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Fog de Seiter et Bonin finit de nous captiver dans une Angleterre sur laquelle le brouillard s’est levé mais où bon nombre de mystères planent encore et toujours

Pour embarquer dans la deuxième intégrale des aventures de l’écrivain-journaliste Ruppert Graves, de l’inspecteur principal de Scotland Yard Andrew Molton et de l’archéologue-conservatrice de musée Mary Launceston dans l’Angleterre victorienne, vous avez le choix entre un zeppelin ou des reliques de l’Égypte ancestrale. Des siècles séparent les deux thèmes qui sont les fils conducteurs de ces quatre derniers albums de Fog, et pourtant… Entre hier et ce qui était aujourd’hui en cette deuxième partie de XIXème siècle, Roger Seiter et Cyril Bonin, sans besoin d’anachronisme, tendaient de grandes perches vers notre monde d’aujourd’hui. Et c’est pourquoi Fog ne vieillit pas et n’a fait que bonifier.

 

 

 

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec



Résumé de l’éditeur : Dans ce deuxième volume de l’intégrale de Fog, nos deux héros enquêtent d’abord dans les Highlands, sur fond d’antagonisme entre l’Angleterre et l’Écosse. Leur but : retrouver l’identité d’une mystérieuse amnésique. Mais bientôt, ils découvrent que son cas n’est pas isolé… Entre intrigue policière et complot, aux frontières du fantastique, le troisième cycle de Fog s’achève dans une incroyable bataille aérienne… Dans le second diptyque contenu dans ce volume, Graves et Launceston replongent  dans les bas-fonds londoniens. Confrontés à la pègre locale, à un étrange justicier tout droit sorti de la tombe secrète d’un pharaon égyptien, mais aussi à plusieurs personnages récurrents du premier cycle, Graves et Launceston bouclent la boucle. C’est avec ce mélange d’aventures archéologiques et d’enquête policière, clin d’oeil à Howard Carter et au trésor de Toutankhamon, que l’épopée Fog se conclut…

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec

 

Dans ces quatre derniers épisodes de cette série qu’on a vu se clôturer à regrets, Roger Seiter et Cyril Bonin sont toujours autant à leur avantage. Mieux, ils enfoncent le clou pour offrir deux histoires haletantes dans lesquels le pire ne se fait jamais attendre mais a la délicatesse de ne pas prévenir et de soigner ses entrées pour frapper les esprits. Quelque part entre Poe et Wilkie Collins (encore plus dans le premier récit confectionné par La mémoire volée et Remember), Seiter et Bonin réussissent toujours autant à captiver dans cette Angleterre sur laquelle le brouillard s’est levé mais où bon nombre de mystères planent encore. Des mystères qui ont retrouvé taille humaine et dont le spectre fantastique s’est quelque peu éloigné, ce qui rend peut-être ses histoires effrayantes, baignées dans la folie des hommes seuls, ces monstres qui ne se l’avouent pas.

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec

 

Ce n’est pas pour rien que la première version de ces intégrales parues chez Casterman s’était logée dans la collection « Haute densité ». Deux mots qui résument si bien les tours de force des deux auteurs qui se sont admirablement trouvés dans cette esthétique luxueuse et très « 1800 » et ces récits qui ne laissent rien au hasard. Car s’ils ont plongé dans une époque qui, 130 ans après, semble révolue, le duo ne s’est pas privé de ramener à la surface des problématiques qui non seulement font date mais n’ont pas pris un cheveu blanc, toujours bouillantes en 2017. Que ce soit pour parler de deux peuples qui feraient mieux de se réconcilier et de faire des compromis mais préfèrent se déchirer et répandre les chairs… ou pour parler, en quelques mots glissés dans l’oreille en fin d’album mais qui font leur chemin, du pillage des civilisations.

 

 

 

 

© Seiter/Bonin aux Éditionsdu Long Bec

 

Bien sûr, Fog n’est pas série à essais socio-politiques, mais le fait d’effleurer ses problèmes, de les amener à la conscience, de cette manière alors que sa vocation est avant tout de divertir, ne fait que donner du cachet à cette série qui multiplie les personnages et les intrigues, éclate le propos et suit la dynamique chorale pour avancer vers le dénouement. Les deux auteurs manipulent l’info et l’image (certains personnages de l’histoire en savent souvent bien plus que le lecteur qui doit creuser et faire avec ce qu’on lui donne) profitant aussi pour éclairer le passé embrumé de certains personnages et relier les ennemis dans les points communs. De l’ombre à la lumière, du mal au bien, il n’y a finalement jamais grand-chose. Un peu de brouillard qui défie le temps et est toujours aussi pesant aujourd’hui.

 

Série : Fog

Intégrale – Livre 2

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Cyril Bonin (Page Facebook)

Genre : Mystère, Thriller, Fantastique

Éditeur : Éditions du Long Bec

Nbre de pages : 240

Prix : 34,50€



Publié le 31/10/2017.


Source : Alexis Seny


Vehlmann et Yoann offrent une parenthèse à Spirou, tantôt super-groom, tantôt voyageur dans le temps et les paradoxes temporels

Astérix est là, ça va faire mal, ça va cogner la bagarre… mais Spirou n’est pas en reste et s’offre de folles aventures dans un hors-série concocté par un Fabien Vehlmann et un Yoann en grandes formes. Rien d’inédit pour les lecteurs indéboulonnables du Journal Spirou, mais un album officiel rassemblant les histoires courtes semées à force de numéros plus ou moins spéciaux depuis bientôt dix ans. Des caves de la rédaction à une dimension parallèle en passant par le Moyen-Âge.

