En images et en bulles
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Une tête-brûlée et des gosses pour un nouveau Blockbuster.  Terence Trolley 1 - La fenêtre sur le cerveau

« - C’est quoi encore que cet olibrius ?

- Salut, mon oncle !

- Terence ! Ça fait combien d’années ?! Oh oh, la dernière fois, j’avais encore plein de cheveux, et toi, tu allais quitter les forces spéciales pour te marier.

- Tu as loupé un grand moment.

- Comment elle s’appelait déjà, ta chérie ? Oh, mais quelle est cette magnifique créature ? C’est elle ?

- Kristelle, mon assistante.

- J’ai reçu ton message, Norton. Que se passe-t-il ? Tu as des ennuis ?

- Grand-père, c’est lui qui doit nous sauver ? »

 

 

 

 

 

 


                Terence Trolley, en compagnie de son assistante et de sa femme, vient d’arriver dans son mobil home chez son oncle Norton. Ce dernier garde des enfants aux capacités extrasensorielles exceptionnelles qui semblent convoités. L’homme travaillait pour la Panaklay, multinationale qui exploitait ce genre de petits cobayes, pour la plupart récupérés dans des orphelinats. L’entreprise vient de le retrouver et il a appelé son neveu au secours pour l’aider.

 

 

 

 

© Boutin-Gagné, Le Tendre, Frémineur - Bamboo

 

 

Après s’être fait la main dans des albums collectifs et sur des épisodes de la Geste des Chevaliers Dragons, le dessinateur canadien Patrick Boutin-Gagné tient enfin sa série rien qu’à lui. Et avec un scénariste comme Serge Le Tendre, sans compter un directeur éditorial comme Christophe Arleston, on peut dire que les bonnes fées se sont enfin penchées sur son cas. Son trait de la famille de Christian Gine fait de lui un dessinateur prometteur qui aura dans quelques années un nom que tout le monde connaîtra. Aussi à l’aise dans les scènes punchy que dans les séquences intimistes, il est également adepte de découpages originaux, portant parfois ses cadrages en marge de l’action principale, ce qui accentue l’émotion de certains passages.

 

 

 

 

© Boutin-Gagné, Le Tendre, Frémineur - Bamboo

 

 

Il y avait quelques années que Serge Le Tendre n’avait pas lancé de nouvelle série. Il construit un univers fantastico-futuriste d’action qui marche sur les traces d’Harmony, la série de Mathieu Reynès chez Dupuis, avec ces enfants aux pouvoirs extraordinaires. Il s’en détache cependant en faisant du baroudeur Terence Trolley le héros de l’aventure. On apprend sa vie passée au travers de flashbacks disséminés dans le récit. Le scénariste expert pose des morceaux de puzzles non contigus pour les assembler au fil des trop courtes quarante-six planches de l’histoire.

 

La scène d’introduction est un hommage appuyé à Hergé. Elle reprend la scène de Madame Yamilah et de l’hypnotiseur indien Chandra Patnagar Rabad en la transposant dans un cirque où une voyante a un malaise en explorant l’esprit de Markus.

 

 

 

 

© Boutin-Gagné, Le Tendre, Frémineur - Bamboo

 


 

© Hergé - Casterman

 

 

Terence Trolley est aussi une histoire sur l’intelligence artificielle et la condition humaine. De la veine de A.I. ou de I, Robot, ce tome 1 n’est que la partie émergée d’un iceberg prometteur.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Terence Trolley

 

Titre : 1 - La fenêtre sur le cerveau 

 

Genre : Anticipation 

 

Scénario : Serge Le tendre 

 

Dessins : Patrick Boutin-Gagné 

 

Couleurs : Aurélie Frémineur

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Drakoo

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782490735143

 



Publié le 24/05/2020.


Source : Bd-best


Ça aurait pu être l’histoire d’un mec.  Coluche président !

« - Dans quelques secondes, nous allons découvrir le visage du nouveau président de la République ! Quel suspense ! Magie de l’outil informatique !... Allo, la régie ? Qu’est-ce que c’est que cette photo ?!!

- C’est celle qui a été envoyée par le candidat.

- Mais lequel ?

