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Atom Agency 1 – Les bijoux de la Begum.

 

            « - Edition spéciale ! Hold-up sensationnel ! On a volé les bijoux de la Bégum ! Un butin de plus de deux cents millions de francs ! Tous les détails dans France-Soir !

-          La Bégum ? C’est quoi, ça, la Bégum ? Une star d’Hollywood ?

-          Mais voyons, Sandouie, la Bégum, c’est l’épouse de l’Aga Khan !

-          L’Aga Khan ? C’est un pur-sang ?

-          Bon sang ! Qu’t’es cruche ! L’Aga Khan, c’est l’homme le plus riche du monde ! »

 

 

 

 

 

 

Enquêtes, filatures, discrétion assurée ! Quand la Bégum tombe dans une embuscade et se fait dérober ses bijoux, Atom Vercorian est l’homme de la situation. Lorsqu’il l’apprend, le fils du commissaire du même nom file au 36 pour se rencarder sur l’affaire. C’est l’occasion rêvée pour lancer son agence de détectives : l’Atom Agency, l’agence qui tord le cou au crime !

 

 

 

 

 

© Schwartz, Yann, Hubert - Dupuis

 

 

Yann et Schwartz entament le troisième acte de leur collaboration. Après Spirou, après l’excellent mais malheureusement avorté pour raison « juridique » Gringos Locos, les voilà aux commandes d’une série aux allures d’hier et qui deviendra un classique de demain.

 

Yann créé un héros comme on adorait les aimer. Un enquêteur droit dans ses bottes, déterminé et sûr de lui, flanqué de deux acolytes pouvant se permettre ce qu’il ne peut pas se permettre pour un héros. Ainsi, Mimi, caution féminine qui n’a pas froid aux yeux, et Jojo la toupie, catcheur retraité, vont accompagner Atom dans ses enquêtes.

 

 

 

 

 

 

© Schwartz, Yann, Hubert - Dupuis

 

 

 

Olivier Schwartz est le dessinateur dont on aime lire et relire encore et encore les albums. A chaque lecture, de nouveaux détails surgissent, de nouveaux clins d’oeil apparaissent. Les rues foisonnent, les rings résonnent. Au détour de cases, des figurants ne sont autres que des célébrités, comme Léon Zitrone commentant un match de catch.

 

 

 

 

 

© Schwartz, Yann, Hubert - Dupuis

 

 

 

Avant d’être un polar, avant d’être une BD, avant d’être un album, Atom Agency est un des plus beaux hommages à Maurice Tillieux et à son héros Gil Jourdan. Mais, pour autant, pas question pour les auteurs de verser dans la nostalgie et les regrets. Atom Agency en reprend les codes, l’ambiance, les tons, la verve, mais a pour originalité de traiter en toile de fond de l’intégration du peuple arménien dans la France de l’après-guerre.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Atom Agency.

 

Tome : 1 – Les bijoux de la Bégum.

 

Genre : Polar Tillieuesque.

 

Scénario : Yann.

 

Dessins : Schwartz.

 

Couleurs : Hubert.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9782800173948

 



Publié le 16/10/2018.


Source : Bd-best


Ambiance électrique dans la nuit américaine.  Les trois fantômes de Tesla 2 – La conjuration des humains véritables.

 

 

            « - Vous n’auriez rien remarqué d’étrange autour de cet appartement depuis que vous êtes installés ?

-          Non, mais mon dieu, que lui est-il arrivé à ce pauvre homme…

-          Apparemment un arrêt cardiaque, mais c’était un savant important, dont les recherches auraient pu jouer un grand rôle dans la guerre en Europe et dans le Pacifique… (…) Bien sûr, si tu remarques quoi que ce soit d’anormal, tu me tiens au courant, Travis ! Voilà l’occasion rêvée de montrer tes dispositions d’agent spécial, pas vrai ? »

 

 

 

 

 

 

 

New York 1942. L’esprit de Nikola Tesla peut compter sur le jeune Travis. Le gamin ne dira rien. Mais un ennemi bien plus redoutable que le FBI est à craindre : Edison. On peut être mort et être dangereux. C’est ce qu’apprend Travis en servant d’intermédiaire physique à Tesla. Le savant va l’entraîner dans ses laboratoires secrets pour vérifier que ses recherches sont en sécurité, puis organiser l’exfiltration de ses découvertes.

