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Prends garde à toi, Docteur Livingstone.  Max l’explorateur

            «  C’est un mécanisme le strip, c’est une façon de penser. C’est 1,2,3. C’est tout. On entre, on fait quelque chose, on sort. Un début, un milieu, une fin. Mais le problème, c’est qu’entre le début, le milieu et la fin, c’est le temps d’un claquement de doigts ».

            François Corteggiani

 

 

 

 

            Max l’explorateur et son créateur Guy Bara sont à l’honneur de ce pavé hommage à un artiste injustement oublié et à son personnage fétiche. L’album raconte la vie de Bara et propose une large sélection des meilleurs strips de Max.

 

            Fils de diplomate, Guy Bara naît à Riga en Lettonie en 1923.

 

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis


 

 

            De la famille des Peynet, Sempé, Trez ou Lassalvy. il publie dans divers journaux parisiens et notamment la revue médicale Ridendo, concentré d’humour de salle de garde. Au milieu des années 50, Bara tombe malade et doit rester chez lui pour une longue convalescence. C’est à ce moment-là qu’il créé le personnage de Max l’explorateur. Le 31 mars 1955, il devient une vedette du poids lourd de la presse de l’époque : France-Soir, plus fort tirage et plus forte vente de tous les journaux français.

 

            Max l’explorateur, comme son nom l’indique, est le cliché de l’explorateur. Il vit des aventures sous forme de strips sans parole, laissant une large place à la poésie. Il a un short et un casque colonial.

 

 

 

 

© Bara - Dupuis


 

 

            Certaines situations reviennent comme des marronniers. Ainsi, on retrouvera plusieurs fois Max en train de gravir l’Everest, d’avoir fort à faire avec l’écho de sa voix, de tenter de quitter une île déserte, … A chaque fois, les chutes sont différentes.

 

Max l’explorateur vit en pleine période de la décolonisation, mais il est plus proche de l’aventurier du XIXème siècle que du touriste moderne. Haroun Tazieff, Alain Bombard et Maurice Herzog ont trouvé leur alter ego.

 

            Max fit les beaux jours du Journal de Spirou de 1964 à 1985.

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 

 

 

            Pour Philippe Bercovici, Bara a créé une complicité avec ses lecteurs, maintenant avec eux le fil de la communication. Selon Anne, sa seconde épouse, son cartooniste de mari était le Raymond Devos du crayon, avec des dessins souvent plus touchants que comiques. L’homme était un rêveur, un optimiste naîf. Il n’aimait pas les héros.

 

Trez explique que Bara mettait beaucoup de lui dans ses dessins : « On ne dessine que ce qu’on est. ». Pour Corteggiani, Guy était curieux. Il n’était pas militant : « Max est un clown, il n’a pas de nez rouge mais un chapeau blanc, il est balancé dans un monde d’une certaine époque. »

 

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 

 

 

Contrairement à Franquin, Guy Bara dessinait en dilettante. Il n’était pas un gros bosseur. Avec Jijé, Bara proposa une série à quatre mains pour le magazine Paris-Flirt, mais elle ne vit malheureusement jamais le jour.

 

Le génial Maurice Rosy, ainsi que Vicq, a tenté une incursion dans le monde de Max et de Bara. Il les a embarqués dans du grand format classique, de longues histoires en paroles. Ces deux grands récits n’ont pas rencontré le succès escompté. Bien qu’honorables, ce n’était plus du Max. Bara ne se sentait pas à l’aise dans les idées des autres.

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 


 

Le dernier chapitre de ce bel ouvrage est consacré à l’humour noir. On y raconte comment Bara, après l’échec de son transfert au Journal Tintin, a tenté de créer un périodique de dessins d’humour. L’histoire s’achève par la production de quatre cents micro-épisodes de Max l’explorateur en dessin animé au milieu des années 80 et la retraite de son créateur dans le sud de la France.

 

On en trouve quelques-uns cachés sur la toile, mis en ligne par un fan grec, en suivant les liens ci-dessous. La qualité des copies n’est pas toujours au rendez-vous mais on voit que l’esprit y est bien conforme à celui des strips.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La saga de Max s’achève en 1997 après 13000 strips. Son langage universel lui a permis de conquérir de nombreux pays.

 

Guy Bara, à l’instar de Charles Degotte, Paul Deliège ou Jacques Devos, fait partie de ces artistes de second plan qui ont contribué à ce qu’est la bande dessinée aujourd’hui. Il est grand temps que des livres comme celui-ci remettent ce type d’artistes sur le devant de la scène.

 

 

Laurent Lafourcade (500ème !)

 

 

One shot : Max l’explorateur

 

Genre : Humour poétique 

 

Scénario & Dessins : Bara 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 376 

 

Prix : 55 €

 

ISBN : 9782800161822

 



Publié le 17/12/2018.


Source : Bd-best


2018 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best.

 

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 300 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

© Duhamel - Bamboo

 

 

Une histoire tendre et émouvante sur le temps qui passe.

Jamais

 

Madeleine, nonagénaire aveugle, n’a pas, mais alors pas du tout, l’intention de quitter sa petite maison surplombant la falaise de calcaire sur les hauteurs de la ville. La veuve vit avec son chat. Elle n’a jamais fait le deuil de son mari, lui parle, lui fait à manger, comme s’il était toujours présent. Le problème est que la falaise s’effrite. De jour en jour, le jardin de Madeleine s’effondre et sa maison se rapproche du précipice. Il en va de la responsabilité de Monsieur le Maire. Celui-ci ne voudrait pas avoir la mort de la mamie sur la conscience.

 

Bruno Duhamel livre une histoire tendre et émouvante dont les maîtres-mots sont érosion, vieillesse, solitude, … La falaise s’effrite et s’érode, comme la vie de Madeleine. La falaise vieillit, mais, tant bien que mal, tient encore debout, comme Madeleine. La falaise est seule, seule face à la mer qui la ronge, seule comme une veuve qui refuse la disparition de sa moitié, qui refuse de quitter sa maison.

 

Les « Poc Poc » de la canne blanche de Madeleine sur les chemins de la côte normande continuent de résonner une fois l’histoire terminée… Ecoutez-les, on les entend.

  

One shot : Jamais 

Genre : Chronique de la vie

Scénario, Dessins & Couleurs : Duhamel

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 54

Prix : 15,90 €

ISBN : 9782818943816

 

 

 

© Evrard, Morvan, Trefouël, Walter - Glénat

 

 

Une œuvre de mémoire émouvante aux larmes. Incontournable.

Irena 3- Varso-vie

 

Comme 2500 autres enfants juifs, Oliwka est une miraculée…parce que le destin l’a mise sur la route d’Irena Sendlerowa. Personnage exceptionnel de l’Histoire du monde, cette femme les exfiltra du ghetto de Varsovie au péril de sa vie pendant la seconde guerre mondiale.

