Nouvelles relatives ŕ la bande-dessinée ou au graphisme
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Les couleurs de la ville, la ville de toutes les couleurs.  Bienvenue chez moi

 

 

  

« C’est vrai qu’au début, ce ne fut pas facile de m’habituer car la ville est très bruyante. Il y a des voitures dans tous les sens et les gens courent sans cesse d’un endroit à l’autre.  Les rues sont toujours en pagaille, mais au milieu de ce chaos, j’ai réussi à trouver ma place. »

 

 

 

 

 

 

 

Plus qu’une histoire d’amour à New-York, ce livre est une histoire d’amour avec New-York. Des gratte-ciels étourdissants aux allées de Central Park, les klaxons des voitures nous percent les tympans mais les musiciens de rue jouent des notes de jazz. Comme un élan œcuménique, toutes les races cohabitent dans une sérénité exemplaire. Des animaux de toutes sortes vivent avec eux sans crainte et avec naturel.

 

 

 

 

© Pang, Tanco - L’agrume

 

 

On reconnaîtra les symboles de la culture jeunesse américaine que sont Elmo, le poilu tout rouge de Sesame Street, ainsi qu’un Mickey personnalisé. On croisera même Andy Warhol et on verra E.T. faire du hip-hop. Du marché aux puces, on pourra ramener une figurine de Donald ou de R2-D2.

 

Le Musée d’art moderne se mélange avec le Musée d’histoire naturelle pour montrer La Danse d’Henri Matisse et le squelette d’un diplodocus. Le Flatiron building, « fer à repasser » entre la 5ème avenue et Broadway, trône fièrement dans la nuit éclairée par une lune pizza.


            Et lorsqu’à la fin on apprend qui est le narrateur de cette belle visite, on n’a qu’une envie, recommencer l’album à une autre « hauteur ».

 

 

 

 

© Pang, Tanco - L’agrume

 

 

Les illustrations de Miguel Pang sont dans la digne lignée du Pop Art. Les personnages aux visages oblongues déambulent dans des rues pastels et des lieux familiers au fil de la journée et au fil des saisons. Les courts textes de Miguel Tanco vont juste à l’essentiel, comme pour ne pas perturber la visite guidée.

 

L’Agrume est une maison d’édition portée par l’amour de l’illustration et le désir de rendre les livres vivants, à l’image de notre société en perpétuel mouvement. Explorant les genres, nous avons donné naissance à 3 collections, qui sont autant de formes d’expressions différentes et complémentaires : des bandes dessinées d’auteurs venus des quatre coins du monde, des livres pour enfants, innovants et spectaculaires et une revue de société thématique, Citrus.

 

 

 

 

© Pang, Tanco - L’agrume

 

 

Bienvenue chez moi, album à mettre devant tous les yeux et entre toutes les mains, n’a qu’un seul défaut : il est trop court ! Il se déguste comme un cupcake garni de pépites de sucre de toutes les couleurs.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Bienvenue chez moi 

 

Genre : Visite guidée

 

Textes : Miguel Tanco 

 

Dessins & Couleurs: Miguel Pang

 

Éditeur : L’agrume

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9791090743960

 



Publié le 04/12/2019.


Source : Bd-best


Et si le roi des singes n’avait pas été vaincu...  The Kong Crew 1 - Manhattan Jungle

« - Les services de renseignement nous ont confirmé que les deux individus dans la « zone » sont le professeur Jonas Parker et le journaliste Irvin Stone. Bref, un biologiste suicidaire et un fouteur de merde. Notre mission sera de survoler Manhattan afin de les localiser. Ordre de rester en périphérie de la zone. Personne n’y entre. Alors, ne jouez pas les héros. Suis-je clair ? Si vous avez des questions, c’est maintenant.

- Colonel ? Nos avions de chasse sont armés pour ça, alors si par hasard on s’écartait… On pourrait peut-être tester nos munitions ?

- Bradley Turner, vous étiez affecté dans le Pacifique, avant… Laissez-moi vous expliquer la situation. Votre ennemi, c’est onze tonnes de muscles, de nerfs et d’instinct de prédation. Il y a quatorze ans, en 1933, Kong nous a mis une branlée… »

 

 

 

 

 

1947, Sandy Hook, pointe nord du New Jersey. Un groupe d’aviateurs de l’US-Air-Force est réuni à Fort Hancock pour se préparer à sauver deux individus qui ont pénétré dans Manhattan. Depuis que Kong en est le maître, la zone a été évacuée. Malgré toute l’énergie déployée pour vaincre la bête, le gorille reste le maître des lieux. Fort, malin, violent, Kong a appris à se méfier de ses chasseurs. New-York est son domaine, Manhattan est sa jungle.

