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A moins d’un miracle…  Le cimetière des innocents 2 – Le feu de Saint-Anthelme.

 

 

            « - Imaginons que tu arrives à la sortir discrètement de la cellule… Tu en fais quoi, ensuite, de ta fiancée ? Je te rappelle que la ville est bouclée. Une recluse qui s’échappe, c’est pire qu’une sorcière ! Et son complice, c’est le diable en personne… Tu as les épaules un peu frêles pour jouer le rôle.

-          L’amour peut tout !

-          L’amour, qu’il soit de Dieu ou des hommes, ne sert qu’à excuser le pire ! »

 

 

 

 

 

 

1590, en plein Paris en proie à des conflits religieux, Jonas cherche à délivrer Oriane, recluse emmurée au cœur d’un cimetière. Le jeune protestant, aidé par un mercenaire déterminé, va tout mettre en œuvre pour que la fille de l’alchimiste pendu retrouve la lumière du jour. Possédant une pierre qui redonne la vie, Oriane a un atout pour faire trembler l’Eglise.

 

 

 

© Charlot – Fourquemin - Hamo

 

 

Philippe Charlot explore les tréfonds des croyances, mettant en garde contre ce que l’on voit, ce que l’on entend, ce que l’on croit voir et ce que l’on croit entendre.

Une mère dont le bébé pleure est persuadée qu’un miracle se produit lorsqu’Oriane lui donne un simple conseil de bon sens. Un prêtre harangue les foules, prétextant le souffle divin, demandant aux crédules un prix pour la guérison, une indulgence. Et lorsque Saint-Louis revient à la vie grâce à la pierre magique, l’ectoplasme se moque des petits bourgeois qui entraînent les faibles dans leur naïveté : « Rien n’a changé depuis trois siècles ! Ce sont toujours les mêmes arrogants qui donnent les ordres et méprisent les plus humbles. »

 

 

 

© Charlot – Fourquemin - Hamo

 

 

Charlot met de l’humour dans un scénario grave. Le fantôme de Saint-Louis pourrait intégrer sans complexe la bande des vieux fourneaux.

.

Xavier Fourquemin aurait pu être étriqué dans ce récit dont l’action ne se déroule essentiellement que sur quelques centaines de mètres carrés. Il dessine une Oriane terrifiée par les pouvoirs de résurrection qui lui tombent dessus, avant qu’elle ne s’en fasse une raison traduite par un visage fataliste. Il montre aussi la haine, l’intolérance et le racisme religieux du curé profiteur. Les ectoplasmes, dans des halos rosés, cherchent leurs raisons d’être. On l’aura compris, ne pouvant trouver une envergure d’expression graphique avec de grands espaces comme dans Le train des orphelins, Fourquemin mise sur les attitudes.

 

 

 

© Charlot – Fourquemin - Hamo

 

 

 

Le cimetière des innocents est une série théâtrale, fable d’expression et d’éloquence. Il y a du Molière dans les dialogues de l’histoire, dont une adaptation sur scène pourrait donner une dimension donnant vraiment à réfléchir. Les guerres entre catholiques et protrestants de ce XVIème siècle restent d’un écho actuel dans un XXIème perturbé par des attentats religieux

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le cimetière des innocents.

 

Tome : 2 – Le feu de Saint-Anthelme.

 

Genre : Aventure historique.

 

Scénario : Charlot.

 

Dessins : Fourquemin.

 

Couleurs : Hamo.

 

Éditeur : Bamboo.

 

Collection : Grand Angle.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 14,90 €.

 

ISBN : 9782818949924



Publié le 23/10/2018.


Source : Bd-best


Schizophrénie œnologique.  Ekhö monde miroir 8 – La sirène de Manhattan.

 

            « - Pourquoi je suis assis ? Qui êtes-vous ?

-          Ah, ça recommence… Restez calme. Il y a une explication. Il y en a toujours une.

-          D’accord, mais… Vous pourriez lâcher ma main, s’il vous plaît, Monsieur ?

