Nouvelles relatives ŕ la bande-dessinée ou au graphisme
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Les héros d’une jeunesse bretonne.  Hoëdic !

 

 « - Imagine que tu rencontres le dessinateur Gos, en librairie, tu lui dis quoi ?

- J’adore ce que vous faites !

- Et si c’est M’sieur Maurice, en dédicace ?

- Je suis super fan de ce que vous faites !

- Et si c’est Walthéry ?

- J’adore… les jambes de Natacha ! Ha Ha Ha ! Et toi, Bubu, si tu croises Anne ?

- Hein ?!! Heuuu... »

 

 

 

 

 

 


                Années 70, Teddy, Bubu, Anne, Franck et leurs potes sont élèves d’un collège de Bretagne. Bubu est fan de maquettes et de BD. Il est amoureux d’Anne, un peu comme tout le monde. Elle voudrait l’ouvrir à l’écologie et aux problèmes de société, mais il est tout le temps le nez dans ses bouquins. Ses modèles sont Blueberry et Archie Cash. Teddy est lui aussi un dévoreur de BD. Sa bible, c’est Spirou. Il en pince pour Natacha. Par-dessus tout, son dessinateur préféré est Maurice Tillieux, l’auteur de César et surtout de Gil Jourdan. Teddy ne lit pas que ça. L’empire des 1000 planètes, de Valérian, est l’un de ses albums de chevet. Franck, lui, a déjà une mobylette et lit L’écho des savanes. C’est un peu le grand frère idéal. Tout ce petit monde va vivre les seventies, au rythme du collège et de l’actualité, pas toujours rose.

 

 

 

 

© Bazile, Stibane - Editions du Tiroir

 

 

                Le passage de l’enfance  à l’adolescence est un cap compliqué à passer. C’est l’heure des premières amours, des premières sensibilisations aux actualités et à la politique. On prend conscience qu’on grandit et que le monde avance. Les parents ne sont pas toujours compréhensifs. Ils sont dans leurs bulles de fatalité. Alors, quoi de mieux que les héros et héroïnes de bande dessinée pour s’évader dans des univers parallèles ? A travers Bubu, Bazile se souvient de son enfance, des matins d’hiver à la Lenorman. Il revoit ses rêves d’îles où il fait toujours beau, où tous les jours sont chauds, avec Le Flagada, Tif et Tondu, Gaston, Sophie, les Schtroumpfs et tous les autres. Un jour, la prof de français rendit les rédactions. Franck avait choisi d’écrire sur Hoëdic, une île proche qui semble particulièrement lui tenir à cœur. C’était si beau que la prof en a lu des passages à la classe. Hoëdic, c’est le rêve à quelques encablures, une centaine d’habitants et pas une seule auto. Ça serait le décor parfait pour une histoire de Tillieux.

 

 

 

 

© Bazile, Stibane - Editions du Tiroir

 

 

                Hêdic ! Ohédic ! Heüdic ! Wêdic ! Whöödic ! Bubu a toutes les peines du monde à prononcer le nom de l’île. Peut-être doit-elle rester imaginaire… L’album de  Bazile est un hommage à toute cette BD des années 70, fin d’un âge d’or  incroyable, peut-être le plus bel hommage qu’il n’y ait jamais eu. C’est aussi une ode à l’imaginaire. Hoëdic démontre aussi comment se construit la personnalité d’un adolescent, entre une marée noire et un deuil… On grandit, on vit, on meurt… Oui, on meurt. On se croit invincible mais le destin ne regarde pas l’âge de ses victimes. A côté, il faut continuer à vivre...

 

 

 

 

© Bazile, Stibane - Editions du Tiroir

 

 

                « Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. » Cette citation issue du Petit Prince de Saint-Exupéry irait très bien à Bubu, qui a rêvé, comme d’autres, toute son enfance grâce aux plus grands héros de BD. Hoëdic ! est la chronique d’une jeunesse qui s’enchante pour ne pas être désenchantée. Un des meilleurs albums de l’année. Imagine que je croise le dessinateur Bazile, en librairie,… Je lui dis : J’adore ce que vous faites !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Hoëdic ! 

 

Genre : Souvenirs de jeuness 

 

Scénario & Dessins : Bruno Bazile 

 

Couleurs : Stibane

 

Éditeur : Editions du Tiroir

 

Collection : Roman

 

Nombre de pages : 144

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782931027486

 

 

 



Publié le 19/05/2022.


Source : Bd-best


Une enfant de la Résistance.  Simone 1 - Obéir c’est trahir, désobéir c’est servir.

 

« - Simone, viens vite voir ! Ils parlent de la gestapo de Lyon sur la 2. tu es toute pâle, qu’est-ce qui t’arrive ?

