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D’enfant de chœur à instigateur d’un sanglant ciel de colère, la jeunesse de « Sosso » Staline à toutes fins terriblement utiles

Est-ce par obsession de comprendre le mal ou parce que les tyrans sont de bons patients pour les documentaires ou les fictions ? Toujours est-il que les dictateurs, despotes et autres inhumains passés à la postérité d’une Histoire qu’on souhaiterait oublier, n’en auront sans doute jamais fini de nourrir l’imagination et les recherches. Au rayon des tristes sires qui, chaque année, reviennent dans les rayons littéraires ou audiovisuels, il y a Hitler, bien sûr. Mais Staline n’est pas bien loin. Alors que Fanny Ardant vient de lui consacrer un film et de mettre Gérard Depardieu dans sa peau (ou peut-être est-ce l’inverse ?), Arnaud Delalande, Hubert Prolongeau et Éric Liberge consacrent une BD à la jeunesse du « Père des Peuples ».

 

 

 

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

Résumé de l’éditeur : Moscou, 1931. Au coeur du Kremlin, Staline, tout à sa paranoïa démente, se décide sur un coup de tête à raconter les premières années de sa vie. Il entame une terrible confession, qu’il dicte à un pauvre secrétaire du Parti, terrifié. De son enfance perturbée à Gori au séminaire de Tiflis, des hold-ups, coups de force sanglants et premières grèves à Bakou jusqu‘aux prisons de Sibérie, nous assistons à la naissance d‘un monstre, que ses parents et amis appelaient alors affectueusement : «Sosso».

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

C’est dingue comme le (mauvais) sort est coquin. Alors qu’Hitler aurait pu devenir peintre s’il avait été accepté à l’Académie des Beaux-Arts, c’est aussi un tout autre destin qui aurait pu prendre celui qui s’appelait encore Sosho Djougachvili: celui de prêtre. La religion comme première révélation et, pour longtemps, une lueur d’espoir dans sa jeune vie de Géorgien obligé de renier sa culture et ses origines sous peine de gros problèmes. Pourtant, Sosso a une chance, celle d’avoir échappé au futur de cordonnier que lui promettait son ivrogne de père et d’entrer à l’école pour y faire de belles études… à moins que ce ne soit qu’une autre prison. Tour à tour enfant de choeur, gredin, rebelle, lecteur illégal de Zola, Hugo ou Weber, puis motivateur de troupes parmi les cheminots; Staline va partir de rien pour gravir les marches de la violence et devenir un leader, dont le ton est semblable à celui des… prêtres, pour exciter « les vrais soldats du socialisme ».

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

 

Croquis préparatoires ©Éric Liberge

 

La jeunesse de Staline, c’est avant tout un choc graphique emmené tambour battant par des premières planches sensationnelles de violence et de flammes. Une entrée en matière de main de maître par Éric Liberge qui retrouve, pour le coup, Arnaud Delalande (avec qui il avait sorti l’année passée la biographie d’Alan Turing). Le duo s’est aussi consolidé par l’arrivée du journaliste et essayiste Hubert Prolongeau. Un renfort qui n’est pas de trop tant il convient de démêler le vrai du faux pour approcher le « petit père » et obtenir ses confidences à la première personne. Le trio y arrive plutôt bien. C’est clair, précis, d’autant plus que l’atmosphère de cette époque (qui précède la montée, assassine, du moustachu géorgien bientôt appelé aux rênes du pouvoir soviétique) nous tombe dessus. Un grappin dont il est difficile de se défaire, perclus d’araignées noires qui viennent hanter la sombre trajectoire de celui qui prendra bientôt le nom (donc l’écho est encore bien sinistre à l’heure actuelle) : Staline.

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

 

©Arnaud Delalande/Hubert Prolongeau/Éric Liberge

 

Cela dit, toute documentation est bonne à prendre mais sans la consécration graphique, sans doute est-elle vaine ? Combien de biopics qui ne percutent pas à cause d’un dessin trop poli ? Ici, c’est tout l’inverse. S’appuyant sur un scénarioefficace , Éric Liberge a trouvé une expression spectaculaire, épique qui malmène ses « héros » et le lecteur avec. C’est fort, audacieux, terriblement addictif même si quand vient le mot « à suivre », on craint bel et bien de ne pas être au bout des peines que Joseph va nous faire endurer.

 

Alexis Seny

 

Série :  La jeunesse de Staline

Tome : 1 – Sosso

Scénario : Arnaud Delalande et Hubert Prolongeau

Dessin et couleurs : Éric Liberge

Genre : Historique, Biopic, Politique

Éditeur : Les Arènes

Nbre de pages : 72

Prix : 17 €



Publié le 08/02/2017.


Source : Bd-best


C’est reparti pour un (re)tour en DeLorean, des aventures inédites pour Marty McFly et Doc Brown en… comics

Alors, ça vous rappelle des souvenirs ? Difficile de ne pas sourire et de nourrir un peu de nostalgie avec cette musique et ces images. Une nostalgie qui a d’abord pris les musique (en témoigne le succès de Stars 80 et les soirées 80’s) avant de contaminer peu à peu le cinéma (Les gardiens de la Galaxie, Ghostbusters, Kung Fury…) et les séries (Stranger Things, ça vous dit quelque chose ?). Les comics ne sont évidemment pas en reste puisqu’on a vu fleurir et revenir pas mal de films culte qui n’auront sans doute jamais de suite dans de nouvelles suites, dessinées cette fois. C’est le cas notamment avec Big trouble in little China mais aussi Escape from New York. Kurt Russell en vedette mais Marty McFly et Emmett Brown émergent et compte bien orienter le retour dans le passé vers le… futur. Avec un beau casting à bord de la mythique DeLorean.

