En images et en bulles
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Dieu (ou pas) reconnaîtra les siens.  Les nouvelles aventures de Lapinot 3 - Prosélytisme et morts-vivants

« - C’est pas un service à ce niveau-là. C’est un sacrifice ultime. Et puis j’ai rien compris à ce qu’on doit faire.

- Le mec qui doit passer nous prendre en voiture va nous expliquer… Ça doit être lui. Monsieur Verlat ?

- Enchanté de vous voir Monsieur Lapinot. Prenez ma place, vous allez conduire. Ravi de faire cette session avec vous. Appelez-moi Brieg.

- Moi, c’est Richard. Je remplace une personne au pied levé. Vous pouvez me dire ce qu’on va faire cette semaine ?

- Croyez-vous en Dieu, Richard ?

- Bâh, non…

- Ha ha ha ! Alors tout va bien... »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Y a-t-il une vie au-delà du périphérique ? C’est la (dure ?) réalité à laquelle vont se trouver confrontés Richard et Lapinot en accompagnant un prédicateur dans un village de campagne. Le prosélyte souhaite mettre en place un lieu dédié à un culte, celui du non-Dieu, l’athéisme. Richard, pour qui ses questions de croyances passent au-dessus de la tête, est préoccupé par son projet de série télévisée sur les zombies, mais il accompagne philanthropiquement son ami de toujours Lapinot dans le voyage car sa petite amie Cléa a un empêchement professionnel.

 

 

 

 

© Trondheim, Findlaky - L’association

 

 

                Cette aventure contemporaine de Lapinot traite du délicat sujet de la croyance en Dieu en dénonçant les dérives du culte. En introduisant le principe du dévouement à un non-Dieu, l’auteur fait de l’athéisme une croyance en rien, mais une croyance quand même. Trondheim soulève un paradoxe dans lequel le serpent se mord la queue. De façon maline, il met le doigt là où les gourous de tous poils ne voudraient pas. C’est drôle et amène à réflexion.

 

 

 

 

© Trondheim, Findlaky - L’association

 

 

                Trondheim profite du sujet pour mettre une petite claque aux élus municipaux et à ceux qui leur cherchent des noises. Le fameux Brieg n’hésite pas à menacer de faire appel à la préfecture si Madame la Maire ne fait pas plus d’efforts pour lui proposer un lieu suffisamment décent pour y installer son temple athée. En cette période d’élections municipales, on y voit la difficile position des édiles tiraillés entre des citoyens exigeants et des instances ordonnatrices.

 

                A côté de ce prosélytisme revendiqué par le titre, les morts-vivants de Richard passent au second plan. On cherche souvent la raison du titre jusqu’à un final jubilatoire reliant les deux thèmes promis.

 

 

 

 

© Trondheim, Findlaky - L’association

 

 

                Avec Lapinot, les aventures sont tellement diverses et variées qu’il ne peut pas y avoir de lassitude. C’est en cela que la série de Lewis Trondheim n’est pas comme les autres et est une réussite. Quel rapport entre Walter et Slaloms ? Quels points communs entre L’accélérateur atomique et Un monde un peu meilleur ? Quelles similitudes entre Vacances de printemps et Les herbes folles ? A part un ,personnage à grandes oreilles et quelques uns de ses camarades, pas grand-chose. Il y avait jadis à la télévision, au mi-temps des années  une série Waldo Kitty dans laquelle de vrais chats et chiens vivaient des aventures animées dans des époques et des lieux différents. C’est un peu le postulat pris par Trondheim en alternant aventures contemporaines de son lapin et digressions spatio-temporelles.

 

               

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les nouvelles aventures de Lapinot

 

Tome : 3 - Prosélytisme et morts-vivants 

 

Genre : Chronique du temps présent

 

Scénario & Dessins : Lewis Trondheim 

 

Couleurs : Brigitte Findlaky

 

Éditeur : L’association

 

Collection : 48 cc

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 13 €

 

ISBN : 9782844147462

 



Publié le 01/03/2020.


