?>

En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


A la campagne, y’a toujours un truc à faire… Aimer la vie, aimer les gens.  Mon voisin Raymond

« - Ça va ? Il fait bon chez toi.

-          Oui, ça va.

-          Il te reste du bois ?

-          Oui, un peu.

-          Des nouilles pour le souper.

-          Déjà ! Il est quatre heures !

-          Ooh mais… ça arrive bien assez vite en ce moment… »

 

 

 

 

 

 

 

© Troub’s - Futuropolis

 

 


 

 

            Dans une campagne autrefois agitée, le calme des temps modernes a remplacé le fourmillement des travaux des champs du siècle dernier. Les espaces ont été désertés par les hommes comme par les moineaux. Plus de bistrot. Les vignes sont à l’abandon. Le facteur est le dernier lien social pour les petits vieux, derniers témoins d’une époque passée, mais qui respire bon l’innocence et la tranquillité, la vraie vie et le tempo des saisons.

 

 

 

© Troub’s - Futuropolis

 

 

 

 

 

            Mon voisin Raymond n’est pas une histoire, c’est une chronique, un almanach. On pense qu’il ne s’y passe rien, mais il s’y passe tout. De janvier à décembre, sans début ni fin, on vit une année avec ce sympathique vieux bonhomme, qui connaît tout sur tout de la nature.

 

 

 

© Troub’s - Futuropolis

 

 

 

 

            Raymond n’habite pas dans un village, mais dans un hameau. Il n’y a plus que lui et son frère qui y vivent. Dans la grande maison, au fond du jardin, le puits est sous les ronces. La cuisine de l’habitant, au carrelage usé, sent le café bouillu. Café bouillu, café foutu ? Mais, non. Il suffit d’y remettre de l’eau. Et puis, le sucre, ça enlève le mégoût.

 

 

 

© Troub’s - Futuropolis

 

 

 

 

            Odette est une amie de Raymond. Le week-end, il va la chercher en voiture. Comme ça, tous les deux sont moins seuls.

            L’autre personnage du livre, le jeune homme bienveillant, c’est le voisin de Raymond : Troubs lui-même.

 

            Mon voisin Raymond, c’est une prune ou une mirabelle dès le matin.

Mon voisin Raymond est riche de la vie de campagne : les chevreuils et les sangliers qui font des dégâts dans les cultures, le bourna et les dodines (lisez, vous verrez ce que c’est), les vols de palombes et les fusées pour « péter » les nuages.

 

            Troubs a bien de la chance d’avoir un voisin comme ça. Dans une Dordogne hors du temps, les deux hommes s’apportent mutuellement tout ce qu’ils peuvent l’un à l’autre. Quand on est dans une zone isolée, la solidarité entre voisins est un bien précieux. C’est quand on a peu de choses que l’on partage le plus. Le jeune homme va aider son aîné à commander ses semis ou à couper ses bûches pour l’hiver, alors que l’octogénaire va lui apprendre à vivre au rythme des saisons, de la cueillette des champignons à la mise à l’abri des bulbes dans le jardin pour qu’ils ne gèlent pas.

 

            Trous n’oublie pas la poésie et l’humour. Les grues qui parlent se demandent si elles font bonne route. Les champignons craignent le persil.

 

            L’auteur de « …Et aussi pour oublier le reste » est fidèle à ses convictions. Ode à la « vraie » vie, Mon voisin Raymond est une pierre supplémentaire dans sa bibliographie philanthrope et cohérente. Mais cet album dévoile une nouvelle facette de son talent : les couleurs, qui enveloppent son trait noir et rythment les saisons.

 

            Edmond Baudoin a trouvé en Troubs son fils spirituel. Après « Viva la vida », les deux hommes se sont d’ailleurs de nouveaux associés pour « Humains : la Roya est un fleuve » qui vient de paraître à l’Association.

 

            Les vieux, à l’automne, ça pense à la mort. Mais l’existence de Raymond démontre que la vie comme les saisons peut chaque année recommencer… et ne jamais s’arrêter.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Mon voisin Raymond    

Genre : Chronique de vie

Scénario, Dessins & Couleurs : Troub’s

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 96

Prix : 17 €

ISBN : 9782754820639



Publié le 11/05/2018.


Source : Bd-best


Une délicieuse escroquerie.  Donald’s Happiest Adventures - A la recherche du bonheur

            « Dring ! Dring !

-          Toujours pareil !

-          Donald ! Viens immédiatement ! J’ai une mission urgente et dangeureuse à te confier.

