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Hier est sous la mer, demain est entre leurs mains.  Carthago 7 – La fosse du Kamtchaka


            « - Je vous le dis, un scoop… Et même un sacré scoop !!
-          C’est censé être quoi au juste ??
-          On dirait une espèce de gros poisson volant…
-          Ou un ballon dirigeable, non ?
-          Justement, là est toute la question…
-          Mais je suis sûr que cet objet est d’un autre monde !
-          Des extraterrestres ?!
-          C’est vrai que ça ne ressemble pas vraiment à une soucoupe volante, je vous l’accorde… Mais quoi d’autre ? »
 

            En crevant au bord de l’Atlantique, le journaliste de la New Hampshire Gazette ne se doutait pas qu’il allait être le témoin d’un phénomène étrange.

            Par ailleurs, dans divers endroits du monde, des attaques de mégalodons, requins géants vieux de plusieurs millions d’années, font de nombreuses victimes.

            En Alaska, London Donovan retrouve la jeune Lou Melville. Il lui annonce avoir découvert un sanctuaire sous-marin, berceau d’une civilisation vieille de 20000 à 30000 ans avant Jésus-Christ. Y a-t-il un rapport avec les hommes-poissons ? Existeraient-ils vraiment ? Quel est le lien entre eux et Lou ?

 

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni - Les Humanoïdes Associés

 

 

 

            Avec Carthago, Christophe Bec écrit un conte écologique et philosophique moderne. Il signe une aventure que l’on pourrait définir par une histoire de Jacobs racontée par James Cameron. Entre L’énigme de l’Atlantide de Blake et Mortimer et Abyss, le film avec Ed Harris, Carthago est la fusion d’univers et de références très diverses. Série dans l’air du temps, Carthago entraîne le lecteur dans un monde énigmatique et amène à se poser des questions sur le hier et le demain de la planète. Bec n’en n’oublie pas les rapports humains, avec notamment les rapports mère/fille qui sont au cœur des préoccupations de Lou.

 

 

 

© Bec, Bufi, Meloni - Les Humanoïdes Associés

 

 

 

 

            Après Eric Henninot et Milan Jovanovic, Ennio Bufi est le troisième dessinateur et pour la deuxième fois aux commandes de la série. Dessinateur de la version BD de Geronimo Stilton, il réalise le grand écart avec Cathargo où il alterne scènes féériques et horrifiques, se dépassant dans les abysses. Les couleurs de Meloni apportent une magie et ajoutent une part de rêve aux mystères des profondeurs.

 

            Carthago donne l’envie de plonger au plus profond des mers pour rêver, tout simplement pour rêver.

 

           

Laurent Lafourcade

 

Série :Carthago

Titre : 7 – La fosse du Kamtchaka

Genre : Aventure sous-marine

Scénario : Bec

Dessins : Bufi

Couleurs : Meloni

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

Nombre de pages : 56

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782731643091



Publié le 01/03/2018.


Source : Bd-best


Chaussez vos protège-dents.  Les Rugbymen 16 – Le rugby, c’est un sport de compact !

    « - Loupiote, voici ton maillot ! On compte surr toi pourr grratter les ballons sous la mêlée !
-          T’en fais pas, entraîneur ! ça me démange déjà !
-          Sécateurr, voici ton maillot ! On compte surr toi pourr plaquer les rrigoloes d’en face !
-          T’en fais pas, entraîneur ! Ils vont tomber dans mes bras !
-          Marrinette, voici ton tablier ! On compte surr toi pour le rrepas d’aprrès-match !
-          T’en fais pas, entraîneur ! Vous allez vous régaler ! »
 
Le PAC est près ! Cuisinière comprise ! La Couâne, Loupiote, l’anesthésiste, le sécateur, la teigne, l’ingénieur, et même ce joli cœur de Bourrichon, tous sont là pour mettre en œuvre les stratégies de leur entraîneur, le rouleur de « R » Bernard Duteroir, et mettre des tanasses grandeur nature à leurs adversaires.

 

 

 

© Béka, Poupard, Cosson - Bamboo

 

 

 

 
Ce seizième opus traite de thèmes importants dans ce sport. D’une part, on apprendra comment déceler une commotion cérébrale. Pour l’éviter, nos rugbymen devront faire travailler leurs neurones. N’est-ce pas, Loupiote ? D’autre part, on découvrira tout ce qui se cache derrière une troisième mi-temps. C’est surtout la femme de Castagne qui voudrait le savoir. L’épouse dubitative n’hésite pas à payer un détective privé pour le découvrir. Celui-ci bravera tous les dangers et même payera de sa personne. Quelle abnégation !

