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Spirou, héros sans frontière, explose le mur de Berlin sous les coups de dynamite de Flix

Si Dupuis a mis un coup d’arrêt pour quelques mois à la série classique des Spirou ainsi qu’aux Spirou vu par… si ce n’est ceux de Bravo (le deuxième vient de sortir, on revient vous en parler), l’éditeur de Marcinelle n’en oublie pas pour autant son groom, proposant des parutions différentes. Celles d’Al Severin, par exemple, mais aussi par-delà les limites géographiques. Sorti en Allemagne plus tôt dans l’année, le Spirou à Berlin de Flix trouve une traduction française (initialement prévue en 2021) et témoigne de tout son amour et de sa connaissance à un Spirou qui a traversé les âges et les arts. Les frontières aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Flix

 

Résumé de l’éditeur : En 1989, à Bruxelles, il faut croire qu’il ne se passe pas assez de choses pour remplir les Unes. En tout cas, Fantasio est incapable de trouver « LE » scoop dont son rédac-chef a désespérément besoin. Alors quand il apprend que le comte de Champignac est invité à un congrès de mycologie se déroulant à Berlin- Est, il le prend comme une merveilleuse opportunité de raconter le rapprochement des peuples. Mais le comte ne le voit pas de cet oeil et refuse tout net d’y participer. Après avoir ruminé quelque temps sa déception, Fantasio décide de retourner convaincre ce scientifique aussi génial que buté… qui semble avoir disparu en plein milieu de la nuit. Spirou et son compère comprennent rapidement qu’il a été embarqué malgré lui en RDA et vont se mettre sur sa piste. Mais traverser la frontière la plus protégée d’Europe ne va pas être facile.

 

 

 

 

© Flix chez Dupuis

 

Ne croyez pas les aigris qui croient détenir le savoir absolu et le meilleur des goûts en termes d’histoire de la Bande Dessinée. Parce que depuis que cet album a été annoncé, il n’a eu de cesse d’être démonté par quelques-uns qui, sans savoir ce qu’il contenait, jugeaient que Spirou ne méritait pas ça. C’est dommage de s’arrêter à une première impression, parce que – et c’est vrai – un trait ne peut pas séduire tout le monde. Mais Spirou a suffisamment prouvé qu’il pouvait s’adapter, ne fut-ce que dans la série classique et encore plus dans la série Vu par, à la vision de créateurs évoluant dans des styles diversifiés.

 

 

 

 

© Flix chez Carlsen

 

 

 

© Flix chez Dupuis

 

Et le Spirou de Flix constitue une vraie jolie surprise, loin de l’album commercial et sans substance que d’aucuns ont annoncé. Car, si par ici on ne connaît pas vraiment cet auteur qui a beaucoup de bouteille dans le paysage des arts graphiques allemands, Flix, lui, connaît bien Spirou. Et ça ne semble pas dater d’hier. Dans cette histoire qui ramène Spirou UND Fantasio UND Spip aux derniers balbutiements d’une guerre froide encore bien installée – la preuve, il neige sur Berlin-Est -, Flix appelle en effet à tout ce qu’on aime, et ce qu’on a aimé. Franquin en premier.

 

 

 

 

© Flix chez Dupuis

 

C’est vrai, le trait, très expressif et remaniant les personnages à sa guise, de Flix n’est pas franchement celui auquel nous avons été habitués sur cette série. Comme quand plongé dans le noir, vos yeux doivent s’habituer avant d’apprécier. Il faut quelques cases, un homme-mystère qui apporte quelques diamants qui pourraient encore changer le cours de l’Histoire, comme dans un mauvais James Bond, caricatural, comme dans un excellent Spirou. De diamants en champignons, il n’y a d’ailleurs qu’un pas, un vaste mur tout de même, pour arriver à Champignac. Où un célèbre Comte reçoit une invitation pour le premier congrès international de mycologie… qu’il refuse. Mais de gré… ou de force, il y ira. Spirou et Fantasio, en manque de reportage sensas’, aussi.

 

 

 

 

© Flix

 

Commence alors une aventure en territoire ennemi et rocambolesque, semé de gags et de références politico-humoristique (une planche pour rappeler l’histoire de la création de la RDA mi-sérieuse mi-hilarante) ou simplement gratuites mais qui font mouche, de quoi combler le décor et l’enrichir. Puis, il y a les engins de Zorglub (pas là, mais tellement là), ce retour à l’habit et au calot de groom, puis l’évocation de Noé.

 

 

 

 

© Flix chez Carlsen

 

Dans la même veine spirituelle que l’album de Frank Pé, mais avec les idées de la fin des années 80, Flix livre un album pétaradant. On a cru son trait limité en début d’album, nous étions loin du conte, pas si loin du Comte. Fait pour l’action, l’auteur allemand transforme Spirou en cours de récréation remplie d’idées visuelles (le strip de l’ascenseur) et d’un découpage cinéma fou.