-          Euh, oui, bien sûr. Tout va bien… Parfois, des personnes mortes se manifestent dans votre tête et…

-          Je sais ! Attendez ! J’étais là, j’ai servi un Tokay à la table 6, je suis descendu à la cave… Et là, on m’a… Je ne pouvais plus respirer… »

 

 

 

 

 


 

A la table d’un grand restaurant new-yorkais, Gratule est prise d’une crise de schizophrénie. Yuri est désespéré. Encore une fois, l’esprit d’un macchabée obstrue le cerveau de sa camarade. Cette fois-ci, il s’agit du sommelier des lieux, assassiné dans sa cave. Qui est l’instigateur de ce crime ? L’enquête commence pour nos globe-trotters.

 

            Dans cet épisode, en surfant sur la mode de la bande dessinée œnologique, Arleston taquine son camarade Eric Corbeyran.

 

 

 

© Barbucci –Arleston – Soleil.

 

 

Ouvrons une parenthèse.

Là où le scénariste bordelais adopte un ton sérieux, polar ou historique, le pilier de chez Soleil reste dans l’humour la galéjade et le second degré. « On murmurait que la plupart de ses Bordeaux venaient carrément de France. »

Là où les deux auteurs se rejoignent, c’est qu’ils sont tous les deux aux manettes de séries à succès. Au même titre que Cauvin, Duchâteau, DeGroot, Van Hamme, Desberg, Corteggiani, Giroud, Cazenove, Goscinny, Greg ou Charlier (la liste est éclectique), ce sont des hommes qui assurent les fondements populaires du neuvième art. Trop souvent oubliées de la presse bien-pensante au profit de one-shots, certes de qualité, mais au pouvoir de fidélisation faible, les séries populaires sont bien la noblesse de la bande dessinée.

Fermons la parenthèse.

 

 

 

 

© Barbucci –Arleston – Soleil.

 

 

Arleston propose avec Ekhö un tour du monde un peu spécial, avec les mêmes villes que chez nous, mais sans électricité. Comme il est dit dans la page de présentation, Ekhö, c’est la terre mais en fait non. On peut y naître, ou y être amené depuis la Terre par de drôles de petits bonshommes, les Preshauns, dont personne ne sait exactement ce qu’ils veulent. C’est ainsi que Fourmille Gratule et Yuri Podrov y sont arrivés, à la (dé)faveur d’un voyage en avion.

La sirène de Manhattan traite de façon sous-jacente humoristique de la schizophrénie. Mais comment ça se passe quand on est plusieurs dans sa tête ?

 

Le dessin Disneyen d’Alessandro Barbucci a un côté cinémascope. Des sommets des gratte-ciel new-yorkais au rectangle vert de Central Park, qui a la particularité d’ouvrir sur un espace-temps différent, les personnages jouent leurs rôles avec envolée.

Pour rester dans les influences cinématographiques, Barbucci distord la scène finale de King-Kong pour l’adapter à un méchant hors du commun, avant de proposer un combat à faire pâlir de jalousie Godzilla ou même Dwayne Johnson dans Rampage, hors de contrôle.

 

 

 

 

 

 

© Barbucci –Arleston – Soleil.

 

 

Les couleurs de Nolwenn Lebreton illuminent chaque planche avec une variance de tons époustouflante. Elle est certainement l’une des meilleures coloristes sur le marché. Les scènes (semi-)aquatiques en témoignent.

 

Ekhö est une série (noblement populaire, enfonçons le clou !) méritant le succès et l’aura de Lanfeust. Qu’on en fasse l’écho !

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ekhö monde miroir.

 

Tome : 8 – La sirène de Manhattan.

 

Genre : Heroïc-Fantasy.

 

Scénario : Arleston.

 

Dessins : Barbucci.

 

Couleurs : Lebreton.

 

Éditeur : Soleil.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 14,50 €.

 

ISBN : 9782302069855

 



Publié le 19/10/2018.


Source : Bd-best


Le silence des canons. 14-18 T.10 La lune en héritage.

 

 

«  - Au fond, je crois que je n’ai pas très envie d’y aller.

-Personne n’en a envie … Il y aura tout le monde.

- Oui, tout le monde … Presque »

 

 

 

 

 

 

 

Début août 1914, huit amis âgés d’une trentaine d’années, originaires du même petit village, sont incorporés dans le même régiment d’infanterie pour un conflit qu’ils pensaient être de courte durée. Quatre années plus tard, le 11 novembre 1918 à 11 h, de nombreuses cloches résonnent sur les champs de bataille  annonçant la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et le retour des combattants dans leurs foyers. L’armistice signé à 5h15 du matin dans un wagon-restaurant en forêt de Compiègne (Rethondes) va mettre fin à un conflit ayant fait plus de 18,6 millions de victimes. Durant ces cinquante et un mois, Arsène et Louis sont revenus, blessés, le premier une jambe en moins, le second la "gueule cassée". Denis et Armand sont morts au combat, tandis que Jacques a été fusillé pour l'exemple. L'armistice permet enfin à Maurice, Pierre et Jules de rentrer au village. Ils sont les derniers à quitter le théâtre des champs de bataille. Mais cette guerre, même conclue, n'a pas fini de faire des victimes...

