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Spirou 4283 -  13 Mai 2020

 

 

Des applaudissements pour Les femmes en blanc

 

 

 

 

 

 

 

            Spirou se met à l’heure des remerciements. Comme le font tous les gens à vingt heures à leurs balcons, notre magazine préféré applaudie le personnel soignant. A cette occasion, une petite interview de Maître Raoul Cauvin permet de découvrir les diagnostic erronés (ou pas) sur son cas. Dans les hauts de marge de l’histoire complète des Femmes en blanc, divers héros du journal les acclament. Bonus track dans la pause-cartoon avec les hommages de Midam, De Pins et Nob.

 

            La première partie du nouveau chapitre de Super-Groom met en scène un personnage qui restera dans les annales de la série : le classieux Fantastik le mirifique, au look emprunté au Fantômas des romans de Souvestre et Allain.

 

            Les abonnés vont continuer à apprendre à devenir des as de la survie grâce à la fiche de Seuls : Le manuel de survie qui montre comment gérer les stocks de survie.

.

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

 

© Gazzotti, Vehlmann, Hamo – Dupuis

 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Créatures : La ville qui ne dort jamais

Frnck : Prisonniers

Mort et déterré : Pas de quartier pour les macchabées 

Spirou : Pacific Palace

Super-Groom : Chapitre 3

 

 

Récits complets :

 

Femmes en blanc (Les) : Quand la police s’en mêle !

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Cartoons de Nob, Midam et De Pins (La pause-cartoon)

Comme des bêtes

Dad

Edito (L’)

Game over

Givrés

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Trondheim

En direct du futur : Kid Toussaint (pour Télémaque)

Interview : Cauvin

Jeux : Panique aux urgences ! (Lerouge)

Spirou et moi : Laurel

 

 

Supplément abonnés :

Seuls : Le manuel de survie : Fiche 3 : Stocks de survie 1

 

 

En kiosques et librairies le 13 mai 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 13/05/2020.


Source : Bd-best


Une lumière dans un camp de la mort.  Les anges d’Auschwitz

« - Il s’agit certainement de vérifications administratives. Tout va bien se passer.

- Dehors. Tout le monde dans la rue ! Je t’ai dit… Dans la rue ! Hors de cette maison ! Tout de suite !

- Il doit y avoir une erreur. Cette maison appartient à notre famille depuis quatre générations…  Si vous le permettez… Je peux vous montrer nos titres de... »

 

 

 

 

 

 

 

                Un coup de feu retentit. Le père de David vient d’être abattu par un soldat allemand. La vie de David ne sera plus jamais la même. S’apprêtant à vivre toute une existence d’amour avec Hannah, le jeune homme va connaître la déportation et l’enfer des camps de concentration. Mais David croît aux anges gardiens. Cette force, celle des rêves et celle des mots, est un atout majeur. Il possède là une arme terrifiante qui terrorise le commandant nazi d’Auschwitz.

 

 

 

 

© Desberg, Van Der Zuiden - Paquet

 

 

                Stephen Desberg s’est enfoncé dans les secrets les plus inavouables de l’humanité. Lors d’une visite d’Auschwitz, les photos de prisonniers regardant leurs morts annoncées l’ont pris à témoin de cet enfer sur terre. Il a imaginé l’histoire d’un de ces hommes, vu sur une de ces photos, faisant de lui un colosse spirituel. Ce héros juif, c’est David. Sa mère lui a appris qu’il existe une prière pour que les anges descendent des nuages et veillent sur eux. Lorsqu’il va parler de ces anges dans le camp et que cela viendra aux oreilles de l’oberstumführer Karsten, le sang de ce dernier ne fera qu’un tour. Il veut savoir qui sont ces anges. Il est persuadé que David parle de personnes physiquement présentes dans le camp. Administré par la haine et l’incompréhension, le militaire entamera avec son prisonnier une guerre psychologique jusqu’à un point de non retour.

 

                Desberg construit son récit en deux parties. Après la déportation et la vie dans le camp, un long épilogue se déroulant plusieurs années après conclue le récit de façon poignante.

 

 

 

 

© Desberg, Van Der Zuiden - Paquet

 

 

                Le dessin ligne claire d’Emilio Van Der Zuiden est de la même famille que celui d’un Javi Rey (Violette Morris). La netteté de son trait contraste avec la crasse du camp de concentration. Cela axe un peu plus le récit, très théâtral, sur les personnages et sur leurs âmes, qu’elles soient lumineuses ou noires. Le duo antagoniste David/Karsten fonctionne sur un principe de Yin et de Yang pernicieux. Van Det Zuiden les utilise comme des marionnettes dont il tire les ficelles pour leur faire jouer leurs rôles respectifs au mieux. Preuve en est le dernier strip de la planche 43 où les ombres exacerbent les personnalités.

