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Spirou 4277 -  1er Avril 2020

 

 

Spip l’aventurier ! Le voleur de printemps

 

 

 

 

 

 

 

            Nouvelle formule pour le journal de Spirou. Et pour cause, la Walt Disney Company vient de racheter Dupuis. Le nouveau personnage Mic Mac, symbole de la fusion, est le nouveau héros de la maison. Les cavaliers de l’apocadispe seront désormais dessinés par Goum, Libon restant au scénario. Plein plein plein de nouveautés dans ce numéro dont la date de parution en dit long sur le contenu.

 

            Après Zorglub et Champignac, Spip a droit à sa série spin off sous la houlette de l’épatant dessinateur animalier Dav. Les premières planches sont splendides.

 

            Quant aux abonnés, ils pourront aller faire leurs courses avec des masques de Kenza et de Frnck.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Cossu, Bocquet - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Black Squaw : Nighthawk

Créatures : La ville qui ne dort jamais

Spip : Le voleur de printemps

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) : Le mystère de l’école

Passe-moi l’ciel

Tif et Tondu (Les nouvelles aventures de)

 

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Cartoon de Johan de Moor (La pause-cartoon)

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Editar (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Frnck

Jeunesse de Fantasio (La)

Mic Mac

Requin et Rouquine

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Vacheries des Nombrils (Les)

Zorglub

 

 

Rubriques :

 

Coaching BD (Le) : Barbucci coache Dodier

Coin des lecteurs (Le) : Nicolas Kéramidas

En direct des srtudios : Merci Disney !

Evénement : édito par Julien Papelier

Interview : Dav

Jeux : Changement de costume pour les héros du journal Spirou ! (James Christ)

 

 

Supplément abonnés :

Masques de Frnck

 

 

En kiosques et librairies le 1er avril 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 02/04/2020.


Source : Bd-best


La vieille est de retour ou La légende de la momie.  Le livre des démons 4

« - Oooh ! Tu remplaces un journaliste qui s’est blessé ? C’est pour ça que t’es venu jusqu’ici ?

- Tu as de la chance. La tournée des temples aura lieu demain matin.

- Et sinon, ce journaliste… Tu crois qu’il pourra écrire un bon article ?

- Je me le demande… Il court toujours après des kappa ou des monstres similaires sans jamais les débusquer. D’après lui, un tengu enlèverait des gens pour les transformer en momies.

- Ha ha ha ! Cette fois on a le droit à un tengu. Ça sort de l’ordinaire. Ton ami journaliste n’est pas loin de la vérité avec son histoire de « momie », même si c’est légèrement différent.

- Hum ? Comment ça ?

- Le mieux reste d’aller la voir. Allez viens, suis-moi. »

 

 

 

 

 

 

Un tengu vivrait dans la forêt de Minashiro et transformerait les villageois qui pénètrent à l’intérieur en momies. Cette légende de la momie est paradoxale pour Shotaro Mononobe, gérant d'un magasin de livres d'occasion et chasseur de démons. Il se rend sur place en se demandant pourquoi ce tengu aurait besoin de transformer en momies les hommes qu’il enlève. Il est parti seul. Son jeune et mystérieux assistant Shiro est resté à la boutique avec Mayu, la jeune fille qu’ils ont recueilli.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Konkichi propose un tome de transition, moins centré sur les démons. On regrettera le rôle secondaire qu’y tient Shiro. On n’a pas droit à son comportement ambigu de dévoreur de démons. L’histoire est néanmoins intéressante et se lit comme un conte traditionnel : une légende, un dieu, un temple, une vénération, et des sacrifices en échange de la tranquillité pour le village.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Le mangaka signe une histoire intelligente et philosophique. Alors que son sujet pourrait prêter à une débauche de scènes d’action et de violence, il prend le contrepied en proposant une réflexion sur les rapports entre les hommes et les dieux. Qui a créé le ou les autres ? Il pose ouvertement la question par le biais d’un des protagonistes : « Si un dieu est créé à partir de la foi, alors peut-être qu’il finira par disparaître si plus personne ne croit en lui. ». Tout un débat.

 

 

 

 

© Konkichi / MAG Garden

 

 

Entre les divinités et les démons, les humains devront trouver leur place. N’importe qui peut-il tuer un démon ? Sont-ils immortels ? Sont-ils invincibles ? Sont-ils seulement vivants ? Gouttez leur sang et vous aurez peut-être des réponses.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

Série : Le livre des démons

 

Tome : 4

 

Genre : Fantastique 

 

Scénario & Dessins : Konkichi  

 

Éditeur : Komikku

 

Nombre de pages : 158 

 

Prix : 7,99 €

 

ISBN : 97823728747455

 



Publié le 01/04/2020.


