Flux RSS
"-Comment se passait le tournage ?
-Comme tous les tournages. Heureusement y a Lino. Avec lui, tout se passe toujours bien.
-Dites-moi, en tant que commissaire Maigret…
-Occasionnel, cher confrère…
-…vous y croyez à l’accident ?
-Non. L’histoire ne tient pas debout. On ne mélange pas les balles comme ça. La gamine, on l’a tuée volontairement !... Et j’espère que vous allez rapidement le choper, le foutu salopard qui a fait le coup !"
Le train d’Amsterdam approche de la gare parisienne. A l’intérieur, les voyageurs commencent à rassembler leurs bagages. Mylène se remaquille puis referme son sac dans lequel on peut apercevoir une poupée. En quittant son compartiment, elle remarque deux hommes se dirigeant vers elle. Elle prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Ils la poursuivent sur les rails, puis la retrouvent dans un hangar désaffecté où des complices à elle lui tirent dessus afin qu’elle ne soit pas capturée vivante par la police. Mylène était agent de liaison, passeuse entre la France et les Pays-Bas, transférant des diamants dissimulés sur elle ou dans des poupées. Tout cela est l’extrait d’un film en tournage avec Jean Gabin et Lino Ventura. Le problème, c’est que l’actrice qui tenait le rôle de Mylène est vraiment morte. C’était une balle réelle dans le revolver fourni par l’accessoiriste.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir
Le réalisateur et producteur du film montre les rushs du tournage au Commissaire Raffini et à sa nouvelle collègue l’inspectrice Renaud, qui l’accompagne depuis le départ en retraite de l’inspecteur Morlaine. Pendant que Raffini part interroger les deux acteurs stars Gabin et Ventura, son acolyte se charge de Raturin, le comédien qui tenait l’arme du crime. Raffini va rapidement se rendre compte que la petite n’est pas une gamine à protéger mais bel et bien une collègue qui a du flair et de la ressource. Ce n’est pas elle qui va tourner de l’œil à la vue d’un cadavre. Si le film s’appelle La poupée sans tête, elle, elle l’a bel et bien sur les épaules.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir
En 1980, paraissait aux Humanoïdes associés un album aujourd’hui devenu culte signé Rodolphe et Jacques Ferrandez : L’homme au Bigos. Il deviendra plus tard le premier tome des enquêtes du commissaire Raffini. Celui qui n’a pas encore connu le succès avec Carnets d’Orient dessine les quatre premiers tomes avant de passer la main à Christian Maucler. Rodolphe prend le costume de Simenon. Les enquêtes ont la saveur de celles de Maigret, avec un peu plus de peps quand même, ce n’est pas difficile. Quarante-six ans et neuf éditeurs différents plus tard, un record, le policier est toujours au rendez-vous, avec une nouvelle associée, féminisation des personnages principaux oblige.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir
Après Scapola, les éditions du Tiroir permettent à Raffini de revenir pour de nouvelles enquêtes, dans son jus du début des années 70-80. Rien n’est plus efficace que le classique.
Laurent Lafourcade
Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini
Tome : 1 – La poupée sans tête
Genre : Polar
Scénario : Rodolphe
Dessins & Couleurs : Christian Maucler
Éditeur : Le Tiroir
ISBN : 9782931251423
Nombre de pages : 48
Prix : 16 €
Passez un été tranquille avec Gaston
Gaston annonce la couleur : les vacances et le farniente sont annoncés. Le traditionnel double numéro Spirou spécial été est arrivé, avec des cartes postales poilantes signées Erre et Fabcaro. On savait bien que les Fabrice n’allaient pas nous laisser tomber. Trois séries à suivre débarquent dans ce numéro : Les cavaliers de l’apocadispe, Les tuniques bleues et la toute nouvelle création signée Jousselin et Nicoby : Les nouvelles aventures de Max Beaumont (alors qu’il n’en a jamais vécu d’anciennes). N’oublions pas le méga cahier jeux, ainsi qu’une histoire de stagiaire qui se déroule au fil du numéro.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Erre, Fabcaro - Dupuis
Histoires à suivre :
|
Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer |
Libon |
|
Max Beaumont : Imbroglio météo |
Nicoby / Jousselin / Croix |
|
Spirou & Fantasio : Capsule temporelle |
Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky |
|
Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide |
Lambil / Neidhardt / Léonardo |
Récits complets :
|
Attila : Chapitre 9 : Les vacances |
L’Abbé |
|
Check en bois |
Pomès |
|
Family Life |
Louis |
|
Perdus au camping |
Pochep / Mandel / Chesneau |
|
Sauvages (Les) |
Delinte / Sowa |
|
Stagiaire (Le) |
Fabcaro / Erre / Greff / Bernstein / Moog / Feroumont / Gorobei / Deglin / Cerq. / Perez / Dutreix |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
|
Cédric |
Laudec / Leonardo |
|
Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
|
Ecole des mauvais parents (L’) |
De Poortere |
|
Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons |
Muñoz / Thibaut-Jouvray |
|
Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
|
Filles (Les) |
Nob |
|
Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
|
Game over |
Adam / Patelin / BenBK |
|
Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest |
Gorobei / Ced |
|
Gaston (x 3) |
Delaf / Trondheim / BenBK |
|
Gelatissimo (x 4) |
Goum / Lapuss’ |
|
Huguette & Croquette |
Théoschu |
|
Kid Paddle |
Midam / Dairin / Angèle |
|
Manoir à louer |
Juanungo / Trondheim |
|
Marsupilamis (Les) |
Goum |
|
Nelson |
Bertschy |
|
Pernille |
Trichet / Dav / Esteban |
|
Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
|
Tash & Trash (La pause-cartoon) |
Dino |
|
Titan Inc. |
Boisteau /Martin |
|
Working dead |
Lory / Dubuisson / Chesneau |
Rubriques :
|
Cahier de jeux |
Casters / Garouste / Lerouge / Waltch / Antoine / Morin / Priou (?) |
|
En direct de la rédac (dont Courrier des lecteurs, Podcast – Radio Fantasio & Abonné de la semaine) |
Bercovici / Batem |
|
En direct du futur : Spirou monte le son |
|
|
Grand concours de l’été (Le) |
Lécroart |
|
Interview |
Jousselin / Nicoby |
|
Jeu : Les Tuniques bleues présentent… L’amour est dans le dé |
Neidhardt / Lambil |
|
Spirou et vous |
Jousselin |
|
Ta leçon de BD |
Marko |
|
Vacances de Jeanne (Les) |
Trondheim / Delaf |
En kiosques et librairies le 1er Juillet 2026
4,50 €
Laurent Lafourcade
Du football et un fin limier
« -Ladies and gentlemen, aujourd’hui est un grand jour…
-Pourquoi le président Mears nous convoque-t-il ?
-Hum ! Vous êtes au courant que la coupe du monde, c’est chez nous, dans 4 mois ?! »
20 mars 1966, à Londres, au milieu de timbres rares, le Central Hall Stampex expose la coupe Jules Rimet qui sera remise à l’équipe qui remportera la Coupe du monde de football accueillie en Angleterre. Ce jour-là, peu avant la fermeture de la mi-journée, le trophée est volé par un visiteur. Quelques jours plus tôt, David Corbett promène son chien Pickles dans le quartier de South Norwood. Dans les terrains vagues, le foot est l’activité exclusive des bandes de gamins. Dans les bars, on attend la composition de l’équipe nationale. Au siège de la fédération, on accueille avec fierté la coupe venue d’Amérique du Sud et jusqu’alors détenue par le Brésil.
© Bazile, Magne – Editions du TiroirLe jour crucial du 20 mars, le symbole de la victoire est donc subtilisé. Où est passé le trophée Jules Rimet ? La police est sur les dents. Le pays risque d’être la risée du monde entier. Le président du Brésil assure qu’un tel événement n’aurait jamais pu arriver dans son pays. Scotland Yard ne tarde pas à recevoir une demande de rançon de 15 000 livres sterling. Le butin doit être récupéré dans un parc de la ville où se baladent David et Pickles. En s’enfuyant, le ravisseur va commettre une erreur. Le héros du jour pourrait bien être inattendu.