 

 

 

 

© Flix chez Dupuis

 

Un excellent cru que cette arrivée de Spirou en Allemagne, et puis chez nous, par l’intermédiaire de l’éditeur Carlsen. Et l’envie que ce soit un début de longue carrière, en français dans le texte, pour Flix.


 

 

Alexis Seny

 

Série : Spirou à Berlin

Hors-série

Scénario, dessin et couleurs : Flix

Genre: Aventure, Espionnage, Humour

Éditeur VF: Dupuis

Éditeur VO : Carlsen

Nbre de pages: 64

Prix: 14,50€



Publié le 30/10/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4255 -  30 Octobre 2019

 

 

 

Marmitage spécial Halloween : Faites le plein de vitamines !

 

 

 


 

            Passons à l’orange ! Heureusement qu’il reste encore Spirou pour fêter Halloween. Alors que la fête a quasiment disparu des commerces, on ne va pas se priver de la célébrer. Comme chaque année, Spirou met les petits plats dans les grands en proposant des gags thématiques de certaines séries (Dad, Nelson, Kahl & Pörth,…) et invite des guests (Dab’s, Perrault, Cerq,…). La couv’de Midam vaut son pesant de citrouilles.

 

            En bonus abonnés, Fabien Toulmé nous fait découvrir le Brésil dans un carnet de voyage.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Toulmé - Dupuis 

 

 

Histoires à suivre :

 

Harmony : Dies irae

Jérôme K.Jérôme Bloche : Contrefaçons

Spirou chez les Soviets

Tif et Tondu : Mais où est Kiki ?

Tuniques Bleues (Les) : La bataille du cratère

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Cartoon : Mes potes iront (Cerq & Clémence) (La pause-cartoon)

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Halloween : Fabrique ton déguisement toi-même ! (Perrault & Cerq)

Halloween : Un épouvantail sans savoir-vivre (Dab’s)

Kahl et Pörth

Nelson

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

Witches Tales ! (Bianco)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Midam

En direct du futur : Super Groom

Jeux : Il faut sauver la princesse (Priou et Ben BK)

Leçon de BD (La) : Jouvray

Oncle Pop (L’) : Halloween

Spirou et moi : Dairin

 

 

Supplément abonnés :

Les carnets de voyage Spirou : Fabien Toulmé au Brésil

 

 

En kiosques et librairies le 30 octobre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 29/10/2019.


Source : Bd-best


Un petit manga auto-édité qui a tout d’un grand.  Red Flower Stories

 

 

« - Ce soir, notre peuple célèbre l’arrivée du printemps dans l’ombre de Ilgwe, notre père vénéré… Vous pratiquerez le Katafali pour montrer à tous que vous avez compris notre doctrine la plus fondamentale, que vous êtes dignes de devenir adulte, et d’obtenir le privilège d’adorner vos cheveux avec des perles. Ceux qui souhaitent intégrer la garde du roi et consacrer leur vie au Katafali devront particulièrement se démarquer. »

 

 

 

 

 

Une histoire au plus profond de la jungle… Un jeune homme fait sa quête initiatique et souhaite entrer dans la cour des grands, celle des gardes du roi. Jeune chien fou présomptueux, il devra apprendre à se canaliser et à se contrôler pour mériter ce privilège. Il s’appelle Kéli. Il fait partie du peuple de Bao’re. Il est jeune, il est beau, la vie lui tend les bras. Saura-t-il les saisir ?

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Red Flower Stories nous amène sur les traces du peuple Bao’Re à travers trois histoires : Katafali raconte le combat de Kéli pour faire partie de la garde du roi. Elle permet à Loui de montrer ses compétences en traitement des combats, l’un des poncifs du manga. Fourmis rouges et gorilles montre l’attaque du village par un gorille blanc. C’est une histoire qui démontre que la malice peut vaincre la force. Loui y met en scène un puissant primate qui fait trembler les planches, au sens propre comme au sens figuré. Enfin, si Les histoires de grand-mère, le troisième récit, ne vous arrache pas une larme, c’est que vous n’en avez pas compris les tenants et les aboutissants de ce passage de témoin entre une grand-mère et sa petite fille. C’est un hommage vibrant aux histoires qui ont fait de nous tous des lecteurs ou des raconteurs. Loui y prouve l’amour qu’il a de son métier. Touchant.

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Pour un manga auto-édité, Red Flower Stories fait montre d’un professionnalisme à faire pâlir de jalousie bien des productions éditées dans de grandes maisons. Le graphisme abouti de Loui peut rivaliser avec plus d’un mangaka. Qui plus est, le garçon sait raconter des histoires et il le fait avec passion. En un seul volume, il expose trois types de récits dans un même univers mais tout à fait différents.

