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Rosa de la Habana, une héroïne tellement affriolante pour une épatante comédie musicale cubaine en BD!

Il y a quelques mois, la Maison Autrique publiait Habana (chapeauté par Étienne Schréder que nous avions rencontré et qui officie à la traduction du présent album), un curieux recueil qui faisait la part belle aux auteurs cubains inconnus sous nos latitudes. Au vu de certaines planches, pas mal d’entre eux semblaient prêts à conquérir le monde. Nous ne pensions pas si bien écrire. Et à l’intérieur de cette revue collective, nous découvrions l’irrésistible Rosa dans une histoire de quatorze planches de Duchy Man Valdera et Alexander Izquierdo Plasencia. Quatorze pages qui nous laissaient sur notre faim. Normal car, quelques semaines plus tard, les Éditions Mosquito profitaient de la clémence de l’été pour donner une vie au long court à Rosa et tous ses prétendants.

 

 

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Résumé de l’éditeur: La Havane 1958. Segundo, un troubadour de Santiago, est monté à la capitale pour faire fortune dans le spectacle de la bodega de son cousin. Il croise la route de Rosa, une prostituée. Il en tombe amoureux et il veut mettre en valeur sa voix extraordinaire. Mais le maquereau de Rosa ne l’entend pas de cette oreille.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

C’est un petit tour de force que réussissent là les Éditions Mosquito: publier la première bande dessinée 100% cubaine (et c’est une exclusivité, Rosa n’a même pas encore vu les librairies de son propre pays)… Et pas la dernière, on ose l’espérer, tant Rosa de la Habana est un écrin à grandes promesses. Cet album de Valdera et Izquierdo est d’ailleurs à l’image de son héroïne en tout point parfaite, généreuse de son style, tempétueuse, se laissant porter par les musiques qui traînent d’un coin à l’autre de cette Havane d’un Batista bientôt renversé.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Une ville à la richesse incroyable. Et même si c’est souvent la misère qui fait pression sur ses habitants, Segundo, à mi-chemin entre le troubadour et le mariachi, s’en accommode plutôt bien. Sa voix et sa guitare font chaque soir le bonheur des clients de la bodega de son intraitable cousin.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Ce n’est pas du luxe mais ça lui laisse le temps et le plaisir de flâner dans les rues de la Havane qui change aussitôt de visage, la nuit tombée. Aussi, Segundo va-t-il apprendre au rejeton de son hôte à avoir un jeu de guitare qui fasse fureur. Mais pour Segundo, tout va changer du jour au lendemain quand il va croiser Rosa de la Francia. Rosa, Rosa, Rosa, bien plus qu’une fleur rouge dans ses cheveux: une créature tombée du paradis (ou peut-être est-ce l’enfer?), une voix qui donne des envies de duo, des formes à faire tomber à la renverse le loup de Tex Avery, etc. Un bout de femme à croquer… si ce n’est-elle qui vous croque. Car cette femme à hommes guère conciliante est une tempête de laquelle il vaut mieux se méfier, tout comme son maquereau que l’idée d’un ménage à trois branche très peu.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Dans un noir et blanc totalement maîtrisé, c’est au temps des jukebox que Valdera et Izquierdo nous amène dans cette ville fantasmée dont nous parviennent les parfums en tous genres. Car c’est sans doute la plus grande force de ce duo, leur force à faire ressentir les choses. Au point même de marier le Neuvième Art et la comédie musicale. Sans doute faut-il être fou pour tenter ce mojito d’enfer et improbable? Surprenant aussi, car, jusqu’ici, on pensait la bande dessinée tout juste bonne à faire pousser la chansonnette à un Pirlouit ou à un Lucky Luke en une case, mais pas sur de longues planches comme le font ici les deux auteurs intrépides et démentiels le réussissent ici.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Alors, oui, il y a une playlist sur Deezer pour mettre l’album en musique (25 titres qui appartiennent à la crème de la légende de la musique latine) mais le lecteur peut aussi se laisser aller à sa petite musique intérieure. Surprise à la clé. Car au fil des cases et des ruelles plus ou moins mal famées, la puissance des deux auteurs ne fait aucun doute. Tout comme celle du grand méchant de l’histoire qui va faire passer au guilleret Segundo tout envie de conter fleurette à cette rose surgie sur les décombres d’un monde encore bien trop machiste. Coups à la pelle et à l’appui.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Tour à tour drôle, sexy, torturé, Rosa de La Habana est une oeuvre aux ambiances réussies (bien aidées par ce noir et blanc magnifique) aux cases étudiées et punchy (par rapport à la version courte publiée dans Habana, quasiment toutes ont été retravaillées et affinées), un cri d’amour à une femme fatale mais inateignable et à une ville trépidante où l’amour et la quiétude restent à inventer. Espérons que d’autres auteurs en émergeront et sortiront du lot comme Valdera et Izquierdo, deux Cubains qui apportent une fraîcheur et une liberté audacieuse qui font mouche et détonnent! Et une héroïne tellement enivrante de beauté et de sensualité mais insondable par-dessus tout qui restent en mémoire.

 

Alexis Seny

 

Titre: Rosa de La Habana (Page Facebook)

Récit Complet

Scénario: Duchy Man Valdera

Dessin: Alexander Izquiardo

Noir et Blanc

Traduction: Étienne Schréder

Genre: Romance, Drame, Musical

Éditeur: Mosquito

Nbre de pages: 52

Prix: 16€



Publié le 16/01/2017.


Source : Bd-best


40 bonnes résolutions de mec, Buche nous montre comment les tenir, ou presque

La plus grande spécialité des éditions Bamboo c'est l'humour. Et quoi de plus indiqué en ce début d'année 2017 que de proposer de bonnes résolutions.

