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Polar : la gâchette, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas !

Peu de temps après la parution du premier tome de Furious  en français, qui renouvelait pas mal la figure de super-héroïne au coeur de la violence, son dessinateur Victor Santos revenait dans une aventure solitaire qui ravive la flamme d’un polar aujourd’hui disparu (à peu de choses près) mais qui n’a rien perdu de sa candeur et de sa vigueur et qui ne s’est sans doute jamais aussi bien prêté à la force graphique d’un auteur comme Santos.



 

 

 

 

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Résumé de l’éditeur: Tuer ou être tué ? Telle est la question. Black Kaiser a la réponse. Sorti de force de sa retraite, le plus grand espion de la planète – l’ex-agent connu sous le nom de « Black Kaiser » – est à présent menacé de mort. Dans un affrontement sans merci contre son ancien employeur, l’agence « Damoclès », Black Kaiser va devoir faire face à un expert de la torture psychotique ou à une tueuse rousse aussi belle que fatale. Sa mission ne s’achèvera que s’il meurt ou s’il tue tous ceux qui se mettront en travers de son chemin… et mourir n’est pas dans ses habitudes.

 

 

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Il pensait être tranquille, retraité au calme, il n’en a jamais été aussi peu question pourtant. Black Kaiser est recherché, mis à prix, plutôt mort que vif. Et derrière ce contrat qui motive et met sur sa piste des dizaines d’hommes surentraînés; il n’y a rien d’autre que Damoclès, l’une des nombreuses anciennes agences de Black Kaiser. Et Damoclès n’est pas du genre à retenir son épée tranchante longtemps au-dessus de la tête de ses victimes.

 

 

 

©Santos chez Glénat Comics

 

 

©Santos chez Glénat Comics

 

Sauf que cette fois, l’adversaire est coriace. Et si on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, le papy flingueur qu’est Black Kaiser n’a pas oublié comment on faisait jouer la gâchette. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas, et en roue libre, Black Kaiser est encore meilleur tireur et assassin. Et quand on doit se méfier de tout, des corps qu’on enlace, des pin-ups vénéneuse en passant par les intrus de dernière minute et toujours bien armés, c’est sans doute le meilleur des atouts. Mais cela suffira-t-il à garder Black Kaiser en vie?

 

 

 

©Santos chez Glénat Comics

 

 

©Santos chez Glénat Comics

 

Véritable et hallucinante plongée dans l’univers du polar hard-boiled, brut et incisif, le récit de Victor Santos se vit comme une aventure graphique fulgurante qui ressuscite tous les crédos d’un genre qui a (plus que) bien vécu mais dont on peine à trouver des héritiers aujourd’hui (peut-être dans Sin City, tant dans le cinéma, que la bande dessinée. Cela ne fait bien sûr que renforcer le plaisir de lecture de Polar. Et s’il joue sur du velours, ce récit presque muet se transcende dans ce que Santos en fait graphiquement, en noir et blanc majoritaire mais avec de judicieuses couleurs. On pense d’abord aux affiches, celles des grands films noirs des années 60; des Tontons Flingueurs aux films de gangsters avec Bogart (comme le Faucon Maltais), et on en passe, beaucoup.
Hommage à Alain Delon et au Samouraï ©Santos

Mais l’inventivité ne s’arrête pas là, elle y débute. Poussée sur un format à l’italienne, elle ne fait que gagner en envergure dans de grands tableaux souvent ultra-violents. On se ballade pas très loin de Franck Miller ou de Mignola, on voit au loin la ligne claire d’un Chaland et on s’attend à voir se pointer la caméra de Tarantino qui donnerait des conseils à Santos pour faire gicler le sang. Car en effet, il gicle en gerbes noires, et c’en est jouissif. Si la trame du récit se résume en une ligne, l’intérêt n’est évidemment pas là mais dans la fulgurance du trait du dessinateur survolté, dans sa rapidité, son efficacité à entraîner ce Black Kaiser, cet agent outdated, dans une course-contre-la-montre infernale.

 

 

 

 

 

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©Santos

 

On regrette cependant le choix du dessinateur d’ « encaser » moult petits détails au fil des pages, alors que le format à l’italienne ne leur fait pas hommage et les rend difficilement visibles. Pour le reste, Polar a tout ce qu’il faut là où il faut pour devenir un classique, magnétique, désespéré et totalement enivrant de violence. Bon allez, dans cet hiver de la vengeance, on se rassure: comme nous, le public n’est pas resté de glace, Glénat Comics se prépare à publier le deuxième tome « Oeil pour oeil » du Black Kaiser en janvier (preview en fin d’article) et Victor Santos a bouclé sa trilogie, aux States, par un volume 3 « No mercy for sister Anna » qui nous fait déjà saliver.