 

 

 

© Etienne le Roux – Loïc Chevalier – Jérôme Brizard – Delcourt.

 

 

Défi audacieux tenu par le scénariste (Corbeyran) de faire vivre aux lecteurs l’aventure de ces jeunes garçons impliqués malgré eux dans ce conflit. L’ensemble des dix albums nous entraine aux côtés des combattants, partageant les émotions, les peurs et les douleurs de ces derniers tout au long du conflit.

 

 

 

 

© Etienne le Roux – Loïc Chevalier – Jérôme Brizard – Delcourt.

 

 

Ce dernier opus aborde plus particulièrement l’après-guerre mettant en avant les difficultés pour ces combattants revenus de l’enfer de pouvoir se réinsérer dans une vie normale. Témoins de l’horreur absolue et victimes de nombreux troubles comportementaux dus au manque de sommeil mais aussi à l’obligation d’obéir à des ordres semblant inappropriés, ces derniers semblent incompris par leurs voisins et famille respective.

 

 

 

© Etienne le Roux – Loïc Chevalier – Jérôme Brizard – Delcourt.

 

 

Les illustrations ont été confiées à une équipe composée de plusieurs personnes : Etienne le Roux pour les dessins, Loïc Chevalier pour les décors et Jérome Brizard pour les couleurs. Le tout forme un résultat visuel mémorable dans les détails, l’esthétique, la composition et le dynamisme des images.

 

 

 

 

 

Alors que nos ancêtres pensaient que cette guerre serait la der des ders, la signature du traité de Versailles en 1919 allait entraîner la population allemande à faire confiance à un petit caporal, artiste raté, plongeant le monde dans les ténèbres pour une nouvelle période de cinq années.

 

Haubruge Alain.

 

Série : 14-18.

 

Tome : 10 – La lune en héritage.

 

Collection : Histoire & histoires.

 

Genre : Guerre.

 

Scénario : Corbeyran.

 

Dessins : Etienne le Roux - Chevalier Loïc.

 

Couleurs : Brizard Jérôme.

 

Éditeur : Delcourt.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 14,50 €

 

ISBN : 9782756070391



Publié le 18/10/2018.


Source : Bd-best


Blanche-Neige et les deux baroudeurs.  Jérémiah 36 – Et puis merde !

 

 

            « - Ne te fais pas d’illusions, c’est la fille chérie du boss. Tu peux regarder…masi pas toucher. Tu vois… Toute cette dinguerie autour de toi ? C’est pour elle ! Alors, ta petite personne, elle ne vaut pas un pet de mouche. De plus, elle ne parle pas.

-          Et c’est pour me baver ça dans la nuque que tu me colles aux talons ?

-          J’adore… J’y passerais des journées. Et puis, y a que le boss veut vous voir, tous les deux. J’vois pas ce qu’il te trouve ! »

 

 

 

 

 


 

Jérémiah erre dans les coursives d’une villa futuriste. Un des sbires du chef des lieux surveille ses allées et venues. Dans les couloirs, navigue une jeune femme au teint d’albâtre, nymphe muette et fille du propriétaire. Comment se trouve-t-il en ces lieux, flanqué de son inséparable alter ego Kurdy ? Leurs motos ayant été détruites dans un incendie, ils ont dû quitter la ville dans laquelle ils étaient pour échapper à la milice locale. C’est ainsi qu’ils ont atterri dans ce palais sauvage où vivent Douliana, ses parents, quelques gardiens et un drôle de « gibier ».

 

 

 

 

© Hermann – Dupuis.

 

 

            Hermann est un dessinateur rapide, efficace et honnête avec ses lecteurs. Il maîtrise ses cadrages, ses gueules et ses dialogues. Si on peut regretter que certaines colorisations soient trop sombres, cet épisode est beaucoup plus lumineux qu’à l’accoutumée. Et pas qu’à cause de la bl       ancheur de Douliana. Le début reste grisâtre jusqu’à ce qu’une tempête illumine à proprement parler le décor, offrant une planche de transition hors du commun.