Résumé de l'éditeur : Quel mec n'a jamais tenté de prendre de bonnes résolutions pour devenir un homme meilleur ? Buche, lui, prend quotidiennement des résolutions pour améliorer son quotidien : prendre soin de son corps et changer de tête, devenir aimable avec sa belle-mère, se mettre au bricolage et faire les devoirs avec ses enfants, cesser les achats impulsifs, devenir généreux et oeuvrer pour un monde meilleur, méditer au lieu de s'avachir devant la télé... Et ça marche !... Enfin presque...

 

 

 

 

© Buche - Bamboo

 

 

il s'agit donc ici de bonnes résolutions spéciales mecs. Buche nous à concocté une sorte de recueil auto-biographique en quelques sortes. Et maintenant que  nous sommes bien dans le sujet, citons-en quelques-unes :  passer plus de temps avec sa famille, faire un régime, arrêter de fumer, apprendre à cuisiner,... oui, ces dites bonnes résolutions font parties d'une quarantaine contenues dans cet album.

 

 

 

 

© Buche - Bamboo

 

Dépeintes sous forme de gags, bien entendu, l'auteur nous souligne combien il est incroyablement difficile de s'y tenir à ces fameuses bonnes résolutions que nous nous infligeons à chaque début d'année. Et on en passe et des meilleures telle que : être  généreux, offrir des fleurs à sa tendre moitié, cesser surtout d'être jaloux, être à l'écoute, arrêter de boire de la bière, trier ses déchets ou pourquoi pas... sauver le monde.

Buche nous démontre de façon cocasse voire hilarante que finalement le but c'est de participer, même si on n'arrive pas forcément au résultat escompté et en dépit du fait d'avoir eu la bonne foi d'essayer.

Du point de vue graphique, son trait est épuré et très lisible, laissant toute l'intensité humoristique intacte. Les gags sont efficace et vous feront passer un agréable moment de détente et de rires.

 

 

 

 

© Buche - Bamboo

 

 

 

Buche travaille à Genève. Pas étonnant par conséquent que Zep, son compatriote, participe à un bonus de 5 pages en compagnie des anciens de la bande à Tchô ! composé de Tebo, Téhem, Boulet et Nob.

Il cite : "pour souhaiter bonne année sur ma page facebook, j'avais réalisé en quelques images une histoire qui parlait des mes résolutions futures... j'ai eu pas mal de vues et une bonne surprise : un appel d'Olivier Sulpice (ndlr : big boss des éditions Bamboo) me demandant s'il n'y avait pas là matière à un album. J'ai alors pris une nouvelle résolution : faire un album chez Bamboo".

Grande idée donc mise à contribution pour un opus plutôt réussi dans lequel les hommes de tous poil (ou sans) s'identifieront à coup sur.

 

Tyler Craig

 

Titre: 40 bonnes résolutions de mec

Scénario et dessin : Buche

Genre:  humour

Editeur: Bamboo

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60 €

Référence : 9782818940549



Publié le 13/01/2017.


Source : Bd-best


Come together, sans une ride, les Beatles ont leur « ticket to ride » en bande dessinée

Tout comme les écrits, les chansons mythiques restent, imperméables au temps, fredonnée jusqu’à la fin des jours. Mais qu’en est-il des histoires qui flottent au vent, s’étiolant au fil du bouche-à-oreille? Elles se perdent irrémédiablement si on ne les actualise pas de temps en temps. Fidèles au format qui a fait leur succès, les éditions Petit à Petit rééditent « The Beatles en BD », un ouvrage qui fait la part belle aux dessins de 25 auteurs, aux anecdotes (dont certaines incroyables) qui entourent les dix ans d’existence du groupe légendaire tout en piochant dans leur discographie. QR Codes et partenariat avec Deezer à l’appui. Du beau boulot.

Résumé de l’éditeur: Le parcours du groupe le plus célèbre du 20e siècle, de Liverpool à la séparation en passant par le phénomène Beatlemania. L’incroyable épopée en 252 pages du groupe le plus mythique de l’Histoire de la Pop.

 

 

©Gaët's/Efix chez Petit à Petit

 

 

©Gaet’s/Efix chez Petit à Petit

 

À 25 ans, comme beaucoup de « gamins » de mon âge qui cherchent à s’intéresser à la musique qui régnait avant les 90’s, c’est par procuration que j’ai vécu les Beatles, ou plutôt leur musique (et encore, les grands hits). John Lennon et George Harrison étaient morts depuis longtemps, la Beatlemania avait cédé la place à une incompréhensible Biebermania (ou peut-être était-ce pour Tokio Hotel « à mon époque »), les paillettes avaient ensevelis le « bumpy ride » des « scarabées »… Restaient quelques images fortes (comme celle qui sert de pochette au « Sergeant pepper lonely heart club band » reprise en fin d’année 2016 pour célébrer tous les morts de cette « année…catombe ») d’une carrière courte mais intense, hors-norme, des images privées de mots fixant l’instant mais pas le moment et son contexte.

 

 

© Gaët's/Bloop chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Bloop chez Petit à Petit

 

Du coup, un livre tel que le publie Petit à Petit est une aubaine joignant l’utile à l’agréable. La musique aussi, puisque des playlists ont été créées pour l’occasion sur Deezer et sont accessibles en scannant les QR Codes disséminés au fil des pages et de la partition de vie des quatre garçons dans le vent (qui, en comptant les hommes de l’ombre mis en lumière depuis longtemps, étaient sans doute un peu plus nombreux pour faire souffler le vent de la révolution). Une innovation par rapport aux précédentes éditions (un recueil du même acabit en 2008 chez Petit à Petit suivi, quelques années plus tard, d’une trilogie sélective chez feu les éditions Fetjine). Alors, on attend que vous soyez branchés et on reprend…. ça y est… c’est bon… vous avez trouvé les playlists? Bien, vous voilà en situation idéale pour savourer ce livre.