 

Alexis Seny

 

Titre : Polar – Venu du froid

Scénario, dessin et couleurs : Victor Santos

Traduction :
Jérôme Wicky

Genre: Polar, Action

Éditeur VO :
 Dark Horse Comics

Éditeur VF :
Glénat Comics

Nbre de pages :
 176p.

Prix: 15,95€



Publié le 02/12/2016.


Source : Bd-best


Le travail d’«ombre-fèvre» de Vincent Wagner et ses « Bandits » magnifiques

Toute histoire est faite d’ombre et de lumière. Et vous ne croyez pas si bien dire et lire quand vous vous attaquez à l’oeuvre de Vincent Wagner. Comme le soleil, le Strasbourgeois décline ses histoires par la narrativité des ombres. Des ombres pour laisser le lecteur imaginer plus nettement les héros, pour une esthétique originale et pour magnifier les actions. D’autant plus quand c’est de Bandits qu’il s’agit. Forcément, ça bouge dans tous les coins (de pages).

 

 

 

 

 

 

© Vincent Wagner aux Éditions du Long Bec

 

© Vincent Wagner aux Éditions du Long Bec

 

Résumé de l’éditeur: Trois histoires sans paroles de bandits et de voleurs, de cow-boys et de pirates, pleines de péripéties et d’aventures. Une bande dessinée tout en ombres chinoises où petits et grands trouveront leur « conte ».


Des pirates, des indiens, des cow-boys bons et méchants et même des esquimaux, voilà tout le petit monde qui peuple le nouvel album de Vincent Wagner. Bon, n’espérez pas entendre le son de leurs voix, ici tout est muet… et pourtant tout est sonore. Le pouvoir est à l’imagination et qu’il soit question d’une bouteille à la mer, du coffre au trésor d’un pirateau (ben oui, comment appelle-t-on un gamin pirate!) ou d’un méchant bandit comme le Far West en façonne les pires, il n’y a aucune bulle à l’horizon.

 

 

 

 

 

© Vincent Wagner aux Éditions du Long Bec

 

 

© Vincent Wagner aux Éditions du Long Bec

 

Allez, peut-être une bulle d’air qui permet au lecteur de prendre appui au formidable et vivant support offert par Vincent Wagner. On se prend au jeu, et on se rend compte que cette histoire en dit plus qu’elle n’y paraît, elle en dit long même, soufflant l’aventure rocambolesque, de l’action sans temps mort et quelques thèmes comme les enfants en raffolent. Vincent Wagner n’est pas un orfèvre, c’est un « ombre-fèvre » et tant mieux, car ça, ça ne court pas les rues. Ses histoires ont beau être en 2D, dès qu’on tourne la page, elles s’impriment en 3D. Unique et magique.

 

Alexis Seny

 

Titre: Bandits

Recueil d’histoires courtes

Scénario, dessin et couleurs: Vincent Wagner

Genre: Aventure, Enfant

Éditeur: Les éditions du Long-Bec

Nbre de pages: 48

Prix: 12,5€



Publié le 02/12/2016.


Source : Bd-best


La violence virtuose de Dead Body Road a de quoi faire de l’ombre à Mad Max

Alors là, c’est du lourd! Mettez à fond la musique du dernier Mad Max et embarquez tout de suite à bord d’un bolide emmené à un train d’enfer aux frontières de la violence et aux confins de l’inhumanité. Dead body road, c’est un revenge-road-comics complètement halluciné, un voyage sans retour mais carrément tripant. Ah oui, préparez les pansements!

Résumé de l’éditeur: Orson Gage a une mission : assassiner tous ceux, sans exception, qui sont impliqués dans la mort de sa femme. Sa route le mène tout droit en Enfer. Mais Orson Gage s’en fout. Il n’a plus rien à perdre. Entre courses de voitures, meurtres, fusillades et action non-stop, rien ne l’arrêtera dans sa quête de vengeance ultime.

