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2019 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best.

 

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 300 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Choisir, c’est renoncer. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

 

 


Comment une jeune fille de 15 ans a modifié l’Histoire de l’Amérique.

Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin

 

            Claudette Colvin a 15 ans. Comme tous les jours, elle a pris le bus pour rentrer chez elle. Il s’est rapidement rempli. Une femme blanche lui a demandé de lui céder son siège. Claudette a refusé. Le chauffeur est alors descendu pour interpeller deux policiers. Ils ont frappé l’adolescente et l’ont évacuée du bus. C’est comme cela que Claudette Colvin s’est retrouvée quelques jours plus tard devant une cour de justice de l’Alabama. Elle plaide non coupable et entame ainsi un combat national aux côtés de Rosa Parks, Jo Ann Gibson Robinson et Martin Luther King.

De sa naissance à l’abolition de la ségrégation, on suivra les pas de Claudette Colvin, encore vivante aujourd’hui, et l’on apprendra pourquoi son nom a quasiment disparu des tablettes.

            Alors que tout le monde connaît l’histoire de Rosa Parks, celle de Claudette Colvin est beaucoup plus méconnue. Cette biographie dessinée les fait se croiser et démontre le rôle primordial de la seconde dans l’évolution du changement des mentalités dans une Amérique raciste.

            A l’heure où les montées de partis politiques extrémistes progressent comme des armées de démons, la vie de Claudette Colvin donne un coup de pied dans la fourmilière. Ce livre témoignage montre d’où l’on est parti, du gouffre qu’on dû franchir les comportements pour devenir tout simplement « civilisés ». Il invite à ne pas revenir en arrière, avec quelque communauté que ce soit.

            Le graphisme d’Emilie Plateau est fin, délicat, minutieux, sensible. Son album n’est pas une bande dessinée classique. Il n’y a justement pas de bandes. Il n’y a pas de cases. Il y a, certes, plusieurs dessins par page. Ils sont effectués dans un minimalisme efficace. Sur fond blanc, une fois le lieu installé, les personnages réagissent dans des situations dépouillées de tout le superflu. Quelques scènes sur fond noir rappellent le désarroi de Claudette dans un monde xénophobe où l’on veut la faire passer du rôle de victime à celui de coupable.

            Le trait d’Emilie Plateau, c’est quelques lignes de finesse dans un monde de brutes. L’autrice est admirative du travail de Claire Brétécher. On y retrouve le désir d’aller directement et uniquement à l’essentiel. Pour synthétiser, si on effectue un grand écart, le style graphique de Noire, c’est un peu Agrippine à Persépolis.

            Noire est l’adaptation du roman éponyme de Tania de Montaigne. Emilie Plateau se l’approprie pour le transformer en biographie dessinée dans un style inédit, efficace et percutant. Indispensable.

 

 

One shot : Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin 

Genre : Biographie

Scénario, Dessins & Couleurs : Emilie Plateau

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 136

Prix : 18 €

ISBN : 9782205079258

 

 

 

 

 

Une série qui redéfinit la notion de super-héros. 

Irena 4 - Je suis fier de toi

 

            Varsovie, février 1944. Après son évasion, Irena a trouvé refuge chez sa mère. Aujourd’hui, après trois mois d’enfermement, la résistante a hâte de reprendre les affaires. Mais dans la clandestinité, ça va être encore plus compliqué. Le fidèle Antoni est toujours là pour lui donner un coup de main. Ensemble, ils ravitaillent les juifs cachés dans les endroits les plus improbables comme le zoo de Varsovie ou les sous-sols des bars. Irena croisera d’autres héros comme le jeune Martin, qu’elle soigne dans un hôpital de fortune, et qui a bravé tous les dangers, pris tous les risques pour vivre et survivre en se lançant dans un trafic de marché noir pour faire rentrer de la nourriture dans le ghetto.

            Parallèlement, en 1983, Irena raconte sa vie au mémorial de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem, dans l’allée des Justes.

 David Evrad varie les découpages comme jamais. On y trouve un dessin de Varsovie bombardée sur une double page, incrusté de plans rapprochés. Il y a deux planches se faisant face dont l’une est composée uniquement de cases horizontales et l’autre de cases verticales. Leur écho est puissant. On profite même d’images pleines pages. Le tout est mis en scène dans le graphisme rond et enfantin de David Evrard qui, contre toute attente depuis le début de l’aventure, a décuplé l’impact émotionnel d’un scénario comme celui-ci.

 Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël nous immergent dans la Pologne de 1944, au plus près d’Irena, de son courage, de ses craintes, de ses peurs, de ses doutes. Irena est altruiste et philanthrope. Dans cet épisode, les scénaristes creusent un peu plus ses sentiments. Irena y parle pour la première fois de la dépression, de la culpabilité de survivre jusqu’à l’acceptation d’avoir survécu.

 La série redéfinit la notion de super-héros. Ce n’est pas avec des super-pouvoirs que l’on sauve le monde, mais avec une âme.

 « Je suis fier de toi. » murmure le fantôme du père à sa fille Irena. « Nous sommes fiers de vous. » pouvons nous murmurer aux auteurs de cette indispensable biographie dessinée à ranger à côté du Maus d’Art Spiegelman.

 

Série : Irena

Tome : 4 - Je suis fier de toi

Genre : Drame historique 

Scénario : Morvan & Tréfouël 

Dessins : Evrard 

Couleurs : Walter 

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72 

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344031117

 

 

 

 

 

 

Le dernier western. 

Hollywood Menteur

 

            Mapes Hotel, juillet 1960. Arthur Miller et Marylin Monroe viennent d’arriver à Reno. Le tournage des Misfits, les « paumés », traduit en France par Les désaxés, va débuter. Miller en a signé le scénario, Marilyn en est la star. Ils ne se doutent pas encore que le projet va se transformer en chant du cygne d’un âge d’or. Avec des acteurs encore plus torturés que les personnages qu’ils jouent, la réalisation du film va s’avérer complexe. Le metteur en scène John Huston devra jongler avec les états d’âme de chacun. Il apprendra que les chevaux s’apprivoisent plus facilement que les acteurs. Entre une Marilyn Monroe dépressive, un Clark Gable alcoolique et un Montgomery Clift ayant dû mal à faire accepter son homosexualité, The Misfits rentrera à peine dans ses frais et mettra des années à devenir le film culte qu’il est aujourd’hui.

            Clark Gable mourra quelques jours après la fin du tournage. Marilyn Monroe n’achèvera pas son film suivant. Montgomery Clift quittera quelques années plus tard Hollywood pour New-York à cause du regard de l’industrie cinématographique sur ses penchants. Seul Eli Wallach tirera son épingle du jeu, avec à la clef une belle carrière couronnée par un Oscar d’honneur en 2011 et par son rôle du truand dans Le bon, la brute et le truand.

            Luz semble enfin sorti du drame Charlie Hebdo pour retrouver son statut d’auteur « libre », si tant est que cela soit possible. Toujours est-il qu’on le sent immergé dans cette histoire de l’histoire d’un film. Projet à la base prépublié dans Les Cahiers du Cinéma, Luz a lié les séquences pour en faire un récit fluide.

            Hollywood Menteur fait figure de tragédie antique. Il y a du Racine dans ce drame. Mais Luz n’oublie pas qu’il est humoriste. Paula Strasberg, la dame de compagnie et coach de Marilyn, est finalement la meilleure actrice parmi les stars de l’époque. Elle apporte un comique réaliste et crédible, assénant des vérités et des sentences aussi courtes que transparentes. Elle est finalement la seule à dire la vérité, à être la vérité.