Edison, mort depuis dix ans, a réussi à ralentir le processus de putréfaction de son corps pour conserver une gangue à son esprit. Mais après avoir perdu la guerre électrique qui l’opposait à Tesla, il doit mettre la main sur les équations de ce dernier pour ne pas être vaincu une seconde fois.

 

 

 

 

© Guilhem, Marazano - Le Lombard

 

 

 

            Le scénario de Richard Marazano entraîne le lecteur dans un débat sur la vie après la mort. Et si l’esprit était plus fort. Pourquoi seulement ce qui bouge ou se reproduit serait en vie ?

            Et lorsque dans les îles Salomon, aux confins du Pacifique, des soldats américains oubliés trouvent un monstre métallique tombé du ciel qui va se remettre en marche, l’hommage à La guerre des mondes est avéré.

 

 

 

© Guilhem, Marazano - Le Lombard

 

            Guilhem Bec a un trait proche du graphisme des romans illustrés. La mise en couleurs prise en charge par le scénariste apporte une cohérence et accentue le caractère sérieux, inquiétant et ectoplasmique de la série. La symbiose atteint son paroxysme dans des décors new-yorkais nocturnes somptueux, en particulier aux alentours du Manhattan Bridge.

 

 

 

 

© Guilhem, Marazano - Le Lombard

 

 

            Les trois fantômes de Tesla est une série annoncée en triptyque, intelligente, classieuse et jacobsienne. Mais deux ans d’attente entre les deux premiers albums est un délai obsolète préjudiciable au succès qu’elle mériterait d’avoir.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les trois fantômes de Tesla.

 

Tome : 2 – La conjuration des humains véritables.

 

Genre : Humour ingénieux.

 

Scénario & Couleurs : Marazano.

 

Dessins : Guilhem.

 

Éditeur : Le Lombard.

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 13,99 €

 

ISBN : 9782803636631

 

 



Publié le 12/10/2018.


Source : Bd-best


Attention Mesdames et Messieurs, dans un instant, ça va commencer.  Le petit théâtre de Spirou

 

 

« - Bonjour les A.D.S. ! Bonjour les spiroutistes ! Bonjour tous mes amis ! Bonjour ! Oui, c’est moi, c’est bien moi… Je suis vraiment très heureux de vous voir, depuis le temps que je voulais vous rencontrer. Et vous ? Le fureteur m’a dit que vous m’aimiez bien. Est-ce vrai ? Êtes-vous contents de voir votre ami Spirou ? Répondez : êtes-vous contents ? »

 

 

 

 

 

 

Oyez, oyez ! Spirou vous parle. Un personnage de bande dessinée s’adresse à ses lecteurs ? Etonnant, non ? C’est tout simplement parce que ce Spirou-là est une marionnette du théâtre du Farfadet.

Décembre 1942, André Moons et Jean Doisy créent une troupe de marionnettes à fils. Le journal de Spirou est sous la menace de la censure nazie. Ce petit théâtre va être une alternative pour permettre au groom de s’exprimer et même pour servir de couverture à un réseau de résistants.

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

C’est à cette occasion que fut créé Fantasio, dans une version beaucoup plus extravagante que la définitive que l’on connaît tous, pour donner une incarnation aux différentes rubriques.

 

Al Severin s’empare des textes originaux des spectacles des marionnettes pour en tirer une bande dessinée fidèle, délicieusement old school et témoignage d’une époque. Il met en scène les marionnettes, qui rapidement s’affranchissent de leurs fils, pour devenir les acteurs de la comédie écrite pour eux.

 

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

Spirou, Spip et Fantasio sont transformés en organisateurs de la tournée du Farfadet, promouvant le spectacle dans les rues et invitant les enfants à venir y assister. Les Tif et Tondu de Dineur jouent les rôles de machinistes.

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

Le spectacle commence par l’histoire Spirou et la momie dans laquelle Spirou, au service d’un antiquaire, commet une gaffe avec une momie qu’il a voulu épousseter. Suivent des monologues de Fantasio, puis une présentation de Tif et Tondu. (Tiens, leurs noms sont inversés.) Le rideau se referme devant les yeux émerveillés d’une foule d’enfants et d’adultes parmi lesquels on reconnaîtra Jean Valhardi, les Pieds Nickelés, Laurel et Hardy, ou autres vedettes de l’époque à la Fripounet et Marisette. Les bombardiers lézardant le ciel ramènent alors à une dure réalité.

 

 

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

 

Dans une deuxième partie, le Farfadet présente son programme dans lequel on peut lire la chanson Vive Spirou ! sur des paroles de Jean Doisy, ainsi que, du même auteur, la pièce en trois actes Spirou et les fantômes.

