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Le (plus long) chemin de l’école en mode Vertical Limit sur l’Himalaya

Dans nos habitudes, on oublierait assez facilement que l’école est un luxe pour nos enfants. Encore plus quand elle est à proximité, à 15 minutes à pied ou 30 en bus. Et même si c’est un peu plus, on n’est pas (si) pressé, si ? Je me souviens des récits de mes grands-parents qui, en Belgique, devaient se lever dès potron-minet, avant même le jour, pour être sûr d’atteindre leur classe dans les temps. On était admiratif. Ils sont toujours un peu nos héros, quelque part. Mais quand on pense à ce qu’il se passe les jours précédant la rentrée en plein Himalaya, on est obligés de rester bouche bée.

 

 

 

 

 

 

 

© Javoy/Garreta/Chrétien chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : C’est la rentrée des classes, 8 enfants quittent leur village pour rentrer au collège. Mais leur école est à Katmandou et pour s’y rendre, ils doivent marcher pendant 6 jours au coeur de l’Himalaya, dormir en pleine nature, et vivre des aventures incroyables.

 

 

 

 

© Javoy/Garreta/Chrétien chez Dargaud

 

L’histoire commence avec un travail de longue haleine sur un film documentaire qui fait un incroyable succès allant même jusqu’à récolter un César. Le film, qui suit le périple de quatre enfants jusqu’à leur école parfois de fortune, ne s’arrête pas là : la coscénariste Marie-Claire Javoy prolonge l’aventure et la complète avec quatre autres destins d’écoliers dans un livre. D’autres histoires, d’autres rencontres sont venues s’y greffer dans une série sur France 5.

Les chemins de l’école peuvent se révéler riches. C’est ainsi qu’une quatrième oeuvre emboîte le poids aux trois premières, avec sa propre grammaire, son propre pouvoir à parler du réel : une bande dessinée enneigée dans les neiges éternelles du terrible Himalaya.

 

 

 

 

© Javoy/Garreta/Chrétien chez Dargaud

 

Ainsi Renaud Garreta (habitué, entre autres, à la mer et aux moteurs et à la grande Histoire) et Marie-Claire Javoy nous ont-ils concocté un docu-fiction impressionnant dans lequel l’humain, et encore plus l’écolier, se perd comme un petit flocon dans un matelas de glace. La montagne, là-bas, dieu qu’elle est peut-être belle, mais qu’elle est dangereuse. Pourtant Sherab, Sonam, Urgen, Dawa et Passang accompagnés par Pemma, l’adulte qui donnera du sens et de l’expérience à ce qui nous parait déraisonnable et fou vu d’ici, doivent bien se résoudre à la traversée de Ting Kyu à Katmandou s’ils veulent s’enrichir de savoir. La chance que leurs parents n’ont souvent pas eue.

 

 

 

 

© Javoy/Garreta/Chrétien chez Dargaud

 

De l’école et de Katmandou, nous ne verrons rien ou si peu. Non, l’objet de cette histoire un rien fictionnalisée mais plongée sur les pentes vertigineuses du réel, c’est le périple et rien que lui. Celui qui vous fait traverser un désert mortifère et pourtant si magnifique où pas une âme ne vit à des kilomètres à la ronde si ce n’est peut-être une de ces vénérables et monstrueuses panthères des neiges.

 

 

 

 

© Javoy/Garreta/Chrétien chez Dargaud

 

La menace est bien là qu’elle vienne d’en haut, de flanc ou d’en bas. Il faut regarder où l’on met les pieds, ne jamais être trop loin d’un abri en cas de tempête et toujours éviter de prendre froid. Ça pourrait paraître anodin pour des alpinistes et randonneurs expérimentés (Renaud Garreta doit en faire partie tant il maîtrise les éléments), mais qu’en est-il pour des gosses qui sont encore au temps de l’innocence et des jeux.

 

 

 

 

© Javoy/Garreta/Chrétien chez Dargaud

 

L’histoire raconté par notre tandem (que dis-je le trio, puisque Léa Chrétien vient soutenir les dessins par ses couleurs d’importance) est dingue, les paysages à couper le souffle et puisqu’un tel voyage resserre les liens, on en apprend beaucoup en regardant et en écoutant (oui, oui, même si c’est une BD) parler les enfants. Pour le coup, c’est nous qui sommes à l’école, bien au chaud face à ces épatants petits héros de l’autre bout de la Terre.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le plus long chemin de l’école

D’après Les chemins de l’école

Scénario : Marie-Claire Javoy

Dessin : Renaud Garreta

Couleurs : Léa Chrétien

Genre : Documentaire, Aventure

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 60

Prix : 12,99€



Publié le 18/10/2017.


Source : Bd-best


Entre sang neuf et héritage, les monstres d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux d’hier #8 : des mines graves et des mondes qui changent

Plus d’un mois avant la date fatidique et mortelle, les magasins s’habillent déjà de leurs plus frissonnants atours et mettent en vitrine des costumes plus halloweenesque les uns que les autres. Les monstres sont de retour. Et même si leur âge d’or est passé depuis longtemps, ces créatures, nouvelles ou archaïques, n’ont pas dit leur dernier mot. Alors que Universal se prépare à réveiller un peu plus les monstres les plus incontournables du cinéma avec son Dark Universe, la bande dessinée n’est pas en reste. Petit tour d’horizon des parutions récentes, histoire que vous soyez fin prêts pour le 31 octobre. Pour l’épisode 7, faisons coup double en plongeant dans les entrailles de la terre. Qui sait dans quel état nous en ressortiront.

