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Il est toutes les choses, tous les hommes et tous les animaux. Il prend tous les trains et tous les navires.  Arthur Cravan

  «  - Fabian ! Peux-tu arrêter de faire le pitre ? Juste deux secondes s’il te plaît !

            DING ! DONG ! DING ! DONG !

-          Tout le monde nous attend dans la nef, on va rater le baptême de mon neveu.

-          Hé !  Hé ! C’est pas lui qu’on baptise aujourd’hui, c’est moi !

-          Quoi ?

-          Oui, à partir de « maintenant », mon nom de plume est « Cravans » comme ton village ou plutôt… « Cravan » sans « s », ça sonne mieux !  Et mon prénom est « Arthur » comme le roi, le roi des poètes. Arthur Cravan, je me baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! »

 

1910 : Colosse fantasque, Fabian Llyoyd, champion de France de Boxe, n’a qu’une ambition : devenir le champion du monde des poètes.

 

Paris Renée, Barcelone Very Boxe, New York Mina Loy, Mexico sont les quatre chapitres de la vie passionnante de ce mythomane, escroc et aventurier, qui se conclura par un épilogue tragique.

 

 

 

© Manini - Bamboo

 

 

 

 

 

            Avec cette biographie d’Arthur Cravan, Jack Manini sort de l’oubli un poète sportif, un touche-à-tout de génie et de provocation.

 

            S’il avait vécu dans la deuxième moitié du XXème siècle, Cravan aurait côtoyé Antoine Blondin. Il aurait participé à des joutes verbales avec Jean-Edern Hallier dont il aurait été ami-ennemi. Il aurait combattu les Luchadores au Mexique. Il aurait passé des nuits blanches en sortant de l’enregistrement d’émissions de télé d’Ardisson et aurait palabré des heures avec Frédéric Beigbeder dans des vapeurs illicites.

 

 

 

© Manini - Bamboo

 

 

 

 

            Mais Cravan est une « vedette » du début du siècle. Il s’est fait une place dans la société à grands coups d’uppercuts blessants et de plume acide. L’homme est amoureux, amoureux des femmes et de la vie. Il ne fait pas de cadeau avec les sentiments. Sa mère pourrait en témoigner.

            Cravan s’est fait un nom d’une part avec la boxe, affrontant les plus grands champions de l’époque. Il faut dire que 2 m et 125 kg, ça affute un homme. D’autre part, auteur du journal « Maintenant », il n’hésite pas à se payer les têtes d’affiche du monde de l’art, étrillant les plus grands peintres, assassinant les artistes de tout poil. Mais, paradoxalement, il peut aussi se foutre de son public, pouvant ne pas se présenter sur scène selon son humeur.

 

            Jack Manini a passé deux ans de sa vie avec Fabian Lloyd alias Arthur Cravan. Cet album offre au personnage une postérité méritée. L’auteur a mis tout son cœur dans cet hommage. Avec un découpage éclairé et dynamique, Manini allie un graphisme bondissant et solide, à la manière de son héros.

 

 

 

© Manini - Bamboo

 

 

 

 

 

            Un seul point laisse perplexe : la couverture est-elle une idée de génie ou une erreur de marketing ? Le fond présentant les fonctions, qualités et défauts de Cravan est efficace. Mais la représentation du personnage coupé à la taille par le titre de l’album est une moins bonne idée. Il ne faudrait pas que cela freine à l’ouverture du livre sur l’étalage des librairies.

            Dans tous les cas, cet ouvrage est à ranger à côté des meilleures biographies en BD, entre le Joséphine Baker de Catel et Bocquet et le Ishanti ! de Golo.

 

            « Je ne meurs jamais ou presque. » clame Arthur Cravan. C’est « Maintenant » chose certaine grâce à Jack Manini.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Arthur Cravan

Collection : Grand angle

Genre : Biographie aventureuse

Scénario, Dessins & Couleurs : Manini

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 216

Prix : 21,90 €

ISBN : 9782818944820

 



Publié le 25/05/2018.


Source : Bd-best


Résilience 2 : l’oasis tant espérée se révèle être un havre de… guerre entre un David décomposé entre doute et suspicion et un Goliath armé jusqu’aux dents

Après une entrée en matière rudement convaincante, Augustin conclut un premier cycle de Résilience en changeant d’air, trouvant une oasis propice mais délicate pour ces héros d’un monde qui change et qui n’épargne personne, y compris ceux qui se voilent la face et sont grassement payés pour faire régner l’ordre et la torpeur. Tout en sachant que quand deux camps s’opposent, il y a des transfuges, des espions qui font des allers-retours. Et il convient désormais de retourner les terres mortes sous l’aridité humaine pour trouver la taupe !


