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Leçons de vie.  Et pourtant elles dansent...

 

 

                  « - J’arrive d’abord à Saint-Malo, chez ma sœur qui est naturalisée française. Elle s’est mariée il y a longtemps et son mari est quelqu’un d’agréable. Au Cameroun ? J’ai validé mon bac plus 4, en droit des affaires… Et puis j’ai passé des concours mais il n’y avait pas de travail. Alors avec l’aide de ma famille, j’ai pu venir en France. Je me disais qu’avec mon niveau d’études, je pourrais trouver un emploi, payer des impôts… J’avais envie d’exister… Mais à l’arrivée, j’étais face à d’autres réalités. »

 

 

 

 

 

Elle sont déracinées, et pourtant elles dansent…

Elles ont tout quitté, leur pays, une partie de leur famille, et pourtant elles dansent…

On les a brisées, et pourtant elles dansent…

Certaines n’ont plus d’identité, et pourtant elles dansent…

Elles réclament le droit d’asile, et pourtant elles dansent…

 

Au sein de l’association Femmes en Luth, à Valence, des femmes immigrées venant de divers pays racontent à tour de rôles à Vincent Djinda, l’auteur, leurs parcours de vie.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

Au travers d’un album témoignage, Djinda livre de manière brute et objective les aventures, avec tout le côté tragique que ce terme pourrait avoir, de ces femmes réfugiées en France. Leurs conditions de victimes ne les empêchent pas de culpabiliser. D’Afrique ou du Kosovo, de Tchétchénie ou d’Albanie, elles ont pris le risque de tout quitter pour un El Dorado qui n’est pas aussi rose que ce qu’elles espéraient.

 

Il se dégage de leurs récits dramatiques de véritables leçons de vie. Pourquoi un beau (?) jour  ont-elles été contraintes de fuir ? Comment ont-elles décidé de ne pas baisser les bras, de se battre et d’aller de l’avant ?

 

Dans un graphisme au lavis et une uniformité de tons proche du sépia, Vincent Djinda semble mettre un filtre entre ces femmes et le lecteur. Mais il ne faut pas voir ce filtre comme une barrière. C’est une paroi poreuse qui à la fois aide à supporter les histoires violentes que l’on absorbe de plein fouet, mais aussi semble protéger les témoins face à un monde occidental qu’elles intègrent mais qui ne les accueille pas à bras ouverts.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

Dans les yeux de ces femmes, la pupille et l’iris se confondent comme dans une recherche d’identité, comme si elles attendaient que la France fasse briller leurs regards et leur redonne des couleurs pour des lendemains qui chantent.

 

Comme un rappel à l’espoir, Gift, enfant turbulent, illumine les rencontre de son sourire communicatif symbole d’avenir.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » Cet extrait de Rougeur des matinaux, de René Char, chapitre un ouvrage engagé, émouvant et qui donne l’envie d’ouvrir les bras.

 

Et pourtant elles dansent… est un livre vecteur d’humanité.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Et pourtant elles dansent…

 

Genre : BD-reportage

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Djinda

 

Éditeur : Des Ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 280

 

Prix : 28 €

 

ISBN : 9782374180403

 



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4219 -  20 Février 2019

 

Nelson & Floyd, la langue bien pendue !

 

            Il est de séries comme le bon vin, qui s’améliorent en vieillissant. C’est le cas de Nelson, le diablotin de plus en plus drôle. C’est à croire que l’art du strip, c’est comme le sport. Plus on s’entraîne, meilleur on est. Bravo Bertschy !

 

 

 

 

            Côté récits complets, Laudec et Cauvin nous livrent une adorable histoire émouvante de Cédric, et une nouvelle dessinatrice Arianna Rea illustre Rocky Mozart, sur un scénario du toujours excellent Makyo (que l’on aimerait lire plus souvent dans Spirou).

 

            Saluons la fin de Pebble’s Adventures. Ce petit caillou nous aura enchanté. Sa publication en deux planches hebdomadaires a rappelé le bon vieux temps où la quasi-totalité des séries étaient publiées sous ce format là, ce qui permettait de garder ses héros dans les pages du journal pendant plus de quatre mois.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Deglin – Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Avant : Mumu la bâtarde

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Pebble’s Adventures

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Le cake

Rocky Mozart : Boxissimo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Cramés !

