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Wonder Woman : Terre-Un et Année Un, deux façons (très différentes) de quitter Themyscira

C’était inévitable ! Accompagnant la sortie du film consacré aux aventures de Wonder Woman, de nouvelles parutions ont été consacrées à la belle Amazone. Oui mais si on n’avait rien suivi jusque-là ? Pas d’inquiétude, DC et Urban Comics ont bien fait les choses en reprenant à la base avec Terre-Un mais aussi Année Un. Bien, un… heu… hein ?

« Wonder woman, wonder woman ». Ma culture de Wonder Woman se résumait à peu près à ce qu’en a retenu la culture populaire : cette scène de transformation de Linda Carter dans la série consacrée à Diana Prince et ses exploits.


Il n’est donc jamais trop tard pour se rattraper. Et quoiqu’on en dise, un passage au grand écran est toujours l’occasion de faire son marché dans la littérature consacrée à un héros ou une héroïne. Coup sur coup, Urban Comics vient donc de publier les traductions de Terre-Un de Grand Morrison et Yanick Paquette ainsi que le rebirth Année Un de Greg Rucka et Nicola Scott. Deux versions des origines de cette super-femme (et féministe) qui a traversé les âges.


 

 

 

© Rucka/Scott/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Alors, forcément, le décor planté dans les premières planches est le même pour ces deux albums (en commençant le deuxième – je les ai lus l’un à la suite de l’autre – j’ai été un peu sceptique, ça n’a pas duré longtemps). À savoir l’île Themyscira, quelque part dans l’océan, bien à l’abri des hommes hostiles et qui a tout d’un paradis terrestres pour les Amazones placées sous la conduite d’Hyppolyte, la mère de Diana, et sous la protection des Patrons (les déesses grecques Hestia, Aphrodite, Demeter, Athéna et Artémis). Un microcosme salvateur et dont la Femme est l’avenir pour les siècles des siècles. Enfin… Jusqu’au jour où un avion militaire va se cracher on ne sait comment sur cette île et y introduire le premier homme depuis bien longtemps (depuis Hercule, en fait, qui lui n’était pas venu en ami) : Steve Trevor (qui est afro-américain dans Terre-Un). De quoi mettre dans l’embarras les Amazones, face à un dilemme qu’elles ne pensaient pas avoir à affronter : faut-il se débarrasser/laisser mourir le pilote de l’Air Force ou bien le soigner et le raccompagner chez lui en « sacrifiant » l’une des guerrières ?


 

 

 

© Morrison/Paquette/Fairbairn chez DC Comics

 

Et c’est là que les visions divergent. Car ce n’est pas pour rien que les Amazones sont raccord avec les héros des mythes grecs. Et comme eux, la mythologie de ces demi-déesses est mouvante, changeante, au fil des âges et des auteurs.


 

 

 

© Rucka/Scott/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Ainsi dans Terre-Un, après un remarquable prologue relatant le combat des Amazones face à Hercule, Grant Morrison et Yanick Paquette font prendre à Diana son courage et son destin bien en main, envers et contre ses soeurs. Sans leur bénédiction, elle quittera, sous les flèches, Themyscira, pour atterrir dans les lumières fascinante d’une ville américaine. Bien moins fascinant sera la suite puisqu’une fois la Gorgone lâchée, Diana sera obligée de rentrer sur son île pour y être jugée par les siennes. Place donc à une pièce de prétoire dépaysée par les flash-backs très inspirés du duo d’auteurs.


 

 

 

© Morrison/Paquette/Fairbairn chez DC Comics

 

Dans Année Un, Greg Rucka et Nicola Scott retournent le prisme pour sacrifier celle qui ne s’appelle pas encore Wonder Woman, devenue championne et « présent au monde » de son peuple pour raccompagner Steve Trevor dans son pays et sans nul espoir de revenir à Themyscira. Pourtant, Diana devra protéger son île de loin, ainsi que l’Amérique et le monde des hommes dans lequel elle arrive face à un terrorisme bactériologique et épidémique d’un nouveau genre baptisé Sear. Plus contemporain (mais aussi plus lisse, plus commun dans le dessin), Année Un a aussi le mérite d’éclater le focus pour aller voir du côté des vies et des antécédents d’autres personnages appelés à compter. Steve Trevor, bien sûr, mais surtout Barbara Ann Minerva qui se révélera être bien plus qu’une traductrice, mais une Indiana Jones au féminin entièrement dévouée et obnubilée par la cause des Amazones (un chapitre signé Bilquis Evely dont on se demande pourquoi elle n’a pas pu dessiner tout l’album). Avec en plus un grand méchant guerrier et terrifiant.


 

 

 

© Rucka/Evely/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Je ne m’aventurerai pas dans une analyse pointue et rétrospective de ces albums puisque je suis novice dans le monde de Wonder Woman, héroïne créée en 1941 par William Moulton Marston. Toujours est-il qu’il est appréciable de lire ces deux tomes, d’abord pour les deux directions antagonistes suivies par les deux duos d’auteurs. Mais également, au niveau du graphisme, avec un coup de coeur pour Yanick Paquette qui semble tellement tout connaître de son héroïne et joue intelligemment de ses atouts et outils pour délimiter les cases (du lasso au bustier) et emmener son découpage vers le maximum de plaisir. Simplement mais avec une aisance et un charme redoutable. De ceux qui font sortir la BD de ses cases.


 

 

 

© Morrison/Paquette/Fairbairn chez DC Comics

 

À l’image de Patty Jenkins, la réalisatrice du film WW, c’est donc une femme, Nicola Scott, qui assure le dessin d’Année Un avec de très belles planches tant que notre Amazone préférée reste sur son île. Dommage car la suite est moins intrépide et l’autrice, pourtant habituée à Wonder Woman, nous laisse sur notre faim alternant une superbe scène de fusillade « caméra à la main » et très détaillée à d’autres scènes d’action beaucoup trop statiques que pour émouvoir. Ça manque de vie, en fait. Et c’est d’autant plus désolant que le pitch de Greg Rucka reliant mythologies ancestrales et combat bien contemporain (malgré un côté grand-guignolesque à l’apparition du méchant et quelques dialogues mal fagotés) marche à tous les coups, précis et tellement proche de nos préoccupations internationales.


