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 Gaston hors-série 60 ans, Tome 1 :  L'anniv' de Lagaffe

M'enfin ?! Qui aurait cru que soixante ans seraient passés si vite ? Soixante ans de bonne humeur, d'inventions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, d'explosions et de dégâts des eaux, de rires et de contrats détruits, avec une mouette, un chat, des souris, des instruments de musique et des responsables qui claquent les portes avant de tomber dans les escaliers...

Gaston Lagaffe, c'est soixante années de catastrophes délirantes et un antihéros devenu culte, qu'il fallait bien célébrer aujourd'hui pour cette longue carrière !

 

 

 

© Franquin-Dupuis

 

Le personnage fétiche de Franquin, dont toute ressemblance avec une personne réelle serait totalement fortuite, a su toucher le coeur de nombreuses générations de lecteurs grâce à son humour spontané et à son naturel poétique. Aujourd'hui, le roi de la paresse souffle ses soixante bougies (et aucune ride !), l'occasion de revenir sur quelques-uns de ses meilleurs gags avec un plaisir certain. Sablez le champagne et sortez les confettis, cet anniversaire va faire du bruit !

 

Genre : Humour

Album :  cartonné 

Nombre de pages : 56 pages en couleurs

ISBN: 9782800170701

Date de parution : 24/02/2017

Prix : 10.95 EUR



Publié le 12/01/2017.


Source : Bd-best


Nez dans les langes et rot sur l’épaule, Nicoby pouponne avec tendresse en BD

Alors comme ça, on pouponne? Oui, monsieur et ce n’est pas de tout repos. Déjà en 2006, ce n’était pas facile. Alors vous pensez bien qu’en 2016. Dix ans après Chronique Layette chez 6 Pieds sous terre, Nicoby s’est ainsi doucement rappelé par ses souvenirs pour les redessiner, coloriser et ainsi les rééditer avec une vingtaine de pages supplémentaires sous le titre « Une vie de papa ».

 

 

 

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur: Avoir des enfants est la plus belle chose qui soit, mais aussi la certitude que plus rien ne sera comme avant ! Père de deux enfants, Nicoby raconte avec énormément d’humour et de joyeuse insouciance ce qui fait le quotidien des parents. Ce qu’il appelle « le temps des layettes » est divisé en trois parties : pendant la grossesse, après la naissance et, dix ans plus tard, lorsque le deuxième bébé arrive, ô joie. Si Nicoby met en avant le point de vue du père, cet album s’adresse évidemment à toute la famille. Et comme le disait le grand Pierre Desproges : « Quéquette en juin, layette en mars ! »

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Au temps des layettes, Nicoby était encore au tout début de sa bédéphilie. Il n’est pas encore le baroudeur de la BD qui, à une vitesse vv prime, scrutera le monde de la BD, s’aventurera dans la jungle guyanaise, s’engagera auprès des Friend Doctors, accompagnera un détenu sur vingt ans « ferme » de sa vie, se mettra en contact avec les grandes oreilles… Il a même pénétré l’atelier de Fournier, c’est vous dire que l’homme ne craint rien, mais, sans doute, l’aventure de la paternité restera-t-elle la plus forte et la plus euphorisante. Même si, il est vrai, on n’est jamais prêt à accueillir son premier enfant. Tout est affaire de perfectionnement au fil du jour.

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Aussi, c’est avec beaucoup de tendresse, de naïveté, sans peur des faux-pas, que Nicoby a fait son entrée dans la cour des papas de BD. Il n’est pas le premier et n’est sans doute pas le dernier, entre les Guy Delisle, Seb Piquet, Lapuss ou encore Nob (et on en passe). Pourtant quand le témoignage est personnel et quand le livre est bien fait, les redites passent vite inaperçues et il est prenant de suivre pas à pas les première fois des petits habitants des planches mais aussi de la vie réelle. La première écho’, les premières courses, la première (et dernière) visite chez la sophrologue, la première poussée, le premier cri, le premier rot… et tout qui s’accélère de plus en plus. Jusqu’à arriver dix ans plus tard. Désormais, le petit Bazilou n’est plus un bébé, il joue au Rubik cube et il est même devenu… grand-frère. Éh oui, la famille Nicoby s’est agrandie avec l’arrivée de la petite Charlotte (comme la chanson d’Henri Dès) qui se fait une joie d’être aux-côtés de son grand-frère en BD et redouble d’effort pour y faire bonne figure. Et dix ans plus tard, malgré les dépenses « x2 », le charme opère toujours.

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

 

© Nicoby chez Dargaud

 

Avec sa sensibilité d’homme (qui a dit que la gent masculine n’en avait pas?), Nicoby nous livre un voyage humain et universel, dans lequel chacun se reconnaîtra et rira de bon coeur, en toute simplicité.

 

Alexis Seny

 

Titre: Une vie de papa!

