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Nous sommes dimanche. Et comme tous les dimanches, Pilou, ses parents, ses tontons et tatas, les cousins-cousines, la sœur de Mémé et son compagnon, bref toute la famille se retrouve à Gaillac pour le traditionnel gigot dominical !
Tout ce petit monde tourne autour de Mémé en venant dîner tous les dimanches chez elle. Par gentillesse ? Par amour filiale ? Par ... Non, car elle commence à prendre de l'âge la Mémé, ce serait dommage de ne pas lui montrer qu'on "existe" et qu'on est là pour elle ! Surtout qu'elle a un secret : un trésor caché ... des Louis d'or qui feraient bien l'affaire de chacun dans son coin !
Alors, on y va, on se supporte les uns les autres en espérant découvrir quelques indices qui permettraient de mettre la main sur le magot ! Car elle va bien finir par en parler, par lâcher une piste ... par offrir une occasion de fouiller de fond en comble, de la cave au jardin son appartement ...
Mais Mémé a encore toute sa tête et aime bien le petit Pilou, le seul qui ne semble pas intéressé par l'argent ! Lui, il y va pour elle, pour sa Mémé ...
Et le dimanche va se passer comme tous les autres, de façon immuable ... gigot, petit tour au jardin, loto de village avec son cochon comme premier prix, match de rugby de l'équipe locale, ... plus quelques péripéties pour agrémenter cette "chasse au trésor" familial !

© Pelaez, Espé, Daniel, Bamboo 2024
Sous le couvert d'une gentille petite comique franchoullarde se cache, entre cases, une méchante satire sociale douce-amère et piquante du Français moyen de province des années '80. Le petit secret, à moitié légende "familiale" du trésor caché quelque part dans la maison ... ce fameux bas de laine que nos grands-parents gardaient "au cas où...", "pour un gros pépin ..." !
Le clivage classique de la famille typique. D'un côté, ceux de gauche, tout heureux de la victoire de Mitterrand à la présidentielle de '81, certains que tout va changer et aller pour un mieux. De l'autre, le petit bourgeois de droite pas encore remis entièrement du traumatisme de mai '68 (où si cela tombe, il était lui-même sur les "barricades" à jeter des pavés sur les CRS !), convaincu que désormais les Cocos sont aux portes de Paris.

© Pelaez, Espé, Daniel, Bamboo 2024
Entre eux, le fiston "méchant garçon", rebelle et blouson noir, fan de Renaud (mais qui ne fait peur qu'aux mouches, dans le genre "Laisse béton"), le tonton célibataire de 42 ans, légèrement dandy, "coureur de jupons" ... familiaux visiblement. Sans oublier, la gamine pré-ado mais qui jouerait bien à des petits jeux d'adulte avec les garçons du coin, style "Diabolo Menthe" !
La sœur de Mémé est également là, accompagnée de son vieux gigolo qui, avec sa bonne bouille, aurait pu jouer le rôle de Marius (Maurice Chevit) dans "Les Bronzés font du ski".
Un exquis petit tableau social de toute beauté ... chacun y a son rôle, sa place, nous pourrions presque dire ses stéréotypes !

© Pelaez, Espé, Daniel, Bamboo 2024
Bref, une savoureuse fable de notre époque où s'entre-mêlent, dans un terreau provincial, clichés et vérités, facéties et réalités, avarices et petits secrets, le tout sur un ton satirique léger.
Philippe Pelaez ne cesse donc de nous surprendre par l'étendue de son imagination débordante. Grand écart entre "Le Bossu de Montfaucon", "Furioso", "Hiver à l'Opéra", "Noir Horizon" et ceci ! Il nous prouve une fois encore, si ce n'était nécessaire, qu'il s'accommode parfaitement dans tous les registres scénaristiques, du thriller au dramatique, de l'historique à la parodie, de la fantasy à la comédie satirique. Un gigantesque bol d'air frais burlesque pour passer un agréable moment de lecture.

© Pelaez, Espé, Daniel, Bamboo 2024
Côté graphisme, nous restons clairement dans l'ambiance bon enfant du scénario par le trait magique d'Espé. Des personnages adorables et tellement "parlant" dans leur physique, leurs mimiques, expressifs à souhait. Une mise en image idéale, vivante, rythmée permettant au scénario de se dérouler, de débouler de page en page sans longueur ni ennui !
Quant à la mise en lumière de ce conte hilarant, Florent Daniel l'illumine de ses couleurs vives et lumineuses. Un régal visuel qui confère donc à l'ensemble son unicité de genre.
A lire et à savourer sans modération en ces temps pluvieux et maussade !
Thierry Ligot
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Titre : Le Gigot du dimanche
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Espé
Couleurs : Florent Daniel
Editeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
Genre : humour, société
Parution : 2/5/2024
Pages : 72
Format : 24,3 x 32,0 cm
ISBN : 978-2-8189-8784-1
Prix : 16,90 €
Juin, mois délicieux par excellence ou du moins sur papier !
Période vaste et amusante pour certains mais parfois pénible et laborieuse pour la grande majorité de nos "petites têtes blondes" et autres !
Voici donc venu l'heureux et douloureux temps des examens de fin d'année !
Si cela ne pose aucun problème (enfin nous l'espérons) pour la plupart, nos cancres y font en général triste mine.
Bien que l'un des deux plus célèbres d'entre eux s'en accommode parfaitement : Boulard et son éternelle dernière place du classement.
Mais au fait, a-t-il toujours été un cancre ?
Car voilà que tout autour de lui le replonge dans sa prime jeunesse : celle de ses 10 ans.
Son prof qui le compare à un gamin de 10 ans, son copain qui lui rappelle qu'ils se sont connus à cet âge-là, Madame Le Tellier, son ancienne institutrice qu'il croise dans le parc, ses parents à la maison qui regardent de vieux albums photos de cette période ...
Bref un enfer qui le pousse à y repenser également ... pour le plus grand bien de nos zygomatiques !