 

 

 

© Rucka/Scott/Fajardo Jr. chez DC Comics

 

Au jeu des préférences, c’est donc Terre-Un qui récolte mes louanges (mais Année Un ne démérite pas pour autant, loin s’en faut). De ma chaise, je suis tombé le cul par terre face à l’ingéniosité graphique de Yanick Paquette, la diversité et la fougue de ses ambiances et de ses personnages plus ou moins sérieux (l’inénarrable Beth Candy, là pour prouver l' »innocence » de Diana mais aussi que le féminisme des Amazones « sans un kilo de trop » a ses limites). En dépit d’un méchant tonitruant à se mettre sous la dent. Ce qui devrait venir bien assez tôt.

 

Alexis Seny

 

Série : Wonder Woman Terre-Un

Tome : 1

Scénario : Grant Morrison

Dessin : Yanick Paquette

Couleurs : Nathan Fairbairn

Traduction : Isabelle Bauthian

Genre : Aventure, Fantastique, Mythologie

Éditeur VF : Urban Comics

Éditeur VO : DC Comics

Collection : DC Deluxe

Nbre de pages : 144

Prix : 15€

 

Publié le 17/08/2017.


Source : Bd-best


Seule contre la loi et telle Don Quichotte dans un Cluedo à reconstruire, des années plus tard

Avant de nous faire découvrir de nouvelles pépites pour la rentrée (ça va être bien, vous allez voir), les Éditions du Long Bec continuent noblement et passionnément à rééditer des récits qui ont bien le droit à une nouvelle vie. Bien plus orfèvre que brocanteur à la sauvette, Éric Catarina et son équipe ont cette fois jeté leur dévolu sur Seule contre la loi. L’adaptation par Roger Seiter et Vincent Wagner (deux auteurs omniprésents, et à raison, chez l’éditeur à la cigogne) d’un classique de William Wilkie Collins qui allait comme un gant au Neuvième Art. La preuve.

 

 

 

 

 

 

 

Recherches de personnages par Vincent Wagner

 

Résumé de l’éditeur : Angleterre 1875. Une jeune femme du nom de Valeria Brinton épouse par amour Eustace Woodville en dépit des réticences de son entourage. Durant le voyage de noces, plusieurs indices amènent Valeria à penser que son mari porte un lourd secret en relation avec son passé. Après avoir mené une rapide enquête, elle découvre qu’il l’a épousée sous un faux nom. Il s’appelle en réalité Eustace MacAllan. Et quand elle lui demande des explications, il refuse de répondre à ses questions et la quitte tout en lui assurant qu’il l’aime. Mais Valeria est amoureuse et est prête à tout pour connaître la vérité.

 

 

 

 

Recherches de personnages par Vincent Wagner

 

Victorienne Angleterre et étranges mystères, plus loin que la rime, le combo continue de porter ses fruits au fil des passeurs d’histoires. Initialement paru en deux tomes et sous le nom de série de Mysteries chez Casterman, il y a une dizaine d’années; voilà donc que Seule contre la loi s’offre une seconde jeunesse dans le grand format cher aux éditions alsaciennes. Parce que le dessin de Vincent Wagner (décidément habile à transformer sons trait au fil des projets, qu’ils soient à destination des enfants ou d’un public plus adulte) le vaut bien. Et que l’écriture précise de Roger Seiter n’est pas en reste. Alliez-les à la force de conviction de William Wilkie Collins, homme de loi dans une première vie, et voilà une histoire frissonnante et solide qui vous tend les mains.

Car il y a difficilement plus prenantes comme histoires que celles où, envers et contre tout, face à tout le poids du monde, un héros (une héroïne, dans le cas présent) va tenter le tout pour le tout pour rétablir une vérité si improbable. Car « relaxé faute de preuves » ne signifie pas innocence, voilà que, telle Don Quichotte face à ses moulins à vents qui tournent tous dans le même sens, Valéria Brinton-Woodville va devoir avoir les nerfs solides pour l’affronter, cette vérité qui la turlupine, et sauver son mari du doute et de la culpabilité qui le ronge bien malgré lui. Et s’il est menteur, qu’il l’a prise pour épouse sous un nom d’emprunt, Valéria compte bien le pardonner pour peur qu’il ait eu une seule bonne raison de ne pas tout lui dire. Commence alors, sur un fil d’Arianne inexistant et sur la pente abrupte des faux-semblants, une incursion à reculons sur la ligne de vie de l’homme que Eustace était avant de rencontrer Valéria.

 

 

 

 

© Seiter/Wagner chez Les Éditions du Long Bec

 

Ni Watson ni Sherlock Holmes, encore moins Miss Marple, Valéria n’a pas les réflexes d’une enquêtrice. Et si les portes s’ouvrent en général devant les trois premiers héros précités; Valéria va plutôt devoir les enfoncer face à un auditoire qui va vite comprendre quelle folle elle peut être pour croire si fort à l’incroyable. Mais Valéria est amoureuse, et cela change la donne. Du déroulé de cette enquête qui aurait pu être classique, aussi. Car Valéria est si entêtée, si investie corps et âme, qu’elle est prête à se jeter dans la moindre brèche, sans retenue, sans jugeote, croyant dur comme fer la première piste qui pourrait innocenter pour de bon son mari parti sous d’autres cieux. Et le lecteur s’y engouffre avec, scrutant les différents acteurs (drôlement bien campé) de ce Cluedo pas « pour de rire » et à reconstituer quelques années plus tard. Seule contre la loi est un écrin formidable à rebondissements et à fausses pistes.