 

 

 

 

 

© Chris Madden chez IDW Publishing

 

 

© Chris Madden chez IDW Publishing

 

C’est un fait qu’est venu prouver et renforcer la commémoration des trente ans, en 2015, le souvenir de la trilogie initiée par Robert Zemeckis demeure impérissable dans le coeur de nombreux cinéphiles mais aussi au coeur de la culture populaire. Eighties jusqu’au bout des curieux boutons imaginés par le Doc, Retour vers le futur est passé à la postérité et 2017 sera démodé bien avant que cette franchise qu’on se repasse allègrement ait un cheveu blanc. La preuve, encore récemment, deux Bastognards fous mais pas de trop ont recréé la DeLorean à partir d’une… Citroën BX : ils ont fait fureur. Et malgré l’engouement populaire et l’appel de l’argent facile pour les studios, tel un petit Gaulois bien connu, Robert Zemeckis refuse encore et toujours à donner un petit-frère à la trilogie originale. C’est tout à son honneur. Marty et Emmett ont sans doute fait leur temps sur grand écran…

 

 

© Dans Schoening chez IDW Publishing/Flamival

 

 

© Dans Schoening chez IDW Publishing/Flamival

 

… mais pas sur papier. Et profitant du beau mois d’octobre 2015, l’époque où Marty McFly devait arriver dans le futur, IDW Publishing (l’éditeur bien connu des cinéphiles-comicsophiles) a lancé une série de comics prolongeant le plaisir et relatant des histoires courtes, inédites et aux chronologies parfois alternatives. Pour se glisser dans cette reprise qui pourrait s’avouer impardonnable si elle perdait l’essence de la série, pas d’apprentis-sorciers mais quelques auteurs bien connus. À commencer par Bob Gale, producteur et scénariste de la série originale, qu’on retrouve à la plume des neuf des synopsis et/ou des scénarios des neuf premières histoires ici compilées par les toute jeunes éditions italo-francophones Flamival.

 

 

© Bob Gale/John Barber/Erik Burnham/Marcelo Ferreira/Diego Rodriguez chez IDW Publishing

 

 

© Bob Gale/John Barber/Erik Burnham/Marcelo Ferreira/Diego Rodriguez chez IDW Publishing

 

Bob Gale, dont l’enthousiasme ne semble pas avoir pris une ride et qui a mis un point d’orgue à préserver l’âme de cette histoire de voyage dans le temps et à concerner les personnages tout en profitant des parts d’ombres existant sur le tissu de la trilogie. Sans limite, Bob Gale prend ainsi soin de remuer passé, présent et futur avec cohérence et sans oublier d’explorer ce qu’il se passe dans le passé après le passage de notre tonitruant duo. Un duo bien accompagné puisque, on le disait, outre Bob Gale, d’autres éléments forts du monde des comics ont intégré l’aventure. Au scénario, on trouve, tour à tour ou même ensemble, John Barber (qui a déjà fait ses preuves chez Marvel mais aussi IDW, de Doctor Strange/Punisher à Action Man et Optimus Prime) et Erik Burnham (également chez IDW et auteur de Ghostbusters, Scarlet Spider ou autre TMNT). Au dessin, pas de quoi non plus faire la fine bouche puisque le casting regroupe quelques fines lames du dessin qu’il soit plus réaliste  (Brent Schoonover, Ryan Browne, Alan Robinson) ou qu’il lorgne vers l’animation (Erik Evensen, Marcelo Ferreira ou l’incontournable Dan Schoening qui signe aussi pas mal des fameuses couvertures de cet album, dont quatre mises côte à côte forment une fresque). Les couleurs, elles aussi, sont bien trempés pour faire corps avec le dessin.

 

 

© Dan Schoening chez IDW Publishing

 

 

© Dan Schoening chez IDW Publishing

 

Mais venons-en à ce qui vous intéresse : les histoires ! Comme pour les fromages belges, il y a un peu de tout. Et la fine équipe joue sur du velours, sans facilité aucune, en évitant de copier l’histoire telle qu’elle a été écrite par le Septième Art et se gardant bien de lui donner l’épisode de trop. Ainsi, les histoires qui trouvent place, ici, doivent plus être envisagées comme des bonus, des petits secrets entre Marty et sa bande qui voient aujourd’hui un plus grand jour, apportant aussi une nouvelle lumière sur des éléments de la saga. Un peu comme le fait JK Rowling sur le site Pottermore, mais en BD.

