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Nouvelles relatives à la bande-dessinée ou au graphisme
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Alter Ego, Ultimatum

Les révélations fracassantes qu'ont réunies Camille et Miep sur la nature de cette énigme n'ont pas encore éclaté au grand jour. Elles lancent un ultimatum à Urasawa et à la milliardaire Grynson. Mais c'est sans compter sur le pouvoir financier et logistique dont dispose Urasawa, désormais lié, que cela lui plaise ou non, à Noah, le fils du président des USA... Lequel semble avoir perdu toute mesure, uniquement obsédé par le profit et le pouvoir que les découvertes de la U-Tech peuvent lui assurer.

 

 

 

Rappelons d'abord le concept d'”Alter Ego” imaginé par Pierre-Paul Renders, réalisateur et scénariste. Une série de six albums pouvant être lue dans n'importe quel ordre, chaque tome comprenant des éléments croisant les autres, l'ensemble, tel un puzzle, constituant une intrigue globale. Concept novateur dans sa forme mais aussi dans sa réalisation puique pour mener à bien le projet, c'est un studio virtuel de neuf personnes qui a travaillé ensemble, entre la Belgique, la France, l'Espagne et l'Italie, grâce à la magie du web : un créateur scénariste (Pierre-Paul Renders), un scénariste (Denis Lapière), un dessinateur directeur artistique (Mathieu Reynès), quatre dessinateurs (Benjamin Benéteau, Luca Erbetta, Efa, Emil Zuga), une coloriste (Albertine Ralenti) et son assistant. Le défi était de permettre la publication des six albums dans un délai relativement limité. La série a d'ailleurs été couronnée du prestigieux prix Saint Michel pour son scénario l'an dernier.

 

 

 

 

Une petite année après la sortie de “Jonas”, c'est la pièce manquante du puzzle qui est enfin disponible. “Ultimatum” éclaircit nombre de pistes lancées dans les six premiers tomes. Plutôt qu'une « fin » dans une forme linéaire, par rapport à la construction globale de la série, on y verra plutôt un élément central vers lequel convergent les six albums précédents. C'est l'occasion de retrouver tous les personnages principaux ou presque rencontrés précédemment et d'en apprendre (beaucoup) plus sur certains... Tendu de la première à la dernière case, le scénario renferme à nouveau une surprise dans sa construction, puisqu'il est rythmé par un compte à rebours. On ne vous livrera pas l'aboutissement de l'histoire, tant la trame installée est riche et complexe tout en restant parfaitement accessible. On ne s'ennuie pas une seconde au long des 64 pages d'Ultimatum. Action, retournements de situations, révélations importantes permettent aussi de prendre la mesure de tout ce qui a été décrit dans les volumes initiaux, qu'il est, cette fois, quasi indispensable d'avoir lu avant d'aborder celui-ci. La saison 1 d'Alter Ego se termine en apothéose, et c'est vraiment ce que l'on pouvait souhaiter de mieux à cette série hors du commun, véritable défi dans sa conception et sa réalisation qui aboutit sur une constante de qualité et d'intelligence. Saison 1 ? En effet, comme nous l'a confirmé Benjamin Benéteau en interview, une Saison 2 d'Alter Ego, déclinée sous forme de 4 albums devrait faire son apparition en 2013. Pierre-Paul Renders m'avait dit avoir très très envie de la raconter et au vu de la première saison, sans doute est-on déjà en droit d'en attendre beaucoup. Alter Ego n'a pas encore livré tous ses secrets, tant mieux !

 

Pierre Burssens

 


Alter Ego - Ultimatum

Série : Alter Ego

Auteurs : Renders, Lapière, Reynès, Benéteau

Prix : 12 €

Date de sortie : 21/09/2012

Nombre de pages : 64

Catégorie : Thriller

Type de reliure : album cartonné

Editeur : Dupuis

Collection : Dupuis « Grand public »

 

 



Publié le 14/09/2012.


