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Entrez dans un monde fantastique où se côtoient humains et créatures bizarroïdes.  La boîte à musique 1 – Bienvenue à Pandorient

« - « Au secours » ?

-          Approche ! Vite ! Ma mère est malade ! Il faut que tu m’aides !

-          Comment veux-tu que je t’aide ?

-          Entre dans la boîte ! Par-là ! Oui, la clé !

-          Et je suis censée faire quoi ?

-          Non, tu dois faire un tour à droite, deux tours à gauche… Et mets la main sur le globe ! Prête ?

-          Prête à quoi ?

-          A nous rejoindre ! »

 

            En répondant au message de détresse adressé par Andréa, la petite fille qui se trouve dans sa boîte à musique, Nola ne se doutait pas qu’elle se trouverait téléportée dans le monde de Pandorient, pays fantastique. Pour ses huit ans, son père lui a offert cet objet qui appartenait à sa mère aujourd’hui disparue. Aujourd’hui, c’est la mère de sa nouvelle amie que Nola va devoir sauver. Elle a été empoisonnée par de l’eau polluée. Chose étrange, elle semble avoir connu Annah, la maman de Nola. Aidées par Igor, les deux jeunes filles vont tout mettre en œuvre pour résoudre les mystères de cette contrée magique où se côtoient humains et créatures bizarroïdes, comme si de rien n’était.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

 

            Le scénario de Carbone, bien que souffrant de quelques longueurs, saura séduire et enchanter les jeunes lecteurs. Si dans les premières pages, on a l’impression de retrouver Harmony et Nora dans la cabane au fond des bois, la suite dirige la série dans l’axe pris autrefois par Zowie, qui par le truchement d’un livre magique, s’évadait de la pension dans laquelle il était retenu avec ses camarades, sous les pinceaux de Darasse et Bosse. Le film L’histoire sans fin, réalisé en 1983 par Wolfgang Petersen, est également une référence que ne peuvent pas renier les auteurs de cette Boîte à musique.

 

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

 

 

 

            Gijé, à ne pas confondre avec le grand Jijé (c’est à se demander comment il a pu prendre phonétiquement le même pseudonyme chez le même éditeur), signe un joli premier album. Ses couleurs directes invitent au voyage entre le monde réel et Pandorient. On n’avait pas vu une telle douce mise en couleurs dans Spirou depuis quelques années avec Le monde selon François, signé Collin et Zabus.

 

            Ecoutez les notes de La boîte à musique et accompagnez Nola dans son merveilleux voyage.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La boîte à musique

Tome : 1 – Bienvenue à Pandorient

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Carbone

Dessins & Couleurs : Gijé

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 12 €

ISBN : 9782800173191



Publié le 17/01/2018.


Source : Bd-best


Comment captiver et capturer le lecteur dans une aventure avec un grand A  Frnck 3 – Le sacrifice

« - Regarde !

-          un doigt. Très intéressant.

-          Non, pas un doigt : une blessure grave ! J’ai mal !

-          Ceci est un petit bobo de rien du tout.

-          Ça commence par un petit bobo de rien du tout, et après ça devient un gros bobo de rien du tout, et après ça devient un énorme bobo violet de rien du tout, et après ça devient un bobo vert et jaune et puant qui monte jusqu’à l’épaule de rien du tout, et à la fin on meurt de rien du tout. »

 

 

 

 

 

 

 

 

© Bocquet, Cossu - Dupuis

 

 

 

 

            Effectivement, il vaut mieux se méfier des bobos de rien du tout avant qu’ils ne deviennent mortels. Léonard, l’homme roux, qui soigne par les plantes ferait mieux de prendre garde à ces petits bobos. Mais pour l’instant, il a testé toutes les plantes qu’il connaît, il ne sait pas comment soigner le maintenant gros bobo qui ronge ses compatriotes, mais aussi les membres de la tribu de Frnck.

 

            Ce nouvel album de Frnck, par le biais de l’aventure et de l’humour, traite d’un problème de santé publique : la contamination par un virus. Notre Spirou (inter)national l’avait fait dès 1982 dans Virus. Ici, le thème est préhistoriquement rebooté. Les auteurs sensibilisent aussi aux différents types d’alimentation : carnivore vs végétarien, quel régime adopter ?