 

                Deux mini bémols. Les onomatopées sont parfois mal appropirées. Un tir de pistolet qui fait CRACK, on n’avait jamais entendu ça. Un coup de crosse qui fait SOK, c’est également étonnant. La couverture, bien qu’originale, a le tort de ne pas mettre en avant le duo principal.

 

 

 

 

© Desberg, Van Der Zuiden - Paquet

 

 

                La Seconde Guerre Mondiale est un des sujets de prédilection du neuvième art. On ne peut que saluer la qualité de certaines productions : Maus évidemment, mais aussi Irena, ou encore Si je reviens un jour. Avec Les anges d’Auschwitz, Desberg et Van Der Zuiden contribuent à ce devoir de mémoire avec tous les avantages que peut apporter la bande dessinée.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Les anges d’Auschwitz 

 

Genre : Drame historique

 

Scénario : Stephen Desberg 

 

Dessins : Emilio Van Der Zuiden

 

Couleurs : Fabien Alquier

 

Éditeur : Paquet

 

Nombre de pages : 80 

 

Prix : 17 €

 

ISBN : 9782888909781

 



Publié le 08/05/2020.


Source : Bd-best


Un autre journal d’une femme de chambre.  Bolita

« - Rosmery, Rosmery, c’est ça ?

- Oui, Rosmery Ajata.

- Moi, je m’appelle Erica Wucherpfenning Zwerg. Hé hé, n’aie pas peur, dis-moi juste « Madame ». J’ai besoin de toi huit heures, du lundi au vendredi, comme tu le sais, pour nettoyer, cuisiner deux repas pour deux personnes, laver le linge, repasser, ranger, enfin tout ça… Viens que je te montre un peu. La maison te plaît, Rosmery ?

- Très… Euh, bien entretenue, Madame. Par où je commence ?

- Ton nom m’a été donné par l’Evêque. Il semblerait qu’un curé de ton quartier te recommande chaudement. Tu n’as pas d’antécédents judiciaires. Bon… Je crois que tout est bon. »

 

 

 

 

 

 

 

                Engagée comme bonne à tout faire dans une villa des beaux quartiers de Buenos Aires, Rosmery Ajata, 27 ans, jeune bolivienne issue d’un bidonville argentin, ne se doutait pas qu’elle mettait les pieds chez un « couple » un peu particulier. Erica et Rody sont frères et sœurs mais ils couchent dans la même chambre. Quelques photos exposées sont un peu particulières, comme celles où l’on voit un certain Docteur Mengele. Rosmery va dès lors s’ériger en détective-amatrice. La curiosité est-elle un vilain défaut ? La femme de ménage fera son expérience.

 

 

 

 

© Risso, Trillo – iLatina

 

 

 

                Ultime collaboration entre Eduardo Risso et Carlos Trillo, Bolita raconte un morceau de l’histoire de l’Amérique du Sud, pas le plus glorieux, celui où les nazis ont fui l’Europe pour se dissimuler de l’autre côté de l’Atlantique. Les parents d’Erica et de Rody ont eu des accointances avec Joseph Mengele, tristement célèbre médecin d’Auschwitz qui faisait des expériences génétiques sur les juifs. Bolita, c’est aussi  l’histoire d’une société où il y a encore des castes. Les riches et les pauvres ne se mélangent pas. Bolita est le terme péjoratif utilisé par les argentins pour désigner un bolivien. Rosmery est l’une de ces « petites boules ». Mais on peut être issue de Villa Miseria (bidonville) mais être quand même quelqu’un.

 

 

 

 

© Risso, Trillo – iLatina

 

 

 

                On ne compte pas les partenariats entre Trillo et Risso de peur d’en oublier. De Fulù à Je suis un vampire, de Simon, une aventure américaine, à Point de rupture, en passant par Chicanos ou autre Vidéo noire, les deux auteurs ont des carrières indissociables. Après quelques années de séparation professionnelle, Bolita signait leur retour. Malheureusement, disparu en 2011, Trillo n’en verra jamais la fin dessinée., cette fin qui est justement ouverte, comme si leur collaboration ne devait jamais s’arrêter.