 

 

 

 

© Seiter/Wagner chez Les Éditions du Long Bec

 

Après sa rencontre avec Cyril Bonin (on vous parle du deuxième et dernier volume de l’intégrale de Fog, dans les prochains jours), Roger Seiter décelait chez Vincent Wagner un vrai talent pour reconstituer l’Angleterre victorienne sans y perdre sa patte et son style si reconnaissable. De quoi faire entrer le roman de Wilkie Collins et sa machinerie efficace, pour ceux qui l’auraient oublié, un peu plus définitivement dans la légende.

 

Alexis Seny

 

Titre : Seule contre la loi

Intégrale

D’après le roman de Wilkie Collins

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Vincent Wagner

Genre : Enquête, Mystère

Éditeur : Les éditions du Long Bec

Nbre de pages :104 (dont un cahier historique)

Prix : 25€



Publié le 16/08/2017.


Source : Bd-best


Forçats 2 : la relève de Londres, l’éternité d’un destin sacrifié et la beauté du plus noble des combats, celui qui espère la liberté

En prison, le monde se divise en deux catégories : les détenus qui s’enfoncent dans l’irrécupérabilité face à un système qui détruit et broie l’humanité puis ceux qui rêvent d’une seconde vie (même si d’aucuns n’hésiteront pas à les casser, les jugeant irrécupérables, hein Serge ?).  La seconde vie, Eugène Dieudonné en rêve. Avec cette envie de se laver de l’affront qu’on lui a fait, lui qui a été condamné pour un braquage duquel il ne faisait pourtant pas partie. Dans le second et dernier tome de Forçats,  Fabien Bedouel et Pat Perna durcissent le ton, bavards, face à l’inacceptable, l’erreur judiciaire que certains tentent pourtant de cautionner.

 

 

 

 

 

 

© Fabien Bedouel

 

Résumé de l’éditeur : De retour de Cayenne, le grand reporter Albert Londres engage une lutte sans merci contre le bagne. Dans Le Petit Parisien, il raconte l’horreur de son voyage en Guyane et interpelle le ministre des Colonies. Parallèlement, il poursuit ses investigations pour faire innocenter Eugène Dieudonné, ralliant l’opinion publique à sa cause. Mais le temps presse… À bout de forces et de patience, l’anarchiste ne tiendra plus longtemps sur l’île du malheur. Confronté aux turpitudes journalistiques et aux lenteurs de la justice, Albert Londres devra déployer toute son énergie pour sauver son protégé et changer le cours de l’Histoire.

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini chez Les Arènes

 

Comment se peut-il qu’à l’heure actuelle, on puisse mettre encore et encore des innocents en prison? Les images des JT’s montrant des hommes ayant passé dix, vingt ou trente ans de leur vie en prison et libérés parce que blanchis ne sont pourtant pas rares. À quoi a donc pu servir l’héritage d’Eugène Dieudonné, emprisonné à Cayenne, il y a près de cent ans ? On se le demande. L’Histoire serait-elle aussi lente que la justice à apprendre de ses erreurs ? De quoi porter un peu plus le propos de Fabien Bedouel et Pat Perna qui prouvent, dans ce second tome que le pire est à venir.

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini chez Les Arènes

 

Le héros change de costume et, sans délaisser le pauvre Eugène Dieudonné, voilà qu’Albert Londres prend le crachoir. Londres, l’homme providentiel, celui qui demande la fermeture du bagne, le seul à qui Eugène peut confier son sort alors que la justice se trouve bien plus habile à mettre des êtres à l’ombre qu’à en les innocents du bagne, ce coin reculé du monde où les plus forts survivent. Mais malgré l’insistance de son patron qui trouverait regrettable de ne pas essorer jusqu’au bout ce sujet qui booste les ventes du P’tit Parisien, Londres pense avoir fait le tour de la question des bagnards et veut passer à autre chose: l’affaire… Dieudonné. Albert veut reconstituer les faits, mener sa propre enquête pour prouver l’innocence de son protégé. Et ça marche.

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini chez Les Arènes

 

C’est sans compter l’impatience d’Eugène. D’autant plus que les efforts du journaliste porte leurs fruits au-delà de l’océan : après treize ans d’emprisonnement du matricule 41143, le Ministre a décidé de gracier celui-ci. C’est inespéré, mais c’est aussi un cadeau empoisonné : il faudra en réalité deux ans, neuf mois et vingt-deux jours pour que cette libération soit effective. Un ahurissant détail « administratif » qui, peut-être, heurte encore plus Dieudonné de plein fouet. Y’a-t-il pire que l’illusion de la liberté ?

 

 

 

 

© Perna/Bedouel/Fantini

 

Reliant en pointillé l’horreur des scènes de violence causées par la Bande à Bonnot et le sort chagrin d’un gars anéanti et abandonné de tous sauf d’un journaliste téméraire et à contre-courant (et sur les eaux de l’océan qui borde la Guyane, c’est encore plus dangereux); nos deux auteurs font encore des merveilles. Enfin, des merveilles… dans la noirceur et le crépuscule des vrais héros, ceux qui n’ont plus rien à perdre. Bedouel et Perna non plus, et avec autant de talent et la force d’un propos qui fait mouche cent ans plus tard, on les comprend. Dans cet étau qui se resserre, avec ses ambiances magnifiques (Fabien Bedouel – Florence Fantini, une affaire qui marche sacrément bien !), Forçats, c’est la relève de Londres, l’éternité d’un destin sacrifié (Eugène, mort à 60 ans, se sera vu confisqué un quart de sa vie par les barreaux) et la beauté du plus noble des combats, celui qui espère la liberté.



