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Entre

Entre 2002 et 2022, comme tout dessinateur de talent, Raulo Caceres satisfait de nombreux admirateurs de son art en leur créant de petits chefs-d'œuvre personnalisés.

 

Esthétiquement surréaliste, utilisant son crayon comme un véritable ciseau de sculpteur, il sculpte les corps de ses héroïnes dans leur extase, leur jouissance la plus totale. Une pornographie assumée dans un univers décomplexé imprégnés de certains grands mythes et classiques repris parfois dans sa propre bibliographie !

 

Soucieux également de l'atmosphère de ses illustrations, ses décors sont de toute beauté tant leurs détails plongent le lecteur dans ses univers si exotiques.

 

 

 

 

Après son premier ArtBook "Eros & Thanatos", voici que Raulo Caceres rassemble dans ce second tome plus de 80 illustrations inédites.

 

Dans des univers heroic fantasy empreints d'érotisme extrême, de fantastique des plus gore, 7 chapitres de déesses, reines, prêtresses, guerrières sanguinaires mongoles, aztèques ou incas, pirates et autres Muses ... qui raviront les fans du genre et de l'artiste.

Des intitulés de chapitre d'ailleurs fort explicite, comme ce premier : "Or liquide" ! Allusion presque poétique à ces fontaines "dorées" d'urine féminine ... coulant sur leurs victimes tel l'or tant recherché par les Conquistadors espagnols !

Ou encore "Rigor Mortis" ou le si cosmique "Science Friction" !

 

 

© Raulo Caceres - Tabou 2024

 

Un trait, un encrage, un jeu d'ombres et de hachures exceptionnel font que chacune de ces commandes transpire d'un érotisme violent, explosif, d'une puissance luxuriante et souvent sanglante. Son audace ne semble connaître aucune limite dans ses scènes fantasy, gothiques, ...

Un minimum de texte, un maximum d'illustrations ... qui se suffisent largement à eux-mêmes pour rentrer pleinement dans l'imagination créatrice complexe d'un artiste extraordinaire !

Chaque illustration est, dans son décor, son ambiance, son atmosphère, une histoire complète à elle toute seule !

 

 

 

© Raulo Caceres - Tabou 2024

 

 

Cette réelle sublimation dans son travail fait de Raulo Caceres l'un des maîtres de la BD contemporaine ... érotique !

 

Petit bonus croustillant, le dernier chapitre, "Les Muses". Galerie photos de ses "Muses" et autres modèles présentant l'un ou l'autre de ses ouvrages : "Art Book 1" évidemment, "Elisabeth Bathory", "Aguas Calientes" ou l'onirique "Justine & Juliette de Sade" !

 

 

© Raulo Caceres - Tabou 2024

 

Un "must" indispensable dans votre bibliothèque, au rayon "heroic fantasy adulte" !

Vous l'aurez évidemment compris, cet ArtBook n'est pas à mettre entre toutes les mains.

Un public adulte, plus qu'averti, y trouvera à n'en pas douter son plaisir.

 

 

Thierry Ligot

 

_____________________________________________________________________________________

 

Série : Art Book

Titre : Passions & Frissons

Scénario - Dessins N&B : Raulo Caceres

Editeur : Tabou

Public : adulte - averti

Genre : heroïc fantasy

Parution : 1/2/2024

Page : 80

Format : 23,1 x 31,8 x 1,8 cm

ISBN : 978-2-3595-4204-2

Prix : 35 €



Publié le 19/02/2024.


Source : Bd-best


Les Griffes du Gévaudan - 1/2 - Un mythe, plus qu'une légende

Entre Jack l'Éventreur, le Yéti ou encore Nessie, voici un mystère mêlant thriller et créature mystérieuse. Plus qu'une simple légende ... un mythe toujours irrésolu !

 

30 juin 1764, la jeune Jeanne Boulet, 14 ans, bergère, est retrouvée morte par son père, atrocement mutilée. Un loup errant ?

Mais rapidement et malgré de nombreuses battues, le nombre de victimes de la Bête augmente ! Enfants, femmes, hommes, personne ne semble être à l'abri de celle que l'on surnommera bientôt la Malbête !

 

 

 

 

Et pourtant, ce ne sont pas les efforts qui manqueront pour la traquer et l'éradiquer. Paysans et habitants dans un premier temps. S'ensuivront les tentatives infructueuses de "grands". Comme ce 7 février 1765 où le capitaine Duhamel, à la tête de son régiment et des habitants, soit plus de 30.000 hommes, organisa la plus grande chasse jamais vue en France ... Pour rentrer finalement bredouille !

 

Ou encore du plus célèbre louvetier de France, Jean-Charles d'Enneval, qui accompagné de son fils, de piqueurs et de six chiens se vanta de pouvoir débusquer ce loup. Et qui finit par ravaler son orgueil face à son échec cuisant.

 

Cela va jusqu'à porter préjudice au Roi de France qui se retrouve moqué dans toute l'Europe pour être incapable de résoudre ce mystère du loup ... de la Malbête !

Mais sa réputation ne peut être entachée ! C'est le Roi, il est de droit divin !

Une prime de plus de 10.000 livres attire chasseurs, traqueurs et autres aventuriers ... Pourtant, la Malbête reste introuvable ... et continue à faire des victimes par dizaines !

La rumeur s'amplifie avec la diffusion de représentations terrifiantes de la bête !