            L’introduction dure 14 planches, le bandeau titre, donnant une dimension cinématographique, n’apparaissant qu’en planche 15. C’est là que l’on va basculer dans la « communauté ».

 

 

 

 

© Hermann – Dupuis.

 

 

 

            Si certains pourraient reprocher à des histoires de se ressembler, c’est qu’ils n’ont pas compris qu’avant d’être une série, Jérémiah est un concept. Perdus dans un paysage apocalyptique austère, Jérémiah et Kurdy rencontrent une communauté complètement déjantée. Ça se finit en règle générale plutôt mal pour les détraqués. Résignés mais bien contents de reprendre leur route, les deux compères repartent comme two poor lonesome cow-boys.

            Y aurait-il donc un mystère Jérémiah ? On sait comment ça commence, on sait (à peu près) comment ça va se terminer, mais on en redemande. Etonnant, non ? En fait, Hermann a mis en place une structure narrative rassurante. Le tout, même après trente-six albums, fonctionne comme une madeleine de Proust.

Jérémiah se range dans la case des premières séries ados/adultes qui tombent dans les mains des ados qui en veulent plus que du Tintin, du Spirou ou de l’Astérix. Coup de génie ou coup de hasard, après un début éditorial chaotique, la série est publiée chez Dupuis, éditeur emblématique du tout public. Donc, sans faire exprès et sans que maman et papa qui ne lisent pas de BD ne fassent attention, le jeune bouquineur, pas trop petit quand même, se retrouve avec un Jérémiah sous les yeux.

 

 

 

© Hermann – Dupuis.

 

 

 

 

            De temps en temps, comme pour récompenser le lecteur de sa fidèlité, Hermann ressort un personnage secondaire, comme ici le cousin Lindford, humain sauvage fruit de manipulations génétiques, dont l’histoire était racontée dans le vingt-et-unième album.

 

            Tant que ce concept fonctionnera, Jérémiah et Kurdy ne sont pas près de voir le bout de leur route. Et puis merde ! Vive la bande dessinée qui ne se prend pas la tête.

 

            Pour ce trente-sixième album, au titre aussi énigmatique que percutant, une bande-annonce très originale a été concoctée. Elle est visible ci dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Jérémiah.


Tome : 36 – Et puis merde !

 

Genre : Aventure post-apocalyptique.

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Hermann.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 12,50 €.

 

ISBN : 9782800174372



Publié le 17/10/2018.


Source : Bd-best


Bienvenue chez Belouga, l’entreprise qui concrétise (enfin) le concept de bien-être au travail !

 

«  - Camarades !

-          Notre CEO a décidé d’annuler nos augmentations ! Ne laissons pas passer cette décision sans agir !

-          La grève ! La grève !

-          N’exagérons rien. Je pensais plutôt lui notifier notre surprise par mail. »

 

 

 

 

 

 

Bande dessinée créée à la demande du quotidien économique et financier belge L’Echo, « Les Moutons » plongent les lecteurs dans le monde de l’entreprise. New ways of working, télétravail, desksharing, happy management, burn-out, brown-out, ces mots n’auront plus aucun secret pour vous après la lecture de ce livre racontant avec humour les déboires connus par Roger, nouvel engagé dans la cellule familiale de la société Belouga.

 

 

 

 

© Alsy – Renaissance du livre.

 

 

À ce jour, plus de 400 aventures ont été publiées dans la presse belge. Signées par le tandem Alsy, on retrouve derrière ce pseudo, un journaliste de formation au scénario épaulé par une dessinatrice également diplômée en journalisme ayant suivi une formation en illustration-graphisme à Saint-Luc (Bruxelles).

 

 

 

 

 

© Alsy – Renaissance du livre.

 

 

 

Ce duo Bruxellois nous propose, à travers leurs analyses des concepts véhiculés dans le monde du travail, une vision humoristique et cynique des scènes de la vie quotidienne en entreprise.

 

 

 

 

© Alsy – Renaissance du livre.

 

Le produit final délivre ce livre au travers duquel de nombreuses personnes se reconnaîtront dans diverses situations vécues. Un livre à « s » offrir sans attendre sous peine de devenir l’un des personnages qui en font partie.