 

 

 

 

 

 

 

© Lebon/Poupelin chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Juin 2069, l’Europe est devenue un vaste désert agricole. Adam, Agnès et Ellen ont finalement atteint la mythique vallée de la Résilience et tentent de s’adapter à ce nouveau mode de vie, proche de la nature. Mais le ver est entré dans le fruit. Un espion de DIOSNYTA s’est glissé au sein de leur groupe et menace le cœur de la Résilience. Rejeté par les Résilients qui ne lui font pas confiance et par Agnès qui lui reproche sa liaison avec Ellen, Adam décide de tout faire pour sauver la vallée, quitte à se sacrifier lui-même…

 

 

 

 

© Lebon/Poupelin chez Casterman

 

À la fin du tome 1, tout lecteur avait plus ou moins une idée de la suite par laquelle Augustin Lebon prolongerait son histoire. Après avoir louvoyé avec savoir-faire et sans temps morts entre rats des villes et rats des toujours plus rases campagnes, Augustin Lebon a choisi un autre décor, verdoyant là où on pensait avoir à jamais fait une croix sur les poumons verts. Que voulez-vous, le cancer de notre époque ! Même s’il était nuancé par une hypothétique vallée de la résilience, nourrissant les espoirs un peu fous de nos héros rescapés. Figurez-vous que cette vallée existe réellement et qu’Adam, Agnès, Ellen et les autres sont arrivés à bon port après un voyage en train sans encombre. Augustin Lebon ne nous a pas refait le coup du Transperceneige et c’est dans une forêt, presque une jungle, que les agriculteurs propres et convaincus vont vivre ce deuxième tome.

 

 

 

 

© Lebon/Poupelin chez Casterman

 

Comme un rêve ? À peu de chose près : un espion semble renseigner les sbires de DIOSNYTA qui ne perd pas de temps pour constituer une véritable armée sans état d’âme pour éradiquer ces résilients qui sont autant de grains de sable dans le pulvérisateur de nos pesti(cides)férés. C’est Goliath contre David. Un David déforcé par les doutes et la suspicion.

 

 

 

 

© Lebon

 

Quittant la science-fiction pour faire son Koh-Lanta (bien plus grandeur nature que ce qu’essaie de faire le PAF), Augustin Lebon laisse en effet du temps à la communauté de résistances pour qu’elle se retrouve entre enjeux communs et divergences de toutes sortes. C’est la phase « connais-toi toi-même » du récit, sans poursuite, sans hors-la-loi, sans fracas (qui n’est pas loin, pour autant) mais sans échappatoire non plus. Car outre les duels de regards cherchant le coupable, quelques-uns vont vite faire régner leur loi et il faudra s’y plier ou pas. De quoi laisser désorganisé ce camp, donc, alors que les hommes de DIOSNYTA, armés jusqu’aux dents, ne feront pas de quartier.

 

 

 

 

© Lebon

 

Ce deuxième tome est étonnant à plus d’un titre, tranchant avec le reste, surprenant le lecteur. De quoi rendre ce drame à deux pas de notre époque d’autant plus intéressant, dans le fond comme dans la forme. Avec son lot d’images fortes et de choix peu conventionnels dans le genre pour donner à cette série un goût d’inédit et beaucoup de caractère.

 

 

 

 

© Lebon 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Résilience

Tome : 2 – La vallée trahie

Scénario et dessin : Augustin Lebon

Couleurs : Hugo Poupelin

Genre : Anticipation, Thriller environnemental

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 56 (+ 5 pages de carnet de croquis)

Prix : 15,50€



Publié le 24/05/2018.


Source : Bd-best


Blade Runner mâtiné de Cinquième élément, une esthétique sobre et sombre. Exodus Manhattan 1

    «  - Ils commencent vraiment à me faire chier ces cinglés de la New Cruzade.

 
-    Ben va falloir t’y habituer ou te trouver un aller simple pour Mars.

 
-    T’es sérieux là ?

 
-    Regarde autour de toi, Hana ! Ils sont de plus en plus chez eux ici. Ils s’installent sur un territoire à l’abandon et ils prospèrent sur la colère du peuple. Et tu fais croire ce que tu veux à un peuple en colère.

 
-    Mais de quoi tu parles ?

 
-    Je te parle de 17 milliards d’humains et d’à peine 500 millions d’élus pour le petit paradis artificiel de Venka Corp. L’espoir est sur Mars mais l’espoir a un prix qui nous exclut à peu près tous. »

 

 

Leto a-t-il raison ? La Terre se transforme-t-elle en décharge toute juste bonne à héberger la lie de l’humanité ? Le monde est surpeuplé et les élus sont centrés sur leur monde de privilégiés.
Les inspecteurs Leto Wolf et Hana Yamashirogumi sont appelés sur une scène de crime. Mais ils vont rapidement être dessaisis de l’affaire, officiellement confiée au consortium Venka. Pourquoi donc un meurtrier « ordinaire » intéresserait-il une des personnes les plus puissantes du monde ? Madame Biko a tous les pouvoirs, mais face à deux flics déterminés, c’est à qui lâchera le premier. New York est une jungle noire. Pour prédateurs et traqués, tout est une question de survie. Ce crime a un témoin qu’il est urgent de retrouver…

 

 

 

 

 

© Nykko, Bannister - Glénat

 

 

 

 