 

 

 

 

 

© Béka, Poupard, Cosson - Bamboo

 

 
Le couple Béka continue à faire manger de l’herbe à l’équipe de Paillar. Pour notre plus grand plaisir, les joueurs s’emmêlent dans les mêlées et s’emplâtrent devant les tribunes. Chacun a son caractère, voire son petit caractère, et, après tant d’années, on a l’impression de faire partie de leur famille.
 
Poupard les éclate et s’éclate. Les meilleures planches sont bien sûr celles sur le terrain de sport. Dès la couverture, on est au cœur de l’action et on sait que l’on va en prendre plein les dents.
 
Le rugby, c’est un sport de compact, c’est aussi un sport très bédégénique !
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

Série :Les Rugbymen

Titre : 16 – Le rugby, c’est un sport de compact !

Genre : Humour sportif

Scénario : Béka

Dessins : Poupard

Couleurs : Cosson

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782818943779



Publié le 01/03/2018.


Source : Bd-best


Juste un peu de Cendres de Thomas Day et Aurélien Police emmène King dans les traces de Malick dans un décor de jeu vidéo à l’épreuve du réel

Juste un peu de cendres, c’est à peu de chose près ce qu’il restera de nous… Mais les auteurs sont doués pour faire tout avec trois fois rien, quelques grammes de résidus de combustion. C’est le cas avec Juste un peu de cendres, édité dans la collection Original Graphic Novel tenue en bonne et due forme par Glénat, et dans les mains de Thomas Day (Wika) et Aurélien Police (nouveau venu en termes de BD pure mais riche d’un passif assez fourni en matière d’illustrations). De quoi emmener Stephen King voir du côté de Terrence Malick s’il y est tout en évoluant dans un visuel jeu vidéo façon Resident Evil.

 

 


 

 

 

 

Couverture abandonnée © Day/Police

 

Résumé de l’éditeur : Le monde est en danger. Problème : ils sont les seuls à le voir… Ashley Torrance, dix-sept ans, a un secret. Elle voit des choses dont les autres n’ont pas conscience. De ses yeux vairons, elle peut déceler la véritable nature de certains individus. Derrière leur apparence humaine se cachent des êtres effrayants liés entre eux par des filins de cendre et comme habités par un feu obscur. Qui sont ces monstres et quel est leur but ? Sur internet, Ash rencontre Bruce et Sunny, des jeunes gens qui partagent le même pouvoir. Ensemble, ils décident de prendre la route pour retrouver un dénommé Pilgrim. Le seul qui semble savoir la vérité.

 

 

 

 

© Day/Police chez Glénat Comics

 

C’est une nouvelle fois un tournant étonnant que prend cette collection Original Graphic Novel en proposant finalement un récit de zombies peu commun, très contemplatif et introspectif, aux frontières de la bande dessinée d’auteur. Et une mise en lumière (autant qu’en sombreur, en fait) d’Aurélien Police qui vaut le coup d’oeil. Même s’il est vrai qu’il faut apprend à s’y insinuer, dans cet univers glauque et rappelant que la fin du monde est proche. C’est un décor de jeu vidéo, réaliste comme on sait en faire désormais, ultra-réaliste, même. Alors, au premier abord, ce n’est pas forcément facile, en tant que lecteur, de se retrouver dans la peau d’un héros du game. Mais on s’y fait. D’autant qu’il y a quelques irréductibles pour nous entraîner dans cette perte de repère. Qu’ils aient les yeux vers ou qu’ils soient borgnes, ces derniers héros voient le mal et ont le pouvoir de le combattre. Un mal qui ronge et se matérialise sous forme de zombies et de sortes de Boss disséminés sur le continent américain. Un mal multi-forme qui contamine les « marginaux » qui deviennent des cendreux, nourri par la misère, la mélancolie, le désespoir…

 

 

 

 

© Day/Police chez Glénat Comics

 

