : Hausman

Collection : Aire libre

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 136

Prix : 32 €

ISBN : 9782800169668



Publié le 03/03/2017.


Source : Bd-best


Sortilèges et méchanteries et La mémoire des pierres : il était une fois René Hausman, infiniment et à jamais

Il s’appelait Hausman, sans coquetterie, un seul « s », un seul « n », et pourtant René était un architecte qui a visé bien plus loin que n’importe quel monument tant l’oeuvre qu’il nous laisse comptera à jamais. Le géant, l’ogre bienveillant nous a quittés, le printemps dernier, sans prévenir, laissant la nature (réelle mais aussi fantasmée, celle qui fourmille d’être fantaisiste) muette d’émotion. Un an après, on pense toujours et indéniablement à ce magicien du dessin. Dupuis lui consacre une intégrale mais aussi la parution de son dernier livre, inachevé et laissé majoritairement à l’état de story-board. De quoi prolonger l’enchantement.

 

 

 

 

© Philippe Graton

 

 

© Philippe Graton

 

 

Sortilèges et méchanteries : il était… deux fois

Avec Sortilèges et méchanteries, c’est un petit bon dans la mare du temps que la collection Aire libre nous fait faire. À cheval sur la fin des années 90 et le début des années 2000, René Hausman associe son talent à celui d’un autre raconteur, Yann. Tous d’eux ouvrent leur veine noire et aborde les quatre petits mots que sont « il était une fois » pour en exploité l’ombre. Car loin de l’image galvaudée par les Disney et les reprises enfantines des contes d’Andersen, des Grimm et des autres, rien n’est jamais rose. Et Yann et René nous le rappelaient, avec l’art et la manière.

 

 

 

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

Ainsi, Sortilèges et méchanteries regroupe, dans le format si luxueux de la collection Aire Libre, les deux histoires commises par les deux amis : Les trois cheveux blancs et Le prince des écureuils. Deux contes noirs issus de leur imagination, mêlant forêts sauvages et incursions humaines, dans une atmosphère féodale. À chaque pas, rien n’est moins sûr et la magie peut surgir à tous moments. Comme l’agile et tornade rousse Vaïva (quelque part entre Laïyna et Pélisse) qui, au milieu des renards et sous la coupe de Mamyté, ne sera pas insensible aux lumières du château tout proche. Pourtant, la vie de château a un prix, celui d’une effroyable et sanguinaire malédiction.

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

Comme, aussi, Roufol, le petit écureuil sans beaucoup de défense qui, par un ingénieux charme et les hasards magiques du destin, va se métamorphoser en un jeune garçon riche et plein de ressources. Et comme il pouvait désormais dire « Je suis le seigneur du château« , ses dents étaient devenues longues et criaient vengeance par-dessus tout.

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

De ces deux histoires trempées dans l’encre des contes qu’on n’oublie pas de sitôt, Yann offrait à René Hausman un territoire parfait pour exprimer son génie animalier et lui faire rencontrer un sens magistral de la composition (cette scène de banquet, par exemple, ou ce champ de bataille abandonné). Dans ces deux histoires où résiste le fil tendu entre l’humainement acceptable et le monstrueusement inacceptable, René Hausman fait sens et spectacle, dans sa violence, son insouciance et, au-delà, dans la force qu’il met à faire vivre tout ça toujours plus fort.

 

Alexis Seny

 

 

© Yann/Hausman chez Dupuis

 

 

 

 

Titre : Sortilèges et méchanteries

Intégrale

Scénario : Yann

Dessin et couleurs : René Hausman

Genre : Fantastique, Conte

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nbre de pages : 112

Prix : 24€



Publié le 01/03/2017.


Source : Bd-best


D-Gray-Man tome 25, la saga gothique de Katsura Hoshino est enfin de retour

« - Notre mère Catherina nous a baptisés Mana D. Campbell et Néah D. Campbell lorsque nous étions bébés. On se ressemblait comme deux gouttes d’eau. On nous a donc élevés comme des frères jumeaux. Mais nous n’étions pas jumeaux ! Notre mère n’était pas notre vraie mère ! En sept mille ans d’existence, le comte millénaire a disparu une seule fois de ce monde. Un jour sans crier gare. Il ne restait plus à sa place…que le vent et… »

Néah, ayant pris possession du corps d’Allen, affronte le double Comte millénaire, dont le clown qu’il donne à voir ne serait qu’une carapace. Ils nous amènent aux tréfonds de leurs âmes et dévoilent leurs origines, ou plutôt leur origine.

Deux ans et demi après le volume précédent, la saga gothique de Katsura Hoshino est enfin de retour. Apparemment, la mangaka a été fortement épaulée par un ou une assistante qu’elle remercie dans la préface : « A la personne qui a dessiné ce tome avec moi,. Merci pour les fabuleux paysages que tu as créés. Merci pour tous ces bons souvenirs ! Il nous reste encore plusieurs projets de mangas à deux… Nous les réaliserons un jour, c’est promis. Et quand ils seront terminés, je t’en attribuerai tout le mérite. Alors patience ! ». On n’en saura guère plus sur cette collaboration. Toujours est-il qu’Hoshino propose un manga au graphisme maîtrisé, de grande qualité, un retour au top de sa forme, à la fois lyrique et punchy.

