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Règlement de conte à Fairyland : OK qu’on râle

Sainte Marie, mère d’odieux, il fallait bien que ça arrive. Toutes les sucettes ont une fin… et un bâton dans les roues. Gertrude est morte, vive l’ex-reine… dont la punition infernale est de retourner à Fairyland, pays imaginaire plus vrai que nature qu’elle hait tellement. Même morte, voilà qu’on l’enpetitbeurre (hé oui, dans ce conte défait et ce décor de Candy Crush, on sucre les gros mots.

 

 

 

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics



Résumé de l’éditeur : Après avoir instauré un règne de terreur à Fairyland pendant de si longues années, Gert a subitement pris la décision de changer de mode de vie et de devenir quelqu’un de bien. Un moyen, peut-être, d’effacer ses dettes karmiques et d’enfin rentrer chez elle. Sur le point de toucher au but, il n’aura suffi que d’un malheureux accident de sucette pour anéantir tous ses espoirs et finir six pieds sous terre, dans le royaume des Enfers dirigé par son ennemie jurée : Happy !

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Image Comics

 

Pour les six derniers épisodes (et un bonus, cinglant, qui anéantit le Image Comics Universe, dont les Walking Dead et Spawn) de sa saga fairytrash, I hate Fairyland, Skottie Young met les bouchées doubles et amène de nouveaux monstres (le diable !!!) et quelques retours fracassants (un dragon pas comme les autres et la Dark Cloudia « shifaitpeur »).

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics

 

« La pire contre-attaque » et ce n’est jamais pour le meilleur, sauf pour le lecteur. Sans doute y’a-t-il toujours plus d’hémoglobine que de nitro-glycémie, mais le ton reste joyeux et fun, bubble-gum, sarcastique et irrévérencieux.

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics

 

C’est fou et sous les couleurs dégoulinantes de Jean-François Beaulieu, les contes et leurs personnages de plus en plus agaçants font leur crise de foi. Et nous, de foie. Pourtant, on aurait bien repris un gros morceau de ce gâteau gâteux et qui fait péter les bougies dans une explosion de saveurs immorales.


Heureusement, la fin n’en est pas tout à fait une et Skottie Young laisse entendre qu’il pourrait y avoir des prolongements par mini-séries ! Et on a envie d’y croire. Pourtant, on ne croit plus du tout aux « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

 

 

 

 

© Skottie Young / Jean-Francois Beaulieu chez Urban Comics

 

 

Alexis Seny

 

Série : I hate fairyland

Tome : 4 – La pire contre-attaque (#16 – #20 + FCBD new edition)

Scénario et dessin : Skottie Young (Facebook)

Couleurs : Jean-François Beaulieu

Traduction : Julien Di Giacomo

Genre : Parodie, Conte de fée, Horreur

Éditeur : Urban Comics

Collection : Urban Indies

Éditeur VO : Image Comics

Nbre de pages : 168

Prix : 15,50 €



Publié le 27/02/2019.


Source : Bd-best


Comme   dans un fauteuil...  Dans les yeux de Lya 1 – En quête de vérité

« - Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

- Bonjour, serait-il possible de voir Maître Moraltet ?

- Vous avez rendez-vous ?

- En fait, je suis Lya Berton. Je viens faire un stage…

- Ah oui, vous êtes venue la semaine dernière signer votre convention !

- C’est ça !

- Maître Moraltet est en rendez-vous. Installez-vous dans la salle d’attente. »

 

 

 

 

 

Lya vient de quitter le domicile de ses parents pour emménager chez Antoine. Elle est ainsi plus proche de l’étude de notaire dans laquelle elle va effectuer un stage. Mais les intentions de Lya sont plus profondes que d’apprendre le métier. Elle cherche les explications de l’accident qui l’a clouée, à presque 17 ans, dans un fauteuil roulant. Elle va peut-être les trouver dans les archives de l’office notarial, et découvrir ainsi pourquoi le silence de ses parents à ce propos a été acheté.