 

 

©Bob Gale/Erik Burnham/Erik Evensen/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

 

©Bob Gale/Erik Burnham/Erik Evensen/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

Car, oui, résolument, on prend les mêmes et on recommence, et il n’était pas question de tromper l’univers délirant et attachant créé par Zemeckis, Lloyd, J. Fox & co. C’est fondamentalement la même ambiance qu’on retrouve, la même dynamique entre Marty et Emmet, les mêmes ennemis que sont Biff (qui, à force d’être vicieux, devient même le héros d’une courte expédition dans l’ère… jurassique) et Needles, les mêmes enjeux… et bien plus encore. Car ce recueil commence évidemment par la toute première rencontre de Marty et Doc, faite d’humour et de pièges inventifs. Plus loin, on en apprend un peu plus sur Clara, la femme d’Emmett. Puis, il y a l’achat de la mythique DeLorean qui fera rêver des millions de cinéphiles pas réfractaires aux belles mécaniques et ce questionnement qui ne cesse de hanter le George et la Lorraine des années 80 variant autour du « où est passé Pierre « Marty » Cardin ? » et donnant lieu à une pirouette capillaires inattendue sous le dessin électrique de Corin Howell.

 

 

© Bob Gale/John Barber/Corin Howell/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

 

© Bob Gale/John Barber/Corin Howell/Jose Luis Rio chez IDW Publishing

 

Plus loin que les clins d’oeil et les références, les auteurs n’oublient pas de réinventer l’histoire en palliant le « déjà-vu » par le « ce qu’on aurait pu voir », évitant de ne jouer que sur la nostalgie superflue. Bref, au fil de ces histoires brillant par leur foisonnement graphique et leur diversité (chaque auteur est comme un poisson dans l’eau entre Marty et le Doc), on découvre un album original et pétillant, empli de talent et qui ne perd pas de vue le fan service mais s’en émancipe pour prouver son originalité dans un joyeux mélange des genres. Et un deuxième recueil devrait voir le jour au printemps, nom de Zeus !

 

Alexis Seny

 

Titre : Retour vers le futur

Sous-titre : Histoires inédites et chronologies alternatives

D’après les personnages et l’univers créés par Bob Gale et Robert Zemeckis

Scénario : Bob Gale, John Barber et Erik Burnham

Dessin : Dan Schoening, Brent Schoonover, Marcelo Ferreira, Chris Madden, Corin Howell, Tony Fleecs, Alan Robinson, Ryan Browne, James Silvani, Erik Evensen.

Couleurs : Luis Antonio Delgado, Kelly Fitzpatrick, Diego Rodriguez, Chris Madden, Jose Luis Rio, Tony Fleecs, Jay Fotos, Jordie Bellaire

Traduction : Bart Baruffaldi

Genre : Fantastique, Aventure, Humour

Éditeur: Flamival (Page Facebook)

Nbre de pages : 116

Prix : 13,70€



Publié le 07/02/2017.


Source : Bd-best


Une vie de papa, L’épilogue « dix ans après » montre l’état de la famille après une ellipse d’une décennie

  « - Un enfant… Va falloir que je le prenne en main tout de suite… S »agit pas qu’il fasse sa loi ! C’est vrai, il me doit le respect après tout ! C’est que je pourrais être son père à ce sale gosse ! Mais… Je suis son père ! Aïe Aïe Aïe Aïe Aïe ! »

 

            Tiens ? Ils ont sorti une nouvelle version de Star Wars en BD ? Dark Vador est devenu héros d’une série chez Dargaud ? Pas du tout. Celui qui prononce la phrase mythique « Je suis son (ton) père ! » est Nicoby, l’auteur même de cet album, qui se met en abyme dans une chronique sur le métier de nouveau papa. C’est peut-être le plus beau du monde mais certainement pas le plus facile. Mais, rassurez-vous, Nicoby ne se positionne ni en Régine Pernoud du lecteur de BD, ni en chantre de l’égalité dans la vie de famille. Ce livre n’a qu’un seul but : tourner en dérision le rôle du père à l’arrivée de bébé.

 

 

 

 

 

            Une vie de papa est divisée en quatre chapitres dont les trois premières furent publiées en 2007 aux éditions Six pieds sous terre. Nicoby les a entièrement redessinés et complétés par un épilogue. Avant, pendant, après, dix ans après : ces quatre épisodes constituent un résumé fidèle du bouleversement généré par l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille. Quiconque a eu des enfants se reconnaîtra indubitablement dans la majorité des situations relatées par le dessinateur. Des tourments du futur père s’inquiétant s’il tiendra bien son rôle aux confidences au bon copain, des considérations cartésiennes de la mère aux premiers mots maladroits du bambin, pas un moment charnière ne manque. Si la maman peut sembler trop sérieuse, le papa est souvent tourné en ridicule, pris à juste titre à son propre jeu du grand adolescent qui n’est pas encore tout à fait prêt à assumer son rôle de père.

 

            L’épilogue « dix ans après » montre l’état de la famille après une ellipse d’une décennie. L’enfant est ado, une petite sœur est là, déjà grandette. Mais cette fin est si courte qu’on rêverait de la voir développée sur un album entier.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

One shot : Une vie de papa !

Genre : Humour

Scénario, dessins & couleurs : Nicoby

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 88

Prix : 14,99 €

ISBN : 9782205076608



Publié le 07/02/2017.


Source : Bd-best


William Adams, Samouraï prépare le terrain au Silence de Scorsese et raconte l’incroyable histoire du premier Anglais au Japon

Alors qu’il a choisi la voie du sabre et de l’Asie depuis quelques années pour inspirer sa fibre scénaristique (mais pas que) avec des récits comme Shanghaï ou La voie du sabre, justement, Mathieu Mariolle (vous vous souvenez, on avait relu il y a quelques semaines son terrible Blue Note, les dernières heures de la prohibition) récidive avec Nicola Genzianella et William Adams, Samouraï qui se retrouve prisonnier aux Confins du monde. Le premier tome d’un diptyque.