Source : Bd-best


Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas les choses qu’elles n’existent pas.  Olive 1 - Une lune bleue dans la tête

 

« A quoi ça sert que je vous raconte ? Vous n’allez pas me croire de toute façon. Au début, il n’y avait presque rien.juste la lune bleue comme de l’encre, indéboulonnable de jour comme de nuit. Et un immense lac salé, rose comme un bouquet de bougainvilliers. Et autour du lac, vingt-huit blocs de pierre tendre qui montaient la garde, pressés comme des menhirs. Vous voyez ? Vous ne me croyez déjà plus. Il y avait aussi la maison, mais je ne l’appelais pas la maison au début, ce n’était qu’une bulle à moitié remplie d’eau. Au fil du temps, la bulle a grossi et j’ai pu y installer les ponts et les escaliers-fontaines qui mènent aux différents îlots de la maison. L’observatoire, avec une vue imprenable sur le coucher de lune. Le laboratoire, où je crée tout ce dont j’ai besoin , pour me nourrir ou me divertir. Et tout en haut, le rêvarium, qui se transforme au gré du temps et de mes envies. »

 

 

 

 

 

 

 

                Introvertie et asociale, Olive est une lycéenne perturbée. Pour échapper à la grisaille de ce monde qui la trouble, elle s’est créée un monde imaginaire qui est sa bulle de protection. Même la psychologue qui la suit ne la comprend pas. Interne, Olive va devoir partager sa chambre avec la bavarde Charlie. Un jour, débarque dans son monde un étrange cosmonaute. Les frontières entre le rêve et la réalité vont alors se brouiller.

 

 

 

 

 © Mazel, Cazot - Dupuis

 

 

                Noël, un canard de bain géant, Rose, un cétacé volant, transparent comme une méduse, vingt-huit statues qui montent la garde,… Lucy Mazel et Véro Cazot, avec Olive, sont les autrices de cette série merveilleusement onirique. On n’avait pas vu ni lu une telle aventure depuis le début des années 80 dans Spirou avec les rêves de Nic, histoires courtes de Morphée dessinées par Hermann et qui firent l’objet de trois albums. La différence avec Olive est que nous ne sommes pas dans des rêves nocturnes mais dans un onirisme aux frontières du songe et de la réalité.

 

 

 

 

 © Mazel, Cazot - Dupuis

 

 

                Lucy Mazel fait une ascension fulgurante dans le neuvième art. Après sa participation à la série concept Communardes ! scénarisée par Lupano, elle gagne ses galons d’autrice sur qui l’on peut compter avec Edelweiss, escalade du Mont Blanc sur scénario de Cédric Mayen. Olive est sa première série. Remarquable d’originalité, Mazel peut y developper son talent de dessinatrice et de coloriste dans de multiples directions.

 

                Vero Cazot démarre elle aussi sa première véritable série, après les deux albums de Et toi, quand est-ce que tu t’y mets , chez Fluide. C’est son cinquième album. A l’instar de sa co-autrice, elle aussi a fait un strike dans le monde de la BD. C’était en 2017 avec le remarquable et remarqué Betty Boob sur le thème compliqué à traiter du cancer du sein.

 

 

 

 

 © Mazel, Cazot - Dupuis

 


                La lune bleue dans la tête d’Olive va mettre des paillettes multicolores dans les yeux de tous les lecteurs. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas les choses qu’elles n’existent pas.

 

 

 

 

  

 


Laurent Lafourcade

 

 

Série : Olive

 

Tome : 1 - Une lune bleue dans la tête

 

Genre : Onirisme

 

Scénario : Véro Cazot

 

Dessins & Couleurs : Lucy Mazel

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 12,50 €

 

ISBN : 9782800174983

 



Publié le 29/02/2020.


Source : Bd-best


Nous aimons l’amour et le plaisir, la nature nous a fait ainsi.   Extases T.2 Les montagnes russes

 

 

Il y a des ouvrages dont on ne sort pas indemnes ! Extase en fait partie. Jean-Louis Tripp a choisi de nous ouvrir les portes de son jardin secret. Trente mois après le premier tome d’Extases, l’auteur revient avec la suite de son autobiographie intimiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui mieux que l’auteur ne peut parler de son autobiographie ?

Extases n’est pas une histoire de cul ! Parlons politique.

De tout temps, l’exercice du pouvoir est passé par le contrôle des corps. Sous des formes dures, violentes, l’esclavage, le massacre, le génocide, mais aussi sous des formes plus subtiles, les interdits, les tabous. Ceci, tu ne peux pas le faire, cela, tu peux, mais tu ne dois pas dire que tu le fais. Ceci, en revanche, est autorisé.

Le patriarcat passe par le contrôle du corps des femmes par les hommes. Les femmes se sont battues et continuent de se battre pour la contraception, l’avortement, contre le viol, l’intimidation, les féminicides… Les combats d’émancipation commencent tous par la récupération de la souveraineté sur son propre corps.

