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Du bleu dans le patrimoine. Les Schtroumpfs – 6 Mini-Récits

    « - Toi, va me schtroumpfer des nèfles !
-    Bien, Grand Schtroumpf !
-    Hep ! Vous deux ! Schtroumpfez-moi des noix !
-    Oui, Grand Schtroumpf !
-    Si on schtroumpfait plutôt de la salsepareille ! C’est bon, la salsepareille !
-    Non ! Le Grand Schtroumpf a dit des noix et nous schtroumpferons des noix !
-    Grand Schtroumpf ! J’ai une nèfle !
-    Non ! Ça, c’est un gland !
-    Ah ?
-    Ah ! Schtroumpfez les pommes là-bas !
-    Moi, je n’aime pas les pommes ! »

 

 

 

 

Ils sont venus, ils sont tous là : le Grand Schtroumpf, le Schtroumpf bêta, le Schtroumpf grognon, le schtroumpf farceur,... Les éditions Dupuis éditent leurs six premières aventures dans leur format originel, celui des mythiques mini-récits.

Les Schtroumpfs noirs présente le petit monde dans son village de champignons. Les Schtroumpfs n’ont pas encore d’identité particulière. Une mouche noire en contamine un en le piquant, puis c’est la pandémie.

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

 

 

Gargamel, rêvant d’or et de pierre philosophale, fait son apparition dans Le voleur de Schtroumpfs.

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

 

L’œuf et les Schtroumpfs est certainement l’un des scenarii les plus drôles de l’histoire de la BD. En ramenant un œuf destiné à un grand gâteau, les deux Schtroumpfs envoyés en mission ne se doutaient pas des pouvoirs magiques de la chose, exauçant les vœux de quiconque tapote dessus. La scène finale est un coup de théâtre digne des meilleures pièces de boulevard.

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

 

 

Comment faire quand on veut véroler le village des Schtroumpfs et qu’on est un grand sorcier vilain ? : se transformer en faux Schtroumpf. C’est ce que décide de faire Gargamel. Sauf que sa métamorphose a un hic.

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

 

La faim des Schtroumpfs oblige les habitants du village a un exode hivernal. La réserve ayant brûlée, il faut partir chercher de la nourriture.

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

 

 

Le centième Schtroumpf apprend qu’il est dangereux de s’abriter sous un arbre pendant un orage. Qui plus est quand on le fait avec un miroir, ça peut créer un double de soi qui fait tout à l’envers.

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

Ces six histoires sont les seules des petits lutins bleus dessinées par Peyo tout seul. Yvan Delporte a co-signé le scénario de trois d’entre elles : Les noirs, le voleur et L’œuf. Elles font partie du patrimoine mondial du neuvième art et devraient figurer parmi les lectures obligatoires des programmes scolaires : elles appartiennent à l’histoire de l’Art.
Encartées à l’intérieur du beau journal de Spirou à la fin des années 50 et au début des 60, ces aventures seront remontées quelques années plus tard aux formats de planches classiques.

 

 

 

 

© Peyo, Delporte - Dupuis

 

 

 

Avant de devenir rédacteur en chef de Spirou, Frédéric Niffle avait entrepris l’édition des six mini-récits des Schtroumpfs en trois coffrets de deux histoires. Malheureusement, seul le premier était paru.
Plus tard, le premier volume de l’intégrale de la série n’intégrait que Les Schtroumpfs noirs dans leur format original.
Cette réédition rattrape le coup en proposant six petits albums indépendants d’une grande qualité éditoriale.

Indispenschtroumpf !



Laurent Lafourcade


Série : Les Schtroumpfs


Tomes : Mini-récits 1 à 6


Genre : Aventures humoristiques en bleu


Scénarios : Peyo & Delporte


Dessins : Peyo


Éditeur : Dupuis


Nombre de pages : 48


Prix : 5,90 € par titre


ISBN : 9782390340355, 362, 379, 386, 393, 409



Publié le 05/06/2018.


Source : Bd-best


Mort par la France, un pan de l’histoire volontairement occulté.

 

 

« L’Histoire est une compagne de voyage intransigeante et parfois impitoyable… Elle vous fait prendre des chemins escarpés, des sentiers semés de pièges, d’embûches et de déceptions. Celle que je m’apprête à vous raconter a été trop longtemps dissimulée. Enfouie sous des tonnes de mensonges, sous des tombereaux d’hypocrisie. Mais la vérité est comme la vie, elle trouve toujours un chemin. »

 

 

 

 

 

Dans l’histoire de chaque nation il y a des actes commis dans le passé au nom celle-ci que l’on préfère occulter afin de tenter de les oublier. « Mort par la France » en est un bel exemple.  Qui se souvient de ce qui s’est passé le premier décembre 1944 à Thiaroye au Sénégal ? La version officielle parle d’une décision défensive face à une mutinerie de soldats « indigènes », anciens prisonniers de guerre. Depuis l’État français ment sur cet épisode tragique en niant cet assassinat de masse.

