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L’infaillible méthode Nagasaki est de retour.  King of Eden 1

  « - Que vous parliez ou non, l’autopsie finira par nous révéler la vérité…
-          Ne touchez pas aux cadavres. Vous devez brûler les corps.
-          Hein ?
-          Fuyez tous ! Evacuez le commissariat !
-          Ecoutez, avant de décider quoi que ce soit, j’ai besoin de plus d’éléments !
-          C’est un virus !
-          Si vous nous disiez plutôt pourquoi vous avez tué tous ces gens ?
-          Laissez-moi vous parler du premier crime de l’humanité… »
 
Teze Yoo est un bien énigmatique jeune homme. Une brigade de police vient de retrouver cet archéologue coréen au cœur d’un village espagnol jonché de cadavres. Teze Yoo est-il un tueur en série ? un monstre ? Ou bien le sauveur de l’humanité ?

 

 

 

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito - Ki Oon

 

 

 
Conférencière à l’université de Séoul, Lua Itsuki, est abordée par les services secrets. Camarade de classe de Teze Yoo, ses compétences en archéologie vont être mises à contribution afin de résoudre le mystère. Pourquoi des villages du monde entier sont-ils décimés et brûlés ? Est-ce le fait d’un virus, de bêtes, d’un complot terroriste mondial ?

 

 

 

 

 

© Nagasaki, Ignito - Ki Oon

 

Takashi Nagasaki est de retour. A l’origine de Master Keaton, Pluto ou encore Billy Bat, l’un des meilleurs scénaristes mangas revient avec une nouvelle série haletante. Et comment sait-on qu’un album est réussi ? Tout simplement quand on ne peut pas le refermer avant de l’avoir terminé. Comme dans ses séries précédentes, la méthode Nagasaki est infaillible.    
Une pincée de Dan Brown, un soupçon de Corbeyran, une cuillerée de Chris Carter. Mettez le tout dans un shaker. Il en ressortira une intrigue à la X-files, mâtinée de Stryges, avec l’intelligence d’un Da Vinci Code. C’est jusqu’à l’origine de l’homme et le premier meurtre biblique de l’humanité que Nagasaki plante les sources de son récit.

 

 

 

© Nagasaki, Ignito - Ki Oon

 

 

 

 
Au dessin, Ignito n’a pas la grâce et la fluidité d’Urasawa, mais se positionne en véritable fan de son scénariste. Il fait le job. Entre scènes d’horreur, discours universitaire ou interrogatoire de police, le mangaka met en valeur l’histoire complexe que Nagasaki lui a offert et qu’il nous présente sur un plateau.
 
King of Eden : le Paradis a-t-il trouvé son roi ? ou bien l’enfer prend-il le pas sur Terre ?
 
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : King of eden

Titre : 1

Genre : Thriller fantastique

Scénario : Nagasaki

Dessins : Ignito

Éditeur : Ki-Oon

Nombre de pages : 208

Prix : 7,90 €

ISBN : 9791032701324



Publié le 14/02/2018.


Source : Bd-best


Hermann dans ses chaussons pour un western impitoyable.  Duke 2 – Celui qui tue

« - Mesdames et messieurs, je ne vous surprendrai pas en disant que ceci est un vol à main armée. Nous ne voulons rien d’autre que vos biens. Si vous êtes coopératifs, tout se passera bien. Vous allez maintenant tous descendre en gardant les mains bien visibles et nous laisser… travailler. Pas de zèle, l’escorte, à moins que tu veuilles déjà rejoindre ton créateur !

-                Hé ! On ne va tout de même pas se laisser plumer sans réagir ! On est quatre ici à avoir des armes. On peut se défendre ! »

 

Colorado, 1868. Quand on est dans une diligence attaquée par une bande de malfrats sans scrupules, vaut-il mieux se laisser faire sans sourciller ou peut-on tenter sa chance en ripostant ? Les passagers de la voiture vont choisir, pour leur plus grand malheur, la deuxième option. Mais pour des hors-la-loi sans foi ni loi, laisser une fillette survivante dans un charnier est presque une faute professionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

© Yves H, Hermann - Le Lombard

 

 

A Ogden, le Marshal Sharp réunit une troupe de mercenaires prêts à décimer le groupe des tueurs, mais pour y arriver, il va falloir convaincre Duke de les rejoindre. Comme un animal échappé d’une cage, la petite fille, brebis mutique seule au milieu des loups, croisera leur route pour prendre ensemble la voie de la vengeance.

