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Nouvel espoir, arrivée du contingent américain – 14-18 Sur la terre comme au ciel.

 

"-    Je m’appelle Sam. Une cigarette ?

 
-    Pas de refus. Mon nom est Mason. Je ne fais pas cela de gaieté de cœur Sam.

 
-    Je ne te juge pas. Inutile de me raconter ta vie.

 
-    Laisse-moi parler. J’adore voler, c’est toute ma vie. Mais parfois là-haut, il m’arrive d’être envahi par une sorte d’appréhension."

 

 

 

 

Déjà le neuvième épisode de cette saga nous emmenant à la rencontre du vécu des combattants originaires d’un même petit village au travers des grandes étapes de la Première Guerre mondiale. Maurice envoie régulièrement des dessins à son amie Nini. Il y partage son admiration pour les combats aériens.

 

 

 

 

 

© Corbeyran – le Roux – Chevalier.

 

 

 

 

 

Cette fois, on s’écarte du groupe que l’on connaissait antérieurement (Pierre et Maurice) pour aller à la rencontre de Mason et de Sam. Ce dernier fournit de la cocaïne à Mason, un as des combats aériens, qui avoue être incapable de voler sans être sous l’influence de substances hallucinogènes. On y fait aussi allusion aux premiers contacts avec les troupes américaines (entrées dans le conflit à partir du 6 avril 1917) sur le sol français. Une rencontre avec les Sammies apportant avec eux leur mode de vie et leurs traditions, réchauffant l’atmosphère de l’arrière-front français. C’est la confrontation entre deux mondes avec l’apparition du  chewing-gum, la découverte des diverses facettes de la culture américaine telle l’arrivée du blues et du jazz, mais aussi le patriotisme et la ferveur religieuse des combattants venus du Nouveau Monde.

 

 

 

© Corbeyran – le Roux – Chevalier.

 

 

 

 

Le scénario d’Éric Corbeyran  pour cet avant dernier épisode est le moins consistant de toute la série. Les dessins d’Étienne le Roux et Loïc Chevallier restent extraordinaires sur le plan graphique. On se rapproche lentement de l’ultime tome de cette saga captivante et du devenir de nos derniers survivants.



Haubruge Alain



Titre : Sur la terre comme au ciel (Juillet 1918)


Série : 14-18


Scénario : Éric Corbeyran


Dessin et couleurs : Étienne le Roux – Loïc Chevallier


Genre : Historique - Guerre


Éditeur : Delcourt


Collection : Histoire & histoires


Nbre de pages : 48


Prix : 14,50 €


ISBN : 9782756070384



Publié le 16/06/2018.


Source : Bd-best


Les contes de fées, miroir aux alouettes des mondes défaits pour ceux qui restent face à la disparition de leurs enfants

Alice au Pays des merveilles, Little Nemo à Slumberland, Wendy et les enfants perdus au pays imaginaire, Richard au pays des livres magiques ou encore Eustache, Polly, Susan et co dans le Monde de Narnia… Des enfants passés de l’autre côté du voile de la fantaisie et de la féérie, il y en a une armada partie à l’aventure dans des univers dont les grands ignorent tout. Et si justement, le temps passant, les adultes s’étaient rendu compte de l’absence omniprésente de leur progéniture ? Un seul être vous manque et, dans ce choc des mondes, la terre entière est dépeuplée, disait l’autre. C’est ce postulat rarement voire jamais évoqué que Josep Busquet et Alex Xoül explorent et creusent dans un récit où la sinistrose étouffe peu à peu le merveilleux.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

 

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

De conte de fées en monde défait, le jeu de mot est facile mais on ne peut plus évocateur de la situation vécue par Ceux qui restent, le nom tout trouvé et tellement bien choisi par les deux  auteurs restés sur le carreau quand la porte des mondes parallèles s’est ouverte. On leur a sans doute dit qu’ils étaient trop grands pour ces choses-là et se sont « vengés » en proposant une oeuvre plus sombre que ses pendants féeriques, interdite aux enfants et brocardant quelques-uns des monstres de notre société, bien pire qu’un Capitaine Crochet ou une Reine de Coeur.