- Tu vois, ce type… Il serait plus jeune… Il serait en couleur… On dirait celui qui m’a torturée. »

 

 

 

 

 

 

 

                2 février 1972, à La Tronche, en Isère, Simone Lagrange aperçoit à la télévision le visage d’un homme qu’elle semble reconnaître. Cet individu, le « boucher de Lyon », serait le nazi qui l’aurait torturé vingt-huit ans plus tôt, 33 place Bellecour, à Lyon. Elle a des doutes. Est-ce bien lui ? Il faudrait qu’elle le voit bouger pour en être certaine. Et qui est cette ombre qui se penche sur l’épaule de Simone et la pousse à ne pas se replonger dans cette histoire qui ferait mal à tout le monde? Simone va revivre son enfance depuis 1939 et se remémorer les années de guerre, l’occupation, les bombardements et ranimer ses souvenirs douloureux d’enfant juive dans la période la plus noire de l’histoire de l’humanité.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Walter - Glénat

 

 

                Après la vie d’Irena Sendlerowa, David Evrard et Jean-David Morvan se penchent sur celle de Simone Lagrange, et par ricochet sur les exactions de Klaus Barbie. Au-delà du drame de la déportation, les dégâts qu’a fait la guerre au sein même des familles est mis en exergue au travers du personnage de Jeanne. Orpheline recueillie à bras ouverts par la famille de Simone, elle passera du rôle de victime à celui de bourreau en devenant l’éminence grise des responsables de la gestapo. Simone Lagrange est née Simy Kadosche. Elle deviendra l’un des témoins clés du procès Barbie, mais ça, l’histoire le racontera certainement plus tard. Engagée très jeune dans la Résistance, elle sera la face opposée de Jeanne, des Caïn et Abel de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Walter - Glénat

 

 

                David Evrard montre une Simone déterminée et n’ayant pas froid aux yeux. C’est une réelle enfant de la résistance. Jeanne est satanique et porte en elle l’injustice qu’elle a vécu d’avoir perdu ses parents. Quant à Klaus Barbie, il porte en lui la fourberie des dirigeants nazis. Comment pourrait-on se méfier d’un brave homme qui caresse un chat ? Mais quand le regard de haine prend le dessus, le requin laisse apparaître ses dents acérées. Evrard a le pouvoir rare de rendre glacial un dessin ligne claire que l’on classerait tous publics.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Walter - Glénat

 

 

                Quand on parle de personnages aux pouvoirs exceptionnels, on pense à tort aux héros de fiction. Simone Lagrange rejoint Irena Sendlerowa et Madeleine Riffaud dans la série des super-héroïnes de la vraie vie dont jean-David Morvan a entrepris de raconter le destin.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Simone

 

Tome : 1 - Obéir c’est trahir, désobéir c’est servir. 

 

Genre : Drame historique 

 

Scénario : Jean-David Morvan  

 

Dessins : David Evrard 

 

Couleurs : Walter 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 15,50 €

 

ISBN : 9782344043158

 

 

 



Publié le 11/05/2022.


Source : Bd-best


Attention chef-d’œuvre !  Les dames de Kimoto

 

« - Je t’ai demandé de m’accompagner ici parce que je voulais être seule avec toi. A présent que tu vas te marier, je ne te verrai plus beaucoup. Connais-tu l’histoire qui raconte comment le grand maître Kôbô est apparu en rêve au grand bonze Kishin et lui a dit : « Plutôt que de s’incliner dix fois devant moi, on devrait vénérer neuf fois sa mère »?

- Pas en détail.

- Si un grand sage comme Kôbô vouait un tel respect à sa mère, cela nous met toutes dans l’obligation d’en mériter autant, tu ne crois pas ?

- Vous avez raison, grand-mère. »

 

 

 

 

 

 


                Accompagnée de sa grand-mère Toyono, Hana se rend au Kôya des femmes, le temple Jison. Hana va bientôt se marier. Jeune femme épanouie, elle a brillé dans les études. Toyono lui a appris les valeurs de savoir-vivre et l’art de la conversation. Bien que regrettant de la voir quitter la maison familiale, la grand-mère trouve pour elle un bon parti : Matani Keisaku. Il est le maire de son village. Après les fiançailles et les préparatifs du mariage, Toyono exprime à sa petite-fille ses vœux les plus sincères. Hana part sur une jonque pour sa nouvelle vie.

 

 

 

 

© Bonin - Sarbacane

 

 

                Les dames de Kimoto est une ode à la féminité. A travers l’histoire de Hana, le rôle des femmes dans une société patriarcale se montre déterminant. Alors que le pouvoir politique est aux mains des hommes, les femmes sont aux destinées de la famille. L’histoire est un passage de relai entre une grand-mère et sa petite fille, qui elle-même deviendra mère, puis grand-mère à son tour. En filigrane de la vie de Hana, l’histoire du Japon au XXème siècle s’écrit, avec la douleur de la Seconde Guerre Mondiale. Hana est le symbole de l’évolution de la condition féminine dans un Japon qui passe pratiquement d’un stade médiéval à une modernité qu’il lui faut assumer.

 

 

 

 

© Bonin - Sarbacane

 

 

                Discret mais n’ayant jamais quitté le PBDFB (paysage de la bande dessinée franco-belge) depuis plus de vingt ans, Cyril Bonin construit une œuvre sensible et délicate. D’abord pur dessinateur, puis auteur complet, il se lance dans l’adaptation littéraire. On y retrouve ce qui fait l’essence de sa biographie : l’amour. Bonin met en scène des gens qui s’aiment. Il a raconté des histoires d’amour intenses, des histoires d’amour platoniques, des histoires d’amour charnelles, des histoires qui donnent envie d’aimer. Celle-ci est l’histoire d’un amour non prédestiné qui se construit, l’amour d’une femme pour les siens, un amour que ni les ans ni les frontières ne pourront atténuer, l’amour d’une mère. Hana est belle, très belle, sublime, aussi subtile qu’un cerisier en fleur. Sous le crayon de Bonin, elle est une muse.