 

 

 

 

Parallèlement, une deuxième série d’animes vient d’être diffusée au Japon : D-Gray-Man Hallow, 13 épisodes reprenant la trame des tomes  17 à 23 de la série dessinée.

Espérons que le tome 26 ne se fera pas autant attendre que celui-ci, tant les promesses faites aux lecteurs dans l’épilogue de celui-ci invitent au dévoilement de bien des mystères.

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

Série : D-Gray-Man

Tome : 25-Il a oublié l’amour

Genre : Fantastique

Scénario & Dessins : Hoshino

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 212

Prix : 6,90 €

ISBN : 978-2-344-01987-0



Publié le 28/02/2017.


Source : Bd-best


Jorun de la forge : un héros badass qui donne aux nains un visage plus que jamais… humain

Après cinq premiers tomes visitant le territoire des Nains et en posant les bases, la série prolonge le plaisir et Nicolas Jarry, Pierre-Denis Goux reprennent là où ils avaient laissé le premier tome, en pays forgeron, pour suivre les aventures de la progéniture de Redwin, le premier héros de la série. Une chose est sûre : le temps a passé. Mais les sempiternels et universels thèmes reviennent, mangé à une autre sauce toujours aussi épique. Mais pas que.



À lire aussi | Tiss du Bouclier: la force et le courage des femmes chez les Nains
© Jarry/Goux/Digikore Studios chez Soleil
© Jarry/Goux/Digikore Studios chez Soleil

Résumé de l’éditeur : Alors qu’il a quatre ans, Jorun, le fils cadet de Redwin, se renverse du métal en fusion sur le visage… Marqué pour le reste de sa vie et jalousant le talent de son frère aîné, Jorun est dévoré par la colère. Si Ulrog, son frère aîné, a hérité du don de leur père pour la forge, Jorun, lui, a hérité seulement de sa rage… Incapable de contrôler ce fils de plus en plus rebelle, Redwin le confie à un recruteur de la légion de Fer, une compagnie de mercenaires regroupant les courtards qui fuient le poids de la tradition naine, le déshonneur ou la justice…

 

 

 

 

 

 

© Jarry/Goux/Digikore Studios chez Soleil

 


© Jarry/Goux

 

Les fictions, qu’elles soient de fantasy ou d’ailleurs, sont comme la vie, ainsi l’histoire peut-elle se répéter. C’est le cas, là-bas, du côté des Forges. Le temps a passé, l’impitoyable Redwin a changé, du téméraire héros d’hier ne reste plus qu’un nain traité comme un lâche pour n’avoir pas anéanti une bonne fois pour toute les mages noirs. Comme les sportifs, mieux vaut savoir s’arrêter au sommet de son art ? Peut-être.

 

 

© Jarry/Goux

 

 

© Jarry/Goux/Digikore Studios chez Soleil

 

Alors loin des démons du monde et des guerre, Redwin a toujours le coeur sur la main mais vit retranché dans sa forge avec sa femme, ses deux fils, Jorun et Ulrog, et sa fille, Préa. Le temps a passé, mais l’héritage génétique a fait son oeuvre, lourd à porter pour certains. Jorun et Ulrog ont hérité chacun de traits de caractère de leur père… bien différents. Tête brûlée dans tous les sens du terme, en rupture totale avec son père, Jorun a vite fait figure de vilain petit canard. Et puisqu’il ne se plie pas aux règles, c’est logiquement sur les champs de bataille que Redwin a envoyé son fils paître, dans la terrible Légion de Fer. Où il semble pourtant bien difficile de se défaire de l’ombre de son géniteur.

 

 

© Jarry/Goux/Digikore Studios chez Soleil

 

 

© Jarry/Goux

 

Quitte ou double ? C’est un peu l’éternelle question qui se pose au moment d’aborder le second cycle d’une telle série (qui a pour grande sœur, « Elfe » qui cumule déjà 16 albums, quand même). La suite tiendrait-elle toutes les promesses amenées jusqu’ici ou pas? Oui, et un grand oui. On ne change pas une équipe qui gagne, ni même les thèmes pertinents et actuels soulevés dans le premier cycle (qui, rappelons-le, pour ceux qui prendraient le train en marche, se proposait de brosser le portrait de cinq héros issus de différents clans et de voir du pays dans des tomes totalement indépendants) : encore une fois, c’est dans des relations familiales qui marquent la chair que les deux auteurs émancipent leur histoire.