Source : Graphivore


Coup de coeur : Maudit Mardi tome 2

Isolé sur une île, Achille passe son temps à scruter l'océan, avec pour certitude qu'il va mourir un mardi. Les autres jours il ne peut rien lui arriver. Mais est-il aussi indestructible que cela ? Un événement dramatique remet en cause cette certitude : Achille échappe de peu à la noyade. Ebranlé et sous le choc, Achille décide de briser sa solitude et de partir pour Hawkmoon, la mégapole, y retrouver Rebecca son amour d'antan qui a quitté l'île il y a bien longtemps. Tant d'années ont passé depuis son départ...qu'est-elle devenue ? L'attend-t-elle vraiment ?

 



Ce tome 2 clôture un diptyque totalement hors du commun. Si on connaissait Nicolas Vadot pour ses dessins de presse parfois ressentis comme cruels et pour Norbert l'imaginaire (avec Guéret - intégrale annoncée pour fin octobre au Lombard), Maudit Mardi a véritablement révélé un talent aussi précieux qu' original tout en offrant à l'éditeur participatif Sandawe et à sa « tribu d 'édinautes » une très belle carte de visite. Si le tome 1 a autant dérouté que séduit, il a aussi installé un rythme et un univers dans lesquels on se replonge avec plaisir et curiosité dans ce nouvel opus, avec l'espoir aussi de trouver réponse aux nombreuses questions posées précédemment. Le moins que l'on puisse dire est que l'on n'est pas déçu. On s'est vite attaché à Achille, cet « homme de bois » et à son étrange odyssée et on comprend ici quelle est véritablement sa quête. Vadot installe toute une symbolique autour d'un personnage qui rompt ses amarres de routine à la recherche de sa liberté (intérieure) et c'est un itinéraire métaphorique et onirique que l'on suit. Achille est confronté à un tueur en série, partie sombre de lui-même plutôt que « jumeau » (comme évoqué), dont il se débarasse, et si par moments ses prothèses de bois « bourgeonnent », elles évoquent surtout ses doutes et ses hésitations... Graphiquement, je trouve que cet album a quelque chose d'aérien, ce qui peut sembler paradoxal pour l'histoire d'un personnage littéralement enraciné au tout début de son aventure. Sans doute parce que Vadot prend son temps et n'hésite pas à occuper l'espace de grandes et parfois mêmes très grandes cases aux cadrages très originaux. Dans un très beau dessin, sensible et d'une extraordinaire lisibilité, il associe traits encrés et crayonnés. Une étonnante double page qui constitue la réelle conclusion de l'histoire en est l'exemple parfait. Alors que la mode actuelle semble être aux petits formats souvent très chargés, le dessinateur nous offre, outre plein d'espoir, une formidable respiration graphique. Ca pouvait paraître évident, cinématographique, mais il fallait y penser, et il fallait surtout oser... Tout comme cette colorisation qui fait la part belle à de larges aplats. En complétant ce diptyque, ce second volet confirme la qualité et l'originalité globales d'une oeuvre inclassable et fascinante. On peut encore innover et surprendre en BD sans pour cela choisir la provocation ou se réclamer d'une tendance « branchée » ou « pointue » dont la caractéristique première est souvent la prétention. Avec Maudit Mardi, Vadot a, lui, choisi la poésie. Et on préfère ça...

 

Pierre Burssens

 

Maudit mardi t2 par Nicolat Vadot, 58 pages édité par Sandawe au prix de 15 €



Publié le 11/09/2012.


Source : Graphivore-Pierre Burssens


Flic

Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, Lieutenant de police publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. 
Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, Bénédicte Desforges brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine.