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Kahl & Pörth

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Page 12 bis

Roger et ses humains

Tash et Trash (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin du lecteur (Le) : Bienvenue dans mon atelier ! Henriet

Interview : Bertschy

Leçon de BD (La) : Neidhardt

En direct du futur : Emile Bravo

Pic & Zou : Bat-Pic

Spirou et moi : David De Thuin

 

 

Supplément abonnés :

Autocollants : Crapule

 

 

En kiosques et librairies le 20 Février.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


Cachez cette société que l’on ne saurait voir.  Les nuisibles

 

 

  « - Tu places les cartons comme ça, le long du mur à côté des poubelles. Les vacanciers se plaignent, ils ont peur. La direction ne me lâche pas la grappe !

- Qu’est-ce que c’est ?

- De la colle. C’est ce qu’il y a de plus efficace. Regarde bien comment je l’étale en zigzag… Les touristes ne doivent pas tomber sur les cadavres. Il faut venir les ramasser à l’aube. C’est à toi de le faire. En fait, c’est simple : tu dois cacher ce que les gens ne veulent pas voir. Je peux te faire confiance ?

- Euh… oui. »

 

 

 

 

 

 

 

Dès son plus jeune âge, au port de plaisance, Bruno a appris la technique pour se débarrasser des « nuisibles ». Ennio lui a montré comment attraper les rats à la colle. Mais il fallait impérativement faire disparaître les cadavres dès l’aube.

 

Aujourd’hui, Bruno est gardien de péage sur un pont dans la plaine du Pô en Italie. Il est ami avec Maria. Mais les enfants de la dame veuve souhaitent qu’elle quitte son logement isolé pour les rejoindre à la ville. Pas loin de là, sur un chantier, Anton se blesse en tombant d’un échafaudage. Il fuit le refuge dans lequel il est soigné avec l’argent de la caisse. Anton se cache dans une cabane près du fleuve appartenant à Maria.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Comme les nuisibles, ces gens-là sont des personnes que la société ne veut pas voir. Anton, travailleur au noir immigré : nuisible. Bruno, enfant du pays, viscéralement attaché à sa terre qu’il ne quitterait pour rien au monde : nuisible. Maria, retraitée qui ne peut plus vivre seule : nuisible.

 

Mais depuis son enfance, Bruno a appris que les nuisibles, on les fait disparaître parce qu’il n’est pas de bon ton qu’on les voit.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Les nuisibles est la chronique du travail illégal et de la campagne désertifiée qui devient le terrain des rejetés de la société.

 

Piero Macola, en fin analyste, illustre les fêlures d’un monde qui se perd et qui se cherche. Ses personnages voudraient maîtriser leurs destins mais ils n’ont pas les cartes en main. Ses crayons de couleurs apportent un côté carnet de croquis qui donne l’impression d’être une caméra embarquée dans un reportage télévisé, comme dans feu l’émission Strip-Tease, au plus près des acteurs de la vie de tous les jours.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Entre Davodeau pour son côté réaliste ouvrier et le Troub’s de Mon voisin Raymond pour l’attachement que l’on peut avoir aux gens de la campagne, Macola est le témoin d’une société qui ne maîtrise plus son avenir.

 

Bruno et Anton semblent sortis d’une fable de Lafontaine. Bruno est la fourmi travailleuse qui avance quelques soient les embuches. Anton est la cigale qui va où le vent la porte, et en l’occurrence d’abord pour trouver du travail, puis pour fuir les poches pleines.

 

Les personnages vont voir leurs destins bouleversés et se retrouveront dans un chemin de vie qu’ils n’auront pas forcément ni choisi ni rêvé et qu’ils ne pourront pas rebrousser.

 

Le fleuve se fout des règles. Il décide quand, comment et où finissent les histoires.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Les nuisibles

 

Genre : Chronique sociale

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Macola

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9782754814829

 



Publié le 14/02/2019.


Source : Bd-best


The artist with grandes oreilles.  Les nouvelles aventures de Lapinot 2 – Les herbes folles

 

 

                   Lapinot marche dans les rues de la ville. Anonyme et seul, il se désespère des poubelles dégorgeant de détritus. Il se réjouit du regard émerveillé d’un enfant regardant des chiots à la vitre d’une animalerie.

