Nouvelles relatives ŕ la bande-dessinée ou au graphisme
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16


Traquer les bourreaux.  Beate et Serge Klarsfeld—Un combat contre l’oubli

« - Elle a giflé le chancelier, laissez passer !

- Emmenez-la dans mon bureau, on va l’interroger !

- Je suis une allemande, mariée à Serge Klarsfeld… Je suis révoltée contre l’injustice et l’impunité dont bénéficient d’anciens nazis en Allemagne… Comme Kurt Kiesinger, élu chancelier en 1966… Aujourd’hui, après de multiples échecs, j’ai enfin réussi cette action symbolique. »

 

 

 

 

 

 

 

 

7 novembre 1968, au palais des congrès de Berlin, lors du seizième congrès du CDU, parti conservateur et libéral allemand, Beate Klarsfeld gifle Kurt Kiesinger, chancelier d’Allemagne fédérale. Elle est aussitôt arrêtée et interrogée sur son geste. Son but : révéler le passé nazi de sa cible.

 

 

 

 

© Bresson, Dorange, Klarsfeld - La boîte à bulles

 

 

Quelques années avant, en 1960, sur un quai de métro de la porte de Saint-Cloud, Beate, jeune allemande, a rencontré Serge Klarsfeld, un étudiant qui achève ses études à Sciences-Po. Ils ne se quitteront plus. Ils feront de la traque des anciens nazis le combat de leur vie, un combat contre l’oubli.

 

 

 

 

© Bresson, Dorange, Klarsfeld - La boîte à bulles

 

 

Adapté de l’ouvrage Mémoires, de Serge et Beate Klarsfeld, cet album est lui-même une œuvre de mémoire. On accompagnera les Klarsfeld sur la piste de Maurice Papon, René Bousquet et surtout l’ignoble Klaus Barbie. On apprendra le rôle prépondérant du journaliste Ladislas de Hoyos dans la chute de ce dernier qui le confondra en lui posant une question en français lors d’une interview réalisée en langue allemande.

 

 

 

 

© Bresson, Dorange, Klarsfeld - La boîte à bulles

 

 

Pascal Bresson présente Beate Klarsfeld comme une femme d’un courage extrême, d’une détermination à toute épreuve à la limite de l’inconscience tellement elle a risqué sa vie. Dans une première partie de leur vie, Serge apparaît plus  « administratif ». Il est un enquêteur minutieux, d’un soutien indéfectible pour sa femme sur le terrain. Petit à petit, on le verra prendre les choses en main et passer à l’action, avec, lui aussi, des actes de courage insensés. Il reprendra ses études à 37 ans pour passer son diplôme d’avocat.

 

 

 

 

© Bresson, Dorange, Klarsfeld - La boîte à bulles

 

 

Sylvain Dorange illustre la vie du couple Klarsfeld dans un graphisme semi-réaliste à mi-chemin entre celui de Jean-Michel Beuriot (Amours fragiles) et David Evrard (Irena). Lu justement en parallèle à Irena, racontant la vie d’Irena Sendlerowa qui sauva des milliers d’enfants juifs du ghetto de Varsovie, ce combat contre l’oubli, comme le souligne son titre tout sauf innocent, est à mettre entre les mains, entre autres, de tous les collégiens et lycéens d’Europe et du reste du monde.

 

Témoignage historique, thriller inattendu, Bresson et Dorange signent un album passionnant sur l’histoire d’un couple qui a rendu une justice légitime et un honneur incroyable à l’humanité.

 

 

Voici les deux trailers de l’album, l’un axé sur Beate, le second sur Serge.

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=Acvss2F6pdo&feature=emb_title

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=BhKJQ8HYNE8

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Beate et Serge Klarsfeld—Un combat contre l’oubli 

 

Genre : Témoignage historique

 

Scénario : Pascal Bresson 

 

Dessins & Couleurs : Sylvain Dorange

 

D’après : Les mémoires de Serge et Beate Klarsfeld (éditions Fayard)

 

Éditeur : La boîte à bulles

 

Collection : Hors champ

 

Nombre de pages : 192 

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782849533680

 



Publié le 11/10/2020.


Source : Bd-best


Comme dans ces merveilleux contes d’antan...  Vagabondage en contrées légendaires 1 - Tracnar & Faribol

« - J’en ai assez, je perds tout le temps.

- Si vous le souhaitez, je peux vous proposer un autre jeu…

- Est-il drôle au moins ?

- Assurément, c’est une expérience unique, vous ne le regretterez pas. Suivez-moi et profitons du calme de la nuit… Voilà l’endroit est idéal.

- J’ai un peu froid, j’aurais dû prendre un manteau.

- Regardez l’immensité du ciel ! N’avez-vous jamais rêvé de prendre votre élan et de vous envoler ?

- C’est un désir commun, il me semble… Qui n’aimerait pas ?

- Ce vœu est accessible grâce à une petite liqueur de ma fabrication. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Perfidy, la nouvelle épouse du Roi, propose une expérience nouvelle à la princesse Félicity. Une potion permet de séparer son corps et son esprit. Ainsi, l’esprit peut folâtrer pendant que le corps se repose. La princesse se laisse tenter, mais son esprit se fait aussitôt capturer par la fourbe Reine. En effet, cette dernière veut écarter celle que le Roi a décidé d’ériger en héritière du Royaume, sa fille. Le plan de Perfidy semblait parfaitement huilé sauf qu’allaient se dresser sur sa route un renard chapardeur et facétieux nommé Faribol et un loup brigand de grands chemins appelé Tracnar.

 

 

 

 

 © Du Peloux - Bamboo

 

 

                On connaissait Benoît du Peloux, spécialiste de la bande dessinée chevaline humoristique, quinze albums de Triple Galop au compteur, de bonne facture, classique et propre. Qui aurait pu imaginer qu’il soit capable d’être l’auteur d’un album comme celui-ci ? Hommage au Roman de Renart, à Grimm, Perrault, Rabelais, Molière et à Disney, ce vagabondage en contrées légendaires résulte de nobles influences imprégnées dans un imaginaire collectif. Depuis la magnifique relecture de Robin des Bois par les studios Disney, le Moyen-Âge est un cadre privilégié pour des récits animaliers. De Macherot à Guarnido, on pensait que tout avait été fait en bande dessinée de ce genre. Du Peloux a osé s’attaquer à ces monuments et s’en sort avec brio.