 

 

 

 

© Carbone, Cunha - Dupuis

 

 

2019 s’annonce chez Dupuis comme l’année Carbone. Au même titre que Kid Toussaint, la scénariste s’installe comme une valeur sûre de la maison sur qui l’on peut compter.

 

 

 

 

© Carbone, Cunha - Dupuis

 

 

Après le lancement des Zindics anonymes en janvier, Dans les yeux de Lya est un nouveau polar. Plus psychologique, plus tendu, plus féminin, il s’adresse à un lectorat légèrement différent mais garde cette aura « tout public » que sait si bien travailler et présenter Carbone.

 

 

 

 

© Carbone, Cunha - Dupuis

 

 

En recherchant dans le passé les causes de l’accident qui lui a coûté l’usage de ses membres inférieurs, Lya est en quelque sorte le cerveau qui utilise le lecteur pour être ses jambes, comme une variation des fameux « livres dont vous êtes le héros ».

 

 

 

 

© Carbone, Cunha - Dupuis

 

 

Outre le côté enquête dans le monde de la magistrature, la scénariste aborde la problématique de l’insertion des handicapés dans la société. Alors que le discours officiel politique montre un accès à tout pour eux, on se rend compte que vivre en fauteuil roulant est une galère quotidienne.

 

 

 

 

© Carbone, Cunha - Dupuis

 

 

Le dessin sans encrage de Cunha apporte une sensibilité touchante au récit. C’est du Gijé (La boîte à musique) en plus rigide. Une pointe de souplesse dans le trait dynamiserait les actions des personnages. Il n’empêche que la première planche de l’album est magistrale sur tous les plans, un véritable choc dès sa prépublication dans Spirou.

 

Pénétrez dans les yeux de Lya, elle vous présentera son cœur.

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Dans les yeux de Lya

 

Tome : 1 – En quête de vérité

 

Genre : Drame psychologique, polar

 

Scénario : Carbone

 

Dessins & Couleurs : Cunha

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 64

 

Prix : 12,50 €

 

ISBN : 9791034732630

 



Publié le 27/02/2019.


Source : Bd-best


Deux époques, un passage… On se retrouvera.  The Black Holes

 

 

« - Teresa.

- Oui ?

- Je suis sûr que j’ai vu un truc à l’intérieur de cette pierre.

- C’était quoi d’après toi ?

- Je crois que c’était moi, dans plusieurs années.

- Vraiment ?

- Oui. Mais dans plusieurs années.

- Waouh. »

 

 

 

 

 

 

                  Un groupe. Des sœurs. Une histoire. Mais 160 ans de vie séparent les protagonistes.

2016 : « The Black Holes », groupe féminin de punk, répète.

1856 : près d’un lac sombre en bordure de clairière, une jeune fille croise un squelette désemparé. L’être est complètement perdue. Ossature d’une femme, elle veut quitter la forêt pour voir les étoiles. Elle voudrait rentrer chez elle, mais ne sait pas si elle va y arriver. Tout ce qu’elle espère, c’est qu’elle ne soit pas morte.

 

2016 : Gloria, Cristina et Laura rejoignent le studio de répétition.

Entre les siècles, des papillons rouges volètent.

 

 

 

 

© Gonzalez - Dargaud

 

 

Mais quel lien unit les demoiselles séparées de tant d’années ? Par quel moyen, l’une d’entre elles s’est-elle retrouvée dans une époque qui n’est pas la sienne ?

 

Variation sur une musique punk ou symphonie romantique au piano, echo d’un Empire victorien obsolète ou chronique moderne d’un trio de jeunes filles passionnées, The Black Holes est une histoire indéfinissable, un OVNI bé-dessiné.

 

 

 

 

© Gonzalez - Dargaud

 

 

L’auteur donne les morceaux d’un puzzle dont on ne voit pas très bien au départ comment ils pourraient s’assembler, quel rapport ils auraient entre eux. Mais une fois les pièces imbriquées, on comprend les tenants et les aboutissants du périple merveilleux dans lequel Borja Gonzalez nous a embarqué.

