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Spirou 4316 -  30 Décembre 2020

 

 

 Les bonnes résolutions de nos auteurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

            Les deux Fabrice sont au taquet pour fêter leur centième édito et la nouvelle année qui s’annonce. Armés de gel hydroalcoolique à gogo, la covid-19 ne passera pas par eux…ni par Spirou par conséquent. Avec ça, on est bien protégés.

            Avec les bonnes résolutions des auteurs du journal, le cauchemar 2020 va prendre fin, c’est certain. 2021 s’annonce comme une année de fête. Ce ne sont pas Bernstein et Priou qui vont nous contredire avec leur hilarant récit complet.

 

            Le traditionnel calendrier annuel est au rendez-vous de ce numéro. Chaque mois de votre nouvelle année sera orné d’un de vos héros favoris du journal. Moi, c’est l’Agent 212. J’dis ça, j’dis rien.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 


© Barbucci, Di Gregorio – Dupuis

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Le patient A

Louca : Foutu pour foutu

Ministère secret (Le)

Télémaque : L’impossible retour

 

 

Récit complet :

 

2021 c’est party ! (Bernstein & Priou)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Kahl & Oörth

Kermesse existentielle (La pause-cartoon)

Nelson

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Bonnes résolutions de nos auteurs pour 2021 (Les)

Coin des lecteurs (Le) : Nob

En direct du futur : La charge des cavaliers (Libon)

Jeux : Bonne année à la rédac (Priou & BenBK)

Oncle Pop (L’) : Espions

Spirou et moi : Lucy Mazel

 

 

Supplément abonnés :

Calendrier 2021

 

 

 

En kiosques et librairies le 30 décembre 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 30/12/2020.


Source : Bd-best


Décès d'Arthur Berckmans plus connu sous le pseudo de Berck.

 

 

 

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès d'Arthur Berckmans plus connus sous le pseudo de Berck.

 

 

Dessinateur de la série Sammy, il avait illustré son dernier album en 1994 laissant place à Jean Pol à partir de 1996.

Arthur Berckmans suit à Bruxelles les cours de la section Arts décoratifs de l’Institut Saint-Luc et, à Louvain, ceux de dessin d’anatomie. À l’âge de 18 ans, il trouve un emploi chez les jésuites à Louvain : mi-temps administratif et mi-temps pour l’illustration de la publication religieuse Pro Apostolis4 dans laquelle il relate la vie des saints en bande dessinée. Huit ans plus tard, Berck se présente aux éditions du Lombard où il réalise des illustrations pour le journal Chez Nous. Il fait également du dessin publicitaire pour la firme de chocolats Victoria.

Raymond Leblanc le fait débuter dans Le Journal de Tintin avec Strapontin, un chauffeur de taxi parisien, d’après un scénario de Goscinny. Ils animent ensemble cette série durant six ans puis Berck la poursuit avec le scénariste Jacques Acar durant deux ans.

L’humour de Berck est souvent un peu grinçant, surtout dans les aventures qu’il imagine lui-même. C’est ainsi qu’il crée, en 1961, Ken Krom, pastiche de James Bond, lequel était alors très à la mode. Il lui faut abandonner cette veine car son éditeur craint de provoquer des protestations.

Avec Yves Duval comme scénariste, il dessine Rataplan, jeune tambour napoléonien accompagné d’un grognard.

En 1967, il quitte Tintin pour le journal de Spirou où il dessine, sur des scénarios de Raymond Macherot et d'Yvan Delporte, les aventures du capitaine Mulligan, qui pilote un remorqueur dans le port de New York, au début des années 1930.

En 1969, Berck propose à Raoul Cauvin de créer une BD sur des détectives qui évolueraient dans les années 1920-1930. Cauvin, qui trouve qu’il y a trop d’histoires d’incorruptibles, lui suggère plutôt d’animer une série qui aurait pour héros des gorilles. Sammy et son patron Jack Attaway apparaissent dans Le journal de Spirou en mars 1970. Ce célèbre duo tient à Chicago une agence de « Gorilles en tout genre » à l’époque de la prohibition. Au cours de leurs aventures, Sammy et Jack sortent de Chicago et voyagent partout dans le monde.

Berck par ailleurs aimerait se lancer dans une série humoristique sur les cow-boys, mais il n'a pas le temps de s'y consacrer. Car outre sa production abondante chez Dupuis, il dessine aussi pour les Pays-Bas : De Donderpadjes, une histoire de scouts, Lowietje, les aventures d’un petit garçon orphelin et riche héritier, série que Dupuis a reprise pour l’édition française de Spirou (Lou).

 

 

 

 

© Berck - Cauvin - Dupuis

 

 

Toute la rédaction présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis.



Publié le 28/12/2020.


Source : Bd-best


Concept Webcomic : la bande dessinée 3.0.  La fin des Irin

« - Laissez-moi tout d’abord vous dire à quel point nous vous sommes reconnaissantes de vous occuper de nous. Et je vous promets qu’Anahita l’est aussi.

-          Ecoutez… Moi aussi, j’ai une fille adolescente donc je compr...

-          Un homme tellement intelligent ! J’ai su dès que j’ai lu votre article que vous pourriez aider mon Anahita.

-          Mme Qureshi, j’ai accepté de suivre Anahita d’après les données transmises par son ancien médecin, et à votre demande. Maintenant que j’ai procédé à mes propres examens, je suis navré de vous dire que les données d’Anahita ne remplissent pas les critères que j’ai établis pour ces tests expérimentaux…

-          Ma fille est une personne, pas des données ! »

 

 

 

 

 

 


 

La jeune Anahita se bat contre la maladie. L’adolescente d’origine arménienne vit en Suède avec sa mère. Malgré tous les tests effectués, jusqu’aux plus expérimentaux, les médecins restent énigmatiques, circonspects, intrigués. Mais pourquoi ce professeur envoie-t-il des informations par intranet dans l’espace ? Ce que ne sait pas encore Anahita, c’est qu’elle descend des familles divines de Baal et de Yahweh, en conflit depuis des millénaires et que l’avenir de la Terre dépend d’elle.

 

 

 

 

© Wildfry, McMillan, Gort

 

 

La terre, 591 avant Jésus-Christ. Le mal et le bien, le diable et le dieu, Baal et Yahweh, qui est diable, qui est dieu ? le peuple doit-il choisir son maître. Mais la civilisation antique n’est pas tout à fait comme les livres nous la racontent. Un homme en combinaison de cosmonaute veille sur la cité et maîtrise les débordements qui s’y passent. Mais lorsque meurt le seigneur Marduk, c’est la panique, un fléau et une malédiction se sont abattus. Comment un peuple peut-il se relever de la mort d’un dieu ?

 

 

 

 

© Wildfry, McMillan, Gort

 

 

La fin des Irin est un roman dessiné exigeant et conceptuel. Il offre une nouvelle vision de l’histoire du monde et des religions. Créé par Wildfry, l’auteur a trouvé ses sources lors d’un voyage à Baalbek au Liban. Ses recherches ont donné quelque chose de plus qu’une simple histoire. A la manière du Chant des Stryges, Last of the Irin, en français La fin des Irin, est un concept. Les Stryges et les Irin ont pour point commun de placer les hommes en tant que créatures manipulées par des entités d’une intelligence supérieure. Parmi tous les personnages de l’univers des Irin, Wariq tire son épingle du jeu par son côté mystérieux et tourmenté.