 

Résumé de l’éditeur : Le monde de la mine se divise en deux catégories : ceux qui sont avec le Patron, et ceux qui creusent. Lucien creuse… Jusqu’au jour où les entrailles de la terre lui révèlent un monde peuplé de créatures aux proportions effrayantes.

 

 

 

 

© Romain Baudy chez Casterman

 

 

 

 

 

 

 

 

© Romain Baudy chez Casterman

 

Radicalement différents puisqu’ils mesurent la force de leur propos en piochant dans des genres totalement divergents, cet album bien plus dans l’air du temps qu’il n’y parait à déjà le mérite de prouver qu’on peut dépoussiérer (et dieu sait que dans les tunnels des terrils exploités tant en documentaires qu’en fiction depuis des lustres et des acres) sérieusement une thématique qu’on pensait usée jusqu’à la corde. Autre point commun, cette manière de faire d’un récit un acte politique.

 

 

 

 

© Romain Baudy

 

Dans son « grandeur nature » Souterrains, Romain Baudy puise dans les références, quelque part entre le Géant de Fer et les Ewoks pour consolider son incursion très dangereuse vers le centre de la terre. Tout au long de ces 144 pages, on frôlera l’héroïc fantasy… mais après que les humains aient réglé leurs comptes. Car quand arrivent les machines plus sophistiquées, les robots plus volontaires et courageux, les mineurs sentent bien que le vent, le grisou, est en train de tourner.

 

 

 

© Romain Baudy

 

Et sans besoin de régner pour mieux diviser, voilà que le groupe solidaire se disloque. Entre ceux qui croient à l’avenir aussi automatisé soit-il et ceux qui préfèrent rester dans le passé, à la sueur et dans le fracas musculaire, pour ne pas perdre leur place et leurs revenus. Mais à quoi bon, de toute façon, comme on dit chez moi, « c’ est todi les ptits k’ on spotche » (c’est toujours les petits qu’on écrase), à moins qu’une poignée de révolutionnaire en pétard viennent contrebalancer l’adage ? Tandis que sous terre, par le jeu d’un miroir pertinent, la loi du plus fort n’a pas forcément gagné, mais n’en disons pas plus.

 

 

 

 

© Romain Baudy

 

Souterrains, c’est une oeuvre entièrement dévolue à porter son auteur à la lumière. Romain Baudy domine incontestablement son sujet qui a tout l’air d’un Goliath face au petit David qu’il est. Il y a un peu de steampunk, de l’idée et de la suite dans les idées, de chapitre en chapitre, pour arriver à cette oeuvre impressionnante qui se tisse entre des personnages bien réels, un élan fantastique et la dure réalité. Souterrains fait partie de ses fresques qui se laissent lire d’une traite (la dernière fois qu’on a eu cette impression, c’était face au Siegfried d’Alex Alice, et il y a un peu de cette maîtrise ici, excusez du peu). Les entrailles du Monde grognent et nous, on souffle (plus le chaud que le froid) devant le talent de Romain qui prouve, sans marteau-piqueur, tout son pouvoir de persuasion et de conteur.

 

Alexis Seny

 

Titre : Souterrains

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Romain Baudy

Genre : Drame, Fantastique, Aventure

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 144

Prix : 20€



Publié le 17/10/2017.


Source : Bd-best


Rabaté-Kokor, à l’abri des bruits du monde, invite l’essentiel à rentrer dans la ronde

Quand on aime la BD, on sait aussi que certains ne l’aiment pas. Sans doute, est-ce moins le cas qu’il y a quelques décennies quand la BD était destinée « aux enfants » ? Et pourtant, je suis sûr qu’il y en a qui considèrent que si on ne mélange pas les torchons et les serviettes, la littérature ne peut frayer avec la bande dessinée. Pour ceux-là, voilà un uppercut de première signé Rabaté et Kokor bien en phase pour mettre tout le monde d’accord.


Résumé de l’éditeur : « Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes, arpentant les chemins et les villes, de terre ou de bitume, par vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie ». Poète ambulant, Alexandrin survit en faisant commerce des vers qu’il compose ; un aristo sans le sou, mais à la noblesse d’esprit et celle du coeur qui décide d’initier un adolescent en fugue aux arts de la poésie et de la débrouille.

 

 

 

 

 

 

© Rabaté/Kokor chez Futuropolis

 

Une rue normale au petit jour, un homme banal fait son grand tour, à l’ombre des grandes tours, le décor semble muet et sourd. Bon, d’accord, je n’ai pas le talent de Pascal Rabaté et Alain Kokor pour camper une ambiance paisible (deux planches sans un mot, mais ça va venir et vous n’allez pas être déçus) et aussitôt l’ébranler. DING DONG. « Bonjour, mon brave Monsieur, j’espère ne point vous déranger sous ces cieux. Je me présente, Alexandrin de Vanneville, pète des campagnes et des villes arpentant les chemins de terre et de bitume, par le vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie. » L’acteur (on aurait bien vu le délicieux Jean Rochefort dans ce rôle) s’élance et la tirade en dit long sur la saveur poétique qui va donner le la à ces 94 planches savoureuses.