    Exodus Manhattan a tout de Blade Runner mâtiné de Cinquième élément. Nykko en est fan et ça se voit. Son récit est aussi une variation des grands romans noirs. Les flics sont au cœur de la triste réalité des bas-fonds de la ville. Dans ce siècle futuriste, leurs méthodes ont évolué. Un cadavre de chat trouvé près d’un macchabée ? L’analyse de son œil permettra de découvrir ses dernières visions.
    La sur-technologie a envahi la ville et l’espace. Quand Hana vient se doucher dans l’appartement de Leto, elle s’étonne qu’il ait une douche à eau. Une prison internationale est implantée sur la lune.
Comme des automobiles, les humains sont immatriculés, sinon, c’est que l’on n’a pas d’identité, telle l’apparente témoin du meurtre que recherche notre duo et leurs concurrents.
Les personnages ont des rôles bien définis. Si le lecteur peut plus facilement s’assimiler à Hana, Leto est chargé d’une partie de mystère qui pose question sur son passé, et dont on est placé en observateur avide d’en savoir plus. Le scénariste est assez malin pour distiller de minuscules questionnements. Cela habille le squelette du récit, construisant ainsi une histoire solide et plus profonde qu’il ne pourrait sembler à la première lecture.

 

 

 

© Nykko, Bannister - Glénat

 

 

 

    Bannister signe son album de la maturité. Sa progression est époustouflante. Le dessinateur jeunesse des Enfants d’ailleurs, série Dupuis dont un deuxième cycle était prévu mais qui finalement ne devrait pas voir le jour, est devenu un auteur ado-adulte efficace et punchy, avec des méthodes de travail dont ses successeurs s’inspireront certainement.

Dans le cahier complémentaire présentant un making of, le dessinateur explique en détails sa technique d’après photos prises lors de repérages à New York. Il travaille en niveaux de gris. Il transforme le cliché en le repeignant. Souvent, sa photo de base détermine non seulement le cadrage, mais aussi la mise en scène et la narration. Il ajoute ensuite des contrastes aux différents niveaux du décor. Ce qui est étonnant, c’est que la couleur ne vient qu’au dernier moment. Ses images sont viables en noir et blanc. Si l’album fonctionne, ça pourrait donner l’idée de publier une telle version bonus.
    Bannister explique également comment il a créé la voiture de Leto à partir d’un design de Dodge Charter, et l’on découvre les différentes étapes de la confection de la couverture.
    L’album est donc d’une esthétique certaine, sobre et sombre, peut-être parfois trop.

 

 

 

 

 

© Nykko, Bannister - Glénat

 

 

    Exodus Manhattan est prévu pour être un diptyque. Espérons que la fin sera plus claire que le dit Blade Runner dont il transcrit l’ambiance.
    « La grosse pomme n’est plus qu’un trognon infesté de larves. » poétise Leto. Mais il reste des papillons dont le but n’est pas de s’enfuir, mais de faire résoudre les crimes.


Laurent Lafourcade


Série : Exodus Manhattan


Tome : 1


Genre : Aventure futuriste


Scénario : Nykko


Dessins & Couleurs : Bannister


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 64


Prix : 14,95 €


ISBN : 9782723496339

 



Publié le 24/05/2018.


Source : Bd-best


Les petites distances sont parfois des ravins, encore plus quand on devient invisible !

Être inodore, insipide, c’est beaucoup mieux que d’être invivable mais ça pose quand même problème. Même au plus charismatique des humains sur cette Terre, ça doit déjà lui être arrivé de ne pas se sentir écouter, de devoir répéter. Rien de grave quand on a toujours la force de rebondir. Quant à Max, le nouveau héros (mais l’est-il vraiment ?) de Véro Cazot et Camille Benyamina, il s’est laissé dépasser de la réalité, à un point tel que celle-ci l’a… effacé ! Aux yeux de tous, sauf des deux autrices et des lecteurs.

 

 

 

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Je suis là. Je suis Max. On vit ensemble depuis deux semaines. Enfin c’est surtout moi qui vis chez toi, mais je crois que je ne te dérange pas. Tu ne m’entends vraiment pas?

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

C’est facile d’être oublié. Encore plus quand on est mort, c’est sûr. Mais quand on est vivant, ça arrive parfois. Au rythme où filent nos existences. Un peu de métro-boulot-dodo, t’en veux ? On pense à soi et puis patatras. On pense aux autres et voilà qu’ils vous sortent de leur tête. Si, c’est lors des enterrements qu’on se rend compte à quel point untel était aimé, c’est en vivant au jour le jour qu’on apprend que des tas ont vite fait de passer à côté de vous sans se retourner. Du coup, il a l’air malin, Max, sur le pas de ce qui était encore son appart quelques heures plus tôt. Avec ses fleurs amorphes car artificielles destinée à celle qui était sa copine et qui se rhabille, à présent, à vitesse grand v alors qu’elle n’a pas fini de chevauchée son infidélité. De bon matin, à en croire ce qu’elle bredouille, elle a perdu de vue celui qui, plus de quatre ans, fut son aimé. Cette fille a définitivement un problème…

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

Du moins le croit-on, d’un premier accord avec Max, ce personnage attachant dont Cazot et Benyamina nous font vite sentir le désarroi et adhérer à son camp. Max et nous contre le monde entier. Car le problème, c’est bien Max qui en est victime. L’amnésie de son ex n’était qu’un signe avant-coureur : très vite, notre homme pâle est dégagé de la réalité par son nouveau colocataire, par ses parents qui semblent ne jamais avoir eu de fils ni même d’enfant, par la psy sur qui il comptait bien pour revenir à la réalité et la belle rousse qui, mine de rien, le fascine un peu.

