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Le Lombard retrouve son ADN.                   Les nouvelles aventures de Bruno Brazil 1 - Black Program

 

 

 

« - Une véritable série noire, messieurs !! Et je ne vous cache pas que l’heure est grave ! Très grave ! L’attaque n’a duré qu’une poignée de secondes. Mais elle n’a laissé aucune chance aux hommes sur place ! Résultat : madison Ottoman, l’ex-ennemi public n°1 e la planète, n’est plus de ce monde !

- Caraï ! Il fallait oser quand même !...

- Précisément ! Les moyens mis en œuvre et la finalité évidente de cette opération commando, à savoir ne laisser aucun survivant, sont le signe d’une immense menace !

- Ottoman n’était pourtant plus qu’un vieillard moribond, sans réel danger.  A qui donc profite le crime ?

- Vous avez parlé de « série », colonel … ? Vous avez autre chose à nous annoncer ?

- Oui, hélas… Rebelle a disparu ! »

 

 

 

 

 

 

Continuer une carrière d’agent secret alors que la moitié de son équipe vient de mourir dans une opération ratée, ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident pour Bruno Brazil. D’autant plus qu’hormis Gaucho Morales et lui, les deux autres survivants n’en sont pas sortis indemnes, l’une physiquement, l’autre moralement. Whip Rafale est dans un fauteuil roulant et Tony le nomade est devenu le chef de gang d’un groupe de bikers maoris qui terrorisent les touristes. Bruno, quant à lui, suit une psychothérapie pour l’aider à surmonter le drame.

C’est alors que les affaires reprennent. Les anciens ennemis du Commando Caïman sont la cible d’un criminel. Ottoman est éliminé. Rebelle est exfiltrée de prison et retrouvée dans un sale état. Le colonel L. rappelle ses hommes. Un troisième problème vient de surgir. L’ingénieur de la NASA Allan Wordling, 39 ans, a disparu alors qu’il venait de se porter volontaire pour une expérience hors du commun : se faire injecter des informations dans son ADN, des gigaoctets de données faisant de son corps un coffre-fort humain. Il est temps pour Bruno Brazil de rassembler ses troupes et de mener l’enquête.

 

 

 

 

© Aymond, Bollée, Ray - Le Lombard

 

 

Mais quel bonheur que de retrouver Bruno Brazil. Plutôt que de proposer un reboot ou une modernisation de la série, les auteurs reprennent la série au moment où elle s’était arrêtée, comme si on était en 1977, un coup de génie. Black Program est une suite directe de Quitte ou double pour Alak 6. Les auteurs éludent La chaîne rouge, récit inachevé publié dans l’album « La fin…!?? » en 1995. Bruno Brazil se trouvait face à une série de morts énigmatiques et commençait à constituer une nouvelle équipe. A l’époque, Greg, parti travailler aux Etats-Unis, a laissé William Vance en plan, sans scénario au bout de six planches. Ne regrettons rien, c’est certainement cet abandon qui a permis à XIII de voir le jour. Mais revenons à nos moutons et à ce Black Program.

 

 

 

 

© Aymond, Bollée, Ray - Le Lombard

 

 

Le duo d’Apocalypse Mania composé de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Aymond présentent un Bruno Brazil dont les cicatrices ne sont pas refermées. A la manière de ces films modernes de super-héros montrant leurs failles, les auteurs montrent qu’avant d’être un héros leur agent secret est avant tout un homme. Il a une vie de famille à gérer, une femme qui lui reproche son absence et un ado mal dans sa peau. Et pendant ce temps, le monde est menacé.

 

Le scénario lorgne vers l’anticipation mais sans jamais tomber dans le fantastique ce qui permet à l’histoire de garder une certaine crédibilité. Narrativement, le seul reproche que l’on peut faire au scénario de Bollée est la gestion du « pré-genérique ». L’action se poursuit dans un long flash-back pour retomber sur la scène de départ à quelques pages de la fin, assez brutalement. Pas très clair. Les auteurs se sont mis une difficulté de départ en proposant une scène d’action en introduction, ce qui n’était pas nécessaire. Un incipit sur l’assassinat de Madison Ottoman aurait été plus efficace, justifié et limpide.

 

Aymond est dans ses chaussons. Il délaisse l’espionne Lady S pour l’agent secret Brazil. Aussi à l’aise dans l’action que dans les scènes de dialogue dont les cadrages ne sont jamais ennuyeux, il était l’homme idéal pour succéder au grand William Vance. De la famille des Denayer, Francq et autres dessinateurs réalistes classiques, il fait le job avec classe et respect.