 

 

 

 

 

« Les gens ont toujours bien aimé les histoires de flics, mais les gens n'aiment pas les flics ». En une phrase, Bénédicte Desforges dévoile un des moteurs de son bouquin et de l'asptation BD qui en a été faite par Sera. En effet, si certains aspects du livre peuvent, par exemple, faire penser au cinéma d'Olivier Marchal (lui-même ancien policier), pour le reste c'est essentiellement le journal d'un policier en uniforme, dans la rue, que nous font partager les auteurs, et ce bien loin des archetypes cinématographiques, télévisuels ou chers à nombre d'amateurs de polars. Autour de l'héroïne gravite tout un petit monde. D'une part celui de la rue auquel elle est confrontée : sdf, travestis, prostituées, casseurs ou maris violents, et d'un autre côté celui de ses collègues parfois à bout ou basculant progressivement vers des comportements « borderline ». Un dénominateur commun : la détresse sous différentes formes. Parfois, la violence éclate, imprévisible et aveugle... A d'autres moments, heureusement, un sourire peut apparaître, mais rarement longtemps. Et pourtant, contre vents et marées, elle l'aime, son métier, malgré toute son amertume ou les sales coups encaissés. Autant de choses que nous fait découvrir le beau texte de Bénédicte Desforges, passant sans vraiment de transition d'une histoire à une autre, des petites histoires qui s'enchaînent et qui sont le quotidien ordinaire de ce drôle de métier qui s'apparente souvent, dans les grandes villes comme, dans ce cas, à Paris, à du travail social. Les deux livres de Bénédicte Desforges que cette déclinaison dessinée donne envie de découvrir sont d'ailleurs sous-titrés « chroniques de la police ordinaire ».

Graphiquement, le travail de Sera sert parfaitement le sujet. Ses cases combinant différentes techniques illustrent plus qu'elles ne racontent, s'appuyant parfois sur des coupures de journaux ou des couvertures et gros titres de magazines. Le dessinateur parvient à la fois à traduire le déroulement des événements mais également tout l'impact « intérieur » qu'ils peuvent avoir sur les personnages. On pouvait difficilement imaginer une forme de BD « classique » pour une telle adaptation sans justement basculer dans des clichés trop ressassés. Ici, on ne peut que souligner l'alchimie réussie entre le texte (très majoritairement livré sous forme de narratifs) et les images. Un résultat hors du commun pour un livre-témoignage hors du commun (pour lequel on regrettera juste l'une ou l'autre petite faute d'orthographe ayant échappé au correcteur).

Pierre Burssens

 

 

 

Flic par Sera & Bénédicte Desforges, album broché,96 pages, 18 € Edité par Casterman, collection Univers d'auteurs.



Publié le 11/09/2012.


Source : Graphivore


Coup de coeur de l'été : Speedbirds

Il existe entre automobile et aviation, une même passion pour le mouvement, la vitesse, mais aussi pour la création – celle qui nous transporte au-delà des frontières du connu – la liberté en somme. Stéphane Janin, Yann Jarsalle, François Leboine, Antony Villain, Laurent Negroni, une «bande de copains», tous designers chez Renault, se sont livrés à leurs heures perdues à la renaissance de la Coupe Schneider disputée à douze reprises entre les années 1913 et 1931. Ils ont entretenu le mythe en réalisant de magnifiques représentations des hydravions bolides qui se sont illustrés dans cette course hors norme. Ne s’arrêtant pas à cet hommage, ils ont aussi donné vie à leurs héritiers imaginaires.


Condensé de créations les plus folles et spectaculaires, d’hier et de demain, qui sait, l’ouvrage que vous tenez entre vos mains restitue nombre des qualités et valeurs indispensables à tout aux designers: la passion, la maîtrise absolue du dessin, l’esprit d’équipe et enfin, cette substance rare et mystérieuse dans son origine qu’est le talent.
Un talent qui nous saute au visage page après page pour un plaisir pur et à chaque fois renouvelé, celui d’un voyage dans le «fantastique».

 

 

 

 

Les éditions paquet nous font la bonne surprise de rééditer les recueils de SpeedBirds décliné dans leur version 1.1 et 1.2.

 

Un livre en deux parties, qui permet de confronter les “racers” de l’histoire de l’aviation à ce que feraient les designers aujourd’hui. En effet, la première partie se penche sur quelques avions et hydravions mythiques du monde des courses aéronautiques du début du siècle, à travers forces dessins, plans et croquis. Dans un deuxième temps, les auteurs, issus du design automobile, laissent libre cours à leur imagination pour réinventer ces avions de courses, avec des lignes modernes, tout en mettant un soin particulier à peaufiner le côté rétro et racé de leurs créations…

 

L' édition originale en 2009 était éditée au format à l'italienne avec des parties dépliantes qui pouvaient être fastidieuses à manipuler. Ici, c'est à la façon Artbook que sont déclinés ces deux tomes.