Recueil de gags

Scénario, dessin et couleurs: Nicoby

Genre: Autobiographie, humour

Editeur: Dargaud

Nbre de pages: 88

Prix: 14,99€



Publié le 12/01/2017.


Source : Bd-best


Fiesta carcérale et fin de règne, Piccoli et Palumbo mettent Escobar sous surveillance

C’est à une légende de l’histoire criminelle mondiale que se sont attaqués les deux Italiens Guido Piccoli, Giuseppe Palumbo et Arianna Faricella: Pablo Escobar. Le baron de la drogue par excellence qui, vingt-cinq ans après sa mort, n’a pas dit son dernier mot, tour à tour « héros » de série, de films ou, et c’est le cas qui nous occupe ici, de BD. Guido et Giuseppe se sont ainsi penchés sur les derniers mois d' »El Patron », sur son train de vie absolument délirant tout en n’oubliant pas le monstre sanguinaire (il a fait près de 4000 morts selon les estimations) qui se cachait derrière celui qui galvanisait le peuple colombien.

 

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur: Pour devancer une extradition vers les États-Unis en 1991, Pablo Escobar, encore très puissant, se livre à la justice colombienne. On l’installe dans une prison dorée, La Catedral. El Patron raconte les deux dernières années de son existence, de son entrée à La Catedral, ses interrogatoires, sa mégalomanie jusqu’à son ultime fuite dans la jungle de Medellín. Dix-huit mois de traque : 2 000 hommes à ses trousses – paramilitaires colombiens et CIA, avec l’opération Heavy Shadow – qui finissent par l’abattre, le 2 décembre 1993, sur un toit de sa ville natale, Medellín.

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

La logique est implacable! Aussi, celui qui a commis ces premières frasques en revendant des tombes vidées de son passager ne devait-il pas finir entre quatre planches, ses 44 ans à peine fêtés? Le tout à la fin de deux années de captivité toute relative? Ainsi, sans besoin de présenter trop ce personnage connu de tous, les deux auteurs entrent bien vite dans le vif du sujet. Un hélicoptère qui décolle. À bord? Un hôte de marque qui se sert de sa barbe comme d’un masque, Pablo Escobar prépare lentement mais sûrement sa reddition, alors que les USA entendaient toujours lui mettre la main dessus et l’extrader. Quelques paroles devant un peuple qui le considère comme un sauveur et voilà « El Patron » qui se rend vers sa cage…

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

… qui n’en est pas vraiment une. La Catedral, une prison comme on ne s’en imagine pas, un palace où durant des mois Pablo joindra l’utile à l’agréable: des sauteries jusqu’aux petites heures avec bon nombre de prostituées, des gardes transformés en homme de mains sans oublier les armes loin d’être confisquées, la salle de sport et même un match de foot avec des joueurs professionnels, et notamment René Higuita, le célèbre gardien auteur du coup du scorpion. Non, en guise de prison, Pablo Escobar avait trouvé la planque parfaite, bien qu’à la vue de tous et des avions qui la survolaient mais protégées, un moulin dans lequel on entrait et duquel on sortait comme on voulait. De quoi énerver l’Oeil de Moscou (ou peut-être était-ce de Washington?) qui attendait la défaillance.

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

 

© Piccoli/Palumbo/Farricella chez Dargaud

 

C’est un huis-clos historique que s’offrent ici Guido Piccoli et Giuseppe Palumbo. En s’intéressant à Escobar comme à un prisonnier sous surveillance électronique ne pouvant sortir de son « domicile » mais conviant le gratin dans sa prison. Tour à tour éberluant, improbable, tendu et se transformant au final en jeu du chat et de la souris, les deux auteurs livrent une vision de la fin de règne sans auréole d' »El Patron » qui vaut le coup d’oeil, bien aidé par la délicatesse du trait de Giuseppe.

 

Alexis Seny

 

Titre: Escobar

Sous-titre: El Patron

Récit complet

Scénario: Guido Piccoli

Dessin: Giuseppe Palumbo

Couleurs: Arianna Farricella

Traduction: Clémence Muller

Genre: Biographie, Thriller

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 136

Prix: 19,99€



Publié le 12/01/2017.


Source : Bd-best


Tintin chez les Soviets en couleurs : on a pu travailler sans aucun contrôle de style « ayatollah »

Tintin au pays des Soviets est le premier album de la série « Les Aventures de Tintin » créée par Hergé.  Alors qu’il travaillait pour le supplément jeunesse du journal belge « Le Vingtième Siècle », Hergé reçoit de l’abbé Norbert Wallez, son rédacteur en chef, une commande d’une bande dessinée dont le héros ferait un reportage en URSS. 

Considéré par Hergé comme une « erreur de jeunesse », l’histoire n’a jamais été redessinée par les Studios Hergé : c'est la seule de l'ensemble des Aventures de Tintin à être restée dans son format original, en noir et blanc.

