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Des sapins qu’ont du look, si t’y mets des artbooks #3: Une vie à schtroumpfer, et retrouver l’odeur de la salsepareille et de la magie inépuisable

Sous le sapin, des livres à foison. Et la BD n’est pas en reste au gré de rééditions augmentées et festives mais aussi d’albums faisant la part belle aux coulisses et au making-of. Des artbooks qui invitent à prolonger l’expérience d’un album trop vite dévoré, par exemple, à découvrir un artiste autrement. Dans cette revue, nous en évoquerons quelques schtroumpfs. Et c’est ainsi qu’arrive un incontournable un must-see et read : Une vie à schtroumpfer, nouvelle prouesse de Vincent Odin et fabuleux hommage au travail d’un génie de la BD.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Peyo

 

Résumé de l’éditeur : Les Schtroumpfs ont 60 ans ! Une Vie à schtroumpfer est la biographie en images d’un géant de la bande dessinée franco-belge, créateur de trois grandes séries d’humour et d’aventure, et qui fut également, à partir des années 1970, au centre d’un phénomène de société unique dans la BD européenne : le succès planétaire des Schtroumpfs, grâce aux dessins animés, au merchandising et aux super-productions hollywoodiennes.

 

 

 

 

© Peyo

   

 

(…) Le langage schtroumpf pose pas mal de problèmes, il faut savoir l’utiliser  pour qu’on y comprenne quelque chose. Si je vous dis, par exemple : « J’ai un schtroumpf », cela ne signifie rien. Mais si je dis: « Il ne fait pas chaud, je crois que j’ai attrapé un schtroumpf », tout devient clair. (Peyo)

 

 

 

 

 

© Peyo

 

Seule exception à la règle ? « Une vie à Schtroumpfer ». Quel beau titre pour, sans équivoque, dire beaucoup de chose. Un talentueux fourre-tout qui peut signifier : une vie à créer, à rire et à chanter, à positiver dans un monde de brutes, à dynamiter les cases, à animer, à s’aventurer, à rêver et à rerêver. Une vie à Schtroumpfer, quoi ! Pour, en 368 pages d’une biographie en images comme seules les Éditions Daniel Maghen (et Vincent Odin, le chef d’orchestre) savent les faire, approcher le mythe Peyo et une histoire de petits hommes bleus, de chevaliers, de petit gamin fort comme un bodybuilder ou d’autres chats domestiques qui a marqué le Neuvième Art à nul autre pareil. Et bien plus encore.

 

 

 

 

© Peyo

 

L’histoire a commencé comme pour tous les gamins qui dessinent dans les marges de leurs cahiers scolaires et qui se font rappeler à l’ordre par leurs instituteurs qui n’y comprennent rien. Monsieur Mine, en l’occurrence, qui tenta bien de balayer les premiers exploits du jeune Pierre Culliford (oui oui, un descendant de pirate !) d’un sardonique : « Culliford, vous n’avez aucun avenir pour le dessin ». La rengaine est connue et toutes les chansons ne sont pas bonnes à chanter. C’est ainsi que celui qui ne s’appelait pas encore Peyo (Pierrot mâché par un cousin) allait persévérer. Sous influence, d’abord, de Disney et de Hergé. Avec des cowboys, des pirates, les aventures d’un Tintin qui avait pris le costume de Nestor et face à un savant déjà fou. L’épopée des premières esquisses avant une marge de progression dingue, une explosion de talent qui allait bousculer le Moyen-Âge fantastique mais aussi Vivejoie-la-grande, les pages du Journal de Spirou, la vie de millions de petits et grands enfants… et la vie de plusieurs héritiers considérés, dans un atelier d’un nouveau genre, comme des stagiaires de plus ou moins longue durée plutôt que comme des esclaves poussés au stakhanovisme. Walthéry, Francis, De Gieter… Dans et au-delà des planches, Peyo est incontournable.

 

 

 

 

© Peyo

 

 

 

 

© Peyo

 

Et ce papier, vieilli et tellement enrichi, accrocheur, nostalgique et vivifiant, lui rend tellement hommage. Au fil des pages et des nombreux trésors, Peyo se raconte, à la première personne. Un témoignage de première schtroumpf qui donne encore plus d’authenticité à cet ouvrage remarquable. Les anecdotes filent, lacunaires (Peyo ne s’est pas beaucoup prêté au jeu des interviews) pour mieux laisser le lecteur imaginer… une nouvelle fois. Chronologiquement, il fait le voyage d’une oeuvre, porté par le courant d’un fleuve de créativité intarissable, inestimable.

 

 

 

 

© Peyo

 

 

 

 

© Peyo

 

Peyo l’avoue, il s’est pris pour le Père Noël, faisant croire à des enfants que les Schtroumpfs existaient vraiment. Dans cet atelier qui fait ses portes ouvertes sur près de 400 pages, qui n’y croiraient pas. À tel point que, comme souvent quand un personnage devient incontournable, Peyo ne croyait pas plus que ça à ses petits hommes bleus et facétieux. Le choix fut cornélien et l’auteur fut obligé, prisonnier volontaire et tout de même content, de se consacrer au village schtroumpfois qui résiste encore et toujours au Gargamel-envahisseur. Quand l’amour du lecteur pour un personnage est encore plus fort que celui de son auteur !

 

 

 

 

© Peyo

 

Véritable ouvrage somme qui n’oublie rien et laisse planer l’odeur de la salsepareille, Une vie à Schtroumpfer va de l’amont à l’aval, fourmillant de dessins, de crayonnés sommaires aux planches monumentales et travaillées sans oublier quelques calques qui permettent au lecteur de schtroumpfer son bonheur et de faire de la magie en faisant apparaître les couleurs sur les schtroumpfs. Comme par enchantement. Et Peyo, c’est ça, comme l’on dit d’autres que moi, un enchanteur, un formidable créateur, honnête et fidèle, pas présomptueux et modeste. Un adorable schtroumpf parti beaucoup trop tôt. Mais, c’est grâce à ce genre d’ouvrage que le rêve continue.

 

 

 

 

© Peyo

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Une vie à schtroumpfer

Beau-livre

Réalisation : Vincent Odin (avec la collaboration de Walthéry et José Grandmont)

Genre : Artbook, biographie

Éditeur : Daniel Maghen

Collection : Biographie en images

Nbre de pages : 367

Prix : 59€



Publié le 29/12/2018.


Source : Bd-best


Les beaux étés, même en hiver, Zidrou et Jordi Lafebre sont toutes saisons et éclairent un peu plus notre Noël

Vous avez passé un bon réveillon, une joyeuse journée de Noël ? Oui, tant mieux, on vous souhaite plein de bonnes choses. Et l’une des meilleures qui pourraient vous arriver, c’est le nouveau tome hors-série et moins estival que jamais des Beaux Étés. Faisant une infidélité au principe directeur des aventures de la famille Faldérault, Zidrou et Jordi Lafebre changent de saison et s’emmitouflent pour prendre la route des vacances dans le froid et en privilégiant le soleil intérieur sous la pluie qui ne rendra pas ce Noël blanc. Un conte d’époque malgré tout.