 

 

 

 

 

© JeanLouis Tripp - Casterman

 

 

 

Extases ne raconte pas autre chose qu’un parcours d’émancipation.

C’est l’histoire d’un jeune garçon devenant un jeune homme, puis un homme, qui tente de comprendre qui il est, de définir qui il veut être et de construire son rapport au monde, aux autres, aux femmes en particulier, à la société telle qu’elle est et telle qu’elle évolue, à travers le rapport à son propre corps et à celui des autres.

Le fait est que nous sommes des animaux sexués, et que ce qui nous donne envie de nous reproduire, c’est le plaisir que cela nous procure. Depuis longtemps, l’être humain a cherché les moyens de dissocier ce plaisir des éventuelles conséquences de celui-ci. Le préservatif a été inventé par les anciens Égyptiens et, dans les années 60, la pilule a révolutionné la sexualité. Nous sommes des animaux doués d’une intelligence et d’une conscience qui ont fait de nous des femmes et des hommes capables d’élaborer un discours sur notre propre sexualité : l’érotisme.

 

 

 

 

 

© JeanLouis Tripp - Casterman

 

 

Mais il y a ce contrôle des pouvoirs.

Ce contrôle millénaire qui nous a fait intégrer que les images de l’amour et du sexe seraient choquantes, impudiques, honteuses, sales et dégradantes, ce contrôle qui nous fait pratiquer l’autocensure. On peut montrer des corps mitraillés, éventrés, découpés, massacrés, torturés, suppliciés, hachés menu, mais hors de question de montrer des sexes en action ! Pour cela, il y a la pornographie ne rendant pas compte de la réalité. La pornographie joue avec les interdits dans le but de nous exciter, alors que la suggestion nous est imposée par les diktats de la « morale » politico-religieuse. Lorsque l’on est dans un lit avec une autre personne (et que l’on y est entre adultes désirant ardemment s’abandonner l’un à l’autre, se laisser emporter par les délices que seuls nous permettent l’amour et le sexe), on voit et on fait ces choses qui ne nous sont jamais montrées telles qu’elles sont, telles qu’elles se passent, avec leurs hésitations, leurs élans, leurs moments de grâce ou de doute.

 

 

 

© JeanLouis Tripp - Casterman

 

 

 

 

 

Parler et montrer les choses de la vie et de l’amour, c’est l’option prise par l’auteur.

Il fait une proposition : et si l’on essayait de parler du sexe comme d’une chose naturelle et normale ? Dire que nous avons chacun le droit de choisir ce que nous faisons avec nos corps, car nos corps nous appartiennent à nous et à nous seuls, et que tant que nous somme entre adultes désirants, personne ne devrait avoir à juger de ce qui se passe sous la couette des autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour terminer, je voudrais partager avec vous les quelques mots que j’ai envoyé à l’auteur lorsque j’ai terminé la lecture de l’ouvrage : « Terminer les 369 pages des montagnes russes et souhaiter avoir immédiatement accès à la suite du récit ! Aucunes échappatoires, ni de faux- semblant et encore moins de porte de derrière pour cette autobiographie traitant d'un sujet restant encore trop tabou dans notre société livrée à une pornographie totalement en dehors de la réalité des choses. Dans ce second tome, on parle d'amour, de sentiments et d'expériences vécues. Merci JeanLouis Tripp de nous ouvrir les portes de ton jardin secret ! »

 

Haubruge Alain

 

 

Série : Extases

 

Titre : T.2 Les montagnes russes

 

Genre : Autobiographie intimiste

 

Scénario : JeanLouis Tripp

 

Dessins : JeanLouis Tripp

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 369

 

Prix : 27,95 €

 

ISBN : 9782203162242



Publié le 29/02/2020.


Source : Bd-best


Lasha et Temi Kantare  … Sono un  Italianoooooo !  Un peu de tarte aux épinards T.2 Les épinards sont éternels.

 

 

 

Après avoir mis hors d’état de nuire une bande de trafiquants de drogue, Marie-Madeleine Madac-Miremont se voit recrutée par les services de renseignement français pour une opération délicate à Londres. Sans savoir parler un mot d’anglais, la fougueuse Française doit s’infiltrer dans un restaurant géorgien afin de surveiller un gang particulièrement dangereux. Elle sera aidée dans sa mission par un chauffeur de taxi belge azimuté et fan de Death Metal, et rejointe par sa fille Sarah qui devient l’objet d’un odieux chantage…

 

 

 

 

Prenez une personne lambda et faite en un agent secret ! C’est un peu ce qui se passe dans cette série qui en est à son deuxième tome. En effet, qui peut se douter que sous l’air de bonne mère de famille tenue par Marie-Madeleine se cache un redoutable agent secret des services de renseignement français ?