 

 

 

 

 

© Casterman - Moulinsart

 

 

Prépubliée dans « Le Petit Vingtième » du 10 janvier 1929 au 8 mai 1930, elle paraît ensuite en album en septembre 1930. 

Tiré à dix mille exemplaire et vendu au prix de vingt franc, l’album devient vite introuvable en librairie. Il ne sera réédité par les éditions Casterman qu’en 1973 au sein des « Archives Hergé ». Le 11 janvier 2017, l’album connait une nouvelle jeunesse grâce à la colorisation effectuée par Michel Bareau et Nadège Rombeau.  Cette colorisation étant le seul élément neuf de l’album, je vous livre ci-dessous les explications de Michel Bareau concernant son travail.

 

« En 1930, Hergé n’avait aucune référence de gamme chromatique à part le costume bleu, des bottes rouges, les cheveux légèrement blond vénitien et sa couleur chair. Ce que l’on peut supposer, c’est que l’œuvre était en noir et blanc tout comme un film d’actualité des années vingt ou comme tous les films que l’on a vus sur la guerre de 14-18.

Apparemment les films de la guerre 14-18 ont été au vingt et unième siècle colorisé, je les ai vus et j’ai constaté qu’il avait une très belle mise en valeur de la signification de ces images qui prenaient toutes leur importances, on voyait des soldats qui sortaient des tranchées avec leurs uniformes et casques colorisés. Je me suis dit qu’étant donné que l’on n’avait pas les références d’Hergé au niveau de la couleur, on n’allait pas du tout se baser sur les couleurs qu’il a utilisées dans la série classique des Tintin à partir de Tintin au Congo.

 

 

 

© Casterman - Moulinsart

 

La prise de position, c’est que l’on fait une interprétation d’une œuvre du début du vingtième siècle que quelqu’un du vingt et unième siècle redécouvre et veut remettre dans l’ambiance de son époque. L’ambiance de l’époque, c’était un reportage de Tintin qui est encore très polymorphe au début de l’aventure et qui va se prendre une morphologie beaucoup plus « Tintinesque » dans les albums qui vont suivre. Je me suis dit qu’avec les moyens de coloriage que nous avons actuellement, c’est-à-dire avec un outil que l’on appelle l’ordinateur, nous pouvons grâce à cet outil qui permet d’utiliser seize millions de couleurs, de les intégrer dans l’œuvre du début du vingtième siècle. Il faut savoir qu’Hergé avait développé avec son photograveur une technique qui s’appelle le « grip coloriage » . Cela consistait à colorier le dessin imprimé en gris sur du papier à dessin et à le colorier au pinceau, à la gouache ou à l’écoline.  Il a développé son studio dans les années cinquante pour toute la série des aventures classiques.

Le photograveur faisait la sélection de ces coloriages en trois couleurs (jaune, bleu et rouge), le trait devenant l’unique élément noir de la sélection des couleurs, l’imprimeur travaillait en trichromie plus les traits. Nous avons décidé de travailler en quadrichromie plus les  traits afin d’utiliser tout le potentiel du noir dans les couleurs ce qui crée des tons plus nuancés qui peuvent se mettent en accord avec la tonalité générale de l’époque de l’entre- deux guerres.

Nous avons eu le feu vert de Fanny et de Nick pour faire des essais, ceux-ci étant concluants, on a pu travailler sans aucun contrôle de style « ayatollah »  concernant l’utilisation de tons et de couleur, ce qui a donné le résultat que vous avez entre les mains. Nous avons d’abord fait une étude d’impression sur le papier pour obtenir des tons plus pastel que les tons de la série classique qui est imprimée sur du papier blanc azuré qui lui augmente les contrastes. Pour moi, la colorisation apporte une meilleure visibilité de l’œuvre et facilite sa lecture.

Elle apporte aussi une certaine authenticité grâce à la documentation utilisée. Elle permet aussi de mettre en valeur les deux seuls éléments blancs qui ne changeront jamais dans l’œuvre originale : Milou et les phylactères. Les phylactères prennent leurs positions, parfois Tintin est devant le phylactère, parfois il est derrière mais il reste blanc. Quant à Milou, il explose dans son caractère facétieux  dans le fait qu’il peut aider Tintin, ensuite comme on le voit dans les dernières planches il est extrêmement coquet, se coiffe et se prépare pour son arrivée à la gare du nord. »

 

Decouvrez ci-dessous quelques images de la venue de Tintin à bruxelles ce 9 janvier 2017. (cliquez sur les images pour agrandir. Photos © A. Haubruge).

 

 

Sur cette photo de groupe : Fanny Vlamynck (veuve d'Hergé), Nick Rodwell (pdg des éditions Moulinsart), cCharlotte galimard (directrice des éditions Casterman),

 


 

Tintin posant à côté de sa statue au Train World à Schaerbeek.

 


 

Les coloristes Nadège Rombaux et Michel Bareau posent à côté de Tintin.

