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Des sapins qu’ont du look, si t’y mets des artbooks #2: Vintage and badass, original et frontal; le cinéma des méchants, les vrais !

Sous le sapin, des livres à foison. Et la BD n’est pas en reste au gré de rééditions augmentées et festives mais aussi d’albums faisant la part belle aux coulisses et au making-of. Des artbooks qui invitent à prolonger l’expérience d’un album trop vite dévoré, par exemple, à découvrir un artiste autrement. Dans ce passage en revue, nous en évoquerons quelques-uns. Après avoir exploré le fantastique, on retourne dans l’esprit polar, noir comme jamais, fort de café et d’insomnie, pour s’immiscer dans l’imaginaire de Tyler Cross, ou plutôt celui, touffu et de longue haleine, qui a mené à la création de ce héros pour un public averti, cinéphile ou en voie de l’être.


 

 

 

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : Chaque Tyler Cross puise une large partie de son imagerie dans une poignée de films qui traitent de l’univers précis dans lequel ils se déroulent. Fabien Nury et Brüno réunissent dans ce superbe livre toutes les inspirations scénaristiques et iconographiques qui ont procédé à la création de leur gangster. 76 chroniques illustrées qui dessinent en creux une certaine vision de l’Amérique et de ses mythologies, mais surtout une véritable déclaration d’amour au genre noir.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

À l’heure où je suis convaincu que la Culture nous sauvera et nous éduquera plus que l’Économie, les politiques et le populisme aux lois mortifères et appauvrissantes (intellectuellement); je plaide pour qu’un quota de jours de congés universels soit mis à disposition de tout un chacun en vue de se cultiver au fil d’oeuvres fondamentales et incontournables dans tous les domaines, les formats, les médias et les genres. Deux ans de vacances, par exemple, ce ne serait pas de trop. On pourrait ainsi, comme la télévision publique belge, faire dresser des listes des films, livres, spectacles à voir absolument. Au niveau des films noirs et des polars, Fabien Nury et Brüno ont fait leur part du travail. Et ma proposition ci-dessus n’est pas innocente : c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour engloutir la sélection drastique et pourtant bien fournie que proposent ces deux passionnés de ligne noire, sanglante mais aussi sociétale.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Alors que Brüno est coutumier du fait, après avoir donné vie au numéro de la petite BDTK des savoirs dédié au Nouvel Hollywood; pas de bis repetita : le tandem explore un cinéma bien plus sombre et profond, amoral et incisif, fait de chefs-d’oeuvre oubliés et datés et pourtant intemporel et inoubliable. Tellement que Tyler Cross leur doit beaucoup et que la maestria des deux auteurs est d’autant plus spectaculaire qu’elle est nourrie par ses aînés, sans gêne d’adapter le génie des précurseurs à une bande dessinée on ne peut plus cinématographique (visez la couverture de cet album hors-série).

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Ainsi, dans les 200 pages vintages and badass, Fabien Nury, et son sens si particulier, poivré et salé, de la formule (jusqu’à un épilogue complètement fou), nous entraîne dans un monde que les moins de quarante ans peuvent ne pas connaître. Dans le Neuvième Art tel que conçu par des cinéastes qui en avaient, les Sturges, Wise, Powell, Argento, Chabrol, Sautet ou encore le Mann de la grande époque, et incarné par des héros (parfois malgré eux) auxquels Humphrey Bogart, Lee Marvin, Lino Ventura,  Paul Newman ou Charles Bronson ont prêté leurs légendaires traits.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Et tant qu’à parler de trait, dans ce parcours d’artistes de papier et cette récréation, Brüno en appelle à ses souvenirs et ses émois de grand écran pour réinventer un monde fait de guns, de bolides, de tronches cassées et de suspense. C’est d’autant plus appréciable dans un format qui gagne en surface par rapport au volume de la BDTK (cette nouvelle incursion dans le  savoir cinéphile est quasiment quatre fois plus grande), Brüno a les moyens de ses ambitions et de cette collision d’univers. Dans des affiches revisitées, des double-planches qui tuent, des images chocs qui choquent, le dessinateur fait ce qu’il fait de mieux : son dessin lorgne vers la sérigraphie qui percute et vise droit nos rétines, tantôt en noir et blanc mais aussi en couleurs tranchantes et punchy. C’est du gros calibre. Et quitte à passer outre le cran d’arrêt de la technologie, on verrait bien toutes ses images faire un fameux quiz à la manière des jeux de logo qui faisaient fureur il y a quelques années sur les smartphones. Après Logorama, c’est un peu Polarorama, et ça a de la gueule !

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Et en osmose, comme un poisson dans une mare de sang, Fabien Nury n’est pas une petite frappe et profite des élans graphiques de son compagnon pour imager son écriture et raconter les films sans trop en dire. C’est fleuve, écrit comme on parle, pertinent et percutant. Mais, surtout, cet album n’est pas un produit dérivé de Tyler Cross. Non, ça participe à sa légende, lui qui est bien trop taiseux que pour dire d’où il vient. Cette somme de films, c’est son corps, ça le nourrit, ça fait de lui un être au physique emprunté et à la mémoire tortueuse, schizophrénique tant il doit à bien des illustres prédécesseurs. À l’heure où, dans tous les domaines, on crie au plagiat, Nury et Brüno rient au nez de ceux qui leur feraient un procès d’intention : bien sûr que Tyler Cross, en son âme et conscience mais aussi dans ses décors et ses contextes, ressemblent à d’autres. Mais c’est dans l’association de toutes ses inspirations, férues et pointues, totalement digérées, que Tyler Cross devient quelqu’un (pas quelqu’un de bien), original et frontal, une anomalie au XXIe siècle.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Avec une telle liste de films à voir, à s’enivrer, on n’est pas sorti de l’auberge et du traquenard. De quoi augurer de nombreuses et infinies soirées dans une ambiance qui n’a plus cours. Pas tellement celle des héros, des vrais; mais des mauvais, les vrais.

 

Alexis Seny

 

Titre : Vintage and badass

Sous-titre : Le cinéma de Tyler Cross

Textes : Fabien Nury

Dessin et couleurs: Brüno

Genre : Anthologie, Artbook, Cinéma

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 184

Prix : 29,99€



Publié le 27/12/2018.


Source : Bd-best


 Des sapins qu’ont du look, si t’y mets des artbooks #1: ça va darder et ça t’en boucq un coin

Sous le sapin, des livres à foison. Et la BD n’est pas en reste au gré de rééditions augmentées et festives mais aussi d’albums faisant la part belle aux coulisses et au making-of. Des artbooks qui invitent à prolonger l’expérience d’un album trop vite dévoré, par exemple, à découvrir un artiste autrement. Dans cette revue, nous en évoquerons quelques-uns. On commence avec un artBoucq au pays de Frédéric Dard.