 

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain.

 

Titre : Les Moutons.

 

Tome : 1 Make management great again !

 

Éditeur : Renaissance du livre.

 

Scénario & dessins : Alsy.

 

Nombre de pages : 64.

 

Prix :  16,00 €.

 

ISBN :  9782507056087



Publié le 17/10/2018.


Source : Bd-best


Le rire de l’ogre par Sandrine Martin: superbe adaptation du roman de Pierre Péju chez Casterman

Après le succès de Niki de Saint Phalle, Sandrine Martin s’est emparée de l’histoire de Pierre Péju pour la sublimer… ou du moins la matérialiser sous forme de bande-dessinée. Le rire de l’ogre est une belle réussite tant au niveau de la narration que de l’émotion transmise par les personnages. Le scénario solide n’est pas étranger à son succès.


Au début des années soixante, Paul séjourne chez son correspondant allemand dans la ville de Kehlstein, en Bavière. Il y rencontrera son premier amour en la personne de la très mystérieuse Clara, qu’il n’aura de cesse de fuir et de retrouver. Il sera aussi confronté au terrible secret que renferme la forêt voisine qui, même si la guerre est terminée depuis vingt ans, porte encore en elle les stigmates de cette folie meurtrière. Tout au long de sa vie, des personnages troubleront la vie de Paul et sa relation à autrui. De quoi nourrir sa réflexion sur l’ambigüité de l’homme et le recommencement du mal qui, inlassablement, resurgit…
Une retranscription fidèle du roman de Pierre Péju?

Le roman de Pierre Péju, dont s’inspire la bande dessinée, se divise en deux récits principaux. Un prologue sous forme de conte noir et fantastique où les thèmes du mal, de la guerre, de la métamorphose des hommes sont introduits. Une deuxième partie qui s’intéresse plus aux relations entre humains. Il s’agit d’un récit plutôt anxiogène et dont l’ambiance est sombre. Alors que la période couverte s’étale de 1941 à 1963 et ensuite de 1964 à 2037 dans le roman, la bande dessinée ne débute qu’en 1963 et elle s’arrête avant la mort de Paul.

 

 

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Sandrine Martin a fait le choix de s’intéresser principalement à la période où Paul, le personnage principal de l’intrigue, décide de partir quelques mois en Bavière. C’est là bas qu’il fait la rencontre de la mystérieuse et passionnante Clara. Cette fille pas comme les autres le pousse à s’interroger sur la vie, sa vie, le monde, les rapports entre les hommes et plus encore.

 

 

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Oscillant entre le drame et la romance, la réussite du pari de Sandrine Martin tient dans le fait que l’immersion est totale, et ce dès le début. On se transpose aisément dans la peau de Paul et l’on ressent véritablement les émotions qu’il vit à travers ses diverses expériences de vie. Le choix de narration à la première personne n’est pas anodin et il renforce encore un peu cette sensation.

 

 

Rire_ogre_1

 

 

Qu’est-ce que le bien et le mal? Jusqu’où peut aller le mal? Comment l’amour entre deux personnes se manifeste-t-il? Quelle forme peut-il prendre? Quelle est l’effet du temps sur les sentiments? Comment le passé a-t-il une incidence dans le présent? Autant d’introspections qui me furent proposées durant la lecture des 124 pages de ce volume unique cartonné et en couleur. Le style crayonné et les couleurs pastels utilisées m’ont vraiment plu et elles ajoutent encore un peu de mystère à la trame générale.

 

Le-rire-de-l-ogre_3

 

 

 

Au final, si l’histoire n’est finalement pas si originale qu’on peut l’imaginer, c’est une belle épopée que nous offre Casterman par l’intermédiaire de Sandrine Martin. Cette auteure de bande dessinée et illustratrice n’est plus une novice et on ressent toute son expérience dans les traits.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Le rire de l’ogre

Récit complet

D’après le roman de Pierre Péju

Scénario, dessin et couleurs : Sandrine Martin et Pierre Péju (les dessins de Paul)

Genre: Histoire, Récit de vie, Romance

Éditeur: Casterman

Conception graphique: Studio Casterman BD

Nbre de pages: 124

Prix: 20 €



Publié le 16/10/2018.


Source : Bd-best


Atom Agency 1 – Les bijoux de la Begum.