 

 

© Jarry/Goux

 

 

© Jarry/Goux

 

Et Jorun, en dépit de son opposition à son père, va marcher dans ses dignes traces et faire les mêmes erreurs, perpétuant la même colère et les mêmes idées tronquées et faussées. Même si avec son look bien badass et son cigare à la bouche (comme quoi Wolverine, n’a pas le monopole de cette coquetterie), Jorun semble n’avoir peur de rien. À moins qu’il ait peur de tout? « Tout ce qu’on peut faire, c’est essayer de tenir sur nos deux guibolles jusqu’au bout… même si parfois, face à la vie, on est bien obligé de plier le genou. »

 

 

© Jarry/Goux

 

 

Une planche dantesque © Jarry/Goux

 

Et s’il a le glaive à la main (celui dont il n’a toujours pas maîtrisé les runes et qui lui sauve la vie autant de fois qu’il lui martyrise les pognes), il n’y a pas tous les éléments pour comprendre et juger Redwin. Tout est bien plus compliqué qu’une question de courage ou de lâcheté, d’autant plus quand la brume tombe sur la vallée ensanglantée. Nous ramenant aux horreurs des guerres plus humaines que naines (même si quelques monstres titanesques viennent faire vaciller l’aventure du côté obscur de la force, les abominables charniers rappellent bel et bien notre histoire), loin de nos contrées et pourtant si proches, Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux, sans oublier l’excellent travail des Digikore Studios, réalisent un album flamboyant, brutal.

 

 

Une planche dantesque © Jarry/Goux

 

 

© Jarry/Goux/Digikore Studios chez Soleil

 

Avec des tripes, du sang mais aussi des larmes. Aussi fantasy soient les réflexes et ambiances de cet album, on peut le dire, le monde des Nains n’a jamais eu autant visage humain. Quelle réussite, quelle puissance, quelle profondeur !

 

Alexis Seny

 

Série : Nains

Tome : 6 – Jorun de la forge

Scénario : Nicolas Jarry

Dessin : Pierre-Denis Goux

Couleurs : Digikore Studios

Genre : Fantasy, Guerre

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 68

Prix : 15,50€



Publié le 27/02/2017.


Source : Bd-best


Galilée et Kepler se rencontrent enfin et font leur Seven sur l’île de… Ven

On connaissait toutes les aptitudes de Sherlock Holmes à résoudre les plus grandes énigmes en utilisant, notamment et habilement, le pouvoir de la science. Une science toujours plus à l’épreuve des crimes les plus perfectionnés. Mais, attendez, si nous revenions aux bases et voyions comment ceux qui ont fait la science réagissaient une fois confrontés à des épidémies de meurtres. C’est ce que propose la collection Quadrants des éditions Soleil avec une nouvelle série, Les Savants. Le deuxième tome emmené par Luca Blengino, Stefano Carloni et Franck Isambert associe Galilée et Johannes Von Kepler. Le chaud et le froid arriveront-ils à s’entendre pour résoudre le mystère criminel d’une île isolée de tout ?

 

 

©Blengino/Carloni/Isambert

 


©Blengino/Carloni/Isambert

 

Résumé de l’éditeur : Avoir un beau laboratoire à sa disposition faisait aussi rêver les savants de la Renaissance ! Grâce aux largesses de Frédéric II, roi du Danemark, le premier institut européen de recherche fut créé par l’astronome Thycho Brahe dans un majestueux château-laboratoire : Uraniborg. Hiver 1594. Astronomes, mathématiciens, physiciens, astrologues et théologiens étudient avec acharnement dans le vaste palais d’Uraniborg. Mais la petite île scandinave, que martèlent les vents glacés du nord, est le théâtre de sanglants rituels à chaque pleine lune. On y envoie alors discrètement un savant italien pour enquêter : le minutieux Galileo Galilei. Au grand dam de Johannes Von Kepler…

 

 

 

 

©Blengino/Carloni/Isambert/Lainé chez Soleil

 

C’est bien beau d’avoir un palais et un observatoire, envié partout dans le monde et attirant des scientifiques venus de ses quatre coins, encore faut-il, sur cette Île de Ven, concilier cette communauté des lumières et la populace qui ne s’élève qu’en surmontant la misère. Les tensions sont vives et peuvent évoluer dramatiquement, à tout moment. Alors, quand un tueur en série sévit, venu d’on ne sait où et peut-être même pas humain (un monstre?), l’affaire ne va faire que décupler la discorde entre  les deux « clans ». Cette bête du Gévaudan qui aurait migré viendrait-elle de chez les scientifiques ou de chez les autochtones. Le doute est semé et les symboles signant les crimes et qu’aucune des deux communautés ne semble comprendre.

 

 

Recherche de personnage ©Carloni

 

 

Recherche de personnage ©Carloni

 

Mieux inspiré que le premier tome, du même trio, ce deuxième épisode prouve tout le potentiel de cette série. Et, avec des éléments d’intrigue vus et revus (une bête, une signature, un lieu isolé…) mis dans les mains de Galilée et Kepler, Luca Blengino, Stefano Carloni et Franck Isambert réussissent à surprendre tout en innovant, brouillant un peu plus les pistes à chaque page. Les brouillant d’autant plus que Galilée et Kepler ne se sont jamais… rencontrés. Profitant de ce vide historico-scientifique, la parenthèse proposée ne gâche en rien le plaisir, ni de l’enquêteur qui sommeille en vous, ni de vos yeux bédéphile. Dès les premières planches, les dessins impériaux de Stefano Carloni mêlés, dans la neige et le brouillard, à la large palette de couleurs de Franck Isambert (des aurores à la violence de la flamme, en passant par une tempête en montagne et à une scène de sacrifice dingue, tout se ressent), font des ravages.