 

 

 

 

© Rabaté/Kokor chez Futuropolis

 

C’est déjà l’automne dans cet album sorti le 25 août, les couleurs tire sur l’orange et les feuilles volent entraînant les mots avec eux, légèrement mais pas innocemment. Alexandrin, c’est le digne représentant de la tradition orale, celle qui bien avant l’écriture (et ne parlons pas des mails et autres viber) a permis de faire survivre de grandes épopées avec les âges. Alexandrin porte bien son nom, ne fait pas de fautes dans sa prose et croit sérieusement, qu’en échange de quelques petits sous, il pourra réchauffer les coeurs les plus hostiles.

 

 

 

 

© Rabaté/Kokor chez Futuropolis

 

Rien ne vaut une voix chaude et humaine quand on est bercé par la voix du GPS ou de Siri dans votre smartphone, n’est-ce pas ? Bon, à voir le fusil qu’on vient de dégainer sous le nez de notre semeur de rimes, tout le monde n’est pas tout à fait rangé du côté de la beauté des mots. Tant pis, Alexandrin continue sa route et vient de se trouver un allié, Kévin, pas plus haut que trois pommes mais mu par un grand besoin de liberté. Après tout, on a toujours besoin d’un plus petit que soi. Et Kévin est plutôt direct : « Tu serais pas un pédophile par hasard? » Bien sûr que non. La glace est brisée, la chaleur humaine de s’insinuer, du sage qui n’a l’air de rien à l’héritier qui n’est pas si vaurien.

 

 

 

 

© Rabaté/Kokor chez Futuropolis

 

À l’instar de ces deux inconnus jusque-là, dans l’équilibre des mots de Rabaté et des merveilleux dessins de Kokor, ce sont deux poésies qui s’allient, se renforcent et s’envolent. C‘est riche et certainement pas anodin. Pas à l’heure où l’on veut faire disparaître les plus démunis de nos beaux centres de ville. Pas à l’heure où les fautes d’orthographe s’alignent sur les réseaux et où la langue française est malmenée. Pas à l’heure où le métro-boulot-dodo tente (en vain!) de briser la créativité et d’empêcher les hommes d’être eux-mêmes en toute originalité. Pas anodin mais tellement universel, simple. Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied, c’est le tourbillon de la vie sur lequel on met des mots, des dodus, des maigrelets, des grands, des petits, des graves et des insouciants. Des mots par-dessus tout, comme un cadeau, un partage, une preuve inébranlable que si chaque langue a sa vision du monde, celle des coeurs de Rabaté et Kokor(qui ont eu du pain sur la planche sur cet album, exigeant, mais ont la délicatesse de ne pas le faire savoir) mérite l’universalité. Le parti des poètes n’est résolument pas celui de la défaite et ses plus dignes représentants, sans avoir rien, sont peut-être les plus riches.

 

 

 

 

© Rabaté/Kokor chez Futuropolis

 

Voilà comment dans un rêve à perte de vue, sans savoir quand, je me suis retrouvé dans la rue, à faire ding dong aux portes hostiles, pour partager quelques rimes qui s’enfilent, maladroitement, infiniment.

 

Alexis Seny

 

Titre : Alexandrin ou l’art de faire des rimes à pied

Récit complet

Scénario : Pascal Rabaté

Dessin et couleurs : Alain Kokor

Genre : Poésie, Fable moderne

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 96

Prix : 22€



Publié le 17/10/2017.


Source : Bd-best


La BD ouvre la porte d’autres mondes : de la préhistoire à Lovecraft en passant par une nuit de Grande Ourse et beaucoup de kawaii #2

I hate Fairyland : cons de contes…

Résumé de l’éditeur : Trente longues années de captivité et de bain de sang durant lesquelles sa seule motivation a été de rentrer chez elle. Bienvenue au royaume de la reine Claudia, des hommes-champignon, des faunes zombies et des haches géantes. Bienvenue à Fairyland.

Les lapins kawaii de FRNCK vous ont mis en appétit ? Vous n’avez pas peur de l’overdose de « glauquebi »-boulga ? Si un niveau de Candy Crush vous donne du fil à retordre depuis des mois, que vous avez envie de casser du Télétubbies et de sortir le bâton du cul de Jiminy Cricket décidément bien trop gentil, on a ce qu’il vous faut ! I hate Fairyland est une série déjà bien implantée au pays de l’Oncle Sam et des comics et voilà que le deuxième volume des aventures de Gertrude la terrible gentille petite fille débarque chez nous. Une chose est sûre, l’histoire que déroule Skottie Young n’est pas piquée des vers !

 

 

 

 

© Young/Beaulieu chez Image Comics

 

Cela dit, après un premier tome dans lequel on ne savait où donner de la tête, Skottie Young fait comme les auteurs de FRNCK et freine un peu (mais pas trop) la cadence pour mieux explorer ce monde laissé en cendre et en sang par sa nouvelle reine. De longues années de despotisme y auraient-elles contribué ? Pas du tout, il n’a fallu que vingt pages à Gertrude pour faire de ce havre de paix, un calvaire, un coupe-gorges (aussi jolies soient-elles).