 

 

 

 

© Wildfry, McMillan, Gort

 

 

Wildfry profite d’un site internet permettant de développer son intrigue et d’afficher ses ressources afin d’immerger les lecteurs dans son univers. L’onglet Histoire présente chacun des personnages, les technologies, les lois et les lieux du récit. On y parle également de virus… L’onglet Codex contient, comme il le définit, la vérité nue. Un travail encyclopédique a été mené par les auteurs pour proposer des clefs presque muséographiques.

Dans son interview, Rob McMillan, à qui Wildfry a confié l’écriture, déclare : « Le concept de la fiction de Last of the Irin n’était pas de réinterpréter le passé, mais d’y revenir et de le redessiner sous une forme qui conviendrait à notre temps, de nous débarrasser de la continuité littéraire devenue le collier serré autour de notre cou qui nous empêchait d’avancer. » Il montre ainsi que les auteurs ont tenté d’occulter des postulats scories qui empêchent de développer d’autres façons d’imaginer l’histoire de l’humanité.

 

 

 

 

© Wildfry, McMillan, Gort

 

 

La fin des Irin est publiée par épisode tous les mercredis sur le site dédié à la série. Le premier volume de la trilogie est bouclé. Le deuxième épisode débute en janvier. Une version physique devrait paraître en 2021. Chacun des trois tomes sera dessiné par un auteur différent. Wouter Gort est aux manettes du premier, dans une ambiance que ne renierait pas Jean-Michel Ponzio.

 

Ce concept novateur de prépublication sur le net utilise tous les atouts de l’outil. Le monde des Irin devient, grâce à la toile, un univers aux méandres multiples à explorer et à découvrir de jours en jours. Clairement, après des tentatives courageuses et malheureusement méconnues comme MediaEntity paru chez Delcourt, nous sommes ici dans une proposition 3.0 de ce qui peut être la bande dessinée de demain.

 

Le lien https://lastoftheirin.com/?lang=fr&utm_source=BDBest&utm_medium=article&utm_campaign=pr  vous  fera découvrir ce monde pluriel.

 

Si Stanley Kubrick avait rencontré Enki Bilal dans une soirée organisée par Alejandro Jodorowsky, ensemble, ils auraient écrit quelque chose comme La fin des Irin.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : La fin des Irin

 

Lien vers le site :

https://lastoftheirin.com/?lang=fr&utm_source=BDBest&utm_medium=article&utm_campaign=pr  

 

Genre : Anticipation 

 

Créateur : Wildfry 

 

Auteur : Rob McMillan 

 

Artiste : Wouter Gort 

 

Éditeur : Auto-publication

 

Nombre de pages : 190 

 



Publié le 22/12/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4315 -  23 Décembre 2020

 

 

Plaisirs d’hiver en famille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            La family de Family life nous souhaite à tous de bonnes fêtes dans les rues enneigées de la ville. Qui c’est qui va se prendre le plus de boules de neige ? Papa, ou bien une de ses gamines ? Tendre, émouvante et drôle à la fois, la série de Jacques Louis s’impose comme une incontournable du magazine, une de celles dont on se dit « Chouette ! » quand on la voit au sommaire.

 

            Il n’y aura pas que pour Family Life que la neige va tomber. Six coups a droit à ses flocons, ainsi que Hohoho, le détective Noël de Boriau et Gorobei.

 

            Questions rubriques, les résultats du concours cover challenge sont à mourir de rire.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Mathieu, Erre, Fabcaro – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Le patient A

Louca : Foutu pour foutu

Ministère secret (Le)

Télémaque : L’impossible retour

 

 

Récits complets :

 

Hohoho, détective Noël (Boriau & Gorobeï)

Six coups

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Léon & Lena

Millborough (La pause-cartoon)

Professeur Foldogon (La pause-cartoon)

Nelson 

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Lécroart

En direct du futur : L’adorable Crapule (Deglin)

Jeux : L’invasion des raptors (Waltch)

Leçon de BD (La) : Domecq

Résultats du concours Cover Challenge

 

 

Supplément abonnés :

Poptastic : Le sapin de la rédac

 

 

 

En kiosques et librairies le 23 décembre 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 



Publié le 21/12/2020.


Source : Bd-best


Le prix du sang et des larmes.  Le réseau Papillon 4 – Les combattantes de l’ombre

« - Ben alors ? Tu en as mis du temps !

-          Je voulais être sûre que tu étais seul.

-          Pourquoi tant de mystère ?

-          Je sais que tu fais de la résistance.

-          Quoi ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu es folle ?

-          Je le sais. Et moi aussi, je suis résistante… du même réseau que ton frère.

-          Mon frère ? N’importe quoi ! Tu es trop jeune ! »

 

 

 

 

 

 

 

                1941. Claudine, comme quelques autres enfants, a intégré l’école de Gaston et ses amis. Apparemment, elle est du bon côté, celui de la résistance face à un envahisseur de plus en plus impitoyable. Et ce petit garçon juif qui a débarqué au village, il faut le cacher sans tarder. Il y a des rumeurs comme quoi il y aurait des camps pour les juifs, des dénonciations, des déportations. Même si l’on pourrait penser qu’ici il n’y a personne comme ça, la méfiance est de mise : la guerre change les gens.

 

 

 

 

 

© Otero, Dumanche - Jungle

 

 

                Forts des 40 000 exemplaires déjà vendus de la série, Franck Dumanche et Nicolas Otéro poursuivent l’aventure de leur bande d’enfants de la résistance. La série justement appelée Les enfants de la résistance rencontre un succès phénoménal, Le réseau Papillon n’a pas à rougir de la comparaison. Si les références sont moins pointues et le dessin plus enlevé, les personnages et les événements historiques sont bel et bien au rendez-vous.

 

 

 

 

© Otero, Dumanche - Jungle

 

 

                Après le tome précédent mettant en scène un tirailleur sénégalais, le scénariste Franck Dumanche axe l’épisode sur les femmes de la résistance et sur les justes qui ont caché des juifs durant le conflit. Nos héros vont devoir se faire aider afin de libérer André et M. Leroux. Et lorsque l’on apprendra le nom du responsable de leur arrestation, le choc va être rude, surtout pour Elise.

                Dumanche intègre des personnages réels en figurants de luxe : Winston Churchill, la chanteuse résistante Anna Marly, le Capitaine Bégué, ainsi que Louis-Ferdinand Céline et ses écrits subversifs.

 

 

 

 

 

© Otero, Dumanche - Jungle

 

 

                Le graphisme de Nicolas Otéro est jeté et dynamique. Les personnages principaux sont à présent familiers et attachants. Les acteurs historiques sont un brin plus figés et les décors manquent de consistance. Puisqu’on est inévitablement dans la comparaison, Otéro a encore une marche à gravir pour être à la hauteur d’un Benoît Ers. L’ensemble se lit cependant avec intérêt, suspens, et envie de connaître la suite. N’est-ce pas l’essentiel ?

 

                En fin d’ouvrage, le « carnet Papillon » propose un complément didactique éclaicissant le récit.

 

                Le réseau Papillon n’a pas fini de battre des ailes. Il va leur falloir du courage et de la persérance pour continuer à faire face à un ennemi puissant. On entend le vol noir des corbeaux sur les plaines et les cris sourds du pays qu’on enchaîne.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Le réseau Papillon

 

Tomes : 4 – Les combattantes de l’ombre

 

Genre : Aventure historique 

 

Dessins : Nicolas Otero 

 

Scénario : Franck Dumanche

 

Couleurs : 1ver2anes 

 

Éditeur : Jungle

 

Nombre de pages : 56 

 

Prix : 11,95 €

 

ISBN : 9782822230407

 



Publié le 21/12/2020.