 

            Avec le personnage de Franck, Olivier Bocquet transporte l’ado du XXIème siècle dans un monde perdu, passé, mais qui lui permet d’aborder des sujets de société contemporain. Depuis le mythe de la caverne de Platon, la métaphore n’est-elle pas le meilleur moyen pour éveiller les consciences ? Bocquet prouve par ailleurs qu’il est encore possible de captiver et capturer le lecteur dans une aventure avec un grand A et de finir par une conclusion teintée d’émotion.

 

 

 

© Bocquet, Cossu - Dupuis

 

 

 

 

            A ses côtés, le dessinateur Brice Cossu garde le rythme. Sans faillir, il abat les planches à un rythme trépidant. Ce gars-là est le Lewis Trondheim du dessin semi-réaliste. On en reparlera très prochainement avec le triomphe d’un certain Zorglub.

 

            Fidèle au poste, le coloriste Yoann Guillo complète le trio avec des tons et des dégradés au service des ambiances et de la vitesse de lecture. Cet individu mériterait amplement que son nom soit associé en couverture d’album à ceux de ses petits camarades de jeu. Comme quoi, même si les scénaristes ont mis du temps à installer officiellement leur place dans le monde de la BD, pour les coloristes, on avance mais on n’y est pas encore.

 

            Après la lecture du Sacrifice, sans savoir si l’on va devenir végétarien, en tout cas, on ne mangera plus d’éléphant…enfin, de mammouth.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Frnck

Tome : 3 – Le sacrifice

Genre : Aventure pré-historique

Scénario : Bocquet

Dessins : Cossu

Couleurs : Guillo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800170480



Publié le 16/01/2018.


Source : Bd-best


Amateurs de BD et d’automobile : même combat avec :  Les chroniques de Starter 5 – 60 voitures historiques

          «  - My taylor is rich…

-          Voyons, Mademoiselle Sophie ! Soyez sérieuse : Ceci est une grande dame… 

-          God save the Bentley !

-          Harold !! »

 

C’est qu’elle se prendrait pour une aristocrate, cette sacrée Sophie, à bord d’une Bentley 1954. Comme le dit Starter, cette splendide automobile noire est un somptueux boudoir sur roues ayant la sérénité d’un paquebot et la douceur d’un hydroglisseur, et surtout le confort et la chaleur de son fauteuil préféré.

 

            Après les voitures des années 60, les sportives, les populaires, les insolites, cette nouvelle salve des chroniques de Starter propose un voyage de près de cent ans dans le XXème siècle avec 60 voitures historiques. Au volant d’une superbe Alfa Roméo C6 Gran-Sport, le mécano roule à toute allure en couverture de ce cinquième recueil.

 

 

 

 

 

© Jidéhem - Dupuis

 

 

 

            Jidéhem et son chroniqueur préféré nous font vivre un joli voyage dans le temps en nous présentant des modèles de voitures de 1908 à 1980. Qu’elles soient luxueuses, sportives ou pour tous les jours, les autos prennent vie sous la plume du dessinateur. Au volant de chacune d’entre elles, Starter file comme le vent et nous explique dans un court rédactionnel les particularités de chacune d’entre elles. Ces explications, loin d’être uniquement descriptives et mécaniques, sont bourrées d’anecdotes qui font que l’album se lit comme un recueil de nouvelles. On apprend que la Ford T était la voiture emblématique de Laurel et Hardy. La Packard fut le véhicule officiel des présidents des Etats-Unis de 1930 à 1940. Le mot Jeep désignait à l’origine tout simplement un nouveau véhicule dans le jargon militaire américain. La Jeep Willys fut baptisée dans les sables d’El Alamein en pleine seconde guerre mondiale.

 

            Si Will était le dieu du décor, Jidéhem était celui de la mécanique. Outre des carrosseries léchées, travaillées, fidèles, il dépeint également les intérieurs des modèles avec minutie.

