En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


De l'autre côté de l'océan.  Complots à Versailles 7 – Madinina, l'île aux fleurs

 

"-Nous sommes arrivés à l'habitation La Montagne. Bienvenue chez nous. Catherine, voici Cécile et Guillaume de Saint-Béryl, les petits protégés de Mme de Maintenon.

-Mme d'Angennes, quel honneur !

-Mes hommages !

-C'est un vrai plaisir de vous accueillir chez nous.

-Vous serez logés dans l'aile gauche. Soyez ici chez vous !"

 

 

 

 

 


                Après un long voyage, Cécile et Guillaume viennent de débarquer au port de Saint-Pierre, en Martinique. Plus exactement, ils sont sur Madinina, que l'on appelle aussi l'île aux fleurs. Dès pied à terre, Cécile est choquée de la façon dont sont traités les esclaves, comme des animaux. Monsieur et Madame de Saint-Béryl sont accueillis par Charles-François d'Angennes. Mme Maintenon l'avait prévenu du caractère bien trempé de Cécile. Monsieur d'Angennes est gouverneur de Marie-Galante, mais aussi planteur de cannes à sucre. Il détient la plus grande raffinerie de l'île. Pour y travailler, il possède environ deux cents esclaves de premier choix. Cécile et Guillaume vont loger chez lui. C'est exotique et dépaysant. Ça change de Versailles. Sauf que, là aussi, il y a manigances et complots. La plantation de "La montagne" fait des envieux.

 

© Carbone, Cee Cee Mia, Pierpaoli, Angelilli – Jungle

 

                Après avoir adapté les romans d'Annie Jay pour les premiers volumes, puis avoir créé de nouvelles intrigues à la cour, la série prend un nouveau départ et un nouveau souffle avec ce dépaysement martiniquais. Le pari n'était pas gagné d'avance. Carbone et Cee Cee Mia ont réussi à négocier le virage tout en gardant l'ADN de la série. Seuls deux personnages sont conservés, Guillaume et Cécile. Comme c'est cette dernière qui porte la série depuis le début, on n'est humainement pas dépaysés. Géographiquement, le changement est plus radical. Historiquement, c'est justifié. Par ailleurs, question ADN et pour rester dans la continuité, les autrices permettent à leur héroïne, herboriste de son état, de développer ses compétences. Elle découvrira les trésors de l'île que sont le "zeb tension", le roseau des Indes, l'aloe vera, le basilic, le chardon béni, le curcuma et le coquelicot rouge.

 

© Carbone, Cee Cee Mia, Pierpaoli, Angelilli – Jungle

 

                Au dessin, RobertaPierpaoli et Mara Angelilli réussissent le voyage. Les montagnes de Martinique, les plantations de cannes à sucre et les plages de cocotiers font rêver. Côté personnages, et en particulier des nouveaux, certains manquent un peu de caractéristiques. On dirait qu'ils ont tous à peu près le même âge. A part ses cheveux grisonnants, Monsieur de Luissac semble être le frère de son fils. Ceci dit pour trouver un point sur lequel pinailler.

 

© Carbone, Cee Cee Mia, Pierpaoli, Angelilli – Jungle

 

                Les complots de Versailles deviennent mondiaux. La série grandit. Elle est loin d'être exclusivement girly. Annie Jay peut être rassurée. Ses personnages sont entre de bonnes mains et ont du potentiel devant eux.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Complots à Versailles

Tome : 7 – Madinina, l'île aux fleurs

Genre : Aventure historique

Dessins & Couleurs : RobertaPierpaoli & Mara Angelilli

Scénario : Carbone & Cee Cee Mia

D’après : Annie Jay

Éditeur : Jungle

Collection : Miss Jungle

ISBN : 9782822240574

Nombre de pages : 56

Prix : 13,50 €

 



Publié le 10/05/2023.


Source : Boulevard BD


Tout au front de la tragédie. Rappelle-toi ces belles années

 

"-Ce coup-ci, la faucheuse s'est bien gavée…

-Faut croire qu'elle ne prend plus le temps de finir son assiette.

-J'ai entendu quelque chose !

-Où ?

-Tout près d'ici. Regarde !

