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Wonder Woman, au cinéma et en libairie avec Urban Comics

En attendant le film Wonder Woman, en salles le 7 juin prochain, nous vous proposons de découvrir les principales séries de ses aventures, de Wonder Woman Dieux et mortels, de Georges Pérez, qui a servi de base à l'écriture du scénario du film, à l'actuelle refondation du mythe Wonder Woman par Greg Rucka, avec Wonder Woman T1, dans le cadre du Rebirth DC Comics. Sans oublier, pour les amateurs comme pour les néophytes, Wonder Woman Anthologie, qui retrace 75 ans d'aventures et de création autour du personnage de la Princesse Amazone.

Aux côtés de Superman et de Batman, Wonder Woman est le troisième pilier de la Trinité de DC Comics. De par ses origines puisées dans la mythologie grecque, elle représente également l’héritière des demi-dieux de l’Antiquité, dont les exploits anticipaient ceux des justiciers aux pouvoirs faramineux des comics. Mais elle est aussi une somme de paradoxes : issue d’une grande lignée de guerrières, elle prêche la paix, sa force et ses aptitudes lui confèrent une grande indépendance, mais elle a longtemps été fiancée à Steve Trevor, le premier homme à avoir posé les pieds sur l’île où elle a grandi ; enfin, membre de la Ligue de Justice, elle siège dans le même temps aux côtés du panthéon de l’Antiquité.

 

 

 

 

Quatre Questions à Yann Graf, éditeur d’urban comics, responsable de la collection dc antholoGie et auteur de Wonder Woman anthologie :

Comment est née wonder woman ?

Wonder Woman est née sous l’impulsion de William Moulton Marston, psychologue (inventeur du détecteur de mensonge) et amateur de bandes dessinées qui désirait offrir un personnage féminin aussi puissant que superman qu’il admirait. Il a donc proposé un projet aux éditeurs d’All American Comics (ancêtre de DC Comics) qui s’appelait « Suprema, the Wonder Woman » et que l’éditeur Sheldon Mayer a aidé à aiguiller pour aboutir à la Wonder Woman que tout le monde connaît.

Quelles sont ses traits caractéristiques ?

Wonder Woman a bien sûr des pouvoirs prodigieux (force, vitesse…) qui la rendent aussi redoutable au combat que ses homologues masculins, et elle utilise des armes et engins (lasso de vérité, avion invisible) qui en font une héroïne à part entière. Mais Wonder Woman est aussi la Princesse Amazone de l’Île de Themyscira, elle est donc à la fois une guerrière et une pacifiste. Ce paradoxe aboutit aux récits les plus intéressants comme Kingdom Come et son futur où elle est devenue plus agressive, ou Greg Rucka présente Wonder Woman, où on se concentre sur son action d’Ambassadrice et sa vision féministe.

Quelle est son évolution au sein de l’univers dc, et au-delà  ?

Wonder Woman a connu rapidement un gros succès commercial qui l’a amenée à être publiée au cours de la Seconde Guerre mondiale dans pas moins de trois revues dont une à son nom (Sensation Comics, Comic Cavalcade et Wonder Woman) mais également dans All Star Comics où elle fait partie de la Société de Justice, premier groupe de super-héros de l’histoire des comics (elle en sera même un temps la secrétaire). Avec le temps, Wonder Woman devient un des rares personnages DC à avoir été publiés sans interruption sur 75 ans (comme Batman et Superman) : elle est un des piliers de leur groupe phare, la Ligue de Justice. Comme eux, elle a su s’adapter aux modes et aux évolutions de la société.

En quoi peut-on considérer qu’elle constitue une icône de la pop culture aujourd’hui ?

Tout le monde connaît Wonder Woman de par le monde, grâce notamment à la série télévisée où elle était incarnée par Lynda Carter. Elle est également devenue une icône féministe (elle a fait la couverture du premier numéro du magazine Ms.) dans les années 1970, après avoir connu une période « mode » dans les années 60 (relookée façon Emma Peel dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir), et une figure de propagande (dans les années 1940). C’est cette adaptabilité qui fait la marque des grands héros de la pop culture.

 

 

Cinq ouvrages pour (re)déCouvrir la prinCesse amazone :

wonder woman - dieux et mortels de George pérez

 

 

La version classique de la célèbre amazone, la plus puissante guerrière de l’Univers DC. Le titre aborde des sujets complexes comme le féminisme, la menace nucléaire, la drogue, le suicide, tout en demeurant une série super-héroïque spectaculaire. Cette saga a également été la base des scénaristes pour l’écriture du film à venir.
 
t.2 en librairie le 2 juin - dc essentiels - 344 pages - 28 €


 

Wonder woman anthologie Collectif

 

De ses débuts dans les années 1940, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale, à sa réactualisation moderne par Brian Azzarello et Cliff Chiang, retrouvez toutes les facettes de la Princesse Amazone, dévoilées par ses plus grands auteurs : William Moulton Marston, Harry G. Peter, George Pérez, Gene Colan, Ross Andru, John Byrne, Mike Deodato Jr, Yanick Paquette, Phil Jimenez et Greg Rucka.

en librairie depuis le 15 avril - dc anthologie - 400 pages -  25 €

 

 

Greg rucka présente wonder woman Greg rucka, J.G. Jones & drew Johnson

 

 

Les débuts du romancier Greg Rucka sur le personnage de Wonder Woman, dix ans avant sa reprise pour l’événement DC Rebirth ! Ces épisodes composent une série qui mêle action et politique fiction, dans la lignée des meilleures productions télévisuelles.