Source : Bd-best


Le grand fossé.  La nef des fous 10 - La faille

« - Tiens, tiens ! Gonzague de Saint-Plomplon, mon grand argentier ! Vous tombez à point nommé mon cher !

- Toujours, Majesté ! Je suis l’être qui tombe à pic. En quoi puis-je vous être agréable, mon Roy ? Je suis tout ouïe !

- La faille !... Pouvez-vous m’annoncer une date réaliste, crédible et non exagérée du début des travaux ?

- Euh ?... Là ? Tout de suite ?

- Oui ! Là ! Sur le champ ! »

 

 

 

 

 

 

                Une gigantesque fissure traverse le palais d’Eauxfolles. Il est urgent de faire des travaux avant que la situation ne s’aggrave. Cependant, l’urgence technique n’est pas la même que l’urgence pécuniaire. Alors que le grand argentier Gonzague de Saint-Plomplon demande douze semaines de délai le temps que la banque débloque les fonds, le Roy Clément le dix-septième exige un démarrage des opérations pour le lendemain 10 heures ! Ce que le Roy veut, on le met en place. Stop aux tergiversations ! Place aux actions. L’argentier va gérer, ou du moins tenter. Pendant ce temps, dans les bois brumeux du coteau des ormes, le Sergent Bonvoisin et l’Inspecteur Baltimore qui viennent de découvrir un champ de coloquintes illégal tentent d’échapper à des hommes cagoulés. Et la Reine qui a disparu ? Où est-elle passée ?

 

 

 

 

© Turf - Delcourt

 

 

                Le deuxième cycle de La nef des fous suit son cours, ou plutôt sa faille. On retrouve avec un plaisir non dissimulé des personnages maintenant familiers, que ce soit ce bon Roy, les zélés membres des forces de l’ordre ou même le méchant Ambroise.

 

 

 

 

© Turf - Delcourt

 

 

 

Le trait minutieux de Turf sert à merveille ce récit et cette ambiance médiévalo-steampunk. L’artiste est pointilleux mais on n’a jamais l’impression de planches surchargées. C’est fin, tout simplement. Les clins d’œil sont subtils, comme ce triangle rouge inversé barré de blanc que portent les hommes encagoulés et qui n’est autre que le logo des éditions Delcourt. Dans les premiers albums, un message caché était dissimulé dans l’album. Ici, y est-il ? Le trouverez-vous ? On ne l’a pas déniché et on attend votre éventuelle découverte.

                Turf joue avec les découpages et donne au média BD une justification même de son existence. Ainsi, l’échappée en wagonnet du Sergent et de l’Inspecteur à la manière des « Trois chemins » est une planche remarquable.

 

                La quatrième de couverture vaut son pesant de cacahuètes. Des critiques flagorneuses, ou pas, engagent à lire l’album. C’est osé, c’est drôle, et tout n’est pas si faux que ça.

 

 

 

 

© Turf - Delcourt

 

 

                La nef des fous est une petite madeleine de Proust pour les lecteurs de la première heure des éditions Delcourt. La série a contribué à faire de l’éditeur ce qu’il est aujourd’hui.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

Série : La nef des fous

 

Tome : 10 - La faille 

 

Genre : Fantastique 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Turf

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 48

 

Prix :  14,50 €

 

ISBN : 9782413005261

 



Publié le 01/04/2020.


Source : Bd-best


Une institution fait son entrée en BD.  Les grosses têtes 1 - Ils ne respectent plus rien !

« - Oui ! Oui !

DENG DONG DING DONG

- Trop tard, le temps est écoulé.

- Ha ha ha ha !

PLOP !

- Sacha Guitry !

- Dans votre travail, vous avez été exposé à un volume sonore élevé récemment ?

- Comment ? Parlez plus fort ! »

 

 

 

 

 

 

Pas facile pour les oreilles de Laurent Ruquier de sortir indemnes d’un enregistrement des Grosses Têtes. Caroline Diament s’enthousiasme toujours trop vite en croyant savoir les bonnes réponses. Péroni débouche un litron. Mergault répond Sacha Guitry à tout. Et ça rigole à tout-va !

 

Ils sont venus, ils sont (presque) tous là ! Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier qui font le bonheur des auditeurs de RTL tous les jours de 15h30 à 18h débarquent enfin en BD dans un recueil de gags et d’histoires courtes.