 

 

 

 

 

                  Lapinot est un passant comme un autre. L’un d’eux marche en regardant son smartphone, une autre traîne son gamin qui braille. Lapinot vit dans la ville et la ville vit autour de Lapinot. Le lagomorphe est un urbain.

 

 

 

 

© Trondheim—L’association

 

 

 Mais lorsque dans la ville, la nature semble vouloir reprendre ses droits et que personne ne le remarque, Lapinot n’y comprend plus rien. Les herbes folles envahissent la cité, mais les autres gens ne semblent pas le percevoir. Allo, Richard ? Mais que se passe-t-il ?

 

  Lewis Trondheim présente un album pas comme les autres, c’est-à-dire comme et pas comme la moitié des albums qu’il signe. Alors que le lapin avait regagné son clapier de l’Association pour le grand retour de ses nouvelles aventures dans un format 48 cc tout à fait classique ‘sauf à l’Asso), il est toujours dans sa maison d’origine mais dans un minuscule mais épais fascicule de la taille d’un téléphone.

 

 

 

© Trondheim—L’association

 

  En 2018, Lewis s’est lancé le défi de réaliser un dessin par jour sur Instagram. Tout cela a fait une épatante aventure muette de son héros fétiche.

 

  Fable écologique, Les herbes folles entraîne Lapinot dans une quatrième dimension. Pourquoi les passants sont-ils si impassible alors que la ville est dévorée par la nature ? La dramaturgie va crescendo jusqu’à l’entrée en scène de son ami Richard Mammouth dont l’humour et la désinvolture rassureraient le plus stressé des stressés. Mais lorsque ce dernier va se rendre compte que Lapinot ne débloque pas totalement, il va lui-même commencer à flipper. Les deux copains vont se retrouver à naviguer entre deux mondes, à l’instar du Docteur Strange.

 

  L’album est aussi l’occasion pour Trondheim d’aborder de thèmes divers et variés comme la place de la nature dans la ville (cœur du sujet), la pollution par les ondes ou les maléfices tribaux. Avec le couple de personnes âgés, séparés par les événements, il montre également que le temps peut passer, l’amour reste plus fort que tout.

 

 

 

 

© Trondheim—L’association

 

 

  Lapinot est définitivement relancé dans de nouvelles aventures. Il n’est pas près de s’arrêter là et n’a pas fini de nous surprendre quant au format de ses aventures.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les nouvelles aventures de Lapinot

 

Tomes : 2 – Les herbes folles

 

Genre : Aventure urbaine

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Trondheim

 

Éditeur : L’association

 

Nombre de pages : 368

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9782844147387

 



Publié le 12/02/2019.


Source : Bd-best


Seuls contre un virus.  Green Class 1—Pandémie

 

« - Allez, en route ! Il y a un bus qui nous attend !

- On n’a rien ? On peut vraiment partir ?

- Oui, tous les tests sont négatifs. On est libres…

- Noah aussi ?

- Non, je suis navré. On va devoir partir sans lui…

- Quoi ?! Non, c’est hors de question. On ne peut pas l’abandonner !! »

 

 

 

 

 

 

                 Six adolescents canadiens sont coincés en Louisiane à cause d’un virus mortel transformant les humains en monstres végétaux. Bien sûr, ils auraient pu fuir avant qu’il ne soit trop tard. Mais ils n’ont pas voulu laisser tomber celui d’entre eux qui a  été infecté. Les voilà confinés, comme bon nombre de personnes, dans une zone de quarantaine.

 

 

 

 

© Hamon, Tako - Le Lombard

 

 

Chacun des 6 élèves du groupe a un caractère bien déterminé. Noah, infecté par le virus, est un Quasimodo qui essaye de maîtriser sa condition de monstre. Mais le mal progresse. Il mute. Les heures sont comptées. Sa sœur Naïa se découvre une âme de leader. Elle va prendre les choses en main et endosser un rôle à la Rick Grimes (The Walking Dead). Linda est restée par amour pour Noah. Mais comment se fait-il qu’elle sache si bien manier les armes ? Sato & Lucas forment le duo Action & Réflexion. Si le premier est un fonceur, l’autre, au QI de 145, est plus cérébral. Beth est plus spectatrice et commentatrice.

