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C’est pas parce qu’on est un blockbuster qu’on n’a pas le droit de faire partie des meilleurs albums de l’année. Astérix 38 - La fille de Vercingétorix
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C’est pas parce qu’on est un blockbuster qu’on n’a pas le droit de faire partie des meilleurs albums de l’année.  Astérix 38 - La fille de Vercingétorix

 

« - Qui es-tu et comment es-tu entré ici avec ton cheval ?

- Mon nom est Adictosérix. Je suis silencieux comme tous les pisteurs et discret comme tous les traîtres. Je suis venu te prévenir que la fille de qui tu sais se cache parmi tes gaulois !

- Hein ?

- Tu m’as très bien compris ! César m’a chargé de la capturer pour en faire une romaine.

- Qui ?

- Je file à Gésocribate prévenir ceux de la flotte. Il faut l’empêcher de fuir par la mer ! Quant à toi, empêche-la de fuir par la forêt. Et prends garde, elle fugue ! »

 

 

 

 

 

 

Dans le camp endormi de Babaorum, le chef de la garnison est réveillé par un messager à cheval. Mais c’est la fille de qui dont il lui parle ? Celle de celui dont on ne prononce pas le nom, mais tant pis on va le dire : Vercingétorix ! Des membres du Front Arverne de Résistanche Checrète viennent de confier la jeune Adrénaline au village d’Astérix car les romains la traquent. Mais il n’est pas évident de protéger une adolescente qui ne rêve que d’horizon et de liberté.

 

 

 

 

© Ferri, Conrad, Mébarki - Albert René

 

 

Acte IV pour le duo Ferri/Conrad. L’essai a été tenté, réussi, transformé. Il est à présent confirmé. Le duo est dans les chaussons de la gloire. L’originalité de l’histoire est certaine, mais telle un iceberg elle ne réside pas dans ce personnage principal, fille fictive de personnage historique réel, mais dans la bande de gamins du village qu’ils ont mis en avant, au premier rang desquels Blinix et Surimix, les enfants d’Ordralfabetix, et Selfix, le fils de Cétautomatix. Les pirates jouent aussi un rôle important. Pour une fois, ils ne se contentent pas de faire de la figuration et sont partie prenante du récit et de son évolution.

 

 

 

 

© Ferri, Conrad, Mébarki - Albert René

 

A quoi bon faire une chronique sur le nouvel album d’Astérix ? Ce trente-huitième tome n’a pas attendu BD-Best pour se vendre comme des petits pains. Si nous avons choisi de consacrer un article à La fille de Vercingétorix, c’est tout simplement parce qu’il est un des meilleurs albums de l’année, et certainement le meilleur titre de la série depuis La grande traversée. Un dessin impeccable au service d’un scénario bétonné, voilà ce qu’ont réussi Ferri et Conrad. On ne peut pas les targuer d’avoir appliqué une recette. S’il en existait une pour faire des succès, ça se saurait. S’il fallait trouver un petit défaut, allez, on va en trouver un pour montrer qu’on a travaillé, ce serait la couverture qui montre un ciel sombre et une mer un peu agitée, alors que ce n’est jamais le cas dans l’histoire, et l’attitude hautaine et boudeuse d’Adrénaline qui manque un peu d’originalité et fait cliché dans l’univers Uderzo.

 

 

 

 

© Ferri, Conrad, Mébarki - Albert René

 

 

Outre le fait d’être un album réussi, il ne faut pas oublier que Ferri et Conrad contribuent par là même au développement du neuvième art. En effet, comme un nouveau Lucky Luke, XIII, Thorgal, Boule et Bill, Les Schtroumpfs ou autres séries à succès, il ne faut pas oublier qu’un Astérix est un produit d’appel. Et là où Blake et Mortimer se sont plantés avec Le dernier pharaon au dessin certes abouti mais au scénario alambiqué  ne pouvant plaire qu’aux exégètes, Astérix réussit sa mission de faire acheter des albums d’autres séries à ses lecteurs. Même si avec un prix plancher à 9,99 € en dessous de la barre psychologique des 10 €, il est la seule bande dessinée que liront cette année certaines familles, il aura eut le mérite de leur permettre de lire ce qui peut se faire de mieux dans le genre et de redorer chez les pseudo-intellectuels l’image qu’ils ont des petits miquets.

 

 

 

 

© Ferri, Conrad, Mébarki - Albert René

 

 

Avec un tel travail, avec un tel amour qu’ont les auteurs de leurs personnages, avec un tel talent, on ne peut que regretter qu’Albert Uderzo ait finalement décidé qu’Astérix ne sera pas poursuivi après sa disparition.

 

 

La bande-annonce de l’album ci-dessous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Astérix

 

Tome : 38 - La fille de Vercingétorix

 

Genre : Humour gaulois

 

Scénario : Ferri

 

Dessins : Conrad

 

Couleurs : Mébarki

 

D’après : Goscinny & Uderzo

 

Éditeur : Albert René

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 9,99 €

 

ISBN : 9782864973423

 



Publié le 05/11/2019.


Source : Bd-best

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