 

 

 

 

 © Veys, Coicault - Michel Lafon / RTL

 

 

Pierre Veys n’est pas le premier venu. Le scénariste de l’hilarante série Baker Street et de la désopilante série Philip et Francis prend en main la destinée des Grosses Têtes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il les connaît bien. On retrouve les caractères bien trempés des principaux sociétaires de l’émission. Pierre Bénichou est le pilier. Gare aux spectatrices du premier rang. Roselyne Bachelot court après les rugbymen. Philippe Manœuvre est encore et toujours l’enfant du rock qu’il restera. Jean-Jacques Péroni et Bernard Mabille font office des deux piliers du Muppet Show, le premier n’oubliant jamais son gorgeon, le second étant porté sur la nourriture. Isabelle Mergault affirme sa place pendant qu’Arielle Dombasle fait sa diva et que Chantal Ladessou se croit plus jeune qu’elle n’est. Un peu de Baffie, un soupçon de Marcella Iacub et de Cristina Cordula, des figurations de Jugnot et Gazan.  Il y a aussi Jeanfi Janssens, l’ex-stewart, qui assume sa sexualité et n’hésite pas à draguer ouvertement.

Veys créé des histoires que pourraient vivre les grosses têtes, des studios de la radio jusqu’au week-end champêtre. Cet album n’est pas la BD de l’émission, c’est une BD sur l’émission et la vie en parallèle de ses protagonistes. Pour les auditeurs, c’est comme s’ils partageaient un peu plus la vie de ceux qui les font rire. Pour les autres, ils y prendront quand même plaisir mais passeront à côté de quelques subtilités.

 

 

 

 

 © Veys, Coicault - Michel Lafon / RTL

 

 

Après Stéphane Plaza, profession agent immobilier, Frédéric Coicault reste dans l’audiovisuel. Avec son graphisme rond et pulsé à la Stédo, il dynamise les situations, faisant même des éclats de rire des personnages à part entière. Coicault était géomètre. Ce fan de Franquin en a fait du chemin. Spécialiste des adaptations (Bienvenue chez les ch’tis, les chevaliers du fiel, Balkany company,…), il serait grand temps qu’il fasse autre chose que des séries qui ont un nom pour passer sur le devant de la scène et s’en fasse un. Espérons que les près de deux millions d’auditeurs de l’émission en se transformant en quelques milliers de lecteurs l’aident en cela.

 

Il serait de bon ton de critiquer cet album que l’on pourrait accuser d’être un produit commercial. Ce ne sera pas le cas ici. Et quand bien même il aurait eu des défaut, il a le grand mérite d’amener à la BD des gens qui n’en lisent pas habituellement.

 

 

 

 

 © Veys, Coicault - Michel Lafon / RTL

 

 

                Pierre Bénichou vient de nous quitter. Avec lui, les Grosses Têtes perdent l’un de leurs principaux éléments, l’un des plus drôles, des plus irrévérencieux et des plus cultivés, la quintessence d’une Grosse Tête. Rendons lui hommage en rigolant avec lui dans cet album. C'est certainement ce qui lui aurait fait le plus plaisir.

 

Les Grosses Têtes sont une famille dont on n’a pas envie de partir une fois qu’on a pris l’habitude de les écouter. Vous ne connaissez pas l’émission de radio ? (Est-ce possible ?) Lisez l’album et amusez-vous à retrouver qui est qui selon les anecdotes racontées. On ne choisit pas sa famille mais on choisit les Grosses Têtes.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Les grosses têtes

 

Tome : 1 - Ils ne respectent plus rien !

 

Genre : Humour

 

Scénario : Pierre Veys 

 

Dessins : Frédéric Coicault

 

Couleurs : Ricardo Manhaes

 

Éditeur : Michel Lafon / RTL

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 12 €

 

ISBN : 9782749938905

 



Publié le 31/03/2020.


Source : Bd-best


De la Patagonie à la plus haute tour d’un Donjon.  Entretiens avec Lewis Trondheim

 

« Très vite j’ai voulu écrire mes propres histoires. Je me suis essayé aux nouvelles. Mais je composais aussi des grilles de mots croisés. Pour écrire, j’ai d’abord utilisé la machine à écrire qui était dans le bureau de mes parents. Ensuite j’ai eu une machine à écrire de la marque électronique Brother, qui offrait la possibilité de revenir en arrière sur au moins 20 caractères, ce qui était tout bonnement incroyablissime. C’est là-dessus que j’ai écrit mes premiers scénarios de science-fiction, découpés comme pour le cinéma, la télévision ou la bande dessinée - mais je pensais ne pas avoir les moyens graphiques de devenir auteur de BD. En tout cas, je voulais raconter des histoires, même si je n’avais aucune certitude d’en faire un métier. »

 

 

 

 

 

 