            Luz fait des yeux de Marilyn le miroir intime d’une femme perdue, comme si elle était déjà morte. Sa pupille et son iris se transforment en disque microsillon sur lequel se jouent les dialogues du film qu’elle regarde se tourner de l’intérieur comme si quelqu’un d’autre agissait à sa place.

            La post-face de Virginie Despentes apporte un éclairage et une justification au récit. Intitulée Sainte Marilyn, vierge des désirs défoncés…, elle montre comment Luz a ouvert le capot de l’usine à rêves. On y assiste à la crucifixion des mythes, à la chute des anges et à l’auto-destruction d’un monde en carton-pâte.  Despentes, avec tout son talent littéraire, compare Marilyn à une adolescente d’aujourd’hui, encore plus photographiée qu’une instagrammeuse addict.

            En ajoutant Hollywood menteur à sa bibliographie, Luz s’installe définitivement comme un futur grand prix potentiel du festival international de la BD d’Angoulême.

            « Rouler en décapotable avec la clim à fond, ça, c’est le rêve américain. » Mais de l’autre côté du rêve, la face cachée recèle les tourments.

 

One shot : Hollywood Menteur

Genre : Drame 

Scénario & Dessins : Luz 

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 112

Prix : 19 €

ISBN : 9782754824224

 

 

 

 

 

Le jeu d’une vie qui n’en est pas un.                                  

Le fils de l’Ursari

 

            En combattant contre un ours sur les places des villages, Lazar Zidar pensait affronter le plus grand danger qu’il pouvait rencontrer. Il ne se douter pas que lui et sa famille allaient devoir faire face à des individus beaucoup plus sauvages. Les Roms sont considérés comme des voleurs de poules dans ces pays de l’Est qui tentent de se racheter une conduite. La famille est exfiltrée vers la France. Ciprian, sa grande sœur et son grand-frère, sa mère et son père, vont se retrouver dans un camp de migrants, un bidonville en banlieue parisienne. Forcés à payer des sommes astronomiques à des malfrats profitant de leur situation, ils vont devoir vivre de ferraille, de mendicité et de rapines. C’est en jouant les pickpockets au jardin du Luxembourg que Ciprian va se mettre à observer deux personnes se retrouvant pour des parties d’échecs et se prendra de passion pour ce jeu. Cip, le fils de l’Ursari, l’enfant du montreur d’ours, ne sera plus le même.

            Du camp de réfugiés au jardin du Lusquembourg, comme dit Ciprian, le petit Rom navigue de l’enfer au paradis. Du racket des monstres des bas-fonds aux parties de « Lézéchek », l’enfant devra devenir adulte plus vite que prévu. Réussira-t-il à garder son innocence tout en réalisant un « Tchéquématte » ?

            En adaptant le roman de Xavier-Laurent Petit, Cyrille Pomès signe l’un des plus beaux albums de l’année. L’histoire est émouvante et passionnante. Les personnages sont redoutables ou attachants. Ça, c’est grâce à Xavier-Laurent Petit. Le découpage est ultra efficace. Les planches sont dynamiques. Le graphisme est original. Ça, c’est grâce à Cyrille Pomès. Les couleurs sont tantôt inquiétantes et angoissantes, tantôt apportent la lumière et l’espoir. Ça, c’est grâce à Isabelle Merlet. On dit souvent que 3 est le chiffre parfait. L’association de ces trois auteurs fait un strike inattendu. Et quand des albums qu’on ouvre parce qu’ils nous tombent sous la main et qu’on ne les avait pas vraiment vu venir procurent cet effet là, on atteint une extase de lecture.

            Pomès a un style de dessin qui n’appartient qu’à lui. Il déforme les membres de ses personnages pour mieux accompagner la lecture de chaque action. Leurs grands yeux vecteurs d’émotions nous immergent au cœur de leurs âmes. Entre les planches dites « classiques », le dessinateur propose des compositions jamais vues comme ce dessin où le corps de Ciprian traverse l’image en renversant les pions d’un échiquier à l’effigie de sa famille et de ses ennemis. Une tour Eiffel en toile de fond surplombe la scène soutenue par un ours chapeauté ouvrant les bras. Ma-gni-fique.

            L’histoire a également le mérite de mettre sur le devant de la scène les héros du quotidien qui aident les immigrés à s’intégrer dans un monde étranger et hostile. Ainsi, Louise, l’institutrice qui apprend à lire aux enfants, symbolise leur espoir.

            Par certains côtés, « Le fils de l’Ursari » adopte la méthode « Irena » en dépeignant des événements dramatiques dans un graphisme plus enfantin que l’ambiance sombre de l’histoire racontée. D’autre part, l’ours emprunte son allure aux superbes représentations animales de René Hausman.

            Avec cet album, Cyrille Pomès change inéluctablement de catégorie d’auteurs pour entrer dans celle des grands créateurs de bandes dessinées.

 

One shot : Le fils de l’Ursari

Genre : Aventure

Scénario : Petit

Dessins : Pomès

Couleurs : Merlet

Éditeur : Rue de Sèvres

Nombre de pages : 130 

Prix : 16 €

ISBN : 9782369817802 

 

 

 

 

 

Hollywood a trouvé sa vedette. 

El Chipo

 

            El Chipo est comédien. M. Gottferdom le reçoit en entretien d’embauche. En effet, c’est la panique dans les bureaux californiens de la Subway Indian Meyer TM. L’acteur principal de la nouvelle superproduction en tournage est en garde à vue pour détention, usage et promotion de stupéfiants. Le réalisateur, quant à lui, vient d’être arrêté pour attentat à la pudeur. Et pour le reste de l’équipe de production, ce n’est pas la panacée non plus. Toujours est-il que pour l’instant, il est urgent de trouver l’acteur qui pourra remplacer la vedette. Et pour cela, qui mieux que El Chipo pourrait faire l’affaire ? El Chipo, est une saucisse, c’est une doublure confirmé. A son tour à présent d’être dans la lumière.

            Il y a des OVNI qui tournent dans le ciel et il y a les OVNI qui se lisent. El Chipo est de ceux là. Voici un album qui ne ressemble à aucun autre, à rien de ce qu’on avait pu lire jusqu’ici. Voilà une histoire avec un héros formidable, épatant, exceptionnel : une saucisse, autrement dit une chipolata, mais tout le monde l’appelle El Chipo.

            Witko signe un album jouissif, l’un des plus drôles de ces dernières années. L’auteur promène sa saucisse tout au long de son aventure. C’est si bien fait qu’on en oublie sa condition… jusqu’au moment où, par un émouvant flash-back, l’auteur raconte comment son héros en est arrivé là. Et l’on y croit ! On le prendrait même au sérieux, le bougre.

            Les gags en quatre cases forment un récit qui se déroule et met en boîte non seulement l’industrie cinématographique, mais aussi l’Amérique des soixante dernières années, de la guerre du Vietnam à la moumoute de Donald Trump.

            Des tableaux parodiques mettent en scène El Chipo sur des couvertures d’albums ou des affiches de cinéma. L’indien des Village People, c’était lui. Sur le célèbre tableau Nighthawks d’Edward Hopper, c’était aussi lui. Sur le lit de Pulp Fiction et sur le banc de Forrest Gump, encore lui. Et les affiches publicitaires de Monsieur Propre ou de Banania? Toujours lui.

            Avec El Chipo, la collection Pataquès des éditions Delcourt propose un barbecue de franche rigolade. Attention à ne pas faire tomber la saucisse entre les grilles.

 

One shot : El chipo

Genre : Humour déjanté

Scénario, dessins & couleurs : Witko

Éditeur : Delcourt

Collection : Pataquès

Nombre de pages : 104

Prix : 9,95 €

ISBN : 978243012429

 

 

 


 

 

Le fils de Captain Biceps et de Shrek. 

