En images et en bulles
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Il était une fois un conte magnifique.  Le loup dans la lune

Il est une histoire très ancienne que l’on raconte les soirs où la lune devient rouge.

Jadis, la lune s’ouvrit comme un œuf et toutes les terreurs nocturnes en sortirent. Elles descendirent sur la Terre en grandes hordes, et il semblait alors impossible de les arrêter.

Voyant cela, les loups désignèrent le plus puissant d’entre eux pour les combattre : un loup noir comme la nuit, féroce et implacable. Il bondit jusqu’à la lune et parvint à contenir en son sein les terreurs les plus redoutables, les obligeant à battre en retraite et à retourner à leur torpeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

                Ceci est l’histoire du loup gardien des terreurs de la lune. Un jour où il était descendu sur Terre pour se désaltérer, il aperçut une louve blanche qui l’observait. Effrayée par une ombre, la demoiselle s’enfuit. Le loup décida de la retrouver pour l’aider. Il fallait faire vite avant que les terreurs qu’il contenait sur la lune ne se réveillent.

 

 

 

 

© Wehrhahne, Smicht - Bang Ediciones

 

 

                Pamela Wehrhahne écrit un conte dans la plus pure tradition populaire, réunissant les poncifs et les thèmes mythiques inhérents au genre. Avec le loup, on apprendra à se méfier des apparences. L’union fera la force. On domptera ses peurs. On verra que le monde manichéen, avec un côté tout blanc et un autre tout noir, n’est en fait qu’utopie, et que c’est peut-être mieux comme ça pour pouvoir faire face à toutes les situations.

 

 

 

 

© Wehrhahne, Smicht - Bang Ediciones

 

 

                Les dessins de Hernan Smicht sont somptueux. Trois tons : noir, blanc, rouge. Les sommets de ce triangle colorimétrique sont les pivots d’un équilibre graphique merveilleux. Les yeux vides des animaux contribuent au mystère. Les ombres et lumières sous un ciel nocturne lumineux sont magiques.

 

 

 

 

© Wehrhahne, Smicht - Bang Ediciones

 

 

                Le loup dans la lune n’est pas une bande dessinée mais un album illustré. La frontière entre les genres est de plus en plus ténue. Certaines BD sont des suites illustrées de cases. Cet art n’est-il d’ailleurs pas né comme ça ? Certains livres jeunesse sont emplis de dialogues. On ne pouvait passer à côté de l’empreinte de ce loup dont le graphisme est à tomber. 

 

Le loup est dans le lune. Il nous protège. Nous pouvons lire sur nos deux oreilles.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

One shot : Le loup dans la lune

 

Genre : Conte animalier

 

Textes : Pamela Wehrhahne 

 

Dessins : Hernan Smicht

 

Traduction : Léa Jaillard

 

Éditeur : Bang Ediciones

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 15 €

 

ISBN : 9788418101267

 



Publié le 08/01/2021.


Source : Bd-best


Huis clos à l’hôtel.  Spirou - Pacific Palace

« - Arrête, Fantasio ! Tu sais bien qu’on ne peut pas sortir.

- M’en fous !

- A l’heure qu’il est, l’hôtel est cerné…

- Pourquoi tu prends cette voix stupide ?

- C’est pas moi, idiot, c’est la télé… Viens voir.

- Les accès sont coupés dans un rayon de plusieurs kilomètres. Le Pacific Palace est prêt à accueillir le président Korda en toute tranquillité. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant les grilles du Pacific Palace, hôtel de luxe dans lequel Spirou et Fantasio sont tous les deux grooms, cette peste de Seccotine est en duplex pour la chaîne de télévision pour laquelle elle travaille. Le parc de l’hôtel cache un imposant dispositif de sécurité avec gendarmes et tireurs d’élite. Iliex Korda, un dictateur en fuite et sa fille Elena vont investir les lieux. Ne sont plus présents à l’intérieur que quelques membres du personnel triés sur le volet. Inutile de préciser que le séjour ne va pas être de tout repos.