 

 

 

 

© Herenguel - Ankama

 

 

Virgil Price est le héros américain par excellence. Un poil macho, un brin tête brûlée, il est au premier rang des missions dans lesquelles on l’envoie. Son survol de Manhattan ne va pas se passer comme prévu. Sortira-t-il indemne de la jungle urbaine ? Spit le teckel est la mascotte de l’escadron. Saucisse de joie, une telle recrue sera-t-elle de taille à lutter contre des dinosaures ? Le journaliste Irvin Stone se pense invincible derrière son crayon. « Le poids des mots, le choc des photos », comme disait l’autre.  Le poids qu’il s’apprête à avoir en face va être un peu plus lourd que celui des photos. Jonas Lazarus Parker est le Tournesol de l’aventure. Vieillard émerveillé par tout ce qu’il découvre, ses yeux d’enfants lui font prendre des risques inconsidérés. Se rendra-t-il compte des réels dangers qui l’entourent ? Ajoutons à cela des amazones et il ne manque plus qu’un Johnny Weissmuller pour sauter de lianes en lianes.

 

 

 

 

© Herenguel - Ankama

 

 

Eric Herenguel n’a plus rien a prouver. Après ses débuts chez Zenda, il se fait connaître en succédant à Laurent Vicomte dans Balade au bout du monde. Autant dire qu’il était attendu au tournant; mais il a parfaitement négocié son virage. Les succès se sont alors enchaînés avec parmi eux Edward John Trelawnay, Krän, Lune d’argent sur Providence, ainsi qu’une incursion dans le monde de Troy avec Nuit Safran. The Kong Crew s’annonce comme un blockbuster. La série réunit tous les ingrédients pour y parvenir : une histoire prête à séduire plusieurs générations, des personnages détestables ou attachants, une bonne dose de mystères et un graphisme coup de poing.

 

 

 

 

© Herenguel - Ankama

 

 

The Kong Crew n’est pas une totale nouveauté. Les deux chapitres qui composent ce titre ont été publiés respectivement en janvier 2018 et 2019 aux éditions Caurette en format Comics en noir et blanc. Herenguel y ajoute des couleurs et Ankama une édition de belle qualité.

 

 

 

 

 

© Herenguel - Caurette

 

 

Dans un dossier final de l’album, outre de magnifiques illustrations de l’auteur reproduites dans la Manhattan Gallery, on apprend qu’une adaptation en série animée est déjà à l’étude. Sous la houlette de Sonia Demichelis qui a pris en charge le design graphique, les bases de travail sont posées. Le contexte uchronique permettra des digressions par rapport à la BD et s’axera peut-être sur d’autres personnages.

 

Avec The Kong crew, Herenguel fait son Skull Island mâtiné de Rampage. Ça pulse, on ne s’ennuie pas une seconde. Vite, la suite !

 

 Bande annonce :

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : The Kong Crew

 

Tome : 1 - Manhattan Jungle

 

Genre : Uchronie

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Herenguel

 

Éditeur : Ankama

 

Nombre de pages : 54

 

Prix : 15,90 €

 

ISBN : 9791033511274

 



Publié le 03/12/2019.


Source : Bd-best


Faites entrer l’accusé.  René Goscinny et la brasserie … des copains

 

 

 

« - En Mai 1968, il s’est effectivement passé un truc lamentable… dont je fus l’un des lamentables acteurs. Nous nous sommes réunis avec quelques dessinateurs et nous sommes tombés dans le piège de la contestation à tous crins. Goscinny est tombé dans un véritable traquenard car, à l’époque, il représentait le patron. » Jean Giraud.

 

 

 

 

 

 

 

 

Que s’est-il passé le 21 Mai 1968 et qui est resté dans les mémoires de la bande dessinée ?

 

Christian Kastelnik a réalisé un véritable travail d’investigation. Simple, précis, objectif, ce petit livre est un exemple de travail journalistique. Préfacé par Nikita Mandryka, il décrit avec minutie tout ce qui s’est déroulé ce jour où René Goscinny a été convoqué par des auteurs du journal Pilote dont il était le rédacteur en chef dans la brasserie de la Rotonde des Tuileries en Mai 1968. Mezières, Christin, Giraud, Le Goff, Charlier et tous les autres membres de la vie de l’hebdomadaire deviennent les personnages d’une enquête menée, minutée et décryptée par l’un des plus grands spécialistes de l’histoire du journal Pilote.

 

 

 

 

© Kastelnik - Scup-La déviation

 

 

En quatre chapitres, l’« affaire » n’aura plus de secrets pour personne. Le chapitre 1 est une immersion dans l’époque et l’air du temps : Mai 1968, un mois et une année qui sont dans toutes les mémoires. Le chapitre 2 raconte la fameuse réunion. Les acteurs sont introduits un à un. La crise monte crescendo jusqu’à son paroxysme et son issue. Le chapitre 3 recense les témoignages des uns et des autres. On y descelle les caractères de chacun des protagonistes. Celui qui résume le mieux la situation est certainement Christian Godard qui résume l’événement de façon décalée, drôle et peut-être de la manière la plus proche de la réalité qu’il soit. Enfin, le chapitre 4 donne quelques clefs supplémentaires dont surtout le point de vue de Christian Kastelnik lui-même. L’auteur est un amoureux de Pilote, il le prouve, il le justifie. En deux pages, il désamorce un conflit qui n’en a été un que parce que des acteurs externes se sont immiscés dans une réunion qui ne les concernait pas.