 

D’un esthétisme certain, le dessinateur livre des planches magnifiques. Noir, bleu vert, rouge, orangé, jaune pâle et quelques variétés de gris sont les rares tons d’à-plats qui colorent cette fable nocturne.

 

 

 

 

© Gonzalez - Dargaud

 

 

La préface de Juan Diaz Canales est bien ciblée. Relue une fois l’album terminé, elle confirme le ressenti que l’on peut avoir avec ce voyage dans le temps.

 

L’auteur brouille les pistes avant de donner les clefs de son concept.

 

 

 

 

© Gonzalez - Dargaud

 

 

Le véritable sujet du livre n’est ni l’histoire d’un groupe de musique, ni celui de deux sœurs du XIXème siècle, mais bien l’aventure du passage de l’adolescence à l’âge adulte, réflexion sur le temps qui passe. Et était-ce différent à l’époque où l’on portait des chapeaux, où l’on se saluait par des révérences, où il n’y avait pas internet ?

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : The Black Holes

 

Genre : Fantastique

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Borja Gonzalez

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782205079357

 



Publié le 26/02/2019.


Source : Bd-best


Une relecture d’un mythe.  Milady ou le mystère des Mousquetaires

 

   « - Ainsi, Son Eminence m’ordonne… ?

- De retourner à l’instant même en Angleterre, oui Milady, et de la prévenir directement si le duc quittait Londres.

- Et quant à mes autres instructions ?

- Elles sont enfermées dans cette boîte, que vous n’ouvrirez que de l’autre côté de la Manche.

- Très bien… Et vous, que faites-vous ?

- Moi, Milady, je retourne à Paris. »

 

 

 

 

 

Le Comte de Rochefort donne sa mission à Milady de Winter. L’espionne est envoyée Outre-Manche afin de surveiller le Duc de Buckingham. Les ferrets d’Anne d’Autriche sont au centre de l’Affaire qui secoue les cours d’Angleterre et de France.

 

 

 

 

© Bihel, Venayre—Futuropolis

 

 

L’aventure des Trois Mousquetaires fait partie des histoires que l’on connaît par cœur. Adaptée, ré-adaptée, sous toutes les coutures, au cinéma, en dessin animé, en bande dessinée, vue, revue, lue, relue, on croyait tout connaître de l’intrigue. Et pourtant, Venayre et Bihel ont trouvé un nouveau point de vue.

 

Méchants, manipulateurs, grotesques, les hommes sont bien tous les mêmes. Milady est un livre qui montre l’histoire par le prisme d’une femme féministe avant l’heure et qui ne compte pas se laisser marcher sur les pieds. Elle ne tue personne, mais tire les ficelles. Elle prétend sauver des âmes et rappelle que Dieu a commandé que l’homme ne devait pas convoiter la femme de son prochain. Elle est fatale, mais pas fataliste, se veut résolument décideuse, sans pour autant être manipulatrice. Sur l’échiquier de l’histoire, là où Constance de Bonacieux n’est qu’un pion, Milady joue le rôle d’un Cavalier qui avance d’un pas imprévisible.

 

 

 

 

© Bihel, Venayre—Futuropolis

 

 

Sylvain Venayre réalise un scénario de passionné des trois Mousquetaires. Avec cette relecture de l’œuvre de Dumas par le prisme de Milady de Winter, Venayre propose un angle de lecture inédit. La préface et la postface écrites par lui-même justifient ses choix scénaristiques. Elles sont des éléments indispensables à l’appréciation du récit, permettent de comprendre son début et évitent que le dénouement ne laisse le lecteur sur sa faim.

 

Le scénariste nous apprend la façon dont les 67 chapitres du roman ont été conçus par Dumas et les libertés qui ont été prises par rapport à l’Histoire du siècle. On y découvre que l’épopée y est racontée du point de vue du Comte de la Fère, plus connu sous le nom d’Athos, et que celui-ci a été le premier mari d’Anne de Breuil, dite Milady. Ce serait pour cela que la belle y tient un rôle si subjectivement du côté du « mal ». Le prologue violent de l’album montre le rapport de force entre le Comte et sa femme.

