Information générale concernant le monde de la BD
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« Je ne sais plus si c'est moi qui ai créé Ziggy ou si c'est l'inverse, Ziggy me dévore ! »

 

Avec Starman – Quand Ziggy éclipsa Bowie, Reinhard Kleist ne propose pas une biographie complète de David Bowie, mais se concentre sur une période décisive : celle de la naissance de Ziggy Stardust, de son triomphe, puis de la reconstruction de Bowie à Berlin.

 

« L'époque était sombre et l'avenir incertain. Tu as senti ce que les gens voulaient entendre. » 

 

 

Publié chez Casterman en septembre 2025 (oui d'accord, il y a presque 1 an) l’album de 344 pages réunit en réalité deux récits : l’ascension glam de Ziggy et la période plus intime de Low et de la trilogie berlinoise.

Attention ... voyage dans une constellation de métamorphoses allant de Major Tom à Ziggy Stardust, du Thin White Duke au Bowie berlinois !

 

 

 

Le récit débute au début des années 1970, dans une Angleterre grise où Bowie surgit comme une créature venue d’ailleurs. Avec ses cheveux rouges, ses tenues provocantes, son ambiguïté et son imaginaire spatial, il invente Ziggy Stardust, messie rock destiné à parler à une jeunesse inquiète. Très vite, le personnage dépasse son créateur. Bowie fascine, choque, électrise les foules, mais se retrouve aussi prisonnier de ce double flamboyant. La célébrité, les excès, la drogue et la paranoïa l’entraînent vers une forme de chute, jusqu’à la décision symbolique de « tuer » Ziggy sur scène en 1973.

 

 

© Kleist - Casterman 2026

 

La seconde partie suit un Bowie plus fragile, fuyant Los Angeles pour Berlin-Ouest. Dans cette ville divisée, aux côtés notamment d’Iggy Pop, Brian Eno et Tony Visconti, il tente de reprendre pied. Berlin devient le lieu d’une renaissance artistique et personnelle, moins spectaculaire que l’époque Ziggy, mais plus humaine. C’est là que Bowie se libère peu à peu de ses masques pour inventer une nouvelle manière de créer.

 

 

© Kleist - Casterman 2026

 

Sur le plan scénaristique, Reinhard Kleist évite la simple chronologie. Il construit son récit par fragments, flashbacks et visions intérieures. L’enfance de David Jones, ses débuts difficiles, l’influence de son frère Terry, atteint de troubles psychiatriques, et la peur constante de sombrer à son tour donnent de l’épaisseur au portrait. Bowie apparaît comme un artiste génial, mais aussi anxieux, ambitieux, vulnérable, parfois égocentrique.

 

« Ziggy montrait à chacun d'entre nous que la personnalité d'un être a bien plus de facettes et que nous portons en nous bien plus de créatures que nous le pensons. » 

 

Cette dimension donne à l’album une profondeur réelle. Kleist ne se contente pas d’aligner les dates, les albums, les rencontres et les anecdotes célèbres. Il tente de comprendre ce qui pousse Bowie à se métamorphoser sans cesse. L’artiste apparaît comme un génie visionnaire, mais aussi comme un homme immodeste, anxieux, ambitieux, parfois manipulateur, souvent vulnérable. Le scénariste ne le sanctifie pas. Il montre ses excès, sa consommation de drogue, sa difficulté à aimer, ses relations compliquées avec Angela Bowie, son rapport ambigu à la célébrité et au show-business. Le livre montre surtout comment ses personnages, Ziggy, Major Tom ou le Thin White Duke, deviennent autant de miroirs dangereux.

 

Cette richesse a cependant son revers. L’album est dense, parfois bavard, et les nombreuses références musicales peuvent perdre les lecteurs peu familiers de Bowie. Mais pour les connaisseurs, cette profusion nourrit le plaisir de lecture et restitue bien la complexité d’un artiste en perpétuelle métamorphose.

 

 

© Kleist - Casterman 2026

 

Graphiquement, Kleist adopte un style à l’image de son sujet : excessif, nerveux, changeant. La période Ziggy explose en couleurs pop et psychédéliques, avec des compositions proches du comics et du poster glam. Les scènes de concert deviennent presque hallucinatoires, comme si la musique transformait Bowie en super-héros rock ou en messager cosmique.

La partie berlinoise marque un net changement d’atmosphère. Les couleurs se refroidissent, les rues deviennent humides, les intérieurs plus sombres, les ambiances plus mélancoliques. Berlin n’est pas seulement un décor : c’est un refuge, un miroir, presque un personnage.

Le dessin y gagne en retenue et en émotion.

 

 

© Kleist - Casterman 2026

 

Au final, Starman – Quand Ziggy éclipsa Bowie n’est pas un chef-d’œuvre sans défauts. Il peut sembler long, chargé, parfois trop explicatif. Mais il reste une biographie dessinée puissante, passionnée et habitée.

Reinhard Kleist y saisit Bowie non comme une icône figée, mais comme un artiste en lutte contre ses propres créations.

Un album indispensable pour les fans, et une belle porte d’entrée pour qui veut comprendre pourquoi Bowie continue, encore aujourd’hui, de hanter l’imaginaire du rock.

 

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Starman, Quand Ziggy éclipsa Bowie

Scénario : Reinhard Kleist

Couleurs : Thomas Gilke & Re

Traduction de l'allemand : Paul Derouet

Éditeur : Casterman

Genre : biopic, documentaire

Thèmes : musique, célébrité, XXe siècle

Public : ado - adulte

Parution : /09/2025

Format :  18,6 x 25,9 cm

Page : 344

ISBN : 978 2 203 24856 4

Prix : 28 €



Publié le 20/07/2026.


Source : Bd-best


Alors que l'actualité cinématographique ne parle que de cette sortie, Bamboo lance une nouvelle collection avec Nootilus, et un premier titre emblématique. Son ambition est de rendre les grands classiques de la littérature accessibles aux jeunes lecteurs.

Le plus célèbre récit de l'Antiquité est ainsi doublement à l'affiche ... l'adaptation du récit d'Homère, "L'Odyssée" !

Christopher Nolan sur grand écran ... Maxe L'Hermenier et Thomas Labourolt sur papier.

 

"  - Athéna, ma chère fille, que veux-tu nous prouver en nous montrant tout ceci ?

- C'est pourtant simple, père, et vous, dieux bienheureux, il faut que le roi d'Ithaque rentre parmi les siens. Dix ans ... Ça fait maintenant dix années qu'Ulysse a quitté la maudite Troie ! Ayez un peu de pitié pour ce valeureux guerrier qui endure de cruelles souffrances dans l'île où la nymphe Calypso le retient prisonnier."