 

 

 

 

© Kastelnik - Scup-La déviation

 

 

« René Goscinny et la brasserie… des copains » : ce titre, avec ces pointillés le rythmant, n’est pas anodin. Il ne pouvait pas être mieux choisi. Depuis des années, on a entendu tout et n’importe quoi sur ce qui c’est passé ce jour-là rue des Pyramides : des vérités, des contre-vérités, des on-dit et des carabistouilles. Ce 21 mai, tout un tas de malentendus ont déstabilisé une équipe de copains. Des choses à changer, il y en avait. Des maladresses et des regrets, il y en a eu. Des blessures aussi. Mais il y avait aussi de l’amour, de l’amour pour un métier, celui d’auteur de BD, de l’amitié entre des gens qui se respectaient mais qui n’ont peut-être pas toujours trouvé les bons mots pour le dire au bon moment. Des copains, ces gens là étaient avant tout des copains et il fallait qu’ils le restent.

 

 

 

 

© Mandryka - Scup-La déviation

 

 

Ce petit livre est aussi bien fait qu’un « Que sais-je ? » de la grande époque de la collection. Il pourrait être le socle d’une nouvelle collection dans laquelle on imaginerait trouver des titres comme : Yvan Delporte de Spirou au Trombone Illustré, Hergé et les tourments blancs du Tibet, Vaillant/Pif et le communisme dans tout ça, ou bien d’autres affaires qui ont émaillé la grande histoire du neuvième art.

 

Kastelnik prépare un ouvrage sur la « préhistoire » du journal Pilote et on ne saurait que vous conseiller la page Facebook des Amis du Journal Pilote. René Goscinny et la brasserie … des copains est un petit livre captivant. Il aura fallu attendre 51 ans pour avoir une version réaliste des faits.

 

 

 

 

René Goscinny

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : René Goscinny et la brasserie ... des copains

 

Genre : Chronique d’une journée particulière

 

Auteur : Christian Kastelnik

 

Préface : Mandryka

 

Éditeur : SCUP-La déviation

 

Nombre de pages : 100

 

Prix : 10 €

 

ISBN : 9791096373246

 



Publié le 03/11/2019.


Source : Bd-best


Un petit manga auto-édité qui a tout d’un grand.  Red Flower Stories

 

 

« - Ce soir, notre peuple célèbre l’arrivée du printemps dans l’ombre de Ilgwe, notre père vénéré… Vous pratiquerez le Katafali pour montrer à tous que vous avez compris notre doctrine la plus fondamentale, que vous êtes dignes de devenir adulte, et d’obtenir le privilège d’adorner vos cheveux avec des perles. Ceux qui souhaitent intégrer la garde du roi et consacrer leur vie au Katafali devront particulièrement se démarquer. »

 

 

 

 

 

Une histoire au plus profond de la jungle… Un jeune homme fait sa quête initiatique et souhaite entrer dans la cour des grands, celle des gardes du roi. Jeune chien fou présomptueux, il devra apprendre à se canaliser et à se contrôler pour mériter ce privilège. Il s’appelle Kéli. Il fait partie du peuple de Bao’re. Il est jeune, il est beau, la vie lui tend les bras. Saura-t-il les saisir ?

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Red Flower Stories nous amène sur les traces du peuple Bao’Re à travers trois histoires : Katafali raconte le combat de Kéli pour faire partie de la garde du roi. Elle permet à Loui de montrer ses compétences en traitement des combats, l’un des poncifs du manga. Fourmis rouges et gorilles montre l’attaque du village par un gorille blanc. C’est une histoire qui démontre que la malice peut vaincre la force. Loui y met en scène un puissant primate qui fait trembler les planches, au sens propre comme au sens figuré. Enfin, si Les histoires de grand-mère, le troisième récit, ne vous arrache pas une larme, c’est que vous n’en avez pas compris les tenants et les aboutissants de ce passage de témoin entre une grand-mère et sa petite fille. C’est un hommage vibrant aux histoires qui ont fait de nous tous des lecteurs ou des raconteurs. Loui y prouve l’amour qu’il a de son métier. Touchant.

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Pour un manga auto-édité, Red Flower Stories fait montre d’un professionnalisme à faire pâlir de jalousie bien des productions éditées dans de grandes maisons. Le graphisme abouti de Loui peut rivaliser avec plus d’un mangaka. Qui plus est, le garçon sait raconter des histoires et il le fait avec passion. En un seul volume, il expose trois types de récits dans un même univers mais tout à fait différents.

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Seule preuve du côté « amateur », quelques toutes petites fautes d’orthographe ou de syntaxe subsistent. Mais on peut aussi en trouver chez les pros. Pour le reste, même la facture, la maquette et la qualité d’impression du livre sont parfaites.

