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En images et en bulles
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Condamné par l’absurde et pour l’exemple, huit ans de vie volée : Mohammed El-Gorani n’avait rien fait, il est pourtant devenu Guantánamo Kid

On le dit et on le répète à l’envi : la réalité est toujours habile pour venir dépasser la fiction, toujours avec de grandes longueurs d’avance. Dans le comique mais aussi le tragique. Vous imaginez bien dans quelle case se range l’erreur judiciaire. Si elle dure quelques secondes, elle file des frissons. Mais si elle dure des années… et que cette erreur n’est motivée par rien qui tienne un tant soit peu debout, la tournure est vite effroyable. Cette histoire incroyable, inacceptable dans des contrées qui se disent civilisées, c’est celle de Mohammed El-Gorani, qui voulait juste se former et travailler et va se retrouver, enchaîné, à quasi faire un demi-tour du Monde (hélas pendant plus de 80 et même plus de 800 jours) et à trouver beaucoup plus d’ombre que la lumière qu’il espérait. Il est devenu le plus jeune détenu de cet enfer carcéral qu’est Guantánamo.

 

 

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : C’est l’histoire d’un jeune garçon qui se rêve un avenir meilleur et quitte l’Arabie Saoudite pour étudier l’anglais et l’informatique au Pakistan. Deux mois après son arrivée, c’est le 11 septembre 2001. Au mauvais endroit au mauvais moment, le jeune adolescent est vendu par les services secrets pakistanais aux Américains, au prétexte qu’il appartiendrait à Al-Qaïda. C’est une descente aux enfers qui le mène à Guantánamo, au camp X-Ray puis au camp Delta, où il va vitre la routine des tortures, des interrogatoires incessants et vains. Une histoire vraie.

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

« On observe le même phénomène dans toutes les armées du monde. Prenez 1000 péquenauds. Donnez-leur un fusil chacun. Sur les mille, il y en a toujours un qui chope une érection. Qui éprouve le besoin de décharger. » Les hasards des parutions font parfois dialoguer deux albums pas forcément trempés dans le même genre. En l’occurrence, cette phrase est tirée du dernier (phénoménal) Tyler Cross paru chez Dargaud… tout comme Guantánamo Kid. Et cette phrase qui possède le fumet et la gouaille reconnaissables de Fabien Nury résume ô combien un des thèmes, une des problématiques du deuxième album que nous évoquons ici.

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

Parce que le roman graphique que proposent Jérôme Tubiana et Alexandre Franc reflète ce royaume des incompétents qui pourtant, parce qu’ils ont des théories du complot en tête et des moyens de vous faire parler (même là où il n’y a rien à dire et à reprocher) en mains, en sont nuisibles et brisent des destins. Comme celui de Mohammed qui a passé huit ans dans ce centre de détention (et de torture) cubain dont le nom file des frissons : Guantánamo. Mohammed, il était pourtant du genre à ne rien demander à personne (et encore moins aux extrémistes; de toute façon, il n’avait pas le temps de les écouter, il voulait avancer, lui, et pas rétrograder de dix siècles), à forcer le destin avec lucidité, boulot et dépassement de soi et des frontières pour devenir un self-made-man comme disent, paradoxalement les Américains.

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

Des frontières, notre héros bien malgré lui en a franchi plus que de raison (mais celle des Amerloques en quête de coupables était la plus forte) et est devenu « by-the-other-broken-man ». Du jour au lendemain, le voilà arrêté dans une mosquée de Karachi (comme si prier était un crime) et pris pour un Saoudien et un terroriste alors qu’il est Tchadien et non-violent, transféré, interrogé maintes fois et incarcéré dans un monde inhumain. Mohammed, ce n’est même pas Diego, derrière ses barreaux: IL N’A RIEN FAIT ! Et pourtant, il va être obligé de se rebeller, de se durcir et devenir une teigne, une terreur (quitte à renforcer les matons dans les certitudes que leur prisonnier a des choses à se reprocher), là où il était doux comme un agneau, dans cette prison qui laisse peu de chance de rédemption… même à ceux qui sont pourtant innocents. C’en est hallucinant de bêtise et d’incompréhension tant la condamnation par l’absurde et pour l’exemple impose sa loi et son univers désespéré. Mohammed n’avait pourtant rien demandé.

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

C’est sans couleur mais avec beaucoup de texte (que ce soit dans des dialogues ou des monologues, des pensées), sans s’encombrer d’ultra-réalisme mais en faisant vœu d’un dessin rond et accessible, très didactique, que Jérôme Tubiana et Alexandre Franc nous plongent dans ce zoo infernal, bruyant (et Barney, the purple dinosaur qui balance son « We’re a happy family » à pas d’heure) et violent (« l’équipe de football américain » qui ne fait pas les choses à moitié). Heureusement que la solidarité existe de geôle en geôle, de cri en cri, alors que les détenus ne se verront jamais. Les révélations se suivent, accablantes, jusqu’à ce que vienne, heureusement, l’inespérée libération. Sur papier, d’abord, avant d’être suivie par une libération effective… cinq mois plus tard. C’est clair, nos détenus ont toute la vie devant eux… moins tous ces instants, que dis-je ces années, perdus, volés.

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

Guantánamo Kid nous renvoie aux tristes heures du monde carcéral (celles qui semblent-ils, tant que le prétexte de la guerre et de l’insécurité nationale auront cours, ont encore de belles heures devant elles). On pense à l’effrayante expérience de Stanford mais aussi aux camps de concentration nazis. On s’interroge sur ce monde qui tourne fou mais aussi sur les chiens décervelés que sont devenus ces gardiens stupides et inhumains (heureusement, il y en a des bons).