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

D’ailleurs, avant de disparaître complètement, il tente bien de l’aborder. Le moment est mal choisi, et dans une séance de spiritisme borderline et improviso-alcoolisée, ce qu’il restait de l’enveloppe physique de notre fantôme en devenir se fait aspirer par l’aspirateur à démons. C’est fini, Max n’existe plus, sauf pour les extradiégétiques et chanceux lecteurs que nous sommes. C’est l’objet même du pacte de lecture passé avec les deux femmes qui tirent les ficelles de ce monde de papier comme on les aime.

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

Chanceux car il nous est donné, une nouvelle fois, d’assister au plus près à la métamorphose d’un personnage en voie de disparition, amputé par petits ou par gros bouts. Comme une certaine Betty Boob qui a fait des ravages, il y a quelques mois et encore maintenant, et qui était la créature d’une certaine Véro Cazot qui récidive ici dans un autre univers, en voulant dire autre chose. Mais en arrivant toujours à faire émerger folie et fantaisie face à des événements qui n’auraient pu accoucher que de déprime et de mélancolie.

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

Si, des hommes invisibles, on en a connu avec Wells, la scénariste choisi d’autres voies, relationnelles malgré tout même sans un mot et sans se voir. Les personnages se frôlent mais ne se touchent pas, se parlent mais ne s’entendent pas. Paradoxalement, en passant de l’autre côté du miroir, dans le monde des ombres insaisissables, des spectres inatteignables, Max a détruit les illusions, les lois du paraître, pour percer à jour ce que sont vraiment les gens qui l’entourent, et cette petite rousse qui est peut-être la clé de sa peine.

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

Sans moyen hollywoodien ni effets spéciaux pour dématérialiser les choses, Camille Benyamina a choisi la simplicité pour donner corps à cette histoire pourtant constituée autour d’un homme qui n’en a plus. Cela passe par la subtilité et quelques magnifiques jeux de lumières et de transparence. L’alchimie trouvée avec le texte et les dialogues de Véro Cazot est telle que les petites distances deviennent des ravins, des failles de San Francisco ou de Paris infranchissable. Et pourtant les personnages n’ont jamais été aussi proches, dans cette vie commune insoupçonnée. Le lecteur se retrouve au creux de ce monde, on ne peut plus face à Max qui n’a peut-être pas la fureur de vivre mais a eu la frayeur de ne plus vivre. C’est frais et très touchant. L’essentiel est invisible avec les yeux, disait l’autre. Et comme on est en plein dans l’invisible, on confirme.

 

 

 

 

© Cazot/Benyamina chez Casterman

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Les petites distances

Récit complet

Scénario  : Véro Cazot

Dessin et couleurs : Camille Benyamina (Page Fb)

Genre: Drame, Romance, Fantastique

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 152

Prix: 20€



Publié le 23/05/2018.


Source : Bd-best


Alerte ! Orques attaquent ! Mutations 1 – Episode 1


    «  - Lana, tu peux me dire ce que tu fais ici ?

 
-    Je suis envoyée par l’ONU, mon cher. J’ai une mission à vous proposer à tous les deux.

 
-    Alors tu t’es déplacée pour rien : nous refusons de travailler à nouveau pour l’ONU.

 
-    Oui, je suis au courant de la façon qu’ils vous ont traités après votre mission au Brésil mais ces huiles ont compris leur erreur…

 
-    Tant mieux pour eux, mais ça ne change rien en ce qui nous concerne. »

 

 

 

 

 

Brahim a la rancune tenace. Mais la colonel Lana Okosha, des forces spéciales de l’ONU est très persuasive. Des cétacés attaquent des bateaux de pêche. L’ONU a convaincu les compagnies de pêche et les médias de ne plus divulguer d’infos pour éviter la panique. Non seulement, les mammifères coulent les bateaux, mais s’attaquent aux marins, dans n’importe quelle région du globe. Les faits semblent organisés. La mutation des cétacés est d’une rapidité sans précédent depuis les origines de la vie. Face à ce danger, les navires se sont armés… mais les animaux aussi. Il est clair qu’une organisation malfaisante est derrière tout ça. Brahim et Romane sont invités à rempiler pour dénouer l’affaire.

