Nouvelles relatives ŕ la bande-dessinée ou au graphisme
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Visages cachés, pouvoirs révélés.  Masques 1 - Le masque sans visage

 

« - Une livraison ? A cette heure-ci ?

- Oui, mais c’est personnel, Tonio !

- C’est quoi ? C’est quoi ?

- Ça, Jorge, c’est notre retraite assurée. »

 

 

 

 

 

 

 

                2 Novembre. La fête des morts bat son plein dans les quartiers populaires de Veracruz. Hector et Jorge, deux ados qui travaillent dans un restaurant familial, se voient confier des caisses par de louches individus qui leur demandent de les cacher jusqu’au soir. La tentation est trop grande. Les deux frères en ouvrent une et découvrent des masques. La tentation est trop grande d’en essayer un. Pendant ce temps, en France, Siera, brillante lycéenne originaire du Burbuto, reçoit un colis venant de son pays avec ce mot : « On n’échappe pas à sa famille. ». A l’intérieur, un masque. Également le même jour, en Belgique, Al rentre à son domicile en skate après avoir joué au Yamakasi et retrouvé sa copine dans un fast food. Son père, collectionneur de masques, s’inquiète de la disparition d’un chargement… à Veracruz.

 

 

 

 

© Jurion, Kid Toussaint - Le Lombard

 

 

                « Le but premier d’un masque ? Travestir la réalité ? Les masques n’ont pas été faits pour aider leurs porteurs mais pour sauver l’humanité d’un quelconque grand mal, grand mal dont les masques peuvent être d’ailleurs responsables. » JS, le père de Al, n’est pas un simple collectionneur. Il en est non seulement expert, mais, sans être un démiurge, connaît parfaitement les lois qui les régissent. Il connaît tous les masques ancestraux et leurs origines. Ils ont été taillés dans l’armure, la chair et les os d’un ancien dieu mort sur Terre. Chacun a son pouvoir magique. Celui d’Al lui donne une apparence et une force herculéenne. Celui de Siera la rend invisible. Celui d’Hector, d’origine aztèque, est maléfique.

 

 

 

 

© Jurion, Kid Toussaint - Le Lombard

 

 

                Kid Toussaint et Joël Jurion lancent une nouvelle série à la frontière entre les tourments adolescents de Elles et l’action et le dynamisme de Klaw. Avec Masques, ils inventent une nouvelle mythologie à la Marvel faisant des adolescents des super-héros profitant de leurs pouvoirs ou les subissant. Le genre, le manichéisme entre le bien et le mal, ainsi que l’universalité des origines sont au cœur de l’aventure. Pour parfaire le tout, les auteurs n’oublient pas la petite touche d’humour grâce à Gunawan.

 

 

 

 

© Jurion, Kid Toussaint - Le Lombard

 

 

                Savoir aller chercher au fond de soi, voilà ce que peuvent permettre de faire ces masques qui sont une clef pour chacun de ces adolescents qui cherchent leur personnalité, qui tentent de se construire dans un monde, le nôtre, de plus en plus énigmatique.              

Si elle est bien accompagnée par un travail éditorial soutenu, Masques s’annonce comme la nouvelle petite bombe du Lombard. La série a tout pour faire un carton.

 

                 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Masques

 

Tomes : 1 - Le masque sans visage

 

Genre : Aventure 

 

Dessins : Joël Jurion  

 

Scénario : Kid Toussaint

 

Couleurs : Yoann Guillé 

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 88 

 

Prix : 12,45 €

 

ISBN : 9782808205795

 



Publié le 18/09/2022.


Source : Boulevard BD


La planète du singe.  Darwin’s incident 1

 

« - En êtes-vous vraiment sûr ?

- Il s’agit du rapport officiel de l’académie nationale des sciences. Le décryptage du séquençage de l’ADN et les dernières technologies d’analyse du génome le confirment. Ce nouveau-né est un hybride mi-humain mi-chimpanzé. C’est un humanzee. »

 

 

 

 

 

 

Charlie est un humanzee, un être hybride né d’un humain et d’une femelle chimpanzé dans un institut de recherche biologique. Elevé par un couple de scientifiques humains depuis quinze ans, il va aujourd’hui rentrer au lycée. Entre une intégration parmi des adolescents pas toujours bienveillants et un groupe de véganes extrémistes qui voient en lui une icône, Charlie va devoir trouver sa place dans une société formatée pour une soi-disant normalité.

 

 

 

 

© Shun Umezawa/Kodansha Ltd.

