Nouvelles relatives ŕ la bande-dessinée ou au graphisme
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L’espoir d’un retour.  Sélénie

 

« - Toujours le nez dans les étoiles, Méliès !!

-   Je me fiche bien des étoiles !

-   Ah, encore la Terre ! A quoi bon t’user les yeux, nous ne sommes pas du bon côté !!

-   Bon côté ou pas, si on nous envoie un vaisseau, il faudra bien qu’il se montre !

-   Allons, mon garçon, sois patient ! Je désire autant que toi retourner là-bas, mais il nous faudra attendre encore un peu, l’endroit reste dangereux. »

 

 

 

 

 

 

 

Un dôme lunaire abrite une colonie d’humain ayant quitté la Terre. Cacochyme, machine très bien conçue à l’apparence humaine et au visage en forme de lune raconte à Méliès, petit garçon passionné d’astronomie, comment la planète bleue est devenue le théâtre d’une guerre causée par un certain Antacyclès, fugitif évadé d’une planète prison dans une très lointaine galaxie. Le maudit a érigé une armée puissante grâce à sa force hypnotique et ses compétences technologiques. Les humains ne durent leur salut qu’à l’intervention de Doria et Magis, policiers intergalactiques. Ils armèrent les résistants. Méliès et sa grande sœur Sélénie sont les enfants de Doria et d’un humain. Alors que la guerre continue à ravager la Terre, ils ont été exilés sur la Lune, en compagnie d’autres expatriés, sous la surveillance de Cacochyme. En attendant que la Terre se pacifie, la vie menait son cours sur la Lune… jusqu’au jour où une capsule spatiale alunit.

 

 

 

 

© Lebeault, Lofé - Delcourt

 

 

Quelle bonne surprise que ce conte de Fabrice Lebeault. Loin d’une énième histoire de science-fiction, l’auteur propose un conte spatial avec de multiples références. Certaines sont évidentes, comme Le Baron de Münchausen que Jean Image a mis en scène sur la lune dans Le secret des sélénites en 1982, comme encore Moëbius avec une scène d’introduction que le maître n’aurait pas reniée, comme aussi Hergé dont on aperçoit les Dupondt en combinaisons orange dans un tableau et surtout à cause de la virée en engin sur le sol lunaire. Un « cousin » de Tintin est d’ailleurs installé avec son chien blanc au comptoir d’un bar tout droit sorti du tableau Nighthawks d’Edward Hopper. Le professeur Ortaire, à quelques lettres près, sort de l’univers Jacobs. Ajoutons à tout cela la littérature de Jules Verne et le cinéma de Georges Méliès, ainsi que celui de Fred Wilcox avec sa Planète interdite et son robot, et la recette est complète.

 

 

 

 

© Lebeault, Lofé - Delcourt

 

 

Les amateurs du graphisme classe de Fabrice Lebeault ne seront pas déçus. Bien que plus assoupli que dans Horologiom, il garde son essence. Lebeault ajoute quelques nouvelles saveurs. L’histoire racontée par Cacochyme est traitée sous forme d’ombres chinoises. Le pneumaphore, voiture lunaire utilisée par Sélénie, Méliès et leur ami Verne, est conçus comme un personnage animé.

Les couleurs spatiales de Greg Lofé participent à la magie du dépaysement lunaire.

 

 

 

 

© Lebeault, Lofé - Delcourt

 

 

Avec une fin imprévisible, détricotant tout ce qu’il a construit, Fabrice Lebeault démontre qu’après presque trente ans d’une carrière classique on peut encore se dépasser, surprendre et envoûter le lecteur. Sélénie n’a qu’un seul défaut : être un one shot alors que l’univers ne demande qu’à être développé.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Sélénie 

 

Genre : Conte lunaire 

 

Scénario & Dessins : Fabrice Lebeault

 

Couleurs : Greg Lofé

 

Collection : Néopolis 

  

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 72

 

Prix :  15,95 €

 

ISBN : 9782413015215

 



Publié le 10/07/2021.


Source : Bd-best


Le goût de vivre             Madeleine, Cahiers 3

 

 

Avoir une nouvelle bande dessinée entre ses mains pour la lire est souvent un plaisir … non toujours si les auteurs, le sujet, la série, … font partie de nos goûts. Nous la lisons, tournons ses pages, emportés par le dessin, le rythme de l’action, les dialogues ou que sais-je encore.Et parfois, nous nous mettons à penser à tout le travail qu’il a fallu pour la créer, à toutes ces étapes qui auraient pu faire capoter le projet. Pour n’en citer que quelques-unes : de l’écriture du scénario, après son choix, au storyboard, au crayonné puis à l’encrage de chaque planche avant de passer à sa mise en lumière, … sans parler des probables mais inévitables et innombrables échanges entre chaque acteur de cette création.

