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Un groom futuriste dans un univers Steampunk.  Le Spirou de … t13 – Fondation Z

    « - C’est avec papa et maman que tu parlais ?...

-          Oui, ils s’inquiètent pour toi !

-          Ça, ça m’étonnerait ! Ils t’ont donné quoi comme explication pour l’absence de grand-père ?

-          Qu’il est parti pour un colloque dans le système Prima-six ! Alors tu étais sérieuse : tu crois vraiment que le Z l’a enlevé ? Tu divagues ! »

 

Dans un futur Steampunk, Seccotine et son frère (?!) Spirou ne sont pas sur la même longueur d’onde. Alors que le groom semble être d’une naïveté consternante, la jeune blonde sait que leur grand-père, le Comte de Champignac, a toujours refusé la dictature de l’administration. Depuis des années, il mène des recherches secrètes dans son laboratoire clandestin. Le bureau central s’en étant rendu compte l’aurait fait enlever par la fondation Z. Secottine est bien décidée à le retrouver et à découvrir les liens entre l’administration et le Z. Mais Spirou ne compte pas rester si passif que ça, aidé par un Fantasio, transformé en Han Solo du futur.

 

 

 

© Lebeault, Filippi, Guilhaumond - Dupuis

 

 

 

 

Le scénario de Denis-Pierre Filippi donne une impulsion inédite à l’univers défini par André Franquin. Les fondamentaux sont préservés. Le Comte de Champignac est toujours un mycologue avisé et Zorglub tient un rôle ambigu. Par contre, les liens de parenté entre les personnages étaient-ils vraiment nécessaires ? On aurait pu s’en passer, mais ça ne gêne aucunement le déroulement du récit. On sent la frustration de la part du scénariste de ne pas avoir eu le Marsupilami en mains, pour preuve, le clin d’œil appuyé à son cousin le Flagada.

Le scénariste ose un final surprenant, strike dans l’univers Spirou.

 

 

 

© Lebeault, Filippi, Guilhaumond - Dupuis

 

 

 

 

Fabrice Lebeault amène Spirou au royaume d’Horologiom, ou amène Horologion au royaume de Spirou. Les amateurs de l’un et de l’autre ne seront pas déçus. Comme dans la série qui a fait son succès, il rend hommage à Paul Grimault et à son merveilleux dessin animé Le Roi et l’Oiseau. C’est dans son ADN et c’est ce que l’on attend de lui, surtout pour une vision personnelle d’un univers. Greg Guilhaumond, par des couleurs jouant des ombres et lumières, donne du relief à une architecture délibérément froide et sans âme, comme un futur anonyme ultra-robotisé.

 

Fondation Z, nouvelle surprise de la collection « Le Spirou de… », montre que le concept est loin de s’épuiser.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le Spirou de…

Tome : 13 - Fondation Z

Genre : Aventure

Scénario : Filippi

Dessins : Lebeault

Couleurs : Guilhaumond

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 68

Prix : 14,50 €

ISBN : 9791034730018



Publié le 16/04/2018.


Source : Bd-best


La sueur du soleil et le sang de la conquête.  Le nouveau monde 2 – Les sept cités de Cibola

   « - Si nous pouvions voler comme l’aigle, nous serions déjà arrivés à destination.

-          Alors, où serait l’amusement ?

-          Tu crois qu’elle tiendra ?

-          Elle est membre de cette expédition maintenant. Il n’y a plus de retour possible.

-          Elle a abandonné tout ce qu’elle avait.

-          Toi aussi quand tu es devenu moine. »

 

1538, Marcos de Niza est un moine chargé par le Pape de découvrir les sept cités de Cibola, au cœur de l’Amérique du Sud. Il est accompagné d’Isabel qui s’est enfuie de Mexico pour échapper à un mariage force avec un conquistador sanguinaire Nuno de Guzman. Esteban, lui-même conquistador, esclave noir affranchi, complète le trio. Il a aidé à la fuite et ne sera pas de trop pour faire face à la vengeance de Nuno qui sème la mort sur les traces de son gibier.

 

 

 

 

 

© Helpert, Armanet, Carloni - Dargaud

 

 

 

            François Armanet est journaliste. Il a été rédacteur en chef de Libération et du Nouvel Observateur. Jean Helpert est réalisateur et scénariste de cinéma. Ce nouveau monde est leur première incursion dans le domaine de la bande dessinée. Ils racontent leur histoire de manière justement très cinématographique, alternant scènes dialoguées avec de longues séquences contemplatives. Il ne manque que la musique d’un Alexandre Desplat. On aurait peut-être pu se passer de l’idylle téléphonée entre la belle et le moinillon.

 

            Stefano Carloni succède à Xavier Coyère au dessin pour nous amener dans un aussi merveilleux que cruel pèlerinage.

La violence des envahisseurs est dépeinte avec une férocité animale.

 

 

 

 

© Helpert, Armanet, Carloni - Dargaud

 

 

 

La représentation des Cités d’Or éblouit les yeux, comme ce fut le cas lorsqu’un certain jeune homme portant le même prénom qu’un des héros de ce récit ne découvre le même lieu dans une des meilleures séries télévisées animées : les mystérieuses Cités d’Or.

