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Seule à la récré : si l’école est un luxe, elle devient lutte quand le harcèlement s’y immisce mais Ana et Bloz en rient à bon escient
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Seule à la récré : si l’école est un luxe, elle devient lutte quand le harcèlement s’y immisce mais Ana et Bloz en rient à bon escient

Deux mois après la rentrée, alors que les vacances de la Toussaint se terminent, celles-ci étaient l’occasion pour nos têtes blondes de s’octroyer un peu de détente, de se relâcher des tensions qu’ils peuvent subir au quotidien. Car oui, il ne faut pas être angélique, l’école peut être infernale et la cour de récré peut défaire des réputations sous les coups de bluff de crâneurs. Pourtant, loin d’être un différent que seuls les « ennemis » jurés peuvent régler, nous sommes tous impliqués, d’un côté comme de l’autre de la barrière du harcèlement. Et avec Seule à la récré, la jeune Ana (tout juste 18 ans mais passionnées de BD de longue date), Bloz, David Lunven et Mirabelle cristallisent les expériences dans l’humour plus que dans le pathos, mais en éveillant les consciences qui auraient mis des œillères face à cette problématique bien réelle.
© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

Résumé de l’éditeur : La vie pourrait être parfaite pour Emma. Mais voilà, il y a Clarisse. Et Clarisse lui fait vivre un enfer à l’école. Elle a même réussi à monter les autres élèves contre elle. Ses parents ne remarquent presque rien, si ce n’est son changement de comportement, et les maîtresses ne prêtent pas attention à ce que l’on pourrait prendre pour « des jeux », mais qui relève de quelque chose de beaucoup plus grave.

 

 

 

 

 

 

 

© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

 

Ça commence par une pique, anodine et pourtant perforante, et ça n’en finit plus, cautionné par des (faux?) amis qui n’osent pas sortir des rangs et se plient à la tyrannie du leader. Ça se répand vite, comme un venin, ces choses-là et, pire, on pense que ça n’arrive qu’aux autres. Dans cette histoire faite de gag, on se rend très vite compte de l’engrenage très rapide lancé à toute allure par Clarisse sur la pauvre Emma qui n’avait rien demandé. Et très vite, l’école n’est plus un luxe mais une lutte, à n’importe quel moment, sans répit, jusque dans les nuits.

 

 

 

 

© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

 

Se gardant de parler des réseaux sociaux, cette jungle où les plus chétifs sont croqués par les prédateurs, Ana ne préserve pas pour autant ce qui est un peu son ersatz (Ana a elle aussi eu à subir les affres de l’acharnement gratuit) qui en perd l’appétit et se retrouve cabossée de partout. Sans oublier qu’il lui arrive de répercuter ce qu’elle vit sur son petit-frère, chamboulant l’équilibre familial devant ses parents médusés de ne pas savoir de quel étrange mal elle souffre. Et chez les instituteurs et la directrice de l’école, vous croyez que c’est mieux ? « Du harcèlement ici, mais non, c’est impensable! » Et pourtant…

 

 

 

 

© Ana/Bloz/Mirabelle/Lunven chez Bamboo

 

Outre la prise de conscience plus ou moins latente, Seule à l’école n’en fait pas pour autant des caisses et conserve son statut de divertissement cependant nourri avec du fond, évitant le larmoyant mais aussi le manichéisme. Après tout, Clara n’est pas méchante, hein, mais à force de suivre, il n’est pas forcément exclu qu’elle soit idiote ! Un peu comme nous. Car, mine de rien, je suis sûr qu’en cherchant un peu, on s’est tous retrouvés plus ou moins poltrons face à une situation de harcèlement ou assimilée, à fermer notre bouche en attendant que ça se passe. Et face à cette bande dessinée, on est aussi en position passive, seulement observateur de ces scènes de cruauté banale, en attendant que vienne le dossier de décryptage. Et si Emma passe plus qu’un sale quart d’heure, on est heureux de voir qu’elle s’en sort, au final, la tête haute, en s’ouvrant aux autres et en osant parler de ce problème que certains ont eu tôt fait de ranger et classer au premier rang des invisibles. Un bon exemple dans des planches de gags qui évitent la facilité éculée.

 

Titre : Seule à la récré

Scénario : Ana et Bloz

Dessin : Bloz

Couleurs : Mirabelle et David Lunven

Genre : Gag, Humour, Société

Éditeur : Bamboo

Nbre de pages : 48

Prix : 10,60€



Publié le 05/11/2017.


Source : Alexis Seny

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