© Erroc - Stédo - Turconi - Bamboo 2024
Voici donc les réponses à cette question qui turlupine tous ses enseignants depuis des années. Ces dignes (et valeureux) professeurs de l'Éducation Nationale n'en ont pas fini de tenter de le cerner !
L'occasion également de revivre quelques moments "épiques" des débuts de sa scolarité mythique, dont sa rencontre avec Nintchinsky, avec notamment leurs premières visites au zoo ou encore au musée.
Mais 10 ans, c'est également l'âge des vacances chez mamie en Bretagne ... Quelques belles mésaventures avec celle qui aurait pu devenir l'amour de sa vie, Soazig et son goût pour la fuite ... aux Antilles à la rame !
Entre pitreries, boularderies, situations burlesques, le pauvre Thierry avait encore une grande espérance, à la veille de rentrer au collège, celle de ...
"J'aurai mon bac du premier coup !"

© Erroc - Stédo - Turconi - Bamboo 2024
En 48 pages, et presque autant de gags, une sacrée tranche de rire assurée ... pour tous. Aussi bien pour mes chers/chères collègues qui pourront se rassurer durant leurs corrections ("Oui, il peut y avoir pire que leurs propres élèves !") ... que nos élèves chéris ("Finalement, je ne suis pas un cas si désespéré que cela !) !
Cette plongée dans l'enfance de Boulard offre ainsi à Erroc une certaine bouffée d'air frais par des gags sortant du "carcan classique".

© Erroc - Stédo - Turconi - Bamboo 2024
Côté dessin, Stédo et Stefano Turconi ont su l'adapté à l'âge de leur cancre préféré ... Stédo gardant les planches "ado", Stefano prenant celles des "10 ans" par un style plus "rond".

© Erroc - Stédo - Turconi - Bamboo 2024
A dévorer sans bic rouge ni tip ex !
Thierry Ligot
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Série : Boulard
Tome : 10 - En mode 10 ans
Scénario : Erroc
Dessins : Stédo & Stefano Turconi
Éditeur : Bamboo
Genre : humour potache
Parution : 29 mai 2024
Pages : 48
Format : 21,6 x 29,4 cm
ISBN : 979-1-0411-0324-9
Prix : 11,90 €
Un paysage sauvage, désolé noyé dans une brume humide.
Dans ce relief montagneux, accidenté, une centurie de la 3e cohorte de la IXe Légion sous le commandement de Lucius avance péniblement ! Leur mission ? Tenter de convaincre Galam, puissant chef d'une tribu scot, de signer une alliance avec Rome, d'accepter la Pax Romana !
Avec le bruit infernal de leur marche, ils ne se font pas d'illusion. Cela fait longtemps que les Caledoni les ont repérés ... et les attendent !
L'embuscade est rapide, le choc est violent, sans pitié ! Rapidement, Lucius est forcé d'ordonner le repli. 15 morts, 5 blessés ... mais malgré ce désastre ... une prisonnière ! Leta, la fille de Galam !
Une prise de choix qui pourrait bien permettre à Lucius, qui a perdu la confiance de ses légionnaires, de forcer le destin en obligeant Galam à signer la Pax Romana.
Néanmoins ce dernier ne l'entend pas ainsi et est prêt à tout pour libérer sa fille ... y compris faire appel à ses alliés millénaires, les géants Fomôrés !
A force de persuasion et de patience, Lucius pense néanmoins avoir "conquis" la confiance de Leta.
Pourtant qui est le véritable "maître" dans ce jeu de dupes ?

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2024
Entre histoire et légendes, "Caledonia" nous plonge à la fois dans la conquête romaine de la Bretagne et les brumes de ses légendes, de sa mythologie.
Un savant dosage exaltant où il est difficile pour le lecteur de prendre parti pour tel ou tel protagoniste ... Lucius avec son honnêteté et sa volonté réelle de passer un accord juste avec Galam ou Leta avec sa haine de l'envahisseurs et son amour pour son peuple et sa liberté ?
Entre passion, haine, amour et trahisons, l'échiquier se cesse de se troubler incitant chacun à être "pion" ou "fou" à tour de rôle mais souvent sans le savoir réellement ! Cependant, ne serait-ce pas le "reine" qui mène la danse ? Romains ou Calédoniens ?
© Corbeyran - Despujol - Soleil 2024
Éric Corbeyran nous plonge dans cette atmosphère brumeuse où réalité et mythologie s'entrechoquent sur fond de conquêtes romaines. Comme à son habitude, il réussit à nous mener dans une direction pour finir ce premier tome par un rebondissement totalement inattendu ... prometteur d'un second opus sanglant !

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2024
Mais que serait cette intrigue palpitante sans le dessin vigoureux d'Emmanuel Despujol ? Son trait énergique, déjà apprécié dans "Sideshow" (Éditions Soleil) avec déjà Corbeyran au scénario, renforce le réalisme de l'ensemble, la dureté des combats et l'âpreté des échanges parfois entre Lucius, le geôlier et Leta, la prisonnière.
Un dessin mis en lumière par la palette de couleurs fort lumineuses utilisée par son épouse. Surprenant peut-être vu l'intrigue plutôt historico-fantastique mais qui malgré tout donne au trait ce regard agréable à lire sans écraser les dialogues.

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2024
Bref, ce subtil mélange d'Alix et de "Brigantus", avec une teinte future de "L'Aigle de la IXe Légion" (? à voir) promet une suite tout aussi passionnante.
Thierry Ligot
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Série : Caledonia
Tome : 1 - La IXe Légion
Scénario : Éric Corbeyran
Dessin : Emmanuel Despujol
Couleurs : Juliette Despujol
Editeur : Delcourt
Collection : Soleil
Parution : 15 mai 2024
Page : 56
Format : 23,3 x 32,3 x 1,1 cm
ISBN : 9782302095816
Prix : 15,5 €
"M'adapter ... Je n'aurais pas demandé mieux, moi ! Était-ce ma faute si le monde marchait à l'envers de ma logique ?"
Alan Turing ou quand le mérite s'efface, une fois l'ennemi vaincu, devant le puritanisme extrême d'une société aux œillères bien rigides !
En voici l'un des exemples le plus humainement abjecte de la Seconde guerre Mondiale. Alors que nous venons de fêter le 80e anniversaire du D-Day, Maxence Collin, François Rivière et Aleksi Cavaillez reviennent sur l'émouvante trajectoire vers le néant de l'homme qui à lui seul perça le secret d'Enigma ! La fabuleuse machine à cryptage nazie ! Son code était incassable et rendait impossible le déchiffrage des messages allemands !
© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024
70 ans après sa mort, ... son suicide, Alan Turing est et reste à la fois l'un des plus brillants cerveaux qui mena à la victoire des Alliés en 1945, et l'une des victimes d'une Angleterre ultraconservatrice appliquant strictement une loi (l'amendement Labouchere datant de 1885) condamnant l'homosexualité et ses mœurs "dissolues" !
Il y a peu, le remarquable film "Oppenheimer" nous faisait revivre le parcours complexe du "père de la bombe atomique" face à ses propres contradictions ... D'un côté avoir créer l'arme absolue, de l'autre, être "devenu la mort, le destructeur des mondes" ! D'un côté le scientifique pur, de l'autre l'homme "humain", sensible, amoureux de la poésie !

© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024
Le roman graphique de Collin, Rivière et Cavaillez retrace celui du père de la cryptoanalyse : Alan Turing ! Plus que le perceur d'Enigma, Alan Turing est considéré comme le précurseur de l'analyse par algorithme grâce à sa "machine de Turing". Lui qui perça les codes les plus inviolables ne réussit pas à vaincre celui de la morale de son époque !
Tout homme peut avoir une face sombre, cachée, voire "honteuse" ... ou plutôt jugée telle à certaines époques, en fonction de certaines valeurs morales du moment. Mais ici, prenant comme point de départ son procès pour mœurs en 1950, les auteurs mettent en avant le côté humain de ce génie, les dilemmes qui vont le déchirer à travers un récit émouvant, plein de flash-back, de poésie et de rêverie.

© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024
Au fur et à mesure de la lecture, le lecteur se sent clairement emporté dans les voluptés de cette passion scientifique côté face et sensuelle, amoureuse mais cachée côté pile.
François Rivière et Maxence Collin réussissent ainsi à nous faire suivre le parcours si héroïque mais désespérément culpabilisé de celui qui révolutionna l'approche de l'informatique. Après avoir craquer Enigma, jeter les bases de l'ordinateur moderne et de l'intelligence artificielle en plein développement aujourd'hui ... pour ne pas dire en pleine conquête de notre société, ce génie tourmenté finira par se suicider avec une pomme au cyanure à la veille de son 42e anniversaire !

© Rivière - Collin - Cavaillez - Casterman 2024
Roman en noir et blanc, dans une mise en page complètement éclatée et libérée de toute contrainte de cadrage, le dessin d'Aleksi Cavaillez est à l'image du personnage ... à la fois réaliste, sérieux et poétique, doux. Énormément de légèreté et de force dans le trait et les compositions de planches ! Un résultat qui les rend à la fois fort claires et visuellement agréables.
Un indispensable sur un rayon traitant des grands esprits du XXe siècle et de la Seconde Guerre Mondiale.
Thierry Ligot
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Titre : Alan Turing
Scénario : François Rivière - Maxence Collin
Dessin & couleurs : Aleksi Cavaillez
Editeur : Casterman
Parution : 15/5/2024
Page : 264
Format : 18 x 26 cm
ISBN : 978-2-203-08859-7
Prix : 28 €
Justice Rouge ! Justice Bleue ! Justice Vert ... Pistache ... pour être précis !
Oups sans oublier Jean-Putois, une arme fatale avec sa botte secrète, un pet puant de la mort !
Tremblez mécréants car les Justiciers de la Justice sont là ...
D'accord, ce serait plutôt Louna ... Lucas ... Léo ... et leur putois évidemment !
Fans de comics à la librairie de leur quartier, ils sont surtout victimes du harcèlement et du racket de 3 "grands". Leur solution ... devenir leurs super-héros ! Mais ils n'ont ni pouvoir, ni argent, ni gadgets, armures ou pistolasers à protons, ...
Pas grave, ils vont de se les inventer leur super-héros en s'inspirant de comment le sont devenus les Spiderman, Arrow, Hawkeye, Thor, les 4 Fantastiques, Daredevil, Wonder Woman, Flash, ... voire même certains Gaulois irréductibles !
Leur chemin sera long et périple, rempli d'embûches ... qui ressembleront souvent à ces 3 "grands" loubards ou aux conséquences de leurs maladresses !
Une quarantaine de pages comme un mode d'emploi, un parcours à suivre ... ou pas ! pour devenir le super-héros de vos rêves ! Et mettre les Avengers à la retraite !
Et attention voici du sérieux, du lourd, du hilarant de la première à la dernière page, leur véritable super-pouvoir est de nous plier en quatre en nous déboitant les mâchoires. Pas de risque de laisser nos zygomatiques s'ankyloser.

© Sti - Stivo - Bamboo Edition 2024
Sti s'en donne à cœur joie dans ce parcours du "comment devenir un super-héros reconnus en bonne trentaine d'étapes" ... au moins pour 3 "victimes en puissance". Ceci inclus évidemment les bobos et autres rencontres "malheureuses" qui vont avec !
Loin d'être les potaches de l'école, ces 3 copains le sont de l'aventure glorieuse. Ah oui, j'omets encore ce pauvre Jean-Raton ... non Jean-Putois ! Désolé ! Il faut avouer qu'il me rappellerait bien un personnage de "L'Âge de Cristal" ! Vous savez le gaffeur au long museau ? Des gags à la pelle et qui se suivent allègrement sans sentiment de répétition ou de forcing. On finit par avoir presque pitié de ces 3 potes devant tant de contretemps à atteindre leur but. Mais épaté par leur persévérance tout comme le pauvre Basile, le malheureux disciple, à constamment subir les extravagantes expériences de génie de son maître Léonard.

© Sti - Stivo - Bamboo Edition 2024
Côté graphisme, un brin de cartoon, un nuage d'Arthur de Pins, de Tébo, d'Humberto Ramos, de Maëster, un soupçon de Cauvin mode "Cédric", une bonne dose de talent personnel et nous trouvons un Stivo qui s'éclate à mettre en scène les extravagances de son scénariste.
Sti n'hésite plus à accentuer les expressions des visages et des mouvements. Son travail numérique permet une netteté extrême afin d'obtenir un résultat visuel époustouflant, bien dans l'air du temps de la BD jeunesse !
A ce sujet justement, une première collaboration entre Sti et Stivo qui rentre comme une fleur dans le catalogue de Bamboo Edition. En combinant le scénariste de "Les Profs" et le dessinateur de "Marvelouze", une association plus que gagnante !

