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Le train des orphelins t.7,  Xavier Fourquemin est l’un des meilleurs dessinateurs semi-réalistes du moment

« - On a tout oublié de ceux qui sont enterrés ! (…) Je viens quand je peux… Tous ces gens qui n’intéressent plus personne, ça me touche. Vous aussi, apparemment. »

            « - J’arrive à un âge où on fréquente ces cimetières par obligation…puis on se met à y prendre goût. »

            « - Vous avez un caveau de famille ? »

            « - Euh…Oui…Sans doute, quelque part en Irlande… »

 

            Si l’histoire principale de Lisa, Joey, Harvey, Jim et Anna est close, il y a encore des pans de l’histoire de Cowpoke Canyon à raconter. Alors que Coleman brigue la mairie de la ville, Lisa décide de transformer son saloon en école. Soixante-dix ans plus tard, suite à une conversation de radio-amateur avec Louisa, une petite fille gaélique de neuf ans et demi, Joey décide de partir en Irlande. Mais la route est longue et les cimetières sont peuplés de fantômes.

 

            Xavier Fourquemin est l’un des meilleurs dessinateurs semi-réalistes du moment. Il y a un petit goût de Loisel dans son coup de patte. Par ailleurs, cet album est remarquable par la diversité des paysages représentés : la ville de l’ouest, la route américaine perdue, les cimetières, le port et la mer, ou encore les paysages irlandais, que Fourquemin retrouve après les avoir sublimés dans « La légende du Changelling ».

 

 

 

 

 

 

            Philippe Charlot n’arrive pas à abandonner ses personnages…et c’est tant mieux. Il y a tant à raconter encore dans l’histoire de la ville américaine. Harvey, quant à lui, a de nombreuses questions à résoudre pour combler les trous de son histoire personnelle.

 

            Que le train des orphelins continue son voyage sur les rails de la prairie américaine.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Le train des orphelins

Tomes : 7 - Racines

Genre : Drame historique

Scénario : Charlot

Dessins : Fourquemin

Couleurs : Smulkowski

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 978-2-81894-076-1



Publié le 28/03/2017.


Source : Bd-best


 Une génération française tome 1, Eduardo Ocaña nous plonge dans un Paris de milieu du siècle

« - Martin ! Laisse-moi te présenter mon ami Otto Abbetz. »

« - Enchanté ! »

« - Le plaisir est pour moi. Kurt m’a beaucoup parlé de vous. »

« - En bien, j’espère ? (…) La France et l’Allemagne ont beaucoup à apprendre l’une de l’autre. »

« - Exactement ma ligne de pensée. Nous sommes faits pour nous entendre. Je cherche à recruter des jeunes gens instruits afin de promouvoir la politique du IIIème Reich auprès de l’intelligentsia parisienne. Votre rémunération serait conséquente. Seriez-vous intéressé ? »

« - Navré, Monsieur Abbetz, mais je préfère ne pas me mêler de politique. »

 

Paris 1934, Martin Favre traverse les champs Elysées en compagnie de son père. Une manifestation fasciste dégénère. La république est menacée, mais elle se défend.

1938, on retrouve Martin sur les bancs de la Sorbonne. Le Valentin étudie la civilisation germanique et collectionne les conquêtes féminines. Mais c’est d’une autre conquête dont il va se retrouver acteur bien malgré lui : celle des territoires. Le IIIème Reich étend son empire. Le pire n’a pas pu être évité. L’ordre de mobilisation est annoncé. La guerre est de retour.

 

 

 

 

 

Eduardo Ocaña nous plonge dans un Paris de milieu du siècle comme si on y était. Ses angles de vue sont tels que le lecteur est placé au cœur de l’action. Idem pour les scènes de guerre où la boucherie est vécue de l’intérieur. S’il fallait pinailler, ce serait sur la taille des doigts des personnages qui sont parfois trop longs. Le dessinateur excelle dans les émotions : colère, haine, amour, les yeux de ses personnages sont capables de tout dire.

Thierry Gloris, diplômé d’histoire, après la très réussie série « Malgré nous », revient dans les affres de la seconde guerre mondiale. Il nous propose ici une série concept où l’on suivra le parcours de trois français, deux hommes et une femme, durant la seconde guerre mondiale. Dans ce premier volume, il réussit l’exploit de raconter en 46 planches les origines et les premières années du conflit. A travers le destin d’un jeune Français épicurien croisant la route d’un étudiant Allemand et d’un camarade de régiment Juif, Gloris raconte la marche d’une génération sacrifiée sur l’autel de la cruauté.

A l’heure où les programmes scolaires continuent de prodiguer un nivellement par le bas, la bande dessinée est aujourd’hui l’un des meilleurs vecteurs pour s’instruire et éveiller les consciences tout en gardant pour le lecteur, le plaisir de lire une histoire et une Histoire passionnante.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Une génération française

Tomes : 1 – Nous vaincrons !