 

Alexis Seny

 

Titre : Forçats

Tome : 2/2 – Le prix de la liberté

Inspiré de faits réels

Scénario : Pat Perna

Dessin : Fabien Bedouel

Couleurs : Florence Fantini

Genre : Aventure, Judiciaire, Drame, Historique

Éditeur : Les Arènes

Nbre de pages : 58 (+ dossier de six pages)

Prix : 15€



Publié le 14/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 17

« - Ben… Voilà… Je me suis enfui… J’habite chez une vieille tante très, très, très avare qui… qui me fait beaucoup travailler et… je ne peux jamais jouer… Alors quand j’ai vu votre bateau…

-  Heu ! Tout ça n’est pas très gai, bien sûr… Mais que veux-tu que je fasse ?... Ta tante va prévenir la police et j’aurai de gros ennuis.. D’abord, où habite ta tante ?...

-       Où elle… Heu… Ben, elle habite à…à Saint-Peufric… C’est ça, à Saint-Peufric ! »

 

  Si le jeune Donald Mac Donald est si hésitant en expliquant à Starter pourquoi il se trouve sur son bateau, c’est parce qu’il ment comme un arracheur de dents. Il n’a pas de tante à Saint-Peufric, parodie de Saint-Tropez (admirez le jeu de mots). Il est fils de milliardaire et cherche à s’échapper de la prison dorée dans laquelle il se trouve. Le petit garçon va ainsi vivre avec Sophie, Starter et Pipette, une aventure trépidante assaisonnée d’enlèvement, malfrats stupides et cupides et poursuites en voiture à la Rémy Julienne.

 

 

 

 

 

 

C’est avec beaucoup d’émotion que se conclue la réédition intégrale des aventures de Sophie. En effet, Jidéhem vient de disparaître, entre la préparation et la parution de cet album. On y retrouve la dernière partie de la grande époque de Sophie, puis son « revival » qui eut lieu quelques temps plus tard, avec une fillette ayant pris quelques années, passant de la gamine d’une dizaine d’années à une adolescente avoisinant les quinze ans. Outre l’aventure avec le petit Donald, voici la suite du programme.

 

            L’inspecteur Céleste est une comédie en quatre actes dans laquelle un Peter Sellers en puissance se retrouve bien malgré lui à tester les inventions de Monsieur Karamazout, le papa de Sophie. Cette dernière y est quasiment absente. Le lecteur prend la place d’observateur pour se délecter des malheurs du policier. On sent le crayon de Jidéhem jubiler en mettant en scène Zoé, la voiture intelligente, le fameux œuf véhicule et autres cascades.

 

 

 

 

 

 

            Don Giovanni inaugure en 1989 la période « ado » de Sophie. Ce retour est marqué par l’intermède Ginger, autant graphiquement que scénaristiquement. Le trait de l’auteur s’éloigne de celui de Franquin pour se rapprocher de celui du Bob de Moor de Barelli. Dans l’introduction des formidables Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, on apprend que les histoires sont issues de scripts destinés à l’origine à Ginger. Mais l’éditeur lui ayant demandé du Sophie, Jidéhem s’est trouvé contraint de changer son fusil d’épaule. Nous retrouvons donc la jeune fille brune avec son Papinet dans une salle des ventes. Un vieil homme fait l’acquisition d’une malle renfermant les souvenirs d’un acteur de théâtre. Mais le contenu de cette valise fait l’objet de toutes les convoitises, en particulier une photo montrant le comédien dans le costume de Don Giovanni.

 

            L’Odyssée du U522 et Le tombeau des Glyphes forment un dyptique. Le système est basé sur le même principe que Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le Rouge. La première partie est un récit racontant des événements passés, la seconde est une chasse au trésor à l’autre bout du monde. Bien sûr, l’histoire n’a pas la force et l’aura de celle d’Hergé, mais elle se laisse lire sans interruption. Dans un Musée comme celui que fréquentait Tintin dans L’oreille cassée (décidément les influences sont marquées), le père et la fille Karamazout voient arriver un homme blessé tenant une sacoche dans laquelle se trouve son livre de bord d’ancien Second Officier de sous-marin nazi. Le cuirassé gît depuis quarante ans au fond de l’Amazone et contient des œuvres d’art volées par les allemands. Elles sont issues du Musée présentement visité par Sophie. L’expédition organisée par la conservatrice des lieux, Sophie et son père va-t-elle réussir à mettre la main sur le trésor ?

 

            Les derniers récits complets de Sophie complètent ce volume comme autant de petits bonheurs issus du magnifique journal de Spirou.

 

            Ainsi donc se clôt cette belle réédition. La collection Dupuis Patrimoine est de loin la meilleure série d’intégrales tous éditeurs confondus. Les dossiers introductifs sont d’une qualité et d’une richesse qui fait qu’à eux-seuls, même si le lecteur possède déjà les albums d’origine, ces intégrales deviennent des indispensables de tous les amoureux de l’âge d’or.

 

            Attendons à présent une intégrale Ginger pour finir de réhabiliter l’œuvre de Jidéhem, qui a à la fois bénéficié et pâti de l’ombre de Franquin.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Sophie

Tome : Intégrale 5

Genre : Aventures humoristiques

Scénario : Jidéhem & Vicq

Dessins : Jidéhem

Couleurs : Leonardo

Collection : Dupuis Patrimoine

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 360

Prix : 32 €

ISBN : 9782800170275



Publié le 14/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 16

 « - Nos deux prisonniers nous ont révélé que les joyaux sertis dans l’étrange monolithe que j’ai pu observer dans la grotte leur servant de repaire étaient des pierres magiques. Ils sont persuadés que s’ils parviennent à toutes les rassembler, ils entreront en connexion avec le mana et renaîtront sous leur forme originelle, dotés d’un incommensurable pouvoir. (…) J’ignore si cette histoire est véridique, mais en tout cas, eux en sont convaincus. Donc, nous devons à tout prix contrecarrer leurs plans.