 

            Une curiosité : cet album n’est pas le premier à porter ce titre. Un épisode de Marc Dacier, dessine par Eddy Paape et scénarisé par Jean-Michel Charlier, s’appelait aussi Les sept cités de Cibola.

 

            Marcos, enfant du soleil, tu parcours la terre, le ciel. Cherche ton chemin, c’est ta vie, c’est ton destin, celui de l’amour qui vaut plus que tout l’or du monde.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le nouveau monde

Tome : 2 - Les sept cités de Cibola

Genre : Conquête historique

Scénario : Helpert & Armanet

Dessins : Carloni

Couleurs : Lerolle

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 56

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782205070262



Publié le 13/04/2018.


Source : Bd-best


L’équerre et le compas dans la tourmente. Liberté, égalité, …  Fraternités 3 – L’ordre ensanglanté

   « - C’est la première fois que je vois autant de frères !

-          Et de sœurs, Emile !

-          On m’a dit qu’il y aurait plus de cinquante-six loges composées de femmes, d’hommes, de bourgeois, d’ouvriers, d’artisans, de commerçants ! C’est ça, la force de la commune !

-          Lorsqu’elle se manifeste de cette façon, cela me plaît. J’en ai assez de tous ces morts.

-          Tu as bien raison, ma nièce chérie. Les idées de la commune méritent d’être défendues. Mais il faut que les souffrances du peuple de Paris prennent fin.

-          C’est bien pour cela que nous marchons vers les barricades aujourd’hui, grande-cousine. Espérons, espérons, espérons !... »

 

 

29 Avril 1871, Jean-Gaston Baudecourt reste seul à la rédaction du journal Fraternités pendant que les compagnons de Paris défilent dans les rues. C’est la Commune. Le patriarche ne veut pas sortir sans le tablier de son grand-père Gaston. Il les rejoindra…ou pas. Le franc-maçon est assassiné. Son cadavre sera retrouvé accompagné d’un tract versaillais.

 

 

 

 

 

 

© Camus, Muñoz – Delcourt

 

 

Emile, son fils, prend le journal en main pendant que la « Semaine Sanglante » emplit de rouge les rues de la capitale.

 

L’ordre guillotiné, premier tome de la trilogie, promettait un nouveau Triangle Secret.

L’ordre manipulé, deuxième épisode, asseyait les personnages dans une continuité et une cohérence certaines.

L’ordre ensanglanté clôt la série pour laquelle on aurait aimé une plus grande envergure.

 

 

 

 

 

© Camus, Muñoz – Delcourt

 

 

 

La Franc-Maçonnerie reste une valeur sûre. Par son histoire et ses mystères, la confrérie a des secrets sur lesquels il est attractif d’enquêter. Y mêlant la grande histoire de France, les auteurs justifient les actions de leurs personnages.

 

Le héros de Fraternités n’est pas un membre de la famille Baudecourt, ni la Franc-Maçonnerie elle-même. Le héros de Fraternités, c’est un journal. Et c’est la vie de ce journal et de ses responsables qui est racontée sur près de quatre-vingts ans.

Ce troisième tome laisse l’impression que les auteurs ont eu l’injonction de l’éditeur de clore la série. On eût aimé qu’ils aient eu plus de temps pour développer leur saga sur au moins cinq albums.

 

Jean-Christophe Camus est un scénariste prometteur. On sent qu’il en a sous le capot. Il sait créer un univers, des personnages forts et des scènes d’action percutantes. Il peut encore progresser dans les dialogues, ainsi que pour s’extraire de situations complexes qui trouvent parfois une solution un peu rapide.

 

Bernardo Muñoz a succédé à Ramon Rosanas avec fluidité, sans que le lecteur lambda n’en soit interloqué.

 

Enfin, si le procédé est discutable (à savoir confier la couverture a un dessinateur différent), les couvertures de Ronan Toulhoat sont une réussite : maquette superbe, personnages sur fonds noirs devant le sigle du compas et de l’équerre de la Franc-Maçonnerie au ton d’une des couleurs du drapeau français pour chacun des tomes.

 

Fraternités avait tout pour être une réussite. Ça ne sera qu’un demi-succès. Et pourtant, on avait envie d’y croire. Fraternités est une bonne série, mais on a l’impression d’avoir raté des épisodes. Est-ce dû à un échec au niveau des ventes ? Le changement de dessinateur, pourtant effectué dans un continuum fluide entre les deux premiers tomes, a-t-il handicapé le concept ? Ou bien le grand laps de temps entre chacun des tomes a-t-il perdu le public en route ? 22 mois entre les deux premiers, 2 ans et demi entre les deux suivants.

