Nouvelles relatives à la bande-dessinée ou au graphisme
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Coup de coeur : Triangle rose

Dessinateur de publicité et professeur de dessin, Andreas est homosexuel. Pas une “grande folle” travestie mais un homosexuel discret, joyeux et romantique, dans le Berlin des années 30. Mais la peste brune envahit peu à peu les rues, la cité, les institutions. Des lois sont promulguées. Andreas fait l’expérience de la violence, physique ou morale. On l’envoie en prison du fait de sa préférence sexuelle, puis dans un camp de concentration. Survivant aux mauvais traitements, la libération et l’après-guerre ne lui apporteront pas plus de repos. Fait prisonnier de droit commun, un nouveau combat s’engage pour sa réhabilitation. Ce combat, qui semble perdu d’avance, se gagnera par la résignation et la trahison de son identité. Comme beaucoup d’autres homosexuels, il travestira son histoire, se dira « triangle rouge » ; se conformera à la société civile en se mariant avec une lesbienne et éduquera l’enfant qu’elle eut (de force) avec un sous-officiers nazis.

 

 


Un sujet encore jugé délicat abordé par Michel Dufranne, Maza, et Christian Lerolle : le sort des déportés homosexuels lors de la Seconde Guerre mondiale. Une bande dessinée historique & pédagogique. Sans grand discours et au fil d’une intrigue efficace, on y apprend que les homosexuels vivaient, à Berlin du moins, sans trop de soucis avant l’accession au pouvoir des nazis.

Félicitations aux auteurs et aux éditions Quadrants d’avoir accompli ce devoir de mémoire, avec un récit accessible au plus grand nombre de lecteur, porté par un dessin aux tons sépias empreint d’une sincérité profonde.

Une note maximale pour un livre qui a osé et dont les ventes ne sont pas le premier objectif !

Le triangle rose était dans l'univers concentrationnaire nazi le symbole utilisé pour "marquer" les homosexuels masculins. La déportation des homosexuels par les nazis s'inscrivait dans une logique de répression des "indésirables" (asociaux, criminels, ...)  Étaient généralement déportés les homosexuels condamnés pénalement deux fois, dont une fois au moins au titre du paragraphe 175. La mémoire de la déportation homosexuelle est assez récente. Le 25 septembre 2010, une plaque en mémoire des "victimes de la barbarie nazie, déportées pour motif d'homosexualité" a été inaugurée dans le camp du Struthof (Alsace).  Ailleurs dans le monde, des plaques ou monuments rappellent la déportation des homosexuels par les nazis. On peut citer les villes d'Amsterdam, Berlin, Bologne, La Haye, Francfort, Cologne, Anchorage, Sydney, San Francisco et Montevideo. Le dernier survivant connu de cette déportation était Rudolf Brazda qui fut déporté presque trois ans à Buchenwald, faisant suite à deux condamnations au titre du paragraphe 175. Il décède le 3 aout 2011 à l'âge de 98 ans.
L'article 175 du Code pénal allemand a condamner l'homosexualité masculine entre 1871 et 1994. « La fornication contre nature, pratiquée entre personnes de sexe masculin ou entre gens et animaux, est punie de prison. » C'est au nom de ce paragraphe que plusieurs dizaines de milliers d'homosexuels ont été arrêtés et envoyés dans les camps de concentration sous le régime nazi subissant un taux de mortalité des plus élevés parmi les catégories de prisonniers, avec celui des Juifs. Le même paragraphe a également permis avant 1933 et jusqu'aux années 1970 de poursuivre les homosexuels devant la justice. Les déportés homosexuels ne bénéficièrent pas de la compassion ou de la culpabilité des populations après la découverte des camps et continuèrent à subir la réprobation sociale. Le paragraphe 175 ne fut modifié qu'en 1969, l'homosexualité cessa d'être un motif d'emprisonnement, et fut finalement abrogé en 1994 dans l’Allemagne réunifiée (mais en 1988 dans l’ex-RDA). Traduit en France sous l’article 331 du Code pénal dans le régime de Vichy, il ne sera supprimé qu’en 1982 !

 

Niala S.