 

Depuis trois tomes, les auteurs nous racontent la vie d’Irena. On va la suivre ici de 1944 à nos jours. On souffrira avec elle dans les geôles nazies, on sera meurtris comme elle par les coups des bourreaux. Mais on apprendra aussi que la fin de la guerre ne coïncidera pas avec la fin des ennuis pour les juifs d’Europe de l’Est.

 

Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël écrivent une œuvre de mémoire qui émeut aux larmes. Toute l’horreur de la déportation est dépeinte avec une force percutante, enveloppée par le trait faussement enfantin de David Evrard. L’association donne un résultat parfait.

 

Les pots de confiture d’Irena Sendlerowa sont des fils d’Ariane qui donnent du goût à des vies dévastées qui auraient pu se terminer en tragédies, mais qui ont été sauvées par la grâce d’une femme d’exception.

 

 Série : Irena

 Tome : 3- Varso-vie 

Genre : Drame historique

Scénario : Morvan & Tréfouël

Dessins : Evrard

Couleurs : Walter

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344022764

 

 

 

 

© Lehman, Peeters - Delcourt

 

 

Entends-tu le vol noir du corbeau ?

L’homme gribouillé

 

            Seule chez sa grand-mère Maud, Clara, la fille de Betty Couvreur travaillant dans l’édition, voit débarquer un étranger individu mi-homme, mi-corbeau. Cet homme, si tant est qu’il en soit un, s’appelle Max Corbeau. Mais quel est le secret de Maud ? Qui est cet être aux plumes noires ? Betty et Clara vont remonter aux sources d’un secret familial pour percer les mystères d’une malédiction qui semble s’abattre sur elles.

 

            Serge Lehman signe un roman dessiné haletant, complexe et passionnant. Le découpage en chapitres offre de grandes envolées à cette histoire de 326 planches qui prend le temps de raconter, et pourtant sans longueur et sans temps mort. Ce personnage d’homme-gribouillé fonctionne étonnamment alors que le lecteur se demande sans cesse s’il est humain ou animal, s’il est vraiment réel ou s’il n’est qu’illusion. Lehman sème également le trouble dans cette histoire de femmes : qui est la véritable héroïne ? Alors que l’on pourrait penser que Betty est au cœur de l’énigme, c’est Maud qui en est le pivot. La jeune Clara n’est-elle pas la plus apte à dénouer le problème ?

 

            Frederik Peeters réalise un album qui marquera un tournant dans sa carrière. Réalisé en niveau de gris, l’espace dont il dispose lui permet d’intégrer de belles grandes cases de décors, et de respirer entre des moments de grande tension et des scènes terrifiantes.

 

            Après L’homme-gribouillé, vous ne regarderez plus les dessins d’enfants de la même façon.

 

One shot : L’homme gribouillé 

Genre : Drame psychologique

Scénario : Lehman

Dessins : Peeters

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 330

Prix : 30 €

ISBN : 9782756096254

 

 

 

 © Le Gall, Le Gall - Dupuis

 

 

Frank Le Gall retrouve son héros après une très (trop) longue absence

Théodore Poussin 13- Le dernier voyage de l’Amok           

 

            1934, à Singapour, Théodore Poussin constitue un équipage de marins afin de faire main basse sur le trésor du Capitaine Cabb. Ce dernier a chassé Poussin et ses compagnons de leur île. La vengeance est un plat qui se mange froid. A force de fréquenter des milieux interlopes, l’ancien comptable de Dunkerque n’a plus de scrupules. Il garde sa dignité mais n’hésite pas à mettre tout en œuvre pour arriver à ses fins, préférant parfois que ce soit les autres qui se salissent les mains à sa place.

 

            Frank Le Gall retrouve Théodore Poussin après une très (trop) longue absence comme s’ils s’étaient quittés la veille. Le résultat est toujours aussi exotique. Ce dernier voyage, qui espérons-le ne sera pas le dernier, est la rencontre entre Jack London et Lewis Milestone, l’auteur de Fils du soleil et le réalisateur des Révoltés du Bounty et de L’inconnu de Las Vegas, ou bien entre Herman Melville et Bruce Boxleitner, l’auteur de Moby Dick ou de Taïpi et le héros de la série Frank, chasseur de fauves.

 

            A l’heure où il faut aller tout de suite à l’essentiel, Théodore Poussin est une série qui prend encore son temps. Le Gall y développe ses talents de dialoguiste dans des scènes transitoires où les personnages font le point ou exposent leurs états d’âmes. Pour couronner le tout, un final sans concession assène un coup de poing aussi bien au lecteur qu’à Théodore Poussin.

 

            Ce treizième album de Théodore Poussin aura été attendu pendant treize ans. Pourvu qu’on ne patiente pas quatorze ans pour lire le tome suivant.

 

Série : Théodore Poussin 

Tome : 13- Le dernier voyage de l’Amok 

Genre : Aventure

Scénario & Dessins : Frank Le Gall

Couleurs : Robin Le Gall

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800167572

 

 

 

© Tsutsumi, Kondo – Grafiteen

 

 

Attention, bijou.

Le veilleur des brumes 1

 

            Dans le petit moulin posé sur le barrage, Pierre s’active. Il astique les rouages et vérifie les mécanismes. Le moulin doit être en action à chaque fois que la brume noire s’approche du village. Son rôle est de l’éloigner, pour ainsi faire fuir la mort.

            Pierre est un petit cochon qui va à l’école. Mais depuis que son papa est mort, le poids de la responsabilité du moulin lui incombe. Pierre voudrait bien que la jolie renarde Roxane le regarde, mais le grand Roland, l’hippopotame, le dur de la classe, s’immisce entre eux. Et le jour où le moulin va se casser, il va bien falloir se serrer les coudes.

 

            Le scénario de Kondo est tendre et émouvant. De réflexion sur la mort et le deuil, l’histoire se transforme en une quête sur le sens de la vie. Comment la maman de Pierre est-elle morte ? Pourquoi son papa a-t-il mis fin à ses jours ? Qu’est-ce qui amène ce petit cochon à poursuivre l’action de son père, de manière totalement désintéressée ?

 

            Tsutsumi calque son dessin sur celui du dessin animé dont est tiré l’album. Son trait peinture est somptueux. Les personnages animaliers sont adorables. La figuration de la brume est terrorisante.

 

            Première partie d’un diptyque, passage de l’enfance à l’adolescence, ce veilleur des brumes est un bâton, un témoin solide permettant au jeune lecteur de faire la transition et à l’adulte de revenir sur cette mutation.

