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Une compilation houba mot magnifique. Marsupilami – Des histoires courtes 2

 

 

« - Hâtez-vous, Norbert ! Il est tout proche. Je le sens ! Je vais bientôt exhiber une magnifique peau de Marsupilami à nos chers amis du PAF. (Pourris Amateurs de Fourrures)

-           La nuit va tomber sur nos têtes, ma mie. Ne préféreriez-vous pas trouver une belle clairière et contempler les étoiles filantes ?

-          Je ne suis pas venue me mouiller les fesses dans cette forêt pour regarder des loupiotes dans le ciel mais pour tâter de ma belle peau rare et chère ! »

 

 

 

 

 

Mythe ou réalité ? Le Marsupilami est recherché par tous les chasseurs de bestioles rares du monde. Mais l’animal est le boss de la forêt palombienne. Quelques-uns le voient. Certains l’approchent. Personne (ou presque) ne le capture.

 

 

© Bodart – Dupuis

 

 

 

Dans ce deuxième hors-série hommage au Marsupilami, dix dessinateurs proposent leurs digressions sur le personnage sur des scenarii aussi originaux que variés. Hormis Bodart et Lapière, qui font office de tauliers, les éditions Dupuis ont eu l’audace de confier la tâche à de jeunes auteurs bien talentueux.

 

 

 

 

 

 

© Goum – Dupuis

 

 

 

 

Gijé et Garnier déplacent le lieu de vie du Marsu en Arctique. Ils présentent une bête qui pourrait être un cousin de celui que l’on connaît et qui pourrait faire partie de la galerie des cousins présentés par Batem et Colman dans leurs derniers albums.

Drouin et Lylian mettent le Marsu aux prises avec El Devorator, créature de l’espace.

Bodart garde les fondamentaux et raconte une histoire mafieuse au cœur de Chiquito.

Vernay et Zabus jouent avec le tigre cher à Franquin, une histoire adorable au trait délicat et somptueux. On se croirait dans le générique de la mythique émission « Les animaux du monde ».

Goum et Ducoudray signent une histoire muette fort émouvante au graphisme proche des grands films d’animation.

Efa et Lapière montrent l’espoir qui peut survivre dans un monde post-apocalyptique.

Kid Toussaint et Toledano traitent du sujet des manipulations génétiques.

Vavril conte une légende Chahutas.

Pau rend hommage au Marsupilami de Franquin, dans son look des Voleurs du Marsupilami et dans une ambiance de Nid des Marsupilamis, mais à l’époque des conquistadors.

Enfin, Chamblain et Mobidic concluent l’album avec le requiem d’un vieil animal.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Gijé, Garnier – Dupuis

 

Cette compilation disparate est d’une unité et d’une cohérence hors du commun. Il en résulte un album qui avait tout pour être une compilation froide mais qui réussit l’exploit d’être une synthèse logique de l’univers du Marsupilami.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Marsupilami    

Tome : Des histoires courtes 2

Genre : Aventures palombiennes

Scénario :Toussaint, Ducoudray, Chamblain, Bodart,

Garnier, Pau,Vavril, Zabus, Lapière, Lylian

Dessins : GoumVavrilBodart, Drouin, Efa, Vernay, Mobidic, Toledano, GijéPau

Couleurs : HamoVernay, EfaLorienVavril, Toledano, GoumPauGijéMobidic

Couverture : Goum 

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 104

Prix : 19 €

ISBN : 978280017376



Publié le 04/07/2018.


Source : Bd-best


Nykko et Bannister décapitent la statue de la Liberté et coulent un New-York qui ne fait plus du tout rêver mais devient badass à souhait

Le processus de la création et de l’imagination est sans doute inversement professionnel à la vie et au réel qui nous entoure. Sans doute, est-ce pour ça que le futur en fiction a de beaux jours devant lui… là où notre planète plus si bleue semble aller tout droit dans le mur. Le nombre de récits abordant les années à venir et un avenir pas si lointain se multiplient comme des petits pains (pourtant, il y a rarement des sauveurs providentiels), de manière plus ou moins trash, plus ou moins édulcorée. Cette fois, c’est Nykko et Bannister qui s’y collent et nous emmènent dans un New York décrépi et noyé de pluies acides, qui a fini de faire rêver, sans Trump mais avec bien d’autres fous de guerre.

Résumé de l’éditeur : New York. Dans un monde ravagé par la surpopulation, les inégalités sociales et les désastres climatiques, Manhattan n’est plus que le fantôme outragé d’un passé prestigieux. Manipulant la colère sourde des habitants ayant depuis longtemps perdu leurs illusions, un nouvel ordre religieux, la New Cruzade, s’apprête à engager sa guerre sainte. Dans ce chaos grandissant, Leto Wolf, flic de la criminelle, et sa collègue Hana Yamashirogumi essaient de faire régner un semblant d’ordre. À la recherche d’une jeune fille non immatriculée et témoin d’un meurtre, ils sont confrontés au plus puissant consortium mondial, la Venka Corp, et à un ennemi aussi mystérieux que redoutable.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister chez Glénat

 