 

 

 

 

© Aymond, Bollée, Ray - Le Lombard

 

 

Le plus cocasse dans l’affaire, c’est que c’est avec une histoire d’ADN que Le Lombard retrouve son ADN, celui des histoires du journal Tintin de la grande époque. Mais pourquoi donc avoir publié l’album dans un grand format ? Pour les planches, c’est mieux, mais pour le porte-monnaie, ce n’est pas justifié. La nostalgie d’une époque remise au goût du jour, c’est bien, mais il ne faut pas oublier qu’il faut garder un côté populaire et abordable pour tous.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les nouvelles aventures de Bruno Brazil

 

Tome : 1 - Black Program

 

Genre : Thriller

 

Scénario : Bollée

 

Dessins : Aymond

 

Couleurs : Ray

 

Éditeur : Le Lombard

 

Parution : 18 octobre

 

Nombre de pages : 58

 

Prix : 14,45 €

 

ISBN : 9782803675425

 



Publié le 14/10/2019.


Source : Bd-best


Entre drague et harcèlement ou quand certains hommes se transforment en crocodiles !  Les crocodiles sont toujours là

 

 

Tous les hommes ne sont pas des violeurs ou des harceleurs. Tous les représentants des forces de l’ordre ne sont pas indifférents à la souffrance des victimes. Cependant, tous doivent faire un travail d’écoute, reconnaître la situation privilégiée qui est la leur et déconstruire les idées reçues qui ont pu leur être inculquées dès l’enfance. Seul le dialogue permet d’entamer ce travail long et profond mais nécessaire. La sanction n’est pas la solution.

 

 

 

 

 

 

 

Fin octobre 2014, les Éditions Le Lombard publiaient l’album « Les crocodiles ». Cinq années après, le duo formé par Juliette Boutant (scénariste) & Thomas Mathieu (dessinateur)  nous revient aux Éditions Casterman, partageant de nouvelle situation de harcèlements vécus par les femmes.

 

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Recueillant divers témoignages de femmes, notre duo les transfère en images : tous les hommes, quels que soient leurs rôles, sont représentés en crocodiles verts. En lisant la bande dessinée, on comprend mieux la décision des auteurs. Le but n’est pas de dire que tous sont des prédateurs, mais plutôt de symboliser la méfiance que les femmes peuvent développer à force de subir quotidiennement des actes sexistes.

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Tout au long du livre, on évoque les problématiques comme le sexisme, le machisme, mais aussi le harcèlement de rue invitant les lecteurs à réfléchir sur les comportements des crocodiles. Les décors et les personnages féminins sont traités de manière réaliste, en noir et blanc.

 

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Malgré les années passées et les avancées réalisées depuis le premier livre, il reste beaucoup de chemin à parcourir afin de faire changer les perceptions et les comportements des divers crocodiles dragueurs, prédateurs et dominants.

 

 

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 


Ce nouvel album diffère du premier, traitant d’autres comportements en rapport avec le milieu professionnel, dans le couple, dans la relation parents-enfants, dans les rapports avec la police ou avec le corps médical. L’arrivée de différents mouvements tels que  #balancetonporc  et #meetoo ont permis d’élargir la problématique aux domaines cités ci-dessus.

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 


Les auteurs présentent certaines planches plus didactiques et pédagogiques, prenant du recul par rapport aux témoignages. On y trouve des femmes représentées en vert qui part leurs réactions et discours sont les dignes héritières de nos crocodiles.
Les quarante dernières pages de l’ouvrage sont plus particulièrement consacrées aux professions médicales, revendiquant le peu d’écoute et de professionnalisme rencontré par certaines femmes lors de consultations.

 

 

 

© Juliette Bouthan – Thomas Mathieu - Casterman

 

 

 

 
En conclusion, un ouvrage destiné à tous et toutes, les premiers découvrant qu’ils peuvent parfois se transformer involontairement en crocodile aux dépens des secondes rencontrant des situations personnellement vécues.



Haubruge Alain

 


One shot : Les crocodiles sont toujours là


 
Genre : Vie quotidienne


 
Dessins & Couleurs : Thomas Mathieu


 
Scénario : Juliette Boutant


 
Éditeur : Casterman


 
Nombre de pages : 186


 
Prix : 19,50 €


 
ISBN : 9782203172272



Publié le 14/10/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4253 -  16 Octobre 2019

 

 

 

 

Jour de colère pour Harmony

 

 


 

 


 

            Spirou n’attend pas Halloween pour proposer une couverture effrayante. Le retour d’Harmony s’annonce angoissant. Avec Dies Irae, le jour de colère vient de se lever. Dans une interview, Mathieu Reynès explique consacrer un épisode aux méchants de la série, avec une Harmony pratiquement absente.

 

            En bonus abonnés, un stripbook signé Bianco, lui aussi terrifiant (le livre, pas Bianco) : Kingdom Garden, qui s’annonce comme une nouvelle série de strips que l’on retrouvera régulièrement.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Bianco - Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Harmony : Dies irae

Jérôme K.Jérôme Bloche : Contrefaçons

Spirou chez les Soviets

Télémaque : La cité des hommes

Tif et Tondu : Mais où est Kiki ?

Tuniques Bleues (Les) : La bataille du cratère

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Cramés !