 

            Nul besoin d’être spécialiste de l’un ou l’autre domaine, ce recueil est un bel album aussi bien pour les amateurs de voitures que pour les amoureux de l’âge d’or de la BD franco-belge.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les chroniques de Starter

Tome : 5 – 60 voitures historiques

Genre : Documentaire

Textes & Dessins : Jidéhem

Couleurs : Sophie de Mesmaeker

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 120

Prix : 35 €

ISBN : 9782800173634



Publié le 16/01/2018.


Source : Bd-best


Un album poignant où l’innocence de l’enfance est plus forte que la guerre.  Seule

« - On va rester ici longtemps, padrina ?

-          Je ne sais pas. Les hommes nous diront. Nous, nous devons rester cachées.

-          Je peux jouer avec ma poupée ?

-          Bien sûr…

-          Je vais lui chanter une chanson. »

 

Blottis dans une bergerie de montagne alors que leur village se fait bombarder, Lola, sa grand-mère, ainsi que les autres femmes et enfants du hameau, attendent le signal des hommes pour regagner leurs domiciles ou les ruines qui en restera. « Quand est-ce que finira la guerre ? », demande la fillette. « Si elle finit vite, c’est qu’on l’aura perdue. », lui répond, fataliste, l’aïeule. Confiée depuis trois ans à ses grands-parents, la gamine de six ans n’a qu’une idée en tête : rejoindre ses parents et sa petite sœur.

 

 

 

 

 

© Lapière, Efa - Futuropolis

 

 

 

            Denis Lapière adapte avec délicatesse les souvenirs de Lola, grand-mère de la femme de Ricard Efa. Aujourd’hui âgée de 83 ans, ses souvenirs d’enfance au beau milieu de la guerre civile espagnole sont racontés au fil des mois. Sa photo au regard de la première planche donne une dimension supplémentaire à un récit qu’on aborde ainsi avec une vision particulière. Depuis ses débuts (avec notamment Alice et Léopold, série injustement méconnue dont on vous parlera un jour dans la rubrique Case à part), Denis Lapière sait s’immerger dans le corps et le cœur des enfants pour aborder les récits de leur hauteur.

 

 

 

 

© Lapière, Efa - Futuropolis

 

 

 

 

            Après le poignant Soldat, avec Jouvray dans la magnifique collection Signé du Lombard, et Monet, nomade de la lumière, dans la belle et malheureusement déjà feu-collection Les grands peintres chez Glénat, Efa peint des cases de BD comme autant de tableaux de maître dans Seule. Sensibilisé de près par le sujet qu’il raconte ici, il a mis au service de la quête de Lola tous les savoir-faire qu’il a acquis lors de la réalisation de ses albums précédents.

            Du bleu de la nuit à l’orange du feu, du jaune de la chaude campagne au gris des cendres de la destruction, Efa intègre la couleur à la narration comme un personnage supplémentaire, un fantôme en filigrane entre personnages et décors. Du bien beau travail. Ainsi, de la noirceur nocturne au blanc (de l’espoir ?) éclairant Lola, en passant par l’orange et le rouge de la dévastation, la couverture montre la palette employée par l’auteur. Un cochon est positionné en victime, les entrailles à l’air, métaphore des horreurs que les adultes essayent tant bien que mal de dissimuler aux enfants de la guerre.

 

            Cet album est à ranger dans sa bibliothèque à côté de Jamais je n’aurai 20 ans, de Jaime Martin, paru chez Aire Libre en 2016.

 

            Emouvante et cruelle, réelle et bouleversante, l’histoire de Lola démontre que tout au bout d’un chemin, même au-delà d’une impasse, il y a une lueur.

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Seule

Genre : Histoire

Scénario : Lapière

Dessins & Couleurs : Efa

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 72

Prix : 16 €

ISBN : 9782754820998



Publié le 16/01/2018.


Source : Bd-best


Une reprise telle une invitation au voyage.  Les forêts d’opale 10 – Le destin du jongleur

«  - Luksand l’escamoteur ? Ton spectacle m’a plu. Je veux te proposer un travail.

-          Non.

-          Tu ne connais pas mon offre !