 

                Eduardo Risso a fait honneur à son scénariste fétiche. A l’instar d’un Domingo Mandrafina, Risso est un maître du noir et blanc,avec des contre-jours impressionnants et des cadrages originaux comme cette planche dans laquelle une vue aérienne montre plusieurs pièces de la maisonnette de Bolita et de celle mitoyenne de ses voisins.

 

 

 

 

© Risso, Trillo – iLatina

 

 

 

                Il aura fallu dix ans pour que Bolita puisse bénéficier d’une édition française. A l’heure du net et d’une culturalisation internationale, ça fait beaucoup. Merci aux éditions iLatina de permettre à Carlos Trillo de boucler son œuvre en Europe.    

                A noter qu’il vous est possible de commander d’ores et déjà l’album sur le site de l’éditeur.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Bolita 

 

Genre : Polar 

 

Scénario : Carlos Trillo 

 

Dessins : Eduardo Risso 

 

Traduction : Thomas Dassance 

 

Éditeur : iLatina

 

Nombre de pages : 76

 

Prix :  15 €

 

ISBN : 9782491042059



Publié le 06/05/2020.


Source : Bd-best


Spirou 4282 -  6 Mai 2020

 

 

 

Intrigues au Pacific Palace

 

 

 

 

 

 

            C’est au tour de Christian Durieux de proposer sa version de Spirou. L’auteur sait aussi bien s’adresser aux enfants (Oscar) qu’aux adultes (Des gens honnêtes). Alors, il ne devrait pas avoir de problèmes avec le tout public. Pourtant, il est très rare qu’il ait été auteur complet dessin-scénario-couleur. Ça ne lui est arrivé que deux fois : avec Le pont en 2007, ainsi que le somptueux Un enchantement, en 2011. Durieux remet Spirou au cœur de son métier. Il travaille comme groom. Ce n’est plus au Moustic Hôtel mais au Pacific Palace, et Fantasio exerce la même profession que lui.

 

            L’équilibre des récits complets est encore une fois au rendez-vous, Cédric cotoyant Walter Appleduck.

 

            Les abonnés vont quant à eux coller des autocollants HOME. Les aliens sont sympas. Ne dérangez pas les robots zinzins.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Bourhis, Spiessert – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Créatures : La ville qui ne dort jamais

Frnck : Prisonniers

Mort et déterré : Pas de quartier pour les macchabées 

Spirou : Pacific Palace

 

 

Récits complets :

 

Cédric

Walter Appleduck : Le retour de l’enfant porridge

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Comme des bêtes

Cramés

Dad

Des gens et inversement (Berth) (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game over

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Passe-moi l’ciel

Spoirou & Fantasperge

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Laudec

En direct du futur : Janry (Passe-moi l’ciel !)

Interview : Durieux

Jeux : 4 jours au Pacific Palace (Schmittmy)

Leçon de BD (La) : Baker

Oncle Pop (L’) : Les palaces

 

 

Supplément abonnés :

Autocollants : HOME

 

 

En kiosques et librairies le 6 mai 2020.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 05/05/2020.


Source : Bd-best


Pourquoi y a-t-il encore autant de gamins ? Sacrées sorcières

« - Est-ce que tu m’écoutes attentivement ?

- Oui, Mamie.

- J’espère, mon loulou. Parce que je déteste répéter. Et ce que je vais te dire maintenant est extrêmement important.

- Ok.

- La chose essentielle à savoir à propos des sorcières, c’est que ce ne sont pas des femmes. Mais qu’elles ont l’apparence de n’importe quelle femme. Mais heureusement, pour distinguer une sorcière d’une femme, il y a des signes qui ne trompent pas. Subtils, discrets… Mais moi, je les connais ! Alors ouvre bien tes oreilles. Tu peux tout de suite oublier tes ridicules sorcières de contes de fées. »

 

 

 

 

 

 

 

                Un petit garçon de 8 ans est recueilli par sa grand-mère à la mort de ses parents. La vieille dame, sorciérologue, lui apprend à se méfier de cette engeance peu recommandable. Lors d’un séjour dans un hôtel-casino sur une côte de l’Angleterre, l’enfant va se trouver confronté à une horde de sorcières qui manigancent un complot international.

 

 

 

© Bagieu, Dahl– Gallimard

 

 

                L’adaptation de Sacrées Sorcières par Pénélope Bagieu avait tout du coup commercial. C’est une réussite. Le challenge relevé par la dessinatrice était loin d’être gagné. D’une part, adapter le style littéraire pour enfants de Roald Dahl n’était pas évident. D’autre part, il fallait faire oublier Quentin Blake, illustrateur officiel de l’écrivain britannique. Mais on ne remplace pas Quentin Blake, on peut juste se contenter d’apporter une autre vision. Et c’est peut-être là qu’était le challenge le plus compliqué pour l’autrice de Joséphine.