 

 

 

 

© Young/Beaulieu chez Image Comics

 

Voilà que le monde sans ombre au tableau devient sans vergogne. Et au milieu de tout ça, Gertrude cherche toujours la porte de sortie. Et peut-être (on dit bien peut-être) que Duncan, le gentil enfant-dragon, arrivé à Fairyland par la force de la… ch(i)asse, sera d’une grande aide dans cette quête. Encore plus dans l’arène constituée pour gagner sa liberté par le vieux Nick Neuf (pour le coup, Skottie crée la surprise et invite, en 3D, Jeffrey « Chamba » Cruz).

 

 

 

 

© Young/Chamba chez Image Comics

 

Vous l’aurez compris, Skottie ne s’interdit  et encore moins le pire, le cynisme, la noirceur des contes de fée puis défaits. Un régal jusqu’à l’overdose rose bonbon.

 

Alexis Seny

 

Série : I hate Fairyland

Tome : 2 – Sur le trône

Scénario et dessin : Skottie Young (Facebook)

Dessin additionnel : Jeffrey « Chamba » Cruz

Couleurs : Jean-François Beaulieu

Traducteur : Julien Di Giacomo

Genre : Fantastique, Aventure, Humour, Trash

Éditeur : Urban Comics

Collection : Urban Indies

Éditeur VO : Image Comics

Nbre de pages : 152

Prix : 15 €



Publié le 13/10/2017.


Source : Bd-best


Bettie Page, pin-up, Noir Fatal et courbes merveilleuses chez Graph Zeppelin

Les éditions Graph Zeppelin nous gratifient chaque année de quelques écrins de charmes et d'érotismes. 2017 ne déroge pas à la règle. Après Malibu Cheesecake et Dark Divas, voici venir en ce dernier trimestre Majenta et Bettie Page. Sans aucune limite de format, de pagination ou de thématique, GRAPH ZEPPELIN laisse libre cours au talent de ses auteurs. En mots et surtout en images, ils transmettent leurs passions. L'éditeur à pour objectif de proposer des livres essentiellement graphiques destiné aussi bien à l'intention des adolescents qu'au public adulte. Ce sont à propos de ces derniers que nous allons vous dévoiler les deux récentes sorties.

Commençons par Magenta, Noir Fatal par Nik Guerra.

Cet album fait écho à la précédente sortie en artbook intitulé Dark Divas. En effet le style graphique est similaire et nous replonge dans le style sixties de l'auteur. Après plusieurs édition chez Delcourt, Dynamite ou encore Agora, c'est donc Graph Zeppelin qui reprend le flambeau en nous offrant cette intrigue autour de la disparition de mannequin du magazine Bizarre Bazar qui font l'objet d'enlèvement par un sombre personnage et son acolyte.

 

 

 

 

© Nik Guerra - Graph Zeppelin

 

Il s'agit d'un polar noir au rythme soutenu et à l'érotisme particulier.
Les dialogues semblent parfois souffrir d'une certaine légèreté mais sont sauvé par un graphisme léché et d'une grande maîtrise. L'agrément de belles courbes et du trait élégant de l'auteur italien sont l'un points fort de cet opus.

 

 

 

© Nik Guerra - Graph Zeppelin

 

 

Aficionados de latex et de cuir, vous serez aux anges car ces matières ne font pas défauts dans l'illustration des scènes qui se succèdent au fil des pages. L'ambiance est parfaitement en adéquation avec le style des années soixante et la mise en scène est très soignée. Quand à la couverture, elle invite quasi instantanément à s'emparer de l'album pour en effleurer successivement les pages. Une bien belle réussite.


Noir Fatal par Nik Guerra

Pages : 80

Prix : 19 €

ISBN : 9791094169094


Autre album d'une grande qualité est celui consacré à Bettie Page par Olivia qui inspira Nik Guerra dont nous parlons plus haut dans cet article. Cet un artbook qui contient le meilleur des dessins et illustration d'Olivia, une auteure spécialisée dans le domaine de la pin-up.

Nombre de ces œuvres sont parues dans le play-boy magazine constituent une sorte d'hommage à cet impératrice des pin-up, Bettie Page. Ce célèbre mannequin né à Nashville en 1923 troubla de nombreux hommes de par ses photographies coquine dans les années cinquante. C'est plus précisément en octobre 1950, alors qu’elle marche le long du rivage de Coney Island, elle rencontre Jerry Tibbs, un officier de police, photographe amateur, avec qui elle fait son premier portfolio de pin-up2. Dans ce début des années 1950, depuis la fin des années 1940, des clubs tentent de s’affranchir des restrictions légales sur la photo de nu, en promouvant des « photos artistiques » à la limite de l’érotisme.

L'artbook que nous vous présentons ici contient aussi bien des dessins préliminaires que des œuvres totalement abouties ainsi qu'un entretient avec Bettie Page herself comme on le dit dans la langue de Shakespeare. Il est donc agrémenté d'une cinquantaine de peintures et de dessins constituant ainsi une véritable galerie.

