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Cachez cette société que l’on ne saurait voir. Les nuisibles
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Cachez cette société que l’on ne saurait voir.  Les nuisibles

 

 

  « - Tu places les cartons comme ça, le long du mur à côté des poubelles. Les vacanciers se plaignent, ils ont peur. La direction ne me lâche pas la grappe !

- Qu’est-ce que c’est ?

- De la colle. C’est ce qu’il y a de plus efficace. Regarde bien comment je l’étale en zigzag… Les touristes ne doivent pas tomber sur les cadavres. Il faut venir les ramasser à l’aube. C’est à toi de le faire. En fait, c’est simple : tu dois cacher ce que les gens ne veulent pas voir. Je peux te faire confiance ?

- Euh… oui. »

 

 

 

 

 

 

 

Dès son plus jeune âge, au port de plaisance, Bruno a appris la technique pour se débarrasser des « nuisibles ». Ennio lui a montré comment attraper les rats à la colle. Mais il fallait impérativement faire disparaître les cadavres dès l’aube.

 

Aujourd’hui, Bruno est gardien de péage sur un pont dans la plaine du Pô en Italie. Il est ami avec Maria. Mais les enfants de la dame veuve souhaitent qu’elle quitte son logement isolé pour les rejoindre à la ville. Pas loin de là, sur un chantier, Anton se blesse en tombant d’un échafaudage. Il fuit le refuge dans lequel il est soigné avec l’argent de la caisse. Anton se cache dans une cabane près du fleuve appartenant à Maria.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Comme les nuisibles, ces gens-là sont des personnes que la société ne veut pas voir. Anton, travailleur au noir immigré : nuisible. Bruno, enfant du pays, viscéralement attaché à sa terre qu’il ne quitterait pour rien au monde : nuisible. Maria, retraitée qui ne peut plus vivre seule : nuisible.

 

Mais depuis son enfance, Bruno a appris que les nuisibles, on les fait disparaître parce qu’il n’est pas de bon ton qu’on les voit.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Les nuisibles est la chronique du travail illégal et de la campagne désertifiée qui devient le terrain des rejetés de la société.

 

Piero Macola, en fin analyste, illustre les fêlures d’un monde qui se perd et qui se cherche. Ses personnages voudraient maîtriser leurs destins mais ils n’ont pas les cartes en main. Ses crayons de couleurs apportent un côté carnet de croquis qui donne l’impression d’être une caméra embarquée dans un reportage télévisé, comme dans feu l’émission Strip-Tease, au plus près des acteurs de la vie de tous les jours.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Entre Davodeau pour son côté réaliste ouvrier et le Troub’s de Mon voisin Raymond pour l’attachement que l’on peut avoir aux gens de la campagne, Macola est le témoin d’une société qui ne maîtrise plus son avenir.

 

Bruno et Anton semblent sortis d’une fable de Lafontaine. Bruno est la fourmi travailleuse qui avance quelques soient les embuches. Anton est la cigale qui va où le vent la porte, et en l’occurrence d’abord pour trouver du travail, puis pour fuir les poches pleines.

 

Les personnages vont voir leurs destins bouleversés et se retrouveront dans un chemin de vie qu’ils n’auront pas forcément ni choisi ni rêvé et qu’ils ne pourront pas rebrousser.

 

Le fleuve se fout des règles. Il décide quand, comment et où finissent les histoires.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Les nuisibles

 

Genre : Chronique sociale

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Macola

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9782754814829

 



Publié le 14/02/2019.


Source : Bd-best

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