 

 

L'album débute alors que la guerre de Troie appartient déjà au passé.

 

© L'Hermenier - Labourot - Nootilus 2026

 

Voilà des années qu'Ulysse a quitté le champ de bataille, mais le roi d'Ithaque n'est toujours pas rentré chez lui. Prisonnier de la nymphe Calypso sur une île paradisiaque, il subit la colère tenace du dieu Poséidon.

 

"- Il a été maudit par Poséidon ! Ce mortel a aveuglé son fils, le cyclope ! La rancune de Poséidon n'a pas d'âge."

 

Pendant ce temps, à Ithaque, Pénélope continue de l'attendre malgré le désespoir qui la gagne peu à peu. Assaillie par des prétendants impatients de prendre la place du roi disparu, elle retarde sans cesse le moment de choisir un nouvel époux grâce à la célèbre ruse du linceul qu'elle tisse le jour avant de le défaire la nuit. Touchée par sa fidélité, Athéna obtient finalement l'accord de Zeus pour venir en aide à Ulysse.

 

" - Tu contemples encore l'horizon, comme si ton regard pouvait te ramener parmi les tiens.

- Mon cœur est là-bas, Calypso ...

- Si tu restes avec moi, je t'offrirai l'immortalité. Tu ne vieilliras plus jamais.

- Une vie infinie sans ma femme et mon fils ... Ce n'est pas une vie.

[...]

- Les dieux ont parlé. Tu es libre de quitter cette île."

 

 

Libéré de sa captivité, le héros reprend alors la mer et entreprend le périlleux voyage qui doit le ramener auprès des siens. Mais le péril reste, Poséidon apprend sa libération et est loin de lui avoir pardonner son crime. Un nouveau naufrage le pousse vers la cité des Phéaciens.

 

 

© L'Hermenier - Labourot - Nootilus 2026

 

C'est ainsi qu'Ulysse se remémore les différentes étapes de son infortune, depuis son serment de Tyndare, le liant avec Agamemnon, Nestor et surtout Ménélas, dont la femme, Hélène, s'est enfouie avec le prince Pâris de Troie !

 

" J'étais roi d'Ithaque, mais surtout un soldat de la guerre de Troie. Avant la guerre, je ne voulais qu'une vie simple, auprès des miens. malheureusement, il y a vingt ans, un vieux serment a changé toute ma destinée."

 

 

Monstres, divinités capricieuses, tempêtes et créatures fantastiques vont alors jalonner une aventure qui n'a rien perdu de sa force évocatrice.

 

 

 

L'adaptation choisit une approche fidèle au récit originel tout en cherchant à moderniser sa lecture. Prévu en 2 tomes, les principaux épisodes de l'épopée sont présents et l'ensemble demeure très accessible, même pour un public qui découvrirait l'histoire pour la première fois.

 

Le récit avance cependant à un rythme soutenu. Les nombreuses étapes du voyage s'enchaînent parfois rapidement et certaines rencontres mythiques auraient mérité davantage de pages pour développer leur dimension merveilleuse ou dramatique. Cette condensation est sans doute le principal défaut de l'album, mais elle est aussi la conséquence du pari ambitieux de résumer une œuvre aussi dense en seulement deux volumes.

 

© L'Hermenier - Labourot - Nootilus 2026

 

Graphiquement, Thomas Labourot réussit pleinement son travail. Il apporte son trait dynamique et moderne à cette relecture du célèbre voyage d'Ulysse. Son dessin expressif et coloré insuffle beaucoup d'énergie à l'ensemble. Les dieux de l'Olympe affichent une présence majestueuse, les créatures mythologiques sont impressionnantes et les scènes d'action profitent d'une mise en scène nerveuse qui maintient constamment l'intérêt du lecteur. L'artiste parvient surtout à donner un aspect contemporain à ce monument de la littérature sans lui faire perdre son identité antique.

 

Cette nouvelle collection se veut également pédagogique et un outil facilement utilisable par les enseignants désireux d'introduire, de transmettre les classiques de la littérature sans les figer. Il se clôture donc par un dossier à la fois pédagogique et ludique. Présentant Homère, son œuvre et le thème (Achille, la guerre de Troie, ...), quelques questions, QCM, jeu de piste ou autres offrent la possibilité aux lecteurs de "vérifier" ses connaissances toutes fraîches.

 

© L'Hermenier - Labourot - Nootilus 2026

 

Cette première partie remplit donc largement sa mission. Elle offre une porte d'entrée efficace vers l'œuvre d'Homère, capable de séduire aussi bien les jeunes lecteurs que les adultes curieux de redécouvrir ce classique sous une autre forme.

 

Malgré un rythme parfois trop pressé, le souffle de l'aventure y est bien présent et l'envie de poursuivre le voyage jusqu'au retour d'Ulysse à Ithaque ne fait aucun doute.

Une adaptation intelligente et soignée qui lance de belle manière cette nouvelle collection consacrée aux grands textes de la littérature.

 

Mais également une excellente introduction pour les plus jeunes avant d'aller voir, l'extraordinaire et encensée par tous, adaptation cinématographique de Christopher Nolan.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : L'Odyssée, d'après le récit d'Homère

Tome : 1 - Ulysse

Adaptation & Scénario : Maxe L'Hermenier

Dessin : Thomas Labourot

Couleurs : Thomas Labourot, Luc Perdriset & Anne-Lise Sauvêtre

Éditeur : Bamboo

Collection : Nootilus

Genre : antiquité, mythologie, aventure, amour, Homère

Public : ado - adulte

Parution : 8 juillet 2026

Format : 22,5 x 29,9 x 1,1 cm

Page : 64

ISBN : 979 1 0411 2060 4

Prix : 16,9 €



Publié le 19/07/2026.


Source : Bd-best


L'Amérique de la Grande Dépression, Lloyd Fairbanks, jeune pilote et mécanicien talentueux, travaillant pour la compagnie pétrolière Lexoil, poursuit son ascension dans le monde très compétitif des courses aériennes.

 

" - Oh ooh !!! Voyez-vous ça ! A ce propos, je me suis laissé dire que ton père avait trouvé un pilote ! Qui est ce nouveau rival ?

- Tu l'as devant toi. C'est Lloyd Fairbanks ! Celui qui fait le plein de ton Wedell.

- Oh boy ... ravi de faire ta connaissance, Fairbanks ... A la vie comme à la course, je suis impitoyable, mais réglo."

 

 

 

 

C'est ainsi que Lloyd rencontre son "adversaire", Roscoe Turner, vedette sponsorisée par la Gilmore Oil. La rivalité entre les 2 hommes est immédiate, autant sur le plan sportif que sentimentale, puisque Roscoe s'intéresse également ouvertement à Liz Leixter, la fille du patron de la Lexoil.