 

 

 

 

 © Du Peloux - Bamboo

 

 

                L’histoire, somme toute relativement classique, est rondement menée. L’auteur présente son univers, expose l’argument principal de l’intrigue, et ne présente qu’ensuite les deux personnages principaux. Niveau efficacité, le procédé est payant. La narration est fluide, rapide. Il n’y a aucune longueur. Graphiquement, Benoît du Peloux fait encore plus fort. Il s’invente et s’invite en Bruegel l’ancien faisant de l’animalier dans le neuvième art avec des couleurs directes maîtrisées.

 

 

 

 

 © Du Peloux - Bamboo

 

 

                Il y a des albums qui sont attendus, qui sont des merveilles, mais dont on pouvait prédire le succès d’avance. Et puis il y a ceux qu’on n’avait pas vu poindre et qui sont d’excellentes surprises : Tracnar et Faribol se classe dans cette seconde catégorie.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

Série : Vagabondage en contrées légendaires

 

Tome : 1 - Tracnar & Faribol

 

Genre : Conte médiéval 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Benoît du Peloux

 

Éditeur : Bamboo

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 14,90 €

 

ISBN : 9782413019848

 



Publié le 26/09/2020.


Source : Bd-best


Les Licteurs : une saga sur fond de mythologies

Cette aventure-diptyque est sortie aux Éditions Glénat en Juillet 2020 et j'ai profité de mes derniers jours de congés fin Août  pour la relire. 
Je ne pouvais pas faire une chronique après une première lecture.
Avant de réaliser cette chronique, j'ai dû me replonger dans mes manuels d'histoire afin de replacer certains éléments et événements du monde et de la société Romaine pour mieux apprécier l'excellent  travail d'Olivier RICHARD, le scénariste et surtout du dessinateur Yang WEILIN.

 


 

 

 

 

 

Aussi afin de mieux vous présenter cette superbe saga.
Tout d'abord, un petit rappel historique.

Les Licteurs trouvent leur origine dans la Rome Royale avec une ascendance certifiée par les dernières découvertes en Italie en 2019 sur leur origine Étrusque. Ils possèdent l'Impérium, c'est à dire le pouvoir de contraindre et de punir.

A la fin de la République Romaine, les licteurs sont remplacés dans leur rôle de protection par une garde militaire qui préfigure la garde Prétorienne.
L'action se situe au troisième siècle après JC, soit mille ans après la création de Rome.
C'est là que l'histoire commence.

 

 

 

 

Les Licteurs ne sont pas remplacés ici mais sont devenus la force spéciale armée de Rome. 
L'empereur ambitieux et paranoïaque en place, qui a toutes les apparences d'un Néron, se nomme Héliogabale, empereur qui a bien  existé (vers 203-222 après JC). 
Ce dernier est considéré par le théoricien Antonin Artaud (théoricien et écrivain du début du 20ème siècle) comme un anarchiste couronné et qui a marqué l'Empire romain comme le plus décadent. 
Héliogabale subit une tentative d'assassinat et il ordonne aux Licteurs de partir à la recherche du fauteur de troubles et de ramener les reliques de la secte auquel il appartient : le grand Dieu Pan.  

 

 

 

 

Au fil de cette aventure ésotérique, nous croisons de belles références mythologiques. Tel que l'arbre de Vie des Celtes. L'arbre de vie que les Licteurs décapitent. 
Abattre l'arbre de Vie, c'est abattre Dieu et donc le vaincre.

Nous voyageons,et nous explorons grâce aux Licteurs tant de mondes tel que ceux Jason et les Argonautes.
C'est un récit vraiment haletant. 

Le petit plus que j'aime beaucoup : le Mémento sur la disparition des Oracles par PLUTARQUE (46 à 125 ap JC)

Bravo et encore un grand merci d'avoir sorti en même temps les deux tomes de ce péplum (en tout honneur) qui fourmille d'informations  sur les mondes et mythologies antiques.

Jean Brenot



Série : Les Licteurs

Tome : 1 & 2

Genre : Fantastique, ésotérisme, action et aventures

Scénario : Olivier Richard

Dessins : Yang WeiLin

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 13.90 €

ISBN :  9782344002285 et 9782344027332



Publié le 18/09/2020.


Source : Bd-best


Nous aimons l’amour et le plaisir, la nature nous a fait ainsi.   Extases T.2 Les montagnes russes

 

 

Il y a des ouvrages dont on ne sort pas indemnes ! Extase en fait partie. Jean-Louis Tripp a choisi de nous ouvrir les portes de son jardin secret. Trente mois après le premier tome d’Extases, l’auteur revient avec la suite de son autobiographie intimiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui mieux que l’auteur ne peut parler de son autobiographie ?

Extases n’est pas une histoire de cul ! Parlons politique.

De tout temps, l’exercice du pouvoir est passé par le contrôle des corps. Sous des formes dures, violentes, l’esclavage, le massacre, le génocide, mais aussi sous des formes plus subtiles, les interdits, les tabous. Ceci, tu ne peux pas le faire, cela, tu peux, mais tu ne dois pas dire que tu le fais. Ceci, en revanche, est autorisé.

Le patriarcat passe par le contrôle du corps des femmes par les hommes. Les femmes se sont battues et continuent de se battre pour la contraception, l’avortement, contre le viol, l’intimidation, les féminicides… Les combats d’émancipation commencent tous par la récupération de la souveraineté sur son propre corps.

 

 

 

 

 

© JeanLouis Tripp - Casterman

 

 

 

Extases ne raconte pas autre chose qu’un parcours d’émancipation.

C’est l’histoire d’un jeune garçon devenant un jeune homme, puis un homme, qui tente de comprendre qui il est, de définir qui il veut être et de construire son rapport au monde, aux autres, aux femmes en particulier, à la société telle qu’elle est et telle qu’elle évolue, à travers le rapport à son propre corps et à celui des autres.