Source : Bd-best


L’Eglise et l’Etat.  L’enfant et le maudit 9 / Jardinons avec l'enfant et le maudit

« - Ce fut un véritable enfer. La malédiction y est brusquement apparue. Les habitants ont été contaminés les uns après les autres. Il y a eu beaucoup d’exécutions, mais l’épidémie ne s’est pas arrêtée pour autant. En dernier recours, la ville a été murée et abandonnée. C’est à ce jour l’endroit le plus ravagé par la malédiction. Mais il ne s’est écoulé que six ans depuis cet horrible événement. Par un étrange phénomène, des arbres ont commencé à pousser dans toute la ville. Des arbres lugubres sans aucune feuille sur leurs branches. Sans doute une expression du pouvoir divin.

-          Ils se sont transformés en arbres.

-          Comment ça ?

-          Les gens maudits. D’abord, ils oublient tout… Et à la fin, ils se transforment en arbre. Ma tata… Les qoldats… Et le professeur aussi… »

 

 

 

 

 

 

 


Prisonnière dans le château, l’enfant est embarquée par une ombre mystérieuse pour une visite nocturne. La petite y voit la ville. L’ombre lui explique la malédiction. Elle commence à comprendre, avec ses mots d’enfants. Séparée du professeur maudit, elle n’attend qu’une chose, le retrouver.

 

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 


Nagabe répond à de nombreuses questions dans cet antépénultième volume de « L’enfant et le maudit ». Il embarque le lecteur dans des considérations théologiques sur la création du monde et de la vie. Il définit aux côtés d’un père créateur du ciel une mère voleuse de ciel et créatrice de la terre, des rivières et des océans. C’est ainsi que la vie apparut, par fusion de l’âme et du corps. Tout se passa bien jusqu’au jour où le père et la mère se querellèrent. C’est de cet événement que découlerait la malédiction qui frappe le monde dans lequel gravitent les personnages de Nagabe.

 

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 


En opposant le prêtre et le roi, Nagabe met face à face l’Eglise et l’Etat dans un combat de raison et de déraison. L’enfant est-elle la clef permettant de libérer le monde de la malédiction transformant la population en arbre ? Un sacrifice est-il inéluctable ? Alors que l’essentiel de la série était pourtant contemplatif, après avoir explicité le pourquoi du comment, Nagabe entre dans l’action, avec une tension qui monte crescendo et un suspens angoissant.

 

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

En parallèle à ce neuvième volume, les éditions Komikku publient le deuxième album jeunesse. Après L’enfant, le maudit et le goûter, Jardinons avec l’enfant et le maudit apporte un vent de fraîcheur et un esprit de candeur. Cette histoire de graîne est aussi, comme la série principale, une histoire de vie, mais ici avec des feuilles.

 

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

L’enfant et le maudit a ceci d’exceptionnel qu’elle est une série qui ne ressemble à aucune autre. Elle démontre la force de l’innocence de l’enfance.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

 

 

© Nagabe / MAG Garden

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : L’enfant et le maudit

Tome : 9

Genre : Fantastique 

Scénario & Dessins : Nagabe

Éditeur : Komikku

Nombre de pages : 196 

Prix : 7,99 €

ISBN : 9782372875202

 

 

Série : L’enfant et le maudit

Tome : HS – Jardinons avec l’enfant et le maudit

Genre : Fantastique 

Scénario & Dessins : Nagabe

Éditeur : Komikku

Nombre de pages : 196 

Prix : 10,99 €

ISBN : 9782372875189



Publié le 20/12/2020.


Source : Bd-best


Le chien et la tortue… ça change du lièvre !  Boule & Bill 41 – Bill se tient à Caro

 « - Eh bien, qu’est-ce qui t’arrive, Bill ?

-          Il m’arrive que je vis entouré d’ingrats, à par toi, bien sûr ! Voilà ce qui m’arrive ! J’ai fait un superbe cadeau de Noël à toute la famille… Et pas un remerciement ! Rien !

-          Oh… Peut-être qu’ils ne l’ont pas encore vu…

-          Bien sûr que si ! Ils sont assis juste devant ! Mais à quoi bon dire merci au chien ?! Le chien, il sert à aboyer pour prévenir que le facteur arrive, ou pour chasser le chat de la voisine… On ne va pas commencer à le remercier !

-          C’est quoi que tu leur as offert ?

-          Le plus beau des cadeaux, Caroline ! Je n’ai pas touché à leur dinde de Noël ! Et pourtant, j’en ai eu des occasions d’en voler un morceau ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

                La vie est injuste ! Bill n’a pas touché à la dinde de Noël et pourtant il est mis à la porte pendant que la famille se régale. Pas une petite cuisse, ni un morceau d’aile. A la place du dîner au chandelles, le malheureux cocker s’est fait mettre dehors, dans le froid. Heureusement qu’il y a la tortue Caroline pour s’occuper du bureau des plaintes.

 

 

 

 

© Bastide, Cazenove - Dargaud

 

 

                Bill se tient à Caro, Caro comme Caroline. La tortue la plus adorable de la BD est au cœur d’une partie des gags de ce quarante-et-unième album dans lequel, rassurez-vous, tout ne va pas si mal pour Bill. Entre les os planqués dans le jardin et les poubelles à vider, il ne va pas mourir de faim. Et si l’estomac du clébard guide son cerveau, il goûtera quand même la salade pour faire plaisir à la tortue. Pas terrrible…

 

 

 

 

© Bastide, Cazenove - Dargaud

 

 

                Christophe Cazenove fait encore une fois mouche. Boule et Bill appartiennent à un monde intemporel, ni ancien, ni moderne. Leurs historiettes peuvent se passer à n’importe quelle époque. La série est ainsi indémodable. Facile à dire mais pas si facile à faire. Il faut mettre de côté le moindre élément technologique qui permettrait de dater les événements, tout en faisant passer pour naturel que ces éléments n’apparaissent pas. Cazenove relève le challenge Roba avec brio. On relève quand même quelques indices permettant aux spécialistes de déceler la patte du scénariste de Cath et son chat comme dans ce gag où Boule et Bill dans leur piscine de jardin s’imaginent dans les fonds marins.

 

 

 

 

© Bastide, Cazenove - Dargaud

 

 

                Jean Bastide fait du jardin de Roba le sien. Les personnages principaux, du Papa à Pouf, de Maman à Caroline, sont tout simplement impeccables. S’il fallait pinailler, mais alors par pur plaisir de pinailler, quelques chiens secondaires manquent légèrement de souplesse et deux ou trois cadrages seraient à revoir. Quand on a du presque parfait, on se dit qu’il est possible de l’obtenir cette perfection.

 

                Quand on vit des époques troublées comme celle-ci, Boule et Bill sont les meilleurs amis sur qui l’on peut compter pour s’évader, respirer, vivre tout simplement.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Boule & Bill

 

Tome : 41 - Bill se tient à Caro

 

Genre : Humour 

 

Scénario : Christophe Cazenove 

 

Dessins : Jean Bastide 

 

Couleurs : Luc Perdriset & Jean Bastide  

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782505084846 

 



Publié le 19/12/2020.


Source : Bd-best


2020 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best.

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 300 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Choisir, c’est renoncer. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

La première claque de 2020.