Refusant de se consumer sur place (ou à emporter ?), les auteurs ne font pas non plus le choix des armes dans cette fable malsaine pour mieux user du road-trip et emmener leurs héros à la recherche d’eux-mêmes et de l’essentiel. Les combats sont verbaux, philosophiques et la violence est souvent seulement le fait de ce monde en déliquescence. Le spectaculaire est passif, contemplatif et ce n’est pas du tout ce à quoi on s’attendait à la vue de cet album. Mais, ce n’est pas désagréable pour autant…

 

 

 

 

© Day/Police chez Glénat Comics

 

Même si la machine doit sans doute être rôdé et que si en nous mettant le feu à la bouche, en rendant notre palais aussi sec que l’humanité du mond(str)e qu’ils ont créé, Thomas Day et Aurélien Police nous donne aussi à boire… et à manger. C’est touffu, brouillon, emmêlé comme les filaments qui guident Ashley et son équipe dans les profondeurs de l’apocalypse. Juste un peu de cendres est généreux tout en proposant de révolutionner un peu le propos, et peut-être est-ce trop pour un seul bouquin. Reste de la matière avec la manière pour faire quelques jolis cauchemars, la nuit, et réfléchir, le jour.

 

Alexis Seny

 

Titre : Juste un peu de cendres

Récit complet

Scénario  : Thomas Day

Dessin et couleurs : Aurélien Police

Genre: Fantasy, Horreur, Road-trip

Éditeur: Glénat Comics

Collection : Original Graphic Novel

Nbre de pages: 128

Prix: 17,95€



Publié le 01/03/2018.


Source : Bd-best


Quelques influences mangas, un soupçon de comics, une grosse louche de franco-belge, voici Télémaque  Télémaque1 – A la recherche d’Ulysse

   « - Ton père, le roi d’Ithaque, n’aurait pas eu besoin de sonner pour entrer au palais. Tu n’as pas réfléchi avant de te lancer.

-          Ça va, Mentor ! La leçon est terminée.

-          Je suis désolée, Télémaque. Moi aussi, j’aurais aimé que ce soit lui… Mais il va bien falloir se faire une raison. Ulysse, ton père n’est plus…

-          Il ne peut pas avoir survécu à une guerre de dix ans pour…périr sur le chemin du retour ! »

 

            Télémaque refuse de se rendre à l’évidence. Bien que Pénélope se soit fait une raison, il n’admet pas que son père ait été victime des caprices des dieux. Les prétendants de sa mère déploient tous leurs charmes pour prendre la place d’Ulysse, mais son fils est bien décidé à le retrouver. Accompagné de la jolie Polycaste qui fuit Pylos et un mariage imposé, Télémaque part mener sa propre odyssée et affronter les caprices des dieux.

 

            Décidemment, à côté de la paire Cossu/Bocquet, le duo Toussaint/Ruiz a aussi un rythme de mangakas japonais. A côté de Magic 7, ils démarrent une deuxième série, cette fois-ci dans le monde de la mythologie.

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

 

 

            En trois pages synthétiques, Kid Toussaint expose toute une galaxie de personnages mythologiques. Avec cette introduction claire, nette, précise, et pas pompeuse, il rappelle l’ensemble des fondamentaux nécessaires à la compréhension de l’histoire. Il constitue le bagage nécessaire aux jeunes lecteurs pour comprendre aisément les tenants et les aboutissants de la légende. Le scénariste nous embarque ensuite dans un récit épique.

 

            Comme dans Magic 7, Toussaint sait à qui il s’adresse. Par le truchement de héros auxquels les lecteurs peuvent aisément s’identifier, il invite à se passionner pour une histoire dont ils ont peut-être déjà entendu parler, mais qui leur est vraiment racontée, à eux, pour eux, pour la première fois.

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

 

            Notons qu’un autre abord original de la mythologie pour les enfants (mais pas que), plus sous l’angle des dieux et déesses, a été fait par Elsa Brants dans son excellente série manga « Save me Pythie », publiée en cinq volumes chez Kana.

 

            Le dessin punchy de l’espagnol Kenny Ruiz fait des merveilles. Quelques influences mangas, un soupçon de comics, une grosse louche de franco-belge, et l’affaire est faite. La coloriste Tamara Noiry étant dessinatrice de manga était bien placée pour savoir quoi faire afin d’ambiancer l’ensemble. Bref, que ce soit côté scénario ou dessin, les auteurs ont tout compris de leur génération.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Télémaque

Tome : 1 – A la recherche d’Ulysse

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Kid Toussaint

Dessins : Ruiz

Couleurs : Noiry

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800173597



Publié le 28/02/2018.