La Statue de la liberté décapitée, des écrans géants qui répercutent à toute heure les alertes ouragan, des routes aériennes qui surplombent une ville rougeoyant comme dans le creux d’un volcan… Pas de doute, la première planche fait mouche et Nykko et Bannister réussissent en une image un film catastrophe qui plante le décor dantesque dans lequel nous allons évoluer durant deux tomes, au bord du chaos.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

On n’a pas le temps de souffler, ça tombe bien l’ambiance anxiogène ne donne pas envie de visiter ce fantôme urbain, l’action s’engage très vite, on fera connaissance avec les héros (?) à bord de leur bolide. Toujours est-il qu’avec sa carrure de vieux loup de mer… de (ça, il s’y connaît) Leto Wolf a tout d’un hybride entre Clint Eastwood, Hugh Jackman et Kurt Russel et il n’a pas pris que leurs qualités. Ça vous situe un peu le niveau badass de cet homme risque-tout et qui n’a que faire des ordres qui viennent d’en haut. Ça va chier.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

Et tant qu’à bien y contribuer, Bannister, en créateur d’univers hors-pair, met de côté ses états d’âme pour aussi se la jouer destructeur balèze, histoire de mieux faire exploser l’architecture, certes vacillante, qu’il a créé quelques planches plutôt. La course-poursuite ne transigera pas et gare à ceux qui se trouveront sur son passage, du plancher des vaches (on doute qu’il y en ait encore, en fait) à l’underground désaffecté mais bien irrigué.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

Méchants et bons se mélangent dans une lutte endiablée. On n’arrête pas un torrent de colère et de haine, on le laisse passer. Oui, sauf que les auteurs ont activé la caméra embarquée. Si les actions pourraient être plus claires, c’est d’une efficacité fracassante, entre ombres et lumières, le tout pointant vers l’inconnue. Ou peut-être la Lune. Il y a une de ces classes dans la composition des cases! Entre esthétique de jeu vidéo dans la dernière partie et un dessin à traits vivifiants, les deux auteurs nous ont bien embarqués dans ce thriller futuriste, furieux, fun et assez addictif.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister chez Glénat

 

 

 

 

Un extrait du tome 2 © Nykko/Bannister

 

 

Alexis Seny 

 

Titre: Exodus Manhattan (Page Fb)

Tome: 1/2

Scénario: Nykko

Dessin et couleurs: Nicolas Bannister

Genre: Policier, Science-fiction, Thriller

Éditeur: Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages: 64

Prix: 14,95€



Publié le 04/07/2018.


Source : Bd-best


L’idylle d’une idole pour sa musique dans une histoire d’amour à mort.  Vince Taylor, l’ange noir

 

 

« - Je m’appelle Brian Maurice Holden. Je m’appelle aussi Vince Taylor. J’aime bien l’idée d’avoir plusieurs noms. Il faut que vous sachiez, mon père, que j’ai dédié ma vie au rock’n’roll… D’ailleurs, les anges n’ont pas besoin d’aller se confesser… N’est-ce pas ?

-          Je ne sais pas, mon fils, je ne connais pas d’ange. Et comment votre rêve se termine-t-il ?

-          Il ne se termine pas. Il s’interrompt avant que j’aie touché le sol. A chaque fois, la douleur me réveille. »

 

 

 

 

 

 

Cette histoire est une histoire d’amour. Et les histoires d’amour finissent mal en général. Cette histoire n’est pas l’histoire d’amour entre un homme et une femme. C’est l’idylle d’une idole avec sa musique : le rock’n’roll.

 

Le rock n’est pas qu’une musique de danse. Vince Taylor le définit comme l’art du bruit. Pour lui, le rockeur est un voleur de décibels livrant aux hommes stupéfaits le fruit de son larcin. Vince Taylor vit sa musique dans ses veines, dans son sang, jusqu’aux tréfonds de son âme. Le genre est tout autant mystique que mythique pour cet écorché vif. Son dieu s’appelle Elvis. Il ne fait que le singer. Sa trinité est complétée par Eddie Cochran et Jerry Lee Lewis. Lui s’imagine en diable du rock. L’homme est croyant ; la religion fait partie de sa vie.

Vince voit en cette musique qu’est le rock le moyen aristocratique élégant d’être élevé au rang de héros. Il trouvera son pseudonyme sur un paquet de cigarettes et son surnom à cause ou grâce à un costume de cuir.

Vince est torturé. Il aurait souhaité un destin à la Ritchie Valence, Buddy Holly et Big Bopper. Mais il n’était pas dans leur avion lors du crash.

 

 

 

 

 

 

 

© Le Gouëfflec, Malès - Glénat

 

 

 

Le chapitre en France a une saveur particulière. Eddie Barclay, Brigitte Bardot, Dick Rivers, Gilbert Bécaud, Monsieur Pompidou,… Vive la France ! Ce Johnny Hallyday ne durera pas. Ils veulent l’original.

Puis viendra la chute sur terre… Les histoires d’amour finissent mal en général.

 

Le Gouëfflec raconte la vie de Vince Taylor, de son enfance en Angleterre à l’exil en Amérique, où « là-bas, tout est neuf, les enfants. », jusqu’à son retour en Europe, son succès en France et la descente aux enfers.