Raowl 1 - La belle et l’affreux

 

La petite princesse enfermée dans le donjon ne va pas faire la difficile bien longtemps. Pour la sauver de l’invasion des trolls et des barbares qui assiègent le château, elle n’a pas d’autre choix que de se laisser embarquer par Raowl.

 Une fois libérée, le sauveur va la ramener chez son père. Mais la belle est exigeante. La « jeune et belle » veut de la passion et du merveilleux. Elle ordonne à Raowl de lui trouver un prince charmant. Mais des fois on va chercher à des lieux des choses que l’on a sous les yeux.

Raowl n’en restera pas là. Il trouve une deuxième belle princesse sur son chemin et ne compte pas la laisser prisonnière au milieu d’un château en plein océan.

Shrek peut aller se rhabiller. Le nouveau héros des contes de fées détournés moyenâgeux, c’est une sorte de gros matou barbare : Raowl. Prêt à tout pour défendre les princesses esseulées, il ne faut surtout pas l’énerver. Ah, non, surtout pas ! Et quand il éternue, c’est la « métamorphose ».

Le papa de ce matou tout punch, c’est l’homme qui faisait caca dans les cases de l’atelier Mastodonte : le grand, le seul, l’unique, le formidable Tebo.

Tebo apporte un vent de fraîcheur dans la BD moyenâgeuse tout public. Quand Captain Biceps va faire un tour chez Johan et Pirlouit, ça donne quelque chose comme Raowl. Les personnages disproportionnés de Tebo (grosses têtes petit corps) sont les acteurs d’une comédie hilarante dans laquelle l’auteur fait la part belle au dessin. Tebo soigne les décors et s’étale dans de grandes cases, allant jusqu’à des doubles pages comme celle où le héros pourfend un dragon ou un combat contre un monstre marin.

Au niveau du scenario, Tebo aborde des thèmes contemporains. Il a lu Lisa Mandel et présente une nouvelle approche de thèmes chers à l’autrice. N’est pas prince charmant de qualité supérieure qui veut.

Raowl n’est pas un simple butor. Il est aussi fleur bleue. Il possède un bucolique jardin enchanté et rêve de bisous, fatalement baveux, pour réveiller des princesses.

Avec Raowl, les coups déboulent et l’amour se déroule...

 

Série : Raowl

Tome : 1– La belle et l’affreux

Genre : Aventures humoristiques moyenâgeuses

Scénario, Dessins & Couleurs : Tebo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 72 

Prix : 12,50 €

ISBN : 9791034730384

 

 

 

 

 

 

Sensible et émouvant, un album touché par la grâce. 

Les fleurs de grand frère

 

            Une famille unie, un père, une mère, deux frères. Un jour, des fleurs ont poussé sur la tête de grand frère. Après avoir voulu les couper, il décide de les appréhender, les toucher, les sentir. Il s’en inquiète, mais comme tout le monde dans sa famille les trouve belles, il s’en accommode. Parfois même, elles lui parlent. Mais il va y avoir une épreuve à passer : celle de la rentrée et du regard des autres.

            Gaëlle Geniller livre un récit tout en sensibilité, en délicatesse et en émotion, une belle histoire d’amour comme on n’en avait pas lue depuis longtemps, et surtout d’un genre qu’on n’avait tout simplement jamais lu. Fable sur le passage de l’enfance à l’adolescence, c’est aussi une histoire de deuil, celui du garçon qui doit dire au revoir au petit enfant qu’il était. L’autrice emploie tout son talent à dédramatiser la situation, à mettre en évidence la tolérance, non seulement des autres, mais aussi de soi pour soi.

            Aucun personnage n’a une once de méchanceté. Le monde est uni pour aider grand frère à affronter ses fleurs et en filigrane sa puberté, et avec elle les tourments associés. Gaëlle Geniller montre que chacun a les cartes en main pour décider de son destin et qu’il ne faut pas avoir peur ni de ses choix, ni du regard des autres.

            Dans un graphisme en couleurs directes, le dessin est aussi émouvant que l’histoire. Quand grand frère cauchemarde, voulant arracher les fleurs qui l’envahissent, on ressent une angoisse oppressante. Quand maman serre grand frère dans ses bras, il y a tellement d’amour qui transparaît du trait que ça fait quelque chose aussi dans le cœur du lecteur.

            Signer un tel premier album à 23 ans à peine propulse Gaëlle Geniller au rang de meilleur espoir de l’année pour la bande dessinée.

 

One shot : Les fleurs de grand frère

Genre : Chronique familiale 

Scénario, Dessins & Couleurs : Geniller 

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 64

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782413012436 

 

 

 

 

 

« Les obscurantismes recèlent en eux-mêmes les mécanismes qui les mènent à leur perte. » 

La fin du monde en trinquant

 

            1774, à Saint-Petersbourg, l’astronome Nikita Pétrovitch vient de découvrir qu’une météorite va s’écraser sur le territoire soviétique faisant des milliers de morts. À la chancellerie de l’académie et de l’université des sciences, le chancelier Nikolaï Troubeskoy n’a pas l’air de se sentir concerné par la catastrophe annoncé. Pétrovitch a sous son aile, comme assistant, Ivan, le fils de la maîtresse de Troubeskoy. Le jeune chien fou a pour ambition d’embrasser une carrière scientifique, mais en a-t-il seulement les capacités ? Toujours est-il que l’apprenti et son maître vont traverser le territoire de l'impératrice Catherine II de Russie jusqu’aux alentours de Vanavara pour alerter la population locale de la chute de la météorite sur leur tête. Mais tout ne va se passer comme prévu et les deux compères vont être kidnappés et retenus prisonniers dans un village d’autochtones peu civilisés.

            Krassinsky a obtenu ses lettres de noblesse dans la bande dessinée avec Les cœurs boudinés, paru en 2005 chez Dargaud. Il est également connu pour sa participation à Fluide Glacial, mais aussi à Spirou avec la série trop vite arrêtée Sale bête.

            Dans un graphisme enlevé et en couleurs directes, Krassinsky signe un one shot animalier décapant. Les personnages sont tout sauf politiquement corrects. Les grandes affaires se règlent au lit et chacun avance pour sa pomme. Tous pourris. On se croirait presque dans un épisode de Canardo au siècle des Lumières. Le dessinateur, comme dans une pièce de théâtre, insiste sur les personnages et se soucie peu des décors, souvent esquissés, en jouant sur les tons.

            Macherot, chantre du récit animalier en bande dessinée, aurait certainement adoré cette version de la fin du monde dans laquelle il est montré que c’est en humanisant les animaux qu’on les rend plus cruels qu’ils ne le sont. À méditer.

One shot : La fin du monde en trinquant 

Genre : Tragédie animalière 

Scénario, Dessins & Couleurs : Krassinsky 

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 232 

Prix : 25 €

ISBN : 9782203161610

 

 

 

 

 

Comme si Basil Rathbone était de retour. 

Dans la tête de Sherlock Holmes 1– L’affaire du ticket scandaleux

 

            Un bobby londonien amène chez Holmes et Watson un quidam qui errait dans la rue. Celui-ci prétend connaître Watson. Le docteur approuve, il s’agit bien d’un confrère à lui. Victime d’une amnésie de quelques heures, il ne sait pas ce qui lui est arrivé. Analysant indice sur indice avec une précision scientifique, Sherlock Holmes remonte le trajet de l’individu. Le ticket de spectacle d’un « Amazing Magician » un certain Wu-Jing, va les entraîner dans une enquête complexe que le fin limier va tenter de démêler avec tout son savoir-faire.