 

            Escroc ou artiste ? Falsificateur ou admirateur ? Al Severin s’amuse à brouiller les pistes en présentant un livre qu’on pourrait prendre pour une réédition d’ouvrage d’époque. Il signe une petite merveille, à ranger aux côtés de ses deux ouvrages précédents Spirou sous le manteau et A tous les coups, c’est Spirou !, et entre les albums de Rob-Vel et ceux de Jijé.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Le petit théâtre de Spirou.

 

Genre : Aventure théâtrale.

 

Textes : Doisy & Moons.

 

Dessins & Couleurs : Al Severin.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 24,95 €

 

ISBN : 9782800160986

 



Publié le 11/10/2018.


Source : Bd-best


Une entrée dans l’âge de raison.  Ernest et Rebecca 8 – Un jour pas comme les autres.

 

 

            « - Je m’appelle Rebecca. J’ai sept ans… ça y est… Je suis une grande ! Et à la fin de cette journée, je le serai encore plus… J’aurai sept ans et un jour, ah, ah, ah ! »

 

 

 

 

 

 

Rebecca a sept ans. Désormais, elle veut se débrouiller toute seule. Maman peut rester tranquille au lit. Mais la réalité va rapidement la rattraper. Ernest est là pour lui faire garder les pieds sur terre. Si certains ne le savent pas encore, Ernest est un microbe. Rebecca l’a attrapé un jour de pluie à la chasse à la grenouille. C’est son meilleur copain et ils ne se quittent pas.

 

 

 

 

 

© Bianco, Dalena - Le Lombard

 

 

            En ce jour pas comme les autres, les deux compères vont trouver un chaton abandonné sur le chemin de l’école. Il appartient au tonton de Clarisse. La jeune fille est en plein désarroi affectif. Rebecca décide d’aller lui chercher un porte-bonheur de la chance. C’est la mission qu’elle se donne et dans laquelle elle va entraîner son ami Ernest. Mais tout ne pas se passer comme prévu…

 

            Guillaume écrit une histoire dans la plus pure tradition de la bande-dessinée franco-belge. Des personnages attachants, de la poésie, de la fantaisie, une pincée de suspens et une bonne dose de sentiments, et même juste ce qu’il faut de modernité et de questions de société modernes : voici la recette adoptée et approuvée.

 

 

 

 

© Bianco, Dalena - Le Lombard

 

 

 

 

            Antonello Dalena fait des merveilles pour créer un classique de demain. Son graphisme a la particularité d’exagérer les proportions, en particulier pour différencier les adultes des enfants. Les décors sont rares et simplifiés pour laisser toute la place aux acteurs du récit, souvent embarqués dans des joutes verbales, et dont les expressions accentuées en font des comédiens de premier plan.

 

            Ernest et Rebecca est une série merveilleuse. Elle fait regretter que le Lombard, depuis l’arrêt de Hello Bédé, n’ait plus d’organe de presse comme Spirou chez Dupuis. Quelques épisodes ont été prépubliés dans le magazine de Marcinelle, mais la rédaction a décidé d’arrêter d’intégrer des séries autres que celles de chez Dupuis par manque de place dans leur hebdomadaire.

 

 

 

 

 

© Bianco, Dalena - Le Lombard

 

 

Cet épisode est la première partie d’un récit qui laisse l’un des héros en bien mauvaise posture. Vivement le tome 9 : Opération E.R.N.E.S.T. Ernest et Rebecca est la série qui donne envie d’avoir un gros rhume.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ernest et Rebecca.

 

Tome : 8 – Un jour pas comme les autres.

 

Genre : Humour microbien.

 

Scénario : Bianco.

 

Dessins & Couleurs : Dalena.

 

Éditeur : Le Lombard.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 10,95 €.

 

ISBN : 9782803670284

 



Publié le 11/10/2018.


Source : Bd-best


Une grande aventure sur fond de vérité historique : l’histoire de l’expédition Lapérouse. Vanikoro.

 

Le 1er août 1785, deux frégates de la Marine Royale, la Boussole et l'Astrolabe, quittent le port de Brest. À leurs bords, deux cent vingt marins, matelots, officiers et scientifiques prêts pour un long voyage autour du globe qui doit durer quatre ans. À leur tête, le capitaine de vaisseau Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse, sait combien cette expédition en ce siècle des Lumières est le rêve de son roi.