 


 

Wagon exposé en face du Train World à Schaerbeek

 

 

Fresque sur le train.

 


 

 

 

 



Publié le 10/01/2017.


Source : Bd-best


Non loin de McCarthy et proche des migrants d’aujourd’hui, le cauchemar d’Yves H et Hermann

C’est un peu le retour du héros, de celui qui a triomphé à Angoulême l’an passé et n’entend pas mettre sa carrière au ralenti pour autant, signe que le Grand Prix de la Ville d’Angoulême n’était pas un objectif en soi pour ce formidable conteur. Ainsi, habile et inspiré, dans une noirceur tenace, Hermann vient de signer, avec son fils Yves H., Le Passeur, un récit à peine fantastique et finalement tellement réaliste dans son propos.

 

 

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur: Un couple s’arrête dans une ville après une harassante traversée du désert. Épuisés mais déterminés à franchir la frontière, ils découvrent peu à peu l’atmosphère lugubre de l’endroit qui n’augure rien de bon. Les habitants ne parlent pas, bougent à peine, tels des cadavres en sursis. La cité est en vérité sous le joug d’un inquiétant trafic par-delà les hautes grilles qui la condamnent et l’isolent du reste du monde s’étend un territoire cauchemardesque, royaume solitaire du Passeur… Un piège dont nul ne s’évade, sinon au prix de sa propre vie.

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Ils s’appellent Sam et Sam, un couple crasseux, usé par le voyage, à force de dormir sur les banquettes déglinguées de motor-homes abandonnés, non loin des centrales nucléaires désaffectées. S’ils ont l’air perdu, ces deux-là? Non, en dépit des apparences, ils savent ce qu’ils cherchent. Mieux, ils sont proches du but, ce « paradize » qui en vaut la peine et qui tranche avec les noirs horizons laissés par une humanité en miettes pour faire place nette à… l’apocalypse. Un monde où l’on ne se méfie jamais assez et nos deux héros vont l’apprendre à leurs dépens. Ce qu’on leur a promis, ce phare qu’on leur a dit d’atteindre, ne serait-il rien d’autre qu’un enfer de plus sur terre?

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Le Passeur, comme Le Règne, suit la progression de ses héros vers un ailleurs plus prometteur mais néanmoins incertains malgré les rêves dont Sam et Sam encombrent leurs pensées. Ainsi dans un décor de western immobile depuis des siècles, depuis que l’humanité s’est suspendue, père et fils alliés dans la BD, suivent la route d’un Cormac McCarthy pour élaborer un cauchemar pas si éloigné des épreuves que les migrants doivent traverser de nos jours. Comme pour eux, on ne sait pas quelles sont les circonstances exactes de l’exode de Sam & Sam. À vrai dire, on s’en balance. Sans laisser le temps à leur lecteur de juger, Yves H et Hermann font comprendre à leurs lecteurs que leurs deux personnages n’ont pas le choix et doivent avancer toujours un peu plus pour échapper à un sort infernal. Pire (ou mieux, à vous de choisir), ils arrivent à nous mettre dans la peau de ces damnés, à nous faire vivre ce mauvais rêve de manière… frontale.

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Dans un monde morne, glauque, en proie aux fantômes et au diable-argent plus qu’aux vivants, mais d’où émerge parfois quelques notes de couleurs, Yves H. et Hermann livrent une oeuvre sans concession et irradiée de désespoir, qui finit en cul-de-sac dans un final peut-être trop attendu mais tellement nécessaire.

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

 

© Yves H/Hermann chez Dupuis

 

Glaçant, remuant, magnifiquement exécuté, Hermann n’a pas fini de nous épater. Et en 2017, encore moins, puisqu’il est attendu avec une nouvelle série en plein dans le western, Duke, dans les prochaines semaines chez Le Lombard (aperçu ci-dessous). Mais aussi un nouveau Jérémiah (« Kurdy Malloy » « probablement en septembre » dixit l’auteur).

 

Alexis Seny

 

Titre: Le Passeur

Récit complet

Scénario: Yves H.

Dessin et couleurs: Hermann (Fb)

Genre: Post-apocalyptique, Anticipation, Horreur, Western

Éditeur: Dupuis

Collection: Aire Libre

Nbre de pages: 56

Prix: 15,50€



Publié le 10/01/2017.


Source : Bd-best


Infinity 8, un space opéra à la sauce Trondheim

En publication depuis l'automne 2016, la série infinty 8 éditée par Rue de Sèvres se décline en 6 format comics souple et agrafés. Cette mini-série s'offre les services de grands noms tels que Zep, Vehlmann, Kris, Dominique Bertail, Lewis Trondheim, Olivier Vatine, Olvier Balez,  Emmanuel Guibert, Franck Biancarelli, Killofer ou encore David Mourier. Aux commandes des scénarios un Lewis Trondheim au top de sa forme.