 

 

 

 

 

 

© Simon, Simon, Léo, Jamar - Dargaud

 

 

 

 

    Avec Mutations, Jamar et Léo proposent une saison 2 à Mermaid Project. Histoire indépendante, Mutations est lancée comme une nouvelle série, mais les personnages principaux sont les mêmes. Nul besoin d’avoir lu Mermaid Project pour profiter de la suite. Redémarrer la numérotation est malin et moins décourageant pour alpaguer de nouveaux lecteurs.
    Léo adopte une méthode lue et approuvée dans Aldébaran, Bételgeuse, Kenya ou autre Namibia : des cycles relativement courts et une dimension écologique certaine. Les personnages féminins sont forts et déterminés. Le trio Romane/Brahim/Kruger, enquêteurs amis-amants et faire-valoir qui n’a pas peur d’aller au casse-pipe, fonctionne parfaitement.
Mutations est un récit d’anticipation intelligent. La météo des continents ne correspond plus à celle d’aujourd’hui. Etre de race blanche est rare dans un monde naturellement métissé. Les animaux sont doués d’intelligence et un traducteur permet notamment aux héros de communiquer avec les orques. Dans Mutations, le terrorisme a un nouveau visage : s’il n’est plus possible d’endoctriner les hommes, pourquoi ne pas s’accaparer les bêtes ?
Il est dommage que les dialogues soient parfois longs et pas toujours pertinents. Certains sont parfois même cuculs : « Vous partez pour le Mozambique ! Waouh ! Cest super-loin, ça !! » ou encore « Vous devez avoir faim. Je vais vous préparer quelque chose. », réponse : « Super !! ». On attend beaucoup mieux de tels auteurs.

 

 

 

© Simon, Simon, Léo, Jamar - Dargaud

 

 

 

    Fred Simon a un graphisme ligne claire pur et transgénérationnel. A la manière d’un Mathieu Reynès ou d’un Michel Plessix version Julien Boisvert, il est idéal pour faire la transition entre la BD pour enfants et une ligne totalement adulte et réaliste. Depuis Rails et Le poisson-clown, Simon s’avère être un maître dans son style. On pourrait le qualifier de désuet : non, il est universel. Ce genre de dessinateur mériterait beaucoup plus de considération et de mise en valeur.

    Mutations est annoncée en trois épisodes, trois actes d’un récit d’h-orque-rreur qui espèrons-le, restera une uchronie.


Laurent Lafourcade


Série : Mutations


Tome : 1 – Episode 1


Genre : Aventure futuriste ecologique


Scénario : Léo & Corine Jamar


Dessins : F.Simon


Couleurs : J-L.Simon


Éditeur : Dargaud


Nombre de pages : 64


Prix : 14,99 €


ISBN : 9782205077247



Publié le 22/05/2018.


Source : Bd-best


Coup de pouce pour une histoire de métamorphose. Moustik 1 - Seul

   

« - Alors, demain c’est la rentrée dans ton nouveau lycée. Je vais préparer tes affaires. Attends, je m’occupe de ton cartable. Il faut qu’il ne manque rien.

 
-    Maman… Je suis plus un gamin. Je suis en seconde. »

 

 

 

 

 

 

Dans les yeux d’une maman, un fiston restera toujours un fiston. Mais aux yeux de ce dernier, avoir une mère aussi lourdingue, ce n’est pas toujours facile à assumer. Théodore Deguerville est surnommé Moustik. Discret et réservé, il est la risée des cadors du lycée. Mais faut pas trop l’énerver quand même…

 

 

 

 

 

 

© Arnal, Chair – YIL Edition

 

 

 

 

    Kris Arnal pose les personnages. Le lecteur est intrigué par le genre d’aventure qui lui est proposé. Sommes-nous dans un récit d’ado tourmenté ? Oui, mais pas que… Sommes-nous dans un récit fantastique ? On s’y frotte juste dans la façon dont sont représentés les sentiments exacerbés.
    L’album montre comment d’une situation de moquerie et de harcèlement un adolescent va tenter un dépassement de soi. Entre eux, les jeunes ne s’épargnent rien. Pour contrebalancer une ambiance qui pourrait être anxiogène, Arnal met ce qu’il faut de dose d’humour avec le personnage de la mère, et une pincée sexy avec Natasha.

    Alexandre Chair rassemble des influences comics et manga. Il est dans la modernité qu’on retrouve dans des séries comme Magic 7 ou Louca. Les attitudes des personnages sont très travaillées. Les illustrations en fin d’album en témoignent. Chair joue avec les yeux de son héros. Souvent cachés dans le reflet de ses lunettes, ses pupilles n’apparaissent que lorsque ses émotions se décuplent.

    La mise en couleurs, informatisée, est un peu froide. Elle gagnerait à être plus « naturelle ». Un peu plus de vie dans ce domaine pour le tome 2 serait bienvenue.

    « Seul » passe vite, trop vite. Il n’y a pas une seconde de répit, si bien qu’on aurait aimé en lire plus. Mais c’est un peu le lot de tout tome 1. Il se lit comme un premier chapitre de manga, on tourne les pages, puis on se dit : « Mince, c’est déjà fini. ». Allez, un peu plus de densité dans le tome 2 pour en apprendre beaucoup plus sur Théodore, ses amis, ses adversaires et ses doutes.