-          Pfff. J’étais si heureux avant qu’il appelle. »

 

Sortir en catastrophe de la douche pour se faire convoquer sine die par son oncle, Donald pouvait rêver mieux pour poursuivre sa journée. Arrivé au coffre de Picsou, ce dernier, en plein bain monétaire, lui apprend qu’il veut l’envoyer rechercher un énième trésor, dans un vieux temple aztèque oublié plein de pièges épouvantables. Donald, interrogatif par rapport à l’intérêt pour son oncle de s’enrichir encore plus les poches, lui demande si ce ne serait pas plutôt le bonheur qu’il recherche. Le radin le prend au mot et l’envoie à sa quête.

 

            Après s’être occupés de Mickey, les auteurs prennent en charge le plus célèbre canard du monde. Une petite différence notable est à remarquer. Alors que l’album consacré à la souris était constitué de planches disparates soi-disant retrouvées, toutes celles de Donald ont été retrouvées. Formidable ! Cela forme donc une belle grande histoire comme on aimait les lire dans le journal de Mickey ou dans Picsou Magazine. Mais ici, plus qu’à une chasse au trésor, c’est à une quête de sens, avec une dimension philosophique, à laquelle nous sommes conviés.

 

 

 

© Trondheim, Kéramidas, Findlaky, Disney - Glénat

 

 

            Nicolas Kéramidas s’offre une nouvelle récréation. Le charme joliment vieilli et jauni de ses planches plonge tout de suite le lecteur dans l’ambiance. Son graphisme est déjà à la base fortement Disneyen, Luuna le prouve. Il est donc dans des chaussons. Pourtant, c’est plus du côté de Walt Kelly (Pogo) que le dessinateur place ici ses assises.

 

La galerie de personnages est importante. Outre Donald et Picsou, on pourra croiser Riri, Fifi et Loulou, mais aussi Mickey, le commissaire Finot, Pat Hibulaire (en version originale avec sa jambe de bois), Grand-Mère Donald, Gus, Gontran, Daisy, Mirandus, ainsi que dans un grand rôle le professeur Donald Dingue.

 

 

 

 

 

 

            Lewis Trondheim aime tromper son monde. Mais quand c’est fait avec autant de talent, le bonhomme est pardonné. Mieux, on en redemande. Le scénariste se lâche pour le plus grand plaisir de son dessinateur. Il ne trahit pas le monde de Donaldville. Il lui rend hommage, utilisant tous les poncifs de l’univers. On sent qu’il adore son jouet, semblant être aussi excité que le sera celui qui reprendra Tintin quand il tombera dans le domaine public. (Nul doute que Trondheim se positionnera pour ça.)

Du 16 au 29 mai, la Galerie Glénat, à Paris dans le 3e arrondissement, accueillera ai une exposition consacrée aux dessins de Nicolas Keramidas pour Donald's Happiest Adventures. Le 16 mai, pour le vernissage, Nicolas Keramidas réalisera un dessin en direct, qu'il sera possible de voir sur la page Facebook de la galerie.

 

 

   

 Après Mickey’s Craziest Adventures, après Donald’s Happiest Adventures, rêvons d’un Goofy’s Wonderfulest Adventures.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Donald’s Happiest Adventures

Tome : A la recherche du bonheur

Collection : Disney créations originales

Genre : Aventure humoristique

Scénario : Trondheim

Dessins : Kéramidas

Couleurs : Findlaky

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 15 €

ISBN : 9782344024782



Publié le 10/05/2018.


Source : Bd-best


Casser les codes et décoder les cases.  Imbattable 2 – Super-héros de proximité

«  - Imbattable, v… voici Madame Sigourney, elle vous cherche, j’ignore pourqu…

-          Salutations, Monsieur Imbattable, je suis excessivement bienheureuse de lier connaissance avec vous. Comme je me repais fréquemment de vacances dans votre région, j’ai ouï vos multiples et extraordinaires exploits ! Et mon avis est que vous êtes l’homme de la résolution de mon problème ! Monsieur Imbattable, mon garçon a une nécessité immédiate de votre aide !

-          D’accord, pas de problème. »

 

Après Superman, Batman, Spiderman, Wonder-Woman, Black Panther ou autre Ant-Man, voici Imbattable. Mais ce super-héros n’est pas comme les autres. Toujours prêt à relever le gant, notre ami revient ici pour une vadrouille américaine et d’autres aventures.

 

 

 

 

© Jousselin, Croix - Dupuis

 

 

 

 

Comme dans Avengers ou Justice League, Imbattable s’entoure d’autres Super-héros lorsque le danger prend de l’importance. Ainsi, lorsque l’Amérique est mise à mal par un triste sire qui s’est débarrassé des Super-héros du pays, Toudi et Pépé Cochonnet ne seront pas de trop pour filer un coup de main à Imbattable.