 

 

 

© Olivia De Berardinis - Graph Zeppelin

 

 

La couverture glamour à souhait captivera instantanément votre attention et prendra une place de choix dans votre bibliothèque. En résumé, le travail d'Olivia est magnifique et somptueux et rend un hommage parfait à cette figure célèbre de l'idéal féminin de la gente masculine de la moitié du vingtième siècle. Un régal dont vous auriez tort de vous priver.

 

Damien Caste

 

 

Bettie Page par Olivia De Berardinis

Pages : 80

Prix : 30 €

ISBN : 9791094169117



Publié le 12/10/2017.


Source : Bd-best


La BD ouvre la porte d’autres mondes : de la préhistoire à Lovecraft en passant par une nuit de Grande Ourse et beaucoup de kawaii #1

Depuis Alice au pays des Merveilles ou Little Nemo (pour rester dans la BD), les envies d’autres mondes n’ont cessé de donner corps et âme, imagination aussi, à des histoires et des albums de bande dessinée. Comme dans Narnia, on tire une porte dérobée. Comme dans Peter Pan, une Fée Clochette vient nous tirer de nos rêves pour en amener d’autres. Ou alors comme FRNCK, on tombe dans un trou; comme Louise, on pénètre une forêt mystérieuse et comme Gertrude, on se fait aspirer par la moquette de sa chambre. Vaciller vers un monde inconnu, étrange ou inquiétant, ça se joue parfois à rien.

 

FRNCK : même en retrouvant des voyelles, l’homme moderne ne retrouve pas ses jeunes en pays préhisto !

 

 

 

 

 

 

© Skottie Young/Beaulieu chez Image Comics


Résumé de l’éditeur : Après avoir réussi à se faire accepter par une tribu d’Homo sapiens, Franck décide d’apporter un peu de modernité dans la vie de sa famille d’adoption. Puisqu’il en a marre de manger de la viande crue, il tente de persuader Grrr (prononcez « Gérard »), le chef de la bande, de domestiquer le feu. Mais ses tentatives à base de bois secs et de silex frottés l’un contre l’autre font long feu et ne suscitent que moqueries et mépris de la part des hommes préhistoriques, assez rétifs aux progrès technologiques. Quand Franck arrive enfin à ses fins, c’est pour asphyxier la moitié de la tribu. Pour Gérard, c’en est trop ! Franck est chassé de la tribu, vu ses inventions loufoques et foireuses (le savon, la roue, le football…) et sa totale inutilité au sein du groupe. Il ne pourra revenir qu’à une condition : en prouvant ses qualités de chasseur !

 

 

 

 

© Bocquet/Cossu/Guillo chez Dupuis

 

Après une entrée en matière excitante, Olivier Bocquet, Brice Cossu et Yoann Guillo ont retrouvé des voyelles pour continuer à explorer le monde hirsute et sauvage dans lequel Franck est tombé, créatures plus gigantesques les unes que les autres à l’appui. Et force est de constater que, cabotin gamin qu’il est, notre jeune héros n’est pas forcément adapté à la vie dans cette société archaïque. C’est difficile d’être un précurseur et un homme du XXIème siècle dans un milieu primitif. S’ils sont comiques au premier regard, les Homo Sapiens se montrent vite hermétiques aux innovations que Franck peut leur amener.

 

 

 

 

© Bocquet/Cossu/Guillo chez Dupuis

 

Et force est de constater que notre ado carrément perdu fait pire que mieux. Le voilà donc chassé pour mieux faire ses preuves. En mode « Tu seras un homme mon (arrière-arrière-arrière-arrière-(…)-arrière-)petit-fils, les trois auteurs mettent leur héros à l’épreuve dans un véritable rite de passage. L’heure est grave, « il va faire tout noir » (comme dirait un autre), et Franck se dit qu’un peu de feu, ce ne serait pas du luxe. Pour l’homme moderne qu’il est, rien ne semble plus simple, mais c’est sans compter des lapins plus malins que crétins mais très kawaii, des bêtes indomptables et des mammouths colossaux.

 

 

 

 

© Bocquet/Cossu/Guillo chez Dupuis

 

L’enjeu de ce deuxième album est plutôt maigre mais offre une vraie bulle de détente pour mieux appréhender les limites (infinies ?) de cet univers. Les auteurs, sans nous resservir la soupe du premier tome, sont d’ailleurs les premiers aventuriers et explorateurs de ce monde plein de promesses, en toute décontraction mais aussi en grandes frénésie et expressivité. Toujours sans aucun temps mort, FRNCK fait sa loi et prouve que la préhistoire, vue comme ça, ce n’est pas si nul que ce que la quatrième de couverture annonce.

 

Alexis Seny

 

Série : FRNCK

Tome : 2 – Le Baptême du feu

Scénario : Olivier Bocquet

Dessin : Brice Cossu

Couleurs : Yoann Guillo

Genre : Fantastique, Aventure, Humour

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 56

Prix : 10,95 €



Publié le 12/10/2017.


Source : Bd-best


Inguinis, l'Esclave du Panthéon, de la machination politique dans la Rome antique

Voici un nouveau duo d'auteurs de charmes aux éditions Taboo. Le tandem Katia Even (Lol Story, Pyraths, Vanadis) & Nicolas Guenet (Yiu, Chroniques de la Lune Noire, Atlantis) nous propose une intrigue teintée d'érotisme profond. Prévue en deux tomes, cette première partie met en place les personnages dans des positions acrobatiques si vous nous permettez le terme. En effet les scènes de certaines planches sont très explicites et réservées à un public averti.