 

 

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud
 

 

Résumé de l’éditeur: La fin de l’année 1979 approche doucement. Les Faldérault ne peuvent pas dire qu’ils en gardent un bon souvenir : Madeleine déteste aussi bien son travail de vendeuse de chaussures que la femme qui l’a engagée, cette pingre de Delmotte, et Garin a proposé à Pierre de reprendre la série « Zagor », celle-là même que Pierre ne peut décidément plus voir en peinture ! Bref, il est vraiment temps que l’année se termine ! Pour se changer les idées, les Faldérault décident de fêter Noël au soleil ! Néanmoins, toute la petite famille ne sera pas de la partie puisque Julie-Jolie reste à la maison pour préparer ses examens. Ce n’est pas non plus du goût de Louis qui avait prévu d’assister au concert de Pink Floyd à Londres et dont les plans sont bouleversés à la dernière seconde. Les voilà donc partis pour des vacances qui s’annoncent mouvementées… surtout lorsque Louis décide de fuguer en cours de route…

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Tous et tout de vert vêtus, la Famille Faldérault fait le sapin sur la jaquette de la première édition de cet album. En dessous, en soulevant délicatement (pas comme vous avez ouvert les emballages de vos cadeaux, hein!) cette jaquette, sur la couverture originale, c’est la ruée vers on ne sait trop quoi. Vers l’ivresse des départs en vacances même quand l’été est un lointain souvenir vu de notre Belgique qui a mis ses habits de grisaille. Et il y a de la route jusqu’au soleil. Ni une ni deux, les bagages sont vite prêts et le moteur reconnaissable entre mille de la rutilante 4L de la famille vrombit.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Mais, à l’approche de Dijon, la moutarde monte au nez de Louis. « We don’t need no education, We don’t need no thought control… » … Et Louis n’a pas besoin de vacances non plus, juste d’une permission pour aller voir Pink Floyd à Londres ! Et résolu à n’en faire qu’à sa tête puisqu’il a tout de même son entrée, Louis fait le mur et prend la poudre d’escampette. « Leave our kids alone ».

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Portrait de la famille éphémère et recomposée comme Noël en a le secret, ce cinquième tome un brin hors-série cultive une nouvelle fois l’amour des portraits des personnages typés et attachants dont la rencontre est provoquée par le hasard. En plus de l’alchimie entre les mots de Zidrou et le trait si vivant et plus vrai que nature de Jordi Lafebre.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Il y a là des parties de cartes, des portions de frites, un homme et son chien, des piliers de comptoir, un homme et ses chiens, une camionneuse rêveuse et des douaniers un rien festifs, du multiculturalisme et le choc des cultures entre Patrick Hernandez et Roger Waters. Après le dessert, ça se mange sans faim, voilà un délicieux moment à partager sans relâche. On ne vous parlera jamais assez du pouvoir effervescent et si plein d’amour de cette série tellement généreuse qu’elle fait oublier tous les soucis.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Les beaux étés

Tome : 5 – La fugue (1979)

Scénario : Zidrou

Dessin : Jordi Lafebre

Couleurs : Jordi Lafebre et Mado Peña

Genre : Chronique familiale, Humour, Feel Good

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 48 (+ 6 pages de conte illustré pour la première édition)

Prix : 14€



Publié le 28/12/2018.


Source : Bd-best


Finir l'année 2018 avec des BD sexy, c'est par ici que ça se passe !

Pourquoi bouder son plaisir en cette fin d'année? La rédaction vous conseille de vous offrir les masters séries parues chez Graph Zeppelin et consacrées à Vampirella. Le volume suivant est dédié à James Robinson, un scénariste de BD britannique connu pour sa participation à la série Justice Sociéty et le personnage de Starman co-créé avec Tony Harris of américa et Joe Jusko, un dessinateur américain, illustrateur de couverture pour Heavy Metal, Marvel et DC.

 

Tout commence par une histoire d'amour contre nature entre une vampire et un humain : Vampirella et Adam Van Helsing. Après avoir été brutalement assassinée par Maîtresse Nyx, pour cet amour interdit, Vampirella renaît avec une nouvelle mission : traquer tous les vampires et tuer ses semblables pour expier sa faute. Mais arrivera-t-elle à accomplir sa mission ? Arrivera-t-elle à faire un choix entre son amour pour un humain et son désir de sang ? Porté par le scénario de James Robinson et le dessin incroyablement réaliste de Joe Jusko, cet album est le deuxième volume de la nouvelle collection de Graph Zeppelin dédiée au personnage charismatique Vampirella.

 

James Robinson, est un scénariste britannique de bandes dessinées connu pour son intérêt pour les objets de collection et souvenirs vintage. Il est connu pour sa participation à la série Justice Society of America (La société de justice d'Amérique), en particulier pour le personnage de Starman qu'il a co-créé avec Tony Harris. Joe Jusko, peintre et dessinateur est un artiste américain talentueux connu pour son style de peinture réaliste. Après avoir étudié à la High School of Art and Design, il devient assistant de Howard Chaykin. A 18 ans il illustre la couverture du magazine Heavy Metal. Très inspiré par l'art de John Buscema, il a réalisé de nombreuses couvertures pour Marvel et DC.

 

Cet ouvrage regroupe les épisodes Vampirella / Dracula: The Centennial (1997) OGN SC, Vampirella: 25th Anniversary Special (1996) OGN SC, Vampirella: Blood Lust (1997) #1 soit en français: Soif de sang, Si Différents et Vampirella contre Draculla.

 

Vampirella est un personnage créé en 1969 par Forrest J. Ackerman et Frank Frazetta, issu d'un autre monde, à la fois vampire et protectrice des humains, icône féministe. Elle fut très célèbre dans la France des années 70 et précurseur d'un genre nouveau d'héroïne de BD, littérature et cinématographique.

 

La préface est signée James Robinson datant de juillet 1997 (préface de l'édition originale).

 

Vous trouverez donc dans cet album en bonus, la confrontation entre Dracula et Vampirella et deux aventures dessinée par Ray Largo et Rick Mays avec James Robinson au scénario.

 

Vampirella par James Robinson Master Series (VF)

Scénario : James Robinson

Dessin : Joe Jusko

Édité par :  Graph Zeppelin

Prix :  16 €

 

 

 

 

 

 

 

Continuons avec ce tome 2 de la Belle et la bête "L'ultime pétale". L'éditeur à entreprit cette parution suite au succès de Cendrillon et Blanche neige.

 

Résumé : Mirabelle, perdue en forêt, a été recueillie par le seigneur d'un château isolé frappé d'une terrible malédiction. La Belle, en fréquentant la Bête, s'en éprend et va tout tenter pour le libérer de son sort. La Belle et la Bête, un des plus beaux contes, raconté par le scénariste et dessinateur Trif, passé maître dans la réadaptation de contes pour les grands.

 

Trif est une dessinateur-scénariste vivant à Rome et sortit de la Scuola Romana del fumetto. Après cendrillon et blanche neige réalisés pour Tabou édition, il entreprend de nous donner sa version à l'érotisme léger de la Belle et la bête. Son graphisme est soigné, le découpage et la mise en scène précise agrémentée des couleurs chatoyantes d'Andrea Celestini. Nous restons donc dans une adaptation ou la morale de l'histoire originale est bien gardée, point de prétexte ici à une gaudriole effrénée. l'ensemble est très plaisant et respecte bien les codes. Un choix et un coup de cœur de la rédaction.

 

Titre : La Belle et la Bête Tome 2 - L'ultime pétale

Auteur : Trif

Coloriste : Andrea Celestini"

Éditeur : Tabou Éditions

Prix : 19 €

EAN : 9782359541359



Publié le 28/12/2018.


Source : Damien Caste


Des sapins qu’ont du look, si t’y mets des artbooks #2: Vintage and badass, original et frontal; le cinéma des méchants, les vrais !