 

 

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026

 

Toutefois, elle ne voit en lui qu'un ami et se montre plus sensible au charme de Lloyd. En cherchant ensemble à lever le voile sur les mystères de leurs origines respectives, sur les liens qui pourraient les unir, ils tissent peu à peu un lien profond qui les attire inexorablement l'un vers l'autre.

 

" Je sais ce qui m'attire chez toi ! Ta façon de ne pas en être et tes manières de gaucher. Mais aussi ton allure, le fait que tu ne renonces jamais, ton audace, ta passion qui m'entraîne. Tu m'as intriguée dès le premier regard. Je suis comme elle. J'étouffe entre les tennismen aux dents blanches et les molosses de la Leix qui m'entourent depuis mes douze ans.

Je ... je crois que ... "

 

Les liens entre leurs parents se révèlent bien plus complexes que prévu, donnant au récit une ampleur qui dépasse progressivement la simple compétition aérienne.

 

Peu avant les Cleveland National Air Race et le prestigieux Thompson Trophy, Lloyd effectue un essai sur un puissant prototype de Gee Bee R1. Un mystérieux problème mécanique provoque une fuite d'huile qui manque de lui coûter la vie. Cet incident renforce ses soupçons de sabotage et de la présence éventuelle d'un traître dans son équipe.

 

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026

 

Le tome 3 s'achève sur une spectaculaire course aérienne et un clifhanger explosif, préparant le dénouement du quatrième et dernier chapitre.

 

" Voilà, je crois que ma mission est remplie. Je vous salue."

 

Ce 3e chapitre confirme, s'il en était, les nombreux atouts de la série.

Tout d'abord, le scénario d'Eloi Rousseau continue à gagner en épaisseur. Entre rivalités sportives, romance entre Liz et Lloyd, secrets de famille, manipulations et enjeux financiers autour des compagnies pétrolières, ... nous nous trouvons face à une intrigue dense qui ne cesse de rebondir menant vers un suspense en crescendo.

 

 

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026

 

Le graphisme de Romain Hugault est phénoménal d'un réalisme criant. Que ce soient les avions, les scènes de vol spectaculaires et dynamiques, les reconstitutions de l'ambiance des années '30, les décors, architectures Art Déco et costumes, ..., tout témoigne d'un travail particulièrement soigné, recherché, documenté ... et reconstitué !

Les amateurs d'aviation retrouveront avec bonheur les mythiques Bee Gee, Wedelle-Williams et autres appareil emblématiques de ces années-là.

Tous sont largement mis en valeur pour un découpage quasi cinématographique, notamment des scènes aériennes de voltige et de course. Le rythme effréné de ces dernières est parfaitement rendu assurant une lecture nerveuse et addictive, génératrice de sensations fortes, maintenant le lecteur sous tension.

 

 

Mais l'attrait ne s'arrête pas là. Le format "comics pulp" dans une édition souple, le prix (5 €), l'aspect vintage de la mise en page, des couleurs, ... rappellent les fascicules américains des années 1930.

Tout comme les fausses publicités d'époque, les affiches illustrées clôturant ce 3e fascicule, tout est réalisé pour nous plonger dans cette atmosphère de plus en plus sombre.

Mention spéciale pour le mini jeu de l'oie sur le National Air Races ... amusant et ludique.

 

Évidemment ce format "pulp" apporte quelques désagréments durant la lecture dont le plus grand pourrait, pour certains, être le fait de ne pouvoir apprécier toutes les qualités graphiques du trait de Romain Hugault.

Mais pour ceux-là, un album classique cartonné et sa version grand format existent également.

 

Autre plaisir à cette lecture, une playlist est proposée ...

 

 

© Rousseau - Hugault - Paquet 2026

 

En gros, visuels hyper-dynamiques des courses aériennes, romance, suspense, secrets familiaux, immersion passionnante dans l'âge d'or de l'aviation américaine, ... confirment la parfaite symbiose et l'efficacité du duo Rousseau - Hugault dans ce type de récit.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Godspeed Comics

Tome : Chapitre 3/4 - June 26 - Comète

Scénario : Eloi Rousseau

Dessin & couleurs : Romain Hugault

Éditeur : Paquet

Collection : Cockpit

Genre : aviation, aventure

Public : ado - adulte

Parution : 10/6/2026

Format : 18 x 24 cm

Page : 32

ISBN : 978 2 8893 2714 0

Prix : 5 €



Publié le 19/07/2026.


Source : Bd-best


Entre Marseille, l'Estaque, Cassis et Aix-en-Provence, sous le soleil des Tuileries Saint-Jacques, Toine, ouvrier bossu, nourrit depuis toujours un amour silencieux pour Naïs Micoulin. Cela au point de risquer son amitié pour son ami d'enfance, l'ingénieur de la tuilerie ... récemment fiancé avec Melle Béatrice, la fille de son patron.

 

" - Tu t'imagines que je fais la cour à la petite Naïs. [...]

- Çà je ne me le suis pas imaginé. Je l'ai vu !

- Tu l'as vu parce que c'est vrai. J'ai toujours été gentil avec Naïs parce que c'est une excellente ouvrière ... Parce que je suis ton ami ... et parce que je sais que tu l'aimes.

- MOI ? Forcément que je l'aime ! Comme tout le monde.

- Non. Tu ne l'aimes pas comme tout le monde. Tu l'aimes comme personne ne l'aimera jamais. Je le sais. Je l'ai vu.

- Allons, ne dis pas de bêtises ! Comment voudrais-tu que j'aie le toupet d'être amoureux d'elle. Moi, Toine, le bossu de Saint-Henri ? Il faudrait vraiment que j'aie perdu la tête !"

 

 

 

 

Conscient qu'il ne pourra jamais être davantage qu'un ami, un confident à ses yeux, il accepte son destin avec une extraordinaire dignité.

 

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026

 

Naïs de son côté, vit sous la coupe d'un père autoritaire et violent qui contrôle chacun de ses faits et gestes. Paysan rude et fier, Micoulin tolère uniquement la présence de Toine auprès de sa fille, persuadé qu'un bossu ne représente aucune menace pour sa vertu.

 

 

" - J'avais une jument, elle m'a fait une petite jument, elle est à moi, parce qu'elle est née chez moi et que je l'ai nourrie. Eh bien, ma fille, elle est née chez moi. Je l'ai aussi nourrie. Alors moi, ma fille est à moi.

- Macoulin, tu penses qu'à toi. Et ta Naïs, tu es sûr que ça lui plaira tant que ça de rester vieille fille ?

- Il faudra bien que ça lui plaise. Il faudra bien."