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Parce que forcément, devant l’inexplicable, des questions se posent. Encore plus quand on s’en prend à la chose la plus sacrée au monde : un enfant. Et quand celui-ci disparaît inopinément, c’est le drame inimaginable pour les parents qui, comme si cela ne suffisait pas, doivent faire face à une société qui les dévisage et ne peut s’empêcher de penser qu’ils ne sont peut-être pas aussi irréprochables que ce qu’ils veulent bien le dire… et le pleurer. Encore plus quand le gamin, comme s’il partait en voyages, revient un beau jour comme si de rien n’était pour mieux repartir et revenir, des mois voire des années plus tard. Sans que ses parents ne puissent le retenir, l’attrait du merveilleux étant toujours le plus fort (et on peut le comprendre).

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Cette mésaventure cauchemardesque, les époux Hawkins vont en faire l’amère expérience et n’en sortiront pas indemnes. Parce que Busquet et Xöul ont vite fait de dégager l’aspect magique des choses pour ne faire subsister que le drame intime et à la fois sociétal. Parce que le couple, déjà secoué de l’intérieur du cocon familial désormais brisé, va être secoué par l’extérieur. Quand la police s’en mêle, s’efforçant de bien faire son boulot mais ne pouvant pas ne pas remettre en question la version des parents. Parce que, surtout, au tapin des esprits, quelques esprits frappeurs et frappés se prenant pour des journalistes mais servant surtout la putasserie (comme il y en a de plus en plus à l’ère du buzz et des réseaux sociaux) la plus basse et crasse vont en remettre des couches, faisant de nos victimes des criminels en puissance.

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

Heureusement, si rien n’est rose, tout n’est pas noir non plus et les parents dans la tourmente vont pouvoir compter sur une association secrète aidant à faire le deuil de ces enfants aventuriers partis dans d’autres mondes plus palpitants et pouvant pourtant se montrer bien ingrats. Face au scénario sans appel de Josep Busquet, Alex Xoül (si les deux Espagnols ont déjà pas mal collaboré en Espagne, c’est leur premier album qui parvient jusqu’à nous, en français) fait tant bien que mal pour amener de la magie dans cet univers chamboulé et cette société tristounette. La couverture donne un petit aperçu de l’étincelance et de la finesse de son dessin, de sa chaleur mais aussi de sa froideur. Graphiquement, c’est fameux. De bout en bout, ne cachons pas que cet album manque une lueur d’espoir. La fée clochette ne passera pas. Mais pouvait-il en être autrement ?

 

 

 

 

© Busquet/Xöul chez Delcourt

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Ceux qui restent

Récit complet

Scénario : Josep Busquet

Dessin et couleurs : Alex Xöul

Traduction : Karine Beuzelin

Genre : Drame, Fantastique

Éditeur : Delcourt

Nbre de pages : 128

Prix : 19,99€



Publié le 15/06/2018.


Source : Bd-best


Au sommet de l’horreur bureaucratique : Wannsee où l’extermination des Juifs de façon industrielle.

 

" -    Suivez- moi, messieurs. Mettez-vous à l’aise, un buffet est à votre disposition. Des grands crus tout justes livrés de France vont vous être servis, et nous ne sommes pas limités par la quantité.

 
-    Dans la SS, on apprécie le luxe.

 
-    Toujours, et nous l’avons bien mérité. Pour ma part, il me faudra bien cela pour faire passer le gout de merde et de sang que je ramène de Lettonie.

 
-    Gardez ce genre de réflexion pour vous, tous les participants ne sont pas encore au courant de ces secrets."

 

 

 

 

Berlin, quartier de Wannsee, le 20 janvier 1942. Une conférence secrète réunit quinze hauts fonctionnaires du troisième Reich. Autour de H. Heydrich et d’A. Eichmann, ces hommes vont organiser et entériner le génocide de plus de six millions de Juifs (Shoah) en moins de quatre-vingt-dix minutes. Fabrice Le Henanff nous propose une vision neutre de cette conférence tenue à huis clos, nous transmettant un devoir de mémoire que révisionnisme et négationnisme cherchent à détruire. Il nous présente la banalisation de l’horreur ressentie chez les participants à cette réunion, seul le secrétaire d’État Kritzinger ayant tenté de résister (c’est aussi le seul qui s’est excusé et a exprimé des remords lors du procès de Nuremberg).

 

 

 

 

 

© Fabrice Le Hénanff – Casterman.