Après Le chanteur sans nom et Dominique A., Vince Taylor est un autre trophée au tableau des excellentes biographies signées Le Gouëfflec. Même si l’on n’est pas fanatique du genre de musique pratiqué par l’ange noir, on ne peut qu’être séduit par l’artiste, partager ses succès et compatir à ses faiblesses.

En étant aussi à l’aise dans ce domaine que dans l’extravagance de Mondo Reverso, Arnaud Le Gouëfflec devient un scénariste valeur sûre sur qui il faudra compter dans les années à venir.

 

 

 

 

 

© Le Gouëfflec, Malès - Glénat

 

 

 


L’Amérique fait partie de la biographie de Marc Malès depuis longtemps. Des Révoltés à De silence et de sang, il est un spécialiste de l’Amérique des années 50. Alors que le début de l’album est d’un noir et blanc classique, au fil des planches, le dessinateur joue avec les textures, les ombres et toute la force de son trait se déploie au fur et à mesure que l’ange noir déploie ses ailes.

Malès a juste des problèmes pour dessiner les enfants. Son Taylor version kid est disproportionné, comme si une tête d’adulte était posée sur un corps d’enfant. Heureusement, il n’apparaît que dans quelques courtes scènes.

 

            Toutes les idoles finissent jetées à terre. Le Gouëfflec et Malès ont relevé Taylor pour le réinstaller en haut des charts.

 

            Cet album est évidemment à lire en écoutant Vince Taylor. Embarquez dans the Brand new Cadillac : https://www.youtube.com/watch?v=HvNHXbTL7Oc

 

Well, my baby drove off in a brand-new Cadillac
Ooh, my baby drove off in a brand-new Cadillac
Well, she looked at me, "daddy, I ain't never comin' back"
I said baby-baby-baby won't you listen to me?
Come on sugar, come on hear my plea
Well she looked at my Ford, we'll never agree
Cadillac car, oh yeah

 

Well, the Caddy's rollin' and going 'bout ninety-five
Well, the Caddy's rollin' and going 'bout ninety-five
Well, me and my Ford, we're right by her side
I said baby-baby-baby won't you listen to me
Come on baby, come on hear my plea
Turn that big car around, come on back to me
Hangin' on Scotty, here we go

 

Paroliers : Henry Nicola Mancini / Vince Taylor

Paroles de Brand New Cadilac © Warner/Chappell Music, Inc, Universal Music Publishing Group

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Vince Taylor, l’ange noir

Genre : Biographie

Scénario : Le Gouëfflec

Dessins : Malès

Éditeur : Glénat

Collection : 1001 feuilles

Nombre de pages : 152

Prix : 22 €

ISBN : 9782344006016



Publié le 03/07/2018.


Source : Bd-best


Une femme, deux hommes, trois infortunes. Les Campbell 5 – Les trois malédictions.

« - Papa, il y a des heures que tu regardes cette figurine ! Y en a marre ! Quand est-ce qu’on arrive ? Quand est-ce qu’on mange ?

 
-    Genova, ce n’est pas une figurine, c’est une boussole olmèque.

 
-    Je m’en fiche ! Ce n’est pas comestible, elle ne m’intéresse pas !

 
-    Endurer la faim, la chaleur, l’épuisement et les moustiques pour la promesse d’une récompense incertaine, c’est ça l’aventure ! Nous cherchons un trésor, ma fille !

 
-    Pff ! C’est trop nul ! Quand je serai grande, je me présenterai à des concours. Pour travailler à la poste, par exemple… »

 

 

 

 

Et bien, non. Genova ne travaillera pas à la poste quand elle sera grande. Elle sera pirate, comme Papa.
Belle et impitoyable terreur des mers, Genova se souvient de son enfance avec sa grande sœur et son père, comme cette fois où, sur l’île de San Brandamo, ils sont partis avec tout l’équipage à la recherche d’un trésor.

 

 

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

Comme à chaque pleine lune, le fantôme de Fanny, la femme de Campbell, décédée depuis plusieurs années, vient rappeler les trois malédictions qui enchaînent Inferno, le frère ennemi : la première pour la fillette qu’il a rendue orpheline, la deuxième pour le bébé qui venait de naître, la troisième pour l’homme qu’elle aimait. Mais est-il prêt pour rencontrer l’ombre de ce dernier ?

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

José Luis Munuera met beaucoup de sentimentalité dans la saga de piraterie de la famille Campbell. Les aventures de ce père de famille veuf ont quelque chose de féérique et d’héroïque au niveau du cœur. Pourquoi ? Parce que les personnages ont une histoire, un passé, des fêlures, des secrets. Campbell élève ses filles au milieu d’un monde où les requins ne sont pas tous dans la mer. Son frère Inferno n’appartient pas au même clan. Il est au service de sa Majesté d’Angleterre afin d’éradiquer les pirates des mers. Sa femme Fanny a manifestement eu un rôle trouble entre les deux hommes.

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

    Les trois malédictions est une histoire émouvante au final exceptionnel. Bien plus qu’un simple récit de piraterie, Munuera construit une fable familiale touchante, mêlant intelligemment action et émotion.



Laurent Lafourcade




Série : Les Campbell   

 
Tome : 5 – Les trois malédictions


Genre : Piraterie sentimentale


Scénario & Dessins : Munuera


Couleurs : Sedyas


Éditeur : Dupuis


Nombre de pages : 64


Prix : 13,95 €


ISBN : 9782800170428



Publié le 02/07/2018.