 

 

 

 

 

© Pelaez – Casado – Daniel - Casterman

 

 

 

 

 

Ce deuxième épisode s’ouvre à Londres où Marie-Madeleine est conviée à s’infiltrer chez des Géorgiens tenant un restaurant. Sa mission, surveiller ces personnes étant considérées par les autorités britanniques comme potentiellement dangereuses. Sous couvert de la cuisinière du restaurant, elle découvre un couple normal terrifié par des gangsters. Ces derniers exigent des restaurateurs le paiement d’une redevance mensuelle ! Par ailleurs, ils détiennent leur fille afin de faire pression sur ces pauvres gens.

 

 

 

 

 

© Pelaez – Casado – Daniel - Casterman

 

 

 

Pour ma part, j’apprécie beaucoup la première partie de l’album, mais ne trouve pas satisfaction dans le traitement de la seconde. J’aurais souhaité que l’on développe plus le coté mafieux des gangsters sans pour autant y intégrer la coupe du monde de rugby. Cette remarque ne gâche cependant pas le plaisir de la lecture durant laquelle les nombreux jeux de mots et situations cocasses se succèdent. 

 

 

 

 

 

© Pelaez – Casado – Daniel - Casterman

 


Dessins, textes et couleurs sont facilement abordables pour toutes et tous faisant le bonheur des lecteurs friands de calembours. En attente de la suite des aventures de Marie-Madeleine !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain

 

 

Série : Un peu de tartes aux épinards

 

Titre : T.2 Les épinards sont éternels

 

Genre : Aventure humoristique

 

Scénario : Philippe Pelaez

 

Dessins : Javer Casado

 

Couleurs : Florent Daniel

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782203172494

 



Publié le 28/02/2020.


Source : Bd-best


Quand le steampunk rencontre l’heroïc-fantasy.  Les artilleuses 1—Le vol de la Sigillaire

« - Je vous en prie, Bormange, faites comme chez vous.

- Vous auriez préféré que je vous attende sur le palier ?

- Mieux vaut que vous ne me demandiez pas ce que j’aurais préféré.

- Vous partez en voyage ?

- Demain. Une petite mise au vert nécessaire une fois notre affaire réglée.

- A ce propos, vous ne m’aviez pas dit que vous engageriez des artilleuses.

- Vous vouliez que le travail soit fait vite et bien, et tout s’est déroulé sans accrocs.

- Mais avec perte et fracas, Cristofaros.

- Il n’a jamais été question de discrétion. De quoi vous plaignez vous ? J’aurai la Sigillaire demain et je vous la remettrai dans l’heure. Tout ça sans vous salir les mains et au nez et à la barbe des allemands : réjouissez-vous !

- Je me réjouirai quand j’aurai la Sigillaire.

- Vous ne me faites pas confiance ?

- Bien sûr que non. »

 

 

 

 

 

 

                1911. La banque de Paris et Brocéliande a été cambriolée. Le butin : quelques francs bien sûr, mais surtout la Sigillaire, une bague apparemment fortement convoitée. C’était une opération de commande pour les trois voleuses de charme et de choc, surnommées Les artilleuses parce qu’elles parlent à l’unisson d’une même voix : celle de la poudre.

 

 

 

 

© Pevel, Willem, Wenish - Bamboo

 

 

                Lady Remington allie le so chic british avec une magie spectaculaire. Mam’zelle Gatling semble sortie d’ateliers mécaniques d’usines parisiennes. Petite, elle se faufile partout, prête à prendre tous les risques. Miss Winchester vient d’Outre-Atlantique. Elle manie le colt et la Winchester comme les meilleurs cow-boys du Far-West. Leurs compétences et leurs fréquentations les entraînent dans les plus mauvais coups de la capitale, et les font se frotter aussi bien aux forces de l’ordre qu’aux bandes rivales.

 

                Pierre Pevel développe le monde qu’il a créé en littérature dans son Paris des Merveilles. Les artilleuses n’est pas une adaptation de ses romans. C’est une autre histoire, avec de nouveaux personnages, dans le même univers.

L’écrivain livre un scénario à cent à l’heure, ultra-efficace, et qui ne donne qu’une seule envie : se plonger dans les livres de ce monde.