- Bah, devine…

- J’en déduis donc que Coluche est élu ce soir président de la République française ! »

 

 

 

 

 

 

 

1981. Alors que la France s’attendait à retrouver à la tête du pays une seconde fois Valéry Giscard d’Estaing ou bien le socialiste François Mitterrand, voilà que, contre toute attente, c’est Coluche, l’humoriste, qui est élu. Nouveau locataire de l’Elysée, Coluche va essayer d’imposer son humeur et son humour au pays. Va-t-il arriver à ses fins ou la politique sera-t-elle plus forte que tout ? L’avenir le lui dira… ou pas.

 

 

 

 

© Erre, Erre, Greff - Fluide glacial

 

 

De son élection à son dépôt de bilan un an plus tard, J.M. Erre raconte ce qui aurait pu être une année avec Coluche président. Tout y passe. Des adversaires politiques stars de l’époque (ceux que l’on a déjà cités bien sûr, mais aussi Marchais, Le Pen et consorts) aux anarchistes d’Hara-Kiri Choron et Cavanna qui se positionnent contre lui tout simplement parce que, quand on est anarchiste, on est contre, contre quoi, on ne sait pas, mais on est contre, de la religion avec les évêques et imams à la misère qui s’acharne obstinément sur le peuple (pensée à Pierre Bénichou), Coluche va se rendre compte que le fauteuil n’est pas très confortable. Il lui faudra toute sa poésie pour lui faire prendre un peu de recul, au grand dam, par exemple, des militaires.

 

 

 

 

© Erre, Erre, Greff - Fluide glacial

 

 

On n’avait pas lu Fabrice Erre chez Fluide depuis le tordant Mars avec Fabcaro. Le voici de retour, s’amusant comme un petit fou dans cette tranche de vie du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. Avant d’observer ses cases, on ne se doutait pas qu’un petit Emmanuel, déjà en 1981, essayait de s’asseoir à la première place. Son Coluche parle avec la voix du vrai. Il n’est pas une caricature, il est lui, même si Erre montre un grand talent de caricaturiste. Les « célébrités » sont reconnaissables au premier coup d’œil.

 

 

 

 


© Erre, Erre, Greff - Fluide glacial

 

 

La France de Roger Gicquel avait peur. Celle de Coluche s’est bien marré… jusqu’à ce putain de camion. On imagine tellement que la direction du pays par Coluche aurait été comme le montrent les Erre, que cette uchronie n’est pas si fantasque que ça. Tendre et drôle.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Coluche président !

 

Genre : Uchronie humoristique 

 

Scénario : J.M. Erre 

 

Dessins : Fabrice Erre 

 

Couleurs : Sandrine Greff 

 

Éditeur : Fluide glacial

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 12,90 €

 

Sortie : 3 juin

 

ISBN : 9782378783655

 



Publié le 22/05/2020.


Source : Bd-best


Chaque larme versée sur une histoire, c’est un sourire de gagné pour la vie.  Boule à zéro 8 – Le fantôme de la chambre 612

« - Je sais que j’arrive quelque peu en dehors des horaires de visite, mais…

- Quelque peu ? Un petit effort et vous tombiez dans les heures de visite… de demain matin ! Ah ça ! Vous, les hommes, pour les belles promesses, on peut compter sur vous ! Mais pour ce qui est d’arriver à l’heure à un rendez-vous !...

- Les enfants dorment déjà, Monsieur… ?

- Dali, comme le peintre. J’ai eu un empêchement de dernière minute et…

- Oui ? Eh bien sachez Môssieur Dalida que nos petits patients, eux, ont un empêchement permanent ! C’est un hôpital ici, pas un self-service ! Aussi, je vous prierai de revenir demain !

- Oui, je… Excusez-moi encore. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais qui est donc ce type qui arrive à pas d’heure à l’hôpital pour rendre visite à un enfant ? Hébété, confus, l’homme semble avoir des choses à se reprocher. Il accepte de revenir le lendemain. Mais le contact avec sa progéniture ne va pas passer comme une lettre à la poste. Pour Zita, qui a treize ans et qui est hospitalisée depuis dix ans, toutes les vérités sont bonnes à dire. Pas facile à entendre, pas facile à prononcer, surtout quand son quotidien est déjà bouleversé par le départ d’un de ses camarades de chambrée qui vient d’être adopté.