 

 

 

 

 

© Mariolle/Genzianella

 

 

© Mariolle/Genzianella

 

Résumé de l’éditeur : Au XVIIe siècle, William Adams, un marin anglais, fait naufrage sur les côtes du Japon. Il découvre un pays au bord de la guerre civile, divisé par les luttes de pouvoir qui opposent le général Tokugawa aux quatre régents pour l’accession au titre de Shogun. Pris au piège dans cette contrée où tout lui est étranger, sa connaissance de la technologie maritime et des armes fait rapidement de lui l’instrument de ce conflit. Alors que les régents et les jésuites, hostiles à la présence d’un protestant dans le pays, réclament sa mort, le général Tokugawa lui sauve la vie. Le destin de ces deux hommes va alors se sceller de manière indissociable.

 

 

© Mariolle/Genzianella/Alquier chez Casterman

 

 

© Mariolle/Genzianella/Alquier chez Casterman

 

Avant toute chose, il est étonnant de voir à quel point la parution de ce nouvel album fait écho à une autre histoire qui verra, elle, le jour sur grand écran: le tant attendu Silence de l’immense Martin Scorsese. L’ambiance de ce Japon du XVIIème siècle dans lequel débarque notre héros-malgré-lui nous rappelle, en effet, la bande-annonce de ce film vue il y a quelques jours. La mer, la plage, une affaire de religion et la crucifixion des chrétiens hérétiques (non-jésuites). Voilà donc une BD qui pourrait très bien vous aider à prendre votre mal en patience avant la sortie du film… ou le prolonger une fois que vous l’aurez vu.

 

 

 

 

© Mariolle/Genzianella/Alquier chez Casterman

 

L’histoire n’est bien sûr pas la même mais elle aussi implique la découverte d’une culture différente et un pays dont la pensée est dirigée et cadenassée par les Jésuites qui se débarrassent assez facilement des grains de sable qui pourraient enrayer leur mécanisme d’endoctrinement. Pour ce faire? Il y a assez de croix le long des routes pour accueillir ces « ennemis ». Problème : lorsque l’Anglais William Adams, ce navigateur sous les couleurs hollandais protestant s’échoue sur les côtes de la Mer de Chine, « une terre de sauvage et primitive peuplée de barbares » croit-il alors, il présente très vite un intérêt pour le général Tokugawa le prend très vite sous sa protection. En effet, en pleine lutte des régents qui risque bien de tourner en guerre civile, mieux vaut avoir les armes pour se défendre et vaincre. Et il se trouve que le navire de William, des armes il y en a un beau stock auquel le marin commerçant pourrait initier Tokugawa et ses hommes. Entre devoir moral et envie de survie, William va devoir trancher… ou se faire trancher.


C’est un très beau diptyque inspiré d’une véritable histoire que commencent, ici, Mathieu Mariolle, Nicola Genzianella et Fabien Alquier. À l’instar de leur personnage principal malmené par le sort, le trio envoie le lecteur en voyage dans un Japon insoupçonné, plus vraiment médiéval mais pas encore vraiment moderne, sensible à une guerre de religions qui n’avait pas vraiment de raison de l’épargner. Le format de cette histoire, répartie en deux volumes, permet ainsi à Mathieu et Nicola de ne pas galoper, de prendre leur temps pour installer intrigue et ambiance, pour faire exister le mauvais temps sur la falaise, la pluie, le coucher du soleil, la moisissure des prisons et la férocité des combats aussi. Cela permet aussi quelques double-planches de bien belle facture. Jouant de tension et de malaise, l’intrigue de Mathieu Mariolle trouve sous les traits de Nicola Genzianella et la couleur de Fabien Alquier, un superbe écrin.

 

Alexis Seny 

 

Titre : William Adams, Samouraï

Tome : 1/2 Aux confins du monde

Scénario : Mathieu Mariolle

Dessin : Nicola Genzianella

Couleurs : Fabien Alquier

Genre : Aventure, Historique

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€



Publié le 06/02/2017.


Source : Bd-best


La guerre de l'Opium, un soldat français, un empire du Milieu, une aventure poignante.

Voici un thème inhabituel abordé par trois auteurs (Alcante, Bollée et Besse). L'intérêt pour la Chine par les grandes puissances de l'ère de Napoléon III (1856) via des expéditions communes sous l'appellation de Guerre de l'Opium. Nous sommes donc dans la deuxième moitié du 19éme siècle et suivons un jeune héros plein de pugnacité, un Laowai comme le disent les chinois de l'époque, un étranger à l'Empire du milieu.

 

Résumé de l'éditeur : 1859. L'empereur Napoléon III et le royaume d’Angleterre préparent une nouvelle campagne contre la Chine. François Montagne et Jacques Jardin, soldats et amis de longue date, veulent à tout prix en faire partie. Mais les places sont chères. Seuls les meilleurs seront choisis... Deux mois plus tard, après une sélection et un entrainement draconiens, ils embarquent finalement pour l’Empire du milieu. Sur le navire, Montagne se lie d’amitié avec un étrange couple, un vieux diplomate marié à une jeune Chinoise. Mais arrivé à la concession française de Shanghai, le jeune soldat français découvre que derrière les motivations politiques et diplomatiques de cette guerre se cache un enjeu bien moins noble : la commercialisation de l’opium en Chine.