 

 

 

 

© Bihel, Venayre—Futuropolis

 

 

Frédéric Bihel choisit un traitement graphique original. Le trait crayon donne une impression, vivante, naturelle et d’époque. Les yeux magnifiques de l’héroïne transpercent le papier pour envoûter le lecteur. Les décors naturels sous des ciels nuageux, en forêt ou sur mer, sont également l’un des points forts du dessinateur.

 

 

 

 

© Bihel, Venayre—Futuropolis

 

 

Il faut être passionné par le roman originel pour apprécier Milady ou le mystère des Mousquetaires à sa juste valeur. Les auteurs ont cependant réussi un exercice de style et d’écriture intéressant. Une curiosité à découvrir.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Milady ou le mystère des Mousquetaires

 

Genre : Histoire

 

Scénario : Venayre

 

Dessins : Bihel

 

D’après : Alexandre Dumas

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9782754822817

 



Publié le 25/02/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4220 -  27 Février 2019

 

Six coups : A bas les armes à feu !

 

            Les gamins de Six Coups sont de retour avec leur Lardon de cochon. Ils se retrouvent au beau milieu d’un duel de rue que veulent empêcher un groupe de pacifistes. Avec ça, on est gratifiés d’une interview croisée d’Anne-Claire et Jérôme Jouvray, les auteurs de ce kid western dans lequel les enfants font réfléchir les adultes sur leur bêtise.

 

 

 

 

            On rit jaune avec l’histoire des Femmes en blanc sur le déclin des services à l’hôpital. Encore une fois, sous prétexte de rigolade, Cauvin et Bercovici appuient là où ça fait mal.

 

            Télémaque termine son deuxième épisode dans un épilogue éblouissant.

 

            Enfin, les abonnés l’ayant été sans interruption pendant toute l’année 2018 ont leur cadeau de fidélité.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Jouvray, Jouvray – Dupuis

 

 

Histoires à suivre :

 

Avant : Mumu la bâtarde

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Six coups

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récits complets :

 

Femmes en blanc (Les) : Pour des raisons basement économiques…

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Capitaine Anchois

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

MiniMythes (Les)

Nelson

Page 12 bis

Roger et ses humains

Tash et Trash (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin du lecteur (Le) : Vous êtes mon auteur préféré ! Nob

Interview : Anne-Claire et Jérôme Jouvray

Leçon de BD (La) : Jouvray

En direct du futur : Les secrets de l’animation

Jeu : Emportés par la foule (Caritte)

 

 

Supplément abonnés :

Cadeau de fidélité 2018

 

 

En kiosques et librairies le 27 Février.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 25/02/2019.


Source : Bd-best


Médiéval et baroque, on entend le Carmina Burana.  Twelve Demon Kings 3

 

 

« - Vérifier la présence de démons ?!

- Depuis la fin de la guerre avec les douze Rois-Démons il y a 13 ans aucun démon n’a été aperçu sur les terres humaines, pourtant.

- On nous a rapporté des rumeurs de locaux. Il semblerait que sur la route nationale, des voyageurs disparaissent. Je voudrais que vous alliez inspecter l’ancienne route nationale aux environs de la frontière.

- Ça me saoûle. »

 

 

 

 

 

 

  Adu, Yomi et Yung sont-ils capables de devenir des héros-officiers ? Ils sont envoyés pour cela en mission afin de découvrir une explication à ces disparitions de voyageurs.

 

  Les douze rois-démons sont la cible d’Adu, qui cherche à éliminer un à un ces seigneurs de l’enfer. Mais, le chevalier n’est pas celui qu’il laisse croire. Ses camarades de jeux s’en sont rendus compte.

 

  Yomi était mise aux avant-postes dans le tome précédant. C’est ici un nouveau personnage féminin qui fait son apparition. Il s’agit de Lou Back qui aspire à gagner ses galons de héros-officier.