-          Han, han… Mais encore ?

-          Il leur reste trois pierres magiques à obtenir. Et ils ont déjà localisé l’une d’elles.

-          Elle est où ?

-          Dans une zone à forte densité magique. Le sanctuaire englouti ! »

 

Direction ce fameux sanctuaire pour Asta et ses camarades de la compagnie du Taureau Noir. C’est la mission que vient de leur confier l’Empereur-Mage, après avoir démasqué la trahison d’un capitaine félon. Les capitaines de chacun des ordres étaient réunis, mais c’est au Taureau Noir que revient les honneurs de mener à bien cette chasse au trésor.

 

 

 

 

 

 

Avec ce septième volume, la série de Yûki Tabata prend son véritable envol. Le propre du Manga est d’allier action, tension et humour sans que cela paraisse ridicule. L’auteur applique la recette et, comme une potion magique, ça marche. Pour preuve, le chapitre du Taureau Noir à la plage apparaît comme une parenthèse enchantée avant d’atteindre le sanctuaire englouti où vont se produire des combats impitoyables, avec un soupçon de Battle royale.

Les influences de l’auteur sont nombreuses. De Katsura Hoshino et son D-Gray Man à Akira Toriyama et son Dragon Ball, en particulier le personnage de Kamé Sennin alias Tortue Géniale, Tabata puise dans le vivier de ses prédécesseurs pour lancer des clins d’œil discrets aux lecteurs.

 

A la manière de Fairy Tail, One Piece ou autre saga au long court, Black Clover est promis à un bel avenir.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Black Clover

Tome : 7 – L’assemblée des capitaines

Genre : Manga fantastique

Scénario & dessins : Tabata

Éditeur : Kaze

Nombre de pages : 192

Prix : 6,79 €

ISBN : 978-2-82032-870-0



Publié le 11/08/2017.


Source : Bd-best


Entre fan fiction et auto-fiction déjantées autour de Triggerfinger, Highway to love comme une ode au rock et à ses groupies

Cet été, il faudra se rendre sous d’autres latitudes pour ressentir les bonnes vibes bien rock du groupe Triggerfinger (bien décidé à faire retentir son nouvel album, Colossus, dès septembre)… Quoique, rien n’est perdu, et il y a une autre manière de profiter de l’énergie phénoménale et dévastatrice du trio anversois : la bande dessinée Highway to love de Jean Chauvelot et Zoé Thouron qui nous embarque dans un trip bruxellois et halluciné dans l’enfer des groupies et dont vous nous direz des nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 

© Triggerfinger

 

Résumé de l’éditeur : Nul ne sait où conduit l’autoroute de l’amour…
Freakytiger

 

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

I, I follow, I follow … HIGHWAY TO HELLLLLLLLL… C’est une contraction improbable entre le tube de Likke Ly rendu encore plus tubesque par Triggerfinger et l’hymne décapant d’ACDC que nous offrent Jean Chauvelot et Zoé Thouron à travers les aventures de Zède et Ji (ils sont déjà sur Facebook), leurs alter égos barges. Deux héros qui réussissent parfaitement leur coup d’essai. Il convient d’abord de dire que leur réalité, si proche de la nôtre, est pourtant parallèle, déformée par l’autre côté du miroir, en pleine autofiction parodique et folklorique.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron

 

C’est ainsi que nous retrouvons Zède et Ji en voiture pour le carrefour européen et le concert de Freakytiger, band rock adulé par une armée de groupies. Zède est excitée comme une puce et ne jure que pas Ruppert Colt (ou peut-être est-ce Ruben Block?), le charismatique leader et guitar hero du groupe. Ji, lui, encaisse le coup : ce qu’il voulait être un simple aller-retour dans le pays voisin risque bien de se transformer en week-end à suivre le rythme essoufflant et épuisant de Zède. Bref, la décontraction et le délassement promis sont à géométrie variable pour les deux héros. Et ce n’est que le début… Avant le rappel, Ji s’évanouit. Sale affaire pour Zède qui ne veut rien rater du spectacle mais qui vient quand même en aide à son compagnon d'(més)aventure.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

Mais comme le hasard fait bien les choses, voilà que l’admiratrice tombe nez à nez avec, on vous le donne en mille, Ruppert. Sur un coup de folie (et de bloc de béton, surtout), tout s’accélère, et voilà la rockstar assommée au pied des deux amateurs, soumis au charme de cette psychopathe en devenir qu’est Zède. Le mal est fait et la marche-arrière impossible, Zède et Ji doivent fuir en emportant le corps momentanément inanimé du leader des Freakytiger. Ce soir, de rappel, il n’y aura pas ! De cavale jusqu’au bout de la nuit, par contre… Complètement novices dans le domaine du crime et l’art de la fuite et poursuivis par les deux autres membres du groupe, Monsieur Jean (alias Monsieur Paul Van Bruystegem) et Marcus « Le Fou » (alias Mario Goossens) prêts à en découdre (tel le C. Thomas Howel de The Hitcher); Zède et Ji nous entraînent dans un road-trip exacerbé et complètement fou.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

Des fan fictions sur Justin Bieber ou les One Direction, il y en a légion, souvent inintéressantes. Mais si on avait du prendre les paris, sans doute, n’aurions-nous jamais misé sur Triggerfinger. Encore moins pour mettre en pratique le syndrome de Stockholm ! C’est dire si Jean Chauvelot et Zoé Thouron réussissent, d’emblée, leur surprise du chef. Et, de bout en bout de ces 120 planches (avec pré-générique et post-générique ainsi que des bonus), cette épopée bariolée et pourtant noir sur blanc. Jean et Zoé ont particulièrement saisi toute la portée et la folie des Triggerfinger et, assortie à la leur, s’en servent comme locomotive bien rodée pour renverser tout sur leur passage, en humour, en frayeur et en trip complètement salvateur.