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley  (La pause-cartoon)

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Tarrin

En direct du futur : Cazot et Mazel (Le monde d’Olive)

Jeux : Harmony à la rescousse (Mouk)

Spirou et moi : Emilie Gleason

 

 

Supplément abonnés :

Stripbook : Kingdom Garden 1 (Bianco)

 

 

En kiosques et librairies le 16 octobre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 13/10/2019.


Source : Bd-best


Une île entre le ciel et l’eau, sauvage, sans espoir d’espérance.  Télémaque 3 - La cité des hommes

 

 

« - Nous arriverons bientôt. Tu es déjà allé en Pays Lestrygon, Euryloque ?

- Non, mais j’en ai aperçu les rivages autrefois. C’était peu après que l’impétueux Néoptolème avait maladroitement libéré un vent violent sur notre propre flotte. Ces terres étaient les premières que nous découvrions dans les mers obscures.

- Néoptolème était avec vous et Ulysse dans les mers obscures ? »

 

 

 

 

 

 

 

La felouque transportant Télémaque et ses compagnons arrive en vue du pays des Lestrygons. Le jeune aventurier espère y retrouver Néoptolème et en apprendre un peu plus sur l’endroit où il pourrait retrouver son père. Mais, loin d’être un havre de paix, l’île est abritée par un peuple de cannibales qu’Ulysse a combattu : les fameux Lestrygons. Vous connaissiez les Schtroumpfs ? Ces adorables petits lutins bleus hauts comme trois pommes ? Et bien, les Lestrygons, c’est pareil…. Enfin…. Bon…. Vous verrez…

Pendant ce temps, Ithaque est assiégée par une horde de navires de guerre commandée apparemment par ce même Néoptolème que Télémaque pense débusquer chez les Lestrygons. Pénélope n’a pas l’intention d’être la première à déclencher les hostilités mais prépare la défense de son île.

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Kid Toussaint ne fait pas une adaptation de l’Odyssée. Il propose une relecture, un autre point de vue, un véritable travail d’auteur. Il prend des libertés avec le récit originel mais justifie ses choix, notamment en ce qui concerne les Lestrygons. Alors qu’ils étaient des géants, Toussaint en a fait des nains. Ils sont différents mais tout aussi dangereux. L’important est que le scénariste ne prenne jamais ses lecteurs pour des crétins. La narration, avec ses nombreux personnages aux noms complexes, demande un tout petit effort de concentration. Rangez vos tablettes, les enfants ! S’adressant à un très large public (de 10 ans à plus soif), le scénariste rend hommage à Homère avec sincérité, et à Ladislas de Hoyos avec humour (T’arrêtes de gueuler, René ?).

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Kenny Ruiz est un dessinateur polymorphe. Il intègre des codes du manga dans une BD franco-hispano-belge. Mais il ne tombe jamais ni dans la facilité, ni dans les longueurs du genre. Les personnages sont réalistes, attachants ou terrifiants. Les Lestrygons sont tendrement démoniaques. Dans un autre style, les pages d’introduction sont des représentations mythologiques grandioses, dans un découpage d’une originalité folle, comme si des illustrations de bande dessinée étaient reproduites sur des amphores grecques.

 

Plus que jamais, les auteurs mêlent humour et aventure. Ulysse se libérant des Lestrygons est un moment tordant. Mise en scène nouvelle, la séquence dans laquelle les héros se trouvent attaqués par une bande d’indigènes dangereux à la manière d’un jeu vidéo est gonflée et ultra efficace

 

 

 

 

© Kid Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Entre la noirceur de la tension d’une île assiégée et les couleurs pop d’une autre dont les héros ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés, les couleurs de Noiry contribuent fortement à l’ambiance inédite de cette version homérique.

 

Dans quelques années, quand on étudiera l’Odyssée, on parlera d’Homère, d’Ulysse 31, de Soledad Bravi (L’Iliade et l’Odyssée; éditions Rue de Sèvres) et de Télémaque du trio Toussaint/Ruiz/Noiry comme des quatre versions les plus pertinentes de l’histoire.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Télémaque

 

Tome : 3 - La cité des hommes

 

Genre : Aventure fantastique

 

Scénario : Kid Toussaint

 

Dessins : Ruiz

 

Couleurs : Noiry

 

Éditeur : Dupuis

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9791034739332

 



Publié le 11/10/2019.


Source : Bd-best


« Y a des jours, si on me cherche, on me trouve. Et y a des jours tous les jours. »  Violette Morris, à abattre par tous les moyens 2 - Deuxième comparution

 

 

« - Sinon, quand j’y pense… A défaut de jeux olympiques, ça te dirait que je te prépare pour les olympiades féminines qu’Alice Milliat va organiser ? Il reste encore quatre mois, on aurait le temps de bien travailler. Si elle les a créées, c’est bien pour montrer des performances et pas un concours de sportives du dimanche !