            Cyril Liéron signe un scénario méthodique que n’aurait certainement pas renié Sir Arthur Conan Doyle. Loin d’une enquête conventionnelle, les différents rebonds font du mystère une impressionnante toile dont le scénariste se tire avec rigueur. L’ambiance londonienne, brouillard du soir et lune éblouissante, immerge le lecteur dans ce polar fin XIXème. Holmes y est dépeint sans concession, avec les failles qu’on lui connaît concernant la consommation de stupéfiants. Watson, la tête sur les épaules, suit son modèle qu’il idolâtre.

            Le graphisme anguleux de Benoît Dahan rappelle l’époque cinématographique dans laquelle le personnage était incarné par le grand Basil Rathbone. L’homme qui endossa onze fois le trench coat du détective, plus une douzième avec la voix de Basil détective privé dans le dessin animé des studios Disney, restera à jamais le meilleur interprète du résident de Baker Street. Sans vouloir copier ses traits, Dahan donne à son personnage l’âme de l’acteur. Les décors minutieux de la capitale anglaise sont aussi fins et précis que l’est l’enquête d’Holmes.

            Outre un scénario en béton et un dessin pointilleux, c’est par un remarquable découpage hors du commun que se distingue cette série. Tout est dit dans le titre : Dans la tête de Sherlock Holmes. Ce n’est pas une métaphore. Quand Sherlock réfléchit, le personnage navigue de case en case dans une planche cadrée dans sa tête. La collecte des informations se fait dans son esprit comme s’il était une machine dans laquelle on entre des données qui en ressortent une fois analysées. Quand Sherlock est sous l’effet de la cocaïne, son rêve est une maison déstructurée.

            Aucune planche ne ressemble à une autre. Les mises en scène mettent en avant les indices que trouve le détective et à partir desquels est construite toute l’architecture de la double page. Les déplacements dans les différents quartiers s’effectuent sur fond de cartes de la ville.

            Cette « affaire du ticket scandaleux » nous laisse en plein suspens dans l’attente d’un tome 2 pour conclure l’enquête. Elle est une des grandes bonnes surprises de l’année. Comme quoi, il est encore possible d’étonner avec un personnage et un thème battus et rebattus, tout cela grâce à un traitement complètement inédit du genre. Elémentaire !

 

Série : Dans la tête de Sherlock Holmes

Tome : 1– L’affaire du ticket scandaleux

Genre : Polar 

Scénario : Liéron 

Dessins & Couleurs : Dahan 

Couleurs : Cerise

D’après : Conan Doyle

Éditeur : Ankama

Nombre de pages : 48

Prix : 14,90 €

ISBN : 9791033509721

 

 

 

 

 

Pour le crépuscule des cow-boys, ne vous attachez à personne. 

Jusqu’au dernier

 

            Russel conduit de gigantesques troupeaux pendant six mois à travers les états pour les mener aux abattoirs de Chicago. Jusqu’à il y a peu, la survie de tout l’Ouest dépendait de types comme lui. Mais avec l’avènement et le développement à vitesse grand V du chemin de fer, les rails sur la prairie sont en train de causer la disparition de la profession. « Demain, les cow-boys, c’est fini. » Accompagné de Kirby, vacher comme lui, et de Bennett, jeune homme naïf qu’il a recueilli à la mort de ses parents, Russel va devoir se résoudre à se payer un ranch pour se sédentariser. C’est une toute nouvelle vie qui s’annonce pour le trio, jusqu’à ce qu’une halte dans un village voit leurs destins pulvérisés par un événement irréversible.

            Jusqu’au dernier rappelle les meilleurs films de John Ford et de Clint Eastwood. Le scénario de Jérôme Félix est impitoyable. Paul Gastine a mis trois ans pour dessiner l’album. L’ensemble est… parfait ! Le découpage, les dialogues, tout et rien semble pesé, réfléchi, pertinent. Tout, parce qu’en creusant un peu on descelle tout le travail qu’il y a derrière. Rien, parce que rien ne peut arrêter la lecture de l’album. On se trouve embarqué dans une histoire que l’on ne peut pas quitter avant de l’avoir terminée. Le scénariste et son dessinateur sont dans une alchimie magique intégrant le lecteur.

            Même le titre semble touché par la grâce. « Jusqu’au dernier ». Jusqu’au dernier ? La locution est polysémique et mystérieuse. Jusqu’au dernier cow-boy, la profession vivant ses dernières années ? Jusqu’au dernier survivant ? Jusqu’au dernier train ? Jusqu’au dernier instant ? Au lecteur de le découvrir…

            Le dessinateur n’a pas hésité à recommencer des planches jusqu’à trouver la composition idéale des cases. Jamais dans la démonstration mais toujours dans la justesse, ses images sont à la bande dessinée ce que le cinémascope a été au septième art.

            Aurait-on pu se douter que Russel a failli croiser Lucky Luke ? Oui, oui, avec son troupeau, ils ont hésité à passer par le guet de P(a)inful Gulch pour couper la route, l’endroit même où le plus célèbre cow-boy de la BD a eu à faire avec des « rivaux ». Fermons ici cette (involontaire ?) parenthèse humoristique.

            Félix et Gastine avaient déjà signé ensemble les quatre tomes de L’héritage du diable. Ils ne vont pas s’arrêter là puisqu’ils préparent déjà un deuxième western : A l’ombre des géants.

            Laissez-vous surprendre par le déroulé du récit. Juste un conseil : ne vous attachez à personne, vous risqueriez de ne pas vous en remettre…

 

One shot : Jusqu’au dernier 

Genre : Western 

Scénario : Félix 

Dessins & Couleurs : Gastine 

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand angle

Nombre de pages : 72

Prix : 17,90 €

ISBN : 9782818967003

 

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

            En choisir dix, c’est en laisser sur le carreau dix autres qui, à un cheveu près, auraient pu se trouver dans cette sélection. Si le Père Noël est généreux, il peut rajouter à la liste ci-dessus les albums suivants qui font partie des albums indispensables de l’année :

 

 

Des leçons de vie de femmes réfugiées : Et pourtant elles dansent…, par Djinda aux éditions Des ronds dans l’O.

 

Deux époques, un passage… On se retrouvera : The Black Holes, par Gonzalez aux éditions Dargaud.

 

Adorablement fou : Saint-Rose, par Micol aux éditions Futuropolis.

 

« C'est la mort que vous réclamez. Pas la justice. » : L’abolition, le combat de Robert Badinter, par Kerfriden et Gloris-Bardiaux-Vaïente aux éditions Glénat.

 

Une « autre » quête : Un putain de salopard 1 – Isabel, par Pont et Loisel aux éditions Rue de Sèvres.

 

L’humour est une maladie attrapée dès l’enfance : Le roman des Goscinny, par Catel aux éditions Grasset.

 

« Le crime en local clos est le seul mystère dont la raison accepte avec plaisir le défi. » : Le Detection Club, par Harambat aux éditions Dargaud.

 

Tout n’est pas perdu quand il reste l’imagination : L’ours est un écrivain comme les autres, par Kokor aux éditions Futuropolis.

 

Un petit manga auto-édité qui a tout d’un grand : Red Flower Stories, par Loui aux éditions Loui.

 

Spirou au cœur de l’histoire par un auteur berlinois : Spirou à Berlin, par Flix aux éditions Dupuis.

 

 

Laurent Lafourcade



Publié le 15/12/2019.


Source : Bd-best


De l’art, pas du cochon. Un 6ème jour au Musée avec les Bidochon

«  - C’est marrant de s’appeler Canaletto et de peindre un canal !