 

 

 

 

 


Tout ceci pour dire le plaisir de parcourir ce nouveau « Cahiers Madeleine ». Le 3e du nom … nous offre la suite du parcours de Madeleine Riffaud. Nous la retrouvons à son arrivée à Paris, son entrée dans la Résistance, ses premières actions et surtout l’évolution de son regard sur l’Occupation. Dupuis publie ainsi dans sa collection « Aire Libre » le remarquable travail des auteurs en cours de réalisation. Entre les pages déjà mises en bleu et celles uniquement encrées, le lecteur peut suivre le 3e chapitre de ce biopic.

 

 

 

 

 

 

© Bertail -Morvan- Riffaud - Dupuis

 

 

 

Dominique Bertail réussit à superbement mettre en images les propos de la véritable Madeleine Riffaud, recueillis par Jean David Morvan. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’a entraîné dans ce projet, après lui avoir fait rencontrer Madeleine elle-même. Son trait délicat et sensible donne au sujet à la fois sobriété et force dans les attitudes des personnages et atmosphères des scènes. Et si cela ne suffisait pas, la jaquette du Cahier complète la partie « travail de mémoire » que cette bande dessinée sera immanquablement. Une chronologie de la Résistance entre septembre 1939 et janvier 1943, 2 poèmes de Madeleine extraits de son recueil « Le poing fermé ».

 

 

 

 

© Riffaud Madeleine

 

Edité seulement à 1.300 exemplaires (les deux premiers cahiers ont été publiés à 2500 exemplaires chacun), ce nouveau Cahier sera une pièce maîtresse pour quiconque désirera posséder dans sa bibliothèque l’ensemble du travail publié réalisé pour ce biopic « Madeleine, Résistante » (date de parution prévue le 20 août 2021 … donc demain quasi). Mais nous y reviendrons certainement alors, tout comme nous vous parlerons plus longuement de cette femme exceptionnelle, résistante, poétesse, journaliste et correspondante de guerre, militante anticolonialiste, amie aussi bien d’artistes comme Paul Éluard ou Picasso que d’hommes politiques.

 

 

 

 

 

 

© Bertail -Morvan- Riffaud - Dupuis

 

 

 

 

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

Série : Madeleine, cahiers

 

Tome : 3

 

Collection : Aire Libre

 

Genre : Biographie

 

Scénario : Jean David Morvan – Madeleine Riffaud

 

Dessins & Couleurs : Dominique Bertail 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 32 + 2e & 3e couverture + 4 pages intérieures de la jaquette

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9791034750283

 



Publié le 05/07/2021.


Source : Bd-best


PRIX EUROPÉEN GABRIEL 2021 de la Bande Dessinée Chrétienne

Le prix Gabriel 2021 de la Bande Dessinée Chrétienne a été attribué à l'ouvrage Monseigneur Vladimir GHIKA, Vagabond Apostolique dessiné par Gaëtan Evrard avec Louis-Bernard Koch au scénario et Bénédicte Quinet aux couleurs

 L'ouvrage est paru aux éditions du Triomphe dans la collection « Le Vent de l’Histoire »

Le prix a été attribué par un jury composé de spécialistes et amateurs de Bande Dessinée réuni le 11 mai sous la présidence de Damien Van Goethem.

Vladimir Ghika est une personnalité remarquable de ce XXème siècle. A l’origine prince roumain orthodoxe, il a été ordonné prêtre catholique du diocèse de Paris et s’investit avec humilité dans le service aux déshérités (pauvres, malades, exilés, persécutés...).  Nommé diplomate du Vatican, on le trouve partout et surtout dans les contextes de tensions (guerre des Balkans en 1913 ; première et deuxième guerre mondiale...) et dans les Congrès eucharistiques des années ’30. En 1948, refusant de quitter la Roumanie livrée aux communistes, il est arrêté, condamné et torturé. Jamais il ne renonça à sa foi, il meurt d’épuisement en prison en 1954.

La BD nous aide à découvrir cette figure majeure de l’Eglise d’aujourd’hui. Il s’agit d’une grande réussite, les personnages et lieux sont magnifiquement représentés, le dessin est clair et précis, et l’histoire est très bien documentée.