-C'est lui qui siffle comme ça ?!

-Le pauvre, elle n'a pas soldé son compte, cette putain de guerre !"

 

 

 

 

 


                1918, Célestin repart dans les tranchées. Il quitte Mathilde sur le quai de la gare et rejoint ses compagnons poilus pour regagner le front. Dans un camp, comme dans l'autre, les soldats sont de la chair à canon, les victimes d'une implacable fatalité. Dieu rappelle ses ouailles sans prendre le temps de les écouter. On essaye de sauver les blessés que l'on peut, dans l'odeur âcre du sang, de la tripaille et du pus. Célestin garde précieusement près de lui une photo de famille, où il est avec sa femme et son fils. Elle lui permettra de se rappeler des belles années lorsqu'il sera grièvement blessé par un obus. Si la guerre fait sombrer les destins dans l'horreur, elle ne peut pas voler les années de bonheur vécues. C'est cela dont Célestin veut faire prendre conscience à sa famille.

 

© Langlais – Soleil

 

                Célestin sait que le cauchemar qu'il vit le tourmentera à jamais. Il ne sait pas s'il s'en sortira et se concentre sur ses moments de bonheur avec les siens, même si à chacune de ses permissions la tragédie du conflit le hantera. Et puis il y a les fantômes. Il les voit. Ils sont encore là. Ils ne cessent de le suivre. Ils lui reprochent de ne pas être venu les chercher, de les avoir abandonnés, d'avoir survécu. Ce sont ses camarades moins chanceux que lui qui ont péri sous les balles et les obus ennemis. Célestin ne veut plus entendre les cloches de la mobilisation qui ne cessent de l'appeler. Entre rêve et réalité, souvenirs et destins brisés, cette histoire est de la veine des "Choses de la vie", film de Claude Sautet dans lequel Michel Piccoli voit sa vie défiler pendant un accident de voiture.

 

© Langlais – Soleil

 

                Julien Langlais signe ici son premier album. A l'origine projet de fin d'études, l'histoire a été profondément remaniée pour aboutir à l'album présenté ici. Langlais nous invite dans les tranchées, les terrifiantes tranchées, au milieu des cadavres et des gueules cassées. On est parfois perdu comme l'est Célestin. Langlais réussit à installer une atmosphère évanescente. Il fait de nous des témoins en immersion, plaçant le lecteur face au danger. L'auteur ne sombre pas dans l’inéluctable et la tristesse en délivrant un inattendu et optimiste message porté par le titre même du one shot. Le socle de chaque vie est posé sur les bases solides d'instants heureux partagés. Ceux qui restent doivent s'en rappeler.

 

© Langlais – Soleil

 

"Rappelle-toi ces belles années" est de ces livres devoir de mémoire permettant de se rappeler et d'éviter que l'Histoire ne se répète, mais c'est aussi une leçon de courage, de vie, de résilience et d'espoir.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Rappelle-toi ces belles années

Genre : Histoire

Scénario, Dessins & Couleurs : Julien Langlais 

Éditeur : Soleil

ISBN : 9782302099630

Nombre de pages : 60

Prix : 15,95 €



Publié le 10/05/2023.


Source : Boulevard BD


Spirou 4439 – 10 mai 2023

 

 

Les sœurs Grémillet Sur la piste de l'aventure !

 

 

 

 

 

 

 

            Les sœurs Grémillet sont de retour. Il est un personnage que l'on n'avait jamais vu, c'est leur papa. Il faut dire que l'homme vit pour sa passion qui est son métier. Il est astronome dans un observatoire de montagne. C'est un scientifique passionné. Les filles vont le rejoindre dans son domaine. Elles vont découvrir les étoiles, tout comme la faune et la flore locale. Comment chacune des sœurs va-t-elle réagir face à l'attitude d'un papa si absent dans leurs vies ?

 

            Pendant ce temps, les abonnés vont placarder un poster du trop rare SuperGroom.

 

Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Yoann, Vehlmann – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Cœurs de ferraille (Les) : L’inspiration

Munuera / BeKa / Sedyas

Schtroumpfs (Les) : Qui est ce Schtroumpf ?