 

La zone infectée se trouve barricadée par un mur infranchissable. L’Amérique de Donald Trump est derrière le mur de Green Class. Comme dans tout « survival », le récit n’est qu’un prétexte à l’analyse des rapports humains.

 

 

 

 

© Hamon, Tako - Le Lombard

 

 

Jérôme Hamon et David Tako signent une série qui s’avère d’ores et déjà addictive. Jérôme Hamon fait monter la tension crescendo pendant que David Tako, dans un graphisme réaliste plutôt Comics américains, fait muter les infectés dans des métamorphoses végétales.

 

Green Class est à ranger dans sa bibliothèque entre « Seuls » et « The Walking Dead ».  Côté littérature jeunesse, on peut le mettre aux côtés du Labyrinthe, qui a donné lieu à une saga cinématographique. Côté cinéma, c’est le grand écart entre World War Z et Avatar. Enfin, la bande d’ados de Green Class ne serait-elle pas une variation moderne des enfants perdus de Peter Pan ?

 

 

 

 

© Hamon, Tako - Le Lombard

 

 

La couverture et la maquette sont exceptionnelles. Pour le premier album d’une série, « Pandémie » est long et dense. 64 planches, c’est une générosité assez rare de la part d’un éditeur. Un cahier graphique complète l’album. Comme quoi, quand on veut mettre les moyens pour défendre une série, c’est possible.

 

Le découpage est dynamique. Il n’y a pas de longueur. Le lecteur a de quoi lire. Bien qu’en étant graphiquement éloigné, « Green Class » tient aussi du manga adapté au format franco-belge. On espère qu’un rythme de parution rapide va être adopté.

 

 

 

 

© Hamon, Tako - Le Lombard

 

 

Le cliffhanger final laisse augurer d’un deuxième épisode dans lequel nos héros seront au cœur du danger. La dernière scène est digne d’un grand blockbuster hollywoodien.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Green Class

 

Tome : 1 - Pandémie

 

Genre : Survival

 

Scénario : Hamon

 

Dessins & Couleurs : Tako

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 66

 

Prix : 12,45 €

 

ISBN : 9782803672387

 



Publié le 11/02/2019.


Source : Bd-best


Trap : peau d'(superm)âne

À une semaine d’intervalle, Animal Jack  et Trap ont eu la même idée qu’ils ont décliné sous des formes très différentes. Vous vous souvenez d’Hercule et de sa peau de lion? Nul doute qu’il y a de ça dans le one-shot de Loup Michiels (qui porte bien son prénom) et Mathieu Burniat. Autre chose, aussi.

Résumé de l’éditeur : Notre homme est un trappeur qui vit à l’état sauvage. Notre chien est son seul compagnon. Notre homme acquière le pouvoir des animaux dont il endosse la fourrure. Ensemble, ils partent à la recherche d’un monstre féroce, qui tracera le sillon d’une aventure dans l’immensité de la nature, peuplée d’êtres étranges.

 

 

 

 

© Michiels/Burniat chez Dargaud

 

Sur le mode d’un personnage qui se transforme et prend les traits de tous les animaux possibles et imaginables, pour faire de leurs forces et qualités des super-pouvoirs, Michiels et Burniat troquent le lycée et le ton jeunesse de Animal Jack pour le monde sauvage d’un trappeur bizarre qui n’a pour seule compagnie qu’un chien bleu un peu peureux.

 

 

 

 

© Michiels/Burniat chez Dargaud

 

Et si Animal Jack voyait son héros complètement muet, ici c’est toute l’histoire qui est muette… d’admiration et criante d’audace.


Notre héros est loin d’être herculéen et n’avait rien demandé à personne. Mais quand un éclair de feu rase un village indien, il sent que c’est tout son monde et les étranges bêtes qui le peuplent qui sont menacés. Trappant et traquant, faisant des rencontres loufoques et dangereuses, notre homme de la jungle sera-t-il assez fort pour vaincre la bête des enfers?

 

 

 

 

© Michiels/Burniat chez Dargaud

 

Lu à une vitesse fulgurante, Trap marque le grand retour de l’incroyable Mathieu Burniat à une Bd fun et de fiction, après de superbes ouvrages documentaires et passionnants, toujours capables de sortir du joug de l’information pour y amener l’aspect détonnant. Mais il est vrai que rien n’est plus expressif et créatif qu’une histoire comme Trap. Tout le talent peut s’y exprimer.