 

 

 

 

© Durieux - Dupuis

 

 

C’est au tour de Christian Durieux de proposer sa version de Spirou. L’auteur sait aussi bien s’adresser aux enfants (Oscar) qu’aux adultes (Des gens honnêtes). Alors, il ne devrait pas avoir de problèmes avec le tout public. Pourtant, il est très rare qu’il ait été auteur complet dessin-scénario-couleur. Ça ne lui est arrivé que deux fois : avec Le pont en 2007, ainsi que le somptueux Un enchantement, en 2011, tous deux parus chez Futuropolis. Durieux remet Spirou au cœur de son métier. Il travaille comme groom. Ce n’est plus au Moustic Hôtel mais au Pacific Palace, et Fantasio exerce la même profession que lui.

 

 

 

 

© Durieux - Dupuis

 

 

La première version du scénario traîne depuis vingt-cinq ans dans les tiroirs de son auteur, jusqu’au jour où il a l’idée de faire de Spirou le personnage principal de l’aventure. L’introduction de Fantasio en qualité de second groom lui permet d’apporter un équilibre humoristique. Au départ, Spip et Zantafio étaient de la partie, mais, comme on dit au cinéma, ils ont été coupés au montage. Le président Korda est inspiré à la fois de Nicolae Ceausescu, dictateur roumain déchu en 1989, et de Jean-Claude Duvalier, Bébé Doc, tyran haïtien. Celui-ci était venu se réfugier dans un hôtel en France après sa chute en 1986. Enfin, avec Elena, Durieux ajoute la dose de romantisme nécessaire à tout bon récit.

 

 

 

 

© Durieux - Dupuis

 

 

L’hôtel lui-même apparaît comme un personnage de l’histoire. Il est un mix de l’hôtel Art nouveau bruxellois Métropole, du Ritz, du Crillon et d’un hôtel croate de Zagreb. Leurs murs sont témoins de tout ce qu’ils ont vu, leurs couloirs résonnent des pas de tous ceux qui les ont fréquenté.

 

Au cinéma, Wes Anderson nous avait embarqué dans son Grand Budapest Hôtel. En bande dessinée, Christian Durieux nous invite au Pacific Palace. La classe ! Ça, c’est Palace !

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Spirou - Pacific Palace

 

Genre : Aventure

 

Scénario, Dessins & Couleurs: Christian Durieux

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 80 

 

Prix : 16,50 €

 

ISBN : 9791034732692

 



Publié le 07/01/2021.


Source : Bd-best


Barcelone Apocalypse Zombie. Walking Dead – L’étranger / Le retour de Negan

« - Habla inglès ? Je suis américain.

-          Sans déc’ ?

-          Le petit somalien. Personne ne lui ouvrait la porte.

-          En Espagne, tout le monde est persuadé que ce sont des étrangers qui nous ont apporté ce truc, là.

-          Alors… Pourquoi vous m’avez aidé ?

-          Tu as quelque chose dont j’ai besoin.

-          Qu’est-ce que… ?

-          Moi, c’est Claudia. Et toi ?

-          Jeff. Je m’appelle Jeff.

-          Alors, accroche-toi, Jeff. Je n’habite pas loin. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une Barcelone envahie par les zombies, Jeff tente de sauver un jeune somalien aux prises avec les morts-vivants. Il ne parviendra pas à l’extraire des mâchoires mortelles et devra lui-même son salut à Claudia, jolie catalane, qui cherche à fuir la ville. Ensemble, réussiront-ils à regagner un monde meilleur ? Si tant est qu’il existe…

 

 

 


© Vaughan, Martin, Rathburn, Kirkman – Delcourt

 

 

L’étranger est le premier spin off de Walking Dead. Robert Kirkman a laissé son stylo à Brian Vaughan et Charlie Adlard a prêté ses feutres à Marcos Martin. Seul Cliff Rathburn, avec ses niveaux de gris, fait le pont entre la série mère et ce one shot. La série principale terminée, on pensait avoir fait le tour de ce monde apocalyptique. Les auteurs démontrent ici le contraire. Dans le plus grand respect de l’œuvre originelle, ils proposent un récit rapide au final percutant.

Graphiquement, Vaughan marche sur les pas de son prédecesseur mais apporte plus d’humanité aux personnages dans un monde où il n’y en a plus beaucoup. Claudia est plus jolie et sensuelle que toutes les filles de Charlie Adlard. Mais peut-être est-ce là le charme ibérique. Question décors, les scènes sous-marines sont remarquables. Question couleurs, les touches de rouge sang font un effet bœuf.