-          Inutile. Vous n’êtes pas le premier à vouloir utiliser mes talents d’illusionniste pour quelque affaire malhonnête. Je ne crochèterai pas de serrure ni ne déroberai de bourse pour vous !

-          C’est tout à ton honneur et il ne s’agit pas de ça. J’ai un magasin d’antiquités archéologiques à Oryampe, et ton habileté à convaincre les foules pourrait agir sur mes clients. Je paye généreusement et tu auras des commissions sur les ventes. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 © Arleston, Fernandez - Soleil

 

 

Rodombre d’Oryampe est bien insistant. Luksand ne peut qu’accepter sa proposition. Avec la belle Altaï, assistante archéologue, il va former un duo de choc. Et quand Rodombre décide d’embarquer Luksand avec lui afin d’échanger un jeu de serpole nispanthe contre un bijou, Altaï ne compte pas rester sur le carreau.

 

Avec un scénario propre et net comme il sait les faire, Scotch Arleston offre une histoire qui se lit avec plaisir, simplicité et d’une traite. C’est déjà un pari de gagné lorsqu’on ne ferme pas un album en cours de lecture. Il place quelques originalités rendant la lecture fantastico-héroïque. Le gerris, appelé plus communément patineur ou punaise d’eau, est ici transformé en vaisseau géant des mers. Les arangs, structures mobiles, surplombent la canopée et sont destinés à l’exploitation des sèves de la forêt glacée.

Arleston joue également avec les clichés. On peut se demander si la scène où Altaï se déshabille intégralement pour dormir nue...parce qu’elle dort comme ça était vraiment nécessaire. Dans le déroulé du récit, non. Dans le cadre d’un album d’Heroic-Fantasy de chez Soleil, oui. Après tout, est-ce désagréable ? Manifestement, c’est un gimmick dont le malin scénariste se joue.

L’album pêche seulement par un final quelque peu expédié. Les auteurs semblent avoir été par le cadre obsolète des 46 planches. Plus de liberté dans la pagination serait grandement souhaitable, et moderne, chez les éditeurs de nos jours.

 

 

 

 

 

 © Arleston, Fernandez - Soleil

 

 

Après neuf albums dessinés par Philippe Pelet, Cédric Fernandez pénètre dans les Forêts d’Opale et s’en sort avec les honneurs. Le résultat est, disons-le, époustouflant. Le jeune dessinateur s’est emparé des personnages avec aise. Plus encore, sur les décors, il rabat le caquet à tous ceux qui pourraient regretter que Pelet ait quitté l’aventure. Cette reprise est une invitation au voyage.

 

Franck Perrot est le quatrième coloriste de la série, dont le troisième sur les trois derniers albums. Ayant l’habitude de travailler avec Fernandez, ils forment un duo apparemment indissociable.

 

Pénétre dans les Forêts d’Opale, et vas-y, joue, file, Opale !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les forêts d’opale

Tome : 10 – Le destin du jongleur

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Arleston

Dessins : Fernandez

Couleurs : Perrot

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302063051



Publié le 15/01/2018.


Source : Bd-best


Alessandro Barbucci a dans l’encre de son dessin le sang du dynamisme italien  Ekhö monde miroir 7 – Swinging London

« - Je vous ai fait venir à la demande de la plus haute des autorités : Sa sainteté la Pontife !

-          Message à l’attention de Fourmille Gratule : La situation au Royaume-Uni est critique : pénurie de thé. Les Preshauns sont instables et les incidents se multiplient. Des humains voient des choses qu’ils devraient ignorer. Après les événements de Rome, il a fallu rendre amnésique la moitié de la ville. On ne peut pas recommencer à l’échelle d’un pays. »

 

Voici donc une mission pour la jeune et jolie Fourmille Gratule et son adjoint Yuri Podrov. Au cœur du Londres du monde miroir, ils vont devoir tout faire pour comprendre pourquoi les cargaisons de thé disparaissent. Sans ce british breuvage, les mignons Preshauns deviennent de violents espèces de Gremlins.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après New-York, Paris, Hollywood, Barcelone, Rome et la Nouvelle-Orléans, nous retrouvons Fourmille, Sigisber et Yuri dans la capitale britannique où un Preshaun pète un câble dans un Escarbus à impériale. De la cohue de Picadilly Circus aux faubourgs de Soho, de Big Ben à Tower Bridge, c’est à une véritable course contre la montre que vont devoir se livrer nos héros avant que le manque de thé ne cause des dégâts irréversibles dans la City.