Sous le sapin, des livres à foison. Et la BD n’est pas en reste au gré de rééditions augmentées et festives mais aussi d’albums faisant la part belle aux coulisses et au making-of. Des artbooks qui invitent à prolonger l’expérience d’un album trop vite dévoré, par exemple, à découvrir un artiste autrement. Dans ce passage en revue, nous en évoquerons quelques-uns. Après avoir exploré le fantastique, on retourne dans l’esprit polar, noir comme jamais, fort de café et d’insomnie, pour s’immiscer dans l’imaginaire de Tyler Cross, ou plutôt celui, touffu et de longue haleine, qui a mené à la création de ce héros pour un public averti, cinéphile ou en voie de l’être.


 

 

 

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : Chaque Tyler Cross puise une large partie de son imagerie dans une poignée de films qui traitent de l’univers précis dans lequel ils se déroulent. Fabien Nury et Brüno réunissent dans ce superbe livre toutes les inspirations scénaristiques et iconographiques qui ont procédé à la création de leur gangster. 76 chroniques illustrées qui dessinent en creux une certaine vision de l’Amérique et de ses mythologies, mais surtout une véritable déclaration d’amour au genre noir.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

À l’heure où je suis convaincu que la Culture nous sauvera et nous éduquera plus que l’Économie, les politiques et le populisme aux lois mortifères et appauvrissantes (intellectuellement); je plaide pour qu’un quota de jours de congés universels soit mis à disposition de tout un chacun en vue de se cultiver au fil d’oeuvres fondamentales et incontournables dans tous les domaines, les formats, les médias et les genres. Deux ans de vacances, par exemple, ce ne serait pas de trop. On pourrait ainsi, comme la télévision publique belge, faire dresser des listes des films, livres, spectacles à voir absolument. Au niveau des films noirs et des polars, Fabien Nury et Brüno ont fait leur part du travail. Et ma proposition ci-dessus n’est pas innocente : c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour engloutir la sélection drastique et pourtant bien fournie que proposent ces deux passionnés de ligne noire, sanglante mais aussi sociétale.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Alors que Brüno est coutumier du fait, après avoir donné vie au numéro de la petite BDTK des savoirs dédié au Nouvel Hollywood; pas de bis repetita : le tandem explore un cinéma bien plus sombre et profond, amoral et incisif, fait de chefs-d’oeuvre oubliés et datés et pourtant intemporel et inoubliable. Tellement que Tyler Cross leur doit beaucoup et que la maestria des deux auteurs est d’autant plus spectaculaire qu’elle est nourrie par ses aînés, sans gêne d’adapter le génie des précurseurs à une bande dessinée on ne peut plus cinématographique (visez la couverture de cet album hors-série).

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Ainsi, dans les 200 pages vintages and badass, Fabien Nury, et son sens si particulier, poivré et salé, de la formule (jusqu’à un épilogue complètement fou), nous entraîne dans un monde que les moins de quarante ans peuvent ne pas connaître. Dans le Neuvième Art tel que conçu par des cinéastes qui en avaient, les Sturges, Wise, Powell, Argento, Chabrol, Sautet ou encore le Mann de la grande époque, et incarné par des héros (parfois malgré eux) auxquels Humphrey Bogart, Lee Marvin, Lino Ventura,  Paul Newman ou Charles Bronson ont prêté leurs légendaires traits.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Et tant qu’à parler de trait, dans ce parcours d’artistes de papier et cette récréation, Brüno en appelle à ses souvenirs et ses émois de grand écran pour réinventer un monde fait de guns, de bolides, de tronches cassées et de suspense. C’est d’autant plus appréciable dans un format qui gagne en surface par rapport au volume de la BDTK (cette nouvelle incursion dans le  savoir cinéphile est quasiment quatre fois plus grande), Brüno a les moyens de ses ambitions et de cette collision d’univers. Dans des affiches revisitées, des double-planches qui tuent, des images chocs qui choquent, le dessinateur fait ce qu’il fait de mieux : son dessin lorgne vers la sérigraphie qui percute et vise droit nos rétines, tantôt en noir et blanc mais aussi en couleurs tranchantes et punchy. C’est du gros calibre. Et quitte à passer outre le cran d’arrêt de la technologie, on verrait bien toutes ses images faire un fameux quiz à la manière des jeux de logo qui faisaient fureur il y a quelques années sur les smartphones. Après Logorama, c’est un peu Polarorama, et ça a de la gueule !

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Et en osmose, comme un poisson dans une mare de sang, Fabien Nury n’est pas une petite frappe et profite des élans graphiques de son compagnon pour imager son écriture et raconter les films sans trop en dire. C’est fleuve, écrit comme on parle, pertinent et percutant. Mais, surtout, cet album n’est pas un produit dérivé de Tyler Cross. Non, ça participe à sa légende, lui qui est bien trop taiseux que pour dire d’où il vient. Cette somme de films, c’est son corps, ça le nourrit, ça fait de lui un être au physique emprunté et à la mémoire tortueuse, schizophrénique tant il doit à bien des illustres prédécesseurs. À l’heure où, dans tous les domaines, on crie au plagiat, Nury et Brüno rient au nez de ceux qui leur feraient un procès d’intention : bien sûr que Tyler Cross, en son âme et conscience mais aussi dans ses décors et ses contextes, ressemblent à d’autres. Mais c’est dans l’association de toutes ses inspirations, férues et pointues, totalement digérées, que Tyler Cross devient quelqu’un (pas quelqu’un de bien), original et frontal, une anomalie au XXIe siècle.

 

 

 

 

© Nury/Brüno chez Dargaud

 

Avec une telle liste de films à voir, à s’enivrer, on n’est pas sorti de l’auberge et du traquenard. De quoi augurer de nombreuses et infinies soirées dans une ambiance qui n’a plus cours. Pas tellement celle des héros, des vrais; mais des mauvais, les vrais.

 

Alexis Seny

 

Titre : Vintage and badass

Sous-titre : Le cinéma de Tyler Cross

Textes : Fabien Nury

Dessin et couleurs: Brüno

Genre : Anthologie, Artbook, Cinéma

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 184

Prix : 29,99€



Publié le 27/12/2018.


Source : Bd-best


 Des sapins qu’ont du look, si t’y mets des artbooks #1: ça va darder et ça t’en boucq un coin

Sous le sapin, des livres à foison. Et la BD n’est pas en reste au gré de rééditions augmentées et festives mais aussi d’albums faisant la part belle aux coulisses et au making-of. Des artbooks qui invitent à prolonger l’expérience d’un album trop vite dévoré, par exemple, à découvrir un artiste autrement. Dans cette revue, nous en évoquerons quelques-uns. On commence avec un artBoucq au pays de Frédéric Dard.

 

Résumé de l’éditeur : Un beau-livre conçu dans les règles de l’art présentant l’ensemble des 103 originaux réalisés à l’aquarelle par François Boucq pour les nouvelles couvertures des romans de San-Antonio écrits par Frédéric Dard, le créateur du mythe. Chaque original étant reproduit à un format lui rendant hommage.

