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Les Belges, les plus braves des peuples de la Gaule ? Attendez, les Bretons sont pas mal non plus dans leur genre, voilà leur grande Histoire en BD

À l’aise Breizh, c’est vrai quoi, on n’est pas pressé. Pourtant dieu sait qu’avant de gagner leur sérénité, les Bretons (au sens large, qu’ils soient d’un côté ou de l’autre de la Manche) ont dû faire face à de nombreux va-et-vient de l’Histoire, avec un grand H, dans leur contrée qui regorgeait de héros vivants et à venir. Ici, gisent peu à peu les cendres de l’empire de Romulus, de César et les autres, mais les Bretons sont toujours là, vibrants de courage et indomptables. Cela valait bien une BD en cinquième tome pour nous conter cette épopée. Ce qu’ont fait sans se prier Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Daniel Brecht et Erwan Seure-Le Bihan.

 

 

 

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Résumé de l’éditeur : Il y a 2500 ans, les peuples celtiques occupaient les deux tiers de l’Europe. Certains d’entre eux passèrent du continent à la grande île à qui ils donnèrent leur nom : la Bretagne. Les Bretons y vécurent libres jusqu’à l’arrivée des Romains. Malgré la résistance de grandes figures, telles Boudicca, la reine des Icènes, tout le sud de l’île fut assujetti à Rome. Mais à la faveur du morcellement de l’Empire, les Bretons reprennent leur indépendance. Certains d’entre eux sont alors appelés en Armorique pour combattre les pirates saxons. C’est le début des grandes migrations…

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Pfiou ! Y’a pas que des pyramides que l’on peut dire que 2000 ans nous contemplent, ça marche aussi dans un coin de la Bretagne, la grande, la belle, la verdoyante le long des mers ondulantes. Et là où c’est intéressant c’est que cette histoire de petit empire en intermittence va côtoyer celle décadente de l’Empire Romain. Décadent, mais pas encore assez que pour ne pas vaincre ces Bretons bretteurs en diable mais n’ayant pas assez de science du combat. Car malheureusement, le coeur et le courage ne suffiront pas. Mais, entre légende et réalité, les Bretons ne cesseront de pousser vers la lumière des formidables héros comme Boudicca mais aussi le fameux Roi Arthur, Roi Ours au milieu d’un océan de flou. Qui était-il ? Quand a-t-il vécu ?

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Alors qu’on attend la suite de L’or de Morrison, c’est dans un tout autre genre que Daniel Brecht s’illustre. Illustrateur, le mot est lâché. Car ici, sur les mots érudits de Thierry Jigourel et de Nicolas Jarry (des Nains et des esprits légendaires à la Bretagne, il n’y avait qu’un pas), Daniel doit faire oeuvre de précision, se concentrant plus souvent sur les cases que sur les liens qu’elles entretiennent entre elles, sur les séquences. Se concentrant sur les cartouches et la plus-value à leur apporter que sur les rares phylactères qui sortent des sentiers bretons balisés par la voix off.

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Ce n’est pas la première fois que l’histoire de la Bretagne est traitée en BD; déjà au début des années 1990, les reconnaissables et peu attirantes éditions E.R.S. se lançaient dans cette épopée. Avec du sang neuf et un traitement de faveur (rien que la couverture, somptueuse avec son dos toilé qui lui donne un peu plus de cachet), les éditions Soleil mettent toutes les chances de leur côté. Car cette bande dessinée est un véritable livre d’histoire boosté par l’aura qui baigne chaque dessin de Daniel Brecht, rendu plus fort par la couleur d’Erwan Seure-Le Bihan (qui passe aussi au dessin dans le deuxième tome) pour nous faire voyager de jours sombres en jours plus fastes. Jigourel et Jarry n’ont pas lésiné sur l’information, cumulant les notes de bas de page et les lectures foisonnantes d’historiens pas toujours d’accord entre eux. Dans ce premier tome de Breizh qui s’apparente à une thèse scientifique rendue ludique par ses dessins raccords, les auteurs n’assènent pas la vérité, ils nuancent et laissent la place au doute, à l’entre-deux… avis bien tranchés des auteurs de référence.

 

 

 

 

© Jarry/Jigourel/Brecht/Seure-Le Bihan chez Soleil

 

Dommage pourtant que s’il a le souffle des histoires au long cours, Breizh ne nous laisse pas le temps de le reprendre, ce souffle. Trop d’éléments à emmagasiner, trop de références, de personnages, de synthèse. Et malheureusement, ça nous perd un peu. Pas assez que pour décrocher, hein, il faudrait être fou ! Mais sans doute vaut-il mieux privilégier une lecture par chapitre qu’une lecture d’une traite. Histoire de profiter de la puissance graphique mais aussi de la mine d’or exhumée par les deux scénaristes à propos d’une histoire qu’on ne connait que trop peu !

Deuxième tome à paraître, le 6 juin. Il s’intitulera Une nouvelle terre.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Breizh – Histoire de la Bretagne

Tome : 1 – Le peuple indomptable

Scénario : Nicolas Jarry et Thierry Jigourel

Dessin : Daniel Brecht

Couleurs : Erwan Seure-Le Bihan

Genre : Histoire, Guerre, Documentaire

Éditeur : Soleil

Collection : Celtic

Nbre de pages : 60

Prix : 15,50€



Publié le 31/05/2017.


Source : Bd-best


Voici venu le temps du deuxième acte ! No Body, créé par Christian De Metter

Voici venu le temps du deuxième acte ! Et, encore une fois, nous ressentons ce qu’aurait pu ressentir Clarisse Starling, en cellule, face à Hannibal. Car si la voix d’un conteur peut être douce et avenante, celle du héros, No Body, créé par Christian De Metter, se fait dure et sans compromis, démêlant l’inextricable. Après un premier tome qui nous entraînait dans les arcanes sombres du FBI et de Cointelpro, l’auteur continue de faire son Americanaaaargh et nous emmène rouler avec le diable, à savoir les motards de la pire espèce, à tendance facho.