 

 

 

 

© Michiels/Burniat chez Dargaud

 

Après s’être questionné sur le meilleur moyen de rendre graphique et attrayants des enjeux de connaissances (parfois complexes, comme la science quantique ou le monde XXL d’Internet), le dessinateur lâche tout et réussit, au format manga, à ménager l’intrigue et les surprises dans une longue course vivante et trépidante. D’une folie créative et créatrice d’émotions fortes et tribales.

 

Alexis Seny

 

Titre : Trap

Récit complet

Scénario : Loup Michiels

Dessin et couleurs : Mathieu Burniat

Genre : Aventure, Fantastique

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 180

Prix : 13€



Publié le 11/02/2019.


Source : Bd-best


Aimer l’Irlande à en mourir, ou l’aimer à en trahir.  Retour à Killybegs

« - Pourquoi je suis là ? Je n’ai aucune raison de vous connaître ou de vous appeler.

- Je vais te raconter une belle histoire, Tyrone. Vos enfants aiment bien les belles histoires, hein ? Les lutins, les leprechauns… Puis, quand il vieillit, l’irlandais rêve de martyrs et de héros. Les héros, c’est essentiel pour ce pays, non ? Tyrone ?

- Bon, je peux partir ?

- Partir ? Bien sûr que tu vas partir. Mais avant, regarde ça. Tu connais ce calibre ? Du .45 ACP, la munition du pistolet-mitrailleur Thompson. Vas y, prends en une.

- Pour mettre mes empreintes ? Vous me prenez pour un con ? »

 

 

 

 

8 janvier 1981, Irlande du Nord. Le lendemain de sa sortie de la prison de Long Kesh où il y séjourna quinze mois, Tyrone Meehan est interrogé par des policiers anglais. Ceux-ci lui apportent la preuve que c’est une balle issue de son fusil qui a tué son ami Danny quelques années plus tôt. Ils proposent un marché à Tyrone : tout dévoiler aux irlandais ou collaborer avec l’Angleterre. C’est ainsi que Tyrone devint « Mon traître ». Il est le ver dans le fruit de la cause nationaliste irlandaise.

 

 

 

 

© Alary, Chalandon– Rue de Sèvres

 

 

Après Mon traître, histoire de l’amitié entre ce « patriote » irlandais et Tony, un violoniste français, attiré et passionné par ce pays à l’identité bien marquée, Retour à Killybegs est la deuxième adaptation d’un roman de Sorj Chalandon par Pierre Alary. Les deux romans racontent en écho la même histoire, vue sous deux angles différents.

 

Les protagonistes sont marqués par la guerre qui rythme leur quotidien, comme ce jour de 1941 où Tyrone vit son premier mort. Il regarda le cadavre, fit comme tout le monde en se signant. Il avait décidé ce jour-là de ne plus être un enfant.

 

 

 

 

© Alary, Chalandon– Rue de Sèvres

 

 

Avoir dès le plus jeune âge le visage marqué d’un veuf, être prêts à mourir les uns pour les autres, choisir de suivre Barabbas en condamnant Jésus, être renié par son propre fils, refuser de porter un uniforme de prisonnier en préférant vivre dans ses excréments, déclarer la guerre à la guerre : la vie de l’irlandais est un chemin de croix.

 

Pierre Alary adapte le roman de Sorj Chalandon en utilisant relativement peu de bulles, privilégiant les cartouches narratifs pour être au plus près de la prose littéraire de l’auteur. Son dessin, faisant l’effet d’être réalisé sur papier à gros grain, donne une impression de reportages télévisés de l’époque. Il utilise, comme pour Mon traître, une palette de couleurs restreinte avec des dominantes, grises, jaunes, orangées, ou encore rouge comme la scène dramatique sur les barricades qui fera basculer la vie de Tyrone. Alary, en quelques traits et quelques brumes, réalise là une planche d’exception au silence assourdissant.

 

 

 

 

© Alary, Chalandon– Rue de Sèvres

 

 

Chalandon, journaliste à Libération, a obtenu le prix Albert Londres en 1988. Il a réalisé plusieurs reportages sur l’Irlande du Nord. En 2008, Mon traître, roman publié chez Grasset, remporte de nombreux prix. Ce roman est largement inspiré de sa vie. Le luthier Tony est le représentant du journaliste Sorj. L’irlandais Tyrone Meehan est le pendant de son ami Denis Donaldson.  Retour à Kyllibegs, l’« autre » point de vue publié en 2011, a remporté la même année le Grand Prix du Roman de l’Académie Française.