 

 

 

 

L’auteur revient sur l’épisode Babi Yar (à côté de Kiev), un ravin où des dizaines de milliers de Juifs furent exécutés par balle, montrant les limites techniques de ce système poussant le troisième Reich vers une solution industrielle prévoyant l’exécution de 60.000 Juifs par jour. Parmi les principaux protagonistes, Heydrich sera assassiné à Prague par un commando tchèque tandis qu’Eichmann sera exfiltré d’Argentine en 1960 par le Mossad. Jugé à Jérusalem, il sera condamné à mort le 11 décembre 1961 et exécuté par pendaison le 31 mai 1962. Avec un graphisme sépia parfois flouté, l’auteur signe un album restituant le mépris des dirigeants nazis vis-à-vis de la condition humaine. Les onze dernières pages sont consacrées aux portraits des différents participants et de leurs devenirs à la chute du Reich.

 

 

© Fabrice Le Hénanff – Casterman.

 

 

 

Avec « Wannsee », Le Henanff nous délivre un album digne d’être placé au côté du « Maus » de Spiegelman et d’ « Auschwitz » de Croci.


Haubruge Alain


Titre : Wannsee

Genre : Historique - Guerre

Scénario : Fabrice Le Henanff

Dessins : Fabrice Le Henanff

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 88

Prix : 18,00 €
 
ISBN : 9782203149632



Publié le 15/06/2018.


Source : Bd-best


Aborder un triste phénomène de société avec émotion et simplicité.  Chaque jour Dracula

 

  « - Arrêtez, mais qu’est-ce que vous faites ?

 
-    On est sympas. On améliore ton repas avec un peu d’ail !

 
-    Ouais, avec un zeste d’eau bénite, tu vas adorer…

 
-    Faites gaffe, le pion arrive… Je serais toi, j’éviterais de sourire. T’as de l’épinard coincé entre les dents ! Tu devrais aller te voir dans un miroir pour l’enlever… Oooh, mais je suis bête. J’oubliais que les vampires n’ont pas de reflet…»

 

 

 

 

Le jeune Dracula est petit garçon (presque) comme les autres. Mais il est sans cesse embêté par certains de ses camarades de classe. Un soir, à table, il va se confier à son père qui va l’aider à montrer aux autres qu’il est plus intelligent qu’eux. Le papa ne compte pas laisser pourrir la situation. Il faut agir sans tarder : son fils est victime de harcèlement scolaire.

    Invisible, fourbe, pernicieux, ce mal est destructeur. Le silence est la victoire des agresseurs. Alors, si des livres comme celui-ci sauvent ne serait-ce qu’une seule victime, le pari est gagné. Mais Dracula en sauvera plus d’un.

 

 

 

 

 

 

 


© Lefèvre, Clément - Delcourt

 

 

    L’album n’est pas seulement à mettre dans les mains des harcelés, même s’il peut les soulager en leur montrant qui ils ne sont pas seuls dans ce cas, même si cela les aide à parler. Il est aussi à faire lire aux bourreaux pour les mettre face à leurs exactions. Il peut enfin servir d’outil aux enseignants pour aborder le thème en classe, aider les langues à se délier et faire que l’école soit un lieu où tous les élèves arrivent avec la banane, car c’est le seul moyen pour progresser dans les apprentissages.

    Loïc Clément choisit un héros hors normes pour traiter d’un sujet trop souvent banalisé. Il démontre que l’on peut se sortir d’une enfance difficile et devenir quelqu’un qui compte (même si les actes du Dracula adulte sont discutables, mais Dracula est un acteur de cinéma, n’est-ce pas ?). Avec un discours à la portée des jeunes lecteurs et une sensibilité douce et compatissante, le scénariste rentre avec classe dans les chaussons de la collection Delcourt jeunesse, trop souvent négligée par son éditeur.

    Le titre est extrêmement bien choisi. Chaque jour, accolé à Dracula, résonne comme une habitude affiliée à une chose hors norme ou qui ne devrait pas exister. Et là où est la malice des auteurs, c’est que ce n’est pas Dracula, sympathique et mignon, qu’on n’a pas envie d’affronter, mais Chaque jour. C’est ça qui n’est pas normal et c’est la situation qu’il faut redresser.