Source : Bd-best


I kill giants: même avec des pieds d’argiles, on peut terrasser les plus grands gėants

Le harcèlement scolaire, c’est une problématique tellement tentaculaire que tous les moyens, spectaculaires ou pieds sur terre, sont bons pour engager le combat face à ce fléau qui profite des abus de faiblesse face à ceux qui souvent n’ont rien demandé mais mette un peu plus de temps à trouver leurs repères… et n’y sont pas aidés. Alors, il est bon d’enfoncer le clou. Et plutôt que de le faire en s’y tapant la tête, Joe Kelly et Ken Niimura ont pris un gros marteau (Thor va être jaloux) et des oreilles de lapin pour une oeuvre qui voyage encore un peu plus depuis qu’Anders Walter en a fait un film malheureusement sorti en direct-to-dvd.

 

 

 

 

 

 

 

© Niimura

 

Résumé de l’éditeur : L’histoire d’une petite fille perdue dans une vie de famille chaotique, et qui se perd dans un monde imaginaire bien plus commode : « Elle a poussé son existence fictive un peu loin, et ne parle vraiment que des géants à tout le monde. Elle est convaincue qu’ils sont en marche et qu’elle seule peut les arrêter »

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez HiComics

 

Il y a quelques semaines, nous vous parlions de ce roman graphique qui retraçait la genèse de Donjons et Dragons et les faits d’armes de l’un de ses créateurs, Gary Gygax. Avec Joe Kelly et Ken Niimura, c’est une partie de cet univers qui arrive dans notre monde par deux types de personnages : un géant surpuissant, ennemi par excellence de la petite mais téméraire Barbara, et des lutins facétieux et capables d’insuffler un peu d’espoir dans un monde de brute dont notre héroïne binoclarde ne cesse de faire l’amère expérience. Un monde qui ne juge qu’en termes de leadership quitte à sacrifier les rêveurs sous le coup d’insultes et de poing. Un peu plus chaque jour, refermant l’étau sur notre aventurière d’un autre monde, sur elle-même… même si son imaginaire fertile et expansif lui laisse des portes dérobées.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

Des portes dérobées qui lui offrent un filtre pour édulcorer la réalité, pour l’augmenter et ne pas sombrer dans le néant. La terre pourrait se fissurer et mieux avaler tout rond Barbara; au contraire, elle se couvre de tatous dont seule notre chasseuse connaît les significations. Autant de pistes pour échapper à la cruauté de ses camarades de crasses.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez HiComics

 

Bien sûr, des oeuvres traitant d’échappatoires plus ou moins virtuelles à une réalité crue et rude, il y en a eu à toutes les sauces. Et peut-être encore plus, en ce qui concerne le harcèlement, ces dernières années avec cette invention, aussi fantastique que maléfique, que sont les réseaux sociaux. Des hydres de Lerne capables de perpétuer à distance, à visage (dé)couvert et 24h/24 tout en bénéficiant de puissants relais inconscients. Des oeuvres culturelles importantes me viennent en tête comme BenX, Wonder ou encore le récent Quelques minutes après minuit (dont le film I kill giants a quelque peu pâti à cause de la proximité de leurs sorties et de leurs sujets).

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

Ici, Joe Kelly et Ken Niimura sont un cran plus loin que l’oeuvre de Juan Antonio Bayona: toute la tension de ce roman graphique réside dans l’approche du monstre, là où l’arbre et le petit garçon sympathiseront très vite. La méfiance et la crainte sont donc de mises de bout en bout, face aux dangers réels et irréels auxquels Barbara doit se confronter. Les deux auteurs ont trouvé une manière judicieuse et spectaculaire de mélanger les mondes, de les confondre car la confusion est le maître-mot de ce récit singulier et unique, furieux et sensé. Niimura insuffle toute l’énergie dont il est capable comme si chaque page de ce combat acharné était la dernière.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

I kill giants est une oeuvre barbare, jusqu’au-boutiste et capable de faire tremble les planches, de les faire s’ébranler. Comme un monde de petite fille peut s’ébranler face à la violence tyrannique de ses pairs qui se nourrissent des peurs et des craintes pour se grandir. Les géants ne sont peut-être pas où l’on croit mais ceux que dépeignent, dans la brutalité du noir et blanc, Kelly et Niimura, on y croit dur comme fer. Comme faire un monde meilleur en le mettant face à ses démons.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : I kill giants

Récit complet

Scénario : Joe Kelly

Dessin : J. M. Ken Niimura (Page Facebook)

Noir et blanc

Traducteur : Philippe Touboul

Genre: Drame, Heroïc-Fantasy, Psychologique

Éditeur VO: Image Comics

Éditeur VF : HiComics

Nbre de pages: 184

Prix: 19,90€



Publié le 29/06/2018.