 

 

 

 

© Chauvelot/Thouron chez Casterman

 

Le trait de Zoé n’a rien à envier à celui de Lefred, son papa, et se révèle explosif et dément, tout en maîtrise de son média (on ne va pas tout vous dire). Pour preuve, on pleure de rire et on en vient à se demander si ce petit roman graphique sans prétention ne serait pas l’hommage ultime à la fièvre du rock’n’roll. Si vous y ajoutez une bande-son concoctée à partir des meilleurs Tarantino (notez, du Triggerfinger, c’est très bien aussi), voilà un moment d’anthologie.

 

Alexis Seny

 

Série : Zède et Ji

Titre : Highway to love

Avec la bénédiction des Triggerfinger

Scénario : Jean Chauvelot

Dessin et couleurs (enfin, le rouge) : Zoé Thouron

Genre : Road Trip, Fan Fiction, Parodie, Humour

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 123 (+ 4 pages de bonus graphiques)

Prix : 17,95 €



Publié le 10/08/2017.


Source : Bd-best


La DeLorean de Marty et Doc Brown a encore du jus et Retour vers le futur s’invite en… 2035 sur les chapeaux de roue

On risque encore de parler pendant bien longtemps de Retour vers le futur. Et si Robert Zemeckis a acté que sa trilogie n’accueillerait pas un quatrième volet, Marty McFly et Emmett Brown ne sont pas pour autant au bout de leurs peines. Et les aventures tantôt foireuses tantôt réussies, toujours généreuses, du duo continuent dans les kiosques et les librairies. Après une phase de préchauffage à base d’histoires courtes expliquant un peu mieux la mythologie de cette oeuvre culte, la DeLorean (pilotée par Bob Gale avec John Barber, Marcello Ferreira et Athila Fabbio) a engrangé assez d’électricité pour repartir vers l’infini et l’au-delà vers de nouvelles contrées temporelles. Nom de Zeus, il convient de ne pas rater ça.

 

 

 

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rio/Sanz chez IDW Publishing

 

Résumé de l’éditeur : Printemps 1986. Quelques mois se sont écoulés depuis la dernière visite de Doc avec son train à voyager dans le temps. La vie de Marty a repris son cours mais la routine, l’absence de Doc et d’aventures ont plongé Marty dans un ennui profond. Son 4X4 adoré ne l’intéresse plus, il délaisse Jennifer, il passe son temps à raconter ses aventures temporelles à des mômes. Le manque d’énergie de Marty n’est pas sans inquiéter George et Lorraine… Mais voilà qu’un beau jour, au beau milieu d’un cours d’histoire, Marty reçoit une étrange lettre arrivant tout juste de 1893 : c’est Clara qui, inquiète du sort de son bien-aimé, demande de l’aide à Marty.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Rodriguez chez IDW Publishing

 

Il y avait une brèche à la fin du troisième et ultime épisode cinématographique de Retour vers le futur, il était inimaginable que l’équipe du comics héritier de la saga ne s’y engouffre pas pour prolonger l’univers. Après avoir donné quelques pistes et secrets dans le premier volume, voilà donc la fine équipe qui, avant de faire « back to the future », font « back to basics ». Et force est de constater que Marty n’est pas à la fête, bougon, dénué d’intérêts, déprimé, complètement démoralisé et nostalgique depuis que le Doc a fait le choix de vivre au Far West avec la belle Clara. Mais comme le temps et ses paradoxes sont toujours ingénieux à faire se retrouver les gens qui s’apprécient, McFly Junior va vite devoir sortir de son marasme s’il veut sauver la mise au Doc qui semble véritablement en danger… et amnésique, ce qui ne va pas arranger les choses, forcément. Heureusement, Marty peut compter sur Jennifer, tambour battant, pour le coup de boost nécessaire aux exploits temporels. Malheureusement, aussi, le duo cultissime est entraîné dans une époque qu’il ne connaît pas et où Biff sévit, plus malsain et pyromane que jamais malgré son costume de gardien de l’ordre.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rio/Rodriguez chez IDW Publishing

 

En octobre 2015, une fête mondiale était organisée pour accueillir Marty et célébrer l’oeuvre la plus populaire de Zemeckis. Se pourrait-il que, dans vingt ans, nous prenions les mêmes et recommencions? Toujours est-il que c’est en 2035 que notre duo magique et scientifique se retrouve projeté. Et si nombre de choses imaginées par Zemeckis et consorts dans les années 80’s se sont réalisées ; Bob Gale et John Barber entendent bien faire de même en 2035 et ne rien laisser au hasard, Nostradami qu’ils sont.

 

 

 

 

Hommage de Hassan Saber, gagnant du concours lancé par les Éditions Flamival

 

Tandis que Ferreira et Fabbio créent un futur plus vrai que nature… potentielle. C’est ainsi qu’Hill Valley (la ville californienne et néanmoins fictive de nos héros) est devenu futuriste, troquant son centre commercial auquel plus personne ne va (ben oui, internet a raflé le marché) contre un stade de… volodrome!? Volo… quoi? Volo vous lirez! Toujours est-il que les deux dessinateurs s’en donnent à cœur-joie dans cette cité aérienne fourmillant de détails. Mais ce n’est pas tout car la fine équipe a aussi ramené de ses explorations du passé une antiquité d’anthologie pour voyager dans le temps.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rodriguez/Sanz chez Flamival

 

Après cinq premiers numéros proposant des histoires courtes, cette adaptation en comics prouve qu’elle est apte à jouer sur le long cours, fidèle et solide sans pour autant faire du surplace et du fan service. Il y a, au-delà de l’amusement ressenti et procuré par les auteurs, une réelle envie de valeur ajoutée, de pousser l’univers dans ses derniers retranchements. Sans jouer aux petits chimistes, car en matière de paradoxe, rien n’est laissé au hasard.