 

 

 

© Bagieu, Dahl– Gallimard

 

 

                Pénélope Bagieu s’approprie les personnages dans un respect et une continuité de l’univers Dahl-Blake. La truculente grand-mère est malicieuse et émouvante. Elle pourrait d’ailleurs être une « Culottée ». Le petit garçon est intrépide et méfiant, comme les enfants de son âge. Les sorcières sont terrifiantes à souhait. On ne voudrait pas croiser leur chef de file au détour d’un couloir.

 

 

 

 

© Bagieu, Dahl– Gallimard

 

 

                En étalant l’adaptation sur 296 planches, Pénélope Bagieu se permet de détailler les actions et de s’offrir des respirations avec de belles illustrations pleines pages. Son graphisme est faussement simple. Les attitudes sont travaillées. Le décor sont explicites. C’est parfois dans une apparente sobriété  que se cache un travail de fabrication minutieux.

 

 

 

 

© Dahl, Blake– Gallimard

 

 

                Les sorcières de Roald Dahl n’ont pas fini de se réunir. Une adaptation cinématographique signée Robert Zemeckis, avec Anne Hathaway, sortira au mois d’octobre.

 

                Voici Pénélope Bagieu herself lisant un extrait du roman de Roald Dahl :

 

https://www.youtube.com/watch?v=XFuECzhDyzA

 

                Et la voici qui nous parle de son adaptation :

 

https://www.youtube.com/watch?v=aUIpbrs39qU

 

                Et enfin, la voilà en leçon dessin :

 

https://www.youtube.com/watch?v=W0MIydg3flE

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Sacrées sorcières 

 

Genre : Conte fantastique

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Pénélope Bagieu

 

D’après : Roald Dahl

 

Éditeur : Gallimard

 

Nombre de pages : 304 

 

Prix : 23,90 €

 

ISBN : 9782075126939

 



Publié le 05/05/2020.


Source : Bd-best


L’art de l’enfance.  Miss Charity 1 - L’enfance de l’art

« - Bonjour, je suis Charity Tiddler. J’espère que vous allez bien.

- Piii !

- Je suis très contente de vous connaître et…

- A qui parlez-vous ? Madame vous cherche… Mais à qui parliez-vous ? Allons que cachez-vous dans vos mains ?

- Je ne sais pas son nom.

- Le nom de qui ? Dieu nous vienne en aide ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Lorsque Tabitha, la bonne, découvre que la jeune fille de la famille Charity est en pleine conversation avec une souris, son sang ne fait qu’un tour. Mais elle ne dira rien. Au contraire, elle fournira même une cage pour celle qui sera baptisée Miss Petitpas. Aux bons soins du Dr Tiddler, le muriné ne sera pas la seule pensionnaire de la maison. Dick et Jack, les hérissons, la grive à l’aile cassée et l’oisillon tombé du nid ne seront que les premières bestioles recueillies par la petite Brigitte Bardot avant l’heure, toute droit sortie d’un roman de Sophie Rospotchine. Dans une Angleterre victorienne fin d’époque, une petite fille avec une passion atypique et un caractère déterminé va vivre les plus belles années, celles de l’enfance qui font ce que l’on devient.

 

 

 

 

© Clément, Montel, Murail - Rue de Sèvres

 

 

                L’histoire de Charity commence comme un film d’horreur. Ses deux sœurs sont mortes. Pour ses parents, elle n’est qu’une ombre destinée à rester à sa place, à être éduquée par des précepteurs et soignée par des bonnes. Mais grâce à un enthousiasme pour les petits animaux et la nature, l’enfant va prendre en main son destin. La faconde avec laquelle elle répond à son entourage, toujours avec respect mais avec aplomb, fait d’elle une figure du féminisme avant l’heure.

 

 

 

 

© Clément, Montel, Murail - Rue de Sèvres

 

 

                Paru en 2008 dans la collection Medium de L’Ecole des Loisirs, Miss Charity est un roman de Marie-Aude Murail, l’une des plus grandes autrices du jeune public. Il fallait tout le savoir-faire d’un Loïc Clément pour l’adapter sans « abimer » les mots de Murail. En choisissant de conserver de nombreux récitatifs, Clément permet à la bande dessinée de garder ce côté littéraire si fusionnel avec l’époque des faits relatés.