 

Résumé de l'éditeur : Artémis, jeune sculptrice qui fréquente les orgies du Dominus Claudius vient d'hériter de l'atelier de son père Nicomède. Le célèbre sculpteur est retrouvé mort alors qu'il vient d'obtenir une importante commande d'Agrippa pour le Panthéon de Rome en construction. Il s'avère que ce meurtre cache une machination politique...

 

 

 

 

 

 

 

 

© Even - Guenet - Taboo éditions

 

 

Cependant mis à part le côté coquin de quelques planches (l'album commence d'emblée avec une scène torride dès la première page et nous pouvons même dire que cela y va franchement), les éléments et les personnages se mettent progressivement en place et ce avec cohérence. Nous découvrons la jeune sculptrice reprenant les affaires de son père, Nicomède, après sa mort qui réalise une statue sur la base d'un modèle d'un ancien gladiateur affranchi. Le rapprochement entre les deux protagonistes est on ne peut plus serré, si vous voyez ce que je veux dire. Et vous constaterez au fil des pages que le tempérament de la belle ne s'arrête pas à ce bellâtre.

 

 

 

 

 

© Even - Guenet - Taboo éditions

 

 

Cela dit, l'histoire nous raconte qu'en vérité, le père d'Artémis n'aurait pas trépassé d'une mort accidentelle lors d'une baguarre mais bel et bien assassiné. Qui est donc derrière ce méfait et la ruine de l'atelier du maître? C'est ce que nous sommes invité à découvrir dans ce premier tome qui nous laissera sur notre faim pour nous amener subtilement vers le second tome. En somme, une très belle pirouette scénaristique orchestrée par Katia Even.

 

 

 

 

 

© Even - Guenet - Taboo éditions

 

Le dessin de Nicolas Guenet est de bonne facture et il relève son travail par ses couleurs chaudes qui mettent bien en valeur l'anatomie des personnages.

La couverture est efficace et les décors sont bien réussi. Il s'agit là d'un premier opus bien ficelé qui ravira les amateurs du genre érotico-antique.

 

Damien Caste


Série : Inguinis

Tome : 1 – L’escalve du panthéon

Scénario : Katia Even

Dessin : Nicolas Guenet

Couleurs : Nicolas Guenet

Genre : Erotique, intrigue

Éditeur : Taboo Éditions

Nbre de pages : 48

Prix : 15 €

ISBN : 978-2-35954-118-2



Publié le 12/10/2017.


Source : Bd-best


À côté du désert du Streamliner de ‘Fane, Mario Kart et Fast & Furious c’est du bac à sable

Vous l’entendez cette douce mélodie ? Vous avez bien la musique dans les oreilles ? Oui ? C’est parfait alors, vous pouvez enclencher le mode « repeat » et vous projeter corps et âmes, moteurs ébouillantés aussi, dans la deuxième partie et conclusion du Streamliner de ‘Fane. À vue de nez, il y a bien plus que cinq cents connards sur la ligne de départ. Bon, ils sont 40, mais leur envie de vaincre les décuple, les démultiplie. Et comme tous les coups sont permis, ça risque d’être le carnage. Sortez les civières, prenez le pop-corn, ça va vrombir, toutes mécaniques dehors.

 

 

 

 

 

 

 

© ‘Fane/Rabarot chez Rue de Sèvres



Résumé de l’éditeur : Parmi les quarante enragés alignés au départ : Billy Joe, le chef du gang des Red Noses ; Nikky ‘The Head’ le miraculé ; Calamity, l’extravagante star du rock ; les mystérieux frères Jarret ; William Boney dit ‘le Kid’ ; la sulfureuse Sue, du gang des Black Panties ; et enfin, au volant de la mythique Black Widow, la jeune Cristal… Tous sont prêts à en découdre… Les médias se sont emparés de l’événement, les autorités, dépassées, n’ont pu contenir le flux de centaines de curieux venus assister au run du siècle. Tout le monde est là, les yeux rivés sur les drapeaux. Les moteurs chauffent, la tension monte… Le vieil O’Neil a parié : la station Lisa Dora est en jeu…

 

 

 

 

© ‘Fane/Rabarot chez Rue de Sèvres

 

Ça y est, le drapeau à damier est levé, la course peut s’engager, coute que coute et sang pour sang. Après nous avoir trimbalés de petits groupes en petits groupes, prenant le temps d’installer l’ambiance consciencieusement et sans se presser (mais en restant passionnant), de livrer les gueules au regard du lecteur; ‘Fane entre dans le feu de l’action sur ses machines de rêves et ses créatures de cauchemar.

 

 

 

 

© ‘Fane/Rabarot chez Rue de Sèvres

 

Tous les coups bas sont permis et les héros bodybuildés de Fast & Furious peuvent retourner à leur bac à sable. Le désert continental, bordé par une route 666 qui n’ose s’y aventurer, c’est tout de même quelque chose. Un théâtre sans triche, plein de trappes et de dangers, dont le plus fort ne sortira pas forcément gagnant et sur lequel les autorités veille à ce que tout reste politiquement correct. Ils se mettent le doigt dans l’oeil. Ici, il faut une petite part de chance et une grosse de folie, « de fureur et d’acier ».