© Sti - Stivo - Bamboo Edition 2024
Vivement la suite avec ... Devinez de quoi ont besoin des super-héros pour être encore plus reconnus et adulés ?
Thierry Ligot
Chronique du volume 2 : ici
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Série : Les Justiciers de la Justice
Tome : 1
Scénario : Sti
Dessins & couleurs : Stivo
Éditeur : Bamboo Edition
Public : jeunesse, enfant
Genre : humour
Sortie : 28 février 2024
Format : 29,4 x 21,8 x 1 cm
Page : 48
ISBN : 979-1-0411-0081-1
Prix : 11,9 €
La mort de Hang, l'un des 9 "Instruments", celui destiné à la fertilité, a bouleversé les relations entre les hommes et la Nature. Cette dernière y réagit violemment en déversant une coulée incessante d'une sève qui inonde plaines et forêts jusqu'à la mer. Toute vie biologique y est anéantie.
Koroth s'est joint à Solame, son frère Nathon, Valera, ... auteurs de l'agression de Hang. Ignorant les conséquences de leur acte, convaincus qu'ils ne pourront être identifiés, ils s'apprêtent à embarquer sur leur bateau, avec leur précieuse cargaison de sève de Hang, pour rentrer à Limeya. Arrivé là-bas, il devient cuisinier dans l'auberge de Solame.
Il y rencontre Fina, une chercheuse, qui tombe sous son charme. Elle espère analyser la sève de Hang et en découvrir ses secrets curatifs afin d'en tirer un remède à une étrange maladie, le craquèlement pourpre, qui ronge de nombreux habitants, dont elle-même.
Valera, blessée durant l'expédition et qui a malencontreusement absorbé un peu de sève, est mise en observation. Mais son sort pourrait, vu la situation, s'aggraver ... pour des expérimentations !
De son côté, Avine, également blessée lors de l'agression, est "sauvée" par la sève verte et régénératrice qui l'avait contaminée précédemment. Si elle a cicatrisé seule, si elle semble subitement capable de booster les plantes par simple contact ainsi que de voir les "fils de la vie" de chaque être vivant, elle a néanmoins perdu l'usage de ses jambes, la forçant dès lors à compter sur les derniers Gardiens de Hang pour se déplacer. Ensemble, ils ont bien des difficultés à mettre en garde les habitants du danger de l'avancée de la "Mortesève" !!!

© Quentin Rigaud - Casterman 2024
Son étude pourrait éventuellement mieux la comprendre et l'endiguer, voire la contrer entièrement.
"- La vie se poursuit, déséquilibrée et ça me fait peur pour notre planète, pour les autres instruments ... Nous sommes si impuissants, si fragiles sans lui ..
Je m'étais dit que toute ma vie, lorsque je regarderais en direction du ciel, il serait toujours là, imposant et rassurant.
- Tout ça est terminé ... et j'ai encore du mal à y croire ..."
Après un premier tome qui fixait l'univers d'Avine, de Kahl, ... ses lois physiques, ses us et coutumes, ... et jetait les bases de son intrigue, Quentin Rigaud peut désormais développer celle-ci en lui donnant du contenu, de la consistance. Elle prend d'ailleurs parfois des tournures surprenantes.
Au fil des pages, nous découvrons un nouvel "Instrument", Harpe, capable de réguler la température des océans ... autre thème environnemental vital aujourd'hui !
© Quentin Rigaud - Casterman 2024
Quentin Rigaud poursuit son récit initiatique. Sous ses dehors fantastiques, la quête d'Avine et ses compagnons cache surtout un message fort à l'ordre du jour : la sauvegarde de la planète et donc de la Nature. La maladie dont souffre les habitants de Limeya ne serait-elle pas la simple transposition de la maladie actuelle de l'Homme en général : surexploitation, appât du gain, égoïsme, richesse, ...
Afin d'apporter quelques éclaircissements à la bonne compréhension du récit, il profite des passages de chapitres pour distiller ici et là quelques informations utiles. Une carte, en début de livre, nous aide à mieux nous situer dans ce monde imaginaire, à la structure sociétale inédite. La narration y gagne en fluidité et en rythme, tout en permettant de mieux comprendre les déplacements des uns et des autres, des uns par rapport aux autres !

© Quentin Rigaud - Casterman 2024
Côté graphisme, si la mise en page devient plus "classique", le dessin reste dans la même veine. Les personnages et notamment les visages peuvent surprendre par leur côté parfois légèrement "inesthétique". Décors et ambiances sont idéalement mis en valeur par une palette de couleurs toujours aussi agréable. Les panoramas restent un grand plaisir visuel, tout comme l'imaginaire accordé aux créatures.
Et toujours quelques superbes pleines pages aux perspectives vertigineuses ...
Petite mention spéciale pour le chapitre 11 mettant en parallèle narration et chanson ... Une association réussie et originale ...
Pour en profiter, voici le lien de la chanson de Vanelle (chantée par Jeanne Balas): https://www.youtube.com/watch?v=NOEKAWH4TJA
Et si une partie du mystère semble résolue à la fin de ce deuxième tome, l'histoire est loin d'être terminée ...
Vivement la suite de cette saga clairement hors-norme tant dans sa narration, son intrigue que son graphisme.
Thierry Ligot
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Série : Mortesève
Tome : 2 - Au rythme de la Harpe
Scénario - dessin - couleur : Quentin Rigaud
Éditeur : Casterman
Genre : roman-graphique fantasy
Parution : 24/01/2024
Page : 152
Format : 28,7 x 21,6 x 1,8 cm
ISBN : 978-2-2032-8179-0
Prix : 22 €
- Le Zodiaque du Diable.
Treize signes. Le diable, et douze autres signes qui forment quatre triades.
Le Zodiaque du Diable est une force puissante qui pèse sur tous les destins. Si puissante que ses triades parfois ... s'incarnent. Voilà comment la veuve est la Veuve. Comment je suis l'Oiseleur. Et comment ...
- Comment je suis l'Epéiste ? Croyez-vous vraiment que je vais avaler ces fables ?
Paris, 1633. Louis XIII est sur le trône, Richelieu son Premier Ministre !
Si en journée Paris est la ville la plus vaste, la plus populeuse du monde, voire la plus superbe même d'après certains, c'est qu'ils ne sortent pas sitôt la nuit tombée !
Car alors, elle se transforme en royaume de mort, de souffrance, d'ombre et de haine !
Jean-Philippe Baptiste Gagnière le sait bien. Il y est né. Il y a grandi. Son père était l'un des meilleurs maître d'armes du Royaume qui lui a enseigné tout son art.
Si bien qu'il aurait dû lui succéder ... mais la vie en a décidé autrement.
Le destin suit parfois de drôles de chemins pour arriver à son but.
Cela ne l'empêche pas d'être devenu le meilleur duelliste (mais pas assassin précise-t-il !), lui permettant de gagner honorablement sa vie vu que les contrats ne manquent pas pour des hommes comme lui !