 

Triangle Rose, Quadrants, sortit le 17 octobre, 144 pages, 17 €



Publié le 18/10/2011.


Source : Graphivore


Coup de coeur du Brüsel

Ce one-shot ne fera pas scandale comme ce fut le cas pour l'histoire dont il s'inspire et qu'avait écrite Eugène Sue en 1831, mais gageons qu'elle fera beaucoup parler d'elle.
La première chose qui frappe, c'est le dessin. Quand on n'arrive pas à en imaginer un autre pour mettre en scène un récit et porter des personnages, c'est qu'il est vraiment costaud.
Atar Gull, l'esclave arraché à sa terre pour être vendu en Jamaïque, crève littéralement la page. Comme un acteur, l'écran. Il a une de ses présences, waouh!! Mais il n'est pas le seul. Le pirate Brulart est terrifiant. La rencontre entre ces deux là, dans la cale du Brick la Catherine, est un grand moment. Une autre scène se révélera, elle aussi, fondatrice et déterminera la suite: celle de la découverte du cadavre du père, le chef de la tribu des Petits Namaquas, pendu à un arbre sur ordre de son propriétaire: Tom Will.
A partir de ce terrible moment, Atar Gull le devient, acteur. Dans le sens où il va faire semblant et, peu à peu, d'une façon qui fait froid dans le dos, gagner la confiance du planteur et de sa famille.
Mais Atar Gull n'a qu'un maître: la vengeance, à qui il sacrifiera tout, devenant davantage son esclave que celui de l'homme blanc. Il n'y a évidement pas que le dessin, la couleur et les cadrages. La tension, tout au long de ce récit, est palpable. Le rythme soutenu et les dialogues, impeccables. A la fin, la gorge se sert. On a dû mal à avaler. On se surprend même à essuyer la larme qu'Atar Gull, enfant, s'était interdit de verser.

Corine Jamar

Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
par Brüno et Nury
Editions Dargaud



Publié le 14/10/2011.


Source : Graphivore


Le coup de coeur du Brüsel, la belle image

Qui n'a jamais rêvé de changer de tête, d'apparence? Pour un mieux s'entend. Raoul Cérusier s'éteint chaque jour davantage du dépit de ne pas plaire, de ne pas susciter l'envie ou la passion dans les yeux de ses semblables. Il est pourtant marié à une fort jolie femme, a de superbes enfants et une situation confortable. Oh!, il ne cherche pas l'aventure, ou plutôt il n'en n'a pas le courage. Vu sa tête, il sait que ce serait simulé, arrangé. Ce qu'il veut, c'est de l'amour, du vrai. Du torride, de l'irraisonné.

Un jour qu'il fait la file à un guichet, le rond de cuir ne le reconnaît pas, malgré son courroux. De qui se moque t'on? Il est Raoul Cérusier et n'aime pas qu'on se paie sa tête!

Mais celle-ci a bel et bien changé, pas son apparence ni sa voix, mais son visage est devenu...beau et attirant.

Bonin adapte un superbe récit de Marcel Aymé qui propose une subtile réflexion sur la véritable personnalité, sur les envies, les attentes.

A votre avis, que va faire Raoul de ce nouveau costume si seyant?

 



Publié le 10/06/2011.


Source : Reynold Leclerc


Le coup de coeur du Brüsel,

Kampuchéa Démocratique. Cela, le pays le doit à ces soldats habillés de noir de la tête au pied et dont le nom ne fait pas le moine puisqu'ils se nomment: Khmers rouges. "Habitants de Phnom Penh", annoncent-ils à la radio, "notre capitale vient d'être libérée par nos vaillantes et victorieuses forces armées". En fait de libération, la ville est surtout évacuée. Vidée de ses habitants qui seront ensuite regroupés selon leur classe sociale, leur métier, leur passé, leur identité.