 

 

 

 

© Tubiana/Franc chez Dargaud

 

Car si Guantánamo était, aux dernières nouvelles, démantelé; il en existe d’autres dans le Monde, sans doute moins médiatiques mais mués par ce besoin incompressible de brimer les hommes, de les priver non seulement de liberté mais aussi d’humanité, d’éteindre tout désir pour en faire des lavettes ou des bêtes inadaptées en diable pour nos sociétés. Et si, justement, le radicalisme commençait plus là qu’à l’extérieur ? Pour les bandits et criminels qui n’auront sans doute qu’une envie, s’ils sortent un jour : récidiver. Mais peut-être encore plus pour ceux qui, victimes d’un système qui veut des coupables sans investiguer beaucoup plus loin, comme ce fut le cas pour Mohammed, sont jetés au fond du trou et en pâture aux idées noires et sans espoir. Voilà pourquoi il est important de faire circuler ce terrible album qu’est Guantánamo Kid, afin que le vaste monde de quoi il retourne et de ce dont il est question dans les confins de l’inhumanité jugée et classée sans suite. Parce que les « plus jamais ça », ça commence à bien faire ! Pourvu que cette longue et dure infiltration non-consentie dans les murs de la honte ne soit pas vaine.

 

Alexis Seny

 

Titre : Guantánamo Kid

Sous-titre : L’histoire vraie de Mohammed El-Gorani

Récit complet

Scénario: Jérôme Tubiana

Dessin : Alexandre Franc

Noir et blanc

Genre: Biographie, Drame

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 172

Prix: 19,99€



Publié le 27/04/2018.


Source : Bd-best


Côté aventures contemporaines, Jijé à l’apogée de sa carrière.  Valhardi Intégrale 4 – 1956-1958

« - Hello !

-          Salut ! Bonne idée de venir me prendre…

-          Tu te mets au volant ?

-          Non, justement, j’ai besoin d’un chauffeur. Oui… J’ai un reportage sur les embarras de la circulation… « Clic »

-          Alors, je peux y aller ? Tu paies les contraventions ?

-          Euh !... Ne t’emballe pas… Ce n’est pas très bien payé !

-          Comment !? On paie mal le grand reporter-photographe ? Le célèbre Gégène !... »

 

 

 

 

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

            Ne vous inquiétez pas. Avec Valhardi et Gégène dans une voiture, ce n’est pas pour s’embarquer dans une balade tranquille. Avec ces deux-là, l’aventure peut démarrer au coin de la rue, et les mener beaucoup plus loin.

 

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

            Jijé reprend les rênes des aventures de Jean Valhardi après l’avoir confié pendant quelques années à Eddy Paape. Cette intégrale comprend quatre grands récits réalisés entre 1956 et 1958, marquant l’apogée de la carrière d’un des plus grands maîtres de la bande dessinée sans qui des Franquin ou des Giraud n’auraient pas fait la carrière qu’ils ont eu. Au même titre qu’Hergé, Jijé, plus qu’un modèle, est une fondation, un pilier sur lequel repose l’ensemble du monde du neuvième art moderne.

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

            Spirou, Blondin & Cirage, Jerry Spring, ainsi que les biographies de grands hommes comme Charles de Foucauld, Baden Powell ou Don Bosco, forment le squelette de son œuvre aux côtés de Jean Valhardi.

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

 

            En 1956, la série est déjà âgée de 15 ans. Valhardi, enquêteur dans le monde des assurances, vit des aventures à travers le monde. Comme chez de nombreux héros de BD, on oublie vite sa profession qui n’est qu’un prétexte à se trouver confronté à des malfrats de tous poils. Pour ce nouveau départ, le grand blond se trouve accompagné de Gégène, un adolescent auquel peuvent s’assimiler les jeunes lecteurs.

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

 

            Soleil Noir : Parue dans Spirou sous le titre Jean Valhardi contre Soleil Noir, cette histoire montre Valhardi aux prises avec une bande de japonais dans une base secrète. Jijé promettait une rentrée sensationnelle et du dépaysement aux lecteurs, il leur en donne. De plus, en introduisant Gégène, photographe de presse, il ajoute une plus-value humoristique et solide à la série.

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

 

            Le gang du diamant est un scénario de Charlier. Un homme blessé débarque dans le chalet de montagne où séjournent nos héros. Il refuse que la police soit prévenue et ne veut pas rester seul, de crainte de se faire abattre. Réussiront-ils à démanteler ce fameux gang du diamant qui met en échec toutes les douanes et l’interpol depuis des années ?

Jijé attendra désespérément la fin et pris l’initiative de terminer l’histoire de son propre chef, Charlier étant parti en voyage en Italie avant de lui fournir les trois dernières planches. La véritable fin est présentée en bonus dans cette intégrale. Charlier raconta que Jijé prenait des libertés, plaçant de nuit une scène de jour s’il en avait envie, ou faisant de grands dessins à la place de petits.

 

 

 

 

© Jijé, Charlier, Philip - Dupuis

 

 

 

            L’affaire Barnes amène Valhardi et Gégène en Amérique, des Etats-Unis au Mexique. Comme sur Soleil Noir, Jijé est seul aux commandes. Valhardi doit aider une jeune fille qui veut tirer son oncle archéologue des griffes d’une bande d’aigrefins qui le rançonne.

 

            Le mauvais œil est réalisé sur un scénario de Philip, fils du dessinateur. L’aventure amène Valhardi et Gégène de Paris à l’Angleterre et les mêle à une sombre histoire d’espionnage dans laquelle un « James Bond » a trouvé une idée assez ingénieuse pour transmettre des documents secrets. Mais ce dernier s’est trouvé embringué dans une organisation dans laquelle il ne peut s’extraire. Il demande de l’aide pour sortir de ce mauvais pas et arrêter les malfrats.