 

Résumé de l’éditeur : Un beau-livre conçu dans les règles de l’art présentant l’ensemble des 103 originaux réalisés à l’aquarelle par François Boucq pour les nouvelles couvertures des romans de San-Antonio écrits par Frédéric Dard, le créateur du mythe. Chaque original étant reproduit à un format lui rendant hommage.

 

 

 

 

© Boucq

 

 

 

 

© Boucq

 

En septembre, Dupuis annonçait l’acquisition des Éditions Champaka, issues des galeries du même nom. Une nouvelle aventure éditoriale qui, couplée à la trentenaire collection Aire Libre, entendait proposer une expérience de la BD sortant des planches et invitant à parcourir une véritable galerie d’art au fil des pages de ces ouvrages de luxe sans pour autant être hors de prix. Le prix à payer pour entrer dans l’intimité de l’auteur, découvrir son talent sous d’autres facettes et contempler des oeuvres inédites qu’on n’aurait pas toujours su s’acheter. Très vite, des noms et des premiers titres ont été annoncés et, à quelques semaines de Noël, Dupuis a ouvert le bal.

 

 

 

 

© Boucq

 

 

 

 

Le projet refusé © Boucq

 

Et quel bal quand c’est Bérurier qui mène la danse. Avec plus de graisse que de grâce et une bonhommie que le cinéma n’a jamais réussi à incarner avec authenticité. Cette authenticité et cette intensité sans temps mort, c’est François Boucq qui l’a trouvée, l’a campée et a fait date de son dessin si expressif et protéiforme. Parce que cet auteur sacré est pointu et renseigné, ne prend pas les expériences qu’on lui propose par-dessus la jambe. C’est ainsi qu’il y a près de vingt ans, le papa de Jérôme Moucherot s’est vu proposer l’illustration et l’incarnation des aventures de San Antonio, nouvelles et anciennes de Dard père et fils, par le biais de couvertures. Ne laissant rien au hasard, le dessinateur s’était ainsi lancé dans la lecture de ces romans rocambolesques pour mieux y adapter son art. Mission impossible quand on voit la pléthore d’enquêtes qu’ont connues San Antonio et son fidèle Bérurier. Mais l’implication et la volonté y étaient. Des deux côtés, à en croire Patrice Dard qui explique ainsi que si les écrits ont, forcément influencé Boucq; l’auteur BD et sa manière de voir les choses ont aussi pesé dans la balance au moment où Patrice voulait se lancer dans de nouvelles péripéties. Cet Artbook est ainsi nourri d’éclairages bien utiles, comme cette interview de Frédéric Dard par Antoine de Caunes.

 

 

 

 

© Boucq

 

Il y a dix ans, le travail avait ainsi été exposé pour les soixante ans de ce héros iconique des polars déviants à la française. Et à moins d’avoir dans sa bibliothèque la collection complète ou presque de ces aventures farfelues ou d’avoir mis la main sur l’artbook sorti à cette époque, il était bien difficile de faire la somme de tout le travail accompli par Boucq sur cette saga. Cet album avec jaquette et soigné (Bérurier n’a pas encore eu le temps de tout saloper, profitez-en) le permet, nous baladant dans des intrigues incroyables qu’un seul dessin essaie de résumer. Le défi est là et, avec toute la maestria qu’on lui connaît, Boucq s’en acquitte avec brio. Sans Antonio est effacé, Bérurier est dans tous ses états et ça marche du tonnerre. L’aquarelle suit le mouvement, ne le lésinant pas sur le « haut en couleur » et les déguisements. Le dessin est entraîné par les titres décapants et gonflés des Dard’s et ça a mille saveurs ! On n’a pas encore le texte, mais on a le son et lumière.

 

 

 

 

Couverture de la version collector © Boucq

 

Alexis Seny

 

Titre :San-Antonio

Artbook

Auteur : Boucq

Genre : Recueil

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre/Champaka Brussels

Nbre de pages : 200

Prix : 28,95€



Publié le 25/12/2018.


Source : Bd-best


Carte de voeux des auteurs 2018

Comme chaque année, nous ne résistons pas à la traditon de vous proposer en images, les voeux des auteurs de bande dessinée.

Voici donc, une fois n'est pas coutume, un lien vers notre page facebook afin de découvrir les pépites de cette cuvée 2018.

Cliquez ICI

Et bonnes fêtes à tous de la part de la rédaction !



Publié le 25/12/2018.


Source : Bd-best


Spirou 4211 -   26 Décembre 2018

Cédric : Bonne année 2019 !

 

            Alors que Cédric  fait une boum en couverture pour fêter la Saint-Sylvestre, on va apprendre comment se sont passées les premières années de la vie de couple de ses parents.

 

 

 

 

 

 


            Hugo, l’humain de Roger, fait une conférence, et les ménagères d’Isa défendent leur cause. Hilarant…comme d’hab !

            Pendant ce temps, Boni et ses compatriotes, pour la bonne année, se baladent dans les marges du journal.

S’il y a des numéros à ne pas manquer, celui-ci en fait partie car il contient le traditionnel et magnifique calendrier.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Enigma

Kid Noize : L’homme à la tête de singe

Natacha : Sur les traces de l’épervier bleu

Pebble’s Adventures

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Tous pareil

Ménagères (Les) : La cause des ménagères

Roger et ses humains : La conférence

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Agent 212 (L’)

Boni

Cramés !

Crapule

Entretien d’ébauche

Game Over

MiniMythes (Les)

Minions (Les)

Page 2 (La)

Nelson

Rob

Zeu Bestioles

 

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Laudec et Cauvin

En direct de la Rédac

Jeux : Saint-Sylvestre à la rédac’

 

 

 

© Fortin – Dupuis 

 

 

 

En kiosques et librairies le 26 Décembre.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 22/12/2018.


Source : Bd-best


Très courageux de jouer les chevaliers, mais à un moment, il faut tirer !  Texas Jack

 

            « - Bienvenue… Bienvenue, mesdames, messieurs et mesdemoiselles, petits et grands enfants. Bienvenue dans l’Ouest sauvage !! Alors, accrochez-vous à vos bancs, à vos voisins, à vos voisines, à tout ce à quoi vous pouvez vous accrocher, car le spectacle commence ! Car le spectacle a commencééééééééééé !! »

 

 

 

 

 

 

 

            Texas Jack, Amy O’hara, Wild Ryan Greed et Kwakengoo sont en piste sous le grand chapiteau. Les gradins sont combles d’un public familial excité d’assister à un spectacle de professionnels de la gâchette.