Source : Bd-best


Un one-shot qui marquera l’année.  L’homme gribouillé

 « - Le paquet, Clara !
-          Hein ?! Mais comment vous connaissez mon nom ?!
-          Je sais tout de toi. Clara Couvreur. Je connais ta mère. Je sais où tu habites. Tu es comme Maud maintenant.
-          Foutez-moi la paix ! Sortez ! Sortez ou je hurle !!
-          Clara doit assumer les responsabilités de sa grand-mère. Le nom est toujours vivant ! Le nom est toujours vivant ! »
 

 

 

 

 

© Lehman, Peeters - Delcourt

 

 

 

 

            Seule chez sa grand-mère Maud, Clara, la fille de Betty Couvreur travaillant dans l’édition, voit débarquer un étranger individu mi-homme, mi-corbeau. Cet homme, si tant est qu’il en soit un, s’appelle Max Corbeau. Mais quel est le secret de Maud ? Qui est cet être aux plumes noires ? Betty et Clara vont remonter aux sources d’un secret familial pour percer les mystères d’une malédiction qui semble s’abattre sur elles.



 

            Serge Lehman, scénariste de la brigade chimérique, signe un roman dessiné haletant, complexe et passionnant. Le découpage en chapitres offre de grandes envolées à cette histoire de 326 planches qui prend le temps de raconter, et pourtant sans longueur et sans temps mort. Ce personnage d’homme-gribouillé fonctionne étonnamment alors que le lecteur se demande sans cesse s’il est humain ou animal, s’il est vraiment réel ou s’il n’est qu’illusion. Lehman sème également le trouble dans cette histoire de femmes : qui est la véritable héroïne ? Alors que l’on pourrait penser que Betty est au cœur de l’énigme, c’est Maud qui en est le pivot. La jeune Clara n’est-elle pas la plus apte à dénouer le problème ?

 

 

 

© Lehman, Peeters - Delcourt

 

 

 

 

Le thème du Golem se détache de ce conte moderne, mais il est impossible d’en dire plus sans déflorer un morceau du mystère. Les fantastiques histoires de Foerster, qui ont fait les beaux jours de Fluide Glacial, trouvent ici un écho dans une grande dimension à la Jean-Christophe Grangé.

 

            Frederik Peeters réalise un album qui marquera un tournant dans sa carrière. Réalisé en niveau de gris, l’espace dont il dispose lui permet d’intégrer de belles grandes cases de décors, et de respirer entre des moments de grande tension et des scènes terrifiantes.

            Pour chercher la petite bête, représentées par des formes ovales généralement vides, les oreilles des personnages semblent plaquées sur les côtés de leurs têtes. Ça fait bizarre.

 

            Le dessinateur excelle dans les nombreuses scènes de pluie. La couverture est superbe. S’il y avait un prix dans cette catégorie, ce livre serait parmi les nommés.

 

            Le récit laisse au final une impression étrange. Lorsqu’on arrive à la dernière planche, on se dit « C’est fini… ». On reprend alors le dernier chapitre pour mieux le comprendre et l’apprécier. Et la recette fonctionne, des plumes noires jusqu’au blanc de la neige.

 

            Après L’homme-gribouillé, vous ne regarderez plus les dessins d’enfants de la même façon.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : L’homme gribouillé

Genre : Drame psychologique

Scénario : Lehman

Dessins : Peeters

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 330

Prix : 30 €

ISBN : 9782756096254



Publié le 26/02/2018.


Source : Bd-best


La terre, le ciel et la mer à remuer pour sauver une petite sirène sexy mais dans de sales filets !

Vous l’entendez ? Si, si, prêtez l’oreille, le chant des sirènes vient vous chercher, vous embarquer. Le chant… ou peut-être est-ce une complainte ? Car les goélands qui survolent les écumes et sont inatteignables savent ce que les hommes font des créatures qui ne leur ressemblent pas, qu’elles soient difformes ou sublimes. Dans la réinterprétation et réappropriation qu’ils font du conte d’Andersen, Meredith Finch et Miguel Mendonca donnent une toute autre tournure au mythe, plus sexy, plus moderne et sans doute plus effrayante. Dans la collection Grimm Fairy Tales qui possède un nombre certain d’admirateurs.