La vie de Monseigneur Ghika fut tellement riche, suivie de tant de guérisons et conversions que parcourir celle-ci en un album de 38 pages a obligé les auteurs à condenser certains épisodes en une ou deux cases, mais quel exemple pour nous

Le même jour, le jury a attribué le prix valeurs humaines à LA FORCE DES FEMMES de Joël Alessandra paru aux Éditions Des ronds dans l’O

Le prix jeunesse BD chétienne du CRIABD a quand à lui été attribué à "Les Grands Témoins en BD (tome 4), 14 Femmes d’exception"

Il s'agit d'un album collectif paru aux éditions Bayard Jeunesse



Publié le 17/05/2021.


Source : Bd-best


Coup de foudre et coups de dés.  Comme par hasard

 

« - Puisque vous êtesmà, pouvez-vous me dire ce que vous me voulez ?...

-   Oh, vous le savez très bien… Nous sommes si intimes.

-   Je vous ai entendu dire l’autre jour que la chance, le hasard n’existaient pas, que tout était lié dans ce monde par des lois de cause à effet… Voilà une assertion bien audacieuse.

-   C’est la vérité !

-   Allons, allons… Vous pensez peut-être que l’on peut mettre l’univers en équation ? Que les mathématiques peuvent décrire la place des étoiles, l’écoulement des rivières et le vol des abeilles ?

-   Mais c’est le cas.

-   Comme ce serait ennuyeux… Si tout était logique mathématique, alors la vie serait aussi prévisible que deux et deux font quatre. »

 

 

 

 

 

 

 

                Paris, 1909. Victor Nimas est fiévreux. Est-ce un délire nocturne ? Toujours est-il qu’un chic chat endimanché vient disserter avec lui sur le délicat sujet du hasard. Evidemment, pour un cartésien comme Victor, comptable de métier, l’univers serait une gigantesque équation. Il serait possible de tout prévoir : le passé, le présent et l’avenir. Où serait alors la liberté ? En quelques mots, l’homme-chat lui démontre que le hasard, l’imprévu, sont les symboles de cette liberté. Pour l’instant, Victor préfère se réfugier derrière ses chiffres rassurants, ses certitudes éculées. Jusqu’à quand ? Tania, cette danseuse des Ballets russes de Diaghilev auxquels il a assisté il y a quelques jours, est-ce une loi mathématique ou bien le hasard qui a fait que leurs yeux se sont croisés ?

 

 

 

 

© Bonin - Vents d’Ouest

 

 

                Plus qu’une simple romance, l’auteur propose un voyage à travers l’Europe du début du XXème siècle. De Paris à Baden-Baden, le cœur de Victor Nimas résonne dans celui des lecteurs. « Comme par hasard » est de ces histoires qui rendent amoureux, qui ravivent les flammes et qui prouvent que l’amour est plus fort que tout. Tania est sublimement belle mais elle est mariée. Voyant cet amour impossible, Victor prendra un autre chemin jusqu’à que le hasard, encore lui, les remette face à face. Bonin pose alors la question du renoncement ou du coûte que coûte. Victor suivra-t-il la voie imposée par l’équation de la vie ou bien lancera-t-il un coup de dés sur le tapis du hasard ?

 

 

 

 

© Bonin - Vents d’Ouest

 

 

                On peut devenir créateur de bande dessinée par inadvertance, on ne le reste pas par hasard. Il faut du talent. Auteur discret, Cyril Bonin n’a jamais cessé de publier depuis plus de vingt ans. Il fait partie de ces rares dessinateurs au trait reconnaissable au premier coup d’œil. Ses ambiances verdâtres orangées sont aussi sa marque de fabrique. Et comment ne pas tomber sous le charme de ses personnages aux regards fascinants. Ici, Bonin réussit à offrir aux lecteurs une place pour les Ballets russes, tellement bien mis en scène, qu’on a l’impression d’être dans la salle.

 

 

 

 

© Bonin - Vents d’Ouest

 

 

                Après le splendide Stella, Cyril Bonin était attendu au tournant. Après une histoire d’amour si puissante, comment était-il possible de rebondir ? « Comme par hasard », le gant est relevé. « Comme par hasard », la magie Bonin a encore frappé.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=eE-oItzoi2A

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Comme par hasard 

 

Genre : Romance 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Cyril Bonin 

 

Éditeur : Vents d’Ouest

 

Nombre de pages : 104

 

Prix :  18 €

 

ISBN : 9782749308982



Publié le 10/04/2021.