 

En 2018, est-il encore possible d’innover dans la bande dessinée franco-belge ? La réponse est oui. C’est imparable. Non, c’est imbattable, grâce au super-héros qui casse les codes et décode les cases.

 

Avec son héros du quotidien, Pascal Jousselin créé un laboratoire d’idées. Son personnage passe de case en case au gré et au besoin du scénario. Il peut faire tomber un ballon en case 1, l’ennemi le prendra sur la tête case 4 en une seule action commune. Il peut grandir ou rétrécir grâce à des jeux de perspective. Et bien d’autres choses encore comme regarder ce qu’il se passe dans la planche d’après.

 

A part ça, Imbattable est comme vous et moi. Il passe la tondeuse et va au supermarché. Sauf qu’en plus, il ne quitte jamais son costume jaune et noir et combat les Super-méchants. Banal, n’est-il pas ?

 

Imbattable plaît à tous. Cette série allie charme vintage et problématiques modernes. A mi-chemin entre les blockbusters américains de super-héros et les films de Jacques Tati, la plus grande prouesse de son créateur Pascal Jousselin est de réussir le grand écart.

 

 

 

© Jousselin, Croix - Dupuis

 

 

 

 

Imbattable raconte aussi des histoires émouvantes comme La mystérieuse madame.

 

Avec Dad, Imbattable est une des bonnes surprises du catalogue Dupuis qui forge la collection des grands classiques de demain.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Imbattable

Tome : 2 – Super-héros de proximité

Genre : Humour justicier

Scénario & Dessins : Jousselin

Couleurs : Croix

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 46

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800174051



Publié le 09/05/2018.


Source : Bd-best


Voyage onirique dans le monde de l’Art.  Les chats du Louvre - Second tome

« - En voilà, une bonne nouvelle ! Vous avez retrouvé le tableau que vous cherchiez ! Il n’y a plus qu’à aller voir ce restaurateur, pour qu’il vous le montre ?

-          Ce n’est pas un endroit si simple à visiter…

-          Question de sécurité ?

-          Pas seulement… Le responsable du service, le professeur Charles de Montvalon… Durant mes études, j’ai suivi ses cours. Un homme sévère et hautain…qui ne cède jamais rien au sujet de la peinture.

-          Je vois… Pas le genre d’homme qu’on va voir pour le prier de vous montrer une toile où se serait cachée autrefois la sœur d’un ami. »

 

 

 

 

 

 

 

 

© Matsumoto - Louvre-Futuropolis

 

 

 

 

 

            Cécile cherche le tableau dans lequel a disparu Arrietta, la sœur du gardien Monsieur Marcel, alors qu’ils étaient enfants. Après enquête, elle découvre qu’il s’agit de l’œuvre issue de l’atelier d’Antoine Caron : Les funérailles de l’amour. Le tableau est en restauration et le patron du département n’est pas des plus commodes. Côté félidés, le petit chat flocon s’est lui aussi volatilisé : la boule de poils peut rentrer à l’intérieur des toiles.

 

 

 

 

 

 

            Les chats du Louvre sont de merveilleux guides. Des jardins des tuileries au toits du palais, les félins mènent la danse. L’album oscille entre la vie de leur groupe et celle des humains. Quand ces bestioles se retrouvent seules, elles prennent une apparence humanoïde. Cela reste-t-il onirique ou bien les chats sont-ils comme ça lorsqu’on ne les voit pas ? Ils forment une communauté unie. Les délicates pattes de velours s’allient pour faire face à un chien, donnant une leçon de solidarité.

 

            Tout le récit gravite autour des funérailles de l’amour. Cette œuvre est un tableau peint vers 1580 et attribué à Henri Lerambert, formé dans l’atelier d’Antoine Caron. Il représente une procession d’angelots emmenant un Cupidon vers son dernier voyage.

 

 

 

© Matsumoto - Louvre-Futuropolis

 

 

 

 

            Le vieux gardien aux yeux clairs s’appelle Marcel. Tiens, comme le singe dans les livres illustrés pour la jeunesse d’Anthony Browne, premiers pas vers une sensibilisation à l’art.

Marcel le gardien est le vecteur invitant ici à découvrir l’art. Sa sœur est montée dans le char des Funérailles. Elle a chanté et dansé avec les anges. Un jour, elle voudrait que Marcel voie ça, lui aussi. Mais ce n’est pas que lui qu’elle réussira à embarquer. Grâce à elle, et à ces chats du Louvre, l’auteur nous embarque tous.

 

 

 

 

© Matsumoto - Louvre-Futuropolis

 

 

 

 

            Le graphisme de Matsumoto n’est pas des plus élégants. Les chats humanisés, en particuliers, ne sont pas des plus réussis. Il n’empêche que le lecteur se voit malgré lui embarqué dans un récit qu’il ne peut pas lâcher, une fable fabuleuse, une poésie dessinée, comme Le Louvre les jours de fermeture.