- Je rêve ou tu viens de me traiter de sportive du dimanche ? Tu veux savoir à quoi je voudrais vraiment m’entraîner ?... »

 

 

 

 

 

 

 

Années 20, dans les allées du vélodrome municipal, Violette Morris et Raoul Paoli terminent leur séance de sports. Course, lutte, tout est bon pour se confronter, se stimuler, se dépasser. Double champion de France poids lourd, porte drapeau aux jeux olympiques d’été de 1912 à Stockhlom, champion de France en lancer de poids et de disque, ainsi qu’en lutte gréco-romaine, Paoli a aussi tâté du rugby et de l’aviron. Violette a trouvé en lui un compagnon d’entraînement à sa hauteur. Mais un autre sport chatouille l’athlète : le sport automobile. Et quand Violette décide de s’engager dans une discipline, elle se donne tous les moyens pour gagner.

 

 

 

 

© Rey, Kris, Galic - Futuropolis

 

 

1942, en pleine guerre, l’ancienne camarade d’école de Violette Morris, Lucie Blumenthal, vie l’angoisse des premières rafles dont sont victimes ses parents. « Tout ira bien, c’est l’affaire de quelques heures, un ou deux jours, tout au plus. », lui dit son père médecin embarqué pour le Vél d’Hiv.

Décembre 1945, Lucie enquête sur ce qui s’est réellement passé le 26 avril 1944, jour de l’exécution de Violette Morris dans un guet-apens de maquisards.

 

Violette Morris est une femme, mais Violette Morris a des couilles. Personnalité osée, gonflée, controversée, Violette Morris est un butor. Le duo Kris/Galic raconte sous la forme d’une enquête imaginaire la vie de cette femme étonnante dans tous les sens du terme. Après un premier tome ultra efficace, les auteurs s’attardent sur sa carrière sportive. L’histoire de Lucie permet de contextualiser ce qui deviendra le côté sombre de Violette. Ce deuxième volet est  moins dans l’action que le premier mais creuse plus en profondeur les personnalités des « héroïnes » principales. Violette Morris semble souffrir dans son corps de femme et se dépasse physiquement. Lucie Blumenthal est meurtrie par les cicatrices que lui cause la guerre et qui ne se refermeront pas.

 

 

 

 

© Rey, Kris, Galic - Futuropolis

 

 

Javi Rey fait du regard de la « hyène de la Gestapo » un puits sans fond de détermination et de celui de l’avocate enquêtrice un cercueil sur lequel on a rabattu violemment le couvercle. Que les personnages soient réels ou fictifs, il travaille tout autant leur (in-)humanité. Les décors et les tons de couleurs contribuent à l’ambiance des époques, que ce soient les années folles plutôt pastels ou la guerre et ses douleurs, aux ambiances faussement sépias dans certaines scènes.

 

Marie-Jo Bonnet, biographe de Violette Morris (Violette Morris, Histoire d’une scandaleuse, éditions Perrin, 2011) clôture encore une fois l’album avec un dossier historique passionnant. Axé principalement sur le sport féminin, on y apprend entre autres le rôle déterminant d’Alice Milliat dans son développement et son institutionnalisation.

 

 

 

 

 

 

Si l’on devait comparer Violette Morris à un personnage de fiction, c’est certainement du Joker de Batman dont elle se rapproche le plus, aussi bizarre que cela puisse paraître : une volonté sans faille, une énergie insatiable qui cache une cruauté incompréhensible, et puis, surtout, un destin qui bascule.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Violette Morris, à abattre par tous les moyens

 

Tome : 2 - Deuxième comparution

 

Genre : Polar historique

 

Scénario : Kris & Galic

 

Dessins & Couleurs : Rey

 

Dossier historique : Bonnet

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 16 €

 

ISBN : 9782754827577



Publié le 10/10/2019.


Source : Bd-best


« Le crime en local clos est le seul mystère dont la raison accepte avec plaisir le défi. »  Le Detection Club

 

 

« - Bienvenue chers amis, bienvenue ! Ha ha ! Capital ! Capital ! Ha ha ! Mes amis, je vous connais si bien ! Les reines du crime, les philosophes du roman à énigme, les aventuriers du mystère… Je suis Roderick Ghyll ! Bienvenue à la Briarcliff villa. Vous êtes ici chez moi, vous êtes ici chez vous ! Ha ha ! Quelle joie de vous recevoir toutes et tous ! Capital ! Capital ! Venez, venez ! Please, veuillez me suivre ! Please ! Laissez-moi vous montrer la voie ! Ha ha ha ! »

 

 

 

 

 

 

