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Entre Marseille, l'Estaque, Cassis et Aix-en-Provence, sous le soleil des Tuileries Saint-Jacques, Toine, ouvrier bossu, nourrit depuis toujours un amour silencieux pour Naïs Micoulin. Cela au point de risquer son amitié pour son ami d'enfance, l'ingénieur de la tuilerie ... récemment fiancé avec Melle Béatrice, la fille de son patron.

 

" - Tu t'imagines que je fais la cour à la petite Naïs. [...]

- Çà je ne me le suis pas imaginé. Je l'ai vu !

- Tu l'as vu parce que c'est vrai. J'ai toujours été gentil avec Naïs parce que c'est une excellente ouvrière ... Parce que je suis ton ami ... et parce que je sais que tu l'aimes.

- MOI ? Forcément que je l'aime ! Comme tout le monde.

- Non. Tu ne l'aimes pas comme tout le monde. Tu l'aimes comme personne ne l'aimera jamais. Je le sais. Je l'ai vu.

- Allons, ne dis pas de bêtises ! Comment voudrais-tu que j'aie le toupet d'être amoureux d'elle. Moi, Toine, le bossu de Saint-Henri ? Il faudrait vraiment que j'aie perdu la tête !"

 

 

 

 

Conscient qu'il ne pourra jamais être davantage qu'un ami, un confident à ses yeux, il accepte son destin avec une extraordinaire dignité.

 

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026

 

Naïs de son côté, vit sous la coupe d'un père autoritaire et violent qui contrôle chacun de ses faits et gestes. Paysan rude et fier, Micoulin tolère uniquement la présence de Toine auprès de sa fille, persuadé qu'un bossu ne représente aucune menace pour sa vertu.

 

 

" - J'avais une jument, elle m'a fait une petite jument, elle est à moi, parce qu'elle est née chez moi et que je l'ai nourrie. Eh bien, ma fille, elle est née chez moi. Je l'ai aussi nourrie. Alors moi, ma fille est à moi.

- Macoulin, tu penses qu'à toi. Et ta Naïs, tu es sûr que ça lui plaira tant que ça de rester vieille fille ?

- Il faudra bien que ça lui plaise. Il faudra bien."

 

 

L'équilibre fragile de cette existence est remis en cause par le retour de Frédéric Rostaing, fils des propriétaires dont dépend la famille Micoulin. Fils d'un avoué, étudiant en droit peu assidu, davantage attiré par les cartes, les plaisirs et les aventures galantes que par ses examens. Ses parents sont propriétaires d'une villa proche de la ferme louée par les Micoulin. Ils décident d'y passer quelques semaines afin que leur fils s'y repose.

 

 

 

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026

 

Frédéric retrouve alors Naïs à Cassis. Entre les deux jeunes gens renaît rapidement une passion sincère datant de 3 ans. Mais cette dernière se heurte aussitôt aux barrières sociales et à la fureur du père de la jeune fille. Pour Micoulin, voir sa fille aimer le fils du maître est une humiliation insupportable qui nourrit peu à peu une obsession dangereuse, une envie meurtrière !

Pour Toine, le dilemme devient cornélien : sauver Frédéric ou perdre Naïs !

 

Un récit qui déjoue tous les clichés classiques ... déjà rien que par son titre. En effet, si ce dernier est "Naïs", le véritable héros en est Toine. Dépassant très vite le traditionnel rôle de l'amoureux malheureux, en plus de souffrir de voir celle qu'il aime dans les bras d'un autre, il doit faire preuve d'une générosité exceptionnelle. Son unique préoccupation devient le bonheur de Naïs, quitte à sacrifier ses propres espoirs. Cette noblesse de cœur fait de lui le personnage le plus attachant de l'histoire. Cette grandeur d'âme en fait le pilier de l'intrigue.

Quant à Frédéric, il n'est pas seulement un riche héritier léger et inconséquent ; Naïs pas qu'une simple paysanne naïve rêvant d'un impossible conte de fées.

 

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026

 

Œuvre plutôt méconnue d'Emile Zola, Marcel Pagnol la sort de l'ombre en l'adaptant au cinéma en 1945. Tout en lui apportant sa touche personnelle et une fin moins "zolienne", il en fait une comédie romantique dramatique articulée autour du sempiternel trio amoureux impossible, l'amoureux transit, la jeune fille naïve et le bellâtre riche, bourgeois (ou noble, ...).

Si Zola lui a donné sa puissance des passions, ses conflits sociaux et la violence des rapports humains, Pagnol y ajoutera l'humanité des personnages, la chaleur provençale et une vision plus optimiste de leur destinée.

 

Amour, jalousie, différence de classes sociales, relations humaines s'entremêlent avec beaucoup de finesse.

La tension dramatique repose essentiellement sur la figure de Micoulin. Sa jalousie maladive et sa violence permanente installent un climat d'inquiétude qui donne parfois au récit des accents de thriller rural. Pourtant l'histoire conserve une tonalité profondément humaine ... Les personnages savent écouter, comprendre et parfois renoncer, ce qui confère au dénouement une émotion particulière.

Éric Stoffel réussit ainsi une époustouflante scénarisation BD d'une adaptation cinématographique d'un roman ... Une modernité d'un récit ancien ? "Naïs" aborde des thèmes universels qui résonnent encore aujourd'hui. L'esprit de Zola-Pagnol y est restitué avec fidélité.

 

David Ratte lui offre alors un écrin graphique séduisant et plein de sensibilité. Son trait chaleureux restitue à merveille la lumière provençale, les paysages de bord de mer et la vie des villages du Sud. Les expressions des personnages sont idéalement rendues, permettant de saisir toute la palette des sentiments qui les traversent. Les couleurs lumineuses renforcent encore l'immersion dans cette Provence chère à Pagnol.

 

Bonus non négligeable, l'album se clôture par un petit dossier sur l'adaptation cinématographique de Marcel Pagnol du roman de Zola. "Naïs - Après la guerre, le retour au cinéma". Tourné entre mai et juin 1945, il verra un casting de choix : Fernandel (Toine), Jacqueline Bouvier (Naïs), Raymond Pellegrin (Frédéric) et Henri Poupon comme le méchant de l'histoire ... Micoulin ! L'occasion d'en savoir plus sur cette étape de réécriture, de recréation d'un roman méconnu qui sent néanmoins bon le soleil et l'air de la mer.

 

 

© Affiche du film de Marcel Pagnol - 1945

 

Au final, une petite pépite portée par un dessin expressif, une narration maîtrisée et surtout l'inoubliable personnage de Toine. Probablement l'une des adaptations BD pagnolesques les plus touchantes actuellement. Une œuvre tendre, émouvante et profondément humaine, qui rappelle combien la bonté et le désintéressement peuvent être des formes de courage exceptionnelles.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Marcel Pagnol

Titre : Naïs

Auteur du roman : Emile Zola

Scénario adaptation BD : Éric Stoffel

Dessin : David Ratte

Couleurs : Atomix & David Ratte

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Genre : adaptation littéraire BD, tranche de vie, amour-amitié

Public : adulte

Parution : 1/7/2026

Format : 24,4 x 32 cm

Page : 72

ISBN : 979 1 0411 1280 7

Prix : 16,9 €



Publié le 16/07/2026.


Source : Bd-best


"Je m'appelle Mattéo Grandpierre. J'ai perdu mon père il y a 3 mois.

J'ai perdu mon père il y a 3 mois et je m'en fous. Ça ne m'a pas affecté. Rien.

Ça a été comme assimiler une information froide, distante, un truc à classer dans un coin de mon hémisphère droit. Et rien de plus.

L'amour filial n'a jamais été un sentiment particulièrement développé dans la famille."

 

C'est ainsi que Mattéo, accompagné de 2 amis, Victor et Lennon, que la passion de la musique unit, prend la route du Pays basque, pour la région de Saint-Jean-de-Luz. Ensemble, leur escapade prend rapidement une tournure autre que prévue. Il s'agit de vider la maison paternelle afin de pouvoir la mettre en vente.

Cette maison ne représente rien aux yeux de Mattéo. C'est celle d'un père qu'il n'a pas vraiment connu car il a abandonné le foyer familial alors que Mattéo n'était encore qu'un enfant.