© Bazile, Magne – Editions du TiroirAprès L’espion qui a piégé Hitler, Le miracle de Noël et Le procès de la ministresse, On a volé la coupe du monde 1966 est la quatrième adaptation de L’heure H, un podcast sur l’histoire de la RTBF dans lequel Jean-Louis Lahaye raconte des histoires criminelles, des affaires mystérieuses, des grandes découvertes et des exploits humains dans cette heure H. L’heure H, c’est l’heure cruciale. C’est aussi des destins et des vies racontées. En quatrième de couverture de l’album, un QR code renvoie sur la page du podcast. Le lien suivant vous y envoie également : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/lheure-h/id1641700349. Le solide et vintage Bruno Bazile adapte cette histoire avec toute l’élégance de son trait à qui le côté british va très bien.
© Bazile, Magne – Editions du Tiroir
Alors que le monde a les yeux tournés vers la coupe du monde de football 2026, il y a 60 ans, l’Histoire de ce sport a connu une anecdote au dénouement bien cocasse qui est racontée dans cette Heure H.
Laurent Lafourcade
Série : L’heure H
Tome : 4 – On a volé la coupe du monde 1966
Genre : Histoire
Scénario & Dessins : Bruno Bazile
Couleurs : Yves Magne
Éditeur : Editions du Tiroir
ISBN : 9782931251447
Nombre de pages : 48
Prix : 16 €
Spirou et Fantasio tombent de haut !
En voilà une bonne idée ! Quand Franquin dessinait les aventures de Spirou et Fantasio, elles étaient publiées à raison de une seule planche par semaine. Fidèle à ses défis, Trondheim s’est demandé « Pourquoi pas moi ? » Dessinée par son complice Juanungo, Capsule temporelle commence par une introduction en quatre planches et se poursuivra à raison d’une seule par semaine pour les 36 numéros suivants.
A part ça, la fin de la superbe histoire Si je t’écris, signée Bodart et Zabus,côtoie le huitième chapitre d’Attila par L’Abbé.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Juanungo, Trondheim - Dupuis
Histoires à suivre :
|
Orbit |
Petrossi |
|
Si je t’écris… |
Bodart / Zabus |
|
Spirou & Fantasio : Capsule temporelle |
Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky |
Récit complet :
|
Attila : Chapitre 8 : La pause |
L’Abbé |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
|
Boulette |
Picault / Trondheim / Findakly |
|
Capitaine Anchois |
Floris |
|
Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
|
Ecole des mauvais parents (L’) |
De Poortere |
|
Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Elliot au collège |
Grosjean / Mallo |
|
Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
|
Filles (Les) |
Nob |
|
Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
|
Game over |
Adam / Patelin / BenBK |
|
Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest |
Gorobei / Ced |
|
Kid Paddle |
Midam / Dairin / Patelin / Angèle |
|
Nelson |
Bertschy |
|
Pernille |
Trichet / Dav / Esteban |
|
Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
|
Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac) |
Libon / Salma |
|
Titan Inc. |
Boisteau /Martin |
|
Willy Woob |
Moog / Bernstein |
|
Working dead |
Lory / Dubuisson / Chesneau |
Rubriques :
|
En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine) |
Saive / Bercovici / Theoschu |
|
En direct du futur : Le gai savoir : le cheval, Les tuniques bleues 70 |
|
|
Interview |
Trondheim / Juanungo |
|
Jeux : On a volé la Turbotraction |
Rich |
|
Prochainement dans Spirou : Imbroglio météo |
Nicoby / Jousselin |
|
Spirou et moi |
Juanungo |
En kiosques et librairies le 24 Juin 2026
3,20 €
Laurent Lafourcade
Orbit le coq de combat venu des étoiles
On n’est pas chez KFC, mais y’a du poulet ! Celui-ci vient de l’espace. Il s’appelle Orbit et c’est le nouveau personnage de Petrossi dans un graphisme type Disney branché sur du 220. Qui est-il ? D’où vient-il ? Quelles sont les forces et les faiblesses de ce coq de combat ? La dictature porcine peut d’ores et déjà numéroter ses abatis ! Orbit débarque pour une histoire à suivre en deux petits épisodes, le temps de faire connaissance.
Côté récits complets, un doublé de Au coin de ma rue, exercice de style signé Zabus et Turon, est présent sous les crayons de Debon et Itoiz.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Petrossi - Dupuis
Histoires à suivre :
|
Orbit |
Petrossi |
|
Si je t’écris… |
Bodart / Zabus |
|
Starlight 1 : Partie 1 |
Cardona / Torta |
Récits complets :
|
Au coin de ma rue : Le fils du menuisier |
Debon / Zabus / Turon |
|
Au coin de ma rue : Ginette la bicyclette |
Itoiz / Zabus / Turon |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
|
Boulette |
Picault / Trondheim / Findakly |
|
Capitaine Anchois |
Floris |
|
Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
|
Ecole des mauvais parents (L’) |
De Poortere |
|
Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Elliot au collège |
Grosjean / Mallo |
|
Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
|
Filles (Les) |
Nob |
|
Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
|
Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest |
Gorobei / Ced |
|
Huguette & Croquette |
Théoschu |
|
Kid Paddle |
Midam / Dairin / Benz / Angèle |
|
Manoir à louer |
Juanungo / Trondheim |
|
Nelson |
Bertschy |
|
Pernille |
Trichet / Dav / Esteban |
|
Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
|
Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac) |
Libon / Salma |
|
Titan Inc. |
Boisteau /Martin |
Rubriques :
|
En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine, 3 infos 2 vraies 1 fausse) |
Saive / Bercovici |
|
En direct du futur : Spirou débarque au parc |
|
|
Interview |
Petrossi |
|
Jeux : Space Rooster 1 |
Joan |
|
Leçon de BD (La) |
Colpron |
En kiosques et librairies le 17 Juin 2026
3,20 €
Laurent Lafourcade
" - Pour le "Voyage", j'avais eu le Prix Femina ! Là, tu ne m'as décroché aucune sélection.
- Tu sais bien que ça ne marche pas comme ça. C'était il y a quinze ans, Lambert. Aujourd'hui, tu es trop vieux pour intéresser les critiques, mais pas encore assez pour que l'on te redécouvre.
- Quel sens de la formule ! Tu aurais dû faire carrière dans la pub.
- J'y songe parfois ..."
Pas évident alors de se refaire une place en haut des meilleures ventes littéraires ! Le succès et les best-sellers sont désormais du passé pour Lambert, romancier ayant connu son heure de gloire 15 ans auparavant !
Cherchant désespérément à se refaire, il enchaîne malheureusement les échecs avec ses romans. Ceci à un tel point, que son nouveau roman, "Itinéraires occultes", passe totalement inaperçu ! Quant à son dernier manuscrit, c'est carrément son éditrice qui l'incendie.
"Encore une chose, Lambert : les livres ne sont nécessaires qu'à leurs auteurs ... et, dans des rares cas, à leurs éditeurs. Mon père n'en a jamais ouvert un seul, de toute son existence ... Et je t'assure qu'il avait l'air heureux. Tu sais ce qu'est un bon livre ? C'est celui qui me permet de prendre congé de moi-même."
Une conclusion s'impose : Lambert Deville est complétement dépassé et au fond du trou ... de l'inspiration littéraire.
Et pour comble de tout, sa compagne, Sophie, le plaque ... marre de supporter sa déprime d'auteur depuis des années, marre d'avoir l'impression de s'occuper d'un vieillard !