Genre : Drame historique

Scénario : Gloris

Dessins : Ocana

Couleurs : Saint-Blancat

Collection : Quadrants

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-3020-5976-4



Publié le 27/03/2017.


Source : Bd-best


Des hommes et des femmes sur Mars, le cinéma l’a rêvé, Florence Porcel et Erwann Surcouf y ont été… en Bd

Le monde de la BD semble s’être passé le mot. La bande dessinée du réel (comme j’aime l’appeler afin qu’elle soit la plus ouverte possible aux BD-reportages, -documentaires ou -enquêtes, aux (auto)biographies, aux essais et plein d’autres choses) n’a cessé de se développer depuis un bon paquet d’années. Et il semblerait que depuis quelques mois, elle ait encore passée une vitesse supérieure avec l’apparition de collection dédiée à la compréhension de notre monde. Avec la petite bédéthèque des savoirs du Lombard (ici, là ou encore ici), Sociorama chez Casterman (ici) et, désormais, la collection Octopus, dirigée par Boulet et Marion Amirganian. Une « collection savante qui déploie ses tentacules » qui s’ouvre par un grand voyage entre les mains de Florence Porcel et Erwann Surcouf. Mars, nous voilà.

Résumé de l’éditeur : Ils sont psychiatre, médecin, ingénieur, pilote ou encore botaniste : ce sont les ambassadeurs de la première mission habitée vers Mars. Mais comment réagiraient les humains à 150 millions de kilomètres de la Terre ? Quel lien les unit à Mars ? C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur cette magnifique et dangereuse planète… Un récit de « vulgarifiction » piloté par Florence Porcel et Erwann Surcouf !

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

Avant toute chose, quand je me suis retrouvé avec Mars Horizon dans les mains, je ne savais pas encore que la surprise me guettait. Alors que jusqu’ici, La petite Bédéthèque des Savoirs et Sociorama (pour ne citer que les deux collections qui ont fait pas mal parler d’elles depuis deux ans, possédaient un format bien particulier, immédiatement reconnaissable et, finalement, très « livre de poche » dans sa taille), celui d’Octopus joue sur un autre terrain, ne cherchant pas à se faire remarquer dès le premier coup d’oeil, à la frontière des genres. Si bien que quand la couverture de Mars Horizon fut révélée, au-delà de son format comics, on pensait qu’avec sa couverture très graphique, spectaculaire et rappelant le magnifique « Sunshine » de Danny Boyle, Florence Porcel et Erwann Surcouf, pirate de l’espace, allaient nous livrer un autre thriller dans un espace de tous les dangers.

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

On était loin du compte même s’il y a sans conteste quelques notions de thriller. Et si l’on se méfie souvent des appellations qu’on donne aux livres pour mieux les vendre et parfois insensées, on est bien obligé de se rendre à l’évidence : en parlant de « vulgarifiction », Delcourt vise dans le mille avec cette oeuvre hybride avec un début, une fin et un enjeu, surtout, de vie ou de mort, de succès ou d’échec. Ce qui manque parfois à ces BDs si explicatives qu’elles en oubliaient le suspense. Et sous la question posée par les médias depuis pas mal de temps (et à chaque fois que des scientifiques décèlent des planètes similaires à la Terre), nous voilà en pleine simulation pour un aller(-retour ?) sur la planète rouge. Oh, il s’agit moins du voyage que de l’exploration de ces terres encore méconnues et située à plus de 200 millions de kilomètres de chez nous. Nous sommes en octobre 2080 et les premiers hommes marchent enfin sur les cratères marsiens. Et outre l’émerveillement, il va falloir survivre.

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

Écrit par une des spécialistes de la vulgarisation scientifique et astronomique jusqu’au-boutiste (Florence, paraît-il, ne dirait pas non si elle pouvait s’installer durablement là-haut) et dessiné par un auteur qui a de moins en moins peur de se frotter à l’immensité spatiale (en témoigne son dernier livre, Pouvoirpoint) et encore moins à des thèmes complexes, Mars Horizon se présente finalement comme un récit choral entre trois paires isolées dans trois caissons, trois huis-clos devant l’étendue vertigineuse de l’espace. Il y a Tsi-Ku et Nikash qui font route, dans un véhicule d’exploration baptisé le… Delorean, vers un Cargo balancé sur Mars quelques jours auparavant. Il y a Jeanne (notre interlocutrice dont le but est de rester seule sur Mars quand ses comparses s’en retourneront) et Sam, le médecin, qui surveillent les opérations depuis la base. Puis, il y a Josh, le psychiatre, et Elena, la pilote, du vaisseau Tereshkova resté en orbite mais tout aussi clé dans la réussite de la mission. Encore plus quand il faut gérer les imprévus.