 

 

 

 

 

 

© Perna – Otero – Arènes BD.

 

 

 

 

En novembre 1944, 1280 soldats africains originaires des pays de l’AOF (Afrique –Occidentale française) transitent par le camp de Thiaroye (situé à +/- 15 km de Dakar) en attendant de rejoindre leurs villages respectifs.  Ces derniers ont combattus lors de l’offensive allemande début mai 1940, ont été faits prisonniers par les Allemands et employés comme travailleurs forcés par ces derniers.  Faisant partie des premiers prisonniers libérés, ils ont été démobilisés et renvoyés par bateau au Sénégal. Seul problème, leurs indemnités  ne leur ont pas été payées. Ces tirailleurs Sénégalais décident alors de montrer leurs mécontentements en chahutant le général Dagnan. Ordre est donné par l’état-major de procéder à une démonstration de force  afin de mater cette rébellion. Et c’est là que l’impensable va se produire : l’ordre d’ouvrir le feu sur les émeutiers est donné ! Soixante –dix d’entre eux ne se relèveront jamais, sans compter le nombre important de blessés.  Trente-quatre d’entre eux, considérés comme des meneurs, seront condamnés à des peines d’un à dix ans de prison, écopant d’une amende de 100 francs et perdant leurs droits à leurs indemnités de démobilisation. Graciés en 1947 par Vincent Auriol (président de la République) ils ne recouvreront jamais le droit à leur retraite militaire.

 

 

 

 

© Perna – Otero – Arènes BD.

 

 

 

Scénarisé par Pat Perna d’après le livre « Prisonniers de guerre ‘indigènes’ Visages oubliés de la France occupée » comportant les recherches effectuées par l’historienne Armelle Mabon, l’album présente l’histoire de ces « oubliés » volontaires par la France. En 2014, François Hollande a été le premier président français à reconnaître cette « répression sanglante » de Thiaroye et à promettre de donner au Sénégal l’accès aux archives françaises. Nicolas Otero est à la tête du graphisme de cette histoire particulièrement puissante, ses illustrations renforçant le côté émotionnel du récit. À partir de 14 ans et plus.

Haubruge Alain


Titre : Morts par la France

Editeur : Les Arènes BD

Genre : Drame historique

Scénariste : Pat Perna

Dessinateur : Nicolas Otero

Nombre de pages : 146

Prix : 20 €

ISBN : 9782352047391



Publié le 04/06/2018.


Source : Bd-best


Y a-t-il une mort au-delà de la mort ? Seuls 11 – Les cloueurs de nuit

 

 

 

    «  - Cassez-vous, les mouettes ! Z’avez rien d’autre à fiche que me mater ?! Font chier, celles-là… Bon, j’vais apprendre à conduire et puis c’est marre ! Reste à savoir où aller. Parce que, comme des courges, on s’est pas donné de point de ralliement si on se perdait les uns les autres ! Pour moi, y a que deux choix : Neosalem ou Fortville, c’est les deux seules villes qu’on connaît tous. Sauf qu’à Neosalem, ya des psychopathes qui veulent me capturer et me torturer au couteau !... Et qu’à Fortville…
-    A Fortville, il y a des amis qui espèrent ta venue, Yvan ! »

 

 

 

 

    Suite à une prophétie de Camille, l’enfant-minuit, Yvan décide de rejoindre ses amis. Mais dans quelle ville sont-ils ? Pour l’instant, seul en Bretagne dans la maison de vacances familiale, l’adolescent est assailli par une horde d’enfants maléfiques venus de la mer dans un autobus sorti des eaux. Après une nuit de terreur, il va falloir partir…

 

 

 

 

 

© Vehlmann, Gazzotti, Usagi - Dupuis

 

 

 

 

    Avec cet épisode, on comprend mieux l’objectif de Fabien Vehlmann quant au troisième cycle de Seuls qui a commencé avec l’aventure précédente : La machine à démourir. Chacun des albums est (ou sera) axé plus particulièrement sur l’un des enfants du quintett original, en l’occurrence ici Yvan. Comme Terry dans le tome 10, Yvan se retrouve isolé du groupe. Les autres ne sont pas délaissés pour autant.