 

 

 

 

 

Les escales se succèdent tandis que les cales s'emplissent de plantes, fleurs, insectes, étoffes, épices et de tant d'autres trésors inestimables. Au mois de mars 1788, les deux frégates appareillent de Botany Bay sur la côte Est australienne et font voile vers l'archipel des îles Salomon. Dans quelques mois, ils seront à l'île de France (actuelle Saint Martin).

 

 

 

© Patrick Prugne – Editions Maghen

 

 

 

 

L'histoire débute en ce mois de juin 1788, tandis qu'une terrible tempête menace de faire échouer les deux vaisseaux sur les récifs coraliens d'une île inconnue : Vanikoro … Que sont devenus les rescapés des deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe ?

 

 

 

 

© Patrick Prugne – Editions Maghen

 

 

 

Deux années se sont écoulées depuis la publication d’ « Iroquois » signé par Patrick Prugne. Ce dernier revient à l’avant-plan de l’actualité avec la sortie de « Vanikoro » prévue ce 18 octobre 2018. Dans cet album, il raconte l’histoire de l’expédition « Lapérouse », son imagination tentant de combler les blancs existant dans l’aventure de ces marins après le naufrage de leurs deux navires sur les côtes de l’île de Vanikoro. Sur fond de vérité historique, aidé d’une solide documentation, l’auteur nous entraine à la découverte des grands espaces sauvages.

 

 

 

 

© Patrick Prugne – Editions Maghen

 

 

 

 

 

Commandée par Jean-François de La Pérouse, l’expédition portant son nom a sillonné les mers du globe. Composés des navires La Boussole et L’Astrolabe, ceux-ci s’échouèrent en 1788 mettant terme à l’expédition débutée en 1785 sous l’influence de Louis XVI (roi de France). Des naufragés s’installèrent sur l’île avant de disparaître. C’est sous cette perspective que l’auteur nous propose sa propre vision de l’aventure humaine combinée au choc des civilisations vécue par les rescapés de cette expédition. 

 

 

 

 

© Patrick Prugne – Editions Maghen

 

 

 

 

Fidèle à son habitude, Patrick Prugne nous offre des aquarelles ponctuées d’une palette de couleur extraordinaire, illustrant ce livre de manière magistrale. À signaler la présence, en fin d’ouvrage, d’un dossier richement illustré par l’auteur.

 

 


 

 

Haubruge Alain. 


 

Titre : Vanikoro. 

 

Editeur : Daniel Maghen.

 

Collection : Bande dessinée. 

 

Genre : Aventure historique. 

 

Scenariste : Patrick Prugne. 

 

Dessinateur : Patrick Prugne. 

 

Nb de pages : 104. 

 

Prix : 19,50 €. 

 

ISBN : 9782356740571 



Publié le 10/10/2018.


Source : Bd-best


Aux frontières des drames du monde, une contemplation.  Prendre refuge.

« - Une bratwurst qui marche ! Une ! Avec un petit pain ? Moutarde ?

-          Ecrasante ?

-          Je… Je ne suis pas sûr de comprendre.

-          Jaune et puissante.

-          Ha ha ha ! La moutarde ! Jaune, oui. Pas trop forte, non. On dit forte… Vous êtes syrienne ?

-          Oui, de Syrie.

-          Ah ! Bienvenue à Berlin ! »

 

 

 

 

 

 

Futile… La scène est futile. 2016, au cœur de l’Allemagne, une jeune femme achète un sandwich dans la rue. C’est ainsi que Neyla rencontre Karsten. Vivre en allemand, c’est bien, mais parler la joliment complexe langue allemande, c’est mieux. Alep devenu gris, au centre au gris de cendres, il a fallu quitter le pays pour voir de nouveau les étoiles briller. Le vendeur de rue va prendre sous son aile l’enseignante réfugiée. Sous l’œil ironique de son amie Elke, Karsten prône la tolérance et l’accueil.

Leur histoire est entrecoupée de celle d’Anne-Marie Schwarzenbach qui, en 1939 en Afghanistan, vit une histoire d’amour avec Ella Maillart. L’écrivaine a un peu voyagé, entre Pékin et le Cachemire. Sous l’œil de bouddhas de pierres, dans une pureté innocente, les deux femmes apprennent que le monde est en train de prendre feu.