 

Cet album laissant au final une bien agréable impression confirme l’adage édictant qu’une bande dessinée très bien dessinée ne sera sûrement pas relue tandis qu’une autre au dessin perfectible, hormis les belles vues plongeantes sur Le Louvre et ses abords, donnera le désir d’y revenir.

 

Flocon, petit Flocon… Toi qui sais les secrets, emmène-moi, je te suivrais…

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les chats du Louvre

Tome : Second tome

Genre : Onirisme culturel

Scénario & Dessins : Matsumoto

Éditeur : Louvre-Futuropolis

Nombre de pages : 216

Prix : 26 €

ISBN : 9782754824897



Publié le 09/05/2018.


Source : Bd-best


Entre une histoire d’amour ou d’amitié, Pierre Alary ne choisit pas et réussit les deux, de classe en claques, de Conan le Cimmérien à Sorj Chalandon

 Au fil des livres d’une bibliographie, il arrive que certains auteurs fassent des grands écarts, d’une décennie à l’autre, changeant de styles et de ton, donnant libre cours à d’autres aspirations. En l’espace de quatre mois, c’est le formidable Pierre Alary qui a fait sa gymnastique graphique et narrative, poussant de son trait de maître Mon Traître de Sorj Chalandon et, il y a quelques jours, l’indéboulonnable Conan, back to basics vous verrez, de Robert E. Howard. Entre intimisme et récit extraverti, deux facettes d’un auteur qui n’a pas fini de nous épater.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Pierre Alary chez Rue de Sèvres

 

Mon traître, ce z(h)éros ?

 

Résumé de l’éditeur : Antoine, luthier parisien se prend d’amour pour l’Irlande. Fasciné par sa culture, ses paysages et par la chaleur des gens, le jeune français rencontre Jim et Cathy qui deviendront des amis précieux. Tous font partie du mouvement républicain irlandais, et mènent des actions pour le compte de l’IRA . Un soir à Belfast, il fait la connaissance du charismatique Tyrone Meehan, responsable de l’IRA, vétéran de tous les combats contre la puissance britannique. Antoine ne tarde pas à embrasser la cause de ce peuple. Captivé, le jeune Français trouve en Tyrone un mentor, un ami très cher, presque un père. Puis un traître… « Mon traître », comme l’appelle Antoine, pour désigner cet homme qui fut en réalité, vingt-cinq ans durant, un agent agissant pour le compte des Anglais. Il les avait tous trahis, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis et lui, chaque matin, chaque soir…

 

 

 

 

© Pierre Alary chez Rue de Sèvres

 

Mon dieu qu’on les aime, ces récits qui écorchent l’humain et sa propension à être fidèle ou, justement, à trahir et à jouer trouble-jeu, avant que le masque tombe. On les aime tant ils nous rappellent qu’aimer est parfois compliqué et qu’il y a des ravins dans lesquels il n’y a pas que les malins qui tombent. Parce que la vie est faite de choix, des bons mais aussi des mauvais. Comment ne pas se remémorer L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, toujours aussi glaçant dans le souvenir que l’on en a et qu’on entretient.

 

 

 

 

© Pierre Alary chez Rue de Sèvres

 

Un autre récit surfant sur ce thème, décidément vaste de la trahison et de la double-vie, est celui de Sorj Chalandon qui trouve aujourd’hui une autre vie dans le roman graphique qu’en a tiré Pierre Alary. Dans la pluie qui déforme les reflets et rend imprécis les visages, la couverture, sobre et pourtant tellement éloquente, de ce nouvel album du papa de Silas Corey en dit déjà long sur ce qu’on va trouver dans ces pages qui mêlent l’Histoire et les histoires qui lient les humains pour, ensuite, parfois, nouer les gorges.

 

 

 

 

© Pierre Alary chez Rue de Sèvres

 

Loin de la frénésie qu’on lui connaît en d’autres lieux (comme d’Argos aux côtés de Kush, étrennée par un Cimmérien dont on n’a pas oublié le nom, vous le verrez), Pierre Alary joue de tact et de discernement pour mener à bien cette histoire chapitrée (des actes courts mais intenses) qui sonne la fin d’une époque, celle de l’insouciance et de la naïveté. Évitant de prononcer les couleurs pour mieux nous embarquer dans le passé cher aux cartes postales délavées, Alary courbe le temps pour amener cette histoire à nous, comme si elle n’avait pas pris une ride, malgré les combats qui se sont éteints depuis. Comme si elle était universelle ? Forcément, puisqu’elle nous questionne aussi sur le rapport que nous avons à nos amis et les positions que nous adopterions si, un jour, un couac mettait à mal la confiance qu’on pensait mutuelle.