 

 

L'équilibre fragile de cette existence est remis en cause par le retour de Frédéric Rostaing, fils des propriétaires dont dépend la famille Micoulin. Fils d'un avoué, étudiant en droit peu assidu, davantage attiré par les cartes, les plaisirs et les aventures galantes que par ses examens. Ses parents sont propriétaires d'une villa proche de la ferme louée par les Micoulin. Ils décident d'y passer quelques semaines afin que leur fils s'y repose.

 

 

 

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026

 

Frédéric retrouve alors Naïs à Cassis. Entre les deux jeunes gens renaît rapidement une passion sincère datant de 3 ans. Mais cette dernière se heurte aussitôt aux barrières sociales et à la fureur du père de la jeune fille. Pour Micoulin, voir sa fille aimer le fils du maître est une humiliation insupportable qui nourrit peu à peu une obsession dangereuse, une envie meurtrière !

Pour Toine, le dilemme devient cornélien : sauver Frédéric ou perdre Naïs !

 

Un récit qui déjoue tous les clichés classiques ... déjà rien que par son titre. En effet, si ce dernier est "Naïs", le véritable héros en est Toine. Dépassant très vite le traditionnel rôle de l'amoureux malheureux, en plus de souffrir de voir celle qu'il aime dans les bras d'un autre, il doit faire preuve d'une générosité exceptionnelle. Son unique préoccupation devient le bonheur de Naïs, quitte à sacrifier ses propres espoirs. Cette noblesse de cœur fait de lui le personnage le plus attachant de l'histoire. Cette grandeur d'âme en fait le pilier de l'intrigue.

Quant à Frédéric, il n'est pas seulement un riche héritier léger et inconséquent ; Naïs pas qu'une simple paysanne naïve rêvant d'un impossible conte de fées.

 

© Stoffel - Ratte - Grand Angle 2026

 

Œuvre plutôt méconnue d'Emile Zola, Marcel Pagnol la sort de l'ombre en l'adaptant au cinéma en 1945. Tout en lui apportant sa touche personnelle et une fin moins "zolienne", il en fait une comédie romantique dramatique articulée autour du sempiternel trio amoureux impossible, l'amoureux transit, la jeune fille naïve et le bellâtre riche, bourgeois (ou noble, ...).

Si Zola lui a donné sa puissance des passions, ses conflits sociaux et la violence des rapports humains, Pagnol y ajoutera l'humanité des personnages, la chaleur provençale et une vision plus optimiste de leur destinée.

 

Amour, jalousie, différence de classes sociales, relations humaines s'entremêlent avec beaucoup de finesse.

La tension dramatique repose essentiellement sur la figure de Micoulin. Sa jalousie maladive et sa violence permanente installent un climat d'inquiétude qui donne parfois au récit des accents de thriller rural. Pourtant l'histoire conserve une tonalité profondément humaine ... Les personnages savent écouter, comprendre et parfois renoncer, ce qui confère au dénouement une émotion particulière.

Éric Stoffel réussit ainsi une époustouflante scénarisation BD d'une adaptation cinématographique d'un roman ... Une modernité d'un récit ancien ? "Naïs" aborde des thèmes universels qui résonnent encore aujourd'hui. L'esprit de Zola-Pagnol y est restitué avec fidélité.

 

David Ratte lui offre alors un écrin graphique séduisant et plein de sensibilité. Son trait chaleureux restitue à merveille la lumière provençale, les paysages de bord de mer et la vie des villages du Sud. Les expressions des personnages sont idéalement rendues, permettant de saisir toute la palette des sentiments qui les traversent. Les couleurs lumineuses renforcent encore l'immersion dans cette Provence chère à Pagnol.

 

Bonus non négligeable, l'album se clôture par un petit dossier sur l'adaptation cinématographique de Marcel Pagnol du roman de Zola. "Naïs - Après la guerre, le retour au cinéma". Tourné entre mai et juin 1945, il verra un casting de choix : Fernandel (Toine), Jacqueline Bouvier (Naïs), Raymond Pellegrin (Frédéric) et Henri Poupon comme le méchant de l'histoire ... Micoulin ! L'occasion d'en savoir plus sur cette étape de réécriture, de recréation d'un roman méconnu qui sent néanmoins bon le soleil et l'air de la mer.

 

 

© Affiche du film de Marcel Pagnol - 1945

 

Au final, une petite pépite portée par un dessin expressif, une narration maîtrisée et surtout l'inoubliable personnage de Toine. Probablement l'une des adaptations BD pagnolesques les plus touchantes actuellement. Une œuvre tendre, émouvante et profondément humaine, qui rappelle combien la bonté et le désintéressement peuvent être des formes de courage exceptionnelles.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Marcel Pagnol

Titre : Naïs

Auteur du roman : Emile Zola

Scénario adaptation BD : Éric Stoffel

Dessin : David Ratte

Couleurs : Atomix & David Ratte

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Genre : adaptation littéraire BD, tranche de vie, amour-amitié

Public : adulte

Parution : 1/7/2026

Format : 24,4 x 32 cm

Page : 72

ISBN : 979 1 0411 1280 7

Prix : 16,9 €



Publié le 16/07/2026.


Source : Bd-best


3-4 ans se sont écoulés depuis la parution du tome 1 ... C'est long, parfois très long mais voici enfin la suite de cette saga lovecraftienne.

 

Nous sommes le 24 janvier 1921, Arkham, Massachusetts, Nouvelle-Angleterre, côte est des Etats-Unis.

Seth Armitage reprend enfin connaissance après les terribles événements survenus lors de son expédition en Mongolie.

Pour rappel, il y était parti afin de retrouver un collègue disparu. Il en était revenu avec certaines révélations étranges et avait été engagé par l'université de Miskatonic à Arkham, la seule qui voulait encore de lui.

Marqué par un mystérieux tatouage apparu dans son dos et s'étendant lentement dans d'atroces douleurs, le professeur tente de comprendre ce qui lui arrive.

Aux côtés de la journaliste Skylark Duquesne et d'Howard Philips Lovecraft, le trio décide de se retirer à Providence, dans la maison familiale de Lovecraft.

 

 

 

Seth y découvre une statue de Cthulhu !

 

" - Voilà, c'est comme ça que Cthulhu a fini par s'installer chez moi, pourrait-on dire. Peut-être est-ce d'ailleurs grâce à lui que j'ai récupéré cette maison ...

- Comment ça ?

- Celui qui avait racheté la maison est passé à l'appartement pour un papier à signer. J'ai bien vu la tête qu'il a fait en découvrant la statue. il m'a regardé comme si j'avais la peste et, la semaine suivante, il rendait la maison. La peur que j'ai lue dans ses yeux était éloquente. Il m'avait pris pour un adepte de ce culte impie ..."