             A l’extérieur, la situation est moins attrayante. Le Wyoming  est gravement menacé par une bande de pillards commandée par un certain « Gunsmoke ». Des familles entières de colons sont décimées. Tueries, pillages, incendies parsèment le parcours de la horde mortelle. Le perfide gouverneur Archie Roy Passendale a joué à un jeu dont il a perdu le contrôle.

            Texas Jack serait-il l’homme de la situation pour barrer la route de Gunsmoke ?

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            Pierre Dubois aime les histoires cruelles. Spécialiste des elfes, trolls et autres petits peuples, l’homme livre ici un récit réel et violent. L’absence de fantastique le rend encore plus effrayant. Une bonne histoire se reconnaît à un bon méchant. Gunsmoke est redoutable, irrécupérable, pathétique, sans peur et sans reproche.

            Le récit est dense et fourni, mais souffre de quelques longueurs. La méthode Van Hamme qui consiste à raccourcir en une planche une séquence de cinq n’a pas été appliquée. On aurait pu y gagner en efficacité.

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            L’idée de retrouver dans un prequel le Marshall Sykes aux trousses de Gunsmoke est un écho au one shot précédent des mêmes auteurs.

            La conclusion est en deux temps. Là aussi, la question de l’efficacité se pose. Il est impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler, mais le mot fin inscrit plus tôt, avec un second final en guise de post-scriptum aurait eu plus d’impact, comme un bonus poétique d’après-générique.

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            Dimitri Armand est plus que légitime dans le domaine du western. Dubois lui offre l’opportunité d’étaler son talent dans des scènes d’action et des paysages contemplatifs. Le dessinateur n’a pas peur de faire pétarader les colts et de montrer du sang. Il fait entrer Texas Jack dans une aventure tarantinesque. La tuerie d’Eagletown étalée sur une double page semble tout droit sortie d’un film du réalisateur de Django Unchained

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            Texas Jack est un cousin de Buffalo Bill. C’est un petit garçon dans un monde de brute, un Frodon qui possède la clef pour libérer un monde. Au milieu d’une boucherie innommable, jusqu’où cet homme innocent mais lucide aura-t-il la force de mener la mission qu’on lui a confié ?

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Texas Jack

 

Genre : Western 

 

Scénario : Dubois

 

Dessins & Couleurs : Armand

 

Éditeur : Le Lombard

 

Collection : Signé

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 20,50 €

 

ISBN : 9782803671700

 

 



Publié le 18/12/2018.


Source : Bd-best


Batman fête ses 80 ans ! Frank Miller, Paul Dini et Jock mis à l'honneur

Pour les 80 ans de Batman, le super-héros le plus lu en France sera mis à l’honneur lors du prochain festival international de la bande dessinée d’Angoulême, du 24 au 27 janvier, à travers l’exposition « Batman 80 ans : un genre américain démasqué ».
Pour l'occasion, trois auteurs emblématiques du personnage et de son histoire seront présents : Frank Miller, Paul Dini et Jock.

Frank Miller

Père moderne de Batman, Frank Miller débute sa carrière au début des années 1970 comme dessinateur puis scénariste de Daredevil pour Marvel Comics, transportant dans un univers de fiction policière un comic dit de super-héros. C’est avec Daredevil que Miller atteint la notoriété et perfectionne ses talents de narrateur. Après Daredevil, Miller crée Ronin pour DC Comics, une mini-série de science-fiction influencée par le manga et la bande dessinée franco-belge. Suivent Batman : The Dark Knight Returns et Batman : Année Un, deux œuvres décapantes et acclamées par la critique qui ont non seulement redéfini le personnage, mais aussi revitalisé l’industrie. En 1991, Miller réalise son rêve de créer une série entièrement ancrée dans le monde du polar en imaginant Sin City. Le public accueille avec enthousiasme l’univers noir et violent de la série, et le succès est immédiat. Publiée chez Dark Horse et récompensée par de nombreux prix, la série 300 relate l’une des pages les plus glorieuses et méconnues de l’histoire : la bataille des Thermopyles. En 2001, Miller revient au genre super-héros avec Batman : The Dark Knight Strikes Again. Il continue à redéfinir l’art du comics en explorant sans cesse de nouveaux territoires, et chacune de ses œuvres est couverte de louanges par le public comme par la critique. En 2005, avec le film Sin City, qu’il co-réalise avec Robert Rodriguez, Miller ajoute une nouvelle corde à son arc – celle de metteur en scène – et fait connaître ses personnages à des milliers de nouveaux fans dans le monde entier. Avec Brian Azzarello, il retrouve Batman en 2015 pour Batman DKIII. Et en 2019, les lecteurs américains pourront découvrir sa relecture du personnage de Superman, dans Superman Année Un !

Trois ouvrages en librairie le 25 janvier en hommage à l’œuvre de Frank Miller :

    Batman Dark Knight III, Les couvertures, Urban Books
    Dark Knight III, intégrale, DC Black Label
    Dark Knight Returns, Nouvelle édition, DC Black Label

 

 

 

 

Paul Dini

Paul Dini a débuté comme scénariste dans l’animation avec des épisodes des Tiny Toons avant de signer quelques-uns des meilleurs épisodes de Batman : la série animée et d’en devenir un des producteurs. Outre son travail pour Warner Bros. Animation et pour la télévision (Lost, Clone wars), Paul Dini a écrit Mad Love, un album dédié au personnage de Harley Quinn qu’il créa avec Bruce Timm pour la série animée. Il a scénarisé ensuite une série de récits iconiques centrés autour de Superman, Batman, Wonder Woman et Shazam, illustrés par Alex Ross. Il a également fait des passages remarqués sur les séries Detective Comics, Batman : Streets of Gotham, Zatanna et Gotham City Sirens. Il a également écrit les jeux vidéo Arkham Asylum et Arkham City. Il y a quelques mois, les lecteurs français ont découvert Dark Night : Une Histoire Vraie, où l’auteur utilise le comic et Batman pour livrer une histoire infiniment personnelle, un traumatisme et la résilience qui l’a suivi.

