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La DeLorean de Marty et Doc Brown a encore du jus et Retour vers le futur s’invite en… 2035 sur les chapeaux de roue

On risque encore de parler pendant bien longtemps de Retour vers le futur. Et si Robert Zemeckis a acté que sa trilogie n’accueillerait pas un quatrième volet, Marty McFly et Emmett Brown ne sont pas pour autant au bout de leurs peines. Et les aventures tantôt foireuses tantôt réussies, toujours généreuses, du duo continuent dans les kiosques et les librairies. Après une phase de préchauffage à base d’histoires courtes expliquant un peu mieux la mythologie de cette oeuvre culte, la DeLorean (pilotée par Bob Gale avec John Barber, Marcello Ferreira et Athila Fabbio) a engrangé assez d’électricité pour repartir vers l’infini et l’au-delà vers de nouvelles contrées temporelles. Nom de Zeus, il convient de ne pas rater ça.

 

 

 

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rio/Sanz chez IDW Publishing

 

Résumé de l’éditeur : Printemps 1986. Quelques mois se sont écoulés depuis la dernière visite de Doc avec son train à voyager dans le temps. La vie de Marty a repris son cours mais la routine, l’absence de Doc et d’aventures ont plongé Marty dans un ennui profond. Son 4X4 adoré ne l’intéresse plus, il délaisse Jennifer, il passe son temps à raconter ses aventures temporelles à des mômes. Le manque d’énergie de Marty n’est pas sans inquiéter George et Lorraine… Mais voilà qu’un beau jour, au beau milieu d’un cours d’histoire, Marty reçoit une étrange lettre arrivant tout juste de 1893 : c’est Clara qui, inquiète du sort de son bien-aimé, demande de l’aide à Marty.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Rodriguez chez IDW Publishing

 

Il y avait une brèche à la fin du troisième et ultime épisode cinématographique de Retour vers le futur, il était inimaginable que l’équipe du comics héritier de la saga ne s’y engouffre pas pour prolonger l’univers. Après avoir donné quelques pistes et secrets dans le premier volume, voilà donc la fine équipe qui, avant de faire « back to the future », font « back to basics ». Et force est de constater que Marty n’est pas à la fête, bougon, dénué d’intérêts, déprimé, complètement démoralisé et nostalgique depuis que le Doc a fait le choix de vivre au Far West avec la belle Clara. Mais comme le temps et ses paradoxes sont toujours ingénieux à faire se retrouver les gens qui s’apprécient, McFly Junior va vite devoir sortir de son marasme s’il veut sauver la mise au Doc qui semble véritablement en danger… et amnésique, ce qui ne va pas arranger les choses, forcément. Heureusement, Marty peut compter sur Jennifer, tambour battant, pour le coup de boost nécessaire aux exploits temporels. Malheureusement, aussi, le duo cultissime est entraîné dans une époque qu’il ne connaît pas et où Biff sévit, plus malsain et pyromane que jamais malgré son costume de gardien de l’ordre.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rio/Rodriguez chez IDW Publishing

 

En octobre 2015, une fête mondiale était organisée pour accueillir Marty et célébrer l’oeuvre la plus populaire de Zemeckis. Se pourrait-il que, dans vingt ans, nous prenions les mêmes et recommencions? Toujours est-il que c’est en 2035 que notre duo magique et scientifique se retrouve projeté. Et si nombre de choses imaginées par Zemeckis et consorts dans les années 80’s se sont réalisées ; Bob Gale et John Barber entendent bien faire de même en 2035 et ne rien laisser au hasard, Nostradami qu’ils sont.

 

 

 

 

Hommage de Hassan Saber, gagnant du concours lancé par les Éditions Flamival

 

Tandis que Ferreira et Fabbio créent un futur plus vrai que nature… potentielle. C’est ainsi qu’Hill Valley (la ville californienne et néanmoins fictive de nos héros) est devenu futuriste, troquant son centre commercial auquel plus personne ne va (ben oui, internet a raflé le marché) contre un stade de… volodrome!? Volo… quoi? Volo vous lirez! Toujours est-il que les deux dessinateurs s’en donnent à cœur-joie dans cette cité aérienne fourmillant de détails. Mais ce n’est pas tout car la fine équipe a aussi ramené de ses explorations du passé une antiquité d’anthologie pour voyager dans le temps.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rodriguez/Sanz chez Flamival

 

Après cinq premiers numéros proposant des histoires courtes, cette adaptation en comics prouve qu’elle est apte à jouer sur le long cours, fidèle et solide sans pour autant faire du surplace et du fan service. Il y a, au-delà de l’amusement ressenti et procuré par les auteurs, une réelle envie de valeur ajoutée, de pousser l’univers dans ses derniers retranchements. Sans jouer aux petits chimistes, car en matière de paradoxe, rien n’est laissé au hasard.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rodriguez/Sanz chez IDW Publishing

 

Enfin, bien sûr, ce n’est pas du cinéma. Et alors? C’est tant mieux! Il y a trop d’exemples sans saveur de Bd qui veulent faire du cinéma et y perdent leur identité (le James Bond de Warren Ellis, par exemple) qu’on ne peut qu’encourager cette reprise cartoonesque (renforce par les couleurs explosives de Diego Rodriguez, Jose Luis Rio et Esther Sanz) et assumée qui en emmenant Retour vers le futur dans ce milieu nous en fait découvrir de nouvelles facettes et une autre manière de raconter Marty, Doc et les autres. Et c’est précieux!