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

L’intro et l’outro du manga sont présentés par un sorcier, personnification d’Anansi, personnage célèbre dans la culture ouest-africaine, griot qui nous promet encore et encore des histoires. La jungle luxuriante dans laquelle se situe l’action est matière à bon nombre de rebondissements. Oui, oui, oui, on en veut encore. Parions que ces aventures paraîtront un jour ou l’autre chez un grand éditeur. Mais le prix de l’indépendance n’est-il pas aussi celui de la liberté ?

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Même si c’est symbolique, nous décernons à Loui le Prix BD-Best d’Or Avenir 2019. C’est sa mère qui va être contente. (Seuls comprendrons ceux qui ont rencontré l’auteur en dédicace)

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Vous pouvez vous procurer l'album en contactant l'auteur sur sa page facebook : https://www.facebook.com/justlouiart/ ou en envoyant un mail à : justlouicomics@gmail.com.

 

Ce n'est pas un hasard si le financement de l'album sur Ulule a atteint les 296 % ! Red Flower Stories est une des bonnes surprises de l’année, comme une pépite qu’un orpailleur déniche dans un endroit où il ne pensait rien trouver.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Red Flower Stories

 

Genre : Contes exotiques

 

Scénario & Dessins : Loui

 

Éditeur : Loui

 

Nombre de pages : 100

 

Prix : 7 €

 

ISBN : 9782956972600

 



Publié le 29/10/2019.


Source : Bd-best


Tout n’est pas perdu quand il reste l’imagination.  L’ours est un écrivain comme les autres

 

« - J’ai cru comprendre qu’Arthur Bramhall s’était fait bâtir un nouveau chalet avec l’argent qu’il a touché de l’assurance… Vous le saviez ?

- En effet ! Il y réécrit son roman.

- Sacré Bramhall, rien ne l’arrête.

- Le perte de son manuscrit dans l’incendie, c’était affreux.

- Affreux oui, quel sale coup pour un type qui a tendance à broyer du noir. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Arthur Bramhall n’a pas fini de broyer du noir. Après avoir perdu un manuscrit dans l’incendie de son chalet, l’auteur trouve la force de se remettre à l’écriture. Ne comptant pas se faire avoir deux fois, alors qu’il vient de finir son nouveau tapuscrit, il décide de le cacher dans une valise au pied d’un grand épicéa et d’aller fêter ça en ville. De retour sur place, il n’a plus qu’à constater le drame. La mallette a disparu, subtilisée par un ours affamé. « Désir et destinée » - c’est le titre du roman - pourrait lui rapporter un bon paquet de pots de miel. Pendant que Bramhall va se morfondre dans sa forêt du Maine, l’ours va gagner New-York. A lui la ville, les médias, les paillettes et tout ce qui va avec.

 

 

 

 

© Kokor - Futuropolis

 

 

Loufoque ! Cet album est délicieusement loufoque ! A mi-chemin entre un roman comme Le pingouin d’Andréï Kourkov et un personnage comme Paddington, L’ours est un écrivain comme les autres est un OVNI. Dans une histoire où personne, absolument personne, n’est surpris d’entendre un ours prononcer des mots, le quotidien fait place à l’absurde. Loin d’un grand n’importe quoi, les situations se passent et s’enchaînent avec un naturel déroutant.

 

 

 

 

© Kokor - Futuropolis

 

 

Exprimant au début ses réflexions par des pictogrammes, l’ours acquiert petit à petit du vocabulaire. Dans une scène cocasse, tout au fond d’un wagon de train, il dévore des céréales et trouve le pseudonyme qui fera son succès : Dan Flakes. Il finira même par prononcer des morceaux de phrase. C’est tout un système de vases communicants qui s’opère lorsque l’on observe le devenir d’Arthur Bramhall en parallèle.

 

 

 

 

© Kokor - Futuropolis

 

 

William Kotzwinkle est l’écrivain américain du roman adapté ici par Kokor. L’auteur de la série Walter le chien qui pète a publié cette histoire d’ours en 1996 : The bear went over the mountain.

 

Après Alexandrin ou l’art de faire de vers à pied avec Pascal Rabaté, Kokor s’approprie un roman en l’adaptant librement. Mais là où la littérature peut envelopper une histoire extravagante d’un certain sérieux, une exposition graphique de situations loufoques aurait pu s’avérer périlleuse. Dans une monochromie orange, Kokor rend tout cela plausible, avec des cadrages originaux, osant les découpages éclatés et les focales en cases intégrées. Le dessinateur glisse également un vibrant hommage à Bip-Bip et Vil Coyote, bible de situations humoristiques.

 

On ne peut pas savoir s’il y a un paradis pour les poules pondeuses, mais il y a en tous cas un destin hors du commun pour un ours, écrivain comme les autres : celui d’un album incontournable.

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : L’ours est un écrivain comme les autres

 

Genre : Loufoque

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Kokor

 

D’après : William Kotzwinkle

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 21 €

 

ISBN : 9782754824262

 



Publié le 20/10/2019.


