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I kill giants: même avec des pieds d’argiles, on peut terrasser les plus grands gėants
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I kill giants: même avec des pieds d’argiles, on peut terrasser les plus grands gėants

Le harcèlement scolaire, c’est une problématique tellement tentaculaire que tous les moyens, spectaculaires ou pieds sur terre, sont bons pour engager le combat face à ce fléau qui profite des abus de faiblesse face à ceux qui souvent n’ont rien demandé mais mette un peu plus de temps à trouver leurs repères… et n’y sont pas aidés. Alors, il est bon d’enfoncer le clou. Et plutôt que de le faire en s’y tapant la tête, Joe Kelly et Ken Niimura ont pris un gros marteau (Thor va être jaloux) et des oreilles de lapin pour une oeuvre qui voyage encore un peu plus depuis qu’Anders Walter en a fait un film malheureusement sorti en direct-to-dvd.

 

 

 

 

 

 

 

© Niimura

 

Résumé de l’éditeur : L’histoire d’une petite fille perdue dans une vie de famille chaotique, et qui se perd dans un monde imaginaire bien plus commode : « Elle a poussé son existence fictive un peu loin, et ne parle vraiment que des géants à tout le monde. Elle est convaincue qu’ils sont en marche et qu’elle seule peut les arrêter »

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez HiComics

 

Il y a quelques semaines, nous vous parlions de ce roman graphique qui retraçait la genèse de Donjons et Dragons et les faits d’armes de l’un de ses créateurs, Gary Gygax. Avec Joe Kelly et Ken Niimura, c’est une partie de cet univers qui arrive dans notre monde par deux types de personnages : un géant surpuissant, ennemi par excellence de la petite mais téméraire Barbara, et des lutins facétieux et capables d’insuffler un peu d’espoir dans un monde de brute dont notre héroïne binoclarde ne cesse de faire l’amère expérience. Un monde qui ne juge qu’en termes de leadership quitte à sacrifier les rêveurs sous le coup d’insultes et de poing. Un peu plus chaque jour, refermant l’étau sur notre aventurière d’un autre monde, sur elle-même… même si son imaginaire fertile et expansif lui laisse des portes dérobées.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

Des portes dérobées qui lui offrent un filtre pour édulcorer la réalité, pour l’augmenter et ne pas sombrer dans le néant. La terre pourrait se fissurer et mieux avaler tout rond Barbara; au contraire, elle se couvre de tatous dont seule notre chasseuse connaît les significations. Autant de pistes pour échapper à la cruauté de ses camarades de crasses.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez HiComics

 

Bien sûr, des oeuvres traitant d’échappatoires plus ou moins virtuelles à une réalité crue et rude, il y en a eu à toutes les sauces. Et peut-être encore plus, en ce qui concerne le harcèlement, ces dernières années avec cette invention, aussi fantastique que maléfique, que sont les réseaux sociaux. Des hydres de Lerne capables de perpétuer à distance, à visage (dé)couvert et 24h/24 tout en bénéficiant de puissants relais inconscients. Des oeuvres culturelles importantes me viennent en tête comme BenX, Wonder ou encore le récent Quelques minutes après minuit (dont le film I kill giants a quelque peu pâti à cause de la proximité de leurs sorties et de leurs sujets).

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

Ici, Joe Kelly et Ken Niimura sont un cran plus loin que l’oeuvre de Juan Antonio Bayona: toute la tension de ce roman graphique réside dans l’approche du monstre, là où l’arbre et le petit garçon sympathiseront très vite. La méfiance et la crainte sont donc de mises de bout en bout, face aux dangers réels et irréels auxquels Barbara doit se confronter. Les deux auteurs ont trouvé une manière judicieuse et spectaculaire de mélanger les mondes, de les confondre car la confusion est le maître-mot de ce récit singulier et unique, furieux et sensé. Niimura insuffle toute l’énergie dont il est capable comme si chaque page de ce combat acharné était la dernière.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

I kill giants est une oeuvre barbare, jusqu’au-boutiste et capable de faire tremble les planches, de les faire s’ébranler. Comme un monde de petite fille peut s’ébranler face à la violence tyrannique de ses pairs qui se nourrissent des peurs et des craintes pour se grandir. Les géants ne sont peut-être pas où l’on croit mais ceux que dépeignent, dans la brutalité du noir et blanc, Kelly et Niimura, on y croit dur comme fer. Comme faire un monde meilleur en le mettant face à ses démons.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : I kill giants

Récit complet

Scénario : Joe Kelly

Dessin : J. M. Ken Niimura (Page Facebook)

Noir et blanc

Traducteur : Philippe Touboul

Genre: Drame, Heroïc-Fantasy, Psychologique

Éditeur VO: Image Comics

Éditeur VF : HiComics

Nbre de pages: 184

Prix: 19,90€



Publié le 29/06/2018.


Source : Bd-best

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