  

Série : Le veilleur des brumes

Tome : 1

Genre : Aventure fantastique animalière

Scénario : Kondo

Dessins & Couleurs : Tsutsumi

Éditeur : Grafiteen

Nombre de pages : 180

Prix : 16,50 €

ISBN : 9782745994998

 

 

 

 

© Petrimaux - Glénat

 

 

L’humour des frères Cohen et la violence de Tarantino réunis car…

Il faut flinguer Ramirez – Acte 1

 

Salle d’interrogatoire de Falcon City, Arizona, Octobre 1987. Il y a eu un gros problème à l’entreprise d’aspirateurs Robotop. Un certain Jacques Ramirez est recherché. Ses collègues sont abasourdis. Qui se cache derrière ce monsieur si tranquille ? Personne ne répare un aspirateur comme lui.

 

            Muet comme une tombe, l’homme terrifie les plus féroces truands qui le reconnaissent. Avec sa tâche recouvrant le milieu de son visage et ses moustaches bien garnies, Madre de dios, gare aux règlements de comptes.

            Doux comme un agneau, considéré comme un traître par la pègre locale, ce ne sont pas deux ou trois gars qui réussiront à le ramener au parrain.

            Blanc comme neige, que cache le passé de ce modeste employé ?

 

            Le scénario haletant, déjanté, drôle et cruel ne laisse pas place aux longueurs. Aussi passionnant qu’une bonne série télévisée moderne au charme vintage, le concept est poussé jusqu’aux intermèdes publicitaires. L’humour des frères Cohen est lié à la violence de Tarantino pour une histoire sans faille.

 

            Du chapitrage au générique de fin en passant par l’intégration des noms de lieux aux décors dans un effet relief, Nicolas Petrimaux profite de l’avantage que donne la BD par rapport au cinéma et s’en amuse : être seul aux commandes d’un blockbuster qui demanderait 500 ou 1000 personnes pour le grand écran.

 

            Cette chasse au Ramirez n’a pas fini de faire parler d’elle.

 

Série : Il faut flinguer Ramirez

Titre : Acte 1

Genre : Polar

Scénario, Dessins & Couleurs : Petrimaux

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 144

Prix : 19,95 €

ISBN : 9782344011881

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise Dupuis

 

 

Une « autre » bande dessinée, déclaration d’amour à un « autre » cinéma.

Midi-Minuit

 

Hiver 1998 : François et Christophe, dit Godzy sortent d’une projection à la cinémathèque des boulevards parisiens. Ils viennent d’assister à Des vierges pour le bourreau et Le monstre au masque, deux films de seconde zone italiens. L’espace de quelques heures, le temps s’est effacé, la magie a opéré.

Les deux jeunes cinéphiles vont partir en Italie pour y interviewer Marco Corvo, cinéaste mythique. Mais le réalisateur n’est pas homme facile. Il refuse de répondre aux questions des journalistes italiens qui ont pourri ses films pendant vingt ans. Alors, avoir décroché un entretien avec le maître, c’est un scoop à ne pas manquer. Ils vont tenter de découvrir pourquoi Corvo a brusquement tout arrêté en 1975. Attention, les consignes de la rencontre sont strictes : il faut lui proposer une pause si on voit qu’il fatigue, il ne faut pas lui parler de Luisa Diamanti et lorsqu’il dit que l’entretien est fini, il est fini.

Ajoutez des meurtres atroces, un journaliste italien, un flic déterminé et une gouvernante sexy : tous les ingrédients sont là pour transformer un reportage en polar mystérieux…comme au cinéma.

 

Doug Headline rend hommage au giallo, genre de films aux croisements du policier, de l’horreur et de l’érotisme.

 

Massimo Semerano a un trait proche de Moynot. Tel un réalisateur de cinéma, il s’efface discrètement derrière ses acteurs pour les mettre en valeur. Il réalise une bande dessinée en cinémascope, intégrant photos de films aux cases de son album. Le procédé donne une seule envie : aller voir les films dont on nous parle.

 

Fiction ou reportage ? Témoignage ou fantaisie ? BD sur le cinéma ou Cinéma dans une BD ? Midi-Minuit est un ovni. Midi-Minuit, déclaration d’amour à un « autre » cinéma, est « autre » chose qu’une simple bande dessinée.

 

One shot : Midi-Minuit

Genre : Polar cinéphile

Scénario : Headline

Dessins : Semerano

Couleurs : Cerise

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nombre de pages : 176

Prix : 22 €

ISBN : 9782800174617

 

 

 

© Nury, Bonhomme - Dargaud

 

 

Grandeurs et misères d’une victime de la noblesse.

Charlotte impératrice 1 – La princesse et l’archiduc

 

            Sur le papier, Charlotte impératrice avait tout pour être un énième récit ennuyeux de vie de nobles. Il n’en est rien. Les auteurs nous infligent la claque de la rentrée avec cette biographie romancée.

 

            La princesse et l’archiduc est avant tout l’histoire d’un choix. Charlotte doit faire un choix. Promise à une couronne au Portugal, elle est courtisée par l’Archiduc Maximilien d’Autriche. La verve et le charisme du barbu vont sceller son destin.

 

            On dit que l’argent ne fait pas le bonheur mais qu’il y contribue fortement. On dit que le pouvoir rend beau, attire et séduit. Mais quelle vie de rêve ! Méfiez-vous des apparences. Le plus beau vernis peut cacher des souffrances. Charlotte de Belgique va rapidement déchanter une fois qu’elle aura épousé Maximilien. Seul espoir, dans un château, même s’il n’est pas forcément fait de cartes, celles-ci sont fréquemment rebattues. En cela réside la dernière chance de Charlotte pour garder une place décisive sur l’échiquier.

 

            Fabien Nury s’empare d’une destinée, il la romance et nous envoûte. On ne peut que ressentir de l’empathie, de la compassion et de la tendresse pour son héroïne. Héroïne pourrait paraître pour un mot galvaudé, mais il n’en est rien. Ce petit bout de femme n’est pas seule à mener le combat contre la fatalité d’un mariage qui ne respecte pas toutes ses promesses. En effet, elle possède un atout inestimable : une famille.

 

            Mathieu Bonhomme est plus qu’un dessinateur. Impossible de ne pas être ému aux larmes en croisant le regard de Charlotte en proie au désarroi. Impossible de ne pas être absorbé par la magie de la cour en voyant arriver un carrosse tiré par des étalons blancs. Que dire des ailes du papillon Celastrina Argiolus dont le bleu est assorti aux yeux de la jeune femme. Bonhomme est le magicien des regards, des ambiances et des sentiments. En un mot, il est l’un des meilleurs dessinateurs de ligne claire réaliste de sa génération.

 

            On peut donc aisément rajouter un vingt-huitième précepte aux principes de vie et règles pratiques que doit connaître et appliquer tout gentilhomme bien né : Lire Charlotte impératrice.

 

Série : Charlotte impératrice

Tome : 1 – La princesse et l’archiduc 

Genre : Histoire

Scénario : Nury

Dessins : Bonhomme

Couleurs : Merlet

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 68

Prix : 16,95 €

ISBN : 9782205077834

 

 

 

© Rey, Kris, Galic – Futuropolis

 

 

Une guerre, y a pas mieux pour faire disparaître des gens.