 

 

© Gaët's/Brayon chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Brayon chez Petit à Petit

 

Un livre qui, nous le soulignions déjà à propos d’une autre parution de Petit à Petit dans un tout autre domaine (La mythologie grecque en BD), prend le soin de ne pas se gaver jusqu’à plus faim de l’histoire en long et en large mais de s’en inspirer parcimonieusement. C’est ainsi qu’une vingtaine d’anecdotes ont été choisies par Michels Mabel (remarquez le pseudonyme) et scénarisée par Gaet’s, parfois rocambolesques (comme la rumeur de la mort de Paul ou la vendetta massive des Américains contre les Beatles à la suite d’une interview de John reprise par la presse à scandale) mais permettant surtout d’avancer à vitesse de croisière, des prémisses à la fin (du moins, celle actée) d’une époque plus que formidable, d’un disquaire obscur de Liverpool à un claquement de porte fatal dans les studios d’Abbey Road.

 

 

© Gaët's/Gleyse chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Gleyse chez Petit à Petit

 

À chaque épisode, un dessinateur différent a la main, faisant trait avec l’esprit et l’atmosphère qui traversent les Beatles. L’innocence des premiers pas en compagnie de Lu-K, la turbulence et la frénésie des premières scènes par Vox dans un style qui n’appartient qu’à lui, A hard day’s night sous le crayon très hispanique de Victor Giménez ou encore la période hallucinogène rendue par Piero Ruggeri et Filippo Neri.

 

 

© Gaët's/Gimenez chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Gimenez chez Petit à Petit

 

Sans y perdre le style qui fait leur identité (et ils en ont à revendre tant l’éditeur n’a pas choisi les premiers venus), les dessinateurs, tous dans le même bateau (ou serait-ce un sous-marin jaune?), se révèlent habiles pour reconstituer en l’espace de quatre planches le climat régnant entre les Fab Four, de l’âge d’or de la collaboration Lennon-McCartney au démantèlement. On croise des figures connues (Yoko Ono qui poussa la mésentente à son paroxysme mais ne signa, a priori, pas la fin des Beatles; Elvis Presley et une jam légendaire; le guide ou imposteur, c’est selon, Maharishi Mahesh Yogi, responsable de l’orientalisation des Beatles; le maître-picker de John, Donovan; Mike Love, le premier leader des Beach Boys, un temps rivaux [bien plus que les Rolling Stones] des Quatre de Liverpool…), tout en se mouvant dans quelques lieux mythiques. Dans ses années 60 qui suintent tous les possibles quand on a l’audace et la fougue de les accomplir, les auteurs semblent à l’aise et dans leur élément.

 

 

© Gaët's/Ruggeri/Neri chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Ruggeri/Neri chez Petit à Petit

 

Tous valent le coup d’oeil et on peut qu’en toucher quelques mots: l’éclat féminin d’une belle rencontre hambourgeoise Anne-Sophie Servantie, Ludivine Stock rend tous les honneurs au Cavern Club, Amandine Puntous plongée dans les souvenirs et dans la froideur d’un Londres hivernal, Romuald Gleyse dans la chaleur d »Abbey Road témoin de la naissance d’un mythe, Julien Lamanda retranscrit toute la ferveur populaire du phénomène, Efix en mode patchwork, Lapuss « so french » et très marrant, Pierre Braillon qui en impose quand il s’agit d’écraser le sol du Kennedy Airport, Ben Lebègue Dylanesque, Anthony Audibert pianissimo, Bloop se paye Elvis en caricature, Akita mangaka-démoniaque, Laurent Houssin aux confins du psychédélisme, Richard Di Martino en mode Sergeant Pepper, Martin Trystram pour un fabuleux voyage en Asie, Clément Baloup excellent pour faire ressentir l’instabilité amenée par Yoko Ono, Edwina Cosme ambitieuse pour mettre des couleurs sur le « White Album », Patrick Lacan irrésistible pour enterrer prématurément Paul, Virginie de Lambert insinue le début de la fin, Joël Alessandra qui scelle le destin du groupe en retenue et, enfin, Odile Santi réussit (en fabuleuse portraitiste qu’elle est) à refermer ce livre.

 

 

© Gaet's/Santi chez Petit à Petit

 

 

© Gaët’s/Santi chez Petit à Petit

 

Un ouvrage collectif pas exempt de redondances (entre le textes explicatifs et les planches) mais extrêmement sincère et passionné  qui, en plus, a le mérite de nous donner plein de noms d’auteurs à (re)découvrir. De belles notes, donc. Let it was, let it be and let it’ll be!

 

Alexis Seny

 

Titre: The Beatles en BD

Réédition, Recueil d’histoires collectives

Textes: Michel Mabels

Scénario: Gaet’s

Dessin: Lu-K (Renaud Farace), Vox, Anne-Sophie Servantie, Ludivine Stock, Amandine Puntous, Romuald Gleyse, Julien Lamanda, Efix, Lapuss’, Pierre Braillon, Ben Lebègue, Anthony Audibert, Bloop, Victor Gimenez, Akita, Laurent Houssin, Richard Di Martino, Piero Ruggeri et Filipo Neri, Martin Trystram, Edwina Cosme et Christophe Billard, Patrick Lacan, Virginie de Lambert, Joël Alessandra, Odile Santi

Couverture: Christophe Billard

Genre: Musique, Biographique

Éditeur: Petit à Petit

Nbre de pages: 236

Prix: 24,90€



Publié le 13/01/2017.