Le tome 1, "Romance et Macchabées" s'offre les services de ce dernier avec la complicité de Bertail et de Zep. L'histoire se passe dans un vaisseau gigantesque qui parcours le fin fond de l'espace. S'y trouve plusieurs centaines d'aliens aux vies et mœurs absolument étonnantes et surprenantes. L'héroïne, aussi sexy que dangereuse à la délicate mission d'étudier les origines d'artéfacts extra-terrestre accompagnée malgré elle d'une race porté sur la dégustation prononcée de cadavres. Voila donc le ton donné par un scénariste connu pour ses idées très décalées qui ont toujours fait son succès.

 

 

 

 

Ajoutez à cela un assaisonnement plutôt coquin et acide complétant  tous les ingrédients d'une histoire ô combien dynamique et au découpage efficace.

Le tome 2 s'enclenche avec l'agent Yoko (l'agent sexy cité plus haut) et le vaisseau Infinity qui file vers la galaxie Andromède. Le fourbe nécrophage est toujours de la partie et les dialogues tout aussi truculents. Zep et Bertail se chargent toujours de la partie graphique pour ce second opus. Les rapports entre le nécro et Yoko sont de plus en plus tendu si je puis dire. Les amateurs de bidoche pourrie et d'hémoglobine seront ravis du stock proposé dans ces pages. On peut dire que cela gicle pas mal si vous me permettez l'expression.

 

 

 

 

Le cycle 1 se conclu avec le tome 3, "suspens en apesanteur" qui donne la mission à l'agent de neutraliser quelques centaines de nécros qui menacent de détruire l'Infinity. Cet opus nous donne droit à 8 pages de bonus graphiques des plus délicieux
De source sûr, ce mois de janvier 2017 voit la réunion de ces trois tomes au format cartonné à la taille d'impression classique franco-belge.

 

 

 

Le deuxième cycle s'ouvre avec un titre qui en ferait peut-être grincer des dents certains et en amuser follement d'autres.
Retour vers le Führer plonge cette fois un autre agent sexy répondant au doux nom de Moonkicker. Dans ce récit, des néo-nazis récupèrent dans le cosmos la tête d'Adolf Hitler conservée précieusement dans le formol (logique me direz-vous). La partie graphique est cette fois confiée à Olivier Vatine. On change de registre au niveau du dessin mais il est tout aussi beau et efficace à regarder. Le talent de Vatine est indiscutablement superbe. L'auteur se fait montre d'une aisance déconcertante dans le domaine de la science-fiction. Le scénariste se gausse avec malice du nazisme futuriste qui vous surprendra par ses motivations inattendues.

 

 

 

 

Le deuxième tome sous titré "Hitler va-t-il passer du côté obscur???" nous offre un cerveau d'Hitler réactivé. Greffé dans un robot il ourdi le plan de s'approprier l'Infinity et de faire renaître le Reich à son bord. Les dialogues dans ce cinquième épisode de la saga Infinty sont toujours aussi drôles et ravira les amateurs du genre et les conspirationnistes amusés. Le sixième tome ferme la marche avec l"Affrontement final" ou l'agent Moonkicker tentera d'empêcher le reboot fomenté par un Hitler qui par le truchement d'un bug informatique (ho le vilain) tente de mettre son plan à exécution. Cette série B est vraiment un moment extatique à passer, tant aussi bien du niveau de lecture que du plaisir graphique. La suite est promise par Velhmann et Balez prévue pour le second trimestre 2017.
Un gage d'encore plus de surprises à découvrir, une série originale qui dépoussière le genre !

 

Tyler Craig


Titre: Infinity 8

Tomes : 1 à 6

Scénario: Lewis Trondheim

Dessin et couleurs: Dominique Bertail, Zep, Olivier Vatine

Genre: Science-Fiction

Éditeur: Rue de Sèvres

Nbre de pages par tome : 36

Prix par tome : 3,50€




Publié le 10/01/2017.


Source : Bd-best


Corvus Tristis, une oeuvre hybride qui encourage le vol des corbeaux, …des hommes-corbeaux!

À cheval (ou peut-être est-ce à corbeau?) sur le manga, l’esprit et le format « comics » et cette bonne vieille bande dessinée franco-belge, Tristan Bellanger dévoile son art dans le premier tome de ce qui devrait être une heptalogie consacrée aux Chroniques des hommes-corbeaux. Une noirceur implacable et impeccable pour une oeuvre multiréférentielle et surprenante. Une bonne entrée en matière.
 