 

 

 

 

© Porcel/Surcouf chez Delcourt

 

Ainsi, durant 120 pages, ces Marsonautes évoluent entre fiction et éléments véridiques pour nous aider à mieux comprendre les enjeux et les caractéristiques. La progression se fait par à-coups, évitant le bourrage de crâne pour mieux faire comprendre les notions qui semblent couler de source pour nous (se parler, se déplacer, faire l’amour) mais dont les paramètres se trouvent totalement faussés sur Mars. Il faut donc se réadapter, réapprendre parfois. Comme cet adaptation ou cette déprime qui peuvent se ressentir une fois éloigné de son élément, de la Terre… mère. Si l’ensemble se complique parfois la tâche dans sa manière de faire comprendre les choses (l’explication de ce voyage, de sa genèse arrive un peu trop tard) et lasse par moment, la passion émerge dans chaque page et le graphisme d’Erwann Surcouf dope le tout sans se croire à Hollywood et sans s’encombrer de détails superflus pour aller droit au but, à l’essentiel et rendre cette BD, avant tout relationnelle, percutante.

 

Alexis Seny

 

Titre : Mars Horizon

Récit complet

Scénario : Florence Porcel (Page Facebook)

Dessin et couleurs : Erwann Surcouf

Genre : Aventure, docu-fiction, science-fiction

Éditeur : Delcourt

Collection : Octopus

Nbre de pages : 120

Prix : 16,50€



Publié le 27/03/2017.


Source : Bd-best


24ème édition du Festival BD de Perros-Guirec

Au programme:

AU PALAIS DES CONGRÈS

• Dédicaces des Auteurs
• Exposition TIGNOUS
• Exposition MICKEY VU PAR RÉGIS LOISEL
• Exposition GAI LURON - PIXEL VENGEUR
• Forums (à L’Espace Forum)
➤ Samedi à 14h30 : « Florence Cestac »
avec Florence Cestac,
débat animé par André Morvan.
➤ Dimanche à 14h30 : « Tignous »
avec Chloé Verlhac,
débat animé par André Morvan.
• Samedi à 17h : Remise des prix du concours “Jeunes Talents”.
• Animations Musicales le samedi avec Batucada Distribilh
• Boutique du Festival
• Billetterie
• Bar

À L’ESPACE JEUNESSE

Sous le chapiteau près de la rotonde

• Dédicaces des Auteurs
La priorité sera donnée aux enfants (de -15ans) pour ces dédicaces

• Vente d’albums des auteurs en dédicaces : Espace Culturel E.Leclerc Lannion
• Pour les enfants : dessins, ateliers, maquillages
• BDs à gagner avec Le Crédit Mutuel de Bretagne

À L’ESPACE EXPOSANTS

Sous le chapiteau en face de la rotonde
• Vente d’albums neufs, soldés, d’occasions ou de collections et de produits dérivés

À LA BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE, centre ville

Entrée libre
• Exposition Concours “Scolaire” avec “Le Trégor”
• Dédicaces de Michel Plessix et Thomas Priou

À LA MAISON DES TRAOUÏÉRO

• Dédicaces des Auteurs
• Vente d’albums des auteurs en dédicaces : Espace Culturel E.Leclerc Lannion
• Dédicaces et Ventes de Fanzines
• Exposition FLORENCE CESTAC
• Exposition MICHEL GOURDON
• Conférence « Michel Gourdon »,
Samedi à 16h et dimanche à 11h, salle de l’exposition Michel Gourdon, présentée par Patrick Bernard, président de l’association “les amis de Michel Gourdon”.
• Exposition Concours “Jeunes Talents” avec “Le Télégramme”
• Boutique du Festival
• Billetterie
• Bar

Auteurs présents :

Laurent ASTIER
BARU
Olivier BESSERON
André BIBEUR-LU
BLŸNT
José-Louis BOCQUET
Olivier BOISCOMMUN
Guillaume BOUZARD
BRUCERO
CATEL
Florence CESTAC
Gérard CLAM
Laëtitia CORYN
Patrick COTHIAS
AL COUTELIS
CRIP
Damien CUVILLIER
DAWID
Romain DUTREIX
Frédéric FELDER
Daniel FUCHS
Bertrand GALIC
Annie GOETZINGER
Christophe HOYAS
Rodolphe HOYAS
ISA
Patricia JAMBERS
JULIEN/CDM
Loïc JOUANNIGOT NEW + BIO
Jean-Charles KRAEHN
KRIS
Willy LAMBIL
Christophe LAZÉ
Christophe LEMOINE
Erwan LE SAËC
Edwige LOUVET
MATTEO
MOBIDIC
Fanny MONTGERMONT
André MORVAN
PIXEL VENGEUR
Michel PLESSIX
Jeff POURQUIÉ
Thomas PRIOU
Philippe STERNIS
Ève THARLET
Didier TRONCHET
Sylvain VALLÉE
Chloé VERLHAC
Laurent VICOMTE


INVITÉE D’HONNEUR 2017

FLORENCE CESTAC

À LA MAISON DU LITTORAL

à Ploumanac’h, en face du phare par rapport au sentier des douaniers

• Exposition NUIT NOIRE SUR BREST

Album Lauréat du Prix BD Maritime 2017 Le Télégramme et le Festival. BD scénarisée par Bertrand Galic et Kris, et dessinée par Damien Cuvillier.
Accessible de de 10h à 12h et de 14h à 17h, le samedi et le dimanche, également ouverte au public (entrée gratuite) du 3 avril au 28 avril, du lundi au vendredi de 14h à 17h.