 

 

 

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Les aventures de Spirou et Fantasio ne se déclinent pas que sous la forme d’histoires longues. La série compte aussi des histoires courtes tout à fait réjouissantes où Yoann et Vehlmann donnent libre cours à leur imagination débridée.

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Parfois calés dans le canevas resserré qui fait leurs histoires longues, Spirou et Fantasio s’offrent ici une bulle d’air qui brasse large et prouve à quel point le duo Vehlmann/Yoann peut être explosif en quelques cases et quelques planches décalées et référencées. Bon, peut-être pas sur l’inabouti Groom Toujours, mais sur le reste bien. Parce que c’est la naissance de Super-Groom, avant toute chose, faisant lien entre monde franco-belge et American comics universe. Un justicier au calot reconnaissable entre tous mais un peu gauche qui doit encore se roder avant de revenir en force très vite. Et quand on voit le boulot de Yoann sur Les Captainz, on ne peut qu’en avoir envie.

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Et puisque ce genre d’ouvrage et de récit court laisse les coudées franches avec en point de mire l’ambition de montrer les héros intemporels comme on ne les a jamais vus, Fabien Vehlmann et Yoann y vont gaiment allant tâter de la réalité parallèle dans une Chevauchée temporelle, qui, le temps d’une planche, transforme Spirou et Fantasio (Spip est, lui resté, sur le banc de l’Histoire) en pirates, auriges ou cowboys et soigne sa chute irrésistiblement délirante. Et dans Destins contrariés, le bouchon est poussé encore un peu plus loin (et Maurice n’est pas en cause cette fois) par les deux auteurs qui n’ont peur de rien et tout le monde de notre groom préféré s’en trouve chahuté : Dupilon est rédac’chef, Fantasio est gendarme et le Comte Champignac est passé du côté obscur de la force alors que Zorglub est garçon de café. Spirou, lui, est resté le même mais tente de surnager dans tout ça.

 

 

 

 

© Vehlmann/Yoann/Croix chez Dupuis

 

Ce hors-série s’apprécie comme une friandise gourmande et au-delà du fan-service de base. Ces histoires courtes méritaient un écrin. Et si vous préférez les noisettes, vous allez être servis puisqu’une fois le dernier mot « fin » venu, ne quittez pas tout de suite, il y a un post-générique : le Spip Magazine #1. Tout comme Spirou et Fantasio, Yoann est parti nettoyer son attirail de fascinant conteur d’histoires et Spip se rêve en héros casse-cou revêtant les atours que Frank, Mobidic, Joan, Krassinsky, Libon ou l’immense René Follet veulent bien lui prêter sur les coutures de Vehlmann. Ce Spip, il a du panache, on ne se le dit pas assez souvent dans les histoires de ses humains de propriétaires.

 

Série : Spirou et Fantasio

Hors Série 5 : Les folles aventures de Spirou

Recueil d’histoires courtes

Scénario : Fabien Vehlmann

Dessin : Yoann

Couleurs : Hubert & Laurence Croix

Genre : Aventure, Humour, Fantastique

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 64

Prix : 14,50€



Publié le 30/10/2017.


Source : Alexis Seny


Avec Gunblast Girls, Crisse revient dans la Science-Fiction qui bastonne dans ta face, minable !

Crisse nous revient avec une nouvelle série de SF. Plus en forme que jamais, il opère son come-back, en cette année 2017, seul aux commandes de son nouvel opus (Scénario-dessin) et par la même occasion, rejoint l'éditeur Lombard. Seul? enfin pas tout à fait, son retour s'opère avec la complicité de l'hyper talentueux Fred Besson qui excelle toujours dans la mise en couleur.

Résumé de l'éditeur : Zdenka et les filles de son gang s'étaient séparées suite à un casse qui avait mal tourné. Mais cette fois-ci, Zdenka est sur un gros coup, sans risque et bien payé, de quoi convaincre ses anciennes partenaires de reformer les « Gunblast Girls »... Elles devront faire traverser les lignes de l'Alliance à la fille du grand patron du consortium économique.
Mais la gamine s'avère moins facile à gérer que prévu. Et puis certaines milices ont visiblement un compte à régler avec Zdenka...

 

 

 

 

© Crisse - Lombard

 

Le récit n'est pas avare d'action. Il nous relate les aventures de Zdenka et de ses acolytes (Gunblast Girls) qui entreprennent d'escorter la fille d'un puissant homme d'affaire. Mais cette mission qui au départ semblait si facile à réaliser prendra un tournant inattendu et débouchera sur une suite d'événements des plus explosifs. mafia, Extra-terrestre livides, mineurs agressifs, braquage de train, mystères et autre complot sont les ingrédients de la recette qui compose cet album bien dynamique qui ne manque pas d'humour non plus.

 

 

 

 

© Crisse - Lombard

 

Le dessin de Crisse reste dans sa tradition. Une grande fluidité et un découpage qui donne un rythme soutenu. Son graphisme reconnaissable entre milles ne décevra pas ses fans de la première heure. On ne s'ennuie pas une seul seconde à la lecture et il parvient à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière page et fera trépigner d'impatience dans l'attente du tome 2.