 

Dans la foultitude de séries scénarisées par Christophe Arleston, Ekhö a ceci de particulier qu’une ville différente est le lieu principal de l’action de chacun des albums. Avec Lanfeust, c’est la meilleur de ses créations dans le domaine de la Fantasy, bien que le style ici s’éloigne un tant soit peu de l’Heroïc pur.

Fidèle à son style, le scénariste dissémine des clins d’oeil tout au long de l’album, comme lorsque Fourmille traverse ce quartier où les gens traversent tous la rue alignés par quatre.

 

 

 

 

© Arleston - Barbucci - Soleil

 

 

Alessandro Barbucci a dans l’encre de son dessin le sang du dynamisme italien, rassemblant tout un univers d’affinités européennes. Entre Didier Tarquin et Denis Bodart, il ajoute une dose de Giorgio Cavazzano pour créer un monde disneyien dans lequel on pourrait croire voir apparaître Basil, détective privé au coin d’une rue.

Quand son héroïne enflamme la piste d’un pub, elle danse réellement. Quand elle bondit devant Big Ben, tasse de thé à la main, dans un mouvement d’art martial, elle est la figure de proue d’une couverture superbe.

 

            Taïaut, taïaut, taïaut, longue vie à la série Ekhö !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ekhö monde miroir

Tome : 7 – Swinging London

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Arleston

Dessins : Barbucci

Couleurs : Lebreton

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302063020



Publié le 12/01/2018.


Source : Bd-best


Dans la lumière et les nuances de la Lune, ses enfants viennent à notre rencontre guidés par Chamblain et Nalin

Formidable outil pour prendre le temps de la rencontre en mots, en dessin et en couleurs, la bande dessinée nous offre souvent des moments délicieux, simplement humain, que le hasard peut être habile à provoquer dans le réel mais à côté desquels on passe si facilement, à tort. Chance est que Joris Chamblain et Anne-Lise Nalin ne l’ont pas raté, ce sujet fantastique qui fait se confronter les enfants du soleil et ceux de la Lune, par l’intermédiaire d’un journal puis d’une confrontation.

Résumé de l’éditeur : Morgane a seize ans. Elle vient d’emménager dans une nouvelle maison, avec ses parents et son petit frère. Tandis qu’elle déballe ses cartons, elle retrouve un journal intime caché derrière un radiateur. C’est celui de Maxime, un jeune homme de dix-sept ans, qui y raconte son étrange maladie qui l’empêche de vivre à la lumière du jour. C’est un enfant de la lune… Elle va le lire et vibrer à ses mots et n’aura alors plus qu’une seule idée en tête: retrouver la trace de Maxime pour lui rendre son journal oublié. Ses pas la conduiront bien plus loin qu’elle n’aurait pu l’imaginer…

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

C’est le genre de découverte qu’on voudrait tous faire. Dans un vieux grenier, dans une nouvelle maison, dans une chambre d’hôtel. Puisque les humains sont juste de passage (« sur cette Terre énervée », complétait Pagny) et qu’ils en laissent des traces plus ou moins volontairement, pourquoi ne trouverions-nous pas des petits trésors là où ils se sont établis ou égarés ?

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Morgane n’a pas dû chercher très longtemps avant de tomber sur ce drôle d’objet fait main et sur la couverture duquel le Soleil n’a plus rendez-vous avec la Lune et est parti fâché pour le plus grand sourire de l’astre de la nuit mais sans tarder à mettre sa vengeance à exécution. De quoi susciter surprise et intérêt pour la jeune fille qui ouvre ce journal comme elle ouvrirait le coeur de Maxime Lebuisson, l’énigmatique (au début) auteur de ce testament de jeunesse. Un oiseau de nuit forcé qui va attirer Morgane sur les toits et à l’aube d’un nouveau jour qui apportera conscience et connaissance d’un monde jusque-là insoupçonné.