PROMENADE DE TRESTRAOU

• Exposition ENTRE TERRE ET MER - PASCAL BRESSON - ERWAN LE SAËC

LA ROTONDE
• Billetterie

Horaires de 10h à 18h30 les deux jours

Plusieurs lieux dans la ville de Perros-Guirec

Contact : Téléphone +33 (0)2 96 49 02 45 e-mail festivalbd@perros-guirec.com

web : www.bdperros.com


Pays : France

Date de l'événement : du 08/04/2017 au 09/04/2017.

Publié le 24/03/2017.


Source : Bd-best


Schtroumpfs : fini de rire, les filles arrivent

Ils sont bleus, ils portent un chapeau blanc et ils vont bientôt se rendre compte, après des années d’ignorance, qu’ils ne sont pas les seuls… Schtroumpfs (puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit). Et que la Schtroumpfette n’est plus la seule représentante de la gent féminine. Révolution en vue ? Toujours est-il que c’est le pitch du troisième film hollywoodien (et – soulagement – cette fois totalement en animation) consacré aux petits hommes de Peyo par Kelly Asbury (Spirit, Gnoméo et Juliette, Shrek 2).

Un film qui fait fi du Syndrome de la Schtroumpfette (quand une héroïne est seule, désespérément seule dans un univers qui ne compte que des hommes) comme d’aucuns l’appellent, semble prendre le parti des femmes qui se révèlent être des guerrières sans peur et qui risquent bien d’abattre mur et frontières dans l’espoir de faire cohabiter les différences. Les bases étaient trop bonnes que pour ne pas lancer une série dérivée. Celle-là même dont le premier album paraît quelques jours avant le film auquel il fait… suite. Bizarre, vous avez dit schtroumpfement bizarre ?

 

 

 

 

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

 

Nouvelle forêt, nouveau monde, nature saisissante et espèces inconnues, voilà le menu de ce spin-off qui en perd un peu son… Schtroumpf. En effet, on a l’impression que les bientôt sexagénaires parle de plus en plus français et tronque de moins en moins les mots. Pour le reste, c’est une somme de récits courts dans cette forêt aussi interdite que prometteuse que nous font découvrir l’équipe emmenée par les scénaristes Alain Jost et Luc Parthoens, les dessinateurs Alain Maury, Jeroen de Coninck, Miguel Diaz et Laurent Cagniat et le coloriste Paolo Maddaleni. Des habitués, donc, pour la plupart.

 

 

 

 

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

 

Harry Potter n’a pas le monopole de la forêt interdite et, graphiquement, celle des hommes bleus un régal. Mais comme on n’a pas eu la chance de voir le film, on s’est retrouvé un peu perdus pour apprécier cet album à sa juste saveur même s’il est sans réel enjeu notoire. Reste que ces Schtroumpfs-là jouent sur du velours mais osent aussi un petit vent de révolution et de féminisme.

 

 

 

 

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

 

Avec du caractère, s’il vous plaît. Les Schtroumpfs costauds, à lunettes ou maladroit ne sont que les premiers de la liste de ceux qui en ont fait les frais. Bon, pour le prochain tome, on ne serait pas contre une longue aventure pour exploiter tout ça avec un peu plus de fond. Et que ça schtroumpf !

 

Alexis Seny

 

Série : Les Schtroumpfs & le village des filles

D’après l’univers créé par Peyo

Tome : 1 – La forêt interdite

Scénario : Alain Jost et Luc Parthoens

Dessin : Alain Maury, Jeroen de Coninck, Miguel Diaz et Laurent Cagniat

Couleurs : Paolo Maddaleni

Genre : Histoires courtes, Aventure, Humour, Jeunesse

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€

 

 



Publié le 24/03/2017.


Source : Bd-best


La loi de l’Ouest sauvage continue de sévir, et gare à qui convoitera l’or de Morrison

Nous vous avons pas mal parlé de westerns, ces derniers temps. Devinez quoi ? Ce n’est pas fini. On en a encore sous le pied. À commencer par le premier tome du diptyque de Roger Seiter et Daniel Brecht, L’or de Morrison. Ou comment, sur les vestiges de la guerre de sécession, un officier sudiste bien aidé va mettre au point un plan sans faille (du moins, il le croit) pour dérober la coquette somme de 350 000 $. Tout un programme et une chevauchée quasi… fantastique.

Résumé de l’éditeur :  Même s’il a servi un drapeau qui aujourd’hui n’existe plus, le Colonel Marion Michaël Morrison n’en reste pas moins un excellent officier et le plan qu’il a conçu n’a aucune raison d’échouer. Avec ses hommes, il va attaquer ce fichu train, mettre la main sur les 350 000 dollars qu’il transporte, puis traverser la montagne pour rejoindre San Francisco et sauter sur le premier voilier en partance pour l’Australie. Une fois là-bas, lui et ses compagnons pourront enfin recommencer leur vie sur de nouvelles bases.