 

 

 

 

 

 

Il s'agit avant tout d'une aventure romanesque à l'exotisme exacerbé. En avant pour Shanghai et ses mystères avec un prêtre en proie à un supplice des plus pénible au sort funeste. En effet, enfermé dans une cage de bois et après avoir subit une longue torture, il sera décapité. C'est sur cette entrée dramatique que débute le récit. Un jeune soldat du nom de François Montagne affrontera bien des péripéties et d'épreuves pour parvenir à son but, se faire sélectionner pour faire partie de l'expédition qui se fomente au sein de l'Empire du Milieu. Ils ignorent ce qu'il les attends et le plus dur reste à venir avec une intrigue dont nous ne vous dévoilons pas toute l'essence afin d'attiser votre curiosité.

 

 

 

 

 

 

Nous assistons à un subtil mélange entre fiction et réalité, distillés avec maestria par les scénariste Bollée et Alcante. apparition, du général Senggeliquin, épreuves douloureuses, récit haletant, suspense intenable et révélation sont les ingrédients de base d'un menu rondement mené. Le dessin et la maîtrise graphique de Xavier Besse fini de rendre à l'histoire toute l'intensité d'un premier tome riche en rebondissements. Les décors sont techniquement réussis et la colorisation judicieuse. Une fresque historique qui ravira certainement les amateurs du genre autant que les néophytes. Un premier tome qui tient toutes ses promesses et nous engage à attendre la suite avec impatience.

 

Tyler Craig

 

Série : Lao Wai

Tome : La guerre de l'Opium

Scénario et dessin : Alcante, Bolée, Besse

Couleurs : Besse

Collection : Grafica

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90€



Publié le 01/02/2017.


Source : Bd-best


Rien ne va plus chez Lucky Luke : Jolly Jumper fait la gueule, Averell est boulimique et Bouzard nous fait (fou) rire

Comme beaucoup, il y a quelques mois, nous avons eu un peu peur en voyant arriver au loin le poor lonesome cowboy dans un style totalement décomplexé et à des lieues de l’image donnée par Morris, Achdé ou plus récemment Mathieu Bonhomme. En s’attelant à l’homme qui tire plus vite que son ombre (et on va comprendre pourquoi), Guillaume Bouzard et Lucky Comics faisaient un pari très risqué et novateur. Après lecture, on peut vous avouer qu’il est complètement réussi… même si Jolly Jumper fait la gueule. Bonus et preview à la fin.

 

 

 

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Dargaud

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Lucky Comics



Résumé de l’éditeur : Jack Dalton (ou William ? – qui, au fond, sait différencier les deux frères du milieu ?) entreprend une grève de la faim en prison. Lucky Luke est appelé à la rescousse pour résoudre cet énième problème lié aux Dalton. Mais il doit aussi faire face à une autre situation, celle-là inédite et gravissime : Jolly Jumper est boudeur, il fait la tête et ne lui répond plus. Lucky Luke tente désespérément de renouer le dialogue avec son fidèle destrier…

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Dargaud

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Lucky Comics

 

Et si Lucky Luke avait été un imposteur ? Que son ombre avait été trop lambine, lui permettant ainsi de prendre tout son temps pour tirer plus vite qu’elle ? Si, sa répartie habituelle n’avait été que la conséquence d’une incapacité chronique à saisir le second degré ? Regardez-le, ce cavalier en noir-jaune-rouge-bleu totalement démodé, il n’est même plus capable de faire obéir son cheval, ce héros. La triste réalité a rattrapé le héros légendaire et il doit bien faire avec dans une aventure aussi improbable que dangereuse.

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Dargaud

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Lucky Comics

 

Avec un trait depuis toujours à des années-lumière de l’académisme des géants franco-belges, Guillaume Bouzard était bien conscient qu’il lui faudrait puiser dans des ressources bien différentes des naturels argument de Luke pour faire mouche et viser juste.

 

 

© Guillaume Bouzard chez Dargaud

 

 

© Guillaume Bouzard chez Lucky Comics

 

Bien loin du réalisme déployé par un Matthieu Bonhomme, c’est sur le décalage total et barré qu’a misé Guillaume Bouzard. Un déferlement d’humour et de vannes comme on ne pensait jamais en voir, de cette manière, dans Lucky Luke.

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Dargaud

 

 

© Guillaume Bouzard/Philippe Ory chez Lucky Comics

 

Un humour qui n’appartient qu’à Bouzard et qui jaillit quasiment toutes les deux cases, de la couverture à la quatrième de couverture revisitée comme il se doit (« Lucky Luke, l’homme qui… a eu l’idée de tirer sur son ombre »). Bref, on oublie bien vite ce dessin, qui se révèle d’ailleurs terriblement efficace et en osmose avec les couleurs appliquées par Philippe Ory, et on se retrouve fort sensible à cet humour singulier, recherché, cumulant les running gags sans trop en faire et n’hésitant pas à se moquer de ses personnages (les Frères Dalton, du plus petit au plus grand mais, aussi, du plus mince au plus gras). Avec quelques fous rires à la clé !


Alexis Seny


Série : Lucky Luke

Tome : Jolly Jumper ne répond plus

Scénario et dessin : Guillaume Bouzard

Couleurs : Philippe Ory

Collection : Lucky Luke par…

Éditeur : Lucky Comics / Dargaud

Nbre de pages : 48

Prix : 13,99€



Publié le 01/02/2017.