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Il décide alors de partir se réoxygéner seul à bord de son voilier. Une croisière en solitaire en méditerranée afin de se retrouver. Son moral remonte et c'est alors que ...
On retrouve son bateau à la dérive ... Mais pas de Lambert à bord ! La nouvelle fait l'effet d'une bombe dans toutes les salles d'infos. Le milieu littéraire s'émeut de cette disparition. Son éditrice n'a pas de mots pour l'encenser et vanter ses qualités, son talent, ...
"Un grand auteur ne meurt jamais, ses mots sont éternels"
Il repasse de totalement invisible à auteur célèbre. Ses ventes explosent, sa côté crève les plafonds ... et son éditrice est aux anges.
Pourtant, Lambert n'est pas mort. Il a simplement décidé de "disparaître" et de se refaire loin de son statut "d'auteur has been" dans une île grecque.
Voyant tout cela de loin, Lambert jubile de ce succès "post mortem" qui lui était "refusé" de son "vivant". Libéré de son identité et muni d’un mystérieux trésor, il profite de sa nouvelle existence loin du tumulte.
Cependant, cette parenthèse idyllique peut aussi connaître quelques inconvénients ! En effet, il s'en amuse moins lorsqu'il apprend que son ancien assistant tente de s’approprier son œuvre. Et les soucis ne s'arrêtent pas là quand certaines personnes débarquent sur son île et s'intéressent d'un peu trop près à l'origine de son pactole.
Lambert doit alors faire face aux conséquences de sa propre disparition et aux dangers qui menacent sa nouvelle existence.
"Le bonheur est l'ennemi du romanesque."