 

 

 

 


© Lefèvre, Clément - Delcourt

 

 

    Le trait crayons de couleurs de Clément Lefèvre apporte une délicatesse au récit. Le dessinateur joue avec les visages et les yeux de ses personnages pour faire passer les sentiments. Pour cela, chose rare, il utilise également les décors comme dans la scène où Dracula marche au fil des saisons lorsque sa vie continue son cours chaotique. Lefèvre signe une couverture efficace positionnant les méchants en tant que cibles à montrer du doigt.

Avec Seule a la récré, paru il y a quelques mois chez Bamboo, Chaque jour Dracula est un medium épatant pour aider les écoliers et les collégiens à sortir de la situation inadmissible du harcèlement scolaire.


Laurent Lafourcade


Titre : Chaque jour Dracula


Genre : Fantastique


Scénario : Clément


Dessins & Couleurs : Lefèvre


Éditeur : Delcourt


Collection : Jeunesse


Nombre de pages : 40


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782413001669



Publié le 15/06/2018.


Source : Bd-best


A mourir de rire, au propre comme au figuré. Mauvaises mines

 

    « - Monsieur le directeur !

 
-    Qu’y a-t-il encore, Monsieur Dugain ?

 
-    C’est une catastrophe ! C’est à propos du dernier « Pin-Pin le lapin pompier » !

 
-    Ha ha ha ! Dugain, toujours à faire une montagne d’un rien. Montrez-moi ça… Tout ça m’a l’air très bien.

 
-    Lisez-le, monsieur le directeur. »

 

 

 

Alerte générale aux éditions Couicoui. Le dessinateur de leur série fétiche pour les tout-petits a littéralement pété un câble, dévissé un boulon, fumé des pistons. Dans le dernier numéro publie de la revue « Pin-Pin le lapin pompier », le héros aux grandes oreilles se trouve à devoir aider Monsieur son voisin dont la femme a le feu au cul. Ça fait désordre pour le magazine qui engrange les meilleures ventes du groupe. Devant le fait accompli, le directeur et son responsable de publication n’ont qu’une solution : fuir.

 

 

 

 

 

 

© Munoz - Glénat

 

 

 

L’album surfe entre leur escapade meurtrière, les doutes et décisions de l’auteur de Pin-Pin et les dessins de celui-ci qui signe des dessins d’humour noir, très noir.

Jonathan Munoz réussit un album concept inédit. Mise en abîme du destin d’un auteur et de son éditeur entrecoupé des illustrations macabres et drolatiques du soi-disant créateur de Pin-Pin. Cette pirouette scénaristique permet à l’auteur de proposer autre chose qu’un album de dessins d’humour. Munoz réalise un coup de maître en dynamitant le procédé.

Si l’histoire n’était pas écrite par les vainqueurs, peut-être auriez-vous entendu parler « des vacheliers ».
Si vous aviez pu lire la joie sur le visage des élèves de 6°B quand ils apprirent que leur professeur d’anglais était absente.
Si vous aviez vu la réaction de Pinocchio devant un feu de cheminée, …

 

 

 

© Munoz - Glénat

 

 

 

    Munoz témoigne de tout cela et de bien d’autres choses.
    Adoptant un graphisme enfantin et gros nez pour les planches BD racontant la vie de l’auteur et la cavale de son éditeur, Munoz réalise ses illustrations noires dans un style incisif et acéré.

    Faisant un démarrage fracassant avec les deux livres de Fabcaro et ces Mauvaises mines, c’est avec cet album que la collection Glénaaarg porte le mieux son nom.


Laurent Lafourcade


One shot : Mauvaises mines


Genre : Humour


Collection : Glénaaarg !


Scénario, Dessins & Couleurs : Munoz


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 96


Prix : 14,95 €


ISBN : 9782344028902



Publié le 14/06/2018.


Source : Bd-best


Coucouche panier, amendes à fond. Les gendarmes 16 – Mise à pied

« - JP, le dresseur vient d’appeler, tu peux aller chercher notre nouveau chien !

 
-    Il est prêt ?

 
-    Oui, et avec six mois de dressage dans les pattes, il ne tardera pas à devenir un élément essentiel de notre brigade !

 
-    Tu sais qu’un chien comme ça équivaut à une arme lourde comme un bazooka !