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Seule preuve du côté « amateur », quelques toutes petites fautes d’orthographe ou de syntaxe subsistent. Mais on peut aussi en trouver chez les pros. Pour le reste, même la facture, la maquette et la qualité d’impression du livre sont parfaites.

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

L’intro et l’outro du manga sont présentés par un sorcier, personnification d’Anansi, personnage célèbre dans la culture ouest-africaine, griot qui nous promet encore et encore des histoires. La jungle luxuriante dans laquelle se situe l’action est matière à bon nombre de rebondissements. Oui, oui, oui, on en veut encore. Parions que ces aventures paraîtront un jour ou l’autre chez un grand éditeur. Mais le prix de l’indépendance n’est-il pas aussi celui de la liberté ?

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Même si c’est symbolique, nous décernons à Loui le Prix BD-Best d’Or Avenir 2019. C’est sa mère qui va être contente. (Seuls comprendrons ceux qui ont rencontré l’auteur en dédicace)

 

 

 

 

© Loui - Loui

 

 

Vous pouvez vous procurer l'album en contactant l'auteur sur sa page facebook : https://www.facebook.com/justlouiart/ ou en envoyant un mail à : justlouicomics@gmail.com.

 

Ce n'est pas un hasard si le financement de l'album sur Ulule a atteint les 296 % ! Red Flower Stories est une des bonnes surprises de l’année, comme une pépite qu’un orpailleur déniche dans un endroit où il ne pensait rien trouver.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Red Flower Stories

 

Genre : Contes exotiques

 

Scénario & Dessins : Loui

 

Éditeur : Loui

 

Nombre de pages : 100

 

Prix : 7 €

 

ISBN : 9782956972600

 



Publié le 29/10/2019.


Source : Bd-best


Un western dans la Der des Der.  La ballade du soldat Odawaa

 

 

«  - Mon Colonel, le Capitaine Ernest Keating, du premier bataillon d’infanterie canadien est là.

- Faites entrer Berthier et laissez-nous. Asseyez-vous, Capitaine. Je suis le Colonel Desjoyaux. Vous parlez français, je présume ?

- Oui, mon Colonel.

- Capitaine, je dois vous faire part d’une situation préoccupante… Depuis plusieurs semaines, un groupe de pillards allemands multiplie les exactions entre les lignes… Tout y passe : population civile, églises… C’est intolérable ! Ces criminels et leur chef, le commandant Von Schaffner, se trouvent actuellement sur votre zone… Le remède doit être radical ! On m’a dit que vous aviez sous vos ordre des scouts indiens extrêmement efficaces…

- Euh… Ce sont des soldats à part entière, Colonel.

- Bien sûr, et qu’en est-il de votre héros ? Celui qui a abattu une centaine de cibles en deux mois ?... Tomahawk, là…

- La Caporal Odawaa, surnommé « Matricule Tomahawk », rapport à ses origines Cree… Mais sa mère est française ! »

 

 

 

 

 

 

 

Février 1915, la France est enlisée dans un conflit mondial dont aucune lueur d’espoir de sortie ne pointe à l’horizon. Epuisés, les poilus sont des rats de tranchées aux destins brisés. Le salut vient de l’autre côté de l’Atlantique : des soldats canadiens traversent l’Océan pour prêter main forte à la Triple Entente. Parmi eux, se trouvent des tireurs d’élite amérindiens, dont le matricule Tomahawk, le soldat Odawaa, qui va mettre à mal la défense ennemie et un groupe de pillards allemands qui commet des actes barbares dans les villages.

 

 

 

 

© Rossi, Apikian - Casterman

 

 

Pour son premier scénario, Cédric Apikian déniche une partie méconnue de l’histoire de la Première Guerre Mondiale. Il s’appuie sur des événements réels pour raconter une fiction âpre. Des héros de la Der des Der lui ont servi de modèle. Francis Pegahmagabow, soldat amérindien canadien, fut le tireur d’élite le plus efficace du conflit, comptant à son tableau de chasse pas loin de quatre cents victimes allemandes. Il rentrera vivant de la guerre. Henry Louis Norwest était un tireur d’élite spécialisé dans l’art du camouflage. Il sera abattu dans la Somme par un soldat ennemi. Ces snipers exceptionnels ont servi dans les rangs Alliés. Apikian s’est appuyé sur leurs parcours et synthétise leurs particularités pour construire le personnage du soldat Odawaa.

 

 

 

 

© Rossi, Apikian - Casterman

 

 

Pour son premier scénario, Cédric Apikian se paye le luxe de s’offrir Christian Rossi au dessin. Le dessinateur de Jim Cutlass, de WEST et de Deadline adapte son savoir-faire sur le western à la Première Guerre Mondiale. Cette ballade est un western des tranchées, avec toute la cruauté des combats.  Le trait de Rossi y est plus rude et plus fumeux, comme pour mieux s’adapter au brouillard des champs de bataille. La boue et l’humidité donnent des frissons à travers les cases. Acte manqué ou hommage avéré, le Capitaine Keating ressemble étrangement au Colonel Francis Blake.