Source : Bd-best


Paysage après la bataille, une expérience intime du deuil qui suspend le temps

Est-on encore en 2016? Ou commence-t-on par anticipation 2017? Entre le 25 décembre et le premier janvier, si l’horloge continue de tourner, le temps semble suspendu. Un bien, un mal, c’est comme ça. Et c’est sans doute le moment propice pour entamer la lecture de Paysage après la bataille des deux Belges Éric Lambé et Philippe de Pierpont. Une oeuvre dépouillée comme une parenthèse entre les drames de la vie et le courage de leur survivre.

 

 

 

 

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

Résumé de l’éditeur: L’auto-radio passe Blackbird, Fanny roule vers son ultime refuge, un camping/caravaning sous la neige. Là, avec l’aide des derniers habitants du lieu, elle tentera de chasser ses oiseaux noirs et de soigner ses blessures.

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

Le lapin est mort ce soir, étalé dans un prologue silencieux du récit. Il ne criera pas « je suis en retard » et ça tombe bien, Fanny n’a rien d’une Alice, juste là, entre imaginaire et réalité, au bon moment. Ici, dans les années 2010 ou il y a 200 ans sur le champ de bataille où se fracassent les armes, quelle importance? La douleur et le vide sont les mêmes, il faut enjamber les cadavres et les incertitudes, faire le choix entre renoncer ou continuer. « Blackbird singing at the dead of the night. »

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

Pourquoi Fanny est arrivée dans ce coin perdu qui ressemble au bout des Ardennes? On ne le sait pas encore comme on ne sait pas combien de temps tiendra ce refuge face au monde extérieur et ce qu’elle laisse derrière elle. Combien de temps encore les drôles d’habitants (un céphaloclastophile, un vieux couple qui n’a d’autre passe-temps que de juger les autres, un chasseur guère rassurant et… les fantômes) de ce camping de la dernière chance la laisseront tranquille avec ses démons? Le lien humain refera-t-il un jour sens?

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

C’est Noël, il y a de la neige et des sapins lumineux, mais la couleur reste terne, grise même si les auteurs essayent de faire poindre quelques couleurs. Timides. Car il faut du temps pour oublier. Véritablement sensoriel, le quatrième album de Philippe de Pierpont et Éric Lambé (le premier depuis 2008, il faut dire que le scénariste a eu une actu chargée côté Septième Art) explore avec justesse et onirisme le chaos qui s’invite dans nos vies terriennes. Le duo fonctionne à l’économie de mots et de cases (le plus souvent, une à quatre par planche) dans une atmosphère quasi-fantasmagorique. Pas étonnant d’ailleurs que de Pierpont ait préféré le Neuvième Art au Septième pour mettre en images cette histoire. Un récit tantôt retenu, tantôt submergé par les émotions.

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

 

© Philippe de Pierpont/Éric Lambé chez Acte Sud/FRMK

 

Le dessin d’Éric Lambé est parfait pour mélanger fantasme horrifique, symbolisme intrigant et réalité pure et dure. Et de ce tourbillon de sentiments, de sensations, qui trouve dans l’art un refuge, naît un voyage étrange et affolant, au coeur même du vacillement humain… et de son sursaut! Intense.


Alexis Seny


Titre: Paysage après la bataille

Récit complet

Scénario: Philippe de Pierpont

Dessin et couleurs: Éric Lambé

Genre: Récit initiatique, Psychologique

Éditeur: Actes Sud BD/FRMK

Nbre de pages: 432

Prix: 29€



Publié le 29/01/2017.


Source : Bd-best


La BD n’en finit plus avec le western et les shérifs n’ont qu’à bien se tenir, les croque-morts sont en forme

Faut-il encore vous le marteler ? Alors qu’il s’était quelque peu éteint, il n’y a pas si longtemps, le western revient indéniablement en force depuis quelques temps. Au cinéma, d’abord, suivi de près par la BD qui, sans se défaire des séries qui sont encore dans bien des mémoires de bédéphiles, a publié quelques réussites éclatantes et mémorables, ces derniers mois. Et, a priori, c’est loin d’être fini. La preuve avec trois albums dont on n’a pas fini de parler et qui nous emmène dans les plaines ou dans la poussière, jamais bien loin d’une pétarade bien sentie.

Duke, ultra-western solitude

Résumé de l’éditeur : Duke est un homme tourmenté. Shérif adjoint d’une petite bourgade, convaincu par la dimension morale de sa mission, il est aussi un tireur d’élite habitué à la violence. Quand un conflit se déclare entre mineurs et propriétaires terriens, Duke doit quitter sa neutralité. Et recourir à ce qu’il connaît le mieux et redoute le plus : ses armes.

 

 

© Maffre/Maffre/Durandelle chez Dargaud

 

 

© Yves H/Hermann chez Le Lombard

 

Commençons d’abord par le plus traditionnel, histoire que vous retrouviez vos bonnes vieilles habitudes en compagnie d’un sacré tireur… de portraits burinés par le temps et les affres des aventures risquées. À 78 ans, Hermann ne s’arrête jamais et lance une nouvelle série en compagnie de son fils, Yves H. Son nom ? Duke, un patronyme qui n’est pas sans évoquer une autre gloire du western, à savoir… John Wayne.