 

 

© Runberg - Poupard - Glénat 2024

 

Agacé par la situation, Louis XV décide alors d'envoyer son Porte-Arquebuse personnel, François Antoine résoudre le problème !

Accompagné de son fils cadet, Robert-François, de 2 louvetiers, de 14 gardes-chasses et de 5 chiens, il arrive le 20 juin 1765 à Saint-Flour. On dénombre à ce moment 59 personnes atrocement tuées et une trentaine de blessées grièvement !

Acclamé par la foule, voyant en lui leur "sauveur", reçu en grande pompe par le Comte de Moncan. Parmi les autres notables venus l'accueillir, citons Etienne Lafont, Syndic du diocèse de Mende, le marquis Pierre-Charles de Morangiès et son fils, le Comte Jean-François-Charles de Morangiès ainsi que le louvetier d'Enneval, furieux de son échec et blessé dans son orgueil !

 

Très vite, lors de ses premières chasses, l'envoyé du Roi ressent la jalousie, la résistance, voire une certaine opposition de quelques-uns.

Ceci n'empêchant en rien les massacres de se poursuivre, au point de se poser d'inquiétantes questions quant à la nature exacte de la Malbête ! En effet, voilà subitement qu'elle commence à trancher certains membres de ses victimes. Têtes, bras ou autres qu'elle semble emporter avec elle ...

 

 

 

 

© Runberg - Poupard - Glénat 2024

 

J'ai découvert ce mystère étant jeune grâce à une lecture qui m'avait fort marqué à l'époque. Il s'agissait de "La Bête du Gévaudan" d'Abel Chevalley, chez "J'ai lu", collection "L'Aventure mystérieuse". Attiré par la couverture, je m'étais alors plongé avec avidité dans ce mystère ... sans réponse. Cette couverture rouge foncé avec le dessin sombre et inquiétant de la Bête, le titre ressortant en blanc ! Bref une couverture qui frappait l'imagination.

 

Comme pour la couverture de cet album ! Une Bête, mi-loup mi-iguane, aux contours flous, baignée par une brume matinale, proche d'un calvaire à moitié pourri, surplombant la vallée où se noie un village. Une composition remarquable synthétisant tous les ingrédients et l'atmosphère de ce premier tome.

Créature terrifiante, indéfinissable pour les habitants qui rapidement imaginent loup-garou, envoyé du Diable ou fléau commandité par Dieu pour tel ou tel péché, les interprétations sont nombreuses et aucune ne trouve de réponse "logique", rassurante ... D'ailleurs quel animal décapiterait, démembrerait voire déshabillerait carrément ses proies ?

La Malbête ne serait-elle pas un "peu" humaine ?

 

Que de pistes ... à éviter de creuser pour éviter la panique, la contagion et rapidement étouffer cette affaire ... pour le plus grand "bien" du Roi !

 

 

© Runberg - Poupard - Glénat 2024

 

Jean-Charles Poupard apporte au récit son style réaliste soucieux du détail tant dans les décors, paysages, costumes, ... Fidèle à son dessin comme dans les séries "Jack l'Éventreur" (tiens un autre mystère sanguinaire irrésolu !), "Orcs et Gobelins" ou encore "les Maîtres Inquisiteurs", il apporte un soin tout particulier aux visages, à leurs expressions. Émotions et sentiments s'impriment à chaque case, rendant la narration plus prenante, vivante ... mais plus sombre et dramatique également ! Un savant dosage graphique en parfaite symbiose avec ce scénario haletant.

 

Tout ce talent au service du scénario imaginé par Sylvain Runberg, très en verve en se basant sur des faits historiques réels. Une légende déjà maintes fois racontée mais qui sous sa plume, réussit encore scotcher ! Une insertion fiction - réalité dans laquelle on se laisse emporter dès les premières planches.

Le choix de la focalisation interne nous permet de rentrer à l'intérieur même de l'intrigue par le regard d'un témoin de premier ordre !

 

 

 

 

© Runberg - Poupard - Glénat 2024

 

Entre superstitions, croyances, espoirs et désespoirs d'une population qui ne sait plus que croire ou espérer. Entre chasseurs, traqueurs et nobles de la région, la "nécessité" de satisfaire le désir du Roi de voir ce mystère résolu et la vérité, la solution ne se trouverait-elle pas plutôt cachée dans les entrailles d'un château ?

C'est tout cela qui transpire au fur et à mesure des pages de ce premier tome ...

Bref, une narration rythmée, soutenant un suspense ne faisant d'augmenter par le regard du narrateur, témoin privilégié de cette chasse.

 

 

 

 

 

Un premier tome spectaculaire, haut en couleurs et surtout en hypothèses en devenir ... plus que prometteur pour la suite et fin.

 

A noter, ce dossier de quelques pages, richement illustré de dessins et croquis d'époque, qui clôture l'album ... Semant encore plus le doute, il jette sur cette fiction angoissante un regard plus "réfléchi", tout en jouant sur le trouble d'un mystère jamais résolu ... car n'oublions pas ! ceci n'est pas une légende !

 

Du grand art !!!!!

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les Griffes du Gévaudan

Tome : 1/2

Scénario : Sylvain Runberg

Dessin et couleurs : Jean-Charles Poupard

Editeur : Glénat

Public : ado - adultes

Genre : histoire - thriller - suspense

Parution : 10 janvier 2024

Page : 64

Format : 24 x 32 x 1,2 cm

ISBN : 978-2-344-03231-2

Prix : 15,5 €



Publié le 15/02/2024.