Violette Morris, à abattre par tous les moyens 1- Première comparution

 

12 septembre 1945, département de l’Eure. Un charnier est découvert dans une ancienne mare. Lucie Blumenthal était avocate. Depuis la libération, elle a ouvert une « officine pour recherche de personnes disparues ». La voilà sur les traces de Violette Morris, qu’elle a côtoyé en pension. Mais leurs destins se sont séparés. Si l’une a choisi la justice, l’autre a servi pour la gestapo. Aujourd’hui, c’est un cadavre que découvre la privée.

Lucie n’a qu’un objectif en tête : découvrir ce qu’il s’est passé lorsque Violette Morris a pris la direction d’Evreux au volant de sa 15 CV Citroën en avril 1944.

 

            L’histoire navigue entre les recherches « présentes » de Lucie et la vie de son opposée. Très jeune, Violette s’avère être une compétitrice dans l’âme. Colérique, elle ne supporte pas d’être devancée. Et lorsqu’une religieuse de sa pension lui fait une remarque qu’elle pense injuste, elle n’hésite pas à tenir face à elle des propos blasphématoires. L’enfant difficile va se transformer au fil des années en sportive déterminée, avant de basculer du côté obscur.

 

            Le duo Kris/Galic se reforme pour raconter la vie de l’une des personnalités les plus complexes du XXème siècle. Ils ont choisi de partir d’une « fin » pour remonter aux sources du dossier. Le scenario propulse immédiatement le lecteur dans un questionnement, un besoin et une envie de comprendre : une leçon. Il n’y a pas un temps mort.

 

            Javi Rey avait déjà signé une histoire de guerre napoléonienne en Espagne avec le diptyque Adelante dans la collection Secrets sur scénario du regretté Frank Giroud. Rey revient dans une histoire de guerre mais dans des lieux et sous une approche totalement différente. Dans les deux cas, il s’agit pourtant de destins qui sombrent.

 

            Dans ce genre de récit sur des personnalités controversées, il ne faut pas tomber dans le sentimentalisme. Transformer un bourreau en quelqu’un de sympathique, tomber dans une sorte de syndrome de Stockholm, les auteurs évitent les pièges.

 

Série : Violette Morris, à abattre par tous les moyens

Tome : 1- Première comparution

Genre : Polar historique

Scénario : Kris & Galic

Dessins & Couleurs : Rey

Dossier historique : Bonnet

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 72

Prix : 16 €

ISBN : 9782754821650

 

 

 


 © Meurisse, Merlet – Dargaud

 

 

Vivre, aimer, respirer, l’art de la nature, la nature de l’art.

Les grands espaces

 

            Catherine Meurisse a grandi à la campagne. Ses parents ont choisi ce cadre pour les élever, sa sœur et elle. La campagne sera leur chance : 200 habitants, de nouveaux amis, des animaux et une ferme en ruine : leur nouvelle maison.

 

            C’est ainsi que démarre une nouvelle vie, où les valeurs sont redéfinies, où deux petites filles ouvrent les yeux sur un monde nouveau.

            Les gamines adoptent la campagne, l’apprivoisent et l’honorent. A la manière de Pierre Loti, elles créent un Musée où elles conservent tout ce qu’elles peuvent dénicher, jusqu’aux crottes des animaux. « Tant qu’on chie, on vit. », clame un agriculteur. Dans Le roman d’un enfant, Loti regrette plus tard d’avoir collectionné tant de trésors…puisque tout finit en cendres et aux vers, « à quoi bon » ? « Tout finit…ou tout commence ? » répond la Catherine enfant à sa sœur qui lui raconte cela.

Cette scène a un écho particulier après ce qu’il s’est passé le 7 janvier 2015. Pour la petite fille, la mort appartenait aux guerres 14-18 et 39-45.

 

L’album alterne entre futilité et gravité, entre amusement et dénonciation. Monsanto, les pesticides, le remembrement, les politiciens qui organisent des vins d’honneur pour mieux apprivoiser l’électeur de la cambrousse, tout de qui abîme, pollue ou désertifie la campagne en prend pour son grade.

 

            La légèreté ne trouverait-elle pas sa source dans ces grands espaces ? « Si un peu de rêve est dangereux, ce qui en guérit, ce n’est pas moins de rêve, mais plus de rêve » dit Proust. Rêver, c’est devenir, mais c’est aussi se souvenir.

 

 

One shot : Les grands espaces 

Genre : Chronique de vie

Scénario & Dessins : Meurisse

Couleurs : Merlet

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 92

Prix : 19,99 €

ISBN : 9782205074505

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

 

            En choisir dix, c’est en laisser sur le carreau dix autres qui, à un cheveu près, auraient pu se trouver dans cette sélection. Si le Père Noël est généreux, il peut rajouter à la liste ci-dessus les albums suivants qui font partie des albums indispensables de l’année :

 

Un album poignant où l’innocence de l’enfance est plus forte que la guerre : Seule, par Lapière et Efa aux éditions Futuropolis.

Un one shot au cœur de la schizophrénie : Je suis un autre, par Rodolphe et Gnoni aux éditions Soleil.

Comment vivre sa mort quand on a brûlé sa vie : Essence, par Flao et Bertrand aux éditions Futuropolis.

Entre Jolies ténèbres et Bone : Brindille 1- Les chasseurs d’ombre, par Brrémaud et Bertolucci aux éditions Vents d’Ouest.

La mise en images d’un roman de 118 ans : Claudine à l’école, par Durbiano aux éditions Gallimard.

A la campagne, y’a toujours un truc à faire… Aimer la vie, aimer les gens : Mon voisin Raymond, par Troub’s aux éditions Futuropolis.

A mourir de rire, au propre comme au figuré : Mauvaises mines, par Munoz aux éditions Glénat.

Une souris à pas de loup sur un piano compose : Mausart, Par Smujda et Joor, aux éditions Delcourt.

Juste Célib’, juste happy ? : Didier, la cinquième roue du tracteur, par Ravard et Rabaté, aux éditions Futuropolis.

Prisonnier de son destin…malgré lui : Le voyage de Marcel Grob, par Collin et Goethals, aux éditions Futuropolis.

 

 

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

 

 

            D’aucuns trouveront qu’il en manque encore. On ne peut pas tout lire. Les hasards amènent à des découvertes. Si BD-Best ne vous a fait ouvrir qu’un seul album que vous n’auriez peut-être pas lu grâce à une chronique, on en est très heureux.

 

            Laurent Lafourcade

 



Publié le 16/12/2018.


Source : Bd-best


Spirou 4210 - 19 Décembre 2018

 

 

    La page 2 se goure de page.

 

 

            Les zigotos de la page 2 se sont gourés de porte. C’est mal indiqué et ils ne savent pas lire le belge. Non seulement, ils se retrouvent sur la couverture, mais se promènent dans les marges du journal dans lequel il n’y a que des pages 02.