© Pevel - Créty - Grand Angle 2024
Alors pourquoi refuser celui-ci ? Une inconnue lui propose une fortune non pas pour tuer un homme, mais pour le sauver !
C'est ainsi qu'il sauve la vie à Gueule de Cuir, sombre justicier de la nuit, masqué, qui pour le remercier le ... !
Par ailleurs, qui est cet énigmatique Roi des Tombes qui semble commanditer bien des crimes la nuit ? Son pouvoir semble s'étendre petit à petit sur tous les bas-fonds de la capitale. Quels sont ses desseins ? Pourquoi vise-t-il le chaos ?
Enfin des enfants disparaissent mystérieusement la nuit. Que deviennent-ils ? Qui les kidnappe ? Pourquoi ?
C'est à toutes ces questions, tous ces mystères que Gagnière se retrouve confronter en se réveillant après avoir été ... ! Comme preuve qu'il n'a pas rêvé, le masque de Gueule de cuir accroché dans sa chambre ! Masque aux pouvoirs surprenants, inquiétants faisant de lui un des signes de ce Zodiaque !

© Pevel - Créty - Grand Angle 2024
Premier tome d'une trilogie qui s'annonce d'ores et déjà comme exceptionnelle, "L'Epéiste" est le petit dernier de Pierre Pevel. Ce dernier nous a gratifié des remarquables séries BD "Le Paris des merveilles" et "Les Artilleuses", alors pas de doute, celle-ci va encore être pleine d'enchantements divers.
Paris qui visiblement l'inspire tout particulièrement ! Un Paris entre cape et d'épées classique, fantastique. Le tout enrobé d'ésotérisme satanique, démonique !
Un pur bijou d'intrigues qui se dévoilent lentement dans ce premier tome en posant ses jalons, ses personnages mais sans encore trop en dire ! Un décor planté, une ambiance nocturne lourde de menace, des protagonistes bien campés qui se découvrent ... les premières péripéties sanglantes mais encore obscures dans leur raison d'être ! Et un final ouvrant des portes d'hypothèses les plus improbables ... ou pas !
Duels et combats, courses, fuites et tentatives de compréhension s'enchaînent avec des séquences narratives apportant leur lot d'indices pour la suite ... mais que des indices, des miettes qui s'harmoniseront à coups surs dans le tome 2 pour exploser certainement dans le 3 !
Reconnaissons que Pierre Pevel a aussi le don de parsemer ces quelques indices, bribes d'explications ici et là ... et notamment dans cette espèce de testament d'un précédent Gueule de cuir, mini dossier clôturant l'album illustré d'esquisses et de croquis des personnages.
© Pevel - Créty - Grand Angle 2024
Côté dessin, Stéphane Créty n'est pas un débutant dans le genre ... Hurlevent, Orcs et Gobelins, ISS Snipers, Le sang du dragon, Elfes, Star Wars, Hannibal Meriadec et les larmes d'Odin, La Pierre du chaos, Conquêtes, ... pour ne citer que ces séries-là ! Un joli CV pour apporter son talent et ses visions d'univers aussi différents que fantastique, héroïc fantasy, S-F, mythologie, ... Bref tous les éléments graphiques nécessaires pour sublimer décors et ambiances lugubres de ce Paris XVIIe siècle, version un rien gothamesque. (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Stéphane Créty lui-même !)
Gotham ... tellement Gueule de cuir ressemblerait à un Batman version "Louis XIII" ! Un super-héros avec son masque, son ample cape, ses bonds, sa gymnastique gestuelle, ses apparitions soudaines, sa mission de justicier masqué et son antre en plein cœur dans ce Paris hypertrophié, caricatural, mais également ses questionnements et doutes.
De manière évidente, un scénario à classer dans un genre "cape et d'épée fantasy", voire "fantasy cape et d'épée" ?