Années 30 : les professionnels du coup de théâtre vont devoir se préparer à une surprise de taille. Si le milliardaire Roderick Ghyll a invité les sept membres du Detection Club dans son domaine sur une île des Cornouailles, c’est pour leur présenter la dernière de ses inventions. Avec le professeur Zumtod, il a conçu Eric, un automate-détecteur qui démêle les fils des intrigues et défait le mécanisme des polars. Il suffit de lui lire le synopsis d’un « detective novel » pour qu’il donne le nom du coupable. Epatant ! Mais quand on réunit les meilleurs auteurs de romans policiers britanniques de la première moitié du vingtième siècle dans un lieu clos, en l’occurrence une île, s’il n’y avait pas un mystère insoluble à résoudre, ça ne servirait à rien.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Fondé par Anthony Berkeley Cox, le Detection Club a réellement existé. Il compte parmi ses membres fondateurs Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, G. K. Chesterton, Freeman Wills Crofts, John Rhode et la Baronne Orczy. Les auteurs réunis se retrouvent régulièrement lors de dîners pour disserter sur les codes et techniques du genre littéraire qu’ils pratiquent. L’un de leurs membres, le père Ronald Knox, rédigea un code de déontologie permettant de donner aux lecteurs des chances de démasquer le coupable. Ce « cahier des charges » en dix règles d’or est repris ici par Harambat. Dans l’histoire ici présente, on retrouve certains des membres fondateurs : Chesterton, Christie, Orczy, ainsi que le premier prêtre écrivain de romans policiers qui a justement rédigé le fameux code, auxquels se sont joints Dorothy L. Sayers, le major Mason et John Dickson Carr, le premier auteur non britannique à intégrer le groupe. Ce « club » existe encore aujourd’hui.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Après le remarquable et remarqué Opération Cooperhead, Jean Harambat change son fusil d’épaule pour rendre hommage à un genre qu’il affectionne tout particulièrement : le roman policier anglo-saxon. En utilisant des créateurs pour protagonistes principaux, Harambat prend du recul  et analyse le genre. Il se complexifie la tâche car il ne peut se permettre aucune erreur. Au final, il offre une enquête originale de laquelle il se sort avec brio, pouvant grâce à cela prétendre à intégrer lui-même le cercle du Detection Club. Qui plus est, il manie l’art du dialogue avec un grand talent. S’il y avait un prix du dialogue, quelque chose qui serait tout à fait justifié de créer, Jean Harambat l’emporterait cette année.

 

 

 

 

© Harambat, Rouger - Dargaud

 

 

Le graphisme juste essentiel de l’auteur est d’une finesse et d’un charme british incroyables. Dans une ligne claire qu’on pourrait penser enfantine, il utilise des codes particulièrement efficaces. Les vaguelettes de la mer, les ustensiles de laboratoire, tout prend vie et place sans surcharge et avec précision. Les personnages jouent et se déplacent comme des acteurs de théâtre afin de mieux attirer le lecteur. Les couleurs de Jean-Jacques Rouger rendent à merveille les tons des salons où l’on cause , des nuits d’orage et des après-midi aux abords d’une falaise.

 

Un décor digne des Dix petits nègres, une énigme à la hauteur d’une certaine Chambre jaune, Le Detection Cub est une élégie à tous les maîtres du mystère. On n’avait jamais vu et lu une telle « ambiance » depuis Albany de Floc’h et Rivière.

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Le detection club

 

Genre : Polar

 

Scénario, Dessins : Harambat

 

Couleurs : Rouger

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 138

 

Prix : 19,99 €

 

ISBN : 9782205079432

 



Publié le 09/10/2019.


Source : Bd-best


Ars longa, vita brevis ! L’art est long, la vie est brève !  Bouvaert, élégie pour un âne

« - Aah ! Très cher ! Approchez, approchez ! J’ai de bonnes nouvelles, très cher ! Réflexion faite, il nous a plu de vous envoyer à Rome.

- Vo… Votre Grâce ?

- Pour continuer à couler, un fleuve doit se renouveler à sa source. Allez donc vous renouveler auprès des maîtres d’antan ! Michel-Ange, Raphaël et euh… les autres.

- Ils vous inspireront peut-être des sujets plus relevés. Votre répertoire à notre cour nous semble plutôt limité.

- Votre Grâce ? Je ne comprends pas, Sa Gr…

- Bon, bon… En ces temps mouvementés, il n’est pas inutile de renforcer notre représentation auprès du Pape. Nous avertirons notre homme à Rome de votre visite. Le signor Malegnani règlera les aspects pratiques de votre séjour... » 

 

 

 

 

 

 

 

 

Italie, en plein cœur de la Lombardie, Jan Bouvaert est le peintre officiel de Vincent de Gonzague, Duc de Mantoue. L’artiste flamand né à Anvers en 1577 rêve d’entreprendre un voyage d’étude à Rome. Après hésitation, le Duc lui octroie ce droit. Bouvaert va y réaliser le retable de l’église Santa Maria in Vallicella, la partie arrière décorée de l’autel.