                Il en a fait du chemin, l’autodidacte Lewis Trondheim. Ce fils de libraire s’est lancé dans le grand bain de la bande dessinée en réalisant une histoire de cinq cent planches. C’était Lapinot et les carottes de Patagonie. Depuis, cent soixante albums sont parus, des petits, des gros, chez des petits éditeurs ou dans de grandes maisons. Et si l’homme a une qualité qui dépasse toutes les autres, c’est bien la fidélité, et notamment la fidélité à L’Association qu’il a cofondée avec d’autres auteurs de bande dessinée, maison d’édition pas comme les autres qui l’a lancé, l’a vu grandir et continue à accueillir ses albums comme Les nouvelles aventures de Lapinot ou encore ce formidable livre d’entretiens, pavé de trois cents pages qui retrace toute la carrière de l’auteur, sous la houlette d’un des plus grands spécialistes de la bande dessinée Thierry Groensteen.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                Lewis Trondheim est un auteur humble et discret, pas vraiment le style à étaler sa vie dans une monographie. Et pourtant, il l’a fait. La seule condition était que ce soit son ami Thierry Groensteen qui mène la danse. Des préambules à ces premières créations jusqu’à ses dernières productions, tout, tout, tout, on apprend tout sur Trondheim et son œuvre. A travers douze chapitres, l’auteur se confie sans filtre. Pour tous ceux qui l’ont rencontré et l’on entendu parler, on reconnaît le son de sa voix au travers de ses réponses.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                D’Approximate Continuum Comics aux Petits riens, de nombreux albums de Lewis sont autobiographiques. Il s’y représente sous la forme d’un aigle humanisé au regard sombre. Ce sont eux qui ont fait son originalité et son succès, d’abord dans le milieu underground de la BD, puis en intégrant les catalogues des grands éditeurs. En passant de L’Association, Le Lézard et Cornélius à Dargaud, Delcourt et Dupuis, Trondheim a réussi le transfert. Mais alors que nombre de ses collègues prennent cette voie en sens unique, Lewis n’a jamais oublié d’où il vient. Les nombreuses vies de Lapinot en témoignent, lui qui revient à L’Asso après y être né et avoir connu le succès chez Dargaud, le voici de retour au bercail.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                Depuis Mildiou, on connaît l’amour de Trondheim pour le médiéval et l’Héroïc-Fantasy. Mais celle de Donjon ou de Ralph Azham n’est pas celle avec des gros barbares qui tapent sur tout ce qui bouge sans réfléchir et sans raison comme on en voit souvent. Trondheim ne prend pas ses lecteurs, jeunes ou moins jeunes, pour des idiots. Le monde de Ralph Azham n’est pas celui de Game of thrones mais c’est un monde d’adulte. Il ne cherche pas à enjoliver les choses, mais pas non plus à enfreindre telle ou telle limite.

 

 

 

 

© Groensteen, Trondheim - L’Association

 

 

                Outre ses activités classiques d’auteur de BD, Lewis Trondheim a toujours été très investit dans son milieu professionnel. Il est l’un des membres fondateurs du Syndicat des auteurs de Bande dessinée. Il est aussi le créateur du personnage du Fauve, mascotte du festival d’Angoulême depuis 2006. La ville l’a mis a l’honneur cette année dans une superbe exposition  rétrospective « Lewis Trondheim fait des histoires », qui aurait dû être visible jusqu’au mois de Mai, et qui, on l’espère, sera prolongée après le confinement que nous vivons.

 

 

 

 

Photo © Laurent Lafourcade

 

 

                Thierry Groensteen interroge Lewis Trondheim de manière méticuleuse. Aucun pan de sa carrière ne reste dans l’ombre. Et pour mieux éclaircir l’ensemble, l’enquêteur agrémente son livre des témoignages de douze camarades de jeu de Trondheim : Harry Morgan, Jean-Pierre Duffour, Matthieu Bonhomme, Appollo, Nicolas Kéramidas, Joann Sfar, Obion, Jochen Gerner, Mathieu Sapin, Stéphane Ory Hubert Chevillard, ainsi que l’incontournable coloriste et compagne de Lewis : Brigitte Findlaky.

 

 

 

 

Photo © Laurent Lafourcade

 

 

                Entretiens avec Lewis Trondheim, par Thierry Groensteen, est un ouvrage indispensable, non seulement à tous les lecteurs, fanatiques ou occasionnels, du dessinateur, mais aussi à tous les curieux qui veulent découvrir comment on devient auteur de bande dessinée.

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Entretiens avec Lewis Trondheim 

 

Genre : Interview

 

Auteur : Thierry Groensteen 

 

Dessins : Lewis Trondheim 

 

Couleurs : Brigitte Findlaky

 

Éditeur : L’association

 

Nombre de pages : 302

 

Prix : 26 €

 

ISBN : 9782844147691

 



Publié le 30/03/2020.