 

 

 

 

© Pierre Alary chez Rue de Sèvres

 

Antoine, c’est un peu nous, c’est lui qui va véhiculer notre regard sur les événements qui se jouent en ces temps troublés, entre France et Irlande. Mais, cela dit, Tyrone, il est aussi un peu nous. On peut s’y projeter… tout comme s’y projette Antoine… et Pierre Alary, avec. On sent à chaque image, dans le cadrage (un travelling de BD somptueux et tellement émouvant, au moment crucial de cette histoire) et le choix des ambiances, à quel point notre auteur a été chamboulé par ce récit qui parle (ou ne parle pas, parfois, quitte à mentir) d’homme à homme. Qui pardonne aussi. Qui aime, par-dessus tout.

 

 

 

 

© Pierre Alary chez Rue de Sèvres

 

Sorj Chalandon est sous le feu des projecteurs avec un autre album qui vient de sortir « Profession du père » avec Sébastien Gnaedig. Une interview est à retrouver chez nos amis d’AGE-BD

 

Alexis Seny

 

Titre : Mon traître

Récit complet

D’après le roman de Sorj Chalandon chez Grasset

Scénario, dessin et couleurs : Pierre Alary

Genre : Drame, Histoire

Éditeur : Rue de Sèvres

Nbre de pages : 144

Prix : 20€



Publié le 08/05/2018.


Source : Bd-best


Une série d’aujourd’hui au charme vintage.  Astrid Bromure 4 – Comment lyophiliser le monstre du Loch Ness

            « - Miracle ! Une lettre d’Ecosse de mon excentrique de frère !

-          Encore une déclaration de guerre !

-          Très cher, un peu de respect pour mon cadet ! (…) Cette invitation ne peut pas attendre ! »

 

Hazel, l’oncle d’Astrid Bromure, invite sa sœur Pandora en Ecosse. Il accepte enfin de lui confier la boîte à souvenirs des Mac Muffin. Et voilà la gamine embarquée dans les Highlands avec sa mère, sa bonne, sa préceptrice, son chien et son chat. Trop occupé par les affaires, le père reste à la maison. Dans la villa du tonton, c’est au détour d’une maladresse d’Astrid, bousculée par le chien du propriétaire, qu’une bestiole aux allures de lézard marin va prendre vie.

 

 

 

© Parme, Dreher - Rue de Sèvres

 

 

 

 

 

Les histoires d’Astrid Bromure sont toujours aussi truculentes. Dans cette revisite du mythe du monstre du Loch Ness, la jeune demoiselle va se retrouver aux sources d’un mystère international.

Les personnages habituels sont toujours aussi bien campés. Madame Dottie, la bonne, est certainement celle qui a le plus la tête sur les épaules. Mademoiselle Poppyscoop, maîtresse ambulante, est l’alibi « sérieux » dans la vie d’Astrid. Une petite fille peut voyager, mais elle ne doit cesser d’étudier. Côté quatre pattes, chiens et chat font toujours aussi bon-mauvais ménage.

 

 

 

© Parme, Dreher - Rue de Sèvres

 

 

 

 

Les rôles secondaires sont tout aussi pertinents, que ce soit l’oncle extravagant ou le trio de vieillards écossais qui auraient très bien pu figurer dans « L’île noire » ou apparaître dans une histoire de château avec Gripsou, l’ennemi milliardaire de Balthazar Picsou.

 

Fabrice Parme a conçu une série aussi réussie sur le fond que dans la forme. L’auteur a un dessin à part. Très lisible, il est le condensé idéal d’un style BD et d’un style animé. Parme est à l’origine de la charte graphique de Famille Pirate, qui a été adapté par lui-même en albums a posteriori. Sa série BD Le roi catastrophe, scénarisée par Lewis Trondheim, aurait dû être adaptée en dessin animé. Le projet avait semble-t-il démarré mais n’a jamais abouti. L’univers d’Astrid Bromure serait lui-aussi le décor formidable pour un dessin animé.

 

            En attendant, après avoir dézingué la petite souris, atomisé les fantômes, épinglé l’enfant sauvage, venez apprendre comment lyophiliser le monstre le plus célèbre du monde.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Astrid Bromure

Tome : 4 – Comment lyophiliser le monstre du Loch Ness

Genre : Aventure humoristique

Scénario & Dessins : Parme

Couleurs : Dreher

Éditeur : Rue de Sèvres

Nombre de pages : 32

Prix : 10,50 €

ISBN : 9782369813002



Publié le 08/05/2018.