 

 

 

 

© Murail, Dumas - L'école des Loisirs

 

 

                Anne Montel poursuit sa collaboration avec son scénariste fétiche. Tous les deux ont l’habitude de travailler ensemble depuis de nombreuses années. La dessinatrice apporte une pincée de réalisme à ces animaux qui pourraient être ceux vivants une existence cachée dans Le temps des mitaines, preuve en est ce renard encravaté qui vient chatouiller un grillon. Les bêtes de Miss Charity n’ont pas d’habits et sont bien réels. Elle les observe et les dessine comme a pu le faire Anne Montel pour si bien les croquer.

 

 

 

 

© Clément, Montel, Murail - Rue de Sèvres

 

 

                Alors que Miss Charity démontre l’enfance de l’art, les auteurs nous invitent à l’art de l’enfance. C’est beau, c’est tendre, c’est la vie… tout simplement.       

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Miss Charity

 

Titre : 1 - L’enfance de l’art

 

Genre : Poésie victorienne

 

Scénario : Loïc Clément 

 

Dessins & Couleurs : Anne Montel

 

D’après : Marie-Aude Murail 

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 120 

 

Prix : 16 €

 

ISBN : 9782369816843



Publié le 04/05/2020.


Source : Bd-best


“Je ne veux pas gagner ma vie, je l’ai.”, Boris Vian.  Piscine Molitor

« - Salut Boris. Merci pour la nuit dernière.

- Voilà Vian. Dans le dernier Jazz Hot, il a été odieux.

- Comme d’habitude.

- Et lui, c’est qui ?

- Alain Vian, le frère. Il se fait appeler Vergencèdre.

- C’est élégant. Quelle famille !

- Tu as vu ce monde !

- Oui, il fait une chaleur à crever. Je vais faire des cocktails !

- Boris, c’est à nous ! »

 

 

 

 

 

 

 

                La foule de Saint-Germain-des-Près se presse au Tabou. On vient y boire des cocktails, écouter et danser sur du jazz. L’orchestre est en place. Celui qui joue de la trompette, c’est Boris Vian. Ingénieur à l’AFNOR le jour dont il démissionnera, il est musicien le soir et écrivain le reste du temps, Vian a une santé fragile. Est-ce pour ça qu’il brûle sa vie ? Il l’aura en tous cas bien remplie.

 

 

 

 

© Cailleaux, Bourhis -  Dupuis

 

 

                L’histoire racontée par Hervé Bourhis commence le 23 juin 1959 à 9 h à l’accueil de la piscine Molitor. Il pense que nager en apnée est bon pour son cœur. Le médecin lui a donné des pilules pour resynchroniser le rythme cardiaque. Le récit fait ensuite un bon jusqu’à l’enfance de Vian et déroule le fil de sa vie, en passant par le scandale Vernon Sullivan, jusqu’à cette projection fatidique, avant-première de l’adaptation cinématographique de « J’irai cracher sur vos tombes », dont il ne verra jamais la fin.

 

                On croisera Juliette Gréco, Miles Davis, Charlie Parker, Henri Salvador, Raymond Queneau, Sartre et le Castor, ainsi que tout le gratin du Paris by night de l’époque. Parmi tout l’aréopage qui gravite autour de Vian, une personnalité se détache du lot, son ami Jacques Loustalot, surnommé le Major. Le jeune homme à l’œil de verre eut un destin brisé, en tombant d’une fenêtre à seulement 23 ans pendant une surprise party.

 

 

 

 

© Cailleaux, Bourhis -  Dupuis

 

 

                Le trait anguleux de Christian Cailleaux et ses couleurs mélancoliques témoignent d’une vie dense et nostalgique d’une époque dont le héros Boris Vian semblait savoir qu’il fallait profiter avant qu’il ne soit trop tard. “La mort n'est pas drôle parce qu'elle ne supporte pas la répétition.”, disait Vian. Il semblait la défier autant qu’il la redoutait. Il n’aura vécu que trente-neuf ans mais aura marqué le siècle littéraire et artistique de son empreinte.

 

 

 

 

© Cailleaux, Bourhis -  Dupuis

 

 

Paru il y a onze ans, Piscine Molitor est réédité cette année à l'occasion des célébrations autour du centenaire de Boris Vian. Le tirage est limité à 1500 exemplaires avec dossier complémentaire de 16 pages et jaquette. Entre temps, les auteurs ont signé chez le même éditeur et dans la même collection le merveilleux Jacques Prévert n’est pas un poète.