Source : Bd-best


Polar cinématographique sous l’occupation.  Retour de flammes 1 - Premier rendez-vous

« - Commissaire Lange ? Ludolf Jäger. Gestapo.

- Qu’est-ce qu’un homme de la police secrète allemande vient faire dans notre enquête ?

- Il s’agit du deuxième acte terroriste de ce type en quelques semaines et, vraisemblablement, commissaire, vous n’avez guère avancé dans vos investigations.

- Un acte terroriste ?

- Les pellicules incendiées sont par deux fois celles de films allemands. La première fois, les bobines du Président Krüger de Hans Steinhoff sont parties en fumée dans la cabine du Louxor, cette fois, celles du chef-d’œuvre Le Juif Süss. Il s’agit clairement d’un acte délibéré contre la production cinématographique allemande, et donc contre les intérêts du Reich. »

 

 

 

 

 

 

 

Paris. Septembre 1941. Un individu va de cinémas en cinémas pour incendier les bobines de films allemands. Aussitôt son acte fait, il appelle anonymement les pompiers pour qu’ils arrivent sur les lieux avant que le cinéma ne brûle. Pressés par la Gestapo, le commissaire Lange et son adjoint l’inspecteur Goujon mènent l’enquête dans le Paris occupé, entre les repas dans lesquels se montrent les hauts gradés du IIIème Reich et les cabarets cachés pour qui le spectacle continue. Et lorsqu’une danseuse du Shéhérazade est retrouvée assassinée dans son appartement, les événements prennent une tout autre tournure.

 

 

 

 

 © Grande, Galandon, De Cock, Merle – Glénat

 

 

Laurent Galandon est un spécialiste de la Seconde Guerre Mondiale. On l’a vu avec, entre autres, L’envolée sauvage. Il est un amoureux du cinéma. On l’a vu avec La parole du muet. Avec Retour de flammes, il conjugue les deux thématiques dans un polar en cinémascope. Annoncé comme un diptyque, l’histoire est construite comme un film de cinéma. Les personnages ont des caractères bien définis avec des faces mystérieuses. Lange converse avec le fantôme de Madeleine, une actrice qui semble avoir été sa compagne. Goujon apparaît comme le mari modèle mais souffre manifestement d’une homosexualité non assumée. Les protagonistes secondaires ont eux aussi leurs secrets. Qui sont Clotilde et Elisabeth, la jeune femme et la petite fille, qui viennent s’installer dans l’appartement voisin de chez Engelbert Lange ?

 

 

 

 

 © Grande, Galandon, De Cock, Merle – Glénat

 

 

Films de propagande et orduriers pamphlets antisémites sont montrés du doigt dans ce récit d’époque. Au-delà de ça, l’implication d’acteurs stars de cette période trouble dans les films qui continuent à se tourner pose question. Dans Retour de flammes, on croisera entre autres Suzy Delair, Pierre Fresnay, Danielle Darrieux, Harry Baur, Fernandel, ainsi que le réalisateur Henri-Georges Clouzot. Les activités de la société de production La Continental laisseront des tâches dans le CV de nombreux gens du métier.

 

Alicia Grande réalise là son premier album. La scène d’ouverture donne le ton et immerge dans l’ambiance cinématographique du récit. L’angoissante salle de cinéma vide du Concordia dans le sixième arrondissement donne le ton. Les personnages sont soignés et là où Grande excelle c’est dans les acteurs célèbres que l’on reconnaît bien sans qu’ils ne soient des caricatures rigides comme on en voit trop souvent.

 

 

 

 

 © Grande, Galandon, De Cock, Merle – Glénat

 

 

 

Les couleurs d’Elvire de Cock, assistée par Jean-Baptiste Merle, privilégient une ambiance semi-sépia, sans en être vraiment, datant le récit dans son époque.

 

Attention, tous les acteurs sont en place ? Silence, on lit !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Retour de flammes

 

Tome : 1 - Premier rendez-vous

 

Genre : Polar

 

Scénario : Laurent Galandon 

 

Dessins : Alicia Grande

 

Couleurs : Elvire de Cock & Jean-Baptiste Merle 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9782344018804

 



Publié le 30/03/2020.


Source : Bd-best


De la bonne BD d’action populaire.  Tango 4 - Quitte ou double à Quito

 « - Toujours passionné d’histoire à ce que je vois, John ?

- Reyes ?

- Tu es content de me revoir, ça fait plaisir. Enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Borgès.

- Vous connaissez mon nom ? Qui êtes-vous ?

- Tom Reyes. Et voici Shannon Serra, mon adjointe. John a dû vous parler de moi, non ? John et moi nous connaissons depuis longtemps. Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Un garçon fiable, avec un sang-froid remarquable, mais je crois que vous avez eu l’occasion de vous en rendre compte…

- Qu’est-ce que tu fabriques ici, Reyes ? Du tourisme ? Je croyais que nous étions quittes.