 

            Fraternités reste une trilogie agréable à lire sur un sujet énigmatique et fédérateur.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Fraternités

Tome : 3 – L’ordre ensanglanté

Collection : Histoire & histoires

Genre : Drame historique

Scénario : Camus

Dessins : Muñoz

Couverture : Toulhoat

Couleurs : Fogolin

Couverture : © Camus, Toulhoat – Delcourt

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 56

Prix : 14,95 €

ISBN : 9782756079424

 



Publié le 12/04/2018.


Source : Bd-best


Attention, bijou.  Le veilleur des brumes 1



            « - Houlà ! C’est quand la dernière fois que tu es sorti ? Faudrait aérer un peu, ici.

-          Salut, Roxane ! Cette semaine, ç’a été de la folie ! Il se passe plein de choses étranges avec les brumes.

-          Ah ouais ? Quoi, par exemple ? C’est trop cool, ici, Rox, c’est quoi tous ces trucs ? »

 

 

            Dans le petit moulin posé sur le barrage, Pierre s’active. Il astique les rouages et vérifie les mécanismes. Le moulin doit être en action à chaque fois que la brume noire s’approche du village. Son rôle est de l’éloigner, pour ainsi faire fuir la mort.

 

 

 

© Tsutsumi, Kondo – Grafiteen

 

 

 

            Pierre est un petit cochon qui va à l’école. Mais depuis que son papa est mort, le poids de la responsabilité du moulin lui incombe. Pierre voudrait bien que la jolie renarde Roxane le regarde, mais le grand Roland, l’hippopotame, le dur de la classe, s’immisce entre eux. Et le jour où le moulin va se casser, il va bien falloir se serrer les coudes.

 

            Cet album est une véritable petite pépite. Tiré du court métrage nommé aux Oscars en 2015 The Dam Keeper (littéralement Le gardien de barrage), on y retrouve toute l’intelligence, tout le savoir-faire et toute la sensibilité qui ont fait le succès des studios Pixar dont sont issus les deux auteurs. Ce petit film de 18 minutes est visible sur Dailymotion : https://www.dailymotion.com/video/x4d76pc

 

 

 

© Tsutsumi, Kondo – Grafiteen

 

 

 

L’album reprend les personnages de Pierre et Rox mais construit un récit fort dont le court-métrage n’en serait qu’un prologue.

 

            Le scénario de Kondo est tendre et émouvant. De réflexion sur la mort et le deuil, l’histoire se transforme en une quête sur le sens de la vie. Comment la maman de Pierre est-elle morte ? Pourquoi son papa a-t-il mis fin à ses jours ? Qu’est-ce qui amène ce petit cochon à poursuivre l’action de son père, de manière totalement désintéressée ?

            Les personnages secondaires sont pour Pierre autant de béquilles qui l’aideront à avancer, ou au contraire des cailloux dans sa chaussure, mais aussi parfois l’un et l’autre. Il est indéniable que son amour pour Rox le porte, même si la renarde ne semble pas encore éprouver de l’amour pour lui. Roland, dont le cerveau est dans les muscles, passe du rôle de Tapdur à celui de compagnon de voyage et de galère. Leur quête les mènera à rencontrer un bien curieux personnage tout autant sympathique qu’effrayant, grenouille affolée et affolante.

 

            Tsutsumi calque son dessin sur celui du dessin animé. Son trait peinture est somptueux. Les personnages animaliers sont adorables. La figuration de la brume est terrorisante.

 

            Première partie d’un diptyque, passage de l’enfance à l’adolescence, ce veilleur des brumes est un bâton, un témoin solide permettant au jeune lecteur de faire la transition et à l’adulte de revenir sur cette mutation.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Le veilleur des brumes

Genre : Aventure fantastique animalière

Scénario : Kondo

Dessins & Couleurs : Tsutsumi

Éditeur : Grafiteen

Nombre de pages : 180

Prix : 16,50 €

ISBN : 9782745994998



Publié le 11/04/2018.


Source : Bd-best


Mais que fait la police ?! Elle investit le neuvième art #2 | Pepe Carvalho, entre Barcelone et Amsterdam, non loin de l’enfer

    "Ah, qu’il est grand le mystère de la crise de foie et de la disparition des oeufs en chocolat dans les jours suivant le week-end de Pâques. Tellement grand que pour le résoudre, on s’est dit qu’on avait bien besoin d’un coup de main et de quelques fins limiers. Ça tombe bien, ces dernières semaines, le petit monde de la BD nous en a servis quelques prestigieux sur un plateau."

 

 

 

 

 

 

 

©Migoya/Segui chez Dargaud

 

À l’instar de San-Santonio dont nous vous parlions dans le premier acte de ce topic, c’est un vieux briscard, du temps de Franco, qui ressurgit par l’intermédiaire de la bande dessinée : Pepe Carvalho, un détective complètement à part dans le paysage du polar, quarante-cinq ans après sa naissance, le tandem Hernán Migoya – Bartolomé Seguí qui parcourt ses intrigues, provoque le soleil enragé de midi sur une plage de Barcelone et donne un corps et un visage à cet Espagnol bien plus flegmatique que ses compatriotes au sang chaud.