 

 

 

 

Le tome 1.1 reprend la partie dite historique de l'ouvrage original et le 1.2 quand à lui propose la partie prototype et concepts.

 

Speedbirds c'est surtout un sujet avionique et aussi automobile très passionnant. Les vedettes des airs sont représentés de manière remarquable. C'est aussi la course aéronautique inventée par Jacques Shneider en 1912 qui est le principal fil rouge de ces ouvrages. Cette course à vu s'affronter les plus grands pilotes que la planète entière ai jamais vu voler dans le ciel. C'est aussi une course technologique effrénée au fil des compétitions. Le graphisme somptueux des auteurs à réussi à s'adjoindre à l'esthétisme des automobiles de légendes, sorte de mariage heureux des mécaniques, sorte d'hommage à un métier noble. Le contenu des ces pages enivrera les aficionados, les amateurs de belles mécaniques volantes et roulantes, les amateurs de techniques et de beaux livre. L'éditeur nous enchante donc par cette bonne idée de réédition en un seul volume, du grand art que je ne puis que vous conseiller à vous procurer au plus vite.

 

 

 

 

Speedbirds 1.1 & 1.2, paru aux éditions Paquet, deux ouvrages de 80 pages au prix chacun de 19.50 €

 

 



Publié le 11/07/2012.


Source : Graphivore


Coup de coeur : Les Chevaux du Vent Tome 2

Après un périple long, dangereux et épuisant, Calay, embauché par les anglais comme espion cartographe, est enfin parvenu à rejoindre le monastère de Garphu où vit depuis quinze ans son plus jeune fils. Mais à l'heure des retrouvailles, il est arrêté par Kansa, un policier spécialisé dans la traque et la capture des espions. Quand Resham, le fils aîné de Calay, engagé dans l'armée anglaise, apprend que son père a entrepris ce dangereux voyage au Mustang, il choisit de déserter pour partir à sa recherche. . Aidé d'un Amchi, un médecin népalais qu'il a sauvé des griffes d'une bande de brigands sur la route, il décide de le faire évader. S'évader de prison est une chose ; sortir du Mustang en est une autre...

 

 




Comme l'explique Christian Lax dans la passionante monographie qui lui a été consacrée aux éditions Mosquito, il avait depuis longtemps envie de travailler avec Jean-Claude Fournier. L'arrêt des « Crannibales » a été l'occasion de lui proposer le scénario des Chevaux du Vent. Fournier/Lax, une association qui en a surpris plus d'un, à commencer par Claude Gendrot, alors directeur de la collection Aire Libre. Et à l'arrivée, lors de la parution de la première partie des Chevaux du Vent, voici 4 ans déjà, c'est le résultat de cette association qui a surpris, et séduit. Séduction toujours effective avec cet attendu tome 2. En effet, graphiquement, on a l'impression d'avoir affaire à un autre Jean-Claude Fournier qu'à celui qui présida un temps à la destinée de Spirou et Fantasio. Pas de trait typé « Marcinelle » pour cette belle aventure humaine sur le toit du monde, mais un dessin épuré, faussement simple, qui, à la rigueur, évoque celui de Will dans ses ultimes albums à l'orientation plus adulte. Un dessin quelque part intemporel, puisqu'il pourrait parfaitement s'inscrire dans un courant de BD dite plus « moderne » ou actuelle.