© Pevel - Créty - Grand Angle 2024
Stéphane Créty a ainsi apporté un soin tout particulier à ses décors, ses rues tortueuses, boueuses, sombres où seules quelques clochers, quelques cimes dépassent pour identifier Notre-Dame par exemple, situant dès lors l'action principale clairement à Paris !
Son découpage nerveux et fort libre, ses angles de vue cinématographiques renforcent le rythme de la narration et soutiennent efficacement l'action des protagonistes.
Si cela ne vous suffit pas, admirez la précision, le réalisme des visages, leurs expressions, l'impact de leur vécu sur leurs traits ! Convaincu ? Moi oui ! Elégant et spectaculaire ... voilà en bref les 2 caractéristiques du graphisme de Stéphane Créty pour cet album !
Mais que serait ce dessin, ces planches sans le fabuleux travail de mise en lumière, de mise en ambiance de Jérôme Maffre ? Jonglant parfaitement avec sa palette de couleurs, il offre relief et profondeur avec ses jeux d'ombres, ses pénombres, ses ruelles sombres, ...
Une symbiose parfaite "endroits - couleurs" propice à garder le lecteur dans cette atmosphère médiévale, mystérieuse, légèrement stressante.
C'est la première fois que scénariste - dessinateur travaillent ensemble. Pourtant, à la lecture qui nous emporte immédiatement dans leur dimension, nous pourrions en douter !
Impossible de ne pas ressentir la complicité (toute récente néanmoins) entre eux ! Cela est d'excellente augure pour les 2 tomes suivants de cette mini saga épique !
Impatient de découvrir la suite ...
Oups j'oubliais ... publié chez Drakoo ... vous savez la collection dirigée par un certain Christophe Arleston ! Vous avez donc tout compris sur l'excellence de cet album ... de cette trilogie !
Une très belle entrée en matière BD 2024 ! Et un superbe coup de cœur pour entamer cette année qui promet d'être riche en parution de très très grande qualité !!!
Thierry Ligot
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Série : Gueule de cuir
Tome : 1/3 - L'épéiste
Scénario : Pierre Pevel
Dessin : Stéphane Créty
Couleurs : Jérôme Maffre
Editeur : Bamboo
Collection : Drakoo
Thème : Histoire - ésotérisme - Paris XVIIe
Public : adulte - ado
Parution : 10/1/2024
Page : 64
Format : 24,3 x 32,0 cm
ISBN : 978-2-3823-3146-0
Prix : 15,9 €
Perres, 2323, Emily, Alex et Cléo Moon sont des triplés aussi différents l'un de l'autre que perturbateurs et rebelles. La première est plutôt savante, n'hésitant pas à remettre ses professeurs à leur place lorsqu'ils se trompent. Cléo est plus attirée par les garçons que par ses cours. Quant à Alex, l'informatique et la technologie en général n'ont plus vraiment de secrets pour lui. Néanmoins, côté scolaire, ce sont des têtes ... ce qui embête fort leur proviseur au moment de les rappeler à l'ordre !
"Nous sommes indissociables ! Inévitables, inséparables ! Un Einstein de la technique, une encyclopédie ambulante et une tête de linotte !"
Et pour couronner cette superbe journée, leurs parents oublient de venir les chercher à l'école. Les voilà obligés de rentrer par les transports en commun ... par l'unirail !
Chose quasi incompréhensible pour ces 3 ados puisque leurs parents sont des sortes de fonctionnaires, de gratte-papiers au sein de Ministerium (Ministère du Contrôle Technique et de la Certification) !
De retour chez eux, la poisse continue ... panne d'électricité ! Or, en voulant vérifier les fusibles, Alex découvre un "drôle" d'outil !
Le soir, la famille à peine réunie, les triplés évitent d'aborder le sujet avec leurs parents. D'ailleurs, il est déjà temps d'aller dormir ... à moins que justement ces derniers ne soient appelés pour une urgence ! Une urgence à 2h27 du matin ???
Voilà qui surprend encore plus Alex !
Il lui faut percer ce mystère et décide ainsi de forcer la fratrie à engager une filature à distance de leur père et mère.
© Vandevelde - Louwes - Anspach 2024
Celle-ci les conduit bien à Ministerium ! Mais pas dans les bureaux, plutôt à 200 m sous terre, sous le niveau le plus bas de Perris ! Le mystère s'épaissit ...
Car en fin de compte, leurs parents travaillent au sein d'une organisation gouvernementale ultra-secrète dont la mission est d'envoyer des agents temporels s'assurer que nul de transgresse les lois sur le respect du passé. Ils traquent criminels et fuyards cherchant à transformer le cours connu de l'Histoire, à s'enrichir, ... Comme ce Logan qui tentait de vendre des M16 aux défenseurs de Jérusalem, face aux armées de Saladin !
Un monde post-cataclysme, 300 ans après un terrible conflit atomique, qui s'est reconstruit sur les ruines de l'ancien, où la Tour Eiffel a les pieds dans l'eau, et des androïdes comme éducateurs-surveillants dans les écoles ou domestiques à-tout-faire dans les habitations !
Dans ce monde d'anticipation, le voyage temporel est réalité ... avec ses dérives criminelles.

© Vandevelde - Louwes - Anspach 2024
Le thème n'est évidemment pas nouveau, ni en roman, ni en film et encore moins en BD ... Pourtant ce premier volet laisse de belles perspectives de développement. Une mise en contexte adroite, un placement du décor et des personnages déjà en pleine action, la narration est habilement menée pour rapidement plonger le lecteur dans une intrigue qui ne se dévoile pas immédiatement !
Scène 1 dans le bureau du recteur en 2323 à Perris avec les triplés pour un recadrage scolaire.
Scène 2 à l'époque des Croisades à Jérusalem avec Rik et Lynn tentant de mettre fin à une transgression temporelle !
Lien entre les deux ? Les seconds sont les parents des triplés qui ignorent totalement leur véritable travail.
Un joli mixage de "Valérian", "La Totale", les "Brigades du temps", et autres "Aventuriers du temps", ...

© Vandevelde - Louwes - Anspach 2024
Pourtant, on se laisse gentiment embarquer dans ce récit d'anticipation qui lentement glisse vers une science-fiction prenante ... cette poursuite qui mènera des triplés aussi différents qu'attachants vers ... on n'en a pas la moindre idée ! Même si évidemment on peut s'en douter ... dans les grandes lignes !
Le scénario de Johan Vandevelde est ainsi, actuellement, sans trop de surprise. Le voyage dans le temps (un classique de classique S-F qui n'est ici ni expliqué, ni discuté) amène son lot de risques de réécritures et de modifications dans le futur par ricochets successifs.
Bien que l'intrigue centrale soit encore inconnue, son cadre et ses pourtours se dessinent lentement. Un premier épisode sous forme d'épisode "zéro", pilote !
Espérons que le tome 2 nous surprenne dans son développement en nous proposant quelques rebondissements sortant de l'ordinaire ! Mais n'est-ce pas parfois cela qui rend une série originale ?