La couverture particulièrement réussie ne peut qu’obliger à lire l’album.

 

Jérôme Dupuis, journaliste à L'Express et à Lire, a pris en charge le dossier introductif, qui, comme dans toutes les intégrales de cette merveilleuse collection qu’est Dupuis Patrimoine, est d’une richesse et d’une qualité exceptionnelles.

 

            Jijé, c’est un style de dessin et une narration qui peuvent peut-être paraître aujourd’hui classiques, mais c’est aussi l’assurance d’histoires qui se lisent comme des feuilletons, sans pouvoir s’arrêter.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Valhardi

Tome : Intégrale 4 – 1956-1958

Collection : Dupuis Patrimoine

Genre : Aventure/Policier

Scénario : Jijé, Charlier & Philip

Dessins : Jijé

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 264

Prix : 35 €                                                                         

ISBN : 9791034730124



Publié le 27/04/2018.


Source : Bd-best


Course à l’espace... Le duel des aigles, Wunderwaffen, Objectif Von Braun

Nazis ou Américains : qui gagnera la guerre pour la conquête de l’espace ? La course à l’espace entre les USA et le Reich met la pression aux ingénieurs des deux camps. Von Braun subit l’impatience des maîtres du Reich alors qu’une fusée défectueuse américaine provoque un incident diplomatique avec le Mexique. Ian Fleming, quant à lui, organise un attentat, contre la base nazie où Von Braun teste une fusée capable d’envoyer un satellite artificiel en orbite.

Après avoir écrasé L'URSS fin 1943, le Reich étend désormais son ombre de l'atlantique à Vladivostok. En 1945, en dépit de son retard technologique, l'Amérique, restée isolationniste après l'invasion de l'Angleterre cinq ans plus tôt, défie soudain Hitler en annonçant l'envoi prochain d'une fusée dans l'espace. Mais face à elle va se dresser Wernher Von Braun, dont les missiles ont écrasé Moscou. Von Braun qui rêve depuis longtemps du cosmos et d'installer un jour une base allemande sur la Lune.

 

 

 

© Richard D. Nolane / Maza/ Marco Nikolic - Soleil.

 

 

 

Dans le duel spatial qui s'engage entre l'Aigle nazi et l'Aigle américain, tous les coups, même les plus surprenants, vont être permis... Eté 1948. Suite au succès de sa mise en orbite d'animaux vivants, Von Braun doit gérer une pression accrue de la part de Berlin pour accélérer les choses. Aux USA, où rien ne va plus à la base de White Sands après un accident catastrophique, Jacques Bergier serait-il devenu soudain le dernier atout du programme spatial américain en déroute ? Et pendant ce temps-là, sur ordre de de Gaulle, Ian Fleming s'apprête, lui ; à mener une très étrange opération de sabotage contre, la base spatiale allemande en France occupée...

 

 

© Richard D. Nolane / Maza/ Marco Nikolic - Soleil.

 

 

 

 

 

Fin des années 40, les nazis ont gagné la Seconde Guerre mondiale envahissant totalement la Grande-Bretagne et l’Union Soviétique. Une course à la conquête de l’espace s’ouvre entre les deux grandes puissances : Troisième Reich contre USA. Les premiers ont pris une sérieuse avance, envoyant des rats dans l’espace afin d’étudier leurs réactions biologiques. Ce gain engendré par l’équipe de Von Braun étant assez important, les alliés (Churchill et de Gaule) vont tenter le tout pour freiner le développement des recherches nazies.

 

 

 

© Richard D. Nolane / Maza/ Marco Nikolic - Soleil.

 

 

 

Richard D. Nolane (scénariste) nous sert une uchronie  reprenant un scénario crédible en y incorporant savamment les personnages d’époque dans son récit. Maza intervient à la construction du storyboard, les représentations graphiques étant assurées par Marco Nikolic. Beaucoup de dialogues sont nécessaires entre les principaux protagonistes de l’époque pour arriver à une solution extrême ayant pour but de mettre hors-service l’expert Von Braun. Pour un public à partir de 16ans et plus.

 

Alain Haubruge

 

Titre : Objectif Von Braun

Série : Wunderwaffen présente Space Reich

Tome : 3

Scénario : Richard D. Nolane

Dessin : Maza – Marco Nikolic

Genre : Uchronie

Éditeur : Soleil.

Collection : Aventure

Nbre de pages : 48.

Date de parution : 18- 04- 18.

EAN : 9782302068834

Prix : 14,50 €



Publié le 27/04/2018.


Source : Bd-best


Kirkman et De Felici retournent le problème des Walking Dead et leur Oblivion Song n’a rien d’une mélodie en sous-sol !

On en connaît des auteurs qui par le succès d’une série devenue phare si pas culte sont devenus des hommes et des femmes d’une seule série. Et si The Walking Dead approche dangereusement les 200 épisodes, notre ami (et ennemi si vous aimez faire uniquement des jolis rêves plutôt que des cauchemars) Robert Kirkman a prouvé depuis longtemps qu’il avait plusieurs cordes à ses arcs narratifs. Après Outcast, c’est une nouvelle série de premier plan qu’il lance en compagnie de Lorenzo De Felici et Annalisa Leoni : Oblivion Song. Toujours dans un monde post-apocalyptique mais en inversant les rôles et le camp que le lecteur doit rejoindre.

Résumé de l’éditeur : Il y a dix ans, 300 000 habitants de Philadelphie ont soudainement disparus, happés vers une autre dimension. Ils tentent d’y survivre face à des monstres gigantesques. Le gouvernement a abandonné les recherches. Nathan Cole, lui, poursuit pourtant les missions de sauvetage afin de ramener les survivants… Mais sont-ils vraiment tous prêts à revenir ? Et que cherche en réalité Nathan ?