 

 

 

 

© Yamamoto—Pika

 

 

  Après Monster Hunter Flash, série en dix volumes, Shin Yamamoto signe un manga de Dark Fantasy. Tant scénaristiquement que graphiquement, l’auteur se trouve à la croisée des chemins de Katsura Hoshino (D-Gray Man) et de Hiromu Arakawa (Full Metal Alchemist).

 

  Les démons du Royaume semblent cousins des Akumas qu’affronte Allen Walker dans la saga d’Hoshino. A travers ces monstres, Yamamoto peut laisser exploser son imagination dans des créations originales et puissantes. La quête effectuée par le trio principal et l’intelligence dont ils doivent faire montre pour soit se sortir de situations inextricables, soit trouver des astuces faisant appel à leur bon sens rappellent quelques uns des bons moments passés auprès des frères Elric.

 

 

 

 

© Yamamoto—Pika

 

 

  En ne versant pas dans le combat pour le combat, en faisant évoluer les personnages dans un Moyen-Age riche en rencontres et découvertes, Shin Yamamoto tient le concept d’une série qui pourra devenir un classique du Shonen.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Twelve Demon Kings

 

Tome : 3

 

Genre : Heroïc-Fantasy

 

Scénario & Dessins : Yamamoto

 

Éditeur : Pika

 

Nombre de pages : 192

 

Prix : 7,50 €

 

ISBN : 9782811643584

 



Publié le 24/02/2019.


Source : Bd-best


Ailleurs dans les rêves.  Dans la forêt des lilas

 

 

  « - Vous ne savez rien. Je n’irai pas à Londres. Minon ! Minon ? C’est toi ? Minon !! Attends-moi !! Minon, je t’en prie ! Ça fait si longtemps, reviens !! S’il te plaît ! J’ai tellement besoin de vous tous, maintenant. Kof Kof ! J’ai si peur et je suis si seule… Kof Kof ! »

 

 

 

 

Une jeune fille poursuit un chat blanc dans une forêt sombre. Pas de lapin blanc, ni de Reine de pique. Faith n’est pas Alice. Atteinte de tuberculose, elle fuit chaque nuit le cottage familial pour rejoindre un monde onirique, sa quête. Faith a perdu ses parents. Sa sœur, mariée à un médecin, part s’installer à Londres. Mais pas question pour elle de quitter sa maison, de quitter son enfance.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Une fée-biche, des luciolétoiles, un chat Minon en costume de mignon, un oiseau fataliste qui assène comme une sentence : « Tous les enfants doivent grandir et s’en aller. », des poissons arlequins qui se plaignent déjà qu’ils seront oubliés, la forêt des lilas est peuplée des chimères de Faith. Mais l’enfant, qui n’en est déjà plus une, refuse de s’éloigner du cocon de ses rêves : « Je ne vous quitterai pas, vous savez. Déjà, je ne veux pas grandir, et même si ça m’arrive, eh bien, on sera encore ensemble ! Toutes les nuits ! ». Pourtant, tout n’y est pas si rose : une créature sans nom, griffon ailé, attaque. Condamnée par la maladie, Faith vit ses rêves plus fort que sa vie.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Faith détient la foi, sa sœur Verity détient la vérité. Mais dans la forêt des lilas, le manichéisme n’est pas d’une telle simplicité. Entre les deux, Anton est la caution réalité qui a ancré l’une d’elle dans un destin convenu dont elle rêvait mais dont elle ne se satisfait pas. Pour l’autre, il est un Bel-Ami inaccessible.

 

Nathalie Ferlut n’en est pas à sa première incursion dans le monde codifié du conte. Elle a consacré en 2016 un album à Andersen, les ombres d’un conteur. Elle connaît sur le bout des doigts les codes, les tenants et les aboutissants du genre qu’est le conte. De la quête initiatique de l’enfant qui doit trouver la voie de son destin, symbole du passage de l’enfance à l’adolescence, aux personnages anthropomorphes qui philosophent et influencent l’héroïne, l’organigramme du conte est vêtu par les autrices d’un manteau émouvant.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Tamia Baudouin enveloppe le récit dans une ambiance post-victorienne. Un réalisme certain y côtoie une féerie avérée dans un style « poupées de porcelaine ».