 

 

On parle souvent de bestialité pour dénoncer des comportements humains violents. Cette histoire démontre que la cruauté humaine est bien plus profonde et que l’on ferait mieux d’attribuer l’adjectif « humanité » à des animaux dangereux. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre Charlie et César, de la planète des singes. Mais là où, dans la dernière trilogie cinématographique de La planète des singes, César s’affiche en opposant aux humains, Charlie est, pour l’instant du moins, dans une posture d’observation. Le jeune humanzee n’aspire qu’à vivre sa vie d’adolescent. Mais gare à qui s’attaquerait à ceux qu’il aime. Ses capacités animales prendraient rapidement le dessus.

 

 

 

 

© Shun Umezawa/Kodansha Ltd.

 

 

Shun Umezawa signe un manga engagé, engagé contre les dérives scientifiques, mais aussi engagé contre la dictature du véganisme. Le prénom de la lycéenne qui se liera d’amitié avec Charlie n’est pas anodin. Elle s’appelle Lucy, comme le plus vieux squelette d’hominidé découvert par Yves Coppens. La boucle entre l’homme et le singe est ainsi bouclée.

Dans sa bonté, Charlie est redoutable. Plus fort qu’un chimpanzé et plus intelligent qu’un humain, il est avant tout une victime de sa condition particulière. Comment Umezawa le fera-t-il « évoluer » ? La façon dont il orientera la série pourrait en faire une série majeure.

 

 

 

 

© Shun Umezawa/Kodansha Ltd.

 

 

« Le courant de la conscience s’étend des humains opprimés à tous les animaux, conduisant à de formidables réponses sur l’évolution. » Cette phrase de Charles Darwin prend une toute autre dimension dans cet « incident » qui est l’un des événements manga de l’année. Le grand prix reçu au Manga Taisho Award 2022 est plus que justifié.

 

 

  

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Darwin’s incident

 

Tome : 1

 

Genre : Anticipation 

 

Scénario & Dessins : Shun Umezawa 

 

Éditeur : Kana

 

Collection : Big Kana

 

Nombre de pages : 192 

 

Prix : 7,45 €

 

ISBN : 978237287

  

 

 



Publié le 03/09/2022.


Source : Bd-best


Espagne Ă©ternelle.  Soledad

 

« - Soledad… enfin ! Rien n’a changé ! Non, rien n’avait changé… et pourtant cala faisait quinze ans que je n’atais pas revenu à Soledad. Seule la maison de mes parents paraissait être plus en ruine que les autres… Mais comme elle me semblait belle !... C’était mon enfance, cette maison abandonnée, des tas de souvenirs qui me revenaient en cascade... »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Tito - Casterman

 

 

Une chaude après-midi d’été, dans une rue à demi-ombragée d’un village qui somnole, Carmen et Sarah discutent. L’une brode, l’autre l’écoute donner son avis sur tout. Un berger rentre son troupeau de brebis. Un homme est perclus de remords après un cauchemar. Un autre revient au village après des années d’absence. Il y a aussi cet instituteur qui, en pleine leçon de choses, reçoit la visite d’un inspecteur qui lui annonce de mauvaises nouvelles pour l’école.

 

 

 

 

 

© Tito - Casterman

 

 

En 1980, Tito nous faisait découvrir Soledad, petit village espagnol en Castille, aride et meurtri par la guerre civile. Contrairement à ce qui pourrait se faire sur  un tel sujet, ce n’est pas l’action qui est privilégiée mais les rapports entre les principaux protagonistes. On suit le déroulement des événements aux côtés d’un enfant, d’une grand-mère ou d’un témoin quelconque, fragile et impuissant face aux turpides des événements, et notamment après ce 30 août 1936, jour où l’armée nationaliste envahit et pille le village. La série est née dans le mythique mensuel (A suivre…) avant d’avoir été éditée en albums par Glénat, puis Casterman.

 

 

 

 

 

© Tito - Casterman

 

 

Il y a des héros, il y a de l’aventure. Il y a des super pouvoirs, il y a du sexe. Il y a des monstres, il y a des combats. D’autre part, il y a Tito. Rendu célèbre par la série politiquement dérangeante Jaunes, sur scénario de Jan Bucquoy, il s’est forgé en construisant deux séries sentimentales : Soledad (6 albums), puis Tendre Banlieue (20 albums). Tito raconte la vie, la vie vraie, dans un village espagnol avec Soledad, ou la grise ville avec Tendre Banlieue. A l’époque où ses séries étaient sur le devant de la scène, peu d’auteurs le faisaient. Au cinéma, il y avait Lelouch, souvent profondément ennuyeux. En bande dessinée, il y avait Lauzier réservé aux sexagénaires obsédés. Quand Tito raconte la vie, on ne peut qu’accrocher, non pas par son trait, agréable et propre mais extrêmement classique, voire trop réaliste, figeant certaines expressions, mais par ses qualités scénaristiques.