 

Voici une présentation du roman par l’écrivain :

 

 

 

 

 

 

Retour à Kyllibegs a été adapté en feuilleton radiophonique par Radio France en 2018. On peut l’écouter sur : https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-le-feuilleton/retour-a-killybegs-de-sorj-chalandon-110-eirinn-go-brach-irlande-pour-toujours.

 

Avec le diptyque Mon traître/Retour à Killybegs, grâce à ses dessins empreints d’émotion, sans jamais tomber dans une exhibition inutile de violence, Pierre Alary prouve le plus que peut apporter le medium bande dessinée à une œuvre littéraire authentique.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Retour à Killybegs

 

Genre : Chronique irlandaise

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Alary

 

D’après : Sorj Chalandon

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 148

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9782369814740

 



Publié le 10/02/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4218 -  13 Février 2019

 

 

 

Ça va saigner chez les sapiens !

 

 

 

 

 

 

 


            Yann et Lereculey (re)visitent la préhistoire. Poilante et poilue, leur nouvelle série « Avant » met en scène Mumu la bâtarde, petite fille des temps d’alors, au cœur de sa tribu et des hordes de mammouths qui paissent dans la plaine, mais pas toujours paisiblement.

 

 

 

 

© Lereculey, Yann – Dupuis 

 

 

            Kenny Ruiz est de plus en plus épatant avec les découpages improbables qu’il nous propose pour Télémaque.

 

            Un concours spécial Dad est réservé aux abonnés, mais l’événement de la semaine reste l’interview exclusive de Monica Bellucci dans l’édito. Mais, chuuut ! Nous n’avons pas le droit d’en dévoiler plus.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Pebble’s Adventures

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récit complet :

 

Avant : Mumu la bâtarde

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Capitaine Anchois

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Mini-Mythes (Les)

Minions (Les)

Nelson

Page 12 bis

Roger et ses humains

Tash et Trash (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

Willy Woob

 

 

Rubriques :

 

Coin du lecteur (Le) : Vous êtes mon auteur préféré ! Yoann

Interview : Yann & Lereculey

Leçon de BD (La) : Neidhardt

En direct du futur : Kid Noize

Jeu : Un peu de tenue (Priou & MistaBlatte)

 

 

 

En kiosques et librairies le 13 Février.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 10/02/2019.


Source : Bd-best


I’m a poor lonesome apprenti cow-boy.                                        Walter Appleduck 1 - Cow-boy stagiaire

 

 

            « -Bonjour ! Vous serait-il possible de m’indiquer le lieu où officie le shérif de cette charmante bourgade, je vous prie ?

-          Hein ? Quoi ?

-          Oups, pardon… Alors, voyons… « Hé, l’pouilleux, j’te fiche mon billet que tu sais pas où s’planque cette vieille outre à whisky qu’on ose appeler « shérif » ! » 

-          Tu trouveras ce fennec à l’haleine fétide de tabac à chiquer dans sa passoire à vermine, pied-tendre ! »

 

 

 

 

 

 

Quand on vient de la grande ville et qu’on débarque à Dirty Old Town, mieux vaut se munir du Larousse français-Cow-boy. C’est ce qu’a fait Walter Appleduck qui vient faire son stage pour préparer son master cow-boy. Billy, l’assistant du shérif, va le prendre sous son aile. Benêt à souhait, on ne sait pas bien qui va tutorer qui.

 

 

 

 

© Erre, Fabcaro, Greff - Dupuis

 

 

En effet, le véritable héros de la série, comme dans Chick Bill où Kid Ordinn volait la vedette, c’est bien Billy. Le shérif adjoint est amoureux de Miss Rigby, mais il s’y prend tellement mal que la belle le renvoie dans ses foyers avec force et détermination. Que de soucis, pour Billy ! Et c’est sans compter ce bougre de Rascal Joe qui a l’évasion dans la peau. Au milieu de tout ça, notre Walter prend des notes. Mais l’étudiant n’est-il pas trop pacifique pour devenir cow-boy ?