Tebo

Soda : Le pasteur sanglant

Gazzotti / Bocquet / Usagi

Sœurs Grémillet (Les) : Le chamois et la comète

Barbucci / Di Gregorio

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Antre case (L') (La pause-cartoon)

Waltch / Derache

Brad Rock

Jilème / David

Capitaine Anchois

Floris

Coach (Le)

Bercovici / Bernstein / Le Gall

Crash Tex

Dab's / Gom

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Elliot au collège 

Grosjean / Riccobono 

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Game over 

Midam / Adam / Benz / Angèle 

Kid Paddle 

Midam / Dairin / Angèle 

Léon & Lena

Cerq / Clémence / Mistablatte

Nelson

Bertschy

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Bienvenue dans mon atelier

Flix

En direct du futur : Les sentiers de la guerre (Les tuniques bleues)

Kris

Interview

Di Gregorio / Barbucci

Jeux : Les sœurs Grémillet à l'observatoire

Garouste

Leçon de BD (La)

Dab's

 

 

Supplément abonnés :

 

Poster SuperGroom

Yoann / Vehlmann

 

 

 

En kiosques et librairies le 10 mai 2023

2,70 €

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 10/05/2023.


Source : Boulevard BD


Marée blanche ... Une aventure stupéfiante !

 

 

 

6 juillet 2018, l’équipe de France de football rencontre l’Uruguay. Le match débute à 16h et est suivi par de nombreux téléspectateurs. Au large, Théo, Laurent, Paul & Jordan, tous marins-pêcheurs sur le Fargo, regardent également l’évolution des joueurs français.  Lorsqu’ils remontent les filets, une pêche d’un genre particulier les attend.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans leurs filets, ils remontent une série de ballots de cocaïne pesant pas moins de 40 kg au total. Ils décident de partager entre eux cette pêche miraculeuse d’une immense valeur marchande. Mais on ne s’improvise pas dealers, leur trouvaille, synonyme d'argent va très vite entrainer d’énormes bouleversements dans la vie de chacun d’entre eux.

 

 

 

 

 

© Séjourné – Delcourt

 

 

À terre, ils vont tenter d’écouler cette marchandise inattendue. Deux d’entre eux vont avoir la mauvaise idée de contacter des délinquants expérimentés dans ce genre de business.

 

 

 

 

 

© Séjourné – Delcourt

 

 

Gaël Séjourné va avoir l’idée de scénariser cette aventure qui a réellement eu lieu. Mais s’est heureusement terminée sans décès d’aucun des protagonistes (contrairement à la BD). Dans la vie réelle, les protagonistes vont se retrouver au tribunal. Une aventure hors du commun que je ne peux que vous encourager à lire. Pour ma part, j’ai dévoré l’album en une seule traite. Et pour les plus curieux d’entre vous, vous trouverez ci-dessous le lien de presse relatant les faits réels.

Île d’Oléron : Ils pêchent 40 kg de cocaïne en mer, tentent de les revendre, se font braquer et finissent au tribunal (actu17.fr)

 

 

 

 

 

© Séjourné – Delcourt

 

 

En résumé, une aventure plus qu’inattendue qui plaira à la majorité de la famille.

 

 

 

 

 

Alain Haubruge

 

 

Titre : Marée Blanche

 

Genre : Aventure - Policier

 

Éditeur : Delcourt

 

Collection : Machination

 

Scénario : Gaël Séjourné

 

Dessin : Gaël Séjourné

 

Nombre  de pages : 72

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN :  9782413045816

 



Publié le 09/05/2023.


Source : Bd-best


Les meilleurs journalistes moto… ou pas !  Les brêles de la rédac

 

"-Tu vas avoir la chance de collaborer avec une équipe dynamique et enthousiaste ! Ici, travail rime avec passion ! Bienvenue chez Bécane Mag ! Chers collaborateurs, je vous présente notre nouveau stagiaire, Luca !

-Hello !

-Lequel d'entre vous souhaite le prendre sous son aile bienveillante ?"