 

 

 

 

© Kirkman/De Felici/Leoni chez Delcourt

 

C’est un grand coup qu’ont réussi les éditions Delcourt en publiant, en exclusivité internationale, le premier album (soit six chapitres/ »issues ») de cette nouvelle série made in Kirkman qui a trouvé dans le talentueux et si expressif Lorenzo De Felici qui fait encore une fois merveille dans l’enfer (on a encore en mémoire son fracassant Jour de l’apocalypse à bord de l’Infinity 8). Alors que The Walking Dead nous faisait suivre le quotidien de survivants éparpillés d’une catastrophe zombie, cette fois, Kirkman zappe ces préliminaires-là et renverse la vapeur, trouvant une brèche (ce qui n’est pas bien difficile) dans la grande communauté des rescapés.

 

 

 

 

© Kirkman/De Felici/Leoni chez Delcourt

 

 

Bien sûr, les quelques planches qui propulsent la série jouent la confusion avec cet homme et cette femme aux regards apeurés, paniqués, qui fuient une menace qu’on ne met pas longtemps à identifier : une espèce de sniper encapuchonné qui tire à vue et à l’anesthésiant nouvelle génération (genre taser), dont on comprend très vite qu’il n’est pas la menace première, et des monstres bouffis et qui ne feront pas de quartier.

 

 

 

 

© Kirkman/De Felici/Leoni chez Delcourt

   

 

« I walked the avenue till my legs felt like stone
    I heard the voices of friends vanished and gone
    At night I could hear the blood in my veins
    Just as black and whispering as the rain
    On the streets of Philadelphia (Bruce Springsteen) »

 

Passé cet épisode, bref mais intense comme on dit, on comprend que l’encapuchonné de service, le controversé et jusqu’au boutiste Nathan Cole, ne veut que le bien de ses « proies » pour les ramener « chez eux », sains et saufs, dans cette Philadelphie qui s’est depuis longtemps reconstruite. Sans oublier de se remémorer, à intervalles réguliers, à ce qu’il s’est passé le jour où tout a basculé, quand les dimensions se sont disloquées et que les réalités se sont télescopées amenant des drôles de créatures dans le monde des humains (et inversement) qui n’y étaient assurément pas préparés. Le comment du pourquoi et le pourquoi du comment viendront en temps utile.

 

 

 

 

© Kirkman/De Felici/Leoni chez Delcourt

 

Pour le reste, naviguant entre le monde sécurisé, les souvenirs de l’apocalypse et le voyage dans ce monde perdu dans lequel des drôles de dinosaures ont pris le pouvoir et terrorisent les humains qui sont encore coincés dans les décombres de ce reliquat de civilisation. Pour varier les plaisirs, Kirkman part donc cette fois du monde connu, le nôtre après le passage d’un ouragan dimensionnel (ou quelque chose de la sorte – que voulez-vous quand on joue les apprentis sorciers), d’un groupe conséquent de personnes qui ont plus ou moins repris leurs marques et se sont réorganisés. Un groupe dont s’extirpe Nathan qui n’a pas abandonné tout espoir d’en retrouver encore dans le monde parallèle un peu lovecraftien. Toutes proportions gardées, c’est exactement l’inverse de ce que Rick est amené à faire dans The Walking Dead, tentant de passer d’un terrain hostile à une zone de confort et de consolider une bande. Bien avant de rencontrer une plus grosse communauté qui a réussi à se réhabiliter. Ici aussi, il y a des revenants mais la question se pose autrement.

 

 

 

 

© Kirkman/De Felici/Leoni chez Delcourt

 

Au-delà du jeu des différences et des miroirs, Kirkman ajoute à son mélange quelques éléments passionnants : la difficulté de la réinsertion, des soucis familiaux, les apparences et, surtout, l’enjeu de la vie et de la mort face à des créatures qui, si on doit bien y échapper si on veut voir une nouvelle fois le jour se lever sur les ténèbres, ne doivent pas être forcément considérées comme chair à canon. « C’est un animal sauvage, ! Il n’y aucune raison de le tuer. (…) On n’est pas censés être ici, c’est leur monde. Ces choses sont des animaux, ils vivent juste leur vie.« , dira Nathan Cole. Placé dans le feu de l’action, même si son interlocuteur répond avec cynisme, le postulat fait mouche et échos à des choses très contemporaines.

 

 

 

 

© Kirkman/De Felici/Leoni chez Delcourt

 

Oblivion Song, loin d’être une mélodie en sous-sol, promet d’être très riche. Et le dessin de l’impérial Lorenzo De Felici (enrichi par les couleurs crépusculaires d’Annalisa Leone) fait le reste, très expressif dans les jeux de regards, les duels que proposent les découpages, les visages burinés et cernés et des monstres hideux et très réussis. Ça dépote les potes.

 

Alexis Seny

 

Série : Oblivion Song

Tome : 1

Scénario  : Robert Kirkman

Dessin : Lorenzo De Felici

Couleurs : Annalisa Leoni

Genre: Science-fiction

Éditeur VO : Image Comics

Label : Skybound

Éditeur: Delcourt

Nbre de pages: 160

Prix: 16,50€



Publié le 26/04/2018.


Source : Bd-best


Pas d’intox pour le nouveau format de Tex.  Une aventure de Tex - Montana

« - Qu’en penses-tu, Tex ? Ils te plaisent, mes nouveaux chevaux ?

-          Ils ne sont pas à toi, Birdy. Ils portent la marque d’Oliver Welch… Et on ne plaisante pas avec ce gars-là, tu devrais le savoir !