Source : Bd-best


 Gaston hors-série 60 ans, Tome 1 :  L'anniv' de Lagaffe

M'enfin ?! Qui aurait cru que soixante ans seraient passés si vite ? Soixante ans de bonne humeur, d'inventions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, d'explosions et de dégâts des eaux, de rires et de contrats détruits, avec une mouette, un chat, des souris, des instruments de musique et des responsables qui claquent les portes avant de tomber dans les escaliers...

Gaston Lagaffe, c'est soixante années de catastrophes délirantes et un antihéros devenu culte, qu'il fallait bien célébrer aujourd'hui pour cette longue carrière !

 

 

 

© Franquin-Dupuis

 

Le personnage fétiche de Franquin, dont toute ressemblance avec une personne réelle serait totalement fortuite, a su toucher le coeur de nombreuses générations de lecteurs grâce à son humour spontané et à son naturel poétique. Aujourd'hui, le roi de la paresse souffle ses soixante bougies (et aucune ride !), l'occasion de revenir sur quelques-uns de ses meilleurs gags avec un plaisir certain. Sablez le champagne et sortez les confettis, cet anniversaire va faire du bruit !

 

Genre : Humour

Album :  cartonné 

Nombre de pages : 56 pages en couleurs

ISBN: 9782800170701

Date de parution : 24/02/2017

Prix : 10.95 EUR



Publié le 12/01/2017.


Source : Bd-best


Nez dans les langes et rot sur l’épaule, Nicoby pouponne avec tendresse en BD

Alors comme ça, on pouponne? Oui, monsieur et ce n’est pas de tout repos. Déjà en 2006, ce n’était pas facile. Alors vous pensez bien qu’en 2016. Dix ans après Chronique Layette chez 6 Pieds sous terre, Nicoby s’est ainsi doucement rappelé par ses souvenirs pour les redessiner, coloriser et ainsi les rééditer avec une vingtaine de pages supplémentaires sous le titre « Une vie de papa ».

 

 

 

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur: Avoir des enfants est la plus belle chose qui soit, mais aussi la certitude que plus rien ne sera comme avant ! Père de deux enfants, Nicoby raconte avec énormément d’humour et de joyeuse insouciance ce qui fait le quotidien des parents. Ce qu’il appelle « le temps des layettes » est divisé en trois parties : pendant la grossesse, après la naissance et, dix ans plus tard, lorsque le deuxième bébé arrive, ô joie. Si Nicoby met en avant le point de vue du père, cet album s’adresse évidemment à toute la famille. Et comme le disait le grand Pierre Desproges : « Quéquette en juin, layette en mars ! »

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Au temps des layettes, Nicoby était encore au tout début de sa bédéphilie. Il n’est pas encore le baroudeur de la BD qui, à une vitesse vv prime, scrutera le monde de la BD, s’aventurera dans la jungle guyanaise, s’engagera auprès des Friend Doctors, accompagnera un détenu sur vingt ans « ferme » de sa vie, se mettra en contact avec les grandes oreilles… Il a même pénétré l’atelier de Fournier, c’est vous dire que l’homme ne craint rien, mais, sans doute, l’aventure de la paternité restera-t-elle la plus forte et la plus euphorisante. Même si, il est vrai, on n’est jamais prêt à accueillir son premier enfant. Tout est affaire de perfectionnement au fil du jour.

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Aussi, c’est avec beaucoup de tendresse, de naïveté, sans peur des faux-pas, que Nicoby a fait son entrée dans la cour des papas de BD. Il n’est pas le premier et n’est sans doute pas le dernier, entre les Guy Delisle, Seb Piquet, Lapuss ou encore Nob (et on en passe). Pourtant quand le témoignage est personnel et quand le livre est bien fait, les redites passent vite inaperçues et il est prenant de suivre pas à pas les première fois des petits habitants des planches mais aussi de la vie réelle. La première écho’, les premières courses, la première (et dernière) visite chez la sophrologue, la première poussée, le premier cri, le premier rot… et tout qui s’accélère de plus en plus. Jusqu’à arriver dix ans plus tard. Désormais, le petit Bazilou n’est plus un bébé, il joue au Rubik cube et il est même devenu… grand-frère. Éh oui, la famille Nicoby s’est agrandie avec l’arrivée de la petite Charlotte (comme la chanson d’Henri Dès) qui se fait une joie d’être aux-côtés de son grand-frère en BD et redouble d’effort pour y faire bonne figure. Et dix ans plus tard, malgré les dépenses « x2 », le charme opère toujours.

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Avec sa sensibilité d’homme (qui a dit que la gent masculine n’en avait pas?), Nicoby nous livre un voyage humain et universel, dans lequel chacun se reconnaîtra et rira de bon coeur, en toute simplicité.

 

Alexis Seny

 

Titre: Une vie de papa!

Recueil de gags

Scénario, dessin et couleurs: Nicoby

Genre: Autobiographie, humour

Editeur: Dargaud

Nbre de pages: 88

Prix: 14,99€



Publié le 12/01/2017.


Source : Bd-best


Fiesta carcérale et fin de règne, Piccoli et Palumbo mettent Escobar sous surveillance

C’est à une légende de l’histoire criminelle mondiale que se sont attaqués les deux Italiens Guido Piccoli, Giuseppe Palumbo et Arianna Faricella: Pablo Escobar. Le baron de la drogue par excellence qui, vingt-cinq ans après sa mort, n’a pas dit son dernier mot, tour à tour « héros » de série, de films ou, et c’est le cas qui nous occupe ici, de BD. Guido et Giuseppe se sont ainsi penchés sur les derniers mois d' »El Patron », sur son train de vie absolument délirant tout en n’oubliant pas le monstre sanguinaire (il a fait près de 4000 morts selon les estimations) qui se cachait derrière celui qui galvanisait le peuple colombien.