Le fait est que nous sommes des animaux sexués, et que ce qui nous donne envie de nous reproduire, c’est le plaisir que cela nous procure. Depuis longtemps, l’être humain a cherché les moyens de dissocier ce plaisir des éventuelles conséquences de celui-ci. Le préservatif a été inventé par les anciens Égyptiens et, dans les années 60, la pilule a révolutionné la sexualité. Nous sommes des animaux doués d’une intelligence et d’une conscience qui ont fait de nous des femmes et des hommes capables d’élaborer un discours sur notre propre sexualité : l’érotisme.

 

 

 

 

 

© JeanLouis Tripp - Casterman

 

 

Mais il y a ce contrôle des pouvoirs.

Ce contrôle millénaire qui nous a fait intégrer que les images de l’amour et du sexe seraient choquantes, impudiques, honteuses, sales et dégradantes, ce contrôle qui nous fait pratiquer l’autocensure. On peut montrer des corps mitraillés, éventrés, découpés, massacrés, torturés, suppliciés, hachés menu, mais hors de question de montrer des sexes en action ! Pour cela, il y a la pornographie ne rendant pas compte de la réalité. La pornographie joue avec les interdits dans le but de nous exciter, alors que la suggestion nous est imposée par les diktats de la « morale » politico-religieuse. Lorsque l’on est dans un lit avec une autre personne (et que l’on y est entre adultes désirant ardemment s’abandonner l’un à l’autre, se laisser emporter par les délices que seuls nous permettent l’amour et le sexe), on voit et on fait ces choses qui ne nous sont jamais montrées telles qu’elles sont, telles qu’elles se passent, avec leurs hésitations, leurs élans, leurs moments de grâce ou de doute.

 

 

 

© JeanLouis Tripp - Casterman

 

 

 

 

 

Parler et montrer les choses de la vie et de l’amour, c’est l’option prise par l’auteur.

Il fait une proposition : et si l’on essayait de parler du sexe comme d’une chose naturelle et normale ? Dire que nous avons chacun le droit de choisir ce que nous faisons avec nos corps, car nos corps nous appartiennent à nous et à nous seuls, et que tant que nous somme entre adultes désirants, personne ne devrait avoir à juger de ce qui se passe sous la couette des autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour terminer, je voudrais partager avec vous les quelques mots que j’ai envoyé à l’auteur lorsque j’ai terminé la lecture de l’ouvrage : « Terminer les 369 pages des montagnes russes et souhaiter avoir immédiatement accès à la suite du récit ! Aucunes échappatoires, ni de faux- semblant et encore moins de porte de derrière pour cette autobiographie traitant d'un sujet restant encore trop tabou dans notre société livrée à une pornographie totalement en dehors de la réalité des choses. Dans ce second tome, on parle d'amour, de sentiments et d'expériences vécues. Merci JeanLouis Tripp de nous ouvrir les portes de ton jardin secret ! »

 

Haubruge Alain

 

 

Série : Extases

 

Titre : T.2 Les montagnes russes

 

Genre : Autobiographie intimiste

 

Scénario : JeanLouis Tripp

 

Dessins : JeanLouis Tripp

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 369

 

Prix : 27,95 €

 

ISBN : 9782203162242



Publié le 29/02/2020.


Source : Bd-best


Séance de rattrapage. Schizophrènie d’un héros créateur.  Le roi des bourdons

« - Un essaim de bourdons ?

- Exact.

- J’ai bien entendu ? Vous parlez ?

- Ben oui.

- La parole n’est pas l’exclusivité des chat.

- Chut ! Tais-toi, Jacques.

- Nous venons te témoigner notre gratitude pour avoir sauvé notre frère de la noyade, tout à l’heure.

- Hein ? Ah oui ! Dans le seau ? Bah… Ça n’a pas été bien difficile.

- Peut-être… Mais ce genre de geste est rare chez les gens. Il montre que ton esprit est pur.

- Ha ! Ha ! Vous rigolez ? Ça montre surtout que je suis un benêt.

- Non, non, vraiment. En retour, nous tenons à te faire don d’un pouvoir hors du commun.

- Qu’est-ce que vous faites ?

- Mes frères se collent sur toi pour former une combinaison spéciale qui va te permettre de… voler ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Zola Vernor est manutentionnaire chez Chatterbooks, un gros éditeur qui a mangé plein de petits. Il rêve de devenir auteur de bandes dessinées mais ses projets sont refusés les uns après les autres. Un beau jour, innocemment, il sauve un bourdon de la noyade. Pour le remercier, sa communauté forme autour de Zola un costume faisant de lui un super-héros et lui permettant de voler. Zola va devenir un observateur de la ville. Entre Superclébard, alter ego canin, idole des foules, et un magnat de la presse cupide et adipeux au propre comme au figuré, Zola suivra sa quête initiatique afin de peut-être devenir quelqu’un. Mais peut-on devenir quelqu’un quand on est encombré de problèmes existentiels ?

 

 

 

 

© De Thuin - Glénat

 

 

                David De Thuin, auteur aussi discret que talentueux, signe un album profond à l’apparence légère. Réflexion fine sur le métier de dessinateur de petits mickeys, Dethuin utilise le personnage de Zola comme une synthèse de tous ces artistes qui peinent à sortir de l’ombre, entre les affres de la création et un milieu éditorial impitoyable.

 

 

 

 

 

© De Thuin - Glénat

 

 

                De Thuin a une biographie disséminée mais conséquente. Arthur Minus, Zizi la chipie, Zélie et compagnie, Les zorilles, Le bois des mystères, Coup de foudre sont l’essentiel de ses séries jeunesse, avec des collaborateurs exceptionnels : Cauvin, Corbeyran, Corcal,… De Thuin a signé de nombreux mini-récits animaliers dans Spirou, ainsi que des récits courts d’un enfant et de son père qui lui raconte des histoires, hommage à tous les papas pour qui raconter des histoires est aussi important que d’avoir quelqu’un pour les écouter. Il tâte également de l’auto-édition, domaine dans lequel est paru en six épisodes Le roi des bourdons, avant que cette sorte de mise en abîme ne rejoigne la collection 1000 feuilles chez Glénat dans laquelle il avait déjà publié La proie, exercice de style sur 1000 pages et 10000 cases, ainsi que le thriller Le corps à l’ombre. Pour l’occasion, De Thuin a réécrit et redessiné son histoire.