 

 

 

 

Et quand parfois, ce trait s'estompe pour laisser la couleur directe pleinement s'exprimer, notamment pour les paysages, c'est à un lecteur admiratif que l'on offre l'ascension de l'une de ces montagnes, presque autant personnages que décor. Comme de coutume, on sent Christian Lax, ici uniquement scénariste (comme pour Amère Patrie dans la même collection), proche de ses personnages, avec un scenario qui au-delà de l'aventure et du dépaysement est également une belle histoire, dramatique, humaine et sensible, véritable marque de fabrique de l'auteur dans ce registre. Sans recherche de spectaculaire à tout prix, sans retournements de situations invraisemblables, en douceur et presque discrètement, mais avec un coeur « gros comme ça », Fournier et Lax cosignent un vrai petit bijou. L'attente de ce tome 2 a certes été longue, mais leurs Chevaux du Vent (drapeaux de prières multicolores) voleront longtemps dans nos yeux.

A noter que le tome 1 est réédité simultanément sous une nouvelle couverture.

 

Pierre Burssens

 

Les Chevaux du Vent T.2, 72 pages au prix de 16.50 € édité chez Dupuis.



Publié le 05/07/2012.


Source : Graphivore


Midnight Crossroad

États-Unis, 1934...
Cachés dans un wagon de marchandises, Suzy et Huck, deux êtres liés par leurs fantômes. Le jeune garçon fait un serment : sauver son ami Charley Williams de la pendaison, car par sa faute, celui-ci est injustement accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Malheureusement, la trace de Charley, alias Lucius No Fingers, l'homme qui cherchait la gloire et le mythique "crossroads" dans les cordes de sa guitare, s'est effacée sous la poussière des rues de "Memphis la Belle". Là, débute un dangereux jeu de piste parsemé de cadavres et de questions sans réponses. Charley est-il encore en vie ?

 

 

 

 

On se dit parfois que certaines séries mériteraient plus, plus de reconnaissance critique, plus de succès public, plus de présence en librairie. O'Boys en fait certainement partie. En effet, depuis «le sang du Mississipi », c'est avant tout à un incroyable voyage dans une époque qui nous est relativement méconnue, à nous, européens, que nous invitent les auteurs. Celle de l'après krach de Wall Street, celle des hobos (O'Boys) qui voyageaient clandestinement de ville en ville dans les trains de marchandises, celle de la grande récession... Celle aussi de la naissance et d'un début de reconnaissance du blues. Et le blues, il n'a jamais été aussi présent que dans ce tome 3. Midnight Crossroad fait en effet référence à la légende de Robert Johnson qui aurait vendu son âme au diable rencontré à minuit à un croisement (même Arthur de Pins joue avec ça dans « Zombillenium »), la grande majorité de l'épisode se déroule à Memphis et l'album fourmille de clin d'oeils et de références musicales plus ou moins déguisées (les « Moon Studios » plutôt que « Sun Studios » etc.) et on mesure que la personnalité de Lucius No Fingers a vraiment pris le pas sur celle de Charley Williams. Les retournements de situation se succèdent, les personnages sont toujours aussi attachants (et Suzy est bien jolie...) et si par moments, vu le contexte, on nage en pleine noirceur, Midnight Crossroad comporte aussi une belle dose d'humour (l'entrée de Suzy au « Stan's fried chicken » est une scène d'anthologie, l'expédition « maquillée » dans les « juke joints » et « les noirs ne sentent pas le cirage » sont aussi à retenir...). Des sourires qui sont peut-être un peu renforcés par la reprise du scenario par Stephan Colman que l'on n'attendait pas forcément dans un registre aussi réaliste mais qui boucle ce premier cycle avec brio. Côté dessin, Steve Cuzor déploie à nouveau les grands moyens, dans un style à rapprocher de celui de Giraud (et parfois un peu de Blanc-Dumont), nous offrant une impressionnante série de portraits mais également le portrait d'une époque au sein de planches aussi soignées que documentées (l'édition N/B du premier tome mettait d'ailleurs extraordinairement en valeur le travail du dessinateur). Comme les deux premiers tomes, on retrouve dans Midnight Crossroad tous les ingrédients d'une très solide série classique. On grimpe dans le wagon de ses héros pour ce qui constitue surtout une très belle histoire d'amitié, on ne s'ennuie pas une seconde et on apprend beaucoup... Difficile de demander plus, hormis peut-être un délai plus court d'ici le tome 4 !