Source : Bd-best


Slurps de rire.   Les p’tits diables 35 – Danger sœur baveuse !

 

"-Tu fais pas tes devoirs, microbe.

-Non, j'en ai trop et c'est trop dur.

-Bon, allez, viens, je vais t'aider avant que maman te gronde.

-Ah oui ? Et contre quoi ?

-Rien."

 

 

 

 

 


Quand Nina propose à son frère Tom de l'aider à faire ses devoirs pour qu'il ne se fasse pas gronder par sa mère, il y a quelque chose de louche. Tom n'est pas dupe. Il n'est pas près de se faire avoir. Il va les faire tout seul, ses devoirs, tiens ! Ha, si ! Tom est une nouvelle fois dupé. C'était une girly stratégie pour faire bosser le gamin. Nina a réussi son coup. Plus qu'à récupérer le salaire du forfait auprès de maman qui ne trouvait aucun moyen pour faire travailler son fils. Et pour que Tom prenne sa douche, Nina, ce génie, va développer un plan similaire, en faisant croire à son frère que l'eau avec laquelle on se lave est issue de cerveaux fondus et permet ainsi de récupérer son intelligence. A ce rythme-là, maman risque d'être rapidement ruinée.

 © Dutto, Bekaert – Soleil

Ils ont faim. Ils ont soif. Ils sont fatigués. Ils ont mal. Ils s'ennuient. Ils en ont marre. Ils ne laissent jamais leur père tranquille cinq minutes. Faut toujours qu'il râle celui-là ! C'est pas un bon exemple pour ses enfants. Faut dire qu'il y a de quoi craquer. Paradoxalement, quand la maison est trop calme, les parents ont le cafard. C'est qu'ils seraient capables d'asticoter leurs enfants pour remettre de l'ambiance dans la maison. Non ? C'est sûr que si un jour il y avait un traité de paix dans la fratrie, il faudrait au moins garder les guilis et les fléchettes.

 © Dutto, Bekaert – Soleil

Comme l'indique le titre, la bave est au cœur du sujet de ce trente-cinquième album. Dans un tuto santé, Nina explique les bienfaits des agrumes qui, en les mastiquant lentement, irritent les zones latérales de la langue, ce qui fait saliver abondamment, et grâce à quoi on peut faire les bisous les plus baveux du monde, au grand dam de Tom. Il va devoir sortir son arme fatale pour la contre-attaque : la chaussette la plus puante du monde. Gare à l'auto-atomisation. Grâce à une page shopping, le lecteur pourra acheter de la bave de sœur. 100 % bio, 100 % naturel, 100 % efficace, 1 litre acheté, c'est 1 mois de tranquillité et 1 litre supplémentaire est offert. Ça hydrate la peau et chasse les frères. Génial ! A part ça, on apprendra entre autres d'où viennent les pizzas, comment seront Tom et Nina vieux et que dans le futur il n'y aura peut-être plus de frères.

 © Dutto, Bekaert – Soleil

Si les vrais diables sont comme ceux-ci, ça donnerait presque envie d'aller faire un petit tour en enfer. Olivier Dutto et son complice Benoît Bekaert le font pour nous et c'est tant mieux. Toujours aussi drôle.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Les p’tits diables

Tome : 35 – Danger sœur baveuse !

Genre : Humour fraternel

Scénario & Dessins : Olivier Dutto

Couleurs : Benoît Bekaert

Éditeur : Soleil

ISBN : 9782302095311

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €


 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


Nous sommes ce dont on hérite.   Visages - Ceux que nous sommes 4 – Soleil Cou Coupé

 

"-Sheila, ça te tente une promenade ? Tu n'es pas trop fatiguée ?

-Volontiers, Papa ! Je ne me lasse pas du paysage ! Quand j'étais sur le front, je ne réalisais pas à quel point mon homeland me manquait… Maman va chaque jour un peu mieux.

-Notre Maureen est si heureuse que tu attendes un enfant. Elle s'accroche à ça. Puisque ce Georg va épouser ma fille, ce serait bien qu'il épouse notre cause.

-Ce sera son choix.

-Dire que c'est le fils de Louis !"

 

 

 

 

 


                1943, à Berlin, Georg apprend que sa mère Lieselotte est à Dachau. Enquêtant sur les camps de la mort, elle s'y est trouvée prisonnière. 1944, à Paris, Louis, directeur de cabaret, tente d'extirper son amour de ce mauvais pas. Quant à Sheila, l'amour de Georg, enceinte, elle vient de regagner l'Irlande en urgence. Sa mère est malade. Transférée à Mauthausen, Lieselotte retrouve l'ignoble docteur Mühle, auprès duquel elle a travaillé lors de la guerre de 14 et qui pratique des expériences chirurgicales sur de pauvres victimes déportées. Alors qu'en Irlande, la résistance de l'IRA contre les "brits" s'organise, sur le continent, les nazis voient arriver les premiers véhicules américains. Louis, Lieselotte, Georg et Sheila se retrouveront-ils tous ensemble ? Leurs destins se lieront-ils à nouveau ?