 

 

 

 

 


                Un nouveau stagiaire débarque à la rédaction de Bécane Mag. La rédactrice en chef le présente aux journalistes présents. Il faudra un malentendu pour que Patrick, un vieux de la vieille qui surfe sur Le bon coin pendant ses heures de travail, le prenne sous son "aile bienveillante". Il sera son maître de stage pendant cinq semaines. Entre tests, sorties et événements, Patrick et Luca vont devoir se dépasser… pour les lecteurs de leur revue.

 

© Coicault, Huez, Marian, Landa - CasaBD / MotoJournal

 

                Si Luca est curieux et dynamique, Patrick est roublard mais sympathique. Depuis le temps qu'il est journaliste, faut pas lui en apprendre. Mais avant tout, Patrick est un amoureux des bécanes. Tous les matins, la rédac'chef les envoie en mission, ou plutôt en reportage. Ils vont aller interviewer le Ministre des transports quit met en place le contrôle technique pour les deux roues. En fait, c'est à cause de sa femme qui lui a demandé de choisir entre elle et les motos qui sont sa passion. Peut-être qu'une XJR le fera changer d'avis. Nos journalistes vont devoir également aller tester la nouvelle combi de pluie de chez "Burnosec", faire un reportage immersif en course de côte et couvrir la manif contre l'interdiction de circuler en centre-ville. Au milieu de tout ça, ils vont devoir s'améliorer en orthographe (pour leurs articles), être plus présents sur les réseaux sociaux et dresser le portrait-robot de la moto idéale de la rédaction. Sachant que chaque fois qu'ils sortent et qu'ils rentrent dans leurs locaux, il faut s'équiper et se déséquiper pour monter sur leurs bécanes, il ne va pas leur rester beaucoup de temps libre.

 

© Coicault, Huez, Marian, Landa - CasaBD / MotoJournal

 

                Prépubliés dans Moto Journal, les gags des brêles de la rédac sont scénarisés par deux spécialistes du journalisme moto : Alexandre Huez & Yann Marian. On sent qu'il y a du vécu dans les gags de Luca et Patrick. En 4 de couv', ils recensent les 10 bonnes raisons de lire Les brêles. On retiendra que les boomers vont adorer Patrick et les jeunots titulaires d'un permis A2 seront team Luca. Au dessin, Fred Coicault s'installe définitivement en gagman. Il aime les défis. On l'a vu sur des albums peoples avec Les chevaliers du fiel, Plaza, les Balkany et les Le Pen, Les grosses têtes ou les Bodins. Et ce n'est pas la première fois qu'il monte sur des deux roues. Il a été aux manettes du Triumph Riders Club avec son complice Potache chez Robinson. Il est aussi bon sur les expressions cartoons des personnages qu'avec les divers modèles de motos. Le public des passionnés ne fait pas de cadeaux. Ça tombe bien, Coicault n'a pas l'intention de les décevoir.

 

© Coicault, Huez, Marian, Landa - CasaBD / MotoJournal

 

                On ne sait pas si Luca et Patrick sont les brêles de la rédac ou les meilleurs journalistes, mais ce sont en tous cas les plus drôles. De vrais fondus ! Plein gaz sur l'humour motorisé !

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Les brêles de la rédac

Genre : Humour motorisé

Scénario : Alexandre Huez & Yann Marian

Dessins : Fred Coicault

Couleurs : Aintzane Landa

Éditeur : CasaBD / MotoJournal

ISBN : 9782380583182

Nombre de pages : 48

Prix : 14,95 €

 


 



Publié le 08/05/2023.


Source : Boulevard BD


Un parcours politique hors du commun. Philibert le révolté 1

 

"-Tu as fini ta punition, Philibert ?!

-Oui, presque !

-Dépêche-toi, ça va être l'heure du repas… Quelle idée tu as eu d'aller crever le chapeau melon du frère surveillant !

-C'est une vieille peau… Et puis il n'avait qu'à pas l'oublier sur le porte-manteau !"