- Pourquoi ?

- Ben… C’est comme si Trottoirello peignait des trottoirs !

- Aaaah d’accord ! Ou Carole Bouquet qui peindrait des fleurs ?

- Voilà ! C’est ça ! Enfin, si on veut ! »

 

 

 

 

 

Ce n’est pas à Raymonde et Robert Bidochon qu’on va en apprendre des choses sur l’art. Cela fait six albums maintenant qu’ils visitent des musées et commentent des tableaux divers et variés. Même que Robert aurait même des velléités à devenir lui-même artiste. Yves Klein trempait bien des femmes dans des pots de peinture avant de leur demander de se rouler sur une toile. Mais comme ça a déjà été fait, Robert va devoir trouver une autre idée. Pourquoi le père Bidochon ne tremperait-il pas sa femme dans du cambouis ?

 

 

 

 

© Binet - Dargaud

 

 

            Christian Binet, par le truchement de ses personnages universels, met l’art à porter de tous. Au travers de commentaires que l’on aurait pu sembler recueillis à la manière de brèves de comptoirs, l’auteur exprime des ressentis lambda, des sentences implacables et des jugements naturels et parfois lapidaires.

 

            Dans sa préface, Patrick Ramade démontre que le Patrimoine est en chacun de nous. On est tous un peu des Bidochon et les commentaires spontanés valent parfois plus que des exposés savants et iconoclastes. Les œuvres des musées ne sont pas réservés à une élite et appartiennent à ceux qui en franchissent le seuil, comme le dit si justement le conservateur de musées.

 

 

 

 

© Binet - Dargaud

 

 

            En collaboration avec Pierre Lacôte, poète-plasticien et médiateur-conférencier de musée, Ramade propose à la visite vingt œuvres d’art de grands peintres très ou peu connus. Du Modèle rouge du célèbre René Magritte au duo de l’oublié Hendrick Ter Brugghen en passant par La barricade, rue de la Mortellerie , juin 1848 d’Ernest Meissonier ou encore La grande vallée d’Optevoz du fédérateur Charles-François Daubigny, tous passent sous le crible des plus célèbres français du monde.

 

            Pour chacune des œuvres présentées sur une page entière, après une scénette entre le couple de visiteurs, un texte replace l’auteur et son tableau dans leur histoire, et d’autres tableaux du même auteur servent d’illustrations complémentaires.       

 

« L’art , c’est le reflet que renvoie l’âme humaine éblouie de la splendeur du beau. » disait Victor Hugo. Quand Raymonde et Robert regardent les œuvres, ce sont les tableaux qui sont éblouis par leurs réflexions.

             

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Un jour au Musée avec les Bidochon

 

Tome : 6 - Un 6ème jour au Musée avec les Bidochon

 

Genre : Humour artistique 

 

Scénario & Dessins : Christian Binet 

 

Textes : Patrick Ramade & Pierre Lacôte 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 24,99 €

 

ISBN : 9782205082838

 



Publié le 14/12/2019.


Source : Bd-best


Classique et efficace.  Les Schtroumpfs et le village des filles 3 – Le corbeau

« - Croâââ !

 

- Ha ! Ha ! Ha ! Regarde, Azraël ! On ne le dirait pas, mais cet insignifiant volatile sera la perte des Schtroumpfs !

- Croââ Croââ !

- Ce corbeau va enfin me permettre de réaliser ce que j’ai vainement attendu de toi ! Hahaha ! Pas la peine de faire la tête, sac à puces ! Il réussira là où tu as toujours échoué, car il aura bientôt quelque chose d’essentiel que tu n’as pas ! Il aura la parole ! »

 

 

 

 

 

            La dernière trouvaille de Gargamel est de donner la parole à un corbeau afin qu’il lui explique où se trouve le village des Schtroumpfs une fois qu’il l’aura déniché. Mais l’oiseau noir, d’une part, va se retrouver au village des filles, et, d’autre part, à son petit caractère bien à lui. Au lieu de retourner voir le sorcier, il va rester sur place et, s’érigeant en gourou-avocat exposant des conseils qui ne finiront que par semer la zizanie.

 

 

 

 

© Maury, Culliford, Maddaleni - Le Lombard

 

 

            Alain Maury se fond dans l’univers Peyo avec maîtrise et respect. Les couleurs en relief de Paolo Maddaleni donnent à la série dérivée une modernité relative comparable à celle du très bon long métrage de 2017 Les Schtroumpfs et le village perdu.

 

            Luc Parthoens et Thierry Culliford continuent l’œuvre de Peyo en gardant le concept de « parodier » notre monde humain. Ici, la mauvaise influence d’un étranger dans une communauté établie perturbe la sérénité d’un monde qui tourne en harmonie. Diviser pour mieux régner : ça rappelle certains gouvernements.

 

 

 

© Maury, Culliford, Maddaleni - Le Lombard

 

 

 

            La patte Culliford fait des clins d’œil au papa Peyo. La capture du corbeau, même si elle n’en a pas l’aura, rappelle celle d’un certain Cracoucass. L’incendie rappelle celui d’une réserve de nourriture qui a jadis provoqué un exode.

 

 

 

 

© Maury, Culliford, Maddaleni - Le Lombard

 

 

            D’aucuns critiqueront les Schtroumpfs en disant que c’est toujours la même chose, que ce n’est plus ce que c’était, que c’est une recette qui n’a plus d’intérêt. Faux. Même s’il est vrai qu’on ne reviendra jamais à l’âge d’or, les Schtroumpfs ont le mérite d’amener de jeunes lecteurs à la BD avec des histoires de qualité, bien ficelées et bien dessinées.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les Schtroumpfs et le village des filles

 

Tome : 3 – Le corbeau

 

Genre : Aventure schtroumpfante  

 

Scénario : Culliford & Parthoens

 

Dessins : Maury

 

D’après : Peyo 

 

Couleurs : Maddaleni 

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782803673148

 

Publié le 14/12/2019.


Source : Bd-best


Montée verticale pour tir horizontal.  XIII 26 - 2132 mètres

« - Bill ? Tu es prêt ?... A mon signal, tu envoies l’image… Top ! Tu le reconnais au moins ?

- William Sheridan ?! Qui ne le reconnaîtrait pas ?...

- Active ! Pour une distance de 2132 mètres, la balle a besoin de 5 secondes et…

- Si tu pouvais la fermer, Tyler, ça m’aiderait déjà beaucoup…

BAAAMM

- Wow !...  Ton meilleur tir ! Sauf que c’est la first lady qui a pris la balle en pleine poire.

- Bon. Faut que j’y aille.

- C’est im-pos-sible, ce truc ! Combien de types dans le monde peuvent réussir un tir à cette distance, hein ?... »

 

 

 

 

 

            Réussir un tir de précision à 2132 mètres, on connaît quelqu’un qui en serait capable : Jason Mac Lane. C’est pile la distance qui séparait le président William Sheridan de l’arme de son assassin. Aujourd’hui membre de la fondation Mayflower, dont il est l’un des descendants, XIII doit prouver qu’il est capable de réaliser un tel exploit. Mais pourquoi la fondation lui demande-t-elle de réussir un tel challenge ? Pendant qu’en apparence l’on s’occupe du programme Beelovers qui vise à implanter des ruches dans les villes, des stratégies pour s’emparer du pouvoir se mettent en place.

 

 

 

 

© Sente, Jigounov - Dargaud

 

 

            Youri Jigounov maîtrise son sujet. Il tient les personnages bien en mains. Là où il est le plus fort, c’est quand il se trouve face à des situations qui n’ont pas été traitées par William Vance et pour lesquelles il n’a donc pas de modèle imposé. Ainsi, le visage impassible du djihadiste filmant une triple exécution est glaçant de terreur. A l’opposé, le visage du fou sadique qui a énucléé un infirmier et qui observe le lecteur à travers le hublot de sa cellule est tout autant horrifique.