Aldobrando

 

 

Une route semée d’embûches, tel est le concept de la geste d’Aldobrando.

 

Un enfant est confié à un vieux sorcier. Son père le lui abandonne et file vers son destin pour la mort. Le précepteur l’éduque et on le retrouve jeune homme, disciple de son maître. Un jour, à la suite d’une préparation de potion tournant mal, le maître est blessé à l’œil. Pour le guérir, Aldobrando doit lui rapporter de l’herbe du loup. Traversant les forêts, le jeune novice arrivera en ville où un drame vient de se jouer. Le valet du roi a grièvement blessé le fils du roi avant de prendre la fuite, laissant pour mort le petit prince. A la suite d’un quiproquo, Aldobrando est accusé d’avoir pris part au méfait. Mis aux fers, il y rencontre un géant assassin qui va l’entraîner dans son évasion. Aldobrando réussira-t-il à prouver son innocence et à rapporter à son maître cette mystérieuse herbe du loup ?

 

On n’attendait pas Gipi dans une aventure romanesque. L’auteur de Notes pour une histoire de guerre et de La terre des fils signe une œuvre magistrale, formidablement bien construite, une histoire d’amour à grand spectacle où les mots donnent plus de force que les actes. Les personnages sont bien campés, avec une personnalité qui leur est propre : un adolescent sur le chemin de la vie, un monstre qui cache un cœur gros comme ça, une amoureuse improbable prête à braver tous les dangers, un soi-disant seigneur, Messire de pacotille qui se ridiculise pour un monde qui ne veut pas de lui, un roi adipeux et sot qui n’est qu’un porc à balancer, un Sire conspirateur qui ne se doute pas qu’il pourrait tomber dans son propre piège, un vieux sorcier qui, victime avérée, est en fait un philosophe et un père adoptif montrant tout simplement à son « fils » la voie à suivre,…

Le scénariste alterne les scènes sans aucun temps mort. De l’action, des dialogues choisis, le lecteur assiste à un drame théâtral à ciel ouvert dans de multiples décors.

 

Dans un style à la Griffo, Luigi Critone entraîne le lecteur des chemins enneigés à la chambre sobre d’une princesse triste, des geôles humides dans des bas-fonds miteux jusqu’à une clairière idyllique, pour finir dans une arène, fosse dans laquelle le destin de chacun va se jouer.

 

En parallèle à la version classique, les éditions Casterman publient une luxueuse version en tons de gris. Mais il serait regrettable de se priver des couleurs exceptionnelles de Francesco Daniele et Claudia Palescandolo qui sont tout simplement magnifiques. Elles illuminent de manière aquarellée cette histoire flamboyante, démontrant que les coloristes sont bien des auteurs à part entière prenant part intégrante aux œuvres auxquelles ils participent.

 

Une route semée d’embûches, tel est le concept de la geste d’Aldobrando. Un album indispensable, telle est la définition d’Aldobrando.

 

 

One shot : Aldobrando 

Genre : Conte moyenâgeux. 

Dessins : Luigi Critone 

Scénario : Gipi 

Couleurs : Francesco Daniele & Claudia Palescandolo

Traduction de l’italien : Hélène Dauniol-Remaud 

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 204 

Prix : 23 €

ISBN : 9782203166677

 

 

 

 

 

 

 

La conclusion d’une série que l’on n’oubliera jamais.

Irena 5 - La vie, après

 

 

            1983. Après avoir planté un arbre sur la colline de Jérusalem, Irena se rend à Haïfa en voiture. Sur la route, les souvenirs remontent à sa mémoire. Des enfants dont les regards la hantent à la culpabilité de ne pas en avoir fait assez, Irena revient sur des moments de guerre et sur des instants d’après dans une Pologne complexe et dure.

 

            « La vie, après ». Ce titre, coupé par une virgule comme un caillou sur lequel on trébuche sans pour autant tomber, montre combien il a été difficile de se reconstruire après la Seconde Guerre Mondiale. On apprendra que, pour Irena comme pour tant d’autres, ce ne sont pas des jours roses qui ont succédé aux jours noirs, même si le ciel s’était éclairci.

 

            On a tout dit dans ces colonnes sur cette série et ses auteurs. Cet ultime épisode réunit toutes les qualités des précédents : aventure, émotion, tragédie et espoir. Avec la scène des enfants qui racontent leurs cicatrices en dessins, les auteurs poussent le concept consistant à raconter une histoire dramatique avec un graphisme enfantin, dans le sens noble du terme, comme une mise en abime. Quand Irena raconte le destin de Janusz Korczak et de sa « République des enfants », personne ne pourra retenir une larme lors de l’envol du train de Treblinka vers cette étoile qui brille et se reflète dans la mer.

 

            La série se termine sur la rencontre entre Irena et Marek Halter, qui préface ce cinquième volume. Le cinéaste et romancier polonais recueillait des témoignages pour un documentaire de 2h 30 sorti en 1994 intitulé Les Justes.

            Nominée pour le prix Nobel de la paix en 2007, Irena ne l’obtient pas, au profit d’Al Gore, alertant sur l’évolution du climat. Elle mourra l’année suivante. Ce prix, elle le mérite tant qu’il n’est même pas concevable qu’on puisse se demander si seulement elle en aurait été légitime. Alors, si le jury du Nobel est passé à côté, le jury des lecteurs de cette extraordinaire série le lui attribue à l’unanimité.

 

            Parce que c’est une œuvre de mémoire, parce qu’on ne ressort pas indemne de sa lecture, et de par son sujet, son type de narration et son graphisme, Irena, cinq volumes scénarisés par Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël, dessinés par David Evrard et colorisés par Walter, est et restera la plus grande série des années 2010-2020.

 

 

Série : Irena

Tome : 5 - La vie après

Genre : Drame historique 

Scénario : Morvan & Tréfouël 

Dessins : Evrard 

Couleurs : Walter 

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72 

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344033036 

  

 

 

 

 

 

Un siècle après, comme un écho.

Ils ont tué Léo Frank

 

 

            1915. Enlevé en pleine nuit de la cellule de prison dans laquelle il est détenu, Léo Frank, soupçonné d’avoir violé et assassiné la jeune Mary Phagan, 14 ans, est emmené en pleine forêt pour y être pendu. Ce sont des hommes, des notables, des gens « bien comme il faut », qui ont organisé ce rapt et qui s’érigent en tribunal populaire.

            1982. Alonzo Mann, témoin des événements, reçoit deux journalistes, Jerry Thompson et Robert Sherborne. En 1913, il était garçon de bureau dans une fabrique de crayons, la National Pencil Compagny sur Forsyth street. Celle-là même où travaillait Mary. Il a souvent voulu dire ce qu’il savait, mais personne ne voulait l’écouter. Aujourd’hui, il souhaite que la vérité dans le meurtre de Mary Phagan soit dévoilée. Alors, qui est le coupable ? Leo Frank, patron juif de l’entreprise dans laquelle travaillait la victime ? Ou bien Jim Conley, ouvrier noir qui a découvert son corps ?

 

            Plus qu’un album de bandes dessinées, Ils ont tué Léo Frank est un témoignage journalistique d’une barbarie humaine. Xavier Bétaucourt est allé rechercher les témoignages, réquisitoires et plaidoyers des minutes du procès. Il a épluché les journaux de l’époque afin de rendre au mieux les propos des différents protagonistes de l’affaire.