 

Il se retrouve plonger dans une nouvelle enquête qui les appelle dans l'asile d'Arkham.

Des pensionnaires dégénérés par la consanguinité, sans raison apparente, se révoltent et tuent des aides-soignantes avant de s'évader. Des âmes perdues errent sans but dans les rues ... Tout cela aurait-il un sens ou non ?

Parallèlement à ces troubles, dans les profondeurs de l'Atlantique, une menace grandit annonçant le retour de Dagon, l'un des Grands Anciens du Mythe de Cthulhu.

 

 

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026

 

Richard D. Nolane nous séduit ainsi par sa vision de l'œuvre de Lovecraft en jouant avec les éléments imaginés par l'un des grands maîtres de l'horreur.

Arkham, l'université de Miskatonic, Innsmouth, Dunwich, les cultes oubliés, les Grands Anciens et bien sûr Dagon : tous les ingrédients emblématiques sont réunis pour offrir aux lecteurs une immersion complète dans cet univers d'horreur, dans cette ambiance d'épouvante allant en crescendo avec cette descente aux enfers et ces mystères.

 

" Oui, il y a eu des civilisations non humaines, bien avant que le premier singe se soit redressé. Mais ces créatures qui se sont succédé au fil des éons avaient toutes pour point commun de vénérer des dieux immondes venus des étoiles ... et confinés sur notre planète, sous terre et dans les profondeurs océaniques. Après avoir été vaincus par d'autres entités cosmiques ... dans un combat si titanesque qu'il provoqua la disparition des dinosaures. Depuis, ces Grands Anciens, comme on les appelle, essaieraient inlassablement de manipuler à distance par le rêve les plus malfaisants individus des espèces ... qui ont régné dur la Terre, afin de provoquer leur libération des sanctuaires qui les emprisonnent à jamais ... dans un état mystérieux par-delà le mur du sommeil, mais qui n'est pas la mort. Lloigor ou Cthulhu font partie de ce panthéon, de même que Dagon."

 

L'un des aspects les plus séduisants reste l'utilisation de H. P. Lovecraft lui-même comme personnage central de l'intrigue ... devenu reporter de sa propre enquête. L'auteur devient ici acteur des événements, mêlant habilement réalité et fiction. Une idée particulièrement réussie qui offre à Nolane de multiplier les clins d'œil à la vie et à l'œuvre de l'écrivain sans que cela ne semble artificiel.

 

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026

 

Le second fil rouge est évidemment le mystère entourant le tatouage d'Armitage. Progressivement, les révélations le concernant s'accumulent et laissent entrevoir une menace qui dépasse largement les simples phénomènes surnaturels qui se déroulent à Arkham.

 

Ce deuxième volet de cette trilogie (annoncée) occupe ainsi ne position délicate. Après les révélations du premier tome, nous sommes ici face aux enjeux et à l'annonce de la confrontation finale.

Nolane calme alors le rythme de son scénario. Une place importante est consacrée à l'enquête, aux discussions, aux recherches. De multiples questions sont posées.

Que signifient les agissements des pensionnaires d'Arkham ? Pourquoi Dagon, le dieu-poisson tapi dans les profondeurs marines, semble-t-il se manifester à nouveau ? Quel rôle joue réellement Armitage dans les événements à venir ?

 

" - Et vous, professeur Armitage, quel est votre rôle exact dans cette histoire que vous accompagnez avec ce tatouage dans le dos, hein ?"

 

Cette lente montée de la tension ajoute à l'ambiance générale de ce tome. Pourtant un certain manque d'action pourrait lasser quelques lecteurs. Peu de véritables rebondissements, des protagonistes visiblement préservés momentanément de la menace surnaturelle, ... tout cela s'écarte néanmoins un rien du style lovecraftien classique.

 

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026

 

Graphiquement, Manuel Garcia livre une prestation contrastée. Sa capacité à installer une atmosphère sombre et oppressante est clairement son atout majeur. Son trait est dense.

Les décors, rues d'Arkham, scènes nocturnes, manifestations surnaturelles, ... profitent d'un traitement efficace, renforcé par la palette de couleurs mise en place par Alex Guimaraes. L'angoisse, le malaise, la peur transpirent dans chaque case.

 

Petit bémol niveau graphique néanmoins, le dessin des personnages et surtout de leur visage qui fait qu'on peut hésiter à les reconnaître.  Mais est-ce volontaire afin d'accentuer cette atmosphère de mystère et de peur latente ?

 

© Nolane - Garcia - Guimaraes - Soleil 2026

 

Bref, "L'Ombre de Dagon" plaira sans aucun doute aux fans de Lovecraft et de son univers. Le Mythe de Cthulhu y est respectueusement mis à l'honneur. Les nombreux liens entre les différentes œuvres du Maître de l'épouvante sont tissés de façon intelligente et plaisante, donnant ainsi une identité propre à la série.

L'intérêt pour l'intrigue centrale est bien maintenu. La lecture est immersive et divertissante, préparant dès lors un superbe terrain à la conclusion future ... que nous attendons avec impatience.

Petit conseil gratuit ... n'hésitez pas à relire le tome 1 afin de bien resituer chaque élément ... aucun détail n'est dû au hasard et inutile ...

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Arkham mysteries

Tome : 2 - L'Ombre de Dagon

Scénario : Richard D. Nolane

Dessin : Manuel Garcia

Couleurs : Alex Guimaraes

Éditeur : Soleil

Genre : aventure, fantastique, horreur

Parution : 22/01/2026

Page : 54

Format : 23,5 x 32,5 x 1,3 cm

ISBN : 978 2 3020 9301 0

Prix : 15,95 €



Publié le 15/07/2026.


Source : Bd-best


"Je m'appelle Mattéo Grandpierre. J'ai perdu mon père il y a 3 mois.

J'ai perdu mon père il y a 3 mois et je m'en fous. Ça ne m'a pas affecté. Rien.

Ça a été comme assimiler une information froide, distante, un truc à classer dans un coin de mon hémisphère droit. Et rien de plus.

L'amour filial n'a jamais été un sentiment particulièrement développé dans la famille."

 

C'est ainsi que Mattéo, accompagné de 2 amis, Victor et Lennon, que la passion de la musique unit, prend la route du Pays basque, pour la région de Saint-Jean-de-Luz. Ensemble, leur escapade prend rapidement une tournure autre que prévue. Il s'agit de vider la maison paternelle afin de pouvoir la mettre en vente.

Cette maison ne représente rien aux yeux de Mattéo. C'est celle d'un père qu'il n'a pas vraiment connu car il a abandonné le foyer familial alors que Mattéo n'était encore qu'un enfant.

 

 

 

" - Il a été enterré, ton père ? Ou il voulait être incinéré ?