 

 

 

 

© Sente, Jigounov - Dargaud

 

 

            Yves Sente change son fusil d’épaule. Finis les cycles interminables, les histoires de XIII se déclineront majoritairement dans des diptyques. Celui-ci réunit les afficionados de la première heure et du Jour du soleil noir avec les plus jeunes lecteurs ayant été embarqués directement sur le Mayflower. Mais, à l’instar de Jason Mac Lane, le lecteur ne sait pas très bien où on le mène et peut se sentir perdu. Le scénario passe plusieurs fois du coq à l’âne sans justification. Les trois pages avec Jones et Carrington sont par exemple là simplement pour qu’ils montrent leurs trognes, comme si c’était un passage obligé dans chaque album de la série. Cependant, après un démarrage poussif, la deuxième partie de l’histoire, justement tranchée par la scène Jones/Carrington, fait efficacement son job en tenant le lecteur en haleine jusqu’à un final surprenant. (Ne feuilletez pas l’album pour ne pas vous auto-spoiler.)

 

 

 

 

© Sente, Jigounov - Dargaud

 

 

            Avec un visuel de couverture où l’on voit XIII monter à la verticale sur une échelle de fer accrochée à une structure, le contraste est fait avec les 2132 mètres du titre et du tir horizontal.

 

            Avec l’inattendue et très bonne surprise The XIII history, sortie en août, et cet album plus « dans le moule » et moins surprenant, 2019 est une année que XIII ne pourra pas oublier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade 

 

 

Série : XIII

 

Tome : 26 - 2132 mètres

 

Genre : Thriller   

 

Scénario : Sente 

 

Dessins & Couleurs : Jigounov 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 12 €

 

ISBN : 9782505069904

 



Publié le 13/12/2019.


Source : Bd-best


Spinoza À la recherche de la vérité et du bonheur.

 

 

 

Profondément déçu par la vie, Baruch Spinoza cherche un bonheur qui ne soit pas "vain et futile", mais au contraire qui lui procurerait "une joie continuelle et suprême pour l'éternité". Un vaste programme qui va amener progressivement le jeune homme sur la voie de la philosophie. Cette démarche est le sujet du Traité de la réforme de l'entendement, œuvre initiatique fondamentale pour aborder la pensée de Spinoza, ici vulgarisée avec talent et humour.

 

 

 

 

 

 

Bon, ben, je me lance.... Je me suis dit en voyant la couverture... aie.. aie.. aie, cela va être dur à comprendre et lourd à digérer "Spinoza : à la recherche de la vérité et du bonheur."
Ce fut l’inverse qui s'est produit.. J'ai pris une grande claque. Ne jamais, mais ne jamais juger un livre uniquement avec sa couverture.

 

 

 

 

 

© Philippe Amador  - Éditions Dunod

 

Nous avons tous en mémoire nos cours de philosophie avec un apprentissage laborieux des grands courants philosophiques, nos difficultés d'organiser un discours qui en plus est sur Spinoza.

 

 

 

© Philippe Amador  - Éditions Dunod

 

 

 

L'auteur Philippe Amador nous amène à aimer le personnage au fur et à mesure de son histoire pour nous faire discerner le vrai du faux, du fictif et du douteux. Si j'avais eu cette BD pour passer mon examen de philosophie, ma note finale (oui, je sais, cela date de 1985.), aurait été franchement supérieure à la moyenne.

 

 

 

 

© Philippe Amador  - Éditions Dunod

 

 

 

Je félicite les Éditions Dunod d'avoir osé publier l'auteur Philippe Amador. Si vous réalisez pour Freud : "malaise dans la civilisation", je suis preneur. Encore bravo pour cette belle découverte de fin d'année.

 

 

Horus 66

 

Titre : À la recherche e la vérité et du bonheur

 

Collection : Hors collection

 

Genre : Philosophie

 

Scénario : Philippe Amador

 

Dessins : Philippe Amador

 

Éditeur : Dunod

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 15,50 €

 

ISBN : 9782100802319 



Publié le 12/12/2019.


Source : Bd-best


Rien ne peut l’empêcher de repartir à l’aventure.  Thorgal 37 – L’ermite de Skellingar

 « - Je suis Ivarr-le-glacé, Jarl du Sudreyjar… C’est donc toi le pèlerin qui a rudoyé mes hommes ? Pourquoi cette résistance ? Les disciples de l’anachorète de Skellingar ne sont-ils pas censés être non violents ?

- Mon nom est Thorgal ! Je suis un homme pacifique; mais je n’aime pas être menacé d’une arme, voilà tout !

- Je ne comprends pas… Ne devrais-tu pas être impatient de mourir afin d’être métamorphosé en mouette, macareux ou fou de bassan, comme tes congénères ?

- Seul un fou pourrait désirer mourir pour une raison aussi ridicule !

- Tiens ? Tu sembles plus lucide que tous ces benêts… Si tu ne crois pas à toutes ces sornettes, pourquoi alors viens-tu accomplir ce pèlerinage ici, avec le collier de cette secte à ton cou ?

- J’ai fait un serment à une mourante ! »

 

 

 

 

 

Thorgal doit racheter les vilénies de son double maléfique Shaïgan-sans-merci. Ce dernier a massacré la famille de Kilda, une jeune femme qui s’est tuée en chutant d’une falaise après avoir tenté d’éliminer Thorgal qu’elle a pris pour son double. Avant de mourir, elle a exigé le Weirgild, le prix du sang, une vie contre une vie. Voilà pourquoi le viking des étoiles va tenter d’extraire des griffes d’Ivarr-le-glacé les compatriotes de Kilda. Ivarr lui propose un marché : se rendre sur l’Ile de Skellingar pour défier Yngvi l’ermite en tentant de faire osciller le roc d’or, rocher géant recouvert de feuilles d’or. S’il y parvient, l’ermite sera vaincu et Ivarr libérera ses prisonniers.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Décidément, Thorgal a les fesses assises sur un ressort. A peine est-il rentré chez lui, à peine a-t-il retrouvé sa femme Aaricia et ses enfants que le voilà déjà reparti à l’aventure. Le Mike Horn des drakkars est incurable. L’appel de l’aventure et la force des serments sont plus fort que tout.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Après s’être fait la main sur les deux derniers épisodes de Kriss de Valnor, Fred Vignaux prend les rennes de Thorgal de main de maître. Cet épisode le met d’entrée dans le grand bain en lui faisant dessiner tout le panel des situations dans lesquelles Aegirsson pourrait se trouver : scènes maritimes, voire sous-marines, cauchemars et délires sous psychotropes, combats et poursuites. Espérons qu’il aura bientôt l’occasion d’en réaliser les couvertures. Même si les compositions de Rosinski sont superbes, le procédé est frustrant pour le dessinateur de l’album et malhonnête pour le lecteur.

 

 

 

 

© Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Yann remet les choses à plat. Même s’il est agaçant de voir Aaricia se faire encore une fois abandonner par un mâle touché dans sa virilité et qui préfère l’appel de l’aventure à la vie de famille, il est bon de retrouver la malice d’un Thorgal qui va devoir user de diplomatie et d’astuce pour en arriver à ses fins. Le scénariste a l’idée géniale de boucler l’histoire en un one-shot. Finis les voyages interminables. L’heure des histoires interminables est révolue. Comme une Chute de Brek Zarith, un Alinoë ou un Maître des montagnes, cet Ermite de Skellingar a un concept jouissif.

