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" - Pour le "Voyage", j'avais eu le Prix Femina ! Là, tu ne m'as décroché aucune sélection.
- Tu sais bien que ça ne marche pas comme ça. C'était il y a quinze ans, Lambert. Aujourd'hui, tu es trop vieux pour intéresser les critiques, mais pas encore assez pour que l'on te redécouvre.
- Quel sens de la formule ! Tu aurais dû faire carrière dans la pub.
- J'y songe parfois ..."
Pas évident alors de se refaire une place en haut des meilleures ventes littéraires ! Le succès et les best-sellers sont désormais du passé pour Lambert, romancier ayant connu son heure de gloire 15 ans auparavant !
Cherchant désespérément à se refaire, il enchaîne malheureusement les échecs avec ses romans. Ceci à un tel point, que son nouveau roman, "Itinéraires occultes", passe totalement inaperçu ! Quant à son dernier manuscrit, c'est carrément son éditrice qui l'incendie.
"Encore une chose, Lambert : les livres ne sont nécessaires qu'à leurs auteurs ... et, dans des rares cas, à leurs éditeurs. Mon père n'en a jamais ouvert un seul, de toute son existence ... Et je t'assure qu'il avait l'air heureux. Tu sais ce qu'est un bon livre ? C'est celui qui me permet de prendre congé de moi-même."
Une conclusion s'impose : Lambert Deville est complétement dépassé et au fond du trou ... de l'inspiration littéraire.
Et pour comble de tout, sa compagne, Sophie, le plaque ... marre de supporter sa déprime d'auteur depuis des années, marre d'avoir l'impression de s'occuper d'un vieillard !

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Il décide alors de partir se réoxygéner seul à bord de son voilier. Une croisière en solitaire en méditerranée afin de se retrouver. Son moral remonte et c'est alors que ...
On retrouve son bateau à la dérive ... Mais pas de Lambert à bord ! La nouvelle fait l'effet d'une bombe dans toutes les salles d'infos. Le milieu littéraire s'émeut de cette disparition. Son éditrice n'a pas de mots pour l'encenser et vanter ses qualités, son talent, ...
"Un grand auteur ne meurt jamais, ses mots sont éternels"
Il repasse de totalement invisible à auteur célèbre. Ses ventes explosent, sa côté crève les plafonds ... et son éditrice est aux anges.
Pourtant, Lambert n'est pas mort. Il a simplement décidé de "disparaître" et de se refaire loin de son statut "d'auteur has been" dans une île grecque.
Voyant tout cela de loin, Lambert jubile de ce succès "post mortem" qui lui était "refusé" de son "vivant". Libéré de son identité et muni d’un mystérieux trésor, il profite de sa nouvelle existence loin du tumulte.
Cependant, cette parenthèse idyllique peut aussi connaître quelques inconvénients ! En effet, il s'en amuse moins lorsqu'il apprend que son ancien assistant tente de s’approprier son œuvre. Et les soucis ne s'arrêtent pas là quand certaines personnes débarquent sur son île et s'intéressent d'un peu trop près à l'origine de son pactole.
Lambert doit alors faire face aux conséquences de sa propre disparition et aux dangers qui menacent sa nouvelle existence.
"Le bonheur est l'ennemi du romanesque."

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Avec "Tourner la page", Zep confirme avec éclat son virage vers une œuvre adulte, intime et lucide. Loin de l’univers de "Titeuf", il propose ici un récit à la fois introspectif et satirique, centré sur la figure d’un écrivain en déclin confronté à une question vertigineuse : faut-il mourir pour exister aux yeux des autres ?
Le point de départ, aussi simple que redoutable, fonctionne parfaitement. En orchestrant sa propre disparition, Lambert Deville observe avec ironie le succès posthume qui lui échappait de son vivant. À travers cette situation, Zep livre une critique acérée du monde éditorial, où opportunisme, récupération et hypocrisie dictent souvent la valeur d’une œuvre. Le regard est lucide, parfois cruel, et trouve un écho particulier dans le narcissisme du personnage principal, aussi pathétique que profondément humain.

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Le récit séduit par son efficacité narrative : rythmé, ponctué de retournements, il glisse progressivement du drame intime vers une mécanique plus tendue, flirtant avec le thriller moral. Si certaines évolutions restent prévisibles, l’ensemble maintient une vraie tension, jusqu’à une conclusion ironique et amère.
Sur certains aspects et grandes lignes, nous pourrions nous rappeler le superbe film de Claude Lelouche, avec un Jean-Paul Belmondo exceptionnel de vérité et de sensibilité, ainsi qu'un Richard Anconida d'une naïveté touchante, "Itinéraire d'un Enfant gâté", sorti en 1988. A revoir avec la même tendresse que nous lisons cet album. Aussi bien au niveau du scénario que de l'image, une perle ! Comme ici !

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Car c’est sans doute sur le plan graphique que l’album impressionne le plus. Entièrement réalisé à l’aquarelle, "Tourner la page" marque un sommet dans l’évolution artistique de Zep. Les ambiances maritimes, baignées de lumières méditerranéennes, contrastent avec la grisaille parisienne et traduisent avec finesse les états d’âme du personnage. Le dessin gagne en sensibilité ce qu’il perd en caricature, offrant une véritable immersion visuelle.
Abandonnant le côté caricatural de "Titeuf", son style semble plus libre, presque flottant, qui épouse parfaitement l'instabilité du récit et les états d'âme de son héros.
Le travail sur les couleurs est plus que remarquable. Les teintes méditerranéennes, avec ses bleus profonds, ses verts océan, ces ocres lumineux, ... baignent les scènes grecques dans une atmosphère à la fois apaisée et mélancolique. Ceci à l'inverse des séquences parisiennes qui semblent plus ternes, comme la lassitude de Lambert finalement !
Maintenant, comment ne pas admirer le talent de Zep dans ses visages, leur expressivité ? Sans jamais tomber dans l'exagération, il capte les émotions avec une finesse attendrissante. Fatigue, désespoir, lassitude, ironie, voire soulagement, ... ses visages les expriment avec discrétion mais de façon clairement interprétable pour le lecteur.
A certaines planches, certaines cases, les décors semblent passer au second plan. Comme si Zep ne souhaitait pas y attirer le regard du lecteur, donnant ainsi toute son attention aux personnages et aux atmosphères. Une subtile mise ne scène dans un réalisme mesuré qui renforce clairement la tension narrative.

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Au final, "Tourner la page" réussit là où il pourrait simplement intriguer : en transformant une fable sur la postérité en réflexion plus large sur l’identité, le regard des autres et la difficulté d’exister en tant qu’artiste. Une œuvre qui impressionne par sa cohérence graphique, à la fois élégante, mordante et mélancolique et qui confirme la maturité et l’ambition de Zep.
Un titre parfait pour entamer ses vacances toutes proches ... pour certains !
Thierry Ligot
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Titre : Tourner la page
Scénario, dessin, couleurs : Zep
Editeur : Rue de Sèvres
Genre : chronique sociale,
Public : ado - adulte
Parution : 22/04/2026
Format : 24,1 x 32 cm
Page : 80
ISBN : 978 2 8102 1011 4
Prix : 20 €
" Bon crépuscule, habitants de Flot. ici doña Elvira. Nous sommes toujours sans nouvelles de mon père, le Comendador, pourvoyeur de dons. chaque jour, notre angoisse grandit, mais restons soudés."
Ainsi débutait le 28 mai 2025, ce récit, cette pièce en 3 actes ...
1 an plus tard, voici déjà le 3e et dernier acte d'une saga passionnante !
"Belle aurore, citoyen de Flot, c'est doña Elvira. Le soleil se lève sur notre cité, ses travailleurs et ses travailleuses."
Une trilogie fantasy originale basée sur le mythe de Don Juan ! Voilà ce que nous propose Isabelle Bauthian dans un scénario librement inspiré du sulfureux personnage théâtral imaginé au XVIIe siècle par Tirso de Molina.
Dans la cité insulaire et libertine de Flot, entourée d'océans déchaînés et d'un mur d'orages et d'éclairs, il fut un temps où chacun pouvait vivre comme bon lui semblait. Cité peuplée de magiciens, d'artistes, de penseurs, tout habitant pouvait développer librement ses dons. Imaginée et créé par les Fondateurs, chacun y trouvait sa place et s'épanouissait sans craindre le contrôle des autres.
Mais voilà, avec le temps, les Fondateurs ont disparus, le bel idéal et les grandes idées ont petit à petit fait place à une société plus chaotique, guidée ... dirigée plutôt, par le Comendador, héritier désigné par ces Fondateurs. Avec lui, les dons se paient grassement ... Pour obtenir ceci, tu accepteras de céder cela de ta personne ... un handicap avilissant !
De cette cité libertaire est née une tyrannie masquée, s'installant sournoisement dans l'esprit de chacun et chacune.
Cependant, la "machine" est grippée. Le Comendador a disparu, la gouvernance de Flot devient hésitante. Sa fille, Doña Elvira, tente bien, en apparence, à maintenir le calme et l'unité. Entre kidnappings d'artistes, tueurs, épidémies de malchance et autres fléaux, elle semble marcher sur des œufs ... elle qui a perdu l'usage de ses jambes au prix de son don !