 

Quoi de mieux que de lire ce livre en écoutant Boris Vian jouer du jazz ?

 

https://www.youtube.com/watch?v=ppzoZYsE0U0

     

Pour prolonger l’aventure aux côtés de l’artiste, l’émission Un siècle d’écrivains dresse son portrait.

 

https://www.youtube.com/watch?v=_ZJbFPfcz9U

   

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Piscine Molitor 

 

Genre : Biographie

 

Scénario : Hervé Bourhis 

 

Dessins & Couleurs : Christian Cailleaux

 

Éditeur : Dupuis

 

Collection : Aire Libre

 

Nombre de pages : 88 

 

Prix : 19,90 €

 

ISBN : 9791034750405

 



Publié le 30/04/2020.


Source : Bd-best


Séance de rattrapage : La mort vous va si bien.  Un air de gravité

« - Dites, mon ami, il me semble vous reconnaître. Je crois pouvoir vous identifier comme étant…

- Ben, avec la trognotte que la nature m’a octroyé, vous pouvez pas trop vous tromper !!

- Pour ma part, les rigolos du club littéraire me surnomment Zarathoustra !... Vous aussi, vous étiez philosophe, je crois savoir ?...

- Oui, je scribais… Je faisais dans les pensées et les belles lettres ! « L’existence précède l’essence. », c’est l’ego à bibi qu’avait graphé ça sur le papier !!

- Pour ma part, j’ai déclaré : « L’essence de l’être est la volonté de puissance. » ! Ainsi parlais-je !! Vous avez dû être bien surpris en arrivant ici ! Vous ne vous attendiez certainement pas à ce que le séjour des morts ressemble à ceci : ni ciel, ni enfer, ni jugement divin, ni Valhalla !!

- A vrai dire, m’sieur Zarathoustra, j’envisageais rien du tout ! C’est de trouver quelque chose en débarquant ici qui m’a estomarqué !! »

 

 

 

 

 

 

 

 

                Quand Jean-Paul Sarthe et Friedrich Nietzsche se rencontrent dans l’au-delà, ça philosophe sur le sens de la vie, ou plutôt sur celui de la mort. Pour se dégraisser les rouages du cervelard, l’écrivain français graphe des babillages, des récits d’existrence qu’il embouteille et confie au courant de la flotte. Ce sont trois de ces récits des guignols les plus intéressants qu’il va raconter à son alter ego allemand.

 

 

 

 

© Foerster - Glénat

 

 

                « La horde de la douce nuit » est un horrifique conte de Noël dans lequel un SDF pleure sa douce transformée en harpie chantant des Jingle Bells. « La mère des viscères » met en scène un employé de Musée viré qui ramène chez lui des bandelettes d’une momie égyptienne qui vont métamorphoser sa vie. Enfin, « Un air de gravité » revient sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobourg. Le cirque Bartabosse trimballe son lot de Freaks : Hercule Pachymel, l’homme-éléphant, Zéphyr Baubidet, l’homme aux mains en marionnettes, Pégazette, la jument qui chante Zorro, et surtout Ulysse, le globe oculaire géant, l’éternel bébé né sans corps ou presque. Cet œil va en faire voir à plus d’un.

 

 

 

 

© Foerster - Glénat

 

 

                Philippe Foerster a fait les beaux jours de Fluide Glacial avec ses histoires extraordinaires. Après des collaborations avec Berthet ou Andréas, après l’excellente série tous publics Starbuck, après la tentative western avec La frontière, l’Edgar Allan Poe de la bande dessinée retrouve ses chaussons mais change de dimensions. Tout comme Le confesseur sauvage, Un air de gravité est le deuxième volume qui paraît chez Glénat dans la collection 1000 feuilles. Il passe des histoires très courtes de chez AUDIE à des récits plus longs liés dans un autre. L’histoire intégrant les autres, ici avec les âmes de Nietzsche et Sartre, n’est pas la plus intéressante, quoique le final dans lequel un Dieu sermonne sa progéniture vaille son pesant de cacahouètes. Les trois histoires imbriquées sont quant à elles du meilleur cru et il est vrai que la longue haleine sied bien à Foerster.

 

 

 

 

© Foerster - Glénat

 

 

                Philippe Foerster fait partie de ses auteurs de bande dessinée remarquables mais pas reconnus à leur juste valeur. A l’instar de gens comme Fabrice Parme, Andréas ou le regretté René Follet, chacun dans leur style, Foerster a un trait rien qu’à lui, estimé par la profession, mais malheureusement peut-être pas assez commercial aux yeux du grand public. En tout cas, qu’il ne change rien, c’est pour ça qu’on l’aime.