 

 

 

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Graph Zeppelin

 

Résumé de l’éditeur : Erica, sirène du monde submergé d’Atlantis, est kidnappée par un scientifique humain qui cherche à créer un philtre qui donnerait à une armée humaine le pouvoir de conquérir l’Océan. Manipulés par la Sorcière des Mers, le prince Issoro et l’humaine Liz, parents d’Erica, viendront en aide à leur fille pour la libérer des griffes du scientifique…

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Zenoscope

 

Les clichés ont la vie dure et qui, de ma génération et de celles qui les encadrent n’a pas été bercé par la poésie et la jovialité marines qu’a bien pu générer la petite sirène de Disney. Sans doute, y’avait-il un âge pour apprendre la maturité et se rendre compte que les contes possèdent leur face obscure et impitoyable, bien moins scintillantes que la couverture qu’en ont faite les dessins animés merveilleux mais néanmoins tout public, aussi effrayants soient-ils. Le conte d’Andersen était ainsi bien plus machiavélique que ce qu’en a retenu le studio aux grandes oreilles. Et Meredith Finch et Miguel Mendonca n’ont pas plongé tête baissée dans l’étendue océane sans avoir pris sa température et voir ce qu’ils pouvaient en faire.

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Graph Zeppelin

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Zenoscope

 

Surfer la vague d’un mythe qui ne se polit pas face aux vagues des années, cela aurait été bien trop facile et peu original. Alors, les deux auteurs (qui n’en sont pas à leur première collaboration) ont secoué cet univers pour en faire un récit moderne et prenant.

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Zenoscope

 

En effet, oubliez tout ce que vous savez sur La petite sirène, le bagage a bien peu d’importance. Prenant place sur deux plans, l’ère actuelle et vingt ans plus tôt, La petite sirène façon 2010’s est une histoire de famille, un conte qui a retenu les stratagèmes d’Andersen et les accommode à sa sauce. Bien sûr des bateaux font naufrage, le premier pour magnifier la rencontre entre Liz, la jeune femme en détresse et Issoro, l’homme-poisson en sauveur; le deuxième pour sceller le sort du fruit de leurs entrailles, Erika, piégée et amenée aux mains d’un savant plus que fou (après l’enlèvement des Sabines et celui des Sardines par Patrick Sébastien, celui de la sirène est glaçant) et déterminé à percer son secret, elle qui est capable de se transformer en sirène (et même plus).

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Zenoscope



Les intentions de ce grand taré entourés de plein de sbires, lui qui n’a pas toutes ses billes, sont peu louables mais peut-il parvenir à ses fins quand une mère et un père, quelle que soit leur condition (humaine ou poissonnière) ont le ciel, la terre mais aussi la mer à remuer.

 

 

 

 

© Finch/Mendonca/Cortes chez Zenoscope

 

En reprenant ingénieusement l’emblème de Copenhague et en n’y alliant pas le syndrome de Stockholm (et on le comprend, on ne l’aime pas mais alors pas du tout le ravisseur d’Erika), Meredith Finch et Miguel Mendonca livrent un récit redoutablement sexy tout en sachant ne pas l’être trop. Quelque part entre un méchant tendance Dr. Octopus et la guerre façon 300 (dans l’armure des Chevaliers du Zodiaque), le tandem (appuyé dans sa quête par les couleurs de Ivan Nunes et Jorge Alberto Cortes) livre un récit bien pensé et indécis, musclé et magique, en n’oubliant pas tout ce qui faisait la substance du conte d’Andersen et sa notion du sacrifice. Un bel ouvrage stylé auquel on mord à plein tri…dent.

Alexis Seny

 

Titre : La Petite Sirène

Récit complet

D’après l’oeuvre d’Hans Christian Andersen

Scénario  : Meredith Finch

Dessin : Miguel Mendonça

Couleurs : Ivan Nunes & Jorge Alberto Cortes

Traduction : Stéphanie Chaptal

Genre: Héroïc Fantasy, Aventure, Science-fiction

Éditeur VF : Graph Zeppelin

Éditeur VO : Zenoscope

Nbre de pages: 160

Prix: 16€



Publié le 26/02/2018.