 

 

 

 

© Yves H, Hermann - Le Lombard

 

 

 
            Yves H. conçoit la série Duke comme une série télévisée, avec une intrigue principale et des personnages dont on découvre la vie privée par petites touches. Duke est un western humanisé abordant des thèmes aussi divers et de prime abord éloignés tels que les relations fraternelles ou les amours déçues. Et comme dans une série, alors que l’on croit que tout est terminé, l’album se termine par un cliffhanger.
 
            Hermann est dans des chaussons. Tel un sportif qui joue à domicile, il maîtrise son sujet et domine la problématique. Son crayon jubile et son pinceau exulte.
            Duke n’est pas un western de plus, c’est Comanche qui rencontre Jérémiah, le monde de l’un avec la cruauté de l’autre. Personne d’autre que le dessinateur ardennais n’aurait pu dessiner ça.
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Duke

Tome : 2 – Celui qui tue

Genre : Western

Scénario : Yves H

Dessins & Couleurs : Hermann

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 56

Prix : 14,45 €

ISBN : 9782803671786



Publié le 13/02/2018.


Source : Bd-best


Retour vers le futur : le continuum a ses raisons que la raison ignore et Doc Brown est devenu… un despote : Citizen Brown

Il y avait le monumental Citizen Kane, il y a désormais Citizen Brown. Pas que Marty et Doc aient changé le cours et la pellicule du cinéma. Non, ce n’est plus du Neuvième Art qu’il est question. Robert Zemeckis n’a jamais voulu d’un quatrième épisode cinématographique à sa saga (et qui pourrait lui jeter la pierre), d’autres milieux se sont chargés de prolonger le plaisir : le petit écran et le monde du jeu vidéo. Dans ce jeu (aujourd’hui disponibles sur des plateformes plus évoluées qu’à l’époque de la sortie de la première mouture du jeu, en 2010), il y avait, entre autres, un épisode devenu mythique : Citizen Brown. Du pain béni pour l’équipe qui prolonge les aventures du tandem culte en comics.


Résumé de l’éditeur : Lorsqu’une DeLorean vide fait soudainement son apparition en 1986, Marty McFly apprend rapidement que son ami le Docteur Emmett « Doc » Brown est coincé en 1931 et est probablement en danger de mort. C’est donc à Marty de retourner dans le passé pour sauver encore une fois Doc et le continuum espace-temps.

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson

 

Suite directe de l’ultime épisode filmé de Marty et Emmett, Citizen Brown nous narre les retrouvailles tumultueuses des deux compères… ou plutôt de Marty et de la DeLorean qu’il pensait détruite. De quoi lui donner matière à curiosité mais aussi à réaction rapide. Où est le Doc ? Sans doute est-il en danger ? N’écoutant que son courage et son instinct, le garçon à l’hoverboard s’engage une nouvelle fois dans l’exploration d’une époque révolue et dans laquelle Hill Valley vit sa période mafieuse dans les sales pattes de l’aïeul Tannen. Et les ennuis ne font que commencer puisque Doc Brown est en prison, sous le nom de Carl Sagan, un sombre tueur.

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson/Santaolalla chez IDW

 

C’est sur un noeud inextricable que l’équipe (bien) en place a mis le doigt. Une situation trop redondante sans doute que pour être exploitée au cinéma mais qui fait merveille dans cette prolongation dessinée. Le continuum a ses raisons que la raison ignore. Reste à Marty et sa clique d’en assumer les conséquences ou de repartir de plus belle dans le passé. Qui a dit qu’il était mal de tourner en rond ? Ici, c’est tout ce qui fait le sel de cette épopée imaginée par Bob Gale et Erik Burnham qui n’épargne en rien la vieille (ou futuriste, c’est selon l’époque) DeLorean qui tient toujours autant la route.