 

 

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Un air de gravité 

 

Genre : Fantastique

 

Scénario & Dessins : Philippe Foerster

 

Éditeur : Glénat

 

Collection : 1000 feuilles

 

Nombre de pages : 112 

 

Prix : 22 €

 

ISBN : 9782344018699

 



Publié le 29/04/2020.


Source : Bd-best


Un ami qui vous veut du bien.  Tous les héros s'appellent Phénix

« - Des soucis, Phénix ?

- Non. Phénix pensait que vous étiez le grand méchant loup.

- Non, je suis juste M.Smith, son professeur principal. Je vous raccompagne ?

- Non, merci. On habite de l’autre côté du lac.

- Et alors ?

- Phénix a très peur de monter parce qu’elle vous trouve très intimid…

- On ne va pas vous déranger, on n’habite pas loin.

- Montez ! Je ne dévore jamais les jeunes filles après dix-huit heures. »

 

 

 

 

 

 

 

                Il fait nuit noire. Sacha et Phénix rentrent chez elle. Leur vélo ayant crevé, elles sont prises en voiture par Jessup Smith, professeur d’anglais de la lycéenne Phénix, dix-sept ans. Sacha est plus jeune. A huit ans, elle est encore à l’école. Les deux gamines habitent une maison isolée au bord d’un lac avec leur mère. Elles ne l’appellent pas Maman mais Erika et semblent beaucoup plus proches de leur père qui a quitté le domicile et avec qui, à part quelques courriers, elles n’ont pas de contacts. Lorsque Jessup rencontre Erika, c’est le coup de foudre et l’enseignant ne tarde pas à emménager dans la maison familiale. Très vite, et en particulier quand sa nouvelle compagne s’absente, l’homme va montrer une autre facette de sa personnalité.

 

 

 

 

© Royer, Rugani - Rue de Sèvres

 

 

                Après les histoires de deux scientifiques, l’explorateur naturaliste James Audubon et le célèbre Charles Darwin, Jérémie Royer adapte le roman de Nastasia Rugani. Les deux gamines étant passionnées de plantes et d’insectes, Royer fait un pont avec ses albums précédents. Dans un graphisme émouvant, il transforme en dessins les mots sensibles de l’autrice. Il fait monter la tension petit à petit pour atteindre un paroxysme effrayant. De la veine d’histoires comme Monsieur Ripley, roman de Patricia Highsmith, adapté deux fois au cinéma sous le titre Plein Soleil, puis Le talentueux Monsieur Ripley, ou encore Harry un ami qui vous veut du bien, le film de Dominik Moll, sorti en 2000, avec Sergi Lopez.

 

 

 

 

© Royer, Rugani - Rue de Sèvres

 

 

                A l’instar du Fils de l’Ursari, Tous les héros s’appellent Phénix est l’adaptation d’un roman paru dans la collection Medium de l’Ecole des Loisirs. Rue de Sèvres appartenant à cet éditeur, la manne d’histoires adaptables est impressionnante. Les auteurs de BD n’ont qu’à se baisser pour ramasser une histoire de qualité.

 

                La liste des prix reçus par Tous les héros s’appellent Phénix est impressionnante : Prix littéraire des collégiens de l’Hérault 2015, Prix Sésame 2016, Prix littéraires des collégiens de la Sarthe et du Mans 2016, Prix littéraire des collégiens de Haute Savoie 2015-2016, Prix Talence 2016, Prix Epopée-Bron 2015, Prix Adolises-Montélimar 2016, Prix de la Vocation 2015. Le livre a aussi été nommé au Prix Sorcières 2015 et au Prix Farniente 2016. 

 

 

 

 

© Royer, Rugani - Rue de Sèvres

 

 

                Phénix est une jeune fille de tous les jours, de tous les lieux, de tous les âges. Elle subit sans broncher. Elle se mure dans un mutisme protecteur à l’égard de sa sœur, qui, du haut de ses huit ans, est la force qui la tient debout. Outre la qualité littéraire, scénaristique et graphique de l’histoire, Phénix peut sauver ses lectrices, ou ses lecteurs, d’une situation semblable à la sienne. C’est en cela qu’elle est une véritable héroïne.

 

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One shot : Tous les héros s'appellent Phénix 

 

Genre : Thriller psychologique

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Jérémie Royer

 

D’après : Nastasia Rugani 

 

Éditeur : Rue de Sèvres

 

Nombre de pages : 144 

 

Prix : 16 €

 

ISBN : 9782369811084

 



Publié le 28/04/2020.