 

 

 

 

©Migoya/Segui chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : Le corps nu d’un homme est découvert un jour sur une plage des environs de Barcelone. L’homme est inidentifiable, les poissons ont dévoré son visage, l’unique indice est un tatouage sur la peau : « Né pour révolutionner l’enfer ». La phrase sonne comme un avertissement et Carvalho est chargé de découvrir l’identité de l’homme. Une enquête qui embarque le lecteur, des rues de Barcelone au quartier rouge d’Amsterdam, où le sens du message se dévoilera peu à peu.

 

 

 

 

©Migoya/Segui chez Dargaud

 

Faisant l’impasse sur le premier tome, c’est directement le deuxième roman de Manuel Vázquez Montalbán qu’Hernán Migoya et Bartolomé Seguí investissent de leur talent, se payant au passage un air de vacances qui ne va guère durer. Même sur les plages scintillantes, on peut trouver des cadavres, au milieu des naïades, pour mettre une fin brutale au rêve et le traîner en enfer. Enfer que la dépouille qui flotte désormais à vau-l’eau avait l’ambition de révolutionner. Cet énigmatique homme encore jeune n’en aura pas eu le temps. Tout comme Pepe qui va devoir se rhabiller et quitter sa bonne amie officielle et néanmoins tempétueuse Charo en quatrième vitesse (enfin… tout en ayant le temps d’affoner le champagne, c’est dire s’il est pressé) et débouler sur la scène du crime. Drôle d’oiseau, le voilà mandaté par un coiffeur pas net pour enquêter et porter au soleil l’obscure identité de la pauvre (?) victime. Il y a 100 000 pesetas à la clef, 50 000 sur-le-champ.

 

 

 

 

©Migoya/Segui chez Dargaud

 

S’il est inclassable, on peut néanmoins dégager quelques tendances au personnage insaisissable et iconoclaste qu’est Pepe Carvalho : Don Juan sur les bords (comme il y a des James Bond Girls, il y a des Pepe niña), amateur des autodafés quand la température se rafraîchit (il faut dire que quand il ne découche pas et qu’il reste sagement chez lui, il se balade torse-nu), pas franc de la détente mais pas sans un couteau pour se protéger, fouineur et méthodique, pas pour la précipitation mais pour le tâtonnement méticuleux… et philosophe du quotidien. Car oui Pepe Carvelho est un bavard intérieur, nourrissant sans cesse et à n’importe quelle heure des pensées et réflexions que ce soit sur son enquête ou la société espagnole, celle des derniers mois de Franco.

 

 

 

 

©Migoya/Segui chez Dargaud

 

Pepe, c’est du polar philosophique et onirique, une dimension qui se superpose à celle de l’enquête passant ainsi de la lumière solaire à de plus amples ténèbres qui mèneront notre enquêteur dans les profondeurs d’Amsterdam. Si pour s’engouffrer dans cette enquête, il faut avoir plus d’une bonne heure devant soi, c’est pour mieux s’y immerger. Le boulot de reconstitution des ambiances, des tons et des préoccupations telles qu’ils avaient cours dans les années 70 est fignolé et cerné avec dextérité par Bartolomé Seguí? C’est fatal.

 

Alexis Seny

 

Série : Pepe Carvalho

Tome : 1 – Tatouage

D’après l’univers et le roman de Manuel Vazquez Montalban

Scénario: Hernan Migoya

Dessin et couleurs : Bartolomé Seguí

Traduction : Denise Laroutis et Christilla Vasserot

Genre: Polar sociologique

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 76

Prix: 14,99€



Publié le 10/04/2018.


Source : Bd-best


Dans l’ordre chronologique, inter-gaffes en intégrale.  Gaston 20 tomes

 « - Je me suis dit que la vitesse pouvait être reconvertie en énergie.

-          La vitesse de votre tacot ? Z’êtes optimiste !

-          Alors, quoi ? Il a de la gueule, mon rotor, non ?

-          Ôôôh ! Ce biduuuule ! Pour propluser ça dans l’air, vous devez en bouffer de l’essence !

-          C’est scientifiquement profilé, sot…

-          Tiens ! J’avais juré de ne plus jamais… mais je ne veux pas manquer le premier essai du machin le plus tarte de l’année !... Hahaa ! En voiture ! »

 

            Tiens, revoilà le gaffeur en espadrilles ! Et des machins tartes, il va y en avoir à foison !

 

            Il serait offensant de présenter Gaston. Mais s’il n’y a ne serait ce qu’un seul petit lecteur qui aurait la chance de découvrir Gaston grâce à cet article, rien que pour lui, ça vaut le coup de le faire.

 

            Gaston, anti-héros sans emploi, se présente à la rédaction du journal Spirou un beau jour de 1957. Il intégrera la rédaction du magazine pour s’occuper du courrier des lecteurs. Plus à même de flemmarder ou de concevoir des gadgets plus saugrenus les uns que les autres, le tas de courrier en retard atteindra des sommets dignes de l’Himalaya.