 

 

 

 

 

© Tito - Casterman

 

 

Arrêtons-nous un instant sur Tendre Banlieue, dont on espère un jour une intégrale. La série était plutôt destinée aux adolescents, les représentant dans leurs cités, sans fard ni paillettes, comme la vie que bien souvent ils mènent. Les sujets traités sont réels et durs s’il le faut : racisme, famille, école, amours,… Le meilleur épisode de la série est Le cadeau, exposant les relations entre une jeune fille et sa grand-mère.

 

De Tendre Banlieue à Soledad, Tito ce n’est que ça, mais c’est déjà tout ça, des ambiances avant tout. Ce sont les choses de la vie. L’intégrale de Soledad remet sur le devant de la scène une série discrète et majeure des années 80.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Soledad (Intégrale) 

 

Genre : Chroniques espagnoles

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Tito

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 304 

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782203231368

 

 

 



Publié le 12/06/2022.


Source : Bd-best


Les héros d’une jeunesse bretonne.  Hoëdic !

 

 « - Imagine que tu rencontres le dessinateur Gos, en librairie, tu lui dis quoi ?

- J’adore ce que vous faites !

- Et si c’est M’sieur Maurice, en dédicace ?

- Je suis super fan de ce que vous faites !

- Et si c’est Walthéry ?

- J’adore… les jambes de Natacha ! Ha Ha Ha ! Et toi, Bubu, si tu croises Anne ?

- Hein ?!! Heuuu... »

 

 

 

 

 

 


                Années 70, Teddy, Bubu, Anne, Franck et leurs potes sont élèves d’un collège de Bretagne. Bubu est fan de maquettes et de BD. Il est amoureux d’Anne, un peu comme tout le monde. Elle voudrait l’ouvrir à l’écologie et aux problèmes de société, mais il est tout le temps le nez dans ses bouquins. Ses modèles sont Blueberry et Archie Cash. Teddy est lui aussi un dévoreur de BD. Sa bible, c’est Spirou. Il en pince pour Natacha. Par-dessus tout, son dessinateur préféré est Maurice Tillieux, l’auteur de César et surtout de Gil Jourdan. Teddy ne lit pas que ça. L’empire des 1000 planètes, de Valérian, est l’un de ses albums de chevet. Franck, lui, a déjà une mobylette et lit L’écho des savanes. C’est un peu le grand frère idéal. Tout ce petit monde va vivre les seventies, au rythme du collège et de l’actualité, pas toujours rose.

 

 

 

 

© Bazile, Stibane - Editions du Tiroir

 

 

                Le passage de l’enfance  à l’adolescence est un cap compliqué à passer. C’est l’heure des premières amours, des premières sensibilisations aux actualités et à la politique. On prend conscience qu’on grandit et que le monde avance. Les parents ne sont pas toujours compréhensifs. Ils sont dans leurs bulles de fatalité. Alors, quoi de mieux que les héros et héroïnes de bande dessinée pour s’évader dans des univers parallèles ? A travers Bubu, Bazile se souvient de son enfance, des matins d’hiver à la Lenorman. Il revoit ses rêves d’îles où il fait toujours beau, où tous les jours sont chauds, avec Le Flagada, Tif et Tondu, Gaston, Sophie, les Schtroumpfs et tous les autres. Un jour, la prof de français rendit les rédactions. Franck avait choisi d’écrire sur Hoëdic, une île proche qui semble particulièrement lui tenir à cœur. C’était si beau que la prof en a lu des passages à la classe. Hoëdic, c’est le rêve à quelques encablures, une centaine d’habitants et pas une seule auto. Ça serait le décor parfait pour une histoire de Tillieux.