- C'est une bonne question. Je ne sais même pas. Je me suis tenu à distance ...

- Genre, le fils qui s'intéresse ..."

 

Vidé cette maison, celle d'un quasi "inconnu", où aucun souvenir personnel n'existe, est dès lors une mission bien particulière. Convaincu de ne rien ressentir dans cette tâche, il y va comme un "étranger". Pour lui, cette page "paternelle" est tournée depuis déjà bien longtemps. Par conséquent, il ne craint nullement cette confrontation émotionnelle avec le passé d'un homme qui n'a jamais rien représenté pour lui.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

Mais voilà que le lendemain de leur arrivée, un mystérieux post-it est collé sur un miroir de la salle de bain : "Je suis toujours en vie". Qui l'a écrit ? Pourquoi ? Matéo l'ignore. Cela l'intrigue d'autant plus que le phénomène se reproduit les jours suivants. Un peu comme si le passé refusait de s'éteindre, comme si une présence invisible refusait de disparaître.

 

Dès lors, ce vide-maison va se transformer en un voyage dans le passé ... le passé d'un homme dont il ignore tout finalement ... son père.

Commence une aventure humaine faite de rencontres, de musique, de doutes ... et surtout de remises en question ... Mattéo voit ses certitudes sur cet homme s'effondrer !!! Qui était-il réellement ?

Un regard nouveau voit le jour et l'incite à s'interroger sur ce que nous héritons de ceux qui ont pourtant brillé par leur absence.

 

"Il y a le temps qui passe et ce n'est souvent qu'après qu'on réalise que c'étaient de beaux moments. Ils nous échappent."

 

Jim nous plonge à nouveau dans un scénario subtil mêlant deuil et filiation. Un récit, comme souvent avec lui, intimiste qui évite cependant les écueils classiques des histoires de ce genre. La mort du père ne provoque ici ni effondrement émotionnel, ni débordement mélodramatique. Mattéo se trouve en effet devant une question simple : comment faire le deuil d'un absent dans sa vie ?

Là est donc la véritable ossature de ce récit. Tourner la page n'est pas le seul objectif de Mattéo : tenter de comprendre ce qui le relie à cet homme qu'il imaginait avoir effacé de son existence.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

L'album explore alors avec finesse les non-dits familiaux, les occasions manquées et les blessures silencieuses qui se transmettent parfois de génération en génération. Par son Mattéo, Jim nous livre une personnalité tortueuse qui en cherchant la réponse à ces post-it va découvrir son autre famille.

 

Le récit ne se limite toutefois pas uniquement à cette relation non vécue père-fils. Un second thème transparaît rapidement : celui de l'amitié ! L'amitié entre les 3 amis, Mattéo, Victor et Lennon sont liés par une fidélité touchante et une spontanéité qui apportent chaleur et humanité à l'ensemble de ce périple autant extérieur qu'intérieur. Leurs échanges, tantôt drôles, tantôt tendres ou maladroits, resitue avec justesse la complicité qui unit ces jeunes adultes en quêtes de repères

 

Jim en profite ainsi pour aborder une autre de ses thèmes de prédilection : une réflexion sur le passage à l'âge adulte. Si chacun poursuit ses propres aspirations, percer dans la musique, trouver l'âme sœur ou simplement donner un sens à sa vie ! Entre errances estivales et questionnements existentiels, les protagonistes avancent à l'aveuglette, sans certitudes. Ils évoluent entre insouciance de leur âge et responsabilités futures d'adultes en devenir.

 

La narration adopte ainsi volontairement un rythme contemplatif. Plus qu'une intrigue menée tambour battant, l'album se construit à travers une succession d'instants de vie, de rencontres et de silences. Cette approche confère au récit une authenticité particulière et permet aux émotions d'émerger naturellement.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

Cependant, cette magie narrative n'atteindrait pas son summum s'il n'y avait le remarquable travail graphique de Laurent Bonneau. Une extrême sensibilité, son dessin joue un rôle majeur dans l'identité de l'œuvre. Un trait réaliste, empreint d'une certaine liberté visuelle, donne une approche picturale à la mise en page. Chaque planche, chaque case est conçue comme un tableau où la lumière et les couleurs renforcent l'atmosphère de quête d'identité de Mattéo.

 

Par ses teintes dominantes oscillant entre les jaunes, les ocres et les orangés, l'album est enveloppé dans cette ambiance chaleureuse, lumineuse et mélancolique. Le Pays basque, théâtre de cette quête, apparaît comme un décor suspendu dans le temps ... symbolisant clairement le passage entre ces 2 âges, ces 2 stades de la vie ! La fin de l'une pour le commencement de l'autre !

 

Nous vivons tout cela au travers les expressions faciales fascinantes des différents protagonistes. Leurs émotions transpercent les gros plans, traduisant avec force les doutes, hésitations, fragiles élans d'espoir de chacun. Les cases silencieuses sont aussi parlantes que le moindre des dialogues.

Par cette mise en scène aérée, les grands espaces, les paysages donnent une ampleur incroyable à la narration.

 

© Jim - Bonneau - Grand Angle 2026

 

Bref, œuvre profondément humaine, abordant avec une grande délicatesse les thèmes du deuil, de la mémoire, de la transmission, Jim et Laurent Bonneau privilégient les nuances et les non-dits.

Une réflexion sur les liens familiaux, portée par des personnages attachants et proches de chacun, rend cette lecture à la fois vivante et émouvante.

 

"Et si la mort vous écrivait sur des post-it, que vous dirait-elle ?" 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Les Adieux ne meurent jamais

Scénario : Jim

Dessin & couleurs : Laurent Bonneau

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Genre : roman graphique

Thèmes : deuil, famille, quête de son passé, amitié

Public : ado - adulte

Parution : 1/7/2026

Format : 22,1 x 29,9 cm

Page : 328

ISBN : 979 1 0411 1776 5

Prix : 29,9 €



Publié le 14/07/2026.


Source : Bd-best


Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini 1 – La poupée sans tête

"-Comment se passait le tournage ?

-Comme tous les tournages. Heureusement y a Lino. Avec lui, tout se passe toujours bien.

-Dites-moi, en tant que commissaire Maigret…

-Occasionnel, cher confrère…

-…vous y croyez à l’accident ?

-Non. L’histoire ne tient pas debout. On ne mélange pas les balles comme ça. La gamine, on l’a tuée volontairement !... Et j’espère que vous allez rapidement le choper, le foutu salopard qui a fait le coup !"