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026
Dans ce monde en déliquescence, un esprit veut néanmoins garder sa liberté de pensée et d'agir ... Don Juan. Séducteur et manipulateur dans l'âme, ses actions frisent souvent l'immoralité, même si parfois teintées d'un héroïsme bienveillant. Un Justicier des mœurs ...
A force de réussir ses exploits, ce Justicier a fini par attirer l'attention et l'admiration d'une certaine tranche des habitants de Flot. Héros involontaire, il doit apprendre à gérer cette popularité. Surtout que ses dons, il semble ne les devoir qu'à lui-même !
"- Un héros qui lévite ... sans avoir, semble-t-il, payé tribut au Comendador ... Cette ville offre peu de certitudes, mais il en existe au moins une : toute magie se négocie ... et se paye. Quelle est la source de votre pouvoir ?
- Quel est son prix ?"
Dans un premier temps, à côté de lui, puis au fur et à mesure de l'avancée des actes, face à lui, Doña Laura, une femme complexe, intelligente, rusée, stratège ambitieuse, son pragmatisme et ses objectifs sont clairement d'arriver au sommet du pouvoir.
Sa gestion, d'abord discrète puis au grand jour, des différentes crises secouant Flot lui ouvre les portes de ce pouvoir auquel elle aspire de tout son être.
Secondée par Carlos et sa milice privée, elle finira par percer les mystères de la disparition du Comendador.
Et là, surprises et rebondissements font se bousculer et dynamiter un scénario où les seuls instants de calme sont finalement les libations et luxures de Don Juan !
Une lutte sans merci s'engage ainsi dans ce 3e acte entre les "meilleurs ennemis de Flot". contre les actions terroristes d'un côté et la montée en puissance de l'image de Don Juan de l'autre.

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026
Mais désormais, à l'abord du tome 3, chacun sait où et comment il est retenu. Les fondements qui ont régi la cité depuis des siècles sont sur le point de s'effondrer ... Chacun va alors devoir choisir son camp pour un 3e acte explosif.
Dans tout ce chamboulement à venir, Don Juan reste Don Juan et se complaint dans sa luxure, ses excès et son indifférence à mener ouvertement une rébellion.
"Je ne suis pas un chef, Tisbea. Vraiment, si tu penses le contraire, tu n'as rien compris à mon message. les habitants de Flot sont libres. Je ne suis qu'un exemple."
La ville est secouée entre attentats et annonces apaisantes. Pourtant c'est bien l'atmosphère d'une fin d'ère qui se répand jusque dans les coins les plus sombres de la Cité ! Alliances et trahisons risqueraient de s'enchaîner.
Et que se passera-t-il si le Comendador réapparaissait ?
Chaque protagoniste joue ses dernières cartes pour l'emporter ... Ambitions personnelles ou idéologiques, que feront Doña Laura, Don Juan, et les acteurs de cette pièce ?
L'Abuseur sera-t-il abusé à son tour ?

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026
Une tragi-comédie envoutante qui mêle adroitement réflexion sociétale, intrigues amoureuses et politiques dans les références subtiles à la pièce de théâtre originale.
Isabelle Bauthian créé un monde où chacun s'insurge afin de pouvoir être ce qu'il veut être et cela sans se plier aux contraintes de la société dans laquelle il vit.
Deux visions d'organisation sociale qui ont pour but "le bonheur de chacun" mais par des moyens et procédés différents !
"Je sais ce qu'il en coûte de gouverner une cité. les sacrifices, les compromis et la frustration. cette foule béate face à tes démonstrations de puissance, qui te traîne dans la boue au moindre signe de faiblesse. [...]
Je me battrai pour ces imbéciles. je me battrai malgré eux."
Jonglant avec des caractères forts, les protagonistes ont souvent des motivations nuancées et variées mais crédibles aux yeux du lecteur.

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026
Exploiter des thèmes aussi variés que la liberté individuelle et ses limites, l'exercice du pouvoir jusque dans ses dérives, les ambitions des uns et des autres face aux événements, ... Isabelle Bauthian rafraichit élégamment cette étude sociétale du XVIIe siècle, un despotisme éclairé avant l'heure !
" - Ce sont tous "nos candidats".
- Plus ou moins et ne sois pas hypocrite. Nous avons décidé ensemble d'attendre que les citoyens de Flot soient prêts pour leur confier les rênes du gouvernements. Tu sais aussi bien que moi ... que la liberté se mérite."
Sans oublier une approche plus ciblée du mythe de Don Juan avec la recherche et l'acceptation de soi, son identité personnelle ... et surtout ce qui fait la substantifique moëlle de ce personnage légendaire : son don pour la manipulation et la séduction, allant jusqu'à imposer à chacun de confronter ses idéaux avec la dure réalité qui nous entoure.
Bref une réécriture inventive, originale et rafraîchissante d'une œuvre littéraire mythique, rythmée par des retournements de situation et des révélations inattendues. L'ensemble nous scotche dans un dessin agréable, élégant, réhaussé de couleurs vives.
Rebecca Morse excelle aussi bien dans les décors que les personnages, leurs postures et leurs expressions faciales. La cité, sous son trait, déborde de vie et d'atmosphère à la fois moyenâgeuse et baroque dans ces architectures. Ses cadrages sont et restent efficaces pour souligner idéalement l'action et le rythme du récit.