 

 

© Arnal, Chair – YIL Edition

 

 

 

 

    Paru chez un tout petit éditeur, l’album est disponible sur les principales plateformes de commerce en ligne.

    Moustik est une série de jeunes auteurs prometteurs. Ne nous leurrons pas, il y a des défauts. Mais si tous les premiers albums étaient de ce niveau, on s’en sortirait pas si mal. Il y a une sincérité et un plaisir de la part des auteurs qu’il serait de bon ton de retrouver dans toutes les publications des grands éditeurs.

Laurent Lafourcade

Série : Moustik


Tome : 1 - Seul


Genre : Aventure lycéenne


Scénario : Kris Arnal


Dessins & Couleurs : Alexandre Chair


Éditeur : YIL Edition


Nombre de pages : 40


Prix : 15 €


ISBN : 9782374162898



Publié le 22/05/2018.


Source : Bd-best


Gri’im, sans frère ni trêve, sur la planète des singes, la colère d’un Orc pas patient !

« Il n’y a pas pire ennemi qu’un vieil orc qui a tout perdu. », annonce d’emblée le résumé de ce troisième épisode entre Orcs et Gobelins, comme on peut être entre chiens et loups. Une nouvelle fois, en ces Terres d’Arran si aptes à faire tenir debout et sans vaciller un formidable monde d’héroïc-Fantasy, c’est un nouveau venu qui a la peau dure mais les idées disparates que nous enjoignent  à rencontrer Nicolas Jarry et Stéphane Créty (qui ont déjà animé la famille du Talion chez les Nains. Leur héros Gri’im, avec ses airs de Michael Rooker (vous savez, l’acteur de Merle Dixon chez les Walking Dead et Yondu dans Les gardiens de la galaxie), est mal en point. Et sans trahir la phrase d’annonce, il a tout du héros eastwoodien impitoyables dans des contrées dangereuses et à perte de vue, pas si loin de l’esprit western avant de rallier, dans un deuxième acte infernal, un autre labyrinthe qui n’a rien à envier à celui du Minotaure.

 

 

 

 

 

 

© Jarry/Créty

 

Résumé de l’éditeur : Après trente années d’emprisonnement et de tortures, Gri’im est enfin libre. Autrefois, seigneur de guerre, il n’est plus qu’un vieil Orc brisé, brûlant de se venger. Mais, traqué comme une bête, blessé, il cherche refuge auprès d’une caravane d’humains qui se rend à Aspen. Depuis la guerre des Goules, la cité est censée être déserte, mais un prédateur aussi ancien que redouté, éveillé par la magie de l’elfe bleue Lanawyn, rôde…

 

 

 

 

© Jarry/Créty/Nanjan chez Soleil

 

Laissé plus mort que vif, Gri’im avait encore assez de ressources pour attirer ses derniers traqueurs dans une forteresse-piège et leur faire la peau. Pourtant, dans ce dernier geste vert de rage, Gri’im voit peu à peu sa vie défiler, ses jeunes années bafouées pour mieux devenir l’abominable homme des neiges qu’il est aujourd’hui. Seulement, voilà, vous vous en doutez, on ne fait pas d’histoire avec un Orc, aussi épuisé soit-il, qui mourrait à la troisième planche.

 

 

 

 

© Jarry/Créty/Nanjan chez Soleil

 

In extremis, Gri’im, et ses étranges pouvoirs, va être sauvé par une caravelle d’hommes en quête d’un inestimable trésor. Une drôle de bande, mal fagotées, dans laquelle se confondent les intérêts du groupe et les envies personnelles, la bonne foi et la mauvaise foi. Il y a là des brigands qui ont tout intérêt à voir l’équipage se réduire à peau de chagrin dans ce décor montagneux qui, s’il retient les cris en quelques échos, reste imperturbable face au sort des si petits humains. Si petits face aux terrifiants et gigantesques monstres en approche. Et Gri’im va intégrer ces mercenaires, les défendant mais perçant aussi à jour leur part sombre.

 

 

 

 

© Jarry/Créty

 

 

 

 

© Jarry/Créty/Nanjan chez Soleil

 

Si le déroulé de l’histoire et ses flashbacks nous en apprennent plus sur Gri’im et ce qui l’a amené à être un combattant pur et dur, force est de constater qu’en dépit de la méfiance de ses alliés providentiels, que notre bon vieil Orc est surtout un pion, un grain de sable dans une machine qui n’avait pas besoin de lui pour être enrayée. Ce qui est intéressant dans ce récit, ce n’est pas le héros en lui-même mais le monde qui l’entoure. Et les aspérités qui vont avec. Gri’im fait sans aucun doute partie des personnages de cette saga qui ont le moins de temps à l’écran. Il met longtemps à devenir le vrai héros de cette histoire mais il permet d’approcher les relations humaines qui n’ont de cesse de se tendre jusqu’à l’irrémédiable ?