t.2 en librairie le 19 mai - dc signatures - 296 pages -  22,50 €


 

 

Wonder woman t.1 Greg rucka & nicola scott

 

 

Dix ans après ses débuts, Greg Rucka retrouve Wonder Woman pour la reprise de ses aventures ! Diana, fille de la reine Hippolyte de Themiscyra, est une enfant vive et provocatrice. Élevée dans le respect de ses sœurs amazones, elle va être amenée à remettre en question son héritage lorsque le militaire Steve Trevor échoue sur les plages de leur île.

en librairie le 9 juin - dc rebirth - 168 pages -  15 €


 

Wonder woman terre-un Grant morrison & Yanick paquette

 

Grant Morrison et Yanick Paquette modernisent les origines de Wonder Woman. à la fois provocantes et uniques, ces nouvelles aventures dépeignent une Princesse Amazone révoltée, volontaire et iconoclaste.

en librairie le 19 mai - dc deluxe - 144 pages -  15 €











Publié le 12/05/2017.


Source : Bd-best


D’une Fleur de Bambou à une guerre civile pas si lointaine, il n’y a qu’un monde, celui de Marazano

Alors que la moyenne des dessinateurs de BD sort un album par an, il est beaucoup plus aisé pour les scénaristes de diversifier leurs parutions sur une année. Certains privilégient un genre en particulier quand d’autres aiment se diversifier et tester tous les domaines possibles et imaginables. Comme les Zidrou, Runberg ou encore Richard Marazano. C’est de ce dernier, également souvent à l’oeuvre pour les storyboards, dont il sera question, ici, avec deux premiers tomes augurant deux séries totalement différentes. L’une pour les enfants (mais pas que), Fleur de Bambou avec Cat Zaza; l’autre pour les lecteurs plus matures, Mémoire de la guerre civile pour lequel le scénariste retrouve Jean-Michel Ponzio.

Puisque les grands ont, normalement, appris la patience, commençons par Fleur de Bambou qui ravira les plus jeunes sans pour autant exclure les parents, au pays des animaux tout mignons mais courant pourtant un grand danger. Un récit qui pourrait être taillé pour l’École des Loisirs, la preuve il est édité par sa maison soeur, Rue de Sèvres.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza chez Rue de Sèvres

 

Résumé de l’éditeur : Tout allait dans la forêt jusqu’à ce que les bambous se mettent à fleurir, ce qui, comme chacun sait, annonce la mort imminente de ces arbres. Devant ce phénomène, les animaux parlementent et s’organisent : il faut réagir ! Une seule solution s’impose : partir en quête du grand esprit fondateur de la forêt, et lui demander de nouvelles graines de bambou. Panda Roux l’intrépide et la Fouine, nettement moins courageux, se mettent en route. Ils seront même accompagnés de la fille des hommes, habitante de la forêt elle aussi menacée et pas si terrifiante qu’on pourrait le croire de prime abord. Un parcours semé d’embûches et de rencontres les attend, où ils devront faire preuve d’ingéniosité et de solidarité.

 

 

 

 

recherches pour l’héroïne


 

Fleur de Bambou, c’est un peu la rencontre, jusqu’ici improbable, entre Les animaux du bois de Quat’sous et le Livre de la jungle, le tout porté par un élan contemporain pour l’écologie. Avec cette fable initiatique par excellence au pays des bambous, dans une jungle inventée et dont on ne sait si les déboires sont causés par l’homme, Richard Marazano et Cat Zaza ne font pas oeuvre professorale et unidirectionnelle, pour autant.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza

 

Et pendant que leurs personnages manquent de tact et se rejettent la faute de la floraison de la forêt qui, si elle est belle, signifie la mort prochaine de leur écosystème; les deux auteurs tissent une belle histoire dans laquelle les choses ne sont pas toujours celles que l’on pense être. Quitte à être tous sous la même menace, autant ne pas mettre tout le monde dans le même panier et faire fruit des forces et des faiblesses de chacun.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza

 

Ainsi, la petite équipe se met en marche et n’est pas au bout de ses surprises dans cette végétation luxuriante allumée de toute la biodiversité dont sont capables le dessin et les couleurs de Cat Zaza qui a muri ce projet pendant plus de quatre ans et réussit de manière sublime son entrée dans le monde de la BD. De quoi faire oublier la trame de ce premier tome, peut-être un peu trop attendue mais permettant à ce très bel univers de se mettre en place.

 

 

 

 

© Marazano/Zaza

 

Reste que les gosses n’y verront que du feu et suivront avec bonheur les frimousses attachantes de ces vivants existants (des ours aux gorilles en passant par le craquant panda roux) ou fantasmés. Et si, en plus, cet album leur permet de prendre conscience de la nature qui nous entoure et est à chérir, ce sera déjà ça de pris.

 

Alexis Seny

 

Série : Fleur de bambou

Tome : 1 – Les larmes du grand esprit

Scénario et storyboard : Richard Marazano

Dessin et couleurs : Cat Zaza (FB)

Genre : Aventure, Fantasy, Anthropomorphe

Éditeur : Rue de Sèvres

Nbre de pages : 52

Prix : 12€



Publié le 10/05/2017.


Source : Bd-best


The Last Contract : Papy n’est pas encore mort et c’est bien là le problème !