 

 

 

 

© Enard, Abichared - Casterman

 

 

 

            Mathias Enard, prix Goncourt en 2015 avec le roman Boussole, signe un premier scénario de BD dans le style qui lui est propre : érudit et esthétique, sensible et amenant à la réflexion. Le scénariste navigue entre les deux périodes de son histoire, dont le point commun principal est la rencontre d’un amour dans une époque destructrice. Il montre que le monde ne pourra être sauvé que grâce à l’altruisme, la passion et la solidarité.

 

Cet album est à mettre en écho avec Zenobia, de Morten Dûrr et Lars Horneman, paru chez Marabulles en début d’année, racontant la fuite de Syrie d’Amina, 10 ans, sur un boat people.

 

 

 

 

 

© Enard, Abichared - Casterman

 

Zeina Abirached n’est pas une dessinatrice, c’est une poète du graphisme. Son pinceau danse des arabesques dans des planches géométriques. Des ciels étoilés aux plans de rues, de tables garnies aux cartes du monde, d’un orage déchirant le ciel aux flammes encerclant un scorpion, Abirached redéfinit des codes. Evidemment, on ne peut s’empêcher de penser au trait de Marjane Satrapi. L’auteur de Persépolis a fait école. Mais la dessinatrice, au service de son scénariste, pousse la métaphore entre le texte et le graphisme encore plus loin. Lorsque des éclairs se transforment en larmes, ils sont les barreaux d’une prison. Lorsqu’un phare de bicyclette éclaire la lune, E.T. voudrait rentrer chez lui.

 

 

 

 

 

© Enard, Abichared - Casterman

 

 

 

            Prendre refuge est une histoire d’amour au sens noble du terme : amour de l’autre, amour du monde, amour de la paix. « L’amour mon amour est un beau poème bordé sur la lune. »

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Prendre refuge.

 

Genre : Drame.

 

Scénario : Enard.

 

Dessins : Abirached.

 

Éditeur : Casterman.

 

Nombre de pages : 344.

 

Prix : 24 €.

 

ISBN : 9782203148611

 

 



Publié le 09/10/2018.


Source : Bd-best


Chacun cherche son maître.  Zorglub 2 – L’apprenti méchant.

« - Au début, j’ai tenté de les commercialiser pour les anniversaires et les fêtes, mais le concept n’a pas pris, j’ignore pourquoi.

-          Eh bien, à nous, cela nous convient parfaitement pour intimider les utsites !

-          Allez-y, ouvrez les zorgprises, il y en a pour tous les goûts !

-          Oh ! Un lanceur d’obus !

-          Un chasseur F-18 !

-          Et ça, qu’est-ce que c’est ? Une autre de vos petites surprises ?

-          Quelque chose qui n’a rien à voir avec Zorglub ! »

 

 

 

 

 

 

 

            Alors que, en plein désert, Zorglub présente à un client tout un arsenal d’engins militaires gonflables, le ciel bleu azur est déchiré par un ersatz de zorglumobile conduite par un gosse. Zédrik, dix ans, petit génie, veut être le maître du monde. Mais le poste est occupé par Zorglub, dont le rejeton est le plus grand fan. Le petit Zédrik, au look de premier de la classe, souhaite devenir le stagiaire du grand escogriffe.

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

 

 

            Avec Zorglub, Munuera a trouvé le jouet qu’il lui fallait. Dépossédé des aventures de Spirou qu’il menait avec Jean-David Morvan, le dessinateur espagnol a trouvé chaussure à son pied. Sur le modèle des Campbell, série dans laquelle il raconte, sur fond prétexte de piraterie, une douce et sensible histoire d’amour et de famille, il fait de l’univers de Zorglub un écho à des préoccupations sentimentales.

 

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

            Ainsi, l’histoire prévue d’initiation machiavélique se transforme en quête d’amour, avec les premières préoccupations d’un enfant qui, aux portes de l’adolescence, se trouve chamboulé par les flèches de Cupidon et les troubles qu’elles peuvent engendrer.

            Comme dans le premier épisode, Zandra joue un rôle prépondérant. Elle se retrouve responsable, mais pas coupable, de tourments divers et variés : ceux de Zédrik, qui l’aime en secret, mais aussi ceux d’André (hommage à Franquin) dont elle est amoureuse, et ceux de Shine, son amie qui voudrait être plus que ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

            Seul aux commandes, l’auteur s’offre des scènes sur mesure où il laisse éclater l’envolée de son trait. La scène des engins gonflables est gonflée, celle de la visite de l’antre du Z est étourdissante.