            Bétaucourt commence par le lynchage, pour revenir au jour du drame, et poursuivre par le procès. Un épilogue dépeignant l’Amérique de Trump montre que le chemin qu’il reste à parcourir pour que les mentalités changent est plus long que celui qui a été fait.

 

            Olivier Perret, après Quelques jours à vivre, collabore pour la deuxième fois avec Xavier Bétaucourt. Dans un sépia début XXème, il illustre l’affaire. Les seules touches de couleurs concernent les scènes de témoignage d’Alonzo Mann. Même le final « trumpien » est retranscrit dans ce sépia angoissant signifiant que certaines mentalités n’ont malheureusement et dramatiquement pas évolué.

 

            Alors qu’il y avait tout pour que l’ensemble soit poussif et ennuyeux tant au niveau scénaristique que graphique, les auteurs ont réalisé un livre passionnant qu’il est impossible de refermer avant de l’avoir terminé et dans lequel un certain suspens est maintenu le plus longtemps possible.

 

            D’Autopsie d’un meurtre à Philapdelphia, de Douze hommes en colère à L’affaire Dominici, les films de procès sont légions. En BD, c’est beaucoup plus rare. Ils ont tué Léo Frank fait figure de réussite et de modèle dans le genre.

 

 

One shot : Ils ont tué Léo Frank 

Genre : Chronique historique 

Scénario : Xavier Bétaucourt 

Dessins & Couleurs : Olivier Perret

Éditeur : Steinkis

Nombre de pages : 102

Prix :  18 €

ISBN : 9782368463734

 

 

 

 

 

 

 

La factrice du souvenir.

Si je reviens un jour… Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky

 

 

            Paris, années 80. Madame Malingrey prend le thé avec des anciennes élèves à elle. Elle leur montre les lettres que Louise Pikovsky, une autre de ses élèves de collège, lui a écrite durant l’été 1942, avant d’être déportée pour Drancy avec sa famille, et de ne jamais revenir. Le 22 janvier 1944, Louise écrit sa dernière lettre. Elle et les siens sont tous arrêtés. Elle court confier son cartable à son enseignante avant que la police, qui leur a demandé de se préparer, ne revienne les chercher.

 

            L’histoire est divisée en trois parties. Une introduction montre Madame Malingrey évoquant le souvenir de Louise. Le corps de l’album est consacrée à la vie de Louise et de sa famille de 1942 à 1944. L’épilogue montre comment les lettres ont été retrouvées dans une armoire du lycée.

 

            Paris, XVIème, 2010. au lycée Jean de la Fontaine, les lettres de Louise sont retrouvées dans une vieille armoire. Depuis les années 80 et le cinquantenaire du lycée pendant lequel Madame Malingrey avait fait dont de celles-ci à l’établissement, elles avaient été oubliées. La journaliste de France 24 Stéphanie Trouillard s’en est emparée pour réaliser un webdocumentaire en 2017. On peut le voir sur : http://webdoc.france24.com/si-je-reviens-un-jour-louise-pikovsky/, une forme d’écriture interactive et originale. Aujourd’hui, ce travail est transformé en bande dessinée pour les éditions Les ronds dans l’O dont le travail de mémoire, dans tous les sens du terme est l’un des objectifs.

 

            Thibaut Lambert, après son sensible et drôle L’amour n’a pas d’âge, illustre l’histoire de Louise avec une simplicité cruellement efficace. On ne peut s’empêcher de rapprocher cet ouvrage de l’extraordinaire série Irena chez Glénat, racontant dans un graphisme « enfantin » l’histoire d’Irena Sendlerowa qui sauva plus de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Les dessins issus de photos sont d’une grande émotion et l’on ne peut s’empêcher d’avoir une larme au coin de l’œil lorsque, une fois la bande dessinée terminée, le visage de Louise ouvre le dossier complémentaire dans lequel les photos des lettres retrouvées sont reproduites.

 

            Louise voulait pouvoir lire, lire en ne s’arrêtant que pour penser à ses lectures. Il ne faut jamais s’arrêter de lire afin que des tragédies comme celles dont elle a été victime ne reviennent jamais. Et lisons, lisons pour Louise les livres qu’elle n’a pas eu le temps de lire...

 

            Si je reviens un jour…. est une œuvre de devoir de mémoire. Elle se lit comme un roman, sauf que tout y est dramatiquement vrai. Cet album devrait être distribué par le Ministère de l’Education Nationale dans tous les collèges de France.

 

 

One shot : Si je reviens un jour... 

Genre : Témoignages historiques 

Scénario : Stéphanie Trouillard 

Dessins & Couleurs : Thibaut Lambert

Éditeur : Des ronds dans l’O

Nombre de pages : 112

Prix :  20 €

ISBN : 9782374180847

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire vraie d’une ascension.

Le col de Py - Histoire de vies...

  

 

Chloé vient d’avoir un petit frère : Louis. Une fille, un garçon, comme on dit, c’est le choix du roi. Les parents Camille et Bastien ont tout pour être heureux, les grands-parents ont tout pour être comblés. Mais il y a un mais. Louis souffre d’une malformation cardiaque. Son salut est en haut d’une montagne qu’il faut gravir. Plus haute que toutes les grimpées du Tour de France, plus raide qu’un Everest ou un Annapurna, la route pour sauver Louis est un chemin de croix pour sa famille qui n’en voit pas le bout. Il va falloir se serrer les coudes. Aidés par des proches aimants, les Laporte vont-ils conjurer le sort ?

 

« Certains histoires s'inventent, d'autres se racontent... » Inspiré de sa propre vie, Espé se lance dans l’exercice difficile de la biographie. Même si elle est légèrement romancée, l’histoire de Louis, c’est celle de son fils. Emouvoir sans jamais être larmoyant, le pari était difficile tant on peut rapidement tomber dans le pathos dans ce genre d’exercice. Après Le perroquet sur la schizophrénie de sa mère, Espé poursuit sa catharsis en racontant ce parcours intimiste. Les relations entre Louis et son grand-père sont l’angle principal et le pivot autour duquel tourne le récit. De médecins bienveillants en praticiens maladroits, les Laporte vont parcourir leur chemin de croix.

 

Espé est un auteur caméléon. Dessinateur réaliste sur le succès Château Bordeaux scénarisé par Corbeyran, il adopte un style un brin plus souple dans cette histoire de vie. Est-ce pour « dédramatiser » une histoire dont on ne sait pas si l’issue va être fatale ou pas ? L’auteur ne manque pas en tout cas de nous faire verser une petite larme de tristesse ou d’émotion. Mais quel que soit la méthode qu’il adopte pour dessiner un album, il y a un point commun entre toutes ses productions : Espé est philanthrope et altruiste. Il aime dessiner les sentiments de ses personnages et les fait ricocher dans le cœur ou à la face des lecteurs.

 

 Le col de Py est-il une histoire de vie ? Oui. Le col de Py est-il une histoire de sport ? Oui. Le col de Py est-il une histoire à suspens ? Oui. Le col de Py est-il une histoire d’amour ? Oui. Le col de Py est-il une histoire fantastique ? Oui, tout simplement.

 

 

One shot : Le col de Py - Histoire de vies...

Genre : Histoire de vies 

Scénario & Dessins : Espé

Couleurs : Aretha Battistutta 

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 104 

Prix : 17,90 €

ISBN : 9782818976173

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin de la lucidité prend parfois de curieux détours.