 

 

 

 

© Boucq

 

 

 

 

© Boucq

 

En septembre, Dupuis annonçait l’acquisition des Éditions Champaka, issues des galeries du même nom. Une nouvelle aventure éditoriale qui, couplée à la trentenaire collection Aire Libre, entendait proposer une expérience de la BD sortant des planches et invitant à parcourir une véritable galerie d’art au fil des pages de ces ouvrages de luxe sans pour autant être hors de prix. Le prix à payer pour entrer dans l’intimité de l’auteur, découvrir son talent sous d’autres facettes et contempler des oeuvres inédites qu’on n’aurait pas toujours su s’acheter. Très vite, des noms et des premiers titres ont été annoncés et, à quelques semaines de Noël, Dupuis a ouvert le bal.

 

 

 

 

© Boucq

 

 

 

 

Le projet refusé © Boucq

 

Et quel bal quand c’est Bérurier qui mène la danse. Avec plus de graisse que de grâce et une bonhommie que le cinéma n’a jamais réussi à incarner avec authenticité. Cette authenticité et cette intensité sans temps mort, c’est François Boucq qui l’a trouvée, l’a campée et a fait date de son dessin si expressif et protéiforme. Parce que cet auteur sacré est pointu et renseigné, ne prend pas les expériences qu’on lui propose par-dessus la jambe. C’est ainsi qu’il y a près de vingt ans, le papa de Jérôme Moucherot s’est vu proposer l’illustration et l’incarnation des aventures de San Antonio, nouvelles et anciennes de Dard père et fils, par le biais de couvertures. Ne laissant rien au hasard, le dessinateur s’était ainsi lancé dans la lecture de ces romans rocambolesques pour mieux y adapter son art. Mission impossible quand on voit la pléthore d’enquêtes qu’ont connues San Antonio et son fidèle Bérurier. Mais l’implication et la volonté y étaient. Des deux côtés, à en croire Patrice Dard qui explique ainsi que si les écrits ont, forcément influencé Boucq; l’auteur BD et sa manière de voir les choses ont aussi pesé dans la balance au moment où Patrice voulait se lancer dans de nouvelles péripéties. Cet Artbook est ainsi nourri d’éclairages bien utiles, comme cette interview de Frédéric Dard par Antoine de Caunes.

 

 

 

 

© Boucq

 

Il y a dix ans, le travail avait ainsi été exposé pour les soixante ans de ce héros iconique des polars déviants à la française. Et à moins d’avoir dans sa bibliothèque la collection complète ou presque de ces aventures farfelues ou d’avoir mis la main sur l’artbook sorti à cette époque, il était bien difficile de faire la somme de tout le travail accompli par Boucq sur cette saga. Cet album avec jaquette et soigné (Bérurier n’a pas encore eu le temps de tout saloper, profitez-en) le permet, nous baladant dans des intrigues incroyables qu’un seul dessin essaie de résumer. Le défi est là et, avec toute la maestria qu’on lui connaît, Boucq s’en acquitte avec brio. Sans Antonio est effacé, Bérurier est dans tous ses états et ça marche du tonnerre. L’aquarelle suit le mouvement, ne le lésinant pas sur le « haut en couleur » et les déguisements. Le dessin est entraîné par les titres décapants et gonflés des Dard’s et ça a mille saveurs ! On n’a pas encore le texte, mais on a le son et lumière.

 

 

 

 

Couverture de la version collector © Boucq

 

Alexis Seny

 

Titre :San-Antonio

Artbook

Auteur : Boucq

Genre : Recueil

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre/Champaka Brussels

Nbre de pages : 200

Prix : 28,95€



Publié le 25/12/2018.


Source : Bd-best


Spirou 4211 -   26 Décembre 2018

Cédric : Bonne année 2019 !

 

            Alors que Cédric  fait une boum en couverture pour fêter la Saint-Sylvestre, on va apprendre comment se sont passées les premières années de la vie de couple de ses parents.

 

 

 

 

 

 


            Hugo, l’humain de Roger, fait une conférence, et les ménagères d’Isa défendent leur cause. Hilarant…comme d’hab !

            Pendant ce temps, Boni et ses compatriotes, pour la bonne année, se baladent dans les marges du journal.

S’il y a des numéros à ne pas manquer, celui-ci en fait partie car il contient le traditionnel et magnifique calendrier.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

© Carbone, Gijé - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Enigma

Kid Noize : L’homme à la tête de singe

Natacha : Sur les traces de l’épervier bleu

Pebble’s Adventures

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Tous pareil

Ménagères (Les) : La cause des ménagères

Roger et ses humains : La conférence

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Agent 212 (L’)

Boni

Cramés !

Crapule

Entretien d’ébauche

Game Over

MiniMythes (Les)

Minions (Les)

Page 2 (La)

Nelson

Rob

Zeu Bestioles

 

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Laudec et Cauvin

En direct de la Rédac

Jeux : Saint-Sylvestre à la rédac’

 

 

 

© Fortin – Dupuis 

 

 

 

En kiosques et librairies le 26 Décembre.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 22/12/2018.


Source : Bd-best


Très courageux de jouer les chevaliers, mais à un moment, il faut tirer !  Texas Jack

 

            « - Bienvenue… Bienvenue, mesdames, messieurs et mesdemoiselles, petits et grands enfants. Bienvenue dans l’Ouest sauvage !! Alors, accrochez-vous à vos bancs, à vos voisins, à vos voisines, à tout ce à quoi vous pouvez vous accrocher, car le spectacle commence ! Car le spectacle a commencééééééééééé !! »

 

 

 

 

 

 

 

            Texas Jack, Amy O’hara, Wild Ryan Greed et Kwakengoo sont en piste sous le grand chapiteau. Les gradins sont combles d’un public familial excité d’assister à un spectacle de professionnels de la gâchette.

             A l’extérieur, la situation est moins attrayante. Le Wyoming  est gravement menacé par une bande de pillards commandée par un certain « Gunsmoke ». Des familles entières de colons sont décimées. Tueries, pillages, incendies parsèment le parcours de la horde mortelle. Le perfide gouverneur Archie Roy Passendale a joué à un jeu dont il a perdu le contrôle.

            Texas Jack serait-il l’homme de la situation pour barrer la route de Gunsmoke ?

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            Pierre Dubois aime les histoires cruelles. Spécialiste des elfes, trolls et autres petits peuples, l’homme livre ici un récit réel et violent. L’absence de fantastique le rend encore plus effrayant. Une bonne histoire se reconnaît à un bon méchant. Gunsmoke est redoutable, irrécupérable, pathétique, sans peur et sans reproche.

            Le récit est dense et fourni, mais souffre de quelques longueurs. La méthode Van Hamme qui consiste à raccourcir en une planche une séquence de cinq n’a pas été appliquée. On aurait pu y gagner en efficacité.

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            L’idée de retrouver dans un prequel le Marshall Sykes aux trousses de Gunsmoke est un écho au one shot précédent des mêmes auteurs.

            La conclusion est en deux temps. Là aussi, la question de l’efficacité se pose. Il est impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler, mais le mot fin inscrit plus tôt, avec un second final en guise de post-scriptum aurait eu plus d’impact, comme un bonus poétique d’après-générique.

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            Dimitri Armand est plus que légitime dans le domaine du western. Dubois lui offre l’opportunité d’étaler son talent dans des scènes d’action et des paysages contemplatifs. Le dessinateur n’a pas peur de faire pétarader les colts et de montrer du sang. Il fait entrer Texas Jack dans une aventure tarantinesque. La tuerie d’Eagletown étalée sur une double page semble tout droit sortie d’un film du réalisateur de Django Unchained

 

 

 

 

 

© Dubois, Armand – Le Lombard

 

 

 

            Texas Jack est un cousin de Buffalo Bill. C’est un petit garçon dans un monde de brute, un Frodon qui possède la clef pour libérer un monde. Au milieu d’une boucherie innommable, jusqu’où cet homme innocent mais lucide aura-t-il la force de mener la mission qu’on lui a confié ?