 

 

 

 

© Bonin - Sarbacane

 

 

                Les dames de Kimoto, roman de Sawako Ariyoshi paru en 1959, est un chef-d’œuvre de la littérature japonaise. Cyril Bonin en fait un chef-d’œuvre de la bande dessiné.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Les dames de Kimoto 

 

Genre : Fresque familiale 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Cyril Bonin

 

D’après : Sawako Ariyoshi

   

Éditeur : Sarbacane

 

Nombre de pages : 112

 

Prix : 19,90 €

 

ISBN : 9782377317875

 

 



Publié le 05/05/2022.


Source : Bd-best


BrĂĽsel Anspach & Waterloo ... DĂ©dicace Joris Mertens ... Nettoyage Ă  sec

 

 

 

Voilà 17 ans que François, chauffeur dans la même blanchisserie, fait constamment le même boulot. Sans la moindre valorisation, ni augmentation, ni reconnaissance ! A côté de cela, une fois par semaine jouer au Loto ou aller boire une pinte au bistrot Monico ! Il y a bien Maryvonne qu’il y croise régulièrement ! Ah Maryvonne, une relation plus intime avec elle pimenterait sa vie ! Mais encore faudrait-il qu’il ose !

 

 

 

 

 

 

Bref, dans les routines de son quotidien, son hier est son aujourd’hui et sera son demain.

Jusqu’au jour où … dans une tournée, il débarque dans une maison pleine de cadavres ! Une bonne dizaine … autour d’un petit sac de transport rempli de billets de banque !

Et pour une fois, il ose … et le prend …

Mais ce qui devait lui changer enfin sa vie, va surtout lui apporte le piment de vie dont il se passerait bien ! Pas celui qu’il espérait ! On ne laisse pas des cadavres sans conséquence.

 

 

 

 

 

© Joris Mertens – Rue de Sèvre

 

Voici donc Joris Mertens qui récidive après son phénoménal « Béatrice » ! Dans la même veine, avec un héros aussi banal et insipide que l’était Béatrice, voilà que le hasard, à nouveau, d’un sac va bouleverser sa vie ! Contenu différent, incidences et conséquences différentes ! Un héros paumé mais dans une ville toujours aussi vivante, bouillante de couleurs et d’ambiance ! Atmosphère, vous disiez ? Atmosphère à nouveau qui transcende chaque planche, chaque case.

Joris Mertens persévère dans ce style si propre à Béatrice. Il le peaufine plus, son trait devient plus fin, moins crayonné.

 

 

 

 

 

© Joris Mertens – Rue de Sèvre

 

Si le scénario peut apparaître comme « classique » et « télégraphié » au premier abord, c’est avant tout par son graphisme et cette extraordinaire palette de couleur que Joris nous offre ici une nouvelle perle du quotidien !

Pourtant, à y regarder de plus près, le sublime se retrouve encore plus dans les détails de ses cases ! Quelle saveur que ces noms de magasins, ces enseignes lumineuses, ses inscriptions sur ce camion ou ce bistrot !!!!

 

 

 

 

 

 

© Joris Mertens – Rue de Sèvre

 

 

 

 

 

Le jeudi 28 avril 2022 (Brüsel Anspach) et le vendredi 29 avril 2022 (Brüsel Waterloo), de 15h à 18h, les deux librairies auront le plaisir de recevoir Joris Mertens en dédicace pour Nettoyage à sec (album + ex-libris exclusif Brüsel, signé et limité à 200 exemplaires), à paraître aux éditions Rue de Sèvres. L’édition néerlandaise (Bleekwater) avec ex-libris exclusif Brüsel, signé et limité à 200 exemplaires, sera également disponible, ainsi que la nouvelle affiche « Martini » limitée à 199 exemplaires.

 

 

 

 

 

 

Boulevard Anspach 100

1000 Bruxelles

 

Chaussée de Bruxelles 225

1410 Waterloo

 

 

 

 

 

L'équipe de Bd Best



Publié le 15/04/2022.


Source : Bd-best


Kentoc'h mervel ... Les compagnons de la libération T.8 L' île de Sein

 

 

 

« L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. …Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. … J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre » - Général de Gaulle - Radio Londres, le 22 juin 1940

 

 

 

 


 

Le huitième tome de cette série consacrée aux « Compagnons de la Libération » rend hommage aux 128 hommes âgés de 14 à 54 ans qui ont décidé de quitter leur île normande pour se mettre au service de la France Libre. Ayant entendu l’appel adressé par le général de Gaulle depuis Londres le 22 juin 1940, ces derniers ont rejoint les 270 autres volontaires présents à Londres.

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

Lorsque le général de Gaulle passe en revue son premier contingent de volontaires, il s’exclame : « L’ile de Sein est donc le quart de la France ».