Source : Bd-best


Une histoire de 300 ans, traversant les siècles et l’Atlantique.  L’art du crime 7 – La mélodie d’Ostelinda

    « - Mon professeur de musique dit de vos instruments qu’ils tiennent du génie. Je viens de traverser la moitié du Royaume de France pour avoir l’honneur de vous rencontrer, Maître Stradivari.
-          Le Royaume de France… Votre souverain est un amateur éclairé.
-          Mon père m’a confié une forte somme d’argent pour me permettre d’acquérir l’un de vos instruments.
-          Je produits très peu et mes clients sont triés sur le volet ! J’ai peur de devoir vous dire non. »
 

            1682 : Violoniste plus technicien que virtuose, Guillaume se rend à Crémone pour en ramener un Stradivarius, afin que Guy d’Aiglemont, son professeur de musique, déclenche en lui une véritable passion pour l’instrument. Mais, lors de son voyage de retour, il croisera la route d’Ostelinda, sublime bohémienne habitée par la musique.

 

 

 

© Omeyer, Berlion, Bourgne - Glénat

 

 

 

            1973 : A cause d’un accident de scooter, Mariska arrive en retard pour une audition de violon. Mais elle jouera une mélodie qui ne laissera pas de marbre.

            Trois siècles d’écarts mais des destins liés séparent les acteurs d’un crime musical.

 

 

            Marc Omeyer & Olivier Berlion poursuivent leur série concept sur le thème des arts, avec comme point d’orgue, un crime associé à chacun d’entre eux. Ils présentent une histoire s’étalant sur près de trois siècles, naviguant de la France de Louis XIV, en 1682, à l’Amérique presque contemporaine de 1973.

 

 

 

 

© Omeyer, Berlion, Bourgne - Glénat

 

 

 

            Après Berlion lui-même, Stalner, Mauro, Liberge, Karl T., puis Druet, c’est au tour de Marc Bourgne de signer ce nouveau crime. Après la bande dessinée, la peinture, l’architecture, la sculpture, le cinéma, la littérature, l’art au cœur du récit est la musique.

 

            Le dessinateur de Michel Vaillant et des Pirates de Barataria est dans la plus pure tradition du dessin réaliste. Bourgne est aussi à l’aise dans les ambiances contemporaines que dans les scènes historiques. A mi-chemin entre celui de Tito et celui de Swolfs, son graphisme passe-partout ne peut pas décevoir, mais il lui manque un petit quelque chose qui ferait qu’il soit reconnaissable au premier coup d’œil.

            Les couleurs de Bruno Pradelle accentuent les reliefs et les ombres, donnant une impression de réalité supplémentaire.

 

            La mélodie d’Ostelinda est un bel hommage à la musique et prouve que l’amour peut traverser les siècles, comme une simple mélodie où les dièses et les bémols chantent une harmonie.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : L’art du crime

Titre :  La mélodie d’Ostelinda

Tome : 7

Collection : Grafica

Genre : Polar historique

Scénario : Omeyer & Berlion

Dessins : Bourgne

Couleurs : Pradelle

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 9782344012703



Publié le 26/02/2018.


Source : Bd-best


« La guerre découpe les familles » : Seule et pas plus haute que trois pommes, Lola va tout faire pour les recoller

Des histoires, si on y réfléchit bien, on en aurait à raconter. Les nôtres et celles de nos aïeux, celles sans importance ou capables de faire dévier la trajectoire familiale, celles qui se murmurent, se crient ou rampent en secret. Si l’on passe la barrière de la pudeur, qu’on déboute les prescriptions, alors, sans doute, peuvent-elles donner lieu à des histoires encore importantes même des décennies après les événements. Après nous avoir emmenés dans une traque de la lumière de Monet, c’est dans les heures sombres de l’Espagne que Ricard Efa vient nous réveiller, pour réconforter son alors très jeune grand-mère : Nola.

 

 

 

 

 

 

© Lapière/Efa chez Futuropolis

 

Résume de l’éditeur : Lola n’a pas encore sept ans. Elle est séparée de ses parents depuis trois ans, une éternité. Elle ne sait plus pourquoi. Elle vit dans le petit village d’Isona, au coeur de la Catalogne, avec ses grands-parents. Son grand-père lui a parlé de la guerre, qui sévit dans presque tout le pays et qui n’est pas encore arrivée jusqu’à eux. Mais qu’est-ce que c’est que la guerre pour une enfant de cet âge ?