 

 

 

 

© Gale/Barber/Ferreira/Fabbio/Doya/Rodriguez/Sanz chez IDW Publishing

 

Enfin, bien sûr, ce n’est pas du cinéma. Et alors? C’est tant mieux! Il y a trop d’exemples sans saveur de Bd qui veulent faire du cinéma et y perdent leur identité (le James Bond de Warren Ellis, par exemple) qu’on ne peut qu’encourager cette reprise cartoonesque (renforce par les couleurs explosives de Diego Rodriguez, Jose Luis Rio et Esther Sanz) et assumée qui en emmenant Retour vers le futur dans ce milieu nous en fait découvrir de nouvelles facettes et une autre manière de raconter Marty, Doc et les autres. Et c’est précieux!

 

Alexis Seny

 

Série : Retour vers le futur

D’après l’univers de Robert Zemeckis et Bob Gale

Tome : 2 – Les énigmes du continuum

Scénario : Bob Gale et John Barber

Dessin : Marcelo Ferreira et Athila Fabbio

Couleurs : Diego Rodriguez, José Luis Rio et Esther Sanz

Traduction : Bart Baruffaldi et Julie Canclini

Genre : Fantastique, Aventure, Science-fiction

Éditeur : Flamival

Nbre de pages : 152

Prix : 14,70 €



Publié le 09/08/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches en plus sur la plage de vos vacances, part 15

 « - Vous êtes prêts ?-          Prêts pour quoi ?
-          Cette nuit, pendant que vous dormirez, nous supprimerons vos entités. (…)
-          On fait comment après ? Si on n’est plus déclaré…Pour trouver du travail, ou un appart ? Se faire soigner, conduire, acheter des trucs ? Ou même garder une vie sociale, ça vous parle ? »

 

Les résistants au réseau s’apprêtent à frapper un grand coup : effacer des entités. Mais sera-t-il possible de trouver une place dans la société après cela ?           

Par ailleurs, dans un univers semblant parallèle, la chanteuse Ryoko Okada cherche une issue à sa vie…ou à sa mort. L’ancien trader Éric Magoni sera-t-il finalement plus fort que le système ? Ou bien n’y a-t-il aucun moyen de lutter contre une entité virtuelle dont on ne sait pas si ceux qui en tirent les ficelles en maîtrisent les rouages ?

 

 

 

 

 

Entre onirisme et réalité, la conclusion de MediaEntity est bien plus fine qu’il n’y paraît au premier abord. Contrairement aux précédents, cet épisode est totalement déconnecté. Alors qu’on pourrait penser cela dommage et trouver que la série n’est pas allée au bout de son concept, c’est au contraire un magistral pied-de-nez à la sur-connection qui est fait.

Il est regrettable que ce quatrième et dernier opus sorte dans une quasi indifférence et ne soit pas soutenu comme il l’aurait fallu par son éditeur. Une promotion sur l’ensemble de la série aurait été la bienvenue.            

Les auteurs peuvent être fiers de leur œuvre. Avec un graphisme enlevé, Emilie donne au récit de Simon une virtuosité où chacun des personnages semble être une note sur une gamme tragique.            

MediaEntity est à la BD des années 2010 ce que Tron a été au cinéma des années 80 : une réflexion sur les nouvelles technologies, leurs us et leurs abus. 

 

Laurent Lafourcade  

Série : MediaEntity

Tome : 4

Genre : Thriller

Scénario : Simon

Dessins : Emilie

Couleurs : Hubert

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-7560-5313-4 



Publié le 07/08/2017.


Source : Bd-best


Edelweiss : duo(s) au sommet face aux tempêtes de neige de la vie

Certains rêvent de montagnes d’or tandis qu’à d’autres un edelweiss suffit. Mais quel edelweiss ! De ces fleurs qui vous obsèdent toute la vie comme un but qu’un jour ou l’autre vous serez bien obligé d’atteindre. Cette histoire, c’est celle contée par Cédric Mayen et Lucy Mazel. Et même si c’est l’été, que le soleil brûle, on se laisse allègrement transporter sur ce tapis de neige qui, comme la vie, fait jouer le bonheur mais aussi le malheur.


Résumé de l’éditeur : Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule Henriette d’Angeville. Malgré son manque d’expérience, Edmond promet qu’il l’aidera à le réaliser.


 

 

Recherches pour Edmond et Olympe © Mazel

 

 

Des hauts, des bas, elle n’ont pas besoin d’être russes, les montagnes, pour amener le coeur au zénith ou briser des destins, pour faire sourire les exploits de la glisse ou faire couler des larmes sur le manteau blanc. L’histoire d’Edmond et Olympe se passe sur plusieurs décennies, loin des sommets aux neiges quasi-éternelles ou à flanc de montagne, la tête dans les nuages ou les pieds dans la froidure.


 

© Mayen/Mazel chez Vents d’Ouest

 

 

Ils ne sont pas du même bord et Edmond s’en excuse presque, prêt à tout pour mériter la confiance et le respect du père d’Olympe, bien plus que de celle-ci, déjà acquis mais qui pourrait être si vite perdu. C’est sans compter un grand amour et une passion commune pour l’ivresse des hauteurs. Et les alpinistes chevronnés savent qu’en cordée, mieux vaut être bien accrochés, coûte que coûte et malgré les dommages collatéraux. Et qu’un seul tienne et l’autre suivra… même à genoux.