 

 

 

 

© Rosinski, Vignaux, Yann – Le Lombard

 

 

Bon, Aaricia, on veut pas être pessimiste pour toi, mais il y a fort à parier que ton homme va encore te laisser en carafe à la maison   bien d’autres fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Thorgal

 

Tome : 37 – L’ermite de Skellingar

 

Genre : Heroïc Fantasy 

 

Scénario : Yann

 

Dessins : Fred Vignaux

 

Couleurs : Gaëtan Georges

 

Couverture : Rosinski

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 12,45 €

 

ISBN : 9782803673728

 



Publié le 11/12/2019.


Source : Bd-best


Une histoire au poil… quand il en reste.  Ekhö monde miroir 9 – Abidjan-Nairobi Express

« - Cinq victimes de plus cette nuit, votre Sainteté. On en est à soixante-quinze répertoriées. Donc, à chaque fois, ils ont perdu leurs poils, mais on sait enfin de quoi ils sont morts exactement ?

- De honte, votre Sainteté.

- C’était inévitable.

- Le ridicule tue. Qui pourrait surmonter une telle déchéance ?

- Aucun survivant ?

- On ne peut exclure le cas d’individus terrés pour échapper à l’infamie. Nos services ont analysé et croisé tous les dossiers, il en ressort une information importante.

- Oui ?

- Trois des victimes vivaient à Abidjan, toutes les autres y sont passées dans les dernières semaines. »

 

 

 

 

 

            Quel est donc ce virus qui dépoile les Preshauns, les faisant, au propre, mourir de honte ? Il y a quelques indices. La maladie ne se transmet pas. Seuls les voyageurs sont atteints. Presque toutes les victimes appartenaient à l’obédience des Preshauns authentistes. Ces derniers sont sur le qui-vive. S’ils découvrent que des expériences visent à les éliminer, la guerre contre les humains et les Preshauns zeugma pourrait faire rage. La pontife Emily nie tout complot et envoie son héritière et son meilleur agent confidentiel Fourmille Gratule pour enquêter sans délai. Direction Abidjan en Dragojet privé, accompagné par le fidèle Yuri Podrov.

 

 

 

 

© Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

 

 

            Ekhö monde miroir est peut-être la série la plus originale de Christophe Arleston. Basée sur un concept simple permettant d’écrire des histoires variées aux décors très différents les uns des autres, Ekhö offre un voyage fantastique à chacune des histoires. Dans ce miroir de la Terre, Arleston n’oublie jamais le pouvoir premier de Fourmille, celui d’être possédée par les âmes des morts. L’argument permet de complexifier les histoires et de relancer les intrigues. Ici, l’esprit de Niélé Balaka, griotte ivoirienne assassinée pour connaître les secrets de la Plante-qui-pue-des-pieds, celle qui fait tomber les poils des Preshauns.

 

Alessandro Barbucci quitte les univers urbains pour les villages et la jungle africaine. Des casemates aux taxis-brousse, du parc africain naturel dans la forêt primaire jusqu’à la canopée de celle-ci, le dessinateur dynamique envoie la sauce. On retiendra son Lord Greyzan, mix de Tarzan et de Lord Greystoke, fondant sur les intrus dans sa tenue aristico-sauvage accroché à une liane et escorté de mandrills Mahakalas.

 

 

 

 

© Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

 

 

Les couleurs de Nolwenn Lebreton surfent sur les tons chauds des espaces africains en mettant en valeur le travail du dessinateur. On ne soulignera jamais assez l’importance du travail des coloristes, auteurs à part entière et tout autant responsables du succès (ou pas) d’une série que le scénariste et l’illustrateur.

 

Ekhö monde miroir reflète le talent de son trio d’auteurs.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ekhö monde miroir 

 

Tome : 9 – Abidjan-Nairobi Express

 

Genre : Heroïc-Fantasy 

 

Scénario : Arleston

 

Dessins : Barbucci 

 

Couleurs : Lebreton

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782302078796

 



Publié le 09/12/2019.


Source : Bd-best


La claque de cette fin d’année.  Blueberry 1 - Amertume Apache

« - Sir !

- Blueberry… Vous venez m’annoncer quelque chose de grave, mh ? Naturellement !... Si vous êtes dans cet état, c’est que vous avez trempé dans quelque catastrophe.

- J’ai été témoin d’un incident qui risque d’embraser la région, Sir…

- Les apaches…

- Amertume, Sir…

- Ouch.

- Et la communauté de la mine de…

- Oui, les dingues, je sais qui c’est. Des dingues contre des sauvages… Lieutenant, je finis par me demander si vous ne portez pas la poisse. »

 

 

 

 


 

            Trois cow-boys, une fille et deux garçons, dont deux sont des enfants du prêcheur polygame R.G.Dahlstrom, viennent d’assassiner sauvagement la fille et femme d’Amertume, guerrier apache. La hache de guerre est déterrée. Blueberry, témoin du double meurtre, vient annoncer la nouvelle au Lieutenant-Colonel Benjamin Tyreen, commandant du Fort Navajo. L’officier voit sa partie d’échec contre un automate perturbée par l’événement qui risque d’embraser la région.

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Prendre la suite de Giraud et Charlier n’était pas une mince affaire. On attendait Sfar et Blain au tournant, certains se délectant d’avance du costume qu’ils allaient pouvoir leur tailler. Les « hateurs » n’auront pas d’os à ronger. Cet album est une pure réussite.

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Joann Sfar synthétise tout ce qu’il y avait de meilleur chez Charlier pour sortir un scénario parfait. Son Blueberry est à la fois dans une continuité et une symbiose entre celui de son créateur et Jerry Spring. L’ombre de Jijé, qui planait sur Gir, veille aussi sur Sfar et Blain. Mais un autre grand dessinateur complète la trinité Gir-Charlier-Jijé, c’est Franz, auteur trop tôt disparu qui a signé avec le scénariste Festin la seule reprise de Jerry Spring avec un album oublié, un « incunable » paru au début des années 90, intitulé…. Colère Apache ! De la colère à l’amertume, il n’y avait qu’un pas à franchir, ce qu’a fait Sfar pour son ami Blain. Dans Colère Apache, Jerry Spring tentait de maintenir la paix entre les apaches et les hommes de main du maire de la ville. Dans Amertume Apache, Blueberry occupe exactement la même fonction en servant, ou en tentant de servir, de médiateur entre les différentes parties. Mais devant la violence et la haine, est-il possible d’apaiser des esprits assoiffés de sang ?

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Christophe Blain n’est pas un novice dans le western. Son premier album, La révolte d’Hop-Frog en 1997, en était déjà un. Vingt-deux ans plus tard, Blain a acquis la maturité qui lui permet de réaliser cette reprise. Il ne joue pas dans la même cour qu’un Ralph Meyer ou un Paul Gastine. Tout en rendant hommage à Giraud, le dessinateur ne trahit pas son trait qui garde sa spécificité. Avec des mises en scène mettant en valeur le média BD comme la sublime planche 50, Blain s’installe définitivement comme un « grandprixmable » à Angoulême.

 

 

 

 

© Blain, Sfar - Dargaud

 

 

            Amertume Apache traite à la fois de sujets classiques de la grande époque du western, mais aussi de préoccupations modernes. Depuis les années 60, la place de la femme dans la société n’est plus la même. Ruthy, la femme du Lieutenant-Colonel, joue à la fois le rôle de l’épouse modèle et de la femme qui cherche à s’émanciper. Pour autant, les femmes n’ont pas toujours la part belle à l’instar de Bimhal, qui n’a ni remords ni regrets sur ses actes irréversibles.