Quand nos gouvernements entendent mettre les vieillards de plus en plus tard au boulot, on peut s’attendre à tout. Enfin bon, soit, l’activité du vieillard, dont les derniers faits d’armes nous sont contés par Ed Brisson, Lisandro Estherren et Niko Guardia, n’est pas très… légale. Ainsi, avec le vieillissement de la population, il n’est désormais plus rare de voir des vétérans de la carabine trusté les premiers rôles. La preuve, ce 3 mai, Morgan Freeman, Alan Arkin et Michael Caine tenteront de braqué le box-office. Dans un tout autre genre, The Last Contract nous offre un héros dans la lignée du Harry Brown du même Michael Caine. Et il n’est pas franchement question de… rédemption.

 

 

 

 

 

 

 

© Brisson/Estherren/Guardia chez Boom! Studio

 

Résumé de l’éditeur : Après une vie passée comme tueur à gages, un vieil homme profite d’une retraite paisible en compagnie de son chien. Mais lorsque la liste de ses contrats pour un boss mafieux est révélée par un mystérieux maître-chanteur, il est obligé de faire face aux démons du passé et de revenir aux affaires. Alors qu’il se bat pour survivre et protéger ceux qui sont exposés par cette liste, le vieux tueur fait tout pour découvrir l’identité du maître-chanteur, sans se soucier de ce qui l’attend au bout du chemin.
Variant Cover de Vanesa Del Rey pour Boom! Studio

Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, pourrait-on emprunter à la traduction française d’un film des frères Coen et d’un livre monumental de Cormac McCarthy. C’est vrai, par rapport à cette oeuvre, le décor a changé, The Last Contract se veut urbain (ce n’est pas pour rien qu’il s’érige sous le label 619) mais l’ambiance qui hante chaque recoin de case est tout aussi désespérée. Et même si les lumières de cette ville aux mille feux charment l’autre rive, sur la rive des hommes, des vrais, c’est la barbarie de l’ombre qui règne en maître.

 

 

 

 

© Brisson/Estherren/Guardia chez Ankama

 

Aussi, sur la centaine de planches que comptent cet album fomenté dans la plus crasse des violences, deux seulement (les deux premières, à vrai dire) transpire par la quiétude. Pour le reste, c’est à la chaleur et à la lueur des cigares, au son des balles qui heurtent la mort à la vie et des cris torturés des humains en sursis. The Last Contract, c’est avant tout le trait de Lisandro Estherren qui s’unit aux couleurs de Niko Guardia pour le pire et le… pire. Ici, comme leur héros qui jamais ne se repentira, la violence n’a rien d’expiatoire, elle est jubilatoire. Hard boiled à souhait et sans temps mort, The Last Contract a beau posséder une trajectoire incertaine et un redoutable twist, il n’éloigne jamais le spectre de ses prédécesseurs.

 

 

 

 

© Brisson/Estherren/Guardia chez Ankama

 

Car, comme on l’a dit, la thématique des vieux qui reprennent du service n’a plus rien d’original et il manque une étincelle pour que la toile ensanglantée des trois auteurs prennent flammes et un peu plus vigueur. Reste une descente en enfer irrésistible qui ne recule devant rien pour aller toujours plus loin.

 

Alexis Seny

 

Titre : The Last Contract

Récit complet

Scénario : Ed Brisson  (Fb)

Dessin : Lisandro Estherren

Couleurs : Niko Guardia

Traduction : Nicolas Meylaender

Genre : Polar, Thriller, Roman noir

Éditeur : Ankama

Label : 619

Nbre de pages : 112

Prix : 14,90€



Publié le 10/05/2017.


Source : Bd-best


Brik et Brok : les humains sont morts et enterrés, place aux robots qui, eux aussi, ont droit à leur Trump

Ah, c’est ballot et on peut comprendre la jalousie et le désespoir de certains. C’est vrai, quoi, qu’on vous parle de robots et c’est toujours des mêmes que vous vous souviendrez. Robocop, C3PO ou encore Wall-E et Astro-Boy. Non mais, aurait-on idée de résumer l’humanité à la gueule de George Clooney ou au cerveau d’Albert Einstein. D’ailleurs, savez-vous qu’il existe une ville entièrement peuplée de robots, sans la moindre trace humaine ? Si si, on peut même vous dire quels auteurs farfelus l’ont créée. Il s’agit de Didier Ray et Rémi Bostal et, sous vos applaudissements, accueillez comme il se doit Brik et Brok, deux héros robotisés qui vont vous déboulonner.

 

 

 

 

 

 

 

© Ray/Bostal

 

Résumé de l’éditeur : Au coeur de Babel, le quartier populaire de New-Capek, sont mis à jour les restes d’un robot aux caractéristiques inhabituelles. Sous le régime autoritaire de Zimov A, Zark, le Premier robot et Zudax le Robpape sont en émoi. Qui d’autre que le professeur de robologie Brok, le meilleur des électromécaniciens légistes, pourrait les éclairer ? Très vite, celui-ci va découvrir que le corps de ce robot comporte des traces d’hybridation organique et peut remettre en cause le dogme officiel de l’origine des robots, il entrevoit les conséquences considérables, politiques et religieuses.  Brik, étudiante du professeur Brok, consciente du danger qu’il court, va essayer de lui venir en aide, ainsi que le robot Tempkine…

 

 

 

 

© Ray/Bostal chez Cerises & Coquelicots

 

Les Daft Punk chantaient Humans after all, Philippe Katerine en avait fait son Robots après tout et Didier Ray et Rémi Bostal semblent bien en avoir fait leur affaire. Les humains ont disparu et voilà les androïdes entièrement indépendants bien loin des premiers prototypes défaillants. Enfin, ce n’est pas pour ça que cette nouvelle société, tout de fer et d’acier, ne défaille pas de temps en temps.

