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22, les v’là !  Les dentus, meilleurs flics de France 1 – De pire en pire

 

« - Bonjour mes amis ! C’est une formidable journée ! Tiens !... Où est Monclar, L’apprenti ?

- Il est en train de dormir ! Il lui faut récupérer. La nuit fut longue et lente…

- J’ai en tout cas une nouvelle fracassante à vous annoncer !

- Nous aussi ! Monclar a tout avoué cette nuit !

- Mais c’est resplendissant ! C’est merveilleux ! Cette journée vient friser la perfection ! Combien d’affaires criminelles échouent à retrouver leur coupable ? Combien d’enquêteurs s’endorment en sachant qu’à cause de leur idiotie ou de leur incompétence un assassin boit tranquillement son chocolat chaud devant sa télé ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

                L’affaire Monclar semble élucidée. Les flics du commissariat de police de la Rue des Tartelettes en Deuil peuvent être fiers d’eux. Le coupable a avoué. Mieux même : Portal, un autre individu, a aussi craché au bassinet. Aïe ! Quand même, deux meurtriers pour un cadavre, ça pose problème. Les dentus, puisque c’est le surnom du groupe de flics, vont devoir décider quel coupable doit être le seul et l’unique. Faut-il relâcher le plus gentil ? Ça va être difficile. Ils ont tous les deux la même tête sinistre. Raoul, le chef des dentus, doit se résoudre à cette terrible extrémité : approfondir l’enquête !

 

 

 

 

© Pascal – La mouche-krokodile

 

 

                Avec les Dentus, les braves gens peuvent dormir sur leurs deux oreilles. La police veille pour leur sécurité. Malfrats, gare à vous ! Oui, bon, bref, comment dire… On connaissait l’Inspecteur Labavure. On connaissait Pinot simple flic. A présent, on va pouvoir compter sur les Dentus. Leur brigade, c’est un peu comme si un groupe de marionnettes du Muppet show intégrait le 36, quai des orfèvres. Ils sont sûrs d’eux, ils sont naïfs et premier degré, ils sont cash et sans filtre, mais il n’empêche qu’ils peuvent être efficaces. Ici, les Dentus se trouvent dans un Whodunit avec un cadavre et de multiples assassins. C’est un « crime de l’Orient Express » parisien. Maigret est au pays d’Agatha Christie. Il ne manque plus que Bougret et Charolles de Gotlib pour les aider dans leur enquête.

 

 

 

 

© Pascal – La mouche-krokodile

 

 

                Anthony Pascal signe ici son premier album. Drôle, décalé, poilant, l’auteur est le digne descendant d’une école Fluide Glacial. Les Dentus sont finement travaillés. Rien que leurs expressions disent tout sur leurs pensées. Les personnages secondaires restent rigides et froids. On aurait pu les penser pas suffisamment aboutis, mais il apparaît rapidement que cela soit voulu afin d’accentuer le décalage. Tout n’est pas prétexte qu’à la rigolade. Le scénario polar est savamment construit. L’ensemble donne une aventure réaliste humoristique comme il y en a finalement peu.

 

 

 

 

© Pascal – La mouche-krokodile

 

 

                De pire en pire, l’empire des Dentus ne demande qu’à s’étendre sur toute la capitale et bien plus encore. Allez vous rhabiller ridicules Capitaine Marleau et autres Columbo de pacotille ! Les Dentus sont là, les enquêtes sont résolues avant tout le monde !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : Les dentus, meilleurs flics de France

 

Tome : 1 – De pire en pire

 

Genre : Polar humoristique 

 

Scénario, Dessins : Anthony Pascal

 

Couleurs : Camille Meunier 

 

Éditeur : La mouche-krokodile

 

Nombre de pages : 66

 

Prix : 16 €

 

ISBN : 9782957081707

 



Publié le 14/04/2021.


Source : Bd-best


Sur la route parapapampam…  Le tambour de la Moskova

 

« - Tu as quel âge, mon garçon ?

- Vingt ans, monsieur.

- Vraiment ? On dirait un ange ! On ne va tout de même pas exposer un aussi beau minois aux tirs ennemis !