 

 

 

 

© Rossi, Apikian - Casterman

 

 

Les auteurs ont choisi de laisser Odawaa dans l’ombre. Lorsque Keating lui donne des ordres, il semble parler à des arbres. Planqué sous un casque de plumes, le militaire reste mystérieux. Lors de ses déchainements de violence, la focale reste sur les armes et sur les cadavres, sauf lors d’un final ingénieux qui remet en question toute l’histoire, mais pas l’Histoire.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : La ballade du soldat Odawaa

 

Genre : Histoire

 

Scénario : Apikian

 

Dessins & Couleurs : Rossi

 

Éditeur : Casterman

 

Parution : 30 octobre

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9782203172227

 



Publié le 25/10/2019.


Source : Bd-best


« On ne tourmente pas indéfiniment Cthulhu sans avoir un tribut à payer... »  Une année sans Cthulhu

 

 

 

« - L’appel de Cthulhu rend fou… C’est l’essence même du jeu. Mon rôle est de pousser mes amis vers des secrets inhumains qui leur réservent d’horribles surprises... »

 

 

 

 

 

 

                 Dans la campagne du Lot, début des années 80, des adolescents jouent à « L’appel de Cthulhu », jeu de rôle dérivé d’une nouvelle fantastique de Lovecraft publiée en 1928. Mais lorsque l’on s’immerge dans un monde parallèle où les démons font partie d’une certaine réalité, le retour de bâton peut s’avérer surprenant. Dans le village, une famille est massacrée. Les cartes du jeu sont redistribuées. Quels sont les rapports entre les jeunes rôlistes, la tuerie et le jeu auquel ils s’adonnent ?

 

 

 

 

© Clérisse, Smolderen - Dargaud

 

 

Après Souvenirs de l’empire de l’atome et L’été Diabolik, le duo Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen se reforme.

 

Truffé de références aux années 80, à la manière de Stranger Things, le scénario de Smolderen multiplie les clins d’œil :  Lovecraft évidemment, Donjons et Dragons, Carrie de Stephen King, adapté au cinéma sous le titre Carrie au bal du diable par Brian de Palma en 1976, Tron, et surtout Qix, jeu d’Arcade sorti en 1981, ainsi que bien d’autres... On pense aussi évidemment à l’assassinat de Sharon Tate, par Charles Manson, fait divers sanglant qui a bouleversé l’Amérique au début des années 70. Les personnages sont bien construits avec chacun sa personnalité et sa part de mystère, que ce soit Dani et sa passion pour les balbutiements de la programmation sur PC, Mélusine, au non-innocent prénom de sorcière, ou encore Oriane et son œil de verre.

 

 

 

 

© Clérisse, Smolderen - Dargaud

 

 

Après l’impeccable Eté Diabolik, le coup n’est pas transformé. Alors que l’Eté racontait une histoire passionnante et haletante, énigmatique à souhait, Une année sans Cthulhu pédale parfois dans la semoule. Le récit est très long à démarrer, avec une première moitié poussive, heureusement sauvée par une deuxième partie beaucoup plus structurée et fascinante.

 

Le dessin d’Alexandre Clérisse lui aussi sauve la mise avec des décors et des couleurs époustouflants. Les images d’Arcade sont elles aussi reproduites avec classe, hommage et talent. Qui mieux que Clérisse aurait pu réaliser ces séquences particulières ? Le passage en mobylette dans lequel les personnages sont pixélisés sent bon l’Amstrad 464 ou l’Atari 520 ST.

 

 

 

 

© Clérisse, Smolderen - Dargaud

 

 

Au-delà du simple polar, Une année sans Cthulhu est une histoire sur le double thème de la force du psychisme et des intelligences artificielles. La machine nous rappellera lorsque ce sera à notre tour de jouer !

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Une année sans Cthulhu

 

Genre : Thriller fantastique

 

Dessins & Couleurs : Clérisse

 

Scénario : Smolderen

 

Éditeur : Dargaud

 

Nombre de pages : 176

 

Prix : 21 €

 

ISBN : 9782205077445

 



Publié le 24/10/2019.


Source : Bd-best


À l’aube du soulèvement des machines et bien avant Dark Fate, Skynet essaie toujours de réduire la résistance humaine à zéro, mais Sarah et John ne seront pas seuls dans leur combat semblant perdu d’avance

À renvoyer toujours les T800 dans le passé, on a l’impression de vivre toujours la même histoire. Y compris quand on s’avance en Sector War.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé de l’éditeur : 1984. Lucy a rendez-vous avec le futur… Deux Terminator ont été envoyés en 1984, l’un pour tuer Sarah Connor, l’autre pour éliminer Lucy Castro, femme flic dans le pire quartier de New York. Isolée et incapable d’appeler des renforts, Lucy doit survivre aux attaques du T800 pour accomplir son destin.