 

 

 

 

© Crisse - Lombard

 

Last but not least, un petit cadeau vous attend en fin d'album avec un cahier de 8 pages de croquis des héroïnes, personnages secondaires, vaisseaux essais de couvertures et commentaires croustillants de l'auteur. Gunblast Girl est l'agréable Sur-Crisse-prise de l'année.

 

 

Titre : Gunblast Girl, Dans ta face minable !

 

Scénario, dessin : Crisse

Couleurs : Fred Besson

Genre : Science-Fiction

Éditeur : le Lombard

 

Nbre de pages : 46 + cahier graphique

Prix : 16,50€

ISBN : 9782803634927



Publié le 27/10/2017.


Source : Bd-best


L’ombre de l’aigle, le combat napoléonien-hispanique de la dernière chance est devenu voltige dans les mains de Rubén

Quand ça ne rentre pas par la porte, ça passe par la fenêtre et quand ça ne passe pas par l’écrit, ça passe par l’image ! Les bonnes histoires trouvent toujours leur chemin. C’est ainsi que Rubén (Del Rincon), après le tournoyant Insoumises, récidive aux Éditions du Long Bec à mettre en valeur le patrimoine espagnol et… napoléonien. Car si tout a été dit en français dans le texte il reste des cocasseries à raconter, avec la folie hispanique en intraveineuse.

Résumé de l’éditeur : Sbodonovo, 1812… Sur le champ de bataille, les troupes de Napoléon font face à l’armée russe. Sous l’oeil de Bonaparte, le 326ème régiment d’infanterie entame une incroyable manœuvre. La troupe, composée d’anciens prisonniers espagnols engagés comme chair à canon, tente de rejoindre les lignes russes. Son but : passer à l’ennemi. Mais l’ombre de l’Aigle plane sur la bataille : dans un instant, Napoléon va réagir. Et c’est ainsi que débute la plus formidable méprise de l’histoire militaire…

 

 

 

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

La campagne de Russie amène tout doucement la fin d’un règne. En mauvaise posture, Napoléon veut pourtant croire encore un peu à sa chance et il semblerait qu’au-dessus de ces plaines ensanglantées et percées par les canons fratricide pour ceux qui, les armes en mains, semblent être pourtant des frères. Il y a de toutes les nationalités sur ce champ de bataille, des français et des russes, des combattants d’ailleurs mis sous les couleurs des deux ennemis désormais intimes (la sueur et le sang, ça rapproche… un peu) et des Espagnols.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

Ces diables d’Espagnols qui ont tenté de déserter et sont désormais aux premiers rangs de Sbodonovo en train de faire gagner Napoléon, contre toutes attentes. Le Corse le voit bien depuis avec sa longue-vue, Labraguette en bégaye, et les héros du 326ème continuent à gagner mètre après mètre dans cette folie qui ne semblait pas les concerner jusque-là. Que l’aigle tienne et les autres suivront.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn

 

Et pourtant… au-delà des apparences, dans l’ombre de l’aigle, Munoz, Minguez, Pedro et tous les autres manient l’art du paradoxe, risquant leur peau et leur chair pour mieux se libérer du joug français et se réfugier dans les lignes… ennemies qui, en attendant, tirent à vue et à boulet rouge. Ça fait Zas-Raca-Boum, Cling-Clang.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

De cet enchevêtrement d’incompréhensions militaires, on ne sait pas de quoi le roman d’Arturo Pérez-Reverte était fait mais force est de constater qu’il ne pouvait rêver meilleur fer-de-lance que la grammaire graphique de Rubén Del Rincón. L’Espagnol qu’on avait découvert un peu plus avec ses insoumises détourne les codes guerriers pour en faire une grande farce sur laquelle il arrive pourtant à faire peser tous les enjeux de vie et de mort de cette aventure insensée. Ce ne sont plus des combats, c’est de la voltige.

 

 

 

 

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

 

Entre le sang chaud de ses héros (chacun avec une de ces gueules, mes amis) et le froid qui va engourdir les troupes napoléonienne, Rubén met le feu à la neige et à Moscou et impose son trait tournoyant, coriace, désespéré mais aussi fondamentalement comico-caustique sur cette bonne soixantaine de planches détonantes, généreuse et emplies de bravoure aux couleurs nuancées. Costaud !

 

Titre : L’ombre de l’aigle

D’après le roman d’Arturo Pérez-Reverte

Scénario, dessin et couleurs : Rubén Del Rincón (Page Facebook)

Genre : Guerre, Humour, Épopée

Éditeur : Éditions du Long Bec

Éditeur VO : El Corte Ingles

Nbre de pages : 64

Prix : 16,50€

 

 



Publié le 26/10/2017.


Source : Alexis Seny


Ruiz apporte une dynamique et une fluidité au monde de Magic 7

« - Nous… Nous n’avons toujours pas de nouvelles d’Alice.

-          Ne t’inquiète pas. J’ai mis mon meilleur détective sur le coup. Il sera plus efficace que la police.

-          C’est que…avec sa santé fragile, je n’ose imaginer ce qu’elle traverse.

-          Alice est bien plus forte qu’il n’y paraît.