Source : Bd-best


Un pavé pour un monument.  Joseph Gillain, une vie de Bohème

 

« Quand nous l’avons connu il avait lutté des années et réussi à faire, de la bande dessinée, un métier possible. Il nous y a propulsés avec un désintéressement total. Il partageait son temps, son expérience. Nous ne lui avons jamais rien « rapporté ». Il était accueillant et généreux. Il faisait de la BD en pensant à sa peinture. Mais il avait assez d’enthousiasme pour la faire aussi splendidement. Son talent était généreux comme lui. Il n’a pas exploité patiemment un seul et même filon. Il s’est dispersé. Il avait le tempérament trop riche pour s’enfermer longtemps dans une routine à finance. Il voyait notre métier comme il dessinait, largement, sans petitesses ni chipotages. C’est un grand dessinateur. C’est notre grand frère. Il nous aidera encore, à mesure que nous comprendrons combien il avait raison, Jijé le généreux. »

 

 

 

 

 

 


 

                Ces mots là datent de septembre 1980. Ils sont signés André Franquin, en hommage à son mentor Jijé qui s’est éteint trois mois plus tôt. L’auteur de Spirou, de Blondin et Cirage, de Jean Valhardi, de Jerry Spring et de tant d’autres choses fait partie des pères fondateurs de la bande dessinée moderne. Pourtant, les profanes connaissent Hergé, Uderzo, Morris,… mais Jijé n’est jamais cité. Parmi les auteurs de bande dessinée, certains jeunes n’en ont jamais entendu parler. Avec Joseph Gillain, une vie de bohème, François Deneyer corrige ces anomalies.

 

 

 

 

© Deneyer – Musée Jijé

 

 

                Créateur du Musée Jijé, exploité de 2003 à 2005, commissaire d’expositions, François Deneyer est un véritable éxégète de l’œuvre du Maître. Dans un pavé passionnant, il détaille avec minutie la vie et l’œuvre de Jijé, de ses racines jusqu’à sa succession. Richement iconographié, par des photos de famille et par des dessins de l’auteur, le plus ancien étant une huile sur toile datant de ses onze ans, l’ouvrage est le plus complet qui n’ait jamais été réalisé sur l’auteur et représente pour Jijé ce que Lignes de vie, par Philippe Goddin, représente pour Hergé.

 

 

 

 

© Deneyer – Musée Jijé

 

 

                Parmi les dessins remarquables, on s’arrêtera sur une encre de Chine et aquarelle sur papier datant de 1932. Jijé a dix-huit ans et se représente sur un pilier des jardins de l’abbaye de La Cambre. En 1942, Jijé réalise une illustration pour le théâtre du farfadet, avec Spirou, Tif et Tondu, restée inédite jusqu’à ce livre. Et saviez-vous qu’il avait réalisé des illustrations pour le célébrissime livre J’élève mon enfant, de Laurence Pernoud ?

 

                Complément indispensable à Quand Gillain raconte Jijé, biographie en image par le même François Deneyer parue en 2014 chez Dupuis, cette Vie de bohème n’est pas parue chez l’éditeur historique de ce merveilleux dessinateur qui n’a pas voulu le publier. C’est assez incompréhensible car sans Jijé Dupuis n’aurait jamais été Dupuis.

 

 

 

 

© Deneyer – Musée Jijé

 

 

                Jijé était très croyant. Avec ce livre, il a désormais sa bible. Plus qu’un auteur, il était un personnage dans tous les sens du terme, haut en couleurs et au talent inestimable. On ne peut que remercier François Deneyer de lui offrir un piédestal avec Joseph Gillain, une vie de bohème, ouvrage indispensable non seulement aux admirateurs de son œuvre mais aussi à tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur l’Histoire de la bande dessinée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Joseph Gillain, une vie de Bohème 

 

Genre : Biographie 

 

Auteur : François Deneyer

 

Éditeur : Musée Jijé

 

Nombre de pages : 448

 

Prix :  39 €

 

ISBN : 9782960189216

 



Publié le 07/04/2021.


Source : Bd-best


Des papillons dans les cœurs.  Love Love Love 1 – Yeah Yeah Yeah

 

« - Vous… Vous n’étiez pas obligée de prendre ma défense… de… d’avoir pitié de moi.

-   Je n’ai pas pitié de toi… Et si quelqu’un doit inspirer la pitié ces temps-ci… c’est plutôt moi.

-   Pourquoi ? Que vous arrive-t-il ?

-   « Tu ». J’ai dû quitter mon appartement le mois dernier pour rachat, j’ai été plaquée par mon copain la semaine dernière et virée de mon boulot aujourd’hui… On dirait que plus personne ne me supporte.

-   Je peine à le croire. Une personne aussi charmante que vous…

-   C’est du sarcasme ou de la drague ?