 

 

 

 

© Pevel, Willem, Wenish - Bamboo

 

 

Etienne Willem quitte le monde médiéval de L’épée d’Ardenois pour décrire un Paris début XXème, semi-fantastique, un poil mécanique, mais pour autant pas tout à fait steampunk. Son graphisme s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux jeunes ados. Cela fait des Artilleuses une série idéale pour passer d’un humour et d’une action hergéenne ou cauvinienne à des lectures plus « hollywoodiennes ». Alors entre Les Tuniques Bleues et XIII, dès 9/10 ans, le passage par une série comme celle-ci est un pont idéal, non pas pour changer de lectures, mais pour élargir le champ des possibles.

 

La couverture, type affiche de cinéma mêlée des affiches imprimées de la belle époque parisienne, met illico dans l’ambiance dynamique, dynamite et mystérieuse tout en présentant les personnages. Derrière un allumeur de réverbères au dragonneau, le lecteur est invité à visiter le Paris des Merveilles, tandis que sur la chaussée l’automobile des trois héroïnes passe en trombe.

 

 

 

 

© Pevel, Willem, Wenish - Bamboo

 

 

Avec Les artilleuses, Drakoo passe à la vitesse supérieure. Après avoir conquis le domaine de l’humour (ce qui ne semble plus trop une priorité chez Dupuis), Bamboo s’approprie avec savoir-faire un domaine jusque là chasse-gardée chez Soleil : la fantasy au sens très large du terme.

   

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les artilleuses

 

Tome : 1—Le vol de la Sigillaire

 

Genre : Aventure semi-fantastique

 

Scénario : Pierre Pevel

 

Dessins : Etienne Willem

 

Couleurs : Tanja Wenish 

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Drakoo

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782490735006

 



Publié le 28/02/2020.


Source : Bd-best


Les débuts du Christianisme.     Face à face T.2 Jésus - Pilate

 

 

 

Mon nom est Pontius Pilatus. Je fus envoyé par Tibère pour succéder à Valérius Gratus comme gouverneur de Judée la vingt-sixième année après sa naissance. J’ai ordonné l’exécution et le crucifiement de celui qu’on appelle Jésus.  Jésus de Nazareth … Et ce duel … Ce duel, je l’ai gagné, mais en vérité … Je crois que je l’ai déjà perdu.

 




 

 

Le second tome de la collection « Face à Face » aux Éditions Robinson nous entraîne au début de l’histoire du Christianisme. Le récit nous est conté par Pontius Pilatus (préfet romain de Judée) face à Jésus de Nazareth (roi des Juifs). Au lendemain de la crucifixion de ce dernier, Pilate détaille les événements qui l’ont amené à condamner un homme qui pour lui était innocent des charges dont on l’accablait.

 

 

 

 

 

 

© Arnaud Delalande – Denis Gombert – Manuel Garcia - Robinson

 

Envoyé en Judée par l’empereur Tibère, Pilate va devoir négocier sur plusieurs tableaux afin de tenter d’apaiser les peuples colonisés tout en imposant les lois Romaine. De plus, différents nouveaux prophètes souhaitant le renvoi de l’autorité romaine surgissent dans la région. C’est dans cette configuration qu’apparaît Jésus de Nazareth que l’on dit doté de pouvoir magique, bénéficiant d’une aura unique.

 

 

 

 

 

 

 

© Arnaud Delalande – Denis Gombert – Manuel Garcia - Robinson

 

 

Scénarisé par Arnaud Delalande (directeur de collection) en collaboration avec Denis Gombert, nos compères nous font (re)découvrir, suivant les états d’âmes de Pilate, un récit parfaitement documenté bien qu’il soit connu d’une grande partie d’entre nous. Les représentations, confiées à Manuel Garcia, sont pour moi froides et pas assez détaillées. Pour ma part, j’aurais préféré le style utilisé par Fabrice Le Hénanff à qui on a confié l’illustration de la couverture de l’album. Mes considérations n’enlevent en rien le travail effectué par Manuel Garcia.

 

 

 

 

 

© Arnaud Delalande – Denis Gombert – Fabrice Le Hénanff - Robinson

 

 

On y retrouve notamment les illustrations suivantes :
- La mort de Jean-Baptiste (à la demande de Salomé). 
- La dernière scène. 
- La trahison de Judas.
- Le reniement de Pierre (au chant du coq, tu m’auras renié trois fois !).
- Le lavement des mains de Pilate.
- La crucifixion de Jésus
- La découverte du tombeau vide par Marie-Madeleine.