-          Un de nos hommes nous rapporte l’existence d’un site internet parlant de jeunes avec des pouvoirs.

-          S’il n’y en avait qu’un… »

 

Le père de Léo est bien placé pour le savoir. Il connaît les sept mages et leur puissance. C’est d’ailleurs pour cela que Milo le télépathe est séquestré au fond d’un silo, afin qu’il ne puisse pas contrôler la pensée de ceux qui l’approchent.

 

 

 

 

 

 

 

© Toussaint - Ruiz pour Dupuis

 

 

Pendant ce temps, Léo, perturbé par ses lectures dans la bibliothèque de son père, prend ses distances avec ses camarades. Ça ne durera pas. Il faut sauver Alice qui traîne dans un casino mafieux, et on est plus fort à plusieurs que seul.

 

Kid Toussaint a réussi son pari : faire de Magic 7 une série avec laquelle il faut compter. Ce cinquième opus donne à la série un élan important. La mise en place est terminée et on est dans le vif de l’action. Grâce un rythme de parution soutenu, le scénariste a pu installer de solides fondations assez rapidement.

 

 

 

 

 

 

Comme analysé dans la chronique du tome précédent ( http://www.bd-best.com/quelques-planches-de-bd-en-plus-sur-la-plage-de-vos-vacances-part-8-news-9381.html ), Kenny Ruiz passe du statut de révélation à celui de maître d’œuvre. Ses planches de transition de Vérités lui ont permis de prendre la main sur la série. Ce changement de dessinateur est une bonne décision. Même si le travail en duo de La Barbera et Quattrocchi était fort honorable, Ruiz apporte une dynamique et une fluidité au monde de Magic 7. Les scènes au casino et les créations de monstres de Fabrice explosent de vitalité. Le tout est servi par les couleurs de Noiry, servant les différentes ambiances avec des tons colorés, aidant à la transition avec les diverses séquences mettant en scène les nombreux personnages.

 

            Un projet d’adaptation de Magic 7 en dessin animé est dans les cartons. Est-ce le signe que l’Europe va se mettre à adopter la culture nippone qui transforme rapidement en anime les succès du manga ?

 

Série : Magic 7

Tomes : 5- La séparation

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Kid Toussaint

Dessins : Ruiz

Couleurs : Noiry

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800169712



Publié le 26/10/2017.


Source : Laurent Lafourcade


Luc Mazel est un dessinateur hors pair dans le style franco-belge grande époque

 «  - Annabelle Babble ! ça alors, quelle bonne surprise !

-          Mathilde ! Alfred ! ça fait si longtemps !

-          Annabelle, toi ici ! Tu t’es lancée dans la restauration à ce qu’il paraît ?

-          Oui, et voici mes associées.

-          Sacrée Annabelle, toi qui rêvais d’évangéliser les indiens ! (…) Nous sommes désolés ! Cette fusillade ne vous était pas destinée.

-          A qui alors ? Que se passe-t-il ? Vous avez des ennuis ?

-          C’est notre fille Jessie Jane qui nous cause du souci avec nos voisins.

-          Jessie Jane ! C’est vrai, où se cache ma filleule ? Elle doit avoir bien grandi maintenant.

-          Hélas ! »

 

 

 

© Mazel - Frydman pour Dupuis

 

 

Lorsqu’avec mes deux compatriotes, la bourrue irlandaise Alma et la délicate intellectuelle Alexandrine Dumas, nous arrivâmes au ranch Parsons, nous ne nous attendions pas à trouver les parents de ma filleule dans un tel désarroi. Je ne savais pas que cette dernière était devenue l’égérie de la plaine, la pin-up du Far-West, sexy oui, mais au colt acéré. Je ne l’avais plus vue depuis ses six ans.

 

 

 

© Mazel - Frydman pour Dupuis

 

 

Nous sommes cantinières. A bord de notre food-truck, ou plutôt chariot-cantine comme on l’appelait à l’époque, nous parcourions l’ouest américain. Dans « Flirt à la Winchester », nous avons hérité de la surveillance de Jessie. Ses prétendants sont un tantinet envahissants. Ses parents refusent de la laisser se rendre seule chez Parsifal Brown. Elle a été promise en mariage à son fils, mais les parents Parsons se sentent trop vieux pour l’accompagner. En plus de marraine, ils m’ont attribué la lourde charge de témoin. J’ai donc l’idée de la conduire à destination dans la carriole de mes associées. Ha, elle va en manger la jolie Jessie du potage de consommé de fayots, des fayots en gelée, des paupiettes de fayot et de la macédoine de fayots ! Mais à nous la charge de ne pas laisser les jolis cœurs s’approcher trop près. Entre amoureux transis, vils cow-boys et braves pieds-jaunes, les flings vont pétarader.

 



Dans « Le shérif à quatre étoiles », nous allons nous trouver confrontés à un groupe de malfaisants opprimant une ville où plus personne n’ose représenter la loi. Avec Jessie et mes collègues, nous allons arborer l’étoile de la justice. Prenez garde à vous Ron Reg, Willie le veinard, Chuck Bradfer et Bullet Mackintosh. Vos hold-ups sont comptés !