 

 

Commission avec le personnage d'Inge ©Carloni

 

 

Commission avec le personnage d’Inge ©Carloni

 

Trouvant un joli compromis entre le bavard de circonstance (nos deux dieux des sciences ont forcément des choses à se dire) et l’action, ce deuxième tome ne tire pas des plans sur la Lune et reste terre à terre et terrifiant. En plus d’être une jolie déclaration d’amour à ces maîtres à penser et de pensée.

 

Alexis Seny

 

Série : Les Savants

Tome : 2 – Uraniborg, 1594 : La bête de l’île

Scénario : Luca Blengino

Dessin : Stefano Carloni (Facebook)

Couleurs : Franck Isambert

Adaptation des textes et dialogues : Jean-Marc Lainé

Genre : Enquête, Thriller, Ésotérisme

Éditeur : Soleil

Collection : Quadrants

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€



Publié le 27/02/2017.


Source : Bd-best


La vie passionnée de Monsieur Le Mans, une rencontre avec Jean-Marc Krings

Fils d’un grand journaliste sportif et frère du plus jeune pilote d’avion au monde, Jacky Ickx montre très vite qu’il a lui-aussi de l’essence dans le sang. À seize ans à peine, il participe à ses premiers championnats. En trial d’abord, puis en tourisme, en courses d’endurance et en monoplace, Jacky cultive un éclectisme et une polyvalence qui le rendront invincible sur tout type de circuit. Évoluant en F2 en 1967, il fait sensation sur le circuit de Nurbürgring en surclassant la plupart des F1 malgré son manque de puissance. Quelques années plus tard, dans une édition des 24 Heures du Mans restée mythique, son « départ marché » et sa victoire finale le feront entrer définitivement dans la légende...

Grâce à ce diptyque 100% belge de la collection Plein Gaz, découvrez la vie de Jacky Ickx, probablement l’un des pilotes automobiles les plus célèbres de tous les temps, renommé à la fois pour son palmarès, sa belle gueule et son comportement de gentleman.

 

 

Bonjour Jean-Marc. Nous te retrouvons au volant d’un diptyque sur Jacky Ickx. Comment as-tu embarqué sur ce projet ?

Bonjour. En fait, c’est l’éditeur qui me l’a proposé directement. On venait de faire « La dernière Targa Florio » avec Dugomier dans la collection Plein Gaz. C’était une fiction qui parlait de la fameuse course qui avait eu lieu en Sicile pendant presque un demi-siècle. On avait fait un album là-dessus où on avait évoqué Jacky Ickx qui devait y participer. L’éditeur nous a proposé d’embrayer sur un nouvel album si j’ose dire. Il nous a spontanément proposé de faire une biographie de Jacky Ickx. Il voulait que ce soit des auteurs belges qui s’en chargent, donc Dugomier et moi, parce que Jacky Ickx est un coureur automobile belge. On a poussé le concept belgo-belge jusqu’au fait que le coloriste soit aussi belge afin de bien comprendre les atmosphères. La Belgique est bien mise à l’évidence surtout dans le premier tome. On voulait que ce soit vraiment dans l’esprit de notre pays.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

Es-tu à la base passionné de sport automobile ?

Non, pas du tout. En fait, j’aime bien dessiner des voitures mais je n’y connais pratiquement rien. J’ai dû m’y intéresser par la force des choses. On ne fait pas un album comme ça sans s’intéresser un minimum au sujet et en se documentant un maximum quand même, ce que j’ai fait avec Dugommier. J’ai découvert l’univers du sport automobile mais je ne le suivais pas du tout. J’ai trouvé le challenge intéressant parce que c’était quelque chose que je n’avais jamais fait. J’aimais bien dessiner des voitures et l’éditeur croyait en mes capacités à faire l’album, et on s’est lancé.

La grande époque de Jacky Ickx en Formule 1 et aux 24 heures du Mans correspond à ton enfance et ton début d’adolescence. Suivais-tu de prêt sa carrière ?

Je connaissais le coureur comme tout le monde bien sûr, mais j’avais juste souvenir qu’il avait fait le Paris-Dakar avec l’acteur Claude Brasseur. Par contre, mon scénariste était beaucoup plus intéressé à sa carrière que moi.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

Le point de vue que tu as adopté avec Dugomier au scénario fait le choix de suivre la vie du pilote d’un point de vue chronologique, avec de nombreux récitatifs. Comment avez-vous fait pour ne pas tomber dans un album trop littéraire ou descriptif ?

Ça, c’est le talent de Vincent. C’est un grand scénariste. Je dois dire qu’il a fait un travail remarquable. J’ai pas mal souffert sur l’album quand même. Passer d’un univers comme la Ribambelle à celui-ci, ce n’est pas rien. Mais je pense qu’on s’en est bien sorti. La qualité de l’album au niveau du récit, on la doit énormément à Vincent bien sûr. Moi, je n’ai fait que le mettre en image.