- On a encore besoin d’un tambour…

- Parfait ! Faisons comme ça.

- Bien. Bosse, tambour. Suivant ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Vincent Bosse revient sur sa jeunesse. Nous sommes à Borodino en 1860. Dans sa datcha, il reçoit un invité. Il fait bouillir de l’eau dans un samovar pour offrir le thé à son hôte. Vincent lui raconte sa carrière de tambour, et en particulier la retraite de Russie, quarante-huit ans plus tôt, dans les troupes de l’armée napoléonienne. Il paraît même que l’empereur lui aurait souri.

 

 

 

 

© Spruyt – Le Lombard

 

 

                A travers l’expérience et l’innocence du jeune tambour Vincent Bosse, Simon Spruyt montre l’absurdité d’une désastreuse guerre. Le 7 septembre 1812, 250 000 soldats russes et français s’opposent dans un massacre qui comptera 75 000 tués ou blessés. L’armée napoléonienne en sortira vainqueur mais meurtrie. Le jeune tambour fera partie des rescapés. Avec eux, il entrera dans Moscou que les soviétiques mettent en flammes afin que leur ville sainte ne tombe pas sous le joug de l’Aigle. Observateur désillusionné, acteur en marche d’une boucherie humaine, Vincent Bosse avance comme un jouet dont le mécanisme ne s’arrêtera que quand il faudra le remonter.

                En 2018, Stéphane Perger et Kid Toussaint publiaient Brûlez Moscou dans la collection Signé, également au Lombard. Cet album apporte un éclairage supplémentaire à l’incendie de la ville dont il est question ici.

 

 

 

 

© Spruyt – Le Lombard

 

 

                Simon Spruyt n’est pas un simple auteur de BD. C’est un peintre de planches dont certaines cases valent des tableaux de maîtres, dans un style entre Bruegel l’ancien et Fernand Léger. Pour Vincent Bosse, et uniquement pour lui, il choisit un visage blanc, ce qui permet non seulement de le reconnaître d’une époque à l’autre, entre jeune homme et vieillard, mais aussi de prouver son innocence. Le tambour ne représente rien d’autre que la colombe de la paix, qui jamais ne tient un fusil et constate amèrement son impuissance face au désastre. Indéniablement, il préfèrerait se faire massacrer plutôt que de tenir une arme.

 

                Serge Lama racontait la retraite de Russie dans une chanson de la comédie musicale Napoléon. Le texte retranscrit l’ambiance de l’album de Simon Spruyt comme s’il avait été écrit pour lui :

 

 

Triste, triste colonne
Le vent souffle et la cloche sonne
Tombe, tombe
La neige en trombe
Fait une tombe
Blanche aux chevaux

Tristes, tristes s'enterrent
Les soldats de plomb de la Terre
Vivre, vivre
Vivre ou survivre
Statues de givre
Sous des manteaux

Triste, triste légende
L'armée d'hier n'est qu'une bande
D'ombres, d'ombres
De fuyards sombres
Qui ne s'encombrent
Plus des drapeaux

Triste, triste retraite
Tambour noir et sourde trompette
L'impériale
La bonne étoile
D'hier se voile
Sur ce troupeau

 

 

 

 

© Spruyt – Le Lombard

 

 

                Dans une annonce final inattendue, l’auteur donne une dimension nouvelle à l’une des œuvres les plus grandioses de la littérature russe. Après la fausse biographie du peintre Bouvaert dans Elégie pour un âne paru chez Casterman fin 2019, Simon Spruyt signe avec Le tambour de la Moskova un deuxième coup de maître, tant graphique que scénaristique.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Le tambour de la Moskova 

 

Genre : Histoire 

 

Scénario, Dessins & Couleurs :  Simon Spruyt

 

Traduction : Laurent Bayer 

 

Éditeur : Le Lombard

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 19,99 €

 

ISBN : 9782803677740

 



Publié le 14/04/2021.


Source : Bd-best


Spirou 4331 -  14 Avril 2021

 

 

Retrouvez Capitaine Anchois dans une aventure mystique !