 

Alexis Seny

 

Série : Retour vers le futur

D’après l’univers de Robert Zemeckis et Bob Gale

Tome : 2 – Les énigmes du continuum

Scénario : Bob Gale et John Barber

Dessin : Marcelo Ferreira et Athila Fabbio

Couleurs : Diego Rodriguez, José Luis Rio et Esther Sanz

Traduction : Bart Baruffaldi et Julie Canclini

Genre : Fantastique, Aventure, Science-fiction

Éditeur : Flamival

Nbre de pages : 152

Prix : 14,70 €



Publié le 09/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches en plus sur la plage de vos vacances, part 15

 « - Vous êtes prêts ?-          Prêts pour quoi ?
-          Cette nuit, pendant que vous dormirez, nous supprimerons vos entités. (…)
-          On fait comment après ? Si on n’est plus déclaré…Pour trouver du travail, ou un appart ? Se faire soigner, conduire, acheter des trucs ? Ou même garder une vie sociale, ça vous parle ? »

 

Les résistants au réseau s’apprêtent à frapper un grand coup : effacer des entités. Mais sera-t-il possible de trouver une place dans la société après cela ?           

Par ailleurs, dans un univers semblant parallèle, la chanteuse Ryoko Okada cherche une issue à sa vie…ou à sa mort. L’ancien trader Éric Magoni sera-t-il finalement plus fort que le système ? Ou bien n’y a-t-il aucun moyen de lutter contre une entité virtuelle dont on ne sait pas si ceux qui en tirent les ficelles en maîtrisent les rouages ?

 

 

 

 

 

Entre onirisme et réalité, la conclusion de MediaEntity est bien plus fine qu’il n’y paraît au premier abord. Contrairement aux précédents, cet épisode est totalement déconnecté. Alors qu’on pourrait penser cela dommage et trouver que la série n’est pas allée au bout de son concept, c’est au contraire un magistral pied-de-nez à la sur-connection qui est fait.

Il est regrettable que ce quatrième et dernier opus sorte dans une quasi indifférence et ne soit pas soutenu comme il l’aurait fallu par son éditeur. Une promotion sur l’ensemble de la série aurait été la bienvenue.            

Les auteurs peuvent être fiers de leur œuvre. Avec un graphisme enlevé, Emilie donne au récit de Simon une virtuosité où chacun des personnages semble être une note sur une gamme tragique.            

MediaEntity est à la BD des années 2010 ce que Tron a été au cinéma des années 80 : une réflexion sur les nouvelles technologies, leurs us et leurs abus. 

 

Laurent Lafourcade  

Série : MediaEntity

Tome : 4

Genre : Thriller

Scénario : Simon

Dessins : Emilie

Couleurs : Hubert

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-7560-5313-4 



Publié le 07/08/2017.


Source : Bd-best


Edelweiss : duo(s) au sommet face aux tempêtes de neige de la vie

Certains rêvent de montagnes d’or tandis qu’à d’autres un edelweiss suffit. Mais quel edelweiss ! De ces fleurs qui vous obsèdent toute la vie comme un but qu’un jour ou l’autre vous serez bien obligé d’atteindre. Cette histoire, c’est celle contée par Cédric Mayen et Lucy Mazel. Et même si c’est l’été, que le soleil brûle, on se laisse allègrement transporter sur ce tapis de neige qui, comme la vie, fait jouer le bonheur mais aussi le malheur.


Résumé de l’éditeur : Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule Henriette d’Angeville. Malgré son manque d’expérience, Edmond promet qu’il l’aidera à le réaliser.


 

 

Recherches pour Edmond et Olympe © Mazel

 

 

Des hauts, des bas, elle n’ont pas besoin d’être russes, les montagnes, pour amener le coeur au zénith ou briser des destins, pour faire sourire les exploits de la glisse ou faire couler des larmes sur le manteau blanc. L’histoire d’Edmond et Olympe se passe sur plusieurs décennies, loin des sommets aux neiges quasi-éternelles ou à flanc de montagne, la tête dans les nuages ou les pieds dans la froidure.


 

© Mayen/Mazel chez Vents d’Ouest

 

 

Ils ne sont pas du même bord et Edmond s’en excuse presque, prêt à tout pour mériter la confiance et le respect du père d’Olympe, bien plus que de celle-ci, déjà acquis mais qui pourrait être si vite perdu. C’est sans compter un grand amour et une passion commune pour l’ivresse des hauteurs. Et les alpinistes chevronnés savent qu’en cordée, mieux vaut être bien accrochés, coûte que coûte et malgré les dommages collatéraux. Et qu’un seul tienne et l’autre suivra… même à genoux.


 

© Mayen/Mazel chez Vents d’Ouest

 

Ce que nous proposent Cédric Mayen et Lucie Mazel, c’est une simple mais superbe histoire sur la ténacité d’un couple, contre vents, marées et avalanches; quand après le jeu du chat et la souris, tous deux se retrouvent n’être que de petites et fragiles souris face au désert blanc et (in)surmontable. Il y a un peu de Million Dollar Baby dans Edelweiss, une BD sportive qui n’en est pas vraiment une tout en possédant cet indéniable esprit de compétition face à soi-même et de surpassement. Lucy Mazel, elle, fait encore des miracles, tellement habiles à (re)créer une ambiance dans la chaleur d’une fête ou la froideur des phares, dans les joies des relations humains ou la solitude des sommets.


 

© Mayen/Mazel chez Vents d’Ouest

 

Ce talent à l’état pur et enjoué est encore plus exploité avec des illustrations pleine page somptueuses. Notamment pour dessiner délimiter les trois livres et l’épilogue que contient cet album. On s’y croit tellement, perchés sur cette étendue neigeuse, surplombant les belles années et les virages moins bien négociés. Voilà un album à conserver à portée pour y replonger à l’envi.

 

Alexis Seny

 

Titre : Edelweiss

Scénario : Cédric Mayen

Dessin et couleurs : Lucy Mazel

Genre : Drame, Aventure

Éditeur : Vents d’Ouest

Nbre de pages : 90 (+5 pages d’hommages)

Prix : 17,50€

 

Publié le 04/08/2017.


Source : Bd-best


Le diable serait-il dans les détails des oeuvres de Michel Ange ?