 

            Les deux Fabrice, Erre et Fabcaro, lancent une série à tirer de rires. Découpé en 10 leçons, l’album est le guide du parfait cow-boy stagiaire, 10 leçons de cinq planches rythmées en gags en demi-planches. De la prise de contact au duel, qui est mieux à deux, de l’égalité, sauf si on a une robe, au presque métier d’artiste, les leçons vont nous apprendre à devenir de vrais petits cow-boys…ou pas.

 

 

 

 

© Erre, Fabcaro, Greff - Dupuis

 

 

            On appréciera les clins d’œil répétés à Lucky Luke. Comme des runnings gags, on croisera un ersatz du cavalier solitaire, on assistera à un tir au revolver plus vite que son ombre, et, en chasseur de prime de luxe, Olive Hank Leef nous envoûtera de son regard ténébreux.

 

            Les couleurs de Sandrine Greff sont indissociables du trait de Fabrice Erre. Délicieusement pop, voire kitsch ou absurdes, elles servent à merveille le monde décalé de Dirty Old Town.

 

 

 

© Erre, Fabcaro, Greff - Dupuis

 

 

            Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Les pages de garde sont un album photos improbable et la quatrième de couverture montre quelques grammes de finesse dans un monde de brutes.

 

            Lecteur, si tu n’aimes pas cet album, tu quittes la ville couvert de goudrons et de plumes, avec un abonnement d’un an à Cowzer.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Walter Appleduck

 

Tome : 1 – Cow-boy stagiaire

 

Genre : Western humoristique

 

Scénario : Fabcaro

 

Dessins : Erre

 

Couleurs : Greff

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 12,50 €

 

ISBN : 9791034732630

 



Publié le 09/02/2019.


Source : Bd-best


Un dernier tour de piste.  Rencontres improbables

 

 

            « - Moi, j’ai fui sous Chirac.

-          Moi sous Sarko.

-          Moi à cause de Hollande.

-          Ça prouve bien que nous, les riches, nous ne sommes pas sectaires. »

 

 

 

 

 

Ils ne font pas de jaloux, les riches. On devrait même les remercier. Qu’est-ce qu’on serait sans eux ? En tous cas, ils nous permettent de bien nous marrer dans le dernier recueil des dessins de Pétillon. Mais alors qu’ils croient qu’on rit grâce à eux, on rit en fait d’eux. Là est l’art du cartoonist qui détourne des situations improbables pour en faire des monuments d’humour.

 

 

 

 

© Pétillon– Dargaud

 

 

René Pétillon nous a quittés en septembre dernier alors qu’il finissait de travailler sur ce recueil. Ces « rencontres improbables » sont la synthèse de tout son art. Dessins, strips, planches, les trois structures qui font l’essence même de la bande dessinée alternent avec justesse comme sur une gamme musicale dans cet album qui résonne aujourd’hui comme un chant du cygne.

 

 

 

 

© Pétillon– Dargaud

 

 

Pétillon venait d’arrêter le dessin de presse pour se consacrer uniquement à la bande dessinée. Il n’aura pas eu le temps de nous offrir de nouvelles enquêtes ratées de Jack Palmer.

 

 

 

 

© Pétillon– Dargaud

 

 

Dans ces « rencontres », on l’a vu, les riches en prennent pour leurs grades, tout comme les flics, les stars, mais aussi les corses, ceux qui essayent de contourner la loi littorale ou qui posent des bombes sans savoir pourquoi. Mais ceux-ci ont le sens de l’humour. N’ont-ils pas été aux premières loges pour se marrer de L’enquête Corse ?

 

 

 

 

© Pétillon– Dargaud

 

 

Le début et la fin de l’album se font écho. L’hommage aux plus grandes séries de bandes dessinées vues par les plus grandes pointures du cinéma est une poilade hors pair. L’épilogue est une déclaration d’amour à Reiser. Pétillon regrettait de ne pas avoir été fichu de lui dire combien il aimait son travail. Il est allé le rejoindre, il a dû le lui déclarer, et ils doivent bien se marrer ensemble là-haut en observant le monde qui ne tourne pas très rond.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Rencontres improbables

 

Genre : Dessins d’humour 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Pétillon

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 64 

 

Prix : 14,99 €

 

ISBN : 9782505075083

 



Publié le 08/02/2019.


Source : Bd-best


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