 

 

 

 

 

 

 

 

            10 ans ! Déjà 10 ans ! Ça fait dix ans que le vaisseau du Capitaine Anchois vogue dans les pages de Spirou. Les héros de Floris ont connu tous les formats : strips, gags, récits complets, mini-récit, jeux et même panonceau de porte ! Il ne nous manque plus qu’un poster et une grande histoire à suivre. En attendant, Anchois et son équipage vont réveiller les esprits.

 

            L’aventure de Spirou, Un départ vers la fin, s’interrompt en plein suspens. Ruben Del Rincon signe Lune bleue, histoire faisant partie d’un projet pédagogique lancé par l’association belge L’enfant des étoiles, soutenue par Spirou. Une comédie musical parachèvera la projet à l’automne.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Floris – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Black Squaw : Scarface

Spirou, l’espoir malgré tout : Un départ vers la fin

Super-Groom : Chapitre 6

 

 

Récits complets :

 

Capitaine Anchois

Cédric

Lune bleue (Del Rincon)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Crapule (La pause-cartoon)

Croquidou

Dad

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Elliot au collège

Estampille

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Harry

Kermesse existentielle (La pause-cartoon)

Kid paddle

Minions (Les)

Nelson

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

Willy Woob

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Cauvin

En direct du futur : Les tuniques bleues – Irish Melody (Kris)

Jeux : L’île aux trésors maudits (Joan)

Spirou & moi : Sti

 

 

Supplément abonnés :

Panonceau de porte : Capitaine Anchois

 

 

En kiosques et librairies le 14 avril 2021.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 



Publié le 14/04/2021.


Source : Bd-best


La force d’une fleur de magnolia.  Pilu des bois

 

« - Willow. Viens voir.

- Hmm ?

- Tu vois, c’est une de mes fleurs préférées… une fleur de magnolia. Cette fleur me fait toujours penser à ta sœur et toi.

- Sniff. A… nous ?

- Les magnolias forment une famille de plantes très ancienne, tu sais. Ils ont évolué, leurs fleurs sont devenues grandes et robustes pour pouvoir résister à toutes sortes de dangers. Et leurs feuilles sont larges et résistantes, aussi grandes que ma main ! Mais, ah ! Lorsqu’ils fleurissent ! Le parfum qui embaume cette forêt est la plus délicate de toutes les senteurs du printemps ! Willow ?

- Oui ?

- Tu veux bien me faire une petite promesse ? »

 

 

 

 

 

 

 

                Willow se souvient des magnolias. Elle se rappelle de ces bons moments passés en compagnie de sa maman. Aujourd’hui, elle n’est plus là. Willow vit avec sa soeur aînée et leur père, ainsi que Chicorée, adorable petite boule de poils. Un beau jour, après une dispute avec sa sœur, la gamine part en forêt sur un sentier pilumnus, du nom du dieu protecteur des cultures et des jeunes enfants dans la mythologie romaine. C’est alors que Willow entend des gémissements. Ils viennent du creux d’un arbre dans lequel sanglotte une fillette aux cheveux de feuilles : Pilu.

 

 

 

 

© Nguyen - Kinaye

 

 

                Pilu des bois est le premier album de l’autrice américaine Mai K. Nguyen traduit en français. Elle avait auparavant autopublié deux courts récits. Fascinée par le gigantisme de la nature par rapport à l’être humain, elle adore les odeurs qui en proviennent. Avec Pilu des bois, elle écrit une ode à la nature guérisseuse des maux et des blessures de l’âme, dans un graphisme épais et kawaï.

 

 

 

 

© Nguyen - Kinaye

 

 

                Pilu n’est en fait qu’un double de Willow. Willow signifie saule en anglais. Le saule pleureur va-t-il voir ses larmes asséchées par son alter ego sauvage ? Alors que Willow souffre de l’absence de sa mère au sein d’un cocon familial restreint, Pilu est perdue dans l’anonymat d’une famille nombreuse. Elle s’est disputée avec sa mère. Willow, elle, aurait bien aimée pouvoir le faire. Entre champignons et petits monstres dans la tête, les deux amies vont s’entraider à affronter la vie dans une pure harmonie avec la nature, le tout dédramatisé par les léchouilles de Chicorée.