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Texas Jack

 

Genre : Western 

 

Scénario : Dubois

 

Dessins & Couleurs : Armand

 

Éditeur : Le Lombard

 

Collection : Signé

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 20,50 €

 

ISBN : 9782803671700

 

 



Publié le 18/12/2018.


Source : Bd-best


Prends garde à toi, Docteur Livingstone.  Max l’explorateur

            «  C’est un mécanisme le strip, c’est une façon de penser. C’est 1,2,3. C’est tout. On entre, on fait quelque chose, on sort. Un début, un milieu, une fin. Mais le problème, c’est qu’entre le début, le milieu et la fin, c’est le temps d’un claquement de doigts ».

            François Corteggiani

 

 

 

 

            Max l’explorateur et son créateur Guy Bara sont à l’honneur de ce pavé hommage à un artiste injustement oublié et à son personnage fétiche. L’album raconte la vie de Bara et propose une large sélection des meilleurs strips de Max.

 

            Fils de diplomate, Guy Bara naît à Riga en Lettonie en 1923.

 

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis


 

 

            De la famille des Peynet, Sempé, Trez ou Lassalvy. il publie dans divers journaux parisiens et notamment la revue médicale Ridendo, concentré d’humour de salle de garde. Au milieu des années 50, Bara tombe malade et doit rester chez lui pour une longue convalescence. C’est à ce moment-là qu’il créé le personnage de Max l’explorateur. Le 31 mars 1955, il devient une vedette du poids lourd de la presse de l’époque : France-Soir, plus fort tirage et plus forte vente de tous les journaux français.

 

            Max l’explorateur, comme son nom l’indique, est le cliché de l’explorateur. Il vit des aventures sous forme de strips sans parole, laissant une large place à la poésie. Il a un short et un casque colonial.

 

 

 

 

© Bara - Dupuis


 

 

            Certaines situations reviennent comme des marronniers. Ainsi, on retrouvera plusieurs fois Max en train de gravir l’Everest, d’avoir fort à faire avec l’écho de sa voix, de tenter de quitter une île déserte, … A chaque fois, les chutes sont différentes.

 

Max l’explorateur vit en pleine période de la décolonisation, mais il est plus proche de l’aventurier du XIXème siècle que du touriste moderne. Haroun Tazieff, Alain Bombard et Maurice Herzog ont trouvé leur alter ego.

 

            Max fit les beaux jours du Journal de Spirou de 1964 à 1985.

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 

 

 

            Pour Philippe Bercovici, Bara a créé une complicité avec ses lecteurs, maintenant avec eux le fil de la communication. Selon Anne, sa seconde épouse, son cartooniste de mari était le Raymond Devos du crayon, avec des dessins souvent plus touchants que comiques. L’homme était un rêveur, un optimiste naîf. Il n’aimait pas les héros.

 

Trez explique que Bara mettait beaucoup de lui dans ses dessins : « On ne dessine que ce qu’on est. ». Pour Corteggiani, Guy était curieux. Il n’était pas militant : « Max est un clown, il n’a pas de nez rouge mais un chapeau blanc, il est balancé dans un monde d’une certaine époque. »

 

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 

 

 

Contrairement à Franquin, Guy Bara dessinait en dilettante. Il n’était pas un gros bosseur. Avec Jijé, Bara proposa une série à quatre mains pour le magazine Paris-Flirt, mais elle ne vit malheureusement jamais le jour.

 

Le génial Maurice Rosy, ainsi que Vicq, a tenté une incursion dans le monde de Max et de Bara. Il les a embarqués dans du grand format classique, de longues histoires en paroles. Ces deux grands récits n’ont pas rencontré le succès escompté. Bien qu’honorables, ce n’était plus du Max. Bara ne se sentait pas à l’aise dans les idées des autres.

 

 

 

 

 

© Bara - Dupuis

 


 

Le dernier chapitre de ce bel ouvrage est consacré à l’humour noir. On y raconte comment Bara, après l’échec de son transfert au Journal Tintin, a tenté de créer un périodique de dessins d’humour. L’histoire s’achève par la production de quatre cents micro-épisodes de Max l’explorateur en dessin animé au milieu des années 80 et la retraite de son créateur dans le sud de la France.

 

On en trouve quelques-uns cachés sur la toile, mis en ligne par un fan grec, en suivant les liens ci-dessous. La qualité des copies n’est pas toujours au rendez-vous mais on voit que l’esprit y est bien conforme à celui des strips.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La saga de Max s’achève en 1997 après 13000 strips. Son langage universel lui a permis de conquérir de nombreux pays.

 

Guy Bara, à l’instar de Charles Degotte, Paul Deliège ou Jacques Devos, fait partie de ces artistes de second plan qui ont contribué à ce qu’est la bande dessinée aujourd’hui. Il est grand temps que des livres comme celui-ci remettent ce type d’artistes sur le devant de la scène.

 

 

Laurent Lafourcade (500ème !)

 

 

One shot : Max l’explorateur

 

Genre : Humour poétique 

 

Scénario & Dessins : Bara 

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 376 

 

Prix : 55 €

 

ISBN : 9782800161822

 



Publié le 17/12/2018.


Source : Bd-best


2018 au pied du sapin. La sélection de l’année par BD-Best.

 

 

            Comment choisir 10 albums sur une année de lecture de plus de 300 titres ? Forcément, le résultat est subjectif, mais il est là. Voici donc, sans classement, la sélection des dix albums retenus pour vous et qu’il est encore temps de déposer au pied du sapin.

 

 

 

 

 

 

© Duhamel - Bamboo

 

 

Une histoire tendre et émouvante sur le temps qui passe.

Jamais

 

Madeleine, nonagénaire aveugle, n’a pas, mais alors pas du tout, l’intention de quitter sa petite maison surplombant la falaise de calcaire sur les hauteurs de la ville. La veuve vit avec son chat. Elle n’a jamais fait le deuil de son mari, lui parle, lui fait à manger, comme s’il était toujours présent. Le problème est que la falaise s’effrite. De jour en jour, le jardin de Madeleine s’effondre et sa maison se rapproche du précipice. Il en va de la responsabilité de Monsieur le Maire. Celui-ci ne voudrait pas avoir la mort de la mamie sur la conscience.

 

Bruno Duhamel livre une histoire tendre et émouvante dont les maîtres-mots sont érosion, vieillesse, solitude, … La falaise s’effrite et s’érode, comme la vie de Madeleine. La falaise vieillit, mais, tant bien que mal, tient encore debout, comme Madeleine. La falaise est seule, seule face à la mer qui la ronge, seule comme une veuve qui refuse la disparition de sa moitié, qui refuse de quitter sa maison.

 

Les « Poc Poc » de la canne blanche de Madeleine sur les chemins de la côte normande continuent de résonner une fois l’histoire terminée… Ecoutez-les, on les entend.

  

One shot : Jamais 

Genre : Chronique de la vie

Scénario, Dessins & Couleurs : Duhamel

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 54

Prix : 15,90 €

ISBN : 9782818943816

 

 

 

© Evrard, Morvan, Trefouël, Walter - Glénat

 

 

Une œuvre de mémoire émouvante aux larmes. Incontournable.