 

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur: Pour devancer une extradition vers les États-Unis en 1991, Pablo Escobar, encore très puissant, se livre à la justice colombienne. On l’installe dans une prison dorée, La Catedral. El Patron raconte les deux dernières années de son existence, de son entrée à La Catedral, ses interrogatoires, sa mégalomanie jusqu’à son ultime fuite dans la jungle de Medellín. Dix-huit mois de traque : 2 000 hommes à ses trousses – paramilitaires colombiens et CIA, avec l’opération Heavy Shadow – qui finissent par l’abattre, le 2 décembre 1993, sur un toit de sa ville natale, Medellín.

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

La logique est implacable! Aussi, celui qui a commis ces premières frasques en revendant des tombes vidées de son passager ne devait-il pas finir entre quatre planches, ses 44 ans à peine fêtés? Le tout à la fin de deux années de captivité toute relative? Ainsi, sans besoin de présenter trop ce personnage connu de tous, les deux auteurs entrent bien vite dans le vif du sujet. Un hélicoptère qui décolle. À bord? Un hôte de marque qui se sert de sa barbe comme d’un masque, Pablo Escobar prépare lentement mais sûrement sa reddition, alors que les USA entendaient toujours lui mettre la main dessus et l’extrader. Quelques paroles devant un peuple qui le considère comme un sauveur et voilà « El Patron » qui se rend vers sa cage…

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

… qui n’en est pas vraiment une. La Catedral, une prison comme on ne s’en imagine pas, un palace où durant des mois Pablo joindra l’utile à l’agréable: des sauteries jusqu’aux petites heures avec bon nombre de prostituées, des gardes transformés en homme de mains sans oublier les armes loin d’être confisquées, la salle de sport et même un match de foot avec des joueurs professionnels, et notamment René Higuita, le célèbre gardien auteur du coup du scorpion. Non, en guise de prison, Pablo Escobar avait trouvé la planque parfaite, bien qu’à la vue de tous et des avions qui la survolaient mais protégées, un moulin dans lequel on entrait et duquel on sortait comme on voulait. De quoi énerver l’Oeil de Moscou (ou peut-être était-ce de Washington?) qui attendait la défaillance.

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

C’est un huis-clos historique que s’offrent ici Guido Piccoli et Giuseppe Palumbo. En s’intéressant à Escobar comme à un prisonnier sous surveillance électronique ne pouvant sortir de son « domicile » mais conviant le gratin dans sa prison. Tour à tour éberluant, improbable, tendu et se transformant au final en jeu du chat et de la souris, les deux auteurs livrent une vision de la fin de règne sans auréole d' »El Patron » qui vaut le coup d’oeil, bien aidé par la délicatesse du trait de Giuseppe.

 

Alexis Seny

 

Titre: Escobar

Sous-titre: El Patron

Récit complet

Scénario: Guido Piccoli

Dessin: Giuseppe Palumbo

Couleurs: Arianna Farricella

Traduction: Clémence Muller

Genre: Biographie, Thriller

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 136

Prix: 19,99€



Publié le 12/01/2017.


Source : Bd-best


Tintin chez les Soviets en couleurs : on a pu travailler sans aucun contrôle de style « ayatollah »

Tintin au pays des Soviets est le premier album de la série « Les Aventures de Tintin » créée par Hergé.  Alors qu’il travaillait pour le supplément jeunesse du journal belge « Le Vingtième Siècle », Hergé reçoit de l’abbé Norbert Wallez, son rédacteur en chef, une commande d’une bande dessinée dont le héros ferait un reportage en URSS. 

Considéré par Hergé comme une « erreur de jeunesse », l’histoire n’a jamais été redessinée par les Studios Hergé : c'est la seule de l'ensemble des Aventures de Tintin à être restée dans son format original, en noir et blanc.

 

 

 

 

 

© Casterman - Moulinsart

 

 

Prépubliée dans « Le Petit Vingtième » du 10 janvier 1929 au 8 mai 1930, elle paraît ensuite en album en septembre 1930. 

Tiré à dix mille exemplaire et vendu au prix de vingt franc, l’album devient vite introuvable en librairie. Il ne sera réédité par les éditions Casterman qu’en 1973 au sein des « Archives Hergé ». Le 11 janvier 2017, l’album connait une nouvelle jeunesse grâce à la colorisation effectuée par Michel Bareau et Nadège Rombeau.  Cette colorisation étant le seul élément neuf de l’album, je vous livre ci-dessous les explications de Michel Bareau concernant son travail.

 

« En 1930, Hergé n’avait aucune référence de gamme chromatique à part le costume bleu, des bottes rouges, les cheveux légèrement blond vénitien et sa couleur chair. Ce que l’on peut supposer, c’est que l’œuvre était en noir et blanc tout comme un film d’actualité des années vingt ou comme tous les films que l’on a vus sur la guerre de 14-18.

Apparemment les films de la guerre 14-18 ont été au vingt et unième siècle colorisé, je les ai vus et j’ai constaté qu’il avait une très belle mise en valeur de la signification de ces images qui prenaient toutes leur importances, on voyait des soldats qui sortaient des tranchées avec leurs uniformes et casques colorisés. Je me suis dit qu’étant donné que l’on n’avait pas les références d’Hergé au niveau de la couleur, on n’allait pas du tout se baser sur les couleurs qu’il a utilisées dans la série classique des Tintin à partir de Tintin au Congo.