 

 

 

 

© Bostal

 

Enfin tant qu’on obéit aux ordres de Zimov A, il ne faut guère s’attendre à retour de flammes colossal. Car, en effet, si les humains sont passés de mode, ils ont laissé en héritage des idées pas très catholiques (n’en déplaise à Zudax le Robpap) et leurs plus bas instincts.

 

 

 

 

© Ray/Bostal chez Cerises & Coquelicots

 

Si bien que quand une dépouille robotique datant de Mathusalem (ou de Karel Capek, pour coller à l’ère des robots) est retrouvée et contredit la version officielle, mieux vaut quand même oeuvrer pour que ne se répande pas ces alternative facts. Chacun son Trump, après tout.

 

 

 

 

© Bostal

 

C’est sans compter la perspicacité et le courage de Brik et Brok, aidés par le robot un peu moins évolué mais au coeur sur la main, Tempkine. Bref, des braves héros face à de grands méchants, toutefois un peu bêtes, et nous voilà au « Coeur du danger ». Un titre simple et efficace pour un début de série qui en a sous le coude et sous le pied. À tel point que les deux auteurs semblent submergés d’idées pour nourrir ce monde encore peu connu.

 

 

 

 

© Ray/Bostal chez Cerises & Coquelicots

 

Les Mondes de Brik et Brok, c’est une somme de gag, de clins d’oeil, d’idées graphiques n’hésitant pas à faire exploser ce qui a été conçu quelques cases plus tôt (les joies du dessin, vous savez). Et s’il en émerge une part de boxon, trop de (bonnes) idées étant sans doute exploitées, on ne reste pas longtemps insensibles à la générosité et à la fraîcheur apportée par Ray et Bostal qui, sans prétention de rivaliser avec Asimov, déploient un univers qui ne manque pas d’huile dans les rouages pour faire un maximum d’étincelles.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Les mondes de Brik et de Brok

Tome : 1 – Au coeur du danger

Scénario : Didier Ray

Dessin : Rémi Bostal

Couleurs : Didier Ray et Rémi Bostal

Genre : Science-fiction, Aventure

Éditeur : Cerises & Coquelicots

Nbre de pages : 54

Prix : 15€



Publié le 05/05/2017.


Source : Bd-best


De la peinture sur les bords des cases : la BD prolonge les rêves de Monet et du méconnu Vidal Balaguer

Dans l’étendue de l’Histoire picturale, il s’en est fallu d’un cheveu, d’un poil de pinceau, parfois pour que certains passent de l’ombre à la lumière tandis que d’autres, malgré l’étendue de leurs talents, traînaient les toiles dans l’anonymat. Car la reconnaissance, cette quête plus souvent inassouvie qu’assouvie, est une géométrie variable pour laquelle il convient parfois de forcer la chance et de respecter les dogmes prisés par ses contemporains ou avoir le tempérament de les envoyer balader. Mais entrons dans le vif du sujet sous les pas et les traits de deux guides de luxe, Claude Monet et Vidal Balaguer, servis par deux dessinateurs espagnols qui sentent la peinture puisqu’il leur arrive fort souvent de tâter du chevalet.


Résumé de l’éditeur : Du Salon des Refusés au mouvement des Impressionnistes, de jeune peintre désargenté à grand bourgeois tutoyant les huiles, du mari à l’amant… la vie de Claude Monet fut pour le moins plurielle. Chef de file, à son coeur défendant, d’un mouvement qui bouleversa la vision de la peinture au XIXe siècle, l’homme n’est finalement resté fidèle qu’à une seule quête : celle de la lumière absolue, qui viendrait éclairer toute son oeuvre de sa perfection.

 

 

 

 

© Rubio/Efa chez Le Lombard

 

Monet, sacré Claude Monet. On pourrait tirer encore et encore sur sa barbe blanche fort reconnaissable, qu’on ne saisirait jamais qu’un petit bout de l’âme de ce peintre mémorable. Ça tombe bien, Salva Rubio et Efa n’ont pas prétention de tisser une toile exhaustive de la vie et de l’oeuvre de Monet.

 

 

 

 

© Le Lombard
© Rubio/Efa

 

Bien sûr, dans cette biographie aux couleurs chaudes et vivantes, comme pour ramener de loin le goût des nénuphars et des impressions d’un soleil qui n’a pas fini de prendre la pose, les deux auteurs parcourent les grandes lignes de l’éternel résident de Giverny. Et dès les premières planches, l’heure est grave : trois jours de noir lui tendent les bras et lui ferment les yeux. Un insupportable noir pour un homme qui n’a eu de cesse de rechercher la plus belle des lumières, celle qui le ferait passer à la postérité et donnerait un sous-titre tout trouvé à cet album : « Nomade de la lumière ».

 

 

 

 

© Rubio/Efa chez Le Lombard

 

Et si on la suit, dans la grâce des dessins d’Efa qui retrouve l’ombre de Claude dans quelques-uns de ces tableaux emblématiques. Le résultat est splendide, à la hauteur du maître. Et même si les puristes qui connaissent tout de Monet n’y trouveront rien de neuf, cet album qui lie peinture et bd se révèle être une porte d’entrée fabuleuse dans le monde de ce perpétuel chercheur de beauté.