Pendant ce temps, à Anvers, son frère Pieter s’occupe de leur vieille mère malade de la phtisie. Son cas s’aggrave. Jan va prendre la route pour la ville flamande. Il y restera. Il vivra de son art et les années passeront jusqu’à sa mort en 1640.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

  Simon Spruyt sème le trouble avec cette biographie imaginaire. D’aucuns taperont dans un moteur de recherche le nom de Jan Bouvaert. Ce sera en vain. Ce peintre chrétien de tradition classique hissé au rang des peintres baroques les plus en vue du début du XVIIème siècle n’existe pas. A travers lui, Spruyt rend hommage à l’école flamande et à Rubens dont les œuvres inspirent plusieurs de ses cases. Quant à l’âne, il sert à l’auteur pour écrire une légende d’Anvers car il paraît que le lait d’ânesse changea la face de la ville. Véridique ou pas, comme le dit Pieter, elle était trop belle pour rester dans l’oubli.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

Entre Pieter Bruegel et Jérôme Bosch en passant par Jan Van Eyck, l’école flamande est mise à l’honneur jusqu’à un final percutant qui embarque jusqu’aux démons de Goya qui n’apparaîtront qu’un siècle plus tard en Espagne.

 

Spruyt prétend écrire une œuvre de fiction et ne dépeindre nulle autre réalité que celle construite par son récit. Paradoxal. Si son récit a une réalité, où est la fiction ? Les pistes sont brouillées dès l’introduction. La supercherie (ou pas) s’étend jusqu’à la dernière ligne de la dernière page, en dessous des œuvres du même auteur et des tableaux dont il s’est inspiré. Ode à l’âne et Epilogue seraient adaptés d’un manuscrit de Godfried Bouvaert à l’abbaye de Bornem vers 1760.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

Graphiquement, le style de Simon Spruyt ne s’apparente à aucun autre. Avec un magnifique crayon gras, l’auteur offre un voyage dans le temps dans lequel il adopte un style théâtral. Il invite le lecteur dans des gaufriers dans lesquels des personnages s’adressent à d’autres comme si le spectateur interprétait le hors champ. Spruyt joue avec les contre-jours n’hésitant pas à dissimuler des visages en gros plan si une lumière extérieure vient du fond de la case. La couverture, dans un relief étonnant, donne l’impression de tenir en mains un retable en bois sculpté.

 

Cette élégie exprime avant tout l’expression d’une souffrance amoureuse due à une absence, celle d’un fils pour une mère, absent afin de s’épanouir dans une carrière pour l’amour de l’art, mais qui reviendra dans son berceau fort d’une expérience incroyable.

 

 

 

 

© Spruyt - Casterman

 

 

Supercherie réussie, Bouvaert, élégie pour un âne, en traitant de l’art de cette façon, contribue à ce que la bande dessinée en soit un.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Bouvaert, élégie pour un âne

 

Genre : Fausse biographie de peintre

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Simon Spruyt

 

Éditeur : Casterman

 

Nombre de pages : 200

 

Prix : 25 €

 

ISBN : 9782203164390

 



Publié le 08/10/2019.


Source : Bd-best


« Comment peut-il ne m’être rien, celui qui m’a engendré ? », écrivait Sophocle dans Œdipe Roi.  Lie-de-vin

 

 

« - Pourquoi tu trimbales toujours ce bouquin ?

- Je cherche un record à battre.

- Quel genre ?

- Chais pas encore. Avaler un max de vers de terre, s’immerger des heures dans le purin ou dégommer le plus de fantômes le long de la voie ferrée. Faut trouver un truc qu’a jamais été fait. C’est ça qu’est compliqué…

- Pourquoi tu bats pas un record qu’existe déjà ?

- C’est débile ton truc ! Pourquoi tu perds ton temps avec ça ?

- Bin… C’est pour ma mère… Si elle me voyait en photo dans le livre, elle serait sans doute fière de moi et ça lui donnerait sûrement envie de me revoir. Je serais une sorte de héros.

- Tu s’rais aussi une sorte de monstre qu’on exhibe pasqu’il est différent des autres... »

 

 

 

 

 

 

Dans un petit village isolé, quelque part dans le sud de la France, un jeune homme dont le visage est en partie recouvert d’une tâche de vin fait la connaissance de Maïs, la fille de la ferrailleuse, jolie blonde aussi entreprenante que mystérieuse. Lui, le seul nom qu’on lui connaît, à cause de sa tâche, c’est Lie-de-vin. Abandonné dès l’enfance, il est resté solitaire et passe son temps à s’enregistrer sur un appareil à cassettes. Passionné par le livre des records, il rêve d’y figurer un jour. Peut-être que sa mère se manifesterait…

Mais le jour où Lie-de-Vin va vouloir franchir le mur de la villa de Marie-Mystère afin de savoir pourquoi la propriétaire n’apparaît jamais, sa vie, ainsi que celle de tous les habitants du village, va basculer.