 

 

 

 

© Vaughan, Martin, Rathburn, Kirkman – Delcourt

 

 

En bonus à cet opus, un fascicule complémentaire offre un chapitre supplémentaire à la saga. Avec Le retour de Negan, sur les vingt-six planches d’un comics, les auteurs d’origine racontent la rencontre de Negan avec une jeune fille prénommée Lucy. Lucy… Lucile…comme le nom de la batte de Negan, son seul véritable amour. Les similitudes ne vont pas laisser le grand dur indifférent. Tout les ingrédients d’un nouveau départ sont réunis. On sent Kirkman démangé. Le scénariste n’a pas du tout l’air décidé à abandonner son univers. L’avenir le dira.

 

 

 


© Vaughan, Martin, Rathburn, Kirkman – Delcourt

 

 

Alors que l’on pensait la page tournée, L’étranger et Le retour de Negan offrent un double rebond original à une saga majeure des années 2010 qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Walking Dead

 

Tome : L’étranger + Fascicule : Le retour de Negan

 

Genre : Zombies

 

Scénario : Brian K.Vaughan 

 

Dessins : Marcos Martin 

 

Niveaux de gris : Cliff Rathburn 

 

Une série créée par : Robert Kirkman

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 13,50 €

 

ISBN : 9782413039594

 

 



Publié le 07/01/2021.


Source : Bd-best


Big Brother is watching you.  1984

« - Quel plaisir de vous voir !

- Le plaisir est partagé.

- Auriez-vous, par hasard, des lames de rasoir ?

- Pas une.

- Qu’avez-vous pensé de la dernière pendaison des prisonniers ?

- Je la regarderai sur le télécran. Vous êtes toujours sur une nouvelle version du dictionnaire ?

- Plus que jamais. J’en suis aux adjectifs. Cette onzième édition est la plus complète. Nous n’inventons pas de nouveaux mots… Nous en détruisons chaque jour. »

 

 

 

 

 

 

 

 

1984, à Londres, Winston Smith révise l’Histoire. Il travaille pour le Parti au pouvoir et est chargé de réécrire tout ce qui doit être oublié. Il réinvente un passé exempt de toute trace pouvant froisser le gouvernement ou donner des idées de rébellion. Il créé même des morts, jamais des vivants. Un de ses camarades, lui, est chargé d’appauvrir le vocabulaire afin de restreindre la capacité des cerveaux. Ainsi, pourquoi donc utiliser le mot « mauvais » si « inbon » suffit à comprendre le contraire, comme « plusbon » pourrait remplacer « meilleur » ?

 

 

 

 

© Derrien, Torregrossa - Soleil

 

 

Comme des dizaines d’employés, Winston fait partie de la sous-section du commissariat des archives pour satisfaire le Parti. Ses moindres pas, ses moindres gestes sont épiés. Le comportement de la population entière est dicté par Big Brother. Un beau jour, si tant est qu’il reste des beaux jours, il rencontre Julia, une jeune femme qui lui avoue discrètement son amour. Mais dans cette société dictatoriale, a-t-on encore le droit d’aimer ?

 

Jean-Christophe Derrien relève la lourde tâche d’adapter le roman de George Orwell paru en 1949. Ce grand classique de la littérature anglaise apporte une vision pessimiste, glaçante et réaliste d’un futur édicté par une gouvernance autoritaire. Le scénariste préserve l’angoisse des mots d’Orwell. La tension est bien présente et croît tout au long de l’album. Il est juste un peu dommage qu’il n’ait pas assumé à fond la carte de l’adaptation en BD et trop de passages sont commentés par Winston alors que plus de dialogues auraient permis d’en faire une vraie bande dessinée. On est parfois à la frontière entre la BD et le texte illustré. Mais c’est peut-être un parti pris qui refroidit l’ambiance comme il le faut.

 

 

 

 

© Derrien, Torregrossa - Soleil

 

 

Rémi Torregrossa adopte un trait frigorifiant au service de l’histoire. La colorisation en niveaux de gris donne une atmosphère de fin du monde. Mais quand l’amour ou l’espoir pointent leur nez, des touches de couleurs apparaissent. Rarement gris et couleurs auront été autant des acteurs de la narration, et ce, jusqu’à la dernière case.