 

Nos deux grandes aventures sont réunies dans cette belle intégrale, accompagnées d’un court récit « enplumé ». L’introduction de Patrick Gaumer nous en apprend énormément sur la genèse, la vie et la disparition de cette série qui avait tout pour devenir un incontournable de chez Dupuis, et qui s’est retrouvée fauchée en plein vol, ou plutôt en pleine plaine.

Gérald Frydman, le scénariste, vient du milieu du cinéma. Il insuffle à la série une énergie spécifique toute faite pour l’envolée du graphisme de Mazel. Frydman ne s’est pas attardé dans le neuvième art. Outre Jessie Jane, il fait une incursion chez Pilote où il travailla avec Touïs sur Sergent Latterreur, aujourd’hui réédité chez Le Coffre-à-BD.

Luc Mazel est un dessinateur hors pair dans le style franco-belge grande époque. Les personnages secondaires ont des trognes tout droit sorties des westerns à la papa avec John Wayne. Jessie Jane est sexy, belle et rebelle. Les chevaux sont maîtrisés. Bien sûr, certaines scènes pourraient se trouver dans un épisode de Lucky Luke, comme celle où des indiens tournent autour de chariots placés en formation arrondie. Mais la série aurait offert un joli parallèle au monde de Morris sans marcher sur ses plates-bandes. D’ailleurs, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre avait déjà quitté la maison Dupuis au moment où la belle cow-girl arpentait les plaines du Far-West.

 

 

 

 

© Mazel - Frydman pour Dupuis

Les caractères apparemment antagonistes de Charles Dupuis et de Luc Mazel ont empêché chacune de ses séries de se transformer en succès. Et pourtant… Aussi bien Câline et Calebasse, les mousquetaires, que Boulouloum et Guiliguili, les jungles perdues, réunissaient toutes les conditions, au même titre que Jessie Jane, pour devenir de grandes collections dans le catalogue de l’éditeur, à l’égal des Tuniques Bleues, des Petits Hommes ou du Scrameustache. Dans le cas précis de la série ici concernée, Patrick Gaumer raconte qu’un auteur maison se serait plaint auprès de Monsieur Dupuis que Jessie Jane risquerait de faire de l’ombre à son héroïne. Ainsi fut-elle enterrée alors que le scénario du troisième épisode était prêt à être dessiné.

Bref, des conséquences de cette mésaventure, il reste cette magnifique intégrale, chevauchée humoristique et aventure dynamique. Allez, Jessie, ta marraine te ramène au ranch !

 

Série : Jessie Jane

Tome : Intégrale

Genre : Western

Scénario : Frydman

Dessins : Mazel

Couleurs : Léonardo

Éditeur : Dupuis

Collection : Dupuis Patrimoine

Nombre de pages : 160

Prix : 28 €

ISBN : 9782800170266



Publié le 26/10/2017.


Source : Bd-best


Tank Girl, Art of Wakfu, Piège sur Zarkass, un festival de sorties étonnantes en octobre chez Ankama

Ankama nous offre en ce dernier trimestre 2017, un panel de sortie flamboyant. Cette fois nous nous intéressons particulièrement à celles d'octobre et en l’occurrence à trois albums et recueils qui méritent le coup d’œil.

Commençons par Tank Girl. On ne la présente plus, sauf si vous habitez sur une île déserte perdue au milieu de l'océan dépourvue de connexion wi-fi et de liaison satellite ou si elle n'est carrément pas votre genre. Tank Girl, cette nana déjantée est née sous les plumes d'Alan Martin et Jamie Hewlett. Souvenez vous du design des clips du groupe Gorrilaz, c'était l'un d'entre eux.

Résumé de l'éditeur : Égérie de la BD britannique du début des années 90, Tank Girl remonte à bord de son char blindé et repart à l'assaut du monde ! Sex, drugs and rock'n'roll ! Après une pause de vingt ans, Jamie Hewlett (Gorillaz), cocréateur de Tank Girl, reprend les armes ! Pour 21st Century Tank Girl, Jamie rejoint son binôme Alan Martin et une équipe de six dessinateurs (vétérans et nouveaux venus) pour vous délivrer une bombe ultime de stupidité. Tout le monde à terre, protégez vos parties intimes et préparez-vous à un carnage épique !

 

 

 

 

 

 

© Alan Martin, Jamie Hewlett, Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards, Craig Knowles pour Ankama

 

Ce nouvel album développé sous crowfunding nous revient chez Ankama avec de tout nouveaux récits. Et il s'entoure de talents tels que Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards et Craig Knowles, une dream team absolument fabuleuse pour ce come-back exceptionnel. Tous les ingrédients adorés des fans sont bien là, ils ne seront pas déçu. Chacun des auteurs y va de sa petite histoire, bourré d'humour, osé avec des personnages tout aussi haut en couleurs que Jet Girl, Barney ou encore Booga.

 

 

 

© Alan Martin, Jamie Hewlett, Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards, Craig Knowles pour Ankama

 

 

Un retour vachement bien réussi qui nous mets l'eau à la bouche et nous fait espérer un retour plus prononcé de Jamie Hewlett plus précisément !