 

            Avec la série Zorglub, Munuera remet les pendules à l’heure et intègre définitivement une place méritée dans l’univers de Spirou.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Zorglub.

 

Tome : 2 – L’apprenti méchant.

 

Genre : Aventure.

 

Scénario & Dessins : Munuera.

 

Couleurs : Sedyas.

 

Traduction : Ruiz.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 60.

 

Prix : 10,95 €.

 

ISBN : 9782800174211

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 



Publié le 09/10/2018.


Source : Bd-best


Un numéro humaniste, un numéro historique.  Spirou n°4200

 

 

            «  - Fantasio, c’est l’anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme : 70 ans déjà !

-          Hm… C’est vieux comme la guerre, ce truc…

-          « Ce truc », comme tu dis, a justement été créé après la catastrophe de la seconde guerre mondiale et ses 60 millions de morts ! Pour que ça ne se reproduise plus jamais ! »

 

 

 

 

 

 

 

Spirou est bien lucide. Si l’ONU n’avait pas été créé au lendemain de 39-45, le monde n’aurait pas la même face, et la déclaration universelle des droits de l’homme n’aurait peut-être pas été rédigée et adoptée le 10 décembre 1948. Fantasio reste cynique. Il sait bien qu’elle n’est pas appliquée à la lettre dans tous les endroits du monde. Mais elle a le mérite d’exister et doit être appliquée sous l’œil vigilant des nations unies et de leur force armée les casques bleus.

 

 

 

 

 

 Cavaliers de l’apocadispe : © Libon - Dupuis

 

 

 

Dans ce numéro historique du journal de Spirou, chacun des trente articles de la déclaration universelle des droits de l’homme, à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, est traduit en bande dessinée par des auteurs phares de l’hebdomadaire de Marcinelle ainsi que par des invités prestigieux.

 

 

 

Boni : © Fortin – Dupuis

 

Le Spirou d’Emile Bravo, Spip sur le calot, défenseur des droits de l’homme invite le lecteur à se sensibiliser à cette charte, aux problèmes qu’elle pointe du doigt et aux solutions qui pourraient être apportées.

 

 

 

Couverture : © Bravo - Dupuis

 

 

 

 

 

Du petit Spirou à Cubitus, de l’agent 212 à Blake et Mortimer, tous s’unissent pour expliciter les droits. Des planches percutantes les complètent. Derib signe une planche choc, se posant la question d’une « déclaration d’intention ? » L’histoire « La bourde », signée Bocquet et Perrault, recense les avancées qui ont été les conséquences directes de la création de l’ONU.

 

 

 

 

Marsu : © Batem, Colman, Franquin – Dupuis

 

 

Un poster central présente un panel des héros du journal et d’ailleurs faire le signe de ralliement aux droits de l’homme que fait Spirou en couverture.

 

            Comme le souligne Laurent Sauveur, directeur de la communication du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, « la xénophobie augmente, tout comme les sentiments populistes et nationalistes. » Les objectifs de ce projet sont de ne pas oublier les leçons du passé et de défendre les droits de l’homme.

 

 

 

 

Agent 212 : © Kox, Cauvin - Dupuis

 

 

Une exposition #spirou4rights présente les 30 articles illustrés. Elle est téléchargeable gratuitement en français, anglais, espagnol et peut-être présentée librement dans les écoles, bibliothèques ou autres centres culturels.

 

http://standup4humanrights.org/fr/hr-champions-spirou.html

 

Ce Spirou 4200 est une œuvre d’utilité publique. Indispensable.

 

 

 

 

 


 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Magazine : Spirou 4200.

 

Parution : 10 octobre 2018.

 

Editeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 32.

 

Prix : 2,50 €

 

 

 



Publié le 09/10/2018.


Source : Bd-best


Sur les murs de Poussière de Geoffroy Monde, on ne s’est pas brûlé les yeux, on les a… écarquillés face aux cyclopes!

Geoffroy Monde, vous connaissez ? Mais si, on vous en avait parlé comme d’un prestidigitateur de l’absurde à l’époque où il avait sorti De rien. On aurait pu se dire qu’il resterait dans cette veine encore un petit moment, tant son style pouvait encore être développé avec une audace et une marque de fabrique déjà bien installées. Que nenni, s’il se la joue encore magicien dans une histoire oscillant entre le visible et l’invisible, Geoffroy Monde propose avec Poussière d’investir une planète pas si lointaine croit-on, où un combat sans fin se mène dans un cercle vicieux et sur fond d’écologie. Inattendu.