A gauche, les anciens fonctionnaires de l'état, les médecins, les ingénieurs, les intellectuels, en un mot les bourgeois, qui se feront massacrer sur le bateau, en plein milieu de la traversée. Khim, sa femme Lina qui vient de mettre au monde un bébé, sa famille et des amis devaient en faire partie. Ils seront sauvés in-extremis par un ancien employé de la fabrique de glace dont Kongcha était le patron.
A droite, ceux qui auront l'insigne honneur de participer à la reconstruction du pays pour autant, bien sûr, qu'ils obéissent scrupuleusement aux ordres. Et à condition, selon le vieil adage, qu'ils "plantent du Kapokier et du palmier autour de la maison" c'est-à-dire: qu'ils ne voient rien, n'entendent rien et ne disent rien.
L'auteur a décidé de faire exactement le contraire en racontant la tragédie qu'a vécu sa famille l'année de la prise de pouvoir des Khmers rouges, l'année du lièvre… Dans ce témoignage sobre, qui va à l'essentiel, il retrace cette première année passée sous la botte d'Angkar, l'organisation qui s'est donné pour mission de réformer la société à coups de mauvais traitements, d'exécutions sommaires, de travaux forcés, de privations et de camps de la mort. Mais le premier volet de cette apocalypse Khmère (d'après le titre du récit de Somanos Sar, paru aux éditions Jean Picollec en 2003 et consacré au même sujet) s'arrête page 120, devant un poste frontière et un Khmer qui pointe sur eux sa mitraillette en les sommant de le suivre. "Ne vous inquiétez pas", le titre du tome 2, sonne comme une menace…

Corine Jamar



Publié le 07/05/2011.


Source : Graphivore


Le coup de coeur du Brüsel : Le royaume tome 3

"Le Royaume", avec son petit oiseau au-dessus du R du titre, est un bijou.
De drôlerie, de gaité, de pertinence.
Dans cet opus, la princesse Cécile est promise au prince Eric, hyper canon sur la photo (enfin, sa représentation picturale, on est au Moyen-Age ne l'oublions pas). Mais en vrai, c'est une autre paire de manches (brodées): le fils du Roi d'Arbédie est gros, fat et… furax d'avoir à se coltiner une princesse plus peste que preste à lui donner son premier baiser. Celui-ci, elle le réserve à… chut!, on ne vous le dit pas. Parce que nous, chroniqueurs, on n'est pas comme les oiseaux du Royaume, ces vilains petits cafteurs qui ne pensent qu'à semer la zizanie et mettent le foutoir ! L'un d'eux, revenu d'entre les morts, est néanmoins d'accord de jouer à l'espion pour le compte de sa sauveuse, la jolie Anne, qui, elle, n'en revient toujours pas d'avoir été éjectée du lit royal. Mais l'héroïne de la série, loin de se laisser abattre, transforme la maison que lui a donnée le roi (bon prince) en taverne que l'on qualifierait de nos jours de… bio ou "new age".

 

 

Parce que la série, et c'est ce qui en fait tout son sel, transpose au Moyen-Age les différents travers de notre société actuelle, et c'est: jubilatoire. Ce renvoi à notre époque nous fait non seulement rire mais aussi réfléchir. En s'aidant d'une galerie de personnages hauts en couleurs et tous, quelque soit leurs défauts, attachants, elle met en lumière de façon toujours sympathique les tares du monde dans lequel les lecteurs, petits et grands, vivent. En interrogeant le pouvoir de l'image, en remettant en cause le principe de la real politique, en se moquant gentiment des nouvelles technologies (ahlàlà, ces bilboquets auxquels les deux petits princes sont scotchés), en critiquant le comportement des dirigeants tout en voulant montrer les sursauts héroïques dont ils sont parfois capables, l'auteur place notre humanité au centre de son propos. Il évite tous les écueils, notamment celui du populisme, et nous offre l'occasion, si rare, de ne pas désespérer de l'être humain.



Publié le 15/04/2011.


Source : Corinne Jamar-Brüsel


 

Une enquête approfondie sur le film culte, illustrée de caricatures qui redonnent vie à des personnages mythiques.
 Ecrit par un spécialiste du cinéma d’Audiard, ce dictionnaire révèle tout ce qu’il est possible de savoir sur les Tontons Flingueurs et décortique pour la première fois l’art et les ficelles du dialoguiste.
 On y découvre notamment comment Louis-Ferdinand Céline a contribué à l’écriture du texte, qui sont Achille et Salvatore Volfoni - cousins des célèbres Raoul et Paul, quels soupçons d’affabulation pèsent sur Jean Lefebvre, mais encore qui de René Sauvard ou de Lino Ventura est le plus célèbre dans le monde (surprise, c’est René).