 

 

 

 

© Jarry/Créty/Nanjan chez Soleil

 

Mêlant habilement western et survival en groupe, Nicolas Jarry est toujours aussi habile, délaissant un peu le côté « philosophique » et renvoyant à nos propres existences de lecteurs si peu héroïco-fantaisistes qui va si bien aux Nains, pour cultiver les rebondissements et le divertissement. Dans ce climat si gris (le travail du coloriste indien J. Nanjan, entre ombres et lumières, sert à mort le récit), dans cet environnement si pur et si beau, mais néanmoins apocalyptique et dantesque, Stéphane Créty se montre aussi téméraire que les héros sans foi ni loi qu’il anime. Dans ce monde dévasté et désolé, ça claque.

 

 

 

© Jarry/Créty

 

 

 

AlexisSeny

 

Série : Orcs et gobelins

Tome : 3 – Gri’im

Scénario : Nicolas Jarry

Dessin : Stéphane Créty

Couleurs : J. Nanjan

Genre : Heroic Fantasy

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 61

Prix : 15,50€



Publié le 22/05/2018.


Source : Bd-best


Peut-on retrouver l'amour à 60 ans ?

 

« - La mort n’aime pas les vieillards.

 
- Leur odeur âcre, leur peau rêche, leur regard usé d’avoir tout rêvé, leur dos de chien battu… elle déteste ça, la mort !

 
- La mort quoi qu’on en dise, les préfère jeunes.

 
- La mort est une couguar »

 

 

 

 

« L’obsolescence programmée de nos sentiments » est la seconde nouvelle graphique dessinée par Aimée de Jongh. En 2015, lorsqu’elle rencontre Zidrou, il lui demande ce qu’elle désire illustrer. Elle lui répond : une histoire d’amour. Ce dernier met à sa disposition deux scénarios dont l’un parle d’une romance entre deux vieilles personnes : L’amour après soixante ans.

 

 

 

 

 

© Zidrou – de Jongh Aimée

 

 

 

 

Immédiatement conquise par cette idée, la dessinatrice commence son travail d’après le scénario final bouclé en janvier 2016. Le résultat  donne un livre sincère et touchant sur la possibilité de connaitre l’amour et le bonheur après la soixantaine. Réunissant Ulysse (59 ans), un déménageur solitaire venant de perdre son emploi, et Méditerranée (62 ans), ancien top model ayant fait la couverture de Lui dans les années 70, le scénariste va nous faire vivre la rencontre de deux sexagénaires essayant de combler leur isolement.

 

 

© Zidrou – de Jongh Aimée

 

 

 

 

 

Entre ces deux personnages va naître une histoire d’amour débouchant sur une conclusion totalement inattendue mais surtout porteuse d’avenir. Attention chef-d’œuvre en vue porteur d’espoir face à notre société de plus en plus individualiste et vieillissante. Coup de chapeau à nos deux artistes qui nous délivrent une des meilleures réalisations de cette année 2018. Plus touchant et parlant pour un public ayant atteint la cinquantaine, le livre est accessible dès 18 ans.


Alain Haubruge

 

Titre : L’obsolescence programmée de nos sentiments.


Éditeur : Dargaud.


Collection : Hors Collection.


Tome : One shot.


Scénario : Zidrou.


Dessins : de Jongh Aimée.


Nbre pages :144.


Prix :19.99 euros.


EAN :9782505067566



Publié le 22/05/2018.


Source : Bd-best


Petite et grande histoire de la coupe du monde de football.

 

« Saviez-vous qu’on peut échanger des buts contre des otages ?

 
Que l’on peut jouer un mondial à 17 ans comme à 42 ans ?

 
Qu’on peut mourir pour un but contre son camp ?

 
Qu’on peut former une équipe pour un pays qui n’existe pas ?… »

 

 



À moins d’un mois du lancement officiel de la 21e édition de la Coupe du monde de football masculin, les Éditions Petit à petit ont pris l’initiative de nous présenter l’histoire et la petite histoire de cette compétition organisée par la FIFA réunissant les trente-deux meilleures sélections nationales. Cette année, elle se déroulera en Russie du 14 juin au 15 juillet 2018.

 

 

 

 

 


© Emmanuel Marie - Petit à petit.

 

 

 

 

À travers les 192 pages du livre Docu-BD, trente récits mythiques ou anecdotes inconnues du grand public couvrent l’épopée sportive de 1930 à nos jours. Scénarisé par Emmanuel Marie, ce dernier nous entraîne de Sindelar à Neymar, du Maracana à Maradona. Chaque récit est accompagné d’information concernant les grands faits d’actualités internationales de l’époque mais aussi d’un texte reprenant les exploits sportifs (ou non sportifs) des nations engagées.  Tout en vous emmenant sur les terrains de cette compétition mondiale, les divers événements annexes abordés dans chaque chapitre de ce livre en font  un ouvrage intéressant non seulement pour les sportifs mordus par cette manifestation mais aussi très instructif pour le public ne s’intéressant pas à l’histoire de cette compétition internationale. Cette dernière se révélant être aussi bien un événement sportif, qu’un enjeu économique et politique.

 

 

 


© Emmanuel Marie - Petit à petit.