 

 

 

 

© De Thuin - Glénat

 

 

                Avec ce Roi des bourdons, nommé parmi les indispensables de l’année au dernier festival d’Angoulême, De Thuin est enfin mis en lumière. Ses personnages animaliers sont les plus percutants de la BD depuis Macherot. Introspection, récit schizophrénique et passionnant, il élève son auteur au rang d’un Lewis Trondheim sous ses meilleurs jours. Une collaboration entre eux deux serait des plus judicieuses.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Le roi des bourdons 

 

Genre : Aventure introspective 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : David De Thuin 

 

Éditeur : Glénat

 

Collection : 1001 feuilles

 

Nombre de pages : 120

 

Prix :  19 €

 

ISBN : 9782344028933

 



Publié le 22/02/2020.


Source : Bd-best


Un des mystères les plus énigmatiques de l’histoire moderne ... L’agneau mystique admiré et volé.

 

 

Où se trouve le panneau volé des Juges intègres, qui fait partie de l’Adoration de l’Agneau mystique ? Si cela ne dépendait que de l’évêque de Gand, cette question ferait mieux de rester sans réponse. Les recherches du panneau procurent effectivement un intérêt supplémentaire à la cathédrale de Gand. Entre-temps, beaucoup d’encre a coulé sur le sujet du plus grand vol d’art du XXe siècle. Le vol a été commis en 1934 par un certain Arsène Goedertier, un banquier catholique de Wetteren. “Moi seul sais où se trouve l’Agneau Mystique”, a-t-il confessé dans un dernier soupir sur son lit de mort.

 

 

 

 

 


Nos amis néerlandophones ont fait de 2020 une année dédiée à « Jan van Eyck ». À cette occasion, une exposition (Van Eyck. Une révolution optique) consacrée aux œuvres de ce peintre de la renaissance flamande se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK) jusqu’au 30 avril 2020. Les visiteurs de cette manifestation auront la chance de découvrir les volets extérieurs restaurés du retable de « L’adoration de l’Agneau mystique ». Ces joyaux seront mis en valeur avec la présence d’autres œuvres de ses contemporains les plus talentueux, originaires d’Allemagne, de France, d’Italie et d’Espagne.

 

 

 

 

 

 

Cette opportunité est également saisie par les éditions Casterman en partenariat avec les Éditions Ballon pour nous proposer en illustration l’histoire plus que mouvementée du retable de « L’adoration de l’Agneau mystique ». Dans ce livre, structuré en dix chapitres, le lecteur tel Sherlock Holmes part à la découverte des aventures de cette œuvre à travers les siècles.

 

 

 

 

 

 

© Harry de Paepe – Jan Van der Veken – Casterman - Ballon

 

 

L’ensemble des chapitres ont été scénarisés par Harry de Paepe (professeur d’histoire, journaliste, auteurs de livres, spécialiste de la politique anglaise pour le quotidien doorbreak.be) et illustrés par Jan Van der Veken (artiste et illustrateur gantois s’inscrivant dans le courant graphique « futur rétro », il dessine notamment pour The New Yorker et De Morgen). À cela, il faut ajouter une description détaillée de chacun des panneaux composant le retable et une ligne du temps reprenant les divers déboires connus par l’œuvre.

 

 

 

 

 

 

© Harry de Paepe – Jan Van der Veken – Casterman - Ballon

 

 

 

Certains ont découvert l’existence du retable de Gand grâce au film « Monuments men » réalisé en 2014 par George Clooney. C’est l’histoire de ce groupe créé par le président américain Roosevelt chargé de récupérer les œuvres d’art dérobées par les nazis.

 

 

 

 

 

 


Le retable de Gand, composé de 24 panneaux peints par les frères van Eyck, fut achevé en 1432. Depuis sa conception au quinzième siècle, l’œuvre a vécu de nombreuses aventures : elle est considérée comme « l’œuvre d’art la plus fréquemment volée de l’histoire » ayant fait l’objet de treize vols en six siècles. Elle a survécu à un incendie et à des agressions durant la Furie iconoclaste. Le retable a été démonté et scié, dissimulé et retrouvé. Il a été réparé et repeint à plusieurs reprises. La première restauration a eu lieu en 1550. Au cours de cette période, la peinture a également subi une première transformation. La prédelle, ou soubassement, a été irrémédiablement endommagée lors d’un nettoyage.

Lors de la révolution française, le retable a été transporté en charrette jusqu’à Paris, le sauvant de la folie destructrice. À la chute de Napoléon I, il est remis à la ville de Gand par Louis XVIII, qui s’y était réfugié pendant la période des 100 jours. En 1861, la nudité des sujets des deux panneaux Adam et Eve est jugée choquante dans une cathédrale. Ceux-ci sont vendus à l’État belge et déposés aux Musées royaux des beaux-arts à Bruxelles. En 1917, d’autres panneaux sont emportés par les Allemands. À la fin du premier conflit mondial, l’Allemagne est contrainte de restituer les panneaux volés ainsi que ceux achetés en toute légalité par Frédéric Guillaume III (Art. 237 Traité de Versailles dans le cadre des réparations de guerre afin de compenser les actes de destructions commis lors du conflit). En 1934, deux panneaux du retable furent volés par Arsène Goedertier. L’un d’entre eux fut restitué par le voleur qui mourut avant de confesser la cachette du second, « Les Juges intègres ». À ce jour, il n’a jamais été retrouvé, mais est remplacé par une copie réalisée par Jef Vanderveken. Le retable sera dérobé à Pau par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale et récupéré par les Américains « Monuments Men » à Altaussee en 1945.

 

 

 

 

 

 

 

Le retable est composé de douze panneaux.