 

© Ponsard-Gutknecht, Beausang-O'Griafa, Morinière - Glénat

 

                Mais quelle claque ! Ce quatrième et ultime tome de Visages Ceux que nous sommes montre à ceux qui en doutaient encore que cette série porte un message qui ne peut qu'inviter à la réflexion. Elle montre que la vie est un fléau, fléau dans le sens tragédie à cause des guerres comme celles qui ont fait du XXème siècle une époque tout aussi barbare qu'un Moyen-Âge sauvage, et fléau dans le sens aiguille d'une balance, la balance de la vie sur laquelle chacun est en équilibre et doit faire des choix pour la faire pencher d'un côté ou de l'autre. La question philosophique soulevée par la série est la suivante : Dans quelle mesure peut-on soi-même choisir le côté duquel mettre le poids dans la balance de sa vie, et par ricochet dans celle du monde ? Et si l'on va plus loin : L'Histoire, avec majuscule, nous emprisonne-t-elle dans notre histoire personnelle ? Dans un final poignant à arracher des larmes à la fois d'émotion, de fatalité et d'espoir, les auteurs apportent une réponse. Visages est le genre d'histoires grâce auxquelles on n'est plus vraiment le même après l'avoir lue.

 

© Ponsard-Gutknecht, Beausang-O'Griafa, Morinière - Glénat

 

Ce dernier tome fait référence au dernier vers du poème Zone de Guillaume Appolinaire : Soleil cou coupé, expression qui sera popularisée par Aimé Césaire. «Soleil cou coupé» est une exclamation elliptique qui sonne le glas du monde nouveau, décapité et d'avance perdu. Alors, avance-t-on inéluctablement vers une fin dramatique ? Qui lira saura. La cité de l'immigration, au Palais de la Porte Dorée, était autrefois le Musée des arts africains et océaniens. C'était le Musée préféré de nombreux artistes peintres et écrivains comme Picasso ou Appolinaire. C'est la fin d'un monde, mais pas forcément dénuée d'espoir parce que ça peut être également un renouveau. Ecrits en 1913, les 155 vers de Zone résonnent comme une métaphore de la saga Visages, de son début – "À la fin tu es las de ce monde ancien Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine" – à sa conclusion – "Tu es seul Le matin va venir Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues La nuit s’éloigne ainsi qu’une belle Métive C’est Ferdine la fausse ou Léa l’attentive Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie Tu marches vers Auteuil Tu veux aller chez toi à pied Dormir parmi tes fétiches d’Océanie et de Guinée Ils sont des Christ d’une autre forme et d’une autre croyance Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances Adieu Adieu Soleil cou coupé". Relue à la lumière du soleil qui éclaire le monde et d'Appolinaire qui en dégage l'essence, Visages Ceux que nous sommes prend tout son sens.

 

© Ponsard-Gutknecht, Beausang-O'Griafa, Morinière - Glénat

 

Inutile de revenir sur le talent des auteurs. La série aura permis de révéler les véritables "visages" du dessinateur Aurélien Morinière, définitivement entré dans la cour des grands dessinateurs réalistes, et du duo de scénaristes Nathalie Ponsard-Gutknecht et Miceal Beausang-O'Griafa qui ont ici démontré toute la puissance que la bande dessinée peut apporter à l'Histoire. Une série d'entretiens avec les auteurs est disponible sur la chaîne YouTube Boulevard BD. Histoire de guerres, histoire des arts, mais avant tout histoire de personnes, avec un type de narration inédit, osé et efficace, Visages – Ceux que nous sommes se clôt avec maestria. Sublime.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Visages - Ceux que nous sommes

Tome : 4 – Soleil cou coupé

Genre : Histoire

Scénario : Nathalie Ponsard-Gutknecht & Miceal Beausang-O'Griafa

Dessins & Couleurs : Aurélien Morinière 

Éditeur : Glénat

ISBN : 9782344032909

Nombre de pages : 64

Prix : 15,50 €

 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


Les contes existent encore.   Uluru Une odyssée australe

 

"-Comment vont-ils ?

-Ils dorment encore. Ils vont bien. Je crois qu'ils ont eu très peur… Qu'allons-nous devenir ?

-Reposons-nous pour le moment. Dans quelques jours, nous…

-Vous venez d'arriver ? Soyez les bienvenus. Enfin, si vous venez en paix…"

 

 

 

 

 


                Décembre 1876, Océan Indien, au large du Sud-Ouest de l'Australie, une tempête fait rage. Le rafiot sur lequel se trouve la famille du jeune Harry risque de ne pas résister. Harry place ses deux chiens et leurs deux petits dans un tonneau. Les côtes ne sont pas loin. Ils auront peut-être une chance de s'en sortir. Il a raison. Les animaux seront sauvés. Leur embarcation va s'échouer sur des terres où ils vont faire des rencontres plus hallucinantes, dans tous les sens du terme, les unes que les autres. Ces chiens, ce sont Ardent et Précieuse. Leurs petits s'appellent Câline et Eclair. Ce qu'ils vont vivre va les marquer à tout jamais. Leur but : retrouver leurs maîtres. Le temps et l'espace le leur permettront-ils ?

© Crisse, Paty - Soleil

                Avant tout, c'est toute une faune locale que vont rencontrer les canidés. Ils sont accueillis, pour ne pas dire recueillis, par un gwaga, race de minuscule kangourou. Lui et ses amis sont tout autant intrigués par les chiens que ces derniers ne le sont par eux, se déplaçant par bonds. Un goanna, drôle de gros lézard à langue bleue, vient leur dire bonjour. Pour l'instant, l'urgence n'est pas de s'amuser mais de trouver un moyen de quitter cette petite île pour regagner le continent. Ils vont y arriver. Les rencontres vont se poursuivre, émouvantes comme avec des tortues, dangereuses avec des dingos les entraînant dans un traquenard, avant qu'un aigle ne capture Câline. C'est là que l'aventure va les entraîner au cœur des légendes aborigènes.

