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Ailleurs dans les rêves. Dans la forêt des lilas
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Ailleurs dans les rêves.  Dans la forêt des lilas

 

 

  « - Vous ne savez rien. Je n’irai pas à Londres. Minon ! Minon ? C’est toi ? Minon !! Attends-moi !! Minon, je t’en prie ! Ça fait si longtemps, reviens !! S’il te plaît ! J’ai tellement besoin de vous tous, maintenant. Kof Kof ! J’ai si peur et je suis si seule… Kof Kof ! »

 

 

 

 

Une jeune fille poursuit un chat blanc dans une forêt sombre. Pas de lapin blanc, ni de Reine de pique. Faith n’est pas Alice. Atteinte de tuberculose, elle fuit chaque nuit le cottage familial pour rejoindre un monde onirique, sa quête. Faith a perdu ses parents. Sa sœur, mariée à un médecin, part s’installer à Londres. Mais pas question pour elle de quitter sa maison, de quitter son enfance.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Une fée-biche, des luciolétoiles, un chat Minon en costume de mignon, un oiseau fataliste qui assène comme une sentence : « Tous les enfants doivent grandir et s’en aller. », des poissons arlequins qui se plaignent déjà qu’ils seront oubliés, la forêt des lilas est peuplée des chimères de Faith. Mais l’enfant, qui n’en est déjà plus une, refuse de s’éloigner du cocon de ses rêves : « Je ne vous quitterai pas, vous savez. Déjà, je ne veux pas grandir, et même si ça m’arrive, eh bien, on sera encore ensemble ! Toutes les nuits ! ». Pourtant, tout n’y est pas si rose : une créature sans nom, griffon ailé, attaque. Condamnée par la maladie, Faith vit ses rêves plus fort que sa vie.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Faith détient la foi, sa sœur Verity détient la vérité. Mais dans la forêt des lilas, le manichéisme n’est pas d’une telle simplicité. Entre les deux, Anton est la caution réalité qui a ancré l’une d’elle dans un destin convenu dont elle rêvait mais dont elle ne se satisfait pas. Pour l’autre, il est un Bel-Ami inaccessible.

 

Nathalie Ferlut n’en est pas à sa première incursion dans le monde codifié du conte. Elle a consacré en 2016 un album à Andersen, les ombres d’un conteur. Elle connaît sur le bout des doigts les codes, les tenants et les aboutissants du genre qu’est le conte. De la quête initiatique de l’enfant qui doit trouver la voie de son destin, symbole du passage de l’enfance à l’adolescence, aux personnages anthropomorphes qui philosophent et influencent l’héroïne, l’organigramme du conte est vêtu par les autrices d’un manteau émouvant.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Tamia Baudouin enveloppe le récit dans une ambiance post-victorienne. Un réalisme certain y côtoie une féerie avérée dans un style « poupées de porcelaine ».

 

Comment nos angoisses et nos peines influencent nos rêves ? Pourquoi ceux-ci sont-ils doux et cotonneux ou bien cauchemardesques ? Il nous est en tout cas prouvé ici qu’ils sont le meilleur rempart, la meilleure résilience face à la maladie.

 

A mi-chemin entre Alice au pays des merveilles et Jolies ténèbres, Dans la forêt des lilas redéfinit le conte dans tout ce qu’il a d’envoûtant, de lyrique et d’inquiétant.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Cette histoire est écrite pour tous ceux qui ne seront jamais complètement adultes. Pour paraphraser Minon, les adultes ne pensent qu’au temps qui passe et à la mort... et à la fin, ils meurent.

 

A ce soir, le jour se lève… On ne peut pas se débarrasser des créatures que l’on a inventé. Dans la forêt des lilas, on fera renaître des luciolétoiles et on en rêvera de nouvelles, c’est promis !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Dans la forêt des lilas

 

Genre : Conte

 

Scénario : Nathalie Ferlut

 

Dessins & Couleurs : Tamia Baudouin

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 180

 

Prix : 18,95 €

 

ISBN : 9782756099965

 



Publié le 23/02/2019.


Source : Bd-best

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