Lorsque son père l’amène pour la première fois sur un circuit, Ickx ne semble pas franchement intéressé.

Non, c’est un fait. On a voulu aller au-delà de l’exploit sportif. On trouvait cela un peu trop basique comme récit. On voulait s’intéresser au bonhomme. On a donc visité des expositions qui lui étaient consacrées à l’époque à Bruxelles. On s’est très vite rendu compte que Jacky Ickx n’était au départ pas du tout intéressé par le sport automobile, et même qu’il n’aimait pas ça. Lui était, et il l’est toujours, attiré par la nature. Il se voyait garde-forestier, ce genre de chose. C’est par une suite d’événements qu’il s’est retrouvé dans la course et qu’il y a fait la carrière qu’on connait.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

 

Il signe sa première victoire en F1 au Grand Prix de France de 1968, à Rouen, sous une pluie battante, ce qui lui vaudra son surnom de « maître de la pluie » : « The Rain Master ». Ce titre s’est-il vite imposé pour la première partie de ce diptyque ?

Oui. Il avait pas mal de fans en Belgique. Il y pleut beaucoup. Il a eu plusieurs surnoms. Il s’est d’abord appelé « Ring Master » en référence au Nurburgring allemand où il s’était distingué. Mais les deux surnoms qui ont le plus marqué sa carrière sont Rain Master et Monsieur le Mans. C’est pour cela que le tome deux s’appelle Monsieur le Mans.

Deux albums pour une vie si remplie que celle de Jackie Ickx, n’est-ce pas un peu frustrant ?

Non, parce que l’on a pu exploiter toutes les parties de sa vie qui nous paraissaient les plus intéressantes. Le deuxième album sera très Porsche, notamment la 935 et la 936 qui sont mises vraiment en vedette. C’est à ce moment-là qu’il a signé son contrat avec ce constructeur après avoir signé une victoire fracassante contre eux. Après, on embraye sur sa participation au Dakar. On y verra aussi un accident spectaculaire en Formule 1 où il s’est brisé les deux chevilles. Il a dû sortir du véhicule en marchant sur ses chevilles cassées pour éviter de brûler dans la voiture. Il y a eu d’autres accidents bien sûr, dont un en Espagne avec son père. Nous avons visionné une vidéo avec Vincent où Jacky fait le tour d’un circuit avec d’autres pilotes de sa génération. Aujourd’hui, Ickx est le seul qui soit encore vivant. Il y avait pratiquement un mort par mois à une époque. Ça n’a plus rien à voir avec ce que l’on voit maintenant. Ils risquaient réellement leur vie. J’ai pu approcher les bolides que Jacky Ickx pilotait, notamment la 312 qu’on voit sur la couverture. Ce sont de vrais tubes à dentifrice. Moi-même, je ne rentre pas dans l’habitacle. Ils avaient des physiques de jockey. Ces voitures étaient des tape-culs, avec un moteur explosif à l’arrière. On pouvait partir dans le décor comme un rien, ce qui lui est arrivé plusieurs fois.
Evidemment, on a dû faire l’impasse sur certaines courses parce que Jacky Ickx en faisait pratiquement une par semaine à une période. Il y a forcément des choses dont on n’a pas pu parler. Avec Vincent, on s’était mis d’accord sur les scènes les plus emblématiques, les choses les plus intéressantes par rapport au personnage lui-même et sur sa vie. On s’est plus attardé là-dessus. On a du faire des choix scénaristiques.

Ce n’est pas la première fois que Jacky Ickx flirte avec la BD puisqu’il a été « personnage » dans Michel Vaillant, de Jean Graton. Etais-tu lecteur de cette série ?

Ickx connaissait très bien Graton qui l’appelait l’enfant terrible. En fait, Graton l’a connu tout petit parce que son père était chroniqueur sportif. Jacky Ickx s’appelait d’ailleurs Jacques Ickx. Graton a vu grandir Jacky et a suivi sa carrière de près, d’où les clins d’œil dans plusieurs albums.

 

 

 

 

© Krings - Dugommier - Glénat

 

As-tu rencontré Jacky Ickx ?

Pas encore. J’ai rencontré sa fille Vanina qui est coureur aussi. Elle a beaucoup aimé l’album. J’ai eu Jacky plusieurs fois par mails.

Sais-tu s’il a lu l’album ?

Sa fille et lui ont beaucoup apprécié l’album et j’ai spontanément proposé de leur offrir des originaux. Contrairement à ce que j’aurais pu penser au départ, Vanina n’a pas demandé les planches où son père est au volant d’une voiture ou un exploit sportif. Elle désirait avoir des planches qui racontent son enfance et qui ne parlent absolument pas des voitures ou très peu. Elle a voulu vraiment ces scènes-là qu’elle trouvait vraiment très justes. Elle a trouvé l’album très humain. Ce sont ces scènes-là qui l’ont le plus touché au départ. Elle les a prises pour les offrir à son propre enfant, le petit fils de Jacky Ickx.
On avait réussi à trouver des détails très précis de sa vie d’adolescent, notamment la maison de la famille qui est dessinée dans l’album. Quand il reçoit sa première moto, la devanture du magasin est authentique. C’est vraiment le modèle en question et le nom du vendeur qui lui a vendu sa moto. C’est un travail de fourmi.