 

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

A l’instar de Pierre Tranchand qui a connu le succès sur le tard avec Les Profs (sous le pseudonyme de Pica), Serge Ernst est un vieux briscard de la BD. Il a fait les beaux jours du journal Tintin avec la série de gags muets Clin d’œil, ainsi que l’associé du diable William Lapoire. Il a occupé les pages de Spirou avec Les zappeurs. Il n’a jamais quitté la scène, mais il a fallu qu’il attende Boule à zéro pour connaître un grand succès public et critique. Son dessin rond rend les histoires de Zidrou accessibles pour tous, sans mièvrerie ni larmes de crocodiles. Tendre, attachant, mais aussi amusant, l’hôpital de Boule à zéro qu’a construit Ernst dédramatise la maladie sans la négliger pour autant.

 

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

Zidrou développe le monde de Zita. En gardant cette unité de lieu qu’est l’hôpital, il introduit un nouveau personnage plus qu’important. Alors que beaucoup de gens sortent en se plaignant de la période que nous venons de vivre, Zita donne une belle leçon d’humilité, elle pour qui le confinement dure depuis si longtemps.

 

Zidrou démarre son histoire par une introduction atypique qui verra son écho dans la conclusion de l’album. Une famille va rendre visite à un enfant hospitalisé sur un bateau, véritable hôpital marin. Il montre l’importance, la nécessité et la vitalité des rendez-vous familiaux pour les malades, qui soignent les âmes, aussi bien de ceux qui sont alités que des autres.

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

Ne t’inquiète pas, Zita, si le visiteur ne vient pas. Tu es si bien entourée à l’hôpital par le personnel soignant. Et puis, le lecteur, lui, ne manquera pas de venir te voir.

 

 A noter que, comme pour les tomes précédents, à l’initiative de Serge Ernst, 2000 albums sont offerts aux enfants atteints du cancer. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.2000BD.org.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Boule à zéro

 

Tome : 8 – Le fantôme de la chambre 612

 

Genre : Humour tendre hospitalier 

 

Scénario : Benoît Zidrou 

 

Dessins : Serge Ernst 

 

Couleurs : Laurent Carpentier 

 

Éditeur : Bamboo

 

Nombre de pages : 48 

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782818968369



Publié le 21/05/2020.


Source : Bd-best


Chacun à sa place, les bureaux seront-ils bien gardés ?  Stop work, les joies de l’entreprise moderne

« - Ah, Fabrice ! Tiens, lui c’est Hugo, en stage de troisième. Il est là pour trois semaines, tu dois le chapeauter.

- Bonjour.

- Impossible, trop de boulot. Refile-le aux mecs des devis, ils en branlent pas une.

- Ça vient du boss.

- Guillaume ?

- En personne !

- Ok, génial. Allez, viens mon grand ! C’est comment ton blase déjà ?

- Mon quoi ?

- Ton blase ! Ton nom quoi ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Acheteur dans une entreprise de « rondelles », Fabrice ne rêve que de gravir les échelons. Alors quand il s’agit de faire plaisir au patron, il est prêt à tous les sacrifices, comme celui de s’occuper d’un stagiaire de troisième. Le poste de responsable des achats se libérant, il paraît tout naturel à Fabrice que la place lui revienne de droit. Mais quand le boss lui annonce qu’il recrute en externe, la vie de Fabrice va s’en trouver toute chamboulée.

 

 

 

 

© Navarro, Schwartzmann – Dargaud

 

 

Il fallait toute la connaissance du milieu par l’écrivain Jacky Schwartzmann pour montrer la poutre qu’a dans l’œil le monde de l’entreprise moderne et qu’elle refuse de voir. Le cynismo-réalisme de Stop work tourne en dérision un fonctionnement absurde faisant la part belle aux phraseurs, opportunistes et autres margoulins prêts à écraser leur voisin de bureau pour la moindre petite promotion dans la boîte. Fabrice est de ceux-là. Il l’est tellement qu’il en devient la caricature de lui-même. Il apprendra à ses dépends que, s’il sait que personne ne peut lui faire confiance, il ne peut faire confiance à personne. Si pour les gens comme lui, rien n’est jamais gagné, rien n’est jamais perdu non plus. Ceux qui font la plus grande preuve de recul sont les personnels de l’entretien. Du bas de leur échelle, ils observent et commentent à bon escient. Le petit stagiaire de troisième fait aussi preuve de recul. Quant au représentant syndical, il joue à merveille son rôle d’empêcheur d’évoluer en rond.