Ouvert, il présente :


Panneaux supérieurs


• Adam, le premier homme, avec au-dessus de lui une grisaille représentant le sacrifice de Caïn et Abel.
• Les Anges chanteurs.
• Marie, la Reine du Ciel.
• Le Christ en majesté ou Dieu le Père sur le trône.
• Jean-Baptiste.
• Les Anges musiciens.
• Ève, la première femme, avec au-dessus d’elle une grisaille représentant l’assassinat d’Abel par Caïn.
Panneaux inférieurs
• La copie du panneau volé des Juges intègres.
• Les chevaliers du Christ.
• L’adoration de l’Agneau mystique.
• Les ermites.
• Les pèlerins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fermé, il présente :


• l’annonce de l’ange Gabriel à Marie, mère de Jésus, qu’elle est enceinte.
• Un commanditaire pieux, Judocus “Joos” Vijd.
• Sa femme, Elisabeth Borluut, tout aussi pieuse.
• Jean-Baptiste.
• Jean l’Évangéliste.
• Les prophètes Zacharie et Michée.
• des Sibylles d’Érythrée et de Cumes.

 

 

 

 

 

 

En conclusion, bien au contraire d’un livre qui pourrait être uniquement consacré à l’œuvre et à ses nombreux détails techniques, scénariste et dessinateur ont réussi le pari de nous faire découvrir l’incroyable parcours du retable depuis sa création jusqu’à notre époque actuelle. Un livre familial à placer dans toutes les mains à partir de 10 ans.

 

 

 

 

 

 

 

Alain Haubruge

 

 

One Shot : L’Agneau Mystique

 

Genre : Historique

 

Scénario : Harry de Paepe

 

Dessins & Couleurs : Jan Van der Veken

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 112

 

Prix : 19,95 €

 

ISBN : 9782203210141 



Publié le 18/02/2020.


Source : Bd-best


La conclusion d’une série que l’on n’oubliera jamais. Irena 5 - La vie, après

« - Irena Sendlerowa ?

- C’est moi.

- Signez-moi cette décharge et je vous laisse les gamins.

- Ils ont mangé ?

- On n’a pas pris le risque de leur donner quoi que ce soit. Trop de déportés sont morts d’indigestion quand on les a nourris. On vous les amène directement d’Auschwitz-Birkenau et on repart.

- Bonjour mes petits chéris. Je m’appelle Irena , et avec mes camarades on va bien s’occuper de vous.

- Madame… Je peux te poser une question ?

- Bien sûr mon grand.

- Pourquoi nous on est vivants alors que tout le monde dans le camp ils sont morts ?

- Parce que tu as eu de la chance. Il ne faut jamais se sentir coupable d’avoir survécu, tu sais. Faites-moi confiance, à partir de maintenant, tout va aller de mieux en mieux. »

 

 

 

 

 

                1983. Après avoir planté un arbre sur la colline de Jérusalem, Irena se rend à Haïfa en voiture. Sur la route, les souvenirs remontent à sa mémoire. Des enfants dont les regards la hantent à la culpabilité de ne pas en avoir fait assez, Irena revient sur des moments de guerre et sur des instants d’après dans une Pologne complexe et dure.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Tréfouël, Walter - Glénat

 

 

                « La vie, après ». Ce titre, coupé par une virgule comme un caillou sur lequel on trébuche sans pour autant tomber, montre combien il a été difficile de se reconstruire après la Seconde Guerre Mondiale. On apprendra que, pour Irena comme pour tant d’autres, ce ne sont pas des jours roses qui ont succédé aux jours noirs, même si le ciel s’était éclairci.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Tréfouël, Walter - Glénat

 

 

                On a tout dit dans ces colonnes sur cette série et ses auteurs. Cet ultime épisode réunit toutes les qualités des précédents : aventure, émotion, tragédie et espoir. Avec la scène des enfants qui racontent leurs cicatrices en dessins, les auteurs poussent le concept consistant à raconter une histoire dramatique avec un graphisme enfantin, dans le sens noble du terme, comme une mise en abime. Quand Irena raconte le destin de Janusz Korczak et de sa « République des enfants », personne ne pourra retenir une larme lors de l’envol du train de Treblinka vers cette étoile qui brille et se reflète dans la mer.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Tréfouël, Walter - Glénat

 

 

                La série se termine sur la rencontre entre Irena et Marek Halter, qui préface ce cinquième volume. Le cinéaste et romancier polonais recueillait des témoignages pour un documentaire de 2h 30 sorti en 1994 intitulé Les Justes.

                En voici la bande-annonce :

 

 

                Nominée pour le prix Nobel de la paix en 2007, Irena ne l’obtient pas, au profit d’Al Gore, alertant sur l’évolution du climat. Elle mourra l’année suivante. Ce prix, elle le mérite tant qu’il n’est même pas concevable qu’on puisse se demander si seulement elle en aurait été légitime. Alors, si le jury du Nobel est passé à côté, le jury des lecteurs de cette extraordinaire série le lui attribue à l’unanimité.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Tréfouël, Walter - Glénat

 

 

                Parce que c’est une œuvre de mémoire, parce qu’on ne ressort pas indemne de sa lecture, et de par son sujet, son type de narration et son graphisme, Irena, cinq volumes scénarisés par Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël, dessinés par David Evrard et colorisés par Walter, est et restera la plus grande série des années 2010-2020.

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Irena

 

Tome : 5 - La vie après

 

Genre : Drame historique 

 

Scénario : Morvan & Tréfouël 

 

Dessins : Evrard 

 

Couleurs : Walter 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9782344033036

 



Publié le 12/02/2020.


Source : Bd-best


Au cœur d’Angoulême 2020.

 

 

 

 

Envoyé spécial pour BD-Best au festival international de la BD, Laurent Lafourcade bulle pour vous.

 

 

 

 

Deux jours dans le chaudron, soit une journée de rencontres et d’expos et une autre de dédicaces, voici un petit résumé non exhaustif de ce qui s’est passé.

 

 

 

Avec une circulation gâchée par la visite du Président de la République, la première journée du festival a été un parcours du combattant pour aller d’un lieu à l’ordre. Les services d’ordre, sur les dents, fouillaient les sacs et passaient chaque personne au détecteur de façon particulièrement poussée ce qui entraînait des attentes anormalement longues et parfois sous la pluie. Au Quartier Jeunesse, aucune file d’attente n’ayant été mise en place, les groupes arrivaient les uns après les autres s’entassant devant les entrées de manière anarchique. Les organisateurs devraient aller faire un petit tour à Disneyland Paris pour savoir comment gérer ce genre de situation. Inadmissible pour un 47ème festival. Bref, une fois à l’intérieur, la qualité des expositions a vite fait oublier ces désagréments. Allons-y !