 

 

 

 

Recherches de personnages © Seiter/Brecht

 

Tout était pourtant bien en place, les hommes ne manquaient pas pour faire face à un cheval de fer bien gardé. Non, vraiment, tout était réglé comme du papier à musique (morriconienne, bien sûr), toutes les traces effacées pour un meilleur nouveau départ, mais qu’est-ce qui a bien pu dérailler ? Bon, c’est vrai que sous les pas des chevaux lancés à toute allure, la poussière ne manque pas de… glisser quelques grains de sable dans la mécanique infernale des forfaits les plus audacieux. La loi d’un Ouest Sauvage qui ne fait de cadeau à personne, quel que soit le côté du drapeau que vous chérissez.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht aux Éditions du Long Bec

 

En ce cowboy fringuant et flinguant vers tous les genres qu’est Roger Seiter, ce jeune auteur qu’est Daniel Brecht (né en 1958 mais qui a attendu… 2013 pour publier son premier album) a trouvé un bon allié pour le conforter dans la poussière, le sang, les cavalcades et les gunfights qui font les grands westerns. Ici, comme dans les fromages belges, il y en a pour tous les goûts. Tous les éléments sont réunis : des Apaches très en colère, deux camps rivaux, l’appât du gain, une folle course-poursuite et une pluie de détonations. Quant à savoir dans quel camp le lecteur se situera, il le doute est permis. Et quitte à choisir, ne choisissons pas, exaltons nos envies de nous encanailler.

 

 

 

 

© Seiter/Brecht

 

Car, au pays des canyons et des terres sauvages à perte de vue, Seiter et Brecht se sont trouvés, créant, dans un vieux pot culturel commun (comme il se doit pour les meilleures soupes), des personnages faits dans le meilleur bois, de ceux qui n’ont rien à perdre, et les emmenant dans une aventure sans temps mort. Après tout, ce n’est pas parce que le train est braqué qu’il doit arriver en retard ! Dans un écrin classique, Daniel Brecht (pas si loin d’un Denis Bodart) réussit à imposer un peu plus sa marque de fabrique faite d’expressivité, d’action, d’un cadrage qui fait mouche… Du spectacle qui ne met pas en péril son histoire, quoi ! Que demande de plus le peuple des hautes plaines ? Celui-là même qui sera servi deux fois puisqu’en mai, Brecht reviendra (avec Philippe Nihoul), cette fois, pour le premier tome des Ombres de la Sierra Madre chez Sandawe (extraits ci-dessous).

Alexis Seny

 

Titre : L’or de Morrison

Tome : 1/2

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Daniel Brecht

Genre : Western

Éditeur : Éditions du Long Bec

Nbre de pages : 54 ( + dossier de huit pages)

Prix : 16,50€



Publié le 24/03/2017.


Source : Bd-best


Le long chemin du deuil dans Rosalie Lightning de Tom Hart : de battre mon coeur s’est… ébranlé

Lightning, ça veut dire la foudre, l’éclair mais aussi la chance. Aussi éphémère soit-elle. L’auteur de bande dessinée, Tom Hart et sa femme Leela Corman vont malheureusement s’en rendre compte à travers ce qui est sans doute l’une des épreuves les plus rudes sur cette Terre : la perte de leur petite fille, Rosalie, âgée de même pas deux ans. Une mort subite, sans aucun signe avant-coureur… à moins que ? Dans un passionnant essai sur la douleur, sur sa douleur, Tom Hart tente de remonter le fil d’Ariane de son labyrinthe et de se raccrocher au fil de sa vie. Bouleversant.

Résumé de l’éditeur : « Nous avons perdu Rosalie il y a quelques jours. » Elle est décédée soudainement une nuit de novembre 2011, sans aucun symptôme avant-coureur. Rosalie avait deux ans, elle était en parfaite santé. Son père, Tom Hart, décide alors de mettre en texte et en image le long processus que lui et sa femme Leela ont éprouvé au lendemain de cet événement tragique. Que fait-on quand on perd un enfant ? – On tombe dans un trou.

 

 

 

 

© Tom Hart chez St. Martin’s Press

 

« Mon corps est plus triste à l’horizontale qu’à la verticale », comment glisser vers la lumière quand toutes les lumières se sont éteintes et que la vie semble bien infime ? Comment dormir quand le cauchemar se vit déjà éveillé, quand le futur coïncide déjà avec le passé, les remords, l’incapacité à ranimer les morts et à se sentir à nouveau vivants. Comment Tom et Leela ont-ils pu en arriver là ? Ce n’était pas la grande vie, plus proche de la banqueroute que du gros lot, mais Rosalie Lightning illuminait tout ça à la faveur de son apprentissage, ses premiers pas. Les premiers mots, aussi, maltraités mais tellement mignons : l’agnégné, la gande lune, oh gad agan didodo… Des codes secrets auxquels seuls les parents sont initiés, et c’est ce qui fait le sel de cette relation privilégiée, de parents à enfant. Et puis, le drame.