 

 

 

 

© Navarro, Schwartzmann – Dargaud

 

 

Morgan Navarro marche sur les pas graphiques de Dupuy-Berbérian. Son anti-héros pourrait être un personnage secondaire de Monsieur Jean. Dans une bichromie donnant une impression d’absence de couleurs, il met dans les attitudes de ses personnages tout le ridicule qu’ils comportent, ridicule comme le film de Patrice Leconte dont l’essence n’est pas si éloignée de cet album.

 

 

 

 

© Navarro, Schwartzmann – Dargaud

 

 

Avec une bande originale signée Souchon, Jackson, Higelin, Prince et NTM, Stop work est un voyage en immersion, un parcours en terre inconnue drôle et caustique pour ceux qui ne font pas partie de ce monde. C’est un chemin de croix dans lequel se reconnaîtront certainement ceux qui travaillent dans une telle entreprise. "Tu la voyais pas comme ça ta vie. Pas d'attaché-case quand t'étais petit. Ton corps enfermé costume crétin..."

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Stop work, les joies de l’entreprise moderne 

 

Genre : Chronique du monde du travail

 

Scénario : Jacky Schwartzmann 

 

Dessins & Couleurs : Morgan Navarro

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 136 

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782205082005

 



Publié le 21/05/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4284 -  20 Mai 2020

 

 

Family life : les parents gèrent !

 

 

 

 

 

 

            Il n’y a pas que vos parents qui ont pété (ou pas) un câble avec leurs enfants pendant le confinement. Pas facile à gérer non plus pour les héros de la Family Life de Jacques Louis. Il n’y a qu’à voir comment les enfants ont ravagé la couverture de notre hebdomadaire préféré. Après Le chômeur et sa belle, l’auteur signe une nouvelle série réalisticomique tendre et marrante.

 

            Les abonnés vont accrocher au mur de leur chambre un superbe poster Dad avec, entre autres, Bébérénice masquée.

.

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Nob – Dupuis

 

 


Histoires à suivre :

 

Créatures : La ville qui ne dort jamais

Frnck : Prisonniers

Mort et déterré : Pas de quartier pour les macchabées 

Spirou : Pacific Palace

Super-Groom : Chapitre 3

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Histoire de vaches

Family life

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Estampille

Fifiches du professeur (les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Salma

En direct du futur : Tebo (pour Raowl)

Interview : Jacques Louis

Jeux : Raymonde perdue (Frantz)

Leçon de BD (La) : Domecq

 

 

Supplément abonnés :

Poster : Dad

 

 

En kiosques et librairies le 20 mai 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 20/05/2020.


Source : Bd-best


Une saga familiale à l’avènement du chemin de fer.  Kilomètre Zéro, une épopée ferroviaire 1

« - Regarde notre ville… il y a tant de cheminées de fabrique que tu ne peux plus les dénombrer. Pourtant,  nous n’avons ni mines de fer ni de charbon, et nous sommes très loin des ports d’importation du coton… Alors, comment devient-on les meilleurs, malgré de telles faiblesses ?

- En travaillant d’arrache-pied chaque jour que Dieu fait… ?

- En étant visionnaire ! En se projetant 30 ans devant soi. Bientôt, les immenses convois que tu as croisés ne seront qu’un souvenir. Bientôt, ces diligences dans lesquelles on est bringuebalés jusqu’à l’épuisement rouilleront dans un coin. Binetôt, notre chère Alsace aura un autre visage, grâce à nous.

- Qu’allons-nous accomplir, père ?