Si Vous désirez devenir un incollable des Tontons Flingueurs, cet album est fait pour vous. Cela dit si vous êtes un aficionados et croyez tout connaître sur ce film culte, attention à la claque vous allez en prendre pour votre grade car ce bel opus va vous inonder de détails croustillants et jamais lu. Mais jetons un oeil d'abord sur les illustrations ( qui figurent en bas de page ), véritable merveilles réalisées par Géga, un caricaturiste de talent. C'est à croire que les acteurs et auteurs vont surgir carrement de l'album, un pur délice. Audiard est expliqué sous tous les angles et on nous offre même le luxe de nous parler d'une dizaine de ses films très peu connu du public. Un quizz test vos connaissances sur les Tontons flingueurs et croyez moi même le plus grand des fans y apprendra encore bien des choses ! Des thèmes croustillants sont abordés : " Audiard et les femmes" " Audiard, un auteur exigeant", " Audiard un génie populaire"... Ensuite pages après pages nous partons à la découverte en nous plongeant dans le noyau du dictionnaire avec les définitions des acteurs protagonistes du film et des expressions et noms, termes et autres qui y sont usités. Bref un album qui a du corps, un tout-venant agréable qui séduit le palais. Cela ne vous décambutera pas et ne vous laissera pas à la traine.  Et si j'avais un beretta j'vous l'mettrais sous le blaze pour aller casquer vos sonnant et trébuchant afin d'aller vous procurer fissa ce cador de bouquin chez votre libraire favoris. La dessus je replonge mes mirettes dans ce psaume le silencieux à la pogne.

Et pour ne pas vous laisser en carafe, je vous donne quelques tuyaux sur les auteurs de ce pt'it bijoux ci-dessous.

Gil

 

Gérard GarGouil dit «Géga» est fan de cinéma, de sport et de musique. Après avoir travaillé dans la publicité  comme créatif puis dans la presse (Télé 7 Jours Guadeloupe ) une dizaine d’années, il se lance en tant que dessinateur indépendant et collabore avec différents titres de presse sportive (La Provence des Sports,  100% PSG, Maillot Vert, Droit au But, Tennis Magazine ). Géga est l’auteur de plusieurs albums de caricatures pour les Editions SEMIC-TOURNON et de bandes dessinées (L’Épopée d’Auxerre et Un rêve de gamin sur  Jean-Pierre Papin ).  Site Web : www.drolesdidoles.com.

Stéphane Germain est spécialiste du cinéma de Michel Audiard dont il possède une collection d’affiches unique. Il a précédement signé L’Encyclopédie idiote de la Voile et une autre des extra-terrestres, guère plus intelligente (La Sirène).

 

Le dico des Tontons Flingueurs par Stéphane Germain & Géga

88 pages

12.95 €

Edité par Hugo & Cie

En librairie depuis le 14 avril 2011

 

Quelques images :

 

 

 


 



Publié le 15/04/2011.


Source : Graphivore


Le coup de coeur du Brüsel : Mezek

La jeune nation d’Israël vient tout juste de naître et d’emblée c’est la guerre avec les voisins arabes lourdement armés par les anciens coloniaux. Fusils, grenades et surtout de magnifiques Spitfire, vedettes de la Bataille d’Angleterre. Une aviation moderne !
L’ancêtre de Tsahal doit alors faire feu de tout bois pour répondre aux agressions. Un embargo (eh oui, déjà à l’époque le bon vieux blocage des frontières avait les faveurs des politiques) l’empêche de s’équiper par les circuits traditionnels.
Cela n’arrête pas les combattants de la première heure qui usent de nombreux subterfuges pour contourner le niet des grandes puissances.

 

 

Yann et Juillard ont choisi de nous parler des premières heures de l’Israeli Airforce qui se monte, ô ironie du sort, avec des rebus de l’aviation Tchèque alors équipée de Messerschmitt nazis (!) modifiés avec des moteurs trop lourds qui rendent périlleux chaque atterrissage.
Mais les mercenaires sont (très bien) payés pour prendre ces risques...