 

 

 

 

Dans une banlieue New Yorkaise en 1984, débarque un T800. Sa mission? Éliminer la future descendance de Lucy Castro. Tombant nez à nez avec cette machine, la jeune femme apprend alors qu’elle est enceinte et qu’elle donnera naissance à un membre important de la résistance humaine. Luttant pour sa vie et pour celle de son enfant, elle va devoir trouver un refuge mais surtout une importante puissance de feu pour venir à bout de ce monstre de métal. Skynet parviendra-t-il à ses fins? Qui va venir en aide à une fliquette perdue dans les bas fonds de la Big Apple?

 

 

 

 

On doit ce comics à Brian Wood et Jeff Stokely. Brian Wood a commencé sa carrière dans les jeux vidéo comme graphiste avant devenir un scénariste en vue et que tout le monde s’arrache. Pour preuve Vestron lui dédie purement et simplement une collection. Avec Aliens, Robocop et, forcément, Terminator. Rien que ça. Le dessin, lui, est réalisé par Jeff Stokely, on lui doit entre autre « Six-Gun Gorilla » et « The Spire ».

 

 

 

 

Il n’y a aucun effet de surprise, ici. On prend plus ou moins les mêmes et recommence. Le seul point fort du scénario est d’apprendre que les Terminator n’avaient peut être pas qu’une seule cible en 1984. Pour le reste, c’est un peu pauvre. En effet, à part le changement d’objectif du T800, c’est à dire Lucy, il n’y a rien d’autre. La mythique scène de fusillade du commissariat est remplacée par une tuerie dans un immeuble. Notre implacable machine prend un camion poubelle, qui « une fois passé les 50km/h fait autant de ravage qu’un tank », heu… bref rien ne sort de l’ordinaire. Si vous voulez revivre le même scénario que le premier film, vous serez satisfait. Par contre, si comme moi, vous vous attendiez à un approfondissement du scénario et bien vous serez déçu. Il y avait, il me semble beaucoup mieux à faire avec cette licence.

 

 

 

 

Ce qu’il faut retenir le plus, c’ est la qualité graphique de l’album. Jeff Stokely a réussi à faire ressortir son art malgré un scénario insipide. Le découpage des planches mets beaucoup de dynamisme dans l’histoire. Les scènes d’action qui font la réussite de l’oeuvre cinématographique sont très nombreuses et de bonne qualité. Il y a une réelle sensation de vitesse lors des poursuites en voiture. Je peux aussi vous dire que sur le point des séquences de tir, le lecteur n’est pas en reste non plus. Les visages sont assez bien définis même si, sur certains personnages secondaires, les traits sont succincts. J’aurais aimé pour ma part retrouver un peu plus de Schwartzi plutôt que du Solomon Grundy pour le T800, mais il était peut être préférable de s’éloigner de l’acteur d’origine. Les décors sont riches et bien détaillés.

 

 

 

 

Le comics n’est pas des plus original mais pour son aspect esthétique, il mérite de trôner dans notre bibliothèque. Par contre, vous n’apprendrez pas grand-choses sur « l’Histoire » de la saga. La lecture sur son ensemble est agréable mais est assez courte, quelques dizaines de minutes vous permettront d’en venir à bout. J’ai eu un sentiment de trop peu. L’impression est irréprochable et la galerie bonus en fin de comics en ravira plus d’un. Les Edition Vestron ont réalisé un travail soigné.

 

David Binamé

 

 

 

 

 

 

Titre: Terminator Sector War

Scénario: Brian Wood

Dessin: Jeff Stokely

Traduction: Arnaud Takahashi

Genre: Comics/ Science Fiction

Éditeur: Vestron

Nbre de pages: 80

Prix: 14,95€



Publié le 22/10/2019.


Source : Bd-best


Entretien avec Jean-Michel Billioud, scénariste de

 

 

 

«Faut-il aborder la question de la sexualité, et notamment les différentes orientations sexuelles, dès l'école primaire ? » La demande est revenue sur la table ce mercredi 16 octobre 2019 dans le cadre des nouveaux référentiels du cours d’éducation et santé. De plus, la nouvelle ministre francophone de l’Enseignement y est favorable. 

 

 

 

 

À la vue de cette question, je ne peux que vous conseiller la lecture de la bande dessinée "Je suis qui ? Je suis quoi ?" éditée au Éditions Casterman. C’est aussi l’occasion de partager avec vous l’entretien que j’ai eu avec Jean-Michel Billioud, scénariste de cette bande dessinée.

 

Qui a eu l’idée de créer ce livre et comment cela s’est-il déroulé ?