- Ce que personne n’a osé avant nous. »

 

 

 

 

 

 

 

1830. a Mulhouse, Nicolas Koechlin dirige une usine prospère de filature de coton. Pour lui succéder, il compte sur ses fils Ferdinand, prêt à reprendre l’affaire, et Léo, qui avait l’intention de se marier au Brésil mais qui va devoir changer son fusil d’épaule. Salomé, la  fille de Nicolas est institutrice. Son seul avenir est d’être promise à un fils de noble famille. La jeune femme a la tête sur les épaules. Elle se rêve rédactrice dans un journal. Les enfants dont elle s’occupe ne sont pas que des élèves. Ils sont aussi des ouvriers qui doivent rapporter de l’argent à la maison. En ce début de révolution industrielle, pour faire fructifier l’entreprise, le développement du chemin de fer est le meilleur atout. Mais tout est à construire. Il faut partir du kilomètre zéro.

 

 

 

 

© Piatzszek, Bossard - Bamboo

 

 

Stéphane Piatzszek construit une saga familiale et historique et s’érige en digne successeur de Jean Van Hamme. Alors que ce dernier serait peut-être entré plus vite dans le cœur du sujet, Piatzszek prend le temps d’installer l’univers et les personnages avant de donner en milieu d’album le coup de volant, l’argument de scénario, qui envoie les personnages vers un destin que, pour nombre d’entre eux, ils n’imaginaient pas. Piatzszek garde donc son originalité par rapport au créateur des Maîtres de l’orge tout en marchant sur ses pas. Les nombreux personnages ont tous leur importance et leur particularité. Les moindres rôles secondaires ont leur caractère du chef de groupe qui abuse d’employées soumises au patron de la gazette locale.

 

 

 

 

© Piatzszek, Bossard - Bamboo

 

 

Florent Bossard est à la base coloriste. Le premier volume de cette nouvelle série est seulement son cinquième album en tant que dessinateur. Son graphisme est très légèrement charbonneux, comme une machine à vapeur. Le coloriste est au service du dessinateur pour jouer avec les ombres qui apportent du mystère ou du caractère aux différents protagonistes.

 

 

 

 

© Piatzszek, Bossard - Bamboo

 

 

Kilomètre zéro est annoncé comme un triptyque, mais son univers est tellement dense et riche que l’histoire risque de s’y trouver vite à l’étroit. Il en reste 140 à parcourir !

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Kilomètre Zéro, une épopée ferroviaire

  

Tome : 1 

 

Genre : Aventure historique 

 

Scénario : Stéphane Piatzszek 

 

Dessins & Couleurs : Florent Bossard 

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 14,90 €

 

ISBN : 9782818968024



Publié le 19/05/2020.


Source : Bd-best


Dans l’ombre de Fred.  Une aventure de Mystère et Boule de Gomme

« - Il y a quelqu’un ?

- Avancez de trois pas. Mmmmmmm… Votre nom ?

- B… Boule de gomme.

- Vous savez faire la matelote de lotte ?

- Oui, je… Bien entendu…

- Eh bien il va falloir le prouver… Je vais vous montrer les cuisines. Quelques explications. Je suis le baron Mystère et à mon sujet, moins vous en saurez, mieux vous vous porterez… En somme, je cherche un majordome, pas un concierge. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                En postulant pour un emploi de majordome, Boule de gomme ne se doutait pas qu’il allait pénétrer dans le mystérieux manoir du non moins mystérieux Baron Mystère. L’homme masqué cherche un employé d’une discrétion exemplaire et qui n’a pas le droit de lui poser une seule question. Mais lorsqu’un cambrioleur pénètre dans la bibliothèque et arrache la page d’un livre, les deux hommes vont devoir faire équipe pour partir à sa poursuite dans la ville des bars et des jeux, de la débrouille et des embrouilles.

 

 

 

 

© Malma, Le Gouëfflec - Delcourt

 

 

                Mystère et Boule de gomme n’est pas pris ici dans le sens de l’expression bien connue. Il s’agit bel et bien des deux personnages principaux de ce polar étonnant dans lequel Fred rencontre Jean-Pierre Jeunet. Boule de gomme fait partie de ces personnages sans âge. Il est très proche de sa maman avec qui il entretien une relation épistolaire et aux yeux de qui il restera toujours son bébé. Mystère est un aristocrate au look de Fantômas dont les seuls points qu’ils ont en commun sont des zones d’ombre de leurs personnalités. Mystère n’est pas un truand. C’est un solitaire, amoureux des livres, annoteur compulsif. Le maître et son valet sont deux hommes formant un duo atypique s’équilibrant dans un antagonisme efficace.