 

 

 

 

 

 

La rédac’chef est furieuse ! Les ventes vont dégringoler. Depuis Gaston, jamais des employés de la rédaction n’avaient fait autant de dégâts…pour notre plus grand bonheur.

            Un peu de sérieux (!) quand même : avec une conférence sur les tiques et la maladie de Lyme par une Femme en blanc et les problèmes dentaires du Capitaine Anchois, Spirou est aussi un magazine de vulgarisation médicale. Hum !

Spirou, quand diversité rime avec rigolarité, on conquiert la bravitude.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Nob, Erre, Fabcaro - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Enigma

Kid Noize : L’homme à la tête de singe

Natacha : Sur les traces de l’épervier bleu

Pebble’s Adventures

 

 

Récits complets :

 

Capitaine Anchois : Le dentist

Femmes en blanc (Les) : Tique, tique, tique…

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Cramés !

Crapule

Entretien d’ébauche

Game Over 

MiniMythes (Les)

Minions (Les)

Page 2 (La)

Nelson

Rob

Roger et ses humains

Zeu Bestioles

 

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Erre & Fabcaro

En direct de la Rédac

Jeux : Balade sur Pâques (Schmitt My)

 

 

 

En kiosques et librairies le 19 Décembre.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 16/12/2018.


Source : Bd-best


Quand le dessin d’Humour prend un H majuscule.  Je reviens vers vous

 

 

            « - C’est la petite Zoé de la rue Bonaparte à Neuilly-sur-Seine qui m’envoie. Ça fait trois Noël qu’elle demande une PS4, ça fait trois Noël qu’elle se retrouve avec des livres. »

 

 

 

 

            Quand la Mort s’adresse ainsi au Père Noël, ce n’est pas pour rigoler. Quand Olivier Tallec présente un nouveau recueil chez Rue de Sèvres, c’est pour rigoler. Et il faut dire que dans la fournée 2018, il y a de quoi se gondoler.

 

 

 

 

 

© Tallec – Rue de Sèvres

 

 

 

            Je reviens vers vous verse surtout dans tous les humours, en laissant une place de choix au noir. Ces pauvres animaux en prennent pour leur grade. L’auteur n’a pas peur d’avoir la SPA sur le dos. Qu’un canard ait perdu la tête, que des moutons ensanglantés tentent d’échapper au loup ou que des mouches soient prises dans un ruban collant suspendu au plafond, l’ignoble Tallec n’en a cure.

 

            Tallec fait aussi dans l’absurde avec des pingouins en trois-pièces cuisine ou un hérisson à la coupe…moderne.

 

 

 

 

 

© Tallec – Rue de Sèvres

 

 

 

            Il se moque gentiment de la dérive snob des amateurs d’art contemporain semblant en désaccord sur la représentation d’un tableau.

 

            L’album est également un voyage dans le temps à la rencontre d’hommes-préhistoriques, de princesses et de vikings.

 

 

 

 

 

© Tallec – Rue de Sèvres

 

 

 

            Ne passez pas à côté de la cerise sur le gâteau. Le bilan final détaillant la fabrication du livre est aussi une pépite humoristique.

 

            Olivier Tallec, revenez vers nous quand vous voulez. Votre humour est le bienvenu.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Je reviens vers vous

 

Genre : Humour en tous genres 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Tallec 

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 14 €

 

ISBN : 9782369812234

 



Publié le 15/12/2018.


Source : Bd-best


Wozniak saisit un peu de l’étoffe des héros et pionniers automobiles à chaque fois qu’il fait vrombir les R8 de Gordini

Ode vintage à tous ceux qui furent des pionniers dans le roulement de mécanique, la collection Plein Gaz s’offre un nouveau destin dans ces pages : celui d’Amédée Gordini, dit Le Sorcier. Un visage au regard rêveur et émerveillé à mettre sur l’épopée des R8, bolides monoplaces qui connurent quelques belles heures, avant de se faire distancer par d’autres machines plus performantes, mais restent dans les mémoires par leur design et une certaine idée du jusqu’au-boutisme et de la force des rêves matérialisés.

 

 

 

 

 

 

 

© Wozniak

 

Résumé de l’éditeur : Une « success story » à la française ! 1967, le mythique circuit du Mans accueille la finale de la coupe Gordini. Mais qui est cet homme à qui la Coupe de France Renault doit son nom ? Émigré italien arrivé en France au milieu des années 1920, Amédée Gordini démarre comme simple mécano. Il devient rapidement un préparateur hors-pair, surnommé « Le Sorcier » tant il est capable d’accomplir des miracles avec une mécanique a priori sans potentiel. Très vite, il s’essaie comme constructeur, faisant débuter des pilotes de renoms tels Fangio, Trintignant ou Behra. Sa carrière, par manque de moyens financiers, sera en dents de scie jusqu’à sa collaboration avec Renault pour qui il développera, dans un premier temps, une version sport de la Dauphine. Mais il entre définitivement dans la légende grâce à son travail sur la mythique R8 qui portera son nom… Amédée Gordini fait partie du patrimoine français de l’histoire automobile et, à l’instar des petits constructeurs Alpine, Matra ou Ligier, a marqué de son empreinte la compétition automobile.

 

 

 

 

© Wozniak

 

Celui qui s’appellerait bientôt Amédée était en fait né sous le nom d’Amédéo et la success-story française avait des airs d’Italie, de celles qui parle avec le corps et remonte ses manches dans le cambouis. Gordini pourrait être, comme tant d’autres, l’archétype de la réussite expatriée. Né à Bazzano en 1899 (on repassera sur la transition assez balourde qui introduit la course aux souvenirs), Amedeo Gordini garde dans sa mémoire, frappé du sceau des premières fois, cette cavalcade fantastique sortie de la poussière. Nous sommes en 1908, la vie n’est pas facile pour cet orphelin de père et dont la maman lutte pour joindre les deux bouts, mais la Coppa Florio sort le village de sa torpeur et donne au tout jeune garçon un éclair de lucidité autant que de folie : un dessein vrombissant. Des prémisses encourageants aux succès pétaradants jusqu’aux années de disette.

 

 

 

 

© Wozniak chez Glénat

 

Dans l’esthétisme d’une époque révolue, Olivier Wozniak a fait plus que prendre ses marques et fait tourner le moteur pour filer avec un mimétisme total avec les engins de ces années automobiles folles. Des années de warm-up et de rodage, faites d’essais et d’erreurs, d’approximations et de succès inopinés, de mouvement de tête basse sous l’échec ou de tête haute face à la réussite. Wozniak fait ainsi la part belle aux coulisses, aux doutes et aux certitudes, d’une épopée qui ira de Fiat à Renault… et passera entre les mains allemandes durant la guerre. Gordini fut réquisitionné mais ne fonctionna pas pour la cause à plein régime.