 

 

 

 

© Tom Hart

 

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé » écrivait Lamartine comme synthèse d’une douleur à vif. Sans doute la douleur est-elle immensément plus forte, plus dure, quand cet être est votre propre petite fille si malicieuse, si rayonnante. Un sourire avant le gros dodo et le lendemain matin, plus rien, un corps inerte, bleu. Rosalie est partie comme une éclipse de bonheur. Ne reste que les tourments, les torrents, et ce sentiment d’injustice : « Qu’a-t-on fait pour en arriver là ? »

 

 

 

 

© Tom Hart

 

Probablement rien mais rien n’y fera : quand un bâtiment s’éboule, il faut du temps pour le reconstruire, pour ôter l’amertume, pour que la vie soit plus forte que la mort. Pour preuve, on en veut le pavé de Tom, aujourd’hui édité par l’Association. Un pavé comme premier pas vers la rédemption et l’épreuve enfin surmontée, vers la reconstruction. « Il y a trois semaines, n’étais-je pas un père ? » Une reconstruction guère facile puisque si de battre le coeur de Rosalie s’est arrêté, l’environnement du couple en deuil ne leur a pas laissé de répit. Un appartement qui ne se vend pas, un bouquin à terminer et le ramdam banal d’un quotidien devenu extraordinaire tant toute charge est désormais un effort surhumain. Et avancer quand on a de cesse de vouloir reculer et métamorphoser le passé, ça n’aide pas à se hisser au-delà du ravin, du trou béant qui ne demande qu’à vous dévorer. "Pourrions-nous installer ici nos vies dénuées de sens ?"

 

 

 

 

© Tom Hart

 

Pour retrouver ce sens qu’il pense à jamais perdu, Tom et Leela vont devoir accomplir un chemin initiatique, de déménagement en déménagement provisoire, de la Floride (dont le ciel semble n’avoir jamais été aussi triste) jusqu’au Nouveau-Mexique. Mais aussi un chemin spirituel pour lequel Tom va faire feu de tout bois de Ponyo sur la falaise à Totoro en passant par Roland Barthes, Werner Herzog et Oum Kalsoum et Paul McCartney. Sans oublier les contes de la crypte et d’autres revenants et l’exploration consciente de toutes ces histoires où un enfant disparaît. Un bagage culturel mis à pied d’oeuvre pour retrouver son chemin et reprendre sa vie par le bon bout.

 

 

 

 

© Tom Hart chez St. Martin’s Press

 

Rosalie Lightning fait partie de ces livres réalisés dans la fureur (de vie mais aussi de mort) et l’incompréhension. Grand maelstrom d’émotions et de réflexions, le livre de Tom Hart est déstructuré. Comme ses héros de la vie de tous les jours, il ne sait sur quel pied dansé, entre rêve et réalité, entre demain et hier.

 

 

 

 

© Tom Hart chez St. Martin’s Press

 

D’un symbolisme fort et jamais pathétique, voilà un ouvrage labyrinthique (comme ce parc de loisir que Rosalie ne verra finalement jamais) dont la force du propos et de l’expérience émerge pour faire un tout cohérent et émotionnellement intense. Car du « Non » au « Oui », quand il s’agit de répondre « stop ou encore » à la vie, le pas est parfois beaucoup plus grand qu’on ne croit. Une colossale leçon de vie.

 

Alexis Seny

 

Titre : Rosalie Lightning (Tumblr)

Scénario et dessin : Tom Hart

Noir et blanc

Traduction : Fanny Soubiran

Genre : Autobiographique

Éditeur : L’association

Collection : Ciboulette

Nbre de pages : 272

Prix : 25€



Publié le 22/03/2017.


Source : Bd-best


Udama chez ces gens-là, quand penser à soi tient moins de l’égoïsme que du besoin de se sentir en vie

On connaissait Zelda, Zebda, mais jamais nous n’étions tombés sur une BD signée par Zelba (alias Wiebke Petersen, un nom qui met la puce à l’oreille sur ses origines allemandes). Il faut un début à tout. En l’occurrence, Udama chez ces gens-là. L’exotisme d’un nom qui côtoie la formule tant répétée de Brel et voilà une histoire singulière qui tranche par rapport aux grands héros et à leurs qualités enviables. Car ça se passe ici et aujourd’hui et qu’il faut parfois penser à soi.

 

 

 

 

 

 

© Zelba

 

© Zelba

 

Résumé de l’éditeur : Claire et Hervé sont parisiens et habitent un appartement cossu, au pied de la Tour Eiffel. Ensemble, ils viennent d’avoir une petite fille, Rose, mais pour Claire, pas question de délaisser sa carrière : il faut engager au plus vite une nounou. Udama, elle, est malienne. Elle vit en périphérie de la capitale, dans une mansarde minuscule et insalubre, avec sa cousine et ses enfants. Répondant à leur annonce, la jeune femme sonne à la porte de Claire et Hervé. C’est elle qui s’occupera de Rose, quitte à tout accepter et à négliger ses propres enfants.