-          Eh bien… Ce n’est pas moi qui les ai volés ! C’est un comanche… Je l’ai juste saoulé et je les lui ai pris à mon tour… Est-ce un crime de voler un voleur ?

-          Peu importe… Tu dois les rendre immédiatement à Welch, si tu ne veux pas finir au bout d’une corde ! »

 

En s’appropriant ces chevaux, le fougueux Birdy ne savait pas à quel parti il avait osé se frotter. Heureusement, Tex Willer est dans le coin. Le ranger est prêt à remettre toutes les pièces dans le bon ordre. Attention, outlaws, la gâchette de Tex ne fait pas de cadeaux. Et avec Birdy qui a l’art et la manière pour se fourrer dans des affaires louches, il vaut mieux avoir un bon ange-gardien à proximité.

 

 

 

 

© Manfredi, De Vita – Le Lombard

 

 

 

            Gianfranco Manfredi n’est pas un novice du scénario. Auteur phare des éditions italiennes Bonelli, il a à son actif de nombreux scenarii de Tex et de Dylan Dog. Il adapte ici les aventures d’un héros de BD de gare en récit formaté album bien imprimé, le faisant passer de fascicules noir et blanc petits formats à un bel album grand format en couleurs. Manfredi réussit la conversion, transformant la narration pour conquérir un nouveau public sans tourner le dos aux afficionados, et en se mettant au service de son dessinateur.

 

            On avait perdu Giulio De Vita depuis son incursion dans les mondes de Thorgal. Le dessinateur revient en grande forme avec un hommage vibrant aux fumetti, ces bandes-dessinées italiennes dont le nom fait référence à la forme des bulles en petits nuages de fumée.

 

 

 

© Manfredi, De Vita – Le Lombard

 

 

 

            Au fil des planches, le dessinateur se laisse envelopper dans le style. Au début, Montana est dessiné comme n’importe quel western. Puis, discrètement, subrepticement, Tex s’impose à De Vita, ou bien De Vita dompte Tex. C’est exactement à la planche 17 que l’on découvre l’intérêt de la reprise, lors de l’affrontement entre Tex et Welch et ses fils. Symbiose parfaite du style Fumetti avec le genre Franco-belge, la scène est d’une virtuosité éclatante, qui plus est servie par un éclairage modèle.

            Des paysages du Texas à ceux du Montana, De Vita excelle dans la représentation de décors grandioses et magnifiques.

 

            Il y a du Lucky Luke dans le caractère de Tex, l’humour en moins, mais le réalisme en plus.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Une aventure de Tex

Tome : Montana

Genre : Western

Scénario : Manfredi

Dessins & Couleurs : De Vita

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 48

Prix : 12,45 €

ISBN : 9782803672677

 
 



Publié le 26/04/2018.


Source : Bd-best


Moments clés du journal de Spirou - 1937-1985, voyage au coeur du patrimoine de la BD

François Ayroles est ce qu'on appelle un expert dans le monde du neuvième art. Pour marquer le 80ème anniversaire du journal, il nous a concocté une sorte de biographie de l'hebdo emblématique que nous connaissons tous petits et grands et plus grands. Avec un soucis chronologique des plus précis, il nous invite à découvrir l'histoire du magazine à effigie du groom créé par Rob-Vel

 

L'année 2018 fête les 80 ans du Journal de Spirou, paru pour la première fois le 21 avril 1938. Sur l'initiative de Charles Dupuis, fils du fondateur des célèbres éditions, les plus grands noms de la BD franco-belge se sont rassemblés et succédé au cours de ces 80 années d'humour et de dessin : Jijé, Franquin, Will, Morris, mais aussi Peyo, Tillieux, Roba ou encore Lambil et Cauvin. François Ayroles, après avoir décrypté Les moments clés de L'Association et ceux de l'histoire de la bande dessinée, s'est attaqué cette fois-ci à un sujet en or : l'histoire du Journal de Spirou et de la maison Dupuis. En 180 dessins humoristiques commentés, avec la précision et la verve qui font sa patte, il revient sur les 50 premières années de ce qui fut désigné a posteriori comme « l'école de Marcinelle » : les rivalités avec l'hebdomadaire Tintin, les décisions éditoriales d'Yvan Delporte, l'âge d'or franco-belge au milieu du XXe siècle et l'irrésistible penchant vers la modernité. Autant d'instantanés retraçant les grands moments d'une époque fédératrice, essentielle, dont le patrimoine est devenu international. 180 illustrations, c'est autant de souvenirs et de sourires en hommage à ces incontournables acteurs du neuvième art.

 

 

 

 

 

 

Il s'agit en effet de patrimoine du neuvième art. Agrémenté d'un agréable graphisme qui illustre chaque anecdotes, époque clés du journal, de ses auteurs ou protagonistes, nous découvrons pas à pas les cinquante premières années de l'hebdomadaire. Au gré des 300 pages, Ayroles nous relate la genèse en 1937 et de ce qu'on appellera plus tard, l'école de Marcinelle. L'époque de la guerre 40-45, la word press, mai 68 , la concurrence avec le journal Tintin, autant d’événements qui ont marqué la rédaction qui sont expliqué avec une justesse et une accessibilité pour tout un chacun.

 

 

 

 

 

 

L'histoire d'un éditeur, Jean Dupuis qui décida un jour, d'adjoindre à ses romans et périodiques, un magazine ciblé jeunesse dans une époque ou la bande dessinée était décriée ou reléguée au rang de divertissement pour les "personnes simples d'esprits" diront-nous. Lorsqu'on sait ce qu'est devenue cette riche idée d'hebdo, on ne peut que le félicité d'avoir eu la volonté de se lancer dans cette aventure merveilleuse qui dure depuis maintenant 80 ans !