Irena 3- Varso-vie

 

Comme 2500 autres enfants juifs, Oliwka est une miraculée…parce que le destin l’a mise sur la route d’Irena Sendlerowa. Personnage exceptionnel de l’Histoire du monde, cette femme les exfiltra du ghetto de Varsovie au péril de sa vie pendant la seconde guerre mondiale.

 

Depuis trois tomes, les auteurs nous racontent la vie d’Irena. On va la suivre ici de 1944 à nos jours. On souffrira avec elle dans les geôles nazies, on sera meurtris comme elle par les coups des bourreaux. Mais on apprendra aussi que la fin de la guerre ne coïncidera pas avec la fin des ennuis pour les juifs d’Europe de l’Est.

 

Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël écrivent une œuvre de mémoire qui émeut aux larmes. Toute l’horreur de la déportation est dépeinte avec une force percutante, enveloppée par le trait faussement enfantin de David Evrard. L’association donne un résultat parfait.

 

Les pots de confiture d’Irena Sendlerowa sont des fils d’Ariane qui donnent du goût à des vies dévastées qui auraient pu se terminer en tragédies, mais qui ont été sauvées par la grâce d’une femme d’exception.

 

 Série : Irena

 Tome : 3- Varso-vie 

Genre : Drame historique

Scénario : Morvan & Tréfouël

Dessins : Evrard

Couleurs : Walter

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 72

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782344022764

 

 

 

 

© Lehman, Peeters - Delcourt

 

 

Entends-tu le vol noir du corbeau ?

L’homme gribouillé

 

            Seule chez sa grand-mère Maud, Clara, la fille de Betty Couvreur travaillant dans l’édition, voit débarquer un étranger individu mi-homme, mi-corbeau. Cet homme, si tant est qu’il en soit un, s’appelle Max Corbeau. Mais quel est le secret de Maud ? Qui est cet être aux plumes noires ? Betty et Clara vont remonter aux sources d’un secret familial pour percer les mystères d’une malédiction qui semble s’abattre sur elles.

 

            Serge Lehman signe un roman dessiné haletant, complexe et passionnant. Le découpage en chapitres offre de grandes envolées à cette histoire de 326 planches qui prend le temps de raconter, et pourtant sans longueur et sans temps mort. Ce personnage d’homme-gribouillé fonctionne étonnamment alors que le lecteur se demande sans cesse s’il est humain ou animal, s’il est vraiment réel ou s’il n’est qu’illusion. Lehman sème également le trouble dans cette histoire de femmes : qui est la véritable héroïne ? Alors que l’on pourrait penser que Betty est au cœur de l’énigme, c’est Maud qui en est le pivot. La jeune Clara n’est-elle pas la plus apte à dénouer le problème ?

 

            Frederik Peeters réalise un album qui marquera un tournant dans sa carrière. Réalisé en niveau de gris, l’espace dont il dispose lui permet d’intégrer de belles grandes cases de décors, et de respirer entre des moments de grande tension et des scènes terrifiantes.

 

            Après L’homme-gribouillé, vous ne regarderez plus les dessins d’enfants de la même façon.

 

One shot : L’homme gribouillé 

Genre : Drame psychologique

Scénario : Lehman

Dessins : Peeters

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 330

Prix : 30 €

ISBN : 9782756096254

 

 

 

 © Le Gall, Le Gall - Dupuis

 

 

Frank Le Gall retrouve son héros après une très (trop) longue absence

Théodore Poussin 13- Le dernier voyage de l’Amok           

 

            1934, à Singapour, Théodore Poussin constitue un équipage de marins afin de faire main basse sur le trésor du Capitaine Cabb. Ce dernier a chassé Poussin et ses compagnons de leur île. La vengeance est un plat qui se mange froid. A force de fréquenter des milieux interlopes, l’ancien comptable de Dunkerque n’a plus de scrupules. Il garde sa dignité mais n’hésite pas à mettre tout en œuvre pour arriver à ses fins, préférant parfois que ce soit les autres qui se salissent les mains à sa place.

 

            Frank Le Gall retrouve Théodore Poussin après une très (trop) longue absence comme s’ils s’étaient quittés la veille. Le résultat est toujours aussi exotique. Ce dernier voyage, qui espérons-le ne sera pas le dernier, est la rencontre entre Jack London et Lewis Milestone, l’auteur de Fils du soleil et le réalisateur des Révoltés du Bounty et de L’inconnu de Las Vegas, ou bien entre Herman Melville et Bruce Boxleitner, l’auteur de Moby Dick ou de Taïpi et le héros de la série Frank, chasseur de fauves.

 

            A l’heure où il faut aller tout de suite à l’essentiel, Théodore Poussin est une série qui prend encore son temps. Le Gall y développe ses talents de dialoguiste dans des scènes transitoires où les personnages font le point ou exposent leurs états d’âmes. Pour couronner le tout, un final sans concession assène un coup de poing aussi bien au lecteur qu’à Théodore Poussin.

 

            Ce treizième album de Théodore Poussin aura été attendu pendant treize ans. Pourvu qu’on ne patiente pas quatorze ans pour lire le tome suivant.

 

Série : Théodore Poussin 

Tome : 13- Le dernier voyage de l’Amok 

Genre : Aventure

Scénario & Dessins : Frank Le Gall

Couleurs : Robin Le Gall

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800167572

 

 

 

© Tsutsumi, Kondo – Grafiteen

 

 

Attention, bijou.

Le veilleur des brumes 1

 

            Dans le petit moulin posé sur le barrage, Pierre s’active. Il astique les rouages et vérifie les mécanismes. Le moulin doit être en action à chaque fois que la brume noire s’approche du village. Son rôle est de l’éloigner, pour ainsi faire fuir la mort.

            Pierre est un petit cochon qui va à l’école. Mais depuis que son papa est mort, le poids de la responsabilité du moulin lui incombe. Pierre voudrait bien que la jolie renarde Roxane le regarde, mais le grand Roland, l’hippopotame, le dur de la classe, s’immisce entre eux. Et le jour où le moulin va se casser, il va bien falloir se serrer les coudes.

 

            Le scénario de Kondo est tendre et émouvant. De réflexion sur la mort et le deuil, l’histoire se transforme en une quête sur le sens de la vie. Comment la maman de Pierre est-elle morte ? Pourquoi son papa a-t-il mis fin à ses jours ? Qu’est-ce qui amène ce petit cochon à poursuivre l’action de son père, de manière totalement désintéressée ?

 

            Tsutsumi calque son dessin sur celui du dessin animé dont est tiré l’album. Son trait peinture est somptueux. Les personnages animaliers sont adorables. La figuration de la brume est terrorisante.

 

            Première partie d’un diptyque, passage de l’enfance à l’adolescence, ce veilleur des brumes est un bâton, un témoin solide permettant au jeune lecteur de faire la transition et à l’adulte de revenir sur cette mutation.

  

Série : Le veilleur des brumes

Tome : 1

Genre : Aventure fantastique animalière

Scénario : Kondo

Dessins & Couleurs : Tsutsumi

Éditeur : Grafiteen

Nombre de pages : 180

Prix : 16,50 €

ISBN : 9782745994998

 

 

 

 

© Petrimaux - Glénat

 

 

L’humour des frères Cohen et la violence de Tarantino réunis car…

Il faut flinguer Ramirez – Acte 1

 

Salle d’interrogatoire de Falcon City, Arizona, Octobre 1987. Il y a eu un gros problème à l’entreprise d’aspirateurs Robotop. Un certain Jacques Ramirez est recherché. Ses collègues sont abasourdis. Qui se cache derrière ce monsieur si tranquille ? Personne ne répare un aspirateur comme lui.