Bibliographie sélective :

    Dark Night une histoire vraie, Vertigo Deluxe, disponible
    Paul Dini, présente Batman, DC Signatures, série en 3 tomes
    Mad Love, DC Deluxe Récit complet, disponible
    Batman Aventures, Vol. 3 Urban Kids, disponible
    Gotham Girls, Urban Kids, récit complet, disponible
    Batman la résurrection de Ra's Al Ghul, DC Classiques, disponible
    Harley Quinn Rebirth, DC Rebirth, série en cours, disponible

 

 

 

 

JOCK

Artiste protéiforme né en 1972, œuvrant autant dans le comic-book que sur la production de design pour le cinéma (Hancock, Les Fils de l’Homme, Batman Begin), Mark Simpson, dit Jock, entame sa carrière au début des années 2000 en Angleterre dans le magazine mythique 2000AD. Il se fait remarquer sur Judge Dredd, lors de sa collaboration avec le scénariste Andy Diggle, qu’il suivra aux Etats-Unis sur Green Arrow : Année Un et surtout la série Vertigo, The Losers. Il réalise également pour ce label Hel blazer : Pandémonium avec Jaime Delano, Faker avec Mike Carey et assure, entre autres, la réalisation des couvertures de la série Scalped, de Jason Aaron et R.M. Guéra. Il rejoint Scott Snyder et Francesco Francavilla sur les deux derniers arcs de la série Détective Comics (#871 à #881), « The Black Mirror » et « Hungry City ». Jock a remporté en 2001 le National Comics Award dans la catégorie Meilleur Jeune Illustrateur et a été sélectionné en 2006 pour l’Eisner Ward du Meilleur Illustrateur de Couverture pour la série The Losers.

Bibliographie sélective :

    Batman T.3, DC Renaissance, disponible
    Batman T.8, DC Renaissance, disponible
    All star Batman T.3, DC Rebirth, disponible
    Batman Sombre Reflet, DC Deluxe, disponible


L’ALPHA – MÉDIATHÈQUE DE GRANDANGOULÊME – MONDE IMAGINER

Commissaires: Yann Graf et Stéphane Beaujean
Scénographes: Eve Sarfati et Bastien Buignet
Production : 9eArt+ / FIBD avec la participation d’Urban Comics


Pays : France

Date de l'événement : du 24/01/2019 au 27/01/2019.

Publié le 18/12/2018.


Source : Bd-best


Prends garde à toi, Docteur Livingstone.  Max l’explorateur

            «  C’est un mécanisme le strip, c’est une façon de penser. C’est 1,2,3. C’est tout. On entre, on fait quelque chose, on sort. Un début, un milieu, une fin. Mais le problème, c’est qu’entre le début, le milieu et la fin, c’est le temps d’un claquement de doigts ».

            François Corteggiani

 

 

 

 

            Max l’explorateur et son créateur Guy Bara sont à l’honneur de ce pavé hommage à un artiste injustement oublié et à son personnage fétiche. L’album raconte la vie de Bara et propose une large sélection des meilleurs strips de Max.

 

            Fils de diplomate, Guy Bara naît à Riga en Lettonie en 1923.

 

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis


 

 

            De la famille des Peynet, Sempé, Trez ou Lassalvy. il publie dans divers journaux parisiens et notamment la revue médicale Ridendo, concentré d’humour de salle de garde. Au milieu des années 50, Bara tombe malade et doit rester chez lui pour une longue convalescence. C’est à ce moment-là qu’il créé le personnage de Max l’explorateur. Le 31 mars 1955, il devient une vedette du poids lourd de la presse de l’époque : France-Soir, plus fort tirage et plus forte vente de tous les journaux français.

 

            Max l’explorateur, comme son nom l’indique, est le cliché de l’explorateur. Il vit des aventures sous forme de strips sans parole, laissant une large place à la poésie. Il a un short et un casque colonial.

 

 

 

 

© Bara - Dupuis


 

 

            Certaines situations reviennent comme des marronniers. Ainsi, on retrouvera plusieurs fois Max en train de gravir l’Everest, d’avoir fort à faire avec l’écho de sa voix, de tenter de quitter une île déserte, … A chaque fois, les chutes sont différentes.

 

Max l’explorateur vit en pleine période de la décolonisation, mais il est plus proche de l’aventurier du XIXème siècle que du touriste moderne. Haroun Tazieff, Alain Bombard et Maurice Herzog ont trouvé leur alter ego.

 

            Max fit les beaux jours du Journal de Spirou de 1964 à 1985.

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 

 

 

            Pour Philippe Bercovici, Bara a créé une complicité avec ses lecteurs, maintenant avec eux le fil de la communication. Selon Anne, sa seconde épouse, son cartooniste de mari était le Raymond Devos du crayon, avec des dessins souvent plus touchants que comiques. L’homme était un rêveur, un optimiste naîf. Il n’aimait pas les héros.

 

Trez explique que Bara mettait beaucoup de lui dans ses dessins : « On ne dessine que ce qu’on est. ». Pour Corteggiani, Guy était curieux. Il n’était pas militant : « Max est un clown, il n’a pas de nez rouge mais un chapeau blanc, il est balancé dans un monde d’une certaine époque. »

 

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 

 

 

Contrairement à Franquin, Guy Bara dessinait en dilettante. Il n’était pas un gros bosseur. Avec Jijé, Bara proposa une série à quatre mains pour le magazine Paris-Flirt, mais elle ne vit malheureusement jamais le jour.

 

Le génial Maurice Rosy, ainsi que Vicq, a tenté une incursion dans le monde de Max et de Bara. Il les a embarqués dans du grand format classique, de longues histoires en paroles. Ces deux grands récits n’ont pas rencontré le succès escompté. Bien qu’honorables, ce n’était plus du Max. Bara ne se sentait pas à l’aise dans les idées des autres.

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 


 

Le dernier chapitre de ce bel ouvrage est consacré à l’humour noir. On y raconte comment Bara, après l’échec de son transfert au Journal Tintin, a tenté de créer un périodique de dessins d’humour. L’histoire s’achève par la production de quatre cents micro-épisodes de Max l’explorateur en dessin animé au milieu des années 80 et la retraite de son créateur dans le sud de la France.

 

On en trouve quelques-uns cachés sur la toile, mis en ligne par un fan grec, en suivant les liens ci-dessous. La qualité des copies n’est pas toujours au rendez-vous mais on voit que l’esprit y est bien conforme à celui des strips.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La saga de Max s’achève en 1997 après 13000 strips. Son langage universel lui a permis de conquérir de nombreux pays.

 

Guy Bara, à l’instar de Charles Degotte, Paul Deliège ou Jacques Devos, fait partie de ces artistes de second plan qui ont contribué à ce qu’est la bande dessinée aujourd’hui. Il est grand temps que des livres comme celui-ci remettent ce type d’artistes sur le devant de la scène.

 

 

Laurent Lafourcade (500ème !)