© Bauthian - Morse - Vial - Drakoo 2026
Un duo qui s'entend, une fois encore (après leurs collaborations sur "Dragon & poissons", "Freaks Squeele", "Midnight Tales" ) à merveille pour transmettre toute l'énergie d'un scénario palpitant dans une mise en page virevoltante.
Le rideau tombe ainsi sur cette trilogie fantasy qui a admirablement dépoussiérer le Don Juan original tout en en conservant son esprit libertaire.
Et n'oubliez pas :
"Aucune société n'est immuable !"
Thierry Ligot
PS : à noter que les 3 tomes existent déjà dans un écrin dont la couverture est de toute beauté !
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Série : Don Juan des Flots
Scénario : Isabelle Bauthian
Dessin : Rebecca Morse
Couleurs : Nicolas Vial
Éditeur : Bamboo
Collection : Drakoo
Genre : fantasy, aventure, politique, réinterprétation littéraire
Public : plutôt ado - adulte
Format : 24,3 x 32 cm
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Tome : 1 - Acte 1, L'Abuseur
Pages : 48
Parution : 28 mai 2025
ISBN : 978 2 3823 3026 5
Prix : 14,9 €
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Tome : 2 - Acte 2, Petites Tragédies
Pages : 48
Parution : 7 janvier 2026
ISBN : 978 2 3823 3142 2
Prix : 14,9 €
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Tome : 3 - Acte 3, Le Festin de Bois
Pages : 56
Parution : 27 mai 2026
ISBN : 978 2 3823 3306 8
Prix : 15,9 €
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Ecrin 1 à 3
Parution : 27 mai 2026
ISBN : 978 2 3823 3408 9
Prix : 44,7 €
"Les vrais héros ne sont pas ceux qui reviennent ! Les vrais héros sont restés là-bas !"
Telles sont les paroles d'un jeune gars, parti à la guerre par patriotisme, entraîné par la fureur des combats à réaliser des exploits au point de s'interroger lui-même sur les raisons qui le poussent à l'action ! Et finalement, sentir le "costume " de héros adulé comme un poids trop lourd à porter seul !
Après "Albert Roche" et "Johnny Clem", "Audie Murphy", ce héros de guerre, oublié du grand public, est le 3e opus de cette collection chez Grand Angle.
Philippe Peleaz semble structurer sa narration autour de 2 grands axes : la trajectoire historique d'Audie et la déconstruction de son mythe.
© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026
Porté volontaire avant l'âge, suite au choc provoqué par le désastre de Pearl Harbour, il participe vaillamment aux campagnes de Sicile, d'Italie, de France, ... Il y accomplit une série d'actes, parfois perçus comme suicidaires, qui feront de lui le "héros national" par excellence.
" - Tu prends le bus ce soir pour Camp Wolters, compagnie D, 4e section, 59e bataillon. Après quelques semaines d'entraînement, tu recevras ton affectation. Et n'oublie jamais que l'infanterie est le cœur de l'armée.
Ah encore une chose : il faut que tu signes une police d'assurance avec ta sœur comme bénéficiaire, au cas où il t'arriverait malheur !
- Rassurez-vous sergent : je n'ai aucune intention de mourir."
Il est ainsi tout à fait logique de le voir alors approcher par le cinéma. Dans les années '50, tournant dans des films d'action, des westerns, il y gagnera rapidement des fortunes ... qu'il reperdra tout aussi rapidement aux jeux et dans d'autres démons.
Ne pouvant trouver la "paix de l'âme" dans cette course effrénée vers l'oubli, il s'engagera alors dans le combat de la reconnaissance de ce qui s'appellera plus tard le "stress post-traumatique".
© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026
Loin d'en réaliser une glorification du héros de guerre tel que nous l'ont longtemps servi certains films de guerre de l'époque, cet album explore plutôt son côté humaniste, la fracture intime qui déchire Audie Murphy. Entre le soldat reconnu pour sa bravoure, le plus décoré de la Seconde Guerre Mondiale, et l'homme qui ensuite devra vivre avec ce passé et les traumatismes qui s'en suivront, nous découvrons un homme rongé par le remord et la culpabilité d'être lui revenu alors que tant de ses camarades y sont restés !
Engagé volontaire jeune, lancé dans un conflit violent, puis remis à la vie civile sans réel préparation, Audie Murphy est en réalité un homme complexe. Brisé par son vécu, sa légende militaire lui impose de masquer et taire sa véritable nature, son immense fragilité une fois la guerre achevée. Solitaire dans ce "combat" intérieur, Philippe Pelaez ne le rend que plus humain et fragile.
© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026
Un récit introspectif saisissant, d'un héros quasi malgré lui et qui luttera ensuite pour se faire reconnaître pour ce qu'il est devenu par la force des événements : un homme brisé par la guerre et qui ne peut s'en remettre à force de perpétuellement "voir" devant ses yeux les visages des ennemis qu'il a tués et ceux de ses camarades qui ne sont pas revenus !
"- Audie, arrête ça, bon dieu !!!
- Je les vois, bon sang, je les vois !!!
- Mais qui, Audie ? Qui vois-tu ?
- Les hommes que j'ai tués et les copains qui n'ont pas eu ma chance, Lattie Tipton, Joe Siejanet les autres. Ceux qui sont restés là-bas. Ils me tendent mes médailles en me disant : "Tiens, surtout n'oublie pas ça, nigaud ! Tu as tiré le gros lot pour une journée de boulot à Holtwihr. Et tu as gagné un beau contrat à Hollywood ! ""
Cette dualité donne au récit une profondeur rare, pas souvent reprise dans les biographies militaires.
Cette sensation d'opposition entre les actes de bravoure et la fragilité après-guerre est clairement mise en évidence par le dessin d'Olivier Frasier.
Via son dessin réaliste, et sublimé par la palette de couleurs de Raphaël Bauduin, la violence des scènes de combat, notamment de la poche de Colmar, contraste avec l'intensité émotionnelle des scènes intimistes.
© Pelaez - Frasier - Bauduin - Grand Angle 2026
En définitive, l'alliance d'un scénario d'une grande délicatesse, d'un trait percutant et de couleurs subtilement maîtrisées, dosées fait de "Audie Murphy" un portrait bouleversant, peut-être l'un des plus justes et poignant jamais consacrés à un soldat brisé par la guerre.
Thierry Ligot
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Série : Héros de guerre
Tome : 3 - Audie Murphy
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Olivier Frasier
Couleurs : Raphaël Bauduin
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Thèmes : guerre, biographie, Seconde Guerre Mondiale, stress post-traumatique, héros
Public : tout
Parution : 8/4/2026
Pages : 64
Format : 24,3 x 32,1 cm
ISBN : 979 1 0411 1236 4
Prix : 16,9 €
"Je m'appelle Woan et je suis enfin libre ... libre de rejoindre mon clan. Je partageais ma liberté d'enfant avec mon meilleur ami Chatto.
Un jour comme un autre, nous sommes partis chasser ... lorsque la forêt devint malfaisante.
Comment oublier que j'ai détruit l'harmonie en provoquant Ours-Qui-Se-Tient-Debout ...
Un jour maudit ... qui a écrit mon destin ..."
Christian Rossi, maître du western en bande dessinée, revient avec Comanche Trail, une aventure née d’une faille narrative repérée dans Golden West. Il y approfondit son obsession pour la destinée tragique des peuples amérindiens, leur spiritualité et leur rapport au monde.
Loin d'être un novice dans le 9e Art, son parcours est exceptionnel, enrichi par des rencontres qui l'ont été tout autant. Comment ne pas être imprégné par le talent et l'esprit d'auteurs tels Jijé, Giraud ou encore Jean-Michel Charlier !
De chacun de ces grands maîtres, il a gardé un sens de la rigueur, de l'ouverture d'esprit, de la curiosité intellectuelle tout azimut, de la gestion documentaire et surtout de l'humanité dans la conception de ses récits. Ses techniques et innovations graphiques en sont également les fruits "artistiques".
Tout cela, il l'a ainsi concrétisé dans ses propres albums et séries : Jim Cutlass, W.E.S.T., Go West Young man, Golden West, Le Cœur des Amazones.
Ne se décrit-il pas parfois comme étant un "éternel débutant" ! Pour rappel, il est né en 1954 !

© Rossi - Casterman 2026
Pour en revenir à cette sortie, il s'agit donc ici d'une sorte de "complément" à son œuvre la plus personnelle, Golden West.
C'est en effet en le relisant qu'il imagine une possibilité d'inclure dans une scène une seconde aventure. Ce sera Comanche Trail !
Le périple d'un jeune Apache qui, après une longue période de bannissement, peut enfin rentrer chez les siens. Pourtant celui-ci est semé d'embûches ... un ours à nouveau, la perte de ses broncos, la soif et la haine d'un petit groupes d'Apaches Coyotero, ... Une nouvelle fuite vers ... ?
Ailleurs dans la plaine, un autre drame se prépare. Un petit clan de mescaleros, échappé d'une réserve, mené par leur shaman, cherche refuge dans la tribu comanche des Numunus. Des liens les unissent. En effet, Petal, sœur de Kohonay, Omsky et de Helshoni, a épousé le chef comanche Quanah.
Or ce dernier leur annonce que Petal l'a déshonoré en le trompant. Comme "punition", elle a été sauvagement mutilée au visage ! Elle est désormais la honte de la tribu et maltraitée par tous !
Néanmoins, la vérité est tout autre. Et en l'apprenant, sa famille ne peut supporter l'injustice dont elle est victime. Sentant leur propre sécurité en danger, ils décident de fuir en emmenant Petal !