Peau d’homme

 

 

            Lorsque sa marraine fait découvrir à Bianca une peau d’homme, celle-ci ne se doutait pas que le cours de sa vie allait s’en trouver bouleversé. Promise à un riche marchand qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, la jeune femme ne voit pas son avenir sous un ciel très radieux. Dans l’Italie du Quattrocento, déguisée en homme, Bianca va faire la connaissance de son futur époux, découvrir sa face cachée et en apprendre plus sur les mœurs masculins. Costumée en Lorenzo, elle ouvrira les yeux et ouvrira ceux du monde.

 

            Véritable ode à la liberté sexuelle et volonté d’aide à assumer ses désirs, Peau d’homme est une œuvre majeure mais malheureusement posthume d’Hubert. En transposant près de six cents ans en arrière un problème de société contemporain pas encore complètement résolu, Hubert invite à la réflexion et ouvre les esprits sans pour autant donner de leçon.

            Par l’entremise de sa peau d’homme, Bianca va découvrir que Giovanni, son libertin de futur mari, a un penchant marqué pour la gent masculine. De supposée « victime » en début de récit d’un destin écrit, la belle rousse va passer à un statut de salvatrice. Le chemin est parsemé d’embûches dont la plus difficile à franchir fait partie de sa propre famille. Son frère Angelo prêche la bonne parole de Dieu. Tentatrices, corruptrices et impures fornicatrices sont des créatures sataniques. Hubert en fait le porte-parole de l’intolérance.

 

            Zanzim a la lourde tâche de porter haut le scénario de son camarade trop tôt disparu. Les deux hommes avaient l’habitude de travailler ensemble et c’est d’ailleurs Zanzim qui avait poussé Hubert à traiter de ce sujet délicat. Une fois l’angle trouvé et l’histoire finalisée, le dessinateur s’est lancé dans son enluminure. Entre L’âge d’Or de Pedrosa et Beauté du même Hubert et des Kerascoët, le trait de Zanzim offre une approche magnifique à ce récit sensible. Il multiplie les originalités allant de planches classiques à des découpages éclatés, passant de colorisations classiques à des scènes de bagarres toutes rouges ou à des déambulations en noir et blanc sur lesquelles se détachent en couleurs les personnages principaux de l’instant. Et que dire des crachas infâmes de l’homme d’Eglise dont les paroles s’enflamment comme sur des vitraux.

 

            Tant au point de vue scénaristique, graphique que du message porté, Hubert et Zanzim, sous couvert d’ouverture d’esprit et de tolérance, signent un album marquant de l’année et l’une des plus belles histoires d’amour depuis Sambre.

 

 

One shot : Peau d’homme 

Genre : Tolérance

Scénario : Hubert 

Dessins & Couleurs : Zanzim

Éditeur : Glénat

Collection : 1000 feuilles

Nombre de pages : 160 

Prix : 27 €

ISBN : 9782413000167

 

 

 

 

 

 

 

Avancer, se dépasser et atteindre le cosmos.

Incroyable !

 

 

            Belgique, années 80. Jean-Loup est un petit garçon bourré de tocs. Il rentre tous les jours de l’école en se lançant des défis lui permettant de remporter des points. Très solitaire, l’enfant vit avec son papa. Sans sa maman disparue, il s’est construit un monde imaginaire. Il discute avec un roi des belges et rêve de rencontrer le vrai, en chair et en os. Son loisir favori est de rédiger des fiches sur tous les sujets, quels qu’ils soient. Très doué en éloquence, il adore présenter des exposés. Est-ce que cela va l’amener à se dépasser ?

 

            Sensible, émouvant, drôle, l’histoire de Jean-Loup est l’une de ces petites pépites qui tombent parfois du ciel et sur lesquelles on trébuche parce qu’on n’y avait pas fait attention. Du haut de sa taille d’enfant, Jean-Loup démontre que l’imagination peut déplacer des montagnes et amener à des sommets inaccessibles. C’est en cela que les enfants ont des capacités plus développées que les adultes. Jean-Loup donne envie de ne pas grandir, parce que les enfants sont plus forts.

 

            Avec L’éveil, la réédition des Ombres et cet Incroyable album, Vincent Zabus est l’un des scénaristes phares de l’année 2020. Ses histoires ont la particularité de placer le lecteur dans l’âme de ses personnages. Alors que de nombreux auteurs emmènent leur public jusqu’au bout du monde pour vivre des aventures formidables, Zabus nous invite à un voyage beaucoup plus lointain, au cœur de soi-même.

 

            La couverture d’Hippolyte le confirme : des livres, Jean-Loup… et l’espace. Le dessinateur a légèrement simplifié son trait pour mieux appuyer sur l’importance du voyage spirituel du personnage. L’ambiance crayons de couleurs et les arrière-plans hachurés sécurisent les jeunes lecteurs dans un cocon rassurant, comme la doudoune de Jean-Loup qui le dissimule et le protège à la manière d’une châtaigne dans sa bogue. Sempé et Peynet montrent leurs ombres dans le graphisme plein d’amour d’Hippolyte.

 

            Tirée d’une pièce de théâtre de Vincent Zabus et Bernard Massuir, l’histoire est transposée si naturellement qu’on dirait qu’elle a été conçue pour le neuvième art. Zabus était l’interprète des neuf personnages, trente majorettes et deux milles manifestants de ce récit initiatique sur le sens de la vie, les peaux de banane et les loutres de nos rivières.

 

            Incroyable ! Sans « zabusé », Incroyable est l’un des meilleurs albums de l’année ! Vraiment incroyable !

 

 

One shot : Incroyable ! 

Genre : Conte moderne

Scénario : Vincent Zabus 

Dessins & Couleurs : Hippolyte

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 200 

Prix : 21 €

ISBN : 9782205079654

 

 

 

 

 

 

 

Un docu-fiction passionnant.

L’étrange cas Barbora S.

 

 

             Andrea est journaliste pour la revue Media. Depuis quelques mois, elle enquête sur l’étrange cas Barbora S. Ses recherches commencent à porter leurs fruits. Une affaire de maltraitance familiale sordide est en train de prendre la dimension d’un complot aux ramifications complexes.

 

            Tout commence à cause d’un babyphone. Un homme surveillant son bébé par caméra s’aperçoit que celle-ci est brouillée par des perturbations. A cause d’interférences de fréquences, il capte les images d’une maison voisine. En découvrant une enfant nue et menottée, il appelle la police qui se rend aussitôt sur place. La mère est arrêtée. L’enfant, Anna, est recueillie mais ne tarde pas à s’évader. On la retrouvera quelques mois plus tard en Norvège sous l’apparence d’un jeune garçon. Il s’agit en fait de Barbora S. et c’est une femme de 33 ans. L’enquête aux sources pédopornographiques et sectaires s’annonce complexe.

 

            Les scénaristes Marek Sindelka et Vojtech Masek ont travaillé six ans et demi pour présenter ce qui s’apparente à un docu-fiction. S’inspirant de faits réels, ils ont créé le personnage d’une journaliste, Andréa, pour s’intéresser au côté médiatique de l’affaire. Toutes les questions n’obtiendront pas de réponses mais « l’équation à mille inconnues » est partiellement résolue, comme ils l’expliquent dans leur préface. Le résultat est addictif, haletant. Ce « cas » est le genre de livre qu’on ne peut pas refermer avant de l’avoir terminé. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la dernière page, et quand on dit la dernière page, c’est vraiment la dernière page.