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson/Santaolalla chez IDW

 

Et les apprentis sorciers de la temporalité et de ses cocasseries vont s’arracher les cheveux : corrigez un problème, c’est un autre qui surviendra. Une histoire sans fin dont les enchevêtrements peuvent se révéler finalement bien pires que la situation initiale. Et si Hill Valley devenait Tannenville, cité de brigands où des Tannen démultipliés (ce doit être le principe du Biff-idus actif) règnent en maître et sans concurrence ? Pire, dans cette autre chronologie alternative, et si Doc avait rangé ses voitures pour se consacrer à un projet de citoyenneté augmentée, futuriste, et devenir un vrai despote ayant égaré ses rêves d’enfant. La part de l’autre, chère à Éric-Emmanuel Schmitt, mais en inversé.

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson/Santaolalla chez IDW

 

Sans se départir de son humour, cela dit. Car, résolument, le but n’est pas ici de pleurer, ou alors de joie, de nostalgie ramenée à la vie en se disant que non McFly, Doc Brown mais aussi George, Edna etc. n’ont pas cessé de vivre, une fois le dernier tour de moulinette donné à l’épisode 3.

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson/Santaolalla chez Flamival

 

Entre les Tompson, les cartes, les chanteuses de cabaret qui font tourner les têtes (et non des moindres) et les fumées des clubs hostiles à la bonne conduite, c’est Alan Robinson (déjà vu dans le premier tome de la série : Histoires inédites et chronologies alternatives) qui assure le tempo dans un dessin mixant savamment des influences réalistes et animées. Faisant du renversement de situation sa marque de fabrique, Citizen Brown ne manque ni de peps ni de fougue et échappant une nouvelle fois aux balises bien ordonnées des actes purement et seulement commerciaux. Si ces comics sont des produits dérivés, ils ont le mérite de l’originalité et du respect. En plus de celui de la montée en puissance, de numéro en numéro, à laquelle il est bien difficile de rester insensible. On adore !

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson/Santaolalla chez Flamival

 

 

 

 

 

© Gale/Burnham/Robinson

 

PS : Les Éditions Flamival ont fauté, un tout petit peu. Même chez les grands éditeurs, ça arrive (regardez Mickey et l’océan perdu, perclus bien involontairement de coquilles). Ainsi, un pauvre petit phylactère a-t-il évité de justesse le passage du traducteur pour rester en anglais dans la première édition de Citizen Brown. Rien de grave, d’autant plus que la maison d’édition a très vite réalisé un errata. Faute avouée à moitié pardonnée, direz-vous. Oui, sauf que Flamival a voulu aller plus loin en proposant un geste de réparation. C’est tout à leur honneur et certains devraient en prendre de la graine !

 

Série : Retour vers le futur

D’après l’univers de Robert Zemeckis et Bob Gale

D’après le jeu vidéo de Telltate écrit par Bob Gale, Michael Stemmle, Andy Hartzell et Jonathan Straw

Tome : 3 – Citizen Brown

Scénario : Bob Gale (adaptation) et Erik Burnham (adaptation et scénario)

Dessin : Alan Robinson

Couleurs : Maria Santaolalla

Traduction : Donatello Di Carlo

Genre : Fantastique, Aventure, Science-fiction

Éditeur : Flamival

Éditeur VO : IDW Publishing

Nbre de pages : 144

Prix : 13,30€



Publié le 13/02/2018.


Source : Bd-best


Une œuvre de mémoire émouvante aux larmes. Incontournable.  Irena 3- Varso-vie

« - Fermez vite ! Je suis vraiment désolée, je ne peux pas rester longtemps. J’ai encore d’autres enfants dans le camion. Voici ses nouveaux papiers. Elle s’appelle Oliwka, comme la petite que vous avez…perdue il y a quelques semaines. Je n’ai pas besoin de vous demander si vous voulez vraiment la garder… élevez-la comme une vraie petite chrétienne, pour éviter les soupçons des nazis.

-          Comment vous remercier ?

-          Permettez-lui de survivre à cette horrible période, c’est tout ce que je demande… »

 

Comme 2500 autre enfants juifs, Oliwka est une miraculée…parce que le destin l’a mise sur la route d’Irena Sendlerowa. Personnage exceptionnel de l’Histoire du monde, cette femme les exfiltra du ghetto de Varsovie au péril de sa vie pendant la seconde guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Morvan, Tréfouël, Evrard, Walter - Glénat

 

Depuis trois tomes, les auteurs nous racontent la vie d’Irena. On va la suivre ici de 1944 à nos jours. On souffrira avec elle dans les geôles nazies, on sera meurtris comme elle par les coups des bourreaux. Mais on apprendra aussi que la fin de la guerre ne coïncidera pas avec la fin des ennuis pour les juifs d’Europe de l’Est.