 

 

 

" - Il a été enterré, ton père ? Ou il voulait être incinéré ?

- C'est une bonne question. Je ne sais même pas. Je me suis tenu à distance ...

- Genre, le fils qui s'intéresse ..."

 

Vidé cette maison, celle d'un quasi "inconnu", où aucun souvenir personnel n'existe, est dès lors une mission bien particulière. Convaincu de ne rien ressentir dans cette tâche, il y va comme un "étranger". Pour lui, cette page "paternelle" est tournée depuis déjà bien longtemps. Par conséquent, il ne craint nullement cette confrontation émotionnelle avec le passé d'un homme qui n'a jamais rien représenté pour lui.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

Mais voilà que le lendemain de leur arrivée, un mystérieux post-it est collé sur un miroir de la salle de bain : "Je suis toujours en vie". Qui l'a écrit ? Pourquoi ? Matéo l'ignore. Cela l'intrigue d'autant plus que le phénomène se reproduit les jours suivants. Un peu comme si le passé refusait de s'éteindre, comme si une présence invisible refusait de disparaître.

 

Dès lors, ce vide-maison va se transformer en un voyage dans le passé ... le passé d'un homme dont il ignore tout finalement ... son père.

Commence une aventure humaine faite de rencontres, de musique, de doutes ... et surtout de remises en question ... Mattéo voit ses certitudes sur cet homme s'effondrer !!! Qui était-il réellement ?

Un regard nouveau voit le jour et l'incite à s'interroger sur ce que nous héritons de ceux qui ont pourtant brillé par leur absence.

 

"Il y a le temps qui passe et ce n'est souvent qu'après qu'on réalise que c'étaient de beaux moments. Ils nous échappent."

 

Jim nous plonge à nouveau dans un scénario subtil mêlant deuil et filiation. Un récit, comme souvent avec lui, intimiste qui évite cependant les écueils classiques des histoires de ce genre. La mort du père ne provoque ici ni effondrement émotionnel, ni débordement mélodramatique. Mattéo se trouve en effet devant une question simple : comment faire le deuil d'un absent dans sa vie ?

Là est donc la véritable ossature de ce récit. Tourner la page n'est pas le seul objectif de Mattéo : tenter de comprendre ce qui le relie à cet homme qu'il imaginait avoir effacé de son existence.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

L'album explore alors avec finesse les non-dits familiaux, les occasions manquées et les blessures silencieuses qui se transmettent parfois de génération en génération. Par son Mattéo, Jim nous livre une personnalité tortueuse qui en cherchant la réponse à ces post-it va découvrir son autre famille.

 

Le récit ne se limite toutefois pas uniquement à cette relation non vécue père-fils. Un second thème transparaît rapidement : celui de l'amitié ! L'amitié entre les 3 amis, Mattéo, Victor et Lennon sont liés par une fidélité touchante et une spontanéité qui apportent chaleur et humanité à l'ensemble de ce périple autant extérieur qu'intérieur. Leurs échanges, tantôt drôles, tantôt tendres ou maladroits, resitue avec justesse la complicité qui unit ces jeunes adultes en quêtes de repères

 

Jim en profite ainsi pour aborder une autre de ses thèmes de prédilection : une réflexion sur le passage à l'âge adulte. Si chacun poursuit ses propres aspirations, percer dans la musique, trouver l'âme sœur ou simplement donner un sens à sa vie ! Entre errances estivales et questionnements existentiels, les protagonistes avancent à l'aveuglette, sans certitudes. Ils évoluent entre insouciance de leur âge et responsabilités futures d'adultes en devenir.

 

La narration adopte ainsi volontairement un rythme contemplatif. Plus qu'une intrigue menée tambour battant, l'album se construit à travers une succession d'instants de vie, de rencontres et de silences. Cette approche confère au récit une authenticité particulière et permet aux émotions d'émerger naturellement.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

Cependant, cette magie narrative n'atteindrait pas son summum s'il n'y avait le remarquable travail graphique de Laurent Bonneau. Une extrême sensibilité, son dessin joue un rôle majeur dans l'identité de l'œuvre. Un trait réaliste, empreint d'une certaine liberté visuelle, donne une approche picturale à la mise en page. Chaque planche, chaque case est conçue comme un tableau où la lumière et les couleurs renforcent l'atmosphère de quête d'identité de Mattéo.

 

Par ses teintes dominantes oscillant entre les jaunes, les ocres et les orangés, l'album est enveloppé dans cette ambiance chaleureuse, lumineuse et mélancolique. Le Pays basque, théâtre de cette quête, apparaît comme un décor suspendu dans le temps ... symbolisant clairement le passage entre ces 2 âges, ces 2 stades de la vie ! La fin de l'une pour le commencement de l'autre !

 

Nous vivons tout cela au travers les expressions faciales fascinantes des différents protagonistes. Leurs émotions transpercent les gros plans, traduisant avec force les doutes, hésitations, fragiles élans d'espoir de chacun. Les cases silencieuses sont aussi parlantes que le moindre des dialogues.

Par cette mise en scène aérée, les grands espaces, les paysages donnent une ampleur incroyable à la narration.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

Bref, œuvre profondément humaine, abordant avec une grande délicatesse les thèmes du deuil, de la mémoire, de la transmission, Jim et Laurent Bonneau privilégient les nuances et les non-dits.

Une réflexion sur les liens familiaux, portée par des personnages attachants et proches de chacun, rend cette lecture à la fois vivante et émouvante.

 

"Et si la mort vous écrivait sur des post-it, que vous dirait-elle ?" 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Les Adieux ne meurent jamais

Scénario : Jim

Dessin & couleurs : Laurent Bonneau

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Genre : roman graphique

Thèmes : deuil, famille, quête de son passé, amitié

Public : ado - adulte

Parution : 1/7/2026

Format : 22,1 x 29,9 cm

Page : 328

ISBN : 979 1 0411 1776 5

Prix : 29,9 €



Publié le 14/07/2026.


Source : Bd-best


"C'est étrange comme parfois l'ordre des événements peut brusquement changer. Quelques heures, minutes ou instants peuvent suffire à briser les convictions d'une vie, à bouleverser la course d'un destin ... Et ces mots sont ceux d'une personne qui, il y a peu, pensait vivre dans un conte de fées ... jusqu'à ce qu'elle comprenne que les fées n'existent pas."

 

Pour rappel, dans un futur très éloigné, deux civilisations issues d'une même origine génétique s'affrontent dans une guerre sans fin, sans vainqueur ni vaincu.

D'un côté, les Géosiens, habitants des Finis-Terres, des terres arides, de l'autre, les Nautiles, maîtres des profondeurs marines. Mais ces derniers sont victimes d'une grave mutation qui risque de les conduire à une extinction totale.

 

 

 

 

"La maladie fait partie de notre nature. Nous sommes destinés à la contracter ... tôt ou tard ! Il s'agit d'une maladie génétique qui dérive d'une duplication erronée à l'intérieur de nos gènes ... et qui conduit à une mutation qui se caractérise par une prolifération cellulaire anormale ... qui conduit à la mort ! L'aspect le plus surprenant est qu'il semble que le gène responsable s'active qu'après un certain nombre de générations .. comme si quelque chose l'avait programmé avec une précision quasi divine."

(La Fourmi blanche, 1 - Du fond des abysses)

 

Néanmoins un espoir existe. Il repose sur une mystérieuse découverte faite par le savant Rudbekius, de retour d'une mission secrète. Il découvre un vaisseau des Antiques, l'Arche, et en rapporte un œuf abritant un fœtus mystérieux ... une fille ! Elle se nommera Bianca.

Incompris et condamné par ses pairs, il s'est retiré sur une île isolée de tout, y compris de toute contamination. Là, il élève Bianca avec comme seule aide une robot-nounou. Elle ressemble à toutes les petites filles de son âge, si ce n'est qu'elle est seule ! Pourtant, elle possèderait en elle un trésor inestimable. Son ADN contiendrait le vaccin susceptible de guérir les Nautiles !