 

 

 

 

Travail de couleur © Lapière/Efa

 

 

Dans cette image d’un petit village sur lequel veille une montagne guère féroce, on dirait le pays de l’or, tant le soleil irradie cette campagne pittoresque. Le pays de l’insouciance, aussi, entre les cochons et les parties d’osselets de fortune. Lola vit là, aussi longtemps que le jour résiste à l’épreuve de la nuit. Et si elle peut compter sur le réconfort de ses grands-parents (malgré la rudesse de son « padri »), Lola ne peut s’empêcher de réfléchir, quand le soleil fait place à une lune qui n’éclaire pas vraiment ses doutes : si elle a des grands-parents, elle doit bien avoir des parents, non ? Mais où sont-ils ? Que font-ils ? Pire, à quoi ressemblent-ils ? Car, du haut de ses sept ans, Lola a laissé s’engourdir, se flouter le souvenir de ses parents.

 

 

 

 

Travail de couleur © Lapière/Efa

 

Et sa mémoire bien malgré elle sélective a oublié de retenir la guerre. Celle-là même qui va se rappeler avec fracas à son souvenir lors d’une nuit de bombardements suivis d’un exil momentané. Est-ce cet événement qui fera office de déclic ? Ou la vision de corps en lambeaux dans le village, quelques instants plus tôt (mais déjà est-ce autrefois ?) si joyeux ? Ou encore l’arrivée de soldats dans son havre qui n’est plus de paix ? Sans doute, un peu de tous ceux-là, mais aussi l’évacuation de sa grand-mère vers un hôpital militaire.

 

 

 

 

Travail de couleur © Lapière/Efa

 

Oui, il y a un monde ailleurs qui perce, comme le soleil à travers les feuilles, celui de Lola. « La guerre découpe les familles », lui avait-on dit, mais Lola, quel que soit le nombre de kilomètres à parcourir, était bien décidée à faire preuve d’un courage à recoller ce qui avait été déchiré. Et c’est une épopée de solitude mais aussi de rencontres et, par-dessus tout, de dévouement, qui lui tendait les bras. Quelque chose avait changé dans le regard de la petite fille, trop longtemps maintenue comme un fauve en cage et ayant désormais gagné sa liberté face aux grands espaces.

 

 

 

 

© Lapière/Efa

 

Petite Poucet mais pas de trop, Lola ne se retournera pas. Nous, non plus. Quoique, on est resté scotché sur pas mal des décors que Ricard Efa a explorés de toute sa palette. Avec Seule, les deux font la paire et l’Espagnol a trouvé le parfait remède pour raconter l’histoire de sa grand-mère : Denis Lapière. Le mélange est habile, comme le soleil fait place à la pluie ou à la neige tout au long de ces 72 planches, et les deux auteurs, comme leur héroïne, semblent avoir gagné chacun leur liberté tout en restant soudés. Même s’ils sont décidés à ne pas faire de cadeau à Lola.

 

 

 

 

© Efa

 

La vie n’est pas comme ça. Et c’est cette toile de subtilité mais aussi sans concession, qui a fait mouche. Seule partage l’expérience intime de l’abandon avec l’universalité de son propos. C’est beau, c’est chaud autant que c’est froid et triste par moments, mais les auteurs gagnent à faire connaître une histoire qui, aux couleurs de 2018, a frappé très fort notre coeur de lecteur. Avec un Ricard Efa qui s’affirme en magicien !

 

Alexis Seny

 

Titre : Seule

Récit complet

Scénario : Denis Lapière

Dessin et couleurs : Ricard Efa

Genre : Drame, Guerre

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 72

Prix : 16€



Publié le 25/02/2018.


Source : Bd-best


Une première grande aventure pour les plus jeunes lecteurs de BD.  Les enfants du bayou 1 – Le rougarou

« - Qu’est-ce que tu lis ?
-          Un livre de contes. C’est tout ce qui me reste de ma vie d’avant. J’adore les belles histoires.
-          Ça tombe bien, moi aussi. Mais c’est pas dans les livres que je vais les chercher. »
 
 

            Liloye accueille Blaise dans son bayou. Il vient y emménager avec son papa, mais le jeune homme n’est pas habitué à la vie des bois. Accompagnée de son alligator de compagnie Gaby, sa nouvelle amie va l’initier à ce nouvel environnement. Mais des cris déchirent la nuit. C’est le rougarou ! Qui est-il ? Comment l’aider à soigner sa souffrance ? Les deux nouveaux complices vont s’y atteler.