 

            « - Edition spéciale ! Hold-up sensationnel ! On a volé les bijoux de la Bégum ! Un butin de plus de deux cents millions de francs ! Tous les détails dans France-Soir !

-          La Bégum ? C’est quoi, ça, la Bégum ? Une star d’Hollywood ?

-          Mais voyons, Sandouie, la Bégum, c’est l’épouse de l’Aga Khan !

-          L’Aga Khan ? C’est un pur-sang ?

-          Bon sang ! Qu’t’es cruche ! L’Aga Khan, c’est l’homme le plus riche du monde ! »

 

 

 

 

 

 

Enquêtes, filatures, discrétion assurée ! Quand la Bégum tombe dans une embuscade et se fait dérober ses bijoux, Atom Vercorian est l’homme de la situation. Lorsqu’il l’apprend, le fils du commissaire du même nom file au 36 pour se rencarder sur l’affaire. C’est l’occasion rêvée pour lancer son agence de détectives : l’Atom Agency, l’agence qui tord le cou au crime !

 

 

 

 

 

© Schwartz, Yann, Hubert - Dupuis

 

 

Yann et Schwartz entament le troisième acte de leur collaboration. Après Spirou, après l’excellent mais malheureusement avorté pour raison « juridique » Gringos Locos, les voilà aux commandes d’une série aux allures d’hier et qui deviendra un classique de demain.

 

Yann créé un héros comme on adorait les aimer. Un enquêteur droit dans ses bottes, déterminé et sûr de lui, flanqué de deux acolytes pouvant se permettre ce qu’il ne peut pas se permettre pour un héros. Ainsi, Mimi, caution féminine qui n’a pas froid aux yeux, et Jojo la toupie, catcheur retraité, vont accompagner Atom dans ses enquêtes.

 

 

 

 

 

 

© Schwartz, Yann, Hubert - Dupuis

 

 

 

Olivier Schwartz est le dessinateur dont on aime lire et relire encore et encore les albums. A chaque lecture, de nouveaux détails surgissent, de nouveaux clins d’oeil apparaissent. Les rues foisonnent, les rings résonnent. Au détour de cases, des figurants ne sont autres que des célébrités, comme Léon Zitrone commentant un match de catch.

 

 

 

 

 

© Schwartz, Yann, Hubert - Dupuis

 

 

 

Avant d’être un polar, avant d’être une BD, avant d’être un album, Atom Agency est un des plus beaux hommages à Maurice Tillieux et à son héros Gil Jourdan. Mais, pour autant, pas question pour les auteurs de verser dans la nostalgie et les regrets. Atom Agency en reprend les codes, l’ambiance, les tons, la verve, mais a pour originalité de traiter en toile de fond de l’intégration du peuple arménien dans la France de l’après-guerre.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Atom Agency.

 

Tome : 1 – Les bijoux de la Bégum.

 

Genre : Polar Tillieuesque.

 

Scénario : Yann.

 

Dessins : Schwartz.

 

Couleurs : Hubert.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 56.

 

Prix : 15,95 €

 

ISBN : 9782800173948

 



Publié le 16/10/2018.


Source : Bd-best


Ambiance électrique dans la nuit américaine.  Les trois fantômes de Tesla 2 – La conjuration des humains véritables.

 

 

            « - Vous n’auriez rien remarqué d’étrange autour de cet appartement depuis que vous êtes installés ?

-          Non, mais mon dieu, que lui est-il arrivé à ce pauvre homme…

-          Apparemment un arrêt cardiaque, mais c’était un savant important, dont les recherches auraient pu jouer un grand rôle dans la guerre en Europe et dans le Pacifique… (…) Bien sûr, si tu remarques quoi que ce soit d’anormal, tu me tiens au courant, Travis ! Voilà l’occasion rêvée de montrer tes dispositions d’agent spécial, pas vrai ? »

 

 

 

 

 

 

 

New York 1942. L’esprit de Nikola Tesla peut compter sur le jeune Travis. Le gamin ne dira rien. Mais un ennemi bien plus redoutable que le FBI est à craindre : Edison. On peut être mort et être dangereux. C’est ce qu’apprend Travis en servant d’intermédiaire physique à Tesla. Le savant va l’entraîner dans ses laboratoires secrets pour vérifier que ses recherches sont en sécurité, puis organiser l’exfiltration de ses découvertes.