-   Je ne vous connais pas assez… ni pour l’un, ni pour l’autre. Alors, disons… que c’est de la politesse. »

 

 

 

 

 

 


                Dans un Paris futuriste, humains et robots cohabitent dans une société pas très égalitaire. Si certains ont des droits, d’autres ont plutôt des devoirs. Karel, robot à forme humaine, vient de rencontrer Elle, une humaine dont la roue de la vie ne tourne pas trop dans le bon sens en ce moment. Elle était serveuse, dans un café dégueulasse comme elle dit. Elle retrouvera certainement un autre boulot mal payé avec des horaires pourris. Karel a fait des études de journalisme jusqu’à ce qu’on l’accuse de ne pas vérifier ses informations et de chercher le buzz… comme les humains. A présent, il est confesseur encourageant. Il écoute des gens se plaindre et réponds ce qu’ils veulent entendre. Entre Elle et lui, ça va être différent… parce qu’il y aurait comme une petite étincelle.

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Martin - Dupuis

 

 

Depuis le visionnaire Metropolis de Fritz Lang en 1927 jusqu’à Zoé, film Netflix avec Ewan McGregor, Léa Seydoux et Christina Aguilera, le cinéma et la littérature ont exploré les relations entre les hommes et les robots. Isaac Asimov a transcendé le concept avec ses nombreux romans et nouvelles et ses trois lois fondamentales protégeant les humains des robots.

 

Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » (Karel y fait d’ailleurs allusion dans cet album) ;

Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;

Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Martin - Dupuis

 

 

                Andrès Garrido, professeur de dessin espagnol, signe son premier album. Ouvert à tous les styles, il puise ses influences aussi bien dans le manga (Karel a une légère ressemblance avec Astro Boy d’Osamu Tezuka) que le franco belge, tout en s’autorisant des découpages lorgnant parfois vers le comics. Il insuffle de la vie et de l’amour dans cette histoire qui en dégage tant. Garrido a vu Quand Harry rencontre Sally, Ghost, Eternal sunshine of the spotless mind et La belle et le clochard. Sans jamais nommer la ville, il pose des indices montrant que l’histoire se passe dans un Paris futuriste. On y voit une cathédrale sur une île, comme un vestige de Notre-Dame-de-Paris et on aperçoit une Tour Eiffel bardée d’antennes satellites étouffée par des immeubles qui l’entourent.

                Plus que des couleurs, le dessinateur pose des ambiances, chaque séquence ayant un ton bien déterminé, les rouges-bleus de nuit dominant l’ensemble.

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Martin - Dupuis

 

 

                Dans la KidToussaint Mania du moment (sept albums en deux mois, tous très bons dans leurs genres), et surfant sur les traces d’œuvres comme le film A. I ou la série Real Humans, Love Love Love se détache du lot. Pourquoi ? Parce qu’on ne sort pas de sa lecture comme on était avant d’y entrer. Il est impossible de ne pas être amoureux après l’avoir lu, peu importe de qui, mais cette histoire met des papillons dans les cœurs.

 

                Trois mots suffisent à résumer l’histoire et les ressentis à la lecture de cet album : ce sont Love, Love et Love.  

 

 

Laurent Lafourcade 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Love Love Love

 

Tome : 1 – Yeah Yeah Yeah

 

Genre : Aventure fantastique 

 

Scénario : Kid Toussaint 

 

Dessins & Couleurs : Andrès Garrido Martin  

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 12,50 €

 

ISBN : 9791034733569

 



Publié le 22/03/2021.


Source : Bd-best


Un site consacré à René Hausman

 

 

Découvrez le site de René Hausman maintenant en ligne!
Entrez dans l'univers de ce fabuleux illustrateur!

 

 

 

 

 

Né le 21 février 1936 à Verviers. Une grand-mère ardennaise le nourrit très tôt des légendes et faits-divers des campagnes, alors que son père, frontalier, lui fait connaître les terribles frasques des personnages de l’auteur et dessinateur allemand Wilhelm Busch.

Un vrai Belge donc, à la fois latin et germanique.

En outre, une enfance vécue partiellement au cœur de la Westphalie lui laissera le souvenir, à jamais, des clairières secrètes où rôdent l’ombre du « Roi des Grenouilles » et celles de « Hansel et Gretel »  !

Captivé par les animaux et aussi par les chromos les montrant, il nourrit le rêve de réaliser plus tard de semblables images, celles qui font voyager, loin parfois.

Plus tard, la rencontre avec Raymond Macherot, alors jeune auteur, puis avec d’autres professionnels, le confortent dans ce qui est devenu une vocation : l’illustration.

Après plusieurs ouvrages, dont certains lui valent des distinctions, notamment en Belgique, France, Tchécoslovaquie (à l’époque, encore une seule nation) et Québec, il rencontre son ami l’elficologue Pierre Dubois avec lequel il collaborera tant en illustration qu’en bande dessinée: « Laïyna, la Forteresse de pierre » et « le Crépuscule des elfes ». Ce qui lui insuffle le virus du récit en images.