À l’origine, l’idée a été proposée par Sophie Nanteuil. Un jour où elle est allée rechercher son fils à l’école primaire, elle a eu une conversation avec l’enseignante. Cette dernière lui a confié « Je suis embêtée, j’ai dans ma classe un petit garçon qui m’a avoué être amoureux d’un autre petit garçon et je ne vois pas vraiment comment l’aider dans une telle situation ». Au début de l’aventure, nous ne nous imaginions pas qu’elle allait être aussi bouleversante et captivante. Nous avons fait appel aux témoignages de nombreuses personnes selon leurs différentes orientations sexuelles. Nous voulions faire de cette thématique un livre collectif abordable par le grand public, mais aussi répondre aux questions des plus jeunes, enfants et adolescents.

 

 

 

 

©  Jean-Michel Billioud – Sophie Nanteuil – Zelda Zong – Terkel Risbjerk -Casterman

 


 

À partir de quel âge, peut-on considérer que le livre est abordable ?


Pour moi, à partir de 11 ans.  J’ai moi-même vécu une scolarité qui a duré une douzaine d’années et jamais les sujets traités dans ce livre n’ont fait surface durant ma scolarité. Pourtant, je suis certain qu’ils étaient déjà présents à mon époque, mais sont restés cachés chez mes camarades car considérés comme difficiles et intimes, donc tabous. 

 

Qui est à l’origine du tableau permettant à chacun de se situer ? 

 

C’est aussi l’idée de Sophie Nanteuil. Ce tableau est essentiel, car sans vouloir classifier les individus, il permet à chacun de se « situer » dans la catégorie qui lui convient le mieux. Certains lecteurs vont même en découvrir des nouvelles. Nous avons obtenu des témoignages pour chaque catégorie présentée, c’est  l’une des forces de ce livre. Aussi, on en profite pour tordre aussi le cou à beaucoup d’idées préconçues véhiculées par les médias (Exemple : non, tous les gays ne sont pas efféminés). On y aborde aussi le sujet essentiel instaurant la construction d’une relation entre individus : l’explication du consentement. Nous avons aussi beaucoup travaillé en collaborations avec les responsables de diverses associations présentes aux côtés des personnes en difficultés. En fin d’ouvrage, l’ensemble de coordonnées de celles-ci sont présentes.  

 

 

 

 

 

©  Jean-Michel Billioud – Sophie Nanteuil – Zelda Zong – Terkel Risbjerk -Casterman

 


 

Quels ont été les premières réactions lors de la sortie du livre ?

Il vient de de sortir, c’est  donc encore un peu tôt pour se faire une idée mais les premières réactions sont positives. Le livre a été présenté en avant-première à de nombreux responsables de bibliothèque et médiathèque qui l’ont immédiatement mis en avant.

 

 

 

 

©  Jean-Michel Billioud – Sophie Nanteuil – Zelda Zong – Terkel Risbjerk -Casterman

 

 

Votre actualité coïncide aussi avec la sortie d’un autre livre intitulé « Les combattants ». Dans cet ouvrage, vous présentez le combat de trente personnalités diverses ayant pour but d’améliorer le quotidien des hommes. Comment avez-vous procédé pour sélectionner ces diverses personnalités ?

Au départ, nous avons porté notre choix sur des personnages qui nous ont fascinés. Ensuite d’autres, moins connus du grand public, se sont ajoutés. Chaque personnalité est évoquée sur quatre pages comprenant une description de leur combat à leur époque, une mini bande dessinée et un regard sur la situation actuelle de leur action menée.  

 

 

 

 

 

©  Jean-Michel Billioud – Nicolas André  -Casterman

 

 

 

Avez-vous un regret par rapport à une personne « oubliée » qui aurait pu figurer parmi la sélection ?

Oui, on aurait dû y intégrer le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, qui a soigné des milliers de victimes de violences sexuelles des guerres oubliées dans l’est de la République démocratique du Congo.

 

 

 

 


 

On y trouve Ernesto Che Guevara, pourquoi ce choix ?

Vis-à-vis de son combat pour la liberté des peuples sud-américains contre l’impérialisme américain.

 

 

 

 

 


Quid du combat de Greta Thunberg ?


Elle est encore fort jeune, vient d’apparaître sur l'échiquier mondial ! Où sera-t-elle dans trois ans ?

 

C’est la première fois que vous collaborez avec les Éditions Casterman, d’autres projets sont-ils prévus ? 

Oui, mais c'est encore trop tôt pour en parler. 

 

Quelques mots pour défendre « Les combattants » ?

Nous avons voulu réaliser un livre didactique multi-générationnel. Avec cette série de portraits (15 hommes et 15 femmes), nous parlons de l’engagement de ces personnalités dans leurs combats individuels afin de tenter d’améliorer notre vie actuelle.