 

 

 


                Le train d’Amsterdam approche de la gare parisienne. A l’intérieur, les voyageurs commencent à rassembler leurs bagages. Mylène se remaquille puis referme son sac dans lequel on peut apercevoir une poupée. En quittant son compartiment, elle remarque deux hommes se dirigeant vers elle. Elle prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Ils la poursuivent sur les rails, puis la retrouvent dans un hangar désaffecté où des complices à elle lui tirent dessus afin qu’elle ne soit pas capturée vivante par la police. Mylène était agent de liaison, passeuse entre la France et les Pays-Bas, transférant des diamants dissimulés sur elle ou dans des poupées. Tout cela est l’extrait d’un film en tournage avec Jean Gabin et Lino Ventura. Le problème, c’est que l’actrice qui tenait le rôle de Mylène est vraiment morte. C’était une balle réelle dans le revolver fourni par l’accessoiriste.

 

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir


                Le réalisateur et producteur du film montre les rushs du tournage au Commissaire Raffini et à sa nouvelle collègue l’inspectrice Renaud, qui l’accompagne depuis le départ en retraite de l’inspecteur Morlaine. Pendant que Raffini part interroger les deux acteurs stars Gabin et Ventura, son acolyte se charge de Raturin, le comédien qui tenait l’arme du crime. Raffini va rapidement se rendre compte que la petite n’est pas une gamine à protéger mais bel et bien une collègue qui a du flair et de la ressource. Ce n’est pas elle qui va tourner de l’œil à la vue d’un cadavre. Si le film s’appelle La poupée sans tête, elle, elle l’a bel et bien sur les épaules.

 

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir


                En 1980, paraissait aux Humanoïdes associés un album aujourd’hui devenu culte signé Rodolphe et Jacques Ferrandez : L’homme au Bigos. Il deviendra plus tard le premier tome des enquêtes du commissaire Raffini. Celui qui n’a pas encore connu le succès avec Carnets d’Orient dessine les quatre premiers tomes avant de passer la main à Christian Maucler. Rodolphe prend le costume de Simenon. Les enquêtes ont la saveur de celles de Maigret, avec un peu plus de peps quand même, ce n’est pas difficile. Quarante-six ans et neuf éditeurs différents plus tard, un record, le policier est toujours au rendez-vous, avec une nouvelle associée, féminisation des personnages principaux oblige.

 

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir


                Après Scapola, les éditions du Tiroir permettent à Raffini de revenir pour de nouvelles enquêtes, dans son jus du début des années 70-80. Rien n’est plus efficace que le classique.

 

Laurent Lafourcade

 


 

Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini

Tome : 1 – La poupée sans tête

Genre : Polar

Scénario : Rodolphe

Dessins & Couleurs : Christian Maucler

Éditeur : Le Tiroir

ISBN : 9782931251423

Nombre de pages : 48

Prix : 16 €

 



Publié le 12/07/2026.


Source : Boulevard BD


Spirou 4603/4604 – 1er Juillet 2026

 

 

Passez un été tranquille avec Gaston

 

 

 

 

 

 


Gaston annonce la couleur : les vacances et le farniente sont annoncés. Le traditionnel double numéro Spirou spécial été est arrivé, avec des cartes postales poilantes signées Erre et Fabcaro. On savait bien que les Fabrice n’allaient pas nous laisser tomber. Trois séries à suivre débarquent dans ce numéro : Les cavaliers de l’apocadispe, Les tuniques bleues et la toute nouvelle création signée Jousselin et Nicoby : Les nouvelles aventures de Max Beaumont (alors qu’il n’en a jamais vécu d’anciennes). N’oublions pas le méga cahier jeux, ainsi qu’une histoire de stagiaire qui se déroule au fil du numéro.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Erre, Fabcaro - Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer

Libon

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Récits complets :

 

Attila : Chapitre 9 : Les vacances

L’Abbé

Check en bois

Pomès

Family Life

Louis

Perdus au camping

Pochep / Mandel / Chesneau

Sauvages (Les)

Delinte / Sowa

Stagiaire (Le)

Fabcaro / Erre / Greff / Bernstein / Moog / Feroumont / Gorobei / Deglin / Cerq. / Perez / Dutreix

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Cédric

Laudec / Leonardo

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’)

De Poortere

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Freuby (Le) (La pause-cartoon)

Gally

Game over

Adam / Patelin / BenBK

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston (x 3)

Delaf / Trondheim / BenBK

Gelatissimo (x  4)

Goum / Lapuss’

Huguette & Croquette

Théoschu

Kid Paddle

Midam / Dairin / Angèle

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Marsupilamis (Les)

Goum

Nelson

Bertschy

Pernille

Trichet / Dav / Esteban

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Tash & Trash (La pause-cartoon) 

Dino  

Titan Inc.

Boisteau /Martin

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

Cahier de jeux

Casters / Garouste / Lerouge / Waltch / Antoine / Morin / Priou (?)

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteurs, Podcast – Radio Fantasio & Abonné de la semaine)

Bercovici / Batem

En direct du futur : Spirou monte le son

 

Grand concours de l’été (Le)

Lécroart

Interview

Jousselin / Nicoby

Jeu : Les Tuniques bleues présentent… L’amour est dans le dé

Neidhardt / Lambil

Spirou et vous

Jousselin

Ta leçon de BD

Marko

Vacances de Jeanne (Les)

Trondheim / Delaf

 

 

En kiosques et librairies le 1er Juillet 2026

4,50 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 05/07/2026.


Source : Boulevard BD


Durbuy BD Strip Festival

 

Les 4 et 5 juillet 2026, la plus petite ville du monde se transforme en véritable capitale de la bande dessinée à l’occasion du Durbuy BD Strip Festival !
Cette édition exceptionnelle célébrera les 80 ans de Blake & Mortimer à travers un week-end unique placé sous le signe de la passion, de la découverte et de la convivialité

 


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 04/07/2026 au 05/07/2026.

Publié le 03/07/2026.


Source : Bd-best


Ommegang 2026 ... une 96e édition entre tradition et innovation, un voyage dans l'Histoire de Bruxelles

 

Chaque été, pour débuter en beauté les vacances, au cœur de Bruxelles, il y a un moment presque suspendu où la ville semble se souvenir de ce qu'elle a été. L'Ommegang fait partie de ces instants rares, où l'Histoire ne reste pas enfermée dans les livres mais au contraire, descend dans la rue, prend forme, et nous entoure.

En 2026, comme chaque année, cette parenthèse hors du temps revient d'ici quelques heures, avec ses 2 grandes soirées des 1er et 3 juillet sur la Grand-Place, véritables temps forts d'une fête qui mêle mémoire, spectacle et émotion.