© Crisse, Paty - Soleil

                Après Le pré derrière l'église, Didier Crisse et Christian Paty se plongent au cœur de la magie aborigène. Crisse s'affirme en conteur étonnant, alliant la malice du Rudyard Kipling des Histoires comme ça, avec la poésie d'un Marcel Aymé des Contes du chat perché, tout en apportant une grosse louche de modernité dans la narration. Les plus perspicaces décèleront une allusion du scénariste à l'une de ses séries mythiques. Le voyage est immersif. Les pages de garde montrent les endroits du pays où se déroulent les scènes principales. Sous les pinceaux de Paty, l'Australie dévoile ses décors et ses animaux, dont ceux cités ci-dessus ne sont que quelques exemples parmi tous ceux que l'on peut voir dans cet album. La cérémonie aborigène brouillant les frontières entre rêve et réalité est un grand moment de bande dessinée. Paty est l'un des meilleurs dessinateurs et coloristes du moment. Il serait temps que cela se sache.

© Crisse, Paty - Soleil

                Uluru, cette odyssée australe, démontre la haute qualité que peut avoir la bande dessinée tous publics. Il paraîtrait qu'après des chiens Crisse nous entraîne ailleurs avec des chats. Mais ça, c'est déjà une autre histoire…

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Uluru Une odyssée australe

Genre : Conte

Scénario : Didier Crisse

Dessins & Couleurs : Christian Paty

Éditeur : Soleil

ISBN : 9782302099586

Nombre de pages : 64

Prix : 15,95 €

 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


Expériences interdites.   Poltron Minet 2 – Le protocole Seth

 

"-Ben ça ! R'gad'z-y qu'il est tout habillé çui-là.

-Ben ça…

-Qu'est-ce j'y fais, j'y tire ?

-Attends, tu t'souviens quand l'Dédé avait raconté qu'il était tombé sur des bestioles tout habillées ? Il a dit qu'au labo y z'y avait donné un beau pactole.

-Combien ?

-Assez pour payer la première traite de son pick-up." 

 

 

 

 

 


                Alors que des chasseurs viennent de trouver en forêt un lapin tout habillé, voici qu'un chat lui aussi vêtu vient s'interposer. Ce chat, c'est Poltron Minet, celui qui recherche sa petite maîtresse Romane, rentrée de vacances sans lui parce que la famille ne l'avait pas retrouvé au moment du départ. Le lapin, c'est Hardi. Pas question pour les tueurs de tirer dessus. Le laboratoire en donnerait un bon prix. Les deux bestioles sont capturées. Féroce, la renarde, va tenter de retrouver leurs traces pour essayer de les tirer de ce bien mauvais pas.

© Mayen, Madd - Dupuis

                Après un premier tome présentant un univers original entre Billy-the-cat et Balade au bout du monde, Poltron Minet passe un cran dans le domaine de la triste et réelle cruauté. Ça commence simplement, avec des animaux, en pleine forêt, que nos amis tentent d'alerter pour qu'ils fuient les chasseurs. Ce sont eux, lanceurs d'alertes, qui vont se faire prendre et découvrir un lieu dans lequel il valait mieux ne jamais poser la patte. Hardi et Poltron se retrouvent en laboratoire, avec des camarades qui sont là depuis un moment, certains touchés par la folie, sous le regard observateur d'humains visant à les utiliser comme cobayes dans un protocole scientifique sur des expériences cérébrales. Parallèlement, on en apprend plus en même temps que Féroce sur le royaume animal. Son propre père a fait un coup d'état pour prendre le pouvoir.

© Mayen, Madd - Dupuis

                Le sujet est plus profond que la "simple" expérimentation animale. Comme le faisait Macherot dans Chlorophylle et dans Sybilline, le monde animal n'est qu'un prétexte pour parler des travers de l'âme humaine. Le scénario de Mayen traite en profondeur de l'asservissement de populations par d'autres. Les guerres actuelles le démontrent. Il y a encore des peuples qui tentent de se "bouffer" les uns les autres, que l'on soit au Proche-Orient ou dans les balkans. Mayen politise le propos, à la manière d'une Ferme des animaux. Mayen philosophe. Qu'est-ce qu'une société utopique ? Existe-t-elle seulement ? Le cannibalisme moral est-il un passage obligé dans le contrôle de peuples ? En mêlant humains et animaux dans le propos, la série donne envie de devenir végétarien. Le dessin tout en aquarelle de Madd permet de supporter la rudesse du scénario. Que le premier feuilletage ne trompe pas les parents. La série n'est pas faite pour les plus petits.

© Mayen, Madd - Dupuis

                On n'avait pas lu de récit animalier avec un message si fort depuis bien longtemps. Intelligente dans sa mise en scène, esthétique dans sa mise en forme, Poltron Minet est une nouvelle vision de bande dessinée engagée.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Poltron Minet

Tome : 2 – Le protocole Seth

Genre : Aventure animalière

Scénario : Cédric Mayen

Dessins & Couleurs : Madd

Éditeur : Dupuis

ISBN : 9791034759392

Nombre de pages : 56

Prix : 14,50 €


 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


Soudan soudain l'espoir.   L'Ĺ“il du Marabout

 

"-J'espère que ce sera une petite sœur pour jouer à la poupée avec elle…

-Hi ! Hi ! Tatie s'est bien occupée de toi, tu as grandi. Tu es une bien jolie petite fille… Tu vas être bien ici… Moi, je ne peux pas trop bouger ces jours-ci, mais Georges prendra bien soin de toi. Viens, ton frère va te faire visiter le camp."