 

La double couverture montre le cœur de l’action d’Irena. On y voit une Irena mamie ouvrant un bocal duquel s’envolent des petits papiers avec des dates et des noms. La dame avait noté et mis dans des pots de confiture chacun des noms des enfants extraits de l’enfer, avec leur nom d’emprunt, afin qu’ils puissent un jour retrouver leurs origines. Le titre porte lui aussi une note d’espoir : Varso-vie. On sait que le travail d’Irena portera ses fruits. Si tout ça n’aidera pas à supporter la tragédie, cela contribue à voir une lueur au bout du chemin.

 

 

 

 

 

© Morvan, Tréfouël, Evrard, Walter - Glénat

 

Prévue à l’origine en trois tomes, la série va pouvoir s’étaler sur un quatrième, puis un cinquième tome ce qui permettra de pénétrer plus en détails dans la vie de la Juste et de faire comprendre les tenants et aboutissants de sa vie. Cette prolongation offre des séquences comme la grande introduction de quinze planches de ce troisième album racontant le destin de la petite Astar Berkenbaum.

 

Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël écrivent une œuvre de mémoire qui émeut aux larmes. Toute l’horreur de la déportation est dépeinte avec une force percutante, enveloppée par le trait faussement enfantin de David Evrard. L’association donne un résultat parfait. Des scènes improbables comme un intermède à la Robin de Bois donnent une plus-value inattendue.

 

Les pots de confiture d’Irena Sendlerowa sont des fils d’Ariane qui donnent du goût à des vies dévastées qui auraient pu se terminer en tragédies, mais qui ont été sauvées par la grâce d’une femme d’exception.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Irena

Tome : 3- Varso-vie

Genre : Drame historique

Scénario : Morvan & Tréfouël

Dessins : Evrard

Couleurs : Walter

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344022764



Publié le 13/02/2018.


Source : Bd-best


La meilleure série de strips francophone s’installe à la montagne.  Nelson18 – Crétin des Alpes

« - Je suis Barry, le célèbre chien sauveteur !

-          Et tu as déjà sauvé beaucoup de monde ?

-          Je suis surtout là pour me faire prendre en photo avec les touristes. »

 

 

            Julie, Floyd et Nelson découvrent les joies de la montagne. Accompagnés de Barry, l’intrépide et célèbre chien sauveteur, ils vont s’essayer à la vie en chalet et aux descentes tout schuss. Mais le Saint-Bernard a plus de points communs avec Nelson qu’avec ses congénères : glouton, menteur et dont le principal centre d’intérêt est l’arrivée du livreur de pizzas.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Bertschy - Dupuis

 

            « A la recherche du wi-fi perdu » aurait pu être le sous-titre de ce séjour dans les hauteurs. Nos héros vont devoir apprendre à s’en passer…ou pas. Floyd se rendra compte qu’on ne dérange pas les marmottes. Le fidèle collègue de bureau Hubert viendra rejoindre la petite troupe, à ses risques et périls.

 

            Bertschy, le suisse, joue à domicile dans la première partie de cet album alpin. Les monts enneigés offrent un nouveau décor à la série dont les gags ne cessent de s’améliorer.

 

 

 

 

 

©  Bertschy - Dupuis

 

            Après cette introduction en montagne, on retrouve Nelson et compagnie dans leur environnement naturel. Ils vont y côtoyer, entre autres, deux flics qui vont devenir la cible de toutes les incivilités, ainsi qu’un vétérinaire chez qui Julie va travailler, avec sa cohorte d’animaux plus perturbés les uns que les autres. S’ensuit une mise en abyme lorsqu’un directeur des éditions Dupuis se rend compte qu’il est nécessaire d’introduire des personnages au comportement exemplaire pour moraliser cette triste BD. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Ensuite, c'est comme assistante dans une galerie d’art contemporain que Julie finira par se faire embaucher… car elle a l’habitude de fréquenter les petits personnages colériques et exaspérants, comme son diablotin, ou comme sa nièce.