 

 

 

 

 

            Toute une galaxie de personnages secondaires accompagne Gaston : Fantasio et Prunelle, ses deux directeurs successifs, Mademoiselle Jeanne, la secrétaire amoureuse platonique, Monsieur de Mesmaeker, l’homme d’affaires qui tente désespérément de signer des contrats avec les éditions Dupuis, le comptable Monsieur Boulier, le dessinateur Lebrac, les copains Bertrand Labévue et Jules-de-chez-Smith-en-face, ainsi qu’un chat dingue et une mouette rieuse.

            L’ensemble est écrit et mis en images par le meilleur dessinateur du monde : André Franquin.

 

 

 

 

 

            Le gaffeur Gaston est de retour pour l’intégrale de son œuvre…dans l’ordre ! Il faut dire que ces dernières années, on avait du mal à s’y retrouver.

            Il y a eu la série des cinq mini-albums demi-formats, puis la collection cartonnée numérotée de R1 à R4 et de 6 à 14, albums auxquels il faudra ajouter un numéro 0, un R5 attendu comme une arlésienne, puis un quinzième tome.

            En 1997, l’édition spéciale quarantième anniversaire numérotait les albums de 1 à 19 avec une maquette hideuse présentant sur les couvertures une demi-planche surmontée d’un dessin de Gaston, le tout sur des couleurs criardes. Le dernier album était composé d’inédits.

 

 

 

 

            En 2009, Dupuis, revenu aux maquettes d’origine, propose une numérotation différente, uniquement pour réduire la pagination des premiers tomes, ce qui entraîna des numéros supplémentaires intercalés. Business, quand tu nous tiens…

            Enfin, cette édition chronologique remet les pendules à l’heure. Mais ayons une pensée élue pour le collectionneur qui doit boucher des trous. C’est inextricable. Le géant de la gaffe de 2018 n’est pas celui de 1972. Lagaffe mérite des baffes de 2018 est différent de celui de 1979. Ce n’est pas terminé ! Un tome 0 et un tome 21 vont venir boucler la boucle.

            Et quid de En direct de la gaffe, album composé essentiellement de récits illustrés et de rédactionnel, le R4 à l’origine ? On y retrouve son contenu dans le gros album hors-série venant de paraître En direct de la rédaction.

            Nous sommes donc en présence ici d’une intégrale chronologique des gags de Gaston Lagaffe, mais pas de la série Gaston Lagaffe. Bref, le procédé a quand même le mérite de faire vivre cette œuvre intouchable. Franquin est sur un piédestal où il est complexe et périlleux d’envoyer un dessinateur à sa suite.

 

            Alors, pour une nouvelle vie de Gaston, il reste le cinéma. C’est ce que s’attache à faire Pierre-François Martin-Laval dans le film qui vient de sortir sur les écrans avec Théo Fernandez dans le rôle de Lagaffe (C’est lui qui incarnait Donald, le fils intelligent de Jeff Tuche), Pef dans celui de Prunelle, Alison Wheeler dans celui de Mademoiselle Jeanne. Arnaud Ducret endosse le costume de l’agent Longtarin et l’excellent Jérôme Commandeur celui de De Mesmaeker. Même si pour les besoins du scénario, Gaston ne travaille pas au sein des éditions Dupuis mais dans une start-up, la bande-annonce met dans l’ambiance :

 

 

 

 

            De gaffes en bévues, de boulettes en bêtises, la carrière de Gaston est indissociable de la grande histoire de la bande dessinée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Gaston

Tome : 20 tomes

Genre : Humour

Scénario & Dessins : Franquin

Couleurs : Jannin

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 46

Prix : 10,95 € l’unité



Publié le 10/04/2018.


Source : Bd-best


Mon homme (presque) parfait : toute cette histoire d’amour trouble finira au lit… mais lequel ?

Le coeur a ses raisons, on connait la chanson, celle du hasard qui fait bien les choses ou pas, les apparences qui se craquellent, les mensonges, les rendez-vous secrets… Il y a de tout ça dans Mon homme (presque) parfait paru chez Grand Angle, dont le slogan « La BD comme au cinéma » porte une nouvelle fois bien son nom. Le scénario de Bernard Jeanjean, tombé dans les bonnes mains de Stéphane Louis, était d’abord prévu pour le cinéma. Mais il ne dépareille pas en BD dans ce jeu de dupes et d’apparences.

 

 

 

 

 

 

 

© JeanJean/Louis/Daviet chez Grand Angle

 

 

Résumé de l’éditeur : Éloïse, enseignante, rencontre Antoine, vétérinaire et veuf. D’emblée, elle est troublée par cet homme étrange qui semble si bien la connaître et deviner ses moindres désirs sans pourtant l’avoir  jamais vue auparavant. Fragilisée par son couple qui bat de l’aile, elle se demande si elle doit céder, ou non, à la tentation ? Ce qu’Éloïse ignore c’est que chaque semaine, Marc, son mari, voit aussi quelqu’un en secret… Le destin est-il celui qui tire les ficelles dans la vie de ce couple en perdition ? Lorsque les secrets de l’une et de l’autre finiront par se confronter, la vérité éclatera au grand jour et elle pourrait bien être très différente de ce qu’ils auraient tous pu penser !