Avec son inestimable expérience sur le Grand Duc (aux Editions Paquet), Yann nous plonge dans le quotidien d’un escadron haut en couleurs et aux frasques dignes des boys de la Seconde Guerre Mondiale. 
Le trait de Juillard épouse à merveille et avec beaucoup de classe les frasques de Björn et de ses collègues, mercenaires sans scrupules.

Enfin, cerise sur le gâteau, l’ambiance du livre n’est pas sans rappeler celle du merveilleux film de Philip Kaufman : l’Etoffe des Héros ou des meilleurs moments des fameuses 'Têtes Brûlées'.

Passionnant !

 

Librairie Brüsel : http://www.brusel.com/site/affpage.php

 

 



Publié le 10/04/2011.


Source : Elmer Dupont-Brüsel


 

La saine gestion d’un héritage n’est pas toujours chose aisée, d’autant plus si dans le lot se trouve un objet très convoité.
Dans la famille Gonzales, Harold le patriarche se sent un peu faible depuis pas mal de temps. Il n’est pas à l’agonie, mais il estime devoir passer le témoin en bon père de famille. Après une existence bien remplie, l’heure du grand partage a bientôt sonné.
Et pas question de tourner autour du pot, hein. Il faut parler clairement, simplement, logiquement. 
Un magnifique soap digne des plus belles productions brésiliennes se construit page après page.
Qui va hériter de sa superbe Citroën CX diesel (rose de surcroît semble t’il)? 
Un carrosse que l’on imagine rutilant mais qui, je réponds d’emblée aux questions des puristes de la marque, ne se retrouve qu’en couverture (du meilleur effet).
Les négociations vont bon train, chacun se découvrant des talents de fins stratèges à faire pâlir les faucons de l’Administration Bush. Mais que symbolise donc cette voiture, ancien fleuron du Quai de Javel pour une famille sommes toutes modeste ? 

 

 

Si comme moi, votre entourage s’est parfois déchiré sur le partage de choses débiles lors d’un héritage, ce livre vous parlera forcément de la première à la dernière page.

Les auteurs mettent en situation une smala en ébullition larvée, les situations cocasses et/ou grotesques se succèdent à un rythme endiablé.
Qui emportera la belle ?

James (Ottoprod) que l’on connait déjà pour ses jouissifs ‘Open Space’ chez Poisson Pilote/Dargaud, Fabcaro issu de l’underground français et Ben Grrr à qui l'on doit entre autres un ouvrage chez Carabas et chez Soleil signent là un livre savoureux digne de l’humour de François Morel !

Elmer

Amour, Passion et CX Diesel
Par James, FabCaro et BenGrrr
Editions Fluide Glacial



Publié le 24/03/2011.


Source : Graphivore


Double masque, chronique d'un succès.

Le scénario :


Point n'est besoin de vouloir chercher la petite bête à ce scénario. Il est la continuité parfaite des tomes précédents, mêlant avec talent les personnages de fiction à ceux qui ont réellement existé. Jean Dufaux est un homme de culture et ses histoires sont toujours le fruit d'une suite logique dans sa tête. Suite logique dont lui seul maîtrise les tenants et aboutissants à la manière d'une pièce de théâtre dont les acteurs eux-mêmes vont de surprises en surprises, déliant les cordes d'un rideau qui petit à petit tombe sur le public incrédule et complètement hébété par la scène qui suit. Les surprises sont monnaie courante et nous ne nous lassons pas de cet auteur prolixe dont le talent reconnu bien au delà de nos frontières fait la fierté de notre chauvinisme.
Jean Dufaux nous met toujours l'eau à la bouche en nous faisant espérer le tome suivant. C'est un art dont il a la parfaite maîtrise, contrairement à d'autres scénaristes qui n'ont pas encore cette fibre qui s'acquière difficilement...ou pas du tout. Un grand critique et gastronome lui-même a dit que : "on nait cuisinier, mais on n'est pas cuisinier". Cela s'aplique à jean Dufaux sur le plan scénaristique. Confronter abeille et fourmi voila qui est bien singulier.
Il est né scénariste et c'est un parcours exemplaire que le sien. Rien à redire sur cet opus que j'apprécie comme les autres.