 
-    J’essaierai de ne pas me blesser avec ! Hu hu hu ! »

 

 

Il y a fort à faire dans la plus célèbre gendarmerie de la BD. Mais heureusement, quand on est épaulé par la crème de la brigade cynophile, les malfrats n’ont qu’à bien se ranger. Les gendarmes n’ont plus rien à craindre, d’autant plus qu’ils ont été équipés d’efficaces nouveaux gilets pare-balles. JP en a pigé la logique. Et lorsqu’il s’agit de protéger les véhicules de la brigade par d’impressionnants blocs en béton, Latouille gère la situation.

Ce nouvel opus nous apprend également que les temps sont durs pour la gendarmerie. Pour recruter, il va falloir savoir se vendre sur les marchés. Mais entre un boucher et un apiculteur, attirer le client n’est pas gagné d’avance.

 

 

 

 

 

© Jenfèvre, Sulpice, Cazenove, Lunven - Bamboo

 

 

 

 

Cazenove et Richez allient leur talent et leur savoir-faire pour nous proposer une bonne cellule de gags. Sachant se renouveler, se moderniser et se rapprocher de l’actualité, les scénaristes se moquent avec sympathie des forces de l’ordre.

 

 

 

© Jenfèvre, Sulpice, Cazenove, Lunven - Bamboo

 

 

 

Quand on compare ce seizième volume des Gendarmes avec le tout premier, on mesure les progrès impressionnants de Jenfèvre qui est passé du statut de bon gribouilleur amateur à excellent dessinateur humoristique.

Avec les Gendarmes, les Pompiers et les Profs, les éditions Bamboo tiennent dans leur besace trois séries solides faisant office de piliers dans le monde du gag. Rigolez, vous êtes cernés.


Laurent Lafourcade


Série : Les gendarmes


Tome : 16 – Mise à pied


Genre : Humour gradé


Scénario : Sulpice & Cazenove


Dessins : Jenfèvre


Couleurs : Lunven


Éditeur : Bamboo


Nombre de pages : 48


Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782818944707 



Publié le 14/06/2018.


Source : Bd-best


Makyo et sa bande italienne font un bond dans le temps pour raviver la flamme de l’Égypte, la fièvre dévastatrice aussi

Quand j’étais petit, je voulais devenir égyptologue. J’étais passionné, en tout cas, et compilais les images et les documentations sur ce pays de rêve mais dont on est revenu depuis. Certains ont eu Christian Jacq comme précepteur, moi, c’était plutôt De Gieter, son Papyrus et les aventures plus « tout public » que lui a consacré le petit écran. Au-delà de ce héros au glaive magique, le pays des pharaons continue de faire rêver. Et, cette fois, c’est Makyo qui entre dans le rêve égyptien, entre hier et aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Makyo/Sicomoro/Tanzillo chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur : Néferkheperourê vient de naître. Fils d’Amenhotep III et de la reine Tiy, le futur Akhénaton est en danger de mort suite à un attentat contre la vie de sa mère. Le prêtre Anoukis s’en remet à son vieux maître banni, seul dépositaire de rituels oubliés. Pour lui, l’enfant doit rejoindre le temps où il pourra être soigné. Et c’est Anoukis qui l’accompagnera sur la barque des milliers d’années…

 

 

 

 

© Makyo/Calore/Tanzillo chez Delcourt

 

Depuis que l’homme est homme et qu’il a conscience de son passé (ou qu’il veut mieux l’oublier sous des tonnes de béton pour faire des parkings et des buildings), il n’a eu de cesse de creuser. Trouvant des villages gaulois, des hommes de Cro Magnon et toutes sortes d’autres preuves tangibles d’un destin millénaire, d’une évolution des moeurs et des modes de vie. Avec des terrains de jeu archéologique qui semblent inépuisables et ne délivreront, sans doute, jamais tous leurs secrets.

 

 

 

 

© Makyo/Sicomoro

 

Une de ces zones aux milles trésors se situe au pied des pyramides au Caire. Nous sommes en 2011, l’heure n’est pas encore à l’agglutinement des touristes et pourtant… un homme semblant venu d’un autre temps vient d’apparaître derrière une grille rendant ce couloir de pyramide inaccessible en-dehors des heures d’ouverture. Dans ses mains, un bébé emmailloté. Dans sa bouche, un étrange accent prouvant que cet homme n’est pas d’ici… ou pas de maintenant. D’il y a trois millénaires, peut-être ?