 

 

 

 

© ‘Fane/Rabarot chez Rue de Sèvres

 

Dans ce deuxième épisode frénétique et affolant, ‘Fane n’épargne pas ses personnages, qu’ils soient sur quatre ou deux roues, entre fusillades, explosion et tellement peu de bons sentiments. C’est la folie emmenée à un rythme d’enfer, à force de traits de vitesse et de couleurs vintage et martyrisées par la course folle (du bel ouvrage d’Isabelle Rabarot), de véhicules chahutés par le décor, vers un final sans concession. C’est presque un jeu vidéo qui ferait de l’ombre à Mario Kart, de la haute voltige amorale et testostéronée avec une grande place réservée aux héroïnes, plus badass que pin-up, et même une chanson créée pour l’occasion. C’est dingue.

 

 

 

 

 

© ‘Fane/Rabarot chez Rue de Sèvres

 

Cerise sur le gâteau ? Ce cahier graphique façon fanzine qui conclut cette aventure intrépide de la meilleure des façons.

 

 

 

 

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Streamliner

Tome : 2/2 – All-in Day

Scénario et dessin : ‘Fane

Couleurs : Isabelle Rabarot

Graphisme additionnel et pub vintage : Vangogo

Genre : Aventure, Action, Sport

Éditeur : Rue de Sèvres/ Comix Buro

Nbre de pages : 136 (+ 24 pages de cahier bonus)



Publié le 10/10/2017.


Source : Bd-best


Entre sang neuf et héritage, les monstres d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux d’hier #6 : Betty Boob, un sein vaut mieux que deux tu n’en auras plus

Plus d’un mois avant la date fatidique et mortelle, les magasins s’habillent déjà de leurs plus frissonnants atours et mettent en vitrine des costumes plus halloweenesque les uns que les autres. Les monstres sont de retour. Et même si leur âge d’or est passé depuis longtemps, ces créatures, nouvelles ou archaïques, n’ont pas dit leur dernier mot. Alors que Universal se prépare à réveiller un peu plus les monstres les plus incontournables du cinéma avec son Dark Universe, la bande dessinée n’est pas en reste. Petit tour d’horizon des parutions récentes, histoire que vous soyez fin prêts pour le 31 octobre. Épisode 6 en compagnie d’une héroïne qui se relève et se révèle dans l’épreuve et la transformation physique post-cancer.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Cazot/Rocheleau chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Elle a perdu son sein gauche, son job et son mec. Elle ne le sait pas encore, mais c’est le meilleur jour de sa vie.

 

 

 

 

© Cazot/Rocheleau chez Casterman

 

Peut-être que c’est un joli hors-sujet ? Peut-être. Pourtant m’est avis que quand on parle de monstre dans nos vies de tous les jours, le cancer truste nos pensées aux côtés des terroristes et autres phénomènes de notre superbe monde moderne. Le cancer qui fait de ses victimes des monstres que la société actuelle peine parfois à regarder dans le fond des yeux ou dans… les seins.

 

 

 

 

© Cazot/Rocheleau chez Casterman

 

Alors pourquoi ne pas mettre Betty Boob dans ce topic ? D’autant que notre Betty new generation va très vite goûter à l’art du déguisement porté par Halloween. Pourtant, pour l’instant, l’héroïne bien ordinaire de Véro Cazot et l’intenable Julie Rocheleau a le moral en berne. Rongée par le cancer, Elizabeth n’a pas eu d’autre choix que de se faire amputer d’un sein, comme on s’enlève, comme on s’arrache une part d’identité sous une balafre que tout le monde va immanquablement remarquer.

 

 

 

 

© Cazot/Rocheleau chez Casterman

 

À commencer par la patronne de la chaîne de produits de luxe dans laquelle Elizabeth est caissière et dont le dress code pousse chacune à avoir une poitrine en bonne et due forme ! Et en matière de petite forme, son mari vole la vedette à la future Betty car un sein en moins, c’est tue-l’amour.

 

 

 

 

Recherches © Rocheleau


 

Par chance, notre patiente peut compter sur l’intervention des deux doctoresses de l’espoir et du décalage que sont Véro Cazot et Julie Rocheleau qui ne nous laissent pas pleurnicher sur le sort de cette héroïne condamnée à ne plus être elle-même. Utilisant toute la force de conviction et de frénésie dont est capable cette chirurgienne esthétique qu’est Julie Rocheleau (vous avez lu La colère de Fantomas ? Non ? Foncez!!!), Véro Cazot sort des considérations médicales pour ouvrir la porte du burlesque.