Alors qu’il pensait sortir gagnant de ce duel, Pilate va très vite comprendre ses erreurs. On est aussi en droit de se poser la question suivante : 


- Que serait-il advenu si Pilate avait fait libérer Jésus ?
Mais, un tel cas de figure fait place à une uchronie. 
En résumé, un album consacré à la confrontation entre deux hommes qui changea à jamais le cours de l’humanité.

 

 

 

 

 

 

 

Alain Haubruge

 

Série : Face à face

 

Titre : T.2 Jésus - Pilate

 

Genre : Historique

 

Scénario : Arnaud Delalande – Denis Gombert

 

Dessins & couleurs : Manuel Garcia

 

Éditeur : Robinson

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 13,95 €

 

ISBN : 2012905625

 




Publié le 25/02/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4272 -  26 février 2020

 

 

Spirou camarade, partout, toujours

 

 

 

 

 

 

 

            La rédaction de Spirou a été contaminée par un champignon qui rend communiste. L’alerte est donnée par Jean-Christophe Delpierre, rédacteur en chef de Fluide Glacial. Il prévient aussitôt Romain Dutreix qui, pauvre de lui, va se retrouver au Goulag.

 

            Après le spécial animation de la semaine dernière, sans reprendre sa respiration, un autre numéro hors du commun suit directement. Sous une sublime couverture de Fabrice Tarrin, Spirou se transforme en Pravda Junior le temps d’une semaine. De Nelson aux Femmes en blanc, de Capitaine Anchois à Harry, personne n’échappe à la rouge contamination.

 

            Heureusement, le supplément permettra aux abonnés de se rendre dans le bloc de l’Est sans problème grâce à la carte de membre du parti unique.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Seuls : Les révoltés de Néosalem

Sœurs Grémillet (Les) : Le rêve de Sarah

Spirou chez les Soviets

 

 

Récits complets : Spécial Pravda Junior

 

Capitaine Anchois

Guide sublime (Erre)

Spirou contre Spirov (Sti)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) : Spécial Pravda Junior

 

Coco en stock (Dab’s)

Hauts de pages (Neidhardt)

Johan De Moor (La pause-cartoon)

Jour où j’ai failli devenir un artiste du peuple (Le) (Dutreix)

Nelson (La pause-cartoon)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Femmes en blanc (les)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Harry

Minions (Les)

Nelson

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Willy Woob

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Ptiluc

En direct du goulag : Dutreix

Interview : Neidhardt & Tarrin

Jeux : Longue vie au petit frère du peuple (Joan)

Leçon de BD (La) : Jouvray

Spirou et moi : Seronov

 

 

Supplément abonnés :

Carte de membre du parti unique

 

 

En kiosques et librairies le 26 Février 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 23/02/2020.


Source : Bd-best


Séance de rattrapage. Schizophrènie d’un héros créateur.  Le roi des bourdons

« - Un essaim de bourdons ?

- Exact.

- J’ai bien entendu ? Vous parlez ?

- Ben oui.

- La parole n’est pas l’exclusivité des chat.

- Chut ! Tais-toi, Jacques.

- Nous venons te témoigner notre gratitude pour avoir sauvé notre frère de la noyade, tout à l’heure.

- Hein ? Ah oui ! Dans le seau ? Bah… Ça n’a pas été bien difficile.

- Peut-être… Mais ce genre de geste est rare chez les gens. Il montre que ton esprit est pur.

- Ha ! Ha ! Vous rigolez ? Ça montre surtout que je suis un benêt.

- Non, non, vraiment. En retour, nous tenons à te faire don d’un pouvoir hors du commun.

- Qu’est-ce que vous faites ?

- Mes frères se collent sur toi pour former une combinaison spéciale qui va te permettre de… voler ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Zola Vernor est manutentionnaire chez Chatterbooks, un gros éditeur qui a mangé plein de petits. Il rêve de devenir auteur de bandes dessinées mais ses projets sont refusés les uns après les autres. Un beau jour, innocemment, il sauve un bourdon de la noyade. Pour le remercier, sa communauté forme autour de Zola un costume faisant de lui un super-héros et lui permettant de voler. Zola va devenir un observateur de la ville. Entre Superclébard, alter ego canin, idole des foules, et un magnat de la presse cupide et adipeux au propre comme au figuré, Zola suivra sa quête initiatique afin de peut-être devenir quelqu’un. Mais peut-on devenir quelqu’un quand on est encombré de problèmes existentiels ?