 

 

 

© Jordan/Scalera/Dinisio chez Image Comics

 

 

© Jordan/Scalera/Dinisio chez Image Comics

 

Un braquage qui tourne mal, une erreur de parcours et voilà qu’a coulé le sang des innocents et que, en plus, le plus phénoménal magot de l’histoire s’est envolé dans les bras d’un hacker sans envergure, à la blondeur naturelle et au visage lisse. Ça ne fait pas un pli par rapport aux brutes sanguinaires qui sont désormais lancées à sa poursuite dans un western impitoyable qui soulève la poussière et les haut-le-coeur. Sauf qu’il y a un os dans ce désert ensanglanté, et il a un nom: Orson Gage. Un ex-policier ripou mais repenti dont la femme vient de périr dans ce hold-up. Un homme brisé qui n’a trouvé comme seule et irrémédiable solution que de répondre au carnage par le carnage.

 

 

 

© Jordan/Scalera/Dinisio chez Image Comics

 

 

© Jordan/Scalera/Dinisio chez Image Comics

 

Si Dead Body Road est vendu comme une histoire entre Banshee et Tarantino, on ne peut, pour une fois, pas donner tort à la réclame. Forgé (et même peut-être plus) dans le même fer que les récents Polar, Damned ou Big Man Plans, cette aventure mortelle (dans tous les sens du terme) imaginée par Justin Jordan et dessiné de manière virtuose par Matteo Scalera est un polar fait avec les règles de l’art dont rien ne laisse présager la fin.

 

 

 

© Jordan/Scalera/Dinisio chez Image Comics

 

 

© Jordan/Scalera/Dinisio chez Image Comics

 

Sorte de Bon, la Brute et le Truand puissance 10 (ben oui, il y a une horde de motards aux trousses) avec plus de Truands que de Bons et en version Faster (le film de George Tillman Jr. avec les gueules de The Rock et de Billy Bob Thornton); Dead Body Road est un plaisir coupable et totalement assumé, où la violence gicle à tous les coups (bien aidées par les couleurs de Moreno Dinisio). Face à une telle narration et un tel déferlement, le cinéma serait bien impuissant, et ce comic book prouve tous les avantages indéniables que le Neuvième Art offre par rapport au Septième. Une claque qui vous scotche la gueule sur le bitume.

 

Alexis Seny

 

Titre: Dead Body Road

Récit complet

Scénario: Justin Jordan

Dessin: Matteo Scalera

Couleurs: Moreno Dinisio

Traduction: Benjamin Rivière

Genre: Revenge, Road Comics, Polar, Action

Éditeur: Delcourt

Collection: Contrebande

Nbre de pages: 128

Prix: 15,95€



Publié le 30/11/2016.


Source : Bd-best


Musnet: un voyage sensoriel et grandeur souris dans le Giverny de Monet

N’en déplaise à Madame, pas de jaloux, on fait aussi la part belle aux souris. Dans l’air du printemps dernier, nous vous présentions une petite souris de bande dessinée bien inspirée: Musnet. Après un premier album intrigant et passant dans l’oeuvre de Monet, l’auteur énigmatique Kickliy n’a pas perdu de temps pour donner deux suites, ces derniers mois. Ça parle de peinture, de dangers de la nature, d’aventure et d’apparences trompeuses. Dans ce jardin de Giverny, on s’y sent décidément comme chez soi.

 

 

 

 

Musnet t.3 ©Kickliy chez Dargaud

 

 

Musnet t.3 ©Kickliy chez Dargaud

 

Ici, écosystème et égo-système vont de pair, d’abord. Car pour apprendre à peindre comme un maître, Mus doit se farcir les cours de l’écureuil bougon, Rémi. Et ça, même si l’animal est un sacré peintre, c’est quand même une sacrée paire de manche que d’avoir à le fréquenter. Mais si Rémi cachait en fait des démons intérieurs

 

 

 

 

Musnet t.3 ©Kickliy chez Dargaud

 

 

Musnet t.3 ©Kickliy chez Dargaud

 

Parce que les ennuis s’enchaînent: Mus ne trouve pas de boulot, les souris chez qui il se tape l’incruste risquent de se faire déloger tyranniser par un rat sans pitié puis, il y a de drôles de bêtes à Giverny. Un serpent, un hibou aux yeux rouges et pire encore: une petite bête poilue qui monte et qui descend sur les murs de la chambre de notre héros et qui fait des toiles… à sa manière. Une araignée qui tétanie Mus. Combien de temps avant qu’elle ne le mange… ou qu’ils deviennent amis inséparables.