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Enfant de la Lune, c’est ainsi que sont surnommés les jeunes victimes du Xeroderma pigmentosum, maladie rare et héréditaire d’origine génétique. Des malades handicapés par une peau de vampire, si sensible aux rayons UV que les réactions cutanées suivant une exposition sans protection sont dantesques. De quoi réduire ces jeunes à l’ombre ou à une combinaison bien hermétique pour se prémunir de tout risque de cancer inéluctable si le moindre rayon de soleil vient vous caresser de son gant clouté.

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Et en cet été, le temps n’est pourtant pas à rester enfermer même si le déménagement de la famille de Morgane n’est pas de tout repos et se joue majoritairement en intérieur. Ce journal découvert qui ouvre la porte sur le destin d’un inconnu, réjouissant puis inquiétant quand celui-ci, victime de raillerie de par tout l’attirail qu’il doit porter pour vivre sa vie d’écolier normalement, va mettre Morgane et ses proches sur la piste de Maxime. Mais aussi de tout ce petit monde mal aimé par la chance mais n’ayant pas refusé les plaisirs de l’enfance et de ses jeux même s’ils doivent être arrangés avec les heures sans soleil. Et Morgane, si râleuse et pas toujours de bonne composition quand on lui demande un service, de se trouver une mission auprès de ces êtres aux besoins si humains.

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Pris les pieds dans la fiction, Journal d’un enfant de Lune se veut aussi documentaire et sensibilisateur, doté de toute l’humanité dont Joris Chamblain est capable. Et la lueur d’espoir et de reconnaissance attisée tout au long de ses 54 planches est galvanisé par le trait et les couleurs de l’encore toute jeune Anne-Lise Nalin, tellement prometteuse et perspicace pour créer des images ni trop simple, ni trop complexe, qui parleront autant aux parents qu’aux enfants. Avec, de jour comme de nuit, des ambiances sublimes et un feu d’artifice qui réunit les nocturnes et les diurnes autour d’un sens commun, celui de la vie, de l’amour malgré tous les bâtons que ce coquin et inégal de sort peut mettre dans les roues de ceux qui, pourtant, ne lui ont rien demandé. À chérir !

Alexis Seny

 

Titre : Journal d’un enfant de Lune

Récit complet

Scénario  : Joris Chamblain

Dessin et couleurs : Anne-Lise Nalin (Page Fb)

Genre: Famille, Jeunesse, Drame, Sensibilisation

Éditeur: Kennes

Collection : Ensemble

Nbre de pages: 57

Prix: 15,95€



Publié le 11/01/2018.


Source : Bd-best


Comment faire d’une histoire horrible un recueil de situations improbables  Game of crowns 1 – Winter is cold

« - Papa ! L’autre bâtard, il fait rien qu’à chourrer mon carquois !

-          Arrête de m’appeler bâtard !

-          Encore en train de vous battre ? Que vous ai-je donc enseigné à propos de la violence ? La valeur d’un homme se juge à ses actes et chez les Spark, on met un point d’honneur à respecter les traditions millénaires d’allégresse et de paix ! Vous comprendrez quand vos testicules seront descendus… Maintenant, allez jouer, j’ai du boulot ! »

 

John Sneeze, chef de clan d’un des sept royaumes, fait la guerre à ses ennemis pour devenir le maître du pays. Grodo, brute épaisse, cherche à séduire la princesse Denarines, qui elle aussi cherche à conquérir le monde. Et tout ce joli monde vit sa jolie petite vie… mais il est certain que sur un crâne fendu il n’est pas évident de poser une couronne.

 

 

 

 

 

© Lapuss, Baba, Tartuff - Casterman

 

 

Le trio du Piou est aux commandes du pastiche de « the » série télé du moment. Ils prennent un plaisir jubilatoire à mettre en scène les personnages créés par George Martin dans un pastiche irrévérencieux.

 

Le titre « Winter is cold » sonne comme un postulat signifiant que, quoique l’on fasse, le destin est en marche. Mais c’est peut-être la seule phrase sérieuse du bouquin.