Source : Bd-best


Comme si Basil Rathbone était de retour.  Dans la tête de Sherlock Holmes 1– L’affaire du ticket scandaleux

« - Bonjour, gentlemen. Agent Sparks, station de police de Bishopsgate Street. Dr Watson, cet olibrius bien mal en point affirme être votre confrère… S’il dit vrai, je ne serai pas mécontent de vous le laisser…

- Diantre, Herbert !! Votre clavicule est fracturée ! Que diable vous est-il arrivé ?!

- Vers trois heures du matin, nous l’avons trouvé, hagard… Il courait dans Wentworth Street, en plein Spitalfields, vêtu de façon peu orthodoxe, prétendument incapable de se remémorer sa soirée. Il a été placé en cellule au poste jusqu’à ce qu’il parvienne à convaincre mon supérieur, qui connaît la réputation de Mr Holmes, ainsi que la vôtre, Dr Watson.

- Eh bien, « officer », je vous certifie qu’il s’agit bien du Dr Herbert Fowler, qui occupe mon précédent cabinet dans Paddington.

- Ouch ! Ma déchéance est totale, Watson !!! Il faut que vous m’aidiez ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bobby londonien amène chez Holmes et Watson un quidam qui errait dans la rue. Celui-ci prétend connaître Watson. Le docteur approuve, il s’agit bien d’un confrère à lui. Victime d’une amnésie de quelques heures, il ne sait pas ce qui lui est arrivé. Analysant indice sur indice avec une précision scientifique, Sherlock Holmes remonte le trajet de l’individu. Le ticket de spectacle d’un « Amazing Magician » un certain Wu-Jing, va les entraîner dans une enquête complexe que le fin limier va tenter de démêler avec tout son savoir-faire.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

Cyril Liéron signe un scénario méthodique que n’aurait certainement pas renié Sir Arthur Conan Doyle. Loin d’une enquête conventionnelle, les différents rebonds font du mystère une impressionnante toile dont le scénariste se tire avec rigueur. L’ambiance londonienne, brouillard du soir et lune éblouissante, immerge le lecteur dans ce polar fin XIXème. Holmes y est dépeint sans concession, avec les failles qu’on lui connaît concernant la consommation de stupéfiants. Watson, la tête sur les épaules, suit son modèle qu’il idolâtre.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

Le graphisme anguleux de Benoît Dahan rappelle l’époque cinématographique dans laquelle le personnage était incarné par le grand Basil Rathbone. L’homme qui endossa onze fois le trench coat du détective, plus une douzième avec la voix de Basil détective privé dans le dessin animé des studios Disney, restera à jamais le meilleur interprète du résident de Baker Street. Sans vouloir copier ses traits, Dahan donne à son personnage l’âme de l’acteur. Les décors minutieux de la capitale anglaise sont aussi fins et précis que l’est l’enquête d’Holmes.

 

 

 

 

© Liéron, Dahan - Ankama

 

 

Outre un scénario en béton et un dessin pointilleux, c’est par un remarquable découpage hors du commun que se distingue cette série. Tout est dit dans le titre : Dans la tête de Sherlock Holmes. Ce n’est pas une métaphore. Quand Sherlock réfléchit, le personnage navigue de case en case dans une planche cadrée dans sa tête. La collecte des informations se fait dans son esprit comme s’il était une machine dans laquelle on entre des données qui en ressortent une fois analysées. Quand Sherlock est sous l’effet de la cocaïne, son rêve est une maison déstructurée.

Aucune planche ne ressemble à une autre. Les mises en scène mettent en avant les indices que trouve le détective et à partir desquels est construite toute l’architecture de la double page. Les déplacements dans les différents quartiers s’effectuent sur fond de cartes de la ville.

 

Cette « affaire du ticket scandaleux » nous laisse en plein suspens dans l’attente d’un tome 2 pour conclure l’enquête. Elle est une des grandes bonnes surprises de l’année. Comme quoi, il est encore possible d’étonner avec un personnage et un thème battus et rebattus, tout cela grâce à un traitement complètement inédit du genre. Elémentaire !

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Dans la tête de Sherlock Holmes

 

Tome : 1– L’affaire du ticket scandaleux

 

Genre : Polar

 

Scénario : Liéron

 

Dessins & Couleurs : Dahan

 

D’après : Conan Doyle

 

Éditeur : Ankama

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 14,90 €

 

ISBN : 9791033509721

 



Publié le 19/10/2019.