 

 

 

© Casterman - Moulinsart

 

La prise de position, c’est que l’on fait une interprétation d’une œuvre du début du vingtième siècle que quelqu’un du vingt et unième siècle redécouvre et veut remettre dans l’ambiance de son époque. L’ambiance de l’époque, c’était un reportage de Tintin qui est encore très polymorphe au début de l’aventure et qui va se prendre une morphologie beaucoup plus « Tintinesque » dans les albums qui vont suivre. Je me suis dit qu’avec les moyens de coloriage que nous avons actuellement, c’est-à-dire avec un outil que l’on appelle l’ordinateur, nous pouvons grâce à cet outil qui permet d’utiliser seize millions de couleurs, de les intégrer dans l’œuvre du début du vingtième siècle. Il faut savoir qu’Hergé avait développé avec son photograveur une technique qui s’appelle le « grip coloriage » . Cela consistait à colorier le dessin imprimé en gris sur du papier à dessin et à le colorier au pinceau, à la gouache ou à l’écoline.  Il a développé son studio dans les années cinquante pour toute la série des aventures classiques.

Le photograveur faisait la sélection de ces coloriages en trois couleurs (jaune, bleu et rouge), le trait devenant l’unique élément noir de la sélection des couleurs, l’imprimeur travaillait en trichromie plus les traits. Nous avons décidé de travailler en quadrichromie plus les  traits afin d’utiliser tout le potentiel du noir dans les couleurs ce qui crée des tons plus nuancés qui peuvent se mettent en accord avec la tonalité générale de l’époque de l’entre- deux guerres.

Nous avons eu le feu vert de Fanny et de Nick pour faire des essais, ceux-ci étant concluants, on a pu travailler sans aucun contrôle de style « ayatollah »  concernant l’utilisation de tons et de couleur, ce qui a donné le résultat que vous avez entre les mains. Nous avons d’abord fait une étude d’impression sur le papier pour obtenir des tons plus pastel que les tons de la série classique qui est imprimée sur du papier blanc azuré qui lui augmente les contrastes. Pour moi, la colorisation apporte une meilleure visibilité de l’œuvre et facilite sa lecture.

Elle apporte aussi une certaine authenticité grâce à la documentation utilisée. Elle permet aussi de mettre en valeur les deux seuls éléments blancs qui ne changeront jamais dans l’œuvre originale : Milou et les phylactères. Les phylactères prennent leurs positions, parfois Tintin est devant le phylactère, parfois il est derrière mais il reste blanc. Quant à Milou, il explose dans son caractère facétieux  dans le fait qu’il peut aider Tintin, ensuite comme on le voit dans les dernières planches il est extrêmement coquet, se coiffe et se prépare pour son arrivée à la gare du nord. »

 

Decouvrez ci-dessous quelques images de la venue de Tintin à bruxelles ce 9 janvier 2017. (cliquez sur les images pour agrandir. Photos © A. Haubruge).

 

 

Sur cette photo de groupe : Fanny Vlamynck (veuve d'Hergé), Nick Rodwell (pdg des éditions Moulinsart), cCharlotte galimard (directrice des éditions Casterman),

 


 

Tintin posant à côté de sa statue au Train World à Schaerbeek.

 


 

Les coloristes Nadège Rombaux et Michel Bareau posent à côté de Tintin.

 


 

Wagon exposé en face du Train World à Schaerbeek

 

 

Fresque sur le train.

 


 

 

 

 



Publié le 10/01/2017.


Source : Bd-best


Non loin de McCarthy et proche des migrants d’aujourd’hui, le cauchemar d’Yves H et Hermann

C’est un peu le retour du héros, de celui qui a triomphé à Angoulême l’an passé et n’entend pas mettre sa carrière au ralenti pour autant, signe que le Grand Prix de la Ville d’Angoulême n’était pas un objectif en soi pour ce formidable conteur. Ainsi, habile et inspiré, dans une noirceur tenace, Hermann vient de signer, avec son fils Yves H., Le Passeur, un récit à peine fantastique et finalement tellement réaliste dans son propos.

 

 

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur: Un couple s’arrête dans une ville après une harassante traversée du désert. Épuisés mais déterminés à franchir la frontière, ils découvrent peu à peu l’atmosphère lugubre de l’endroit qui n’augure rien de bon. Les habitants ne parlent pas, bougent à peine, tels des cadavres en sursis. La cité est en vérité sous le joug d’un inquiétant trafic par-delà les hautes grilles qui la condamnent et l’isolent du reste du monde s’étend un territoire cauchemardesque, royaume solitaire du Passeur… Un piège dont nul ne s’évade, sinon au prix de sa propre vie.

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Ils s’appellent Sam et Sam, un couple crasseux, usé par le voyage, à force de dormir sur les banquettes déglinguées de motor-homes abandonnés, non loin des centrales nucléaires désaffectées. S’ils ont l’air perdu, ces deux-là? Non, en dépit des apparences, ils savent ce qu’ils cherchent. Mieux, ils sont proches du but, ce « paradize » qui en vaut la peine et qui tranche avec les noirs horizons laissés par une humanité en miettes pour faire place nette à… l’apocalypse. Un monde où l’on ne se méfie jamais assez et nos deux héros vont l’apprendre à leurs dépens. Ce qu’on leur a promis, ce phare qu’on leur a dit d’atteindre, ne serait-il rien d’autre qu’un enfer de plus sur terre?

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Le Passeur, comme Le Règne, suit la progression de ses héros vers un ailleurs plus prometteur mais néanmoins incertains malgré les rêves dont Sam et Sam encombrent leurs pensées. Ainsi dans un décor de western immobile depuis des siècles, depuis que l’humanité s’est suspendue, père et fils alliés dans la BD, suivent la route d’un Cormac McCarthy pour élaborer un cauchemar pas si éloigné des épreuves que les migrants doivent traverser de nos jours. Comme pour eux, on ne sait pas quelles sont les circonstances exactes de l’exode de Sam & Sam. À vrai dire, on s’en balance. Sans laisser le temps à leur lecteur de juger, Yves H et Hermann font comprendre à leurs lecteurs que leurs deux personnages n’ont pas le choix et doivent avancer toujours un peu plus pour échapper à un sort infernal. Pire (ou mieux, à vous de choisir), ils arrivent à nous mettre dans la peau de ces damnés, à nous faire vivre ce mauvais rêve de manière… frontale.