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

 

Jean-Yves Le Naour (historien français, spécialiste de la Première Guerre mondiale et du XXe siècle) scénarise l’album en nous faisant découvrir la situation au travers du regard de Fanch, un jeune garçon de moins de 18 ans. Jean-Yves Le Naour est également responsable du scénario des séries telles que « Verdun », « Charles de Gaulle » et « Les Compagnons de la Libération » toutes éditées par les Éditions Bamboo dans la collection Grand Angle.

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

 

Brice Goepfert, connu pour ses illustrations dans des séries telles que  « Les chemins de Malefosse » (12 albums) et « Le fou du roy » (9 albums) été choisi pour mettre en vie le scénario de Jean-Yves Le Naour. La collaboration entre les deux hommes intègre le lecteur dans cette superbe reconstitution du récit historique.

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

En 1946, l’île de Sein est proclamée « Compagnon de la Libération » dû à la contribution et à l’engagement de ses hommes aux côtés du Général de Gaulle. Elle est la seule commune française à avoir connu plus de décès militaires durant la seconde Guerre mondiale que lors de la Grande Guerre 14-18.

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain

 

Titre : L’île de Sein

 

Série : Les compagnons de la libération 

 

Tome : 8

 

Genre : BD Historique

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Scénario : Jean-Yves Le Naour 

 

Dessin : Brice Goepfert

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 14,50 € 

 

ISBN : 9782818969434



Publié le 13/04/2022.


Source : Bd-best


Alix Senator – T.13 – L’Antre du Minotaure

 

 

 

Une nouvelle « boucle spatio-temporelle » s’accomplit dans les univers d’Alix.

Moins de cinq mois après la parution de « L’Œil du Minotaure » dans la série « classique », Alix revient, trente ans plus tard, sur les lieux de ses exploits en Crète dans « Alix Senator ».

 

 

 

 

 

 

Toujours à la recherche de reliques en suivant les indications du disque d’Osiris, Alix débarque sur l’île, à Héraklion, non pas pour philosopher mais pour y retrouver Deucalion. Lui aussi a bien changé en trente ans. Devenu un riche marchand d’esclaves, il s’est fait construire une superbe demeure, ou plutôt un palais digne d’un dieu dans les ruines du labyrinthe du Minotaure !

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

 

Leurs retrouvailles est l’occasion de lancer une légère pique à l’hypocrisie romaine … marchand d’esclaves et non de vins doux … Alix n’approuve guère ce choix et aimerait s’en offusquer … mais qui à Rome n’a pas d’esclaves ?

Par ailleurs, il a besoin de son ami crétois pour retourner sur Théra, dans le Temple du Minotaure. Or le chemin pour y arriver est semé d’embûches. Suite à une tempête, le sort réserve un recto-verso ironique à Deucalion.

 

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

Et comment imaginer ce plongeon dans le passé d’Alix avec ce monstre ? Est-il la clé de sa quête ? A-t-il réellement un lien avec les Atlantes et quel serait-il ?

Si ce nouvel opus place Deucalion au centre de l’intrigue, il est évident que ce fabuleux disque d’Osiris reste la porte d’entrée pour s’arrêter à bien des énigmes que Valérie Mangin, en grande Prêtresse d’Alix, sème sous les pas de son héros.

« Lumineux comme la lune et chaud comme le soleil », sa dangerosité n’en est que plus grande … « Porteur d’un secret encore plus précieux que lui », il entraînera nos héros à retourner dans cet endroit « aussi mortel qu’il est ancien ». Car rappelez-vous ces billes de feu, brûlantes et empoisonnées … ces araignées géantes, ces couloirs immergés, …

 

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

Il n’est plus utile de présenter le remarquable travail de construction scénaristique de Valérie. Tout en restant fidèle au Alix de Jacques martin, elle ne cesse d’y adjoindre subtilement certaines de ses propres envies ou passions. Sans tomber dans la facilité des approches parfois « tarte à la crème » ou stéréotypées concernant l’Atlantide, ses mystérieux habitants, secrets, … cet « Antre du Minotaure » nous invite clairement à relire « L’Œil du Minotaure » de la série classique (t 40).

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

 

Capable de nous surprendre par des rebondissements et retournements inédits, nous sommes emportés dans l’action par un Thierry Demarez parfaitement maître de son style. A nouveau, par son trait réaliste fouillé, jouant adroitement avec les hachures et la palette de couleurs de Jean-Jacques Chagnaud, cet Alix sénateur, plus vieux de 30 ans de celui de Martin, est bel et bien une série à part entière.

 

Petit bonus pour celles et ceux qui, une fois de plus, se laisseront séduire par la version « Premium », le cahier historique « Les Îles du Minotaure – L’Atlantide méditerranéenne » est une source incroyable d’informations, d’explications, de clés pour parfaitement savourer ce treizième tome d’Alix Senator. Probablement le plus captivant de la série.

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

 

Titre : L’antre du minotaure 

 

Série : Alix Sénator

 

Tome : 13 

 

Genre : Aventure historique

 

Éditeur : Casterman

 

Scénario : Valérie Mangin

 

Dessin : Thierry Demarez

 

Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud

 

Nombre de planches : 46 + 8 pour le cahier historique de la version « Premium »

 

Prix : 13, 95 € (version normale) – 18,95 € (Premium)

 

ISBN : 9782203224186 (version normale)  -  9782203211643 (Premium)



Publié le 07/04/2022.