 

 

One shot : Max l’explorateur

 

Genre : Humour poétique 

 

Scénario & Dessins : Bara 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 376 

 

Prix : 55 €

 

ISBN : 9782800161822

 



Publié le 17/12/2018.


Source : Bd-best


2018 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best.

 

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 300 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

© Duhamel - Bamboo

 

 

Une histoire tendre et émouvante sur le temps qui passe.

Jamais

 

Madeleine, nonagénaire aveugle, n’a pas, mais alors pas du tout, l’intention de quitter sa petite maison surplombant la falaise de calcaire sur les hauteurs de la ville. La veuve vit avec son chat. Elle n’a jamais fait le deuil de son mari, lui parle, lui fait à manger, comme s’il était toujours présent. Le problème est que la falaise s’effrite. De jour en jour, le jardin de Madeleine s’effondre et sa maison se rapproche du précipice. Il en va de la responsabilité de Monsieur le Maire. Celui-ci ne voudrait pas avoir la mort de la mamie sur la conscience.

 

Bruno Duhamel livre une histoire tendre et émouvante dont les maîtres-mots sont érosion, vieillesse, solitude, … La falaise s’effrite et s’érode, comme la vie de Madeleine. La falaise vieillit, mais, tant bien que mal, tient encore debout, comme Madeleine. La falaise est seule, seule face à la mer qui la ronge, seule comme une veuve qui refuse la disparition de sa moitié, qui refuse de quitter sa maison.

 

Les « Poc Poc » de la canne blanche de Madeleine sur les chemins de la côte normande continuent de résonner une fois l’histoire terminée… Ecoutez-les, on les entend.

  

One shot : Jamais 

Genre : Chronique de la vie

Scénario, Dessins & Couleurs : Duhamel

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 54

Prix : 15,90 €

ISBN : 9782818943816

 

 

 

© Evrard, Morvan, Trefouël, Walter - Glénat

 

 

Une œuvre de mémoire émouvante aux larmes. Incontournable.

Irena 3- Varso-vie

 

Comme 2500 autres enfants juifs, Oliwka est une miraculée…parce que le destin l’a mise sur la route d’Irena Sendlerowa. Personnage exceptionnel de l’Histoire du monde, cette femme les exfiltra du ghetto de Varsovie au péril de sa vie pendant la seconde guerre mondiale.

 

Depuis trois tomes, les auteurs nous racontent la vie d’Irena. On va la suivre ici de 1944 à nos jours. On souffrira avec elle dans les geôles nazies, on sera meurtris comme elle par les coups des bourreaux. Mais on apprendra aussi que la fin de la guerre ne coïncidera pas avec la fin des ennuis pour les juifs d’Europe de l’Est.

 

Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël écrivent une œuvre de mémoire qui émeut aux larmes. Toute l’horreur de la déportation est dépeinte avec une force percutante, enveloppée par le trait faussement enfantin de David Evrard. L’association donne un résultat parfait.

 

Les pots de confiture d’Irena Sendlerowa sont des fils d’Ariane qui donnent du goût à des vies dévastées qui auraient pu se terminer en tragédies, mais qui ont été sauvées par la grâce d’une femme d’exception.

 

 Série : Irena

 Tome : 3- Varso-vie 

Genre : Drame historique

Scénario : Morvan & Tréfouël

Dessins : Evrard

Couleurs : Walter

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344022764

 

 

 

 

© Lehman, Peeters - Delcourt

 

 

Entends-tu le vol noir du corbeau ?

L’homme gribouillé

 

            Seule chez sa grand-mère Maud, Clara, la fille de Betty Couvreur travaillant dans l’édition, voit débarquer un étranger individu mi-homme, mi-corbeau. Cet homme, si tant est qu’il en soit un, s’appelle Max Corbeau. Mais quel est le secret de Maud ? Qui est cet être aux plumes noires ? Betty et Clara vont remonter aux sources d’un secret familial pour percer les mystères d’une malédiction qui semble s’abattre sur elles.

 

            Serge Lehman signe un roman dessiné haletant, complexe et passionnant. Le découpage en chapitres offre de grandes envolées à cette histoire de 326 planches qui prend le temps de raconter, et pourtant sans longueur et sans temps mort. Ce personnage d’homme-gribouillé fonctionne étonnamment alors que le lecteur se demande sans cesse s’il est humain ou animal, s’il est vraiment réel ou s’il n’est qu’illusion. Lehman sème également le trouble dans cette histoire de femmes : qui est la véritable héroïne ? Alors que l’on pourrait penser que Betty est au cœur de l’énigme, c’est Maud qui en est le pivot. La jeune Clara n’est-elle pas la plus apte à dénouer le problème ?

 

            Frederik Peeters réalise un album qui marquera un tournant dans sa carrière. Réalisé en niveau de gris, l’espace dont il dispose lui permet d’intégrer de belles grandes cases de décors, et de respirer entre des moments de grande tension et des scènes terrifiantes.

 

            Après L’homme-gribouillé, vous ne regarderez plus les dessins d’enfants de la même façon.

 

One shot : L’homme gribouillé 

Genre : Drame psychologique

Scénario : Lehman

Dessins : Peeters

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 330

Prix : 30 €

ISBN : 9782756096254

 

 

 

 © Le Gall, Le Gall - Dupuis

 

 

Frank Le Gall retrouve son héros après une très (trop) longue absence

Théodore Poussin 13- Le dernier voyage de l’Amok           

 

            1934, à Singapour, Théodore Poussin constitue un équipage de marins afin de faire main basse sur le trésor du Capitaine Cabb. Ce dernier a chassé Poussin et ses compagnons de leur île. La vengeance est un plat qui se mange froid. A force de fréquenter des milieux interlopes, l’ancien comptable de Dunkerque n’a plus de scrupules. Il garde sa dignité mais n’hésite pas à mettre tout en œuvre pour arriver à ses fins, préférant parfois que ce soit les autres qui se salissent les mains à sa place.

 

            Frank Le Gall retrouve Théodore Poussin après une très (trop) longue absence comme s’ils s’étaient quittés la veille. Le résultat est toujours aussi exotique. Ce dernier voyage, qui espérons-le ne sera pas le dernier, est la rencontre entre Jack London et Lewis Milestone, l’auteur de Fils du soleil et le réalisateur des Révoltés du Bounty et de L’inconnu de Las Vegas, ou bien entre Herman Melville et Bruce Boxleitner, l’auteur de Moby Dick ou de Taïpi et le héros de la série Frank, chasseur de fauves.