 

 

 

 

© De Thuin - Glénat

 

 

                David De Thuin, auteur aussi discret que talentueux, signe un album profond à l’apparence légère. Réflexion fine sur le métier de dessinateur de petits mickeys, Dethuin utilise le personnage de Zola comme une synthèse de tous ces artistes qui peinent à sortir de l’ombre, entre les affres de la création et un milieu éditorial impitoyable.

 

 

 

 

 

© De Thuin - Glénat

 

 

                De Thuin a une biographie disséminée mais conséquente. Arthur Minus, Zizi la chipie, Zélie et compagnie, Les zorilles, Le bois des mystères, Coup de foudre sont l’essentiel de ses séries jeunesse, avec des collaborateurs exceptionnels : Cauvin, Corbeyran, Corcal,… De Thuin a signé de nombreux mini-récits animaliers dans Spirou, ainsi que des récits courts d’un enfant et de son père qui lui raconte des histoires, hommage à tous les papas pour qui raconter des histoires est aussi important que d’avoir quelqu’un pour les écouter. Il tâte également de l’auto-édition, domaine dans lequel est paru en six épisodes Le roi des bourdons, avant que cette sorte de mise en abîme ne rejoigne la collection 1000 feuilles chez Glénat dans laquelle il avait déjà publié La proie, exercice de style sur 1000 pages et 10000 cases, ainsi que le thriller Le corps à l’ombre. Pour l’occasion, De Thuin a réécrit et redessiné son histoire.

 

 

 

 

© De Thuin - Glénat

 

 

                Avec ce Roi des bourdons, nommé parmi les indispensables de l’année au dernier festival d’Angoulême, De Thuin est enfin mis en lumière. Ses personnages animaliers sont les plus percutants de la BD depuis Macherot. Introspection, récit schizophrénique et passionnant, il élève son auteur au rang d’un Lewis Trondheim sous ses meilleurs jours. Une collaboration entre eux deux serait des plus judicieuses.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Le roi des bourdons 

 

Genre : Aventure introspective 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : David De Thuin 

 

Éditeur : Glénat

 

Collection : 1001 feuilles

 

Nombre de pages : 120

 

Prix :  19 €

 

ISBN : 9782344028933

 



Publié le 22/02/2020.


Source : Bd-best


Sans filtre, sans les freins, mais aussi...  Cédric 33 – Sans les mains

« - Eh, Cédric ! Nicolas apprend à Chen à rouler à vélo !

- Quoi !? Mais c’est pas vrai !

- Si ! Bah, dès qu’elle saura bien rouler, rien ne t’empêchera d’aller faire une petite balade avec elle.

- J’ai pas de vélo !

- Ah, oui ! J’oubliais ! T’en as d’ailleurs jamais eu. Le seul sur lequel tu as roulé, c’était le mien… Et je me souviens même que ça avait viré à la catastrophe ! Résultat, depuis, je n’ai plus de vélo non plus.

- Autrement dit, c’est fichu et bien fichu.

- Pas dit ! Félix ! Il en a un ! On pourrait toujours lui demander.

- Tu crois qu’il accepterait ? »

 

 

 

 

 


 

 

Mais qu’a-t-il donc pris à Christian d’aller prévenir Cédric que Nicolas apprenait à faire du vélo à Chen ? Il n’en fallait pas plus pour énerver notre petit blondinet préféré. Evidemment, son pote Félix va lui prêter un vélo pour qu’il s’y mette aussi. Mais avec Cédric, maladroit et tête brûlé, tout ne se passe jamais comme prévu. Mais ça, ce n’est que la première histoire de cette nouvelle fournée d’aventures du quotidien de Cédric.

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

Cédric est un des derniers dinosaures encore en activité du catalogue Dupuis. Qu’il est bon de retrouver chaque année cette madeleine. Pour sa trente-troisième fournée de gags et histoires courtes, on le retrouve fidèle à lui-même dans son univers tendre et attachant comme seul Roba, avant Laudec et Cauvin, avait su le faire.

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

Laudec s’amuse comme un petit fou. Dès qu’il peut faire des compositions qui sortent de l’ordinaire comme la planche où Pépé est promené par Caligula, on voit toutes les capacités qu’il a sous le coude. Un seul petit bémol : il y a trop de cases sans décor, ce qui laisse apparaître une certaine froideur informatique, le dessinateur ayant délaissé il y a quelques années déjà l’encre et le papier pour l’écran et la souris.