Puis après une fructueuse collaboration avec le scénariste Yann: « les Trois cheveux blancs » et « le Prince des écureuils », René vole alors de ses propres ailes et assure entièrement « les Chasseurs de l’aube », renouant avec l’univers de la Préhistoire qu’il avait évoqué dans ses tout premiers balbutiements : « Saki et Zunie » (« Spirou »).

Ensuite paraît une évocation en bande dessinée de l’Ardenne jadis si bien contée par sa grand-mère: « le Camp-volant ». De plus, pour les éditions Le Lombard, dans la prestigieuse collection « Signé », René Hausman publie en 2010 le Chat qui courait sur les toits et en 2014 « Capitaine Trèfle » d’après le récit épique de son complice de toujours Pierre Dubois.

 

En 2016, il ressuscite « Chlorophylle » de son grand ami Raymond Macherot: « Chlorophylle et le monstre des trois sources » sur un scénario de Jean-Luc Cornette et signe un nouveau contrat chez Dupuis (collection « Aire Libre ») pour l’album « la Mémoire des pierres » scénarisé par son épouse Nathalie Troquette et Robert Reuchamps. Il en réalisa sept planches et le découpage aquarellé, détaillé et complet avant de nous quitter soudainement le 28 avril 2016, à l’âge de 80 ans. La dernière œuvre inachevée de René Hausman est parue le 20 janvier 2017, dernier hommage éditorial à ce grand illustrateur !

 

Ce merveilleux site est conçu par son épouse Nathalie Hausman-Troquette.

 


 

 

 



Publié le 19/03/2021.


Source : Bd-best


Viens, viens, joie de vivre, joie de lire.  Ana Ana 17 - Va-t’en, va t’en, chagrin !

 

« - Ana Ana, dis-nous ce qui ne va pas !

-   Une petite fille de ma classe ne veut pas être amie avec moi. Pire : elle me déteste. Elle m’a donné un coup à la récréation.

-   Ce n’est pas grave. Tu auras d’autres amis. Et nous, tes doudous, nous sommes tes amis.

-   Si ! C’est grave. Laissez-moi dormir ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Goupille et les autres doudous sont très inquiets. Ana Ana se morfond au fond de son lit. Elle est si triste que rien ne peut la consoler. Tout ça, c’est à cause d’une petite fille de sa classe avec qui elle voudrait jouer et qui, non seulement, ne veut pas être amie avec elle, et qui, en plus, l’a tapée à la récré. Ana Ana semble atteinte d’une maladie qui ne se voit pas et qui s’appelle le chagrin. Les doudous vont devoir tout mettre en œuvre pour lui changer les idées et trouver le « vaccin » contre ce vilain chagrin.

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

                D’après Anna Wierzbicka, le chagrin peut être une émotion, un sentiment, ou encore une sensation. Le chagrin est plus « intense » que la tristesse, car il implique un état à long terme. Le chagrin peut exprimer un degré de résignation et se dit être à mi-chemin entre la tristesse et la détresse. Si Goupille est si inquiet pour Ana Ana, c’est que l’état de la petite fille pourrait s’aggraver. Il ne faudrait pas qu’elle tombe dans la dépression.

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

                En ces temps difficiles de pandémie, cet album d’Ana Ana, le dix-septième déjà, tombe à pic. Enfermés chez eux, puis libérés mais privés de loisirs, les enfants, comme de nombreux adultes d’ailleurs, ont beaucoup de mal à appréhender cette nouvelle vie. Les interactions sociales réduites impliquent un repli sur soi-même et inévitablement une remise en question. Même si, dans ce petit album, il n’est pas question de coronavirus, on en descelle les traces. Si Ana Ana a du chagrin parce que sa camarade de classe ne veut pas être amie avec elle, ne serait-ce pas un virus qui l’empêche d’avoir des amis ?

 

 

 

 

© Roques, Dormal - Dargaud

 

 

                Au bout de chaque tunnel, il y a la lumière. Les doudous vont s’appliquer, grâce à l’art du théâtre, lui aussi bien malmené cette année, à pousser Ana Ana vers la sortie de ce tunnel. Et pour les lecteurs, petits et grands, au bout de chaque tunnel, il y a un album merveilleux d’Ana Ana de Dominique Roques et Alexis Dormal, les auteurs plus forts que des docteurs.

 

Vive vive Ana Ana !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Ana Ana

 

Tome : 17 -  Va-t’en, va t’en, chagrin !