 

            Muet comme une tombe, l’homme terrifie les plus féroces truands qui le reconnaissent. Avec sa tâche recouvrant le milieu de son visage et ses moustaches bien garnies, Madre de dios, gare aux règlements de comptes.

            Doux comme un agneau, considéré comme un traître par la pègre locale, ce ne sont pas deux ou trois gars qui réussiront à le ramener au parrain.

            Blanc comme neige, que cache le passé de ce modeste employé ?

 

            Le scénario haletant, déjanté, drôle et cruel ne laisse pas place aux longueurs. Aussi passionnant qu’une bonne série télévisée moderne au charme vintage, le concept est poussé jusqu’aux intermèdes publicitaires. L’humour des frères Cohen est lié à la violence de Tarantino pour une histoire sans faille.

 

            Du chapitrage au générique de fin en passant par l’intégration des noms de lieux aux décors dans un effet relief, Nicolas Petrimaux profite de l’avantage que donne la BD par rapport au cinéma et s’en amuse : être seul aux commandes d’un blockbuster qui demanderait 500 ou 1000 personnes pour le grand écran.

 

            Cette chasse au Ramirez n’a pas fini de faire parler d’elle.

 

Série : Il faut flinguer Ramirez

Titre : Acte 1

Genre : Polar

Scénario, Dessins & Couleurs : Petrimaux

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 144

Prix : 19,95 €

ISBN : 9782344011881

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise Dupuis

 

 

Une « autre » bande dessinée, déclaration d’amour à un « autre » cinéma.

Midi-Minuit

 

Hiver 1998 : François et Christophe, dit Godzy sortent d’une projection à la cinémathèque des boulevards parisiens. Ils viennent d’assister à Des vierges pour le bourreau et Le monstre au masque, deux films de seconde zone italiens. L’espace de quelques heures, le temps s’est effacé, la magie a opéré.

Les deux jeunes cinéphiles vont partir en Italie pour y interviewer Marco Corvo, cinéaste mythique. Mais le réalisateur n’est pas homme facile. Il refuse de répondre aux questions des journalistes italiens qui ont pourri ses films pendant vingt ans. Alors, avoir décroché un entretien avec le maître, c’est un scoop à ne pas manquer. Ils vont tenter de découvrir pourquoi Corvo a brusquement tout arrêté en 1975. Attention, les consignes de la rencontre sont strictes : il faut lui proposer une pause si on voit qu’il fatigue, il ne faut pas lui parler de Luisa Diamanti et lorsqu’il dit que l’entretien est fini, il est fini.

Ajoutez des meurtres atroces, un journaliste italien, un flic déterminé et une gouvernante sexy : tous les ingrédients sont là pour transformer un reportage en polar mystérieux…comme au cinéma.

 

Doug Headline rend hommage au giallo, genre de films aux croisements du policier, de l’horreur et de l’érotisme.

 

Massimo Semerano a un trait proche de Moynot. Tel un réalisateur de cinéma, il s’efface discrètement derrière ses acteurs pour les mettre en valeur. Il réalise une bande dessinée en cinémascope, intégrant photos de films aux cases de son album. Le procédé donne une seule envie : aller voir les films dont on nous parle.

 

Fiction ou reportage ? Témoignage ou fantaisie ? BD sur le cinéma ou Cinéma dans une BD ? Midi-Minuit est un ovni. Midi-Minuit, déclaration d’amour à un « autre » cinéma, est « autre » chose qu’une simple bande dessinée.

 

One shot : Midi-Minuit

Genre : Polar cinéphile

Scénario : Headline

Dessins : Semerano

Couleurs : Cerise

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Nombre de pages : 176

Prix : 22 €

ISBN : 9782800174617

 

 

 

© Nury, Bonhomme - Dargaud

 

 

Grandeurs et misères d’une victime de la noblesse.

Charlotte impératrice 1 – La princesse et l’archiduc

 

            Sur le papier, Charlotte impératrice avait tout pour être un énième récit ennuyeux de vie de nobles. Il n’en est rien. Les auteurs nous infligent la claque de la rentrée avec cette biographie romancée.

 

            La princesse et l’archiduc est avant tout l’histoire d’un choix. Charlotte doit faire un choix. Promise à une couronne au Portugal, elle est courtisée par l’Archiduc Maximilien d’Autriche. La verve et le charisme du barbu vont sceller son destin.

 

            On dit que l’argent ne fait pas le bonheur mais qu’il y contribue fortement. On dit que le pouvoir rend beau, attire et séduit. Mais quelle vie de rêve ! Méfiez-vous des apparences. Le plus beau vernis peut cacher des souffrances. Charlotte de Belgique va rapidement déchanter une fois qu’elle aura épousé Maximilien. Seul espoir, dans un château, même s’il n’est pas forcément fait de cartes, celles-ci sont fréquemment rebattues. En cela réside la dernière chance de Charlotte pour garder une place décisive sur l’échiquier.

 

            Fabien Nury s’empare d’une destinée, il la romance et nous envoûte. On ne peut que ressentir de l’empathie, de la compassion et de la tendresse pour son héroïne. Héroïne pourrait paraître pour un mot galvaudé, mais il n’en est rien. Ce petit bout de femme n’est pas seule à mener le combat contre la fatalité d’un mariage qui ne respecte pas toutes ses promesses. En effet, elle possède un atout inestimable : une famille.

 

            Mathieu Bonhomme est plus qu’un dessinateur. Impossible de ne pas être ému aux larmes en croisant le regard de Charlotte en proie au désarroi. Impossible de ne pas être absorbé par la magie de la cour en voyant arriver un carrosse tiré par des étalons blancs. Que dire des ailes du papillon Celastrina Argiolus dont le bleu est assorti aux yeux de la jeune femme. Bonhomme est le magicien des regards, des ambiances et des sentiments. En un mot, il est l’un des meilleurs dessinateurs de ligne claire réaliste de sa génération.

 

            On peut donc aisément rajouter un vingt-huitième précepte aux principes de vie et règles pratiques que doit connaître et appliquer tout gentilhomme bien né : Lire Charlotte impératrice.

 

Série : Charlotte impératrice

Tome : 1 – La princesse et l’archiduc 

Genre : Histoire

Scénario : Nury

Dessins : Bonhomme

Couleurs : Merlet

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 68

Prix : 16,95 €

ISBN : 9782205077834

 

 

 

© Rey, Kris, Galic – Futuropolis

 

 

Une guerre, y a pas mieux pour faire disparaître des gens.

Violette Morris, à abattre par tous les moyens 1- Première comparution

 

12 septembre 1945, département de l’Eure. Un charnier est découvert dans une ancienne mare. Lucie Blumenthal était avocate. Depuis la libération, elle a ouvert une « officine pour recherche de personnes disparues ». La voilà sur les traces de Violette Morris, qu’elle a côtoyé en pension. Mais leurs destins se sont séparés. Si l’une a choisi la justice, l’autre a servi pour la gestapo. Aujourd’hui, c’est un cadavre que découvre la privée.

Lucie n’a qu’un objectif en tête : découvrir ce qu’il s’est passé lorsque Violette Morris a pris la direction d’Evreux au volant de sa 15 CV Citroën en avril 1944.