 

 

 

Musnet t.3 ©Kickliy chez Dargaud

 

 

Musnet t.2 ©Kickliy chez Dargaud

 

Dans « Les impressions du Maître » comme « Les feux de la rampe », l’intrigue est riche et sensorielle. Si vous avez souvent dit vouloir être une petite souris pour épier telle ou telle chose, voilà votre rêve exaucé. Bon, on n’a pas choisi l’endroit mais on prend vite goût à ce Giverny grandeur nature (ou plutôt souris) et recelant bien des surprises. Après trois tomes, le lecteur n’en est d’ailleurs pas au bout.

 

 

 

Musnet t.2 ©Kickliy chez Dargaud

 

 

Musnet t.2 ©Kickliy chez Dargaud

 

Avec un graphisme qui plaira tant aux petits qu’aux grands, Kickliy reste dans l’ombre de Monet sans se laisser parasiter par des envies d’analyse ou de documentaire. Il y a bien assez d’ouvrages qui lui sont consacrés que pour remettre le couvert. Et c’est tout à son honneur, en réinventant l’univers de Monet, Kickliy apporte un regard neuf tout en frayant à travers quelques sujets universels bien amenés. Pas question de manichéisme, la peinture animalière (et sociale) pratiquée par l’auteur (toujours aussi anonyme) est faite de nuances. Comme les grands maîtres. En émotion et en aventure, Musnet continue de séduire et de fasciner. Nom d’un gouda!

Alexis Seny

 

Série: Musnet

Tome: 2 – Les impressions du maître

Scénario, dessin et couleurs: Kickliy

Traduction: Nora Bouazzouni

Éditeur: Dargaud

Genre: Animalier, Aventure

Nbre de pages: 56

Prix: 12,99€



Publié le 29/11/2016.


Source : Bd-best


Madame de Nancy Peña, chat échaudé craint temps de chien mais gare aux gaffes domestiques!

Ne dites pas à Madame qu’elle a du chien, cela pourrait la vexer profondément. Madame, c’est une chatte domestique… ou plutôt est-ce l’inverse. Car Madame a du tempérament et prend un malin (et machiavélique plaisir à faire tourner sa maîtresse en bourrique. Et Nancy Peña (la dessinatrice, dans un tout autre genre, de Médée), non contente de lui donner la parole et de fantasmer un peu ses petites manières, de la coucher sur internet (un blog d’abord) papier. Enfin d’essayer. Parce que Madame gigote beaucoup et mieux vaut être bien assuré.

 

 

 

 

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

Résumé de l’éditeur : Au grand dam de Nancy Peña, l’espiègle minette n’en a pas terminé avec les bêtises. Tour à tour styliste (grunge), paysagiste (cataclysmique) et même lave-vaiselle (turbo et cycle court !), Madame ne compte pas brider ses compétences et expériences. Qui a dit que les chats se prélassaient dans l’oisiveté ?

 

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

Manifestement, Madame n’est pas rassasiée et a encore faim de gloire et d’amuser la galerie. Pas besoin de redoubler d’effort, pour autant, dans ce deuxième tome, en matière de pire, Madame connaît son sujet sur le bout des griffes. Et tant qu’à parler de sujet, parlons aussi des verbes qui accompagne ses frasques. « Madame formule », « Madame bouscule » ou encore « Madame fatigue »… mais jamais longtemps tandis que Nancy Peña rivalise d’originalité pour mettre des mots sur les innommables bévues et mauvais coups de sa compagne féline et vicieuse.

 

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

Tout au long des 80 pages, on rit souvent de bon cœur tout en se disant « mieux vaut que ce soit chez Nancy que chez nous » car Madame dépote ! Les moments de sieste, véritables havres de paix pour la propriétaire de cette chatte écaille de tortue si mignonne… à l’extérieur, sont donc trop rares, et pour le reste, il faut s’armer de patience… alors que la féline s’arme elle de tout ce qu’elle trouve: le ruban des cadeaux de Noël (hé oui, on y pense déjà), un bidon d’essence ou un bol de soupe sans compter les babioles qui encombrent la cheminée et que Madame s’empresse de faire dégringoler pour… tester les lois de la physique.
©Nancy Pena chez La boîte à bulles
©Nancy Pena chez La boîte à bulles

Oui, Madame est savante et trop craquante que pour qu’on lui passe un savon. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Fini le temps de l’espion aux pattes de velours, la chatte en question, ici, ne fait pas dans la dentelle et a sa place toute trouvée parmi les chat-valiers de l’apocalypse. En témoigne l’étendue des dégâts dans la maison, les jours de pluie. À miauler de rire!