© Rossi - Casterman 2026
Quanah ne pouvant à son tour supporter cette insulte et cette fuite, se lance avec ses guerriers à la poursuite des fuyards afin de récupérer son "bien" et d'exterminer le petit clan apache.
Au cours de cette fuite, ce dernier croise la route de Woan, qui bien involontairement se retrouve mêlé au conflit.
Le retour de Woan ne se fera donc pas sans difficulté. Le destin n'a visiblement pas fini de jouer avec lui.
Maudit il a été, maudit il l'est toujours. Du moins, le pense-t-il.
Dès lors, rongé par le doute et la crainte, il ne peut qu'imaginer être lui-même la source du malheur de ceux qui l'entourent.
"J'ai la terrible impression d'apporter le mauvais œil, d'être toujours maudit ... mais je garde mes doutes pour moi. Si je veux les épargner, je dois les quitter, les quitter et ne plus la revoir."
Sa rencontre avec Petal sera décisive.
Sur cette voie censée laver l'honneur de Petal, bien des choses étranges, telle la puissance des sentiments ou encore les mystères de la magie, vont s'ouvrir au jeune guerrier apache.
"- C'en est fini de la fuite, nous affronterons Quanah et nous lui prouverons notre bravoure.
- Woan, mon cœur se réjouit de t'avoir rencontré. Tu m'as redonné confiance, Usen a été bienveillant. Tu es son messager.
- Quoi qu'il arrive, jamais je ne t'abandonnerai.
- Woan ... j'ai beau être ... je suis toujours une femme avec ses désirs ...
- Reste en vie, Petal."
Un récit débuté sur un double théâtre qui finiront par se croiser, se mêler, se confondre et à aboutir à un final digne d'une véritable tragédie racinienne !
Impossible de ne pas y ressentir la dimension spirituelle, ce côté à la fois croyance naturelle et magie qui lui confère une réelle aura "bienfaisante".
© Rossi - Casterman 2026
Côté graphisme, cette volonté de ne jamais s'arrêter à un style déterminé se retrouve à nouveau dans cet album. Christian Rossi à l'âme d'un éternel explorateur en mêlant nouvelles techniques, nouvelles influences et surtout nouvelles émotions graphiques. Son travail s'apparente à un atelier d'expérimentation visuelle constant. Jamais pleinement satisfait sitôt le dessin achevé, il cherche à redéfinir différemment ses styles.
C'est ainsi que "Comanche Trail" est du pur "Christian Rossi" sans en n'être que du "Christian Rossi".
Dans le plus pur esprit d'un Frank Pé, d'un Hermann !
Ou pour faire référence à un dessinateur, heureusement encore parmi nous, un Jean-François Charles dans ses derniers one-shot !

© Rossi - Casterman 2026
Ce second tome, plus basé sur la destinée crépusculaire des Indiens, n'a cependant probablement pas fait le tour de la question. Il y a encore de la matière à développer, ce qui pourrait, d'après Christian Rossi lui-même, amener éventuellement à un 3e et dernier tome ! Nous ne pouvons que l'espérer !
Pour les plus collectionneurs d'entre vous, un tirage de tête paraîtra en septembre prochain. En 144 pages au format 28,5 x 38,5 cm, vous pourrez admirer le lavis préparatoire à la mise en couleur définitive de l'album, 1 ex-libris numéroté et signé, une préface du maître himself, ainsi qu'une vingtaine de pages d'œuvres jamais publiées reprenant des études de personnages, des peintures et des aquarelles.
Le tout "grand luxe", sur papier Condat mat 200 gr, imprimé en encre HUV, dos toilé avec marquage à chaud !
150 exemplaires seulement ... il ne s'agira pas de traîner pour se le procurer ... chez "Éditions i". Pour la modique somme de ... 249 € !
Mais comme le dit le dicton, "quand on aime, on ne compte pas !"
Quoiqu'il en soit, "Comanche Trail" sera un indispensable western indien et humaniste qui a toute sa place dans votre bibliothèque !
Thierry Ligot
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Titre : Comanche Trail
Scénario - dessin - couleurs : Christian Rossi
Éditeur : Casterman
Genre : western
Thèmes : aventure, magie, nature, pouvoir, société, Etats-Unis
Public : tout
Parution : 20/05/2026
Pages : 128
Format : 25 x 34 cm
ISBN : 978 2 2032 8413 5
Prix : 30 €
"Moscou, mars 1991,
En peu de mois, tout cela a été balayé. Les nouveaux héros, les banquiers et les top-modèles, ont imposé leur domination et les principes sur lesquels était fonde l'existence de trois cents millions d'habitants de l'URSS ont été renversés. Ils avaient grandi dans une patrie et se retrouvaient soudain dans un supermarché.
Mon père voulait que je devienne diplomate. Il me voyait déjà dans un salon de Vienne ou de Paris, occupé à disséquer la littérature russe en compagnie de quelque vieil ambassadeur.
Ce que je voulais, moi, en revanche, c'était me débarrasser une fois pour toutes du monde des intentions, des devoirs et des projets. C'est pourquoi je me suis inscrit à l'Académie d'Art Dramatique de Moscou et j'ai commencé à vivre la vie désordonnée des théâtreux."
Ainsi débute l'adaptation BD du roman éponyme de Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (2022) !
Best-seller littéraire (Grand Prix du roman de l'Académie française), il a, l'an dernier, connu son adaptation cinématographique, avec Paul Dano, Jude Law et Alicia Vikander.
da Empoli dans sa narration mélange adroitement réalité historique et fiction afin de décrypter les mécanismes du pouvoir sous le règne du "Tsar" Vladimir Poutine !
Centré sur les confidences du personnage central, Vadim Baranov, ce dernier est largement inspiré de Vladislav Sourkov, la réelle éminence grise de Poutine. Il n'a d'ailleurs pas usurpé son surnom de "vizir" ou de "marionnettiste", notamment dans son rôle lors de la création de la "démocratie souveraine", à la sauce russe.

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
S'appuyant sur son passé de metteur en scène et de producteur au théâtre comme à la télévision, le héros s'évertue à transformer la vie politique russe en un spectacle permanent ... où la vérité devient ... comme dans toute bonne représentation ... malléable aux yeux du public ... et ici du monde !
"Que dirais-tu de cesser de créer des fictions ... pour commencer à créer la réalité ?"
Et même si il comprend immédiatement que "l'acteur" retenu ne sera pas aussi docile que cru, il va accepter de rentrer dans ce nouveau cirque ...
"Durant notre rencontre, il m'est apparu évident que Poutine ne serait pas homme à se laisser guider pas à pas tel que le lui suggérait Boris, et je n'eus pas longtemps à attendre pour voir mes doutes confirmés.'
Et il s'en accommodera parfaitement car au fond de lui, il ne croit en rien, n'est pas poussé par des envies d'enrichissements personnels ou d'appâts du gain. Non, son moteur à lui est "simplement" l'efficacité du chaos et du récit à offrir au peuple.
Mais face à Baranov, se dresse Ksenia. Elle est le contrepoint humain et émotionnel au cynisme politique de son amant. Elle ramène sur terre celui pour qui tout ne serait que "variables prévisibles" ! Pour elle, l'imprévisible reste dans l'intimité et la liberté vue par chacun.