 

Alexis Seny

 

Titre : Monet

Sous-titre : Nomade de la lumière

Scénario : Salva Rubio 

Dessin et couleurs : Efa

Genre : Biographie, Histoire de l’art

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 94 (+18 pages de dossier)

Prix : 17,95 €



Publié le 05/05/2017.


Source : Bd-best


Du poing levé en petite main du Premier ministre, la désintégration en BD du conseiller Matthieu Angotti

À l’heure où la France se divise, se clive et que les électeurs sont bien obligés de choisir leur camp, « entre peste et choléra » commentent beaucoup, sillonnant entre les amalgames et les clichés, certains ne peuvent s’empêcher de confondre l’ensemble de la politique française avec les deux visages du duel final. Pourtant, au-delà des apparences, ou plutôt dans leur ombre, c’est tout le travail de petites mains ne comptant pas leurs heures qui se joue. Quitte à être réduites à néant au moindre remous chahutant le navire républicain.

 

 

 

 

 

 

 

© Angotti/Recht chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : « Le jour de mon entrée au cabinet du Premier ministre, Robin Recht m’a demandé de prendre des notes, le temps que durerait l’aventure. Les voici mises en images, dessinant le quotidien d’un conseiller, avec ses hauts et ses bas, ses espoirs, ses découragements, sa solitude parfois… Ce livre raconte la réforme manquée de la politique d’intégration, comme une lucarne sur les rouages du sommet de l’État, du côté de ses discrets artisans… » Pendant dix-huit mois, Matthieu Angotti a travaillé aux côtés du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et c’est ce qu’il raconte ici.

 

 

 

 

© Angotti/Recht chez Delcourt

 

Désintégration, ça n’aurait pu être qu’un jeu de mot facile sur la thématique casse-gueule et pourtant portée à bout de bras par Mathieu Angotti : l’…intégration. Pourtant, ce titre fort, qui prend le contre-pied des aspirations de Mathieu, est on ne peut plus représentatif de ce qui durant dix-huit mois et 136 pages fera office de schéma destructeur. Bien plus que créateur.

 

 

 

 

© Angotti/Recht chez Delcourt

 

En voyant arriver Désintégration, on s’est d’abord dit: « Tiens, voilà un ersatz d’Arthur Vlaminck (le héros malgré lui du formidable Quai d’Orsay de Lanzac et Blain) ». C’est vrai qu’il est difficile pour toute chronique politique en BD de désormais exister aux-côtés de cet encombrant chef d’oeuvre. Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas, dès les premières planches, Désintégration se dégage de l’étreinte de son aîné dont il se révèle ô combien complémentaire. Et là où Quai d’Orsay montrait un héros étouffé par son milieu, le récit d’Angotti et Recht montre un personnage certes dépassé par les événements mais tentant de renouer ou, en tout cas, de ne pas perdre de vue sa vie, celle qui tente de s’émanciper de la sphère politique mais sur laquelle, sans cesse, le surplus de travail déborde. Là où Quai d’Orsay tirait en longueur… le nez de Villepin et trempait les faits réels dans la parodie, Désintégration bâtit son propos sur une un dessin nettement plus sérieux et trouvant sa candeur dans la précision réaliste de ces décors. Dans le fond et les enjeux sociétaux qui sont amenés de manière synthétiques et totalement pertinentes.

 

 

 

 

© Angotti/Recht chez Delcourt

 

Inlassablement, Robin Recht découpe ses planches en neuf cases régulières. Et là où ce curieux mécanisme aurait pu lasser, il est en réalité fondateur de toute la puissance du dessinateur. Dans les bureaux, les portraits, les moments critiques, la désintégration est au fond comme à la forme et c’est puissant ! D’autant que ce voyage, heureusement pas sans retour, au coeur de Matignon, de ses secrets et de ses tractations (de ses castrations, aussi), est loin d’être de tout repos. Le sujet est chaud et le combat de taille : lutter pour que ne se confonde plus immigration et intégration.

 

 

 

 

© Angotti/Recht chez Delcourt

 

Matthieu Angotti, l’invisible qui appelait le Ministre à se réveiller, se retrouve de l’autre côté des calicos et se rend compte que rien n’est facile dans ce monde de requins où les volte-face les plus insoupçonnables se règlent en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. De réunions de crise en mots de ministre bafouant le travail colossal en amont puis en désaveu ultime. Et, entre les sujets brûlants que sont les Roms ou le burkini, la question de se répandre, lancinante et désespérante : que va devenir ce travail basé sur tant d’heures de boulot et tant d’années d’expérience ? Que va devenir cette expertise du terrain ?

 

 

 

 

© Angotti/Recht chez Delcourt

 

Désintégration, c’est un constat d’impuissance et de faiblesse là où auraient pu s’établir la suprématie des belles et grandes idées, celles qui changeraient le monde si seulement le microcosme politique n’y était pas imperméable. Caramba encore raté. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé et d’en finir …lessivé. Et on s’étonnera que tout soit encore qu’un éternel recommencement. Tout en espérant que les rouages ne viendront jamais à bout de ces personnes qui humanisent l’appareil politique et tentent de lui faire accepter des concepts qui, peut-être, ne conviendront pas au marketing politique mais seront assez forts que pour percer la nébulosité du pouvoir. Un jour, peut-être. Mais, quand on voit la simplification et les raccourcis qui peuplent les discours d’une Le Pen ou d’un Macron, ça n’a pas l’air d’être demain la veille.