 

 

 

 

© Bottier, Roussel - Jungle éditions

 

 

 

            L’histoire d’Isabelle Bottier est d’une saveur doucereuse. Le cœur de cible jeunesse ne peut qu’adhérer à cette histoire simple. Un petit garçon, une petite fille, et le tour est joué. La peur de la nuit, la peur de l’autre, de l’inconnu sont autant de thèmes soulevés qui vont aider les enfants-lecteurs à grandir. On tremble juste ce qu’il faut pour créer un suspens chez les plus jeunes. On sait dès le début que tout finira bien, mais peu importe…

 

 

 

© Bottier, Roussel - Jungle éditions

 

 

 

 

            Le dessin d’Eva Roussel décrit un bayou rassurant. On rêve de naviguer sur les eaux avec Blaise et Liloye, dans la fine chaleur enveloppante des rayons de fin d’après-midi transperçant quelques endroits de feuillage. La dessinatrice nous installe dans l’album aussi confortablement que si on se trouvait dans un magasin de bonbons.

 

            On ne saurait que vous conseiller de lire cet album en écoutant en boucle la chanson de Normann Malkin et Freddy Morgan, interprétée par les Sunnysiders : Hey, Mister Banjo, à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=CvRBopWHTQ0

 

            Hey, Miss Bottier et Roussel, faites d’autres albums pendant que nous dansons et chantons, play us just one more.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série :Les enfants du bayou

Titre : 1 – Le rougarou

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Bottier

Dessins & Couleurs : Roussel

Éditeur : Jungle jeunesse

Nombre de pages : 48

Prix : 9,95 €

ISBN : 9782822221702



Publié le 25/02/2018.


Source : Bd-best


Apprendre l’histoire c’est comprendre le quotidien

Dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles ayant eu lieu le weekend passé, l’éditeur Dupuis a présenté à la presse son nouveau projet.

Dupuis éditions s’est lancé dans la publication de bande dessinée à but pédagogique avec la parution d’une nouvelle série d’albums plus particulièrement destinés à un public à partir de huit ans. Le projet trottait dans la tête de Frédéric Niffle (ex- rédacteur en chef du journal Spirou) depuis une dizaine d’années. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec « Le fil de l’histoire raconté par Ariane et Nino », les enfants sont plongés dans l’histoire avec un grand H. Ils peuvent facilement s’identifier aux deux héros qu’ils retrouveront au fil des différentes histoires.  La série est scindée sur des axes bien définis: communauté, personnages célèbres, événement historique et génie humain. Douze tomes sont prévus pour cette année 2018, les quatre premiers sont sortis cette semaine (Albert Einstein, La pyramide de Kheops, Les Gaulois et La guerre des tranchée), quatre autres suivront fin juin et les derniers vers décembre 18. 

 

 

 

 

Le scénario de chacun de ces livres a été confié à Fabrice Erre, docteur en histoire et professeur d'histoire géo au lycée Jean Jaurès de Montpellier, à qui on a adjoint la touche graphique de Sylvain Savoia (Marzi) pour les illustrations. Chaque album de 48 pages, outre la BD, est aussi composé d’une rubrique « pour en savoir plus » et d’un fil chronologique situé en fin d’ouvrage destiné à rassembler les connaissances acquises en cours de lecture.

 

 

 

 

Partant d’une situation actuelle pour emmener les lecteurs vers un sujet historique, le scénariste a pris soin de séparer l’histoire réelle de la fiction, ces livres permettant aux enfants de se sentir concernés par l’histoire mais aussi par leur propre identité culturelle. Chaque récit peut se lire séparément. Au moyen d’ un prix d’achat démocratique (5,90 € l’album), cette nouvelle collection traitée avec humour et pédagogie séduira aussi bien les jeunes lecteurs que leurs aînés.

 

Alain Haubruge.

 

 

 

 

 

 

Série :  « Le fil de ‘histoire raconté par Ariane et Nino »

Parution : le  23/02/2018

Genre : Historique

Collection : Dupuis "Jeunesse"

Album cartonné -

Nombre de pages : 48 pages en couleurs

PVP : 5.90 EUR.

 



Publié le 25/02/2018.


Source : Bd-best


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