La conception de cet album est vraiment une belle histoire.

On a recueilli plus de deux mille documents : des photos, des vidéos, des bouquins, des gens qui l’on rencontré. On a eu beaucoup de détails. Nous sommes ravis que l’album ait plu à la famille. Il est toujours délicat de faire un livre sur quelqu’un. Ça peut parfois être mal perçu par la personne elle-même, mais ce n’est pas le cas ici.

L’album est paru sous le label Plein Gaz chez Glénat. C’est ta deuxième participation à cette collection après La dernière Targa Floria, déjà avec Dugomier au scénario. Après le second Ickx, poursuivrez-vous votre collaboration dans la collection ?

 

Je suis sur tout à fait autre chose. Je viens de clôturer un album sur lequel j’ai travaillé en même temps. Je viens de signer un gros contrat avec l’éditeur néerlandais Standaard. C’est la maison d’édition de Bob et Bobette. Ils m’ont confié un spin-off de De kiekeboes, une série culte qui est tirée à très gros exemplaires en Flandres et en Hollande. Je crois qu’elle atteint les deux cent mille. Je viens de finir le premier tome. C’est un thriller, un polar. On est à mille lieux de Jacky. C’est aussi un graphisme semi-réaliste par contre. Le premier tome est sous presse en ce moment. Il sortira en avril. Il y aura tout un événement parce qu’en Flandres c’est un personnage très connu. En Hollande aussi ils vont faire plein d’événements autour de la sortie du bouquin. Je viens d’entamer le tome deux.  La série De kiekeboes en est à cent quarante épisodes. C’est une série fleuve au même titre que Bob et Bobette, série néerlandaise très connue. L’éditeur est venu me voir parce qu’il aimait beaucoup ce que je faisais. Il m’a demandé de créer ce spin-off avec la complicité de l’écrivain de thrillers néerlandais Toni Coppers. Nous avons mis en scène Fanny, la jeune fille de la famille De kiekeboes, le personnage principal de la série. Il y aura une version luxe et un tas d’événements liés à la série et au personnage Fanny. En Flandres, on en a déjà énormément parlé. On a fait la une des journaux et du journal télévisé. L’album sera traduit en Français.

Après des participations à des guides juniors, tu as fait ton entrée dans le métier par la grande porte, chez Dupuis, sur des scénarios de Didier Tronchet, en reprenant en plein tome 3 le dessin de Violine. Comment t’es-tu retrouvé sur cette reprise ?

Je connaissais très bien Fabrice Tarrin que j’avais rencontré sur le net. J’avais sympathisé avec lui avant que je sois professionnel dans la BD. Au moment où j’ai rencontré Fabrice, je venais d’entamer le Guide Junior des Filles qui était mon tout premier album. Fabrice m’avait dit qu’il arrêtait Violine. Il m’a spontanément proposé de la reprendre. J’ai fait ça sans conviction parce que je ne pensais vraiment pas pouvoir avoir la chance d’être sélectionné. A ma grande surprise, si. La série s’est arrêtée d’un commun accord quelques albums après.

 

 

 

© Krings - Tronchet - Dupuis

 

 

Parallèlement, tu signes des albums de gags chez Bamboo, séries qui auraient très bien pu se retrouver dans Spirou. Pourquoi, alors que tu avais un pied dans l’hebdomadaire, ça ne s’est pas fait ?

C’était un graphisme type Marcinelle qu’affectionnait également Bamboo. Comme le contrat était arrêté chez Dupuis et qu’on ne m’avait rien proposé pour redémarrer, j’ai naturellement été ailleurs.

Est-ce que faire des séries de gags (Livraison express, Les informaticiens) ne serait pas la meilleure école pour s’entraîner à tout dessiner dans toutes les situations ?

Je dirais plutôt que les séries de gags obligent à être efficace, à aller droit au but et à éviter de se perdre dans des dessins trop compliqués ou qui finalement n’apportent rien au récit. Il faut se concentrer sur le récit lui-même et veiller à ce que le dessin serve vraiment le récit.

Est-ce que le gag est un domaine dans lequel tu pourrais retourner ?

Je ne pense pas. J’en ai fait, ça m’a plu, mais je me plais beaucoup plus dans les longs récits, et dans le semi-réalisme actuellement.

En 2011, tu relances La Ribambelle avec Zidrou, une reprise parfaite. Est-ce toi ou Zidrou qui en a eu l’initiative ?