 

Denis Pirlet

 

Titre : Moments clés du journal de Spirou

 

Auteur :  Ayroles Francois

 

Genre : Biographie

Éditeur :  Dupuis

Nbre de pages : 312

Prix : 26 €

ISBN : 9782800171142



Publié le 25/04/2018.


Source : Bd-best


Mais que fait la police ?! Elle investit le neuvième art : Rouletabille roule sa bosse un peu plus loin

Grand mythe de la littérature policière, la chambre jaune fascine toujours autant. Et ce qui est bien avec cette oeuvre de Gaston Leroux, c’est la liberté qu’elle cède aux auteurs qui voudraient l’adapter. Souvenez-vous de Bruno Podalydès et de sa joyeuse clique dans une esthétique très ligne claire, d’ailleurs. Il y a des oeuvres qui enferment leur adaptateur, d’autres qui les libèrent et leur permettent d’y assigner leur propre originalité. C’est le cas avec le premier roman mettant en scène le journaliste qui se sent pousser des ailes dès qu’un mystère résiste aux plus fins limiers, j’ai nommé Rouletabille. Et il revient dans les mains de Gaudin, Slavkovic et Odone.


Résumé de l’éditeur : Le professeur Stangerson et sa fille Mathilde vivent au château du Glandier où ils poursuivent des recherches scientifiques. Une nuit, Mathilde échappe de justesse à une tentative d’assassinat dans sa chambre jaune, pourtant fermée de l’intérieur. Rouletabille et son ami Sainclair se rendent sur les lieux, ils vont, au terme d’une enquête périlleuse, élucider « Le mystère de la chambre jaune ».

 

 

 

 

© Gaudin/Slavkocic/Odone chez Soleil

 

Il y a des enquêtes dont on ne se lasse pas même si l’on croit se souvenir du dénouement. Des Agatha Cristie, forcément dont le cinéma n’en finit plus de multiplier les adaptations, mais aussi les Rouletabille. Force est de constater que, il y a plus d’un siècle, Gaston Leroux mettait la main sur un personnage universel qui galoperait de médias en médias, de décennies en décennies, sans perdre de son efficacité. Un peu comme Tintin, auquel il ressemble vaguement sur la couverture signée par Stéphane Perger. C’est ainsi que la chambre jaune nous prend un jeu, une énième fois. Il va falloir trouver l’assassin… qui n’en est pas un puisque sa victime est toujours vivante et cache peut-être bien un secret.

 

 

 

 

© Gaudin/Slavkocic/Odone chez Soleil

 

Cela faisait longtemps, toujours ?, que Jean-Charles Gaudin rêvaît d’adapter ce qui est sans doute l’une des plus vaudevillesques des enquêtes policières néanmoins sérieuses. Force est de constater qu’il l’a connaît sur les bouts des doigts. Et s’il n’est pas le premier à porter cet enquêteur de passion plus que de métier en BD (il y avait eu Duchâteau et Swysen, en leur temps), il réussit surtout à en faire le premier album d’une série. Le Rouletabille du Mystère de la chambre jaune n’est pas le Sherlock Holmes du Dernier coup d’archet ou l’Hercule Poirot d’Une mémoire d’éléphant. Non, Rouletabille a l’aplomb de la jeunesse et l’envie des jeunes premiers n’attendant que la bonne occasion pour plonger dans l’univers policier. Pas en en répercutant les faits d’armes, comme simple reporter, mais pour les résoudre. Quelques répliques font mouche dans ce sens et il y a une sorte de filiation entre Rouletabille et l’expérimenté Frédéric Larsan. Une relève pas forcément approuvée par ce deuxième. Il y a duel, course aux indices et l’un contre l’autre et que le meilleur gagne. Bref, au Glandier, même si nos héros ont la météo avec eux, ça ne risque pas de glander.

 

 

 

 

© Gaudin/Slavkocic/Odone chez Soleil

 

Revenant plus près du matériau d’origine que leurs prédécesseurs, les auteurs font l’économie de l’humour pour revenir aux ambiances que ce roman suscitait, entre le jour et la nuit, l’espace et la contiguité, le fantastique et le rationnel. Dans les regards du Père Stangerson qui entend crier sa fille, impuissant, on se retrouve comme lui dépourvu et courant partout, le regard affolé. Mais s’échappant de la chambre qui pouvait phagocyter l’attention, le trio colle aux semelles des personnages dans la gueule du loup, parcourus par le frisson du mystère. Éludant le pur réalisme, Sibin Slavkovic livre un dessin accessible, rond mais également expressif. Inventif dans la mise en place des cages, les faisant se faire des clins d’oeil entre elles, parfois (une scène devant le tribunal, par exemple). C’est incisif, comme les couleurs de Joël Odone qui met une jolie touche finale au classicisme des décors. Des décors vintages, documentés. Le parfum de la campagne verdoyante entre par les fenêtres. Un bon air du printemps qui prouve que Rouletabille roule toujours sa bosse, intrépide et juvénile. Jeune pour toujours, jeune à jamais.

 

 

Alexis Seny

 

Série : Une aventure de Rouletabille

Titre : Le mystère de la chambre jaune

D’après le roman de Gaston Leroux

Scénario : Jean-Charles Gaudin

Dessin : Sibin Slavkovic

Couleurs : Joël Odone

Genre : Mystère, Policier

Éditeur : Soleil

Nbre de pages : 62

Prix : 15,50 €



Publié le 25/04/2018.