Source : Bd-best


La fabrique d’un héros.  Milou humain, trop humain

 

« - Ah ! Si je pouvais raconter tout ce que j’ai vu !... Mais on ne me croirait pas. » (Milou, dans Vol 714 pour Sidney)

 

 

 

 

 

 

 

                S’il est impossible de séparer Lucky Luke de Jolly Jumper, Astérix d’Obélix ou Boule de Bill, Tintin et Milou sont de même indissociables. L’un ne peut aller sans l’autre. Depuis leur première aventure au pays des Soviets jusqu’à la dernière inachevée L’Alph’Art, les deux compagnons ont tout partagé dans les déserts et sur les océans, en Amérique et en Asie, sur Terre et dans l’espace. Si de nombreuses analyses ont été publiées sur le reporter lui-même, il manquait un ouvrage consacré à son chien et au rôle prépondérant qu’il tient, peut-être plus important que ce à quoi on pourrait penser au premier abord. Renaud Nattiez l’a fait.

 

 

 

 

 © Nattiez - Les impressions nouvelles

 

 

                En 1878, le philosophe Friedrich Nietzsche publie l’essai Humain, trop humain. Il y affirme son « moi » profond, libéré de ses influences. Il s’interroge sur le monde. Il philosophe par essais, hypothèses et points de vue dans une logique interprétative. Il psychanalyse l’âme humaine non pas seulement dans sa raison mais jusqu’à ses instincts et ses pulsions qu’il considère comme le "trop humain" de l'humain. Renaud Nattiez reprend le titre de Nietzsche pour creuser l’âme de l’animal et démontrer que la bête est beaucoup plus humaine qu’en apparence.

 

 

 

 

 © Nattiez - Les impressions nouvelles

 

 

                Tintin est un mythe grâce au génie de Hergé qui a associé son acteur principal à son double, son joker, son négatif. Tintin est un mythe en grande partie grâce à Milou. Renaud Nattiez l’explique en neuf chapitres. Un animal étant dépourvu de langage, Milou ne correspond pas totalement à cette définition. Tintin ne comprend pas ce qu’il dit, à une ou deux exceptions près au début de la série, mais le lecteur est le complice privilégié des pensées de la bête. Milou a un rôle d’anti-héros. Contrairement à son pelage immaculé, il n’est pas tout blanc. Il se plaint quand il a faim, ne déteste pas l’alcool et joue parfois le trublion. Son rapport avec les autres bestiaux n’est pas des plus pacifiques, que ce soient des perroquets, des animaux sauvages ou le chat de Moulinsart.

 

                Renaud Nattiez attribue quatre fonctions principales au fox-terrier : la fonction salvatrice, protecteur de son maître qu’il sauvera à plusieurs reprises et qu’il s’apprête à sauver en pleine interruption de L’Alph’Art, la fonction théâtrale, Sancho Panza de son Don Quichotte de reporter, la fonction ludique, dédramatisant des scènes violentes avec espièglerie et n’hésitant pas à jouer dans la voiture à pédales d’Abdallah, et enfin la fonction de transmission, interprète entre Tintin et le lecteur. Pour autant, le rôle de Milou va s’amoindrir au fil des années, d’une part à cause de l’importance prise par Haddock, leurs rôles agissant comme des vases communicants, d’autre part à cause de la volonté de l’auteur de donner plus de crédibilité à la série. Milou s’effacera mais ne disparaîtra heureusement jamais.

 

 

 

 

 © Nattiez - Les impressions nouvelles

 

 

                Nattiez aborde également le sujet de la sexualité de Milou, dont le nom est inspiré du sobriquet de celui d’une des premières petites amies de Hergé, sa morale, sa philosophie et son influence sur Tintin sont aussi décortiqués. Si après cela le lecteur prétend ne pas connaître Milou, c’est qu’il n’a pas bien lu cet ouvrage qui ne donne qu’une envie : relire tout Tintin par le prisme de Milou. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : La fabrique des héros

 

Tome : Milou humain, trop humain 

 

Genre : Ouvrage d’étude

 

Auteur : Renaud Nattiez

 

Éditeur : Les impressions nouvelles

 

Nombre de pages : 144

 

Prix : 13 €

 

ISBN : 9782874499401

 

 

 



Publié le 06/04/2022.


Source : Bd-best


De la grande aventure grand spectacle.  Le cimetière des Sargasses

 

« - Que se passe-t-il ?

- Il y a eu un sacré choc !

- Où est le Capitaine ?

- Pas de panique, allons ! Pas de panique !

- Nous avons heurté un cargo… Les pompes sont en marche… Les dégâts semblent hélas sérieux.

- Capitaine ! Capitaine ! Les cloisons 2 et 3 ont lâché ! L’eau a inondé les cales… Les machines sont touchées !