 

 

 

 

 


                1910, Philibert Besson a de la chance d'être un bon élève. Sinon, il aurait été déjà renvoyé du pensionnat du Puy, chez les frères, dans lequel il étudie. Il est premier en mathématiques, en histoire et en gymnastique mais est turbulent et provocateur. Son père est décédé accidentellement avant sa naissance. Sa mère l'a élevé seule. A l'école, il y a dans sa classe Thibaud, le fils de la baronne de Lignac. Il est lui aussi orphelin de père. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas d'affinités. 1917, Besson s'engage sur le front italien. Il a à peine dix-huit ans. Il va s'y distinguer. Plus tard, il entamera une carrière politique à Vorey-sur-Arzon, au grand dam de Thibaud devenu Baron. Si ce dernier a une morale pas très catholique, Philibert se bat pour ses idées politiques défendant les petites gens face à un monde qui s'industrialise.

 

© Le Faou, Bordier, d'Authenay – Michel Lafon

 

                A des années-lumière des pantalonnades politiques des années 2020, il y a de cela un siècle, les hommes politiques prenaient leurs missions bien plus au sérieux. Ils travaillaient au service de l'électeur et du citoyen, un exemple que pourrait suivre quelques-uns de nos dirigeants. Philibert Besson était un touche-à-tout. Poilu, officier de marine, ingénieur en électromécanique, l'homme alignera les mandats politiques : maire, député. Rebelle, il sera rendu inéligible. Il ne se laissera jamais abattre. Européen avant l'heure, anticapitaliste, il œuvrera toujours pour ses électeurs, n'hésitant à commettre des actes à la limite de la légalité, comme déterrer des poteaux électriques qui venaient d'être installés.

 

© Le Faou, Bordier, d'Authenay – Michel Lafon

 

                Yves Le Faou raconte la vie d'un oublié de l'Histoire, un politicard rebelle, drôle, fantasque, mais efficace. Son enfance, son adolescence, ses engagements, on apprend tout de lui. Son caractère se forge dans une vie qui ne lui fait pas de cadeau. Il vivra toujours pour le bien des autres. C’est un altruiste. Il est a l'opposé du fonctionnement des bureaucrates avides de pouvoir et préférant soumettre le peuple plutôt que de travailler pour lui. Laurent Bordier a un graphisme cousin de celui de Nicoby, un trait semi-réaliste intergénérationnel. Aux couleurs, quel plaisir de retrouver les tons d'Anne-Marie d'Authenay, immergeant dans la première moitié du XXème siècle.

 

© Le Faou, Bordier, d'Authenay – Michel Lafon

 

                Cette première partie s'arrête en 1932, alors que Philibert Besson revient en force en politique. L'album est curieusement présenté comme un one shot alors qu'il y a bien inscrit fin de l'épisode à l'intérieur et que l'on termine en plein suspens. Il n'y a plus qu'à espérer que celui-ci rencontre le succès pour qu'on ait la chance de suivre la suite du parcours de Philibert le révolté.

 

Laurent Lafourcade

 


Série : Philibert le révolté

Tome : 1

Genre : Histoire

Scénario : Yves Le Faou

Dessins : Laurent Bordier

Couleurs : Anne-Marie d'Authenay 

Éditeur : Michel Lafon

ISBN : 9782749943619

Nombre de pages : 56

Prix : 17,95 €


 

 



Publié le 07/05/2023.


Source : Boulevard BD


Canaries-Venezuela, des familles Ă  deux bouts du monde.  Garafia

 

 

"-Cencio, cette ruine arrivera jusqu'à Caracas ?

-Mais oui, Gloria. T'inquiète pas.

-Tu dis que ça prendra moins d'un mois. J'y croiss pas…

-Mon dieu, Gloria. T'inquiète pas, le capitaine a tout expliqué… La mer est calme en ce moment. On a bien fait de lui donner les six mille pesetas.

-Ah, mijo, on verra comment je m'en sors avec tout ça… Et avec le bébé en route…

-T'inquiète pas. Je vous enverrai de l'argent. Je gagnerai bien ma vie et je rentrerai plus vite que tu crois.

-Ils disent tous ça."