 

 

 

 

 

©  Jean-Michel Billioud – Nicolas André  -Casterman

 


 

Propos recueillis par Haubruge Alain



Publié le 22/10/2019.


Source : Bd-best


Le monde est divisé en deux catégories. Eux, ils creusent !  Les Tuniques Bleues 63– La bataille du cratère

 

« - Permettez-moi de vous présenter le lieutenant-colonel Henry Peasants.

- A vos ordres !

- Alors, cette idée ?... Qu’est-ce que vous attendez ?... Que je me mette à vos genoux ?

- Patience, Ulysses ! Laissez-lui le temps de s’expliquer !

- Allez-y ! Je vous écoute !

- Pour moi, la meilleure solution serait de creuser un tunnel !

- Un tunnel ?! »

 

 

 

 

 

 

George Meade et Ulysses Grant, généraux de l’armée yankee, sont dans l’impasse. Les confédérés tiennent la ville de Petersburg. La situation croupie. Il faut dire que les deux divisions assiégeant la ville sont, pour l’une composée de blancs sous les ordres d’un alcoolique, pour l’autre composée de noirs sous les ordres d’un commandant autoritaire. Ce n’est pas Blutch et Chesterfield, envoyés en renfort par le général Alexander, qui vont pouvoir améliorer la situation. C’est sans compter l’idée de génie du lieutenant-colonel Henry Peasants : construire une galerie de cent à deux cents mètres pour atteindre les positions des confédérés.  Et qui c’est-y qui va creuser ? On vous le donne en mille !

 

 

 

 

© Lambil, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

Pour ce soixante-troisième épisode, c’est la couverture qui pêche un poil. Blutch et Chesterfield sont censés ramper dans un tunnel sous un chant de bataille. L’effet escompté n’est pas au rendez-vous, malgré qu’elle soit en partie sauvée par les couleurs belliqueuses de Leonardo. Dommage. Mais cela n’enlève rien au travail de qualité des deux auteurs.

 

 

 

 

© Lambil, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

Avant dernier tour de piste pour le scénariste moustachu le plus célèbre du monde. En sachant cela, la lecture de ce pénultième album des Tuniques Bleues signé Raoul Cauvin a une saveur particulière. On le sent comme la maman de Bambi qui prépare son petit pour qu’il puisse partir et évoluer, voler de ses propres ailes. Encore une fois, l’anecdote de la confection de ce tunnel est authentique. Il en reste apparemment encore un paquet à exploiter.

 

 

 

 

© Lambil, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

Il n’y a jamais eu d’adaptation au cinéma ou à la télévision des Tuniques Bleues. En live, les charges de cavalerie auraient été un gouffre financier. En dessin animé, l’idée n’est apparemment jamais venue sur la table, tout du moins de manière concrète. Lambil aurait même bien aimé que Pierre Tornade soit la voix de Chesterfield et Guy Piérauld celle de Blutch. Pour les voix, c’est fichu, mais pour le reste les portes restent ouvertes.

 

 

 

 

© Lambil, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

On ne sait pas encore si Willy Lambil poursuivra l’aventure au-delà du soixante-quatrième album, après le départ de Raoul Cauvin. Le dessinateur a encore de la ressource pour continuer et il suffit d’ouvrir l’album des histoires courtes des Tuniques Bleues par divers auteurs pour lui trouver un scénariste. Quelqu’un comme Thierry Gloris, qui sait parfaitement allier aventure et humour et qui a une formation d’historien, ferait parfaitement l’affaire.

 

 

 

 

© Lambil, Cauvin, Leonardo - Dupuis

 

 

L'album sort sous deux versions : la classique, ainsi qu'en collector grand format en noir et blanc.

 

 

 

© Lambil, Cauvin - Dupuis

 

 

Il reste encore un album à venir du duo Cauvin-Lambil. On peut déjà vous jurer que celui-là, on va le déguster.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les Tuniques Bleues

 

Tome : 63– La bataille du cratère

 

Genre : Aventure/Histoire/Humour

 

Scénario : Cauvin

 

Dessins : Lambil

 

Couleurs : Leonardo

 

Éditeur : Dupuis

 

Parution : 25 octobre

 

Nombre de pages : 46

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9791034736331

 



Publié le 21/10/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4254 -  23 Octobre 2019

 

 

 

Spécial histoires de papas ! : Dad de père en fils

 

 

 

 


 

            Où t’es, papa, où t’es ? Où t’es, papa, où t’es ? Dans Spirou, mon p’tit gars ! Ce Spirou spécial Dad rend hommage aux papas. A celui du seul et unique Dad de Nob, tout d’abord, le pantouflard papy (presque) parfait. A ceux de trois auteurs ensuite : Alfred, Jérôme Jouvray et Arthur de Pins, chacun dans une planche émouvante et drôle à la fois, tout le savoir-faire de chez Spirou.