 

            A l’heure où il faut aller tout de suite à l’essentiel, Théodore Poussin est une série qui prend encore son temps. Le Gall y développe ses talents de dialoguiste dans des scènes transitoires où les personnages font le point ou exposent leurs états d’âmes. Pour couronner le tout, un final sans concession assène un coup de poing aussi bien au lecteur qu’à Théodore Poussin.

 

            Ce treizième album de Théodore Poussin aura été attendu pendant treize ans. Pourvu qu’on ne patiente pas quatorze ans pour lire le tome suivant.

 

Série : Théodore Poussin 

Tome : 13- Le dernier voyage de l’Amok 

Genre : Aventure

Scénario & Dessins : Frank Le Gall

Couleurs : Robin Le Gall

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800167572

 

 

 

© Tsutsumi, Kondo – Grafiteen

 

 

Attention, bijou.

Le veilleur des brumes 1

 

            Dans le petit moulin posé sur le barrage, Pierre s’active. Il astique les rouages et vérifie les mécanismes. Le moulin doit être en action à chaque fois que la brume noire s’approche du village. Son rôle est de l’éloigner, pour ainsi faire fuir la mort.

            Pierre est un petit cochon qui va à l’école. Mais depuis que son papa est mort, le poids de la responsabilité du moulin lui incombe. Pierre voudrait bien que la jolie renarde Roxane le regarde, mais le grand Roland, l’hippopotame, le dur de la classe, s’immisce entre eux. Et le jour où le moulin va se casser, il va bien falloir se serrer les coudes.

 

            Le scénario de Kondo est tendre et émouvant. De réflexion sur la mort et le deuil, l’histoire se transforme en une quête sur le sens de la vie. Comment la maman de Pierre est-elle morte ? Pourquoi son papa a-t-il mis fin à ses jours ? Qu’est-ce qui amène ce petit cochon à poursuivre l’action de son père, de manière totalement désintéressée ?

 

            Tsutsumi calque son dessin sur celui du dessin animé dont est tiré l’album. Son trait peinture est somptueux. Les personnages animaliers sont adorables. La figuration de la brume est terrorisante.

 

            Première partie d’un diptyque, passage de l’enfance à l’adolescence, ce veilleur des brumes est un bâton, un témoin solide permettant au jeune lecteur de faire la transition et à l’adulte de revenir sur cette mutation.

  

Série : Le veilleur des brumes

Tome : 1

Genre : Aventure fantastique animalière

Scénario : Kondo

Dessins & Couleurs : Tsutsumi

Éditeur : Grafiteen

Nombre de pages : 180

Prix : 16,50 €

ISBN : 9782745994998

 

 

 

 

© Petrimaux - Glénat

 

 

L’humour des frères Cohen et la violence de Tarantino réunis car…

Il faut flinguer Ramirez – Acte 1

 

Salle d’interrogatoire de Falcon City, Arizona, Octobre 1987. Il y a eu un gros problème à l’entreprise d’aspirateurs Robotop. Un certain Jacques Ramirez est recherché. Ses collègues sont abasourdis. Qui se cache derrière ce monsieur si tranquille ? Personne ne répare un aspirateur comme lui.

 

            Muet comme une tombe, l’homme terrifie les plus féroces truands qui le reconnaissent. Avec sa tâche recouvrant le milieu de son visage et ses moustaches bien garnies, Madre de dios, gare aux règlements de comptes.

            Doux comme un agneau, considéré comme un traître par la pègre locale, ce ne sont pas deux ou trois gars qui réussiront à le ramener au parrain.

            Blanc comme neige, que cache le passé de ce modeste employé ?

 

            Le scénario haletant, déjanté, drôle et cruel ne laisse pas place aux longueurs. Aussi passionnant qu’une bonne série télévisée moderne au charme vintage, le concept est poussé jusqu’aux intermèdes publicitaires. L’humour des frères Cohen est lié à la violence de Tarantino pour une histoire sans faille.

 

            Du chapitrage au générique de fin en passant par l’intégration des noms de lieux aux décors dans un effet relief, Nicolas Petrimaux profite de l’avantage que donne la BD par rapport au cinéma et s’en amuse : être seul aux commandes d’un blockbuster qui demanderait 500 ou 1000 personnes pour le grand écran.

 

            Cette chasse au Ramirez n’a pas fini de faire parler d’elle.

 

Série : Il faut flinguer Ramirez

Titre : Acte 1

Genre : Polar

Scénario, Dessins & Couleurs : Petrimaux

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 144

Prix : 19,95 €

ISBN : 9782344011881

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise Dupuis

 

 

Une « autre » bande dessinée, déclaration d’amour à un « autre » cinéma.

Midi-Minuit

 

Hiver 1998 : François et Christophe, dit Godzy sortent d’une projection à la cinémathèque des boulevards parisiens. Ils viennent d’assister à Des vierges pour le bourreau et Le monstre au masque, deux films de seconde zone italiens. L’espace de quelques heures, le temps s’est effacé, la magie a opéré.

Les deux jeunes cinéphiles vont partir en Italie pour y interviewer Marco Corvo, cinéaste mythique. Mais le réalisateur n’est pas homme facile. Il refuse de répondre aux questions des journalistes italiens qui ont pourri ses films pendant vingt ans. Alors, avoir décroché un entretien avec le maître, c’est un scoop à ne pas manquer. Ils vont tenter de découvrir pourquoi Corvo a brusquement tout arrêté en 1975. Attention, les consignes de la rencontre sont strictes : il faut lui proposer une pause si on voit qu’il fatigue, il ne faut pas lui parler de Luisa Diamanti et lorsqu’il dit que l’entretien est fini, il est fini.

Ajoutez des meurtres atroces, un journaliste italien, un flic déterminé et une gouvernante sexy : tous les ingrédients sont là pour transformer un reportage en polar mystérieux…comme au cinéma.

 

Doug Headline rend hommage au giallo, genre de films aux croisements du policier, de l’horreur et de l’érotisme.

 

Massimo Semerano a un trait proche de Moynot. Tel un réalisateur de cinéma, il s’efface discrètement derrière ses acteurs pour les mettre en valeur. Il réalise une bande dessinée en cinémascope, intégrant photos de films aux cases de son album. Le procédé donne une seule envie : aller voir les films dont on nous parle.

 

Fiction ou reportage ? Témoignage ou fantaisie ? BD sur le cinéma ou Cinéma dans une BD ? Midi-Minuit est un ovni. Midi-Minuit, déclaration d’amour à un « autre » cinéma, est « autre » chose qu’une simple bande dessinée.