 

 

© Bianchini - Santucci - Evangelisti - Graph Zeppelin 2026

 

Cependant, son "cas" et ses origines soulèvent bien des interrogations, des inquiétudes, voire carrément des peurs, même chez les Nautiles. Est-elle réellement la solution ou plutôt une menace pour ce peuple ? Personne ne connaît ses pouvoirs et leur étendue !

 

" Elle n'est qu'un être dont l'ADN renferme le traitement ... rien d'autre ! Que ces politiques ignorants continuent de la voir comme un être surnaturel ... Bianca est seulement un cobaye de laboratoire ... rien de plus !"

 

 

© Bianchini - Santucci - Evangelisti - Graph Zeppelin 2026

 

De son côté, le prince Uther a réussi à prendre possession de l'Arche et de ces immenses capacités technologiques ! Il en profite pour apprendre, acquérir, absorber son savoir ...

 

" Les traitements continuels auxquels je me soumets dans le navire me donnent peut-être des facultés surnaturelles ... une sorte de don de voyance ?"

 

Cela lui donne des ambitions, notamment vis-à-vis de son père qu'il juge trop "tiède", trop mou dans leur guerre contre les Nautiles ! Et pressentant l'existence de Bianca, il est prêt à tout pour la capturer ... ou l'éliminer ?

Est-elle une descendante des "Antiques", cette civilisation disparue à la base des 2 peuples ennemis ? Leur savoir était bien supérieur à celui de ces derniers.

Effectivement, au fur et à mesure de l'intrigue, nous apprenons que Géosiens et Nautiles ne seraient que des créations de Antiques, créations programmées génétiquement pour s'autodétruire !

 

© Bianchini - Santucci - Evangelisti - Graph Zeppelin 2026

 

Marco Bianchini densifie petit à petit son scénario. Construit autour des flashbacks racontant l'enfance, puis l'adolescence de Bianca, nous découvrons petit à petit une intrigue plus complexe qu'au premier abord.

Ainsi, son récit ne cesse de se développer en ouvrant portes et pistes partant dans diverses directions. Ses thématiques prometteuses pour la suite (4 albums encore), outre les tensions entre les 2 races, mêlent aussi bien des aspects politiques, religieux, des croyances ancestrales à des ambitions personnelles.

 

© Bianchini - Santucci - Evangelisti - Graph Zeppelin 2026

 

Patrizio Evangelisti y apporte un dessin précis et élégant. Un style réaliste, proche de celui des grandes sagas de S-F des années '90. Rappelez-vous le trait remarquable de Juan Giménez dans "La caste des Méta-Barons" avec au scénario Alejandro Jodorowsky ! Un sommet du genre !

Et je ne suis pas le seul à le penser puisque Juan Giménez, himself, signait la préface du tome 1, "Du fond des abysses" !!! Comment ne pas y voir la reconnaissance du maître lui-même ? Un adoubement en quelque sorte !

 

La mise en couleurs n'est évidemment pas étrangère à l'attraction des planches. Des tons chauds, jaunes et orangés pour les scènes terrestres, tandis que des bleus froids dominent les séquences sous-marines.

 

 

© Bianchini - Santucci - Evangelisti - Graph Zeppelin 2026

 

Marco Bianchini nous avait déjà ébloui avec ses récits précédents. Rappelez-vous "La nef blanche" ou encore dans la collection "Les grandes batailles de chars" son tome sur "La Marne". Le voici désormais dans une saga en 6 tomes de science-fiction postapocalyptique phénoménale.

Ce second opus confirme donc tout le potentiel de la série avec une intrigue qui s'approfondit, des personnages à découvrir mais qui prennent de plus en plus de consistance, (comme Bianca et le mystère de ses origines, de sa nature réelle) et un univers dense mêlant science-fiction, mythologie et politique.

 

Une saga qui plaira à tout amateur du genre ... notamment pour ces vacances qui approchent.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : La Fourmi blanche

Scénario : Marco Bianchini & Marco Santucci

Dessin & Couleurs : Patrizio Evangelisti

Éditeur : Graph Zeppelin

Genre : Science-fiction uchronique

Public : ado - adulte

Page : 64

Format : 23,5 x 32,3 cm

Prix : 19 €

 

 

 

Tome : 1 - Du fond des abysses

Parution : 29/01/2026

ISBN : 978 2 3803 042 2

 

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Tome : 2 - Destins parallèles

Parution : 29/05/2026

ISBN : 978 2 3803 8044 6



Publié le 22/06/2026.


Source : Bd-best


" - Pour le "Voyage", j'avais eu le Prix Femina ! Là, tu ne m'as décroché aucune sélection.

- Tu sais bien que ça ne marche pas comme ça. C'était il y a quinze ans, Lambert. Aujourd'hui, tu es trop vieux pour intéresser les critiques, mais pas encore assez pour que l'on te redécouvre.

- Quel sens de la formule ! Tu aurais dû faire carrière dans la pub.

- J'y songe parfois ..."

 

Pas évident alors de se refaire une place en haut des meilleures ventes littéraires ! Le succès et les best-sellers sont désormais du passé pour Lambert, romancier ayant connu son heure de gloire 15 ans auparavant !

Cherchant désespérément à se refaire, il enchaîne malheureusement les échecs avec ses romans. Ceci à un tel point, que son nouveau roman, "Itinéraires occultes", passe totalement inaperçu ! Quant à son dernier manuscrit, c'est carrément son éditrice qui l'incendie.

 

 

"Encore une chose, Lambert : les livres ne sont nécessaires qu'à leurs auteurs ... et, dans des rares cas, à leurs éditeurs. Mon père n'en a jamais ouvert un seul, de toute son existence ... Et je t'assure qu'il avait l'air heureux. Tu sais ce qu'est un bon livre ? C'est celui qui me permet de prendre congé de moi-même."

Une conclusion s'impose : Lambert Deville est complétement dépassé et au fond du trou ... de l'inspiration littéraire.

Et pour comble de tout, sa compagne, Sophie, le plaque ... marre de supporter sa déprime d'auteur depuis des années, marre d'avoir l'impression de s'occuper d'un vieillard !

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Il décide alors de partir se réoxygéner seul à bord de son voilier. Une croisière en solitaire en méditerranée afin de se retrouver. Son moral remonte et c'est alors que ...

On retrouve son bateau à la dérive ... Mais pas de Lambert à bord ! La nouvelle fait l'effet d'une bombe dans toutes les salles d'infos. Le milieu littéraire s'émeut de cette disparition. Son éditrice n'a pas de mots pour l'encenser et vanter ses qualités, son talent, ...

 

"Un grand auteur ne meurt jamais, ses mots sont éternels"

 

Il repasse de totalement invisible à auteur célèbre. Ses ventes explosent, sa côté crève les plafonds ... et son éditrice est aux anges.

Pourtant, Lambert n'est pas mort. Il a simplement décidé de "disparaître" et de se refaire loin de son statut "d'auteur has been" dans une île grecque.

Voyant tout cela de loin, Lambert jubile de ce succès "post mortem" qui lui était "refusé" de son "vivant". Libéré de son identité et muni d’un mystérieux trésor, il profite de sa nouvelle existence loin du tumulte.

 

Cependant, cette parenthèse idyllique peut aussi connaître quelques inconvénients ! En effet, il s'en amuse moins lorsqu'il apprend que son ancien assistant tente de s’approprier son œuvre. Et les soucis ne s'arrêtent pas là quand certaines personnes débarquent sur son île et s'intéressent d'un peu trop près à l'origine de son pactole.

Lambert doit alors faire face aux conséquences de sa propre disparition et aux dangers qui menacent sa nouvelle existence.

 

"Le bonheur est l'ennemi du romanesque."

 

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Avec "Tourner la page", Zep confirme avec éclat son virage vers une œuvre adulte, intime et lucide. Loin de l’univers de "Titeuf", il propose ici un récit à la fois introspectif et satirique, centré sur la figure d’un écrivain en déclin confronté à une question vertigineuse : faut-il mourir pour exister aux yeux des autres ?

 

Le point de départ, aussi simple que redoutable, fonctionne parfaitement. En orchestrant sa propre disparition, Lambert Deville observe avec ironie le succès posthume qui lui échappait de son vivant. À travers cette situation, Zep livre une critique acérée du monde éditorial, où opportunisme, récupération et hypocrisie dictent souvent la valeur d’une œuvre. Le regard est lucide, parfois cruel, et trouve un écho particulier dans le narcissisme du personnage principal, aussi pathétique que profondément humain.