 

 

 

 

© Bazile, Stibane - Editions du Tiroir

 

 

                Hêdic ! Ohédic ! Heüdic ! Wêdic ! Whöödic ! Bubu a toutes les peines du monde à prononcer le nom de l’île. Peut-être doit-elle rester imaginaire… L’album de  Bazile est un hommage à toute cette BD des années 70, fin d’un âge d’or  incroyable, peut-être le plus bel hommage qu’il n’y ait jamais eu. C’est aussi une ode à l’imaginaire. Hoëdic démontre aussi comment se construit la personnalité d’un adolescent, entre une marée noire et un deuil… On grandit, on vit, on meurt… Oui, on meurt. On se croit invincible mais le destin ne regarde pas l’âge de ses victimes. A côté, il faut continuer à vivre...

 

 

 

 

© Bazile, Stibane - Editions du Tiroir

 

 

                « Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. » Cette citation issue du Petit Prince de Saint-Exupéry irait très bien à Bubu, qui a rêvé, comme d’autres, toute son enfance grâce aux plus grands héros de BD. Hoëdic ! est la chronique d’une jeunesse qui s’enchante pour ne pas être désenchantée. Un des meilleurs albums de l’année. Imagine que je croise le dessinateur Bazile, en librairie,… Je lui dis : J’adore ce que vous faites !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Hoëdic ! 

 

Genre : Souvenirs de jeuness 

 

Scénario & Dessins : Bruno Bazile 

 

Couleurs : Stibane

 

Éditeur : Editions du Tiroir

 

Collection : Roman

 

Nombre de pages : 144

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782931027486

 

 

 



Publié le 19/05/2022.


Source : Bd-best


Une enfant de la Résistance.  Simone 1 - Obéir c’est trahir, désobéir c’est servir.

 

« - Simone, viens vite voir ! Ils parlent de la gestapo de Lyon sur la 2. tu es toute pâle, qu’est-ce qui t’arrive ?

- Tu vois, ce type… Il serait plus jeune… Il serait en couleur… On dirait celui qui m’a torturée. »

 

 

 

 

 

 

 

                2 février 1972, à La Tronche, en Isère, Simone Lagrange aperçoit à la télévision le visage d’un homme qu’elle semble reconnaître. Cet individu, le « boucher de Lyon », serait le nazi qui l’aurait torturé vingt-huit ans plus tôt, 33 place Bellecour, à Lyon. Elle a des doutes. Est-ce bien lui ? Il faudrait qu’elle le voit bouger pour en être certaine. Et qui est cette ombre qui se penche sur l’épaule de Simone et la pousse à ne pas se replonger dans cette histoire qui ferait mal à tout le monde? Simone va revivre son enfance depuis 1939 et se remémorer les années de guerre, l’occupation, les bombardements et ranimer ses souvenirs douloureux d’enfant juive dans la période la plus noire de l’histoire de l’humanité.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Walter - Glénat

 

 

                Après la vie d’Irena Sendlerowa, David Evrard et Jean-David Morvan se penchent sur celle de Simone Lagrange, et par ricochet sur les exactions de Klaus Barbie. Au-delà du drame de la déportation, les dégâts qu’a fait la guerre au sein même des familles est mis en exergue au travers du personnage de Jeanne. Orpheline recueillie à bras ouverts par la famille de Simone, elle passera du rôle de victime à celui de bourreau en devenant l’éminence grise des responsables de la gestapo. Simone Lagrange est née Simy Kadosche. Elle deviendra l’un des témoins clés du procès Barbie, mais ça, l’histoire le racontera certainement plus tard. Engagée très jeune dans la Résistance, elle sera la face opposée de Jeanne, des Caïn et Abel de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Walter - Glénat

 

 

                David Evrard montre une Simone déterminée et n’ayant pas froid aux yeux. C’est une réelle enfant de la résistance. Jeanne est satanique et porte en elle l’injustice qu’elle a vécu d’avoir perdu ses parents. Quant à Klaus Barbie, il porte en lui la fourberie des dirigeants nazis. Comment pourrait-on se méfier d’un brave homme qui caresse un chat ? Mais quand le regard de haine prend le dessus, le requin laisse apparaître ses dents acérées. Evrard a le pouvoir rare de rendre glacial un dessin ligne claire que l’on classerait tous publics.

 

 

 

 

© Evrard, Morvan, Walter - Glénat

 

 

                Quand on parle de personnages aux pouvoirs exceptionnels, on pense à tort aux héros de fiction. Simone Lagrange rejoint Irena Sendlerowa et Madeleine Riffaud dans la série des super-héroïnes de la vraie vie dont jean-David Morvan a entrepris de raconter le destin.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Simone

 

Tome : 1 - Obéir c’est trahir, désobéir c’est servir. 