 

 

Alexis Seny

 

Série: Madame

Tome: 2 – Un temps de chien

Scénario et dessin: Nancy Peña (et sur Fb)

Bichromie

Genre: Humour, Gag

Éditeur: La Boîte à Bulles

Collection : Contre-pied

Nbre de pages: 80

Prix: 13€



Publié le 29/11/2016.


Source : Bd-best


Jeux d’eau et judo avec Teddy Riner sur les vagues de l’Amérique du Sud

Le premier combat était convaincant, alors voilà l’as des as du tatami mondial qui repart pour une nouvelle aventure, quasiment sous les sunlights des Tropiques. Au programme, bronzette et « bombes » dans les vagues que propose la Guadeloupe, mais aussi un entraînement intensif en vue des Jeux olympiques de Rio. Mais comme les courants sont plutôt forts de ce côté du monde, voilà que Teddy et ses amis (Fleur et Loup, nous avions fait les présentations, vous vous souvenez?) dérivent vers la dangereuse et indomptable Amazonie en quête du secret du judoka légendaire: Copa Kabana.

Résumé de l’éditeur: La Guadeloupe est une île paradisiaque. Idéale pour des vacances, elle est aussi un terrain d’entraînement formidable pour Teddy. Et maître Otapi, le coach du champion, sait parfaitement exploiter toutes les richesses du lieu. Mais, lorsque Teddy apprend que son adversaire, le terrible Ivan, cherche à découvrir le secret de l’invincibilité du légendaire Copa Kabana, il décide lui aussi de partir à la rencontre du champion brésilien.

 

 

 

©BeKa/Jikkô/Cosson chez Dargaud

 

 

©BeKa/Jikkô/Cosson chez Dargaud

 

Comme dans le premier tome, ne vous attendez pas à une leçon de judo mais plutôt à une récréation qui occupera la tête de nos futurs semeurs d’ippons. Il y a de l’humour, de l’aventure, de bons principes, comme souvent avec le duo Beka. Puis, cette Amazonie, même si on n’y trouve pas de Marsupilami (mais bien des singes tout mignons et des piranhas aux dents longues, et aussi une… sorcière), nous permet de profiter un peu plus du trait de Maître Jikkô (ro kano?) dans un autre univers.

 

 

 

Création de la scène de la sorcière. ©BeKa/Jikkô

 

 

Création de la scène de la sorcière. ©BeKa/Jikkô

 

Puis, en héros de bande dessinée, Teddy Riner a la tête de l’emploi, bien dans ses pompes dessinées et charismatique comme il faut sans rien perdre de sa musculature massive. Le larron fait l’occasion, et ici sans prétention, on s’amuse une nouvelle fois plutôt bien au contact des judogis de cette équipe éclectique. Bon, pas de quoi faire de l’ombre au Corcovado mais l’aventure ne laisse pourtant pas le temps de siroter un cocktail sur un des lieux paradisiaques visités. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois!

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Teddy Riner

Tome: 2 – La force des vagues

Scénario: BeKa

Dessin: Jikkô

Couleurs: Maëla Cosson

Genre: Sport, Humour, Aventure

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48

Prix: 9,99€

 

 



Publié le 28/11/2016.


Source : Bd-best


Les masques et la plume, to be or not to be, Blake et Mortimer sur les traces du mystère Shake-Speares

Remis du fiasco du Bâton de Plutarque, Blake et Mortimer repartent inlassablement vers de nouvelles aventures. Moins trépidantes mais plus érudites, cette fois. Car Yves Sente et André Juillard se sont mis en tête de fêter non pas un (les 70 ans de Philip et Francis) mais deux anniversaires. Et si, a priori, le titre ne nous avait pas vraiment mis sur la voie, les premières planches nous ont mis la puce et la pièce à l’oreille: le Testament de William S. est un bien bel hommage à le seul et l’unique Shakespeare. L’unique? Quoique…



Résumé de l’éditeur: Nos héros les plus british mènent l’enquête sur le plus british des dramaturges: William Shakespeare of course ! Mais qui est-il vraiment ? Entre l’Angleterre et l’Italie, Philip Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown, résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres. Entre-temps, Francis Blake enquête sur une bande organisée de Hyde Park.