    Le scénariste est-il sadique ? Le monde des enfants de Seuls est de plus en plus effrayant. En quoi les enfants décédés ont-ils à craindre de reperdre la vie ? Yvan vit un cauchemar éveillé, comme dans cette scène où il est cloué par ses habits sur une table de billard par les espèces d’enfants-zombies aux yeux rouges.

 

 

© Vehlmann, Gazzotti, Usagi - Dupuis

 

 

 

 

    Le graphisme de Bruno Gazzotti est là pour rendre supportable des scènes épouvantables. Son style est du pur « école Spirou » parfait. La série lui permet de varier les décors d’un album à l’autre. Le magnifique magasin de La machine à démourir fait place à un port de pêche triste et grisâtre comme dans une fin d’après-midi morose dans le mauvais temps d’une saison où l’on a l’impression que le jour ne se lève jamais.

    Vehlmann et Gazzotti en arrivent au mi-temps de la saga Seuls. Dodji et ses compagnons n’ont pas fini d’en baver, ni d’en mourir…de peur.

Laurent Lafourcade


Série : Seuls


Tome : 11 – Les cloueurs de nuit


Genre : Aventure fantastique


Scénario : Vehlmann


Dessins : Gazzotti


Couleurs : Usagi


Éditeur : Dupuis


Nombre de pages : 46


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782800170473



Publié le 04/06/2018.


Source : Bd-best


Embarquez à bord du dernier navire corsaire. L'aigle des mers. T.1

 

« - Lieutenant, désignez dix hommes pour l’inspection du navire norvégien.

 
-    C’est un navire de commerce répertorié mon capitaine, vous croyer vraiment que …

 
-    Lieutenant, ne discutez pas, exécutez.

 
-    Ce navire a un comportement suspect, il est trop lent à la manœuvre »

 

 

 

 

 

 

Avec « l’aigle des mers », Philippe Thirault nous propose un scénario calqué en grande partie sur l’histoire vraie du voilier allemand le Seeadler (l’aigle des mers). Aux faits historiques, Il  incorpore les éléments essentiels à tout bon roman, mettant en scène l’amour impossible entre le capitaine allemand (Hugo Von Krüger) et une jeune fille faite prisonnière mais éprise de liberté (Pénélope Lynes). Les illustrations de ce récit prévu en deux tomes ont été confiées à la dextérité d’Enea Riboldi, un grand passionné de voile, illustrateur depuis plus de quinze ans à la revue de voile Bolina.

 

 

 

 

 

 

© Tirault -Riboldi – Humanoîdes associés

 

 

 

En 1916, les alliés forment un blocus naval contre l’Allemagne. Les rares navires arrivants à le forcer se trouvent rapidement dépourvus en ravitaillement (charbon). C’est pour cette raison que ce voilier fut transformé en navire corsaire, équipé d’un moteur auxiliaire de 1000 ch et pourvu de locaux pour l’hébergement de l’équipage et des prisonniers. Conservant son apparence extérieure inoffensive, on y trouvait deux canons de 105 camouflés, des mitrailleuses et des fusils. L’équipage composé de marins aguerris et motivés était dirigé par le comte Felix von Luckner. Il prend la mer le 21 décembre 1916, réussissant à franchir le blocus britannique en prenant l’apparence d’un transport de bois norvégien et ce malgré l’inspection menée à son bord par le croiseur anglais HMS Avenge. 

 

 

 

© Tirault -Riboldi – Humanoîdes associés

 

 

 

 

Une fois dans l’Atlantique, il hissa ses couleurs allemandes tout en prenant l’aspect d’un navire de commerce simulant soit un incendie ou alors une panne afin d’attirer, de piller et couler ses proies. Dans l’Atlantique, pas moins de quatorze navires marchands tombèrent dans ce piège ne faisant aucune victime, l’équipage du navire adverse étant embarqué avant sa destruction totale au canon. Un premier tome réussi, une lecture captivante fidèle à la réalité historique. À partir de 14 ans et plus.

Haubruge Alain

 

 

Série : L’aigle des mers


Titre : Atlantique 1916


Tome : 1


Genre : Aventure historique


Scénario : Thirault Philippe


Dessins : Enea Riboldi


Éditeur : Humanoïdes associés


Nombre de pages : 56


Prix : 14,50 €


EAN : 9782731673760



Publié le 03/06/2018.


Source : Bd-best


Prééésentteeeeeeeeeeeezzzzzzzzzzzzz Gags ! Léonard 49 – Génie militaire

« TARARATARIIITARAAAAA

 
-    Que pensez-vous de ma nouvelle invention, disciple ?

 
-    Votre nouvelle invention ? Quelle nouvelle invention ? Le tapage diurne ?