 

Genre : Drame historique 

 

Scénario : Jean-David Morvan  

 

Dessins : David Evrard 

 

Couleurs : Walter 

 

Éditeur : Glénat

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 15,50 €

 

ISBN : 9782344043158

 

 

 



Publié le 11/05/2022.


Source : Bd-best


Attention chef-d’œuvre !  Les dames de Kimoto

 

« - Je t’ai demandé de m’accompagner ici parce que je voulais être seule avec toi. A présent que tu vas te marier, je ne te verrai plus beaucoup. Connais-tu l’histoire qui raconte comment le grand maître Kôbô est apparu en rêve au grand bonze Kishin et lui a dit : « Plutôt que de s’incliner dix fois devant moi, on devrait vénérer neuf fois sa mère »?

- Pas en détail.

- Si un grand sage comme Kôbô vouait un tel respect à sa mère, cela nous met toutes dans l’obligation d’en mériter autant, tu ne crois pas ?

- Vous avez raison, grand-mère. »

 

 

 

 

 

 


                Accompagnée de sa grand-mère Toyono, Hana se rend au Kôya des femmes, le temple Jison. Hana va bientôt se marier. Jeune femme épanouie, elle a brillé dans les études. Toyono lui a appris les valeurs de savoir-vivre et l’art de la conversation. Bien que regrettant de la voir quitter la maison familiale, la grand-mère trouve pour elle un bon parti : Matani Keisaku. Il est le maire de son village. Après les fiançailles et les préparatifs du mariage, Toyono exprime à sa petite-fille ses vœux les plus sincères. Hana part sur une jonque pour sa nouvelle vie.

 

 

 

 

© Bonin - Sarbacane

 

 

                Les dames de Kimoto est une ode à la féminité. A travers l’histoire de Hana, le rôle des femmes dans une société patriarcale se montre déterminant. Alors que le pouvoir politique est aux mains des hommes, les femmes sont aux destinées de la famille. L’histoire est un passage de relai entre une grand-mère et sa petite fille, qui elle-même deviendra mère, puis grand-mère à son tour. En filigrane de la vie de Hana, l’histoire du Japon au XXème siècle s’écrit, avec la douleur de la Seconde Guerre Mondiale. Hana est le symbole de l’évolution de la condition féminine dans un Japon qui passe pratiquement d’un stade médiéval à une modernité qu’il lui faut assumer.

 

 

 

 

© Bonin - Sarbacane

 

 

                Discret mais n’ayant jamais quitté le PBDFB (paysage de la bande dessinée franco-belge) depuis plus de vingt ans, Cyril Bonin construit une œuvre sensible et délicate. D’abord pur dessinateur, puis auteur complet, il se lance dans l’adaptation littéraire. On y retrouve ce qui fait l’essence de sa biographie : l’amour. Bonin met en scène des gens qui s’aiment. Il a raconté des histoires d’amour intenses, des histoires d’amour platoniques, des histoires d’amour charnelles, des histoires qui donnent envie d’aimer. Celle-ci est l’histoire d’un amour non prédestiné qui se construit, l’amour d’une femme pour les siens, un amour que ni les ans ni les frontières ne pourront atténuer, l’amour d’une mère. Hana est belle, très belle, sublime, aussi subtile qu’un cerisier en fleur. Sous le crayon de Bonin, elle est une muse.

 

 

 

 

© Bonin - Sarbacane

 

 

                Les dames de Kimoto, roman de Sawako Ariyoshi paru en 1959, est un chef-d’œuvre de la littérature japonaise. Cyril Bonin en fait un chef-d’œuvre de la bande dessiné.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Les dames de Kimoto 

 

Genre : Fresque familiale 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Cyril Bonin

 

D’après : Sawako Ariyoshi

   

Éditeur : Sarbacane

 

Nombre de pages : 112

 

Prix : 19,90 €

 

ISBN : 9782377317875

 

 



Publié le 05/05/2022.


Source : Bd-best


BrĂĽsel Anspach & Waterloo ... DĂ©dicace Joris Mertens ... Nettoyage Ă  sec

 

 

 

Voilà 17 ans que François, chauffeur dans la même blanchisserie, fait constamment le même boulot. Sans la moindre valorisation, ni augmentation, ni reconnaissance ! A côté de cela, une fois par semaine jouer au Loto ou aller boire une pinte au bistrot Monico ! Il y a bien Maryvonne qu’il y croise régulièrement ! Ah Maryvonne, une relation plus intime avec elle pimenterait sa vie ! Mais encore faudrait-il qu’il ose !