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

Il y a « New York, New York » mais Paris, Paris, comme rêve un peu plus accessible, c’est pas mal non plus. Enfin, bon, n’allez pas dire ça à Udama que la Ville-Lumière n’a pas mis longtemps à recracher dans l’ombre de la miséreuse piaule qu’elle occupe avec sa cousine et leurs quatre enfants. Udama pouvait rêver mieux mais, dans son malheur, elle a la chance d’être plutôt bien intégrée et d’avoir un caractère sociable et maternel qui va plaire à Claire et Hervé. Claire qui, sous la pression de son emploi d’agente immobilière, ne compte pas user et abuser de toute la durée de son congé de maternité.

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

Pourtant dieu sait qu’elle en aurait bien besoin au vu de sa fatigue, de la mélancolie qui semble l’avoir agrippée et de la tragédie dont les plaies du couple sont loin d’être refermées. Et même si Hervé tente de la raisonner, rien n’y fera, Claire veut se réfugier dans le boulot. Remarquez, ça fait les affaires d’Udama même si elle va vite se rendre compte que son confort personnel et sa vie familiale vont être remis en jeu, d’horaires tardifs en avances malsaines mais peut-être rentable.

 

 

© Zelba

 

 

© Zelba

 

La boîte à bulles n’a pas tort en présentant son mois de février comme social et sociétal. Avec les aventures d’Udama, c’est exactement ça, mais peut-être pas forcément dans le sens où on l’entend habituellement. S’offrant une plongée sans pathos dans le monde des nounous mais aussi dans les failles d’un couple qui tente de tenir bon et dans le revers du rêve européen, Zelba réussit à brasser une multitude de thèmes sans en faire de trop et avec une simplicité redoutable. Redoutable comme cette héroïne qui, à force de ne plus penser à elle, va revenir au « chacun sa pomme » pour ne plus jamais transiger sur son bonheur et celui des siens, et profiter des opportunités qui se profilent devant elle sans, pour cela, avoir peur de passer pour une égoïste.

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

Égoïste, elle ? Plutôt mue par le besoin de mener sa vie du mieux qu’elle peut, et tant pis si cela fait des déçus. Ainsi, Zelba s’amuse à esquisser un triangle amoureux et à faire quelques mauvais coups derrière le dos des seconds-rôles. Un bien, un mal ? Moins que ça et plus que ça à la fois, tant on a dépassé depuis bien longtemps le manichéisme simpliste et tronqué. Car si la vie est faite de hauts et de bas, elle compile aussi des moments où l’on peut être fier ou pas de soi, des moments où l’on tend la main et d’autres où on la replie sur soi.

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

 

© Zelba chez La boîte à bulles

 

Et Zelba réussit, à l’heure des beaux discours et des (trop) belles valeurs utopiques, à livrer un récit fait de nuances, de réalisme, qui remet les choses à leur place, dans leur juste valeur et joue aux jeux des sept (mais il y en a bien plus) différences. Dans la forme et dans le fond, Zelba manie gracieusement de bonnes idées de composition. Dans les pas d’une femme qui tente juste de vivre un peu plus fort. Car, chez ces gens-là, Monsieur, avant tout, on vit !

Alexis Seny

Titre : Udama chez ces gens-là

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Zelba

Genre : Chronique sociale

Éditions : La boîte à bulles

Collection : Hors champ

Nbre de pages : 104

Prix : 20€



Publié le 20/03/2017.


Source : Bd-best


Erased 8 , Kei Sanbe répond à toutes les questions laissées en suspens

« J’ai un avantage sur lui ! Je sais ce qu’il manigance ! Je peux anticiper ses actions…pour avoir un coup d’avance ! On finira…par le faire tomber ! »

 

L’heure de l’ultime face-à-face entre Satoru et Monsieur Yashiro va bientôt sonner. Dans un jeu du chat et de la souris, les chemins du bourreau et de son poursuivant vont se croiser. Le piège va-t-il se refermer sur l’instituteur assassin ? Où les failles temporelles dans la vie du jeune japonais vont-elles le laisser ?

 

Dans ce huitième et dernier volume d’Erased, Kei Sanbe répond à toutes les questions laissées en suspens. Un tome complémentaire réunissant des scènes auxquelles le mangaka a dû renoncer devrait clore complétement l’aventure.

 

 

 

 

 

 

Loin des séries fleuves qui semblent ne jamais connaître de fin, Sanbe propose des récits qui se closent rapidement : entre autres, 4 tomes pour l’excellente Île de Hozuki, 6 tomes pour le terrifiant Berceau des esprits, 8 tomes pour l’énigmatique et original Erased.