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
Œuvre à double face, Luc Jacamon réussit à scénariser ce roman pour lui conserver à la fois son visage politique et sa chronique sur la montée en force puis la main mise sur le pouvoir par Vladimir Poutine dans la Russie post-soviétique.
L'une des grandes qualités de cet album est de tenter de transposer toute l'intensité du roman, ses monologues et réflexions dans une mise en page captivante respectant néanmoins la froideur quasi cliniques des personnages et du Kremlin. Exercice pas évident ... et qui laisse parfois sur le côté une certaine dimension philosophique sur la "démocratie souveraine" voulue par le Tsar ! Nous y retrouvons les principaux moments clés : l'instrumentalisation de la guerre en Tchétchénie pour arriver au pouvoir, la perte du sous-marin Koursk, la prise de le Crimée, le déclenchement de la guerre en Ukraine, sans oublier l'ascension puis la mise au pas des oligarques, tel Boris Berezovsky, Mikhaïl Khodorkovski, Evgueni Prigojine, ...
Une succession d'événements mais sans trop rentrer dans les détails ...
Cela peut néanmoins se comprendre par l'impératif du nombre de pages ! 140, ce qui est déjà assez conséquent !

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
Le parallèle avec la série "Le Tueur" est dès lors plus qu'intéressant. Pour utiliser un terme à la mode, je dirais que le choix de Jacamon pour cette adaptation est presque "méta". Dessinateur habitué aux tueurs à gages et aux ambiances de polars sombres, il excelle dans les univers froids, tendus, dominés par des personnages calculateurs et détachés émotionnellement. Son style réaliste donne ici beaucoup de crédibilité au récit.
C'est ainsi qu'il réussit ici largement à prodiguer à l'album cette atmosphère froide et lourde, sans faille, ni sentiment que nous retrouvons dans la politique russe ... et de Poutine en particulier. Luc la traite comme une série de contrats et d'exécutions (parfois littérales, souvent symboliques).
En 144 planches superbes, nous sommes immergés dans le spectacle du pouvoir. Pourtant, une question pourrait demeurer : quel était le réel "moteur" idéologique de Baranov ... Sourkov ?
Est-ce finalement son paradoxe : un metteur en scène qui, à force de tout transformer en décor de théâtre, finit par vider la politique de son sens.
"Au milieu de tous ces changements, nous ne sommes pas entraînés à distinguer les choses qui restent les mêmes ... Les choses qui ne changent pas sont presque toujours les plus importantes."
Autre qualité indiscutable de cette album, la réussite de Luc à dessiner admirablement les décors. Qu'ils soient enneigés ou non, ils apportent à l'ensemble de la narration ce petit plus qui la rend effroyablement efficace. Ceci à un tel point que le texte passe parfois au second plan !

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
A la fois, thriller politique et réflexion sur le cynisme du pouvoir de Poutine, cet album nous permet probablement de mieux appréhender la "substantifique moëlle" qui guide la géopolitique russe d'aujourd'hui.
'Poutine est un Tchékiste, Vadia : de la race la plus féroce, celle qui ne fume ni ne boit ! Ce sont les pires, parce qu'ils cultivent les vices les plus cachés. Il mettra la Russie aux fers."
Thierry Ligot
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Titre : Le Mage du Kremlin
D'après : le roman éponyme de Giuliano da Empoli
Dessin, couleurs et adaptation : Luc Jacamon
Collaboration au scénario : Théa da Empoli
Éditeur : Casterman
Genre : thriller géopolitique, biographie, histoire
Thèmes : politique, Russie, pouvoir, Poutine, littérature
Public : au-dessus de 14 ans
Parution : 29 avril 2026
Pages : 144
Format : 18,4 x 26 cm
ISBN : 978 2 2032 9662 6
Prix : 24 €
Oooooh mais qu'arrive-t-il à Paillasson, notre petit choupisson ?
"POUM ! POUM !
- Choup ! C'est toi qui fait poum poum ?
- Moi ? Nan ...
POUM ! POUM !
- Ha ! Tu vois, c'est toi qui fais poum poum ! "
Serait-il malade ? Aurait-il un souci ? Il ne sait pas ... Il n'a jamais connu ça !
Mais heureusement, il n'est pas seul. Son inséparable ami le Ver a une réponse toute simple, naturelle et ... tellement mignonne !
Choupisson a croisé une petite choupissone et son petit cœur s'est mis à battre la chamade.
Mais alors, comment se faire remarquer d'elle ? Comment attirer son attention ? Surtout quand on est timide, réservé et encore plus timide que cela !
D'ailleurs, ne préfère-t-elle pas un hérisson aux pics bien plus pointues ?
"Eh bien ... je crois qu'elle préfère les choupissons avec des piquants sur la tête ..."
Est-ce l'apparence qui compte ?

© Périmony - Éditions de la Gouttière 2026
La balade du petit hérisson au cœur d'artichaut risque d'être à nouveau fort instructive.
La rencontre avec Serge, la taupe, coiffeur de son état, lui apportera-t-elle la solution ? Il dispose d'un grand peigne pour cela. Une idée décoiffante n'est-il pas vrai ?
Cependant un doute persiste ... serait-ce suffisant ?
Paillasson a des doutes, des inquiétudes ... Il n'a jamais été amoureux ! Il va devoir apprendre à se faire confiance !
Et comment font les vers au fait ? Ils sont tout nus, sans pic ni rien d'autre !
"Eh bien, un vers peut être charmé par d'autres détails. Et ça ne passe pas forcément par le physique ou les piques. [...]
Mon espèce doit prendre le temps de se connaître avant de pouvoir se reconnaître. Ce qui nous évite de nous arrêter bêtement aux apparences ..."
Voilà une journée bien chargée pour notre petit hérisson à bouclettes si choupignon ...

© Périmony - Éditions de la Gouttière 2026
David Périmony poursuit ainsi les aventures de nos petits amis entre champs et prairies.
Après celle du matin dans le tome 1 et celle de l'après-midi du tome 2, la journée ne va donc pas tarder à se finir. Elle aura été bien chargée en découvertes et nouveautés.
Une trilogie remplie d'humour, de sagesse, de tendresse et de douceur qui se lit dans n'importe quel ordre.
A la fois initiatique et amusante, cette série a également le mérite d'être pleine de poésie. Comment ne pas fondre devant de tels héros ?

© Périmony - Éditions de la Gouttière 2026
A partir de 5 ans, nos bambins adoreront les péripéties de ce petit hérisson si sensible, attendrissant par sa naïveté et sa gentillesse.
Entre émotions troublantes, amours naissants, amitié sincère, nous nous amusons de ses premiers émois maladroits.
Tout comme pour les 2 tomes précédents, nous y trouvons une belle leçon de vie, un message d'ouverture et d'acceptation de soi ... ou de l'autre.
Le dessin expressif et les couleurs pastelles restent toujours aussi doux et apaisants ... à l'image du scénario somme toute.
Un joli album, au format à l'italienne, une lecture qui enchantera donc petits (qui écoutent) et grands (qui lisent) pour un agréable moment de tendresse.
Thierry Ligot
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Série : Choupisson
Tome : 3 - Cœur d'artichaut
Scénario, dessin & couleurs : David Périmony
Éditeur : Les Éditions de la Gouttière
Public : à partir de 5 ans
Parution : 20 mars 2026
Pages : 40
Format : 23,9 x 17,5 cm
ISBN : 978 2 35796 151 7
Prix : 10,7 €
"- Si tu ne veux pas finir comme Rupert, tu vides la caisse, sinon je t'éventre comme un poisson !
- On n'éventre pas un poisson, on le vide, chef !
- TA GUEULE !! De toute façon, j'peux pas blairer les animaux !"
Ce one-shot de western humoristique met en scène Kentucky T. McBride, voleur et chasseur de primes à la fois. Aussi cupide que sans scrupules, il est prêt à trahir et éliminer ses complices pour s’enrichir. La preuve, après le braquage de la banque d'un bled perdu, Yellow Fork, il s’y improvise shérif pour poursuivre ses anciens associés en fuite. Il les retrouve et les bute sans états d'âme ! Il empoche ainsi le butin (qu'il ne rend évidemment pas à la banque), la prime pour les 2 ex-complices refroidis et s'engage à retrouver le 3e en fuite ! Donc lui, finalement !
Il sera "Le Bandit" !
"Ce n'est que le début de l'histoire. Vous allez voir la suite n'est pas mal non plus ..."
Il part ainsi jusqu’au Mexique où il sera entraîné dans une aventure des plus chaotiques.
Là, il croise des personnages hautes en couleur.
D'abord, Dolorès Cordora de Sandoval, une redoutable chasseuse de primes accompagnée d’un dogue allemand carnassier, Tortilla !
"C'est extraordinaire, un chien. Ça comprend tout, même les sifflements ! J'en ai plusieurs pour Tortilla : un long, un plus musical, un autre bref, pour l'appeler ... J'en ai aussi un très strident, et si je l'émets ce sifflement strident, Tortilla, il te mange les cojones."
Efficace et susceptible, elle joue aussi bien du pistolet que du couteau !
Elle sera "La Belle".