 

 

 

Recherche © Makyo/Sicomoro

 

Déjà, ce premier album est le théâtre de jolies intentions graphiques destinées certainement à être perpétuées dans les prochains épisodes : Alessandro Calore, bien dans ses baskets, s’occupe de la partie moderne et contemporaine tandis qu’Eugenio Sicomoro, bien dans ses taptebs, remonte le temps, reconstitue et imagine le Thèbe des années 1300… avant notre ère. Les couleurs, d’un côté comme de l’autre de l’Histoire, sont assurées par Emiliano Tanzillo qui rajoute une jolie épaisseur de rêve et d’ambiance, de nuit et de lumières de feu, aux dessins des deux Italiens qui n’ont aucun mal à faire la liaison de l’un à l’autre et se révèlent acquis à leur cause et à faire vivre cette Égypte aussi magnifique que maléfique.

 

 

 

 

© Makyo/Sicomoro/Tanzillo chez Delcourt

 

Car les temps sont troublés, de sombres manoeuvres pour prendre le pouvoir sont en marche et les cadavres pleuvent comme une septième plaie biblique. C’est une guerre des clans qui s’opèrent et l’insouciant Néferkheperourê, élu des dieux pour devenir le pharaon Amenhotep IV (alias Akhenaton), pourrait bien en payer de sa vie dans ce royaume de brutes prêtes à faire couler le sang d’un enfant pour assouvir leur soif de pouvoir.

 

 

 

 

© Makyo/Sicomoro

 

 

Sans magie autre que le procédé qui fera voyager nos héros dans le temps, ce premier tome participe à la mythologie sans faire intervenir les dieux, même si forcément les humains les invoquent, laissant ainsi ceux-ci régler leurs comptes entre eux. S’il y a pas mal de dialogues, Makyo est aussi conscient du pouvoir de fascination de ses dessinateurs et leur laisse de l’amplitude pour faire place aux images. On avait fui l’Égypte, à notre plus grand regret, ces derniers temps, on y revient de manière aussi tragique que somptueuse.

 

 

 

 

© Makyo/Sicomoro/Tanzillo chez Delcourt

 

 

 

Alexis Seny

 

Série : Les deux coeurs de l’Égypte

Tome : 1 – La barque des milliers d’années

Scénario  : Makyo

Dessins : Alessandro Calore et Eugenio Sicomoro

Couleurs : Emiliano Tanzillo

Genre: Drame, Fantastique, Histoire

Éditeur: Delcourt

Nbre de pages: 64

Prix: 15,50€



Publié le 12/06/2018.


Source : Bd-best


Taille adulte: je parle en hauteur et non pas en largeur ! Taille adulte Tamara T.16

« - Et sinon avec Ivan vous l’avez déjà fait ?

 
-    Arrête avec ta curiosité malsaine, je ne te dirais rien !

 
-    Je suis sûr que tu ne l’a jamais fait ! Enfin je l’espère … beurk rien que d’y penser.

 
-    Wagner.

 
-    Ouais

 
-    Par pitié, ferme-la !  Tu m’énerves. »

 

 

 

 

Tamara revient ces prochaines semaines avec une double actualité. Tout d’abord le seizième tome de ses aventures (Taille adulte sortie prévue le 15 juin 2018) et ensuite un second long métrage « Tamara 2 » à l’affiche prochainement dans les salles obscures (à partir du 4 juillet 2018). Côté littéraire, après des mois de collaboration commune, Zidrou (scénariste) passe le témoin à Lou (qui n’est autre que la fille du dessinateur Christian Darasse).

 

 

 

 

© Lou – Darasse – Dupuis.

 

 

 

Tamara grandit et ses préoccupations changent : elle tient à réussir son bac, recherche l’amour alors qu’elle est toujours bleue de Diego et ne renonce pas à perdre quelques kilos superflus. Toutes ses résolutions vont être bousculées avec l’arrivée inopinée de Filandre, le demi- frère de Tamara, fruit des amours entre son père Philippe-André et sa compagne mannequin du Yatoukistan. On peut considérer cet album comme étant le « lien » entre la BD et le film à venir.  

 

 

© Lou – Darasse – Dupuis.