 

 

 

 

 

 

Bref, dans les routines de son quotidien, son hier est son aujourd’hui et sera son demain.

Jusqu’au jour où … dans une tournée, il débarque dans une maison pleine de cadavres ! Une bonne dizaine … autour d’un petit sac de transport rempli de billets de banque !

Et pour une fois, il ose … et le prend …

Mais ce qui devait lui changer enfin sa vie, va surtout lui apporte le piment de vie dont il se passerait bien ! Pas celui qu’il espérait ! On ne laisse pas des cadavres sans conséquence.

 

 

 

 

 

© Joris Mertens – Rue de Sèvre

 

Voici donc Joris Mertens qui récidive après son phénoménal « Béatrice » ! Dans la même veine, avec un héros aussi banal et insipide que l’était Béatrice, voilà que le hasard, à nouveau, d’un sac va bouleverser sa vie ! Contenu différent, incidences et conséquences différentes ! Un héros paumé mais dans une ville toujours aussi vivante, bouillante de couleurs et d’ambiance ! Atmosphère, vous disiez ? Atmosphère à nouveau qui transcende chaque planche, chaque case.

Joris Mertens persévère dans ce style si propre à Béatrice. Il le peaufine plus, son trait devient plus fin, moins crayonné.

 

 

 

 

 

© Joris Mertens – Rue de Sèvre

 

Si le scénario peut apparaître comme « classique » et « télégraphié » au premier abord, c’est avant tout par son graphisme et cette extraordinaire palette de couleur que Joris nous offre ici une nouvelle perle du quotidien !

Pourtant, à y regarder de plus près, le sublime se retrouve encore plus dans les détails de ses cases ! Quelle saveur que ces noms de magasins, ces enseignes lumineuses, ses inscriptions sur ce camion ou ce bistrot !!!!

 

 

 

 

 

 

© Joris Mertens – Rue de Sèvre

 

 

 

 

 

Le jeudi 28 avril 2022 (Brüsel Anspach) et le vendredi 29 avril 2022 (Brüsel Waterloo), de 15h à 18h, les deux librairies auront le plaisir de recevoir Joris Mertens en dédicace pour Nettoyage à sec (album + ex-libris exclusif Brüsel, signé et limité à 200 exemplaires), à paraître aux éditions Rue de Sèvres. L’édition néerlandaise (Bleekwater) avec ex-libris exclusif Brüsel, signé et limité à 200 exemplaires, sera également disponible, ainsi que la nouvelle affiche « Martini » limitée à 199 exemplaires.

 

 

 

 

 

 

Boulevard Anspach 100

1000 Bruxelles

 

Chaussée de Bruxelles 225

1410 Waterloo

 

 

 

 

 

L'équipe de Bd Best



Publié le 15/04/2022.


Source : Bd-best


Kentoc'h mervel ... Les compagnons de la libération T.8 L' île de Sein

 

 

 

« L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. …Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. … J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre » - Général de Gaulle - Radio Londres, le 22 juin 1940

 

 

 

 


 

Le huitième tome de cette série consacrée aux « Compagnons de la Libération » rend hommage aux 128 hommes âgés de 14 à 54 ans qui ont décidé de quitter leur île normande pour se mettre au service de la France Libre. Ayant entendu l’appel adressé par le général de Gaulle depuis Londres le 22 juin 1940, ces derniers ont rejoint les 270 autres volontaires présents à Londres.

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

Lorsque le général de Gaulle passe en revue son premier contingent de volontaires, il s’exclame : « L’ile de Sein est donc le quart de la France ».

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

 

Jean-Yves Le Naour (historien français, spécialiste de la Première Guerre mondiale et du XXe siècle) scénarise l’album en nous faisant découvrir la situation au travers du regard de Fanch, un jeune garçon de moins de 18 ans. Jean-Yves Le Naour est également responsable du scénario des séries telles que « Verdun », « Charles de Gaulle » et « Les Compagnons de la Libération » toutes éditées par les Éditions Bamboo dans la collection Grand Angle.

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

 

Brice Goepfert, connu pour ses illustrations dans des séries telles que  « Les chemins de Malefosse » (12 albums) et « Le fou du roy » (9 albums) été choisi pour mettre en vie le scénario de Jean-Yves Le Naour. La collaboration entre les deux hommes intègre le lecteur dans cette superbe reconstitution du récit historique.