 

 

 

 

 

 

Catherine Meurisse, chemin de traverse : De ses cahiers d’écolière aux couvertures de Charlie Hebdo, tendre, drôle et émouvante, l’exposition Meurisse retrace sa carrière jusqu’aux grands espaces, que l’on pouvait même intégrer. En place au Musée du Papier, la rétrospective de la carrière de cette future Grand Prix du Festival a quelque chose de magique.

 

 

 

 

 

 

Jean Frisano, de Tarzan à Marvel, l’Amérique fantasmée : Comment un dessinateur destiné à mettre anonymement en valeur des héros et super-héros de comics américains est-il devenu l’icône de plusieurs générations ? Voilà la question à laquelle répond cette exposition. Les super-héros Marvel s’affichent sur les originaux des couvertures de Strange dont Frisano a réalisé la plupart. C’est là qu’on se rend compte à quel point l’auteur fait partie d’un imaginaire collectif. On a tous vu ces dessins, mais peu de gens connaissaient son nom. L’injustice est réparée.

 

 

 

 

 

 

 

Dans la tête de Pierre Christin : La carrière du lauréat du prix Goscinny 2019 est retracée dans cette exposition. De ses premiers travaux avec Bilal à la consécration avec Mézières, de la finesse du trait d’Annie Goetzinger à la grâce cousine de celui de Juillard, l’œuvre d’un scénariste majeur de l’histoire du neuvième art est mise sur un piédestal plus que mérité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Calvo, un maître de la fable : Quand on parle de bande dessinée animalière, on pense immédiatement à Macherot et à Hausmann. Mais il ne faut pas oublier qu’avant il y a eu leur maître Calvo. Cette exposition raconte toute la carrière de l’auteur de La bête est morte ! et, notamment, montre de nombreuses planches originales issues d’autres séries de l’auteur comme Patamousse, Moustache et Trottinette, ou encore un abécédaire somptueux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Folklorique enfance, fantastique enfance : L’exposition en quatre parties fait honneur à quatre séries jeunesse : Yakari, Petit Vampire, Hilda et Naruto. Dans une esthétique certaine et des reproductions grandeurs natures de scènes et de personnages de ces séries, les enfants côtoient leurs idoles. Outre l’interview vidéo de Sfar, la partie la plus intéressante est celle consacrée à Yakari. C’est la seule qui montre les véritables planches originales de son auteur et non pas des reproductions. On peut y remarquer que les planches de Derib comportent très peu de retouches. Les trois autres séries n’ont pas eu droit à ce traitement de faveur. Et alors ? Ça veut dire que les enfants n’ont pas besoin de voir de vrais originaux ? Un petit faux pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voyages en Egypte et en Nubie de Giambattista Belzoni : C’est une véritable immersion dans ces pays à laquelle nous convient Grégory Jarry, Lucie Castel et Nicole Augereau. L’exposition présente des décors de l’album sous forme de dioramas grandeurs nature. Les visiteurs peuvent se faire prendre en photo dans des scènes de l’album, comme s’ils en faisaient partie.

 

 

 

 

 

 

Lewis Trondheim fait des histoires : « C’est l’histoire d’un type qui ne savait pas dessiner… » Quelle phrase choc pour accueillir les visiteurs à l’entrée d’une exposition ! Et pourtant, elle est si vraie et si porteuse d’espoir. C’est en se lançant dans les 500 pages de Lapinot et les carottes de Patagonie que Trondheim a appris son métier sur le tas. On sait où il en est arrivé aujourd’hui. Touche-à-tout de génie, l’auteur s’adresse au visiteur tout au long de ce parcours jubilatoire aux plus de 150 originaux. Un coup de cœur.

 

 

 

 

 

 

 

La maison de Gournah : A l’initiative de l’atelier Marsam, dans le hall du Vaisseau Moëbius, l’exposition nous amène sous le soleil de la Haute-Egypte avec les croquis et bandes dessinées réalisés pendant la résidence chez l'auteur de BD Golo à Gournah, Haute-Egypte, en novembre et décembre 2019, par Golo, Kathrine Avraam, Rojer Féghali, Valentina Principe, Mohamed Salah, Loïc Verdier et Mohamed Wahba, ainsi que les photographies de Didier Cottet. Eclectique et dépaysant.

 

 

 

 

 

 

En extérieur, pour la première fois depuis bien longtemps, pas d’exposition sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Dommage.

 

            Kishiro, Kirkman, Claveloux, Tsuge, Wood, … : de nombreuses autres expositions parsèment les différents lieux de la ville. La difficulté quand on vient à Angoulême est de choisir ce que l’on sacrifie. Le choix peut être arbitraire, mais laisser faire le hasard est sûrement le meilleur moyen de ne rien regretter.

 

Conférence Emile Bravo : Dans un amphithéâtre accueillant des écoliers et des collégiens, Emile Bravo raconte la genèse de Spirou, l’espoir malgré tout. Répondant aux questions de l’animatrice, puis des élèves, l’auteur a expliqué s’être approprié les événements qui ont fait ce que deviendra Spirou plus tard. Il a précisé que cette vision lui est propre et qu’il ne s’est pas embarrassé de ce qu’ont fait les auteurs invités dans la série de spin-off, en particulier Le Groom vert-de-gris, qui est la version de Spirou pendant la guerre de Yann et Schwartz. La cohabitation des deux points de vue ne pose aucun problème vu qu’on est dans la série « Le Spirou de… ».

 

 

 

 

 

 

 

            La journée de dédicaces du samedi est menée tambour battant. Une organisation scientifique est nécessaire pour ne pas perdre de temps. Le planning des dédicaces des auteurs, publié par chacun des éditeurs, permet de planifier la journée, mais les changements de programmation et le hasard qui fait souvent bien les choses ont permis de faire des rencontres diverses et variées.

 

            Intarissable. C’est ainsi que l’on peut qualifier le passionnant scénariste de Deux frères à Hollywood. Alex Nikolavitch ne s’arrête plus de raconter les anecdotes qu’il a découvertes en scénarisant son album sur Roy et Walt Disney.