 

 

 

 

 

 

© De Metter chez Soleil

 

« Quand t’es dans le désert, depuis trop longtemps » chantait l’autre et il faut croire que dans ce désert de Badwater où persiflent les serpents, le soleil a cramé des têtes de plus en plus brûlées sur leurs bécanes semblant indéboulonnables. Nous sommes en 1978 et notre inconnu meurtrier nous fait repartir de plus belle dans le passé. À l’heure où sa nouvelle mission, s’il l’accepte (mais il n’a pas trop le choix et surtout il n’a que ça pour se sentir vivre même au travers d’une identité secrète), est de s’impliquer dans le démantèlement des gangs de Hell’s Angels et autres loubards aux comportements dangereux et marginaux. Et pour connaître son ennemi, notre homme va devoir infiltrer les Napalm’s Soldier, des un-pourcentistes, de ceux qui se déclarent ouvertement, de manière à provoquer, … hors-la-loi. C’est à ce moment-là que notre héros malgré lui et ses actes devient… No Body.

 

 

 

 

 

© De Metter chez Soleil

 

On change d’atmosphère, de couleur aussi, d’ambiance et d’enjeu pour retrouver un héros sans doute plus mature, plus concerné par ce qu’il fait, moins à subir les choses moins soucieux d’être en danger. Et c’est sur une moto de choix que Christian De Metter lui fait traverser une Amérique qui a plus l’air d’un cauchemar que d’un fantasme. Héroïque peut-être mais pas dans le bon sens du terme tant la violence y est latente. Sur la route de No Body, déjà torturé par sa récente expérience de l’espionnage pas franchement concluante d’un point de vue relationnel et amoureux, l’aventure ne sera pas qu’une longue route tranquille et il y faut bien choisir ses alliés puisque les ennemis sont tout trouvés.

 

 

 

 

© De Metter chez Soleil

 

De Metter, lui, a choisi la tension, crescendo, pour livrer un deuxième acte qui se finit sur une image sur laquelle on voudrait retenir notre souffle jusqu’au troisième épisode. Pan ! Pourvu qu’elle ne dure pas trop longtemps cette virée dans le désert ignorant de ce que sera la suite de ce destin haletant. Le plan en puzzle de l’auteur fait en tout cas plus que tenir la route !

 

 

Alexis Seny

 

Série : No Body

Saison : 1

Tome : 2/4 – Rouler avec le diable

Scénario, dessin et couleurs : Christian De Metter

Genre : Polar, Espionnage

Éditeur : Soleil

Collection : Noctambule

Nbre de pages : 76

Prix : 15,95€



Publié le 31/05/2017.


Source : Bd-best


Marre des héros trop parfaits, avec les Captainz en Fantastic Four « du pauvre », vous allez vous marrer !

Vous en avez marre des super-héros bien trop costauds et sans surprise que pour laisser la moindre chance aux méchants ? On vous comprend ! À l’heure où les Superman, Batman et tous les autres trustent les grands écrans et les rayonnages BD et comics, il y a encore de la place pour les super-anti-héros (ou anti-super-héros, choisissez) dont la BD franco-belge aime encore bien se saisir (CRASH de Bourhis et Poipoi, Captain Biceps de Tebo, Cosmik Patrouille de Mauricet…). S’engouffrant dans la brèche, Olivier Texier et l’incroyable Yoann ne se sont pas fait prier pour livrer leur version toute relative d’une équipe d’Avengers du pauvre. De ceux qui font périr l’ennemi ou, plutôt, dépérir le monde plus vite que leur ombre.


Résumé de l’éditeur : Un chien-chien dans un exosquelette cybernétique, une télépathe qui a le pouvoir de déprimer qui elle veut, un play-boy qu’il ne faut surtout pas embrasser, et un jeune héros rafistolé par des extraterrestres… Bienvenue chez les Captainz ! Une équipe de super-héros vraiment pas comme les autres… Et pourtant, ce sont les seuls capables de s’opposer à la pire menace qui n’a jamais pesée sur notre bonne vieille terre (et sur toutes les autres !).

 

 

 

 

© Texier/Yoann au Lombard

 

En tout, il aura fallu près de dix ans pour que les Captainz voient le jour à la faveur d’une prépublication événement et inattendue dans le Journal de Spirou et, désormais, dans un album (le premier d’une série ?). Dix ans qui n’ont en rien atténué la fureur et la puissante folie du tandem Olivier Texier – Yoann. Ce dernier a donc profité d’un répit laissé par Spirou et Fantasio (dont le prochain album sera fait d’histoires courtes d’hier et aujourd’hui) pour terminer cette aventure sur le territoire des super-zéros avec une équipe on ne peut plus barrée. À commencer par Captain Wawa, un bouledogue français venu d’une réalité parallèle dans un exosquelette impressionnant, et Captain mystérieux dont l’entièreté du corps est masquée et qui, de son pied droit (les auteurs n’ont pas trouvé plus confort), peut atomiser n’importe quel ennemi grâce à des déflagrations hors-du-commun.
© Texier/Yoann/Huet au Lombard

Le bonheur (du lecteur, du moins) ne serait pas total si, sachant que la ville est envahie par des monstres aussi dégoûtants qu’immenses, les deux comparses n’étaient pas bientôt rejoints par la fine fleur de l’héroïsme. Comme cette télépathe qui a le pouvoir d’inoculer idées noires et envies suicidaires à n’importe qui la fréquente.

 

 

 

 

© Texier/Yoann/Huet au Lombard

 

Sans oublier, Bruce Winston, ancienne star et Don Juan moderne dont la belle gueule et l’attitude frivole lui ont joué un dernier tour : maudit par une conquête revancharde, l‘homme se transforme désormais en monstre incontrôlable qui pourrait sans peine compléter une fratrie qui serait composée de Drax le destructeur, d’Hulk ou encore le génie maléfique de Jafar dans Aladin. Il y a de ça, et voilà notre équipe au complet… pour le moment pour affronter les pires cauchemars.