 

Pierre Burssens

 

O'Boys, tome 3 "Midnight Crossroad, Dargaud.



Publié le 27/06/2012.


Source : Graphivore


Les Dieux du Nil, à la découverte du Panthéon Egyptien

C'est la fête à Per Bast, où les célébrations de la déesse Bastet ont même attiré la royale famille du Pharaon. Mais pour les chats, c'est autre chose ! Leur grande prêtresse vient de traverser le Noun et il leur faut élire sa remplaçante. Le babouin Apoua a entendu parler d'une chatonne blanche qui ne peut qu'être l'élue. Pour la chatte Néfertiti, c'est une nuit de périples aux mille dangers qui commence...

 

On le sait depuis « Ishanti », Crisse nourrit une véritable fascination pour la mythologie égyptienne. Amoureux de ce panthéon protéiforme, où les animaux humanisés le disputent aux sculpturales déesses, il a conçu ce nouveau livre comme une balade. Celle de Néfertiti, sa nouvelle héroïne, élégamment rythmée par des croquis aussi expressifs que charmants. Mais nous sommes également invités à nous balader parmi ces somptueuses illustrations en pleines pages, fabuleusement rehaussées par Fred Besson, Coloriste attitré de Crisse, celui-ci confère une touche on ne peut plus disneyienne à ce panthéon, pour un résultat époustouflant et totalement unique en son genre.

 

 

 

Pour le néophyte, partir à la découvertes du panthéon des dieux égyptiens et périphériques est un véritable ravissement. Et cela dit même les connaisseurs reconnaîtrons le travail accompli dans ce bel opus. D’Horus à Isis, de Râ à Osiris, vous vous délecterez des histoires et anecdotes qui entourent ces dieux et déesses mythiques. L’Égypte fascinante vous est délivrée par des artistes de talents. Un bel écrin qui renferme un cadeau supplémentaire aux lecteurs,  un étui en troisième de couverture contenant quatre superbes illustrations. Rendez-vous sur le Nil et laissez-y voguer votre imagination par le truchement des œuvres de Crisse et Besson.

 

 

 

Les Dieux du Nil, sortie le 15 juin 2012 chez Lombard, 96 pages au prix de 34,95 €



Publié le 06/06/2012.


Source : Graphivore


Le fabuleux Abéféédaire Farfelu

De l'Aubépine aux monstres les plus Zinnomables du petit peuple, Filibert BOHRUZIG , expert reconnu en la matière, égrène les différents aspects de la féérie, prodiguant conseils, anecdotes, et autres petits contes pour grands enfants pas si sages.

C'est sous les traits avisés d'un expert es Korrigan que ce recueil à été édifié constituant le plus inattendu des dictionnaires sur la féérie. Pléthores de monstres peu ragoutant, Aubépine, Dryades, Farfadets, Leprechauns, Morgans, rien n'échappe à l’Abécédaire de pascal Moguerou qui l'agrémente d'illustrations toutes aussi féériques et fantastiques.

 

 

 

Breton de toujours, il est considéré comme l'un des plus grands spécialistes du petit monde. Illustrateur réputé, notamment pour ses couvertures, il est aussi et surtout l'auteur de nombreux ouvrages de références sur les fées et le monde des Korrigans.

Parsemé d'anecdotes légères jusqu'aux sombres vérités, l'auteur vous invite à découvrir cet univers de fééries sous toutes ses coutures. Des contrées, lieux et leur habitants extra-ordinaires.

Ajoutons à cela, la plume indispensable de Filibert Bohruzig pour parfaire ce recueil enchanteur qui vous donnera une excellente occasion de vous évader des turpitudes de ce bas monde. Un voyage au cœur de l'imaginaire dont vous n'aurez cesse de ressentir l'envie d'y retourner.

 

 

 

 

Le fabuleux Abéféédaire Farfelu

Parution le 15 juin 2012 chez Lombard,  96 pages au prix de 34.95€


Publié le 06/06/2012.