Source : Bd-best


Alix Senator : fin d’époque volcanique aux pieds de Cybèle, de la folie des grandeurs à l’honnie terreur

Outch, faites gaffe à vos héros ! S’ils ont eu la chance d’arriver jusqu’en 2018 sans être oubliés, il semblerait bien qu’ils ne sortiront pas forcément indemne de leurs nouvelles aventures qui n’ont plus rien de bon enfant et qui vont les tuer à la tâche, ou les laisser plus morts que vif. Avec la puissance et l’éternité, Valérie Mangin, Thierry Démarez et Jean-Jacques Chagnaud livrent une conclusion-choc à un cycle qui, plus encore que le premier, aura chamboulé l’univers de cet Alix dans la force de l’âge. Qui l’aura fracassé, sans nul espoir de retour à la normale.

 

 

 

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Murés dans le tombeau d’Auguste, Alix et Kephren attendent la mort. Le fils d’Enak aura tout perdu dans sa quête de la Cybèle d’orichalque. Ignorant leur sort, l’empereur a ordonné à sa sœur, Lidia, de détruire la terrible idole cachée en Italie. Nul ne devra jamais plus pouvoir s’en emparer. Mais qui pourrait résister à la promesse d’acquérir la puissance et l’éternité ?

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Aaaaaaaaaahhhh… aaaarrrrggggghhhh…  la soif d’éternité, du pouvoir et de la richesse, combien d’aventures de BD ou d’ailleurs (Indiana Jones : Les aventuriers de l’arche perdue, par exemple, auquel on a pas mal pensé , toutes proportions gardées à la lecture de ce nouveau tome) aura-t-elle mené en bateau, sans jamais épuiser sa puissance de feu, de séduction et même de fascination, aussi morbide puisse-t-elle être en fin de compte.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Depuis qu’il est question de la Cybèle d’orichalque dans ce spin-off adulte d’Alix, les auteurs ne nous auront pas épargnés, maltraitant leurs personnages pour les acculer à l’énergie du désespoir. Il n’est plus question de témérité, d’héroïsme ou même d’être les hommes de la situation, puisque celle-ci leur a complètement échappé et fait peser sur eux les plus sinistres augures. Tous sont dans un sale pétrin pendant que les puissants (et, notamment, la grande méchante Livie) tirent les ficelles, ne les relâchant que rarement.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

D’Alix, Khephren, Titus ou encore Enak, Valérie Mangin goûtant aux joies du théâtre antique (plus tragique que comique) a fait des marionnettes qu’elle tient en son pouvoir, dans un gant de fer qui semble aimer la cuisine saignante. Éclatant les champs de l’action pour mieux isoler ses personnages de papier, la scénariste dépose ses dernières cartes sans bluff (si ce n’est Alix que tout le monde croit mort dans les premières planches de cet album), dans un échiquier sur lequel les espions antiques prennent leurs positions avec une propension à la terreur absolue.


Entre l’arrière-plan véridique et l’avant-plan fictif, au fur et à mesure que l’on avance vers les entrailles de la terre, là où semble logée Cybèle, c’est un peu plus d’enfer qui nous attend. Donnant à la série un soupçon fantastique et des allures de champ de bataille. Ce ne sont plus des ressorts scénaristiques, ce sont des coups de semonce amenant un goût de fin d’époque. Plus rien ne sera jamais plus comme avant.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Car oui, cet album est le plus machiavélique, le plus malfaisant, le plus monstrueux de la série et Thierry Démarez arrive à approcher la créature, faisant peser la tension dans les mines déconfites et celles qui jubilent, dans les décors riches et ceux, plus loin, dépouillés pour y mettre le feu volcanique. Sa démarche graphique ne fait pas économie du détail et cela rend l’ensemble de l’album cohérent et prestigieux. Même si on observe peut-être une petite baisse de qualité de par la parution rapprochée des albums. Le huitième épisode, suite directe de celui-ci et intitulé La cité des poisons, arrivera en effet en novembre. Et on craint déjà ce qui pourrait arriver aux survivants de ce septième album qui marque résolument un tournant passionnant.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Alexis Seny

 

Série: Alix Senator

Tome: 7 – La puissance et l’éternité

D’après l’univers créé par Jacques Martin

Scénario: Valérie Mangin

Dessin: Thiérry Démarez

Couleurs: Jean-Jacques Chagnaud

Genre: Histoire, Aventure

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 48

Prix: 13,95€



Publié le 28/06/2018.


Source : Bd-best


Une boule, un ballon et un champion. Boule à zéro 7 – Goal !

 

 

« - Zita, je t’amène de la compagnie ! Allez, toi ! Ne te fais pas plus timide que tu ne l’es déjà !... Et n’oublie pas, Moïse : je t’ai autorisé à rentrer avec ton ballon, mais ce n’est pas pour jouer au football dans les couloirs !

 
-    C’est quoi, ça ?

 
-    Ton nouveau colocataire ! »

 

 

 

 

 

Lorsque le docteur Semoun amène un nouveau patient pour occuper un lit de la chambre 612 où loge Zita, ce n’est pas vraiment du goût de cette dernière. Zita n’a jamais dit qu’elle voulait partager sa chambre, et encore moins avec un garçon. Mais le cœur dur de Zita va voir sa carapace se fêler devant la tendresse que dégage ce petit fan de foot. Elle va tout faire pour que le séjour a l’hôpital de Moïse devienne inoubliable.