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Dans un monde morne, glauque, en proie aux fantômes et au diable-argent plus qu’aux vivants, mais d’où émerge parfois quelques notes de couleurs, Yves H. et Hermann livrent une oeuvre sans concession et irradiée de désespoir, qui finit en cul-de-sac dans un final peut-être trop attendu mais tellement nécessaire.

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Glaçant, remuant, magnifiquement exécuté, Hermann n’a pas fini de nous épater. Et en 2017, encore moins, puisqu’il est attendu avec une nouvelle série en plein dans le western, Duke, dans les prochaines semaines chez Le Lombard (aperçu ci-dessous). Mais aussi un nouveau Jérémiah (« Kurdy Malloy » « probablement en septembre » dixit l’auteur).

 

Alexis Seny

 

Titre: Le Passeur

Récit complet

Scénario: Yves H.

Dessin et couleurs: Hermann (Fb)

Genre: Post-apocalyptique, Anticipation, Horreur, Western

Éditeur: Dupuis

Collection: Aire Libre

Nbre de pages: 56

Prix: 15,50€



Publié le 10/01/2017.


Source : Bd-best


Infinity 8, un space opéra à la sauce Trondheim

En publication depuis l'automne 2016, la série infinty 8 éditée par Rue de Sèvres se décline en 6 format comics souple et agrafés. Cette mini-série s'offre les services de grands noms tels que Zep, Vehlmann, Kris, Dominique Bertail, Lewis Trondheim, Olivier Vatine, Olvier Balez,  Emmanuel Guibert, Franck Biancarelli, Killofer ou encore David Mourier. Aux commandes des scénarios un Lewis Trondheim au top de sa forme.

Le tome 1, "Romance et Macchabées" s'offre les services de ce dernier avec la complicité de Bertail et de Zep. L'histoire se passe dans un vaisseau gigantesque qui parcours le fin fond de l'espace. S'y trouve plusieurs centaines d'aliens aux vies et mœurs absolument étonnantes et surprenantes. L'héroïne, aussi sexy que dangereuse à la délicate mission d'étudier les origines d'artéfacts extra-terrestre accompagnée malgré elle d'une race porté sur la dégustation prononcée de cadavres. Voila donc le ton donné par un scénariste connu pour ses idées très décalées qui ont toujours fait son succès.

 

 

 

 

Ajoutez à cela un assaisonnement plutôt coquin et acide complétant  tous les ingrédients d'une histoire ô combien dynamique et au découpage efficace.

Le tome 2 s'enclenche avec l'agent Yoko (l'agent sexy cité plus haut) et le vaisseau Infinity qui file vers la galaxie Andromède. Le fourbe nécrophage est toujours de la partie et les dialogues tout aussi truculents. Zep et Bertail se chargent toujours de la partie graphique pour ce second opus. Les rapports entre le nécro et Yoko sont de plus en plus tendu si je puis dire. Les amateurs de bidoche pourrie et d'hémoglobine seront ravis du stock proposé dans ces pages. On peut dire que cela gicle pas mal si vous me permettez l'expression.

 

 

 

 

Le cycle 1 se conclu avec le tome 3, "suspens en apesanteur" qui donne la mission à l'agent de neutraliser quelques centaines de nécros qui menacent de détruire l'Infinity. Cet opus nous donne droit à 8 pages de bonus graphiques des plus délicieux
De source sûr, ce mois de janvier 2017 voit la réunion de ces trois tomes au format cartonné à la taille d'impression classique franco-belge.

 

 

 

Le deuxième cycle s'ouvre avec un titre qui en ferait peut-être grincer des dents certains et en amuser follement d'autres.
Retour vers le Führer plonge cette fois un autre agent sexy répondant au doux nom de Moonkicker. Dans ce récit, des néo-nazis récupèrent dans le cosmos la tête d'Adolf Hitler conservée précieusement dans le formol (logique me direz-vous). La partie graphique est cette fois confiée à Olivier Vatine. On change de registre au niveau du dessin mais il est tout aussi beau et efficace à regarder. Le talent de Vatine est indiscutablement superbe. L'auteur se fait montre d'une aisance déconcertante dans le domaine de la science-fiction. Le scénariste se gausse avec malice du nazisme futuriste qui vous surprendra par ses motivations inattendues.

 

 

 

 

Le deuxième tome sous titré "Hitler va-t-il passer du côté obscur???" nous offre un cerveau d'Hitler réactivé. Greffé dans un robot il ourdi le plan de s'approprier l'Infinity et de faire renaître le Reich à son bord. Les dialogues dans ce cinquième épisode de la saga Infinty sont toujours aussi drôles et ravira les amateurs du genre et les conspirationnistes amusés. Le sixième tome ferme la marche avec l"Affrontement final" ou l'agent Moonkicker tentera d'empêcher le reboot fomenté par un Hitler qui par le truchement d'un bug informatique (ho le vilain) tente de mettre son plan à exécution. Cette série B est vraiment un moment extatique à passer, tant aussi bien du niveau de lecture que du plaisir graphique. La suite est promise par Velhmann et Balez prévue pour le second trimestre 2017.
Un gage d'encore plus de surprises à découvrir, une série originale qui dépoussière le genre !