 

 

 

 

© Texier/Yoann au Lombard

 

Et s’ils ne sont pas des foudres de guerre, c’est le moins qu’on puisse dire, le quatuor ose croire qu’il a son rôle à jouer, au-delà de ses aspérités, dans ce monde où les super-héros monétisent désormais leurs services et où les vampires sont en embuscade. Ça risque de barder et il n’a pas de temps à perdre.

 

 

 

 

© Texier/Yoann/Huet au Lombard

 

Pourtant, le team « de luxe » se cherche encore et trouve le temps de se disputer. Au contraire de Texier et Yoann qui font force commune (tout comme les deux coloristes, Marie Huet devant passer le relais après 32 planches à Laurence Croix, et ça ne se voit pas, c’est explosif) pour nous offrir un pur divertissement n’ayant rien à envier aux maîtres actuels du comics et n’hésitant pas à user d’impétuosité pour déboulonner le genre et décaper le lecteur. Dommage pourtant que les auteurs semblent en savoir beaucoup plus que nous sur ces héros, trop que pour se contenter de 52 planches (et deux illustrations dont Yoann, seul, a le secret). Si bien que, passé un dénouement expéditif, qu’on n’avait pas vu venir, pas si vite. Alors, demain ou dans dix ans, on espère que ces Captainz auront droit à une vie après ce tour de chauffe spontané et séduisant.

 

Alexis Seny

 

Titre : Les Captainz

Récit complet

Scénario : Olivier Texier et Yoann

Dessin : Yoann (Page Facebook)

Couleurs : Marie Huet et Laurence Croix

Genre  : Super-héros, Aventure, Humour

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 56

Prix : 12€



Publié le 30/05/2017.


Source : Bd-best


Le Journal du OFF : un président ne devrait pas dire ça… mais les autres, en temps électoraux, ne sont pas en reste !

C’est sûr, quand il s’agit de se choisir un avenir politique pour les cinq prochaines années, on est forcé de rester un tant soit peu sérieux. Comme l’ont été les journalistes Renaud Saint-Cricq et Frédéric Gerschel associés à l’un des dessinateurs de presse (et pas que) parmi les plus en vue depuis quelques années, j’ai nommé James, pour publier en un temps record (seulement 10 jours après l’élection d’Emmanuel Macron Le journal du OFF ou Dans les coulisses d’une campagne présidentielle folle. Un album au format comics qui, non content de retracer cette campagne parmi les pires qu’ait comptées la galaxie, fait office de grands déballages des petits secrets que les uns et les autres gardaient jusqu’au verdict final. « Vous ne le répéterez pas, hein ? » Oh, bah maintenant, y’a prescription, semblent dire les auteurs. Et cela donne un niveau de lecture et de compréhension supplémentaire au lecteur.

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Pierre Bogart est un journaliste politique reconnu et apprécié du journal le Citoyen. À 45 ans, il est père célibataire et refait régulièrement le monde avec sa fille Chloé ou son ami Nacer, le tenancier de son café de quartier. Cette année, ce sont les politiques qui lui donnent du fil à retordre et matière à parler. Pierre couvre en effet la campagne présidentielle. Et même s’il a ses entrées, il lui faut trouver les infos, et les bonnes. Heureusement, ces politiques, il les connaît par cœur : les besoins du métier. Vingt ans déjà qu’il les côtoie ! Et ils ont souvent pris l’habitude de se confier à lui. Peut-être plus qu’ils ne devraient…

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Bon, avant toute chose, on envoie valdinguer le sticker promotionnel reprenant une citation du Parisien, « Très bien informé, le récit de l’élection », dont on se serait bien passé puisque chacun des deux journalistes-scénaristes y travaille ou y a travaillé. On a déjà vu meilleure neutralité, plus légitime. Ce n’est pas bien grave, il se décolle facilement pour désormais découvrir sans appréhension le travail au jour le jour et intense des deux journalistes derrière cet ouvrage qui n’ont eu de cesse de tendre l’oreille tous azimuts. Car si Pierre Bogart est un avatar fictif, les mots, bons comme malheureux, reproduits tout au long de ce document en BD, sont bien réels.

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Et Renaud et Frédéric ont ainsi décidé de faire exploser la loi du silence pour proposer une vision de la campagne détachée des grands événements et pourtant au centre des préoccupations. En effet, ici, l’intérêt réside dans le non-événement, ou en tout cas ce qui a été occulté par les 20h et autres flashes info (ça commence dans leur antichambre avec les tractations surréalistes de l’entourage des candidats bientôt interviewés, et notamment celui de Madame Le Pen, autour des sujets à aborder ou pas, de la manière dont les filmer ou pas…), ou s’est tenu dans leur ombre.

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

C’était sans compter la mémoire (ou alors, ils notent tout) de nos deux as de la chronique politique qui une fois que le gong final ait retenti ont relâché le flux de toutes ses paroles glissées par tel ou tel ténor politique en coin de table, lors d’un coup de fil informel, etc. Autant de paroles, de jugements même à l’égard des uns et des autres, protégées par le « off » journalistique… tout le temps que durait la campagne. Dès que le résultat tombait, les masques pouvaient eux aussi tomber. Et nos sympathiques auteurs de faire leur « Un président ne devrait pas dire ça… mais les candidats à la présidentielle, les ex-candidats, les rivaux invétérés, les faux-alliés et les faux-culs (surtout des faux-culs) ne sont pas en reste ».

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Le Journal du Off n’a pour autant rien d’un grand déballage gratuit, dans cette chronologie des faits (d’un discours déterminant de Sarkozy en août 2016 jusqu’au soir du 7 mai), les auteurs reconstruisent ainsi les temps forts de cette campagne, leurs temps forts. Ainsi, passent-ils au bleu la teneur (inexistante ou presque ?) des grands débats télévisés, réduits bien souvent à une case pour mieux se concentrer sur leur background, pour mieux se concentrer sur le poids des mots et la… faiblesse des promesses dans ce monde tout sauf immuable qu’est la politique.