 

Résumé de l’éditeur : Deux ans que Poussière et les habitants de la planète Alta combattent les Cyclopes. Deux ans que les Augures ramènent ces derniers à la vie après chaque bataille. Quand l’équilibre d’un écosystème repose sur une force qui le menace, quelle solution reste-t-il à l’humanité?

 

 

 

 

 

 

 

© Geoffroy Monde chez Delcourt

 

C’est un drôle de zigoto, ce Geoffroy Monde ! À 32 ans, celui qui a commencé sa carrière chez les Éditions Lapin a décidément plus d’un tour dans son sac et son chapeau. Avec ses précédents ouvrages, maniant un style très particulier et personnel, Geoffroy Monde faisait court et direct, sans s’en aller par quatre chemins. Avec Poussière, la démarche est tout autre et Geoffroy Monde passe au long, maîtrisant son art pour le rendre protéiforme, lui adjoindre des décors fournis ou pour faire le vide, changeant de styles comme pour marquer des chapitres de ce premier tome. C’est étonnant et déboussolant, c’est une véritable expérience de lecture.

 

 

 

 

 

 

© Geoffroy Monde chez Delcourt

 

Nous voilà donc embarqués sur une terre un peu semblable à la nôtre… Si ce n’est que c’est Alta et que cette planète est peuplée d’humains évolués et dotés d’une technologie permettant de réparer quasi n’importe lequel de leurs membres et de leur donner des capacités quasi super-héroïques. Une société à la pointe donc mais ramenée aux temps anciens (la Grèce Antique, par exemple) par cette mainmise qu’ont des Augures sur la société et ses choix cruciaux.

 

 

 

 

© Geoffroy Monde chez Delcourt

 

D’autant plus cruciaux que, désormais, les cyclopes, montagnes d’éther magnifiques (les patronus d’Harry Potter peuvent aller se rhabiller), ont perdu la boule et attaquent désormais les humains avec qui ils vivaient auparavant en harmonie, en symbiose, pour le meilleur équilibre de leur planète. S’il faut riposter, ce petit monde a aussi peur de voir ces géants à l’énergie destructrice et comme en pilote automatique disparaître.

 

 

 

 

© Geoffroy Monde chez Delcourt

 

Ce pour quoi, ils sont ressuscités (lors d' »effluences » offrant un magnifique spectacle) par les Augures, de quoi donner lieu à un éternel recommencement de combats, toujours plus rapprochés dans le temps et l’espace. Le dilemme ne se pose même plus et pourtant les voix s’élèvent. Celle de Poussière, notamment. La vaillante et aguerrie combattante est d’autant plus touchée par cette tragédie que son frère et sa soeur pourraient bien être réquisitionnés en vue de quelques expériences. En effet, Ayame et Pan ont un don inexplicable, celui de voir et communiquer avec les cyclopes, là où le reste du monde ne les voit se matérialiser que quand ils partent au combat.

 

 

 

 

© Geoffroy Monde chez Delcourt

 

Chroniquer une telle première pierre à l’édifice est bien compliqué tant l’imagination de Monde est fertile et qu’il a peut-être voulu en mettre trop que pas assez. L’ébauche de cet univers très attrayant est donc touffue, rentabilisant chaque case pour apporter mystère et infos sur la vie à Alta. Au bord du chaos, l’histoire est même parfois un peu chaotique, de quoi nous mettre un peu plus dans la peau des personnages, plongés dans l’urgence de la survie et du solutionnement d’un problème démesuré. En soixante pages, Geoffroy multiplie les intrigues et prend bien soin de donner de la cohésion à son monde tout en éparpillant le lecteur.

 

 

 

 

© Geoffroy Monde chez Delcourt

 

Ne fût-ce que par les identités visuelles et colorées différentes qu’il confère aux rêves et aux réveils, aux souvenirs, aux scènes de combat ou à celles plus contemplatives. Comme si cet ouvrage était collectif. Pourtant, à la barre, il n’y a qu’un Geoffroy Monde, artiste schizophrénique impressionnant et dont la seconde nature absurde revient au galop dans une dernière planche conjuguant le n’importe quoi. Ça pourrait rebuter, nous ça nous a confortés dans l’idée qu’il faudra sans doute attendre quelque chose d’encore plus grand et totalement imprévisible dans les tomes à venir. D’autant plus, qu’entre les lignes, il y a encore une fois beaucoup de choses à retirer de ce cercle vicieux qui est semblable à nos addictions et dépendances (pétrole, nucléaire, alimentation…) d’hommes modernes.