 

Déroutant au départ à cause de la distance qu’il impose, le parti pris d’un lettrage informatique se justifie par le traitement journalistique du récit. On est tellement pris par l’histoire qu’on en oublie vite ce qui aurait pu être gênant.

 

            Marek Pokorny est l’un des plus brillants dessinateurs tchèque. Cet album va certainement être pour lui le sésame d’une reconnaissance internationale. Il multiplie les traitements graphiques selon les points de vues ou les flashbacks. Si l’enquête actuelle d’Andréa a un trait réaliste commun mais un peu froid qui correspond bien au ton du récit, les résultats des recherches sur le passé des personnages, et en particulier Anna, se passent d’encrage dans des couleurs directes. Pour le passage d’un style à l’autre, il navigue entre planches classiques avec quelques cases et compositions plus complexes allant jusqu’à 48 cases dont certaines microscopiques. Les pages de cahier d’Anna ont le trait enfantin correspondant à son âge, ou plutôt à l’âge de celle dont elle prend l’identité. Ajoutons à cela des doubles planches aux points de vues originaux et des découpages d’un classicisme inédit (voir la scène des témoignages lors du procès).

 

La couverture démontre elle aussi que Pokorny marche sur les pas d’un Chris Ware. Elle est composée de cases indépendantes dont l’ensemble forme le visage de Barbora : un nœud, des ovnis, des cygnes formant un cœur, une guêpe, une route, un ravin. C’est la première fois que l’on voit une devanture de BD qui a la qualité, l’esthétique et la puissance d’un générique d’une série HBO.

 

            « L’étrange cas Barbora S. » a été élue meilleure bande dessinée 2018 en République Tchèque. C’est la première fois qu’un roman graphique de ce pays est exporté. Et il se pourrait bien que ce soir pour devenir le meilleur album de l’année 2020 chez nous.

 

 

One shot : L’étrange cas Barbora S. 

Genre : Polar docu-fiction 

Scénario : Marek Sindelka & Vojtech Masek 

Dessins & Couleurs : Marek Pokorny

Traduction : Benoît Meunier 

Éditeur : Denoël Graphic

Nombre de pages : 208 

Prix : 23 €

ISBN : 9782207159729

  

 

 

 

 

 


La bête n’est pas morte.

Le Marsupilami - La bête 1

 

 

Port d’Anvers. C’est l’histoire d’une tête de bielle qui a rendu l’âme à 130 miles des côtes du Brésil. La tuile ! Enfin, la tuile, ça sera plutôt les conséquences. Après la réparation des avanies, le navire vient donc de débarquer en Belgique. La halte forcée en haute mer n’a pas vraiment été appréciée par les passagers clandestins du bateau. Certains des animaux de contrebande ont ravagé leurs cages et ont pris le pouvoir dans les bas-fonds du navire. C’est ce que remarque l’armateur qui vient constater les dégâts. Parmi ces bêtes, il y a LA bête !

A l’école, le jeune Amaï est le souffre-douleur de ses petits camarades. Ce n’est pas facile d’être le fils d’un allemand dans la Belgique, quelques années après la guerre. L’enfant vit dans son monde. Au grand désespoir de sa mère, il recueille tous types d’animaux et transforme sa maison en véritable arche de Noë. La rencontre avec la bête va bouleverser sa vie.

 

Frank Pé est l’un des plus formidables dessinateurs animaliers du moment. On le savait depuis Zoo, la trilogie qu’il a signé avec Philippe Bonifay. On s’en doutait déjà bien avant, grâce à Broussaille, mais aussi grâce à un one shot aujourd’hui oublié qui mériterait une remise en avant dans une belle réédition : Comme un animal en cage, l’unique aventure de Vincent Murat, scénarisée par Terence. « La bête » d’aujourd’hui est un étonnant écho à cette œuvre de jeunesse.

 

Des cales sales d’un paquebot de contrebande à une jungle palombienne inextricable, Frank Pé montre un monde plus réaliste que ce que l’on avait pu avoir jusqu’à présent pour le Marsupilami, à part dans quelques histoires courtes des albums dérivés.

 

Zidrou situe le récit en 1955, époque à laquelle Spirou et Fantasio ont ramené l’animal de Palombie. L’introduction est proche de films comme Godzilla, Alien ou Les dents de la mer dans lesquels les monstres se devinent plus qu’ils ne se voient. De part son traitement plus adulte, de part la tension inhérente, « La bête » a tout d’un blockbuster.

 

Le potentiel d’un personnage comme le Marsupilami semble infini. Entre les mains d’artistes comme Frank Pé et Zidrou, son temple est bien gardé. La bête est un des must de cette fin d’année.

 

 

Série : Le Marsupilami - La bête

Tome : 1

Genre : Aventure

Scénario : Zidrou

Dessins & Couleurs: Frank Pé

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 156 

Prix : 24,95 €

ISBN : 9791034738212

 

 

 

 

 

 

 

C’est sans doute ainsi que naissent les contes.

Castelmaure

 

 

            Par les chemins des campagnes, des villages et des cités, le mythographe recueille les contes et les légendes que l’on veut bien lui narrer. Mais ces histoires sont-elles vraiment imaginaires ? Qu’en est-il de celle de cette sorcière qui vit dans les bois ? Un Roi qui n’arrivait pas à avoir d’enfant avec son épouse est allée la consulter dans sa masure. Une séance de chamanisme plus tard, voici la Reine enceinte. Pas seulement elle, mais aussi toutes les femmes du Royaume. Quel sortilège s’est-il abattu sur la contrée ?

 

            Le problème avec des auteurs comme Lewis Trondheim ou Joann Sfar, c’est qu’ils produisent tellement d’albums qu’il est impossible de tout lire et qu’il est complexe de séparer le bon grain de l’ivraie, si ivraie il y a. Castelmaure n’est pas de l’ivraie, Castelmaure n’est pas du bon grain. Castelmaure est mieux que ça. C’est un nectar. C’est l’un des tous meilleurs albums du stakhanoviste qu’est Trondheim.

 

            Une sorcière gobe des yeux de lapins observée par un enfant inquiétant. Un harangueur de foule invite la populace à admirer un monstre de foire moitié homme moitié femme. Un gentilhomme qui se fait arracher sa bourse par un mendiant devient ivre de violence tel un Dr Jekyll. Une jeune fille entend des voix dans sa tête qui lui ordonnent de tuer tous les hommes qui s’approchent. Une Reine pleure de voir son ventre plat. Tous ces personnages aux destins croisés sont quelques-uns des protagonistes de cette geste d’un Roi qui ne rêvait que de donner un héritier à son Royaume.

 

            Trondheim écrit un conte comme on ne croyait plus pouvoir en lire. Dans un Moyen-Âge tout ce qu’il y a de plus classique, il nous invite au cœur d’un drame familial. Les éléments sont introduits les uns après les autres avant de se mêler ou de se démêler dans une construction scénaristique exemplaire, car au-delà d’être une histoire passionnante Castelmaure peut aussi être un cas d’étude de conception d’un scénario avec un grand S.

 

            Alfred ne se contente pas de dessiner ce conte. Il l’enlumine. Entre des scènes qu’on aurait pu lire dans Messire Guillaume de Matthieu Bonhomme et d’autres plus proches d’une Belle au bois dormant, entre des colorisations dignes de Hubert et des cases grandioses, Alfred garde sa personnalité dans cette histoire dont les personnages sont empreints d’une violente sensibilité.