Source : Graphivore


Ecosse, Terre de légendes, un voyage fantastique

Que vous soyez elfe, lutin, fée ou tout autre voyageur du Petit Peuple, ce guide vous sera très utile pour visiter l’Écosse ! Écrit par le brownie Meegrit, suite à ses rencontres avec diverses créatures fantastiques au cours de son dernier voyage à travers les différentes régions du pays, il vous aidera à éviter les pièges et autres chausse-trappes à la croisée des chemins. Vous y trouverez également une sélection des meilleures adresses : artisans, pubs et auberges. Désireux de renouveler un peu le genre, Michel Rodrigue et David Pellet ont créé un livre illustré unique en son genre, véritable « guide du routard » du fantastique écossais. Derrière le ton souriant de Meegrit, les auteurs n’en demeurent pas moins sérieux quand il s’agit de partager les nombreuses légendes glanées par Michel Rodrigue au cours de ses pérégrinations écossaises… ou de les inventer ! David Pellet n’est pas en reste : inspiré par ces contes et légendes, le dessinateur peut laisser libre cours à son talent, alternant les styles et les traités graphiques avec brio.

 

 

 

Un ouvrage indispensable, sous peine de croiser un Nuckelavee au détour d’une lande sauvage ou… de manquer de somptueux tartans ! « L’Écosse, terre de légendes » est né d’un partenariat inédit entre les éditeurs Le Lombard et Huginn & Muninn. Fort de 66 ans de planches et de bulles, depuis les premières pages du journal « Tintin » jusqu’aux actuels albums de « Thorgal », « Alpha », « Léonard » ou bien encore « Les Schtroumpfs », Le Lombard est bien connu des bédéphiles. Huggin & Munnin est une maison d’édition spécialisée dans les beaux livres et la culture geek, que sa jeunesse n’a pas empêché de s’imposer comme une référence du secteur, grâce à des succès tels que « Lego Star Wars » ou « L’Encyclopédie Harry Potter ». « L’Écosse, terre de légendes », « Le fabuleux Abéféedaire farfelu » (Moguerou) et « Les dieux du Nil » (Crisse et Besson) ouvrent ainsi le bal d’une nouvelle ligne de livres d’illustrations, née de la conjugaison de leurs talents et rassemblant les meilleurs auteurs dans les plus beaux livres. Finement ouvragés, ces derniers ont été pensés comme autant d’écrins pour sublimer les univers des grands noms de l’illustration et du 9e Art.

 

 

 

 

Véritables collectors, ces albums grand format sont imprimés sur un papier luxueux, et contiennent chacun quatre dessins prêts à encadrer, pour le plus grand plaisir des amateurs d’imaginaire graphique.

 

Ecosse. Terre de légendes

Un véritable guide de voyage, indispensable à tout touriste impatient de découvrir les richesses cachées de l'Ecosse, depuis le monstre du Loch Ness jusqu'aux sorcières qui font s'échouer les navires au large des côtes.

Ecosse. Terre de Légendes

Sortie le 15 juin 2012

Scénario : RODRIGUE
Dessin : PELLET DAVID

Edité chez Lombard, 96 pages au prix de 34.95 €



Publié le 06/06/2012.


Source : Graphivore


Coup de coeur : Conquistador

emblant tombé en disgrâce auprès du Roi d'Espagne, Cortès s'apprête  à quitter provisoirement Tenochtitlan pour repousser l'expédition punitive menée par Ponfilo de Narveaz. L'Espagne pense que Cortès s'enrichit personnellement au détriment de la couronne.
En homme avisé, Cortès convoque un homme dont les qualités d'homme d'armes ont fait parler de lui : Hernando Royo. Il lui confie une mission : s'emparer d'une partie du trésor accumulé dans le temple et de déposer le butin aux pieds du Roi afin de faire taire les rumeurs d'enrichissement personnel. La pièce maitresse étant constituée par l'amulette de Txlaka, objet devant lequel tous les prêtres de l'empire se prosternent et obéissent.