 

            On l’a déjà dit dans ces colonnes, si Hägar Dünor est la meilleure série de strips anglo-saxonne, Nelson est la meilleure série de strips francophones.

 

            Même si depuis toute petite, Julie a rêvé d’une cabane à la montagne, elle se rendra vite compte que certains rêves devraient mieux le rester.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Nelson

Tome : 18 – Crétin des Alpes

Genre : Humour diabolique

Scénario, Dessins & Couleurs : Bertschy

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800164380



Publié le 12/02/2018.


Source : Bd-best


Quand la poésie amène à réfléchir sur le monde.  New York Book

Salut Joost, comment ça va ? ça fait un bail ! As-tu le temps de nous faire une illustration pour un article de Nicholas Lehmann sur les villes ? Je peux t’envoyer le manuscrit sur le champ. Il nous faudrait les esquisses le mardi matin, et le dessin définitif le jeudi matin. L’illustration serait en pleine page. Tu crois que c’est possible ? Merci d’avance ! Chris.

            Chère Chris, merci de m’avoir envoyé l’article. Tu auras une ou plusieurs esquisses demain. (…) Cordialement. Joost.

 

            Attention, ceci n’est pas un livre sur New York, c’est un livre sur le monde. New York Book se divise en trois parties. La première est composée de croquis préparatoires et de dessins définitifs de Joost Swarte publiés dans The New Yorker depuis 1994. La deuxième rassemble des dessins dans un classement thématique avec un commentaire les replaçant dans leur contexte. Enfin, les analyses d’Eric Fauchère et de Jean-Louis Roux donnent un éclairage sur l’auteur et son œuvre. Un appendice conclut le livre avec les dessins refusés, ou plutôt non retenus.

 

 

 

 

 

© Joost - Dargaud

 

 

 

            Le trait de l’auteur est la définition même de la ligne claire. Lisible au premier regard, il y a du Hergé chez Swarte. Ses personnages pourraient intégrer sans ambages le monde de Tintin, plus encore, celui de Quick et Flupke.

 

Ce livre démontre que le travail de dessinateur pour un magazine n’est pas si solitaire que l’on pourrait le croire. Sans cesse, Swarte dialogue avec les responsables de la revue pour orienter les choix définitifs en fonction des propositions qu’il fait.

 

 

 

© Joost - Dargaud

 

 

 

 

            La dimension politique du dessin de presse est mise en exergue au-delà des parties. Plus forts que des illustrations politiques, les images de Swarte sont des dessins de société.

 

            Ce ne sont pas des dessins d’humour, mais des dessins de poésie. La queue de « The mouse of Wall Street » trace la chute de la bourse, observée d’un œil par le chat de la finance. La société de consommation prend une claque quand Swarte démontre que les appareils modernes usent moins d’énergie mais sont utilisés en bien plus grande importance. L’île, qui après un voyage vers la civilisation décide de rentrer chez elle, n’a-t-elle pas tout compris ? Et un fil et une poulie, n’est-ce pas la seule chose nécessaire et suffisante pour améliorer son quotidien ? En politique, faut-il voter avec le cœur ou avec la raison quand les deux sont incompatibles ? Un dessin réussi est un dessin qui amène à se poser des questions.

 

            La couverture est hautement symbolique avec ce lecteur au cœur d’une ville noire, qui voit la lumière grâce à la lecture.

 

            New York Book est un livre d’art témoin d’une époque, poésie d’un siècle.

           

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : New York Book

Genre : Dessins humoristiques

Scénario, Dessins & Couleurs : Joost Swarte

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 120

Prix : 24,99 €

ISBN : 9782205077193




Publié le 08/02/2018.


Source : Bd-best


Trente ans de chefs-d’œuvre. Aire Libre Catalogue 1988-2018


            « - Aire Libre ne se veut pas de la littérature minuscule, mais de la bande dessinée majuscule. »
 
            Ainsi est décrite la collection par son directeur José-Louis Bocquet dans la préface du somptueux catalogue publié à l’occasion des trente ans d’Aire Libre. Celui-ci n’est pas un simple recueil présentant les ouvrages parus. Bien plus que ça, c’est le témoignage de trois décennies d’édition de livres d’une qualité particulière. Des illustrations rares accompagnent les couvertures et les résumés des histoires publiées.
 