Source : Bd-best


Contes Macabres du Japon, une brillante adaptation en manga

Contes et légendes japonais ont été condensé par Sean Michael Wilson, un scénariste écossais vivant au Japon et qui est connu pour avoir l'auteur littéraire de titres célèbre tels que 47 Ronins, Hagakure, Le lIvre des Cinq Roues, Les Secrets du Ninja ou encore Le Sermon du Tengu.

Contes macabres du Japon est adapté ici en manga. Les amateurs de fantastique  trouveront leur contes et leurs comptes avec les récits tirés de l'écrivain irlando-grec, Lafcadio Hearn, passionné de littérature nippone de puis son arrivée au pays du soleil levant en 1850. Suite à son mariage avec la fille d'un Samouraï en 1896, il prendra ensuite la citoyenneté japonaise et répondit désormais au nom de Koizumi Yakumo.

 

 

 

 

 

© Sean Michael Wilson, Michiru Morikawa - Graph Zeppelin

 

 

 

Parlant de Samouraï, il en est question également dans ce recueil d'histoires imaginaires, récompensé au Will Eisner award en 2016 avec le Daimyo, un grand seigneur de l'époque médiévale. Vous y découvrirez aussi le Mujina, un fantôme dépourvu de visage, Hoichi, le conteur sans oreilles, la Dame des neiges et autres contes fantastiques qui ne manque pas de bestiaire surprenant.

Nous devons le dessin à Michiru Morikawa, une talentueuse auteure qui à gagné le prix International Manga and Anime Awards en Angleterre ainsi que celui de la Meilleure Artiste Manga des éditions Kodansha. Ce n'est pas son premier essais chez Graph Zeppelin car elle à déjà officié sur l'album Yakuza Moon. Son trait est un véritable délice et sa composition très claire, un véritable plaisir de lecture. Contes macabres du Japon est une agréable surprise visuelle et narrative, à tel point qu'on en redemande. Espérons que l’éditeur aura la bonne idée de remettre le couvert.

 

 

 

© Sean Michael Wilson, Michiru Morikawa - Graph Zeppelin

 

 

 

 


Note de l'éditeur : Cet album est agrémenté d'une postface de William Scott Wilson, le célèbre traducteur et éditeur d'ouvrages sur la culture japonaise, restituant ainsi la pensée philosophique des samouraïs et resituant les contes dans leur contexte historique.


Denis Pirlet


Titre : Contes Macabres du Japon

Tome : 1

Genre : Manga, Gkiga

Scénario : Sean Michael Wilson, Lafcadio Hearn

Dessins : Morikawa Michiru

Éditeur : Graph Zeppelin

Nombre de pages : 144

Prix : 13 €

ISBN : 9791094169254



Publié le 07/05/2018.


Source : Bd-best


Des histoires de presque rien, des histoires qui font du bien.  Jojo Intégrale 2 – 1991-1998

     « - Vous êtes sûre que vous ne voulez pas venir avec nous, Madame Mamy ?

-          Non, non, je vous assure, je compte profiter de cette semaine de vacances pour mettre de l’ordre dans la maison et pour jardiner, aussi. Ne vous en faites pas pour moi, je vais être très bien. Allez vite, les enfants ! Je veux vous revoir tout bronzés dans une semaine ! Et écrivez-moi une petite carte ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

© Geerts - Dupuis

 

 


 

C’est promis, Mamy ! Jojo et Gros-Louis vous écriront une belle carte des vacances qu’ils vont passer avec Monsieur Gros-Louis.

 

1991-1998 : le deuxième opus de l’intégrale des petites aventures de Jojo rassemble quatre histoires, quatre histoires qui font bu bien, quatre histoires de presque rien, mais quatre histoires de bonheur plein.

 

 

 

© Geerts - Dupuis

 

 

 

 

 

Un été du tonnerre : Quand le directeur de l’école décide de partir quelques jours en vacances, il ne se doutait pas que ses élèves iraient se mettre au vert à la campagne à quelques mètres de lui. Il ne les croisera pas mais en subira les dommages collatéraux. Gros-Louis vivra cette aventure avec des papillons dans la tête, amoureux de la petite marie, sous les yeux bienveillants de son copain Jojo. Une histoire qui respire bon les foins coupés et les fins d’après-midi chaudes des jours d’été ensoleillés.

 

Le serment d'amitié : Quand Mamy se tord la cheville dans le jardin en tentant de rattraper des garnements qui ont envoyé une poignée de boue sur un drap qu’elle était en train d’étendre, Jojo et Gros-Louis ne savent pas quoi faire pour se faire pardonner. « C’est de notre faute, on n’aurait pas dû se disputer ! » Mamy sait qu’ils ne sont pas méchants ; elle aimerait juste qu’ils ne se disputent pas tout le temps. « On regrette, Mamy. » « On ne se disputera plus jamais ! On te le promet ! ». Promesse de gosse, promesse de basse-fosse.