- Nous étions quittes. Maintenant, tu vas avoir une dette envers moi. Je suis venu te prévenir d’un danger. Carmen est dans les parages. Elle sait que tu es ici et elle te cherche. Il semble qu’elle nourrisse de très mauvaises intentions à ton égard. »

 

 

 

 

 

 

Alors qu’ils croyaient être à l’abri en Equateur, John Tango et Mario Borgès sont rattrapés par leur passé. Reyès veut que Tango travaille à nouveau pour l’agence fédérale afin de faire tomber Carmen et la retourner pour mettre la main sur tout le réseau.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

Philippe Xavier voulait son Bernard Prince ou son Bruno Brazil. Il l’a. Tango possède l’ADN des meilleures séries de la grande époque du Lombard. Les héros à la Greg en ont encore sous la pédale. La BD d’action populaire n’a pas dit son dernier mot et c’est tant mieux. Fils spirituel de Vance, Hermann et Giraud, Xavier a été biberonné par ces grands maîtres et sa carrière prend le même chemin que ses modèles. Après Croisade, Conquistador et Hyper 1709, le dessinateur a sous son crayon un personnage dont la carrière n’est pas prête de se terminer et dont l’originalité est de parcourir le monde, ce qui lui permet de dessiner des paysages exceptionnels.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

C’est Xavier lui-même qui a imaginé le personnage de John Tango et qui a demandé à Matz de participer au scénario. Le scénariste du Tueur l’accompagne dans des brainstormings pour construire le squelette de chaque histoire, puis apporte son savoir-faire du découpage et écrit tous les dialogues.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

Tango et Borgès, non contents de former un duo de choc, rappellent non seulement certains de leurs camarades du neuvième art, mais aussi du septième. Belmondo aurait très bien pu interpréter Tango. On pense aussi au duo Lanvin-Giraudeau dans Les spécialistes de Patrice Leconte lorsque ça canarde de tous les côtés et que Borgès se retrouve suspendu à une falaise.

 

Bref, avec un titre comme Quitte ou double à Quito, Tango, c’est Bruno Brazil croise la route d’OSS117.

 

 

 

 

 © Matz, Xavier - Le Lombard

 

 

 A noter qu’une version grand format en noir et blanc est parue.

 

Interview de Philippe Xavier :

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Tango

 

Tome : 4 - Quitte ou double à Quito

 

Genre : Humour fraternel

 

Scénario : Matz 

 

Dessins : Philippe Xavier

 

Couleurs : Jérôme Maffre

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,45 €

 

ISBN : 9782803676842

 



Publié le 29/03/2020.


Source : Bd-best


Simenon  et Chandler sont dans un bateau.  De l’autre côté de la frontière

« - C’est exact, Shérif, Miss Doucet, ma secrétaire, et moi sommes passés boire un verre au Cielito Lindo hier soir. Nous ne sommes pas restés.

- Jusqu’à 21, d’après mes informations. Le meurtre a eu lieu plus tard.

- Un meurtre ?

- Une sale affaire, probablement transfrontalière. Les inspeteurs Fitz et Payola, des polices d'état d'Arizona et du Sonora, ont été détachés pour suivre l'enquête. Mr Combe, avez-vous été en contact avec une fille Dominguez ? Raquel Dominguez. 19 ans, brune. Très jolie. » 

 

 

 

 

 


                François Combe, écrivain européen, est installé aux Etats-Unis près de la frontière mexicaine. Trompant allègrement sa femme avec sa servante, il se trouve mêlé malgré lui à une série de meurtres de femmes dont le principal suspect est l’un de ses amis. Cherchant à disculper son compatriote, Combe charge Estrellita, sa servante mexicaine, de mener l’enquête pour lui de l’autre côté de la frontière.

 

 

 

 

© Berthet, Fromental, David - Dargaud

 

 

                Jean-Luc Fromental s’est inspiré du séjour de Simenon aux Etats-Unis dans les années 40 afin d’écrire un scénario sur mesure pour Philippe Berthet. On connaît l’amour de celui-ci pour les Etats-Unis. Depuis le Privé d’Hollywood jusqu’à son XIII Mystery, en passant sur la route de Selma ou dans l’œil du chasseur, sans compter la saga Pin-Up, Berthet était le plus à âme pour illustrer cette immersion dans le Sud des Etats-Unis à la frontière du Mexique. Fromental est un scénariste rare. Il a signé l’un des meilleurs albums de tous les temps avec Mémoires d’un 38 pour Franz, l’excellente biographie d’Hergé dessinée par Stanislas ou plus récemment Le coupe de Prague chez Aire Libre.