© Vandevelde - Louwes - Anspach 2024
Côté graphisme, le trait de Stephan Louwes ondule entre semi-réalisme et légère influence manga ... le tout dans un encrage noir et blanc nuancé. Par sa mise en page, ses cases, cadrages, arrière-plans minimalistes tout en accordant un certain soin aux décors proches de l'action ou sujet et surtout aux traits des visages (qui pourraient rappeler à certaines cases un grand maître de la BD dont le nom commence par "R"), il assure l'ambiance et le rythme d'un scénario en attende de décollage.
Une nouvelle fois, une intéressante "découverte" des Editions Anspach qui n'hésitent jamais à prendre des risques en sortant des chemins faciles de la publication en 9e art !
Bref, pour une première, ce volume est plus qu'encourageant et motivant. Attendons maintenant le deuxième tome pour confirmation !
Thierry Ligot
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Série : Moon
Tome : 1 - Une balle pour un Croisé
Scénario : Johan Vandevelde
Dessin : Stephan Louwes
Editeur : Editions Anspach
Genre : Science-fiction
Parution : 19/04/2024
Page : 72
Format : 25 x 19 x 1,3 cm
ISBN : 978-2-93110-528-8
Prix : 17,5 €
Entre Jack l'Éventreur, le Yéti ou encore Nessie, voici un mystère mêlant thriller et créature mystérieuse. Plus qu'une simple légende ... un mythe toujours irrésolu !
30 juin 1764, la jeune Jeanne Boulet, 14 ans, bergère, est retrouvée morte par son père, atrocement mutilée. Un loup errant ?
Mais rapidement et malgré de nombreuses battues, le nombre de victimes de la Bête augmente ! Enfants, femmes, hommes, personne ne semble être à l'abri de celle que l'on surnommera bientôt la Malbête !
Et pourtant, ce ne sont pas les efforts qui manqueront pour la traquer et l'éradiquer. Paysans et habitants dans un premier temps. S'ensuivront les tentatives infructueuses de "grands". Comme ce 7 février 1765 où le capitaine Duhamel, à la tête de son régiment et des habitants, soit plus de 30.000 hommes, organisa la plus grande chasse jamais vue en France ... Pour rentrer finalement bredouille !
Ou encore du plus célèbre louvetier de France, Jean-Charles d'Enneval, qui accompagné de son fils, de piqueurs et de six chiens se vanta de pouvoir débusquer ce loup. Et qui finit par ravaler son orgueil face à son échec cuisant.
Cela va jusqu'à porter préjudice au Roi de France qui se retrouve moqué dans toute l'Europe pour être incapable de résoudre ce mystère du loup ... de la Malbête !
Mais sa réputation ne peut être entachée ! C'est le Roi, il est de droit divin !
Une prime de plus de 10.000 livres attire chasseurs, traqueurs et autres aventuriers ... Pourtant, la Malbête reste introuvable ... et continue à faire des victimes par dizaines !
La rumeur s'amplifie avec la diffusion de représentations terrifiantes de la bête !

© Runberg - Poupard - Glénat 2024
Agacé par la situation, Louis XV décide alors d'envoyer son Porte-Arquebuse personnel, François Antoine résoudre le problème !
Accompagné de son fils cadet, Robert-François, de 2 louvetiers, de 14 gardes-chasses et de 5 chiens, il arrive le 20 juin 1765 à Saint-Flour. On dénombre à ce moment 59 personnes atrocement tuées et une trentaine de blessées grièvement !
Acclamé par la foule, voyant en lui leur "sauveur", reçu en grande pompe par le Comte de Moncan. Parmi les autres notables venus l'accueillir, citons Etienne Lafont, Syndic du diocèse de Mende, le marquis Pierre-Charles de Morangiès et son fils, le Comte Jean-François-Charles de Morangiès ainsi que le louvetier d'Enneval, furieux de son échec et blessé dans son orgueil !
Très vite, lors de ses premières chasses, l'envoyé du Roi ressent la jalousie, la résistance, voire une certaine opposition de quelques-uns.
Ceci n'empêchant en rien les massacres de se poursuivre, au point de se poser d'inquiétantes questions quant à la nature exacte de la Malbête ! En effet, voilà subitement qu'elle commence à trancher certains membres de ses victimes. Têtes, bras ou autres qu'elle semble emporter avec elle ...

© Runberg - Poupard - Glénat 2024
J'ai découvert ce mystère étant jeune grâce à une lecture qui m'avait fort marqué à l'époque. Il s'agissait de "La Bête du Gévaudan" d'Abel Chevalley, chez "J'ai lu", collection "L'Aventure mystérieuse". Attiré par la couverture, je m'étais alors plongé avec avidité dans ce mystère ... sans réponse. Cette couverture rouge foncé avec le dessin sombre et inquiétant de la Bête, le titre ressortant en blanc ! Bref une couverture qui frappait l'imagination.
Comme pour la couverture de cet album ! Une Bête, mi-loup mi-iguane, aux contours flous, baignée par une brume matinale, proche d'un calvaire à moitié pourri, surplombant la vallée où se noie un village. Une composition remarquable synthétisant tous les ingrédients et l'atmosphère de ce premier tome.
Créature terrifiante, indéfinissable pour les habitants qui rapidement imaginent loup-garou, envoyé du Diable ou fléau commandité par Dieu pour tel ou tel péché, les interprétations sont nombreuses et aucune ne trouve de réponse "logique", rassurante ... D'ailleurs quel animal décapiterait, démembrerait voire déshabillerait carrément ses proies ?
La Malbête ne serait-elle pas un "peu" humaine ?
Que de pistes ... à éviter de creuser pour éviter la panique, la contagion et rapidement étouffer cette affaire ... pour le plus grand "bien" du Roi !