Source : Bd-best


« Le crime en local clos est le seul mystère dont la raison accepte avec plaisir le défi. »  Le Detection Club

 

 

« - Bienvenue chers amis, bienvenue ! Ha ha ! Capital ! Capital ! Ha ha ! Mes amis, je vous connais si bien ! Les reines du crime, les philosophes du roman à énigme, les aventuriers du mystère… Je suis Roderick Ghyll ! Bienvenue à la Briarcliff villa. Vous êtes ici chez moi, vous êtes ici chez vous ! Ha ha ! Quelle joie de vous recevoir toutes et tous ! Capital ! Capital ! Venez, venez ! Please, veuillez me suivre ! Please ! Laissez-moi vous montrer la voie ! Ha ha ha ! »

 

 

 

 

 

 

Années 30 : les professionnels du coup de théâtre vont devoir se préparer à une surprise de taille. Si le milliardaire Roderick Ghyll a invité les sept membres du Detection Club dans son domaine sur une île des Cornouailles, c’est pour leur présenter la dernière de ses inventions. Avec le professeur Zumtod, il a conçu Eric, un automate-détecteur qui démêle les fils des intrigues et défait le mécanisme des polars. Il suffit de lui lire le synopsis d’un « detective novel » pour qu’il donne le nom du coupable. Epatant ! Mais quand on réunit les meilleurs auteurs de romans policiers britanniques de la première moitié du vingtième siècle dans un lieu clos, en l’occurrence une île, s’il n’y avait pas un mystère insoluble à résoudre, ça ne servirait à rien.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Fondé par Anthony Berkeley Cox, le Detection Club a réellement existé. Il compte parmi ses membres fondateurs Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, G. K. Chesterton, Freeman Wills Crofts, John Rhode et la Baronne Orczy. Les auteurs réunis se retrouvent régulièrement lors de dîners pour disserter sur les codes et techniques du genre littéraire qu’ils pratiquent. L’un de leurs membres, le père Ronald Knox, rédigea un code de déontologie permettant de donner aux lecteurs des chances de démasquer le coupable. Ce « cahier des charges » en dix règles d’or est repris ici par Harambat. Dans l’histoire ici présente, on retrouve certains des membres fondateurs : Chesterton, Christie, Orczy, ainsi que le premier prêtre écrivain de romans policiers qui a justement rédigé le fameux code, auxquels se sont joints Dorothy L. Sayers, le major Mason et John Dickson Carr, le premier auteur non britannique à intégrer le groupe. Ce « club » existe encore aujourd’hui.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Après le remarquable et remarqué Opération Cooperhead, Jean Harambat change son fusil d’épaule pour rendre hommage à un genre qu’il affectionne tout particulièrement : le roman policier anglo-saxon. En utilisant des créateurs pour protagonistes principaux, Harambat prend du recul  et analyse le genre. Il se complexifie la tâche car il ne peut se permettre aucune erreur. Au final, il offre une enquête originale de laquelle il se sort avec brio, pouvant grâce à cela prétendre à intégrer lui-même le cercle du Detection Club. Qui plus est, il manie l’art du dialogue avec un grand talent. S’il y avait un prix du dialogue, quelque chose qui serait tout à fait justifié de créer, Jean Harambat l’emporterait cette année.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Le graphisme juste essentiel de l’auteur est d’une finesse et d’un charme british incroyables. Dans une ligne claire qu’on pourrait penser enfantine, il utilise des codes particulièrement efficaces. Les vaguelettes de la mer, les ustensiles de laboratoire, tout prend vie et place sans surcharge et avec précision. Les personnages jouent et se déplacent comme des acteurs de théâtre afin de mieux attirer le lecteur. Les couleurs de Jean-Jacques Rouger rendent à merveille les tons des salons où l’on cause , des nuits d’orage et des après-midi aux abords d’une falaise.

 

Un décor digne des Dix petits nègres, une énigme à la hauteur d’une certaine Chambre jaune, Le Detection Cub est une élégie à tous les maîtres du mystère. On n’avait jamais vu et lu une telle « ambiance » depuis Albany de Floc’h et Rivière.

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Le detection club

 

Genre : Polar

 

Scénario, Dessins : Harambat

 

Couleurs : Rouger

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 138

 

Prix : 19,99 €

 

ISBN : 9782205079432

 



Publié le 09/10/2019.


Source : Bd-best


L’autre fils de Saul, Karoo de Steve Tesich rendu un peu plus phénoménal par Bézian

On vous l’a dit, cette année, les Éditions Delcourt font leur rentrée BD plus littéraire que jamais. Alors que Richard Guérineau est une nouvelle fois entré dans la danse historique de Jean Teulé, c’est au tour de Karoo de trouver preneur, encore une fois avec l’art et la manière, incroyables et émouvantes, avec Frédéric Bézian. Hors d’oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur: Fumeur invétéré et alcoolique notoire, Saul Karoo aborde la cinquantaine séparé d’une femme qui le méprise et père d’un fils qui aura grandi trop vite pour lui permettre d’établir un véritable dialogue. Script doctor au service d’Hollywood, on le croit cynique et dépourvu de talent. Aussi, quand l’opportunité de réécrire le scénario de sa propre vie se présente, il n’hésite pas un instant…

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Karoo, écrit par Steve Tesich et publié de manière posthume en 1998, est tout simplement devenu un choc émotionnel et graphique. Même, surtout d’ailleurs, si on ne connaît pas le récit original, on se laisse embarquer par cette histoire touchante et à plusieurs couches.