 

 

 

 

© Berthet, Fromental, David - Dargaud

 

 

                De l’autre côté de la frontière est un hommage aux grands auteurs de polars, puisque le personnage principal en est un. Outre celle de Simenon, les ombres de Raymond Chandler, Dashiell Hammett ou encore Chester Himes planent sur cet ouvrage. Avec un lieu judicieusement choisi, à savoir près d’une frontière, l’enquête prend un tournant spécifique, le destin des expatriés jouant un rôle primordial dans cette histoire de tueur en série.

                Avec une explication finale à la Tillieux digne des meilleurs épisodes de Félix, Fromental ne s’embarrasse pas de détours et conclue de manière sentencieuse.

 

 

 

 

© Berthet, Fromental, David - Dargaud

 

 

                Le graphisme semi-ligne claire semi-réaliste de Berthet dépeint le petit monde de la ville de Nogales où les richards côtoient les putes, où les gens d’Hollywood viennent discrètement assumer leurs travers. Les couleurs cafés et feutrés de Dominique David ambiancent à merveille l’atmosphère du polar.

 

                Avec cet album, Philippe Berthet poursuit une œuvre riche et cohérente qui fait de lui une valeur sûre à présent classique, au même titre qu’un Juillard ou un Boucq dans leur style. Il mériterait la même notoriété.

 

                Les auteurs nous en disent plus dans les vidéos suivantes :

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : De l’autre côté de la frontière 

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Jean-Luc Fromental 

 

Dessins : Philippe Berthet 

 

Couleurs : Dominique David 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 72

 

Prix :  15,99 €

 

ISBN : 9782505084648

 



Publié le 28/03/2020.


Source : Bd-best


Entrez dans la Twilight Zone.  L’instant d’après

« -  Blandine ?! Tu n’étais pas aux States ?

- Je suis revenue. J’ai sauté dans le premier avion et je suis revenue.

- Mais ?... Comment ? Je veux dire… Tes parents n’ont été avertis que tard cet après-midi.

- J’avais été avertie avant eux. J’ai ressenti qu’il arrivait quelque chose à ma sœur. A 7000 kilomètres de distance. Je sais que ça doit te paraître incroyable !

- Pas plus que ce qui m’est arrivé ! Je roulais, Blandine… Enfin !... Nous roulions sur l’autoroute. Aline m’a demandé une cigarette. Et puis… Elle n’était plus là !

- Comment ça, « plus là » ?

- Plus là ! Plus dans la voiture ! Disparue ! Volatilisée ! Elle était là et puis…l’instant d’après... »

 

 

 

 

 

 

 

                Blandine Lefranc est effeuilleuse dans un bar de Charleston en Caroline du Sud. Après avoir eu le pressentiment qu’il était arrivé quelque chose à sa sœur Aline, elle débarque en France. Son beau-frère est sur un lit d’hôpital après un accident de voiture. Sa sœur, elle, s’est volatilisée juste avant l’impact. C’est du moins ce que prétend son mari. Ce dernier devient le principal suspect de sa disparition. Partout ailleurs, d’autres personnes s’effacent comme par magie. Aidé par un prisonnier incarcéré justement pour la « dissolution » de sa femme, Blandine mène l’enquête. Elle qui a toujours été le vilain petit canard de la famille opposée à une sœur harpiste retrouvera-t-elle grâce aux yeux de ses parents ?

 

 

 

 

 

© Maltaite, Zidrou - Dupuis

 

 

                Zidrou signe encore une fois un one shot dont il a le secret : une histoire originale, un déroulement inattendu et un final imprévisible. Zidrou a été élevé avec les épisodes de la Quatrième dimension, The Twilight Zone en VO, dans l’émission Temps X des frères Bogdanov. Ces récits réalistes dans lesquels pointent un soupçon de fantastique, juste ce qu’il faut, pas plus, étaient tous des petites pépites. Aujourd’hui, tant d’années ont passé, Zidrou en écrit un nouvel épisode, et il débute dès le dessin de la page de titre.

                Le récit est précisément daté. Le Parisien est encore « libéré », un Paris Match avec les premiers pas de l’homme sur la lune traîne dans le coin d’une cellule, Pierre Tchernia et Roger Lanzac sont des vedettes du petit écran, et puis il y a ce vibrant hommage à Martin Milan, personnage culte de Christian Godard. Le gendarme gardant la chambre d’hôpital lit le numéro de Pilote du 24 juillet avec Norbert et Kari (deuxième hommage à Godard) en couverture. Pas de doute, on est en 1969.