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026
Ensemble, ils retrouvent Cleveland Kirtley, un nain un rien grincheux, recherché par les autorités mexicaines pour avoir dérobé au président Benito Juârez 1 millions de dollars ! Il faut savoir que ce dernier l'avait lui-même "conservé" du trésor volé aux Français et remis ensuite "partiellement" au gouvernement mexicain ! Un petit "pourboire" en somme !
Cleveland a planqué cet argent et la clé pour le retrouver est une biquette qui l'accompagne depuis 2 ans ! Une chèvre étonnamment maligne au caractère bien trempé.
Seul "hic", en 2 ans, la grange abandonnée sous laquelle il a caché l'argent a été remplacée par ... une banque ! Contre sa liberté, il propose aux 2 chasseurs de primes un part du magot !
Il sera "Le Nain" et sa chèvre "La Bête" !
Contraint de collaborer avec ces individus qu’il méprise, McBride, qui déteste les animaux, se retrouve plongé dans une course-poursuite absurde et explosive.

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026
Signée par Philippe Pelaez, dessinée et mise en couleurs par Sébastien Corbet, l’œuvre est une parodie dynamique et un hommage aux westerns spaghetti de Sergio Leone et Sergio Corbucci. Nous pourrions même y ajouter quelques grammes de plomb à la Tarantino !
Elle mêle humour burlesque et noir, action avec de nombreuses références cinématographiques, voire BD.
Comment ne pas y voir les allusions, à peine voilées, à des monuments comme "Le Bon, la Brute et le Truand" ou encore "Pour quelques dollars de plus", à moins que ce ne soit "Django".
"- Dis donc, toi ! Tu sais que tu as la tête de quelqu'un qui vaut 1.000 pesos ?
- Oui, mais toi, tu n'as pas la tête de celui qui les encaissera ... Allez, amigo, recule ..."
Et dire que ce "amigo" s'appelle "Tuco" !!!
Tout comme le nom de l'hôtel ...
"Le Lotus Bleu ? Quel genre d'hôtel peut s'appeler comme ça ... ?"
Probablement un hôtel où le tenancier joue du sabre !

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026
Philippe Pelaez nous enchante à nouveau par un scénario original. Nous prouvant qu'il est toujours aussi à l'aise dans le sérieux que le léger, il nous invente dans les méandres zygomatiques de son imagination débordante.
Le trait semi-réaliste de Sébastien Corbet est une fois de plus parfait. Quittant son registre traditionnel plutôt "historique" (La grande Histoire de Caen / Au nom du fils - Dans l'enfer de la prison de San Pedro - ...), il ajoute ainsi la corde ... (le crayon pardon !), humoristique, caricaturale à sa palette.

© Pelaez - Corbet - Grand Angle 2026
En bref : une BD de 110 pages, drôle, rythmée et inventive, portée par des personnages excentriques sur un ton résolument déjanté.
Pour peu, nous aurions pas dit "non" à une suite ... une poursuite de ... (lisez ce tome pour savoir qui !)
Thierry Ligot
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Titre : Son of a Gun
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin & couleurs : Sébastien Corber
Éditeur : Bamboo
Genre : western spaghetti, humour noir, aventure
Public : tout
Parution : 14/01/2026
Pages : 120
Format : 22,2 x 29,9 cm
ISBN : 979 1 0411 0776 6
Prix : 19,9 €
"Je m'appelle Prométhée Foiemangé. Je viens ici pour représenter Titan Universal Entreprises, société anonyme multinationale ... pour vous annoncer le début d'une nouvelle ère pour Chagrin-sur-mer. Il s'agit de la Nouvelle Arcadie. Grâce à la Nouvelle Arcadie, vous les Chagrinois, n'aurez plus à émigrer pour chercher du travail, et de la richesse.
C'est la richesse qui viendra à vous."
Ainsi débute la mission de ce jeune employé, nouvellement engagé dans cette multinationale. Il devra convaincre tous les habitants de Chagrin-sur-mer, petit village perdu en bord de Méditerranée, de vendre leur terre afin qu'on y construise un nouveau complexe touristique luxueux méga-gigantesque.
Si du côté des villageois, cela ils semblent facilement manipulables, il en est autrement du plus gros propriétaire terrien du coin : la famille Nomdedieu !
Il faut avouer que cette dernière est bien particulière. Entre le "patron", la Mama, le Loup de mer, l'Intello, le Bricoleur, ... une smala qui n'a pas l'air de se soucier beaucoup de leur voisinage, les Chagrinois !

© Juanio Rodriguez J. - Grand Angle 2026
Prométhée va ainsi tout faire pour réussir sa mission, avec comme stratégie, celle de son patron :
"Il faudra convaincre les membres de cette famille un par un ... Diviser pour mieux régner !!!"
Mais voilà, pour y arriver, il faudra s'en approcher, les côtoyer, mieux les connaître ... et prendre le risque de s'y attacher !
Et à leur contact, le pauvre envoyé de Titan va prendre conscience d'une autre réalité !
Manœuvres sournoises, intrigues, exploitations des failles individuelles de chaque membre de cette famille Nomdedieu si "unie", Prométhée se verra contraint en fin de compte à choisir son camp !
"Je déteste cet homme qui cache une chose dans son cœur et en parle une atre."
(Homère)
Héros ou anti-héros, ce Prométhée-là verra peut-être sa rédemption arriver sans une punition éternelle !

© Juanio Rodriguez J. - Grand Angle 2026
Un synopsis absolument captivant et rafraîchissant que nous propose Juanio Rodriguez J.
Au fur et à mesure des pages se dessine une tragédie moderne aux accents mythologiques. Entre les promesse de la modernité urbanistique, des avantages liés au tourisme de masse et la quiétude, la sérénité de la tradition, la pérennité de la sagesse ancestrale, une véritable lutte s'engage faisant penser à la bétonisation des rivages, à l'artificialisation immobilière effrénée des côtes de la Méditerranée des années '60.
Les scènes cocasses se suivent à un rythme soutenu créant une surprenante magie mêlant intrigue immobilière et conflit familial masqué.
Rien n'est anodin dans ce récit, en commençant par la famille Nomdedieu. Car qui sont-ils réellement ? Un mélange de mythe et de fatalisme méditerranéen ? Une famille nombreuse, explosive, désordonnée, disparate, insouciante de la vie et du lendemain ? Dans leur excentricité, chacun paraît y tenir une place bien particulière. Un Patriarche qui craint l'oubli et la dislocation de sa famille ! Une Mama qui s'oublie pour le bien-être des autres au point de renier sa nature divine ! Des frères, sœurs et enfants avec des caractères bien trempés dans leur nonchalance ou leurs visions du monde !
Un panthéon divin à la retraite ?