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Et si de ne pas voir les images rabâchées (et parodiées) pendant des heures à l’antenne est une véritable bouffée d’air frais, le trio d’auteurs persiste à tenir parole (lui !) et à nous proposer une vision différente, en incursion dans un parti des Républicains divisés et dans un parti socialiste qui l’est tout autant. On parle un peu de Marine Le Pen aussi, moins de Mélenchon. Bien plus de Macron, forcément. James digère si bien tout ça qu’il en fait une pièce de théâtre tragi-politique de près de 130 planches ne lésinant pas sur les coups bas et les retournements de vestes… moins sur les attaques frontales, c’est vrai, puisque si le parti est en décomposition, il faut rester uni et serrer les mains. Un mirage qui ne fait que masquer si peu le fait qu’ils se toisent, qu’ils s’en veulent, qu’ils se jugent… bien plus que ce qu’on le pensait. Ce n’est pas du bluff !

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Ainsi y trouve-t-on un peu de bave de Juppé, les conseils d’Hollande pour le gouvernement de Trump qui aboutirent (peut-être) à la nomination de… Kissinger, un Julien Dray qui tentera tout pour redonner le goût de la présidentielle à Hollande et un Sarkozy qui, même en vacances en Thaïlande, tentera de tout contrôler. Sans oublier les négociations (et le chantage odieux) de Le Pen en marge des shows télé et le coup en douce de l’inconnu (pour nous) Bruno Retailleau qui, en prélude au débat entre les cinq principaux candidats, n’aura aucun scrupule à échanger la place qui lui avait été attribuée contre une autre bien plus visible à l’écran. Quitte à reléguer le pauvre « premier ministrable » François Baroin dans l’ombre de François Fillon. Ce jeu de cour d’école est tout bonnement surréaliste. Tout comme ce schisme qui a failli éclater chez Les Républicains au sujet de la teinte de bleu que chaque camp choisirait sur sa… cravate.

 

 

 

 

© Gerschel/Saint-Cricq/James chez Glénat

 

Au-delà du fait que ce bel ouvrage est remarquablement ficelé, quel joli coup que de donner à la BD l’exclusivité de ses off qui valent leur pesant à une BD qui s’impose, une nouvelle fois, comme un média d’information majeur et désormais capable de tenir les délais !

 

Alexis Seny

 

Titre : Le journal du OFF

Sous-titre : Dans les coulisses d’une campagne présidentielle folle

Récit complet

Scénario : Renaud Saint-Cricq et Frédéric Gerschel

Dessin : James

Genre : Politique, Chronique

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 128

Prix : 15€



Publié le 29/05/2017.


Source : Bd-best


Avant sa destitution, Trump fait son abécédaire du A d’Alternative Facts au Z de Zoolander !

C’est dans l’air du temps, le charismatique… heu… pathétique président carotène des États-Unis pourrait bien être poussé vers la sortie plus tôt que prévu. Toujours est-il que, jusqu’ici, Donald Trump est solidement arrimé au pouvoir, son petit hochet divertissant de millionnaire qui n’avait plus rien à envier sinon la direction du plus puissant pays au monde : les États-Unis. Il n’en fallait pas plus à l’insatiable Hervé Bourhis et à l’armada de dessinateurs qu’il a regroupé autour d’un abécédaire forcément au poil (n’en déplaise à la mèche blonde de l’enfant gâté de l’Amérique) mais aussi très poilant : Trump de A à Z (à ne pas confondre avec le projet américain qui avait réuni 26 dessinateurs).

Résumé de l’éditeur : Le président milliardaire n’était pas prévu dans le scénario. Imprévisible, il applique parfois l’inverse de ce qu’il twitte. Et twitte aussi le contraire de ce qu’il n’a pas dit, tout en le niant. Mais ce qu’on avait encore moins prévu, c’est qu’il essaie d’appliquer ses promesses de campagne.

 

 

 

 

© Hervé Bourhis chez Casterman

 

Il n’y a pas que le FBI, la CIA ou la NSA dans la vie, et si ceux-ci tremblent sous l’impact de l’imprévisible Trump, il en faut plus pour effrayer l’homme bien informé qu’est Hervé Bourhis. Touche-à-tout ne résistant jamais à ses sujets de prédilection, la musique et la politique, Hervé s’adonne ici aux joies de l’abécédaire pour donner à Trump ses lettres de noblesse… ou pas. Car forcément, en vingt-six lettres, il y a de quoi brossé un sacré portrait du personnage et aborder toutes ses facettes, aussi inconciliables soient-elles. Car l’homme et son mode de fonctionnement sont des énigmes, si bien qu’on se demande s’il n’est pas un peu schizophrénique.

 

 

 

 

© Rudy Spiessert chez Casterman

 

S’il se charge d’animer chaque lettre de l’alphabet par un avatar de l’homme à la chevelure blond (pas si) naturel, Hervé Bourhis a aussi convié  plus d’une trentaine de dessinateurs et dessinatrices de tous les horizons : de Brüno à Hervé Tanquerelle en passant par François Ravard et Lisa Mandel. Du beau monde, donc, mais Trump ne méritait pas moins à force de fréquenter le gratin. Ce petit livre emportable partout (en voyage comme au cabinet de toilette, entre les mots croisés et livres de blague) est a priori sans prétention et pourtant.

 

 

 

 

© Francois Ravard chez Casterman

 

Sous le couvert de l’humour (n’est-ce d’ailleurs pas celui-là même que Trump utilise pour diriger les States ?), Hervé Bourhis trouve une nouvelle fois matière à ne pas répéter ce que nous ont rapporté les médias pendant des mois, s’intéressant aux premières répercussions de l’ère Trump, à ses relations avec les femmes ou à son image dans la culture populaire (du Prince de Bel Air à un clip de Rage against the machine) et aux anecdotes qui ne changeront pas la face du monde mais vous permettront de briller en société. Exemple : combien de faillites a « épongées » le sire Trump ? Qui est Pepe The Frog et qu’est-il venu faire dans cette campagne (même lui se l’est demandé) ?