 

 

 

 

© Laudec, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

Entre les histoires de Cédric et ses camarades de son âge, les récits avec Pépé constituent l’âme de la série en général et de cet album en particulier. Tendres, émouvants, drôles, ces duos entre le garçon et son grand-père sont de belles leçons de vie. On y sent que Raoul Cauvin y met de plus en plus de lui-même. Il veille sur l’un de ses derniers bébés comme Pépé veille sur Cédric. As du dialogue, le scénariste fait de sa série un petit monde théâtral qui pourrait très bien être adaptée en série live du type Scènes de ménage.

 

N’oublions pas que Cédric est l’une des série de bandes dessinées qui a été le mieux adaptée en dessin animé, fidèle et de qualité, bien loin des retranscriptions ratées du Petit Spirou ou du récent Boule et Bill. On peut voir vingt-six épisodes de la première saison de Cédric sur Netflix.

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Cédric

 

Tome : 33 – Sans les mains 

 

Genre : Humour familial 

 

Scénario : Cauvin 

 

Dessins : Laudec 

 

Couleurs : Leonardo  

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9791034737024

 



Publié le 22/02/2020.


Source : Bd-best


Rencontrer avec les yeux de l’innocence… et vaciller… toujours...  La force des femmes

« - Alors il nous reste les centres culturels de Guinée Conakry…

Je suis parti pour l’Afrique à la rencontre de ma vie. J’avais 24 ans. ?pus avions encore l’obligation d’effectuer notre service militaire, nous, les garçons, à cette époque-là, et l’idée de travailler dans la culture à l’étranger plutôt que de porter Rangers et costume kaki était pour moi une véritable aubaine !

- Djibouti, Madagascar ou Baden-Baden en Allemagne.

- Djibouti, c’est formidable ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Alors qu’une tempête obscurcit le ciel et qu’une autre déchire son cœur, Joël Alessandra revient sur ses années africaines et ses dizaines de carnets de croquis. L’auteur recueille et raconte six témoignages issus de ses rencontres sur ce continent.

 

 

 

 

© Alessandra - Des ronds dans l’O

 

 

                A Djibouti, c’est pour Joël le choc d’une réalité, non pas celle de jeunes femmes désirant rencontrer l’amour auprès d’européens pouvant les sortir de leur paradoxale grisaille ensoleillée, mais celle de cette mutilation organisée qu’est l’excision.

                En République Démocratique du Congo, Joël interviewe « l’homme qui répare les femmes », le Docteur Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 qui appelle le monde à être témoin des crimes de guerre dans son pays.

                En Centrafrique, à l’école, on respecte les consignes, sinon gare au professeur ! L’enseignant n’hésite pas à malmener celle qui écrit alors qu’on lui avait demandé de dessiner. Si elle n’écoute pas, que fera-t-elle face à son futur mari ? Joël en reste interloqué. Le texte poignant rédigé par la jeune fille en dit long sur la dure réalité qui leur est infligée.

 

 

 

© Alessandra - Des ronds dans l’O

 

 

                En Algérie, une leçon de dessin prend une dimension particulière lorsqu’une femme ose s’y inscrire, mais ira-t-elle jusqu’au bout du regard des hommes ?

                Dans le Désert de l’Ennedi, une femme et un enfant sous un 4x4 en panne va mettre le voyageur face à une impasse. Il verra là les limites de ses possibilités pour aider les gens.

                Enfin, au Cameroun, sur le fleuve, c’est le chemin jadis emprunté par André Gide que suit Joël.

 

 

 

 

© Alessandra - Des ronds dans l’O

 

 

                Outre l’évident intérêt testimonial de cet album, Alessandra fournit de superbes images, aquarelles et croquis figeant le temps, le temps d’une rencontre, le temps d’un instant.

 

                La force des femmes est un album à lire en écoutant du Daniel Balavoine, lui qui savait si bien chanter leur puissance.

 

                Le déclencheur du parcours africain de Joël Alessandra a été une photo d’une jeune éthiopienne prise par Raymond Depardon. Si Depardon est un grand témoin de son temps par le biais de la photographie, Alessandra en prend le chemin par le biais de la bande dessinée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : La force des femmes 

 

Genre : Rencontres africaines 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Joël Alessandra 

 

Éditeur : Des ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 124

 

Prix :  22 €

 

ISBN : 9782374180793

 



Publié le 20/02/2020.


Source : Bd-best


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