 

Tyler Craig


Titre: Infinity 8

Tomes : 1 à 6

Scénario: Lewis Trondheim

Dessin et couleurs: Dominique Bertail, Zep, Olivier Vatine

Genre: Science-Fiction

Éditeur: Rue de Sèvres

Nbre de pages par tome : 36

Prix par tome : 3,50€




Publié le 10/01/2017.


Source : Bd-best


Corvus Tristis, une oeuvre hybride qui encourage le vol des corbeaux, …des hommes-corbeaux!

À cheval (ou peut-être est-ce à corbeau?) sur le manga, l’esprit et le format « comics » et cette bonne vieille bande dessinée franco-belge, Tristan Bellanger dévoile son art dans le premier tome de ce qui devrait être une heptalogie consacrée aux Chroniques des hommes-corbeaux. Une noirceur implacable et impeccable pour une oeuvre multiréférentielle et surprenante. Une bonne entrée en matière.
 

Résumé de l’éditeur: Aujourd’hui, l’apparition de la silhouette noire d’un Homme-Corbeau signale que le temps est venu de rétablir l’équilibre. L’apocalypse a éclaté, l’Homme périt. L’ère de l’humanité touche à son terme… Jadis ils furent gardiens, mais les Hommes-Corbeaux ont échoué, ils se battent maintenant pour leur survie.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

C’est dans un climat pré-apocalyptique que débute ce premier opus. Comme le personnage principal, baigné par l’ombre, plongé dans la nuit d’encre, nous prenons le temps de nous habituer à l’obscurité pour ne pas perdre une miette du spectacle proposé. Le héros qui émerge lance quelques piques par comics interposés aux super-héros américains. Sorti de nulle part, il n’a pas été mordu par une araignée et n’a rien à voir avec un X-Man. Pourtant, cet homme-corbeau en plein vol d’un building à l’autre de la ville n’a rien d’un fana de cosplay qui aurait pris un peu trop ses rêves pour la réalité. Quand il s’agit de faite couler le sang, Corvus Tristis, l’oiseau de mauvais augure métamorphosé en ultime espoir de l’humanité, n’est jamais à la traîne, défendant bec et ongle ses troupes décimées et le peu de territoire qu’il leur reste face à la Légion Noire.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

Corvus qui? Corvus Tristis. Et toute ressemblance physique et nominale avec un personnage existant réellement ne peut être fortuite. « Effectivement sans être moi, le personnage me ressemble, raconte Tristan Bellanger. Tout simplement parce qu’il est plus facile de dessiner ce que l’on connait. Quelques-uns des autres personnages sont d’ailleurs inspirés de mon entourage proche. De plus, à travers mes dessins j’imagine toutes les vies que je n’aurais jamais, en partie en tout cas. J’ai toujours été fasciné par les corbeaux et leurs capacités intellectuelles finalement proches des nôtres » Et, s’il a la chance de s’émanciper dans son art, le gaillard (graphiste à ses heures professionnelles) a de l’énergie à revendre et du talent en devenir. « Personnellement, je trouve que Corvus Tristis, Chroniques des Hommes-Corbeaux est encore trop calqué sur les BD américaine, je remédierai à cela sur le tome 2. Après je ne prétends pas être un grand auteur, je suis avant tout un amateur de BD qui se fait plaisir et qui veut faire plaisir à ceux qui voudront bien lire ma BD, donc j’essaie de raconter mes histoires du mieux que je peux, les premiers essais n’étaient pas assez aboutis pour mériter d’être publiés.«

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

En fin de compte (et en début d’aventure éditoriale), s’il ne s’est pas jeté sur le premier projet qui lui est venu en tête (refusant l’idée même d’accomplir un péché de jeunesse), c’est le quatrième projet qui a convaincu son auteur qui se trouve être à l’aube d’une longue et intrépide aventure. « Pour boucler la boucle, j’ai prévu sept tomes. Après, cela demande beaucoup de travail et d’abnégation. Je ne vis pas de la BD, donc je dois conjuguer vie familiale, vie professionnelle et le dessin. La création d’une planche complète me prend en moyenne 12 heures, il y a environ 90 planches, ajouter à cela les retouches, les dialogues, les changements de dernière minute, etc… Je pense que j’ai dû passer environ 2000 heures de travail sur la BD. De ce fait, on verra si je peux atteindre mes objectifs, en tout cas j’essaierai. Le retour du public sur le premier tome sera j’espère bénéfique et motivant pour la suite.«

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

De ce premier tome, au-delà du packaging pouvant sembler rudimentaire mais renforçant l’idée du fait-main et avec le coeur, on peut d’ores et déjà vous dire qu’il est viril à souhait. Réinventant ses références (jusqu’à un extrait de la Vie par procuration de Goldman!), Corvus Tristis est un outremangeur intelligent qui n’a pas peur de se frotter à ses aînés sans les plagier ou se couler dans le même moule. Brillant par des notes d’humour jaillissant même (surtout!) dans les moments critiques (on pense de loin à Deadpool), savoureuse dans son écriture, l’oeuvre de Tristan Bellanger dévoile une sacrée galerie de personnages, en bien ou… en mal. Une nouvelle mythologie bien dans son époque qui ne demande qu’à ce qu’on s’y attarde. Une chose est sûre, l’univers promet d’être assez tentaculaire que pour que le lecteur y trouve son compte.

 

Alexis Seny

 

Série: Corvus Tristis, chroniques des hommes-corbeaux

Tome: 1 – Les larmes du corbeau

Scénario: Tristan Bellanger et Émilie Bellanger

Dessin et couleurs: Tristan Bellanger

Correction: Martine Boudreau

Genre: Fantastique, Heroïc Fantasy

Éditeur: Y.I.L.

Nbre de pages: 102

Prix: 17€



Publié le 06/01/2017.


Source : Bd-best


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