Source : Bd-best


SĂ©ance de rattrapage : RĂ©union de Freaks.  Maudit sois-tu 1 - Zaroff

« - L’homme était accroché aux barreaux. Il s’est retourné vers le bas et a reçu la flèche ou le carreau en pleine bouche. Soit son tueur a eu une chance énorme, soit il est très fort.

- Il y avait un chien également.

- Notre homme a été mordu ?

- Non, il y a des poils un peu partout sur le corps, de longs poils bruns d’ailleurs.

- Après Robin de bois, nous avons le chien des Baskerville, maintenant…

- C’est donc un meurtre, Inspecteur ? »

 

 

 

 

 

 

 

                2019. Dans les égouts de Londres, un cadavre vient  d’être retrouvé. Aux yeux de la police, un suspect est rapidement mis en évidence. C’est l’oligarque russe Nicholas Zaroff.  Il possède trois théâtres et une galerie d’art à Londres, et une autre à New-York. Parti de rien, il a construit seul sa fortune. C’est un touche-à-tout qui s’est toujours tenu à l’écart de la politique du Kremlin. Il est aujourd’hui un homme d’affaires international. 170 ans plus tôt, son aïeul Vassili Zaroff avait pour loisir d’organiser sur son île des chasses à l’homme. Homme maudit issu d’une famille maudite, Nicholas cherche à venger son ancêtre en reproduisant ses techniques de traque.

 

 

 

 

© Pelaez, Puerta - Akama

 


                C’est le deuxième projet autour de Zaroff qui paraît en moins d’un an. Au Lombard, dans la collection Signé, François Miville-Deschênes et Sylvain Runberg avaient choisi de réaliser une suite directe plutôt qu’une adaptation de l’histoire originelle. Philippe Pelaez et Carlos Puerta choisissent aussi ce principe de suite, mais l’action se déroule plusieurs générations après. Et alors que les premiers étaient restés « sagement » dans un récit réaliste, Philippe Pelaez prend beaucoup plus de libertés avec une pointe de fantastique grâce aux manipulations génétiques du descendant du fameux Docteur Moreau, celui de la non moins fameuse Ile.

 

 

 

 

© Pelaez, Puerta - Akama

 

 

                Pelaez débute une trilogie à rebours qui se poursuivra par un Moreau se déroulant en 1848 et un Shelley, la créatrice de Frankestein, se passant en 1816. Avec cette histoire de vengeance, Pelaez invoque toute une littérature et une époque victorienne. Mary Shelley, Emily Brontë, Richard Burton et Charles Darwin sont les ancêtres des gibiers de ce nouveau Zaroff. Mais qu’ont-ils donc à se reprocher ?

 

                Le graphisme à la « Détectives » de Carlos Puerta accentue le côté horrifique et glaçant de l’histoire. Presque hyperréaliste, il donne une froideur rigide aux personnages. De toutes façons, dans ce genre d’histoires, il vaut mieux ne s’attacher à personne. On eut aimé quand même un ton un peu moins photographique à l’ensemble pour éviter l’impression roman-photo. 

 

 

 

 

© Pelaez, Puerta - Akama

 


                En 1932, le film The most dangerous game sort sur les écrans américains. Deux ans plus tard, le film arrive au cinéma en France sous le titre Les chasses du Comte Zaroff. Réalisé par Ernest B.Schoedsack et Irving Pichel, le film bénéficie des mêmes décors que King-Kong. Joël Mc Crea incarne Robert Rainsford tandis que Fay Wray, déjà héroïne du film avec le singe géant, tient le rôle féminin principal. L’infâme comte Zaroff est interprété par Leslie Banks. Cette pépite est visible sur :

 

https://www.youtube.com/watch?v=aPLOlvMiGG8

 

                Librement adapté de la nouvelle de Richard Connell parue en 1924,  le film est l’un des fleurons du cinéma hollywoodien des années 30. Il est surprenant qu’il n’y ait pas encore eu de remake. Le voir avant de lire cet album met dans l’ambiance.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

Série : Maudit sois-tu

 

Tome : 1 - Zaroff

 

Genre : Fantastique 

 

Scénario : Philippe Pelaez 

 

Dessins & Couleurs : Carlos Puerta

 

Éditeur : Ankama

 

Nombre de pages : 66

 

Prix : 15,90 €

 

ISBN : 9791033509783

 



Publié le 27/04/2020.


Source : Bd-best


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