 

Comment nos angoisses et nos peines influencent nos rêves ? Pourquoi ceux-ci sont-ils doux et cotonneux ou bien cauchemardesques ? Il nous est en tout cas prouvé ici qu’ils sont le meilleur rempart, la meilleure résilience face à la maladie.

 

A mi-chemin entre Alice au pays des merveilles et Jolies ténèbres, Dans la forêt des lilas redéfinit le conte dans tout ce qu’il a d’envoûtant, de lyrique et d’inquiétant.

 

 

 

 

© Ferlut, Baudouin—Delcourt

 

 

Cette histoire est écrite pour tous ceux qui ne seront jamais complètement adultes. Pour paraphraser Minon, les adultes ne pensent qu’au temps qui passe et à la mort... et à la fin, ils meurent.

 

A ce soir, le jour se lève… On ne peut pas se débarrasser des créatures que l’on a inventé. Dans la forêt des lilas, on fera renaître des luciolétoiles et on en rêvera de nouvelles, c’est promis !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Dans la forêt des lilas

 

Genre : Conte

 

Scénario : Nathalie Ferlut

 

Dessins & Couleurs : Tamia Baudouin

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 180

 

Prix : 18,95 €

 

ISBN : 9782756099965

 



Publié le 23/02/2019.


Source : Bd-best


La résistance pas plus haute que trois pommes à en déplacer des ponts

C’est déjà le cinquième tome de cette série-bijou qui nous arrive entre les mains. Les enfants de la résistance de Vincent Dugomier et Benoît Ers a su mener sa barque entre didactisme et information à réflexes de fiction. Et surtout aucun compromis à l’égard de la terreur et de la violence de cette deuxième guerre mondiale qui gangrenait et divisait les pays.

 

 

 

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 



Résumé de l’éditeur : François, Lisa et Eusèbe poursuivent leur combat. Le réseau Lynx a dorénavant pour mission de protéger un « pianiste », un espion en charge de l’émetteur-récepteur qui permet à la Résistance locale de communiquer avec Londres.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Dans ce cinquième tome, Le pays divisé, le trio d’enfants a déjà perdu des plumes, des proches mais n’a jamais reculé, forçant l’admiration et le bagout lié à la jeunesse et laissant penser que rien n’est impossible.


Préparant l’arrivée d’un nouvel opérateur radio (clandestine bien sûr) tout en faisant toujours plus profil bas face à un étau allemand qui se resserre, se referme.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Peut-être moins soutenu que les précédents, ce nouvel opus laisse respirer le lecteur avant d’enchaîner sur un nouveau durcissement. Cela laisse le temps de se balader dans les cases, dans l’espace.


Outre sa beauté graphique, cet album est comme un simulateur, une manière de se retrouver 75 ans en arrière dans un décor grandeur nature, habité par la documentation riche et dingue (les affiches placardées sur les murs) et brillant par son amour pour la liberté, l’audace et la tolérance.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Alexis Seny

 

Série : Les enfants de la résistance

Tome : 5 – Le pays divisé

Scénario : Vincent Dugomier

Dessin et couleurs : Benoît Ers

Genre : Histoire, Aventure, Drame

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48 (+ 8 pages de dossier documentaire)

Prix : 10,95€



Publié le 21/02/2019.


Source : Bd-best


Leçons de vie.  Et pourtant elles dansent...

 

 

                  « - J’arrive d’abord à Saint-Malo, chez ma sœur qui est naturalisée française. Elle s’est mariée il y a longtemps et son mari est quelqu’un d’agréable. Au Cameroun ? J’ai validé mon bac plus 4, en droit des affaires… Et puis j’ai passé des concours mais il n’y avait pas de travail. Alors avec l’aide de ma famille, j’ai pu venir en France. Je me disais qu’avec mon niveau d’études, je pourrais trouver un emploi, payer des impôts… J’avais envie d’exister… Mais à l’arrivée, j’étais face à d’autres réalités. »

 

 

 

 

 