 

 

 

© Geerts - Dupuis

 

 

 

 

 

Mamy se défend : après que Jojo et Gros-Louis prennent au piège un cambrioleur, Mamy s’inscrit à un cours d’auto-défense pour le troisième âge ouvert par Monsieur La voie de la sagesse, le grand, beau et musclé professeur d’arts martiaux.

 

 

 

© Geerts - Dupuis

 

 

 

 

 

Monsieur Je-Sais-Tout : L’émission « Les génies juniors » a trouvé son champion. C’est Jojo qui, après avoir reçu un dictionnaire sur la tête, est devenu un véritable petit singe savant, si bien que ces derniers –les savants- s’intéressent à son cas.

 

Quelques planches inédites et illustrations parues dans Spirou complètent ce généreux volume introduit par Morgan Di Salvia.

 

 

 

 

© Geerts - Dupuis

 

 

 

 

André Geerts nous a quitté trop tôt. On dit que nul n’est irremplaçable, mais André n’a pour le moment jamais eu de successeur. Lui seul savait mener d’une telle façon des histoires d’innocence comme celles de Jojo. Des bêtises et des queues de cerise : C’est ça, Jojo. Le petit garçon vit chez sa grand-mère dans une campagne merveilleuse, non polluée et rassurante. On en apprendra plus sur son Papa dans le prochain tome.

 

A l’heure de l’ultra-connexion, les histoires de Jojo sont encore plus fortes. On aurait tant aimé que Jojo et Gros-Louis se disputent, puis se réconcilient encore longtemps.

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Jojo

Tome : Intégrale 2 – 1991-1998

Collection : Dupuis Patrimoine

Genre : Chroniques d’enfances

Scénario & Dessins : Geerts

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 264

Prix : 28 €

ISBN : 9791034730148



Publié le 07/05/2018.


Source : Bd-best


Tex, c’est Superman avec un chapeau et sur un cheval : De Vita impitoyable, Manfredi impardonable

Tex revient ! Mais non pas l’ex-présentateur des Z’Amours ! L’autre, le cowboy qui, infatigable depuis 70 ans, chevauche dans les vastes horizons que proposent l’Amérique des westerns et les fumetti. Petit par la taille et le format, immense par la longévité et le coeur qu’il met à combattre les vilains que le Far West compte par pelletées; Tex Willer s’est fait grand pour rejoindre le format franco-belge dans une aventure enneigée sublimement dessinée et imprégnée par Giulio de Vita.

 

 

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard

 

Résumé de l’éditeur : En route pour rendre visite à un ami, Tex Willer découvre les lieux d’un carnage. Une tribu indienne au complet a été massacrée par le redoutable Tirrell et ses hommes de main, trafiquants de fourrure. Refusant de laisser un tel crime impuni, Tex décide de les traquer.

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard

 

Les westerns dans la neige, demandez ce que Swolfs en pense… il en raffole (l’interview arrive) ! Et il faut dire que la couverture de Montana, cette nouvelle aventure que proposent Gianfranco Manfredi (guère de nouveau dans cet univers) et Giulio de Vita (y’a pas à dire, ça change de Thorgal), n’a pas mis longtemps à nous faire de l’oeil. Qu’est-ce que c’est beau.

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard

 

Pourtant, s’il est vrai que notre cowboy solitaire nous raconte d’emblée à quel point les temps sont inhospitaliers dans le Montana et qu’on sent le vent piquant, c’est les deux pieds et les quatre fers dans la verdure vallonnée que commence cette histoire. Sans quête si ce n’est celle de trouver un abri pour passer la nuit. C’est sans compter les mystères de l’ouest qui l’interpellent sous forme de signaux de fumée. Des Indiens qui tente de faire passer des messages ? Non, les Indiens sont morts ce soir, femmes, hommes et enfants, et le chef planté avec son propre tomahawk. L’affaire de bandits sans scrupules que Tex ne va pas laisser passer. Et la piste, de boues en torrents secoués, va mener à Théodore Tirrell, représentant armé jusqu’aux dents de la Fur Company, spécialisée dans le trafic de fourrures, mais à son ami perdu de vue : Birdy.

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard

 

S’il est agréable de se plonger dans la crasse et sous les flocons de cette aventure qui réveille Tex et l’amène à voir plus grands (et en couleurs, sous le talent perspicace de Matteo Vattani), de se glisser dans le combat démesuré entre un ours et un cowboy laissé pour mort sur le chemin du sang, je ne peux pas dire que j’ai totalement été embarqué et transcendé par cette aventure qui remue un peu le passé mais reste finalement très plate, tout est tellement attendu.