- L’eau risque de faire exploser les chaudières d’un moment à l’autre ! Il faut évacuer ! »

 

 

 

 

 

 

 

Le yatch « L’Ulysse » du baron Hugues de Lesseps était parti pour une petite croisière de cinq à six semaines sur les mers du globe...jusqu’à ce qu’il se fasse harponner par un gigantesque cargo qui ne l’a pas vu. L’équipage et les passagers quittent leur embarcation avant qu’elle ne coule. Elle ne coulera pas. Et heureusement, parce que deux hommes sont restés malencontreusement à son bord. L’un d’eux, c’est Paul Dampierre, le neveu du baron, désemparé par la chute en pleine mer de sa fiancée. L’autre, c’est Patrick Morrisson, une force de la nature, qui en empêchant Paul de faire une sottise lui a sauvé la vie… Enfin…. Pour l’instant… Dans une mer d’algues infestée de crabes géants, le bateau dérive jusqu’à un cimetière de navires abritant une communauté dirigée par une reine belle, magnifique même, envoûtante et gardienne des règles bien particulières du groupe de survivants.

 

 

 

 

© Coutelis, Rodolphe - Idées plus

 

 

Rodolphe écrit une aventure grand spectacle avec tout ce qu’il faut : suspens, exotisme, baroudeurs et jolie princesse. Les deux héros arrivent dans une société organisée. Jérémiah et Kurdy auraient pu être à leurs places. Quand on remet l’histoire dans le contexte du début des années 80, avant que la mode ne soit à ce genre d’aventures au cinéma, on ne peut que saluer les idées précurseurs du scénariste. Un twist final inattendu remet en cause la conclusion du récit.

Coutelis n’a jamais été reconnu à sa juste valeur. Peut-être est-ce parce qu’à part A.D. Grand-Rivière, il n’a jamais eu de héros pérennes à faire évoluer. Il n’y a qu’à voir ces crabes géants, ses scènes maritimes ou aériennes pour se rendre compte du talent de ce dessinateur. Sa mise en couleurs particulière donne un ton inédit au récit. On pourrait discuter de leur choix mais elles font partie de l’ambiance Coutelis.

 

 

 

 

© Coutelis, Rodolphe - Idées plus

 

 

L’histoire a connu un parcours éditorial chaotique. En 1984, les éditions Dargaud éditent Le cimetière des fous, premier tome de la série « Une aventure de Dampierre et Morrisson ». Ils ne publieront jamais la suite. Il faudra attendre trente ans pour que l’album soit réédité sous le titre Sargasses chez Albiana. L’année d’après, ils publieront la suite et fin du diptyque. La série étant indisponible depuis quelques années, les éditions Idées Plus la rééditent en intégrale. Tant mieux pour ce petit éditeur qui devient grand, mais on se demande comment les grandes majors l’ont laissé échappé. La préface qu’avait signée Albert Uderzo est reprise dans cette réédition.

 

 

 

 

 

© Coutelis, Rodolphe

 

 

Voguez sur les mers. Volez dans les airs. Le cimetière des Sargasses est un album majeur dans la bibliographie de Rodolphe et d’Al Coutelis.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le cimetière des Sargasses 

 

Genre : Aventure 

 

Scénario : Rodolphe 

 

Dessins & Couleurs : Al Coutelis

 

Éditeur : Idées plus

 

Nombre de pages : 96

 

Prix : 22 €

 

ISBN : 9782374700601 

 

 

 



Publié le 22/03/2022.


Source : Bd-best


Un autre Fantômas.  L’enfer pour aube 1 - Paris Apache

 

« - Dans ce wagon, il y avait Ducoroy, conseiller du ministre des travaux publics… Et celui que vous venez de croiser, sur le brancard, c’est Charles Dauger, inspecteur du conseil général des ponts et chaussées. Ils ont été attaqués par un homme qui avait dû se planquer dans le wagon au départ. D’après un ingénieur de la compagnie, il a balancé une grenade sous le plancher, dans les câbles électriques. Ça n’a pas dû être une grosse explosion, mais ça a suffi pour faire dérailler le train.

- Mais… et le terroriste ?

- Il a sauté avant le tunnel. »

 

 

 

 

 

 

                (…) tandis qu’à l’horizon sinistre,

Sous des nuages lourds, hagards, couleur de sang,

Chargé de spectres, noir, dans les flots décroissant,

Avec l’enfer pour aube et la mort pour pilote,

On ne sait quel radeau de la Méduse flotte !

 

                Rangé du côté des Communards, Victor Hugo écrit ce poème A ceux qu’on foule aux pieds, en 1872, dans le recueil L’année terrible.

 

                Quelques années plus tard, janvier 1903, le métropolitain parisien est en plein développement. Les cendres de la Commune sont encore chaudes. Il y a trente ans à peine, Paris a presque été détruite. Incendiée, pillée, saccagée, la capitale a failli finir en ruine. La belle s’est relevée mais la vermine ne meurt jamais. Dans un Paris malade de son peuple, le succès de la ligne Nord-Sud de ce que l’on n’appelle pas encore le métro, mais le métropolitain, était inespéré. Mais alors que Dauger, des Ponts et chaussées, et Ducouroy, conseiller du ministre des travaux publics, essayent la ligne, leur wagon est attaqué par un grand échalas à l’écharpe rouge masquant son visage. Laissant une pièce d’or sur les lieux de ses attentats, l’homme sème la terreur dans Paris avec ses complices les Apaches

 

 

 

 

 © Pelaez, Oger - Soleil

 