Elle sont déracinées, et pourtant elles dansent…

Elles ont tout quitté, leur pays, une partie de leur famille, et pourtant elles dansent…

On les a brisées, et pourtant elles dansent…

Certaines n’ont plus d’identité, et pourtant elles dansent…

Elles réclament le droit d’asile, et pourtant elles dansent…

 

Au sein de l’association Femmes en Luth, à Valence, des femmes immigrées venant de divers pays racontent à tour de rôles à Vincent Djinda, l’auteur, leurs parcours de vie.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

Au travers d’un album témoignage, Djinda livre de manière brute et objective les aventures, avec tout le côté tragique que ce terme pourrait avoir, de ces femmes réfugiées en France. Leurs conditions de victimes ne les empêchent pas de culpabiliser. D’Afrique ou du Kosovo, de Tchétchénie ou d’Albanie, elles ont pris le risque de tout quitter pour un El Dorado qui n’est pas aussi rose que ce qu’elles espéraient.

 

Il se dégage de leurs récits dramatiques de véritables leçons de vie. Pourquoi un beau (?) jour  ont-elles été contraintes de fuir ? Comment ont-elles décidé de ne pas baisser les bras, de se battre et d’aller de l’avant ?

 

Dans un graphisme au lavis et une uniformité de tons proche du sépia, Vincent Djinda semble mettre un filtre entre ces femmes et le lecteur. Mais il ne faut pas voir ce filtre comme une barrière. C’est une paroi poreuse qui à la fois aide à supporter les histoires violentes que l’on absorbe de plein fouet, mais aussi semble protéger les témoins face à un monde occidental qu’elles intègrent mais qui ne les accueille pas à bras ouverts.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

Dans les yeux de ces femmes, la pupille et l’iris se confondent comme dans une recherche d’identité, comme si elles attendaient que la France fasse briller leurs regards et leur redonne des couleurs pour des lendemains qui chantent.

 

Comme un rappel à l’espoir, Gift, enfant turbulent, illumine les rencontre de son sourire communicatif symbole d’avenir.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » Cet extrait de Rougeur des matinaux, de René Char, chapitre un ouvrage engagé, émouvant et qui donne l’envie d’ouvrir les bras.

 

Et pourtant elles dansent… est un livre vecteur d’humanité.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Et pourtant elles dansent…

 

Genre : BD-reportage

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Djinda

 

Éditeur : Des Ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 280

 

Prix : 28 €

 

ISBN : 9782374180403

 



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4219 -  20 Février 2019

 

Nelson & Floyd, la langue bien pendue !

 

            Il est de séries comme le bon vin, qui s’améliorent en vieillissant. C’est le cas de Nelson, le diablotin de plus en plus drôle. C’est à croire que l’art du strip, c’est comme le sport. Plus on s’entraîne, meilleur on est. Bravo Bertschy !

 

 

 

 

            Côté récits complets, Laudec et Cauvin nous livrent une adorable histoire émouvante de Cédric, et une nouvelle dessinatrice Arianna Rea illustre Rocky Mozart, sur un scénario du toujours excellent Makyo (que l’on aimerait lire plus souvent dans Spirou).

 

            Saluons la fin de Pebble’s Adventures. Ce petit caillou nous aura enchanté. Sa publication en deux planches hebdomadaires a rappelé le bon vieux temps où la quasi-totalité des séries étaient publiées sous ce format là, ce qui permettait de garder ses héros dans les pages du journal pendant plus de quatre mois.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Deglin – Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Avant : Mumu la bâtarde

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Pebble’s Adventures

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Le cake

Rocky Mozart : Boxissimo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Cramés !

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Kahl & Pörth

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Page 12 bis

Roger et ses humains

Tash et Trash (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin du lecteur (Le) : Bienvenue dans mon atelier ! Henriet

Interview : Bertschy

Leçon de BD (La) : Neidhardt

En direct du futur : Emile Bravo

Pic & Zou : Bat-Pic

Spirou et moi : David De Thuin

 

 

Supplément abonnés :

Autocollants : Crapule

 

 

En kiosques et librairies le 20 Février.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


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