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard/Demille aux Éditions Blake et Mortimer

 

Diviser pour régner, sans doute l’expression n’a-t-elle jamais autant convenu pour un album de Bande Dessinée. Dans Le Testament de William S., c’est devenu une habitude chez Sente et Juillard, Philip et Francis mènent leurs petites affaires chacun de leur côté. Mieux! Par un parallèle temporel insoupçonné, si l’on remonte près de 350 ans en arrière, nous tomberons sur deux êtres, l’un campagnard, l’autre de prime noblesse, qui pourraient bien former à deux le vénéré… Shakespeare, contre vents et tempêtes, peu importe ce que pensent leurs proches. Shakespeare, une identité littéraire bicéphale. To be or not to be… schizophrénique. Cela vaut bien un trait d’union, Shake-Speares (William Shake, le campagnard – Guillermo Da Spiri, le voyageur).

 

 

 

© Sente/Juillard chez Dargaud (Visible dans l'Héritage Jacob, 9ème tome de Autour de Blake et Mortimer)

 

 

© Sente/Juillard aux Éditions Blake et Mortimer (Visible dans l’Héritage Jacob, 9ème tome de Autour de Blake et Mortimer)

 

S’introduisant dans la brèche laissée béante par le mystère qui entoure l’auteur(s) de Roméo et Juliette, Yves Sente et André Juillard ne confondent pas la fiction et la réalité, et s’ils s’inspirent de deux ou trois grandes lignes de la (prétendue) vie du dramaturge, pas question de privilégier l’une ou l’autre piste fiables selon les experts de Shakespeare comme l’avait fait avec brio le film Anonymous de Roland Emmerich. Le mieux est donc d’inventer, de créer, tout en dispersant quelques références (Edouard de Vere, par exemple, l’un des noms qui revient le plus quand on cherche à attribuer la paternité de l’oeuvre de Shakespeare à un de ses contemporains).

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard/Demille aux Éditions Blake et Mortimer

 

Un bond en avant, un bond en arrière, le duo d’auteurs a trouvé un excellent mécanisme pour remonter le temps et placer nos deux héros (qui trouvent renforts chez d’autres personnages venus en one-shot ou nous rappelant le souvenir de précédents albums) sur l’échiquier d’une chasse au trésor géante, entre Stratford, Venise ou encore Vérone. L’enjeu est de taille: mettre la main sur une pièce totalement inédite du père de Roméo et Juliette et, par la même occasion, mettre un terme à la querelle (parfois meurtrière) que se livrent depuis des luxes Oxfordiens et Stratfordiens. Sans compter que d’autres personnages plus ou moins malveillants entendent bien se tailler la part du lion. Comme… Olrik qui, en prison, téléguide ses sbires en vue d’accomplir de noirs desseins.

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard

 

“Les hommes qui parlent le moins sont les plus vaillants” disait le dramaturge. Alors Blake et Mortimer sont sans doute moins vaillants, sur ce coup-ci, mais pas dépourvu de qualités pour autant. C’est vrai qu’il y a à lire dans ce nouveau tome. Beaucoup à lire. Et n’en déplaise à ceux qui pensent que la BD se conçoit plus en dessin qu’en lettres. Les fanas d’action peuvent donc ici passer leur tour, ce Blake et Mortimer-ci se veut plus intellectuel, passionnant.

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard/Demille aux Éditions Blake et Mortimer

 

Ici, Dan Brown croise Agatha Christie et l’enquête vaut son pesant de surprises. Sans besoin de forcer le talent, le trait de Juillard est la plupart du temps statique tout en sachant se dévergonder et se faire efficace lors des moments d’action. Le testament de William S., malgré une couverture pas folichonne (celle de la version « strip » est beaucoup plus réussie) signe le retour en grâce de deux amis qui n’étaient plus vraiment en forme depuis quelques années.

 

 

 

© Sente/Juillard

 

 

© Sente/Juillard

 

Et quant à savoir qui se cache vraiment derrière l’homme de Stratford, là… n’est plus la question. Le mystère est savamment entretenu et laissons à Shakespeare le mot de la fin: "Un feu léger est vite étouffé : si vous le laissez faire, des rivières ne sauraient l’éteindre."

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Blake et Mortimer

D’après les personnages d’Edgar P. Jacobs

Tome: 24 – Le testament de William S.

Scénario: Yves Sente

Dessin: André Juillard

Couleurs: Madeleine Demille

Genre: Aventure, Enquête, Mystère

Éditeur: Blake et Mortimer

Nbre de pages: 64

Prix: 15,95€



Publié le 28/11/2016.