 

 

 

 

© Terreur Graphique chez Casterman

 

Avec ses mots choisis monumentaux (il fallait bien ça pour atteindre le talon du vociférant Donald), Trump de A à Z fait oeuvre de bons mots et de bon sens, sans jamais verser dans le facile et avec des auteurs de BD qui s’en donnent à cœur joie. Comme ce Trump-gorille façon Tangui Jossic, l’interprétation en mode The New Yorker de François Ravard, l’incarnation du Trump-Tuche-System par Terreur Graphique ou encore Trump dans les bras de Poutine par Loïc Sécheresse. Entre autres. Une bouffée d’air frais dans ce monde qui va de mal en pis, conditionné par la volonté ou pas de ce cher leader d’appuyer sur le bouton rouge… ou pas.

 

Alexis Seny

 

Titre : Trump de A à Z

Abécédiaire

Textes : Hervé Bourhis

Dessin : Rudy Spiessert, Alexis Bacci-Leveillé, Hervé Tanquerelle, Mini Ludvin, Alexandre Clérisse, Zoé Thouron, Amélie Graux, Natacha Sicaud, Tangui Jossic, Karine Bernadou, Anouk Ricard, Hugues Micol, Dorothé De Monfreid, Terreur Graphique, Thibaut SOulcié, François Ravard, Brüno, Florence Dupré La Tour, Rachel Deville, Loïc Sécheresse, Anne Simon, Marion Billet, Christophe Gaultier, Capucine, Clémentine Mélois, Marine Blandin, Antoine Marchalot, Philippe Girard, François Ayroles, Lisa Mandel, Witko, Grégory Mardon et Marion Montaigne

Genre : Humour, Info

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 96

Prix : 8,95€



Publié le 22/05/2017.


Source : Bd-best


Cosmik Roger se décline en intégrale. L'univers n'a qu'à bien se tenir !

URGENT !
Cherche grosse planète déserte et pas trop froide pour sauver l'humanité.
Demander Cosmik Roger au «Rendez-vous des Anneaux».

Dans le futur, les problèmes de surpopulation sur la Terre ont atteint un seuil critique. Alors que les êtres humains s'entassent là où ils peuvent (jusque dans la Maison Blanche qui sert aussi de crèche et de supermarché), le président des Terriens décide d'envoyer un homme, Roger, explorer l'espace à la recherche d'une planète inhabitée et viable. Mais Roger est plus intéressé par la boisson et les femmes que par les problèmes de l'humanité.

 

 

 

© Mo-Julien/CDM - Fluide Glacial

 

 

Cosmik Roger est apparu sous les traits et la plume de Julien Solé connu aussi sous le pseudo de Julien/CDM.
Cet anti-héros de l'espace est né en 2002. Maladroit, gaffeur, pochetron et porté sur la cuisse, Cosmik Roger est censé sauver le monde.
Mo/CDM n'a donc pas tardé à rejoindre son comparse Julien pour ensemble créer des gags aussi spatialement tordants les uns que les autres.
Véritable parodie de S.F. avec pour seule prétention de nous faire rire aux éclats, c'est un pari qui à toujours réussi et qui donne le prétexte

 

 

 

 

© Mo-Julien/CDM - Fluide Glacial

 

Julien CDM, veut dire «Chiures De Monde» qui est un mix du titre d'un album de Tardi : Chiures de gomme et du titre d'un album de Moebius : Tueur de Monde. Julien est né en 1971 en Seine-Saint-Denis, ce qui est déjà curieux. Mais il abandonne très vite les chaussons de danse pour se consacrer à sa passion secrète et dévorante : la musique en général et la basse en particulier. Mais l'apparition d'ampoules disgracieuses au bout de ses doigts le contraignent à mettre un terme à une carrière pourtant prometteuse. En 1997, il rencontre, toujours chez Fluide, Manu Larcenet qui lui scénarise des petites histoires pour le mensuel. Il continue dans le registre futuriste, mais tout seul cette fois-ci, avec un nouveau personnage, Cosmik Roger, dont le premier tome sort début 2002. Chez Fluide, on lui doit également le surprenant Zumbies, nominé à Angoulême 2011.


Mo, pas encore labellisé «CdM» à l'époque, a vu le jour le 30 mai 1971 sous le soleil de Papeete. Accra au dessin depuis qu'il a la force de tenir un crayon, il crée le fanzine Chieurs de Mondes au lycée, en compagnie de Ralph Meyer et Julien. Plus tard, il entame une collaboration durable avec «Fluide Glacial», et débarque dans les pages du mensuel, aux commandes de Forbidden Zone, puis il reprend le scénario de Cosmik Roger à la demande de son vieux compère Julien/CdM. Mo/CDM n'a pas reçu la Légion d'Honneur.
à réunir les trois premiers volumes en intégrale.

A ce jour 7 albums constituent la série.
Cette intégrale reprend les albums suivants : Tome 1 - Cosmik Roger, Tome 2 - Une planète sinon rien et Tome 3 - Cosmik Roger contre le général Gore

Tyle Craig


Titre : Cosmik Roger Intégrale 1 - T1 à T3

Collection : Série or

Genres : Humour

Nb. pages : 144

Éditeur : Fluide Glacial

Prix : 14 EUR



Publié le 22/05/2017.