© Juanio Rodriguez J. - Grand Angle 2026
Entre humour, leçon de sagesse et ironie, Juanio Rodriguez nous promène dans un décors ensoleillé paradisiaque sous une canicule estivale. Son dessin semi-réaliste, ses couleurs chaudes étouffantes font flotter sur ce récit une douce odeur d'éternité. Ses visages, leurs expressions traduisent merveilleusement le caractère de chacun des protagonistes.
Au gré des planches, certains clins d'œil se font pour telle ou telle peinture, visages de célébrité, ...
Sans oublier une touche de culture antique ...
Bercée, ici et là, par des citations de penseurs, philosophes et auteurs grecs classiques, notre lecture n'en est que plus amusante ... et instructive.
"Le plaisir de la fête doit être mesuré non pas par l'abondance de nourriture, mais par la réunion des amis et de la conversation."
(Cicéron, Proverbes)
Œuvre née d'un mélange de travail, de vécu, de souvenirs, de hasard, d'essais et d'erreurs, Juanio s'est légèrement inspiré du village de vacances de son enfance. Un village que tous pourrait reconnaître, noyé entre des paysages idylliques, la forêt d'un côté, la mer bleue de l'autre.
Un conte moderne, à la fois fable sociale, politique, mythologique, voire initiatique, il nous invite à une réflexion légère sur le tourisme de masse qui démarre par l'attrait d'une région, pour en faire un lieu de rêve qui finit par sa notoriété en un tourisme de masse destructeur ! Un contraste comme il en existe des dizaines, des centaines dans notre société : tradition que l'on veut sauvegarder dans une modernité offerte à toutes et tous. L'impossible rêve ! Une cuisine locale et ancestrale cannibalisée par l'obsession du plus grand nombre de pouvoir en jouir également !
"Le désir de dominer est une passion dévorante qui étouffe tout sentiment."
(Tacite, Annales)

© Juanio Rodriguez J. - Grand Angle 2026
Un one-shot à lire en gardant dans un coin de notre cerveau nos propres envies, nos propres idées pour les y confronter avec sagesse et lucidité !
Tout cela sous le regard amusé des dieux de l'Olympe qui parfois doivent bien pleurer de ce que l'homme a fait de leur terrain de jeu !
Thierry Ligot
PS : si l'envie vous prenait d'imaginer le personnage que vous joueriez dans cette comédie, suivez ce lien : ici
Et pour info, l'Arcadie est une utopie, une terre idyllique, pastorale et harmonieuse en grec !
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Titre : La Nouvelle Arcadie
Scénario - dessin - couleurs : Juanjo Rodriguez J.
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Public : tout
Genre : humour, satire sociale
Thème : urbanisation, mythologie
Parution : 28/1/2026
Pages : 152
Format : 22,2 x 29,9 cm
ISBN : 979 1 0411 0287 7
Prix : 23,9 €
"Voilà 13 nuits que, sitôt après le crépuscule, un brouillard rouge se lève sur la ville ... Un brouillard qui monte des entrailles de la capitale et se dissipe avant l'aube. [...]
L'Académie Alchimique Royale a déclaré que ce brouillard, pour mystérieux qu'il puisse être, ne présente aucun danger. Les Parisiens préfèrent néanmoins le craindre. Ils l'évitent et lui ont donné un nom ...
... L'Haleine du Diable."
Automne 1634, Paris, la peur s'est petit à petit installée sur la capitale de Louis XIII. Nul ne sait encore ce qu'est cette brume diabolique. Il y a bien quelques pistes ... Elle n'entre ni dans les églises, ni dans les maisons habitées, reste dans les quartiers bas de la ville, ...
Des silhouettes s'y devinent ... mais est-ce des "spectres" ?
Toute cette magie viendrait du Roi des Tombes. Mais quel est son but ? Son objectif ? Son dessein réel ?
Le Cardinal de Richelieu ne sait plus non plus à quel saint se vouer ... Peut-être qu'une messe précédée d'une procession avec les reliques de Sainte Geneviève pourra calmer le peuple quelques temps ?
Pour le reste, que l'Épéiste aille demander conseil à La Veuve !
Des derniers survivants du Zodiaque sortira la réponse !
La Veuve, L'Oiseleur, L'Épéiste ... 3 cartes de la même triade, la troisième. Mais sont-ils alliés pour autant ?
Gueule-de-Cuir n'a plus beaucoup de temps pour percer ces secrets et déjouer les complots qui semblent prendre de plus en plus de corps !

© Pevel - Créty - Maffre - Drakoo 2026
Malgré les circonstances, restant au service du Cardinal rouge, ce Batman du XVIIe siècle jouera son rôle jusqu'à l'ultime page.
Qui en sortira vainqueur ? Gueule-de-Cuir ? Le Cardinal ? Le Roi des Tombes ? Personne ? Ou simplement Nostradamus ?
La réponse se trouverait-elle dans la cave secrète de ce dernier ? A moins que ...
"- La salle de magie de Nostradamus ... Je la croyais perdue, ensevelie à jamais.
- Elle n'était que condamnée et oubliée, tout comme une partie du tunnel de l'ancien donjon du Louvre. C'est ce tunnel que le Roi des Tombes a rejoint depuis les caves de l'Hôtel des Loups.[...]
- Les aiguilles des horloges zodiacales sont désormais l'une et l'autre sur le signe du Diable. selon vous, à quoi devons-nous nous attendre ?
- J'ignore à quoi nous devons nous attendre, Monseigneur."

© Pevel - Créty - Maffre - Drakoo 2026
Pierre Pevel, maître-romancier es-fantasy, débute cet ultime opus par une page de rappel de ce qu'est le Zodiaque du Diable. Excellente idée qui nous permet de nous replonger aisément dans les arcanes du mystère. Si nous y ajoutons les 3 premières pages, conversation privée entre Richelieu et Gueule-de-Cuir, nous voici naturellement prêts pour la suite.
Un final aussi macabre qu'époustouflant. Entre l'âcre odeur du sang et de la mort, le héros va enfin rencontrer le Roi des Tombes pour un combat épique. Un duel entre les derniers rescapés du Zodiaque et l'âme, l'ombre protectrice de Paris.
Néanmoins, le dénouement pourrait décevoir certains lecteurs, le trouvant peut-être trop rapide, voire légèrement simpliste !
Le carnet de l'Épéiste, lui, reste des plus prenant, captivant à sa lecture. Ce sera cette fois l'histoire d'Elise, dit Lisa.
Ouvrant d'éventuels suites ou possibilités d'exploitation future, il y aurait largement de quoi conter ses aventures dans des tomes parallèles !
Donc ce 3e opus est-il réellement la fin de la série ?

© Pevel - Créty - Maffre - Drakoo 2026
Personnellement, et intimement, je serais bien partant pour un nouveau cycle ...
Stéphane Créty, au crayon, continue avec brio et talent à donner corps aux décors de ce Paris du XVIIe siècle.
Le rythme qu'il réussit à donner aux actions est quasi "cinématographique". Ses angles de vue sont vertigineux. Sa main mise sur la structure de la planche offre une cadence de lecture phénoménale.