 

© Mayen/Mazel chez Vents d’Ouest

 

Ce que nous proposent Cédric Mayen et Lucie Mazel, c’est une simple mais superbe histoire sur la ténacité d’un couple, contre vents, marées et avalanches; quand après le jeu du chat et la souris, tous deux se retrouvent n’être que de petites et fragiles souris face au désert blanc et (in)surmontable. Il y a un peu de Million Dollar Baby dans Edelweiss, une BD sportive qui n’en est pas vraiment une tout en possédant cet indéniable esprit de compétition face à soi-même et de surpassement. Lucy Mazel, elle, fait encore des miracles, tellement habiles à (re)créer une ambiance dans la chaleur d’une fête ou la froideur des phares, dans les joies des relations humains ou la solitude des sommets.


 

© Mayen/Mazel chez Vents d’Ouest

 

Ce talent à l’état pur et enjoué est encore plus exploité avec des illustrations pleine page somptueuses. Notamment pour dessiner délimiter les trois livres et l’épilogue que contient cet album. On s’y croit tellement, perchés sur cette étendue neigeuse, surplombant les belles années et les virages moins bien négociés. Voilà un album à conserver à portée pour y replonger à l’envi.

 

Alexis Seny

 

Titre : Edelweiss

Scénario : Cédric Mayen

Dessin et couleurs : Lucy Mazel

Genre : Drame, Aventure

Éditeur : Vents d’Ouest

Nbre de pages : 90 (+5 pages d’hommages)

Prix : 17,50€

 

Publié le 04/08/2017.


Source : Bd-best


Le diable serait-il dans les détails des oeuvres de Michel Ange ?

C’est fou comme les grandes figures historiques de la culture, des arts et des sciences se révèlent de plus en plus être de formidables rivaux pour les Sherlock Holmes et autres héros dont la profession est l’enquête. Ringards, vous avez dit ? Allons, allons, peut-être pas à ce point mais force est de constater que les Nostradamus, Léonard De Vinci, Copernic, Galilée et autres Kepler ont pris l’ascendant au travers d’enquête sachant être le reflet de leurs époques respectives et de leurs talents. Dernier en date ? Michel Ange, au coeur du banquet des damnés célébrés par Didier Convard, Éric Adam, Thibaud de la Rochebrune et Delf.

 

 

 

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Milan, 1508. Un matin d’avril, la tête d’un architecte récemment installé en ville est retrouvée dans le baptistère de Saint-Ambroise. Chargé d’enquêter sur cette affaire, le prévôt Vittore, pourtant connu dans toute l’Italie pour sa brillante intelligence, est bien en peine d’en démêler les fils. Rien dans ce meurtre n’est ordinaire. Ni l’attitude de l’évêque de Milan, qui semble redouter le pire des cataclysmes, ni l’arrivée subite du célèbre Michelangelo, qui a dû pour cela abandonner la fresque qu’il est en train de peindre à Rome, dans la chapelle de Sixte. Mais le plus troublant demeure ce plat d’argent où reposait la tête tranchée, et sur lequel sont grossièrement gravés ces trois mots : VENIT IUSTITIAE SOL – Le Soleil de Justice a brillé.

 

 

 

 

© De Rochebrune

 

Michel Ange, un nom qui, plus de 550 ans après sa naissance, évoque encore bien des choses d’une ère faste au niveau des arts et d’autres : La Renaissance italienne. Pourtant même les siècles lumineux ont leur part d’ombre et de… sang. Les scènes d’horreur meurtrière sont précises, chirurgicales (pas dans le même genre que le père de La Pieta et de David mais quand même) et l’artiste-architecte pourrait bien avoir un rôle à jouer dans cette histoire sordide, semblant liée à un acte barbare datant de plus d’un millénaire et demi auparavant : l’exécution de Jean-Baptiste et le triste spectacle que réserva la Princesse Salomé à sa… tête.

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Avec un personnage comme Michel Ange, comme on peut en attendre d’un Nostradamus ou d’un Léonard de Vinci (précédemment incarné dans un diptyque, par Didier Convard et le regretté Gilles Chaillet, dont Michel Ange est la suite indirecte), on s’attend forcément à un package de lignes biographiques, de faits d’armes… comme on visiterait un musée avec un guide bien informé suivant un chemin bien balisé. Jusqu’ici, après 46 planches, il n’en est rien. Pour tout dire, Michel Ange apparaît dans… quatre planches ! C’est surprenant et ça n’en brouille pas moins les pistes suivies par le vrai héros, le prévot Vittore, célibataire endurci qui doit une nouvelle fois reporter la recherche de sa dulcinée pour affronter son destin face à un monstre recouvert de bandages (une momie ?), sans coeur mais avec une hache bien aiguisée. La Camarde en personne ?

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune


Dans ce premier tome, on guette l’apparition de Michel Ange à tout instant. Mais s’il ne vient pas, on apprend, du coup, à se lier aux personnages mis à l’avant-plan par Éric Adam (adaptant le roman de Conrad) avec la complicité de Thibaud De Rochebrune qui s’avère être dans son élément dans cette Renaissance ensanglantée et ésotérique. Encore plus efficace quand il s’agit d’inviter la peur et le suspense si important pour porter ce slasher post-féodal. Les couleurs de Delf y sont également primordiales pour jouer entre ombres et lumières et souligner les ambiances. Preuve que la réalisation tient la route ? L’ultime planche de cette première partie, une vision d’horreur, glaçante, qui reste en tête. On espère en être débarrassé avant la sortie du deuxième tome (le 13 septembre). Mais que vient donc faire Michel Ange dans cette galère ?

 

Alexis Seny

 

Titre : Michel Ange

Tome : 1/2 – Le Banque des Damnés

D’après le roman de Didier Convard, Michelangelo et le banquet des damnés

Scénario : Éric Adam

Dessin : Thibaud De Rochebrune

Couleurs : Delf

Genre : Thriller, Ésotérisme, Histoire

Éditeur : Glénat

Collection : Les enquêtes du prévôt Vittore

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90 €



Publié le 02/08/2017.


Source : Bd-best


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