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Le récit séduit par son efficacité narrative : rythmé, ponctué de retournements, il glisse progressivement du drame intime vers une mécanique plus tendue, flirtant avec le thriller moral. Si certaines évolutions restent prévisibles, l’ensemble maintient une vraie tension, jusqu’à une conclusion ironique et amère.

 

Sur certains aspects et grandes lignes, nous pourrions nous rappeler le superbe film de Claude Lelouche, avec un Jean-Paul Belmondo exceptionnel de vérité et de sensibilité, ainsi qu'un Richard Anconida d'une naïveté touchante, "Itinéraire d'un Enfant gâté", sorti en 1988. A revoir avec la même tendresse que nous lisons cet album. Aussi bien au niveau du scénario que de l'image, une perle ! Comme ici !

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Car c’est sans doute sur le plan graphique que l’album impressionne le plus. Entièrement réalisé à l’aquarelle, "Tourner la page" marque un sommet dans l’évolution artistique de Zep. Les ambiances maritimes, baignées de lumières méditerranéennes, contrastent avec la grisaille parisienne et traduisent avec finesse les états d’âme du personnage. Le dessin gagne en sensibilité ce qu’il perd en caricature, offrant une véritable immersion visuelle.

 

Abandonnant le côté caricatural de "Titeuf", son style semble plus libre, presque flottant, qui épouse parfaitement l'instabilité du récit et les états d'âme de son héros.

Le travail sur les couleurs est plus que remarquable. Les teintes méditerranéennes, avec ses bleus profonds, ses verts océan, ces ocres lumineux, ... baignent les scènes grecques dans une atmosphère à la fois apaisée et mélancolique. Ceci à l'inverse des séquences parisiennes qui semblent plus ternes, comme la lassitude de Lambert finalement !

 

Maintenant, comment ne pas admirer le talent de Zep dans ses visages, leur expressivité ? Sans jamais tomber dans l'exagération, il capte les émotions avec une finesse attendrissante. Fatigue, désespoir, lassitude, ironie, voire soulagement, ... ses visages les expriment avec discrétion mais de façon clairement interprétable pour le lecteur.

 

A certaines planches, certaines cases, les décors semblent passer au second plan. Comme si Zep ne souhaitait pas y attirer le regard du lecteur, donnant ainsi toute son attention aux personnages et aux atmosphères. Une subtile mise ne scène dans un réalisme mesuré qui renforce clairement la tension narrative.

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Au final, "Tourner la page" réussit là où il pourrait simplement intriguer : en transformant une fable sur la postérité en réflexion plus large sur l’identité, le regard des autres et la difficulté d’exister en tant qu’artiste. Une œuvre qui impressionne par sa cohérence graphique, à la fois élégante, mordante et mélancolique et qui confirme la maturité et l’ambition de Zep.

 

Un titre parfait pour entamer ses vacances toutes proches ... pour certains !

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Tourner la page

Scénario, dessin, couleurs : Zep

Editeur : Rue de Sèvres

Genre : chronique sociale,

Public : ado - adulte

Parution : 22/04/2026

Format : 24,1 x 32 cm

Page : 80

ISBN : 978 2 8102 1011 4

Prix : 20 €



Publié le 15/06/2026.


Source : Bd-best


" Bon crépuscule, habitants de Flot. ici doña Elvira. Nous sommes toujours sans nouvelles de mon père, le Comendador, pourvoyeur de dons. chaque jour, notre angoisse grandit, mais restons soudés."

 

Ainsi débutait le 28 mai 2025, ce récit, cette pièce en 3 actes ...

 

1 an plus tard, voici déjà le 3e et dernier acte d'une saga passionnante !

 

"Belle aurore, citoyen de Flot, c'est doña Elvira. Le soleil se lève sur notre cité, ses travailleurs et ses travailleuses."

 

Une trilogie fantasy originale basée sur le mythe de Don Juan ! Voilà ce que nous propose Isabelle Bauthian dans un scénario librement inspiré du sulfureux personnage théâtral imaginé au XVIIe siècle par Tirso de Molina.

 

 

Dans la cité insulaire et libertine de Flot, entourée d'océans déchaînés et d'un mur d'orages et d'éclairs, il fut un temps où chacun pouvait vivre comme bon lui semblait. Cité peuplée de magiciens, d'artistes, de penseurs, tout habitant pouvait développer librement ses dons. Imaginée et créé par les Fondateurs, chacun y trouvait sa place et s'épanouissait sans craindre le contrôle des autres.

Mais voilà, avec le temps, les Fondateurs ont disparus, le bel idéal et les grandes idées ont petit à petit fait place à une société plus chaotique, guidée ... dirigée plutôt, par le Comendador, héritier désigné par ces Fondateurs. Avec lui, les dons se paient grassement ... Pour obtenir ceci, tu accepteras de céder cela de ta personne ... un handicap avilissant !

De cette cité libertaire est née une tyrannie masquée, s'installant sournoisement dans l'esprit de chacun et chacune.

 

Cependant, la "machine" est grippée. Le Comendador a disparu, la gouvernance de Flot devient hésitante. Sa fille, Doña Elvira, tente bien, en apparence, à maintenir le calme et l'unité. Entre kidnappings d'artistes, tueurs, épidémies de malchance et autres fléaux, elle semble marcher sur des œufs ... elle qui a perdu l'usage de ses jambes au prix de son don !

 

 

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026

 

Dans ce monde en déliquescence, un esprit veut néanmoins garder sa liberté de pensée et d'agir ... Don Juan. Séducteur et manipulateur dans l'âme, ses actions frisent souvent l'immoralité, même si parfois teintées d'un héroïsme bienveillant. Un Justicier des mœurs ...

 

A force de réussir ses exploits, ce Justicier a fini par attirer l'attention et l'admiration d'une certaine tranche des habitants de Flot. Héros involontaire, il doit apprendre à gérer cette popularité. Surtout que ses dons, il semble ne les devoir qu'à lui-même !

 

"- Un héros qui lévite ... sans avoir, semble-t-il, payé tribut au Comendador ... Cette ville offre peu de certitudes, mais il en existe au moins une : toute magie se négocie ... et se paye. Quelle est la source de votre pouvoir ?

- Quel est son prix ?"

 

Dans un premier temps, à côté de lui, puis au fur et à mesure de l'avancée des actes, face à lui, Doña Laura, une femme complexe, intelligente, rusée, stratège ambitieuse, son pragmatisme et ses objectifs sont clairement d'arriver au sommet du pouvoir.

Sa gestion, d'abord discrète puis au grand jour, des différentes crises secouant Flot lui ouvre les portes de ce pouvoir auquel elle aspire de tout son être.

Secondée par Carlos et sa milice privée, elle finira par percer les mystères de la disparition du Comendador.

Et là, surprises et rebondissements font se bousculer et dynamiter un scénario où les seuls instants de calme sont finalement les libations et luxures de Don Juan !

 

Une lutte sans merci s'engage ainsi dans ce 3e acte entre les "meilleurs ennemis de Flot". contre les actions terroristes d'un côté et la montée en puissance de l'image de Don Juan de l'autre.

 

 

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026

 

Mais désormais, à l'abord du tome 3, chacun sait où et comment il est retenu. Les fondements qui ont régi la cité depuis des siècles sont sur le point de s'effondrer ... Chacun va alors devoir choisir son camp pour un 3e acte explosif.

Dans tout ce chamboulement à venir, Don Juan reste Don Juan et se complaint dans sa luxure, ses excès et son indifférence à mener ouvertement une rébellion.

 

"Je ne suis pas un chef, Tisbea. Vraiment, si tu penses le contraire, tu n'as rien compris à mon message. les habitants de Flot sont libres. Je ne suis qu'un exemple."

 

La ville est secouée entre attentats et annonces apaisantes. Pourtant c'est bien l'atmosphère d'une fin d'ère qui se répand jusque dans les coins les plus sombres de la Cité ! Alliances et trahisons risqueraient de s'enchaîner.

Et que se passera-t-il si le Comendador réapparaissait ?