 

 

 

 

 

© Le Naour – Goepfert - Bamboo

 

 

En 1946, l’île de Sein est proclamée « Compagnon de la Libération » dû à la contribution et à l’engagement de ses hommes aux côtés du Général de Gaulle. Elle est la seule commune française à avoir connu plus de décès militaires durant la seconde Guerre mondiale que lors de la Grande Guerre 14-18.

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain

 

Titre : L’île de Sein

 

Série : Les compagnons de la libération 

 

Tome : 8

 

Genre : BD Historique

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Scénario : Jean-Yves Le Naour 

 

Dessin : Brice Goepfert

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 14,50 € 

 

ISBN : 9782818969434



Publié le 13/04/2022.


Source : Bd-best


Alix Senator – T.13 – L’Antre du Minotaure

 

 

 

Une nouvelle « boucle spatio-temporelle » s’accomplit dans les univers d’Alix.

Moins de cinq mois après la parution de « L’Œil du Minotaure » dans la série « classique », Alix revient, trente ans plus tard, sur les lieux de ses exploits en Crète dans « Alix Senator ».

 

 

 

 

 

 

Toujours à la recherche de reliques en suivant les indications du disque d’Osiris, Alix débarque sur l’île, à Héraklion, non pas pour philosopher mais pour y retrouver Deucalion. Lui aussi a bien changé en trente ans. Devenu un riche marchand d’esclaves, il s’est fait construire une superbe demeure, ou plutôt un palais digne d’un dieu dans les ruines du labyrinthe du Minotaure !

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

 

Leurs retrouvailles est l’occasion de lancer une légère pique à l’hypocrisie romaine … marchand d’esclaves et non de vins doux … Alix n’approuve guère ce choix et aimerait s’en offusquer … mais qui à Rome n’a pas d’esclaves ?

Par ailleurs, il a besoin de son ami crétois pour retourner sur Théra, dans le Temple du Minotaure. Or le chemin pour y arriver est semé d’embûches. Suite à une tempête, le sort réserve un recto-verso ironique à Deucalion.

 

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

Et comment imaginer ce plongeon dans le passé d’Alix avec ce monstre ? Est-il la clé de sa quête ? A-t-il réellement un lien avec les Atlantes et quel serait-il ?

Si ce nouvel opus place Deucalion au centre de l’intrigue, il est évident que ce fabuleux disque d’Osiris reste la porte d’entrée pour s’arrêter à bien des énigmes que Valérie Mangin, en grande Prêtresse d’Alix, sème sous les pas de son héros.

« Lumineux comme la lune et chaud comme le soleil », sa dangerosité n’en est que plus grande … « Porteur d’un secret encore plus précieux que lui », il entraînera nos héros à retourner dans cet endroit « aussi mortel qu’il est ancien ». Car rappelez-vous ces billes de feu, brûlantes et empoisonnées … ces araignées géantes, ces couloirs immergés, …

 

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

Il n’est plus utile de présenter le remarquable travail de construction scénaristique de Valérie. Tout en restant fidèle au Alix de Jacques martin, elle ne cesse d’y adjoindre subtilement certaines de ses propres envies ou passions. Sans tomber dans la facilité des approches parfois « tarte à la crème » ou stéréotypées concernant l’Atlantide, ses mystérieux habitants, secrets, … cet « Antre du Minotaure » nous invite clairement à relire « L’Œil du Minotaure » de la série classique (t 40).

 

 

 

 

© Valérie Mangin - Thierry Demarez - Jean-Jacques Chagnaud - Casterman

 

 

 

 

Capable de nous surprendre par des rebondissements et retournements inédits, nous sommes emportés dans l’action par un Thierry Demarez parfaitement maître de son style. A nouveau, par son trait réaliste fouillé, jouant adroitement avec les hachures et la palette de couleurs de Jean-Jacques Chagnaud, cet Alix sénateur, plus vieux de 30 ans de celui de Martin, est bel et bien une série à part entière.

 

Petit bonus pour celles et ceux qui, une fois de plus, se laisseront séduire par la version « Premium », le cahier historique « Les Îles du Minotaure – L’Atlantide méditerranéenne » est une source incroyable d’informations, d’explications, de clés pour parfaitement savourer ce treizième tome d’Alix Senator. Probablement le plus captivant de la série.

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

 

Titre : L’antre du minotaure 

 

Série : Alix Sénator

 

Tome : 13 

 

Genre : Aventure historique

 

Éditeur : Casterman

 

Scénario : Valérie Mangin

 

Dessin : Thierry Demarez

 

Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud

 

Nombre de planches : 46 + 8 pour le cahier historique de la version « Premium »

 

Prix : 13, 95 € (version normale) – 18,95 € (Premium)

 

ISBN : 9782203224186 (version normale)  -  9782203211643 (Premium)



Publié le 07/04/2022.