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Avec "Tourner la page", Zep confirme avec éclat son virage vers une œuvre adulte, intime et lucide. Loin de l’univers de "Titeuf", il propose ici un récit à la fois introspectif et satirique, centré sur la figure d’un écrivain en déclin confronté à une question vertigineuse : faut-il mourir pour exister aux yeux des autres ?
Le point de départ, aussi simple que redoutable, fonctionne parfaitement. En orchestrant sa propre disparition, Lambert Deville observe avec ironie le succès posthume qui lui échappait de son vivant. À travers cette situation, Zep livre une critique acérée du monde éditorial, où opportunisme, récupération et hypocrisie dictent souvent la valeur d’une œuvre. Le regard est lucide, parfois cruel, et trouve un écho particulier dans le narcissisme du personnage principal, aussi pathétique que profondément humain.

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Le récit séduit par son efficacité narrative : rythmé, ponctué de retournements, il glisse progressivement du drame intime vers une mécanique plus tendue, flirtant avec le thriller moral. Si certaines évolutions restent prévisibles, l’ensemble maintient une vraie tension, jusqu’à une conclusion ironique et amère.
Sur certains aspects et grandes lignes, nous pourrions nous rappeler le superbe film de Claude Lelouche, avec un Jean-Paul Belmondo exceptionnel de vérité et de sensibilité, ainsi qu'un Richard Anconida d'une naïveté touchante, "Itinéraire d'un Enfant gâté", sorti en 1988. A revoir avec la même tendresse que nous lisons cet album. Aussi bien au niveau du scénario que de l'image, une perle ! Comme ici !

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Car c’est sans doute sur le plan graphique que l’album impressionne le plus. Entièrement réalisé à l’aquarelle, "Tourner la page" marque un sommet dans l’évolution artistique de Zep. Les ambiances maritimes, baignées de lumières méditerranéennes, contrastent avec la grisaille parisienne et traduisent avec finesse les états d’âme du personnage. Le dessin gagne en sensibilité ce qu’il perd en caricature, offrant une véritable immersion visuelle.
Abandonnant le côté caricatural de "Titeuf", son style semble plus libre, presque flottant, qui épouse parfaitement l'instabilité du récit et les états d'âme de son héros.
Le travail sur les couleurs est plus que remarquable. Les teintes méditerranéennes, avec ses bleus profonds, ses verts océan, ces ocres lumineux, ... baignent les scènes grecques dans une atmosphère à la fois apaisée et mélancolique. Ceci à l'inverse des séquences parisiennes qui semblent plus ternes, comme la lassitude de Lambert finalement !
Maintenant, comment ne pas admirer le talent de Zep dans ses visages, leur expressivité ? Sans jamais tomber dans l'exagération, il capte les émotions avec une finesse attendrissante. Fatigue, désespoir, lassitude, ironie, voire soulagement, ... ses visages les expriment avec discrétion mais de façon clairement interprétable pour le lecteur.
A certaines planches, certaines cases, les décors semblent passer au second plan. Comme si Zep ne souhaitait pas y attirer le regard du lecteur, donnant ainsi toute son attention aux personnages et aux atmosphères. Une subtile mise ne scène dans un réalisme mesuré qui renforce clairement la tension narrative.