 

 

 

 

© Nguyen - Kinaye

 

 

                Des magolias par centaines… Les magnolias sont toujours là ! Ils sont surtout dans l’un des albums les plus émouvants de l’année qui donne à la bande dessinée la force de ce que les meilleures productions Pixar offrent au monde de l’animation.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Pilu des bois 

 

Genre : Emotion 

 

Scénario, Dessins & Couleurs :  Mai K. Nguyen

 

Éditeur : Kinaye

 

Nombre de pages : 160

 

Prix : 17,90 €

 

ISBN : 9782357990487

 



Publié le 14/04/2021.


Source : Bd-best


Mary-Maë Flower.  O’Sullivan 1 – Mary-Maë

 

« - Ça vous gêne si je m’assois ?

-   Non, non, pas du tout !

-   Ça vous plaît ici ?

-   Oui, très sympa…

-   Dites, je ne vais pas vous embêter maintenant, mais un jour, à l’occasion, vous me signerez un de vos livres ?

-   Bien sûr !

-   Vous… Vous me connaissez ?

-   Sûr, M’sieur Sullivan ! Je suis bibliothécaire ! je suis, comme qui dirait, une fan ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Afin de pouvoir écrire en toute tranquillité, James Sullivan loue un cottage dans le Connemara, au fin fond d’un trou perdu de l’Irlande. Il compte sur la solitude et le bruit de la mer pour l’aider à faire revenir ses fantômes et enquêter sur sa propre histoire, sur les origines de sa famille. Lors d’une soirée au pub, Rosie le reconnaît. Elle est bibliothécaire et apprécie beaucoup l’écrivain. Au fil de ses recherches, il lui confiera ses découvertes et lui racontera l’histoire de son ancêtre Mary-Maë qui quitta l’Irlande pour le rêve américain.

 

 

 

 

© Rodolphe, Marc-Renier - Delcourt

 

 

                Le scénariste Rodolphe se lance dans une exigeante saga familiale sur plusieurs siècles. Le délicat jeu de séduction entre la lectrice et l’auteur lui permet d’éviter de tomber dans le côté livre illustré par d’interminables cartouches, justifie la narration et aère le récit. Avec le personnage de Tara Calagan, fille simplette que certains accusent du mauvais œil, Rodolphe personnalise les fantômes du passé de tout un chacun et apporte un côté féérique au folklore irlandais, sans jamais tomber dans le fantastique. C’est juste une immersion profonde dans l’ambiance.

 

 

 

 

© Rodolphe, Marc-Renier - Delcourt

 

 

                Hasard des publications, alors que Vanko Winczlav, ancêtre de Largo Winch, quitte les Balkans pour l’Amérique dans La fortune des Winczlav chez Dupuis, Mary-Maë fait le même voyage, à quelques années près dans O’Sullivan chez Delcourt, mais dans des conditions bien plus sommaires. Si l’un débarquera aux Etats-unis, l’autre débarque à l’embouchure du Saint-Laurent.

 

                Quatre ans après Klimt, on retrouve enfin le trait unique de Marc-Renier. Le dessinateur des éternels Contes et légendes du Moyen-Âge, du Masque de fer, de Black Hills et de tant d’autres récits revient dans un récit sur mesure pour lui entre une époque moderne et un XIXème siècle rude et impitoyable qui sied parfaitement à son trait légèrement hachuré à mi-chemin entre celui de Jean-Claude Servais et de Raives, justement dessinateur attitré de son frère Eric Warnauts.

 

 

 

 

© Rodolphe, Marc-Renier - Delcourt

 

 

                Il n’y a pas que Jean Van Hamme qui soit capable d’écrire des sagas familiales passionnantes, historiques et à suspens. Il y a entre autres aussi Rodolphe. Un départ, une clef, un événement tragique, la saga O’Sullivan est lancée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : O’Sullivan

 

Tome : 1 – Mary-Maë

 

Genre : Histoire 

 

Scénario : Rodolphe 

 

Dessins : Marc-Renier

 

Couleurs : 1ver2anes

 

Éditeur : Delcourt

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,95 €

 

ISBN : 9782413002567

 



Publié le 13/04/2021.