 

 

 

 

© Wozniak

 

 

 

 

© Wozniak

 

D’anecdotes en faits d’armes qui ajoutèrent à la figure emblématique et sympathique du sport-mateur, Gordini se fait tailler un beau costard par Wozniak. Pourtant, la forme et le découpages trop classiques auraient pu mieux coller aux courbes de ces voitures véloces et aux virages des courses mythiques. Il faut dire que le Streamliner de ‘Fane ou même Bonneville de Marvano ont mis la barre graphique très haut pour donner de l’amplitude à leurs récits. Ce qui n’est peut-être pas dans l’ADN de la collection Plein Gaz qui aime à aligner beaucoup de cases, de casse parfois car c’est un monde périlleux, sur une même planche sans varier les plaisirs.

 

 

 

 

© Wozniak chez Glénat

 

Et s’il se met à la hauteur des novices en matière de courses automobiles, l’auteur doit user de beaucoup d’énergie textuelle pour décrypter et vulgariser les éléments touffus de cette biographie en BD (sans jamais savoir dire tout pour autant, comme le surnom de sorcier donné à Gordini qui reste finalement peu expliqué)… que monopolisent malheureusement beaucoup de récitatifs. Poussant ainsi le dessin dans ses retranchements, à n’être souvent que trop illustrationnel et discipliné plutôt qu’aérien et expressif. C’est dommage car le trait de Wozniack, son apparente facilité et immédiateté, son rapport aux couleurs et l’étoffe des héros des circuits qu’il emporte un peu à chaque fois qu’il allume le moteur; tout cela vaut tellement le détour.

 

 

 

 

© Wozniack chez Glénat

 

Alexis Seny

 

Titre : Gordini

Sous-titre : Le sorcier bien aimé

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Wozniak

Genre: Biographie, Sports-moteur

Éditeur: Glénat

Nbre de pages: 48

Prix: 13,90€



Publié le 14/12/2018.


Source : Bd-best


Tous les voyages ont une fin.  Thorgal 36 – Aniel

 

 

            « - Comment va Aniel ?

-          Toujours inconscient, hélas…

-          Sans tes soins constants, il ne serait déjà plus parmi nous Thorgal… Toujours mélancolique Thorgal ? Tu songes encore à ton épouse qui t’attend au Northland, à ta fille et à ton autre fils ?

-          Seuls les dieux savent où ils sont actuellement ! »

 

 

 

 

 

L’embarcation sur laquelle se trouvent Thorgal, Aniel et leurs compagnons atteint les rives d’une forêt engloutie. En pénétrant dans la mangrove, Thorgal y retrouve Zim, petite pygmée du peuple Myrm qui va l’amener dans le palais du prince Zajkar.mais la guerre fait rage contre les féroces guerrières Yénhäas. Thorgal réussira-t-il à mettre un terme au conflit ? Parviendra-t-il à rejoindre ses terres du Nord ?

 

 

 

 

 


© Rosinski, Yann – Le Lombard

 

 

 

            La valse des scénaristes sur les derniers épisodes a été une véritable saga. Après l’éviction d’Yves Sente écarté pour intrigue complexe, le passage éclair de Xavier Dorison mis sur la touche pour divergence d’orientation sur la suite de l’histoire, Yann se débrouille comme il peut. En 46 planches, le scénariste réussit l’exploit de refaire les six cases du Rubik’s cube tout mélangé qu’était devenu le dernier arc narratif des aventures du viking des étoiles. Il s’en sort avec brio, faisant converger les séries parallèles Kriss de Valnor et Louve, qui se voient arriver à leurs conclusions, avec leur série-mère. Toujours est-il que, sans dévoiler le final, Yann remet les pièces en place, lui permettant de proposer pour le prochain album un nouveau départ.

 

 

 

 

 

© Rosinski, Yann – Le Lombard

 

 


Et maintenant, c’est Rosinski qui quitte le drakkar Thorgal avec ce trente-sixième tome. Tout ça pour ça… Cela n’enlève rien à son talent. Le peintre des cases s’expose dans des compositions aux décors variés dont certaines d’entre elles s’apparentent à de l’impressionnisme.

 

 

 

 


© Rosinski, Yann – Le Lombard

 

Le dessinateur mène son viking vers sa destinée. Il ajoute au bestiaire de la saga les Deenornis, montures des guerrières, s’apparentant à des autruches colorées. En plus trapues, elles ressemblent à Kevin, la bestiole du dessin animé Là-haut.

 

 

 

 

 


© Rosinski, Yann – Le Lombard / © Pixar

 

 

 

             Alors que Rosinski a signé des couvertures magnifiques, celle-ci est trop classique. Celle réservée aux centres Leclerc, tirage limité à 2500 exemplaires, est bien plus belle, originale et mystérieuse. Elle montre un Thorgal aux prises avec des végétaux agressifs, tel le Grand Schtroumpf au début du Cracoucass. La comparaison s’arrête là.

 

 

 

 


© Rosinski, Yann – Le Lombard

 

 

 

            La dernière case de l’album est jubilatoire. On n’en doute pas. Thorgal repartira à l’aventure. Et l’on rêve pour lui d’une histoire de la force du cycle du Pays Qâ.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Thorgal

 

Tome : 36 – Aniel

 

Genre : Heroïc Fantasy   

 

Scénario : Yann 

 

Dessins & Couleurs : Rosinski

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 12,45 €

 

ISBN : 9782803672172

 

 

 



Publié le 13/12/2018.


Source : Bd-best


Et Ymir créa la femme, et la montagne, Conan : Robin Recht les unit et en tira une épopée sensorielle à couper le souffle

Décidément, à chaque récit redécouvert par des traits très personnels, Glénat aime à jouer la carte de la singularité dans cette collection heurtant de plein fouet Conan et tout l’univers développé par Robert E. Howard. Avec le quatrième épisode (sans lien de cause à effet avec les trois premiers, rappelons-le), c’est Robin Recht qui s’empare du mythe et d’un de ses récits fondateurs impressionnants dans un monde de neige aussi désespérant que fascinant. On pourrait y rester des heures, comme on l’est devant la couverture à couper le souffle de cette aventure infernale, pleine de force mais aussi de faiblesse, enveloppée dans une incroyable chevelure rousse qui donne l’illusion de tenir chaud.

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherches © Robin Recht chez Glénat
 

 

Résumé de l’éditeur: Unique survivant d’une bataille, Conan trône au milieu d’une neige maculée de sang. Le combat terminé, le Cimmérien se retrouve soudain envahi d’une lassitude profonde et d’un profond dégoût. Jusqu’au moment où il rencontre une femme à la beauté surnaturelle, aveuglante comme l’éclat du soleil sur la neige. Mû par un ardent désir, Conan décide de la suivre mais se retrouve pris dans un piège, attaqué par deux titans. Dans sa fougue, il ne s’est pas méfié. Il n’imaginait pas une seconde que sa promise n’était autre que la fille d’Ymir : le géant du gel !