 
-    Mais l’armée, voyons ! L’armée est constituée d’une part d’officiers qui donnent des ordres stupides et d’autre part de soldats qui obéissent aveuglément à ces ordres.

 
-    Laissez-moi deviner ! Et moi, dans votre nouvelle invention, je suis supposé jouer le rôle du soldat, c’est cela ?

 
-    Gagné ! »

 

 

 

 

 

En voilà une drôle d’idée qu’a eu notre génie international : inventer l’armée. Mais ici, pas de grandes manœuvres ni de champs de bataille, pour débuter, on se contentera de la marche au pas, du parcours du combattant et de la corvée de patates. Et lorsque Leonard se rendra compte des dommages collatéraux que peut engendrer une telle invention, le génie va se poser des questions. Basile n’est peut-être pas le plus futé des disciples, mais il est parfois plus lucide que son génie de maître.

 

 

 

 

 

© Turk, Zidrou, Kaël - Le Lombard

 

 

 

 

Zidrou est un scénariste génial. Tout en restant dans les chaussons de Bob de Groot, il développe encore le concept de la série en multipliant les sous-gags et en les adressant à la partie du public de Léonard qui a grandi avec la série. Le disciple va se faire soigner à la Clinique Tamer. L’épicerie fine vend des Tinder surprise.
Et que les aficionados se rassurent, le bon acolyte se fait toujours autant assommer, dessouder, éparpiller, disloquer, j’en passe et des meilleures.
Mozzarella, fille adoptive du génie apparue dans l’album précédent est restée pour compléter la galaxie des personnages secondaires aux côtés du chat, de la souris, du crâne Yorick et de la bonne Mathurine.
Même si l’essentiel est sur la thématique militaire, des gags ou historiettes avec inventions diverses et variées complètent l’album, de la tapette à souris à la planche à billets, du char-wash à l’opéra.

 

 

© Turk, Zidrou, Kaël - Le Lombard

 

 

 

 

Philippe Turk, après 49 albums, ne faiblit pas d’un trait. Son graphisme rond et parfait démultiplie la force des gags. Un petit reproche technique cependant : les fins d’histoire sont symbolisées par des saynètes en dessin unique de Raoul et Bernadette qui débordent sur la dernière case de la planche. Ce n’est pas grand-chose, mais cela perturbe la lecture.

Cela n’enlève rien à la qualité rigoladienne de l’opus. On sourit, on rigole, on s’esclaffe. C’est ce qu’on demande en lisant Léonard et le contrat est rempli.

    Ils n’sont pas des ramollis, eux, les p’tits gars de Vinci !

Laurent Lafourcade


Série : Léonard


Tome : 49 – Génie militaire


Genre : Humour ingénieux


Scénario : Zidrou


Dessins : Turk


Couleurs : Kaêl


Éditeur : Le Lombard


Nombre de pages : 48


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782803672448



Publié le 01/06/2018.


Source : Bd-best


L’éveil du maître Gary Gygax nous a plutôt endormis sans nous filer le virus de Donjons et Dragons

Dans notre entourage, depuis la cour de récré jusqu’en des cercles plus sérieux, on a tous eu des amis qui avaient succombé à l’incroyable pouvoir d’attraction et la magie du premier jeu de rôle de l’histoire (du moins formalisé et réglementé) dont le succès est indémodable et inattaquable: Donjons et Dragons. Il y a près de cinquante ans, Gary Gygax, aidé de Dave Arneson, lançait un jeu au retentissement sans précédent, vite élevé au culte et qui connaîtrait de nombreuses adaptations et dérivés. Plus que l’histoire du jeu, c’est la biographie de son créateur que David Kushner et Koren Shadmi ausculte, des balbutiements à la renommée, des parts pratiquées en sourdines aux conventions ultra-prisées, de la naïveté aux désillusions, aussi.

 

 

 

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Nation Book

 

Résumé de l’éditeur : Premier jeu de rôle de l’histoire, Donjons & Dragons a tout simplement révolutionné le monde du jeu et de la culture geek contemporaine. Précurseur des premiers jeux vidéo type RPG (Role Playing Game), « D&D » pour les intimes a posé les bases d’un genre aujourd’hui incontournable et forgé toute une imagerie heroic fantasy dans l’inconscient collectif. Toujours joué à l’heure actuelle, il a surtout contribué à nourrir l’imaginaire et la créativité de générations entières de joueurs. Mais qui est Gary Gygax, le mythique créateur de ce jeu de légende ?