 

Les contes sont éternels. Les contes sont merveilleux et maléfiques. Les contes sont empiriques. Les contes sont aussi renouvelables. C’est ce que prouvent ici Trondheim et Alfred avec l’un des meilleurs albums de l’année.

 

 

One shot : Castelmaure 

Genre : Conte moyenâgeux 

Scénario : Lewis Trondheim

Dessins : Alfred 

Couleurs : Alfred & Lou 

Éditeur : Delcourt

Collection : Shampooing

Nombre de pages : 144 

Prix : 18,95 €

ISBN : 9782413028901

 

 

 

 


© Uderzo, Goscinny

 

 

 

            En choisir dix, c’est en laisser sur le carreau dix autres qui, à un cheveu près, auraient pu se trouver dans cette sélection. Si le Père Noël est généreux, il peut rajouter à la liste ci-dessus les albums suivants qui font partie des albums indispensables de l’année :

 

 

L’histoire d’un mouchoir rouge : Mary Jane, par Franck Le Gall & Damien Cuvillier, aux éditions Futuropolis

 

Un chef d’œuvre enfin réédité : La grande arnaque, par Carlos Trillo & Domingo Mandrafina, aux éditions iLatina

 

Splendide, magistral, éblouissant, faites votre choix : Stella, par Cyril Bonin, aux éditions Vents d’Ouest

 

Du pur délire. Hilarant avec un H majuscule : Pic Pic, André & leurs amis, par Stéphane Aubier & Vincent Patar, aux éditions Casterman

 

Un ami qui vous veut du bien : Tous les héros s'appellent Phénix, par Jérémie Royer, aux éditions Rue de Sèvres

 

Magique, un merveilleux conte aux influences multiples : Le serment des lampions, par Ryan Andrews, aux éditions Delcourt

 

Une vie dans un cri silencieux : Contes des cœurs perdus 4 - Jeannot, par Loïc Clément & Carole Maurel, aux éditions Delcourt

 

L’aventure d’une vie, so fantastic, so british : Le grand voyage de Rameau, par Phicil, aux éditions Soleil

 

Traquer les bourreaux : Beate et Serge Klarsfeld—Un combat contre l’oubli, par Pascal Bresson & Sylvain Dorange, aux éditions La boîte à bulles

 

De simples professeurs... : Cas d’école, par Remedium, aux éditions Les Equateurs

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

© Uderzo, Goscinny



Publié le 16/12/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4314 -  16 Décembre 2020

 

 

Champignac sur la piste du patient A

 

 

 

 

 

 

 

            Champignac, version jeune, est de retour depuis la semaine dernière dans le journal, mais c’est cette semaine, Noël oblige, qu’il a les honneurs de la couverture. Blair, Black et notre savant mycologue favori nous foncent dessus à toute allure dans leur voiture, les regards emplis d’inquiétude.

 

            Les femmes en blanc et Passe-moi l’ciel font les honneurs d’être les récits complets de cette semaine où les abonnés, les veinards, décrocheront des pages centrales un bien joli poster de Télémaque aux couleurs pop.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

 

© Ruiz, Kid Toussaint – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Le patient A

Louca : Foutu pour foutu

Ministère secret (Le)

Télémaque : L’impossible retour

 

 

Récits complets :

 

Femmes en blanc (Les)

Passe-moi l’ciel !

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliott au collège

Estampille

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Katz

Kid Paddle

Le saviez-tu ? (La pause-cartoon)

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Poster : Télémaque

 

 

 

En kiosques et librairies le 16 décembre 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 



Publié le 16/12/2020.


Source : Bd-best


Bienvenue dans la jungle !  Un putain de salopard 2 – O maneta

«  - Tiens, tiens, il y a bien longtemps qu’on ne vous avait vu ! Qu’est-ce qui vous amène, Capitaine Régo ?

-   Un peu de réconfort… Servez- m’en un petit ! Vous connaissez un certain Carlos Oliviera ?

-   Evidemment, pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a fait ?

-   Rien. Il est mort.

-   Quoi ?! Mort ? Mais comment ça ?!!

-   Un pneu qui éclate, une sortie de route, et pour finir son camion qui s’écrase contre un arbre. Voilà. Fin de l’histoire… »

 

 

 

 

 

 


En plein cœur de l’Amazonie, quand le Capitaine Régo, l’unique flic du coin, débarque au Toucan, le troquet de Margarida, c’est qu’il s’est passé quelque chose dans le coin. Un camionneur a été retrouvé mort au volant de son véhicule accidenté contre un arbre. Affaire classée. T’as qu’à croire ! Il n’y avait personne à côté de lui dans la cabine. C’est pourtant le camion dans lequel ont embarqué Max et Baïa. Où sont-ils donc passés ? Par ailleurs, les infirmières Charlotte et Christelle arrivent paniquées au village après l’agression à laquelle elles ont échappé avec leur malade dans le dispensaire.

 

 

 

 

© Loisel, Pont, Lapierre - Rue de Sèvres

 

 

Régis Loisel est un virtuose du dessin. Ça, tout le monde le sait et le reconnaît. Qu’il soit un virtuose du scénario, on s’en doutait un peu depuis qu’il co-écrit La quête de l’oiseau du temps avec Letendre. Avec Un putain de salopard, on en a la certitude. On suit les aventures de plusieurs groupes de personnages dans la progression d’une même intrigue globale. Max a débarqué en Amérique du Sud avec une énigme laissée par sa mère décédée : qui est son père et est-il toujours vivant ? La carcasse d’un avion écrasé au fin de fond de la jungle recèle des secrets. Les cadavres ou les fantômes les dévoileront-ils ? Le dispensaire des infirmières a été la cible de tueurs déterminés à cause de la jeune femme qui y était soignée. Pourquoi s’en est-on pris à elle ? Un chantier de travaux amazoniens ne semble pas être fréquenté que par des ouvriers recommandables. Pourquoi le patron tient-il tant à ce que Max soit retrouvé ?

 

 

 

 

© Loisel, Pont, Lapierre - Rue de Sèvres

 

 

Loisel multiplie les questions faisant monter un suspens crescendo. Son principe de construction scénaristique est pyramidal. Les pions de la base se rejoignent, pour certains, dans un final percutant.

Le scénariste n’en oublie pas une touche d’humour, volontaire ou pas, avec le running gag du « nettoyage » de cadavres par les crocodiles.

 

 

 

 

© Loisel, Pont, Lapierre - Rue de Sèvres

 

 

Olivier Pont désirait une histoire qui se passait en Amérique du Sud. Plutôt que de choisir la Guyane que le dessinateur suggérait, Loisel l’a embarqué en Amazonie pour notre plus grand plaisir. L’immersion est totale. Aidé en cela par les couleurs de François Lapierre, l’invitation au voyage et le dépaysement sont assurés.

Avec Vincent Mallié, Mohamed Aouamri et David Etien, Olivier Pont fait définitivement partie de la famille des ADN-loiselo-compatibles.

 

Si Max recherche un certain putain de salopard, on peut dire qu’il y en a plus d’un dans la jungle. On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Mais quand il est vert, il ne faut pas être manchot pour réussir à les trouver.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=mFW3XiMOJIo

 

 

 

 

 

 

 

Série : Un putain de salopard

 

Tome : 2 - Omaneta

 

Genre : Aventure

 

Scénario : Régis Loisel 

 

Dessins : Olivier Pont 

 

Couleurs : François Lapierre

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 88 

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782810202331

 



Publié le 16/12/2020.


Source : Bd-best


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