 

 

© Yves H/Hermann chez Le Lombard

 

 

 

© Yves H/Hermann chez Le Lombard

 

Pourtant, il n’y a pas à dire, le Duke de BD n’a pas franchement la carrure de l’acteur de Rio Bravo et ressemble plus à Lee Van Cleef. Un héros taiseux, discret, totalement emmêlé dans des démons qui ne veulent pas le lâcher et moqué par les hommes de main du riche industriel minier qui appuie son pouvoir d’une main de fer sur la petite ville d’Ogden. Ici, tout tourne autour de la mine. Une mine ingrate qui fait la richesse des uns mais peine à sortir ses travailleurs acharnés de la misère. Alors une pépite si facile à mettre en poche, l’air de rien, ça donne des envies de fraude. Mais encore faut-il, sous cette terre qui noircit les âmes et les actes, avoir la lucidité de ne pas se faire pendre. Et Cummings va l’apprendre à ses dépens et à celles de sa famille. Car les chiens-fous attendent leur heure pour se répandre et se repaître de violence.

 

 

© Yves H/Hermann chez Le Lombard

 

 

© Yves H/Hermann chez Le Lombard

 

Le monde se divise en deux catégories. Il y a des westerns pour rire et d’autres pour pleurer. C’est indéniablement à cette deuxième qu’appartient le premier tome de Duke, La boue et le sang. Irrésistiblement désespéré, le chemin de croix imaginé par les deux « H » entraîne ce shérif adjoint désillusionné dans une course à la douleur à l’issue bien incertaine. Du printemps florissant à l’hiver enneigé, du jour à la nuit et de la vie à la mort. Peu bavard mais évitant aussi le tout-à-l’action, ce premier tome offre une épopée vengeresse calibrée et aux décors magnifiques. Trash quand il faut l’être, on est presque étonné de savoir que l’aventure se prolongera tant le lecteur n’est sûr de rien. Aucune piste n’est lancée et Hermann et H. en fieffés coyotes ont bien compris que c’est l’incertitude qui génère l’attente.

 

Alexis Seny

 

Série : Duke

Tome : 1 – La boue et le sang

Scénario : Yves H

Dessin et couleurs : Hermann (Facebook)

Genre : Western

Éditeur : Le Lombard

Néré de pages : 56

Prix : 14,45€



Publié le 25/01/2017.


Source : Bd-best


Dobss et Moreau ouvrent la collection HG Wells chez Glénat avec une oeuvre magistrale

Les voyages dans le temps ont toujours fasciné l'humanité. De l'enfance à l'âge adulte, nombres de gens se passionnent pour ce thème largement usité en science-fiction. Cette fois, il ne s'agit pas d'une nouvelle histoire mais plutôt d'une autre adaptation du roman ô combien célèbre d'H.G. Wells.
Ce roman qui a inspiré plus d'un réalisateur de cinéma, de série TV ou encore de jeux vidéo  se voit ici déclinée en BD avec une toute nouvelle collection chez Glénat intitulée "H.G. Wells collection".

Résumé de l'éditeur : Londres, fin du XIXe siècle. Un groupe d'amis écoute les aventures de celui qui prétend être le premier voyageur du temps. Son récit débute en l'an 802 701. La Terre est alors habitée par les Éloïs, descendants des hommes vivant en harmonie, passant leur temps à jouer et à manger des fruits dans un immense jardin d'Éden. Mais derrière ce paradis se cache un terrible secret... Car une autre espèce vit dans les profondeurs de la Terre : les Morlocks, sortes de singes blancs aux yeux rouges ne supportant plus la lumière du jour à force de vivre dans l'obscurité. La nuit, ils remontent à la surface pour kidnapper et se nourrir des Eloïs...

 

 

 

 

 

Cette collection se décline pour ce premier cycle avec "la machine à explorer le temps", "la Guerre des Mondes", "L'homme Invisible" et "L'île du Docteur Moreau".
Dans le premier album qui nous intéresse présentement, le scénariste Dobbs (auteur notamment de Scotland Yard ou encore d'Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon chez Soleil) à été judicieusement choisit pour cette œuvre magnifiquement adaptée en BD. Il ne dénature absolument pas l'œuvre originale et propose un dynamisme régulier et intéressant et une lecture fascinante du récit. L'action et l'intrigue s'enchainent très adroitement et passionnera le lecteur au fil des pages. Les dialogues sont quant à eux, fidèles au language élégant de l'époque Victorienne.

 

 

 

 

 

Nous partons à la découverte du voyage dans le temps, et à l'instar du roman, des Morlocks et des Élois dans un monde étrange le tout dans un bond de plus de 800 000 ans dans le futur. Action...certes mais aussi narration bien orchestrée font toute la saveur de ce one-shot délicieux qui se termine sur une note légèrement dramatique qui pourrait, qui sait, déboucher sur un tome 2, Wells see (si je puis me permettre le petit jeu de mots enfantin).

Le graphisme et le dessin est confié à Mathieu Moreau, connu pour le cycle de Nibiru paru chez Glénat également. Il nous plonge dans une ambiance absolument fidèle à l'original (ceux qui l'ont déjà lu se rendront vite compte de la justesse de ce que l'ont peut découvrir dans le présent opus). Ce fabuleux technicien s'occupe donc aussi de la colorisation et ce avec une maîtrise qui frise la perfection. La machine à explorer le temps elle-même vous fascinera elle aussi même si, elle est en quelque sorte plutôt discrète, préférant une mise en avant plus prononcée des protagonistes. Les "effets spéciaux " sont adroitement agencé pour un résultat magnifique qui nous intègre parfaitement au récit.