Source : Bd-best


Play with me ou l'univers de Nicoletta Ceccoli entre douceur et cruauté

Une fois n'est pas coutume,  nous vous présentons un splendide livre d'illustration ou plus précisément un Artbook signé Nicoletta Ceccoli. L'auteure spécialisée en cinéma d'animation en est ici à son troisième opus imprimé chez Soleil dans la collection Venusdea. Nicoletta Ceccoli a étudié à l'Institut d'Art d'Urbino, où elle a étudié l'illustration et la film d'animation. En 2006, elle a reçu la médaille d’argent de la Société des Illustrateurs (New York) et en 2001, le prix Andersen du meilleur illustrateur italien.
Ses lithographies mettent en scène des jeunes filles surnaturelles, fées, princesses au visage noble plongé dans un monde totalement surréaliste.

Résumé de l'éditeur : Récompensée par le Prix Andersen en 2001, ainsi que par la médaille d'argent de The Society of Illustrators en 2006, Nicoletta Ceccoli est une artiste dont le travail s'expose dans de prestigieuses galeries à l'international. Elle a, entre autres, réalisé l'illustration de couverture du Prédicateur de Camilla Camilla Läckberg, ainsi que le character-design du film d'animation La Mécanique du coeur, tiré du roman éponyme de Mathias Malzieu. Le travail de Nicoletta, qui mêle mélancolie et séduction, suscite d'intenses émotions et une irrésistible nostalgie. Ce beau livre s'ouvre comme autant de fenêtres sur le temps de l'innocence : friandises, animaux, jouets et contes. Offrez-vous un voyage incontournable au doux pays de l'enfance, entre rêve et cauchemar...

 

 

 

 

© Nicoletta Ceccoli - Soleil

 

 

L'univers de Nicoletta Ceccoli est reconnaissable entre milles. Son style est unique et fascinant. Elle y mélange les genres, tantôt doux et satiné, tantôt grave, cruels et sombres, tantôt mélancoliques. Un univers riche dédié aux contes de notre enfance mais qui paradoxalement ne leur est pas destiné. Les contrastes des personnages sont surprenants et la finesse du trait est un véritable délice pour les yeux.

 

 

 

 

© Nicoletta Ceccoli - Soleil

 

 

 
Quatre thèmes sont abordés. Candyland et ses friandises, Wild beauties ou comme son nom l'indique, se penche sur la beauté naturelle, Come play with me invite au jeu et le quatrième qui rend ses lettre de noblesses aux contes avec Tales from Wonderland. On ne se lasse pas d'admirer ses œuvres réunie dans les 120 pages d'un album à la couverture superbe.

 

 

 

© Nicoletta Ceccoli - Soleil

 

 

 

Si vous désirez vous plonger dans un voyage onirique, ce volume est fait pour vous. Subtilité et symboles ne sont pas en reste. Votre imaginaire sera titillé, vous ne regretterez pas le voyage. Vous serez servit en émotions, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Un des maître achat du moment, recommandé par la rédaction de BD Best.

 

Denis Pirlet

 

Titre : Play With me

Par : © Nicoletta Ceccoli - Soleil

Genre: Fantastique

Éditeur: Soleil

Collection : Venusdea

Nbre de pages : 120

Prix: 29.95 € €

ISBN :  9782302064799



Publié le 25/04/2018.


Source : Bd-best


En direct de la Rédaction, chroniques d'un hebdo légendaire

Pour marquer les 80 ans du journal de Spirou, les éditions Dupuis éditent tout au long de l'année 2018 quelques perles vintage dont Franquin constitue en quelques sortes l'ADN au vu du récent anniversaire des 60 ans de Gaston et de celui des Schtroumpfs actuellement avec la réédition de mini-récits.

Résumé de l'éditeur : Le Journal Spirou, c'est plus de septante-cinq (75) ans au coeur de la bande dessinée franco-belge : des extraits inédits des nouveautés à venir, des gags, des interviews de dessinateurs, des jeux... Et sa rubrique centrale, "En direct de la Rédak", qui mêle questions, loterie, anecdotes illustrées et encarts pédagogiques. Le tout en BD, bien évidemment. Un instant privilégié dans la lecture du magazine, puisque s'y rassemblent les trois acteurs indispensables à sa prospérité : les rédacteurs, les dessinateurs et les lecteurs.

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

 

En l’occurrence, l'éditeur nous propose ici de redécouvrir une rubrique emblématique du magazine intitulée "en direct de la rédaction". C'est Yvan Delporte qui avec la complicité de Franquin, décida de dépoussiérer l'hebdomadaire en y glissant tout d'abord les péripéties de Gaston Lagaffe. Beaucoup d'entre-vous se souviendront des gags repris notamment en album, nous n'allons pas nous y attarder. Cependant, ce qui fait tout l'intérêt de ce recueil constitue en la découverte des textes qui accompagnaient les dessins du maître.

 

 

 

© Franquin - Dupuis

 

 

 

Prémices en quelques sortes du trombone illustré, "en direct de la rédaction" se dévoile pour les non initiés autant que pour les aficionados et ce au fil des pages. Nous ressentons avec grande facilité, l'extrême complicité des deux hommes au travers de textes richement détaillés. Il est conseillé de prendre le temps d'assimiler ces nombreux écrits afin d'en apprécier pleinement le contenu. En direct de la rédaction est ce témoignage d'un âge d'or de la bande dessinée ou l'humour y avait toute sa place sans compter le génie créateur de ce duo de légende.