Résumé de l’éditeur: Aujourd’hui, l’apparition de la silhouette noire d’un Homme-Corbeau signale que le temps est venu de rétablir l’équilibre. L’apocalypse a éclaté, l’Homme périt. L’ère de l’humanité touche à son terme… Jadis ils furent gardiens, mais les Hommes-Corbeaux ont échoué, ils se battent maintenant pour leur survie.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

C’est dans un climat pré-apocalyptique que débute ce premier opus. Comme le personnage principal, baigné par l’ombre, plongé dans la nuit d’encre, nous prenons le temps de nous habituer à l’obscurité pour ne pas perdre une miette du spectacle proposé. Le héros qui émerge lance quelques piques par comics interposés aux super-héros américains. Sorti de nulle part, il n’a pas été mordu par une araignée et n’a rien à voir avec un X-Man. Pourtant, cet homme-corbeau en plein vol d’un building à l’autre de la ville n’a rien d’un fana de cosplay qui aurait pris un peu trop ses rêves pour la réalité. Quand il s’agit de faite couler le sang, Corvus Tristis, l’oiseau de mauvais augure métamorphosé en ultime espoir de l’humanité, n’est jamais à la traîne, défendant bec et ongle ses troupes décimées et le peu de territoire qu’il leur reste face à la Légion Noire.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

Corvus qui? Corvus Tristis. Et toute ressemblance physique et nominale avec un personnage existant réellement ne peut être fortuite. « Effectivement sans être moi, le personnage me ressemble, raconte Tristan Bellanger. Tout simplement parce qu’il est plus facile de dessiner ce que l’on connait. Quelques-uns des autres personnages sont d’ailleurs inspirés de mon entourage proche. De plus, à travers mes dessins j’imagine toutes les vies que je n’aurais jamais, en partie en tout cas. J’ai toujours été fasciné par les corbeaux et leurs capacités intellectuelles finalement proches des nôtres » Et, s’il a la chance de s’émanciper dans son art, le gaillard (graphiste à ses heures professionnelles) a de l’énergie à revendre et du talent en devenir. « Personnellement, je trouve que Corvus Tristis, Chroniques des Hommes-Corbeaux est encore trop calqué sur les BD américaine, je remédierai à cela sur le tome 2. Après je ne prétends pas être un grand auteur, je suis avant tout un amateur de BD qui se fait plaisir et qui veut faire plaisir à ceux qui voudront bien lire ma BD, donc j’essaie de raconter mes histoires du mieux que je peux, les premiers essais n’étaient pas assez aboutis pour mériter d’être publiés.«

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

En fin de compte (et en début d’aventure éditoriale), s’il ne s’est pas jeté sur le premier projet qui lui est venu en tête (refusant l’idée même d’accomplir un péché de jeunesse), c’est le quatrième projet qui a convaincu son auteur qui se trouve être à l’aube d’une longue et intrépide aventure. « Pour boucler la boucle, j’ai prévu sept tomes. Après, cela demande beaucoup de travail et d’abnégation. Je ne vis pas de la BD, donc je dois conjuguer vie familiale, vie professionnelle et le dessin. La création d’une planche complète me prend en moyenne 12 heures, il y a environ 90 planches, ajouter à cela les retouches, les dialogues, les changements de dernière minute, etc… Je pense que j’ai dû passer environ 2000 heures de travail sur la BD. De ce fait, on verra si je peux atteindre mes objectifs, en tout cas j’essaierai. Le retour du public sur le premier tome sera j’espère bénéfique et motivant pour la suite.«

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

 

© Tristan Bellanger chez Y.I.L.

 

De ce premier tome, au-delà du packaging pouvant sembler rudimentaire mais renforçant l’idée du fait-main et avec le coeur, on peut d’ores et déjà vous dire qu’il est viril à souhait. Réinventant ses références (jusqu’à un extrait de la Vie par procuration de Goldman!), Corvus Tristis est un outremangeur intelligent qui n’a pas peur de se frotter à ses aînés sans les plagier ou se couler dans le même moule. Brillant par des notes d’humour jaillissant même (surtout!) dans les moments critiques (on pense de loin à Deadpool), savoureuse dans son écriture, l’oeuvre de Tristan Bellanger dévoile une sacrée galerie de personnages, en bien ou… en mal. Une nouvelle mythologie bien dans son époque qui ne demande qu’à ce qu’on s’y attarde. Une chose est sûre, l’univers promet d’être assez tentaculaire que pour que le lecteur y trouve son compte.

 

Alexis Seny

 

Série: Corvus Tristis, chroniques des hommes-corbeaux

Tome: 1 – Les larmes du corbeau

Scénario: Tristan Bellanger et Émilie Bellanger

Dessin et couleurs: Tristan Bellanger

Correction: Martine Boudreau

Genre: Fantastique, Heroïc Fantasy

Éditeur: Y.I.L.

Nbre de pages: 102

Prix: 17€



Publié le 06/01/2017.


Source : Bd-best


Boule & Bill tome 37, Cazenove pénètre à merveille dans le monde de Roba.