 

 

 

 

© Malma, Le Gouëfflec - Delcourt

 

 

                Arnaud le Gouëfflec, habitué des biographies depuis Le chanteur sans nom, enfile son costume de scénariste fantasque qu’on lui connaît dans Mondo reverso. Avec cette aventure de Mystère de Boule de gomme, one shot qui ne demande qu’à devenir une série, il marche sur les pas de Philémon et rend hommage à Fred.

 

                Après une participation à un collectif en 2017, cet album est le premier en solo de Pierre Malma. Le brestois frappe fort. Son graphisme original se rapproche tout doucement de celui de Fred au fur et à mesure que le scénario en prend la direction. Ce sont tout d’abord un ciel et des étoiles qui font penser au maître, puis des décors et des personnages secondaires comme ces soldats arrivant en troupe tout droit sortis de Philémon, le genre de scène qui procure chez le lecteur une émotion intense.

 

 

 

 

© Malma, Le Gouëfflec - Delcourt

 

 

                Qu’on ne s’y trompe pas, les auteurs ne sont pas dans le plagiat. Ils sont dans un ton et un habillage commun avec Fred mais le récit n’a rien à voir avec l’univers. Mystère et Boule de gomme sont dans un monde bien à eux qui a le potentiel d’une série au long cours. Il est dommage que la couverture ne reflète pas du tout cette ambiance. Elle n’invite pas à ouvrir le livre ce qui est regrettable par les temps qui courent. Si par bonheur la série continuait, il faudra rapidement changer son fusil d’épaule quant à la maquette de la collection.

 

                Cerise sur le gâteau, l'application Delcourt Soleil permet de découvrir l'album en réalité augmentée. Ne passez pas à côté de Mystère et Boule de gomme. Si les secrets aiment l’obscurité, c’est pour une bonne raison.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Une aventure de Mystère et Boule de Gomme 

 

Genre : Polar humoristique 

 

Scénario : Arnaud Le Gouëfflec 

 

Dessins & Couleurs : Pierre Malma

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 96

 

Prix :  16,50 €

 

ISBN : 9782413017561



Publié le 19/05/2020.


Source : Bd-best


Etre soi-mĂŞme son pire cauchemar...  The killer inside 1

« - Je peux te demander un truc ?

- P… Pourquoi est-ce que… Tu as choisi de sortir avec un type comme moi ?

- Voyons voir… Ce qui m’a éblouie en premier… C’est le moment où tu es apparu pour me défendre contre ce voyou ! On ne croirait pas en te voyant, mais tu es le genre de garçon sur qui on peut compter !

- Ah bon ?

- Ensuite, il y a ton côté très mystérieux !

- Tu trouves que je suis comme ça ? »

 

 

 

 

 


 

                Eiji n’en revient toujours pas. Il a réussi à séduire Kyoka Yukimura, l’une des plus belles filles du campus. Le hic, c’est qu’il ne se souvient absolument pas comment il a fait. Il aurait maté un butor un peu trop pressant auprès de la jeune fille, ce qui lui a valu de recueillir les faveurs de la belle.

 

 

 

 

© 2018 Shinai naru boku e satsui wo komete vol.1

© 2018 Hajime Inoryu, Shota Ito. All rights reserved.

 

 

 

                Si Eiji a des trous de mémoire, c’est qu’il semble souffrir d’un dédoublement de personnalité. Des filles sont assassinées de façon particulièrement barbare. Etant le fils d’un serial killer notoire, le jeune homme se pose de plus en plus de questions, d’autant plus que des indices troublants l’amènent à s’inquiéter grandement sur lui-même. Entre la mystérieuse Rei Shinmyoji qui semble savoir des choses, une triade qui le prend pour un maître et une copine qui n’a d’yeux que pour lui, Eiji cherche qui est en lui.

 

 

 

 

© 2018 Shinai naru boku e satsui wo komete vol.1

© 2018 Hajime Inoryu, Shota Ito. All rights reserved.