 

 

 

 

© Maltaite, Zidrou - Dupuis

 

 

                Après la trilogie des Fantômes de Knightgrave, les héritiers de Rosy ayant sabordé pour des histoires de droits un nouvel épisode de la reprise de Choc intitulé Plein Gaz, Eric Maltaite rebondit de plus belle avec ce déroutant et formidable album. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les « Plein gaz », il les met. Les scènes d’action rappellent les meilleurs moments de 421 (dont Dupuis a laissé l’intégrale en plan après la sortie du tome 1). L’accident de voiture, on est dedans comme on était dans celui de Piccoli dans Les choses de la vie. Il en va de même pour les scènes intimistes de Blandine dans l’appartement de sa sœur. On y est, avec elle.

 

 

 

 

© Maltaite, Zidrou - Dupuis

 

 

                L’instant d’après est un titre très judicieusement choisi. Il concerne non seulement l’histoire que vivent les personnages, mais aussi le lecteur pour qui l’instant d’après la lecture de la dernière planche entame une réflexion sur la « Twilight Zone » dans laquelle les auteurs l’ont invité.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

One shot : L'instant d'après

 

Genre : Mystère 

 

Scénario : Zidrou 

 

Dessins & Couleurs : Eric Maltaite 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56

 

Prix :  14,50 €

 

ISBN : 9782800170794



Publié le 28/03/2020.


Source : Bd-best


Cousin, Tonton, mais surtout Père, tout à la fois pour un indic’.  Gost 111

« -  Toi, t’as une tête qui plaît au malheur. Bon, t’as compris qu’ici c’était pas le commissariat du coin, c’est la PJ. On fait des grosses affaires, des trucs que tu vois à la télé après. T’es embarqué dans un machin, mon pauvre. T’as pas l’air de piger. Mais si t’es pas trop débile, t’as compris que c’est une affaire de stups, non ? Tu vas partir au trou. Ça va être ta première. Tu vas adorer.

- Mais j’ai rien fait, Monsieur !

- Hum… t’étais au volant d’une bagnole avec de la came dans le coffre !

- Oui mais…

- Discute pas, aucun avocat ne pourra contester ça ! Et puis joue pas les débiles, ça me saoûle. »

 

 

 

 

 

 

                Goran Stankovic traîne dans des trafics louches de banlieue. Pincé lors d’une descente de police, il est interrogé par un flic véreux de la PJ. Plutôt que de l’embastiller, ce dernier lui propose de devenir un indic. Il est bien implanté dans la cité, il connait bien les gens. Cette collaboration pourrait peut-être lui permettre d’améliorer son morne quotidien entre sa mère vieillissante et sa gamine malade.

 

 

 

 

© Scala, Eacersall, Mousse - Glénat

 

 

                Mark Eacersall écrit d’habitude pour la télévision. Henri Scala est le pseudo d’un ancien commissaire de police. Les deux scénaristes présentent un polar noir digne des meilleurs films d’Olivier Marchal. Plus qu’une histoire, Gost 111 est une chronique.  Le terme Gost vient des deux premières lettres du prénom et du nom de l’indic, suivi d’un nombre administratif. Ça se passe comme ça dans les renseignements. Les auteurs nous emmènent au cœur du trafic d’armes dans les cités. Personne n’est ni tout blanc ni tout noir. Les flics ne sont pas exempts de ripoux. Goran n’est pas un truand. Ce qui l’importe c’est le bonheur et la santé de sa fille. Et quand son ex-femme pointera le bout de son nez, il devra redoubler d’ingéniosité pour qu’elle ne s’immisce point trop dans la vie qu’il s’est faite.

 

 

 

 

© Scala, Eacersall, Mousse - Glénat

 

 

                Des couloirs de la PJ aux terrains vagues des louches rendez-vous, le dessinateur Marion Mousse dépeint les ambiances dans un graphisme gros nez. Les scènes de nuit et les descentes de police bénéficient de cadrages percutants et de clairs obscurs aveuglants. Il y a de la couleur mais l’album aurait pu se suffire en noir et blanc.

 

 

 

 

© Scala, Eacersall, Mousse - Glénat

 

 

                A l’instar d’un David Evrard sur Irena, Marion Mousse fait passer énormément d’émotion avec son trait non réaliste. Même si l’histoire de Scala et Eacersall n’est, elle, qu’inspirée de situations réelles, contrairement à la série extrêmement proche des faits d’Evrard, Morvan, Trefouël et Walter, cela fait de Gost 111 pour le monde des indics dans la police ce qu’Irena est pour la Shoah : un incontournable.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

 

One shot : Gost 111 

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Henri Scala & Mark Eacersall 

 

Dessins & Couleurs : Marion Mousse 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 200

 

Prix :  22,50 €

 

ISBN : 9782344026977

 



Publié le 26/03/2020.


Source : Bd-best


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