 

Genre : Petit bonheur poétique 

 

Scénario : Dominique Roques 

 

Dessins & Couleurs : Alexis Dormal 

 

Éditeur : Dargaud Jeunesse

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 7,95 €

 

ISBN : 9782205085372

 



Publié le 14/03/2021.


Source : Bd-best


« Je préférerais pas. »  Bartleby, le scribe

 

«  - Monsieur, il y a un homme devant la porte !

-   Fais-le entrer, Ginger.

-   Un homme « étrange », Monsieur…

-   Bonjour, c’est la ville qui m’envoie.

-   Voilà enfin le renfort que j’ai demandé il y a une semaine !

-   Mes références, Monsieur.

-   Parfait, merci. »

 

 

 

 

 

 

 

L’homme qui vient de se présenter dans cette étude notariale de Wall Street s’appelle Bartleby. Poli, propre sur lui, le jeune homme est recruté pour copier des actes juridiques. Tout se passe très bien jusqu’au moment où le notaire décide de réunir ses employés pour procéder à une relecture des copies afin de s’assurer mot à mot de leur exactitude en les comparant aux orginaux. « Je préférerais ne pas le faire. » répond Bartleby. Va commencer entre le patron et son employé un bras de fer psychologique dans lequel le nouveau venu ne refuse jamais catégoriquement de se plier aux règles, mais préférerait ne pas le faire. Comment le notaire réagira-t-il ?

 

 

 

 

© Munuera - Dargaud

 

 

José-Luis Munuera adapte la nouvelle d’Herman Melville avec talent et émotion. C’est une histoire où il ne se passe rien. C’est une histoire où il ne se dit rien. Et pourtant… Et pourtant… Ce récit fascinant va au-delà de tout ce que l’on peut imaginer. Il est des face-à-face mythiques en littérature comme au cinéma, que ce soit dans les plus grands westerns ou dans des thrillers tendus : Clarice Starling et Hannibal Lecter, Tom Ripley et Dickie Greenleaf. Celui-ci, entre Bartleby et le notaire narrateur, fait partie des plus grandioses. Au-delà du « combat » entre ces deux hommes, c’est toute la société, avec ses codes du travail, ses relations employeurs/employés qui est remise en cause.

 

 

 

 

© Munuera - Dargaud

 

 

Bartleby est un excellent copiste. Il pense, et il a raison, n’avoir rien à se reprocher dans son travail. Alors, que l’on puisse émettre l’idée qu’il ait éventuellement commis une ou autre erreur de copie à corriger, ça, il ne peut pas l’admettre. Pourquoi ? Est-ce un excès de certitude ou bien la crainte de voir son travail remis en question par une correction ? On ne le sait pas et on ne le saura pas. Bartleby est entrée en profession comme on entre en religion. Il est une fourmi qui est dans sa colonne et qui ne peut pas quitter la route sous peine de voir sa vie bouleversée. Au XIXème siècle, dans sa nouvelle, Herman Melville soulève un problème existentiel qui sera transcendé plus tard par des auteurs comme Eugène Ionesco.

 

 

 

 

© Munuera - Dargaud

 

 

On savait Munuera maître de personnages dynamiques et d’un découpage efficace. Ici, il met une claque à tout ce qu’il a produit avant. C’est presque inconcevable, mais graphiquement, Bartleby, le scribe est cent coudées au-dessus. Le travail des expressions, les décors New-Yorkais, les scènes de rue, c’est un Munuera 2.0 qui passe ici du rang de dessinateur à celui d’artiste. Si le pupitre de Bartleby est devant un mur, celui de l’auteur espagnol a devant lui un horizon prometteur.

 

 

 

 

© Munuera - Dargaud

 

On parle peu du travail d’éditeur. Saluons ici la maquette de Philippe Ghielmetti et Léa Ellinckhuÿsen qui proposent un bel objet. Une belle jaquette recouvre un livre à la couverture et au dos où seules des briques sont dessinées.

 

« Je préfèrerais ne pas le faire. » dit Bartleby. Un qui a eu raison de le faire, c’est bien José-Luis. Bartleby, le scribe est de ses histoires puissantes qui sont difficilement adaptables sous peine de trahir une œuvre intouchable. Munuera s’en sort avec brio en signant l’un des meilleurs albums de l’année. Un chef-d’œuvre.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Bartleby, le scribe 

 

Genre : Drame psychologique 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : José-Luis Munuera 

 

D’après : Herman Melville 

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 15,99 €

 

ISBN : 9782505086185

 



Publié le 07/03/2021.