Source : Bd-best


« Tout doit être brûlé ! »  Sorcières ! disent-ils

 

« - Oyez, oyez, braves gens ! Laissez-moi vous présenter les inquisiteurs dominicains. Jacques Spenger et henri Institoris, les fils bien-aimés du pape Innocent VIII. S’ils nous honorent aujourd’hui de leur présence, c’est en raison d’une lourde mission…

-   Vous délivrer du mal ! Eradiquer les sorcières ! Exterminer celles et ceux qui seraient tentés par une complicité avec le malin ! 

-   Tu penses qu’il y en a parmi nous ? 

-   On va bien voir. 

-   Elles vont avoir ce qu’elles méritent. Le bâton ! 

-   Le pouvoir du diable est réel ! 

-   Défendons le royaume de Dieu ! »  

 

 

 

 

 

 

 

                Les sorcières font partie de l’imaginaire collectif. En littérature, au cinéma, elles hantent les contes et les fictions. Les enfants adorent en être effrayées. Les adultes s’en émeuvent en tant que peurs de jeunesse. Pourtant, les sorcières ont bel et bien existé, ou plutôt, l’Histoire les a faites exister. Non pas au Moyen-Âge comme l’on croit que ce fut le cas, c’est essentiellement à la Renaissance que certains nobles, se sentant investis de missions divines, ont accusé de sorcellerie des femmes esseulées ou indépendantes, d’allégeances sataniques. Aujourd’hui, on appelerait cela de la mysoginie (poussée à l’extrême puisqu’allant jusqu’au bûcher). C’est pour cela que des féministes se servent de la figure emblématique des sorcières pour s’émanciper.

 

 

 

 

© Singeon, Ihler - Delcourt

 

 

                La journaliste Juliette Ihler mène une enquête minutieuse sur la sorcellerie dans tout ce qu’elle a, depuis ses origines, de plus cartésien. On ne verra ni diables, ni princes transformés en crapauds. On n’entendra pas des formules magiques et on ne jètera pas des sorts avec des baguettes magiques. Et si des balais volent, c’est de manière onirique. Ihler montre les malfaisances d’une société machiste et, remontant plus de cinq cents ans en arrière, déplore qu’il reste aujourd’hui dans notre monde des traces empiriques d’un système dominé par le « mâle ».

 

 

 

 

© Singeon, Ihler - Delcourt

 

 

                Singeon entre dans le jeu en flirtant avec le surnaturel. Il montre des scènes de sabbat dans des délires hérétiques mais aussi des buchers comme il y en a malheureusement eu. Son graphisme semi-réaliste se prête bien à cette ambiance concrète avec des échos fantastiques. La mise en couleur, sans apport du noir, comme s’il manquait un passage de couleurs, est plus discutable. On a parfois la sensation d’être devant un défaut d’impression. C’est le petit bémol de l’album.

 

 

 

 

© Singeon, Ihler - Delcourt

 

 

                A la manière d’une enquête journalistique, Sorcières ! disent-ils est un livre pointilleux et très bien documenté. On dirait un Que sais-je ? sur la véritable histoire de la sorcellerie, en bande dessinée.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Sorcières ! disent-ils 

 

Genre : Enquête 

 

Scénario : Juliette Ihler 

 

Dessins & Couleurs : Singeon 

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Octopus

 

Nombre de pages : 142

 

Prix :  18,95 €

 

ISBN : 9782413028246

 



Publié le 13/04/2021.


Source : Bd-best


Coup de foudre et coups de dés.  Comme par hasard

 

« - Puisque vous êtesmà, pouvez-vous me dire ce que vous me voulez ?...

-   Oh, vous le savez très bien… Nous sommes si intimes.

-   Je vous ai entendu dire l’autre jour que la chance, le hasard n’existaient pas, que tout était lié dans ce monde par des lois de cause à effet… Voilà une assertion bien audacieuse.

-   C’est la vérité !

-   Allons, allons… Vous pensez peut-être que l’on peut mettre l’univers en équation ? Que les mathématiques peuvent décrire la place des étoiles, l’écoulement des rivières et le vol des abeilles ?

-   Mais c’est le cas.