 

Alexis Seny

 

Titre : Désintégration

Sous-titre : Journal d’un conseiller à Matignon

Récit complet

Texte : Matthieu Angotti

Dessin et couleurs : Robin Recht

Genre : Documentaire, Politique, autobiographique

Éditeur : Delcourt

Nbre de pages : 136

Prix : 17,95€



Publié le 05/05/2017.


Source : Bd-best


Starve, chronique d’une téléréalité culinaire à côté de laquelle Top chef et consorts sont de la gnognotte !

Il y a quelques jours à peine, l’énième édition de Top Chef livrait son grand verdict. Vous êtes restés sur votre faim ? Pas de souci, ne rangez ni les assiettes, ni les couverts, accrochez-vous bien à votre table, car c’est le grand frisson que nous offrent Brian Wood, Danijel Zezelj et Dave Stewart en revêtant leurs toques de maître pour imaginer ce que sera la télé-réalité culinaire d’un futur plus que proche. Ou quand le petit écran se détraque et que l’audience et la recherche du buzz ne font plus bonne pitance.

 

 

 

 

 

 

 

© Wood/Zezelj

 

Résumé de l’éditeur : Dans un monde où les inégalités ont achevé de fracturer la société en deux, puissants comme laissés pour compte se réunissent autour d’un programme de télé-réalité culinaire : Starve. Créé par le célèbre chef Gavin Cruikshank, Starve met en scène une série de défis tous plus obscènes les uns que les autres, de la préparation du dernier espadon pêché en mer à l’accommodation de la viande de chien pour la table des plus riches. En exil choisi depuis plusieurs années, le chef Gavin décide de revenir mettre de l’ordre dans son émission en enseigner à l’élite une leçon qu’elle n’est pas prête d’oublier.

 

 

 

 

© Wood/Zezelj

 

De longues années sont passées depuis que Gavin Cruikshank a claqué la porte de sa cuisine et de son foyer pour aller respirer l’air d’ailleurs. Pourtant, aujourd’hui, qui pourrait dire pourquoi le ténor d’art de l’assiette, celui qui aurait pu être à la tête d’un empire gigantesque s’il n’avait été une tête brûlée incontrôlable, revient ? Pour montrer qu’il est toujours l’incontestable maître de la gastronomie pour les riches et forcément impayable ? Pour renouer avec sa fille et enfin consumer le divorce avec son (ex-)femme ? Pour retrouver la sensation d’un Manhattan qui ne fait plus vraiment rêver ?

 

 

 

 

© Wood/Zezelj

 

En tout cas, Gavin doit reprendre du collier, avant tout, pour s’immerger une nouvelle et dernière fois dans la fosse aux lions qu’est Starve, un combat des chefs où la différence ne se joue plus uniquement dans l’assiette mais aussi dans les poings et les pires trahisons. Mais bon, Gavin devait une saison à la chaîne, reine des audiences grâce à cette arène. Mais jusqu’où un spectacle sans limite comme celui-là peut-il aller ?

 

 

 

 

© Wood/Zezelj/Stewart chez Image Comics

 

Starve aurait pu être un versant gore aux émissions « éminemment sympathiques » que nous proposent les chaînes de télé quelles qu’elles soient, un album forcément corrosif mais plus divertissant qu’autre chose. Pourtant, ce que nous lâchent ici Brian Wood, Danijel Zezelj et Dave Stewart, c’est une bombe qui éclabousse tout et tous sur son passage. Des magnats des médias au petit spectateur devant son tout petit écran, des cuisines étoilées au boui boui des quartiers malfamés. Une attaque bien affinée contre cette industrie du spectacle télévisuel. Mais pas que.

 

 

 

 

© Wood/Zezelj

 

Car Starve, c’est avant tout l’histoire d’un revenant, pas forcément attachant. Gavin, un homme qui, s’il a disparu des écrans et des radars, n’est pas complètement mort et a encore quelque pas à faire pour tomber au plus profond. Un mec gangrené par ses défauts, qui peut replonger à tous moments, mais qui nourrit, plus fort que tout, l’envie de faire tomber l’engrenage infernal de ce menu télévisé. Un père aussi qui, piètre guide qu’il est, fera tout pour renouer avec sa fille et l’entraîner loin des pas chaotiques qu’il a pu faire, quelques années auparavant.

 

 

 

 

© Wood/Zezelj

 

Ce personnage, on le verrait bien incarné par Johnny Depp mais ne nous y trompons pas ces plats prestigieux servis sur les ondes ne sont pas que du cinéma, il y a là une réalité inquiétante que déchirent avec brio le trio Wood-Zezelj-Stewart. Un pavé de grande et belle facture face à la dictature du petit écran.

 

Alexis Seny

 

Titre : Starve

Sous-titre : Cuisine & Dépendance

Récit complet

Scénario : Brian Wood

Dessin : Danijel Zezelj (Facebook)

Couleurs : Dave Stewart

Traduction : Benjamin Rivière

Genre : Thriller, Anticipation

Éditeur : Urban Comics

Collection : Urban Indies

Nbre de pages : 256

Prix : 22,5€



Publié le 03/05/2017.


Source : Bd-best


Un léger bruit dans le moteur mais une furieuse envie de meurtre dans le carburateur

Il était une fois, dans un village isolé où seul le facteur jouait les agents de liaison, un enfant pas comme les autres. Élevé sans sa mère, morte en couche, dans ce bled où planait l’ombre tout comme ces corbeaux de mauvais augure, on ne pouvait que faire peu de cas de ce gamin mal luné et qui très tôt pris l’horreur et la méchanceté éclaboussante comme religions. Bien au-delà des attentes, ce petit garçon-là n’allait pas faire dans le détail ni dans la dentelle, quitte même à la faire baigner… de sang.