C’est fou comme les grandes figures historiques de la culture, des arts et des sciences se révèlent de plus en plus être de formidables rivaux pour les Sherlock Holmes et autres héros dont la profession est l’enquête. Ringards, vous avez dit ? Allons, allons, peut-être pas à ce point mais force est de constater que les Nostradamus, Léonard De Vinci, Copernic, Galilée et autres Kepler ont pris l’ascendant au travers d’enquête sachant être le reflet de leurs époques respectives et de leurs talents. Dernier en date ? Michel Ange, au coeur du banquet des damnés célébrés par Didier Convard, Éric Adam, Thibaud de la Rochebrune et Delf.

 

 

 

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Milan, 1508. Un matin d’avril, la tête d’un architecte récemment installé en ville est retrouvée dans le baptistère de Saint-Ambroise. Chargé d’enquêter sur cette affaire, le prévôt Vittore, pourtant connu dans toute l’Italie pour sa brillante intelligence, est bien en peine d’en démêler les fils. Rien dans ce meurtre n’est ordinaire. Ni l’attitude de l’évêque de Milan, qui semble redouter le pire des cataclysmes, ni l’arrivée subite du célèbre Michelangelo, qui a dû pour cela abandonner la fresque qu’il est en train de peindre à Rome, dans la chapelle de Sixte. Mais le plus troublant demeure ce plat d’argent où reposait la tête tranchée, et sur lequel sont grossièrement gravés ces trois mots : VENIT IUSTITIAE SOL – Le Soleil de Justice a brillé.

 

 

 

 

© De Rochebrune

 

Michel Ange, un nom qui, plus de 550 ans après sa naissance, évoque encore bien des choses d’une ère faste au niveau des arts et d’autres : La Renaissance italienne. Pourtant même les siècles lumineux ont leur part d’ombre et de… sang. Les scènes d’horreur meurtrière sont précises, chirurgicales (pas dans le même genre que le père de La Pieta et de David mais quand même) et l’artiste-architecte pourrait bien avoir un rôle à jouer dans cette histoire sordide, semblant liée à un acte barbare datant de plus d’un millénaire et demi auparavant : l’exécution de Jean-Baptiste et le triste spectacle que réserva la Princesse Salomé à sa… tête.

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Avec un personnage comme Michel Ange, comme on peut en attendre d’un Nostradamus ou d’un Léonard de Vinci (précédemment incarné dans un diptyque, par Didier Convard et le regretté Gilles Chaillet, dont Michel Ange est la suite indirecte), on s’attend forcément à un package de lignes biographiques, de faits d’armes… comme on visiterait un musée avec un guide bien informé suivant un chemin bien balisé. Jusqu’ici, après 46 planches, il n’en est rien. Pour tout dire, Michel Ange apparaît dans… quatre planches ! C’est surprenant et ça n’en brouille pas moins les pistes suivies par le vrai héros, le prévot Vittore, célibataire endurci qui doit une nouvelle fois reporter la recherche de sa dulcinée pour affronter son destin face à un monstre recouvert de bandages (une momie ?), sans coeur mais avec une hache bien aiguisée. La Camarde en personne ?

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune


Dans ce premier tome, on guette l’apparition de Michel Ange à tout instant. Mais s’il ne vient pas, on apprend, du coup, à se lier aux personnages mis à l’avant-plan par Éric Adam (adaptant le roman de Conrad) avec la complicité de Thibaud De Rochebrune qui s’avère être dans son élément dans cette Renaissance ensanglantée et ésotérique. Encore plus efficace quand il s’agit d’inviter la peur et le suspense si important pour porter ce slasher post-féodal. Les couleurs de Delf y sont également primordiales pour jouer entre ombres et lumières et souligner les ambiances. Preuve que la réalisation tient la route ? L’ultime planche de cette première partie, une vision d’horreur, glaçante, qui reste en tête. On espère en être débarrassé avant la sortie du deuxième tome (le 13 septembre). Mais que vient donc faire Michel Ange dans cette galère ?

 

Alexis Seny

 

Titre : Michel Ange

Tome : 1/2 – Le Banque des Damnés

D’après le roman de Didier Convard, Michelangelo et le banquet des damnés

Scénario : Éric Adam

Dessin : Thibaud De Rochebrune

Couleurs : Delf

Genre : Thriller, Ésotérisme, Histoire

Éditeur : Glénat

Collection : Les enquêtes du prévôt Vittore

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90 €



Publié le 02/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 14

« - Pour la dernière fois, qui vous envoie ? L’armia Krajowa polonaise ? L’OSS américain ? Le MI6 britannique ?... Le Smerch russe ? Répondez, frau Hanna !

-          Avez-vous perdu l’esprit, Kammler ?!... Je suis la flugkapitan Hanna Reitsch ! La pilote d’essai la plus célèbre d’Allemagne ! Une femme à qui Adolf Hitler s’est adressé en tête à tête dans le bunker !... Comment osez-vous mettre mon patriotisme en doute !?

-          Et alors ? Ces derniers jours, le propre gratin du Berghof, les Himmler, Goering, Speer eux-mêmes ont trahi leur führer en tentant de négocier misérablement leur reddition avec les américains ! Répondez à ma question : Pourquoi avez-vous menti sur les circonstances de votre accident ?

-          Menti ?... Je ne comprends pas ! »

 

 

 

 

 

 

Mai 1945, l’armée SS est en déroute. Les nazis tentent le tout pour le tout en installant « Eva » prêt des côtes canadiennes, une balise permettant de guider automatiquement l’aile volante qui doit larguer une bombe atomique sur New-York. Mais si le plan ne fonctionne pas, qui donc accomplira cette mission au nom du Führer et pilotera cette aile maudite ? Hanna Reitsch semble en être capable, mais au même moment, elle est au Château Fürstenstein en Basse-Silésie avec son copilote Werner Zweiköpfiger, en train d’être interrogée.

 

            Avant dernier acte pour Dent d’ours, série au cœur du conflit 39-45. Si ce drame mené par Yann a bien un mérite c’est qu’il divise le lectorat. Alors que pour le regretté René Hausman le scénariste et le dessinateur accomplissaient un travail remarquable, pour Roger Leloup, c’est marcher sur des œufs que de représenter des nazis qui pourraient paraître sympathiques. Toujours est-il que Yann confirme qu’il est un scénariste sérieux, documenté, sachant romancer des faits historiques de manière captivante et passionnée.