 

 


Vous aimez My Home Hero ? La série dans laquelle un père de famille cache l’assassinat du petit copain de sa fille, dangereux truand, a déniché sa petite sœur. Dans The killer inside, on retrouve la même ambiance anxiogène, les mêmes héros meurtriers malgré eux ou presque, les mêmes gangs de malfrats prêts à torturer ou à tuer qui de droit. Le scénario de Hajime Inoryu diffère cependant car il met en avant le profil schizophrène d’Eiji. Son héros n’est pas tout blanc et il le sait. Il s’interroge sur lui-même et cherche à savoir qui il serait, à son grand dam. Inoryu fait monter la tension et distille les indices. Il ne met pas le lecteur dans la même position que le personnage principal, il fait le contraire. Il met le personnage principal dans la même position que le lecteur. La différence est subtile mais importante.

 

 

 

 

© 2018 Shinai naru boku e satsui wo komete vol.1

© 2018 Hajime Inoryu, Shota Ito. All rights reserved.

 

 

 

Shota Ito a un graphisme sombre et charbonneux qui sied parfaitement à cette histoire réalistico-horrifique. Le mangaka n’hésite pas à assumer les scènes de crime et de sexe. On n’est clairement pas dans un shonen. En fin d’ouvrage, Ito raconte la genèse du design des divers personnages principaux

 

 

 

 

© 2018 Shinai naru boku e satsui wo komete vol.1

© 2018 Hajime Inoryu, Shota Ito. All rights reserved.

 

 

 

Edité au japon par Kodansha, The killer inside se positionne comme un seinen puissant, un Seven graphique.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=yGFe8WEXJ1c

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : The killer inside

 

Tome : 1

 

Genre : Thriller 

 

Scénario : Hajime Inoryu 

 

Dessins : Shota Ito

 

Traduction : Alex Ponthaut

 

Éditeur : Ki-Oon

 

Nombre de pages : 224 

 

Prix :  7,90 €

 

ISBN : 9791032705667

  

Publié le 17/05/2020.


Source : Bd-best


Le ciel de notre promesse.  Blue Thermal 5

« - C’est quoi le problème ?

- Le problème ? Eh bien, ce sont les règles. Il faut les respecter scrupuleusement…

- Comment ça « scrupuleusement » ? J’ai scrupuleusement payé les frais liés au dortoir ! Pourquoi j’ai pas le droit de me faire un shampooing dès le matin ?

- Ça fait partie des règles du dortoir.

- Rah ! Quelle chieuse tu peux être avec tes règles ! Tsurutama ! Je viens à peine d’en finir avec les examens d’entrée… Et je me retrouve bloquée sur les berges d’une rivière asséchée où tout m’est interdit ! Je pensais pouvoir m’amuser librement, quand on m’a proposé de voler dans le ciel. »

 

 

 

 

 

 

 

Azusa Muto n’est pas tendre avec Tamaki Tsurutama. Elle ne se rend pas compte qu’intégrer un club de planeur comporte des contraintes de discipline et de rigueur. Tsurutama, elle, cherche à transmettre la passion du vol à voile aux étudiants de première année. Pour cela, il faut parfois savoir se montrer ferme avec les nouveaux, même si ça peut en dégouter certains comme Azusa. Il est primordial de leur apprendre à respecter les règles. Seuls les plus motivés resteront.

 

 

 

 

© Kana Ozawa 2015 / SHINCHOSHA PUBLISHING CO.

 

 

 

Transmettre la beauté du ciel et le bonheur de piloter un planeur. Adorer le ciel et les avions en commençant par les contempler. Tout ça, c’est magnifique. Mais les novices doivent aussi savoir que le vol à voile est un sport dans lequel on peut perdre la vie à tout moment. Chaque petit détail doit être respecté afin d’éviter tout accident. Rien n’est certain dans le royaume du ciel.

 

 

 

 

© Kana Ozawa 2015 / SHINCHOSHA PUBLISHING CO.

 

 

 

Dans cet ultime tome, Tamaki atteint une légitimité qu’elle n’aurait jamais espéré avant. Le trio qu’elle forme avec Jun  et Monsieur Asahina repose sur un équilibre justifié dans ce final émouvant par un événement qui s’est passé longtemps avant.

 

Kana Ozawa a réussi l’exploit de passionner ses lecteurs pour une activité hors du commun. Quel intérêt pour le vol à voile quand on ne connait rien au sujet ? Le mangaka tire son épingle du jeu par des ciels où l’on voit du bleu et démontre que la poésie est là, sous nos yeux, dans l’immensité de cet azur pur et innocent.