Source : Bd-best


Un livre en souscription qui s’annonce passionnant. Le mystère Edgar P. Jacobs

Edgar P. Jacobs, le créateur de Blake et Mortimer est un des maîtres de la bande dessinée belge. Plutôt solitaire (on le surnommait l’Hermite du Bois des Pauvres, en référence au lieu où il habitait), peu de gens ont eu l’occasion de l’approcher. Il a travaillé avec Hergé sur certains albums de Tintin. Cet ouvrage unique permet, à travers de nombreuses photos inédites et documents, de découvrir sa vie et ses projets. C’est une biographie qui s’adresse aussi bien aux passionnés, aux collectionneurs ou à tout curieux de bande dessinée ou de dessin en général.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déjà financé à 75 %, le livre de Jean Knoertzer n’attend plus qu’un dernier coup de pouce pour voir le jour.

 

« Depuis des années, je collectionne les autographes et petits dessins des « grands » de la B.D., récoltés au cours de manifestations diverses : cocktails, expositions, Foire du Livre, etc.
Mon livre d’or était aux trois quarts remplis de beaux souvenirs. Je décide d’écrire à Edgar P. Jacobs, par l’intermédiaire du Lombard, pour lui dire mon admiration pour son œuvre, et lui demander un dessin et un autographe. Je ne doutais de rien ! Ceci se passe en septembre 1981.
Bonheur : le 5 octobre 1981, je reçois une gentille lettre du Bois des Pauvres. C’est déjà quelque chose !
J’ai un ami, Franco Biondi, qui est représentant aux Presses de Belgique, à l’époque. Il connait ma passion pour la B.D. qu’il partage un peu.

 

 

 

 


Le matin du jeudi 10 décembre 1981, il me téléphone pour m’inviter au cocktail donné par les éditions Gallimard, à l’auberge de Boondael à Bruxelles, pour la sortie du livre L’opéra de papier d’Edgar P. Jacobs. C’est une occasion inespérée de voir le maître.
On arrive vers 18 heures. Je suis au vestiaire quand Edgar P. Jacobs arrive. Il met son manteau au vestiaire, et me dit avec un beau sourire : Bonjour cher ami ! Comment vas-tu ? Je réponds gentiment, mais interloqué intérieurement. On ne s’est jamais vu !
Je saurai un peu plus tard dans la soirée, qu’il m’a pris pour un de ses amis, propriétaire du tennis voisin, barbu comme moi, d’où cette charmante confusion.

Franco Biondi me présente à Edgar P. Jacobs. Ce dernier admire une pièce d’or de 50 pesos mexicains que j’ai en pendentif et on parle de choses et d’autres.
On reçoit un cahier de presse avec quatre photos, grand format. Mon épouse va vers Edgar P. Jacobs et lui demande un autographe. Il signe à deux reprises, mais le Directeur de Gallimard fonce sur lui et lui recommande d’arrêter de signer, sinon, dit-il, c’est parti pour cent signatures. Edgar P. Jacobs remet son stylo en poche… mais je l’ai, moi, l’autographe ! Ce sera le seul de la soirée.
Une centaine d’invités sont présents. Tous les grands noms de la B. D. et de l’édition sont là. Des photographes de presse sont parmi la foule et mitraillent tout le monde.

En fin de soirée, je vais chercher dans ma voiture des calendriers publicitaires que j’ai fait imprimer à mon nom, avec le concours des Assurances LE MANS. Ils sont très beaux et représentent des ancêtres en voiture. J’en distribue aux dessinateurs, dont Edgar P. Jacobs, Franquin, entre-autre, l’apprécie beaucoup ! Edgar P. Jacobs garde bien le sien, heureusement et vous allez comprendre pourquoi.
La soirée est très sympathique et s’achève dans la bonne humeur. Sauf au vestiaire, où une dame est partie avec la veste de loup de mon épouse et a laissé la sienne ! Dix jours plus tard, on la retrouvera chez l’épouse d’un dessinateur du Lombard ! Tout s’arrange.

Le 4 Janvier 1982, je reçois un courrier du Bois des Pauvres. Il est 9 heures du matin.
Vous devez savoir qu’Edgar P. Jacobs était très méticuleux pour tout. Il gardait, entre-autre, tout courrier qui lui était adressé et tout était classé. Ayant aussi une très bonne mémoire, il ressort mon calendrier de 1982, voit le nom imprimé, se dit qu’il connait ce nom.»

 

Alors, pour finaliser le projet, rendez-vous sur : https://www.simply-crowd.com/produit/le-mystere-edgar-p-jacobs/

 

Laurent Lafourcade

 

 

 


 



Publié le 02/01/2021.


Source : Bd-best


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