 

            Henriet ne cesse de progresser. Cette série restera dans sa carrière celle qui l’aura installé dans la cour des grands. Ses représentations de l’intérieur d’un sous-marin, de la mer, sont impressionnantes de réalisme. Il réussit par ailleurs à montrer l’horreur de la déportation  sans s’épancher dans la boucherie.

 

            Dent d’ours ferait un excellent film à grand spectacle.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Dent d’ours

Tome : 5 - Eva

Genre : Drame historique

Scénario : Yann

Dessins : Henriet

Couleurs : Usagi

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800170312



Publié le 02/08/2017.


Source : Bd-best


Dirk Gently, au petit bonheur la chance pour défaire momies tapageuses et bien d’autres

Résumé de l’éditeur : Après un voyage assez inconfortable dans la soute d’un avion de ligne et après s’être approprié le bagage d’un couple tout aussi chic qu’inquiétant, Dirk Gently se retrouve par le plus pur des hasards là où il devait se rendre sans même savoir où il devait se rendre… Vous me suivez ? Et, donc, cette destination inconnue mais, de toute évidence, très logique (un salon de thé à thème) deviendra le bureau américain de Dirk et, avec ses assistants (ou associés, c’est une question de sémantique après tout), il devrait résoudre trois affaires apparemment distinctes mais, connaissant notre héros, on peut parier qu’elles ne le sont point: des momies réincarnées, un voyageur du temps au portable doré et le gentil couple, dont nous avons parlé, désireux de se payer la peau de notre bien-aimé Dirk.

 

 

 

 

© Ryall/Kyriazis/O’Grady chez IDW Publishing

 

Il y a une vie après la mort, c’est un fait. Dans les aventures de ce Britannique excentrique qu’est Dirk Gently, mais aussi dans le destin chaotique de ce héros de littérature qui crée un peu plus sa légende depuis quelques années. Dirk Gently, c’est un autre monstre du Loch Ness. Créé par Douglas Adams, l’auteur du Guide du voyageur galactique, Dirk Gently n’aura connu que deux romans et un troisième inachevé (Douglas Adams est décédé de manière prématurée, à l’âge de 49 ans) à cheval sur trois décennies et quinze années. Puis, plus rien. Sauf que l’univers était en place, tellement bon et jubilatoire que Dirk n’allait pas s’arrêter là. Ainsi a-t-il survécu à son papa dans des feuilletons radiophoniques, dans une première série télévisée sur la BBC (quatre épisodes et puis s’en vont) et une deuxième qui fait le bonheur des abonnés de Netflix. Mais aussi, en 2015, en comics chez IDW Publishing, l’éditeur américain spécialisé dans l’adaptation de licences de toutes sortes (de la musique de Kiss aux jeux vidéo en passant par des films…). Et voilà que Dirk Gently déboule dans le paysage francophone de 2017, par l’intermédiaire des Éditions Flamival (qui nous ont fait le magnifique cadeau de publier les comics Retour vers le futur et dont le programme risque bien de s’intensifier et d’affoler les compteurs des fans de séries B et des autres aussi).

 

 

 

 

 

© Ryall/Akins/O’Grady chez IDW Publishing

 

Le premier volume des aventures de ce détective pas comme les autres qui laisse le hasard bien faire les choses est donc arrivé chez nous tout pile à l’heure de rallier les plages des vacances. Ainsi, se retrouve compilé dans ce premier tome, les cinq premiers actes parus outre-Atlantique et ne formant qu’une seule et même histoire (L’interconnexion entre toute chose)… ou trois, c’est selon. Car que peuvent bien avoir à faire ensemble deux momies qui ont bravé avec succès les affres du temps millénaire, deux serial killer qui se sont jurés d’imiter les plus grands criminels que la planète ait connus et de drôles de smartphones offerts à tous les SDF de San Diego ? Sans oublier ce salon de thé sans prétention si ce n’est celui de combler les justiciers en herbe et en quête de mystères. C’est là que l’Anglais le plus à l’Ouest depuis Sherlock Holmes a établi son quartier général avec une équipe de choc hum… hum…) pour faire la lumière sur ces événements étranges. Et les associés (oups, assistants) de Dirk ne seront pas de trop pour affronter les forces du mal bien coriaces.

 

 

 

 

© Ryall/Kyriazis/O’Grady chez IDW Publishing

 

Mixant les bonnes doses d’humour, de polar et surtout de fantastique, ces cinq premiers épisodes sont parfaits pour s’immiscer dans l’univers barge et fou laissé à la postérité par Douglas Adams. Cela dit sans avoir jamais lu un de ces livres ou vu l’une des séries qui l’ont adapté. Écrits par Chris Ryall et dessiné par Tony Akins (Wonder Woman, Richard Castle) pour les deux premiers épisodes) et Ilias Kyriazis (Secret Identities) du troisième au cinquième chapitre; ces cinq premiers épisodes tiennent les promesses en proposant non pas un coup de frais sur des intrigues déjà vues dans des oeuvres allant de Chair de Poule à Sleepy Hollow mais en contournant le déjà-vu pour y apposer le « petit bonheur la chance » de Dirk qui aime à se fier aux liens improbables qui, inévitablement, viendront faire communion d’événements n’ayant pourtant aucune raison de se rejoindre.

 

 

 

 

© Ryall/Akins/O’Grady chez IDW Publishing

 

Alors, dans cette bulle de confort ayant des relents de vidéoclub des années 80, puisqu’on est bien incapables de dire où tout ça va nous mener, on se laisse entraîner dans cette visite très spéciale de San Diego tout en faisant un petit voyage dans le Memphis d’Ahktenkhamen le tyran. La galerie de personnages est cocasse et l’hystérie générale qui guette est parfaitement rendue par les deux dessinateurs dont les traits s’articulent pour que le passage de flambeau se fasse en douceur. Difficile donc de rester insensible au charme so english de ce nouveau venu dans le paysage des « comics » qui fêtera pourtant ses trente ans de carrière en tant que détective holistique insaisissable et immature.