 

 

 

Les dessinateurs suivants ont participé à l’élaboration ce collectif: Alain Paillou, Andrea Broccardo, Andrea Meloni, Arjuna Susini, Cedric Benoist, Damjan Stanich, Derji, Fabio D'Auria, Francesca Follini, Francesco Mucciacito, Kan Takahama, Kent Yuen, Kyung Eun-Park, Liun Jun, Mario Sciuto, Michael Malatini, Michela Cacciatore, Nico Tamburo, Paolo Antiga, Paolo Raffaelli, Rafael Ortiz, Salvatore Bevacqua, Thomas Balard, Valentina Pinti, Vincent Dutreuil, Vincenzo Mercogliano, Yang Weilin, Ziran Xu. En résumé, un livre qui satisfera l’ensemble de la famille, du sportif chevronné en passant par l’amateur de faits divers tout en comblant le féru de faits historiques.


Alain Haubruge


Titre : Histoire (en BD) de la coupe du monde.

Genre : Aventure historique & sportive

Scénario : Emmanuel Marie

Dessins : Collectif

Éditeur : Petit à petit

Nombre de pages : 192

Prix : 19,90 €

ISBN : 9791095670483



Publié le 22/05/2018.


Source : Bd-best


Complots, amours et secrets pour des hommes et des dieux. Alix Senator 7 – La puissance et l’éternité

« - Belle journée pour des funérailles. Réjouis-toi, Alix, tu vas pouvoir obéir à Auguste une dernière fois en allant rejoindre Agrippa dans son tombeau !
-    Alors, qu’est-ce que tu attends pour nous achever, préfet ?
-    Moi ?! Je serais incapable de tuer un sénateur, tu me connais.
-    Non, c’est vrai, tu te contentes de les torturer.
-    Ha ! Ha ! Chacun ses plaisirs. Et celui de Livie est que tu sois enterré vivant ici avec ton fils. Vous ne servez plus à rien. Vous n’en savez pas plus que nous sur la Cybèle d’Orichalque finalement. »

 

 

 

 

 

Alix est en bien fâcheuse posture. Alors que Titus croît assister à l’enterrement de son père, celui-ci est enfermé par le préfet Barbarus avec Khephren dans le tombeau d’Agrippa. Les deux malheureux sont voués à y mourir lentement.
Livie, l’épouse de l’empereur Auguste, est déterminée à venger la déesse cybèle. Elle sait qui possède la statue d’Orichalque, celle qui promet la puissance et l’éternité. L’heure de la revanche a sonné.

 

 

 

 

 

 

© Mangin, Démarez, Chagnaud - Casterman

 

 

 

    La puissance et l’éternité est affreusement d’actualité dans les années meurtries qui sont les nôtres actuellement, où la radicalisation entraîne jusqu’à des actes irréversibles. L’histoire soulève la question de l’endoctrinement et montre les dangers de vivre pour un dieu jusqu’au point de tout sacrifier et de toucher aux affres de la folie. La puissance et l’éternité est aussi une histoire de famille où complots, trahisons, amours et secrets sont les sommets d’un quadrilatère machiavélique.

    Valérie Mangin réussit à se sortir avec brio de la situation apparemment inextricable dans laquelle elle avait laissé ses héros à la fin de La montagne des morts, le tome précédent. C’est feuilletonnesque, c’est la marque des grands. Elle n’épargne rien à ses personnages, poussant le concept jusqu’à faire penser aux spectateurs, lapsus révélateur tellement on reçoit l’histoire en pleine face, jusqu’à donc faire penser aux lecteurs que tout, même l’impensable, pourrait arriver.

    Thierry Démarez est détaché de tout complexe par rapport à l’œuvre du maître Martin, qu’il respecte et à laquelle il donne une dimension supplémentaire. Des vues panoramiques sur Rome aux costumes des centurions, de l’intérieur des temples aux toges des nobles citoyens, le voyage de 2000 ans auquel nous sommes invités est un émerveillement.

    Les couleurs de Jean-Jacques Chagnaud, classiques et efficaces, explosent dans une scène finale, un grand spectacle impressionnant.

    L’encyclopédie en ligne Alix Senator est une mine d’or. Elle replace entre autres personnages réels et fictifs dans leur contexte historique. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on est une série antique qu’on ne peut pas être transmedia : http://www.alixsenator.com/encyclopedie.html

 

 

© Mangin, Démarez, Chagnaud - Casterman

 

 

 

 

    En sept albums, Alix Senator s’est imposée comme la meilleure série historique du moment. Empreinte de juste ce qu’il faut d’impression de fantastique, si bien qu’on reste dans le réel en flirtant aux frontières des croyances, elle met les hommes et les dieux en adoration, en confrontation et en fureur.



Laurent Lafourcade


Série : Alix Senator


Tome : 7 – La puissance et l’éternité


Genre : Aventure historique


Scénario : Mangin


Dessins : Démarez


Couleurs : Chagnaud


D’après : Jacques Martin


Éditeur : Casterman


Nombre de pages : 48


Prix : 13,95 €


ISBN : 9782203136892



Publié le 21/05/2018.


Source : Bd-best


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