 

L’adaptation de 1984 en bande dessinée est au cœur d’une bataille éditoriale sans précédent puisque le même jour paraissent une version par Xavier Coste chez Sarbacane et une autre signée Titeux de la Croix et Amazing Ameziane aux éditions du Rocher, sans compter celle de Fido Nesti publiée chez Grasset en novembre dernier.

 

 

 

 

© Derrien, Torregrossa - Soleil

 

 

En ces temps compliqués de pandémie mondiale, 1984 résonne d’une façon particulière. A l’heure où des théories complotistes apparaissent, cet album n’est certainement pas le meilleur moyen pour se changer les idées. Il pose cependant les bases d’une réflexion politique à mener et donne envie de relire V pour Vendetta.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : 1984

 

Genre : Anticipation

 

Scénario : Jean-Christophe Derrien 

 

Dessins & Couleurs : Rémi Torregrossa

 

D’après : Georges Orwell 

 

Éditeur : Soleil

 

Nombre de pages : 120 

 

Prix : 17,95 €

 

ISBN : 9782302080355

 



Publié le 06/01/2021.


Source : Bd-best


Spirou 4317 -  6 Janvier 2021

 

 

 Souvenirs du Pacific Palace. Un épilogue inédit.

 

 

 

 

 

 

 

            Pour un premier numéro de l’année, le cadeau est somptueux. Le court récit rebondissant sur le final de Pacific Palace est émouvant. On y voit Spirou encore plus amoureux que jamais.

            Il n’y a pas que lui qui est amoureux. Il y a aussi Cédric. Mais quand le gamin s’apercevra que ce n’est pas Che, qui a le bon rôle dans le spectacle de l’école, il va péter un câble.

 

            Enfin, les abonnés feront des heureux avec les personnes à qui ils enverront la bidonnante carte de vœux des cavaliers de l’apocadispe.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

© Libon – Dupuis

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Le patient A

Louca : Foutu pour foutu

Télémaque : L’impossible retour

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Pacific Palace

Spirou : Le grain de sable

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Aliens exploreurs

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Kid Paddle

Kermesse existentielle (La pause-cartoon)

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Batem

En direct du futur : Dénouement pour Lya (Cunha & Carbone)

Jeux : Les ruines du Pacific Palace (Joan)

Leçon de BD (La) : Dab’s

 

 

Supplément abonnés :

Carte de vœux : Les cavaliers de l’apocadispe

 

 

En kiosques et librairies le 6 janvier 2021.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 


 



Publié le 06/01/2021.


Source : Bd-best


Une délicatesse.  Le jardin, Paris

« - Monsieur, vous n’avez pas le droit d’être là et je suis sûre que vous le savez.

- Oui, mais j’espérais rencontrer le jeune Rose…

- N’insistez pas, vous ne rencontrerez personne de cette manière. Vous êtes un habitué, maintenant, je me trompe ? Vous connaissez donc les règles. Pas de client dans les loges. C’est extrêmement flatteur de votre part, mais je le répète, Rose ne recevra personne.

- Soit, je m’avoue vaincu. Vous le tiendrez au courant de mes tentatives ?

- Peut-être. »

 

 

 

 

 

 

 