 

 

 

 

L'album est de très bonne facture. La couverture est soignée et d'une grande classe. La texture est originale et donne l'impression au touché d'un tissu précieux, comme les livres anciens. Une très bonne idée par conséquent qui ajoute encore plus de valeur ajoutée au concept. Ce premier album du cycle est une totale réussite. Je vous invite à vous le procurer sans tarder et de découvrir si vous ne les connaissez pas encore sous cet angle, les œuvres du grand Herbert Georges Wells.

Tyler Craig

 

Titre : La Machine à explorer le Temps

One Shot

Scénario : Dobss

Dessin et couleurs : Mathieu Moreau

Genre : Science-Fiction

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 56

Référence : 9782344012727

Prix : 14.50 €

 



Publié le 24/01/2017.


Source : Bd-best


Desperados Housewives: « les bonniches, les brutes et les truands »… mais plus pour longtemps

Vous trouviez que les Desperate Housewives vivaient dans un environnement trop cosy et avec des problèmes de riches ménagères? Alors, vous devriez être entièrement satisfait(e)s par la poussière et les revolvers des Despera…dos Housewives. Ainsi, le tandem inséparable formé de Sybille Titeux et Amazing Améziane nous dépaysent dans le Mexique des années 1911, un pays dans lequel les Bandidos font la loi (ou essayent) mais, attention, les femmes commencent à sortir de leur réserve.

 

 

 

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Résumé de l’éditeur: L’histoire se passe au Mexique en 1911 en fin de dictature de Porfirio Diaz, dans le petit village de Tetecala dans la région de Morelos, non loin de Mexico. Cette famille vit dans une dynamique traditionnelle : les hommes sont machos et les femmes s’attèlent aux tâches ménagères ainsi qu’à l’éducation des enfants… mais plus pour très longtemps.

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Un an et six mois après avoir magnifié le destin et la course folle de Muhammad Ali (un périple qui continue d’ailleurs outre-Atlantique où la traduction de ce comic book franco-belge vient de paraître et de se hisser parmi les Best Sellers), c’est de manière inattendue que nous retrouvons ce couple à la ville comme à la planche: Sybille Titeux et Amazing Améziane. Alors que nous attendions Sam Hicks chez Le Lombard, ce sont de drôles de dames qui font leur entrée au bal des bulles et des cases. Les sombreros sont de la partie et les sombres… idiots, aussi. Oh, ce n’est pas tant qu’ils soient méchants, Fausto, Tadeo et Dante, mais ils pourraient être plus délicats dans leur rapport aux femmes. Et Pandora, Delfina et Maria, trois soeurs, passent leurs temps entre les casseroles, le ménage et les lessives pendant que leurs hommes mènent la grande vie avec l’argent braqué dans les banques. Mais, au pays des cactus, telle l’eau qui les gorge, la révolution féminine et féministe va peu à peu monter. Au même moment, les maris gangsters vont au-devant d’ennuis car, dans les banques mais aussi à l’assaut des chariots, la bande ne semble plus avoir le monopole. Et une bande rivale en fait ses choux gras.

 

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Une mamie aux poupées vaudou enrichies, des petits-enfants qui redemandent d’histoires passionnantes, et c’est ainsi que naît cette histoire virile mais aussi féminine. Alors que ces dernières années, Amazing Améziane avait donné force et vigueur à des héros masculins, dans des mondes terriblement testostéronés, c’est à trois héroïnes qu’il s’attaque aujourd’hui avec Sybille Titeux. Le caractère est bien trempé et, si elles ne visent pas toujours juste et ont besoin d’entraînement, ces Desperados Housewives n’y vont pas de mains mortes dans l’art de l’efficacité et de charmer le lecteur (tout en ayant le bon goût de ne pas jouer les affriolantes créatures).

 

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Ici, l’écho des armes résonne dans la vallée désertique, mais le sang ne coule pas comme dans Clan, l’humour bien: cette chevauchée de 44 planches ne ménage, en effet, ni l’action ni le pittoresque. Et toujours aussi inspiré, Améziane révèle un peu plus l’étendue de son talent en allant voir du côté des gags sans rien perdre de sa force réaliste. Et ce qui nous fait rire avant tout, ce sont ces hommes qui en prennent pour leur grade (on remarquera qu’après avoir signé Devenir un vrai mâle et Devenir mafieux, le dessinateur en prend le contre-pied) et les héroïnes se révèlent malines, guidée par les « Viva Libertad » dans les traces des femmes révolutionnaires qui rejoignirent le camp de Zapata. À contre-clichés, l’osmose du couple Titeux-Améziane prend une nouvelle fois son sens, de manière plus légère que précédemment, et cette épopée originale sur le mode « Les bonniches, les brutes et les truands » ne manque assurément pas de sel.

Alexis Seny

Titre: Desperados Housewives

Sous-titre: Fille de Pandora

Récit complet

Scénario: Sybille Titeux

Dessins: Amazing Améziane (Fb)

Couleurs: Sybille Titeux et Amazing Améziane

Genre: Humour, Western

Éditeur: Jungle

Nbre de pages: 44

Prix: 10,60€



Publié le 23/01/2017.


Source : Bd-best


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