 

One shot : Midi-Minuit

Genre : Polar cinéphile

Scénario : Headline

Dessins : Semerano

Couleurs : Cerise

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nombre de pages : 176

Prix : 22 €

ISBN : 9782800174617

 

 

 

© Nury, Bonhomme - Dargaud

 

 

Grandeurs et misères d’une victime de la noblesse.

Charlotte impératrice 1 – La princesse et l’archiduc

 

            Sur le papier, Charlotte impératrice avait tout pour être un énième récit ennuyeux de vie de nobles. Il n’en est rien. Les auteurs nous infligent la claque de la rentrée avec cette biographie romancée.

 

            La princesse et l’archiduc est avant tout l’histoire d’un choix. Charlotte doit faire un choix. Promise à une couronne au Portugal, elle est courtisée par l’Archiduc Maximilien d’Autriche. La verve et le charisme du barbu vont sceller son destin.

 

            On dit que l’argent ne fait pas le bonheur mais qu’il y contribue fortement. On dit que le pouvoir rend beau, attire et séduit. Mais quelle vie de rêve ! Méfiez-vous des apparences. Le plus beau vernis peut cacher des souffrances. Charlotte de Belgique va rapidement déchanter une fois qu’elle aura épousé Maximilien. Seul espoir, dans un château, même s’il n’est pas forcément fait de cartes, celles-ci sont fréquemment rebattues. En cela réside la dernière chance de Charlotte pour garder une place décisive sur l’échiquier.

 

            Fabien Nury s’empare d’une destinée, il la romance et nous envoûte. On ne peut que ressentir de l’empathie, de la compassion et de la tendresse pour son héroïne. Héroïne pourrait paraître pour un mot galvaudé, mais il n’en est rien. Ce petit bout de femme n’est pas seule à mener le combat contre la fatalité d’un mariage qui ne respecte pas toutes ses promesses. En effet, elle possède un atout inestimable : une famille.

 

            Mathieu Bonhomme est plus qu’un dessinateur. Impossible de ne pas être ému aux larmes en croisant le regard de Charlotte en proie au désarroi. Impossible de ne pas être absorbé par la magie de la cour en voyant arriver un carrosse tiré par des étalons blancs. Que dire des ailes du papillon Celastrina Argiolus dont le bleu est assorti aux yeux de la jeune femme. Bonhomme est le magicien des regards, des ambiances et des sentiments. En un mot, il est l’un des meilleurs dessinateurs de ligne claire réaliste de sa génération.

 

            On peut donc aisément rajouter un vingt-huitième précepte aux principes de vie et règles pratiques que doit connaître et appliquer tout gentilhomme bien né : Lire Charlotte impératrice.

 

Série : Charlotte impératrice

Tome : 1 – La princesse et l’archiduc 

Genre : Histoire

Scénario : Nury

Dessins : Bonhomme

Couleurs : Merlet

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 68

Prix : 16,95 €

ISBN : 9782205077834

 

 

 

© Rey, Kris, Galic – Futuropolis

 

 

Une guerre, y a pas mieux pour faire disparaître des gens.

Violette Morris, à abattre par tous les moyens 1- Première comparution

 

12 septembre 1945, département de l’Eure. Un charnier est découvert dans une ancienne mare. Lucie Blumenthal était avocate. Depuis la libération, elle a ouvert une « officine pour recherche de personnes disparues ». La voilà sur les traces de Violette Morris, qu’elle a côtoyé en pension. Mais leurs destins se sont séparés. Si l’une a choisi la justice, l’autre a servi pour la gestapo. Aujourd’hui, c’est un cadavre que découvre la privée.

Lucie n’a qu’un objectif en tête : découvrir ce qu’il s’est passé lorsque Violette Morris a pris la direction d’Evreux au volant de sa 15 CV Citroën en avril 1944.

 

            L’histoire navigue entre les recherches « présentes » de Lucie et la vie de son opposée. Très jeune, Violette s’avère être une compétitrice dans l’âme. Colérique, elle ne supporte pas d’être devancée. Et lorsqu’une religieuse de sa pension lui fait une remarque qu’elle pense injuste, elle n’hésite pas à tenir face à elle des propos blasphématoires. L’enfant difficile va se transformer au fil des années en sportive déterminée, avant de basculer du côté obscur.

 

            Le duo Kris/Galic se reforme pour raconter la vie de l’une des personnalités les plus complexes du XXème siècle. Ils ont choisi de partir d’une « fin » pour remonter aux sources du dossier. Le scenario propulse immédiatement le lecteur dans un questionnement, un besoin et une envie de comprendre : une leçon. Il n’y a pas un temps mort.

 

            Javi Rey avait déjà signé une histoire de guerre napoléonienne en Espagne avec le diptyque Adelante dans la collection Secrets sur scénario du regretté Frank Giroud. Rey revient dans une histoire de guerre mais dans des lieux et sous une approche totalement différente. Dans les deux cas, il s’agit pourtant de destins qui sombrent.

 

            Dans ce genre de récit sur des personnalités controversées, il ne faut pas tomber dans le sentimentalisme. Transformer un bourreau en quelqu’un de sympathique, tomber dans une sorte de syndrome de Stockholm, les auteurs évitent les pièges.

 

Série : Violette Morris, à abattre par tous les moyens

Tome : 1- Première comparution

Genre : Polar historique

Scénario : Kris & Galic

Dessins & Couleurs : Rey

Dossier historique : Bonnet

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 72

Prix : 16 €

ISBN : 9782754821650

 

 

 


 © Meurisse, Merlet – Dargaud

 

 

Vivre, aimer, respirer, l’art de la nature, la nature de l’art.

Les grands espaces

 

            Catherine Meurisse a grandi à la campagne. Ses parents ont choisi ce cadre pour les élever, sa sœur et elle. La campagne sera leur chance : 200 habitants, de nouveaux amis, des animaux et une ferme en ruine : leur nouvelle maison.

 

            C’est ainsi que démarre une nouvelle vie, où les valeurs sont redéfinies, où deux petites filles ouvrent les yeux sur un monde nouveau.

            Les gamines adoptent la campagne, l’apprivoisent et l’honorent. A la manière de Pierre Loti, elles créent un Musée où elles conservent tout ce qu’elles peuvent dénicher, jusqu’aux crottes des animaux. « Tant qu’on chie, on vit. », clame un agriculteur. Dans Le roman d’un enfant, Loti regrette plus tard d’avoir collectionné tant de trésors…puisque tout finit en cendres et aux vers, « à quoi bon » ? « Tout finit…ou tout commence ? » répond la Catherine enfant à sa sœur qui lui raconte cela.

Cette scène a un écho particulier après ce qu’il s’est passé le 7 janvier 2015. Pour la petite fille, la mort appartenait aux guerres 14-18 et 39-45.