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Glénat

 

À l’heure actuelle, n’importe quel destin est bon à faire un biopic, quel qu’en soit le format. La politique, le sport mais aussi les grandes industries culturelles sont ainsi fouillés par des chercheurs d’or traquant la moindre existence sortant de l’ordinaire. Bien souvent, la renommée ne suffit pas, il faut un truc en plus: un charisme ou une hideur, une success-story ou une descente aux enfers, etc. Tout est bon, on vous dit, pour peu que, en mal ou en bien, le personnage central de l’histoire soit suffisamment populaire. Ou que sa création le soit, monstre de Frankenstein ou fées de Cottingley. Avec Donjons et Dragons, on a un peu des deux, de l’ombre et de la lumière, mais surtout le prétexte à faire un biopic sur un créateur d’un jeu qui ne cesse de faire le tour du monde. Et ça, ce n’est pas souvent que ça arrive.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Nation Book

 

Soyons clairs, de près ou de loin, Donjons et Dragons ne m’évoque pas grand-chose sinon les deux thèmes auquel renvoient son nom et une certaine frénésie auprès de connaissances beaucoup plus au courant que moi. Moi, les jeux de rôle, ça me passe par-dessus la tête. Non que ça ne m’intéresse mais que je n’aie pas eu le loisir, jusqu’ici, de m’y intéresser. Pourtant, la couverture simple mais efficace, jouant les contrastes, m’a happé et appelé à suivre cet éveil du maître du donjon. Tout en me disant que si, c’était complexe, j’abandonnerais ma lecture.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Glénat

 

Je ne l’ai donc pas abandonnée, d’où ma présence ici. Tant mieux, me direz-vous. Oui, car cette incursion dans la vie d’un maître à penser de plus d’une génération de geeks ne fait pas dans le détail pour initiés mais convie tout le monde à embarquer sur le pont-levis. Au fil de huit chapitres, Kushner et Shadmi dessinent un monde qui sort d’un cerveau fertile et se matérialise au sein d’une communauté de plus en plus étendue, la polarisant et créant des situations extrêmes. Comme la disparition de Dallas, cet adolescent qui, inspiré par le jeu, disparaîtrait sans laisser de trace et en laissant son entourage puis les médias et les forces de l’ordre en émoi.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Glénat

 

Si les deux auteurs ont eu la bonne idée (quoique, on l’attendait, on l’espérait même) d’inclure des petites touches d’héroïc-fantasy pour donner un peu de peps au récit, en faisant intervenir quelques gloires de l’univers fictif développés par ce qui est plus qu’un simple jeu, le souffle épique n’est pas au rendez-vous. Et si le connaisseur du jeu possèdera peut-être assez de connaissances du jeu pour les mettre en relation avec ce roman graphique, le lecteur lambda que je suis est resté de marbre. Parce que le traitement choisi par le duo est assez plan-plan et ne fait guère illusion sur la longueur, incapable de nous faire sentir l’addiction que ressentent les aficionados du jeu et la ferveur qui a poussé Gygax, cet homme moderne qui se rêvait chevalier dans un monde bien plus haletant que le nôtre, à élaborer un jeu qui ferait date. En fait, L’éveil du maître du donjon est moins une BD qu’un livre d’illustrations en case auquel un texte descriptif est joint. Les rares phylactères présents cèdent la place à des cartouches italiques permettant d’exprimer les pensées et paroles des personnages principaux. Une facilité empêchant la mise en scène, déstabilisante et surtout lassante dès les dix premières planches. Si le dragon crache toujours des flammes, cette incarnation en BD sent le roussi.

 

 

 

 

© Kushner/Shadmi chez Nation Book

 

 

Alexis Seny

 

Titre : L’éveil du maître du donjon

Sous-titre : Gary Gygax et la création de Donjons et Dragons

Récit complet

Scénario : David Kushner

Dessin : Koren Shadmi

Noir et blanc

Traduction : David Camus et Patrice Louinet

Genre : Biopic

Éditeur : Glénat

Éditeur VO: Nation Books

Nbre de pages : 144

Prix : 17,50€



Publié le 31/05/2018.


Source : Bd-best


Quand une mafia donne au café le goût du sang.  Alto Plano 2 - Brésil

« - La clientèle que nous ciblons pour ce café apprécie une torréfaction moyenne, la fameuse « robe de moine, le degré de torréfaction le plus habituel en France… Les notes de Cerise avec la pointe d’acidité du fruit mûr et l’arôme cacaoté qui apporte une sensation de rondeur à la dégustation sont très prisés… Vous les sentez ?

-          Tout à fait… J’aime aussi beaucoup son équilibre, il n’est « ni trop, ni trop peu » !

-          Notre objectif est de réaliser un assemblage similaire…. Quelque chose qui soit à la fois accessible et d’un très bon niveau… à la hauteur d’un « pure origine » d’exception.

-          Que devient la liberté de création que vous m’aviez promise en m’offrant le job ?