Résumé l’éditeur : Dans une petite et sinistre communauté villageoise isolée, un gamin se prépare à commettre le pire: décimer tous ceux qui l’entourent. Il enchaîne alors les victimes sans soulever le moindre soupçon. Mais le passage d’un véhicule dans cet endroit perdu pourrait changer les choses… Du coup de couteau au coup de foudre : l’histoire d’un enfant qui tue les gens.

 

 

 

 

© Gaet’s/Luciani/Munoz chez Petit à petit

 

Une épicerie, une église, une famille d’origine africaine, une pute et forcément des enfants. Bref, des vies et un village tout ce qu’il y a de plus normal, quoi ! Mais ajoutez-y un soupçon de damnation, un inceste par-ci, une infidélité par-là, et vous obtiendrez un hameau dans lequel les habitants se réunissent dans le vice, ne choisissant pas entre la peste te le choléra. D’ailleurs, il y a ce gamin pas comme les autres et qui cache bien son jeu, qui à lui seul fait écho à tous les démons exacerbés.

 

 

 

 

© Gaet’s/Luciani/Munoz chez Petit à petit

 

Comment s’appelait-il déjà ce gamin ? L’Histoire est peuplée de criminels sans vergogne et aux regards allumés par la haine ou la folie, mais pour que l’Histoire retienne cette lie de la société, il faut un nom à se remémorer à chaque anniversaire barbare. Pourtant, notre fieffé gamin n’a pas de nom. Heureusement, Gaet’s et Luciano Munoz ont assisté à tout ce qui s’est passé dans ce village lui aussi sans nom.

 

 

 

 

 

© Gaet’s/Luciani/Munoz chez Petit à petit

 

Et ce n’est pas rigolo. Ce n’est pas pour les enfants, non plus. On est un peu sur la face B complètement obscure de Ces gens-là de Brel, sans espoir, sans beauté… Enfin si, l’esthétique de Luciano Munoz est parfaite pour transmettre ce récit noir de noir, sans sursaut de lumière, désespéré comme on n’ose jamais beaucoup en créer. Dans cette histoire de serial killer de prime jeunesse, on est avalé tout rond pour n’être recraché qu’à la dernière case tel un Pinocchio digéré par sa baleine et encore chamboulé par ce qu’il vient de lire. C’est à dire un album aussi exécrable que fascinant, flattant les bas instincts pour n’en ressortir que le mal personnifié dans l’insouciance crasse d’un petit bonhomme.

 

 

 

 

© Gaet’s/Luciani/Munoz chez Petit à petit

 

La vérité c’est qu’Un léger bruit dans le moteur nous a pris par surprise, à revers, comme le sourire angélique du gamin qui ne cachait que celui du démon. Véritable histoire pour… ne pas dormir, cet album, même s’il a pour héros des enfants bien sympathiques (sauf un, vous l’aurez compris), ne connaît pas la pédale de freinage et met plein gaz sur le trash et le politiquement incorrect. Sans oublier le sang prêt à éclabousser le sépia qui suspend l’atmosphère de la majorité des planches.

 

 

 

 

© Gaet’s/Luciani/Munoz chez Petit à petit

 

En adaptant le roman de Jean-Luc Luciani, Gaet’s et Munoz imposent leur art des contrastes entre « le tout est beau et merveilleux » et l’horreur la plus pur et dur. Ça aurait très bien pu faire un film au cinéma. Mais comme le Septième Art a son Damien, le Neuvième s’est réservé le privilège de ce Gamin. Une bonne pioche dans un univers glauque qui fait tache et mouche. Une belle réédition des Éditions Petit à petit.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Un léger bruit dans le moteur

Récit Complet

D’après le roman de Jean-Luc Luciani

Scénario : Gaet’s

Dessin et couleurs : Jonathan Munoz (Facebook)

Genre : Épouvante-horreur

Éditeur : Petit à petit

Nbre de pages : 124

Prix : 16,02 €



Publié le 01/05/2017.


Source : Bd-best


Treize ans après, le Chili de l’Araucaria sous le crayon de Baudoin n’a pas pris une ride

Comme ces cartes d’État-Major qui malgré les GPS sont toujours aussi précieuses et pointilleuses, quand ils sont bien faits, les carnets de voyage ne s’oublient pas et restent en mémoire. Encore plus quand au-delà de la description généreuse du territoire découvert, ces notes éparses et ces dessins improvisés sur le vif ramènent quelque chose d’authentique, un supplément d’âme. Alors forcément quand on s’appelle Baudoin, on accommode les deux avec moult délicatesse.

 

 

 

 

 

 

 

© Baudoin chez L’Association

 

Résumé de l’éditeur : « C’est un arbre qui a comme des mains au bout. Des mains qui offrent. C’est un des arbres les plus vieux de la planète. » L’arbre décrit ici par Baudoin, c’est l’araucaria, un arbre originaire du Chili, pays qu’il va découvrir un mois durant, en 2003. Invité par la bibliothèque de l’institut franco-chilien, il est là pour donner des cours de dessin, et pourtant, il découvre et apprend autant qu’il enseigne.