 

 

 

 

© JeanJean/Louis/Daviet chez Grand Angle

 

Cette histoire, originale, c’est celle d’un triangle amoureux particulier dont la perte de vitesse en amour est finalement le moteur. Éloïse et Marc filaient le parfait amour. Oui, mais ça, c’était avant. Car depuis quelque temps, Marc n’est pas dans son assiette, remue ses idées noires et pourrit mine de rien la vie d’Éloïse qui l’aime tant, pourtant. Puis, il y a ses sorties mystérieuses, le mercredi, lorsqu’il prétend aller courir. Version des choses dont Éloïse commence à douter. Le dialogue est rompu, Marc est bizarre et Éloïse, esseulée. La dérive des continents, un mouvement tectonique qui pourrait bien ne jamais réparer la mécanique des coeurs.

 

 

 

 

 

© JeanJean/Louis/Daviet chez Grand Angle

 

Et comme Éloïse ne peut parler avec le principal intéressé, elle se tait. Jusqu’à ce qu’elle rencontre, de manière assez fracassante, un confident tombé du ciel… ou plutôt le cul sur la glace. C’est ainsi, au détour d’un tour malhabile de la patinoire (normal, c’est sa première fois) qu’Antoine, et son look à la Reed Richards, est entré en collision avec la vie désormais faite d’incertitudes d’Éloïse. Jusque-là, tout allait bien, Éloïse pouvait se décharger sur cet allié venu au bon moment. Mais quand cet ange gardien cause le trouble de la belle patineuse, prouve que le hasard (poussés dans ses limites) fait bien les choses et se révèle on ne peut plus fusionnel, les choses deviennent plus délicates et laissent le choix à Éloïse du quitte (Marc) ou double (-vie). Le doute est semé et les apparences vont s’affronter.

 

 

 

 

© JeanJean/Louis/Daviet chez Grand Angle

 

Quelque part entre Petites confidences à ma psy et le formidables Dédales de René Manzor, l’histoire proposée par Bernard JeanJean possédait le luxe d’être multi-format, multi-médias. En film, ça aurait eu de la gueule, mais aussi au théâtre. Et en BD ? C’est d’enfer. Parce qu’on n’attendait pas forcément Louis dans une histoire comme celle-là et qu’au final, il insuffle un dynamisme super-héroïque qui booste cette histoire d’amours sans perdre de vue la surprise à venir. Les couleurs de Véra Daviet finissent de galvaniser ce conte défait où conquête et reconquête se croisent entre trouvailles et retrouvailles. Tout ça finira au lit, mais dans lequel ?

 

Alexis Seny

 

Titre : Mon homme (presque) parfait

Récit complet

Scénario : Bernard JeanJean

Dessin : Louis

Couleurs : Véra Daviet

Genre : Drame psychologique, Comédie romantique

Éditeur : Grand Angle

Nbre de pages : 72

Prix : 16,90€



Publié le 09/04/2018.


Source : Bd-best


Un vent de liberté et une nouvelle place dans la société.  Filles des oiseaux 2 – Hippie, féministe, yéyé, chanteuse, etc…

 « - On avait quoi, 15 ou 16 ans sur cette photo ?

-          A peu près !

-          Donc ça fait 50 ans qu’on se connaît.

-          Eh, oui !

-          Avec quelques interruptions quand même !

-          Faut dire que tu as bien déconné !! »

 

            Où l’on retrouve la blonde Marie-Colombe et la brune Thérèse se remémorant avec malice et nostalgie de leurs vies de jeunes adultes.

 

            Après le truculent N’oubliez pas que le Seigneur vous regarde !, première partie de l’histoire de ces filles des oiseaux, les deux copines racontent autour d’un bon verre leurs aventures passées. Quand on est « filles des oiseaux », on vole de ses propres ailes, mais on va parfois où le vent nous porte. Elles voudraient crier « Liberté, j’écris ton nom ! », mais dans une France en pleine mutation, les petits volatiles doivent avoir des griffes pour se faire une place.

 

 

 

© Cestac - Dargaud

 

 

 

 

            Comme le dit le titre à rallonge, on retrouvera Thérèse et Marie-Colombe dans différents rôles, au hasard des chemins qu’elles prendront et des décisions qui influeront sur leurs destinées. Que ce soit l’une ou l’autre, chacune des deux femmes sera témoin et acteur de la société.

 

Et que fait une femme de cette époque ?

            Hippie, elle fume des cigarettes qui font rire et ne sait plus où se trouve le plafond.

            Féministe, elle participe aux luttes pour devenir l’égal de l’homme.

            Chanteuse, elle fait sa star, brûle sa vie et son appart’.

            Libre et de gauche, elle croix jusqu’au bout des ongles aux promesses de Mitterrand.

            Maman, elle assume son môme, même seule si son mec s’est barré.

            Business Woman, elle prend les rênes de la petite entreprise.