 

L’album alterne entre futilité et gravité, entre amusement et dénonciation. Monsanto, les pesticides, le remembrement, les politiciens qui organisent des vins d’honneur pour mieux apprivoiser l’électeur de la cambrousse, tout de qui abîme, pollue ou désertifie la campagne en prend pour son grade.

 

            La légèreté ne trouverait-elle pas sa source dans ces grands espaces ? « Si un peu de rêve est dangereux, ce qui en guérit, ce n’est pas moins de rêve, mais plus de rêve » dit Proust. Rêver, c’est devenir, mais c’est aussi se souvenir.

 

 

One shot : Les grands espaces 

Genre : Chronique de vie

Scénario & Dessins : Meurisse

Couleurs : Merlet

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 92

Prix : 19,99 €

ISBN : 9782205074505

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

 

            En choisir dix, c’est en laisser sur le carreau dix autres qui, à un cheveu près, auraient pu se trouver dans cette sélection. Si le Père Noël est généreux, il peut rajouter à la liste ci-dessus les albums suivants qui font partie des albums indispensables de l’année :

 

Un album poignant où l’innocence de l’enfance est plus forte que la guerre : Seule, par Lapière et Efa aux éditions Futuropolis.

Un one shot au cœur de la schizophrénie : Je suis un autre, par Rodolphe et Gnoni aux éditions Soleil.

Comment vivre sa mort quand on a brûlé sa vie : Essence, par Flao et Bertrand aux éditions Futuropolis.

Entre Jolies ténèbres et Bone : Brindille 1- Les chasseurs d’ombre, par Brrémaud et Bertolucci aux éditions Vents d’Ouest.

La mise en images d’un roman de 118 ans : Claudine à l’école, par Durbiano aux éditions Gallimard.

A la campagne, y’a toujours un truc à faire… Aimer la vie, aimer les gens : Mon voisin Raymond, par Troub’s aux éditions Futuropolis.

A mourir de rire, au propre comme au figuré : Mauvaises mines, par Munoz aux éditions Glénat.

Une souris à pas de loup sur un piano compose : Mausart, Par Smujda et Joor, aux éditions Delcourt.

Juste Célib’, juste happy ? : Didier, la cinquième roue du tracteur, par Ravard et Rabaté, aux éditions Futuropolis.

Prisonnier de son destin…malgré lui : Le voyage de Marcel Grob, par Collin et Goethals, aux éditions Futuropolis.

 

 

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

 

 

            D’aucuns trouveront qu’il en manque encore. On ne peut pas tout lire. Les hasards amènent à des découvertes. Si BD-Best ne vous a fait ouvrir qu’un seul album que vous n’auriez peut-être pas lu grâce à une chronique, on en est très heureux.

 

            Laurent Lafourcade

 



Publié le 16/12/2018.


Source : Bd-best


Spirou 4210 - 19 Décembre 2018

 

 

    La page 2 se goure de page.

 

 

            Les zigotos de la page 2 se sont gourés de porte. C’est mal indiqué et ils ne savent pas lire le belge. Non seulement, ils se retrouvent sur la couverture, mais se promènent dans les marges du journal dans lequel il n’y a que des pages 02.

 

 

 

 

 

 

La rédac’chef est furieuse ! Les ventes vont dégringoler. Depuis Gaston, jamais des employés de la rédaction n’avaient fait autant de dégâts…pour notre plus grand bonheur.

            Un peu de sérieux (!) quand même : avec une conférence sur les tiques et la maladie de Lyme par une Femme en blanc et les problèmes dentaires du Capitaine Anchois, Spirou est aussi un magazine de vulgarisation médicale. Hum !

Spirou, quand diversité rime avec rigolarité, on conquiert la bravitude.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Nob, Erre, Fabcaro - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Enigma

Kid Noize : L’homme à la tête de singe

Natacha : Sur les traces de l’épervier bleu

Pebble’s Adventures

 

 

Récits complets :

 

Capitaine Anchois : Le dentist

Femmes en blanc (Les) : Tique, tique, tique…

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Cramés !

Crapule

Entretien d’ébauche

Game Over 

MiniMythes (Les)

Minions (Les)

Page 2 (La)

Nelson

Rob

Roger et ses humains

Zeu Bestioles

 

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Erre & Fabcaro

En direct de la Rédac

Jeux : Balade sur Pâques (Schmitt My)

 

 

 

En kiosques et librairies le 19 Décembre.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 16/12/2018.


Source : Bd-best


Quand le dessin d’Humour prend un H majuscule.  Je reviens vers vous

 

 

            « - C’est la petite Zoé de la rue Bonaparte à Neuilly-sur-Seine qui m’envoie. Ça fait trois Noël qu’elle demande une PS4, ça fait trois Noël qu’elle se retrouve avec des livres. »

 

 

 

 

            Quand la Mort s’adresse ainsi au Père Noël, ce n’est pas pour rigoler. Quand Olivier Tallec présente un nouveau recueil chez Rue de Sèvres, c’est pour rigoler. Et il faut dire que dans la fournée 2018, il y a de quoi se gondoler.

 

 

 

 

 

© Tallec – Rue de Sèvres

 

 

 

            Je reviens vers vous verse surtout dans tous les humours, en laissant une place de choix au noir. Ces pauvres animaux en prennent pour leur grade. L’auteur n’a pas peur d’avoir la SPA sur le dos. Qu’un canard ait perdu la tête, que des moutons ensanglantés tentent d’échapper au loup ou que des mouches soient prises dans un ruban collant suspendu au plafond, l’ignoble Tallec n’en a cure.

 

            Tallec fait aussi dans l’absurde avec des pingouins en trois-pièces cuisine ou un hérisson à la coupe…moderne.

 

 

 

 

 

© Tallec – Rue de Sèvres

 

 

 

            Il se moque gentiment de la dérive snob des amateurs d’art contemporain semblant en désaccord sur la représentation d’un tableau.

 

            L’album est également un voyage dans le temps à la rencontre d’hommes-préhistoriques, de princesses et de vikings.

 

 

 

 

 

© Tallec – Rue de Sèvres

 

 

 

            Ne passez pas à côté de la cerise sur le gâteau. Le bilan final détaillant la fabrication du livre est aussi une pépite humoristique.

 

            Olivier Tallec, revenez vers nous quand vous voulez. Votre humour est le bienvenu.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Je reviens vers vous

 

Genre : Humour en tous genres 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Tallec 

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 14 €

 

ISBN : 9782369812234

 



Publié le 15/12/2018.


Source : Bd-best


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