 

Chaque protagoniste joue ses dernières cartes pour l'emporter ... Ambitions personnelles ou idéologiques, que feront Doña Laura, Don Juan, et les acteurs de cette pièce ?

L'Abuseur sera-t-il abusé à son tour ?

 

 

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026

 

Une tragi-comédie envoutante qui mêle adroitement réflexion sociétale, intrigues amoureuses et politiques dans les références subtiles à la pièce de théâtre originale.

Isabelle Bauthian créé un monde où chacun s'insurge afin de pouvoir être ce qu'il veut être et cela sans se plier aux contraintes de la société dans laquelle il vit.

Deux visions d'organisation sociale qui ont pour but "le bonheur de chacun" mais par des moyens et procédés différents !

 

"Je sais ce qu'il en coûte de gouverner une cité. les sacrifices, les compromis et la frustration. cette foule béate face à tes démonstrations de puissance, qui te traîne dans la boue au moindre signe de faiblesse. [...]

Je me battrai pour ces imbéciles. je me battrai malgré eux."

 

Jonglant avec des caractères forts, les protagonistes ont souvent des motivations nuancées et variées mais crédibles aux yeux du lecteur.

 

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026

 

Exploiter des thèmes aussi variés que la liberté individuelle et ses limites, l'exercice du pouvoir jusque dans ses dérives, les ambitions des uns et des autres face aux événements, ... Isabelle Bauthian rafraichit élégamment cette étude sociétale du XVIIe siècle, un despotisme éclairé avant l'heure !

 

" - Ce sont tous "nos candidats".

- Plus ou moins et ne sois pas hypocrite. Nous avons décidé ensemble d'attendre que les citoyens de Flot soient prêts pour leur confier les rênes du gouvernements. Tu sais aussi bien que moi ... que la liberté se mérite."

 

Sans oublier une approche plus ciblée du mythe de Don Juan avec la recherche et l'acceptation de soi, son identité personnelle ... et surtout ce qui fait la substantifique moëlle de ce personnage légendaire : son don pour la manipulation et la séduction, allant jusqu'à imposer à chacun de confronter ses idéaux avec la dure réalité qui nous entoure.

 

Bref une réécriture inventive, originale et rafraîchissante d'une œuvre littéraire mythique, rythmée par des retournements de situation et des révélations inattendues. L'ensemble nous scotche dans un dessin agréable, élégant, réhaussé de couleurs vives.

 

Rebecca Morse excelle aussi bien dans les décors que les personnages, leurs postures et leurs expressions faciales. La cité, sous son trait, déborde de vie et d'atmosphère à la fois moyenâgeuse et baroque dans ces architectures. Ses cadrages sont et restent efficaces pour souligner idéalement l'action et le rythme du récit.

 

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026

 

Un duo qui s'entend, une fois encore (après leurs collaborations sur "Dragon & poissons", "Freaks Squeele", "Midnight Tales" ) à merveille pour transmettre toute l'énergie d'un scénario palpitant dans une mise en page virevoltante.

 

Le rideau tombe ainsi sur cette trilogie fantasy qui a admirablement dépoussiérer le Don Juan original tout en en conservant son esprit libertaire.

Et n'oubliez pas :

 

"Aucune société n'est immuable !"


 

Thierry Ligot

 

 

PS : à noter que les 3 tomes existent déjà dans un écrin dont la couverture est de toute beauté !

 

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Série : Don Juan des Flots

Scénario : Isabelle Bauthian

Dessin : Rebecca Morse

Couleurs : Nicolas Vial

Éditeur : Bamboo

Collection : Drakoo

Genre : fantasy, aventure, politique, réinterprétation littéraire

Public : plutôt ado - adulte

Format : 24,3 x 32 cm

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Tome : 1 - Acte 1, L'Abuseur

Pages : 48

Parution : 28 mai 2025

ISBN : 978 2 3823 3026 5

Prix : 14,9 €

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Tome : 2 - Acte 2, Petites Tragédies

Pages : 48

Parution : 7 janvier 2026

ISBN : 978 2 3823 3142 2

Prix : 14,9 €

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Tome : 3 - Acte 3, Le Festin de Bois

Pages : 56

Parution : 27 mai 2026

ISBN : 978 2 3823 3306 8

Prix : 15,9 €

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Ecrin 1 à 3

Parution : 27 mai 2026

ISBN : 978 2 3823 3408 9

Prix : 44,7 €



Publié le 02/06/2026.


Source : Bd-best


"Les vrais héros ne sont pas ceux qui reviennent ! Les vrais héros sont restés là-bas !"

 

Telles sont les paroles d'un jeune gars, parti à la guerre par patriotisme, entraîné par la fureur des combats à réaliser des exploits au point de s'interroger lui-même sur les raisons qui le poussent à l'action ! Et finalement, sentir le "costume " de héros adulé comme un poids trop lourd à porter seul !

 

Après "Albert Roche" et "Johnny Clem", "Audie Murphy", ce héros de guerre, oublié du grand public, est le 3e opus de cette collection chez Grand Angle.

 

 

 

 

 

Philippe Peleaz semble structurer sa narration autour de 2 grands axes : la trajectoire historique d'Audie et la déconstruction de son mythe.

 

 

© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026

 

Porté volontaire avant l'âge, suite au choc provoqué par le désastre de Pearl Harbour, il participe vaillamment aux campagnes de Sicile, d'Italie, de France, ... Il y accomplit une série d'actes, parfois perçus comme suicidaires, qui feront de lui le "héros national" par excellence.

 

" - Tu prends le bus ce soir pour Camp Wolters, compagnie D, 4e section, 59e bataillon. Après quelques semaines d'entraînement, tu recevras ton affectation. Et n'oublie jamais que l'infanterie est le cœur de l'armée.

Ah encore une chose : il faut que tu signes une police d'assurance avec ta sœur comme bénéficiaire, au cas où il t'arriverait malheur !

- Rassurez-vous sergent : je n'ai aucune intention de mourir."

 

Il est ainsi tout à fait logique de le voir alors approcher par le cinéma. Dans les années '50, tournant dans des films d'action, des westerns, il y gagnera rapidement des fortunes ... qu'il reperdra tout aussi rapidement aux jeux et dans d'autres démons.

Ne pouvant trouver la "paix de l'âme" dans cette course effrénée vers l'oubli, il s'engagera alors dans le combat de la reconnaissance de ce qui s'appellera plus tard le "stress post-traumatique".

 

 

© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026

 

Loin d'en réaliser une glorification du héros de guerre tel que nous l'ont longtemps servi certains films de guerre de l'époque, cet album explore plutôt son côté humaniste, la fracture intime qui déchire Audie Murphy. Entre le soldat reconnu pour sa bravoure, le plus décoré de la Seconde Guerre Mondiale, et l'homme qui ensuite devra vivre avec ce passé et les traumatismes qui s'en suivront, nous découvrons un homme rongé par le remord et la culpabilité d'être lui revenu alors que tant de ses camarades y sont restés !

 

 

Engagé volontaire jeune, lancé dans un conflit violent, puis remis à la vie civile sans réel préparation, Audie Murphy est en réalité un homme complexe. Brisé par son vécu, sa légende militaire lui impose de masquer et taire sa véritable nature, son immense fragilité une fois la guerre achevée. Solitaire dans ce "combat" intérieur, Philippe Pelaez ne le rend que plus humain et fragile.

 

 

© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026

 

Un récit introspectif saisissant, d'un héros quasi malgré lui et qui luttera ensuite pour se faire reconnaître pour ce qu'il est devenu par la force des événements : un homme brisé par la guerre et qui ne peut s'en remettre à force de perpétuellement "voir" devant ses yeux les visages des ennemis qu'il a tués et ceux de ses camarades qui ne sont pas revenus !

 

"- Audie, arrête ça, bon dieu !!!

- Je les vois, bon sang, je les vois !!!

- Mais qui, Audie ? Qui vois-tu ?

- Les hommes que j'ai tués et les copains qui n'ont pas eu ma chance, Lattie Tipton, Joe Siejanet les autres. Ceux qui sont restés là-bas. Ils me tendent mes médailles en me disant : "Tiens, surtout n'oublie pas ça, nigaud ! Tu as tiré le gros lot pour une journée de boulot à Holtwihr. Et tu as gagné un beau contrat à Hollywood ! ""

 

Cette dualité donne au récit une profondeur rare, pas souvent reprise dans les biographies militaires.