 

 

 

 

 

 

            Improbable. Telle est la trajectoire de Lili L’archi, architecte qui s’est retrouvée dessinatrice de l’album Ma grossesse tout le monde s’en mêle, alors que rien ne la prédestinait à faire de la BD. Son éditrice Marie Moinard est aussi la scénariste du bel album Les découvreuses, chroniqué dans ces colonnes l'été dernier.

 

 

 

 

 

 

            Musicale. Stéphane Tamaillon et Priscilla Horviller signent la biographie BD de ce début d’année qu’il ne faut pas manquer. Du jazz, du swing, du jazz, on en prend autant plein les yeux que plein les oreilles.

 

 

 

 

 

 

            Ibérique. Super-Patate, le héros d’Artur Laperla, est une bouffée d’air frais dans un genre battu et rebattu. Du tout public décalé, intelligent et drôle. A ses côtés, chez ce futur grand éditeur qu’est Bang ediciones, Bazil signe un American Dream à bride abattue.

 

 

 

 

 

 

 

            British. La belge Nina Jacqmin donne toute la délicatesse de son trait à un épisode véridique et mystérieux de la vie d’Agathe Christie dont on vous parlera très prochainement dans ces colonnes.

 

 

 

 

 

 

Historique : Alors que Les enfants de la résistance trustent les articles concernant la résistance en général et les enfants y participant en particulier, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi Le réseau papillon.

 

 

 

 

 

            Préhistorique. Frnck est maintenant une valeur sûre et un pilier du catalogue Dupuis. Cossu et Bocquet en ont encore sous le capot et nous promettent encore quelques albums pour poursuivre la saga inter-siècles.

 

 

 

 

 

 

            Moyenâgeuse. La série Le Royaume de Feroumont est aussi un must. Chaînon manquant entre l’âge d’or et l’époque contemporaine, c’est un indispensable pour tous ceux qui aiment les classiques franco-belges.

 

 

 

 

 

 

            Lumineuse. La boîte à musique de Gijé est aussi bien dessinée que racontée, sous la plume de Carbone. Un rêve éveillé pour les enfants et leurs parents. Quand c’est bien et que c’est beau, que demander de plus ?

 

 

 

 

 

 

            Poignante. Evrard, avec ses complices Morvan et Tréfouël, signe le cinquième et dernier tome d’Irena. La vie de cette femme ayant sauvé plus de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie est un indispensable à mettre dans toutes les bibliothèques, à côté de Maus, et à diffuser dans les CDI de tous les collèges et lycées de France, de Belgique et d’ailleurs. Tu m’entends, Education Nationale ?

 

 

 

 

 

 

            Sauvage. Gloris et Lamontagne se retrouvent pour un western cruel et réel. La mise en couleur du dessinateur est époustouflante tant dans les tons que dans les éclairages.

 

 

 

 

 

 

            Entraînant. Efa et Rubio nous entraînent dans l’enfance de Django Reinhardt. Les cordes de son banjo résonnent tout au long de cet album à lire en écoutant un disque du musicien.

 

 

 

 

 

 

            Délicieux. David Dethuin est extrêmement rare en dédicaces. Venu à Angoulême à l’occasion de la nomination de son roi des Bourdons, il ne fallait pas manquer l’occasion de profiter de ses dessins animaliers fins, tendres et innocents.

 

 

 

 

 

Victorieux. Le fils de l’Ursari faisait parti des coups de cœur de BD-Best l’année dernière, mais aussi du festival d’Angoulême cette année. On nous copie ? Non, en adaptant ce roman, Cyrille Pomès a signé un cheg-d’œuvre.

 

 

 

 

 

Bref, cette journée a permis de récolter de beaux albums qui feront de beaux articles sur votre site préféré.

 

Elle s’est clôturée pour moi par un verre de l’amitié avec Moïse Kissous, président du syndicat national de l’édition, à l’occasion du succès de l’ouvrage pédagogique La BD en classe, faites entrer les monstres !, auquel votre serviteur a participé. N’étant jamais aussi bien servi que par soi-même, je vous en reparlerai un de ces jours.

 

 

 

 

 

 

Juste un mot sur le palmarès qui, comme traditionnellement, fait preuve de snobisme et dénigre les grandes productions qui permettent de publier les petites. Le détail est sur : http://www.bdangouleme.com/prix-palmares/competition-officielle/palmares-officiel. Sans remettre en cause la qualité des ouvrages primés, ils sont objectivement dans un circuit parallèle. Le Grand Prix de l’excellent Emmanuel Guibert sauve la mise.

 

            Angoulême, on t’aime quand même. A l’année prochaine !

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

Toutes les photos sont   © Laurent Lafourcade

 



Publié le 04/02/2020.


Source : Bd-best


La première claque de 2020.  Aldobrando

« - Comment m’as-tu appelé ?

- Messire, Messire.

- Messire. Peut-être es-tu plus dégourdi qu’il n’y paraît. Tu me paieras ton affront en me servant. Je serai ton seigneur et toi mon écuyer et fidèle serviteur. Mon nom, écuyer, est Sire Gennaro Montecapoleone des deux fontaines. Et toi, manant, tu as un nom ou dois-je en forger un pour toi ?

- Aldobrando, Messire.

- Alors dorénavant tu seras Aldobrando des trous d’autrui. Qu’en penses-tu ?

- Aldobrando me suffisait.

- Malheur à qui se contente de ce qu’il a ! Allons-y ! Voici l’aube. Une longue route nous attend. Une route semée d’embûches. »

 

 

 

 

 

 

Une route semée d’embûches, tel est le concept de la geste d’Aldobrando.

 

 

 

 

© Critone, Gipi, Daniele, Palescandolo - Casterman

 

 

Un enfant est confié à un vieux sorcier. Son père le lui abandonne et file vers son destin pour la mort. Le précepteur l’éduque et on le retrouve jeune homme, disciple de son maître. Un jour, à la suite d’une préparation de potion tournant mal, le maître est blessé à l’œil. Pour le guérir, Aldobrando doit lui rapporter de l’herbe du loup. Traversant les forêts, le jeune novice arrivera en ville où un drame vient de se jouer. Le valet du roi a grièvement blessé le fils du roi avant de prendre la fuite, laissant pour mort le petit prince. A la suite d’un quiproquo, Aldobrando est accusé d’avoir pris part au méfait. Mis aux fers, il y rencontre un géant assassin qui va l’entraîner dans son évasion. Aldobrando réussira-t-il à prouver son innocence et à rapporter à son maître cette mystérieuse herbe du loup ?