« - P’pa, est-ce que tu sais combien de mots comprennent les chiens ? »

            « - Combien de …. ? Pas autant que ce que l’on aimerait, je pense… Ils connaissent certainement les mots qui sont importants pour eux…comme manger, promenade, maison, os, assis… Et peut-être quelques autres encore ! Rôti, facteur… Ha ! Ha ! Un chien a un tout petit crâne Boule, et par conséquent une toute petite cervelle ! »

 

            Ce qu’on peut dire du Papa de Boule, c’est qu’il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. S’il y a bien des bestioles intelligentes, ce sont certainement nos amis les toutous, et Bill en particulier. Pas besoin de lui expliquer deux fois. Malin, rusé, il ne faut pas la lui faire. Ce ne sont pas quelques jouets perdus qui vont mettre son odorat en échec. Par ailleurs, une réflexion anodine d’une passante peut blesser son ego. A part ça, Madame Stick, la voisine, est toujours aussi irascible, avec son immonde greffier Caporal, et Pouf est toujours aux premières loges pour profiter ou être victime des facéties du cocker.

 

            Cazenove, scénariste spécialiste du gag, le Raoul Cauvin du XXIème siècle, pénètre à merveille dans le monde de Roba. Le créateur de Cath et son chat chez Bamboo est comme dans des chaussons. On sent le passionné à qui l’on permet de jouer avec ses personnages préférés.

 

 

 

 

 

            Côté dessins, Luc Bastide, venant de La guerre des Sambre, passe de Charybde en Scylla. Si les animaux sont maîtrisés, les humains ne sont pas toujours dans la mouvance de Roba, comme s’était appliqué à le faire Verron durant les huit albums qu’il a produits seul après la disparition de son mentor. Pour un coup d’essai sur la série, le résultat est cependant plus qu’honorable.

 

            Bill, ce gros rapporteur, n’a pas fini de séduire les jeunes lecteurs, ainsi que leurs parents qui seront ravis de retrouver, comme des madeleines, des héros de leurs enfances.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Boule & Bill

Tome : 37 - Bill est un gros rapporteur !

Genre : Humour

Scénario : Cazenove

Dessins : Bastide

Couleurs : Perdriset & Bastide

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 9782505065166



Publié le 06/01/2017.


Source : Bd-best


Mini dossier de cape et de crocs partie 2 : De Cape et de Crocs tire sa révérence, mais Le Règne des animaux de la BD est loin d’être fini :

L’un s’en va, l’autre arrive, c’est de cette manière que nous pourrions résumer la passation de pouvoir qui se déroule de 2016 à 2017. En l’espace de quelques jours, nous avons lu l’ultime épisode de la saga « animalesque » animée par Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou durant plus de vingt ans avant de nous rendre compte que la relève anthropomorphique était assurée avec Sylvain Runberg et Olivier Boiscommun. Chronique croisée, toutes griffes dehors.

 

© Runberg/Boiscommun chez Le Lombard

 

 

© Runberg/Boiscommun chez Le Lombard

 

De cape et de crocs, Acte XII: mon royaume pour un… lapin?!

Il ne faut jamais dire La Fontaine, je ne boirai plus de tes mots. La preuve. Trois mots et Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou font le reste. Et s’ils avaient juré un peu tôt qu’on ne les y reprendrait plus, « Si ce n’est toi » vient mettre un point on ne peut plus final à leur saga animalière De cape et de crocs. Prolongeant le plaisir avec un diptyque consacré à l’un de leurs personnages les plus attachants (mais tous ne le sont-ils pas?), c’est ainsi que ces deux filous ont entraîné leur lapin Eusèbe dans une belle galère. Mais qu’allait-il y faire? Rejoindre, à Paris, le Corps du garde du Cardinal. Une aventure périlleuse qui lui a peut-être fait échapper au civet de Nouvel An mais l’a emmené au-devant de graves dangers, quitte même à frôler la lame du… rasoir national.

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur: Capturé par les malandrins de la Cour des miracles, Eusèbe est conduit à leur terrible chef qui n’est autre que son frère, Fulgence. Ce lapin malhonnête et violent fomente avec Fagotin, le singe assassin, un abominable forfait. Pris entre trahisons et intrigues de cour, Eusèbe parviendra-t-il à ramener Fulgence dans le droit chemin ? À moins que ce jumeau maléfique ne l’entraîne sur la voie du crime.

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

Pas en retard sur le chemin de l’aventure, Eusèbe s’attendait à pénétrer un autre pays des merveilles en franchissant le seuil de la Ville-Lumière… il va vite déchanter. Dans ce récit qui aurait bien pu être tourné en spin-off de la série originale, Ayroles et Masbou ont voulu rester sage et ne pas jouer trop longtemps les prolongations (rappelons que le dixième tome devait conclure la série avant qu’ils ne se ravisent). C’est tout à leur honneur. Point donc ici de Don Lope de Villalobos y Sangrin ou de Armand Raynal de Maupertuis qui sont encore sans doute bien loin de rêver atteindre un jour la Lune, c’est Eusèbe qui tire, bien malgré lui, la couverture à lui. Un douzième acte et puis s’en va après tant de standing ovation.