 

Alexis Seny

 

Série : Dirk Gently – Agence de détectives holistiques

Tome : 1 – L’interconnexion entre toute chose

D’après l’univers créé par Douglas Adams

Scénario : Chris Ryall

Dessin : Tony Akins et Ilias Kyriazis

Couleurs : Léonard O’Grady

Traduction : Bart Baruffaldi

Genre : Enquête, Fantastique, Humour

Éditeur VO : IDW Publishing

Éditeur VF : Flamival

Nbre de pages : 128

Prix : 13,70 €



Publié le 31/07/2017.


Source : Bd-best


Pandora : tous les bonheurs plutôt que tous les malheurs du monde… graphique

Si vous n’êtes pas Juillettiste, vous êtes peut-être Aoûtien ! Et à l’heure où vous préparez vos valises, dans le casse-tête des bonnes lectures à prendre ou à laisser (on en prend toujours de trop de toute façon), on a toujours quelque chose à vous proposer, de derrière les fagots. Quelque chose qui vous donne à voir des beaux panoramas et horizons de bande dessinée. Un voyage dans (ou après) le voyage, en quelque sorte. Pandora, la nouvelle revue de Casterman lancée par Benoit Mouchart, qui vient de sortir son troisième numéro, c’est tout ça et bien plus, à la fois.

Corto Maltese en couverture, on ne fait pas vraiment mieux pour insuffler le vent de l’aventure littéraire et bédéphile. C’est ainsi que s’ouvre ce troisième opus de la revue/mook proposant plus de 250 pages de lecture allant voir de tous les côtés. Après, peut-être choisirez-vous la couverture un brin morbide du cultissime Jean-Christophe Menu qui n’a toujours pas mis la main sur sa satanée valise. Car oui, Pandora se veut duel, cette fois, en s’offrant le luxe de deux couvertures. Après, vous commencer par où vous le souhaitez !

 

 

 

 

 

En attendant Équatoria, nouvel album du marin aventurier, Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero nous dépaysent déjà en pleine jungle face à de redoutables Indiens © Canales/Pellejero chez Casterman

 

Car si Pandora peut être vu, par certains côtés et notamment la volonté de s’adresser à un lectorat adulte, comme un héritier d'(À suivre), légendaire mensuel qui ravit les lecteurs de BD durant vingt ans avant de disparaître en 1997; il possède un avantage indéniable par rapport à d’autres Spirou ou Lanfeust Mag et autres : Pandora est constitué uniquement d’histoires plus ou moins courtes et complètes. Et l’intérêt de lire ça en vacances ? S’offrir une pause sans en perdre une miette peut-être. Par les longues journées de vacances, c’est vrai, on a parfois le temps de se lancer dans une lecture au long cours.

 

 

 

 

Pandora, c’est aussi l’occasion de rencontrer des héros avec lesquels le grand public n’est pas primordialement familier. Comme Canetor, Paku Pena le camionneur ou cet étranger personnage mi-homme mi-chat de Fabio Viscogliosi qui, tout en poésie, nous entraîne à comprendre le monde. © Viscogliosi chez Casterman

 

 

 

 

 

 

Autre personnage culte, Léon l’étron de Killoffer dans une aventure qui, contrairement aux apparences est loin d’être du fond du panier, ni de la cuvette.

© Killoffer chez Casterman

 

Mais, pour d’autres, c’est juste l’inverse, ces journées bénies sont tellement remplies qu’au bout de la course, on arrive sans courage de commencer un roman, une BD, un chapitre… sous peine de s’endormir dessus et de recommencer depuis le début, le lendemain venu. Si Pandora sait se dévorer, elle sait aussi se savourer petit à petit, de dix minutes en dix minutes, réduisant le risque que le sommeil vienne rompre l’intrigue. Sans qu’un à suivre sempiternel vienne s’y glisser. Puis, avec Pandora, un numéro se suffit à lui-même, sans besoin donc de s’engager pour les 6 ou 7 numéros à venir, juste à profiter du numéro actuel et à le lire de fond en comble. Mais peut-être, c’est vrai, vous redemanderez de ce bisannuel prometteur et audacieux contenant des histoires inédites de pointures qui ne risquent pas forcément de voir le jour en album.

 

 

 

 

Pandora 3, c’est aussi l’occasion de redécouvrir l’époustouflant travail de Baptiste Gaubert (alias Gobi de Lucha Libre, notamment) dans une histoire sans parole mais tellement criante. © Baptiste Gaubert chez Casterman

 

 

 

 

Julien Neel fait une infidélité à Lou en créant Pearl, une héroïne curieuse et pas si diabolique (n’en déplaise à son apparence) qui s’offre une virée en ville. Un des grands coups de coeur de ce numéro.
© Julien Neel chez Casterman

 

Audacieux car comme sa dernière couverture, il est yin et yang, cadré mais aussi impulsif, noir et blanc ou éclatant de couleurs, bavard ou muet (dans les mots s’entend, car du point de vue du crayon…), expressionniste ou impressionniste aussi, réaliste ou purement poétique. Incatalogable ? Certainement. C’est ainsi que Pandora se laisse entraîner dans le libre cours de l’imagination des auteurs invités, des stars mais aussi des jeunes pousses qui ont carte blanche. Le mélange est cocasse, inattendu, farfelu, chaleureux, mouvementé, indécis aussi. Car qui sait ce qui nous attend à la prochaine page ? Pandora porte diablement son nom, porteuse des malheurs du monde, parfois, mais souvent des bonheurs du monde créatif, sans filet. Néanmoins, plus souvent du côté de l’abstrait, de l’auteurisme et de l’indé que du grand public. Ce qui en fait un patrimoine à hauteur de bédéphile plus ou moins pointu mais aussi de lecteurs plus ou moins éloignés de la BD, habituellement. Le public visé est varié et hétéroclite.