 

            Objectif Terre est de retour avec un gag instructif de Féroumont et une planche didactique de Tofépi . Que sont les ammonites ? Vous le saurez dans ce numéro

 

            En bonus abonnés, une fiche recette de Dad va vous mettre aux fourneaux.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

© Nob - Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Harmony : Dies irae

Jérôme K.Jérôme Bloche : Contrefaçons

Spirou chez les Soviets

Tif et Tondu : Mais où est Kiki ?

Tuniques Bleues (Les) : La bataille du cratère

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Femmes en blanc (Les)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Macadam Valley  (La pause-cartoon)

Manuel du papy (presque) parfait

Mon Dad (Alfred)

Mon Dad (Jouvray)

Mon Dad (De Pins)

Nelson

Objectif Terre : Des nouvelles de Tofépi (Tofépi)

Objectif Terre : Objectif ver (Féroumont)

Petit Spirou (Le)

Spoirou & Fantasperge

Tash et Trash  (La pause-cartoon)

Willy Woob

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Reynès

En direct du futur : Noël à New-York

Interview : Nob

Leçon de BD (La) : Jouvray

 

 

Supplément abonnés :

Fiche recette : La cuisine de Dad

 

 

En kiosques et librairies le 23 octobre 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 20/10/2019.


Source : Bd-best


Tout n’est pas perdu quand il reste l’imagination.  L’ours est un écrivain comme les autres

 

« - J’ai cru comprendre qu’Arthur Bramhall s’était fait bâtir un nouveau chalet avec l’argent qu’il a touché de l’assurance… Vous le saviez ?

- En effet ! Il y réécrit son roman.

- Sacré Bramhall, rien ne l’arrête.

- Le perte de son manuscrit dans l’incendie, c’était affreux.

- Affreux oui, quel sale coup pour un type qui a tendance à broyer du noir. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Arthur Bramhall n’a pas fini de broyer du noir. Après avoir perdu un manuscrit dans l’incendie de son chalet, l’auteur trouve la force de se remettre à l’écriture. Ne comptant pas se faire avoir deux fois, alors qu’il vient de finir son nouveau tapuscrit, il décide de le cacher dans une valise au pied d’un grand épicéa et d’aller fêter ça en ville. De retour sur place, il n’a plus qu’à constater le drame. La mallette a disparu, subtilisée par un ours affamé. « Désir et destinée » - c’est le titre du roman - pourrait lui rapporter un bon paquet de pots de miel. Pendant que Bramhall va se morfondre dans sa forêt du Maine, l’ours va gagner New-York. A lui la ville, les médias, les paillettes et tout ce qui va avec.

 

 

 

 

© Kokor - Futuropolis

 

 

Loufoque ! Cet album est délicieusement loufoque ! A mi-chemin entre un roman comme Le pingouin d’Andréï Kourkov et un personnage comme Paddington, L’ours est un écrivain comme les autres est un OVNI. Dans une histoire où personne, absolument personne, n’est surpris d’entendre un ours prononcer des mots, le quotidien fait place à l’absurde. Loin d’un grand n’importe quoi, les situations se passent et s’enchaînent avec un naturel déroutant.

 

 

 

 

© Kokor - Futuropolis

 

 

Exprimant au début ses réflexions par des pictogrammes, l’ours acquiert petit à petit du vocabulaire. Dans une scène cocasse, tout au fond d’un wagon de train, il dévore des céréales et trouve le pseudonyme qui fera son succès : Dan Flakes. Il finira même par prononcer des morceaux de phrase. C’est tout un système de vases communicants qui s’opère lorsque l’on observe le devenir d’Arthur Bramhall en parallèle.

 

 

 

 

© Kokor - Futuropolis

 

 

William Kotzwinkle est l’écrivain américain du roman adapté ici par Kokor. L’auteur de la série Walter le chien qui pète a publié cette histoire d’ours en 1996 : The bear went over the mountain.

 

Après Alexandrin ou l’art de faire de vers à pied avec Pascal Rabaté, Kokor s’approprie un roman en l’adaptant librement. Mais là où la littérature peut envelopper une histoire extravagante d’un certain sérieux, une exposition graphique de situations loufoques aurait pu s’avérer périlleuse. Dans une monochromie orange, Kokor rend tout cela plausible, avec des cadrages originaux, osant les découpages éclatés et les focales en cases intégrées. Le dessinateur glisse également un vibrant hommage à Bip-Bip et Vil Coyote, bible de situations humoristiques.

 

On ne peut pas savoir s’il y a un paradis pour les poules pondeuses, mais il y a en tous cas un destin hors du commun pour un ours, écrivain comme les autres : celui d’un album incontournable.

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : L’ours est un écrivain comme les autres

 

Genre : Loufoque

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Kokor

 

D’après : William Kotzwinkle

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 21 €

 

ISBN : 9782754824262

 



Publié le 20/10/2019.


Source : Bd-best


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