Source : Bd-best


La Geste des Chevaliers Dragons 23 : La mer close

   « - Des femmes à bord, c’est le malheur sur le vaisseau, Capitaine ! C’est s’attirer les foudres, la malchance, la colère des dieux… C’est interdit par les mânes ! Et c’est interdit par le règlement ! »

            « - Les Chevaliers Dragons ne sont pas des femmes, Timon. Pas au sens où tu l’entends. Ce sont… des combattantes, des soldats, d’une certaine manière…des gens de guerre, au service de l’impératrice… »

            « - Sauf votre respect, Capitaine, vos « gens de guerre », elles ont des fesses et des seins ! Regardez-moi ça, là-bas ! Elles se cachent dans leurs voiles. Elles font de leur mieux mais ce sont quand même des drôlesses ! Et la poisse qui va nous tomber dessus parce qu’il y a des femelles à bord, elle s’y trompera pas ! La déveine va s’abattre ! Comme une pluie de purin ! »

 

            Philippe, Capitaine de navire, transporte des Chevaliers Dragons, jeune femmes vierges, dont la mission est de combattre un monstre marin propageant le veill, mal incurable dont elles seules ne peuvent être atteintes. En chemin, le Capitaine va recueillir à bord des esclaves fuyant le port d’Alerp. Sa Majesté l’impératrice ne va pas forcément apprécier cette initiative.

 

 

 

 

 

            La Geste des Chevaliers Dragons est une série concept qui date de 1998. Une série Soleil qui devient adulte, c’est assez rare pour le souligner.

            Créée et toujours scénarisée par le duo Ange, la Geste voit les dessinateurs se succéder, parfois revenir, avec des couleurs de Stéphane Paitreau, parfois accompagné, unifiant la collection. Le titre de la série la définit parfaitement. C’est une geste, avec tout ce qu’il y a d’épique, de lyrique, d’héroïque.

Dans cet épisode, le Comte de Charmont écrit à son cousin et lui présente les événements décrits dans son journal de bord. Proche du récit épistolaire, cela transforme la BD à la limite parfois de l’album illustré. Qu’importe. Dans la Geste, ça passe naturellement. Ange fait monter l’action jusqu’à un final grandiose tant au niveau de la narration que du dessin. Par ailleurs, La mer close est en plein dans l’actualité. On peut lire en effet dans les intercases tout le problème européen actuel des migrants, quittant leurs pays pour trouver refuge ailleurs, à la recherche d’un pays d’accueil où les conditions d’intégration peuvent se transformer en prétextes de ré-expédition.

 

Dix ans après avoir signé Les jardins du palais, cinquième album de la Geste, Christian Paty revient dans l’aventure. Il dépeint avec force les paysages maritimes et signe une couverture forte que l’on voit d’un autre regard une fois l’album terminé.

 

Avec les voyages de la Geste, les contes et légendes traditionnels du Moyen-Age ayant traversé les ans trouvent des successeurs au XXIème siècle.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

Série : La geste des chevaliers dragons

Tomes : 23 - La mer close

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Ange

Dessins : Paty

Couleurs : Paitreau

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-302-05586-5

 



Publié le 28/11/2016.


Source : Bd-best


Walking dead 26 : L’appel aux armes, Robert Kirkman, scénariste créateur, a une conception télévisuelle de son univers

« - Bien. Très bien, Gabriel. Mais la prochaine fois, commence par tirer sur le plus proche, et éloigne-toi au fur et à mesure. Ça va ? »

            « - Désolé, je… Ça va. Ça faisait si longtemps… Je ne m’attendais pas à ce que ça soit…si facile. »

            « - C’est l’entraînement. Ça doit devenir une seconde nature. C’est là que ça commence à faire peur. Mais le monde est comme ça. T’as bien assuré, mon Père. Dieu serait fier de toi. »

 

 

 

 

 

 

 

 

            Dwight, ancien lieutenant de Negan, apprend au prêtre Gabriel comment chasser les macchabées. Rick et les siens s’organisent pour affronter les chuchoteurs, ce groupe d’humains revêtus de peaux de zombies et ayant réussi à les « dompter ». A l’intérieur du camp, Eugène Porter rafistole un vieil émetteur radio et réussit à prendre contact avec un groupe d’autres rescapés.

            Après un volume 25 plutôt plan-plan, les zombies de Walking Dead reviennent en force dans un épisode où ils sont paradoxalement assez peu présents.