 

 

 

 

 


Garafia, île de la Palma, aux Canaries, 1956. Un groupe d'hommes et de femmes descend en pleine nuit la colline pour atteindre le bord de mer à l'abri des soldats espagnols. Les hommes sont en passe de s'embarquer pour le Venezuela afin de gagner l'argent nécessaire à faire subsister leurs familles. Atteindront-ils l'embarcadère avant de se faire repérer par les guardias, prêts à faire détonner leurs fusils ? Les balles vont siffler mais Inocencio va avoir le temps de monter à bord du bateau, échappant ainsi au franquisme. Aux Canaries, les femmes restent sous le régime de l'oppresseur pendant que leurs maris vont se tuer à la tâche de l'autre côté de l'Atlantique.

 

© Taño - Rue de l'échiquier

 

Dans un sublime trait épais, avec des visages à l'accent Picasso, Elias Taño raconte un pan méconnu de l'Histoire des Canaries, et par ricochet du Venezuela et de Cuba. Un texte introductif reprend un commentaire de Fidel Castro lui-même. Les migrants canariens ont toujours fait preuve d'humilité. Ils sont venus en Amérique pour travailler et se battre à côté des locaux avec une implication sans faille. Faite de vérités, bien qu'incomplète, Taño compose l'histoire de Garafia par fragments, morceaux de contes et de ragots qu'il comble par son imagination. Cencio est son grand-père. L'homme a fait le voyage deux fois. Son petit-fils a fusionné les voyages dans ce récit. La situation politique et climatique des îles Canaries provoqua ces départs vers le Venezuela. La plupart des hommes enverront régulièrement de l'argent à leurs familles. Certains referont leur vie, sans que leurs proches ne le sachent forcément.

 

© Taño - Rue de l'échiquier

 

Elias Taño raconte six ans de vies en trois chapitres : le départ, la vie à distance et le retour, la tête basse et le front ridé. La scène finale ne peut en particulier pas laisser insensible. Le dessinateur travaille ses visages de façon très picturale. Il personnifie certains décors comme ces inquiétantes collines où le diable de Tijarafe danse comme dans un labyrinthe macabre. Les aplats de couleurs monochromes scandent les chapitres. Les Canaries sont d'un bleu-vert. Le Venezuela est d'un jaune verdâtre. Quelques éclats de rouge pastel signalent les moments plus dramatiques. On retrouve ces trois couleurs uniques sur une couverture géométrique, véritable composition artistique pensée comme une affiche.

 

© Taño - Rue de l'échiquier

 

Garafia est à l'origine une commune de montagne située au nord de La Palma dans les Canaries. A présent, c'est un témoignage graphique empreint de l'ADN d'une famille marquée par l'Histoire d'une terre.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : Garafia

Genre : Histoire

Scénario, Dessins & Couleurs : Elias Taño

Éditeur : Rue de l'échiquier

ISBN : 9782374253862

Nombre de pages : 108

 

 



Publié le 07/05/2023.


Source : Boulevard BD


Tintin au Tibet 2.  A la recherche de l'homme sauvage

 

"-Ecoutez, madame… Je vous ai demandé de venir parce que votre fils m'inquiète. Oh, il travaille très bien… Bon, il dessine pendant les cours, ça, qui ne l'a pas fait ? Je pourrais être indulgent… C'est la nature de ses dessins qui… Tenez, regardez… Il en fait des semblables chez vous ?... Je veux dire d'aussi… effrayants ?...

-…C'est un enfant de huit ans… Il est souvent tout seul… Vous savez… Je travaille beaucoup. Heureusement, nous habitons près du Museum… Il y passe beaucoup de temps…"

 

 

 

 

 

 

Paris,1960, la maman du petit Augustin est convoquée par son instituteur. Ce dernier s'inquiète, non pas du manque de travail ou d'implication de son fils, mais est interloqué par les dessins qui parsèment ses cahiers. L'enfant de huit ans représente des monstres effrayants. La mère ne s'affole pas. Son fils est souvent seul et ils habitent à côté du Museum dans lequel il passe le plus clair de son temps. Elle est veuve et vit seule avec son fils dont les nuits sont peuplées de cauchemars et les jours passionnés par les animaux, les dinosaures et toutes ces sortes de choses. La vie d'Augustin a été bouleversée le jour où il reçut en cadeau une bande dessinée qui allait l'obnubiler : Tintin au Tibet. Dix ans plus tard, on retrouve Augustin en charmante compagnie. Sa fiancée Judith tombe sur les dessins qu'il faisait enfant et décide de lui faire rencontrer le professeur Roch, directeur du labo de paléontologie du Museum. L'homme-ombre qu'il dessinait et qui terrifiait ses nuits n'est jamais sorti de sa tête. 1975, Augustin part au Tibet à la recherche du yéti.