 

            Cet album n’est ni un Blueberry « vu par... », ni un one shot. Il se termine comme à la belle époque en plein suspens, la dernière case annonçant de façon alléchante l’implacable titre de la suite : Les hommes de non-justice. En attendant, goûtez cette amertume qui n’a jamais eu aussi bon goût.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Blueberry

 

Tome : 1 - Amertume Apache 

 

Genre : Western 

 

Scénario : Sfar 

 

Dessins : Blain

 

D’après : Giraud & Charlier 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 14,99 €

 

ISBN : 9782205077988

 



Publié le 09/12/2019.


Source : Bd-best


Dans le sillage de la balade de la mer salée.   Corto Maltesse T.15 Le jour de Tarowean

 

 

L’univers de Corto Maltese, on aime où on n’aime pas. L’album était disponible sur la table de la rédaction sans que nos chroniqueurs habituels ne semblent emballés pour en faire une chronique. C’est là que Vincent entre en scène, nous déclarant « je n’ai jamais lu de Corto Maltese et je ne veux pas mourir sans avoir tenté cette expérience ». Les lignes, ci-dessous reflètent son ressentit après sa lecture.

 

 

 

 

 

 

 

Première incursion pour moi dans le monde de Corto Maltese et pour un début, pourquoi ne pas commencer par le…début. Sauf qu’ici, le début, c’est la fin du nouvel album où l’on voit Corto attaché à un radeau et jeté dans la mer, sans autre forme de procès, juste avec la conviction que sa dernière heure n’est pas encore arrivée.

 

 

 

 

© Hugo Pratt – Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero - Casterman

 

 

 

Comment Corto s’est-il retrouvé sur ce radeau ? C’est ce que va raconter « Le Jour de Tarowean », cette BD de plus de 70 pages qui verra Corto délivrer Calobeese d’un établissement pénitentiaire, faire un bout de chemin avec Raspoutine, rencontrer une magnifique… sirène, assister au début d’une improbable histoire d’amour,… le tout sur fond d’aventures.

 

 

 

© Hugo Pratt – Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero - Casterman

 

 

 

 

Dévoiler plus concernant l’intrigue serait dommage pour le lecteur qui n’a pas encore découvert « Le Jour de Tarowean ». On retrouve dans cette BD tout ce qui fait le succès d’un bon roman d’aventure. Le fait de parler de roman n’est pas si innocent que cela car cette BD se dévore comme tel, ce qui peut être un peu déroutant au début, surtout pour celles ou ceux qui découvrent cet univers particulier.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Titre : Le jour de Tarowean

 

Collection : Corto Maltesse

 

Genre : Aventure

 

Scénario : Hugo Pratt – Juan Diaz Canales

 

Dessins : Ruben Pellejero

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 82

 

Prix : 16,00 €

 

ISBN : 9782203185883

 

 



Publié le 09/12/2019.


Source : Bd-best


Invitation à faire les plus beaux rêves du monde, la réédition de la plus belle et loufoque « feel good » série.  Olivier Rameau Intégrale 1

« - Pardon, conducteur… C’est bien vous, l’autobus qui doit nous conduire à destination ?

- Attention : à notre destination précise pour être exact…

- Montez, jeunes gens ! Je suis le conducteur Parfait Poinçon, et je n’ai jamais encore conduit de voyageurs autre part qu’à destination ! En voiture !

- Tout de même… Il me paraît bizarre, à moi, cet autobus…

- Mais puisque nous nous sommes informés auprès du conducteur et qu’il dit que tout va bien… Et puis, la nature est si belle, Monsieur Pertinent. Profitons donc de ces petites vacances, laissons-nous aller…

- Oui, mais vers où ? »

 

 

 

 

 

            Olivier Rameau et Maître Pertinent, clercs de notaire de Maître Codicille, viennent porter un important dossier à un habitant de Turelurette, mais le drôle d’autobus sur rail qu’ils viennent d’arrêter va les amener à Hallucinaville, capitale du pays de Rëverose. En chemin, la sublime Colombe Tiredaile, secrétaire du lapin Théobald, va embarquer avec son patron. Tous rejoindrons le palais des trois Ziroboudons qui ont un grave problème à leur exposer. L’oiseau Razibus sème la terreur dans le pays ! Ainsi débute La merveilleuse odyssée d’Olivier Rameau et de Colombe Tiredaile au pays de Rêverose.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Deux autres grands récits complètent cet opus.

 

            Avant d’écrire le succès littéraire qui a fait sa renommée, Marc Lévy a certainement lu La bulle de Si-c’était-vrai. Sauf qu’ici, pas question d’ectoplasme, mais d’une épidémie de hoquet. Le chevalier Grinssan de Samankeduile garanti qu’il ramènera à temps et sans délai la bulle extraordinaire qui guérira les populations décimées. En échange, il demande la main de Colombe Tiredaile, ce qui n’est pas du goût d’Olivier Rameau. Les deux prétendants vont se battre dans une course effrénée.

 

 

 

 

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            Le château des quatre lunes est la demeure de l’astronome Le Grand Pas Sage Ebouriffon. Alors que des escrocs tentent de vendre tout et n’importe quelle demeure aux habitants d’Hallucinaville, nos amis vont prendre les arnaqueurs à leur propre jeu en leur proposant une affaire sur le château du Grand Pas Sage.

 

 

 

 

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            Connu pour ses albums de gags gentiment osés, il ne faut pas oublier que Dany a une sacrée bibliographie à son actif, que ce soit dans le domaine réaliste avec la série d’espionnage Arlequin (rien à voir avec les livres du même nom) et le cultissime Histoire sans héros, ou bien encore dans la bande dessinée tout public populaire avec Olivier Rameau, série qui compta onze albums entre 1970 et 1987, puis un douzième plus tard en 2005. Au fil des albums d’Olivier Rameau, son graphisme évolue vers une maîtrise exemplaire d’une ligne franquinienne.

 

 

 

 

© Dany, Greg - Kennes

 

 

            Avec cette série, Greg s’est offert une récréation. Réponse, hommage ou affiliation au Philémon de Fred, Olivier Rameau est une série indispensable des années 70-80. Ces deux séries sont les plus beaux hommages au rêve, mais Olivier Rameau a un côté kawaï supplémentaire. Les noms des personnages sont des poèmes à eux tout seuls. Ode au Magicien d’Oz, s’y mêlent sans se poser de questions une danseuse étoile, un lion, un ramoneur, un épouvantail qui ne fait peur à personne, une otarie garde-champêtre, une cloche sentinelle, un nain de jardin ne quittant jamais sa brouette et bien d’autres personnages loufoques.

 

 

 

 

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            Les pérégrinations éditoriales de cette série sont incompréhensibles. Pur produit du journal Tintin, et donc des éditions Le Lombard-Dargaud, la série est reprise par P & T Productions en 1997, puis Joker. En 2010, ces dernières entament une intégrale en quatre volumes mais dont les couvertures ne donnent pas à la série l’attirance qu’elle mérite. Aujourd’hui, les éditions Kennes reprennent les choses en main, dans une belle présentation, à l’occasion des cinquante ans de la série dont on aimerait tant un retour avec de nouvelles histoires.

 

            On voudrait s’endormir et rester pour toujours à Rêverose avec les gens qu’on aime.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Olivier Rameau

 

Tome : Intégrale 1 

 

Genre : Aventures poétiques 

 

Scénario : Greg 

 

Dessins : Dany 

 

Éditeur : Kennes

 

Nombre de pages : 160

 

Prix : 19,95 €

 

ISBN : 9782875808097

 



Publié le 08/12/2019.


Source : Bd-best


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