 

 

 

 

 


                Soudan, années 2010, des réfugiés débarquent à Bentiu, un campement surveillé par des Casques Bleus de l'ONU. L'Unicef veille sur eux. Parmi ces rescapés de la guerre civile, il y a la famille de Georges et Nialony. Suite à une maladie, leur père ne voit plus que d'un œil. Leur mère est enceinte. Georges est un jeune adulte ou un grand adolescent alors que sa sœur n'est encore qu'une enfant. Aujourd'hui, Georges fait découvrir le camp à sa sœur et à sa poupée. L'endroit est grand, constitué non pas de quartiers mais de "blocks" où les riches et les pauvres vivent ensemble, dans la "même merde". Il y a un endroit, où tous les jours les familles viennent remplir leurs bidons. Un mur d'enceinte surveillé les protège des dangers extérieurs, et notamment des rebelles qui cherchent à enrôler les jeunes dans leurs troupes.

© Pendanx - Daniel Maghen

                En 2016, Jean-Denis Pendanx accompagne l'Unicef au Soudan pour réaliser une fresque sur un mur du camp de Bentiu. Il est intervenu auprès de jeunes et d'enfants qui lui ont raconté leurs conditions de vie. Georges et Nialony étaient de ceux-là, même s'ils ne sont devenus frère et sœur que pour l'intérêt de la fiction. Par leur biais, Pendanx présente les lieux et la problématique de la situation. Attention, le livre n'est pas un simple reportage. Il y a une histoire émouvante, des destins en question. Là où le récit prend une toute autre dimension, c'est lorsque Nialony rencontre le marabout, non pas un vieil homme ou sorcier raconteur de légendes, mais un "vrai" marabout, un oiseau. Un virage onirique et philosophique se prend alors. Les deux personnages se parlent comme le feraient deux humains. Le marabout symbolise à la fois l'âme du pays et la capacité de résilience de la petite fille. Tous les deux assistent impuissants à la folie meurtrière des hommes. Accrochée à son doudou, Nialony a la force de l'enfance en elle.

© Pendanx - Daniel Maghen

                En postface, un cahier graphique et documentaire met des photos et des dessins pris sur le vif qui raccrochent et rappellent à la réalité. Le vrai Georges tient un dessin qu'il a réalisé en atelier avec Jean-Denis Pendanx. Page suivante, les yeux de la véritable Nialony transpercent le papier pour frapper le cœur du lecteur. "Tout ce que j'ai lu, c'était donc vrai ?" Plus question à présent d'en douter. Perrine Corcuff, membre de l'Unicef, rédige les textes accompagnant les photos, permettant de mieux comprendre la situation et le quotidien des réfugiés, familles parfois séparées qui se retrouvent grâce au travail des bénévoles des associations humanitaires, comme c'est le cas pour Nialony dans le début de l'histoire mise en scène par Pendanx.

Pour vouloir la belle musique
Soudan mon Soudan
Pour un air démocratique
On t'casse les dents
Pour vouloir le monde parlé
Soudan mon Soudan
Celui d'la parole échangée
On t'casse les dents

Oh oh oh et je rêve
Que Soudan mon pays soudain se soulève
Oh oh
Rêver c'est déjà ça, c'est déjà ça

© Pendanx - Daniel Maghen

                La chanson C'est déjà ça d'Alain Souchon résonne dans les pages de ce magnifique album. L'œil du marabout regarde un monde qui ne tourne pas rond. Il est des auteurs comme Jean-Denis Pendanx qui sont là pour rappeler qu'il y a un monde au-delà de nos frontières dites civilisées et que l'on a de quoi se sentir concerné. Quand en plus, graphiquement, c'est maîtrisé et immersif, il n'y a pas de quoi se priver de cet album pour lequel chaque exemplaire vendu est un don de 0,80 € à Unicef France.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : L'œil du Marabout

Genre : Emotion réaliste

Scénario, Dessins & Couleurs : Jean-Denis Pendanx

Dossier complémentaire : Perrine Corcuff

Éditeur : Daniel Maghen

ISBN : 9782356741530

Nombre de pages : 160

Prix : 26 €

 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


Sportifs, beaufs, Duduche & Compagnie.   Cabu Vive le sport !

 

"-Mon premier fils est un basketteur prodige acheté par Nike… Mon deuxième fils, je l'ai vendu à Reebok… Ma troisième, surdouée du tennis, vendue à Adidas… Ma quatrième, une lolita virtuose du golf, sponsorisée par Coca-Cola… Mais attention, je ne suis pas un négrier : jamais ils ne joueront avec des balles et des ballons fabriqués par des enfants du tiers-monde !"