-   Comme ce serait ennuyeux… Si tout était logique mathématique, alors la vie serait aussi prévisible que deux et deux font quatre. »

 

 

 

 

 

 

 

                Paris, 1909. Victor Nimas est fiévreux. Est-ce un délire nocturne ? Toujours est-il qu’un chic chat endimanché vient disserter avec lui sur le délicat sujet du hasard. Evidemment, pour un cartésien comme Victor, comptable de métier, l’univers serait une gigantesque équation. Il serait possible de tout prévoir : le passé, le présent et l’avenir. Où serait alors la liberté ? En quelques mots, l’homme-chat lui démontre que le hasard, l’imprévu, sont les symboles de cette liberté. Pour l’instant, Victor préfère se réfugier derrière ses chiffres rassurants, ses certitudes éculées. Jusqu’à quand ? Tania, cette danseuse des Ballets russes de Diaghilev auxquels il a assisté il y a quelques jours, est-ce une loi mathématique ou bien le hasard qui a fait que leurs yeux se sont croisés ?

 

 

 

 

© Bonin - Vents d’Ouest

 

 

                Plus qu’une simple romance, l’auteur propose un voyage à travers l’Europe du début du XXème siècle. De Paris à Baden-Baden, le cœur de Victor Nimas résonne dans celui des lecteurs. « Comme par hasard » est de ces histoires qui rendent amoureux, qui ravivent les flammes et qui prouvent que l’amour est plus fort que tout. Tania est sublimement belle mais elle est mariée. Voyant cet amour impossible, Victor prendra un autre chemin jusqu’à que le hasard, encore lui, les remette face à face. Bonin pose alors la question du renoncement ou du coûte que coûte. Victor suivra-t-il la voie imposée par l’équation de la vie ou bien lancera-t-il un coup de dés sur le tapis du hasard ?

 

 

 

 

© Bonin - Vents d’Ouest

 

 

                On peut devenir créateur de bande dessinée par inadvertance, on ne le reste pas par hasard. Il faut du talent. Auteur discret, Cyril Bonin n’a jamais cessé de publier depuis plus de vingt ans. Il fait partie de ces rares dessinateurs au trait reconnaissable au premier coup d’œil. Ses ambiances verdâtres orangées sont aussi sa marque de fabrique. Et comment ne pas tomber sous le charme de ses personnages aux regards fascinants. Ici, Bonin réussit à offrir aux lecteurs une place pour les Ballets russes, tellement bien mis en scène, qu’on a l’impression d’être dans la salle.

 

 

 

 

© Bonin - Vents d’Ouest

 

 

                Après le splendide Stella, Cyril Bonin était attendu au tournant. Après une histoire d’amour si puissante, comment était-il possible de rebondir ? « Comme par hasard », le gant est relevé. « Comme par hasard », la magie Bonin a encore frappé.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=eE-oItzoi2A

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Comme par hasard 

 

Genre : Romance 

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Cyril Bonin 

 

Éditeur : Vents d’Ouest

 

Nombre de pages : 104

 

Prix :  18 €

 

ISBN : 9782749308982



Publié le 10/04/2021.


Source : Bd-best


L’envers du décor.  Monaco Luxe, crime et corruption

 

« - Madame, s’il vous plaît… Votre carton d’invitation.

-   Ah… Euh, voici.

-   Mmmmh… Une accréditation… Veuillez me suivre, les journalistes, c’est par ici.

-   Bien tenté.

-   Hein ?

-   Je vous ai vue essayer d’entrer en douce, bien tenté.

-   Ah ! Mais non, je croyais qu’on pouvait entrer en tant que journaliste.

-   Ha ha ha ! Z’êtes nouvelle, ici, vous ! Ce soir, c’est le 66ème gala de la Croix Rouge Monégasque, l’une des soirées les plus prestigieuses.

-   Oui, on m’a avertie pour le dresscode, j’ai dû acheter une robe et des escarpins. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Hélène Constanty, journaliste à Médiapart, découvre les codes de Monaco. On ne rentre pas dans les soirées comme ça. Les photographes ont leurs zones imposées pour prendre les peoples sous leur meilleur angle. La reporter comprend aussitôt qu’ici, ce qui compte, c’est l’apparence. Monaco, c’est comme une carte surprise. Dès que l’on gratte, il y a plein de choses à découvrir, et tout n’est pas très glorieux. Crime et corruption aiment bien sourdre sous le luxe.