 

 

 

 

Recherches © Robin Recht chez Glénat

 

Conan a ses Himalaya et La fille du géant du gel en est sans doute l’un des points culminants, là où Robert E. Howard a poussé ce géant du… feu ? dans ses derniers retranchements et l’a plongé dans les profondeurs glacées. Pourtant, Conan ne devait pas être là, au mauvais endroit au mauvais moment, ou l’inverse c’est selon. Depuis la nuit des temps, mais ce n’est pas du Barjavel (quoique), dans cette étendue enneigée à perte des temps, à intervalle irrégulier, deux clans s’affrontent, Aesirs et Vanirs. Un seul sera gagnant mais pourtant tous seront perdus dans le sang qui les rend indistinguables, qui les unit quelles que soient leurs volontés haineuses et guerrières. Pourquoi se battent-ils ? Peut-être l’ont-ils oublié ? Il se murmure comme un frisson sur un champ de bataille fracassant qu’il faut être le dernier, le Last Man Standing pour être emmené par la fille du géant du gel vers d’autres horizons, à l’Odroerir. Atali (rien à voir avec Jacques), une sorcière ou une déesse ?

 

 

 

 

© Robin Recht chez Glénat

 

D’une ferveur impitoyable, d’une fureur phénoménale, Robin Recht domine de la tête, des épaules et d’une main experte un sujet sur lequel pas mal se seraient cassé les dents. La puissance des Valkyries n’est pas loin, l’impétuosité des Amazones aussi, qui seraient réunies en une seule femme tenant le sort du monde entre ses mains comme on serrait, fort, le coeur d’un ennemi. Ou d’un amant ? La force de cette histoire vient aussi des faux-semblants, de ce chassé-croisé de séduction mais aussi de répulsion, entre instinct d’amour et celui de la survie, des envies nuancées par les devoirs, du temps qui manque et de l’urgence qui se prolonge.

 

 

 

© Robin Recht chez Glénat

 

 

 

 

© Robin Recht chez Glénat

 

En septante planches d’ampleur dramatique et de profondeur émotionnelle, Robin Recht réussit une incroyable prouesse graphique, prenant le risque payant d’être dans l’induction et l’expression plus que dans la monstration, laissant le pouvoir d’intuition au lecteur, de se projeter et de sentir le degré de violence qu’il veut donner au récit. Car oui, il est violent, charnel (pas de scène de sexe extravagante, là encore, comme dans les albums précédents, et ça joue en faveur de cette collection fine), jusqu’au-boutiste, cet album. Jusque dans l’encombrement de l’espace par un bruit assourdissant, gâchant le dessin mais nécessaire à l’emprise et à la dimension du récit.

 

 

 

 

© Robin Recht chez Glénat

 

Et là où Robin Recht réussit un peu plus sa performance, c’est dans sa mise en scène osée, ses cadrages, son découpage, aéré et aérien, fonctionnant à l’économie de cases pour appuyer des pleines planches et des doubles planches redoutables et qui ne sont pas humaines d’un coucher de soleil à un premier regard qui veut dire tellement de choses et un orage, quel orage !). Le style Recht va droit aux yeux et au coeur, glaçant d’effroi mais aussi d’extase (pas d’engourdissement comme Conan). Les couleurs confectionnées par Recht secondé par Fabien Blanchot finissent d’apporter volume et texture à cette incroyable épopée intime et universelle, sensorielle. Un truc de fou, un OVNI inouï, un pur chef-d’oeuvre.

 

 

 

 

© Robin Recht chez Glénat

 

Alexis Seny

 

Série : Conan le Cimmérien

D’après l’univers et les nouvelles de Robert E. Howard

Récit complet

Tome : 4 – La fille du géant du gel

Scénario et dessin : Robin Recht

Couleurs : Robin Recht et Fabian Blanchot

Genre : Aventure, Guerre, Fantastique

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 72 (+ 8 pages de cahier bonus réservé à la première édition)



Publié le 13/12/2018.


Source : Bd-best


Sœur dégoûtée, c’est gagné !!!  Les p’tits diables 26 – L’as en soeur

 

 

            « - Allez, debout ! Bravo, c’est bien. Et maintenant, saute ! Bravo

-          Qu’est-ce qui se passe ici, microbe ?

-          Je fais faire ses devoirs à John, mon ver de combat. Depuis plus d’un an, je passe quatre heures par jour à l’entraîner pour que bientôt il puisse t’attaquer. »

 

 

 

 

 

 

Pas de trêve dans la guerre Tom/Nina. Il ne faudrait pas risquer de faire retomber le soufflé. Toute attaque implique une contre-attaque. Et là, on peut dire que Tom a mis le paquet. Son alien de sœur peut trembler, le garçon dresse des vers de combat. Ils serviront de recharge pour le verdeterminator, pistolet anti-sœurs de dernière génération.

 

 

 

 

 

© Dutto, Bekaert – Soleil

 

 

 

Plus de 1000 gags et la fraîcheur est toujours au rendez-vous de la série d’Olivier Dutto. On ne se lasse pas de voir le frère et la sœur se poursuivre l’un et l’autre, se détester pour le meilleur et pour le rire. La fenêtre de tir est courte pour les parents afin de profiter des meilleurs moments calmes de la vie. Heureusement, cet épicurien de papa sait saisir la balle au bond, même s’il n’est pas toujours facile de garder la face devant les deux garnements.

 

 

 

 

 

© Dutto, Bekaert – Soleil

 

 

A part ça, Tom va se découvrir des velléités de Baby-sitter en gardant Maxence, le petit frère de Solange. Le bambin s’avèrera être un personnage d’exception.

 

Outre le verdeterminator, Tom nous présentera toute une panoplie d’armes plus efficaces les unes que les autres pour ratatiner sa sœur, parmi lesquelles le morvex ou l’ongledepiedrator.

 

 

 

 

 


© Dutto, Bekaert – Soleil

 

 

 

L’enfance est le meilleur moment de la vie. Quand on est enfant, on est insouciant. Et plus ça va, plus on a de responsabilités et moins on a de temps pour soi. Ce sont Tom et Nina qui le disent.

 

Méditons cet adage et gardons notre âme d’enfant en lisant avec insouciance les albums des P’tits Diables.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les p’tits diables

 

Tome : 26 – L’as en sœur

 

Genre : Humour fraternel 

 

Scénario & Dessins : Dutto 

 

Couleurs : Bekaert 

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,50 €

 

ISBN : 9782302071056

 



Publié le 12/12/2018.


Source : Bd-best


Bienvenue sur la Boulard Zone !  Boulard 6 – En mode star

 

 

            « - Mais oui, je sais !

-          Tu sais quoi ?