 

 

 

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

 

Après le succès d’estime de William Lapoire, les plus franches reconnaissances avec Clin d’œil et Les zappeurs, Serge Ernst atteint la consécration avec Boule à zéro. Dans un trait rond et des décors épurés, le dessinateur va à l’essentiel, sans fioritures et avec vérité. Les aventures hospitalières de cette petite fille malade sont une œuvre de bienfaisance. Ernst fait d’ailleurs le nécessaire pour que ses albums soient distribués dans les hôpitaux.

Oui, la maladie peut arriver à tout le monde. Non, on n’en ressort pas forcément vivant. Zidrou ne fait pas dans la dentelle. Il raconte la vérité de la vie. Mais il n’y a pas de fatalité. L’humour est une arme pour se battre contre la maladie.

Les auteurs jouent franc-jeu. Le FC Leucémie affronte le Cancer Football Club. Il y a de quoi banaliser le quotidien dans une chambre de malades. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de tout faire comme « à l’extérieur » ? On y prépare le brevet des collèges, alors pourquoi n’y jouerait-on pas au foot ?

 

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

 

Outre celle des patients, la vie et les problèmes du personnel ne sont pas oubliés. Ce n’est pas le docteur Semoun, directeur de l’hôpital, qui le contredira, lui pour qui il n’est pas évident de concilier travail et vie de famille.

Ce septième opus de Boule à zéro ferait presque aimer le foot.
Marre !... Marabout !... Boule à zéro !... Pas marre du tout !



Laurent Lafourcade


Série : Boule à zéro


Tome : 7 – Goal !


Genre : Humour tendre hospitalier


Scénario : Zidrou


Dessins : Ernst


Couleurs : Carpentier


Éditeur : Bamboo


Nombre de pages : 48


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782818944981



Publié le 28/06/2018.


Source : Bd-best


Pas un jour sans humour, pas un jour sans poésie. Pas un jour sans soleil

 

 

 

    « C’est beau, c’est frais, c’est léger. » C’est Pascal Rabaté qui le dit.

 

 

 

 

 

 

 

Pas un jour sans soleil est un recueil de dessins d’humour pleine page.

    Quatre saisons, quatre chapitres. Printemps, été, automne, hiver, quatre saisons en bord de mer. De la grosse dame qui promène son chien à la jeune ingénue les yeux rivés sur son smartphone, de l’enfant grelottant dans sa serviette de bain aux mouettes cherchant miettes, Francois Ravard raconte les destins ponctuels de vacanciers, pour qui, quoi qu’il se passe, il n’y a pas un jour sans soleil.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Ravard - Glénat

 

 

    On est bien loin du style du Portrait, sur scenario de Dauvilliers, chez Carabas, avec lequel le dessinateur breton originaire de Normandie s’est fait connaître en 2006.
    Ravard a rencontré Sempé, Peynet et Kiraz. Sur sa plage, on pourrait croiser le petit Nicolas, les célèbres amoureux ou des parisiennes. Tous y auraient leur rond de serviette…de plage.
    Ravard est un peintre, un poète et un humoriste de grande classe. Chaque situation est une pépite, un bijou, sertie d’un titre percutant qui décuple la force de l’illustration. Ces titres isolés seraient anodins : Premier bain, Eclipse, Chien méchant, Duel,… C’est vraiment l’association légende/dessin qui créé la punchline.

 

 

 

 

 

© Ravard - Glénat

 

 

    Qu’Evelyne Dhéliat et Tatiana Silva aillent se rhabiller. Sur les plages bretonnes, il n’y a pas un jour sans soleil.


Laurent Lafourcade


One shot : Pas un jour sans soleil


Genre : Humour poétique


Scénario, Dessins & Couleurs : Ravard


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 64


Prix : 15 €


ISBN : 9782344027882



Publié le 27/06/2018.


Source : Bd-best


Serial-buteurs en Russie, les Diables rouges ne tournent pas casaque et nous offrent un petit florilège en BD aussi

Alors, ça y est, vous avez mis deux matchs pour y rentrer mais maintenant vous êtes chaud boulette, vous avez rougi et pris des airs de vainqueur qui ne lâchera rien et sera derrière nos Diables jusqu’au bout de leur parcours au Mondial ? D’ailleurs, vous êtes déjà en manque de leurs exploits et attendre jusqu’au prochain match, ça ne va pas le faire ? On a peut-être bien une solution qui épargnera vos jambes et peut même se déguster avec une bière (on ne cite pas de marque), mais faites gaffe de ne pas pouffer entre les gorgées, car tout peut arriver avec Falzar, Lapuss, Stédo et BenBK qui éloignent le sérieux des enjeux pour faire l’épopée russe (un titre tellement bien trouvé que la RTBF l’a aussi adopté pour son slogan) à leur manière et à leur humour.

 

 

 

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Résumé de l’éditeur : La Coupe du Monde de football en Russie sera assurément le plus grand événement sportif de l’année. Eden, Kevin et consorts peuvent légitimement rêver d’y brandir le trophée suprême, et derrière eux, des milliers de supporters s’apprêtent à vivre l’événement.