© Zep - Rue de Sèvres 2026
Au final, "Tourner la page" réussit là où il pourrait simplement intriguer : en transformant une fable sur la postérité en réflexion plus large sur l’identité, le regard des autres et la difficulté d’exister en tant qu’artiste. Une œuvre qui impressionne par sa cohérence graphique, à la fois élégante, mordante et mélancolique et qui confirme la maturité et l’ambition de Zep.
Un titre parfait pour entamer ses vacances toutes proches ... pour certains !
Thierry Ligot
______________________________________________________________________________________
Titre : Tourner la page
Scénario, dessin, couleurs : Zep
Editeur : Rue de Sèvres
Genre : chronique sociale,
Public : ado - adulte
Parution : 22/04/2026
Format : 24,1 x 32 cm
Page : 80
ISBN : 978 2 8102 1011 4
Prix : 20 €
Le tome 1 de cette nouvelle saison avait laissé quelques fans de Jean Graton et de sa pilote moto préférée quelque peu désabusés. Qu'en sera-t-il de ce nouvel épisode ?
Quel est donc ce poids, cette épouvantable douleur qui assaille Julie Woord ?
Le meurtre de Mason Green, le fils de l'homme qui avait racheté le garage de ses parents, reste un mystère. La police et le FBI ne semblent pas avoir de véritables pistes ... du moins en apparence !
" - Rappelez-vous le meurtre de Mason Green, le fils du garagiste, et ce message qu'on a retrouvé chez lui "en cas de souci, voir les Wood" avec notre adresse [...] Il s'est passé quelque chose après la vente du garage de L.A"
Et subitement, Oncle Chris disparaît sans avertissement ... Le père de Mason, lui, est placé dans le programme de protection des témoins ...
Si cela ne suffisait pas, cette histoire devient plus nébuleuse que jamais avec l'apparition d'un certain Stefan Marowski. Ponte de la mafia polonaise au passé tellement trouble et sanguinaire que même la Kielbasa Posse l'a dégradé ! Motif : il est incontrôlable !
"La mafia polonaise est un des groupes les plus secrets qui soient. Pas de fanfaronnade o l'italienne, ni d'exubérance à l'irlandaise, non. Ils restent discrets. Ils sont implacables, violents, insensibles. Généralement, ils sont spécialisés dans le trafic de drogue."
Mais quel est le rapport avec les Wood, avec Oncle Chris et son garage ? Aurait-ce un lien avec le fait que désormais ce dernier va y revendre des voitures de luxe venues tout droit d'Europe, en passant par le port d'Anvers ?

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Parallèlement à ces questions, Julie doit aussi poursuivre son ascension dans le monde très masculin de Flat Track, une disciple de motocross terriblement spectaculaire. Elle y excelle ! Son sponsor, le patron de Theta, mise beaucoup sur elle et souhaite évidemment un retour publicitaire sur investissement.
" Bien sûr, vous pourrez utiliser la vidéo, la découper en réels et l'utiliser sur les réseaux sociaux en veillant à ce que le logo soit toujours visible. En conclusion, nous ajouterons un écran avec toutes les déclinaisons de la marque et le slogan "Theta, aussi loin que l'œil puisse voir". "

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Enquête ténébreuse dans les secrets familiaux et adrénaline de la course s'égrènent au fur et à mesure du récit à un rythme effréné.
Philippe Pelaez nous livre un scénario complexe et multiple. Passant d'une "scène" à une autre, il est parfois difficile de suivre en faisant les liens ... Mais, et c'est l'un des points forts de l'ensemble, progressivement, les pistes se rejoignent pour intensifier le suspense. L'intrigue se densifie avec de nouveaux personnages, des ramifications familiales tendant vers le polar avec un suspense qui se maintient tout en s'accentuant de façon dramatique.
C'est précis et parfaitement construit afin que le lecteur se perde un peu dans les conjonctures mais pas trop afin de le garder en haleine ! Un juste dosage qui permet petit à petit à chacun de se dessiner la suite de la trame ...
Les coins d'ombre sont nombreux et évitent un récit trop linéaire. Rebondissements ici et là ... Nouvelles infos ou indices qui pourraient nous mener vers la vérité ... ou nous induire en erreur ... dans cette enquête policière qui vire à l'international !
Avec comme final, un appel au dénouement qui pourrait bien se révéler surprenant ... et se jouer sur les terres de Jean Graton himself !

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Nous y retrouvons également tous les ingrédients d'un pur "Graton" ... une narration bien ancrée dans le présent avec ses rodéos urbains, ses réseaux sociaux, sa criminalité actuelle, ... sans oublier les fondements de la série originale : amour de la moto, courses et compétitions, vitesse et passion ! Le tout restant dans un cadre familial si cher à Jean Graton et ses héros.