Titre : Tank Girl : 21st Century

Tome : 1

Scénario et dessin: Alan Martin, Jamie Hewlett, Philip Bond, Bret Parson, Jim Mahfood, Warwick Johnson Cadwell, Jonathan Edwards

Coloriste : Craig Knowles

Genre : Action, Aventures

Éditeur : Ankama

Prix: 13.90 €

ISBN : 9791033504795

 

 

 

 

THE ART OF WAKFU saison 3

Vous rêviez de découvrir l'envers du décors de Wakfu? Vous étiez impatient de lever le voile sur les secrets de conception de cette saison 3? Vous allez vous régaler sur ce recueil de plus de 200 pages dans un format à l'italienne enrobé d'une jaquette sublime au demeurant agréable au touché, excusez du peu !

Résumé de l'éditeur : Cet artbook bilingue français-anglais dévoile les coulisses de la saison 3 de Wakfu. Pour célébrer le retour de la série sur le petit écran, l’équipe de Wakfu s’est donnée corps et âme afin de vous faire vibrer. Les rebondissements en surprendront plus d’un et vous tiendront en haleine. L‘artbook vous révélera les dessous et les secrets de cette nouvelle saison !

 

 

 

 

© Ankama

 

Voilà en quelques sortes tout est dit ou presque. Cet élégant pavé vous en mettra plein les yeux et vous propose études et détails de personnages, anecdotes, traits de caractères, le développement, en résumé, tout ce que vous devez savoir en étant un fan pur et dur sur cette troisième saison qui à mis tout de même pas loin de cinq années à se concevoir.

Ce bijou graphique est agrémenté d'une préface de TOT et d'un avant-propos de Fabrice Nzinzi. Du pur bonheur pour les amateurs de Wakfu.

Titre : The Art of Wakfu saison 3

Auteurs : Collectif

Éditeur : Ankama

Collection : Krosmoz

Prix : 25,90 €

ISBN : 9791033504740

 

 

 

 

 

PIEGE SUR ZARKASS, l'intégrale

Figure française emblématique du roman de SF française, Stefan Wul s'est imposé avec ses récits en très peu de temps. L'éditeur à eu la bonne idée de transposer en BD et s'entourer des talents de Didier Cassegrain (dessinateur) et Yann (scénariste). Ces derniers ont su adapter intelligemment toute l'essence de Piège sur Zarkass avec brio. Le scénariste nous gratifie comme à l'accoutumée de ses joutes verbales et de son arc narratif incomparable. Le graphisme de Cassegrain ne déroge pas à la règle et nous émerveille par son style unique. Dans cet intégrale sont donc condensé les trois albums paru avec un cahier supplémentaire contenant interview, illustration et études de personnages. On ne se moque donc pas du lectorat. Un achat indispensable qui trouvera une place de choix dans votre bédéthèque !

Résumé de l'éditeur : Comptoir terrien de la planète Zarkass. De mystérieux engins volants de forme triangulaire perturbent l’harmonie instaurée entre la population indigène et la colonie humaine implantée. Qui pilote ces Triangles et quel est le but de leurs manœuvres dans l’espace aérien du protectorat ?

 

 

 

 

© Cassegrain - Yann pour Akama

 

 

Escortées par un équipage d’autochtones, deux agents aussi dissemblables qu'incompatibles se voient dépêchées sur place : Louis, officier scientifique délicate et raffinée ; et son guide Marcel, coéquipière aussi rude que râblée.

Leur couverture : étudier faune, flore et coutumes Zarkassiennes. Leur mission officieuse : accéder à la zone où l’un des vaisseaux aliens semble s’être crashé... Mais dans la jungle luxuriante et menaçante de Zarkass, les deux jeunes femmes ne tardent pas à soupçonner que chacune dissimule les véritables motifs de sa présence...


Titre : Piège sur Zarkass, l'intégrale

Auteurs : Yann et Cassegrain

Éditeur : Ankama

Prix : 19.90 €

ISBN : 9791033504764



Publié le 26/10/2017.


Source : Michel D.


L’automne à Pékin, le roman sans queue ni tête de Vian dominé de la tête aux pieds par les Brizzi Brothers

Mais qu’allait-il faire dans ce… désert ? Septante ans après sa parution, l’inclassable roman de Boris Vian, « L’automne à Pékin » (qui ne se passe ni en automne, ni à Pékin et tout juste compte-t-il quelques pékins qui vont se révéler aussi barges que ce titre délirant), sème ses grains de sable plus que ses feuilles mortes dans une bande dessinée de Gaëtan et Paul Brizzi totalement acharnée à rendre au mieux le grand n’importe quoi de Vian. Ça fonctionne du tonnerre !

 


 

 

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur : Il ne sera question ici ni de Pékin, ni d’automne mais d’une valse de rencontres impromptues entre des personnages loufoques (atypiques) dans des situations pour le moins cocasses, et dans un décor étonnant. Chacun est arrivé là, porté par de curieuses ambitions, des appétits déraisonnables ou des rêves insensés. Une foule se presse alors au milieu de nulle part. En Exopotamie (pays loufoque inventé par Vian), les masques vont tomber.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Il n’est jamais trop tard pour se lancer dans la BD. N’ayant plus rien à prouver dans le domaine de l’animation où ils sont passés maîtres (des Studios Disney et de La bande à Picsou, notamment, à La surprise de César ou le court-métrage qui les a césarisés, Fracture, sans oublier leurs storyboards et illustrations), les Brizzi Brothers ont décidé d’en découdre avec le Neuvième Art.