 

                Philippe Pelaez fait partie des scénaristes sur qui il faut maintenant compter. Récemment, entre Maudit sois-tu, Le bossu de Montfaucon et maintenant L’enfer pour aube, il réalise un triplé exceptionnel. Avec L’enfer pour aube, il propose un thriller politico-historique passionnant, un des albums remarquables de ce premier trimestre. Le fond historique est précis. La France sort d’une période de troubles internes et ne sait pas que dix ans plus tard ce sera le chaos. Pelaez se sert du métropolitain qui n’a encore que trois ans pour montrer une lutte de classes impitoyable. Des grands magasins luxueux boulevard Barbès aux ruelles boueuses de Charonne, les dames en crinoline n’ont pas vocation à croiser la route des titis aux mains sales. Le personnage à l’écharpe rouge n’est pas un simple truand de grande envergure. Il a la même classe que plus tard Fantômas, mais les fantômes sont en lui et manifestement ils le hantent.

 

 

 

 

 © Pelaez, Oger - Soleil

 

 

                Tiburce Oger signe son meilleur album. Oger dessinateur fait des merveilles. Oger coloriste reste dans des tons de gris limite sépia sans en être, sauf pour l’écharpe du tueur et quelques autres touches rougeâtres. De fausses couvertures du supplément illustré du Petit Journal, quotidien de l’époque, chapitrent le récit. On court sur les toits avec l’inconnu masqué, on sent la chaleur de l’incendie sur le boulevard, on s’enfuit d’une ruelle avec une victime des apaches de Belleville. Cerise sur le gâteau, la couverture et la maquette de l’album sont magnifiques.

 

 

 

 

 © Pelaez, Oger - Soleil

 

 

                L’enfer pour aube est de ces albums qu’on ne referme qu’après l’avoir terminé et grâce auquel on peut dire : « Paris 1903, j’y étais ! ». On frise la perfection. Envoûtant, effrayant, passionnant, c’est une petite histoire ancrée dans la grande qui restera l’une des excellentes surprises de l’année.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : L’enfer pour aube

 

Tome : 1 - Paris Apache

 

Genre : Polar

 

Scénario : Philippe Pelaez

  

Dessins & Couleurs : Tiburce Oger

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 68

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9782302094390

 



Publié le 14/03/2022.


Source : Bd-best


Osez Joséphine ! …  Joséphine Baker

 

 

 

Que dire de cette dame qui ce jour (30 novembre2021) deviendra la sixième femme mais aussi la première de couleur noire à faire son entrée au Panthéon à Paris ? Vedette de music-hall, militante antiraciste, résistante de la première heure, femme libre aux multiples relations conjugales mais aussi mère d’une tribu « arc-en-ciel » comme elle aimait le déclarer. Catel Muller et José-Louis Bocquet ont choisi de nous raconter en BD l’incroyable histoire de Joséphine Baker.

 

 

 

 

 

Saint-Louis, Missouri, le 3 juin 1906, naissance de Joséphine Baker d’une mère célibataire et d’un père inconnu. D’origine afro-américaine, amérindienne et espagnole, elle alterne entre son éducation scolaire et les ménages effectués dans des familles riches pour subvenir aux besoins de sa fratrie, dont elle est l'aînée. Un premier mariage à 13 ans, suivi d’un second à l’âge de 15 ans.

 

 

 

 

 

 

Adolescente, elle rêve de Broadway et monte à New York. Après deux ans de seconds rôles, on la remarque et on lui propose de venir à Paris pour monter la Revue Nègre, dont elle sera l'héroïne. Elle a alors 18 ans.

 

 

 

 

© Boquet – Catel - Casterman 

 

 

Paris, après la première Guerre mondiale, émerge de la ville de lumière un goût certain pour l'"art nègre", cher à Picasso et aux surréalistes. Faisant l'objet d'une exposition en 1919, il s'affiche comme porteur de modernité. Le jazz, débarqué avec les soldats américains de la Grande Guerre, rivalise avec la musique classique de la Vieille Europe. Cet art est perçu comme révolutionnaire. Dans un tel contexte, Joséphine trouve sa place. Quasiment nue, vêtue d’un simple pagne, elle danse le charleston dans un tableau de la Revue nègre, intitulé "La danse sauvage". Le succès est immédiat, prêtant parfois à confusion.

Caricature de la femme noire ou retour du préjugé raciste à son expéditeur ?  De cette époque, elle précisera dans ses Mémoires: « Il s’agit bien ici de se moquer des blancs et de leur manière de gérer les colonies car la France, bien que moins raciste que les Etats-Unis, a tout de même des progrès à faire concernant les gens de couleurs et leur insertion dans la société ! ».

 

 

 

 

© Boquet – Catel - Casterman 

 

 

 

Une centaine de représentations plus tard, Joséphine veut mener seule sa barque et signe un contrat avec le théâtre des Folies Bergères pour une revue dont elle est la star, "La folie du jour". Elle s'y produit avec un léopard en laisse et sa fameuse ceinture de bananes en peluche.