Source : Bd-best


Oeil pour oeil, dent pour dent et… nain contre nain dans un bras de fer politico-financier plongé en héroïc fantasy

« On a souvent besoin d’un plus petit que soi. » La Fontaine ne croyait pas si bien dire, et voilà que la série Nains, et ses personnages complexes mais aussi attachants (bon pas de trop près, ils sont souvent armés jusqu’aux dents), est toujours aussi prenante et addictive. Dans le deuxième volet de cette deuxième salve, et au-delà du titre Derdhr du Talion, c’est une vieille connaissance que nous retrouvons : Ordo du Talion, dont nous suivions déjà les exploits dans le deuxième tome de la série.

 

 

 

 

© Jarry/Crety/Digikore Studios chez Soleil

 

Résumé de l’éditeur : Quinze années se sont écoulées depuis l’incendie qui a ravagé Fort Druz. L’ordre du Talion n’a pas été détruit. Le pouvoir a seulement changé de mains, passant de celles des archivistes à celles des seigneurs de la banque de Pierre. Pourchassé par les maîtres assassins de la loge Noire, Ordo a renoncé à sa vengeance… Jusqu’au jour où la belle et mystérieuse Derdhr, l’un des plus puissants seigneurs de la banque de Pierre, vient le trouver pour lui proposer de terminer ce qu’il a commencé…

 

 

 

 

©Jarry/Créty

 

Dans ses premières aventures, Ordo sacrifiait tout à la vengeance envers et contre ceux qui avaient sacrifié sa vie et son enfance sur l’autel de la violence. Pourtant, le temps a encore un peu plus passé et Ordo s’est ravisé. Parce que le premier acte de sa vengeance ne s’est pas passé comme il le souhaitait et que même en mettant le pouvoir à feu et à sang, il y a toujours des serpents latents qui reprendront les rênes du royaume quelques moments plus tard. Alors Ordo est résigné. De l’équipe qu’il avait formée il y a quinze ans, il ne reste plus que le trio qu’il forme avec la solitude et le mensonge. Ben oui, il faut bien se protéger quand on a « les treize maîtres de la loge noire au joufflu ». De quoi apprendre à profiter de chaque moment comme si c’était le dernier mais aussi de s’inventer « vie après vie », cette fois il est le maître-coordinateur de chantier Joris, en espérant que personne ne retrouvera sa trace.

 

 

 

 

© Jarry/Crety/Digikore Studios chez Soleil

 

Pour le coup, c’est raté et voilà que la vénéneuse Derdhr, seigneur de la Banque de Pierre, arrive pour lui proposer un marché qui commence déjà par quelques menus chantages. Ordo est piégé et la quête de pouvoir financier de Derdhr fait désormais écho à la lutte vengeresse passée du guerrier. Ordo, rouage nécessaire à la gigantesque machination politico-financière qui se met en place, va devoir reprendre les armes et renouer avec sa vengeance sans pitié. Avec en ligne de mire… son père, celui qu’il avait juré de tuer avant de se raviser, celui qui fait figure d’ultime obstacle pour Derdhr et son accession à la domination.

 

 

 

 

© Jarry/Crety

 

Rabattant une nouvelle fois les cartes sans perdre de vue les dimensions père-fils et amour-haine inhérente à la totalité des récits de cette série, Nicolas Jarry nous emmène, cette fois, dans une sorte de thriller financier et politique toujours aussi bien englouti et digéré par le monde de l’Héroïc fantasy. Alors, rassurez-vous, si on parle argent et gros bonnets, les têtes tombent toujours autant, la guerre gronde entre dragons et soldats surentraînés mais s’invite aussi dans les intrigues médisantes et machiavéliques du palais. Et Ordo, dans tout ça, tente de surnager pour ne pas jouer sa dernière pièce dans un final que n’aurait pas renié Jules César. Dans ce jeu de manipulation et de stratégie, Stéphane Créty continue à faire valoir la grande qualité graphique de cette saga. Il retrouve son héros, le métamorphose physiquement, sans toucher à la puissance de son univers, vertigineux entre plongée et contre-plongée, sans jamais se casser les dents sur les éperons rocheux où se perchent les châteaux imprenables (du moins, on le pensait). Le crayon de Créty est un tranchoir de bien belle facture ! Et Nains continue sa success story.

 

Alexis Seny

 

Série : Nains

Tome : 7 – Derdhr du Talion

Scénario : Nicolas Jarry

Designer : Pierre-Denis Goux

Dessin : Stéphane Créty

Couleurs : Digikore Studios

Genre : Héroïc fantasy

Éditions : Soleil

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€

 



Publié le 22/05/2017.


Source : Bd-best


Jazz, l’éclat de lucidité vital du jeune Marcel Pagnol remis sur les planches… de BD

On vous en a déjà  parlé, depuis quelque temps, la collection Grand Angle a commencé un chantier totalement fou, à savoir : adapter l’intégralité de l’oeuvre de Marcel Pagnol en bande dessinée. Les plus connues comme les méconnues. À l’instar de Jazz, pièce de théâtre touchant au domaine fantastique et qui fut, en 1926, le premier succès du natif d’Aubagne. Ou comment un professeur qui a voué sa vie à la recherche d’un texte inédit de Platon va être bien obligé de changer son fusil d’épaule et d’aller à la rencontre de l’esprit de sa vie (et pas seulement des Noëls) passée.

 

 

 

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan chez Grand Angle

 

Résumé de l’éditeur : À 56 ans, Blaise vient de terminer l’étude approfondie d’un texte inédit qu’il attribue à Platon. Cette thèse lui permettra d’accéder à une chaire à la Sorbonne. Mais la révélation par un spécialiste américain des erreurs d’hypothèses qu’il a commises ruine ses espérances. Alors qu’il a consacré plus de trente ans à ce travail. Blaise réalise qu’il a oublié de vivre sa vie. Une vie qui s’avère désormais sans aucun but.