© Pevel - Créty - Maffre - Drakoo 2026
Mais que serait cet excellent final sans une ambiance adéquate ? Les couleurs de Jérôme Maffre, fortement teintées de rouge et de teintes sombres, ne font dès lors qu'accentuer le côté "fin du monde" et "apocalypse" du récit.
Les ambiances nocturnes ou d'intérieure, dans une pièce éclairée par un foyer brûlant, les jeux d'ombre, les ciels, ... chaque case est chaude et intimiste.
En conséquence, une trilogie des plus saisissantes par son scénario, sa mise en dessin et en lumière ... nous a captivés. Le respect du rythme de parution a également été un atout au maintien de son intérêt.
A relire du premier tome sans hésitation.
Thierry Ligot
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Série : Gueule de Cuir
Titre : 3 - Le Roi des Tombes
Scénario : Pierre Pevel
Dessin : Stéphane Créty
Couleurs : Jérôme Maffre
Éditeur : Bamboo
Collection : Drakoo
Genre : fantasy - aventure - action
Thème : Histoire - ésotérisme - Paris XVIIe
Parution : 7/1/2026
Pages : 64
Format : 24,3 x 32,1 cm
ISBN : 978 2 3823 3333 4
Prix : 15,9 €
"- Mais ça va pas la tête ! Quel con ce mec !
- Qu'est-ce qui lui a pris ? Alors là, je ne comprends pas ! La classe, non ? Honnêtement. Mesdames, à la place de cette demoiselle, vous auriez été séduites par mon physique d'acteur américain ... n'est-ce pas ?"
Mais quel est donc le problème de Pierrot avec les filles, facteur de son village et Apollon dans sa tête ... ? Mais dans sa tête seulement car sa laideur n'a d'égale que sa certitude d'être le "tombeur de ces dames".
Il faut avouer qu'il n'a pas tout à fait tort ... si sa mère ne lui avait pas lancer un sort vaudou pour le convaincre de sa "beauté" ! Pour lui masquer à ses yeux sa véritable laideur !
C'est donc fort innocemment qu'il ne peut comprendre les râteaux sur râteaux qu'il se prend à chaque tentative de rendez-vous.
C'est vrai qu'il y a bien Lola, le mannequin de la boutique de lingerie, qui ne semble pas troublée ou offusquée par sa véritable apparence. Malheureusement, ce n'est qu'un mannequin !
"Ahhh ... Lola, Lola ! Heureusement que vous êtes là. Toujours fidèle, à m'attendre dans vos dessous affriolants. Chaque soir, je me présente à vous, le moral dans les chaussettes, mais je suis là, à vous déclarer ma flamme ... Je sais, Lola, qu'il ne vous manque pas grand-chose pour céder à mes avances. Juste une petite étincelle de vie ... peut-être que si je lui demandais, maman pourrait remédier à ça. Elle en est capable, vous savez ..."
Pour mieux comprendre ce qui lui arrive, il décide de profiter du pont du 14 juillet pour rentrer à la maison familiale, la dernière juste avant la forêt. C'est justement l'anniversaire de son père et il espère en profiter pour demander à sa mère quelques explications.

© Loisel - Djian - Tatti - Rue de Sèvres 2025
En effet, Yvette, sa maman adorée, semble posséder quelques pouvoirs vaudou. N'hésitant pas à avoir ressuscité, en un buste de pierre, son colonel de mari, infidèle et queutard, elle tient bien à s'en venger.
Elle a aussi "transformé" ses serviteurs en créatures surprenantes. Sa "ménagerie" comme elle l'appelle ! Parmi elle, Frimousse, petite "femme" hybride follement et maladivement amoureuse du fils de la maison ! Au moins une qui ... Mais ce n'est qu'une créature aux yeux de Pierrot et sa mère n'est pas fort d'accord avec cette relation un rien "spéciale".
Parmi les autres membres surprenants du personnel, Gildas Paterne, sorte de majordome noir, ramené d'Afrique pour le couple lors de ses lointains voyages coloniaux. Son rôle sera celui de centralisateur entre chaque acteur. Mais toujours au service de sa patronne !
Et que dire de ses "damoiselles" devenues plantes carnivores dans la serre de madame !
En gros, Yvette régente son petit monde en fonction de ses humeurs.
Et pour rendre l'ensemble plus complexe encore, le père est convaincu que son fils est un grand avocat, parcourant le monde pour tel ou tel grand procès.
"Heureusement que tu es là pour sauver l'honneur des de Cormolan. Ah fils, quelle fierté d'être le père du plus grand avocat du barreau de Paris."
Pourtant l'arrivée inopinée de Mimi, prostituée de son état et cadeau d'anniversaire pour le colonel, va venir troubler toute la quiétude du manoir des de Cormolan.
Il faut avouer que Mimi ressemble comme deux gouttes d'eau à ..., le ... de ...
A partir de ce moment-là, tout va partir en vrille. Pierrot, "son" amoureuse Frimousse, Mimi, la mère, ...
Les péripéties secondaires vont s'accumuler, s'entremêler au point de voir chaque protagoniste tout faire pour tenter de "garder la tête hors de l'eau".
Une famille de Cormolan à la fois exceptionnelle et unique, déjantée et classique dans sa structure !

© Loisel - Djian - Tatti - Rue de Sèvres 2025
Un régal que ce "La Dernière Maison juste avant la forêt".
A ce sujet, le titre pourrait nous rappeler un certain film d'horreur, celui de Wes Craven "La Dernière maison à gauche". Mais la ressemblance s'arrêtera quasi au titre. Bien que les deux se repaissent de quelques crimes plus gore les uns que les autres, un certain humour et un côté plus fantastique agrémentent ce scénario !

© Loisel - Djian - Tatti - Rue de Sèvres 2025
Voici donc Loisel de retour aux affaires ... au stylo, comme au crayon !
Avec son vieux comparse, ils nous offrent un scénario agréable, surprenant et bien ficelé ! Bien que souvent légèrement saugrenu, voire carrément loufoque et absurde, les coups de théâtre semblent amuser les 2 co-scénaristes.
Néanmoins, un récit peut-être un rien trop long ... diront certains.
Tous ces rebondissements farfelus en valaient-ils réellement la peine ? N'y avait-il pas moyen, pour éviter d'éventuellement lasser le lecteur, d'en rassembler quelques-uns ?
Au pire, il y avait matière à en faire 2 tomes !
Cependant, dans cette course effrénée, pas de temps mort ! Alors accrochez-vous, lecteur !
En y prêtant une attention particulière, les clins d'œil sont également nombreux à des œuvres littéraires, séries télévisées ou films ... Pour n'en citer qu'un ou deux, le suspicieux inspecteur Ratier, avec son chien ... Colombo ! Ou la tournée du facteur Pierrot qui fait bizarrement penser à une certaine scène de "Bienvenue chez les Ch'tis" !

© Loisel - Djian - Tatti - Rue de Sèvres 2025
Entre fantastique et humour noir, ce huis clos burlesque ne pourra que vous arracher quelques sourires. Est-ce l'effet de la magie vaudou d'Yvette ? Je ne sais ! Mais le ton de ce "conte" original mené avec brio par le duo ne laissera personne indifférent. Un peu comme l'arrivée de Mimi !
Le trait est du pur "Loisel", énergique, vivant, faisant la part belle aux visages et expressions. On y retrouve toute la laideur qu'il est capable de donner à ces personnages, tout en les rendant sympathiques. Les décors, notamment végétaux, et ambiances, qu'elles soient nocturnes ou feutrées, ... nous rappellent à quel point l'auteur de "Peter Pan" et "La Quête de l'Oiseau du temps" est un véritable maître du 9e Art.

© Loisel - Djian - Tatti - Rue de Sèvres 2025
Cet album, malgré sa longueur, a été un de mes coups de cœur de la fin 2025. Et vu la météo maussade et changeante actuellement, un brin de bonne humeur, d'humour noir dans un écrin joyeux n'est pas à refuser !
A lire ou relire avec une tisane bien chaude ou un bon grog.
Thierry Ligot
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Titre : La Dernière Maison juste avant la forêt
Scénario : Régis Loisel & Djian (Jean-Blaise Mitildjian)
Dessin : Régis Loisel
Couleurs : Bruno Tatti
Éditeur : Rue de Sèvres
Public : ado-adulte
Genre : fantastique - humour - satire
Parution : 19/11/2025
Pages : 168
Format : 25,5 x 34 cm
ISBN : 978 2 8102 0153 2
Prix : 35 €
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