 

 

 

 

De nouveaux personnages apparaissent : le couple formé par Zak & Ivan, Adam un jeune garçon de 18 ans, rencontré sur le net, inséparable de  Melle Moustache (un chaton de couleur blanche). Depuis le septième tome, les concepteurs n’ont eu de cesse de faire évoluer la jeune fille vers l’âge adulte, un défi qui au départ paraissait suicidaire mais qui en fin de compte s’avère payant. Aujourd’hui, Tamara entre en faculté et va vivre plein de nouvelles aventures dans la jungle Parisienne.

 

Haubruge Alain.

 

Titre : Taille adulte.


Série : Tamara.


Tome : 16


Editeur : Dupuis.


Genre : Jeunesse Humour.


Scénario : Lou.


Dessin : Christian Darasse.


Couleur : Benoît Bekaert.


Nombre de pages : 56.


Prix : 10,95 €.


ISBN : 9782800174037



Publié le 11/06/2018.


Source : Bd-best


C’est à l’épreuve de la réalité qu’il saura qui il est. Voilà pourquoi le voyage d’Imm a commencé. To your eternity 6

    « - Ah, Tonali. Que veut le grand chef de l’île ?

 
-    Nous voulons quitter cette île… avec l’immortel et Piolan !

 
-    D’accord, mais pour ça, vous avez un bateau ?

 
-    Pff ! Vous n’êtes pas au courant ? L’immortel peut nous en fabriquer un plus gros que le vôtre en moins de cinq secondes ! Allons-y !

 
-    Il est hors de question que je vous laisse voler notre trésor… Revoyez vos plans, sinon je serai dans l’obligation de vous tuer. »

 

 

 

Hayase n’a pas l’intention de laisser Tonali et ses compagnons quitter l’ile prison. Imm est au cœur de la négociation. Il n’a pas réussi à devenir chef de Jananda, concentration des plus grands criminels du pays. Mais lorsque l’on fait face à un ennemi, il faut prendre garde à celui, bien pire, qui se tient en embuscade.

    Il y a des mangas d’aventure comme One Piece, des thrillers comme Monster, des suspens terrifiants comme King of Eden. Dire que l’on n’aime pas les mangas, c’est comme dire que l’on n’aime pas le cinéma. Comme dans tout type de littérature, tous les genres sont abordés. Si malgré tout, vous êtes réfractaire au Manga, lisez To your eternity. Cette histoire sensible, émouvante, poignante vous fera changer d’avis. Ce récit est une réflexion sur le sens de la vie et l’immortalité.

 

 

 

 

 

 

© Oima - Pika

 

 

 

    Autour d’Imm, gravite toute une galaxie de personnages attachants ou détestables. La dessinatrice a créé une mythologie semblable à de l’heroic-fantasy, mais To your eternity n’en est pas. Dans une époque qui pourrait être un Moyen-Âge, Imm est un être immortel envoyé sur Terre pour y collecter des informations. Au fil de ses aventures, il peut prendre à loisir les apparences des gens qu’il croise…une fois qu’ils sont morts. Cela lui permet de devenir un loup, un ours, une enfant, un jeune homme masqué (la liste s’allonge au fil des chapitres) pour se tirer de situations compliquées dans lesquelles il pourrait se trouver. Imm est pourchassé par des Knockers, entités cherchant à dérober ses métamorphoses. L’immortel est guidé par l’observateur, maître encapuchonné qui le conduit dans sa quête. Hayase concentre en elle la cruauté et la méchanceté humaine, tandis que la vieille Piolan apporte de l’humour et du sens à la vie d’Imm.

 

 

 

 

© Oima - Pika

 

 

 

    Yoshitoki Oima signe le meilleur shônen depuis Full Metal Alchemist. Le magazine Animeland ne s’est pas trompé en l’élisant meilleure série du genre en 2017. La mangaka sera présente début juillet à la Japan Expo à Paris. Elle y effectuera une masterclass, un live drawing/conférence et dédicacera.

    To your eternity émeut aux larmes. Un conseil : ne vous attachez à personne, vous risqueriez d’avoir du mal à vous en remettre.



Laurent Lafourcade




Série : To your eternity


Tome : 6


Genre : Fantastique émouvant


Scénario & Dessins : Oima


Éditeur : Pika


Nombre de pages : 192


Prix : 6,95 €


ISBN : 9782811642198



Publié le 11/06/2018.