 

 

 

 

 

© Boquet – Catel - Casterman 

 

Joséphine devient une figure des Années folles, fascinant aussi bien les cubistes, les fauvistes et les surréalistes. Elle pose pour Picasso, Man Ray et Jean Cocteau. Elle devient également la muse de créateurs de mode tels que Christian Dior ou Pierre Balmain. Elle tourne quelques films pour le cinéma, dont "Zouzou" avec Jean Gabin. En 1931, elle rencontre un succès mondial avec sa chanson "J'ai deux amours". En 1937, elle épouse Jean Lion (un industriel juif ayant souffert de persécutions antisémites), acquérant ainsi la nationalité française.

 

 

 

 

Lorsque survient la seconde Guerre mondiale, le contre-espionnage français cherche des correspondants pouvant fournir des renseignements sur les activités allemandes sans éveiller les soupçons. Joséphine, voulant servir sa patrie, se porte volontaire. C'est en tant qu'artiste que Joséphine Baker va œuvrer comme espionne, en passant sur des partitions de musique des renseignements à l'écriture cryptée et à l'encre invisible. Sa visibilité extraordinaire est sa meilleure couverture. Au Château des Milandes, qu'elle loue depuis 1937, elle fait preuve d'un immense sang-froid lorsque les Allemands viennent perquisitionner sa demeure, la soupçonnant de cacher des résistants. En juin 1941, elle tombe gravement malade mais poursuit son activité depuis sa chambre d'hôpital qui devient lieu d'échanges d'informations secrètes. Trop surveillée en France, elle poursuit ses activités depuis le Maroc. Le 23 mai 1944, officiellement engagée dans l'armée de l'air, elle devient sous-lieutenant, rédactrice première classe, échelon officier de propagande. En octobre 1944, elle revient à Marseille. Elle sera décorée de la Légion d’honneur et de la Médaille de la Résistance à la Libération pour ses actions effectuées pendant cette période.

 

 

 

Refusant de se produire dans des théâtres où règne la ségrégation raciale, séjournant dans de somptueux hôtels et partageant les tables des restaurants les plus prestigieux, Joséphine n'a cessé de montrer que la couleur ne devait induire aucune différence de traitement et que l'aisance matérielle n'était pas un privilège de peau. Le 28 août 1963, elle participe à la Marche pour les droits civiques à Washington où elle s’adresse à une foule de 250.000 personnes aux côtés de Martin Luther King et de Daisy Bates. Elle parle, notamment, de la liberté dont elle a pu jouir en France : « La Tour Eiffel est très différente de la Statue de la Liberté, mais qu'importe? A quoi bon avoir la statue sans la liberté, la liberté d'aller où l'on veut si on est retenu par sa couleur? Non, je préfère la Tour Eiffel, qui ne fait aucune promesse ».

 

 

 

 

 

© Boquet – Catel - Casterman 

 

En 1947, elle achète le Château des Milandes, dont elle est locataire depuis plus de dix ans, afin d’y installer sa "tribu arc-en-ciel", les douze enfants qu'elle a adoptés au fil de ses voyages. Elle fait de cette propriété un complexe touristique appelé "village universel" ouvert à toutes les cultures du monde. Mais en 1964, suite à une gestion désastreuse, la demeure est mise aux enchères. Malgré l'intervention de Brigitte Bardot qui lance un appel aux Français lui valant un cours répit, le château est vendu pour une bouchée de pain en 1968.

 

 

 

 

 

Joséphine Baker à Bobino le 26 mars 1975, deux semaines avant son décès.

 © Pierre Guillaud - AFP

 

 

C'est une immense déception pour Joséphine Baker, la fin de son utopie universelle et le début d'une fin de carrière difficile, où pour payer ses dettes elle devra continuer à chanter et à se produire un peu partout dans le monde, même si Jean-Claude Brialy, et Grace de Monaco, veilleront sur son confort. Ces derniers lui offriront, en 1975, un dernier tour de piste à Bobino, quelques jours avant son décès.

 

 

 

 

 

© Boquet – Catel - Casterman 

 

 

Les quelques lignes évoquées ci-dessus ne retracent qu’une infime partie de la vie de Joséphine Baker. Catel Muller (dessinatrice) et José-Louis Bocquet (scénariste) nous racontent plus en détail la vie de cette grande dame. Ils nous remémorent les événements marquant le 20ème siècle, entre les lois Jim Crow, la déségrégation avec M.L. King mais aussi les progrès technologiques, l’essor de la fée électricité dans les foyers, l’arrivée du cinéma parlant, le développement des avancées technologiques sur les voitures....On y côtoie les personnalités croisées par Joséphine : Charles De Gaulle, Grace Kelly, Brigitte Bardot, Sidney Bechet, Jean Gabin, Jean-Claude Brialy, … Plus de 500 pages ...  (accompagnées d’une mini biographie sur chacune des personnalités rencontrées) qui se lisent d'une traite ! Un must à déposer absolument au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

 

Alain Haubruge

 

Titre : Joséphine Baker

 

Collection : Écritures

 

Genre : Biographie – Roman graphique

 

Éditeur : Casterman

 

Scénariste : José-Louis Boquet

 

Dessinateur : Catel Muller

 

Nombre de pages : 568

 

Prix : 30,00 €

 

ISBN : 9782203232297

 

 

 

 



Publié le 30/11/2021.


Source : Bd-best


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