Royo accepte la mission sans rechigner mais se voit commandé par une femme du nom de Catalina guerero. Celle-ci n'ayant pas froid aux yeux met au point un plan qui grâce à la complicité d'une jeune fille esclave du grand prêtre Oczu, devrait leur permettre de pénétrer dans la salle du trésor. A la grande surprise du petit groupe, l'esclave les trahit. Le piège se referme sur les voleurs. Oczu jubile. Les avertissements lancés à l'adresse de l’empereur s'avèrent être exacts. Ce ne sont pas les envoyés du dieu Quetzacoatl mais de vulgaires mortels et voleurs de surcroit. Par un moment d'inattention, la situation tourne en faveur de la petite troupe et ceux-ci s’échappent. Oczu sacrifiant un de ses bras au dieu Txlaka réveille sa colère. La petite troupe prends les chemins de traverse et enfouit le butin à l’exception de l'amulette de Txlaka...

 


Dufaux utilise l'histoire et ses noms célèbre pour nous mener dans un récit ou se mêle réalité et fiction. Il manie à la perfection ce type de scénario où le hasard n'est pas une coïncidence. Du très bon scénario qui ne mérite aucun commentaires sinon : que vivement la suite !


Cortès est réellement tombé en disgrâce auprès de la cour d'Espagne et Ponfilo de Narvaez a réellement mené une expédition punitive à l'encontre de Cortès soupçonné de s'enrichir au détriment de la couronne. Ils ne se sont point affrontés mais ont fait alliance. Les Espagnols ont profité d'une éclipse qui annonçait le retour de Quetzacoatl et la fin du cinquième soleil dans leur calendrier. Cela pouvait signifier la fin du monde. Pour eux, les Espagnols avec leurs chevaux et leurs bouche à feux (canons) étaient bien les dieux annoncés.
Hélas, Cortès n'était pas dieu et il conquit cet immense pays qui devint le Mexique actuel. Il eut même une maîtresse convertie qui se nommait Tenépal (la malincha) elle le servit fidèlement et permit de franchir plus facilement des barrières par la connaissance du pays et de ses coutumes. La Malincha mourut abandonnée sous les tortures de l'inquisition.
Le centre de Mexico est construit sur les ruines du temple de Moctezuma II, rasé par les troupes Espagnoles en représailles au soulèvement faisant suite au massacre de prêtres par Alavarado et sa tentative de voler l'or de Moctezuma. Il faut croire que Dufaux se serait inspiré de Alvarado pour imaginer le vol du trésor.
Moctezuma est mort d'une flèche ou d'une pierre indigène. Ce meurtre fut probablement initié par son propre frère, ou les prêtres qui lui en voulaient de temporiser trop avec les Espagnols..... 

 

 

Xavier nous gratifie de l’excellence de son coup de crayon. Ses personnages expriment parfaitement les émotions que Dufaux veut nous transmettre. Le prêtre Oczu glace les sangs par son visage cruel dans cette époque ou les sacrifices humains étaient courants, malheurs aux perdants. La page de couverture exprime à elle seule la noirceur de ce récit sanguinaire.
Les yeux rendent beaucoup la noirceur de l'âme d'Oczu. Ce personnage m’impressionne particulièrement en page 16,17 et 51.
Xavier excelle  aussi dans le rendu des personnages féminins, il est d'ailleurs dommage de ne les rencontrer qu'en BD ce genre de mignonnes alliant grâce, classe et beauté sauvage, mêlée à un soupons de mœurs légères.
Les détails du dessins sont toujours au rendez vous, veines saillantes, yeux injectés par la rage, corps gracieux ou abjects, paysages luxuriants... Mention spéciale aussi pour le rendu effrayant des sculptures des dieux cruels.
Panier plein pour Xavier. Que dire si ce n'est que  : j'aime !!!!
Mitton (Quetzacoatl) avait en son temps bien rendu cette période de l'histoire, de même que Ignacio Noé (Helldorado), mais ici les détails du dessins sont grandioses.



Publié le 01/05/2012.


Source : Graphivore-Eric Dewit


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