 

 

Le dessin :


Comment décrire un tel talent ?

Martin Jamar a un style tout particulier. Peu de dessinateurs laissent une empreinte très personnelle de leur œuvre. Martin Jamar est de ceux-la.
On ne saurait confondre son dessin à celui d'un autre tant le style lui est propre, à nul autre pareil. C'est un festival de petits détails et de visions des cases qui lui donne la renommée qui est la sienne. Il magnifie les visages de ses personnages en leur donnant des expressions que lui seul sait donner à ceux-ci. J'ai essayé d'imaginer ces mêmes personnages dessinés par d'autres, mais le rendu aurait été à 10 encablures du résultat présent. La couverture de ce cinquième tome nous donne vraiment le ton rien qu'en voyant l'expression du borgne.
Nous nous retrouvons à l'époque de Napoléon comme un voyageur qui arpente les lignes du temps. La particularité de Martin Jamar se situe entre autre dans la forme des visages de ses acteurs. Une forme assez allongée, un peu taillés en lame de couteau pour ceux dont l'expression doit être arrogante et hautaine. Les plus sympathiques ont droit à une forme plus ronde et douce,on ne saurait se tromper sur la nature des caractères.
Voyez la cas 2 de la page 28 (celle du milieu) avec le personnage voilé aux yeux jaunes , c'est très impressionnant. Le travail des rides, l'expression des yeux et le voile buccal tissé en carrés ajouté à la couleur gris bleuté donne une puissance hors norme au sujet. Certaines poses figée des sujets et d'autres en mouvement rapide sont typique de la technique de Martin Jamar. Certaines cases seraient dignes de figurer dans les livres d'histoire car ressemblant très fortement à des tableaux d'époque, représentant Napoléon et ses courtisans.
Je pense très fort à Jaques Louis David, peintre attitré de napoléon (de son sacre surtout), et à Gérard son portraitiste attitré. On est un peu plongé dans cette atmosphère.
Ce qui frappe aussi dans le dessin, c'est la manière de dessiner les cheveux. Très détaillés et très vrais.
Je n'ai qu'une chose à dire : Bravo monsieur Jamar.

 

Erick Dewit

Double Masque tome 5 " Les coqs" par Dufaux & Jamar paru le 5 mars 2011 chez Dargaud.

 

Toutes images © Dargaud 2011



Publié le 06/03/2011.


Source : Graphivore


 

Une cote maximum (10/10) pour un premier tome qui m'a totalement emballé. Effectivement, cette aventure entre dans mon domaine de prédilection c a d la période des années troubles de 1933 à 1950. De plus nos deux dessinateurs scénaristes nous plongent dans nos Ardennes Belges avec le retour de ce frère aux opinions "divergentes" qui va déranger plusieurs de ses proches.
Certains diront que dessin et scénario sont très proches de ce que Gibrat a réalisé il y a quelques années, c'est effectivement un des  sentiments que j'ai ressenti à la lecture de ce tome. Afin de bien situé le contexte historique de l'action, nos deux auteurs ont joint à la fin du livre une chronologie des principaux évènements historiques de ces deux années 1938-1939. Le scénario de ce livre n'est pas sans rappeler certains points de la situation politique que nous vivons à l'heure actuelle dans notre pays.
Personnellement ce premier tome constitue un maître achat du début de l'année 2011.

Alain H

 

 

L'avis de Marc Varence :

Eric Warnauts et Guy Raives revisitent cette période trouble de l'histoire qu'est l'avant-guerre. De 1938 à la fin de l'année 1939, les auteurs articulent leur récit autour de cinq personnages centraux : Joseph - le curé -, Assunta, Thomas - l'aventurier de retour au village -, son frère Charles - l'opportuniste devenu notable -, et enfin Alice, épouse de Charles mais toujours amoureuse de Thomas.

Un dessin empreint de justesse, une histoire simple qui emporte le lecteur dès la première planche, un décor ardennais, le tout sur fond historique, voilà une BD digne de l'excellente collection "Signé", l'un des fleurons de l'écurie Lombard.

 



Publié le 20/02/2011.


Source : Graphivore


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