Edison, mort depuis dix ans, a réussi à ralentir le processus de putréfaction de son corps pour conserver une gangue à son esprit. Mais après avoir perdu la guerre électrique qui l’opposait à Tesla, il doit mettre la main sur les équations de ce dernier pour ne pas être vaincu une seconde fois.

 

 

 

 

© Guilhem, Marazano - Le Lombard

 

 

 

            Le scénario de Richard Marazano entraîne le lecteur dans un débat sur la vie après la mort. Et si l’esprit était plus fort. Pourquoi seulement ce qui bouge ou se reproduit serait en vie ?

            Et lorsque dans les îles Salomon, aux confins du Pacifique, des soldats américains oubliés trouvent un monstre métallique tombé du ciel qui va se remettre en marche, l’hommage à La guerre des mondes est avéré.

 

 

 

© Guilhem, Marazano - Le Lombard

 

            Guilhem Bec a un trait proche du graphisme des romans illustrés. La mise en couleurs prise en charge par le scénariste apporte une cohérence et accentue le caractère sérieux, inquiétant et ectoplasmique de la série. La symbiose atteint son paroxysme dans des décors new-yorkais nocturnes somptueux, en particulier aux alentours du Manhattan Bridge.

 

 

 

 

© Guilhem, Marazano - Le Lombard

 

 

            Les trois fantômes de Tesla est une série annoncée en triptyque, intelligente, classieuse et jacobsienne. Mais deux ans d’attente entre les deux premiers albums est un délai obsolète préjudiciable au succès qu’elle mériterait d’avoir.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les trois fantômes de Tesla.

 

Tome : 2 – La conjuration des humains véritables.

 

Genre : Humour ingénieux.

 

Scénario & Couleurs : Marazano.

 

Dessins : Guilhem.

 

Éditeur : Le Lombard.

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 13,99 €

 

ISBN : 9782803636631

 

 



Publié le 12/10/2018.


Source : Bd-best


Attention Mesdames et Messieurs, dans un instant, ça va commencer.  Le petit théâtre de Spirou

 

 

« - Bonjour les A.D.S. ! Bonjour les spiroutistes ! Bonjour tous mes amis ! Bonjour ! Oui, c’est moi, c’est bien moi… Je suis vraiment très heureux de vous voir, depuis le temps que je voulais vous rencontrer. Et vous ? Le fureteur m’a dit que vous m’aimiez bien. Est-ce vrai ? Êtes-vous contents de voir votre ami Spirou ? Répondez : êtes-vous contents ? »

 

 

 

 

 

 

Oyez, oyez ! Spirou vous parle. Un personnage de bande dessinée s’adresse à ses lecteurs ? Etonnant, non ? C’est tout simplement parce que ce Spirou-là est une marionnette du théâtre du Farfadet.

Décembre 1942, André Moons et Jean Doisy créent une troupe de marionnettes à fils. Le journal de Spirou est sous la menace de la censure nazie. Ce petit théâtre va être une alternative pour permettre au groom de s’exprimer et même pour servir de couverture à un réseau de résistants.

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

C’est à cette occasion que fut créé Fantasio, dans une version beaucoup plus extravagante que la définitive que l’on connaît tous, pour donner une incarnation aux différentes rubriques.

 

Al Severin s’empare des textes originaux des spectacles des marionnettes pour en tirer une bande dessinée fidèle, délicieusement old school et témoignage d’une époque. Il met en scène les marionnettes, qui rapidement s’affranchissent de leurs fils, pour devenir les acteurs de la comédie écrite pour eux.

 

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

Spirou, Spip et Fantasio sont transformés en organisateurs de la tournée du Farfadet, promouvant le spectacle dans les rues et invitant les enfants à venir y assister. Les Tif et Tondu de Dineur jouent les rôles de machinistes.

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

Le spectacle commence par l’histoire Spirou et la momie dans laquelle Spirou, au service d’un antiquaire, commet une gaffe avec une momie qu’il a voulu épousseter. Suivent des monologues de Fantasio, puis une présentation de Tif et Tondu. (Tiens, leurs noms sont inversés.) Le rideau se referme devant les yeux émerveillés d’une foule d’enfants et d’adultes parmi lesquels on reconnaîtra Jean Valhardi, les Pieds Nickelés, Laurel et Hardy, ou autres vedettes de l’époque à la Fripounet et Marisette. Les bombardiers lézardant le ciel ramènent alors à une dure réalité.