 

Cette sensation d'opposition entre les actes de bravoure et la fragilité après-guerre est clairement mise en évidence par le dessin d'Olivier Frasier.

Via son dessin réaliste, et sublimé par la palette de couleurs de Raphaël Bauduin, la violence des scènes de combat, notamment de la poche de Colmar, contraste avec l'intensité émotionnelle des scènes intimistes.

 

 

© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026

 

En définitive, l'alliance d'un scénario d'une grande délicatesse, d'un trait percutant et de couleurs subtilement maîtrisées, dosées fait de "Audie Murphy" un portrait bouleversant, peut-être l'un des plus justes et poignant jamais consacrés à un soldat brisé par la guerre.

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Héros de guerre

Tome : 3 - Audie Murphy

Scénario : Philippe Pelaez

Dessin : Olivier Frasier

Couleurs : Raphaël Bauduin

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Thèmes : guerre, biographie, Seconde Guerre Mondiale, stress post-traumatique, héros

Public : tout

Parution : 8/4/2026

Pages : 64

Format : 24,3 x 32,1 cm

ISBN : 979 1 0411 1236 4

Prix : 16,9 €



Publié le 28/05/2026.


Source : Bd-best


"Je m'appelle Woan et je suis enfin libre ... libre de rejoindre mon clan. Je partageais ma liberté d'enfant avec mon meilleur ami Chatto.

Un jour comme un autre, nous sommes partis chasser ... lorsque la forêt devint malfaisante.

Comment oublier que j'ai détruit l'harmonie en provoquant Ours-Qui-Se-Tient-Debout ...

Un jour maudit ... qui a écrit mon destin ..."

 

Christian Rossi, maître du western en bande dessinée, revient avec Comanche Trail, une aventure née d’une faille narrative repérée dans Golden West. Il y approfondit son obsession pour la destinée tragique des peuples amérindiens, leur spiritualité et leur rapport au monde.

 

 

 

Loin d'être un novice dans le 9e Art, son parcours est exceptionnel, enrichi par des rencontres qui l'ont été tout autant. Comment ne pas être imprégné par le talent et l'esprit d'auteurs tels Jijé, Giraud ou encore Jean-Michel Charlier !

De chacun de ces grands maîtres, il a gardé un sens de la rigueur, de l'ouverture d'esprit, de la curiosité intellectuelle tout azimut, de la gestion documentaire et surtout de l'humanité dans la conception de ses récits. Ses techniques et innovations graphiques en sont également les fruits "artistiques".

Tout cela, il l'a ainsi concrétisé dans ses propres albums et séries : Jim Cutlass, W.E.S.T., Go West Young man, Golden West, Le Cœur des Amazones.

Ne se décrit-il pas parfois comme étant un "éternel débutant" ! Pour rappel, il est né en 1954 !

 

 

© Rossi - Casterman 2026

 

Pour en revenir à cette sortie, il s'agit donc ici d'une sorte de "complément" à son œuvre la plus personnelle, Golden West.

C'est en effet en le relisant qu'il imagine une possibilité d'inclure dans une scène une seconde aventure. Ce sera Comanche Trail !

 

Le périple d'un jeune Apache qui, après une longue période de bannissement, peut enfin rentrer chez les siens. Pourtant celui-ci est semé d'embûches ... un ours à nouveau, la perte de ses broncos, la soif et la haine d'un petit groupes d'Apaches Coyotero, ... Une nouvelle fuite vers ... ?

 

Ailleurs dans la plaine, un autre drame se prépare. Un petit clan de mescaleros, échappé d'une réserve, mené par leur shaman, cherche refuge dans la tribu comanche des Numunus. Des liens les unissent. En effet, Petal, sœur de Kohonay, Omsky et de Helshoni, a épousé le chef comanche Quanah.

Or ce dernier leur annonce que Petal l'a déshonoré en le trompant. Comme "punition", elle a été sauvagement mutilée au visage ! Elle est désormais la honte de la tribu et maltraitée par tous !

Néanmoins, la vérité est tout autre. Et en l'apprenant, sa famille ne peut supporter l'injustice dont elle est victime. Sentant leur propre sécurité en danger, ils décident de fuir en emmenant Petal !

 

 

© Rossi - Casterman 2026

 

Quanah ne pouvant à son tour supporter cette insulte et cette fuite, se lance avec ses guerriers à la poursuite des fuyards afin de récupérer son "bien" et d'exterminer le petit clan apache.

Au cours de cette fuite, ce dernier croise la route de Woan, qui bien involontairement se retrouve mêlé au conflit.

 

Le retour de Woan ne se fera donc pas sans difficulté. Le destin n'a visiblement pas fini de jouer avec lui.

Maudit il a été, maudit il l'est toujours. Du moins, le pense-t-il.

Dès lors, rongé par le doute et la crainte, il ne peut qu'imaginer être lui-même la source du malheur de ceux qui l'entourent.

 

"J'ai la terrible impression d'apporter le mauvais œil, d'être toujours maudit ... mais je garde mes doutes pour moi. Si je veux les épargner, je dois les quitter, les quitter et ne plus la revoir."

 

Sa rencontre avec Petal sera décisive.

Sur cette voie censée laver l'honneur de Petal, bien des choses étranges, telle la puissance des sentiments ou encore les mystères de la magie, vont s'ouvrir au jeune guerrier apache.

 

"- C'en est fini de la fuite, nous affronterons Quanah et nous lui prouverons notre bravoure.

- Woan, mon cœur se réjouit de t'avoir rencontré. Tu m'as redonné confiance, Usen a été bienveillant. Tu es son messager.

- Quoi qu'il arrive, jamais je ne t'abandonnerai.

- Woan ... j'ai beau être ... je suis toujours une femme avec ses désirs ...

- Reste en vie, Petal."

 

Un récit débuté sur un double théâtre qui finiront par se croiser, se mêler, se confondre et à aboutir à un final digne d'une véritable tragédie racinienne !

Impossible de ne pas y ressentir la dimension spirituelle, ce côté à la fois croyance naturelle et magie qui lui confère une réelle aura "bienfaisante".

 

 

© Rossi - Casterman 2026

 

Côté graphisme, cette volonté de ne jamais s'arrêter à un style déterminé se retrouve à nouveau dans cet album. Christian Rossi à l'âme d'un éternel explorateur en mêlant nouvelles techniques, nouvelles influences et surtout nouvelles émotions graphiques. Son travail s'apparente à un atelier d'expérimentation visuelle constant. Jamais pleinement satisfait sitôt le dessin achevé, il cherche à redéfinir différemment ses styles.

C'est ainsi que "Comanche Trail" est du pur "Christian Rossi" sans en n'être que du "Christian Rossi".

Dans le plus pur esprit d'un Frank Pé, d'un Hermann !

Ou pour faire référence à un dessinateur, heureusement encore parmi nous, un Jean-François Charles dans ses derniers one-shot !

 

 

© Rossi - Casterman 2026

 

Ce second tome, plus basé sur la destinée crépusculaire des Indiens, n'a cependant probablement pas fait le tour de la question. Il y a encore de la matière à développer, ce qui pourrait, d'après Christian Rossi lui-même, amener éventuellement à un 3e et dernier tome ! Nous ne pouvons que l'espérer ! 

 

Pour les plus collectionneurs d'entre vous, un tirage de tête paraîtra en septembre prochain. En 144 pages au format 28,5 x 38,5 cm, vous pourrez admirer le lavis préparatoire à la mise en couleur définitive de l'album, 1 ex-libris numéroté et signé, une préface du maître himself, ainsi qu'une vingtaine de pages d'œuvres jamais publiées reprenant des études de personnages, des peintures et des aquarelles.

Le tout "grand luxe", sur papier Condat mat 200 gr, imprimé en encre HUV, dos toilé avec marquage à chaud !

150 exemplaires seulement ... il ne s'agira pas de traîner pour se le procurer ... chez "Éditions i". Pour la modique somme de ... 249 € !