C’était tout un tas d’événements. A l’époque, j’étais en contact avec les éditions Dupuis. Le rédacteur en chef de Spirou Olivier Van Vaerenbergh m’avait contacté. Pour les 70 ans du journal qui se préparaient à l’époque, il voulait demander à différents dessinateurs d’illustrer par un récit ou par une illustration un des personnages du patrimoine Dupuis. Avec Zidrou, on a tout de suite pensé à La Ribambelle parce que l’on est tous les deux amoureux de cette série. On avait commencé à écrire et dessiner une petite histoire courte pour le journal, puis il y a eu un changement de cap radical aux éditions Dupuis comme c’est souvent le cas dans les grandes maisons d’édition. On a dû renoncer à ce projet là, mais nous nous étions trop amusés à le faire. Comme on savait que la série n’appartenait pas à Dupuis, si on voulait la continuer, il allait falloir convaincre Dargaud. On a fait ni une ni deux. On est allé trouver Philippe  Ostermann qui a dit oui tout de suite. On a donc fait ces albums chez lui. Le deuxième, La Ribambelle au Japon, est un des albums dont je suis le plus fier. On espère en faire d’autres, même si pour l’instant rien n’est prévu. Nous avons chacun tellement de projets.

 

 

 

© Krings - Zidrou - Dargaud

 

 

As-tu eu des difficultés à prendre en mains les personnages de Roba, créés à l’origine par Jo-El Azara ?

En fait, oui sur certains personnages. Celle qui m’a le plus compliqué la vie c’est Grenadine. On la voulait plus sexy sans être vulgaire. On lui a fait des seins ce que Roba n’a pratiquement pas fait. Mais la grosse difficulté fut de dessiner le bus. Roba ne l’a dessiné que de dos, sauf une seule fois où il a été dessiné de face par Jidéhem, dans l’album La Ribambelle contre-enquête. J’ai ainsi pu repérer le modèle que c’était. Après plein de recherches, j’ai découvert que c’était un Renault MP4H qui a servi à la RATP Paris de 1935 à 1970. Dernièrement, j’ai eu la bonne surprise en visitant un musée de l’automobile dans la région à Ludon-Hénaux de passer devant une salle où il y avait le bus qui était exposé. J’étais tout fou comme un gosse. Le conservateur m’a fait le plaisir de me laisser entrer dans le véhicule. J’ai pu aller m’asseoir au volant. C’était vraiment le bus de la Ribambelle, le modèle exact.

Toujours avec Zidrou, en 2015, tu signes Waw chez Paquet. Au niveau automobile, tu t’en donnes aussi à cœur joie. Est-ce que ce one shot va devenir une série ?


A l’origine, il devait y avoir trois tomes. Pour l’instant, on n’a pas de retour de l’éditeur, donc on ne sait pas trop si cette série va se poursuivre. Je ne pense pas car, ayant d’autres engagements ailleurs, ça va être compliqué.

 

 

 

© Krings - Zidrou - Paquet

 

 

Avec l’Agence Quanta, en 2014, tu es enfin à 100 % aux commandes d’une série. Peux-tu nous en raconter la genèse ?

Zidrou est derrière cette histoire aussi. Il faut savoir qu’il est un peu mon grand frère dans la BD. C’est un des premiers auteurs que j’ai admiré avant même d’être dans la profession. J’ai eu la chance de le rencontrer assez tôt quand j’ai débuté. Il m’a vite pris sous son aile. Quand j’ai un souci dans le métier, ou que j’ai un doute sur une idée ou sur un contrat, il est toujours là pour me guider. Ce que j’aime bien avec lui, c’est qu’il n’a pas la langue de bois. Quand c’est mauvais, il te le dit cash. Quelqu’un qui m’a beaucoup aidé comme ça aussi, c’est Eric Maltaite. Ce que j’apprécie aussi avec lui c’est qu’il est très très franc. S’il y a quelque chose de mauvais, il te le dira et s’il te fait un compliment, c’est qu’il le pense vraiment. Ça a d’autant plus de valeur.
J’avais donc fait part à Zidrou mes idées de scénariste seul, mais je n’osais pas me lancer. Il m’a encouragé, Gihef également. J’ai trouvé un éditeur et signé le contrat. La série va être éditée en néerlandais et un éditeur néerlandais souhaite faire la suite.

 

 

 

© Krings - Vent d'Ouest

 

 

Outre la suite de Ickx, quels sont tes projets à venir ?

Je suis sur Fanny K. Je dois aussi faire un Bob et Bobette avec Zidrou dans le même esprit que les one-shot parallèles de Spirou, aux éditions Standaard. Nous sommes Zidrou et moi parmi les auteurs qui ont été sélectionnés, après deux pages d’essais qui ont été validées. L’album va se faire, mais pas avant 2018- 2019.

Merci, Jean-Marc.

Propos recueillis par Laurent Lafourcade



Publié le 26/02/2017.


Source : Bd-best


Dark Divas, un recueil des plus belles illustrations érotiques de Nick Guerra

Amateurs de charmes, de belles courbes et de contrastes voici un nouvel album fait pour vous. Sortit en février 2017, Dark Divas est une pin-up collection signée Nik Guerra, un auteur italien dont les œuvres sont réunies dans ce recueil signé Graph Zeppelin et Tabou BD.

Résumé de l'éditeur : Célèbre pour son dessin sensuel où les regards ardents jouent avec les reflets des bas nylon plus vrais que nature, Nik GUERRA présente avec Dark Divas son premier recueil de pin-up pulpeuses, sombres, démoniaques et envoûtantes !
Plus de 100 illustrations où le noir rétro se marie au rouge hémoglobine.