© Runberg - Poupard - Glénat 2024
Jean-Charles Poupard apporte au récit son style réaliste soucieux du détail tant dans les décors, paysages, costumes, ... Fidèle à son dessin comme dans les séries "Jack l'Éventreur" (tiens un autre mystère sanguinaire irrésolu !), "Orcs et Gobelins" ou encore "les Maîtres Inquisiteurs", il apporte un soin tout particulier aux visages, à leurs expressions. Émotions et sentiments s'impriment à chaque case, rendant la narration plus prenante, vivante ... mais plus sombre et dramatique également ! Un savant dosage graphique en parfaite symbiose avec ce scénario haletant.
Tout ce talent au service du scénario imaginé par Sylvain Runberg, très en verve en se basant sur des faits historiques réels. Une légende déjà maintes fois racontée mais qui sous sa plume, réussit encore scotcher ! Une insertion fiction - réalité dans laquelle on se laisse emporter dès les premières planches.
Le choix de la focalisation interne nous permet de rentrer à l'intérieur même de l'intrigue par le regard d'un témoin de premier ordre !
© Runberg - Poupard - Glénat 2024
Entre superstitions, croyances, espoirs et désespoirs d'une population qui ne sait plus que croire ou espérer. Entre chasseurs, traqueurs et nobles de la région, la "nécessité" de satisfaire le désir du Roi de voir ce mystère résolu et la vérité, la solution ne se trouverait-elle pas plutôt cachée dans les entrailles d'un château ?
C'est tout cela qui transpire au fur et à mesure des pages de ce premier tome ...
Bref, une narration rythmée, soutenant un suspense ne faisant d'augmenter par le regard du narrateur, témoin privilégié de cette chasse.
Un premier tome spectaculaire, haut en couleurs et surtout en hypothèses en devenir ... plus que prometteur pour la suite et fin.
A noter, ce dossier de quelques pages, richement illustré de dessins et croquis d'époque, qui clôture l'album ... Semant encore plus le doute, il jette sur cette fiction angoissante un regard plus "réfléchi", tout en jouant sur le trouble d'un mystère jamais résolu ... car n'oublions pas ! ceci n'est pas une légende !
Du grand art !!!!!
Thierry Ligot
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Série : Les Griffes du Gévaudan
Tome : 1/2
Scénario : Sylvain Runberg
Dessin et couleurs : Jean-Charles Poupard
Editeur : Glénat
Public : ado - adultes
Genre : histoire - thriller - suspense
Parution : 10 janvier 2024
Page : 64
Format : 24 x 32 x 1,2 cm
ISBN : 978-2-344-03231-2
Prix : 15,5 €
- On arrive Thomas. La porte est tout près d'ici, je le sens. Il faudra être courageux, Thomas. Tu ne devras pas montrer que tu as peur. Si tu fais ce que je te dis, tout se passera bien. Demain, on régnera ensemble sur le Royaume de Tiketone.
- Est-ce que papa et maman pourront venir avec nous ?
- Je t'ai déjà dit que non. Ils ont refusé de jouer. C'est trop tard, leur monde est sur le point de trépasser.
[...]
- Barbara ! Arrête de raconter des bêtises à ton frère ! On ne plaisante pas avec ces choses-là !
- Ce ne sont pas des bêtises. C'est ce qui va arriver ! Papa et toi vous allez devenir des fantômes !"
Une route sinueuse en montagne. Une voiture roule paisiblement vers le sommet lorsque subitement, au détour d'un tournant en épingle, un renard surgit. Voulant l'éviter, le papa de Thomas fait une embardée et la voiture plonge dans le précipice !
Stoppée dans les branches d'un arbre, la portière arrière est arrachée par de mystérieuses branches noires qui s'empare immédiatement de Barbara pour l'enlever.
Thomas, lui, ne se réveille que plus tard dans une ambulance. Ses parents sont morts. Quant à sa sœur, tous semblent ignorer son existence et sa disparition.
Devenu orphelin, il est alors placé dans un home. Mais traumatisé par son accident, il ne parle plus. Il rote !

© Mélissa Morin - Casterman 2024
Surnommé par les autres enfants "Torot", il intrigue autant par son mutisme (en dehors de ses rôts) que par le casque à cornes qui ne quitte pas sa tête !
Et puis, il semble disposer de certains pouvoirs particuliers ...
C'est là qu'il rencontre également Eliott, Florian, Marianne, Robin et Virgile, autres orphelins placés. Si au départ ces derniers tentent de le chambrer, très rapidement ils sont embarqués par Thomas dans une drôle de quête : celle de retrouver 5 reliques organiques liées au règne animal ... mais "mort", permettant de pénétrer dans un monde invisible : le Royaume de Tiketone !
Initié au préalable par sa sœur justement à une sorte de jeu féérique, il espère pouvoir percer ce mystère par une série de rites et autres portes à franchir.
Mais tout cela ne se fera pas sans épreuves, défis et difficultés ! Face à leurs peurs, avec leur vécu propre, leurs accrocs et accidents de la vie, ils devront s'unir et s'associer pour vaincre les premières étapes de leur périple ...
D'ailleurs, où a disparu Barbara, la sœur de Thomas, après l'accident ?
© Mélissa Morin - Casterman 2024
Clairement fantastique, cette aventure fait néanmoins la part belle à la quête de soi, la découverte de la différence et la force de l'amitié. Adapté pour un public "jeune ado", la trame est dès les premières pages prenantes. Accompagnée d'un dessin clair et lumineux, il retient le regard et plonge le lecteur dans un récit où il est encore difficile à savoir si ce monde de Tiketone existe réellement ou n'est que le fruit de l'imagination d'un gamin traumatisé par la disparition accidentelle de ses parents et de sa sœur.
Un nouveau roman-graphique (vu le nombre de pages et le sujet sous-traité) abordant, sans le dire réellement, l'adolescence, sa psychologie, ses souffrances, son mal-être après des drames ou des abandons. Ce besoin également d'appartenir à un groupe, une famille afin d'être "plus fort". Bref des thèmes qui semblent la motiver puisque déjà traités dans "Chien Hurlant" et "Céphéides" !

© Mélissa Morin - Casterman 2024
Un graphisme semi-réaliste, une ligne claire avec une touche de manga, propre bien assumé dans une palette de couleur plutôt classique, nous retrouvons ce style déjà utilisé par Mélissa Morin dans son "Chien Hurlant".
Une narration habile de sa part pour introduire une intrigue dont ce première tome n'est clairement qu'une mise en bouche subtile.
Série prévue en 3 tomes, le deuxième sera-t-il celui de la découverte avec l'entrée dans ce royaume et le dernier, celui des retrouvailles de la famille, entre morts et vivants ?

© Mélissa Morin - Casterman 2024
Quoiqu'il en soit, nous sommes déjà impatients de découvrir la suite ...
Thierry Ligot
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Série : Les Royaumes de Tiketone
Tome : 1/3 - Les reliques des morts vivants
Scénario, dessin, couleurs : Mélissa Morin
Éditeur : Casterman
Public : ado
Parution : 6/3/2024
Pages : 192
Format : 17,7 x 24,8 x 1,7 cm
ISBN : 978-2)2032-5489-3
Prix : 19 €
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