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan chez Grand Angle

 

« (…) Jouissez de la vie, sans perdre une seconde ! Celui qui vous le dit a raté la sienne ! » Un air de Reggiani et de son Temps qui reste, un peu d’ultramoderne solitude (même si c’est en 1926, même s’il s’agit de langues anciennes) et une once de Dickens au pays des cigales, Jazz, c’est un peu tout ça et bien plus encore. C’est l’inéluctable quête d’un homme qui se rend compte trop tard qu’il a raté sa vie trop tôt. Que toutes les réjouissances qui ont comblé sa vie et son vide, il se les créait. Sa dernière quête, cette recherche du Phaéton de Platon, pouvait lui amener la gloire et la reconnaissance éternelle, mais voilà déjà que, si proche du but, on se rend compte que tous les efforts de Blaise ne tenaient pas de bout.

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan chez Grand Angle

 

De héros en risée, Blaise fait finalement ce qu’il sait faire le mieux : se cloîtrer chez lui, plus pour travailler mais pour se morfondre. Mais c’est sans compter l’esprit du jeune et fringant homme qu’il était autrefois, celui qui goûtait à la vie et croyait en l’amour. Mais, peut-être n’est-il pas trop tard? Alors, comme dans un ultime baroud qui est moins d’honneur que de vie, le quinquagénaire retrouve ses ailes d’antan. Et envoie valdinguer la bienséance si chère à ses contemporains. « Un scandale ? Parce que dans la maison des morts, l’un d’entre eux s’est levé et s’est mis à vivre… »

 

 

 

 

© Scotto/Stoffel/A.Dan

 

Si vous deviez citer dix oeuvres de Marcel Pagnol,  sans doute que Jazz n’en ferait pas partie, parce que méconnue, comme nous le disions. C’est d’autant plus plaisant de découvrir en compagnie de Serge Scotto et Éric Stoffel, au scénario, et d’A.Dan (le trio qui avait signé Merlusse, il y a quelques mois) cet éclat de lucidité d’un Pagnol encore très jeune. Mais comment adapter une pièce de théâtre sur les planches de la BD ? Ça s’est déjà vu, ça se verra encore, et il n’y a sans doute pas de recette miracle. Ici, Scotto et Stoffel gardent tout le sel, le charme et le rythme de la pièce et de ses jeux de ping-pong entre les personnages principaux, tandis qu’A.Dan parvient impeccablement à dépayser et à varier les décors souvent difficilement interchangeables d’une pièce de théâtre. Si bien que sur les 58 planches de cet album, la leçon de vie est sublimée et fait encore bien plus écho, nonante ans plus tard.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Jazz

Récit Complet

D’après la pièce de théâtre de Marcel Pagnol

Scénario : Serge Scotto et Éric Stoffel

Dessin et couleurs : A. Dan

Genre : Pièce de théâtre, drame

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nbre de pages : 68 (+ dossier de 3 pages)

Prix : 16,90€



Publié le 18/05/2017.


Source : Bd-best


Du pain et des jeux entre Bourreau et Bouffon, que demande la plèbe ?

Avec leur premier tome du Bourreau, quelque part entre Victor Hugo et le combat du bien et du mal façon « super-héros américains », l’équipe emmenée par Mathieu Gabella et Julien Carette nous avait pris au jeu de ce piège fantastique et médiéval qui se refermait sur les criminels parisiens. Mais si, dans cette mission divine, le bourreau s’était trompé et avait tué un innocent. Les certitudes se déglinguent d’autant plus qu’un Bouffon sorti d’on ne sait où risque bien de mettre en doute sa suprématie d’exécuteur. Place aux Mascarades.

 

 

 

 

 

 

Illustration © Julien Carette

 

Résumé de l’éditeur : Le Bourreau n’est plus le seul capable de miracles à Paris. Un mystérieux saltimbanque a fait son apparition, redonnant espoir aux Parisiens. Le Parlement a ordonné son arrestation, mais l’exécuteur est obsédé par cet enfant que le Bouffon a sauvé, et par l’étrange cave qu’il a découverte… Curieusement, les nobles sont déterminés à l’empêcher de fouiller dans cette direction. Le Bouffon, l’enfant miraculé, les nobles… Tout est lié, il le sent, mais par quoi ?

 

 

 

 

 

 

© Gabella/Carette

 

Mûri dans le sens du sacrifice et dans le souvenir ensanglanté de ce qui arrive aux bourreaux qui ne suivent pas la loi divine, voilà que notre Bourreau doit désormais faire face à des doutes coriaces qui risquent bien de l’ébranler, tout invincible soit-il. Pourtant, au vu de son don, identifier les criminels les plus saugrenus de la Ville pour ensuite les convoquer dans un piège à souris imparable, cela n’avait rien de sorcier (enfin si, un peu). Mais l’indétrônable Bourreau, que tout Parigot qui ne serait pas droit dans ses bottes et aurait déjà versé le sang se doit de craindre, pourrait bien avoir failli, induit en erreur par son propre allié, son… Don.

 

 

 

 

© Gabella/Carette/Benoit

 

Et si l’Exécuteur doit comprendre et expier son erreur, son temps est compté. Un Bouffon vient jouer les trouble-fêtes pour mieux tourner en ridicule le taulier sanctionnateur et le déstabiliser. Car, oui, le Bourreau doit l’admettre : il n’est plus l’exception, le seul être à posséder ce pouvoir de vie et de mort, d’immortalité… Pire, le Bouffon semble bien lui être supérieur en diable et pourrait bien le tuer.

 

 

 

 

© Gabella/Carette/Benoit

 

C’est sûr, il n’est jamais évident de mettre en oeuvre une histoire se déroulant à la fois dans les flashbacks et le présent. Tout comme il n’est pas évident non plus de sortir des sentiers et les schémas battus et rabattus par les enquêtes plus ou moins médiévales. Avec le Bourreau, c’est jour de promo, puisque les deux aspects sont bien inhérents à cette trilogie (pour commencer ? car on n’ose croire que les auteurs auront tout exploité en trois albums) et qu’en plus ils se mettent en place de manière géniale.