 

 

 

© Franquin - Delporte - Dupuis

 

 

 

Petit bémol pour la couverture qui déconcerte quelque peu. On ne comprend pas bien ce qu'à voulu faire l'éditeur. Peut-être s'agit-il d'une volonté de lui donner un look "dossier". Il aurait mieux valu qu'il ce cantonne dans la couverture classique. Ici la prise en main n'est pas très agréable et semble fragile mais cela reste un avis personnel bien entendu. Quoi qu'il en soit, vous vous régalerez de ces  240 pages concoctées par un éditeur historique et découvrirez, ou redécouvrirez ces délicieuses anecdotes du beau journal de Spirou.

 

Damien Caste

 

Titre : En direct de la Rédaction 

Par : Delporte & Franquin

Genre: Humour

Éditeur: Dupuis

Collection : Dupuis Patrimoine

Nbre de pages : 240

Prix: 32 €

ISBN : 9782800153599



Publié le 25/04/2018.


Source : Bd-best


Rien n’est coulé dans le béton… sauf quand cet enfoiré de Tyler Cross vous y expédie !

Comment ça, on ne vous a pas encore parlé une seule fois de cette crapule qu’on aime adorer qu’est Tyler Cross ? On va se récupérer fissa avec un troisième tome servi une nouvelle fois sur un plateau non pas d’argent mais d’or. Et oui, on fait bien les choses chez Dargaud, m’sieurs, dames. Figure phare du BanDitisme de ces dernières années, le criminel aux méthodes imparables de Fabien Nury et Brüno est bien arrivé à Miami et il emmerde tous ceux qui voudront nuire à ses plans. Et si la ville change de figure à hauteur de grue, Tyler (ou qui que ce diable soit) n’est pas homme de chantier même si en termes de terrassements de cadavres et de ravalements de façade, il n’a de leçon à apprendre de personne !

Résumé de l’éditeur : Nous avions quitté un Tyler Cross fatigué mais libre après son évasion du centre pénitentiaire d’Angola. Nous le retrouvons fringuant et en chemisette à fleurs sous le soleil de Floride. Entraîné malgré lui par son avocat véreux, Tyler s’immerge dans le monde poisseux de la promotion immobilière. Et se concentre sur un objectif alléchant : un braquage de 700 000 dollars. Dans cette nouvelle affaire criminelle, Tyler Cross rencontre une alliée surprenante en la personne de Shirley Axelrod, apparemment normale, mais qui apprend vite. Très vite.

 

 

 

 

© Nury/Brüno/Croix chez Dargaud

 

Avant toute chose, franchement, les promo-boys et -girls du cinéma devraient sans doute en prendre de la graine ! De la graine de quoi, me direz-vous ? Regardez la couverture du nouveau Tyler Cross et vous nous en direz des nouvelles. Au-delà de la classe véritable du dessin et de la mise en couleur, Brüno (et il n’est pas le seul) prouve tout son génie et la capacité de la bande dessinée à proposer des images fortes mais originales loin du cinéma qui recycle de manière incessante quelques vieux modèles désormais usés jusqu’à la corde. Tout de suite, ça donne clairement envie d’embarquer. Bang Bang, he shot me down… et tu m’as tapé dans l’oeil, trio incroyable. Trio car Fabien Nury et Brüno bénéficient toujours de la bonne compagnie de Laurence Croix (on oublie trop souvent dans les médias de mentionner les coloristes) dont les couleurs emportent cette oeuvre magistrale, glaçante et pourtant tellement hot, bien au-dessus de la mêlée.

 

 

 

 

© Nury/Brüno/Croix chez Dargaud

 

Si on l’adore ce bandit dont l’ombre masque les yeux et l’identité constamment, et qu’il y a de fortes chances que vous l’aimiez aussi si ce n’est pas déjà le cas; on se doit de vous avertir, ça se termine rarement bien pour ceux qui fréquentent de près ou de loin ce truand romanesque. Même à Miami, ville rêvée, sorte de parc d’attractions (et d’exactions) pour peu qu’on soit ambitieux. Ça tombe bien, Everett Loomis est de cette race.

 

 

 

 

© Nury/Brüno/Croix chez Dargaud

 

Vieux de la vieille qui ne s’en laisse pas conter et entend bien conter à la « Magic City » les merveilles de son Eden Blue, prestigieux buildings en construction. Une affaire de 700 000 €, un « pot-de-vin mahousse », forcément juteux pour un malfaiteur d’envergure comme Tyler Cross qui y voit un splendide braquage à exécuter. Exécuter, c’est le mot, car les corps vont tomber comme des mouches dans du béton bien trempé et armé.

 

 

 

 

© Nury/Brüno/Croix chez Dargaud

 

Comme Victor Santos avec ses espions, Brüno continue d’élaborer sa grammaire et ses codes, dans le découpage et les cadrages, dans la succession des cases et des planches. Un style rond et carré, incisif et expansif. Comme quoi la BD, c’est parfois plus que du cinéma. Brüno est un vrai killer graphique qui fait poésie des coups de feu et de sang savamment (et sauvagement) imaginés par ce gangster pointilleux qu’est Nury.

 

 

 

 

© Nury/Brüno/Croix chez Dargaud

 

Entre western des grands espaces (l’île de Crab Key et ses drôles d’oiseaux) et polar urbain, ce troisième tome est l’occasion ou jamais de plonger dans ce bain de sang et de violence, où s’égarent quelques héroïnes vénéneuses n’ayant rien à envier aux James Bond Girls et des gentlemen qui montrent très vite leur vrai visage. C’est crapuleux et complètement cynique, onirique et chaotique. Exemplaire, surtout. Pan pan !

 

 

Alexis Seny

 

Série : Tyler Cross

Tome : 3 – Miami

Scénario: Fabien Nury

Dessin : Brüno

Couleurs : Laurence Croix

Genre: Polar, Thriller

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages : 96

Prix: 16,95€



Publié le 24/04/2018.


Source : Bd-best


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