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur est spécialisé en dessins sensuels. Il affectionne par conséquent les bas nylon et les femmes mystiques qui les portent. Il a été cité parmi les 100 plus belles bande dessinées par le magazine Beaux Arts. Il est le créateur également de Magenta, Une détective fétichiste. Retrouvez donc dans plus d'une centaine de pages ses illustrations les plus magnifiques.

L'album est conçu avec une cover souple couleur or broché et pelliculé. Les cahiers sont imprimé sur papier demi matt qui rendent aux dessins toute leur intensité. Principalement composé de rouge et noir ou tantôt de couleurs rose pourpre et de blanc, voici un subtil mélange de sensations rehaussant à leurs tours les formes divines qui se succèdent sous nos yeux ravis. Ici il n'est donc nul question de pin-up rose bonbon mais du contraste de celle-ci :  sauvages, félines, prédatrices.
Les traits de Nik Guerra sont élégants et provoquent les fantasmes les plus fous et les plus secrets.

 

 

 

 

Point de vulgarité dans ce best-of Guerra, le contenu est sexy et préfacé par Vincenzo Mollica (journaliste à la Rai 1 et auteur de diverses biographies et reportages consacrés à des auteurs de bande dessinée et il a dirigé des expositions consacrée à Andréa Pazienza à Rome). En fin de parcours, un sketch de 10 pages de crayonnés de toutes beautés vient clôturer et accompagner une biographie de l'auteur.

A reprendre les propos de l'éditeur lui-même : un superbe livre qui sera aussi bien convoité par les amateurs de pin-up que par les collectionneurs de bandes dessinées.

Un tirage limité, numéroté de 200 à 999, coédité Graph Zeppelin/Tabou BD est parrallèlement distribué et comprend une pochette de 8 ex-libris érotiques réservés à un public averti. Également un coffret hors commerce numéroté de 1 à 199 signé par l'auteur et composé d'une pochette de 12 ex-libris est lui réservé aux festivals de bande-dessinées.

Tyler Craig

 

Titre : Dark Divas, Pin up Collection

One shot

Genre : Érotique

Dessins et Couleurs : Nik Guerra

Éditeur : Graph Zeppelin - Tabou BD

Nombre de pages : 112

Prix : 30 €

ISBN :  9791094169087



Publié le 17/02/2017.


Source : Bd-best


Le Projet Bielberg, la terrible machination qui menace l'humanité toute entière

Serge Letendre, le scénariste de la quête de l'Oiseau du temps mène un thriller-polar haletant tiré du roman de Khara paru aux éditions Critic, un best-seller. Il s'adjoint les services de Frédéric Peynet, l'excellent dessinateur de Prométhée et des Vestiges de l'aube.

 

Résume de l'éditeur : Depuis des décennies, une mystérieuse organisation met en tout en œuvre afin de créer un nouvel ordre mondial. Son premier allié, dans les années 1920 : Hitler, à qui elle a promis, en échange de contreparties, d'énormes moyens afin d'accéder au pouvoir... Depuis, venue des heures les plus sombres de l'Histoire, une terrible machination s'est mise en marche, menaçant l'humanité tout entière. N'est-il pas déjà trop tard pour l'arrêter ?

 

 

 

 

 

 

Jeremy Novacek est un jeune loup dans le monde du trading. Un événement tragique le confronte soudain à un drame terrible. Bernard Dean, son patron le couvre alors qu'il se cloître dès lors dans son appartement cosy. Jusqu'au jour ou deux militaires lui soumettent un protocole et les effets de son père ainsi que le drapeau américain plié comme le veut la tradition. Sa mère qu'il n'avait plus vu depuis des années lui confie alors un pendentif qui contient un vieux papier où sont écrit une série de chiffres donnant accès à un compte en banque suisse et une clé marqué du sceau de la croix gammée. L'effroyable passé va se présenter à lui comme un diable en boite et les secrets les plus terribles vont se révéler.

 

 

 

 

 

 

L'intrigue se distille peu à peu et captive l'intérêt du lecteur. Les éléments de mettent en place brique par brique et ne démentent pas le savoir faire du scénariste. L'adaptation du roman en bande dessinée est une réussite indiscutable et respecte par conséquent ce dernier. Les aller-retours narratifs dans le passé sont autant d'éléments qui tiennent en haleine et les scènes d'actions sont mises en valeurs par le trait efficace et les couleurs soignées de Frédéric Peynet.

 

 

 

 

 

 

Le Projet Bleiberg, la terrible machination qui menace l'humanité toute entière commence donc avec dynamisme et suspense intense. Les surprises ne manquent pas et le cliffhanger nous donne une grande envie de connaître la suite de cette série qui sera déclinée en trois volumes, dont le deuxième tome paraîtra courant du second semestre 2017.

 

Tyler Craig

 

Série : Le projet Bleiberg

Tome : 1-Les Fantômes du Passé

Genre : Polar Thriller

Scénario : Serge Le tendre

Dessins et Couleurs : Frédéric Peynat 

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 64

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782205074949



Publié le 17/02/2017.


Source : Bd-best


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