-          Elle viendra, Albane, rassurez-vous… Une promesse est une promesse… Mais le marché est difficile et l’urgence pour Ethic Coffee est d’élaborer un caf qui possède toutes ces qualités-là, qui sont autant d’atouts commerciaux ! » 

 

Albane est mandatée par Monsieur Mallaret pour confectionner un café aux saveurs inédites. Mais le patron d’Ethic Coffee peut avoir recours à des méthodes de voyou. De l’empoisonnement des jacus à l’incendie des caféiers en passant par la chute organisée du cours du café à la bourse, l’homme d’affaires est prêt à tout pour écraser ses concurrents. Albane, liant une amitié honnête avec Estrella et Hernan, a bien l’intention de faire tomber son « patron ».

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

 

 

L’association Corbeyran/Postec fonctionne à merveille. Après un premier tome introductif, les scénaristes nous offrent un deuxième épisode haletant qui se lit d’une traite. Alors qu’après la bière, le vin ou autres productions, on pouvait s’attendre à une énième variation d’exploitation d’une denrée, ils arrivent à happer le lecteur pour ne plus le lâcher.

Toute une panoplie de malfrats gravite autour des plantations. D’Alvarez à Maître Gilbert Fabre d’Estang, personne ne fait de sentiments, et ces malandrins feraient mieux de se méfier les uns des autres.

 

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

Un personnage supplémentaire apporte son grain de sel au récit, jouant un rôle prépondérant : Edson, roi du foot mais surtout de la torréfaction, intronisé comme assistant d’Albane sur la plantation. Permettant de mettre en avant l’importance du ballon rond dans le cœur des brésiliens, on ne se doute pas tout de suite que le jeune homme tient un rôle bien ambigu.

En signant de plus en plus fréquemment des scenarii à quatre mains, non seulement Corbeyran trouve un souffle nouveau, mais il forme des collaborateurs grâce sa science précise de l’organisation d’un récit et d’une série.

 

 

 

© Brahy, Postec, Corbeyran, Saint-Blancat - Delcourt

 

 

 

 

 

Brahy enchaîne les albums à une cadence incroyable. Son trait légèrement épais donne la vie aux personnages devant des décors non négligés. Planche 20, le dessinateur signe une belle composition au travers de laquelle ressort l’odeur même du café.

 

Il ne faut pas le dire trop fort, mais des trois séries qui viennent d’être récemment lancées par Luc Brahy (Alto Plano, Etoilé et Irons), celle-ci est la meilleure. Alto Plano a la structure d’une série télévisée moderne, avec ses rebondissements et ses cliffhangers.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Alto Plano

Tome : 2 - Brésil

Genre : Thriller caféiné

Scénario : Corbeyran & Postec

Dessins  : Brahy

Couleurs : Saint-Blancat

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 48

Prix : 12 €

ISBN : 9782756065358



Publié le 31/05/2018.


Source : Bd-best


Châteaux en Espagne ? Lorsque le rêve devient réalité.

 

 

"Des patients d’un hôpital psychiatrique partent pour un voyage en minibus afin de visiter quelques châteaux en pays cathare. Leurs pathologies sont lourdes, mais gérables pour des personnels qualifiés, comme le sont les deux infirmiers qui les encadrent et comme semble l’être le nouveau chauffeur, haut en couleur, qui les conduit. C’est ce dernier qui va prendre une décision incroyable, folle, à l’insu de tous : emmener ces malades bien plus loin que prévu, jusqu’en Espagne."

 

 

 

 

 

 

À la découverte de nouveaux horizons en compagnie de patients souffrant de pathologies mentales lourdes, tel est le nouveau scénario proposé par Stéphane Louis brillamment illustré par Lionel Marty. Alors qu’Hélène et Jean Paul attendent le chauffeur du car devant les emmener en compagnie de six pensionnaires de l’institution psychiatrique dans laquelle ils travaillent à la découverte des châteaux Cathares, celui-ci est absent. En dernière minute, Igor arrive expliquant être le remplaçant de Pascal victime d’une intoxication alimentaire. C’est le début de l’aventure pour nos neuf protagonistes parmi lesquels :  Mr Cèbe n’ayant que deux mots dans son vocabulaire : nuit, jour, Mr Léon se croyant aveuglé par la lumière du jour, Mr Karl restant mutique et passif, Melle Léa se rendant malade à en vomir, Melle Élise s’exprimant qu’au moyen de jurons et Melle Pomme se croyant responsable de tous les maux de la terre.