 

            L’histoire navigue entre les recherches « présentes » de Lucie et la vie de son opposée. Très jeune, Violette s’avère être une compétitrice dans l’âme. Colérique, elle ne supporte pas d’être devancée. Et lorsqu’une religieuse de sa pension lui fait une remarque qu’elle pense injuste, elle n’hésite pas à tenir face à elle des propos blasphématoires. L’enfant difficile va se transformer au fil des années en sportive déterminée, avant de basculer du côté obscur.

 

            Le duo Kris/Galic se reforme pour raconter la vie de l’une des personnalités les plus complexes du XXème siècle. Ils ont choisi de partir d’une « fin » pour remonter aux sources du dossier. Le scenario propulse immédiatement le lecteur dans un questionnement, un besoin et une envie de comprendre : une leçon. Il n’y a pas un temps mort.

 

            Javi Rey avait déjà signé une histoire de guerre napoléonienne en Espagne avec le diptyque Adelante dans la collection Secrets sur scénario du regretté Frank Giroud. Rey revient dans une histoire de guerre mais dans des lieux et sous une approche totalement différente. Dans les deux cas, il s’agit pourtant de destins qui sombrent.

 

            Dans ce genre de récit sur des personnalités controversées, il ne faut pas tomber dans le sentimentalisme. Transformer un bourreau en quelqu’un de sympathique, tomber dans une sorte de syndrome de Stockholm, les auteurs évitent les pièges.

 

Série : Violette Morris, à abattre par tous les moyens

Tome : 1- Première comparution

Genre : Polar historique

Scénario : Kris & Galic

Dessins & Couleurs : Rey

Dossier historique : Bonnet

Éditeur : Futuropolis

Nombre de pages : 72

Prix : 16 €

ISBN : 9782754821650

 

 

 


 © Meurisse, Merlet – Dargaud

 

 

Vivre, aimer, respirer, l’art de la nature, la nature de l’art.

Les grands espaces

 

            Catherine Meurisse a grandi à la campagne. Ses parents ont choisi ce cadre pour les élever, sa sœur et elle. La campagne sera leur chance : 200 habitants, de nouveaux amis, des animaux et une ferme en ruine : leur nouvelle maison.

 

            C’est ainsi que démarre une nouvelle vie, où les valeurs sont redéfinies, où deux petites filles ouvrent les yeux sur un monde nouveau.

            Les gamines adoptent la campagne, l’apprivoisent et l’honorent. A la manière de Pierre Loti, elles créent un Musée où elles conservent tout ce qu’elles peuvent dénicher, jusqu’aux crottes des animaux. « Tant qu’on chie, on vit. », clame un agriculteur. Dans Le roman d’un enfant, Loti regrette plus tard d’avoir collectionné tant de trésors…puisque tout finit en cendres et aux vers, « à quoi bon » ? « Tout finit…ou tout commence ? » répond la Catherine enfant à sa sœur qui lui raconte cela.

Cette scène a un écho particulier après ce qu’il s’est passé le 7 janvier 2015. Pour la petite fille, la mort appartenait aux guerres 14-18 et 39-45.

 

L’album alterne entre futilité et gravité, entre amusement et dénonciation. Monsanto, les pesticides, le remembrement, les politiciens qui organisent des vins d’honneur pour mieux apprivoiser l’électeur de la cambrousse, tout de qui abîme, pollue ou désertifie la campagne en prend pour son grade.

 

            La légèreté ne trouverait-elle pas sa source dans ces grands espaces ? « Si un peu de rêve est dangereux, ce qui en guérit, ce n’est pas moins de rêve, mais plus de rêve » dit Proust. Rêver, c’est devenir, mais c’est aussi se souvenir.

 

 

One shot : Les grands espaces 

Genre : Chronique de vie

Scénario & Dessins : Meurisse

Couleurs : Merlet

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 92

Prix : 19,99 €

ISBN : 9782205074505

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

 

            En choisir dix, c’est en laisser sur le carreau dix autres qui, à un cheveu près, auraient pu se trouver dans cette sélection. Si le Père Noël est généreux, il peut rajouter à la liste ci-dessus les albums suivants qui font partie des albums indispensables de l’année :

 

Un album poignant où l’innocence de l’enfance est plus forte que la guerre : Seule, par Lapière et Efa aux éditions Futuropolis.

Un one shot au cœur de la schizophrénie : Je suis un autre, par Rodolphe et Gnoni aux éditions Soleil.

Comment vivre sa mort quand on a brûlé sa vie : Essence, par Flao et Bertrand aux éditions Futuropolis.

Entre Jolies ténèbres et Bone : Brindille 1- Les chasseurs d’ombre, par Brrémaud et Bertolucci aux éditions Vents d’Ouest.

La mise en images d’un roman de 118 ans : Claudine à l’école, par Durbiano aux éditions Gallimard.

A la campagne, y’a toujours un truc à faire… Aimer la vie, aimer les gens : Mon voisin Raymond, par Troub’s aux éditions Futuropolis.

A mourir de rire, au propre comme au figuré : Mauvaises mines, par Munoz aux éditions Glénat.

Une souris à pas de loup sur un piano compose : Mausart, Par Smujda et Joor, aux éditions Delcourt.

Juste Célib’, juste happy ? : Didier, la cinquième roue du tracteur, par Ravard et Rabaté, aux éditions Futuropolis.

Prisonnier de son destin…malgré lui : Le voyage de Marcel Grob, par Collin et Goethals, aux éditions Futuropolis.

 

 

 

 

© Le Gall - Delcourt

 

 

 

            D’aucuns trouveront qu’il en manque encore. On ne peut pas tout lire. Les hasards amènent à des découvertes. Si BD-Best ne vous a fait ouvrir qu’un seul album que vous n’auriez peut-être pas lu grâce à une chronique, on en est très heureux.

 

            Laurent Lafourcade

 



Publié le 16/12/2018.


Source : Bd-best


Spirou 4210 - 19 Décembre 2018

 

 

    La page 2 se goure de page.

 

 

            Les zigotos de la page 2 se sont gourés de porte. C’est mal indiqué et ils ne savent pas lire le belge. Non seulement, ils se retrouvent sur la couverture, mais se promènent dans les marges du journal dans lequel il n’y a que des pages 02.

 

 

 

 

 

 

La rédac’chef est furieuse ! Les ventes vont dégringoler. Depuis Gaston, jamais des employés de la rédaction n’avaient fait autant de dégâts…pour notre plus grand bonheur.

            Un peu de sérieux (!) quand même : avec une conférence sur les tiques et la maladie de Lyme par une Femme en blanc et les problèmes dentaires du Capitaine Anchois, Spirou est aussi un magazine de vulgarisation médicale. Hum !

Spirou, quand diversité rime avec rigolarité, on conquiert la bravitude.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Nob, Erre, Fabcaro - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Champignac : Enigma

Kid Noize : L’homme à la tête de singe

Natacha : Sur les traces de l’épervier bleu

Pebble’s Adventures

 

 

Récits complets :

 

Capitaine Anchois : Le dentist

Femmes en blanc (Les) : Tique, tique, tique…

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boni

Cramés !

Crapule

Entretien d’ébauche

Game Over 

MiniMythes (Les)

Minions (Les)

Page 2 (La)

Nelson

Rob

Roger et ses humains

Zeu Bestioles

 

 

 

Rubriques :

 

Edito

Interview : Erre & Fabcaro

En direct de la Rédac

Jeux : Balade sur Pâques (Schmitt My)

 

 

 

En kiosques et librairies le 19 Décembre.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 16/12/2018.


Source : Bd-best


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