 

Graphiquement, même si certaines représentations de visages de ¾ laissent anormalement un œil absent (c’est récurrent chez l’auteur), le mangaka fait de nets progrès. Il ose des scènes complexes, comme le face-à-face sur un pont suspendu avec un arrière-plan de feu d’artifice. Certes, il n’est pas au niveau des plus grands et loin d’une délicatesse à la Hoshino (D-Gray-Man), mais son travail plus que correct sert honorablement le récit.

En outre, il se sort avec brio d’une construction scénaristique avec flash-backs, ellipses et imbroglios temporels  qui aurait vite pu se transformer en labyrinthe inextricable.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Erased

Tome : 8

Genre : Fantastique

Scénario & Dessins : Sanbé

Éditeur : Ki-Oon

Nombre de pages : 210

Prix : 7,65 €

ISBN : 979-1032700570



Publié le 20/03/2017.


Source : Bd-best


Lynchéen et Baudelairien, Gustave Babel inaugure impeccablement des contes d’un nouveau genre… tentaculaire

Attention bijou impensable, pas cataloguable pour un carat, OVNI dantesque et tentaculaire. Tentaculaire, le mot est lâché, et en appelant sa nouvelle série (de one-shot?) Les contes de la pieuvre, Gess avait forcément cette idée en tête. Se renouvelant sans cesse, le premier papa de Carmen McCallum, qui nous avait aussi offert une belle évocation du 11 janvier avec Serge Lehman, nous revient dans un genre qui lui va comme un gant, à un jet d’encre du fantastique. À écouter, pourquoi pas, au son des Pixies. Where is my mind.

 

 

 

 

 

 

 

© Gess chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Juillet 1913 : La Pieuvre envoie Gustave Babel abattre un homme, mais quand il arrive, ce dernier est déjà mort. Décembre 1913 : nouveau contrat, mais cette fois, l’homme se suicide sous ses yeux. 1914 : infiltré dans les rangs de l’armée allemande, Babel voit sa cible disparaître sous des tirs d’artillerie. Profondément déstabilisé, il va devoir affronter visions et cauchemars qui le mèneront tout droit à un passé enfoui et à son pire ennemi : L’Hypnotiseur.

 

 

 

 

© Gess chez Delcourt

 

Dès la couverture (luxueuse), le ton est donné. Est-ce un arbre ou une pieuvre qui hante l’arrière-plan ? Peu importe. Toujours est-il que le dénommé Gustave Babel semble peser le pour et le contre, le stop ou l’encore du revolver qui l’a accompagné dans ses aventures meurtrières. L’attribut d’un sujet en bout de course traqué jusque dans ses nuits sous le poids d’immondes cauchemars. Gustave est en sursis.

 

 

 

 

© Gess chez Delcourt

 

Et quitte à entamer son dernier voyage, autant le démultiplier au fil des souvenirs et des séjours à l’étranger… facilités par une connaissance incroyable de toutes les langues du monde. Dans un Paris populaire en diable comme à Port-Saïd (dans lequel on jurerait apercevoir un Indiana Jones) ou en Argentine, Gustave qui porte bien son nom est comme un poisson dans l’eau, même s’il s’empoisonne l’esprit par de sombres pensées. Il faut dire que depuis qu’il rate successivement les gages que la pieuvre lui pro… lui impose, Gustave sait que son temps est compté.

 

 

 

 

© Gess chez Delcourt

 

Explorant le premier quart du vingt-et-unième siècle, c’est un récit impressionnant que nous livre Gess, se servant de thèmes mafieux et criminels pour mieux explorer la manière dont un être peut basculer de l’ombre à la lumière, et vice-versa surtout. Animé par les poètes comme Baudelaire, aidé par un sosie officiel de Gérard Depardieu, Gustave (qui, lui-même possède des traits très Lynchiens) pérégrine dans ce monde qui va déjà trop vite pour lui.
Depardieu en invité de bon aloi © Gess chez Delcourt

Avec cet ouvrage indescriptible où se marie magie, chimères et aventure au long cours, entre mille autres choses, encore plus quand on sait que le présent album était déjà annoncé en… 2011, Gess semble n’avoir vécu jusqu’ici que pour donner vie à ces contes aussi macabres que vivifiants. À l’image de ces couleurs qui, en un clignement d’yeux, permettent de restituer l’ambiance de ces années-là dans ces pays-là.

 

 

 

 

© Gess chez Delcourt

 

Cela faisait très longtemps que Gess n’avait pas été l’auteur complet d’un récit. Ça tombe bien, cela faisait aussi très longtemps que nous n’avions pas lu un roman graphique aussi prenant et cinglant, mariant si bien esprit, forme et fond. D’une classe infernale.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Un récit des contes de la pieuvre

Tome : La malédiction de Gustave Babel

Scénario, dessin et couleurs : Gess

Genre : Aventure, Polar

Éditeur : Delcourt

Collection : Machination

Nbre de pages : 200

Prix : 24,95€



Publié le 15/03/2017.


Source : Bd-best


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