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Au niveau graphique, tout comme pour la saison 2 de Michel Vaillant, le dessin se "modernise" et s'adapte à cette nouvelle époque. Couleurs moins vives mais plus abouties que dans le 1er tome, traits plus académiques manquant peut-être parfois, pour certaines scènes d'une dose supplémentaire d'expression naturelle. Mais sur la globalité de l'album, Claudio Stassi propose un travail costaud.
Ces scènes de course sont plus énergiques, bien qu'ici et là parfois un rien "figées", mais avec les vrombissements de moteur si "gratoniens" ! Un héritage ... une marque de fabrique indélébile du style du "Père".
Point de vue découpage et cadrage, angles de vue, l'action est parfaitement mise en valeur. Energie et tension ressortent pleinement à chaque planche qui nous entraîne dans la dynamique du script.

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026
Dès lors, ce second tome confirme le virage pris par les nouveaux auteurs de la série. Un reboot qui se veut moderne graphiquement tout en respectant l'ADN narratif "Graton". Entre enquête policière et carrière à construire, histoire familiale et course moto, Julie Wood Saison 2 demeure une série efficace et rythmée.
Dans ce mélange bitume, réseaux et secrets de famille, nous devrions y trouver notre plaisir de revoir Julie Wood dans ses nouvelles aventures.
Vivement le tome 3 pour connaître le dénouement de cette excellente reprise.
Thierry Ligot
Lien chronique du tome 1 "Mortel Rodéo" : ici
__________________________________________________________________________________________________________
Série : Julie Wood - saison 2
Titre : 2 - Secrets de famille
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Eillam
Couleurs : Claudio Stassi
Éditeurs : Graton Éditions
Public : tout
Parution : 5/6/2026
Pages : 56
Format : 29,5 x 22,2 cm
ISBN : 978 2 3906 0201 9
Prix : 15,9 €
Déjà marre du foot ? Lisez Spirou
La coupe du monde de football envahit nos écrans. Vous détestez le foot ? Alors, lisez ce Spirou spécial foot ! Comme de coutume dans les numéros thématiques, il y a des auteurs invités. On retrouve ainsi Mab, qui signe aussi la couverture, et le poilant Romain Dutreix. Même les héros « classiques » se sont mis au ballon rond.
Pendant ce temps, les abonnés vont afficher le poster de l’équipe de football des héros de Spirou dessiné par Thomas Priou.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Priou - Dupuis
Histoires à suivre :
|
Si je t’écris… |
Bodart / Zabus |
|
Starlight 1 : Partie 1 |
Cardona / Torta |
Récit complet :
|
Family life |
Louis |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
|
Crapule |
Deglin |
|
Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
|
Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Edito (L’) la suite |
Erre / Fabcaro / Greff |
|
Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons |
Muñoz / Thibaut-Jouvray |
|
Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
|
Filles (Les) |
Nob |
|
Foot : Art et essai |
Bercovici / Bernstein / Thomas |
|
Foot : Champignac |
Etien / Beka |
|
Foot : Foot toujours |
Saive / Sti |
|
Foot : La leçon de football (x 2) |
Dutreix |
|
Foot : Match nul ! |
Mab |
|
Foot : Pandémie de foot |
Dab’s |
|
Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
|
Huguette & Croquette |
Théoschu |
|
Nelson |
Bertschy |
|
Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
|
Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac) |
Libon / Salma |
|
Titan Inc. |
Boisteau /Martin |
|
Willy Woob |
Moog / Bernstein |
|
Working dead |
Lory / Dubuisson / Chesneau |
Rubriques :
|
En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine) |
Saive / Bercovici |
|
En direct du futur : Gaston |
|
|
Jeux : Spirou cup |
Baba / tartuff / Lapuss’ |
|
Tuto dessiné : un ballon (oui, mais le bon !) |
Saive |
Supplément abonnés :
|
Poster : Equipe de football des héros de Spirou |
Priou |
En kiosques et librairies le 10 Juin 2026
3,20 €
Laurent Lafourcade
Lundi 28 août 1939, six heures du matin : un convoi composé de huit camions quitte le musée du Louvre en direction de la vallée de la Loire : destination le château de Chambord. A leurs bords, les trésors de toute la Renaissance italienne soigneusement emballés et dissimulés sous des vieilles bâches ordinaires.
14 juillet 1939, de nombreux touristes profitent de la fête nationale pour visiter le musée du Louvre. Pourtant, la situation internationale semble être plus que préoccupante ! Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie (Anschluss) en mars 1938, Adolf Hitler s'empare des régions germanophones de la Tchécoslovaquie (Sudètes), situation avalisée par les accords de Munich. En mars 1939, en totale violation de ces derniers, il fait main basse sur le reste de la Tchécoslovaquie (protectorat de Bohême – Moravie).

© Smudja - Futuropolis
En fin d'après-midi, trois célébrités (Pablo Picasso, Salvatore Dali & Jean Cocteau) partagent avec le directeur du Louvre (Jacques Jaujard) leurs inquiétudes vis à vis du devenir des œuvres exposées au Louvre en cas d'invasion des nazis.