            Et tant d’autres choses qui sont autant de petits cailloux qui font changer les mentalités…

 

 

 

 

© Cestac - Dargaud

 

 

 

            Cestac s’installe définitivement comme le fer de lance de la bande dessinée féminine. Ce nouvel album est l’étape supplémentaire d’une bibliographie cohérente. Bien sûr, il y a aujourd’hui les Meurisse, Bagieu, Mandel, Durbiano, Isa ou autre Montaigne. Mais Cestac, plus encore que Brétécher parce que son éventail de publications est plus varié, est la branche solide sur laquelle ont pu se poser les générations suivantes.

 

            Drôle et véridique, avec des gros nez et avec réalisme, Filles des oiseaux 2 est aussi un livre d’histoire, ainsi qu’un album de souvenirs, pour tous ceux qui ont eu vingt ans dans les années 60.

 

            Santé, vieilles branches !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Filles des oiseaux

Tome : 2 – Hippie, féministe, yéyé, chanteuse, libre et de gauche, top-model, engagée, amie des arts, executive woman, maman, business woman, start-upeuse, cyber communicante… what else ?

Genre : Témoignage historique et humoristique

Scénario, Dessins & Couleurs : Cestac

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 56

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782205076738



Publié le 09/04/2018.


Source : Bd-best


Venez vous a-Musée !  Fluide glacial au Louvre

« - Une visite privatisée au Louvre avec tout Fluide ?! T’es sérieux là ?! Nan mais c’est Dingue comme coïncidence ! Tu sais où je suis en ce moment ?! Au Louvre ! Véridique ! J’y vais souvent pour dessiner ! Enfin bon, là, ça faisait un moment quand même… Tu sais quoi ? : ils ont mis une pyramide en verre dans la cour !! »

 

            C’est incroyable tout ce qu’il y a au Louvre. C’est parti pour la visite la plus loufoque du plus grand Musée du monde. Entre anecdotes réelles et pignolades fantaisistes, la rédaction du célèbre magazine d’Umour et Bandessinées nous guide à travers les allées du palais, dans un bel album cartonné, deux mois après sa parution en magazine en kiosques.

 

            Outre les désormais célèbres commentaires de Raymonde et Robert Bidochon, notons quelques-unes des meilleures pages de cet opus.

 

 

 

Sœur Marie-Thérèse  © Maëster – Louvre/Fluide glacial

 

 

 

 

            Avec Le Louvre-Bouteille, Besseron et Felder présentent une histoire sans parole comme ces facétieux courts-métrages en noir et blanc qui passaient autrefois dans le poste de télévision.

            Rudy Spiessert amène Bruno le barbare à enquêter au Musée. Mais qui donc a rendu la Joconde hyper-réaliste ? Pas d’inquiétude, Bruno résout tout.

            Les détournements de tableaux de Plonk & Replonk justifient la genèse de toiles célèbres.

            Les gras et gros bonshommes de Lindingre font des réflexions que plus d’un gardien a déjà dû entendre : « Y’a les prix nulle part ! », « Je l’ai déjà fait Le Louvre, quand j’étais en CE2. »

            Fidèle à ceux de Léandri, le roman-photo de Baumann et Lefred-Thouron met en scène un émir amoureux des arts. Tout s’achète !

 

 

 

© Erre – Louvre/Fluide glacial

 

 

 

 

            Fabrice Erre, quant à lui, transfère le concept à Las Vegas.

            Hugot prend la casquette du no-limit en comparant L’adoration des bergers de Georges de la Tour avec l’affaire Grégory. Hilarant.

            Le plus poète est Francis Masse dont le personnage le représente partant à un bouclage de Fluide au volant d’une pyramide. Mais c’est pas pour frimer…

            La palme d’or est attribuée à Isa qui délocalise le Louvre à la campagne. Avec ce voyage dans le temps en 2028, des visiteurs viennent admirer les plus célèbres œuvres installées à la ferme.

 

            Côté rédactionnel, Scandale, sexe and fun au Louvre raconte les petites histoires des à-côtés du Radeau de la Méduse, de La Liberté guidant le peuple ou autre Grande Odalisque.

            Les dessous (pas toujours chics) du mécénat, par Fioretto et Haudiquet, très drôles, sont peut-être la vision d’un futur qui pourrait se profiler pour l’art.

 

            Et pour les amateurs de gadget, ne manquez pas la pyramide surprise de laquelle jaillit un président, pour le plus grand plaisir (?!) des petits et des grands.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Fluide glacial au Louvre

Genre : Humour

Scénario, Dessins & Couleurs : Collectif

Éditeur : Louvre/Fluide glacial

Nombre de pages : 48

Prix : 19,90 €

ISBN : 9782378780050

 

Couverture   © Solé – Louvre/Fluide glacial

 



Publié le 06/04/2018.