Années 20, dans un cabaret parisien, un jeune homme danse tous les soirs. Il est le seul garçon de l’établissement. Fils de la patronne des lieux, la scène est sa vie. En ce lieu, chaque artiste a un nom de fleur. Celui de cet éphèbe est Rose. Subjugué par les talents du danseur, Aimé, habitué du cabaret, souhaite le rencontrer. L’homme travaille dans l’édition. Il va prendre Rose sous sa coupe et l’ouvrir au monde.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Près de deux ans après l’émouvant Les fleurs de grand-frère, Gaëlle Geniller revient avec un récit tout aussi beau, tout aussi fort. On ne saurait dire si ce jardin Paris est une histoire d’amour ou une histoire d’amitié. C’est certainement les deux à la fois. Tout au long de l’histoire l’autrice marche sur un fil, non pas parce qu’elle n’ose pas franchir le mur de l’interdit, mais parce qu’elle se positionne à l’époque du récit, dans des années 20 où les hommes sortaient avec des femmes et il ne pouvait pas en être autrement. Ses personnages sont pour certains d’une sensibilité étonnante, pour d’autres d’une réalité maupassantienne, l’un n’étant pas incompatible avec l’autre.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Geniller pose la question du genre au cœur de son histoire avec une finesse, une délicatesse, une discrétion et un respect comme on n’en n’avait jamais lu. Si depuis cent ans, les mentalités ont fortement évolué, la société est encore loin d’une évidence quant à l’acceptation d’amours naturelles entre des êtres, quels qu’ils soient. La force de Geniller est aussi de traiter Le jardin, Paris sans jamais parler de sexe. Alors qu’elle aurait facilement pu tomber dans cette facilité, elle préfère proposer une histoire d’innocence.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Graphiquement, la dessinatrice, issue de l’animation, fait danser son trait comme son personnage dans une fresque florale merveilleuse. Quand les raies de lumière traversent le rideau des coulisses jusqu’au devant de la scène, Geniller fait entrer le lecteur sur scène avec l’artiste. Certaines passages parviennent à suspendre le temps dans un silence musical magique. On a la sensation d’évoluer avec Rose, d’être concentré sur les gestes gracieux et d’entendre de façon sourde les notes du pianiste réservées aux spectateurs.

 

 

 

 

© Geniller - Delcourt

 

 

Avec Le jardin, Paris, les éditions Delcourt frappent un grand coup tant scénaristique que graphique augurant d’une année BD 2021 exceptionnelle. Suspendant le temps pour l’amour de l’art de la danse et du spectacle, le jardin de Gaëlle Geniller est de ceux dans lesquels on souhaiterait rester enfermé.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le jardin, Paris

 

Genre : Romantique

 

Scénario, Dessins & Couleurs: Gaëlle Geniller

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Mirages

 

Nombre de pages : 224 

 

Prix : 25,50 €

 

ISBN : 9782413022534

 



Publié le 05/01/2021.


Source : Bd-best


Parce que c’est un instant suspendu.  Contes de Noël du journal Spirou 1955-1969

« - Oui ! Je grogne ! A-t-on idée de sortir par un temps pareil ?

- Ma foi, tu as raison ! Je crois qu’il vaudrait mieux chercher un refuge !

- Là-bas ! Une chaumière !

- Ah ! Vivement un bon feu !

- Bonjour ! Est-ce que…

- C’est vous les anges ?... Entrez vite !

- Ce sont les anges !

- Mais… Nous ne sommes… Heu… Où sont vos parents ?

- Ils sont partis mendier un peu de pain pour la veillée de Noël ! Maman nous a dit que les anges prendraient soin de nous pendant son absence !... Et vous voilà !... »

 

 

 

 

 

 

 

 

En cette veillée de Noël, Johan et Pirlouit débarquent dans une chaumière où des enfants esseulés les prennent pour des anges. N’écoutant que leurs cœurs, les voyageurs vont s’occuper d’eux. Des anges, ils en sont, c’est certain. Et pas seulement pour ces enfants, mais aussi pour tous les lecteurs du beau journal de Spirou qui, depuis des années, offre à son public de magnifiques contes de Noël.

 

 

 


© Jijé - Dupuis

 

 

Les héros moyenâgeux de Peyo sont accompagnés d’une kyrielle de compagnons qui sont tour à tour les protagonistes d’historiettes toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Parmi les plus connus, on croisera le petit Noël et le Marsupilami, Boule et Bill, Sophie, le vieux Nick et Barbe-Noire, Blondin et Cirage, Jean Valhardi et Gégéne, Spirou et Fantasio, Gaston, Bobo, Toupet, Sibylline, Gil Jourdan, Poussy, des Schtroumpfs, des Tuniques Bleues, Marc Lebut et son voisin Goular, Attila, Mulligan, Saki et Zunie, pour ne citer que les plus célèbres. Quel sommaire féérique !

 

 

 


© Franquin - Dupuis

 

 

Les histoires courtes de ces différents personnages alternent avec d’autres récits sans héros récurrent. On peut lire également des mini-récits, des contes signés entre autres Rosy, Jidéhem ou Peyo. Quelques mythiques doubles couvertures de l’hebdomadaire de Marcinelle sont également reproduites.