 

 

 

 

© Berlion, Corbeyran - Dargaud

 

 

A la fin des années 90, le duo Corbeyran/Berlion a déjà prouvé son efficacité sur deux séries tous publics : Le cadet des Soupetard et Sales mioches. En intégrant la collection Long Courrier chez Dargaud, pendant à l’« Aire Libre » de chez Dupuis, les deux auteurs signent un album plus « adulte », un one shot émouvant et dur dans un décor estival et ensoleillé, comme pour mieux opposer la noirceur des âmes et la clarté d’un soleil éblouissant.

 

 

 

 

© Berlion, Corbeyran - Dargaud

 

 

Eric Corbeyran donne à Lie-de-vin une ambiance de fin du monde, presque apocalyptique. Il y a peu de personnages. Les gens restent cloîtrés chez eux. Est-ce parce qu’ils ont des choses à cacher ou plutôt pour se protéger de l’astre aride ? Certainement les deux. A la manière d’un enquêteur, Lie-de-vin va-t-il trouver les origines de sa naissance et de son abandon au milieu de bruyants non-dits qui pèsent sur ses épaules. Monsieur Gautrot, le boucher, lui sert de père et cherche à le faire grandir, pour qu’il se débrouille dans la vie. Avec cette histoire, Corbeyran traite du douloureux sujet de comment grandir quand on ne peut pas terminer son enfance.

 

 

 

 

© Berlion, Corbeyran - Dargaud

 

 

Avec cet album, Olivier Berlion a durcit son trait, l’a rendu plus sombre, plus anguleux. Comme l’a dit son scénariste dans un échange épistolaire entre eux deux, ses ambiances sont empreintes de réalisme et de mystère, de tendresse et de cruauté, de beauté et de désespoir, de vie et d’immobilité. La magie de la couleur directe fait partie du dessin.

 

 

 

 

© Berlion, Corbeyran - Dargaud

 

 

L’album a vu le jour en 1999 et a été réédité en 2004. En 2019, cette troisième édition est proposée avec une toute nouvelle couverture, moins convaincante que la précédente dans laquelle le personnage principal faisait face au lecteur de façon à la fois déterminée et presque insolente., les yeux chargés de mystère qui invitaient les lecteurs à chercher à l’intérieur du livre ce que cela cachait. Ici, Lie-de-vin semble plus fataliste et les couleurs chaudes d’un après-midi d’été caché font place à une fin de journée comme résignée.

 

 

 

 

© Berlion, Corbeyran - Dargaud

 

 

Il n’empêche qu’un éditeur ne réimprime pas deux fois un album pour rien. Lie-de-vin est une chronique villageoise à la manière des drames familiaux chers à Marcel Pagnol. Il fait aujourd’hui figure de classique dans le catalogue Dargaud et dans l’œuvre des auteurs.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Lie-de-vin

 

Genre : Thriller campagnard

 

Dessins & Couleurs : Berlion

 

Scénario : Corbeyran

 

Éditeur : Dargaud

 

Collection : Long courrier

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 19,99 €

 

ISBN : 9782205082456

 



Publié le 07/10/2019.


Source : Bd-best


John Blake emmène Philip Pullman dans un bateau fantôme à la croisée des… arts

Alors que l’adaptation d’À la croisée des mondes en BD poursuit sur sa belle lancée, que l’adaptation télé sur HBO se fait désirer, c’est avec une oeuvre inédite que Philip Pullman change de format. Le fait de voir des auteurs comme Thomas Gilbert et Clément Oubrerie, en compagnie de Stéphane Melchior, faire leurs son univers l’a inspiré ? Toujours est-il que c’est en BD, format classique mais pagination XXL (160 pages) que le fabuleux auteur s’associe à Fred Fordham pour donner naissance à John Blake. Un garçon et son équipage perdus dans les temps et qui au rythme des marées changent d’époque. Jamais loin des thèmes de prédilection de Pullman mais un pas, un miles, plus loin.

 

 

 

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Au cœur de l’océan, dissimulé par le brouillard du temps, vogue le Mary Alice, un vaisseau fantôme dont l’équipage cherche inlassablement et depuis des années le moyen de rentrer chez eux. Mais le mystérieux navire reste perpétuellement chassé par une terrible menace… De nos jours, alors qu’une tempête frappe un yacht de plaisance, une jeune fille est projetée par-dessus bord. Promise à une effroyable noyade, elle ne doit son salut qu’au capitaine John Blake qui plonge pour la sauver et la mener à son bord. La voici désormais membre à son tour du Mary Alice. Trouvera-t-elle le moyen de retrouver sa famille, alors que revenir à son époque signifie pour John Blake et son équipage retourner au seul endroit où ils risquent de se retrouver totalement anéantis ?