En 2015, d’abord, en compagnie d’un autre nouveau venu du cinéma, Christophe Malavoy, et d’une autre figure du patrimoine littéraire français, Louis-Ferdinand Céline et La cavale du Dr. Destouches. Avec Vian, Gaëtan et Paul Brizzi (au scénario comme au dessin) retrouvent des couleurs pour brasser les destins fulgurants et semblant inconciliables de personnages pas piqués des hannetons.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Oeuvre chorale dont l’absurde est maître de cérémonie, L’automne à Pékin est une curiosité qui tel un cyclone en plein désert emporte tout sur son passage, de cet ingénieur de la Wacco qui périra décapité, de ce médecin farfelu et savant fou à ses heures perdues, de cet Indiana Jones de pacotille qui découvre une cité antique, de ce prêtre aux yeux et mains baladeurs en passant par cette jolie fille aux charmes ravageurs et ce duo mal-assorti composé de Anne le musclé fonceur et Angel (le même que dans L’Attrape-coeurs) le maigrelet tourmenté. Alors que le chantier qu’il décrit n’est pas forcément sur les bons rails, voilà un roman qui déraillait à volonté et contenait tout l’ADN d’un Tex Avery pour nous faire sortir les yeux des trous.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Et ça, Gaëtan et Paul Brizzi y parviennent à merveille tirant le meilleur de cette oeuvre radicalement surréaliste, menée par les pulsions et les réflexes plus que par un raisonnement intellectuel. Les deux jumeaux font indéniablement partie de ses auteurs dont le trait ne demande qu’à s’animer, bourré de vie dans tous les sens et faisant lien ténu entre Neuvième et Septième Arts.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

L’automne à Pékin, c’est complètement fou, barré, incompréhensible aussi et c’est ça qui en fait la saveur. Vian y prédomine, se demandant si le non-sens qu’il décrit n’est pas celui du monde qui l’entoure, mais cette adaptation en bande dessinée est aussi traversée par un Jacques Tati mais aussi un Franquin période « Idées noires.

 

 

 

 

© Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis

 

Un café enfumé, une route de tard le soir, le mur d’un temple ancien recouvert de hiéroglyphes exopotamiens ou un désert désespéramment jaune, aucun ne résiste aux ambiances amenées par les Brizzi Brothers. Et si tout cela semble sans queue ni tête, le sujet est lui dominé de la tête aux pieds. 

 

 

Titre : L’automne à Pékin

D’après le roman de Boris Vian

Scénario, dessin et couleurs : Gaëtan et Paul Brizzi

Genre : Aventure, Humour, Absurde

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 120

Prix : 21€



Publié le 26/10/2017.


Source : Alexis Seny


Harmony 3 : ce n’est plus de la BD, c’est du cinéma… du bon !

Après deux albums qui tenaient le haut du pavé dans la mare des bandes dessinées pour ados (mais pas que), Harmony revient dans un troisième tome qui sent la fin de cycle. Mathieu Reynès ne relâche pas la tension et assène encore quelques révélations et beaucoup d’explosions. Ça boume, et on ne croit pas si bien dire.

 

 

 

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Résumé de l’éditeur : Parce qu’elle est différente des autres adolescents, parce que la puissance de son don télékinésique n’a d’égale que la force de sa détermination, Harmony a pris sa décision : elle ira porter secours à Payne et à Eden, ses amis toujours prisonniers du camp d’entraînement d’où on l’avait extirpée quelque temps plus tôt, et rien ni personne ne pourra l’empêcher de mener sa mission à bien. Pas même William Torres, surnommé Nita par la vieille chamane Mahopmaa et qui constitue à ce jour son plus proche soutien.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Il est de bon ton et de qualité d’avoir une série fantastique et héroïque chez Dupuis. Magic 7 et Harmony en sont les preuves brillantes. Et ce troisième tome, tel une course folle emmenée comme un bon blockbuster l’est au cinéma, ne nous laisse aucun répit, aucun temps mort face aux enjeux dont notre monde dépend. Et cette fois, la tâche de notre héroïne et de ses gentils petits amis (néanmoins redoutables) emprisonnés pour des besoins plus militaires que scientifiques, va se compliquer encore un tout petit peu avec l’arrivée d’un mutant antique. Dont la force s’est décuplée depuis 4000 ans à force de mûrir sa jalousie et d’ourdir sa vengeance, lui qui devait être roi et qui s’est retrouvé à n’être rien. Associé avec le tyran qui en veut tant à Harmony et à ses pouvoirs, ça risque de faire mal. Une héroïne qui n’a pas peur de se « sacrifier » pour aider ses comparses.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Entre jour et nuit, chiens et loups, calme et tempête, c’est un spectacle terrible que Mathieu Reynès sort de son crayon. Au fil des planches, on mesure à quel point ce tome 3 a dû être oeuvre de sacrifices et de patience, de difficultés graphiques aussi.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès/Valérie Vernay chez Dupuis

 

Pourtant, Reynès s’en sort haut la main en proposant un rythme et un sens du découpage impériaux, terriblement efficaces et résistant à la facilité. La pellicule s’embrase sous les couleurs ombragées et lumineuses de l’auteur et de Valérie Vernay, on attrape le pop-corn, ce n’est plus de la BD, c’est du cinéma… qui réussit à garder le supplément d’âme du dessin.