            Dupuis soigne sa collection par des accompagnements éditoriaux imposants. Après Une exposition imaginaire publiée pour ses dix ans, un dossier de presse spécifique pour ses quinze ans, le roman d’Aire Libre par Thierry Bellefroid pour ses vingt ans, voici le quatrième livre qui lui est consacré.

 

 

 

 

 
            Parmi tous ces chefs-d’œuvre, relevons, totalement subjectivement, au hasard, quelques-uns d’entre eux qui auront marqué l’histoire de la bande dessinée.
 
            Jacques Prévert n’est pas un poète, de Cailleaux et Bourhis, est un biopic passionnant d’un des plus grands génies poétiques du XXème siècle.
 
            Le passage de Vénus est le testament de Jean-Paul Dethorey. Sur scénario d’Autheman, le grand François Bourgeon terminera cet ouvrage laissé inachevé par la disparition de son dessinateur.
 
            Témoignage de la difficulté de se réinsérer dans la société après un licenciement passé la cinquantaine quand la roue tourne, pour tout, dans le mauvais sens, Les gens honnêtes de Durieux et Gibrat est aussi une réflexion sur le sens de la vie.
 
            Cosey n’a pas l’apanage du Népal. D’autres auteurs sont aussi capables d’écrire de magnifiques histoires se déroulant dans les montagnes himalayennes, à l’instar de Fournier et Lax avec Les chevaux du vent.

 

 

 

 

 
            Zoo, de Frank et Bonifay, magnifique bestiaire ou variation sur la guerre, est une trilogie qui aura marqué la bande dessinée, tant au point de vue du scénario, que des dessins impeccables de Frank Pé, le meilleur dessinateur animalier avec le regretté René Hausman.
 
            Il est impossible d’arrêter cette liste : Monsieur Noir est peut être le meilleur album de Griffo, sur un conte sombre de Jean Dufaux, Le bar du vieux français, de Jean-Philippe Stassen, est un pont entre deux continents, Le photographe, d’Emmanuel Guibert, embarque sur les pas de Didier Lefèvre en Afghanistan, …
 
            Aire Libre a aussi redonné vie à des livres ayant « perdu » leur collection, ou n’en ayant jamais eu : La fille du professeur, ex-Humour Libre, de Sfar et Guibert, Jolies ténèbres de Kerascoët et Vehlmann ou Les chroniques absurdes de Miguelanxo Prado.
 
            Plusieurs grandes publications sont absentes de ce catalogue : Le piège malais, de Didier Conrad, ainsi que L’oiseau noir de Dethorey et Le Tendre ou encore Soleil cou coupé, de Lax et Bertois. Les auteurs en ont-ils récupéré les droits ou bien Dupuis leur prépare-t-il une réédition spéciale ? L’avenir le dira.
 
            En cette époque d’importante surproduction, il est encore plus difficile pour un one shot de paraître et de survivre sur les étals des libraires. Un écrin comme Aire Libre leur offre un atout indéniable, gage d’excellence.
 
            Ce catalogue 1988-2018, offert actuellement à l’achat d’un album estampillé Aire Libre, est un bien beau livre, lui-même de collection.
 
 

Laurent Lafourcade

 

 
One shot :Aire Libre Catalogue 1988-2018

Genre : Catalogue

Couverture : Cosey

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 188

Prix : Gratuit

ISBN : 9782800142814



Publié le 07/02/2018.


Source : Bd-best


L'Odyssée de Fei Wong, Un voyage initiatique sur la route de la soie

XVe siècle. Fei Wong, jeune soldat chinois, et ses compagnons font naufrage au large de la mer Rouge. Capturés par des nomades du désert, ils sont ensuite destinés à être vendus comme esclaves au Caire. Curieux de nature et doué pour les langues, Fei Wong profite de ses mésaventures pour se lier avec ses ravisseurs et s’ouvrir à ce nouveau monde qui l’entoure. Mais il ne perd pas de vue son véritable objectif : rentrer chez lui et retrouver sa bien-aimée...