 

 

 

 

C’est une drôle d’histoire d’amour graphique et dérangeante que propose Florence Dupré la Tour. © Dupré la Tour chez Casterman

 

 

 

 

En retournant votre numéro, vous quitterez le monde des couleurs pour plonger dans le monde tout aussi fantastique du noir et blanc, sans concession. Comme l’histoire d’Hugues Micol qui se joue bien des affres de l’Histoire et de ses guerres. © Micol chez Casterman

 

Et, après un premier numéro qui mettait le paquet en matière de stars, Pandora trouve son équilibre dans les mains expertes de près de quarante artistes qui, tous, ont des choses à dire ou du moins à exprimer, à faire ressentir. Du caca de Killoffer (l’un des plus réguliers de la revue) aux histoires de cul-bes de Florence Dupré la Tour, en passant par le Corto Maltese taquin mais en danger de Canales et Pellejero et le cynisme d »Hugues Micol qui joue de ce bon vieux procédé de l’arroseur arrosé (ou pas d’ailleurs). Puis, comment ne pas évoquer l’héroïne sans parole d’un Julien Neel en pleine expérimentation (et on redemande), l’érudition de David B. et Giorgio Albertini, la cartographie énigmatique et exaltante de Xavier Mussat, le cauchemar félin de Kensausage ou l’intrusion parfaite dans les Mille et une nuits par Géraldine Bindi et Yannick Corboz.

 

 

 

 

Géraldine Bindi et Yannick Corboz lèvent le voile sur toutes les vies sauvées par Sheherazade. Avec style et classe. © Bindi/Corboz chez Casterman

 

Et on en passe tellement. Il y a tellement à dire, tellement de profondeur, tellement de mirages, tellement, tellement et tellement encore… Si bien qu’on n’est pas loin de penser, à Branchés Culture, qu’à force de numéros et de short-stories, Pandora devrait faire autorité et référence. Une réelle anthologie d’un Neuvième Art qui n’a certainement jamais été aussi florissant et foisonnant. Et peut-être sa meilleure défenderesse.

 

 

Alexis Seny

 

Revue : Pandora

Bisannuel

Numéro : 3

Auteurs : Juan Diaz Canales, Ruben Pellejero, Hugo Piette, Max de Radiguès, Gilles Dal, Johan De Moor, Fabio Viscogliosi, Baptiste Gaubert, Géraldine Bindi, Yannick Corboz, Paul Martin, Tonci Zonjic, Anthony Pastor, Kensausage, Giorgio Albertini, Art Spiegelman, Florence Dupré la Tour, Alfred, Dave Cooper, Aapo Rapi, Michel Pirus, Philippe Dupuy, Jean-Claude Götting, Jean-Luc Coatalem, Jacques de Loustal, Miguelanxo Prado, Julien Neel, Nicolas Moog, Killoffer, Jean-Christophe Menu, Matthias Lehmann, Tom Tirabosco, Wisut Ponnimit, Daniel Casanave, Hugues Micol, Xavier Mussat, Vittorio Giardino, David B. …

Genre : Nouvelles graphiques

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 264

Prix : 18€



Publié le 31/07/2017.


Source : Bd-best


Janitor good as gold, les cauchemars à la française ont de beaux jours devant eux !

Accrochez-vous, voilà un truc qui démange et déménage : Janitor. Tout droit sorti de l’excellent Label 619 et de l’esprit frappeur de feu DoggyBags, la revue d’Ankama, le premier album du Polonais Sztybor et du Russe Ivan Shavrin fait moins dans la dentelle que dans la charpie des êtres-humains. Car l’or ne protège pas de tout. Du tout !

Résumé de l’éditeur : « II n’est point de monstre qu’on puisse comparer à la soif de l’or, elle est la source de tous vices. »

 

 

 

 

 

 

© Sztybor/Shavrin

 

Sans ambages, dès la première page, nous voilà mis – que dis-je, propulsé – face à une montagne, un colosse, un monstre impossible à stopper. Un Matagot ! Un gros matou, pas franchement câlin avec ses griffes acérées, que Dots et sa bande de potes de la cité ne pensaient trouver que dans des livres archaïques. Si du moins, quelque chose ou quelqu’un devait leur mettre la puce à l’oreille. Une chance sur mille ou dix-mille. Ouais, sauf que pas de chance, paf et bardaf, le Matagot attendait son heure tapi dans l’ombre, attendant le bon moment pour se jeter sur la lumière impie de l’or. Et déchirer en lambeaux quiconque en possède un poil de trop. L’heure est au carnage dans la ville et le voilà qui touche de plein fouet les quatre compères qui n’en seront bientôt plus que… trois.

 

 

 

 

© Sztybor/Shavrin

 

C’est fou comme, coup sur coup, deux ouvrages uppercut (et bientôt hyper-cultes ?) ont pris sur eux d’adapter des monstres issus des croyances populaires françaises avec classe, bagout et une vision très précise et éclaboussante de la chose. C’est le cas des deux volumes de Croquemitaines de Salvia et Djet, et désormais de ce Janitor qui les a suivis de près et dont on se demande comment les deux auteurs ont pu tomber sur le mythe du Matagot. C’est une autre histoire, il faudra leur poser la question. En attendant, cet album (qui n’a rien à voir avec la série quasi-éponyme de Boucq et Sente) prouve que le binôme a bien assimilé la chose pour en faire un monstre grandeur nature et l’imposer dans une ville américaine terrorisée, sous l’oeil de la si laide Kathy Wilkes, la concierge qui pourtant ne semble pas trembler (un conseil, évitez de lire le résumé présenté sur le site d’Ankama qui en dit un peu de trop à mon goût et gâche la capacité d’immersion mystérieuse des premières planches de cet impactant plaisir graphique).