 

 

 

 

© Lapuss, Baba, Tartuff - Casterman

 

 

On retrouve avec plaisir les bonshommes sauce Baba, avec leurs grands yeux et leurs rondeurs, mais il faut bien avouer que l’album est réservé aux afficionados de la série. Le profane passera à côté d’une bonne partie des gags.

 

Ce n’est pas bien grave. L’essentiel n’est-il d’être un bon gardien du mur ?

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Game of crowns

Tome : 1 – Winter is cold

Genre : Pastiche historique

Scénario : Lapuss’

Dessins : Baba

Couleurs : Tartuff

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 48

Prix : 9,95 €

ISBN : 9782203153554



Publié le 11/01/2018.


Source : Bd-best


Fantomino, la poésie de la mort et des monstres de Mauricio de Sousa ressuscitée par Paulo Crumbim et Cristina Eiko

Et s’il y avait une vie après la mort ? Si les fantômes du purgatoire attendaient leur heure au cimetière en jouant à cache-cache et en attendant qu’une cigogne les ramène à une enveloppe charnelle. Telle est l’idée développée dans Fantomino (alias Penadinho) de Paulo Crumbim et Cristina Eiko, une aventure entre le monde des monstres, celui des humains et celui des revenants bien sympathiques. La deuxième incursion (après Bidou, le petit chien) de Glénat dans le patrimoine brésilien de la BD et les héros cultes issus de l’imagination débordante de Mauricio de Sousa.

 

 

 

 

 

 

 

©Mauricio De Sousa



Résumé de l’éditeur : Fantomino le petit fantôme aime jouer à cache-cache avec ses amis dans le cimetière où ils habitent. Un soir, Lady Grue, leur figure tutélaire, leur annonce une grande nouvelle, la fantômette Petite Âme sera enfin autorisée à se réincarner au petit matin ! Fantomino est partagé entre la joie pour son amie et la déception car il n’a jamais pu lui avouer son amour… Il décide de l’emmener voir leur dernier lever de soleil et de lui déclarer sa flamme avant qu’elle ne le quitte. Mais, sur le chemin, Petite Âme est enlevée par un sorcier qui utilise l’essence des fantômes pour créer des philtres d’amour ! Fantomino et ses compagnons vont devoir partir à l’aventure pour sauver leur amie qui se retrouvera face à un choix : partir ou rester ?

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko chez Glénat

 

Ah l’amour, l’amour toujours ! Se pourrait-il qu’il soit contrarié entre la mort et la… vie ? Toujours est-il que, cherchant plus de quatre chemins pour y arriver, Fantomino n’a jamais trouvé une manière d’avouer sa flamme fantomatique à Petite Âme. Bon, cela dit, quand on est fantôme, on a tout son temps… sauf que la condition ectoplasmique a elle aussi une fin et que quand Dame Cigogne pointe le bout de son bec, ce n’est pas pour apporter des bébés mais pour ranimer les décédés.

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko chez Glénat

 

Fantomino doit donc jouer le tout pour le tout pour dire ce qu’il a sur le coeur (enfin, façon de parler) avant le grand départ de Petite Âme. Mais le mal est en ville et Petite Âme est convoitée par d’autres individus que le gentil petit fantôme.

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko

 

Relooké et modernisé pour le coup, Penadinho, comme Bidou un peu plus tôt en 2017 (mais aussi dans le Death Road de David Boriau et Jose Garcia), nous emmène dans une histoire à dormir debout mais aussi dans un pan de culture, dans une manière de raconter des histoires bien différente de ce qu’on voit dans notre bande dessinée européenne. Avec des codes, des bruitages, des onomatopées propres mais aussi des conventions qui existent pour être détournées (ainsi le lecteur sera-t-il surpris de découvrir une planche devant plus aux jeux vidéo qu’à la BD) et une expressivité toute latino.

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko

 

Bref, un univers faussement naïf débordant de créatures attachantes (si, c’est possible), pas si enfant qu’il n’y paraît mais avec de vrais rapport et raccord à l’amour et à la définition que chacun en a. Frissonnant, ça va de soi.