 

© Bihel - Delcourt

 

Ayant démarré sa carrière au début des années 90, Frédéric Bihel en a fait du parcours depuis Les héritiers du Soleil. Avec A la recherche de l'homme perdu, il réalise son meilleur album qui, plus qu'un hommage à Hergé et à Tintin au Tibet, serait presque une nouvelle aventure de Tintin. Ne lui attirons pas par là les foudres de Tintinimaginatio ! Hou là là ! Cet album est peut-être le plus bel aveu d'adoration qui n'ait jamais été fait à l'œuvre de Georges Remi. Augustin Berthin, le nom n'est pas innocent. Prononcez les syllabes finales. Tin-Thin, Augustin, c'est Tintin. L'homme qui l'accueille à Skardu dans le Nord-Pakistan s'appelle André Capitaine. Il porte une barbe noire et carbure au whisky. Ça ne vous rappelle personne ? Dès l'arrivée, ils sont pris en filature par deux flics dans une jeep. Tout lecteur de BD avisé a déjà vu circuler un duo de policiers dans ce type de véhicule. Le jeune Atesh, gardien de troupeau, qui s'est un jour blessé à la tête et que les fées ont fait tsangu, comprend à présent le langage des animaux. Tsangu, tsangu, ça sonne comme Tchang. Apparaît même plus tard un chien, mi-chien, mi-loup. Toutes ces références ne sont que les plus évidentes. Il y en a d'autres que tout un chacun pourra s'amuser à recenser.

 

© Bihel - Delcourt

 

Le trait crayon de Frédéric Bihel est une invitation au voyage. Les couleurs sombres sont teintées d'une lueur éloignée, un peu comme à l'inverse de ce qui peut se faire d'habitude. Il est plus habituel de voir des cases claires avec une tache sombre en fond symbolisant le mystère. Ici, c'est complètement l'inverse. Augustin cherche à atteindre le blanc, le blanc immaculé de Tintin au Tibet, comme si c'était Bihel lui-même qui tentait d'atteindre cette perfection hergéenne. Dans un tout autre style graphique que celui d'Hergé, dans une ligne pure, mais pas dans ce que l'on appelle la ligne claire, Bihel surprend, étonne et émeut à point rare dans ce qui peut se faire en bande dessinée. Attention, il n'y a pas que du Hergé dans cet album, il y a aussi du Cosey, du Frank Pé, du Kipling et du Verne. C'est de l'aventure-émotion.

 

© Bihel - Delcourt

 

Augustin part à la recherche de l'homme sauvage. Atteindra-t-il son but ? Bihel a en tous cas atteint le sien en signant un album remarquable, tant pour les tintinophiles que pour les autres. Il ne faut pas passer à côté de cet indispensable de l'année.

 

Laurent Lafourcade

 


One shot : A la recherche de l'homme sauvage

Genre : Quête de soi

Scénario, Dessin & Couleurs : Frédéric Bihel

Éditeur : Delcourt

ISBN : 9782413039112

Nombre de pages : 128

Prix : 24,95 €

 



Publié le 07/05/2023.


Source : Boulevard BD


Bd Best y Ă©tait pour vous ... Vernissage exposition LĂ©onie Bischoff

 

 

Dans le cadre des RDV BD 2023, la Maison Culturelle de Quaregnon vous présente l’exposition consacrée à l’artiste de bande dessinée Léonie Bischoff. Elle sera accessible gratuitement au public jusqu’au 10 juin 2023 pendant les heures d’ouvertures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A cette occasion, le grand public découvrira une série de planches inédites exposées.

 

Adresse exposition :

Centre culturel de Quaregnon

355 Rue Jules Destrée

7390 Quaregnon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une grande partie de l'exposition est consacrée au travail effectué sur la dernière parution de l'autrice. "La longue marche des dindes" paru aux Éditions Rue de Sèvres a remporté le Fauve prix Jeunesse Angoulême 2023.