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Bon, il faut s’accrocher, accepter de nager, durant les planches qui ouvrent cet album, dans le délire, le vertige du personnage principal. Entre alcool à trop fortes doses et les cigarettes qu’on ne compte plus, entre l’odyssée et les soirées mondaines d’Hollywood. Pas loin du conflit bien à l’est, et de Ceaucescu, dont l’écume parvient, et inquiète, jusqu’au palais du Septième Art.

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Et du Neuvième.

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Pourtant, ce n’est pas tant d’art dont il s’agit mais de charcuterie. Saul Karoo a perdu pied dans sa vie privée. Il n’a jamais été à la hauteur de son fils, désormais bien plus grand que lui, qui ne l’écoutera plus. Ou presque. Karoo ne tient que par les excès et son boulot, finalement ingrat, de script doctor. On lui confie les films malades et devant être remontés (phénomène devenu presque une norme pour des tas de blockbusters de nos jours, notamment dans le monde des super-héros).

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Comme celui, le dernier, d’Arthur Houseman qui a pondu « une merde ». Plus que jamais, Karoo veut tout lâcher et dire à son employeur, producteur, ses quatre vérités… Mais il accepte. Pour mieux constater que ce film se suffit à lui-même, qu’il n’y a rien à retoucher.

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Pourtant, Saul cherche, et trouve le diable dans les détails, une serveuse de resto au creux de l’image. À peine quelques mots et déjà l’occasion de changer à jamais sa vie et la sienne. Saul en a l’intense pressentiment: cette femme, Leila, est liée à lui. Au rendez-vous des vies brisées, volées, par la force des choses ou à cause de soi-même. Chacun son lot de regrets. Mais Saul va remonter le film pour que Leila en soit la star.

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

Au fil des planches, témoignant d’une maîtrise implacable et capable de faire ressentir tellement les choses qui s’y jouent, Bézian nous entraîne, avec une imagination débordante, dans un voyage à sens unique, dont on ne connaît pourtant pas la destination qui ne sera atteinte qu’a prix de quelques freinages d’urgence et de coups secs de volant.

 

 

 

 

© Bezian chez Delcourt

 

L’auteur réussit, à nouveau, une oeuvre qui ne peut exister qu’en BD: par l’économie des couleurs utilisées pour surligner avec grâce certains moments, la variation des phrases répercutées (littéraires ou en phylactères), par des traits nourrissant le décor ou en faisant table rase pour ne garder à l’écran que le personnage. Rien ne manque et rien n’est superflu. Bezian rajoute de l’audace à l’audace originelle et réussit une prouesse, un uppercut, une euphorie avant le grand malaise. De quoi avoir le sourire aux lèvres puis les larmes aux yeux. Le prix à céder pour cette variation sur la vie et sur l’art, cynique, intense, hors-du-commun. Coup de maître.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Karoo

Récit complet

D’après le livre de Steve Tesich

Scénario, dessin et couleurs : Bézian

Genre: Drame

Éditeur: Delcourt

Nbre de pages: 116

Prix: 23,95€



Publié le 26/09/2019.


Source : Bd-best


Petit par la taille, immense par les informations. Le fil de l'histoire raconté par Ariane & Nino Le mur de Berlin.

 

« Schabowski lit un projet de décision du conseil des ministres qu'on a placé devant lui : « Les voyages privés vers l'étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs — motif du voyage ou lien de famille. Les autorisations seront délivrées sans retard. Une circulaire en ce sens va être bientôt diffusée. Les départements de la police populaire responsables des visas et de l'enregistrement du domicile sont mandatés pour accorder sans délai des autorisations permanentes de voyage, sans que les conditions actuellement en vigueur n'aient à être remplies. Les voyages y compris à durée permanente peuvent se faire à tout poste-frontière avec la RFA. »

Question d'un journaliste italien : « Quand ceci entre-t-il en vigueur ? »

Schabowski, feuilletant ses notes : « Autant que je sache, immédiatement. »»

 

 

 

 

Pour la plupart d’entre nous, le nom de Günter Schabowski n’évoque rien de particulier. Et pourtant, il est à l’origine d’une « bourde » qui va mettre fin à plus de 28 ans de séparation des citoyens Berlinois, provoquant la chute du mur.

Rien de particulier ne laissait présager que cette soirée du 9 novembre 1989 allait entrer dans les livres d’histoire, changeant non seulement le visage de l’Europe, mais modifiant aussi l’ordre mondial en marquant la fin de la guerre froide entraînant la chute du bloc de l’Est.

 

 

 

 

 

© Fabrice Erre – Sylvain Savoia – Dupuis.