Mais comme le dit le dicton, "quand on aime, on ne compte pas !"

 

Quoiqu'il en soit, "Comanche Trail" sera un indispensable western indien et humaniste qui a toute sa place dans votre bibliothèque !

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Comanche Trail

Scénario - dessin - couleurs : Christian Rossi

Éditeur : Casterman

Genre : western

Thèmes : aventure, magie, nature, pouvoir, société, Etats-Unis

Public : tout

Parution : 20/05/2026  

Pages : 128 

Format : 25 x 34 cm 

ISBN : 978 2 2032 8413 5

Prix : 30 €

 



Publié le 20/05/2026.


Source : Bd-best


"Moscou, mars 1991,

En peu de mois, tout cela a été balayé. Les nouveaux héros, les banquiers et les top-modèles, ont imposé leur domination et les principes sur lesquels était fonde l'existence de trois cents millions d'habitants de l'URSS ont été renversés. Ils avaient grandi dans une patrie et se retrouvaient soudain dans un supermarché.

Mon père voulait que je devienne diplomate. Il me voyait déjà dans un salon de Vienne ou de Paris, occupé à disséquer la littérature russe en compagnie de quelque vieil ambassadeur.

Ce que je voulais, moi, en revanche, c'était me débarrasser une fois pour toutes du monde des intentions, des devoirs et des projets. C'est pourquoi je me suis inscrit à l'Académie d'Art Dramatique de Moscou et j'ai commencé à vivre la vie désordonnée des théâtreux."

 

 

Ainsi débute l'adaptation BD du roman éponyme de Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (2022) !

Best-seller littéraire (Grand Prix du roman de l'Académie française), il a, l'an dernier, connu son adaptation cinématographique, avec Paul Dano, Jude Law et Alicia Vikander.

 

da Empoli dans sa narration mélange adroitement réalité historique et fiction afin de décrypter les mécanismes du pouvoir sous le règne du "Tsar" Vladimir Poutine !

Centré sur les confidences du personnage central, Vadim Baranov, ce dernier est largement inspiré de Vladislav Sourkov, la réelle éminence grise de Poutine. Il n'a d'ailleurs pas usurpé son surnom de "vizir" ou de "marionnettiste", notamment dans son rôle lors de la création de la "démocratie souveraine", à la sauce russe.

 

 

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026

 

S'appuyant sur son passé de metteur en scène et de producteur au théâtre comme à la télévision, le héros s'évertue à transformer la vie politique russe en un spectacle permanent ... où la vérité devient ... comme dans toute bonne représentation ... malléable aux yeux du public ... et ici du monde !

 

"Que dirais-tu de cesser de créer des fictions ... pour commencer à créer la réalité ?"

 

Et même si il comprend immédiatement que "l'acteur" retenu ne sera pas aussi docile que cru, il va accepter de rentrer dans ce nouveau cirque ...

 

"Durant notre rencontre, il m'est apparu évident que Poutine ne serait pas homme à se laisser guider pas à pas tel que le lui suggérait Boris, et je n'eus pas longtemps à attendre pour voir mes doutes confirmés.'

 

Et il s'en accommodera parfaitement car au fond de lui, il ne croit en rien, n'est pas poussé par des envies d'enrichissements personnels ou d'appâts du gain. Non, son moteur à lui est "simplement" l'efficacité du chaos et du récit à offrir au peuple.

 

Mais face à Baranov, se dresse Ksenia. Elle est le contrepoint humain et émotionnel au cynisme politique de son amant. Elle ramène sur terre celui pour qui tout ne serait que "variables prévisibles" ! Pour elle, l'imprévisible reste dans l'intimité et la liberté vue par chacun.

 

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026

 

Œuvre à double face, Luc Jacamon réussit à scénariser ce roman pour lui conserver à la fois son visage politique et sa chronique sur la montée en force puis la main mise sur le pouvoir par Vladimir Poutine dans la Russie post-soviétique.

 

L'une des grandes qualités de cet album est de tenter de transposer toute l'intensité du roman, ses monologues et réflexions dans une mise en page captivante respectant néanmoins la froideur quasi cliniques des personnages et du Kremlin. Exercice pas évident ... et qui laisse parfois sur le côté une certaine dimension philosophique sur la "démocratie souveraine" voulue par le Tsar ! Nous y retrouvons les principaux moments clés : l'instrumentalisation de la guerre en Tchétchénie pour arriver au pouvoir, la perte du sous-marin Koursk, la prise de le Crimée, le déclenchement de la guerre en Ukraine, sans oublier l'ascension puis la mise au pas des oligarques, tel Boris Berezovsky, Mikhaïl Khodorkovski, Evgueni Prigojine, ...

Une succession d'événements mais sans trop rentrer dans les détails ...

Cela peut néanmoins se comprendre par l'impératif du nombre de pages ! 140, ce qui est déjà assez conséquent !

 

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026

 

Le parallèle avec la série "Le Tueur" est dès lors plus qu'intéressant. Pour utiliser un terme à la mode, je dirais que le choix de Jacamon pour cette adaptation est presque "méta". Dessinateur habitué aux tueurs à gages et aux ambiances de polars sombres, il excelle dans les univers froids, tendus, dominés par des personnages calculateurs et détachés émotionnellement. Son style réaliste donne ici beaucoup de crédibilité au récit.

C'est ainsi qu'il réussit ici largement à prodiguer à l'album cette atmosphère froide et lourde, sans faille, ni sentiment que nous retrouvons dans la politique russe ... et de Poutine en particulier. Luc la traite comme une série de contrats et d'exécutions (parfois littérales, souvent symboliques).

En 144 planches superbes, nous sommes immergés dans le spectacle du pouvoir. Pourtant, une question pourrait demeurer : quel était le réel "moteur" idéologique de Baranov ... Sourkov ?

Est-ce finalement son paradoxe : un metteur en scène qui, à force de tout transformer en décor de théâtre, finit par vider la politique de son sens.

 

"Au milieu de tous ces changements, nous ne sommes pas entraînés à distinguer les choses qui restent les mêmes ... Les choses qui ne changent pas sont presque toujours les plus importantes."

 

Autre qualité indiscutable de cette album, la réussite de Luc à dessiner admirablement les décors. Qu'ils soient enneigés ou non, ils apportent à l'ensemble de la narration ce petit plus qui la rend effroyablement efficace. Ceci à un tel point que le texte passe parfois au second plan !

 

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026

 

A la fois, thriller politique et réflexion sur le cynisme du pouvoir de Poutine, cet album nous permet probablement de mieux appréhender la "substantifique moëlle" qui guide la géopolitique russe d'aujourd'hui.

 

'Poutine est un Tchékiste, Vadia : de la race la plus féroce, celle qui ne fume ni ne boit ! Ce sont les pires, parce qu'ils cultivent les vices les plus cachés. Il mettra la Russie aux fers."

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Le Mage du Kremlin

D'après : le roman éponyme de Giuliano da Empoli

Dessin, couleurs et adaptation : Luc Jacamon

Collaboration au scénario : Théa da Empoli

Éditeur : Casterman

Genre : thriller géopolitique, biographie, histoire

Thèmes : politique, Russie, pouvoir, Poutine, littérature

Public : au-dessus de 14 ans

Parution : 29 avril 2026

Pages : 144

Format : 18,4 x 26 cm

ISBN : 978 2 2032 9662 6

Prix : 24 €



Publié le 10/05/2026.


Source : Bd-best


Oooooh mais qu'arrive-t-il à Paillasson, notre petit choupisson ?

 

"POUM ! POUM !

- Choup ! C'est toi qui fait poum poum ?

- Moi ? Nan ...

POUM ! POUM !

- Ha ! Tu vois, c'est toi qui fais poum poum ! "

 

Serait-il malade ? Aurait-il un souci ? Il ne sait pas ... Il n'a jamais connu ça !

Mais heureusement, il n'est pas seul. Son inséparable ami le Ver a une réponse toute simple, naturelle et ... tellement mignonne !

 

 

 

 

Choupisson a croisé une petite choupissone et son petit cœur s'est mis à battre la chamade.

 

Mais alors, comment se faire remarquer d'elle ? Comment attirer son attention ? Surtout quand on est timide, réservé et encore plus timide que cela !