 

 

 


© Jijé - Dupuis

 

 

Ce merveilleux recueil est introduit par les incontournables Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault dont on va devoir arrêter de dire du bien parce qu’on va croire qu’ils nous payent. N’allez pas croire cela. C’est juste qu’ils font un travail patrimonial exceptionnel en nous proposant, comme ils le disent en préface, « une douce et voluptueuse immersion dans le grenier du Journal de Spirou ».

 

 

 

 

© Peyo - Dupuis

 

 

Ce recueil de Contes de Noël est précisément daté 1955-1969. Pour l’année prochaine, on exige donc la suite, tout simplement.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Contes de Noël du journal Spirou 1955-1969 

 

Genre : Contes

 

Scénario, Dessins & Couleurs: Les meilleurs auteurs de l’âge d’or

 

Introduction : Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 240 

 

Prix : 35 €

 

ISBN : 9791034738182

 



Publié le 04/01/2021.


Source : Bd-best


Le vent du boulet.  Le baron

« - Un livre sur le Baron ?!

-          Il a bien dit Münchhausen ?!

-          Le « Baron de Münchhausen » ?

-          Attendez ! Du calme ! Je vais vérifier ! Faites voir votre livre !... C’est bien ça ! Münchhausen ! Ecrit par un certain Rudolf Erich Raspe !

-          Vous savez, si vous l’avez déjà lu, ce n’est pas bien grave !

-          Ce n’est pas ça ! Mais nous ne savions pas qu’on avait fait un livre sur le Baron !

-          Sur Monsieur le « Baron ».

-          Comment ça, « Monsieur le Baron » ? C’est un personnage imaginaire, voyons !

-          C’est sûr qu’on pourrait le croire ! Mais le Baron de Münchhausen, il existe !

-          Il habite au château ! Là-haut !

-          C’est « notre » Baron, quoi ! » 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mai 1787, Bodenwerder. Un colporteur arrive au village. Il a mille choses dans sa roulotte : une belle robe pour Madame, un gilet pour Monsieur, le meilleur tabac des Flandres, ainsi que des livres. Lorsqu’il propose « Les fabuleuses aventures sur terre et sur mer du Baron de Münchhausen », il pense vendre un banal recueil d’aventures. C’est juste parce qu’il l’a adoré et qu’il l’a lu pas loin de dix fois. Les habitants lui apprennent que l’homme dont les exploits sont relatés dans le livre existe réellement. C’est le propriétaire du château qui se trouve à quelques pas du village. Il avait l’habitude de passer ses soirées à la taverne pour raconter ses aventures. Mais depuis que la Baronne le lui a interdit, il n’y met plus les pieds. Le colporteur rêve de rencontrer ce fameux Baron. Va-t-on pouvoir le convaincre de venir ici pour raconter ses histoires ?

 

 

 

 

© Masbou – Delcourt

 

 

Les aventures du Baron de Münchhausen ont été de multiples fois adaptées. Le dessin animé réalisé par Jean Image en 1978 a marqué toute une génération. Une décennie plus tard, le film déjanté de Terry Gilliam démontrera la puissance du personnage et la parenté insoupçonnée de ce héros avec les Monty Python. Comme s’il en avait été un avant l’heure.

Ce que l’on sait moins, c’est que ce fameux Baron de Münchhausen a rééllement existé. De son vrai nom Karl Friedrich Hieronymus, il vécu en plein cœur du XVIIIème siècle. Le militaire teuton était un mercenaire aux services de l’armée russe. De retour au pays, il se retire dans le château de Bodenwerder. Ses exploits romancés délirants sont un succés de la littérature allemande.

 

 

 

 

© Masbou – Delcourt

 

 

 C’est retiré dans ce château qu’on le retrouve dans cet album de Jean-Luc Masbou. Sous la plume du dessinateur de De capes et de crocs, le Baron narre quelques uns de ses exploits. On le verra entre autres dans la peau d’un ours blanc, grimpant sur la lune ou chevauchant un demi-cheval. Pour chacune de ses histoires, ou de ses affabulations, Masbou adopte un traitement graphique différent, comme à la façon toile de Jouy, marionnettes à ficelles, conte russe ou ambiance sépia. L’auteur surprend de la première page, co-dessinée par Turf et Loyer, à la dernière, pur moment suspendu de poésie.