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard

 

Tex est en balade (même si Giulio de Vita a dû suer sur ce qui reste une superbe réussite graphique), sans enjeu de vie et de mort pour peser sur lui. Comme un super-héros qu’aucun indien ou brigand des vastes plaines n’aurait les moyens de désarmer. Le duel final se règle en une balle, sans tension alors que le dessin capte toute notre attention.

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard

 

Le scénario est incapable d’équilibrer les forces, de créer le danger. Et là est peut-être le problème du passage au format franco-belge et, surtout, à une pagination traditionnelle là où le cowboy légendaire pouvait faire galoper sa monture sur des planches plus petites mais beaucoup plus nombreuses dans les fumetti originels. Gianfranco Manfredi semble avoir été piégé par l’espace réduit. D’où cette impression qu’il a été dur à la détente. Dommage, ça promettait mais c’est à moitié manqué.

 

 

 

 

© Manfredi/De Vita chez Le Lombard


 

 

Alexis Seny

 

Série : Une histoire complète de Tex

Tome : Montana

D’après l’univers créé par Gian Luigi Bonelli et Aurelio Galleppini

Scénario  : Gianfranco Manfredi

Dessin : Giulio de Vita (Page Facebook)

Couleurs : Matteo Vattani (Page Facebook)

Traductrice : Claudia Migliaccio

Genre: Western

Éditeur VO : Sergio Bonelli Editore

Éditeur VF : Le Lombard

Nbre de pages: 48

Prix: 12,45€

 

 

 



Publié le 04/05/2018.


Source : Bd-best


On leur promettait les clefs du paradis, leur objectif est d’échapper à l’enfer.  The promised neverland 1

« - Comment Conny a-t-elle pu oublier sa peluche Little Bernie ?! Surtout après nous avoir expliqué combien elle y tenait ! Quelle tête de linotte ! C’est pas possible !

-          Je sais bien qu’en principe on devrait laisser Mamaan se charger de lui envoyer plus tard, mais bon… Conny sera sans doute ravie qu’on lui rapporte tout de suite, tu ne penses pas ?

-          Si !

-          Zut ! La porte de derrière aussi est verrouillée !

-          C’était obligé. Maman ferme toujours derrière elle.

-          T’en fais pas. Cette serrure est ultra simple à crocheter. Un vrai jeu d’enfant ! On se fera sûrement un peu gronder, mais tant pis ! »

 

La petite Conny est en train de quitter l’orphelinat. Maman, la nourrice de toute la maison, vient juste de partir l’emmener rejoindre ses parents adoptifs. Mais voilà que la gamine a oublié son doudou. Ses camarades décident donc d’aller lui apporter avant qu’elle n’ait définitivement quitté l’établissement. Ce qu’ils vont découvrir va dépasser l’entendement. Et là, le cauchemar est prêt à commencer…

 

 

 

© Shirai, Demizu – Kazé

 

 

 

 

 

Le scénario de Kaiu Shirai joue avec les nerfs. On s’amuse, on joue, on rit avec les enfants de Grace Field House. Puis on tremble, on est terrifié, on survit avec eux. On quitte une ambiance à la Alice au pays des merveilles ou Peter Pan, monde idyllique des enfants perdus, pour rejoindre un univers horrifique où les peurs d’enfants ne sont pas des affabulations ni des délires nocturnes. Et quand ceux-ci doivent faire figure d’enfants modèles alors qu’ils savent ce qui les attend, la tension palpable suinte jusqu’au travers des pages du livre.

 

 

 

© Shirai, Demizu – Kazé

 

 

 

 

 

Au dessin, Posuka Demizu navigue entre plusieurs styles. Des décors de grande maison, pourrait sortir Sebastian, le majordome de Black Butler, avec toute sa classe, sa stature et ses compétences. Les monstres gigantesques aux yeux démoniaques ne dépareraient pas dans le monde des Akumas de D-Gray Man, difformes, déstructurés et cauchemardesques. Graphiquement, Demizu est donc situé entre Yana Toboso et Katsura Hoshino.

 

            Contrairement aux enfants de l’histoire, le manga The promised neverland, est déjà adopté. Fort de son grand succès au Japon, l’éditeur Kazé y croît fort : 100 000 exemplaires sont mis en place pour lancer la série en France.

 

Comme les orphelins de Grace Field House, apprêtez-vous à sauter à pieds joints dans la terreur.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : The promised neverland

Tome : 1

Genre : Survival

Scénario : Shirai

Dessins: Demizu

Éditeur : Kazé

Nombre de pages : 192

Prix : 6,79 €

ISBN : 9782820332233



Publié le 04/05/2018.


Source : Bd-best


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2018