 

 

 

À travers ce livre didactique, Fabrice Erre (scénariste) nous donne une leçon d’Histoire. Il évoque le partage effectué par les vainqueurs du nazisme (américains, anglais & français) au détriment des perdants (allemands). L’Allemagne fut divisée en deux et sa capitale subit le même sort (Berlin Ouest en trois secteurs alliés et Berlin Est aux mains des Soviétiques). Isolé en territoire de la RDA, le secteur Ouest de la capitale connut un blocus organisé par Staline, obligeant les alliés à organiser un pont aérien afin de ravitailler les Berlinois de l’Ouest (24 juin 1948 – 12 mai 1949).  De même, la frontière entre les deux pays fut  aussi divisée par un « rideau de fer » composé de barbelés et de miradors rendant celle-ci infranchissable.

En 1961, afin de mettre fin à la fuite des Berlinois de l’Est vers l’Ouest, les autorités Est allemandes débutèrent la construction d’un mur d’une hauteur de 3,5 mètres couvrant une longueur de 43,1 km accompagné d’un  « no man’s land » infranchissable (selon les chiffres, 1135 personnes y ont perdu la vie).

 

 

 

 

 

© Fabrice Erre – Sylvain Savoia – Dupuis.

 

 

À quelques semaines du trentième anniversaire de la chute de ce mur de la honte, les Éditions Dupuis nous proposent de partir à la découverte de l’histoire ayant régi nos trois dernières décennies.

Illustré par Sylvain Savoia, plus particulièrement destiné à la jeune génération n’ayant pas connu ces événements, ce livre est un devoir de mémoire démontrant que la construction de séparation au nom de diverses idéologies politiques se révèle toujours catastrophique pour l’humanité.

 

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain

 

Série : Le fil de l’histoire raconté par Ariane et Nino

 

Titre : Le mur de Berlin Au cœur de la guerre froide

 

Genre : Histoire Jeunesse

 

Scénario : Fabrice Erre

 

Dessins : Sylvain Savoia 

 

Éditeur : Dupuis

 

Collection : Dupuis Jeunesse

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 5,90 €

 

ISBN : 9782390340508



Publié le 25/09/2019.


Source : Bd-best


Séance de rattrapage.  Les fleurs de grand frère

 

 

« - C’est pas normal…

- C’est vrai que c’est surprenant, mais elles sont très belles, ces fleurs !

- Mais elle me font peur ! Il faut les couper ! Si elles se mettaient à trop pousser et que… que je disparaissais… Qu’elles m’étouffent sous un tas de feuilles et de racines...

- Les fleurs ne tuent pas. Elles rendent belles les choses qu’elles touchent. C’est au contraire une magnifique expérience que t’offre ce nouveau printemps ! Vois ça comme un cadeau. Et puis tu es très beau comme ça.

- Moi aussi je les aime tes fleurs. Elles sont trop belles pour les couper. »

 

 

 

 

 

 

Avec cette nouvelle rubrique « Séance de rattrapage », la rédaction de BD-Best met exceptionnellement en avant un album paru il y a quelques mois. La raison en est simple : c’est parce qu’on ne l’a pas vu passer en temps voulu et que c’est un des tout meilleurs albums de l’année.

 

Une famille unie, un père, une mère, deux frères. Un jour, des fleurs ont poussé sur la tête de grand frère. Après avoir voulu les couper, il décide de les appréhender, les toucher, les sentir. Il s’en inquiète, mais comme tout le monde dans sa famille les trouve belles, il s’en accommode. Parfois même, elles lui parlent. Mais il va y avoir une épreuve à passer : celle de la rentrée et du regard des autres.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Gaëlle Geniller livre un récit tout en sensibilité, en délicatesse et en émotion, une belle histoire d’amour comme on n’en avait pas lue depuis longtemps, et surtout d’un genre qu’on n’avait tout simplement jamais lu. Fable sur le passage de l’enfance à l’adolescence, c’est aussi une histoire de deuil, celui du garçon qui doit dire au revoir au petit enfant qu’il était. L’autrice emploie tout son talent à dédramatiser la situation, à mettre en évidence la tolérance, non seulement des autres, mais aussi de soi pour soi.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Aucun personnage n’a une once de méchanceté. Le monde est uni pour aider grand frère à affronter ses fleurs et en filigrane sa puberté, et avec elle les tourments associés. Gaëlle Geniller montre que chacun a les cartes en main pour décider de son destin et qu’il ne faut pas avoir peur ni de ses choix, ni du regard des autres.

 

Dans un graphisme en couleurs directes, le dessin est aussi émouvant que l’histoire. Quand grand frère cauchemarde, voulant arracher les fleurs qui l’envahissent, on ressent une angoisse oppressante. Quand maman serre grand frère dans ses bras, il y a tellement d’amour qui transparaît du trait que ça fait quelque chose aussi dans le cœur du lecteur.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Les fleurs de grand frère se retrouvera sans suspens dans notre liste des indispensables 2019. Signer un tel premier album à 23 ans à peine propulse Gaëlle Geniller au rang de meilleur espoir de l’année pour la bande dessinée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Les fleurs de grand frère

 

Genre : Chronique familiale

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Geniller

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9782413012436

 



Publié le 11/09/2019.


Source : Bd-best


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