 

Alexis Seny

 

Titre : Fantomino

Récit complet

D’après les personnages créés par Mauricio de Sousa

Scénario, dessin et couleurs : Paulo Crumbim et Cristina Eiko

Genre: Fantastique, Horrifique, Aventure

Éditeur: Glénat

Nbre de pages: 72

Prix: 11,50€



Publié le 10/01/2018.


Source : Bd-best


Sexy, drôle et pédagogique : le plastique et la BD sont fantastiques !  Le plastique, c’est fantastique

« - Excuse-moi… Tu permets que je te tienne compagnie ?... Oulà, ne commence pas à ma dire que tu as le cœur à l’envers ! Je n’aime pas bien les garçons qui roulent des mécaniques. Je ne suis pas affamée à ce point ! 

-    Tu préfères déguster ? »

 

Ça, pour déguster, elle va déguster, la nana ! Mais elle va faire rentrer son compagnon d’un soir dans le club très fermé du plastique. Et ça, c’est fantastique. L’amour sous cellophane, ça préserve, un point, c’est tout. Comme elle le dit, maintenant, il est élégant de partout.

 

 

 

 

© Even - Lenoble - Elmer Food Beat - Graph Zeppelin

 

 

Sexy, drôle et pédagogique : ces trois mots définissent ce recueil de cinq chansons du groupe Elmer Food Beat racontées en images. Les classiques Plastique et Daniella côtoient les un peu moins célèbres Les traversées sont solitaires, Ridy Oh et Martine à la plage.

 

            Les traversées sont solitaires est une histoire de pirates tentant de résister à des sirènes. Mais avec des culs pareils, même Pinocchio ne pourrait pas rester de bois. C’est la première fois qu’on voit d’ailleurs des sirènes avec les fesses apparentes.

            Le plastique, c’est fantastique, certainement le plus gros succès du groupe, raconte l’initiation d’un jeune homme à l’usage du préservatif.

 

 

 

 

© Even - Lenoble -  Elmer Food Beat - Graph Zeppelin

 

 

            Daniella a une bien jolie maison dans laquelle on peut se mettre à trois. Les voisins ont bien envie de la visiter, et pas que la maison. Monsieur n’est pas là mais il n’en voudra à personne.

            Ridy Oh est une rigolote histoire de cow-boy priapique, plus porté sur les animaux que sur la gent féminine. Mais les dames de l’ouest n’ont pas dit leur dernier mot.

            Enfin, Martine à la plage, toute droit échappée des gentils livres de Marcel Marlier et de Gilbert Delahaye, ou plutôt sa cousine, fait perdre la raison à tous les garçons lorsqu’elle se jette à l’eau.

 

 

            Les personnages de Katia Even font penser à ceux des Péchés mignons d’Arthur de Pins : gueules rondouillardes, formes exagérées, mais physiques un peu plus élancés. Jamais sale, jamais vulgaire, le graphisme érotique soft sied bien aux textes du groupe musical. La coloriste Hélène Lenoble accompagne la dessinatrice pour former un duo d’auteurs féminins en donnant aux planches des tons…chauds.

 

            Espérons qu’un tome 2 nous fera faire connaissance avec d’autres héroïnes d’Elmer Food Beat : la grosse Jocelyne, Caroline ou encore la caissière de chez Leclerc. Elles gagnent à être culs nus…euh…connues.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Le plastique, c’est fantastique

Genre : Comédie érotique

Scénario & Dessins : Even

Couleurs : Lenoble

Adapté de : Elmer Food Beat

Éditeur : Graph Zeppelin

Nombre de pages : 46

Prix : 10 €

ISBN : 9791094169155

 

Pour la sortie de leur BD érotique “Le Plastique c’est fantastique”, les Elmer Food beat seront présents au salon de la BD d’Angoulême des le jeudi 25 janvier sur le stand de Tabou éditions.

Et en concert Au MARS - 10, rue Raymond Poincaré 16000 Angoulême vendredi 26 janvier 2018 - 21h00 -
première partie Double Cheese - ouverture billetterie à 19h30

 

 

 

Le groupe Elmer Food Beat



Publié le 10/01/2018.


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