© Smudja - Futuropolis
Avec la complicité du personnel du musée, Jacques Jaujard va organiser l'évacuation des chefs-d’œuvre pour les protéger. Commence alors clandestinement l'exode de « la Joconde », du « Radeau de la Méduse », de la « Vénus de Milo » et de la « Victoire de Samothrace » vers des lieux plus sûrs, tel que le château de Chambord.
© Smudja - Futuropolis
Gradimir Smudja (dessinateur & scénariste) nous trace un épisode méconnu de la Seconde guerre mondiale, l'exode des œuvres du musée du Louvre, jonglant avec la fiction du récit et la réalité historique. Il dresse le portrait de Jacques Jaujard, surnommé le « Buster Keaton du Louvre ». Celui-ci organise en collaboration avec son personnel la mise à l'abri et la protection de plus de 4000 huiles sur toile contre les Allemands.

© Smudja - Futuropolis
Premier volume d'une série prévue en deux tomes, chaque planche est impressionnante par le nombre de détails représentés mais aussi par la richesse des couleurs utilisées par l'auteur. Ce dernier n'hésite pas à donner vie aux différents personnages représentés dans les œuvres. Le lecteur retrouve dans cet album les ingrédients (graphisme et narration) qui avaient déjà fait le succès de « Vincent & Van Gogh ».

© Smudja - Futuropolis
Né en 1956 à Novi Sade (deuxième ville serbe), peintre et dessinateur, Gradimir Smudja réside en Suisse avant de s'installer en Italie où il enseigne le dessin. En attente de la suite de cet exode plus qu'inattendu !
NB : à signaler la présence d'un cahier graphique en fin de la première édition.
Haubruge Alain
Titre : L'exode du Louvre
Tome : 1
Scénario, dessin & couleurs : Gradimir Smudja
Éditeur : Futuropolis
Genre : Artistique - historique
Public : à partir de 16 ans
Parution : 03 juin 2026
Format : 23,6 x 33,2 x 1,2 cm
Nombre de page : 80
ISBN : 9782754848435
Prix : 19,00€
" - Qu'ils sont beaux ces chevaliers, maître Jourdain ! On dirait des Saint-Georges !
- Mouais, Jehan ... attends la fin de la mortelle feste, quand tu les retrouveras dans la boue ... Crois-moi petit ... on ne gagne une guerre qu'en étant le plus malin !"
Ainsi parle maître Jourdain, maître artilleur à la veille de la bataille de Verneuil, en Normandie, le 17 août 1424 ! Et il n'a pas tort ...
Avec Assiégés – Orléans, Delcourt lance une fresque historique ambitieuse qui revisite un épisode clé de la guerre de Cent Ans du point de vue des assiégés. Une reconstitution impressionnante, aussi passionnante que parfois inégale dans sa dramaturgie.
Quatre ans plus tard, en 1428, alors qu’Orléans s’apprête à subir l’assaut des troupes anglaises, Jehan, devenu à son tour maître artilleur, rejoint la ville avec son apprenti Colas. Elle est un point stratégique avec son pont enjambant la Loire.
" - Mais alors, maître Jehan, vous n'avez abattu aucun Anglais à Verneuil ?
- Hélas, mon bon Colas, ce fut une bataille sans honneur, et je n'étais qu'un apprenti ...
- dans mon village, les vieux disent que les Godons sont invincibles ... que Dieu est avec eux.
- N'insulte pas Notre Seigneur ! Y a rien de bon chez ces gars-là ... On va se battre. Et crois-moi, un bon artilleur aura son mot à dire !"
Ingénieur de son état, survivant ... miraculé de la défaite de Verneuil, il s'y rend en vue d'offrir ses services à la ville dans sa résistance face aux Anglois.
Très rapidement, il se rend compte que cela sera tâche impossible avec les moyens de défense présents. Il propose alors au capitaine Etienne de Vignoles, dit La Hire, et aux notables de la ville d'inventer une arme nouvelle. Elle sera portable, mobile, facile à recharger, plus précise et surtout plus puissante au niveau de sa portée de tir : ce sera la coulevrine ! Elle sera tellement efficace que les Godons la surnommeront "The Devil's Gun" !
Grâce à elle, nobles et capitaines anglais deviendront également des cibles ... de loin !