 

 

 

 

Ce qui frappe d'abord avec cet événement unique au monde, c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'un "spectacle" ou d'un joli folklore. Son histoire remonte loin, très loin, au XIVe siècle, lorsqu'il s'agissait d'une procession religieuse dédiée à Notre-Dame du Sablon. A l'époque, Bruxelles exprimait sa foi et son identité en marchant, en se rassemblant, en célébrant une protection commune. Puis au fil des siècles, cette procession a évolué, s'est transformée, a disparu un temps avant de renaître au XXe siècle sous une nouvelle forme : celle d'une reconstitution historique.

 

 

© Photos : Thierry Ligot 2023

 

Depuis 1930, l'Ommegang raconte surtout un moment précis et prestigieux, l'entrée de Charles Quint dans la ville le 2 juin 1549, accompagné de son fils, le futur Philippe II, dans une démonstration de puissance et de faste.

 

Aujourd'hui, ce passé s'incarne à travers un événement reconnu au plus haut niveau, puisqu'il est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Mais au-delà des distinctions, c'est surtout une tradition vivante, transmise par des passionnés, des bénévoles, des familles entières qui, année après année, endossent des costumes, répètent des gestes et récréent un monde disparu.

 

Dès que nous nous approchons du Sablon pendant ces quelques jours de fête, nous comprenons que l'Ommegang commence bien avant le spectacle du soir. Le village "Renaissance" s'y installe, comme un prélude. Nous y flânons entre les étals d'artisans, nous observons des démonstrations de métiers anciens, nous entendons le choc des armes lors de combats de chevaliers, ...

Il y a quelque chose de simple et de chaleureux dans cette partie-là de l'événement : nous y prenons le temps, nous regardons, nous nous laissons surprendre par cette féérie moyenâgeuse. Un voyage dans le temps plus qu'une simple curiosité ... un émerveillement assuré pour les plus jeunes comme les adultes.

 

 

© Photos : Thierry Ligot 2023

 

Et puis vient le moment où l'ambiance change doucement : la ville commence à se concentrer, à attendre. Les soirées des 1er et 3 juillet sont les véritables apogées de l'Ommegang. Dès la fin de journée, les spectateurs se dirigent vers la Grand-Place, tandis que plus loin, les groupes se rassemblent, se préparent, ajustent leur costume, se mettent en place ... La tension commence petit à petit à monter, le stress aussi pour certains reconstituants.

 

Vers 20h45, le cortège se met lentement en route. Environ 1.400 participants pour une procession hors norme, mêlant cavaliers, archers, porteurs de drapeaux, géants folkloriques et représentants des anciennes corporations. Particularité, plus de cent représentants de l'aristocratie belge joueront le rôle de leurs ancêtres ! Traditions et honneurs ...

Pour la seconde année consécutive, le Prince de Mérode aura l'honneur de se glisser dans la peau de Charles Quint.

Dans ce parcours allongé cette année, afin d'y inclure un passage à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule pour ses 800 ans, 3,4 km de richesse visuelle offrant un sentiment de cohérence, de splendeur et de gloire passée. Rien n'est laissé au hasard : les tissus, les couleurs, les musiques, les chars, ... tout participe à cette même volonté de raconter l'Histoire, de la faire vivre aux spectateurs.

 

 

© Photos : Thierry Ligot 2023

 

Pour ajouter à la féérie du cortège, la Grand-Place elle-même se transforme en décor théâtral, une scène plus authentique que possible. Musique, lumière, narration, ... tout se mélange dans un tableau vivant des plus réalistes.

Pour les Bruxellois, les touristes de passage ou non, l'Ommegang est clairement plus qu'une simple reconstitution historique. C'est une manière vivante de raconter l'histoire de Bruxelles autrement, de rappeler que la ville s'est construite par couches successives, par traditions, rencontres et ouvertures.

 

Loin de suivre un canevas "figé", l'Ommegang, tout en respectant scrupuleusement les grandes lignes de sa tradition, sait également innover, se moderniser. Cette année encore quelques nouveautés viendront illuminer les festivités.

D'abord, un nouveau Géant : Contios ... Venu de Kontich, il illuminera la fin du cortège en y apportant un brin de modernité assumée, symbolisant ainsi le retour au présent.

Côté pyrotechnique, Pyronix-Production nous promet également quelques surprises et évolutions, ceci notamment dans un esprit plus respectueux de la nature.

 

 

© Photos : Thierry Ligot 2023

 

Dans le cadre des 160 ans de relations bilatérales avec la Belgique, c'est le Japon qui sera à nouveau le pays hôte. Ce sera la seconde fois que le Pays du Soleil Levant aura cet honneur ... fait unique dans l'histoire de l'Ommegang.

Un juste retour des choses qui fait suite à la participation de l'Ommegang à l'Exposition universelle d'Osaka l'an dernier. Un avant-spectacle inédit sera proposé au public. Il célèbrera la richesse, le raffinement et l'élégance de la culture ancestrale japonaise.

 

"Quand on sait d'où on vient, on sait où on va."

 

L'Ommegang 2026 promet ainsi d'être une fois encore un spectacle grandiose, fidèle à son histoire et tourné vers le public d'aujourd'hui.

Que ce soit pour son cortège impressionnant, ses animations au Sablon ou ses 2 soirées magiques, cet événement reste une célébration incontournable de l'identité bruxelloise. En y assistant, on ne fait pas que regarder le passé ... on le vit !

 

 

 

© Photos : Thierry Ligot 2026

 

Pour la 10e année consécutive, Thomas de Bergeyck officiera comme "Maître de cérémonie".

Il sera encadré par Bert Kruismans et Janelle Vanes dans le rôle d'orateur. Cette dernière nous a, par ailleurs, accordé une petite interview pour nous parler de son rôle et de la façon dont elle le voit (voir lien ici).

Bart Van Loo entrera dans le costume de héraut.

 

" L'Histoire ne se lit pas seulement. L'Histoire cela se sent aussi ! Et l'Ommegang, c'est cela !"

 

Le ténor Sébastien Romignon Ercolini et la mezzo-soprano Isabelle Everarts de Velp prêteront leur voix à la partie musicale du spectacle.

La mise en scène sera assurée par un duo inédit, Francis Mannaert et Thierry Bourgeois.

 

Pour notre part, nous serons particulièrement attentifs à la "prestation" de notre ami Fred Jannin. Il prêtera son crayon, son regard acéré et son humour belgo-belge tantôt absurde, tantôt irrévérencieux

La coordination générale de l'ensemble est à nouveau orchestrée par Maria-Pia Pastorelli et son complice de longue date, Daniel Huyberechts.

 

 

© Photos : Thierry Ligot 2026

 

Pour toutes autres infos pratiques, le très riche programme complet de chaque jour et la vente des tickets, voir le site de l'Ommegang : www.ommegang.be

 

 

 

Thierry Ligot


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 01/07/2026 au 03/07/2026.

Publié le 29/06/2026.


Source : Bd-best


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