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

Ainsi, ce tout dernier opus s’amuse, sans perdre une once de la qualité qui a fait son succès, dans ce Paris des Mousquetaires, entre les plaines où se trament des duels incertains, la Cour des Miracles où se mêlent bêtes et hommes tous élevés de la misère sans oublier les quartiers des marquises, Notre-Dame la capitale et la guillotine guillerette (et c’est bien la seule… quoique…) à l’idée de faire spectacle pour les parisiens. Et de spectacle, il en est diablement question, partout, tout le temps, dans chaque coin des cases, distillant quelques révérences à Molière et les dramaturges d’exception, pris dans la frénésie des héros et… des méchants. Mais mieux vaut ne pas se fier aux apparences, un frère peut en cacher un autre, et le grand méchant est peut-être plus torturé qu’il ne semble. Puis, il y a les hommes dont les relations avec les animaux souvent dominants font le sel de la lecture.

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

 

© Ayroles/Masbou chez Delcourt

 

Ici, résolument, rien n’est jamais évident, tout est subtil, même dans les retournements de situation et les péripéties extravagantes. Avec l’élégance des fines lames, Ayroles et Masbou clôturent en beauté et sans regret une bien belle histoire qui comptera dans l’histoire de la BD et … qu’ils continuent quand même jusque dans les deuxième et troisième couvertures. Avec une conclusion qui donne envie de relire toute la série. La boucle est bouclée, et de quelle manière!


Alexis Seny



Série: De cape et de crocs

Acte: XII – Si ce n’est toi…

Scénario: Alain Ayroles

Dessin et couleurs: Jean-Luc Masbou

Genre: Cape et épée, Humour, Aventure

Éditeur: Delcourt

Collection: Terres de légendes

Nbre de pages: 48

Prix: 14,50€



Publié le 04/01/2017.


Source : Bd-best


Mini dossier de cape et de crocs partie 1 : Jean-Luc Masbou clôt ce qui restera sans conteste l’œuvre majeure de sa carrière.

« - Cher Fulgence… Je suis bien aisé de te revoir ! Cela fait si longtemps ! Tu as fort bonne mine ! Ah, vraiment, quelle joie ! Il faut cependant que je te fasse part de l’inconduite de certains de tes amis ! Figure-toi que, non contents de faire du désordre sur la voie publique, ils attrapent les gens par les oreilles et les jettent dans des sacs ! »

« - Ha ! Ha ! Ha ! Brave Eusèbe ! Sacré frangin ! Tu n’as pas changé ! Sais-tu pourquoi cet endroit se nomme ˝ cour des miracles ˝ ? »

« - Non. »

« - Parce qu’une fois la nuit venue, il devient le théâtre d’innombrables prodiges ! »

 

            Entre Notre-Dame-de-Paris et XIII (vous ne rêvez pas), ce deuxième volume de la jeunesse du lapin Eusèbe clôt une saga de vingt ans avec l’un des meilleurs albums de la série. Entre un frère d’une fourberie sans nom et une morale qui n’appartient qu’à lui, le doux Eusèbe va devoir naviguer dans les affres d’un XVIIème siècle aussi impitoyable que machiavélique. Comme tout le monde le sait d’avance puisque c’est là qu’il se retrouvera dès le début de l’épopée de Don Lope et Armand, pour Eusèbe, ça va être la galère.

 

 

 

 

 

 

Un merveilleux site amateur est dédié à la série : http://www.decape.askell.com/. En outre, les éditions Delcourt ont publié sur YouTube un bel hommage aux auteurs et à leurs personnages. On peut la voir sur https://www.youtube.com/watch?v=6uyW6zb2dVY.

 

            Jean-Luc Masbou clôt ce qui restera sans conteste l’œuvre majeure de sa carrière. Il a réussi à rendre naturelles des scènes entre humains et animaux. On ne s’étonne de rien dans ce monde onirique où il ne manque plus que le baron de Münchhausen traversant le ciel sur un boulet.

            Avec Garulfo et De capes et de crocs, Alain Ayroles a écrit deux séries majeures. Scénariste fin, il s’avère être en particulier un dialoguiste hors pair. On retrouve dans cette histoire de nouvelles scènes d’anthologie comme une évasion de la Bastille qui restera inoubliable. En bouclant ce diptyque, Ayroles offre aux lecteurs une explication au destin du lapin Eusèbe et donne une seule envie, celle de relire la série depuis le début.

 

            On ne peut qu’être triste à l’idée que la série soit close. Mais après tout, une œuvre sans faille reste ainsi gravée dans l’histoire de la bande dessinée.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : De cape et de crocs

Tome : 12 - Si ce n’est toi…

Genre : Aventure

Scénario : Ayroles

Dessins et Couleurs : Masbou

Éditeur : Delcourt

Collection : Terres de légendes

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2756064758



Publié le 04/01/2017.


Source : Bd-best


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