De la Chine des Empereurs Ming à l’Égypte des Mamelouks circassiens, de la Venise des Doges à l’empire agonisant de Byzance, suivez le parcours initiatique d’un Candide chinois au XVe siècle et sa découverte d’un monde en plein bouleversement. Une nouvelle grande série d’aventure classique au sens noble à la rencontre de lieux et de peuples hauts en couleur. Comme un voyage d’Ulysse sur la route de la soie...

 

 

 

 

© Michaël Le Galli, Christiano Crescenzi - Glénat

 

 

Michaël Galli, fasciné par l'histoire antique à qui l'on doit Sept Guerrières (Delcourt), l’Epopée Alexandre (Glénat), la période médiévale avec Margot-Saint Benoît (Vents d’Ouest), l’époque contemporaine avec Overlord (Glénat) ou Les Damnés de Paris (Vents d’Ouest) nous revient cette fois avec cette odyssée de ces soldats chinois jetés à la mer pour éviter la contamination de tout l'équipage. D'emblée, l'un des leur sert de casse-croûte à un crocodile en guise d'ouverture de ce premier tome.

 

 

 

 

© Michaël Le Galli, Christiano Crescenzi - Glénat

 

 

Ce récit relate les différences de culture et la pugnacité du protagoniste principal. Les naufragés ne comprennent pas leurs ravisseurs mis à part Fei Wong. Entrecoupé de flash-back, la narration est cohérente et nous emmène dans une traversée du désert vers d'étonnantes découvertes. Graphiquement, Christiano Crescenzi assez bien son épingle du jeu. Le dessinateur italien nous offre un dessin avec des influence comics mélangée à l'école italienne. Il y ajoute ses couleurs au rendu très satisfaisant.

Les amateurs du genre seront comblé, on ne se perd pas dans la narration, les éléments sont bien mis en place, il y a une bonne dynamique et le découpage est clair. L'Odyssée de Fei wong est l'une des nouvelles série proposée par Glénat en ce début d'année 2018 qui vaut la peine qu'on s'y intéresse.


Denis Pirlet



Série : L'Odyssée de Fei Wong

Tome : 1

Scénario : Michaël Le Galli

Dessin : Christiano Crescenzi

Genre : Aventures

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 56

Prix : 14.50 €

ISBN : 9782344013748








Publié le 06/02/2018.


Source : Bd-best


Black Hammer, Origines secrètes, la nouvelle série de Jeff Lemire démarre chez Urban Comics

Avant de découvrir le tome 2 dont la sortie est prévue chez Urban Comics le 13 avril prochain, revenons sur le premier opus et ses origines secrètes.
Arrachés à leur univers de super-héros par une crise multidimensionnelle, les champions oubliés de Spiral City vivent désormais telle une famille dysfonctionnelle, prisonniers du quotidien paisible d'une petite bourgade américaine.

 

 

 

 

 

 

 

© Jeff Lemire, Dean Ormston, Dave Stewart - Urban Comics

 

 

Écrit par Jeff Lemire, auteur de comics canadien primé de nombreuses fois et non des moindres avec un prix Eisner pour la série que nous évoquons ici, Black hammer prend une place de plus en plus grande dans l'esprit des lecteurs du genre. Cette histoire est une ode de l'auteur aux super-héros, étonnement bien ficelé. Elle nous relate les tribulations de quelques justiciers qui après une retraite campagnarde suite à un dernier combat face à un ennemi redoutable, se voient une dizaine d'années plus tard, contraint de ne pas franchir certaines limites. C'est qu'il ne faut pas susciter la curiosité ou éveiller les soupçons.

 

 

 

© Jeff Lemire, Dean Ormston, Dave Stewart - Urban Comics

 

 

Dix ans qu'Abraham Slam s'occupe de sa ferme. Il est devenu vieux accompagné de sa petite fille, Gail, l'extra-terrestre Barbalien prenant l'apparence d'un fils pour lui, tout cela formant une petite famille des plus classique pour les humains qui les entourent. Les autres essayant de s'accommoder à leur façons du à leurs apparence difficilement modifiable (Colonel Weird). Cette quiétude ne durera pas, bien évidement et le retour des grandes menaces ne se fera pas attendre très longtemps.