 

 

 

 

© Masbou – Delcourt

 

 

On connaissait Masbou dessinateur au service d’un scénariste, on le savait scénariste au service d’un dessinateur. On le découvre auteur complet, au service d’une œuvre légendaire, qu’il magnifie de tout son talent. Alors que l’on aurait pu croire lire une histoire connue, battue et rebattue, on redécouvre un classique dans une version novatrice et enchanteresse.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le baron 

 

Genre : Réalité ou mythomanie

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Jean-Luc Masbou 

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 72 

 

Prix : 23,95 €

 

ISBN : 9782413005292

 

 

 



Publié le 03/01/2021.


Source : Bd-best


Vol de jour.  St Ex, un prince dans sa citadelle

 

 

« 1900. Le vingtième siècle arrive. La population terrienne ne le sait pas encore, mais elle entre dans la période la plus révolutionnaire de son histoire, née de siècles de piétinements entrecoupés d’avancées souvent bouleversante de courage, de génie ou d’inconscience. De tout cela va naitre ce vingtième siècle, ce plateau historique d’où un monde nouveau s’élancera. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                29 juin 1900, à Lyon, un bureaucrate et une authentique noble originaire de province donnent naissance à un petit Antoine. Son père décèdera quatre plus tard. Le petit et ses quatre frères et soeurs seront élevés par leur mère. Enfant, Antoine rêve déjà de voler dans ces avions qui traversent le ciel, de ressentir les sensations des oiseaux. Il ne va pas tarder à grimper à bord d’un appareil grâce à sa détermination et son culot. Il laisse croire à Gabriel Wroblewski, pilote breveté par l’Aéro-Club de France, que sa mère l’autorise à embarquer. Son premier vol se fait donc dans un W2. Le souffle de l’hélice en pleine face l’enthousiasme. L’adolescent est également passionné de littérature. L’écriture lui tend les bras.

                Ainsi démarre la vie de St Ex, Antoine de Saint-Exupéry, l’homme qui écrira les merveilleux Terre des hommes, Courrier Sud et Vol de nuit, et surtout l’inoubliable Petit Prince.

 

 

 

 


© Hugault, Chabbert - Paquet

 

 

                Bernard Chabbert raconte la vie de l’aviateur-écrivain ami de son père. Le journaliste-pilote rend un vibrant hommage à celui qui est sans conteste son idole. L’aviateur Saint-Ex a participé à l’écriture de la légende de l’Aéropostale. L’auteur Saint-Ex a écrit le huitième livre le plus vendu au monde après la Bible, le Coran, le Petit livre rouge de Mao, Don Quichotte, Harry Potter, Le conte de deux cités de Charles Dickens et Le Seigneur des anneaux.

 

                L’enfance, l’engagement militaire, son affectation au Bourget, son histoire d’amour complexe avec Louise de Vilmorin sont les sujets des premiers chapitres. Puis c’est l’Afrique du Nord, le Maroc, le désert, le sable et la caillasse où les balles sifflent pour de vrai. L’écriture devient son échappatoire.  Il rencontre Mermoz, pilote surdoué charismatique. Plus tard, c’est l’Amérique du Sud. A 33 ans, il aura survolé le Sahara, l’Afrique du Nord, l’océan Atlantique Sud, la pampa Sud-américaine, la cordillère des Andes,… Mais sa réussite littéraire suscite des jalousies. On en a déjà beaucoup dit. Tout cela et la suite, la guerre, sa disparition énigmatique, vous le lirez sous la plume de Bernard Chabbert.

 

 

 

 


© Hugault, Chabbert - Paquet

 

 

                On ne présente plus Romain Hugault. Le dessinateur est LA référence en matière d’aviation en bande dessinée. Depuis Le dernier envol, il mène un travail minutieux et merveilleux. Lui-même pilote, il nous embarque à bord de tous types d’appareils dont les représentations mènent la vie dure aux pinailleurs qui chercheraient une erreur sur un boulon. Hugault ne leur laisse pas l’occasion de s’exprimer.

                Dans ce livre illustré, Romain Hugault prend autant de soin sur les décors que sur les appareils. On survole désert, villes et océans avec le même soin. L’éditeur a mené un joli travail de fabrication pour pouvoir proposer de nombreuses images panoramiques sur deux A3 en longueur, sublimant le travail du peintre du ciel qu’est Hugault.