 

 

 

 

© Constanty, Chavant - Soleil

 

 

                Hélène Constanty a décidé d’enquêter sur certains secrets de ce paradis fiscal qu’est Monaco. En 2014, Hélène Pastor, la femme la plus riche de la principauté, est assassinée avec son chauffeur par des tueurs à gages des quartiers Nord de Marseille. Le double assassinat est commandité par le gendre de la victime. Une autre affaire concerne l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev dans laquelle œuvres d’art, football et blanchiment d’argent viennent ternir l’image de la principauté. Pourtant, sur le vernis, la famille Grimaldi avec à sa tête le Prince Albert II entretient pour le Rocher une image glamour et iddylique, faisant rêver la plèbe et invitant les milliardaires du monde entier à venir investir et s’installer à Monaco.

 

 

 

 

© Constanty, Chavant - Soleil

 

 

                Le dessinateur Thierry Chavant adopte un graphisme journalistique. Il voit en la bande dessinée un moyen de dénoncer des injustices non médiatisées par les grands médias mainstream détenus par des intérêts privés. La BD a encore cette indépendance permettant des investigations, comme il l’a fait précédement dans l’album Sarkozy/Kadhafi, des billets et des bombes, et aujourd’hui dans Monaco Luxe, crime et corruption. Il a mis en scène le récit d’Hélène Constanty, le rendant aussi passionnant à lire qu’une fiction mais tout est effrayemment véridique. 

 

 

 

 

© Constanty, Chavant - Soleil

 

 

                Aujourd’hui, le rocher devenu bloc de béton s’étend sur la mer pour augmenter sa superficie. Les intérêts immobiliers priment avant tout. L’argent est plus fort que l’écologie.

 

                Après avoir lu cet album, vous ne verrez plus jamais Monaco du même œil et vos rêves chercheront d’autres « paradis ». Quelques soient les scandales qui s’y déroulent, la principauté fait tout pour que son éclat ne soit pas terni.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Monaco Luxe, crime et corruption 

 

Genre : Enquête 

 

Récit de : Hélène Constanty

 

Mise en scène, Dessins & Couleurs : Thierry Chavant

 

Éditeur : Soleil

 

Collection : Noctambule

 

Nombre de pages : 100

 

Prix :  17,95 €

 

ISBN : 9782302093102

 



Publié le 09/04/2021.


Source : Bd-best


Une nuit. Une course poursuite. Des coups de feu.         Impact

 

 

Fin de vingtième siècle, l’action se déroule dans une banlieue comme il en existe beaucoup en France. Trois adolescents se trouvent dans une voiture volée. Lors des arrêts fréquents aux feux de signalisation, ils provoquent le conducteur du véhicule voisin, tentant  de faire la course avec celui-ci. Énervé, ce dernier sort une arme et tire à plusieurs reprises en direction du véhicule occupé par les adolescents, prenant ensuite la fuite. À l’intérieur du véhicule volé, l’un des ados est mortellement touché par deux balles. Ses amis décident de garder ce décès secret et l’enterrent dans un bois.

 

 

 

 

 

 

Vingt ans plus tard, Dany (un des adolescents) vis en marge de la société, ayant eu souvent à faire avec la justice, se voit contraint de suivre une psychanalyse. Jean, le conducteur du véhicule voisin sait qu’il vit ses derniers jours dans une maison de retraite. Se sachant condamné, il livre son histoire remplie de doutes et de questions à Claude, l’un de ses compagnons d’ Ehpad.

 

 

 

 

 

© Rochier – Deloupy – Casterman

 

 

Sans s’en douter, un triangle invisible se tracer entre Dany, Jean et la jeune psychanalyste s’occupant du traitement de Dany. Chacun d’entre eux va enfouir dans l’oubli une partie de ce drame ayant eu lieu il y a vingt ans.