 

 

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Taquins même durant les matches, les Diables rouges prêtent évidemment, plus que d’autres équipes sans doute, le flanc (qu’il soit droit ou gauche) à la parodie et à la comédie. Oui, la comédie, pas celle que certains font, sur le terrain, dans de grotesques simulations qui ne font pas franchement rire les spectateurs avides d’un autre spectacle que celui-là. Alors, c’est vrai que là où certains pays sont derrières leur équipe nationale à la vie à la mort, notre histoire footballistique a parfois été plus à l’agonie. Des mauvais souvenirs chassés bien loin sous les dribbles d’une génération dorée à qui tout pourrait réussir. Depuis Eden Hazard, Romelu Lukaku, Kevin De Bruyne, Thomas Meunier et le souvent insubmersible Thibaut Courtois; les Belges ne nous ont plus donné l’occasion de rougir de honte.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

De quoi relancer la ferveur populaire (à faire frémir les Diables, vous verrez) autour des matchs de ces Diables, mais aussi des à-côtés, des drapeaux, des mascottes et de toutes la littérature qui leur est consacrée, et notamment en BD. C’est ainsi que, pendant cinq saisons,  André Lebrun et Philippe Bercovici ont animé leur équipe de papier dans la joie et la bonne humeur (pas toujours dans l’inspiration la mieux nourrie) chez feu les Éditions Joker… mais dont une partie du catalogue a été reprise, il y a peu, par les Éditions Kennes.

Qui, plutôt que de relancer une série, a prolongé la série existante avec non plus un tandem mais un trio bien connu : Falzar (Sac à Puces, les spin-off de Ducobu), Lapuss (Le Piou, Napoléon ou diverses parodies bien senties) et un des super-héros de la BD belge actuelle tant par son rythme stakhanoviste que par l’énergie de son trait, Stédo (Garage Isidore, Les Pompiers, Napoléon aussi ainsi que Boulard). Au-delà de la popularité de ses héros, le pari n’est pas aussi facile qu’il y paraît puisqu’on ne compte plus le nombre d’albums BD s’attachant au foot (et même au sport, en général) et à certaines de ces personnalités collectives ou individuelles (des Bleus à Neymar en passant par Zlatan, Zidane, etc.) et rivalisant de médiocrité et de facilité… et ça commence parfois par des caricatures ne ressemblant même pas de loin aux personnages qu’elles sont censées représenter. Des albums faits sur le coin d’une table, le produit dérivé dans toute sa splendeur décervelée.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Bref, arrêtons de parler de ce que cet album n’est pas, mais de ce qu’il est. Le premier bon point, c’est une nouvelles fois la qualité graphique de Stédo. Et Stédo fait bien mieux que beaucoup de dessinateurs qui ont eu à jouer avec les Red Devils. Ici, dès le premier coup d’oeil sur la couverture, on les reconnaît tous, sans hésitation, la bande à Eden (dont fait encore partie Radja Nainggolan, comment les auteurs pouvaient-ils savoir à quelle sauce il serait mangé tout cru). La ressemblance est parfaite et constante au fil des planches et des situations. Mieux, Stédo n’est pas tombé dans le piège de la haute-fidélité, non plus et a injecté de son ADN à ses Diables, en faisant des personnages stédoesques. De même, il y a un monde autour des diables, pas des décors de papiers mâchés en vitesse; Stédo varie les univers pour mieux mettre un carton rouge à l’immuabilité emmerdante. Balle de 2-0, donc. Il faut dire que si les délais étaient courts, l’équipe d’auteurs a ainsi voulu se concentrer sur trente-deux planches plutôt que de jouer les prolongations dans un 46 planches classique. On sent qu’il y a eu de l’application pour qu’il y ait du rendement, précis, au centimètre-carré. Bon, le prix aurait pu être un rien revu à la baisse compte tenu le nombre de pages de cet album un peu light. Cela vaut un petit 2-1.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Quant à l’occupation du terrain, les deux scénaristes de pointe ont cadré leur gag pour éviter la facilité dont nous parlions tout à l’heure et nous réjouir d’une certaine sagacité amenant ce que tout le monde attend d’histoires humoristiques autour de l’équipe belge tout en surprenant. Bien sûr, on parle de Courtois qui doit souvent s’embêter depuis son goal imperturbable (notre gardien ne serait pas contre une télé pour combler l’ennui), des blessures à répétition de Kompany, des facéties de Romelu, des albums Panini, des frites et, bien sûr, du douzième homme, qu’il regarde les confrontations au stade, devant les grands écrans ou dans le confort de son salon dépaysé par quelques images Russie et de sa place Rouge. Les scénaristes font merveille avec le dessin de Stédo et avec nos attentes, donnant de la personnalité aux Diables, les sortant du collectif pour leur donner du caractère. Quitte à ce que celui-ci ne soit pas forcément conforme à la réalité, il n’y a pas de trahison. 3-1 sans concession.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Enfin, si on parle de rouge, il convient aussi de parler de couleurs. C’est BenBK qui a gagné sa place dans la sélection. Une recrue de choc, qu’on ne présente plus (Tamara, quelques albums de Midam, des Nombrils et tant d’autres) et qui donne de jolies couleurs à cet album, grand public et incisives, nuançant le rouge pas toujours omniprésent. Un bel équilibre et un beau réalisme pour mener à un endiablé 4-1. Et vu la cohésion de toute cette épopée, ça fait 5-1. Bon, il y aura toujours de l’adversité et des esprits chagrins (hein, Romelu, tu le sais, toi), donc ça fait 5-2 (bon l’excuse est bidonne et pourrie mais il faut coller au score). Le compte est bon, c’est celui de ce deuxième match contre la Tunisie qui qualifie (presque) les Diables pour les huitièmes et cet album, en grande pompe, dans votre bibliothèque.