 

 

 

 

© Kana Ozawa 2015 / SHINCHOSHA PUBLISHING CO.

 

 

 

Blue Thermal enseigne une autre notion du temps. On l’a déjà dit dans ces colonnes, Blue Thermal a quelque chose d’incompréhensiblement envoûtant, magique et fascinant. Vole, Tamaki Tsurutama. On veut voir le même ciel que toi ! Aujourd’hui, il est parfaitement bleu.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Blue Thermal

 

Tome : 5

 

Genre : Aviation 

 

Scénario & Dessins : Kana Ozawa  

 

Éditeur : Komikku

 

Nombre de pages : 224 

 

Prix : 7,99 €

 

ISBN : 9782372874465



Publié le 15/05/2020.


Source : Bd-best


Poilant Whodunit en entreprise.  Meurtre Ă  la compta

« - Vous étiez le supérieur hiérarchique de la victime, c’est bien ça ?

- Tout à fait.

- Aviez-vous déjà remarqué un comportement particulier chez elle ? Des agissements étranges ?

- Je l’ai vu sourire une fois, il y a 4-5 ans. J’en fais encore des cauchemars.

- Avait-il des ennemis en interne ?

- Qui n’en a pas ? »

 

 

 

 

 

 

 

                Qu’est-il donc arrivé au comptable Paul Essapet ? Il ne bouge plus du tout. Mais après tout, un comptable ne bouge jamais. Même pris par les sentiments des termes professionnels que sont la balance positive, l’amortissement des immobilisations ou encore le résultat net, rien ne le fait réagir. Pas de doute, il doit être mort. L’entreprise est en émoi. La police est dépêchée sur les lieux. La commissaire Linguine et son adjoint Pichard vont mener une enquête qui va les conduire jusqu’aux tréfonds du mystère.

 

 

 

 

© De Thuin, James - Delcourt

 

 

                Rassurez-vous tout de suite. On est plus proche d’une enquête du Commissaire Bougret et de son fidèle coéquipier Charolles que d’un épisode des Experts. Enfin, tout dépend du point de vue de qui l’on se place. Si les personnages sont persuadés du sérieux de leur travail, qu’ils soient employés en bas de l’échelle, supérieurs hiérarchiques ou membres des forces de l’ordre, le lecteur voit bien qu’ils ont tous une haute opinion d’eux-mêmes et de leur travail. On découvre le monde décalé de l’entreprise par le petit bout de la lorgnette. Diego réussira-t-il à conclure avec Cynthia à la machine à café ? N’est-ce pas là le véritable enjeu du récit ?

 

 

 

 

© De Thuin, James - Delcourt

 

 

                James ne dévoile pas pour la première fois les dessous du monde du travail. Il l’a déjà fait dans la série Open Space, mais il y mêle ici une enquête policière… ou presque. James adopte le procédé complexe de la suite de gags qui forment une histoire. Il s’en sort avec maestria. Chaque planche est une sorte de strip carré qui se suffit à lui-même, avec une chute, tout en faisant avancer le propos. C’est l’une des techniques les plus complexes en bande dessinée pour que tout reste cohérent.

 

                Au dessin, David De Thuin, auteur du formidable Roi des bourdons, fait croire à ses personnages qu’ils sont importants et nécessaires dans leurs tâches. Dans une ligne claire sobre et efficace, il laisse la part belle aux dialogues très second degré de son scénariste.

 

 

 

 

© De Thuin, James - Delcourt

 

 

                Meurtre à la compta est intégré dans la poilante collection Pataquès dirigée par James lui-même. Avec des albums comme entre autres Pan ! T’es mort ! ou El Chipo, il fait partie du meilleur cru du catalogue.

 

                Comme une terre étrangère, le monde de l’entreprise parle une langue différente et a des codes qui lui sont propres. Quoiqu’il en soit, le feedback sera positivement marrant.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Meurtre à la compta 

 

Genre : Polar humoristique 

 

Scénario : James 

 

Dessins & Couleurs : De Thuin

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Pataquès

 

Nombre de pages : 104

 

Prix :  9,95 €

 

ISBN : 9782413019992

 



Publié le 13/05/2020.


Source : Bd-best


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