 

 

 

© Bischoff – Karr – Rue de sèvres

 

 

 

© Bischoff – Karr – Rue de sèvres

 

 

 

© Bischoff – Karr – Rue de sèvres

 

 

 

© Bischoff – Karr – Rue de sèvres

 

 

 

© Bischoff – Karr – Rue de sèvres

 

 

La seconde partie de l'exposition fait la part belle aux planches éditées aux Editions Casterman.

 

 

 

© Bischoff – Casterman

 

 

 

© Bischoff – Casterman

 

 

 

© Bischoff – Casterman

 

 

Images : Alain Haubruge

 

 

 



Publié le 05/05/2023.


Source : Bd-best


Vaincre sa timidité. Petit Poilu 28 – T'inquiète, Suzette !

 

"Il est petit, il est poilu. C’est Petit Poilu ! Le v’là parti de bon matin. Le v’là parti et tout va bien. Mais ?... Que se passe-t-il ? ça se bouscule et tout bascule !"

 

 

 

 

 


                Comme tous les matins, Petit Poilu quitte sa maison, cartable au dos. On ne sait pas s’il va à l’école, mais en tous cas, on sait qu’il n’y arrivera jamais. Aujourd’hui, il s'est préparé tout seul parce que sa mère est fiévreuse. C'est qu'il devient autonome notre petit bonhomme. Voilà donc qu'il découvre en chemin un pendentif, puis des joyaux sur lesquels il bondit et rebondit, jusqu'à glisser vers un monde nouveau. Il rencontre Suzette, une jeune éléphante effrayée qui se réfugie derrière Tipotte, une grosse théière vivante. Petit Poilu s'avance pour se présenter. Si Tipotte l'adopte immédiatement, Suzette est d'une timidité maladive. Elle s'habituerait presque au nouvel arrivant, mais les trois singes du Makak Band la terrorisent. Ils sont pourtant si rigolos.

 

© Bailly, Fraipont - Dupuis

 

                Après l'épisode précédent dont le sujet était "apprendre à partager", c'est la victoire sur la timidité qui est au cœur de ce vingt-huitième épisode. La petite Suzette réussira-t-elle à aller au-delà de ses peurs ? Elle pourra en tous cas compter sur Petit Poilu pour l'y aider. Dans la période de laquelle nous sortons à peine, les tout-petits ont grandi dans un cocon surprotégé pour cause de pandémie. Ils n'ont pas eu cet apprentissage de la vie en société qu'ils auraient dû avoir et se trouvent à présent angoissés par la moindre nouveauté, envahis par une anxiété anormale les empêchant de profiter des petits plaisirs de la vie. Mais nul doute que ce coup de pouce de Petit Poilu pour Suzette va aussi les rassurer.

 

© Bailly, Fraipont - Dupuis

 

                Comme les précédents, cet album de Petit Poilu est merveilleux. Le décor style palais oriental avec piscine intérieur est idyllique. Le trio du Makak Band est craquant. Ces trois petits singes aux tons mauves et violacés sont  l'une des meilleures créations de la série, tous épisodes confondus. On rêverait de les revoir dans une autre aventure.

 

© Bailly, Fraipont - Dupuis

 

Céline Fraipont et Pierre Bailly tiennent avec Petit Poilu le classique de la bande dessinée pour les plus jeunes. Dans quelques années, il sera dans tous les livres d'Histoire de la bande dessinée comme la série vedette pour faire entrer les mini-kids dans le monde de la BD.

                Comme on l’a déjà dit, si vous passez à côté d’une série comme celle-ci, c’est que vous êtes malheureusement devenus adultes. Et ça, c’est grave parce que ça ne se soigne pas.

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Petit Poilu

Tome : 28 – T'inquiète, Suzette !

Collection : Première BD

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Céline Fraipont

Dessins & Couleurs : Pierre Bailly

Éditeur : Dupuis

ISBN : 97910347660

Nombre de pages : 32

Prix : 10,50 €

 


 



Publié le 04/05/2023.


Source : Boulevard BD


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2023