 

 

 

 

 

 

 

© Grand Angle pour Bamboo Édition 2018 - Stéphane LOUIS & Lionel MARTY

 

 

 

 

Lors du déroulement de ce voyage en thérapie psychiatrique de groupe, nos deux accompagnateurs vont se poser plusieurs questions concernant l’attitude et l’étrange secret dissimulé par Igor, le chauffeur du bus. À la lecture du récit, on ressent l’immense travail de documentation effectué par le scénariste afin de nous plonger dans l’univers des traitements accordés aux patients ainsi qu’aux diverses formes de leurs dérèglements.

 

 

 

 

 

© Grand Angle pour Bamboo Édition 2018 - Stéphane LOUIS & Lionel MARTY

 

 

 

En résumé, un thriller traitant d’un sujet difficile (pathologie en psychiatrie) avec une bonne pointe d’humour tout en restant réaliste. À partir de 16 ans.


Haubruge Alain

Titre : ROAD THERAPY


Editeur : Bamboo


Collection : GRAND ANGLE


Scénariste : Stéphane LOUIS


Dessinateur : Lionel MARTY


Type de récit : One shot


Nombre de pages : 72


Prix :16,90 €


ISBN : 9782818943854



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


Cailleteau et Héloret ont vu La Havane comme vous ne la verrez jamais, piquant une tête jusqu’en 2150 entre mafieux et extraterrestres

En 2150, il y a de grandes chances pour qu’on soit tous morts. Raison de plus pour Thierry Cailleteau et Héloret de s’adonner au plaisir de tout faire péter puisqu’on n’en payera pas les conséquences. D’autant plus que l’histoire qu’ils nous racontent se passe loin de nos latitudes, à Cuba où les brigands n’ont pas fini de faire la loi mais doivent désormais faire avec des extraterrestres prédateurs et redoutables. Ça pourrait être glaçant et tourner au bain de sang (ça l’est un peu par moments) mais c’est surtout complètement barré.

 

 

 

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Résumé de l’éditeur : Cuba, 2190. Après son sixième clonage consécutif, Fidel Castro est toujours le Lidor Maximo du havre de la révolution. Dans une maison de retraite de la Havane, deux papis se remémorent leurs prouesses de jeunesse. Quand quarante ans auparavant, ils avaient tenté de sauver une pin-up des griffes de dangereux mafieux. Entre gangsters nerveux, aliens belliqueux et politiciens corrompus, les deux play-boys s’étaient alors lancés dans une course-poursuite effrénée pour déjouer le projet de construction d’un casino volant !

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Touche-à-tout attiré par la science-fiction, Thierry Cailleteau revient avec une nouvelle série en toute grande forme, ne négligeant pas les références pour nous faire découvrir un pays qui pourrait être de rêve s’il n’était pas encore et toujours aux mains de truands. Ça ne fait rien, Cuba n’a rien perdu de son climat de carte postale, les piscines sont en forme de coeur et les hommes et femmes qui se prélassent à leurs bords ont le physique de star. Rien ne pourrait venir perturber ce petit monde bling-bling, vous pensez ? Si c’était le cas, vous seriez vite lassé. Heureusement, les auteurs ont sorti les cigares qui font rire et délirer et nous promettent une aventure qui casse la baraque.

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Il y a des séries de science-fiction qui se la joue sérieuse, ce n’est pas la prétention d’Habana 2150 qui joue à fond la carte de la dérision donc sans en faire souffrir le trait spectaculaire et sur ressort de Héloret qui, en plus, soigne ses ambiances et ses chaudes couleurs. Tellement chaudes que les esprits ne vont pas tarder à s’échauffer dans un premier tome mené tambour battant et moteurs hurlant et qui évoque tour à tour les parodies de Veys et Barral, Indiana Jones, Les Brigades du temps, un peu de Zarla (sauf que le chien-chien à sa mémère n’est plus un chien) sans oublier un soupçon mafieux mais aussi de Hunther S. Thompson ne fût-ce que pour le titre.

 

 

 

 

© Cailleteau/Héloret chez Vents d’Ouest

 

Bref, du grand divertissement, convainquant et attrayant, drôlement bien rôdé et n’ayant peur de rien. Pas même de se séparer de personnages qu’on pensait immanquables aux côtés des deux héros principaux qui sont quand même un peu branquignolles sur les bords. Hasta siempre, ceci n’est pas un adieu juste une promesse de retrouvailles dans la joie et la bonne humeur.