 

 

 

 

© Sztybor/Shavrin chez Ankama

 

C’est bien la seule. Car les coups de crayons et « de ciseaux » de Shavrin (allez aussi voir ses fantastiques évocations de grands héros et de méchants horrifiants sur sa page Facebook, bon dieu, vous nous en direz des nouvelles !) ont vite fait de nous filer la tremblote. Regorgeant d’idées pour faire de cet album un véritable exutoire, le Russe n’a rien à envier aux auteurs de comics américains. Spectaculaire et généreux, débordant des cases et des planches pour mieux s’insinuer dans l’esprit torturé des lecteurs, ce Janitor se révèle être une excellente surprise. Une course contre la mort, un combat de David contre Goliath bien démesuré et jubilatoire même si on sait que le bien survivra… ou le moins mauvais. La relève du Janitor est assurée et on se demande bien si une suite à ce « Good as gold » ne serait pas envisageable.  En tout cas le charme de cette récréation opère et les deux gaillards ont gagné un fan, en tout cas !


 

Alexis Seny

 

Titre : Janitor

Sous-titre : Good as gold

Scénario : Sztybor

Dessin et couleurs : Ivan Shavrin

Genre : Fantastique, Thriller

Éditeur : Ankama

Label : 619

Nbre de pages : 96

Prix : 14,90 €



Publié le 28/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 13

  « - Votre mère me dit que vous ne savez toujours pas nager, Tanguy.

-          Hélas, père. Je crains que l’eau ne me fasse rouiller !

-          Ha ha ! Amusant. Mais cela ne résout pas notre problème. Un D’Arçonet normalement constitué doit savoir aimer, combattre et nager !

-          Je promets de faire de mon mieux, père.

-          Ce n’est pas ce que je vous demande, Monsieur mon fils.

-           ? (Le père jette son fils dans la rivière glacée.) Au secours !

-          Taisez-vous, Tanguy ! J’agis pour votre bien. Maintenant, nagez…ou coulez ! »

 

Tanguy D’Arçonet s’en souviendra longtemps de cette scène où il marchait avec son père par une glaciale journée d’hiver. Il en rêvera souvent lors de ses nuits de militaire. Etre issu d’une lignée d’officiers n’est pas chose aisée. On compte sur lui. L’honneur de la famille et de la France a un prix. C’est sur les champs de bataille, pendant la Seconde Guerre Mondiale, qu’il démontrera que le sang qui coule dans ses veines est celui d’un véritable héros qui ne recule pas devant le feu des canons, les tirs des fusils ou les assauts des baïonnettes. Tanguy croisera la route de Martin Favre, dont la première partie du destin est racontée dans le premier tome de la série.

 

 

 

 

 

 

Garcia plonge le lecteur au plus profond du conflit, dessinant des scènes de combat d’une cruauté, d’une intensité si violente que l’on a l’impression d’être au cœur de l’action.

 

            Gloris, après avoir commencé à retracer la route de Martin Favre, étudiant se trouvant impliqué malgré lui dans un conflit dont il ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants, axe son récit vers un angle purement militaire. Alors que la vie a fait des choix pour Martin, les choix font la vie pour Tanguy. Côté pile, côté face, pour l’histoire de garçons qui ont pourtant bien des points communs, en particulier celui de se trouver acteurs d’un drame dont les stigmates n’ont pas fini de cicatriser.

 

            La série se poursuit dès septembre avec le début du récit consacré à Zoé, sœur de Martin.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Une génération française

Tomes : 2 - Populations trahies

Genre : Histoire

Scénario : Gloris

Dessins : Garcia

Couleurs : Saint-Blancat

Collection : Quadrants

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-3020-5977-1



Publié le 28/07/2017.


Source : Bd-best


Un Pilote pas automatique et enrichissant pour fêter Valérian et Laureline, leurs créateurs mais aussi leurs héritiers

C’est un fait, à part si vous vous êtes exilé sur la mille et unième ou que vous avez vécu en ermite médiatique, ces derniers mois; vous n’avez pu éviter l' »événement » cinématographique de cet été : la sortie de l’adaptation d’un classique (et précurseur) de la bande dessinée de science-fiction, Valérian et Laureline de Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tran-Lê. Des héros qui, plus qu’à leurs créateurs, appartiennent aujourd’hui à la culture populaire. C’est pourquoi, en préparant le terrain au film mais en faisant aussi oeuvre de récréation et de nostalgie, Pilote ressuscite (comme à son habitude) pour un numéro spécial où, aux-côtés des deux géants Christin et Mézières, on retrouve quelques auteurs parmi les plus doués de leurs générations.

 

 

 

 

© Smolderen/Clérisse chez Dargaud

 

Nul besoin de remonter le temps et l’espace, qu’est-ce qu’ils sont bien Valérian et Laureline dans leur quinquagénie souriante. Sans une ride mais avec l’assurance des années passées à faire les belles heures de la science-fiction à la sauce franco-belge (universel aussi puisque bientôt George Lucas s’en « inspirerait – pour rester polis – dans son Star Wars). À l’heure où l’on tremble de (sa)voir à quelle sauce les deux héros (qui en ont vu d’autres, cela dit) vont être mangés par Besson et sa science (défaillante, ces derniers temps) du blockbuster; Dargaud réanime Pilote dans un hors-série qui se veut être le mook accompagnant fidèlement l’arrivée du film. Avec le choix entre une édition souple et une autre cartonnée (avec toutefois huit pages supplémentaires faisant ode aux dessins noir sur blanc d’un Mézières au top), histoire de rencontrer les plaisirs et les habitudes de lecture de ce genre de revue de tout un chacun.