 

 

 

 

© Gabella/Carette/Benoit

 

C’est vrai que ce n’est pas tous les jours qu’on a affaire à un super-héros moyenâgeux qui survole les toits avec une légèreté qui n’a d’égale que la dureté de ses sanctions. Mais quand on escalade les murs de la Ville qui n’est pas lumière, la chute peut survenir à tout moment… mais pas dans ce deuxième tome. Habiles équilibristes, Mathieu Gabella et Julien Carette (aidé par une armada d’artistes : Sylvain Guinebaud au storyboard, Jérôme Benoit pour les décors, Simon Champelovier aux couleurs souvent ombragées, le trio Didier Poli – Jérôme Benoit – Lou à la couverture, le tout sous la coordination de Nautilius Studio) ne flanchent pas et continuent sur l’excellente lancée du premier tome, éclairant un peu les zones d’ombre sans trop en dévoiler. De quoi préparer une voie royale au troisième tome.



 

 

Alexis Seny

 

Série : Le bourreau

Tome : 2 – Mascarades

Scénario: Mathieu Gabella

Storyboard: Sylvain Guinebaud

Dessin: Julien Carette

Décors: Jérôme Benoit

Couleurs: Simon Champelovier

Couverture: Didier Poli, Jérôme Benoit et Lou

Coordination artistique: Nautilus Studio

Genre: Fantastique, Thriller, Cape et épée

Éditeur: Delcourt

Collection: Terres de légende

Nbre de pages: 56

Prix: 14,95€



Publié le 16/05/2017.


Source : Bd-best


Le fulgur : Bec et Nenadov surfent sur la vague Verne pour aller vers l’infini et au-delà et tâter des monstres abyssaux

Dernièrement, on vous a pas mal parlé d’H.G.Wells adapté en BD. Mais il n’y a aucune raison pour que ce pionnier de la science-fiction soit le seul à bénéficier des yeux doux du Neuvième Art. Jules Verne aussi a la cote dans la BD tant l’univers auquel il a donné vie ne cesse de nourrir l’imaginaire d’auteurs tous azimuts. La preuve avec le récent Fulgur de Christophe Bec, Dejan Nedanov et Tanja Cinna qui nous projettent dans les entrailles de la Terre. Et en 1900, celles-ci peuvent receler bien des dangers.

 

 

 

 

 

 

© Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

 

Résumé de l’éditeur : 1907. Suite à une terrible tempête, un navire voguant dans le canal du Yucatan sombre dans une fosse sous-marine avec un milliard d’or pur dans ses soutes. Bientôt, un groupe hétéroclite, savants, aventuriers, hommes d’affaires et journalistes, embarque à bord du Fulgur, un sous-marin unique en son genre, afin de retrouver la cargaison perdue. Mais leur aventure à 4 000 mètres de profondeur va rapidement prendre une tournure défiant l’entendement!

 

 

 

 

Ex-libris pour BDFugue © Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

20 000 lieues sous les mers, c’est beaucoup, mais 4000 mètres, ça suffit déjà amplement à connaître le grand frisson et à séduire les amateurs de sensations fortes. Surtout quand on voyage au centre de la terre, ou presque. Tombée en plein milieu d’un western nautique (des premières cases aux dialogues très far west), l’équipe du Fulgur entend bien retrouver le trésor de la Sierra Maestra envoyée, avec son milliard d’or pur, au fond du canal du Yucatan par un ciel de colère. De quoi nourrir les fantasmes des plus aventureux chercheurs d’or qui se sont construit un sous-marin révolutionnaire. Révolutionnaire mais toujours submersibles d’autant plus quand il est sujet à l’attaque de monstres marins insoupçonnés.

 

 

 

 

© Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

Si le cinéma renoue avec les monstres au grand air comme les Godzilla et autres King Kong, le fond des mers ne doit pas pour autant être sous-estimés tant il regorge de monstres à faire pâlir, Bruce, le requin de Spielberg dans Les dents de la mer. Ainsi, ce qui devait être une promenade de santé frôlant les abysses va vite devenir un parcours du combattant en scaphandrier face à des requins géants, des dinosaures ressuscités d’on ne sait où et bien d’autres bébêtes que ni vous ni moi ne souhaitons connaître (la dernière planche laisse penser que nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises).

 

 

 

 

© Bec/Nenadov/Cinna chez Soleil

 

Derrière les trois chapitres de ce premier tome (sur trois), on identifie très vite Christophe Bec car le scénariste continue dans la lignée de deux de ces oeuvres récentes, Blood Red Lake mais surtout Bikini Atoll, et cette incursion dans les mortelles profondeurs ne désarçonne pas son auteur qui, tout en jouant d’un univers maintes fois exploré, parvient à séduire par l’aspect totalement glauque et désespéré de cette oeuvre encore mystérieuse. Côté dessins, le Serbe Dejan Nenadov trouve chaussure à son pied et matière à prouver si besoin était qu’il n’a pas son pareil pour créer d’affreuses créatures aux dents carnassières. Mais le Fulgur, ce n’est pas qu’un cirque freak des profondeurs, et c’est avant tout une audace steampunk et une ambiance début de siècle parfaitement restaurée. Puis, des gueules, surtout des gueules, burinées, de gars qui n’ont rien à perdre (mais qui ne pensaient tout de même pas pouvoir perdre la vie) et pas forcément commodes mais qui remporte quand même, par leur témérité et leur esprit d’aventure, l’adhésion des lecteurs dans cette éprouvante quête de survie. Les couleurs de Tanja Cinna finissent d’ajouter à cette fresque la dose d’effroi qui nous parcoure l’échine durant ces 62 pages laissées en suspens par un « à suivre », comme toujours désarmant.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le Fulgur

Tome : 1/3 – Au fond du gouffre

Scénario : Christophe Bec

Dessin : Dejan Nenadov

Couleurs : Tanja Cinna

Couverture : Yvan Villeneuve

Genre : Aventure, Horreur

Éditeur : Soleil

Nbre de pages : 64

Prix : 15,50€



Publié le 16/05/2017.


Source : Bd-best


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