Le scénariste la joue fine et ne nous verse pas de combat bourrins à outrance mais se focalise plutôt sur les personnages, leur cloisonnement dans des fonctions qui sont contre-nature pour eux. C'est ce côté qu'il nous invite à découvrir, les liens qui unissent ces super-héros. Dean Ormston, dessinateur d'autres séries telle que Judge Dredd, Fairest ou encore Sandman offre un graphisme délicieux, jouant à la perfection avec les contrastes et les ombrages. le tout accompagné des couleurs de Dave Stewart qui sublime chaque case avec maestria. Black Hammer est une série très prometteuse, s'agrémentant d'hommage, de sensibilité et d'originalité.

 

Damien Caste



Série : Black Hammer

Tome : 1

Scénario : Jeff Lemire

Dessin :  Dean Ormston

Couleurs : Dave Stewart

Genre : Science-fiction, Super-héros

Éditeur : Urban Comics

Nbre de pages : 200

Prix : 17.50 €

ISBN : 9791026811886






Publié le 06/02/2018.


Source : Bd-best


Le destin de deux hommes dans un tournant de l’Histoire de France.  Valois1 – Le mirage italien

           « - Blasco ! Nous devons parler.

-          Je suis à vos pieds. Vos paroles sont miel.

-          Mon père a décidé de me marier. Il faut nous dire adieu.

-          Impossible ! Nous nous aimons ! Fuyez avec moi !

-          Pour aller où ?

-          Au bout du monde, s’il le faut ! »

 

Blasco de Vilallonga ne croit pas si bien dire. Son destin va le faire voyager, peut-être pas au bout du monde, mais à travers l’Europe du XVème siècle. Pour l’instant, le jeune espagnol n’a d’yeux que pour Luisa. Promise au nobliau Carlos Manrique Lara, une rixe entre les deux hommes va entraîner la fuite de Blasco.

 

 

 

 

 

 

© Gloris - Calderon - Delcourt

 

 

A Amboise, Henri Tersac sait le latin, l’histoire et un peu de géographie. Il parle occitan, castillan, un peu d’anglois et de germain. Cela lui permet de devenir secrétaire particulier de Messire de Brie.

Devenu moinillon, Blasco croisera leur route, lors d’une halte dans une auberge. Ceux-ci sont accompagnés du cardinal Della Rovere, aigri par son échec à devenir pape, qui pense pouvoir convaincre Charles VIII de renverser les Borgia.

 

            Valois, dynastie capétienne ayant régné sur le royaume de France de 1328 à 1589, est au cœur de cette nouvelle série à la qualité des meilleures productions de la grande époque Vécu, publiée dans les années 80 chez Glénat.

 

Dans un style instructif, mais ni didactique, ni pompeux, Thierry Gloris arriverait à faire comprendre l’histoire des rois de France à un exilé brésilien spécialiste de physique quantique. Après une brève introduction nécessaire, une fois que les principaux protagonistes sont replacés dans leur contexte, l’Histoire fait place à l’histoire. Valois se lit comme un roman, avec ses intrigues et ses poursuites, ses manigances et ses séductions, ses héros et ses pleutres.

 

 

 

© Gloris - Calderon - Delcourt

 

 

 

 

            Jaime Calderon promène son pinceau de Barcelone à Amboise, de Rome à Angers, avec un trait lorgnant vers le style Delaby. Chasse à courre, chasse à l’homme avec un hommage (fortuit ?) au film Les spécialistes, ou intrigues de cour, Calderon s’empare du siècle. Les couleurs de Felideus accentuent le réalisme d’une histoire cruelle et réelle.

 

Après Isabelle, la louve de France, Valois est la deuxième collaboration entre le dessinateur espagnol et le scénariste français.

 

            Charles VIII de France, alors que Maximilien d’Autriche le somme de lui rendre Franche-Comté et Artois, prend sa décision à pile ou face : « Côté Zeus, je rends. Côté Heraclès, je garde ! ». S’il vous faudra lire le premier tome de Valois pour en connaître l’issue, ce mirage italien est, lui, tombé du côté Heraclès.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Valois

Tome : 1 – Le mirage italien

Genre : Histoire

Scénario : Gloris

Dessins : Calderon

Couleurs : Felideus

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782756070087



Publié le 06/02/2018.


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