 

 

 

 

© Mathieu Reynès

 

Et quand arrive la dernière planche, le cycle se finit pour s’ouvrir sur un autre. Le suspense est relancé. Cette histoire ne ferait que commencer, nous n’allons pas nous en plaindre !

 

Série: Harmony (Facebook)

Tome: 3 – AGO

Scénario et dessin: Mathieu Reynes

Couleurs: Valérie Vernay et Mathieu Reynes

Bande Originale: Thomas Kubler

Genre: Fantastique, Thriller

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 56

Prix: 12€



Publié le 25/10/2017.


Source : Alexis Seny


Entre sang neuf et héritage, les monstres d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux d’hier #9 : du Danemark au Krakatoa, il n’y a qu’un… Cri de Munch

Plus d’un mois avant la date fatidique et mortelle, les magasins s’habillaient déjà de leurs plus frissonnants atours et mettaient en vitrine des costumes plus halloweenesque les uns que les autres. Les monstres sont de retour. Et même si leur âge d’or est passé depuis longtemps, ces créatures, nouvelles ou archaïques, n’ont pas dit leur dernier mot. Alors que Universal se prépare à réveiller un peu plus les monstres les plus incontournables du cinéma avec son Dark Universe, la bande dessinée n’est pas en reste. Petit tour d’horizon des parutions récentes, histoire que vous soyez fin prêts pour le 31 octobre. Pour l’épisode 9, faisons coup double en plongeant dans les entrailles de la terre. Qui sait dans quel état nous en ressortirons.

 

 

 

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt



Résumé de l’éditeur : 1890, Copenhague. Edvard Munch, déjà fragile mentalement, est interné en secret suite à la mort de son père. Face à la détresse d’une amie du peintre, le directeur demande l’assistance d’un jeune médecin ouvert aux nouvelles théories psychanalytiques. Ensemble, ils pensent avoir découvert l’origine du traumatisme de Munch et décident de l’emmener au bout du monde se confronter à son propre cauchemar.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt



Alors que le Chat, les Bidochons et d’autres héros populaires ont pris l’habitude de visiter les musées dans des ouvrages souvent faciles, Alcante et Gihef nous ouvrent pour la deuxième fois les portes du Dark Museum en ralliant à leur cause Luc Brahy et Delphine Rieu. Après American Gothic, les quatre auteurs ont trouvé un autre tableau incontournable pour assouvir leur soif de secrets fantasmés et terrifiants : Le Cri d’Edvard Munch. L’oeuvre la plus chère et la plus glauque du monde possédait dans son ciel torturé et surtout dans ce visage de l’effroi tout l’ADN pour nous entraîner dans la fièvre et le sang, dans une histoire qui dépasse l’entendement et les lois humaines.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt

 

Après un premier tome qui nous file encore des frissons rien que d’y penser, Alcante et Gihef récidivent dans le monde des arts et du bizarre. Cette fois, c’est Alcante qui a pris le tableau par les cornes du diable (American Gothic était un peu plus l’idée de Gihef) et qui nous emmène dans son antre, serrés par l’étreinte de la folie. Retrouvant Edvard Munch dans un asile et en proie aux pires tentations, comme mu par une force qui le dépasse, un esprit surhumain. Plutôt que d’aller lui chercher un exorciste, le duo de scénaristes offre au peintre torturé une balade de santé au bon air de l’Indonésie, lui proposant de soigner le sang par les cendres et la lave du… Krakatoa.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu chez Delcourt

 

Ça en jette comme pitch, non ? Et vous n’allez pas être déçu par la suite. Comme toujours, l’aventure (car c’en est une réelle et baignée dans l’horreur) ne se révélera pas de tout repos et les embûches auront tôt fait de tomber un à un les membres de cette véritable expédition aux frontières de l’humainement acceptable. Liant l’homme et le tableau à de noirs desseins qui les dépassent, la joyeuse troupe de conservateurs du musée des horreurs réussit à égaler la force du premier tome.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu

 

Dans un autre registre graphique, Luc Brahy succède à l’impérial Perger et réussit à nous emporter avec son dessin incandescent capable de passer d’Indiana Jones à Kon-Tiki (avec une superbe planche muette et pourtant criante de la détresse d’un voilier mis à mal par des requins) et de marier les ambiances glaciales du Copenhague de 1890 avec, quelques planches plus tard, la sueur et la tension palpable dans la jungle indonésienne. Delphine Rieu fait peser les ombres sur le visage de Munch et donne toute sa puissance au feu de la colère qui ravage le final de l’album. Le fantastique mène la danse, macabre et irréversible car rien ne sera jamais comme avant.

 

 

 

 

© Alcante/Gihef/Brahy/Rieu

 

La collection n’est pas temporaire et la vraie vie qui se cache derrière les tableaux se grave dans le marbre, dans la tête, dans les yeux. Qu’on soit sur la digue et sous ce ciel brûlant ou dans son fauteuil sous un lustre tamisé, on se prend la tête entre les mains, le cauchemar ne fait que commencer quand arrive le mot fin. Bonne nuit (ou pas).

 

Alexis Seny

 

Série : Dark Museum

Tome : 2 – Le Cri

Scénario : Gihef et Alcante

Dessin : Luc Brahy

Couleurs : Delphine Rieu

Genre : Horreur, Aventure

Éditeur : Delcourt

Collection : Machination

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€



Publié le 23/10/2017.


Source : Bd-best


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