 

 

 

 

© Critone, Gipi, Daniele, Palescandolo - Casterman

 

 

On n’attendait pas Gipi dans une aventure romanesque. L’auteur de Notes pour une histoire de guerre et de La terre des fils signe une œuvre magistrale, formidablement bien construite, une histoire d’amour à grand spectacle où les mots donnent plus de force que les actes. Les personnages sont bien campés, avec une personnalité qui leur est propre : un adolescent sur le chemin de la vie, un monstre qui cache un cœur gros comme ça, une amoureuse improbable prête à braver tous les dangers, un soi-disant seigneur, Messire de pacotille qui se ridiculise pour un monde qui ne veut pas de lui, un roi adipeux et sot qui n’est qu’un porc à balancer, un Sire conspirateur qui ne se doute pas qu’il pourrait tomber dans son propre piège, un vieux sorcier qui, victime avérée, est en fait un philosophe et un père adoptif montrant tout simplement à son « fils » la voie à suivre,…

Le scénariste alterne les scènes sans aucun temps mort. De l’action, des dialogues choisis, le lecteur assiste à un drame théâtral à ciel ouvert dans de multiples décors.

 

 

 

 

© Critone, Gipi, Daniele, Palescandolo - Casterman

 

 

Dans un style à la Griffo, Luigi Critone entraîne le lecteur des chemins enneigés à la chambre sobre d’une princesse triste, des geôles humides dans des bas-fonds miteux jusqu’à une clairière idyllique, pour finir dans une arène, fosse dans laquelle le destin de chacun va se jouer.

 

En parallèle à la version classique, les éditions Casterman publient une luxueuse version en tons de gris. Mais il serait regrettable de se priver des couleurs exceptionnelles de Francesco Daniele et Claudia Palescandolo qui sont tout simplement magnifiques. Elles illuminent de manière aquarellée cette histoire flamboyante, démontrant que les coloristes sont bien des auteurs à part entière prenant part intégrante aux œuvres auxquelles ils participent.

 

 

 

 

© Critone, Gipi - Casterman

 

 

Une route semée d’embûches, tel est le concept de la geste d’Aldobrando. Un album indispensable, telle est la définition d’Aldobrando.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Aldobrando 

 

Genre : Conte moyenâgeux. 

 

Dessins : Luigi Critone 

 

Scénario : Gipi 

 

Couleurs : Francesco Daniele & Claudia Palescandolo

 

Traduction de l’italien : Hélène Dauniol-Remaud 

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 204 

 

Prix : 23 €

 

ISBN : 9782203166677

 



Publié le 16/01/2020.


Source : Bd-best


Derrière les masques, la magie d’une ville et celle de la musique.  Mausart 2 - Mausart à Venise

« - Venise, m’sieurs dames, tout le monde descend ! Et on n’oublie rien à l’intérieur, surtout pas ses déchets qu’on jettera aux endroits prévus à cet effet !

- Monsieur Mausart ? Monsieur Mausart, enfin ! Quel honneur de vous accueillir et de vous rencontrer. Je me présente : Lopar, pour vous servir. Mon cousin Ligo m’a dit la plus grand bien de votre personne et m’a promis les foudres de l’enfer si je ne prenais pas soin de vous comme de la prunelle de mes yeux de chat.

- Bonjour, Monsieur Lopar. Ce que j’ai vu des portes de la ville m’éblouit et me fait frétiller les moustaches. Je suis déjà conquis ! Et puis… Je vais découvrir ce que c’est que d’être choyé « aux petits oignons » !

- Vous n’avez pas idée, Monsieur. Permettez que je prenne votre bagage... »

 

 

 

 

 

            En concert en Italie, Mausart, souriceau de son état, fait escale à Venise. La Sérenissime est prête à l’accueillir à bras ouverts, mais d’autres s’apprêtent à lui ouvrir leurs crocs. En plein carnaval, le musicien va jouer les dernières notes de sa tournée. Seront-ce les dernières de sa vie ? Chat reste à voir !

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

En prenant Venise pour décor, Thierry Joor permet à son dessinateur de se transcender. La place Saint-Marc et le pont des soupirs, entre autres, éclatent de beauté sous les pinceaux de Gradimir Smujda.

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

Avec grâce, les auteurs multiplient les scènes magiques. Dans un dessin pleine page, une foule dense de carnavaliers défie le lecteur à la manière d’un « où est Charlie ? ». Sous les gondoles, le spectacle continue. Poissons et crustacés emmènent l’orchestre dans une Venise sous-marine. Les frontières entre la réalité et la fiction se floutent dans une rencontre avec Stradivarius le plus grand luthier du monde, pendant qu’une souris gitane danse sous un arbre qui joue du violon. Même en cuisine, c’est un art, culinaire celui-là, qui est mis en avant, mais Ratatouille n’est pas là pour sauver les souris qui en auraient besoin. Il va falloir se débrouiller autrement.

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

On dit toujours qu’on ouvre une bande dessinée pour son dessin et qu’on en poursuit la lecture pour son scénario. Si le récit ne suit pas, on arrêtera en route. Ce Mausart à Venise ne rentre pas dans cette catégorie. L’album est somptueux et il y a une réelle histoire. Magnifique.

 

 

 

 

© Smujda, Joor - Delcourt

 

 

            Si certains se demandent encore si la BD est un art, c’est qu’ils n’ont jamais lu d’albums de Gradimir Smujda.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Mausart

 

Tome : 2 - Mausart à Venise

 

Genre : Tranche animalière d’une vie d’artiste 

 

Scénario : Thierry Joor 

 

Dessins & Couleurs : Gradimir Smudja 

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 38

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782413016915

 



Publié le 18/12/2019.


Source : Bd-best


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16


©BD-Best v3.5 / 2020