 

Alexis Seny

 

Série : Poussière

Tome : 1

Scénario, dessin et couleurs : Geoffroy Monde

Genre : Aventure, Guerre, Science-fiction

Éditeur : Delcourt

Nbre de pages : 65

Prix : 15,50€



Publié le 04/10/2018.


Source : Bd-best


Destins en guerre : un costume rouge sang.  Spirou : l’espoir malgré tout 1 – Première partie.

 

« - Encore en train de vous battre, pff ! Ça ne finira donc jamais ?

-          Ben quoi, on fait rien d’mal ! C’est juste une bataille de boules de neige…

-          Ah ben nan, Spirou ! Pourquoi tu nous ramènes ma sœur ?

-          Pour que vous la laissiez jouer avec vous.

-          Pff ! Mais elle est trop p’tite ! Et puis, c’est une fille, elle peut pas jouer à la guerre ! »

 

 

 

 

 

 

Bruxelles 1940 : la guerre n’est pas jeu, que ce soit pour les petites filles… ou pour les petits garçons. C’est ce que tente d’expliquer Spirou à une bande d’enfants qui, innocemment, s’amusent à des jeux de grands en ce samedi sans école. Sauf que la guerre est tout sauf un jeu.

En arrivant prendre son service au Moustic Hotel, une voiture ralentit et l’un de ses occupants remet une lettre au groom. C’est Kassandra, son amoureuse et ex-collègue, qui lui écrit de Russie. Les soviétiques l’ont arrêtée. L’allemande va être extradée vers son pays. La communiste est livrée au nazis. Spirou voudrait l’aider. Fantasio, militaire affecté à la forteresse d’Eben-Emael rempart contre l’avancée allemande, le rassure. « Les nazis vont être rapidement écrasés par les puissantes armées française et britannique. » C’est malheureusement un tout autre scénario qui se dessine pour Spirou, Fantasio et le monde entier. Les premières bombes tombent sur la capitale belge.

 

 

 

 

© Bravo, Benoit - Dupuis

 

 

            Dix ans après le succès incroyable et inattendu du Journal d’un ingénu, Emile Bravo est attendu au tournant. A-t-il réussi à relever le gant ? Cette suite en valait-elle la peine     ? Oui, oui, oui, trois fois oui.

 

            Comme dans Suite française, roman d’Irène Nemirowski adapté en BD par Emmanuel Moynot, villes et villages sont désertés. Hommes, femmes et enfants, encombrés de charrettes avec l’essentiel de leurs biens, se retrouvent sur les routes de campagne à la merci des bombardiers allemands.

 

            Avec une sensibilité impressionnante, un didactisme simple et efficace, Bravo offre au personnage de Spirou la possibilité de devenir le vecteur d’un témoignage important sur la seconde guerre mondiale. Spirou n’y est pas un héros ; il n’est pas un résistant faisant des actes de bravoure. Il se comporte « simplement » de façon humaine.

 

 

 

© Bravo, Benoit - Dupuis

 

 

 

 

            Le trait de Bravo est plus proche de celui d’Hergé que de celui de Franquin. Il convient très bien à Spirou, ce qui prouve que, contrairement à son homologue à la houppette, le groom est un personnage universel. Il appartient à tous, sous le contrôle bienveillant de son éditeur. Et jusqu’à présent, nul ne l’a trahi, nul ne l’a heurté, nul ne l’a sali.

 

 

© Bravo, Benoit - Dupuis

 

 

            Bravo, fidèle à son style, utilise donc une ligne claire fine et détaillée. Accompagnée de dialogues du même acabit, cela donne un album de grande qualité.

 

Le site des éditions Dupuis est riche de deux vidéos :

- une bande-annonce de l’album.

 

 

 

 

 

© Bravo, Benoit - Dupuis

 

 

 

 

- une interview d’Emile Bravo.

 

 

 

 

 

© Bravo, Benoit - Dupuis

 

 

 

            Spirou ou l’espoir malgré tout est le premier tome de ce qui s’annonce être une tétralogie prestigieuse.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Spirou ou l’espoir malgré tout.

 

Tome : 1 -Première partie.

 

Genre : Aventure historique.

 

Scénario & Dessins : Bravo.

 

Couleurs : Benoit.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 88.

 

Prix : 16,50 €.

 

ISBN : 9782800160986

 



Publié le 02/10/2018.


Source : Bd-best


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