 

 

 

 

© Cazot/Rocheleau chez Casterman

 

Une sortie de secours, une reconstitution parmi tant d’autres pour les corps que la vie et la maladie n’ont pas épargnés. À l’économie des mots (deux-trois phrases et une vraie chanson rétro et cabarettiste conçue pour l’occasion par la scénariste, le compositeur Mr. Meuble et la jeune chanteuse Clemy Snow), les deux auteurs proposent à leur héroïne pas dans son assiette de converger vers un monde dont elle ne connait rien, caché au plus profond d’elle-même : le monde de la nuit, des cabarets, des êtres du spectacle à tendance freak…

 

 

 

 

© Cazot/Rocheleau chez Casterman

 

Un monde dans lequel Elizabeth pénètre hésitante, le domptant tour à tour ou le fuyant. Se servant de l’épreuve pour mieux se révéler et tirer parti de sa nouvelle singularité. Dans cet fresque complètement graphique, Véro Cazot a laissé les clés à Julie Rocheleau qui, dans toute sa générosité, tire une oeuvre inclassable, fulgurante. C’est grandiose mais pas gratuit, il y a du fond et du propos qui pousse à contrebalancer les défauts et défaites de la vie par un intense besoin d’être soi, plus que jamais. Et n’en déplaise au regard des passants.

Alexis Seny

 

 

Titre : Betty Boob

Récit complet

Scénario : Véro Cazot

Dessin et couleurs : Julie Rocheleau

Genre : Drame/Burlesque/Aventure

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 184

Prix : 25 €



Publié le 09/10/2017.


Source : Bd-best


Entre sang neuf et héritage, les monstres d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux d’hier #5 : l’homme (invisible) est un loup pour l’homme

Plus d’un mois avant la date fatidique et mortelle, les magasins s’habillent déjà de leurs plus frissonnants atours et mettent en vitrine des costumes plus halloweenesque les uns que les autres. Les monstres sont de retour. Et même si leur âge d’or est passé depuis longtemps, ces créatures, nouvelles ou archaïques, n’ont pas dit leur dernier mot. Alors que Universal se prépare à réveiller un peu plus les monstres les plus incontournables du cinéma avec son Dark Universe, la bande dessinée n’est pas en reste. Petit tour d’horizon des parutions récentes, histoire que vous soyez fin prêts pour le 31 octobre. Épisode 5 dans les traces (puisqu’il n’y a que ça pour nous guider) de l’homme invisible.

 

 

 

 

 

 

 

© Dobbs/Regnault/Meloni/Arancia Studio chez Glénat



Résumé de l’éditeur : Alors que le paisible village d’Ipen imagine qu’il est hanté par un fantôme, Griffin, l’Homme invisible, est violemment chassé. Trouvant refuge chez le docteur Kemp, il décide de lui confier son histoire. Mais ce dernier, prenant peur, décide de dénoncer son ancien condisciple aux autorités locales. À la fois profondément trahi et subjugué par sa propre puissance, Griffin se laisse envahir par la mégalomanie. Kemp et son maudit village seront les premières victimes de sa folie. Le reste du monde suivra…

 

 

 

 

© Dobbs/Regnault/Meloni/Arancia Studio chez Glénat

 

En attendant son incarnation prochaine sous les traits (c’est un euphémisme) de Johnny Depp, l’Homme invisible livre sa fin tragique dans ce deuxième tome du récit concocté par Dobbs et Chris Regnault. Et s’il est toujours aussi nu comme un ver pour passer le plus inaperçu possible (c’est peine perdue), celui qui était jusqu’ici un inconnu décide de se dévoiler à l’homme chez qui il a trouvé refuge : le docteur Kemp.

 

 

 

 

© Dobbs/Regnault/Meloni/Arancia Studio chez Glénat

 

Commence alors et à rebours l’histoire d’un albinos têtu et obstiné par la volonté d’être un fantôme plus vrai que nature dans « le vide ordinaire de la vie » et hors de… vue. Celui qui s’apprêtait à devenir un monstre dont le coeur serait un peu plus dissimulé s’appelle (s’appelait ?) en réalité Griffin.

 

 

 

 

© Dobbs/Regnault

 

Trouvant une entrée suffisamment forte pour cultiver l’énigmatisme, se distancier du roman de Wells et mener joliment le premier tome; le duo d’auteurs revient de plein fouet à ce qui faisait le sel du cultissime ouvrage de Wells : l’identité et la personnalité de cet homme qui voulait à tout prix devenir invisible et les raisons de sa colère qui, bientôt, explosera et sèmera la fièvre, le sang et le feu. Des brouillards de la ville à la nuit irréparable et qui changera tout de la quiétude de ce qui était jusqu’ici un havre de paix, Chris Regnault confirme tout son talent à réussir l’incroyable et en parvenant à mettre en dessin l’invisible.

 

 

 

 

© Dobbs/Regnault/Meloni/Arancia Studio chez Glénat

 

Non content de berner la police lancée aux trousses de cet agresseur insaisissable (qui se révèle être un véritable terroriste), le dessinateur réussit aussi à faire perdre de vue son personnage aux lecteurs. Le tout dans une mise en scène ultra-dynamique et dans une ambiance digne de Sleepy Hollow à laquelle les couleurs de Regnault et du Studio Arancia ne sont pas étrangères. Ça tabasse !

 

Alexis Seny

 

Titre : L’homme invisible

Tome : 2/2

D’après le roman de HG Wells

Scénario : Dobbs

Dessin : Chris Regnault

Couleurs : Chris Regnault, Andrea Meloni et Arancia Studio

Genre : Fantastique

Éditeur : Glénat

Collection : HG Wells

Nbre de pages : 56

Prix : 14,5€



Publié le 06/10/2017.


Source : Bd-best


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