-          Comment devenir une star ! Pourquoi j’y ai pas pensé plus tôt ? Je vais créer ma chaîne YouToube ! »

 

 

 

 

Boulard n’a qu’un objectif dans la vie. De soirées concerts en castings de télé-crochets, il faut avouer que le jeune lycéen, le loup solitaire, n’a pas encore trouvé la lumière. Pourtant, il cherche… La voilà, l’idée, pourquoi ne pas créer une chaîne YouToube ?

 

 

 

 

 

© Stédo, Erroc, Guénard – Bamboo

 

 

 

Avec ce sixième album, Boulard n’est plus seulement le second rôle des Profs. Il montre qu’il est bien capable de tenir la barre d’un bateau à lui tout seul. Bien sûr, on croisera çà et là Gladys ou Polochon. Mais l’univers Boulard est maintenant suffisamment développé pour qu’on puisse les reléguer au deuxième plan.

 

Le lycéen à la casquette à l’envers est indissociable de son pote Nintchinsky. Il va pouvoir compter sur lui pour l’accompagner dans sa nouvelle aventure numérique.  Les fiches Boulard, c’est bien, la Boulard Zone, c’est mieux ! Des vidéos exceptionnelles, avec des amis qui sont venus pour l’encourager, le Boulard 2.0 est arrivé !

 

En lycéen qui se respecte, Boulard a un gros cœur qui bat. Il bat pour Chloé, jolie blonde qui n’a d’yeux que pour son rockstar de petit copain. Alors, la gothique Solène va-t-elle faire chavirer le cador du bahut ?

 

 

 

 

 

© Stédo, Erroc, Guénard – Bamboo

 

 

 

Boulard, c’est aussi une famille : un p’tit frère avec qui il fait bon de s’engueuler sans quoi on s’ennuierait, des parents qui ne s’entendent pas toujours mais qui au fond s’aiment plus que tout, une mamie star de l’EHPAD qui a toujours de bons conseils à donner.

 

Erroc a ainsi construit un monde solide, drôle et cohérent pour une série qui atteint l’âge de raison et s’émancipe de sa série-mère, avec laquelle la cohérence est maintenue, grâce, entre autres, aux couleurs de Jacqueline Guénard.

 

Stédo ne fait pas qu’éteindre des incendies avec les pompiers. Quand Boulard met l’feu, au sens figuré, au lycée, on peut compter sur le dessinateur belge. Son trait dynamique, digne descendant de Franquin, est dans la plus pure tradition de la BD franco-belge. Débutant chez Dupuis, qui n’a pas su exploiter son talent, il fait le bonheur des éditions Bamboo qui occupent un créneau quelque peu délaissé, ou moins mis en avant, par l’éditeur de Marcinelle : celui de la vraie bonne BD d’humour au sens noble du terme.

 

 

 

 

 

© Stédo, Erroc, Guénard – Bamboo

 

 

 

Dans quelques clins d’œil, Stédo montre ses talents de caricaturiste. C’est ainsi qu’on aperçoit Bixente Lizarazu et Pierre Ménès commenter un match de foot.

 

On aimerait maintenant voir Stédo aux commandes d’une série d’albums aux histoires complètes. Il a le trait idéal pour des aventures comme celles des Petits Hommes à la grande époque.

 

En attendant, on est tous solidaires du cancre éternel.

Ne t’en fais pas, Thierry Boulard, si tu n’es pas encore une star dans ta vie, tu l’es dans la BD. Allez, garde la frite !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Boulard

 

Tome : 6 – En mode star

 

Genre : Humour lycéen 

 

Scénario : Erroc

 

Dessins : Stédo 

 

Couleurs : Guénard 

 

Éditeur : Bamboo

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782818945100

 



Publié le 11/12/2018.


Source : Bd-best


Ne vous fiez pas aux apparences.  Frank Cho Artbook

 

            « - Voilà. Je vous ai révélé tous mes secrets. Maintenant, je vais devoir vous tuer. »

 

            Non, mais, ça ne va pas la tête ? Il est fou, ce chimpanzé, double graphique de Frank Cho. On ne va pas les dévoiler, ces secrets de dessin. On va les garder rien que pour nous.

 

 

 

 

 

 

 

            Vous vous attendiez à une compilation de culs et de nichons ? Passez votre chemin. L’artbook de Frank Cho est une leçon de dessin.

 

 

 

 

 

© Cho – Delcourt

 

 

 

            Et pourtant, Frank Cho est un autodidacte. Le dessinateur du Maryland s’est fait tout seul. Repéré par Marvel, il a travaillé entre autres sur Spider-Man, X-Men et Avengers. Sa série Skybourne vient de débuter chez Delcourt.

 

 

 

 

 

© Cho – Delcourt

 

 

 

            De manière ludique, humoristique et, avouons-le, un brin sexy, Cho dévoile les secrets de ses techniques de travail et donne des clefs à qui veut tenter de les appliquer. Mais avant d’arriver au niveau de ce cador du dessin, il va falloir se lever tôt.

 

            L’album est divisé en six chapitres.

 

 

 

 

 

 

© Cho – Delcourt

 

 

 

            Les bases de l’anatomie jettent les bases de la représentation du corps humain. Bon, il s’agit du corps d’une femme nue. Mais on oublie vite les beautés représentées pour se concentrer sur les techniques. Si, si, j’vous jure. On retient des choses. Par exemple, une tête et un pied humain sont à peu près de même longueur.

 

            Les corps en mouvement franchissent un palier supplémentaire. Représenter, c’est bien, mais donner l’illusion du mouvement, c’est mieux. Et quand ce sont de redoutables guerrières face à qui des dinosaures ne font pas le poids, c’est assez impressionnant.

 

 

 

 

 

© Cho – Delcourt

 

 

 

            L’encrage montre le travail par couches successives employé par Cho. Il explique que les éléments les plus sombres doivent être encrés en premier, avec des traits épais.

 

            La peinture donne au graphisme de l’auteur une couleur hyperréaliste. L’utilisation de l’acrylique est évidemment ultra maîtrisée, mais le trait y perd en dynamisme.

 

            L’art d’utiliser le stylo-bille est un chapitre surprenant. Comment, avec l’instrument graphique le plus ordinaire qu’il soit on peut en arriver à un tel rendu ? Saisissant. C’est là où l’on se dit que ce Monsieur, c’est quelqu’un. Il arrive à donner au stylo bille un rendu crayon à papier.

 

            Enfin, la narration dévoile la construction d’un court récit. Et c’est le feu d’artifice final avec une chasse au dinosaure éprouvante.

 

 

 

 

 

© Cho – Delcourt

 

 

 

            Frank Cho Artbook, un ouvrage de référence à ranger à côté des Clefs de la Bande Dessinée par Will Eisner.

           

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Frank Cho Artbook

 

Genre : Artbook 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Frank Cho 

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 200

 

Prix : 17,95 €

 

ISBN : 9782413001836

 

 



Publié le 10/12/2018.


Source : Bd-best


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