Source : Bd-best


Deux ans de vacances, le danger et l’aventure en toute élégance

A-t-on tout dit sur les classiques ? Si la question se pose forcément à la vue des adaptations, il n’en reste pas moins que ces oeuvres cultes et qui comptent dans notre imaginaire de picoreurs culturels sont de formidables marmites qui peuvent bouillir à l’infini si ceux qui les investissent le font dans les règles de l’art. Avec ces récits universels et intemporels (visionnaires aussi), Jules Verne reste une valeur sûre et inspire toujours autant d’auteurs. C’est le cas de Brrémaud, Chanoinat et Hamo qui nous offrent deux ans de vacances. Forcément mouvementées.



 

 

 

 

 

 

© Brrémaud/Chanoinat/Hamo chez Vents d’Ouest

 

Résumé de l’éditeur : Quatorze jeunes garçons, pensionnaires d’un collège en Nouvelle-Zélande, se retrouvent piégés sur une goélette à la dérive au large du Pacifique. Lorsque leur navire fait naufrage sur une île visiblement déserte, ils doivent apprendre à s’organiser pour vivre par eux-mêmes et chercher des secours. Mais des rivalités ne tardent pas à apparaître au sein de la petite communauté. D’autre part, en explorant les lieux, les quatorze aventuriers découvrent que l’île recèle bien des secrets…

 

 

 

 

Recherches de couverture pour les tomes 1 et 2 © Hamo

 

Une île déserte et loin de tous les radars. À notre époque géolocalisé, ça laisse rêveur, ou au moins curieux. Voir des enfants, en précurseurs de Seuls dans des décors façon de Koh Lanta, ça a de quoi titiller nos envies de liberté. Sauf que ça n’a rien du grand calme et de la tranquillité qu’on aurait pu envier. Quand Cross, Wilcox, Donphan,les frangins Jacques et Briant ou encore Iverson se retrouvent sur Sloughi, le yacht d’emblée mis à mal par les flots et les vents violents, les rêves se brisent comme sur des récifs et l’aventure a une voie toute tracée et échouée sur une île sauvage comme terrain de jeu formidable, à plusieurs visages : des montagnes, des falaises, des grottes, des forêts, des marais et un océan Pacifique (qui, dans ces cas, porte bien mal son nom) à perte de vue.

 

 

 

 

Extrait du tome 2 © Brrémaud/Chanoinat/Hamo chez Vents d’Ouest

 

Loin de tout adulte responsable mais non loin d’animaux sauvages que ces enfants n’auraient sans doute jamais approché sans ce naufrage. Mais au-delà d’une certaine fascination et de la résignation à devoir passer des semaines voire des mois avant d’être hypothétiquement sauvés; les enfants vont non seulement devoir identifier les potentiels dangers de cette vie de Robinson en territoire inconnu mais aussi faire jouer leur force collective. Et, ça aussi, c’est loin d’être gagné.

 

 

 

 

© Brrémaud/Chanoinat/Hamo

 

Partant pour une robinsonnade forcément vintage (nous sommes quand même plus de 150 ans après les faits fictifs répercutés par Jules Verne et désormais cette trilogie en BD) mais pas datée, le trio livre un premier acte qui maîtrise les éléments et les saisons qui vont sérieusement envenimer la vie de nos héros.

 

 

 

 

© Brrémaud/Chanoinat/Hamo chez Vents d’Ouest

 

Il n’était pas forcément évident de faire cohabiter la naïveté évidente de ces jeunes qui n’étaient pas voués à jouer les aventuriers et leur psychologie capable de mieux nous faire comprendre leurs attitudes et aptitudes tout en privilégiant la découverte de cette île et son écosystème intact et sauvage (des morses, des lamas, des perroquets et quelque gibier pour ne pas laisser ces naufragés en herbe mourir de faim).

Pourtant, tout baigne dans cette adaptation qui nous fait redécouvrir l’oeuvre de Verne, toujours autant capable de stimuler notre imagination. Les scénaristes ont le temps de déposer délicatement (mais avec fracas, aussi parfois, forcément) leur univers tandis qu’Hamo est toujours aussi doué à s’adresser autant aux jeunes lecteurs qu’aux plus confirmés. Entre son dessin et ses couleurs, Hamo réussit une nouvelle fois un savant mélange, une alchimie qui fait  relief pour nous imprégner de l’air marin et des conditions climatiques qui se succèdent dans ces 46 planches. Quelle élégance de trait.

 

 

 

 

© Brrémaud/Chanoinat/Hamo

 

Pourtant, sur ce lopin de terre cerné par l’eau, il y a trois fois rien (et encore moins de moderne et civilisé), tout est à construire pour donner à ces lieux un peu de confort, mais le charme opère immédiatement et durablement alors que des adultes atteignent enfin ces côtes sauvages. Pas forcément ceux que les enfants attendaient. Ça risque de barder, mille sabords.

 

Alexis Seny

 

Série : Deux ans de vacances

Chapitre : 1/3

D’après l’oeuvre de Jules Verne

Scénario: Philippe Chanoinat et Brrémaud

Dessin et couleurs : Hamo

Genre: Aventure

Éditeur: Vents d’Ouest

Nbre de pages: 48

Prix: 13,90€



Publié le 06/04/2018.


Source : Bd-best


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