D'ailleurs, ne préfère-t-elle pas un hérisson aux pics bien plus pointues ?

 

"Eh bien ... je crois qu'elle préfère les choupissons avec des piquants sur la tête ..."

 

Est-ce l'apparence qui compte ?

 

 

© Périmony - Éditions de la Gouttière 2026

 

La balade du petit hérisson au cœur d'artichaut risque d'être à nouveau fort instructive.

La rencontre avec Serge, la taupe, coiffeur de son état, lui apportera-t-elle la solution ? Il dispose d'un grand peigne pour cela. Une idée décoiffante n'est-il pas vrai ?

 

Cependant un doute persiste ... serait-ce suffisant ?

Paillasson a des doutes, des inquiétudes ... Il n'a jamais été amoureux ! Il va devoir apprendre à se faire confiance !

 

Et comment font les vers au fait ? Ils sont tout nus, sans pic ni rien d'autre !

 

"Eh bien, un vers peut être charmé par d'autres détails. Et ça ne passe pas forcément par le physique ou les piques. [...]

Mon espèce doit prendre le temps de se connaître avant de pouvoir se reconnaître. Ce qui nous évite de nous arrêter bêtement aux apparences ..."

 

Voilà une journée bien chargée pour notre petit hérisson à bouclettes si choupignon ...

 

 

© Périmony - Éditions de la Gouttière 2026 

 

David Périmony poursuit ainsi les aventures de nos petits amis entre champs et prairies.

Après celle du matin dans le tome 1 et celle de l'après-midi du tome 2, la journée ne va donc pas tarder à se finir. Elle aura été bien chargée en découvertes et nouveautés.

Une trilogie remplie d'humour, de sagesse, de tendresse et de douceur qui se lit dans n'importe quel ordre.

A la fois initiatique et amusante, cette série a également le mérite d'être pleine de poésie. Comment ne pas fondre devant de tels héros ?

 

 

© Périmony - Éditions de la Gouttière 2026

 

A partir de 5 ans, nos bambins adoreront les péripéties de ce petit hérisson si sensible, attendrissant par sa naïveté et sa gentillesse.

Entre émotions troublantes, amours naissants, amitié sincère, nous nous amusons de ses premiers émois maladroits.

Tout comme pour les 2 tomes précédents, nous y trouvons une belle leçon de vie, un message d'ouverture et d'acceptation de soi ... ou de l'autre.

 

Le dessin expressif et les couleurs pastelles restent toujours aussi doux et apaisants ... à l'image du scénario somme toute.

 

Un joli album, au format à l'italienne, une lecture qui enchantera donc petits (qui écoutent) et grands (qui lisent) pour un agréable moment de tendresse.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Choupisson

Tome : 3 - Cœur d'artichaut

Scénario, dessin & couleurs : David Périmony

Éditeur : Les Éditions de la Gouttière

Public : à partir de 5 ans

Parution : 20 mars 2026

Pages : 40

Format : 23,9 x 17,5 cm

ISBN : 978 2 35796 151 7

Prix : 10,7 €



Publié le 06/05/2026.


Source : Bd-best


"- Si tu ne veux pas finir comme Rupert, tu vides la caisse, sinon je t'éventre comme un poisson !

- On n'éventre pas un poisson, on le vide, chef !

- TA GUEULE !! De toute façon, j'peux pas blairer les animaux !"

 

Ce one-shot de western humoristique met en scène Kentucky T. McBride, voleur et chasseur de primes à la fois. Aussi cupide que sans scrupules, il est prêt à trahir et éliminer ses complices pour s’enrichir. La preuve, après le braquage de la banque d'un bled perdu, Yellow Fork, il s’y improvise shérif pour poursuivre ses anciens associés en fuite. Il les retrouve et les bute sans états d'âme ! Il empoche ainsi le butin (qu'il ne rend évidemment pas à la banque), la prime pour les 2 ex-complices refroidis et s'engage à retrouver le 3e en fuite ! Donc lui, finalement !

 

Il sera "Le Bandit" !

 

 

"Ce n'est que le début de l'histoire. Vous allez voir la suite n'est pas mal non plus ..."

 

Il part ainsi jusqu’au Mexique où il sera entraîné dans une aventure des plus chaotiques.

Là, il croise des personnages hautes en couleur.

 

D'abord, Dolorès Cordora de Sandoval, une redoutable chasseuse de primes accompagnée d’un dogue allemand carnassier, Tortilla !

 

"C'est extraordinaire, un chien. Ça comprend tout, même les sifflements ! J'en ai plusieurs pour Tortilla : un long, un plus musical, un autre bref, pour l'appeler ... J'en ai aussi un très strident, et si je l'émets ce sifflement strident, Tortilla, il te mange les cojones."

 

Efficace et susceptible, elle joue aussi bien du pistolet que du couteau !

Elle sera "La Belle".

 

 

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026

 

Ensemble, ils retrouvent Cleveland Kirtley, un nain un rien grincheux, recherché par les autorités mexicaines pour avoir dérobé au président Benito Juârez 1 millions de dollars ! Il faut savoir que ce dernier l'avait lui-même "conservé" du trésor volé aux Français et remis ensuite "partiellement" au gouvernement mexicain ! Un petit "pourboire" en somme !

 

Cleveland a planqué cet argent et la clé pour le retrouver est une biquette qui l'accompagne depuis 2 ans ! Une chèvre étonnamment maligne au caractère bien trempé.

 

Seul "hic", en 2 ans, la grange abandonnée sous laquelle il a caché l'argent a été remplacée par ... une banque ! Contre sa liberté, il propose aux 2 chasseurs de primes un part du magot !

Il sera "Le Nain" et sa chèvre "La Bête" !

 

Contraint de collaborer avec ces individus qu’il méprise, McBride, qui déteste les animaux, se retrouve plongé dans une course-poursuite absurde et explosive.

 

 

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026

 

Signée par Philippe Pelaez, dessinée et mise en couleurs par Sébastien Corbet, l’œuvre est une parodie dynamique et un hommage aux westerns spaghetti de Sergio Leone et Sergio Corbucci. Nous pourrions même y ajouter quelques grammes de plomb à la Tarantino !

Elle mêle humour burlesque et noir, action avec de nombreuses références cinématographiques, voire BD.

Comment ne pas y voir les allusions, à peine voilées, à des monuments comme "Le Bon, la Brute et le Truand" ou encore "Pour quelques dollars de plus", à moins que ce ne soit "Django".

 

"- Dis donc, toi ! Tu sais que tu as la tête de quelqu'un qui vaut 1.000 pesos ?

- Oui, mais toi, tu n'as pas la tête de celui qui les encaissera ... Allez, amigo, recule ..."

 

Et dire que ce "amigo" s'appelle "Tuco" !!!

 

Tout comme le nom de l'hôtel ...

 

"Le Lotus Bleu ? Quel genre d'hôtel peut s'appeler comme ça ... ?"

 

Probablement un hôtel où le tenancier joue du sabre !

 

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026

 

Philippe Pelaez nous enchante à nouveau par un scénario original. Nous prouvant qu'il est toujours aussi à l'aise dans le sérieux que le léger, il nous invente dans les méandres zygomatiques de son imagination débordante.

 

Le trait semi-réaliste de Sébastien Corbet est une fois de plus parfait. Quittant son registre traditionnel plutôt "historique" (La grande Histoire de Caen / Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro - ...), il ajoute ainsi la corde ... (le crayon pardon !), humoristique, caricaturale à sa palette.

 

 

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026

 

En bref : une BD de 110 pages, drôle, rythmée et inventive, portée par des personnages excentriques sur un ton résolument déjanté.

Pour peu, nous aurions pas dit "non" à une suite ... une poursuite de ... (lisez ce tome pour savoir qui !)

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Son of a Gun

Scénario : Philippe Pelaez

Dessin & couleurs : Sébastien Corber

Éditeur : Bamboo

Genre : western spaghetti, humour noir, aventure

Public : tout

Parution : 14/01/2026

Pages : 120

Format : 22,2 x 29,9 cm

ISBN : 979 1 0411 0776 6

Prix : 19,9 €



Publié le 15/04/2026.


Source : Bd-best


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