Encore une fois, l’horrifique Negan vole la vedette à tout le monde, non seulement à Rick et à sa communauté ainsi qu’aux morts-vivants, mais il prend aussi le pas sur les chuchoteurs. Sans dévoiler le surprenant final, Negan va se transformer en ver dans le fruit parmi eux.

 

            Robert Kirkman, scénariste créateur, a une conception télévisuelle de son univers. Est-ce dû au succès de son adaptation sur le petit écran ? Toujours est-il que les scènes intermédiaires prennent des positions stratégiques avec des dialogues percutants, ne lésinant pas sur les grossièretés. La traduction y est peut-être pour beaucoup. Chaque volume de la version française est composé de six fascicules des comics américains, avec une tension qui monte crescendo.

 

 

 

 

 

 

            Les dessinateurs Charlie Adlard, Stefano Gaudiano et Cliff Rathburn sont dans une routine qu’on pourrait penser monotone. Pourtant, ce sont eux qui tiennent le lecteur éveillé quand il n’y a pas d’action, avec notamment un travail sur les noirs et gris qui montre leur maîtrise de la pratique. Dessinateur, encreur ou poseur de trames et niveaux de gris, les trois artistes sont en symbiose.

 

            Walking dead n’a pas fini de nous faire marcher.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Walking dead

Tomes : 26 - L’appel aux armes

Genre : Horreur

Scénario : Kirkman

Dessins : Adlard & Gaudiano

Trames et niveaux de gris : Rathburn

Collection : Contrebande

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 152

Prix : 14,95 €

ISBN : 978-2-7560-7704-8



Publié le 25/11/2016.


Source : Bd-best


Neige origines, Fred Vignaux maîtrise aussi bien les paysages hivernaux que printaniers

« - ça se confirme… Je suis mort. Et je suis au paradis ! »

            « - En effet, bienvenue en Eden… Par contre, je vous rassure : vous êtes bien vivant. Nous vous avons soigné. »

            « - Qui êtes-vous ? »

            « - Je suis Yahvé. Et vous ? Comment vous-appelez-vous, mon fils ? »

            « - Chantefable. »

 

            Laissé pour mort lors d’une attaque de hors-clans, Chantefable croit se réveiller dans un bucolique paradis. Yahvé, dandy au costume blanc et au visage recouvert d’une cagoule de la même couleur, lui présente le domaine verdoyant. Rien à voir avec l’Europe glaciale dans lequel Northman cherche à retrouver le groupe d’hospitaliers parti au ravitaillement. L’Eden, royaume de Yahvé, n’est nulle part et partout. Mais lorsque quelqu’un tente de s’en évader, ses frontières peuvent s’avérer infranchissables. Chantefable va braver les dangers pour tenter de découvrir ce qui se cache derrière cette idyllique prison dorée. Et Neige dans tout cela ? Il est dans le coma, aux bons soins de Yahvé.

 

 

 

 

 

 

 

            Convard et Adam reviennent aux origines de Neige. C’est un épisode particulièrement angoissant qui ouvre ce diptyque dans lequel Neige et neige sont au second plan. On reste quand même dans l’ambiance de l’univers créé par Convard, même si celui-ci semble plus éloigné des dialogues. On sent qu’Adam est en train de prendre la main, comme un passage de flambeau. Un seul regret dans le scénario de cet album : les auteurs ont cédé à la mode des zombies. Attention, surfer sur un phénomène peut vite s’avérer dangereux pour une série et la rendre old school plus vite que prévu. Laissons Walking dead chez Walking dead. Par contre, le côté Mad Max est bien plus adéquat à l’esprit Neige.

 

            Fred Vignaux maîtrise aussi bien les paysages hivernaux que printaniers. Ses explosions explosent littéralement. Les anges blancs planent réellement. Pour un peu, on se croirait dans une BD en 3D. Vignaux ne cherche en aucun cas à copier Gine. Il reste lui-même ce qui dégage une certaine sincérité dans son propos graphique.

 

            Neige fondations et Neige origines, c’est bien et même très bien, mais Neige tout court, c’était fantastique. Messieurs les auteurs et éditeur, une petite fin par respect du lecteur, ce serait bien, non ?

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Neige origines

Tomes : 2 - Eden

Genre : Anticipation

Scénario : Convard & Adam

Dessins & Couleurs : Vignaux

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 9782344009260



Publié le 22/11/2016.


Source : Bd-best


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