 

 

 

 

 

© Severin, Doisy, Moons - Dupuis

 

 

Dans une deuxième partie, le Farfadet présente son programme dans lequel on peut lire la chanson Vive Spirou ! sur des paroles de Jean Doisy, ainsi que, du même auteur, la pièce en trois actes Spirou et les fantômes.

 

            Escroc ou artiste ? Falsificateur ou admirateur ? Al Severin s’amuse à brouiller les pistes en présentant un livre qu’on pourrait prendre pour une réédition d’ouvrage d’époque. Il signe une petite merveille, à ranger aux côtés de ses deux ouvrages précédents Spirou sous le manteau et A tous les coups, c’est Spirou !, et entre les albums de Rob-Vel et ceux de Jijé.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Le petit théâtre de Spirou.

 

Genre : Aventure théâtrale.

 

Textes : Doisy & Moons.

 

Dessins & Couleurs : Al Severin.

 

Éditeur : Dupuis.

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 24,95 €

 

ISBN : 9782800160986

 



Publié le 11/10/2018.


Source : Bd-best


Une entrée dans l’âge de raison.  Ernest et Rebecca 8 – Un jour pas comme les autres.

 

 

            « - Je m’appelle Rebecca. J’ai sept ans… ça y est… Je suis une grande ! Et à la fin de cette journée, je le serai encore plus… J’aurai sept ans et un jour, ah, ah, ah ! »

 

 

 

 

 

 

Rebecca a sept ans. Désormais, elle veut se débrouiller toute seule. Maman peut rester tranquille au lit. Mais la réalité va rapidement la rattraper. Ernest est là pour lui faire garder les pieds sur terre. Si certains ne le savent pas encore, Ernest est un microbe. Rebecca l’a attrapé un jour de pluie à la chasse à la grenouille. C’est son meilleur copain et ils ne se quittent pas.

 

 

 

 

 

© Bianco, Dalena - Le Lombard

 

 

            En ce jour pas comme les autres, les deux compères vont trouver un chaton abandonné sur le chemin de l’école. Il appartient au tonton de Clarisse. La jeune fille est en plein désarroi affectif. Rebecca décide d’aller lui chercher un porte-bonheur de la chance. C’est la mission qu’elle se donne et dans laquelle elle va entraîner son ami Ernest. Mais tout ne pas se passer comme prévu…

 

            Guillaume écrit une histoire dans la plus pure tradition de la bande-dessinée franco-belge. Des personnages attachants, de la poésie, de la fantaisie, une pincée de suspens et une bonne dose de sentiments, et même juste ce qu’il faut de modernité et de questions de société modernes : voici la recette adoptée et approuvée.

 

 

 

 

© Bianco, Dalena - Le Lombard

 

 

 

 

            Antonello Dalena fait des merveilles pour créer un classique de demain. Son graphisme a la particularité d’exagérer les proportions, en particulier pour différencier les adultes des enfants. Les décors sont rares et simplifiés pour laisser toute la place aux acteurs du récit, souvent embarqués dans des joutes verbales, et dont les expressions accentuées en font des comédiens de premier plan.

 

            Ernest et Rebecca est une série merveilleuse. Elle fait regretter que le Lombard, depuis l’arrêt de Hello Bédé, n’ait plus d’organe de presse comme Spirou chez Dupuis. Quelques épisodes ont été prépubliés dans le magazine de Marcinelle, mais la rédaction a décidé d’arrêter d’intégrer des séries autres que celles de chez Dupuis par manque de place dans leur hebdomadaire.

 

 

 

 

 

© Bianco, Dalena - Le Lombard

 

 

Cet épisode est la première partie d’un récit qui laisse l’un des héros en bien mauvaise posture. Vivement le tome 9 : Opération E.R.N.E.S.T. Ernest et Rebecca est la série qui donne envie d’avoir un gros rhume.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ernest et Rebecca.

 

Tome : 8 – Un jour pas comme les autres.

 

Genre : Humour microbien.

 

Scénario : Bianco.

 

Dessins & Couleurs : Dalena.

 

Éditeur : Le Lombard.

 

Nombre de pages : 48.

 

Prix : 10,95 €.

 

ISBN : 9782803670284

 



Publié le 11/10/2018.


Source : Bd-best


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