Source : Bd-best


La fabrique d’un héros.  Milou humain, trop humain

 

« - Ah ! Si je pouvais raconter tout ce que j’ai vu !... Mais on ne me croirait pas. » (Milou, dans Vol 714 pour Sidney)

 

 

 

 

 

 

 

                S’il est impossible de séparer Lucky Luke de Jolly Jumper, Astérix d’Obélix ou Boule de Bill, Tintin et Milou sont de même indissociables. L’un ne peut aller sans l’autre. Depuis leur première aventure au pays des Soviets jusqu’à la dernière inachevée L’Alph’Art, les deux compagnons ont tout partagé dans les déserts et sur les océans, en Amérique et en Asie, sur Terre et dans l’espace. Si de nombreuses analyses ont été publiées sur le reporter lui-même, il manquait un ouvrage consacré à son chien et au rôle prépondérant qu’il tient, peut-être plus important que ce à quoi on pourrait penser au premier abord. Renaud Nattiez l’a fait.

 

 

 

 

 © Nattiez - Les impressions nouvelles

 

 

                En 1878, le philosophe Friedrich Nietzsche publie l’essai Humain, trop humain. Il y affirme son « moi » profond, libéré de ses influences. Il s’interroge sur le monde. Il philosophe par essais, hypothèses et points de vue dans une logique interprétative. Il psychanalyse l’âme humaine non pas seulement dans sa raison mais jusqu’à ses instincts et ses pulsions qu’il considère comme le "trop humain" de l'humain. Renaud Nattiez reprend le titre de Nietzsche pour creuser l’âme de l’animal et démontrer que la bête est beaucoup plus humaine qu’en apparence.

 

 

 

 

 © Nattiez - Les impressions nouvelles

 

 

                Tintin est un mythe grâce au génie de Hergé qui a associé son acteur principal à son double, son joker, son négatif. Tintin est un mythe en grande partie grâce à Milou. Renaud Nattiez l’explique en neuf chapitres. Un animal étant dépourvu de langage, Milou ne correspond pas totalement à cette définition. Tintin ne comprend pas ce qu’il dit, à une ou deux exceptions près au début de la série, mais le lecteur est le complice privilégié des pensées de la bête. Milou a un rôle d’anti-héros. Contrairement à son pelage immaculé, il n’est pas tout blanc. Il se plaint quand il a faim, ne déteste pas l’alcool et joue parfois le trublion. Son rapport avec les autres bestiaux n’est pas des plus pacifiques, que ce soient des perroquets, des animaux sauvages ou le chat de Moulinsart.

 

                Renaud Nattiez attribue quatre fonctions principales au fox-terrier : la fonction salvatrice, protecteur de son maître qu’il sauvera à plusieurs reprises et qu’il s’apprête à sauver en pleine interruption de L’Alph’Art, la fonction théâtrale, Sancho Panza de son Don Quichotte de reporter, la fonction ludique, dédramatisant des scènes violentes avec espièglerie et n’hésitant pas à jouer dans la voiture à pédales d’Abdallah, et enfin la fonction de transmission, interprète entre Tintin et le lecteur. Pour autant, le rôle de Milou va s’amoindrir au fil des années, d’une part à cause de l’importance prise par Haddock, leurs rôles agissant comme des vases communicants, d’autre part à cause de la volonté de l’auteur de donner plus de crédibilité à la série. Milou s’effacera mais ne disparaîtra heureusement jamais.

 

 

 

 

 © Nattiez - Les impressions nouvelles

 

 

                Nattiez aborde également le sujet de la sexualité de Milou, dont le nom est inspiré du sobriquet de celui d’une des premières petites amies de Hergé, sa morale, sa philosophie et son influence sur Tintin sont aussi décortiqués. Si après cela le lecteur prétend ne pas connaître Milou, c’est qu’il n’a pas bien lu cet ouvrage qui ne donne qu’une envie : relire tout Tintin par le prisme de Milou. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : La fabrique des héros

 

Tome : Milou humain, trop humain 

 

Genre : Ouvrage d’étude

 

Auteur : Renaud Nattiez

 

Éditeur : Les impressions nouvelles

 

Nombre de pages : 144

 

Prix : 13 €

 

ISBN : 9782874499401

 

 

 



Publié le 06/04/2022.


Source : Bd-best


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