 

 

 

 

 


                "Dessiner les sportifs, c'était le seul sport de Cabu. Et quel sport !" Ainsi commence la préface de Véronique Cabut, épouse de l'auteur disparu. Quatre-cent-trente dessins décapants sont réunis dans cet ouvrage. Dopage, triche, supporters insupportables, tous les sports en prennent pour leur grade. Et le pire, c'est qu'avec son sourire, on lui excuse tout à Cabu. Côté sport, il a entre autres dessiné pour L'Equipe Magazine de 1982 à 1986. Le livre s'ouvre avec une photo de l'auteur, un feutre et un ballon de foot en mains, sur lequel il a dessiné un militaire scandant : Le foot, c'est la guerre !

© Cabu – Michel Lafon

                On commence avec un abécédaire : Petits joueurs de A à Z. On a A comme Arbitre, soit aux chiottes, soit dans un plumard avec nanas et champagne parce qu'il est acheté. C comme Corrida démontre que cette barbarie est porno : une corne dans le derrière, ou la "queue" et les oreilles du torero découpés. F comme foot, c'est l'opium du peuple pour les politicards, et l'activité qui fait marcher l'hémisphère droit du cerveau, celui qui ne marche jamais à l'école, pour le professeur Henri Laborit. J comme JO fait place à un Cabu visionnaire avec des dessins qui sont encore au goût du jour pour Paris 2024. "Salauds de grévistes qui vont nous priver des J.O." L'enchaînement est parfait avec P comme Pain et jeux : Cannes, les riches regardent les pauvres, Mondial, les pauvres regardent les riches.

© Cabu – Michel Lafon

                Dans la deuxième partie du livre, "Dispensé de gym", Bernard Fournier, ami du dessinateur, raconte l'étonnante carrière sportive de Cabu. On ne peut pas dire que son prof de sport au lycée de Châlons-sur-Marne dans les années 50 lui ait laissé un bon souvenir, pas plus que les matchs de foot entre copains à la récré. Plus tard, il participera à des canulars lors d'une course à pieds et d'un rallye automobile. Lorsqu'on lui demandera dans les années 80 de dessiner pour un hebdomadaire sportif, il sera le premier surpris et finira par accepter.

                Nouvel abécédaire pour continuer, avec celui des têtes de vainqueurs. A comme Armstrong : le multiple vainqueur avant destitution du Tour de France lit avec circonspection "Le tour de France de deux enfants" – "Pas possible… Ils étaient dopés !" D comme Drut : Chirac sur le dos, le ministre-sportif est amnistié pour services rendus à la nation. D encore comme Duduche : contre toute attente, le lycéen recevra le baiser de la fille du proviseur à l'arrivée du cross auquel il ne souhaitait pas participer. V comme Virenque : le cycliste perclus de seringues grimpe en danseuse avec une force de taureau, sous les vivas de la foule même quand il n'est pas là – "Virenque, même absent, t'es le meilleur !" "Chirac, c'est pareil !".

© Cabu – Michel Lafon

                On termine par un quiz permettant de savoir si on a bien tout retenu, avec une petite récompense motivante. Si vous avez tout bon, le Grand Duduche vous signe une dispense de gym. Si vous avez tout faux, aussi.

                Si vous vous attendiez à un livre sur l'éloge du sport, ce n'est pas celui-ci qu'il fallait ouvrir. Il va pourtant vous en faire faire du sport, le sport des zygomatiques, tout autant au détriment des sportifs que de ceux qui les regardent. C'est avec des bouquins comme ça que l'on se rend compte à quel point Cabu nous manque.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Cabu Vive le sport !

Genre : Dictionnaire des champions toutes catégories

Textes & Dessins : Cabu

Éditeur : Michel Lafon

ISBN : 9782749955452

Nombre de pages : 192

Prix : 24,95 €

 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


James Bondette de tous les jours.   L'espionne 3 – L'espionne en mission spéciale

 

"-Maman ! Regarde ! Emanuel m'a invitée à sa fête d'Halloween !

-C'est très joli, Romarine… Mais tu ne peux pas y aller.

-Hein ? Mais si ! J'ai promis…

-Je suis désolée, mais moi aussi, j'ai promis à tata Annick que nous irions à La Guernouille, comme tous les ans, pour la Toussaint."

 

 

 

 

 


                L'invitation est trop belle. Emmanuel est nul en orthographe, mais super fort en dessin. Il invite Romarine à sa fête d'Halloween, sauf que sa mère a prévu autre chose pour ce jour-là : aller voir sa sœur à la campagne dans leur maison d'enfance qui pue le moisi (la maison, pas tatie). Romarine va devoir s'y résoudre. En plus, il y aura sa cousine Tiphaine, celle qui veut toujours commander et qui fait sa crâneuse. Sa mère lui conseille d'inventer des jeux d'espionnage. Comme ça, c'est elle qui décidera. La cousine se prendra-t-elle au jeu ? "L'espionne frissonne" est la première des trois histoires qui composent ce troisième recueil de L'espionne.

© Ceulemans, Murail – BD Kids

                Dans "L'espionne sauve la planète", notre Sherlock Holmes en herbe part en sortie scolaire. Vendredi, le monsieur de Sauvons la planète est venu dans sa classe de CM1. Or, il se trouve que Romarine, ça l'intéresse de sauver la planète, parce que quand elle sera grande, elle sera espionne, et que les espions, ça sauve souvent la planète. Pour l'instant, Romarine va se contenter de sauvetage mode écolo en allant avec ses camarades de classe nettoyer une plage. Sa boussole (en vérité, celle de sa sœur), ses lunettes de soleil et son compteur Geiger vont-ils lui servir ? "L'espionne est occupée", pour terminer l'album. La maîtresse lit à la classe l'histoire Papa est un héros. C'est l'occasion pour elle de parler à ses élèves de l'Histoire avec un grand H, et notamment de résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Romarine et ses copains vont se prendre au jeu et se mettre dans la peau de ces héros de 39-45 pendant leurs loisirs. D'ailleurs, à la maison, notre espionne favorite trouve que son père a un comportement étrange. Serait-il dans une bande organisée ?