 

Alexis Seny

 

érie : Les Diables rouges

Tome : 6 – L’épopée russe

Scénario  : Falzar et Lapuss

Dessin : Stédo

Couleurs : BenBK

Genre: Gag, Humour, Sport

Éditeur: Kennes

Nbre de pages: 32

Prix: 10,95€



Publié le 26/06/2018.


Source : Bd-best


Une « autre » bande dessinée, déclaration d’amour à un « autre » cinéma.  Midi-Minuit

    « - Excusez-moi, ce n’est pas la cinémathèque ici ? Je devais retrouver quelqu’un… J’ai dû me tromper.

 
-    Non, non, vous ne vous trompez pas. C’est bien la cinémathèque. Il venait voir quoi, votre ami ?

 
-    Les fraises sauvages de Bergman.

 
-    Ah, alors là, par contre, vous vous êtes trompé de jour. On est vendredi, là c’était la soirée du cinéma-bis.

 -    Ben oui, le vendredi, c’est le jour du bis, tout le monde sait ça. »

 

 

Hiver 1998 : François et Christophe, dit Godzy sortent d’une projection à la cinémathèque des boulevards parisiens. Ils viennent d’assister à Des vierges pour le bourreau et Le monstre au masque, deux films de seconde zone italiens. L’espace de quelques heures, le temps s’est effacé, la magie a opéré.
Les deux jeunes cinéphiles vont partir en Italie pour y interviewer Marco Corvo, cinéaste mythique. Mais le réalisateur n’est pas homme facile. Il refuse de répondre aux questions des journalistes italiens qui ont pourri ses films pendant vingt ans. Alors, avoir décroché un entretien avec le maître, c’est un scoop à ne pas manquer. Ils vont tenter de découvrir pourquoi Corvo a brusquement tout arrêté en 1975. Attention, les consignes de la rencontre sont strictes : il faut lui proposer une pause si on voit qu’il fatigue, il ne faut pas lui parler de Luisa Diamanti et lorsqu’il dit que l’entretien est fini, il est fini.

 

 

 

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise - Dupuis

 

 

Ajoutez des meurtres atroces, un journaliste italien, un flic déterminé et une gouvernante sexy : tous les ingrédients sont là pour transformer un reportage en polar mystérieux…comme au cinéma.

Doug Headline rend hommage au giallo, genre de films aux croisements du policier, de l’horreur et de l’érotisme. Marco Corvo est une synthèse de Mario Bava, Dario Argento et autres réalisateurs des années 70, âge d’or du genre. Les titres en disent long : La maison aux fenêtres qui rient, La mort caresse à minuit, La dame rouge tua sept fois, L’emmurée vivante,…
Headline a été rédacteur en chef de Starfix et a réalisé des documentaires sur le cinéma. Midi-Minuit est le scénario d’un passionné qui transmet sa passion à travers cette histoire qui transforme un documentaire en fiction.

 

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise - Dupuis

 

 

 

    Massimo Semerano a un trait proche de Moynot. Tel un réalisateur de cinéma, il s’efface discrètement derrière ses acteurs pour les mettre en valeur. Il réalise une bande dessinée en cinémascope, intégrant photos de films aux cases de son album. Le procédé donne une seule envie : aller voir les films dont on nous parle.
Pour fluidifier la narration, le dessinateur italien utilise une technique originale. Afin de donner plus de place aux images de cinéma, il créé des bulles inversées, dans lesquelles figurent à la fois le texte et le visage au format réduit du personnage qui parle.

Le cauchemar de Godzy dans lequel apparaît un étrange voleur aux allures d’homme-oiseau semble être une scène toute droit sortie du récent Homme-gribouille de Serge Lehman et Frederik Peeters paru chez Delcourt. L’analogie s’arrête là, mais les deux albums se font écho dans la mesure où, dans l’un comme dans l’autre, les frontières entre fiction et réalité sont volontairement troubles.

Fiction ou reportage ? Témoignage ou fantaisie ? BD sur le cinéma ou Cinéma dans une BD ? Midi-Minuit est un ovni. Midi-Minuit, déclaration d’amour à un « autre » cinéma, est « autre » chose qu’une simple bande dessinée.

 

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise - Dupuis

 

 

    Le monde du cinéma est fait de gens qui ont besoin d’amour et de reconnaissance du public et de la critique. Marco Corvo montre les racines de son imaginaire, de ses rêves, de ses cauchemars, de ses films pour qu’à présent on le comprenne mieux, et à travers lui tous les cinéastes de sa famille.

 
Laurent Lafourcade


One shot : Midi-Minuit


Genre : Polar cinéphile


Scénario : Headline


Dessins : Semerano


Couleurs : Cerise


Éditeur : Dupuis


Collection : Aire Libre


Nombre de pages : 176


Prix : 22 €


ISBN : 9782800174617



Publié le 26/06/2018.


Source : Bd-best


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