 

Alexis Seny

 

Série : Habana 2150

Tome : 1 – Vegas Paraiso

Scénario  : Thierry Cailleteau

Dessin et couleurs : Héloret

Genre: Uchronie, Aventure, Science-fiction

Éditeur: Vents d’Ouest

Nbre de pages: 48

Prix: 13,90€



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


Plutôt que de ronronner, Clarke pose des jalons déterminants et étend un peu plus l’univers foisonnant de Mélusine

Ils ne sont pas légion ces héros de bande dessinée qui sont passés du statut de gagman à celui d’aventurier au long cours. On en compte mine de rien quelques-uns comme Achille Talon mais l’exercice est plutôt périlleux et peu s’y frottent et donc s’y piquent. Après 25 albums de son héroïne, cela fait déjà un moment que Clarke a réussi avec succès cette mutation. Pour son 26e album, sur une bande-son héritée de Jeanne Mas mais remise au goût des sorciers et des fées (« En rose et noir »), l’auteur liégeois va plus loin et met à exécution son machiavélique plan : faire revenir les parents de la jolie rousse dans la course et emmener celle-ci dans une histoire en deux volets.

 

 

 

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : La journée a plutôt mal commencé pour Mélusine. D’abord il y a ce nain chevauchant un dragon qui surgit du sol du château et qui accuse Mélisande, la cousine fée de Mélusine, de voler l’or des nains ! Et qui, pour se rembourser, repart avec quelques-uns des plus beaux chandeliers du château… Ensuite, il y a l’arrivée à l’école de sorcellerie d’un nouvel élève venu d’Afrique, spécialiste en sorts à partir de grigris, amulettes et fétiches divers, et que ses condisciples accusent de n’être qu’un imposteur incapable de faire de la vraie magie. Il y a enfin la visite totalement inattendue de Kaspar, le père de Mélusine, qui lui annonce son prochain divorce… et la disparition de sa mère ! Mélusine va enquêter et partir sur les traces de sa mère…

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Cette histoire commence en un cri, nocturne et glaçant. C’est vrai que ce ne sont pas les années fantomatiques qui ont appris l’amabilité à Aymée, duchesse ad vitam aeternam de ce château transylvanien qui tien on ne sait toujours par quel sort. Toujours est-il que ce n’est pas la quiétude qui étouffe les lieux et c’est même elle qui donne de l’air à ce petit peuple curieux qui, sans aventure, deviendrait vite effroyable.

 

 

 

 

© Clarke

 

Il y a là un vampire, un monstre de Frankenstein… ou de Kartoffeln, un loup-garou, une horde de sorcières et, de temps en temps, une fée plus bête que ces pieds. Puis, il y a des nains. Des nains ? Comment ça des nains ? Dans la bulle d’inconfort de Mélusine, on voit de tout mais des nains, ça faisait longtemps. Et s’ils ne sont pas d’humeur commode, le pire est encore à venir et la journée loin d’être finie : voilà que le géniteur de notre sorcière préférée surgit des limbes et pas qu’avec de bonnes nouvelles. Des nouvelles qui vont même aller jusqu’à causer un combat musclé avec Adrazelle.

 

 

 

 

© Clarke

 

Ça ne rigole plus, vous l’aurez compris, et Clarke crée le boxon pour mieux avancer ses pions sur un jeu d’échec toujours plus vaste et comptant de nouveaux visages. Fidèle au mot d’ordre qu’il s’est donné depuis qu’il fait vivre à Mélusine des histoires au format XXL, Clarke évite toujours de livrer le tome de trop au profit du tome de plus, qui apporte une valeur ajoutée et fait voir du territoire. Il ne se repose jamais sur ses acquis mais ne les oublie pas, les consolidant avec les nouveautés dans son univers en expansion.

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Tellement qu’il s’en va frayer avec les fées (Cerise fait pétée les couleurs guimauve!) sans abandonner la noirceur qui fait sa marque. Et si cette première partie multiplie les pistes, toujours à un rythme d’enfer (cela ne nous étonnera guère), elle s’offre aussi un final redoutable avec une dernière image qui fait faire un tour à notre sang et monter la tension.

 

 

 

 

© Clarke/Cerise chez Dupuis

 

Fini de rire, sous prétexte de rigolades, de comique de répétition et de joutes surréalistes entre les personnages (et surtout Mélisande et Mélusine); des révélations viennent au jour et Clarke pose des jalons déterminants dans une esthétique plus que jamais maîtrisée et soignée. Ça y est, nous y sommes et tous les lapins que l’auteur avait dans son chapeau semblent sur le point de sortir.
Projet de couverture refusé pour un Journal de Spirou ©

 

 

 

 

Clarke/Cerise chez Dupuis

 

 

 

Alexis Seny

 

Série: Mélusine

Tome: 26 – En rose et noir

Scénario et dessin: Clarke

Couleurs: Cerise

Genre: Aventure, Humour

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60 €



Publié le 30/05/2018.


Source : Bd-best


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