© Ceulemans, Murail – BD Kids

                Eglantine Ceulemans adapte les romans de Marie-Aude Murail, gage de qualité dans la littérature jeunesse. Romarine est une espionne en herbe et se rêve dans cette fonction. Elle a fondé un club à l'école et chaque activité de sa vie est l'occasion pour elle de mettre en scène ses talents. Son imagination est débordante. Les autrices mettent en évidence des valeurs de vie : l'entraide, l'écologie, l'empathie. Même si elle a son petit caractère, l'héroïne finit toujours par se diriger vers une solution rassembleuse.

© Ceulemans, Murail – BD Kids

                Il n'y a pas que l'encre qu'elle utilise pour écrire ses messages qui est sympathique, il y a aussi Romarine, héroïne du quotidien dans l'air du temps.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : L'espionne

Tome : 3 – L'espionne en mission spéciale

Genre : Club scolaire

Scénario, Dessins & couleurs : Eglantine Ceulemans

D’après : Marie-Aude Murail

Éditeur : BD Kids

ISBN : 9791036353178

Nombre de pages : 64

Prix : 10,50 €

 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


Enquête au pays du soleil levant.   Tokyo Mystery Café 1 - La disparue d’Akiba

 

"-Que voulez-vous ?

-Ah, bonjour ! Je … Je suis votre plus grand fan ! J’ai lu tous vos mangas. Je rêve de travailler pour vous !

-Je ne suis pas Monsieur Komatsu. Je suis son éditeur.

-A… Ah bon ?

-Vous aviez rendez-vous ?

-Pas vraiment, mais… Je suis venu de France exprès. Je peux au moins lui montrer mes dessins ?"

 

 

 

 

 


Français fraîchement débarqué à Tokyo dans l’espoir de devenir mangaka, Nahel s’installe dans un minuscule appartement d’Akihabara. Il se débrouille en japonais. Mirai, le propriétaire, pas de première jeunesse, tient une petite boutique d’électronique au rez-de-chaussée. Le quartier dans lequel Nahel a choisi d’habiter est le royaume des otakus, les passionnés d’informatique, d’anime, de mangas, de pop culture, les geeks locaux en résumé. Il espère intégrer un atelier d’un dessinateur. Dès la première nuit, Nahel entend des sons venir d’une pièce voisine. Quelqu’un chante. Par un petit trou dans le mur, il aperçoit une fille sur un fauteuil roulant. Mirai lui avait pourtant dit qu’il était le seul locataire. Le lendemain, fier de montrer ses dessins, Nahel tente son premier rendez-vous. Il essuiera une fin de non recevoir par l’éditeur de Monsieur Komatsu, un auteur qu’il vénère.

© Atelier Sentô - Dupuis

De retour chez lui, Nahel entend une voix appeler son grand-père. C’est certainement la personne qu’il a aperçu dans la nuit. Mirai nie toute présence. Tard le soir, l’apprenti mangaka va retrouver le vieil électronicien agonisant. La fille a disparu, le fauteuil roulant est vide. Alors que des hommes en noir tentent de l’attraper, il s’enfuit par la fenêtre, guidé par Soba, une gamine collégienne qui l’amène se réfugier dans un restaurant : le Tokyo Mystery Café, dont le gérant est aussi un détective privé. Il va pouvoir aider Nahel à chercher la disparue et à découvrir à quoi sert la clef que lui a remis Mirai avant de mourir.

© Atelier Sentô - Dupuis

L’atelier Sentô est un duo d’auteurs passionnés du Japon. Cécile et Olivier l’explorent en bandes dessinées, en illustrations et également dans les jeux vidéos. Le Tokyo Mystery Café est un lieu intriguant, à la fois restaurant et agence de détective privé. Vieux bâtiment en bois au milieu d’un quartier moderne, c’est un peu comme la maison de Monsieur Fredericksen dans le dessin animé Là-haut, un dernier havre d’authenticité.  Pour leur récit, les auteurs ont passé deux mois à Tokyo il y a deux ans. Ils ont rencontré des mangakas et visité la rédaction du mythique Shonen Jump. Nahel, Soba et le patron-détective vont former un trio original dans un pays où la culture est si éloignée de la nôtre qu’elle en est aussi un mystère. On va découvrir non pas le Tokyo des touristes, mais la vraie ville, celle cachée en dessous, celle des tokyoïtes. Un mot sur la délicate mise en couleur : une ambiance bleutée aux reflets aquarellés. Ça fait partie du voyage.

© Atelier Sentô - Dupuis

Tokyo Mystery Café offre un décor inédit au polar à la narration européenne. L’atelier Sentô ne renouvelle pas le genre mais en créé un nouveau, à la frontière de deux cultures.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Tokyo Mystery Café

Tome : 1 - La disparue d’Akiba

Genre : Polar

Scénario, Dessins & Couleurs : Atelier Sentô

Éditeur : Dupuis

ISBN : 9782808504171

Nombre de pages : 80

Prix : 16,50 €

 



Publié le 14/02/2024.


Source : Boulevard BD


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