 

 

 

 

© Baudoin chez L’Association

 

Santiago, Valparaiso, Pinochet ou Allende, puis Neruda, le puissant poète, face à un héritage pareil, comment Edmond Baudoin aurait-il pu ne pas voir plus loin que le bout de son nez ou de ses pieds. Près de quinze ans après son voyage, les effluves du Chili ne se sont pas évaporés et reviennent comme si de rien n’était, comme si le temps passé depuis ne s’était calculé qu’en quelques secondes. Les images comme le trait se reforment au fil des premières pages et très vite, on fait le voyage, de ce début de printemps urbain aux barques qui attendent de prendre la mer, d’une idée de « libertad » au désert qui guette la route panaméricaine.

 

 

 

 

© Baudoin chez L’Association

 

C’est un fait, Baudoin n’a pas son pareil pour faire parler les paysages mais aussi les gens qui y vivent et les esprits qui s’y promènent. Comment faire abstraction du poids du passé. Tour à tour détaillé ou plus difficile à suivre, ce petit album (presqu’au format poche) d’Edmond Baudoin propose un voyage partiel, absolument pas exclusif, mais tellement porteur. Porteur car Edmond Baudoin pourrait venir en sa qualité d’expert-dessinateur dans cette bibliothèque qui l’invite, il n’en est rien et sa curiosité métamorphose le cours de dessin qu’il donne et qui aurait pu être unidirectionnel mais n’en est rien. Voilà un ouvrage qui fourmille de pistes pour explorer le Chili et n’a rien perdu de son actualité. Comme une preuve, on en veut les douze pages qui augmentent cette édition 2017.

 

Alexis Seny

 

Titre : Araucaria

Sous-titre : Carnets du Chili

Carnet de voyage

Scénario et dessin : Baudoin

Noir et blanc

Genre : Voyage, Réflexion, Histoire

Éditeur : L’Association

Collection : Ciboulette

Nbre de pages : 56

Prix : 13€



Publié le 01/05/2017.


Source : Bd-best


La malédiction de Smenkhare, la relève d’Indiana Jones en BD plutôt qu’au cinéma ?

La bande dessinée, c’est une affaire de traits. Dans certains cas, il en faut beaucoup mais parfois quelques-uns suffisent allègrement à faire « passer le message ». Avec « La malédiction de Smenkharê (on a mis un moment avant de bien savoir le prononcer, rassurez-vous), son premier album, Anthony Auffret réalise une bande dessinée d’aventure et d’archéologie sur lequel plane l’esprit d’Indiana Jones mais avec un dessin minimaliste qui n’appartient qu’à lui. D’emblée, étonnant, détonnant même parfois. Dans la lignée des jeunes et talentueux auteurs que Casterman tente de sortir de l’anonymat depuis quelques mois (avec Les lâmes d’Apretagne et Boca Nueva, notamment).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Anthony Auffret chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : La sépulture du prédécesseur de Toutankhamon, Smenkharê, vient d’être découverte. Des terroristes sont prêts à tout pour s’emparer des richesses et des pouvoirs maléfiques du pharaon maudit. Alexandra détient la clef du tombeau et ne les laissera pas faire !

 

 

 

 

© Anthony Auffret chez Casterman

 

C’est parfois des zones d’ombre de l’histoire que naissent les bonnes idées d’histoires. À n’en pas douter, le destin de Smenkharê avait tout pour plaire à Anthony Auffret, jeune diplômé d’histoire de l’art et grand amateur de l’école classique belge mais aussi de la culture pulp. Smenkharê, de mes petits restes de grand amateur de l’Égypte ancienne, je n’en avais jamais entendu parler. Et pour cause, pharaon fantôme dont on ne sait même pas s’il a réellement régné, Smenkharê est le sujet par excellence si vous voulez générer une foire d’empoignes entre égyptologues. Personne ne sait avec précision qui était cet homme qui vécut dans les années 1300 avant J.-C. Et sa maigre histoire de s’écrire avec une multitude de points d’interrogation.

 

 

 

 

© Anthony Auffret chez Casterman

 

Ce n’est pas bien grave pour nous, puisqu’Anthony y a trouvé une belle occasion pour en faire une grande aventure avec un point d’exclamation… et totalement moderne puisqu’en homme bien informé qu’il est, il nous apprend que si les terroristes de l’EI ne détruisent pas les cités antiques pour le plaisir mais plutôt pour assouvir leur quête du pouvoir dévastateur du pharaon Smenkharê. Les nazis ne sont pas là mais on ne peut s’empêcher de penser aux Aventuriers de l’Arche perdue et à l’Arche d’alliance.

 

 

 

 

© Anthony Auffret chez Casterman

 

Sauf que le récit d’Auffret va se révéler nettement plus barré entre serpents, vieilles pierres et las vagues d’une mer vraiment rouge. Dans des décors qu’on dirait dessiné par Brüno et avec des personnages aux traits brouillés (quelque part entre Mique Beltran, Mignola ou le Hergé des Soviets), l’auteur nous entraîne mine de rien dans une aventure fort plaisante même si son dessin, au-delà de sa personnalité, n’évite pas une certaine redondance nous empêchant de prendre intégralement notre pied. D’autant plus que les personnages manquent quelque peu de charisme, qu’est-ce qu’on aimerait mieux les connaître. Rien qui n’enlève cependant l’audace et n’obstrue l’impeccable découpage d’un premier album au charme pulp et vintage? Tout n’est pas encore maîtrisé mais le style est redoutablement imposé.

 

Alexis Seny

 

Série : Les archéologues de l’interdit

Tome : La malédiction de Smekharê

Scénario, dessin et couleurs : Anthony Auffret

Genre : Aventure

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 48

Prix : 13,95€



Publié le 01/05/2017.


Source : Bd-best


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