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Un nouveau récit sur un épisode marquant de la Guerre de Cent Ans, me direz-vous ? Un de plus ? Oui et non !
Plutôt que de se focaliser sur la figure bien connue de Jeanne d’Arc, les auteurs choisissent ici un angle plus original : celui du quotidien des assiégés, et ce, sous l'œil d'un personnage-clé historique mais peu connu, Jehan de Montesclere, maître artilleur de la Yolande d'Aragon.
Autour de lui vont graviter des figures historiques et anonymes pris dans un siège long de six mois, marqué par la faim, la peur, les combats et les tensions politiques.
Bref, avec cette optique différente, soldats, artisans, notables ou simples habitants deviennent les véritables témoins de cet épisode historique. Cette approche permet de redonner de l’épaisseur à un événement souvent résumé à sa conclusion héroïque, les assiégés qui après 6 mois de combats, d'escarmouches, ... gagnent !
C'est à n'en pas douter l’une des grandes forces de l’album ... et probablement de la série à venir.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Autre grand atout à relever : le récit s’appuie sur une documentation solide et propose une restitution minutieuse des enjeux militaires, politiques et technologiques de l’époque, notamment à travers l’évolution de l’artillerie.
L’introduction de la couleuvrine, fil rouge du récit, illustre parfaitement cette transition vers une guerre plus moderne, où la mobilité et la précision commencent à supplanter le nombre et la force brute.
Au travers de cette fresque "sociale" historique, les auteurs ne masquent donc nullement la "grande" Histoire. Par exemple, ils retracent sans complaisance les luttes internes opposant certains "alliés" comme les Anglais, les Valois et les Bourguignons !
Ou encore les réunions parfois houleuses du Conseil de la ville d'Orléans. Tensions quant à l'attitude à avoir au fur et à mesure que le siège s'éternise, des victoires ou des revers, des bonnes ou mauvaises nouvelles, de la situation de famine ou l'arrivée de renforts et de convois de provisions, ... : résister ou se rendre ?
Un récit épique mais qui reste centré sur l'humain !
Pourtant, malgré cette richesse, la partie fictionnelle peine parfois à convaincre pleinement. Les intrigues secondaires — romances à l'eau de rose entre Jehan et Marguerite, sa logeuse dont le mari a "disparu et déclaré mort" ou entre son apprenti Colas et Mariette, les tensions familiales ou suspense autour de certains personnages — apparaissent par moments artificielles, voire un peu irréalistes. Ce contraste est d’autant plus perceptible que la matière historique, elle, se suffit largement à elle-même tant elle est dense et captivante.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Graphiquement, Filippo Cenni livre un travail impressionnant. Son style réaliste, précis et abondamment documenté s’inscrit dans une tradition classique, presque académique. Chaque case respire le souci du détail : costumes, architectures, armements… tout semble rigoureusement reconstitué. Cette approche pourra sembler parfois un peu figée ou illustrative, mais elle sert parfaitement le propos en renforçant l’immersion à l'action. Les scènes du quotidien comme les moments de tension politique ou militaire sont particulièrement réussis, souvent plus marquants que les affrontements eux-mêmes.
Les grandes cases et doubles pages pour les rares scènes de batailles donnent toute l'ampleur des chocs et de leur violence.
L’ensemble se distingue également par une excellente lisibilité. Malgré la densité d’informations et la multiplicité des personnages, la narration reste fluide et accessible, ce qui constitue un véritable atout pour ce type d’ouvrage.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Nouvelle série dans la collection "Histoire & histoires" chez Delcourt, cet éditeur poursuit ainsi sa plongée dans les grands événements, moments et figures de l'Histoire de France, et notamment ici des plus célèbres sièges qui émaillèrent le Moyen-Âge en général. Ces récits les relateront avec les yeux des acteurs, anonymes ou non, qui les vécurent, les subirent ! Une focalisation interne vivante et passionnante !
Ceci toujours avec le même souci de qualité, aussi bien dans le scénario, sa documentation, son réalisme, son authenticité historique, le dessin, la recherche de la couleur afin de mettre l'ensemble en lumière, mais également dans le soin apporter à l'album même. Format légèrement plus grand, couverture avec dos toilé et liseré doré, beau papier, reliure propre, ... Bref du bel ouvrage pour mériter amplement toute sa place dans une bibliothèque prestigieuse.

© Vissiere, Richemond, Cenni, Boni & Kruklidis - Delcourt 2026
Au final, "Assiégés – Orléans" réussit le pari d’une bande dessinée historique à la fois pédagogique et immersive. Si la fiction qui accompagne le récit manque parfois de subtilité, la qualité de la reconstitution et la richesse du propos en font une œuvre solide, qui séduira autant les amateurs d’histoire que les lecteurs curieux de découvrir un Moyen Âge vivant et incarné.
A noter également qu'il s'agit cette fois d'un double album, vu son nombre de pages, 128 !
Enfin, le second tome des "Assiégés" est déjà paru (11 juin). Son titre : "Beauvais".
Thierry Ligot
______________________________________________________________________________________________________________________
Série : Assiégés
Tome : 1 - Orléans
Scénario : Laurent Vissiere & France Richemond
Dessin : Filippo Cenni
Couleurs : Simone Boni & Panaiotis Kruklidis
Éditeur : Delcourt
Collection : Histoire & histoires
Genre : histoire - guerre - France
Thèmes : Guerre de Cent Ans - France - siège d'Orléans - Moyen-Âge -
Public : ado - adulte
Parution : 30 avril 2026
Page : 128
Format : 23,4 x 32,3 x 1,9 cm
ISBN : 978 2 4130 2280 0
Prix : 29,95 €
| © BD-Best v3.6 / 2026 |