 

 

 

 


© Hugault, Chabbert - Paquet

 

 

                « Dessine-moi un mouton… » demandait le Petit Prince à l’aviateur. Bernard Chabbert prend la place de l’enfant en demandant à l’aviateur Romain Hugault : « Dessine-moi des avions…ceux de St Ex… »

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : St Ex, un prince dans sa citadelle

 

Genre : Biographie 

 

Dessins & Couleurs : Romain Hugault

 

Textes : Bernard Chabbert

 

Éditeur : Paquet

 

Collection : Cockpit

 

Nombre de pages : 176 

 

Prix : 29 €

 

ISBN : 9782889321186

 



Publié le 03/01/2021.


Source : Bd-best


L’union fait la force.  Yakari 41 – Le fils de l’aigle

« - Grand Aigle !? Je suis heureux de te revoir !

-          Yakari, j’ai besoin de ton aide !... Un aiglon est en grand danger ! Il n’y a que toi qui puisses le sauver… Il faisait son premier vol entouré de ses parents… Tout se passait bien jusqu’à ce qu’une rafale de vent le projette contre la paroi. Blessé, il a disparu dans une crevasse !

-          Aïe ! Le pauvre !...

-          Ça s’est passé dans les falaises que les tiens appellent « Les serres de l’aigle »…

-          Je sais où elles se trouvent !

-          Le temps presse ! L’aiglon ne pourra pas tenir longtemps !... Je compte sur toi, Yakari ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Grand Aigle peut compter sur Yakari pour sauver un jeune aiglon coincé dans une crevasse. Le papoose saute sur le dos de son cheval Petit Tonnerre et se dirige vers les roches escarpées des Serres de l’aigle. Il ne sera pas seul dans l’aventure puisque l’intrépide castor Tilleul va l’accompagner pour sauter à la rescousse de l’aiglon. Y arriveront-ils seuls ou auront-ils besoin d’aide supplémentaire ?

 

 

 

 

© Derib, Giacometti - Le Lombard

 

 

                Après la parenthèse de deux épisodes signés par le talentueux Joris Chamblain, Xavier Giacometti (à ne pas confondre avec Eric qui a pris en main le destin de Largo Winch) scénarise ce nouvel épisode de Yakari. Qui mieux que lui connaît le personnage ? Réalisateur de cinq saisons de la série de dessins animés du petit indien, ainsi que du long métrage sorti cette année, Giacometti réunit les éléments et personnages principaux chers aux lecteurs fidèles. Grand Aigle, pour une fois, ne vient pas aider Yakari mais lui demande de l’aide. Tilleul le castor tient un rôle de héros malgré lui. Arc-en-ciel et Petit Tonnerre montrent qu’on ne peut pas se passer d’eux. Clin d’œil au long métrage La grande aventure, l’histoire se déroule dans l’un des décors du film : les serres de l’aigle.

 

 

 

 

© Derib, Giacometti - Le Lombard

 

 

                Derib dessine Yakari depuis 53 ans ! Alors que le trait de nombreux dessinateurs de sa génération se raidit ou se simplifie, le sien ne souffre d’aucune baisse de régime. Derib est encore et toujours au top de sa forme pour nous présenter des animaux attachants (comment ne pas craquer pour l’aiglon ?) et des décors somptueux respirant la nature sauvage.

 

 

 

 

© Derib, Giacometti - Le Lombard

 

 

                A noter que toutes les rencontres animales faites par Yakari au fil de ses 41 albums ainsi que les coutumes indiennes sont réunies dans l’encyclopédie à la découverte de la faune et des tribus d’Amérique du Nord, rédigée par Antoine Maurel et parue aux éditions Qilinn.

 

                Il n’y a pas que le fils de l’aigle qui a la chance de croiser la route de Yakari, il y a tous ses lecteurs aussi.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Yakari

 

Tomes : 41 – Le fils de l’aigle

 

Genre : Aventure 

 

Dessins : Derib  

 

Scénario : Xavier Giacometti

 

Couleurs : Rébekah Paulovich, Arnaud & Dominique 

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782803678921

 



Publié le 01/01/2021.


Source : Bd-best


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