Source : Bd-best


Libertalia : la poudre aux yeux fait place à celle des canons

Pour le premier album de cette série, nous avions rencontré le trio d’auteurs à la tête de cette colonie de pirates qu’est Libertalia. Et ce n’est pas peu dire qu’ils nous avaient vendu du rêve en nous vantant la sagesse (peut-être un peu hirsute) de leurs pirates en quête de sens plus que de sang et pionnier dans bien des domaines sociaux. Elle était belle l’image d’Épinal et pourtant… Nous mentaient-ils comme des arracheurs de dents de malades du scorbut (et dieu sait que Paolo Grella s’y connaît, lui qui a un diplôme d’orthodontiste) ou leurs personnages leur ont-ils échappé pour céder à leur nature humaine et à leurs bas instincts ? Dans ce deuxième tome de Libertalia, du haut des Murailles d’Éden, la belle idéologie a chuté et s’est fracassée, craquelée.

 

 

 

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Libertalia est-elle née en 1967, à Madagascar, de l’imagination de Daniel Defoe ou de la folie de deux hommes en rupture avec leur époque ? Dans la colonie pirate de toutes les utopies, ténèbres et lumières s’affrontent dans une lutte à mort sans vainqueurs ni perdants.

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella chez Casterman

 

La fuite d’un monde qui se pensait moderne mais était bien moins que ça s’est bien passé et la communauté emmenée par le gentilhomme déchu Misson et le défroqué Carracioli coule des jours heureux sur ce paradis terrestre trouvé sur une île de Madagascar. Il fait beau, la mer est pleine de poisson, de requins, et les autochtones, s’ils ne parlent pas la même langue que les nouveaux arrivants ont vite appris le troc. Pour peu qu’on ne les poursuive pas jusque-là – ils sont toujours recherchés morts ou vifs -, nos marins d’eau salée devraient bien se plaire et jouer les révolutionnaires de l’humanisme (notamment par une certaine idée de la sécurité sociale)…

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella chez Casterman

 

Enfin, ça, c’est sur papier, et si les eaux ne sont pas si tumultueuses que ça, il n’empêche qu’elles amènent à Libertalia un parfum d’hostilité pour mettre à mal la belle fraternité. Et là où on s’attendait à ce que le trio d’auteurs continue de jouer sur les deux tableaux – entre ce microcosme libertaire et le monde qui veut la peau des forbans -, il nous surprend en restant entre pirates. En effet, il n’y a pas besoin qu’elles soient menacées pour que les relations humaines se tendent et finissent en déliquescence.

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella

 

Finalement, Rudi Miel et Fabienne Pigière accompagnés de ce surdoué de pirata qu’est Paolo Grella sont comme leurs héros, dans ce deuxième tome. Sans subterfuge, ils trouvent leur île à l’état sauvage, comme les hommes de Misson et Carracioli, se servant de ce qu’ils trouvent pour bâtir l’histoire. Et notamment des comportements humains qui s’ajustent ou s’opposent. Si la première solution est possible, la deuxième est de plus en plus plausible.

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella chez Casterman

 

Car ce qui était encore un terrain d’entente et de paix possède assez de grain de sable et de sel pour enrayer la si belle machine utopiste. Le système de partage de richesses, toutes les richesses, les femmes, le manque d’action ou une simple incompatibilité d’humeurs sont autant de raisons qui vont mettre le feu aux poudres.

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella chez Casterman

 

Et en matière de poudres, nos hors-la-loi s’y connaissent. Comme nos auteurs qui, dans ce carcan encore sauvage, livrent un album où grimpe inexorablement la tension (Paolo Grella est redoutable sur tous les plans et dans les expressions) tandis que les ennemis, encore loin de Libertalia, ajustent leurs pions. Sur ce jeu d’échec qui risque de tourner à la bataille navale, les chevaux fous sèment la zizanie, le ver est dans la pomme et les boulets sont plus rouges que jamais. L’éden est peut-être à l’Ouest, à bâbord ou à tribord, mais de moins en moins à Libertalia.

 

 

 

 

© Miel/Pigière/Grella chez Casterman

 

 

 

Alexis Seny

 

Série : Libertalia

Tome : 2 – Les Murailles d’Éden

Librement inspiré des bases jetées par Daniel Defoe

Scénario : Fabienne Pigière et Rudi Miel

Dessin et couleurs : Paolo Grella

Genre : Aventure, Historique

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 48

Prix : 13,95€



Publié le 11/06/2018.


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