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Glénat

 

Comme dans un James Bond, voilà un album qui nous fait voir de la mappemonde. De Londres à San Francisco en passant par les Fidji et des hectolitres d’eau salée, Philip Pullman livre une oeuvre mondiale sans besoin de passer dans des dimensions parallèles mais avec la possibilité de jouer avec le temps et ses paradoxes (surprises à l’appui). Le Mary Alice semble se perdre au fil de l’eau depuis la nuit des temps. Sous l’égide du capitaine Quayle, le fier mais désormais damné voilier a recueilli à son bord, pèle-mêle, un Chinois du XIXe siècle ayant fait fortune dans la soie, un ingénieur de l’armée de l’empereur Severus Septimus, un esclave du Devon et quelques autres. L’équipage vient d’ailleurs d’accueillir un nouveau membre, Serena Henderson, lycéenne de Sydney ultra-connectée et sauvée de justesse de la noyade. Aussi déconcertée soit-elle par cette rencontre avec des hommes d’hier et d’avant hier, c’est peut-être elle qui va leur permettre de résoudre leur problème.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Scholastic/Graphix

 

Commençant son récit comme une vieille légende que des loups de mer se raconteraient, Philip Pullman n’en oublie pas son amour des technologies. Pas d’aliéthomètre, ici, mais une nouvelle technologie addictive, l’apparator que tout un chacun se doit de posséder. Mais aussi, une drôle de sphère en trois dimensions et semblant animée d’une puissance inconnue, qui ne doit surtout pas tomber entre les mauvaises mains. Car forcément, un sinistre personnage convoite tout ça. De quoi remonter à la célèbre expédition Einstein-Carmichael, en 1929.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Scholastic/Graphix

 

Crédibilisant son histoire en attirant des éléments de réel à lui et à la fiction et offrant toujours un rôle héroïque aux plus jeunes (là où les adultes sont parfois indignes de leur savoir), Philip Pullman livre ici un vaste récit romanesque et scientifique, avec quelques pointes d’horreur et de vaisseau hanté pour entamer son histoire. Avec son écriture assurément pas BD, mais bien réglée pour tout faire fonctionner, le romancier a trouvé un véritable récit évocateur et qui se vit par images. Avec son lot d’actions mais aussi de réflexions, des confrontations cruelles et un final intense.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Scholastic/Graphix

 

De son côté, Fred Fordham est particulièrement à son aise au creux de l’océan ou dans les brumes, quand le décor s’éclipse et qu’il se centre sur ses personnages. Il est un peu moins efficace sur les scènes modernes et actuelles, dans les soirées mondaines ou dans la ville, ses cases font parfois un peu vide. Mais l’ambiance dans laquelle il baigne, il hante, le tout est imparable. Et les premières planches de cet album suffisent à prouver l’intensité dont le gaillard est capable.

 

 

 

 

© Pullman/Fordham chez Glénat

 

Oserait-on dire qu’on reste sur notre faim tant on aimerait que cette histoire, même si elle se résout dans cet album, se prolonge ?

 

 

Alexis Seny

 

Titre : John Blake

Récit complet

Scénario : Philip Pullman

Dessin et couleurs : Fred Fordham

Genre : Aventure, Fantastique, Science-fiction

Éditeur : Glénat

Collection : Log-In

Nbre de pages : 160

Prix : 18,50€



Publié le 07/10/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4252 -  9 Octobre 2019

 

 

 

La science en tête

 

 


 

 

 

 

 

            Découvrez un Spectre Polarimètre InfraROUge nommé Spirou.

            Dans ce numéro spécial sciences, Mathieu Burniat osculte en couverture la mécanique du gag à la loupe. On le retrouve à l’intérieur dans une histoire co-scénarisée avec Jérôme Loreau où les quatre forces fondamentales revêtent des costumes de super-héros.

            Côté sciences toujours, Libon nous parle de la radio du futur et Jean-Yves Duhoo nous amène dans le secret des labos.

            Côté émotion, Salma et Navarro signent une histoire courte comme on aime en lire dans la presse BD, car il n’y a que là que ce genre de choses se passent.

 

            En bonus, expériences scientifiques pour les abonnés qui pourront reproduire à la maison une véritable explosion volcanique. Planquez le chat et la télé !

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Pic - Dupuis 

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Boîte à musique (La) : A la recherche des origines

Jérôme K.Jérôme Bloche : Contrefaçons

Spirou chez les Soviets

Télémaque : La cité des hommes

Tif et Tondu : Mais où est Kiki ?

Tuniques Bleues (Les) : La bataille du cratère

 

 

Spécial sciences :

Dans le secret des labos (Duhoo)

Fantastic Forces (Burniat et Loreau)

Radio du futur (La) (Libon)

 

 

Récit complet :

 

Carine et Amadeo (Salma et Navarro)

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Cartoon par Johan de Moor  (La pause-cartoon)

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Kahl et pörth

Game over

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Duhoo

En direct du futur : Tome (Soda)

Leçon de BD (La) : Dab’s

 

 

Supplément abonnés :

L’éruption du volcan avec Pic et Zou (Pic)

 

 

En kiosques et librairies le 9 octobre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 06/10/2019.


Source : Bd-best


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