 

 

 

 

© Bajram chez Dargaud

 

Sous-titré « Le journal qui s’amuse à voyager dans le temps », ce Pilote-là emmené par François Le Bescond en rédacteur en chef fait feu de tous les bois dont regorge l’univers et le fait plutôt bien. En commençant par des interviews de Christin, Mézières et de l’héritier Besson. En s’aidant, ensuite, des lumières d’experts d’hier et aujourd’hui pour mieux éclairer l’oeuvre remarquable des deux aventuriers d’un espace qui, en 1967, avait encore bien des secrets et tout un imaginaire à explorer. Ainsi, les angles sont variés, on se glisse dans les ombres des plus grandes planches de la série, on a un avant-goût de l’exposition qui se tient jusqu’au 14 janvier à la Cité des sciences de Paris, on replonge dans les classiques de la science-fiction et il est même question de ces origines évoquées par le regretté Stan Barets.

 

 

 

 

© Balez chez Dargaud

 

Sans oublier un aperçu des superbes concept arts d’Éric Gandois, Patrice Garcia, Hugues Tissandier, Sylvain Despretz ou encore Marc Simonetti et l’impact d’une série comme Valérian sur l’histoire de… BNP Paribas (c’est un publi-rédactionnel, ça vaut ce que ça vaut et mieux vaut lire ça avec des pincettes). Sous forme d’interview ou de texte continu, l’ensemble se révèle assez érudit et précis que pour dresser une bonne introduction au Valérian d’hier et d’aujourd’hui. Les experts impliqués savent de quoi ils parlent et ne sont pas nés de la dernière pluie de comètes, alors forcément c’est enrichissant…

 

 

 

 

© Bertail chez Dargaud

 

Et de la BD alors, il y en a ?, commencent à se demander les puristes (ceux qui ne peuvent pas piffer qu’une BD soit adaptée au cinéma, par exemple, mais ceux aussi qui savent apprécier une reprise quand elle est bien faire de leur héros favoris). Ne vous inquiétez pas, vous allez en avoir des planches et des phylactères, de la rigolade et du spectaculaire pratiquées par une trentaine de surdoués du Neuvième Art. Si certains ont fait leurs armes dans des aventures spatiales (on pense à l’impeccable Denis Bajram, à José Luis Munuera en mode « vacances », à la relève Mathieu Bablet ou encore Dominique Bertail qui revient à l’an Mil), d’autres ne sont pas spécialement connus pour leurs appétits galactiques.

 

 

 

 

© Bonhomme chez Dargaud

 

Et c’est souvent de ceux-là, dans ce registre pas forcément de prédilection, que viennent les surprises les plus flagrantes et les plus inattendues. Conjuguant vie de héros et vies d’auteurs par exemple, comme Matthieu Bonhomme qui remet le cow-boy Mézières en selle et lui fait rejouer Cow-boys et envahisseurs ou la pop-mini-odyssée des audacieux Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse. Il y a des crossovers aussi, avec Achile Talon ou Cosmik Roger, avec les increvables Larcenet (ancien repreneur de Valérian beaucoup moins sérieux) et Salch et, au sommet, avec Ariane (l’héroïne de Juillard dans Les sept vies de l’Épervier) qui fait une rencontre du troisième type. Dans tous ces hommages, ces incarnations diverses, il y a de la verve, de l’affect, de l’amour, du talent, du second degré aussi, du respect surtout… Comme dans les évocations de Nicolas Barral ou Éric Corbeyran (soutenu au dessin par Olivier Balez) qui, plus terre à terre, raconte leurs rencontres avec deux doux mentors dont le nom évoque mille souvenirs : Mézières pour l’un, Christin pour les deux autres. On est loin de l’hommage juste pour l’hommage tant ces auteurs ont quelque chose à dire, du sens à nous faire parvenir.

 

 

 

 

© Bouzard chez Dargaud

 

La belle note de ce space-opéra a plusieurs voix en l’honneur de deux ténors est enfin donnée par le coin du voile levé sur deux albums forcément attendus. Le nouveau Valérian, Souvenirs de futurs II, qui tourne autour d’un accord politique étonnant et pourtant si proche de notre réalité, voit douze de ses planches révélées. On y retrouve tout le savoir-faire de Christin et Maizières pour dompter l’actualité et la mettre en fiction décoiffante… sexy aussi. Enfin, puisque comme Spirou ou Lucky Luke, Valérian va connaître de nouvelles aventures sous d’autres traits, cinq planches de Shingouzlooz.Inc, le one-shot de Wilfrid Lupano et Mathieu Lauffray, sont livrées en pâture aux lecteurs. Les décors sont magnifiques, l’univers bien campé et revisité et le pitch entend faire lumière sur toutes les questions sans réponse que le lecteur s’est posé autour de la saga quinquagénaire. Et comme, il est facile de jouer le jeu des origines, Lupano s’est lancé le défi de « pousser ses réflexions le plus loin possible ». Les cases s’admirent, l’intrigue reste secrète mais l’envie compulsive d’en apprendre plus est d’ores et déjà dans nos gênes.


Bref, ce Pilote hors-série est un pont royal pour nous ramener à bon port, à Galaxity, et réveiller la série auprès de la nouvelle génération qui l’avait peut-être loupée. Et ça n’a rien d’un paradoxe de plus.

 

Alexis Seny

 

Revue : Pilote

Hors-série

Titre : Spécial Valérian

Avec la participation de : Pierre Christin, Jean-Claude Mézières, Christophe Blain, Mathieu Bablet, Nicolas Barral, Blutch, Wilfrid Lupano, Mathieu Lauffray, Stan Barets, Matthieu Bonhomme, Éric Corbeyran, Olivier Balez, Thierry Smolderen, Alexandre Clérisse, Manu Larcenet, Éric Salch, Richard Marazano, Christophe Ferreira, André Juillard, Thierry Martin, Éric Libiot, Fabcaro, Serge Carrère, José Luis Munuera, Luc Besson, Julien Solé, MO/CDM, René Pétillon, Emmanuel Guibert, Denis Bajram, Guillaume Bouzard, Terreur Graphique, F’Murrr, Jean-David Morvan, Ji Su, Mathieu Sapin, Annie Goetzinger…

Genre : Making-Of, Hommage

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 136

Prix : 10,95€



Publié le 28/07/2017.


Source : Bd-best


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