 

 

 

 

© Rochier – Deloupy – Casterman

 

 

A travers ce scénario, Gilles Rochier nous propose une histoire totalement plausible, plongeant nos protagonistes aux destins brisés dans un roman noir digne d’une production « série B ». Pour sa part, Deloupy illustre parfaitement ce livre cinématographique auquel il ne manque  que la bande sonore.

 

Disponible chez votre libraire à partir du 14 avril 2021.

 

Haubruge Alain

 

Titre : Impact

 

Genre : Polar Roman graphique 

 

Scénario : Gilles Rochier 

 

Dessin : Deloupy 

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 104

 

Prix : 18,00 €

 

ISBN : 9782203047976



Publié le 09/04/2021.


Source : Bd-best


Le respect de la parole donnée.  Wild West 2 – Wild Bill

 

« - Foutu diable ! Qui êtes-vous ?! De quel droit massacrez-vous mon personnel ?

-          James Hickok, chasseur de primes. Vous avez été dupé. Bart O’Malley est un nom d’emprunt. L’homme que je ramène est un criminel connu sous le sobriquet de « Snake ». Sa tête est mise à prix pour meurtres, viols, pillages… Et autres joyeusetés. Pour les autres gars qui se sont mis en travers de mon chemin, c’est juste de la légitime défense. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Omaha, territoire du Nebraska. James Hickok, chasseur de primes surnommé Wild Bill, vient de mettre la main sur un malfrat caché comme chef de chantier d’une entreprise ferroviaire. Alors que le patron lui propose de prendre sa place, le justicier préfère reprendre la route. Il a un autre coyote à mettre en cage. Il a donné sa parole. Il a promis à une gamine de retrouver les assassins de sa famille. Parallèlement, Martin Jane fait ses premières armes chez les Tuniques Bleues, sauf qu’en réalité, Martin, c’est Martha, que l’on appellera plus tard Calamity Jane, femme cachée au milieu des soldats.

 

 

 

© Gloris, Lamontagne - Dupuis

 


                Après être remontés aux sources pour raconter la genèse de Calamity Jane, Thierry Gloris et Jacques Lamontagne poursuivent la vie de Martha Jane Cannary en mettant Wild Bill sur sa route. Leurs chemins vont se croiser dans l’intransigeance d’un Ouest où les hommes sont plus sauvages que la nature.

 

                Gloris, en historien patenté, ne fait pas dans le western d’opérette. Cruel et réaliste, le monde de Wild West est bien plus conforme à la réalité que n’importe quel western en BD actuel. Le scénariste met en parallèle les destins de Wild Bill Hicock et Martha Jane Cannary. Chacun d’eux est le narrateur de ses « aventures » jusqu’à ce qu’ils se rencontrent. Aidés par des cartouches de couleurs, on ne s’y perd jamais. Là où Gloris fait encore plus fort, c’est que l’on voit qu’il a écrit certaines scènes pour que son dessinateur puisse s’en donner à cœur joie.

 

 

 

 

© Gloris, Lamontagne - Dupuis

 

 

                Dans un trait durci et hachuré et des couleurs assombries afin de coller au plus près à la rudesse de l’univers, Jacques Lamontagne n’a pas peur de tout montrer. Le sexe et le sang faisaient partie du quotidien des cow-boys. Si de nombreux dessinateurs ont cherché à édulcorer des scènes, ici, on ose comme dans du Tarantino. On n’est pas dans l’allusion comme chez John Ford. C’est aussi la première fois que l’on pénètre autant au fond de l’univers indien depuis l’impressionnant Celui-qui-est-né-deux-fois de Derib.

 

 

 

 

© Gloris, Lamontagne - Dupuis

 

 

                Après ce premier diptyque américain, Lamontagne et Gloris n’ont pas fini de nous faire vivre les histoires des enfants, pas de chœur, de la conquête de l’Ouest. La ruée vers l’or commence à chatouiller les cow-boys. En attendant, ne vous privez pas de relire On a tué Wild Bill de Hermann, également paru chez Dupuis, il y a quelques années, dans la collection Aire Libre.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Wild West

 

Tome : 2 – Wild Bill

 

Genre : Western 

 

Scénario : Thierry Gloris 

 

Dessins & Couleurs : Jacques Lamontagne

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9791034739011

 



Publié le 08/04/2021.


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