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En images et en bulles
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Raymond Devos et ses plus grands sketches adapté en BD  chez Jungle éditions

Voici un pari osé d'adapter en BD les sketches de l'immense Raymond Devos, empereur du non-sense francophone et des jeux de mots habiles. Un pari que s'est donné l'éditeur Jungle avec un collectif d'auteurs plutôt hétéroclite. En effet, la difficulté et la barre sont immanquablement placées hautes pour un tel monument du rire et du one man show qui constitue depuis déjà de nombreuses années, une véritable légende. Nous allons par conséquent en décortiquer les détails ci-dessous.

 

Résumé de l'éditeur : Fred Bernard, Christophe Esse, François Boucq, Claire Bouillac, Camille Burger, Bouzard, Florence Cestac, Al Coutelis, Laëticia Coryn, Steven Dupré, Kokor, Etienne Lécroart, Moebius, Jean-Philippe Peyraud, Pixel Vengeur, Jeff Pourquié, Stedo, Terreur graphique adaptent en BD, dans ce collectif , les textes de Raymond Devos, maître inoubliable du rire, du "flagrant délire et de la poésie.

Les plus grands auteurs de la bande dessinée ont répondu présents pour rendre hommage à Raymond Devos, le maître de l'absurde et du comique de situation. Avec nostalgie, poésie, dérision...ils nous offrent leur vision des meilleurs sketches de l’inoubliable jongleur de mots.

Sans vouloir vexer ou heurter les sensibilités, nous n'iront pas jusqu'à dire à l'instar du résumé officiel de l'éditeur qu'il s'agit des plus grands auteurs de BD. De notre point de vue, chaque auteur n'est pas plus grand qu'un autre, mais soit la n'est pas lé débat qui nous concerne ici.

Le recueil s'ouvre sur une préface de François Morel, connu comme compositeur et surtout chroniqueur sur France Inter.

 

 

 

 

© Cestac - Jungle

 

 

 

C'est Florence Cestac qui ouvre la bal des mise en images avec le sketch "Mon chien, c'est quelqu'un" qui s’enchaîne ensuite avec une très bonne adaptation de Steven Dupré pour le sketch "dernière heure". Zanzim offre une conception graphique contemporaine pour "mésaventure extraterrestre", "l'artiste" est dépeint par Fred Bernard et Jeff Pourquier constitue la cerise du gâteau avec un concept bien particulier dont nous vous laissons la surprise et la découverte tout comme Pixel Vengeur qui réussi une fois de plus à nous surprendre également par son talent et son inventivité.

 

 

 

 

© Dupré - Jungle

 

 

 

C'est donc un album au mélange d'ingrédients divers qui en donne pour tous les goûts. Chacun y trouvera son compte finalement et dans l'ensemble, l'esprit du génie est respecté voir parfois sublimé. La couverture est signée François Boucq qui à pu, avec tous le talent que nous lui connaissons, choisir la meilleure manière de représenter Raymond Devos, un artiste magistral comme on en fait plus de nos jours.

 

Damien Caste

 

Album : DEVOS EN BD

Dessin  : Collectif

Genre : Humour

Éditeur : Jungle

Nbre de pages : 96

Prix : 15.95€

ISBN : 9782822221658



Publié le 02/02/2018.


Source : Bd-best


Une histoire tendre et émouvante sur le temps qui passe. Jamais

 « - Bonjour, Madeleine.
-          Monsieur le Maire… Vous avez grossi.
-          Hé hé hé… Madeleine… Toujours autant d’humour à ce que je vois… Vous tombez bien, je comptais passer vous voir dans la matinée ! Figurez-vous qu’on vient de me prévenir qu’une place se libère à la résidence des Hortensias… Tout confort… Avec vue sur la me… Hum ! Enfin bref, ce serait vraiment dommage de laisser passer l’occasion…
-          Allez au diable, vous et votre camp de la mort.
-          Madeleine, soyez raisonnable ! Vous devez impérativement quitter votre maison ! Si vous ne le faites pas de votre plein gré, je serai obligé de vous y forcer !!! »
 
Madeleine, nonagénaire aveugle, n’a pas, mais alors pas du tout, l’intention de quitter sa petite maison surplombant la falaise de calcaire sur les hauteurs de la ville. La veuve vi[L1] t avec son chat. Elle n’a jamais fait le deuil de son mari, lui parle, lui fait à manger, comme s’il était toujours présent. Le problème est que la falaise s’effrite. De jour en jour, le jardin de Madeleine s’effondre et sa maison se rapproche du précipice. Il en va de la responsabilité de Monsieur le Maire. Celui-ci ne voudrait pas avoir la mort de la mamie sur la conscience.

 

 

 

© Duhamel - Bamboo Grand Angle

 

 

 

 
Bruno Duhamel livre une histoire tendre et émouvante dont les maîtres-mots sont érosion, vieillesse, solitude, … La falaise s’effrite et s’érode, comme la vie de Madeleine. La falaise vieillit, mais, tant bien que mal, tient encore debout, comme Madeleine. La falaise est seule, seule face à la mer qui la ronge, seule comme une veuve qui refuse la disparition de sa moitié, qui refuse de quitter sa maison.
Les personnages ont des caractères que l’on apprend à découvrir au fil du récit. Alors que l’on pouvait penser avoir à faire à une Tatie Danièle, Madeleine s’avère être une tendre mamie nostalgique. Alors que Monsieur le Maire pouvait sembler autoritaire et froid, on le découvre soucieux et juste.

 

 

 

© Duhamel - Bamboo Grand Angle

 

 

 

 
Auteur complet, Duhamel signe lui-même ses couleurs. Le bleu du ciel, le bleu de la mer, la blancheur de la falaise et le violet de Madeleine sont autant de personnages secondaires qui constituent les fondations d’un tout. Elles permettent également à l’auteur de jouer avec le jour et la nuit, avec l’orage et la pluie.
 
Pixar nous avait embarqué Là-haut avec Monsieur Carl Fredricksen, Duhamel nous invite à Troumesnil avec une vieille aveugle que tout le monde appelle par son prénom.
 
Les « Poc Poc » de la canne blanche de Madeleine sur les chemins de la côte normande continuent de résonner une fois l’histoire terminée… Ecoutez-les, on les entend.
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Jamais

Genre : Chronique de la vie

Scénario, Dessins & Couleurs : Duhamel

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 54

Prix : 15,90 €

ISBN : 9782818943816



Publié le 01/02/2018.


Source : Bd-best


Un album bien plus politique et dans l’air du temps qu’il n’y paraît.  La geste des Chevaliers Dragons 25 – La guerre des ombres

 « - Mesdames, Chevaliers… Je ne vous ai pas fait venir aujourd’hui pour discuter tactique. Je vous ai réunies pour annoncer un changement de stratégie. Jusqu’ici, nous avons combattu les sardes. Nous avons combattu le nouvel empire. Cette politique est terminée. L’ordre des Chevaliers Dragons de Messara change officiellement d’ennemi. Et l’ennemie… c’est elle. Amarelle, chef de l’ordre des Chevaliers Dragons d’Orient. »

 

Responsable de la scission des deux empires et du déchirement de l’Ordre en deux entités rivales, Amarelle est la tête à abattre. La matriarche envoie ses plus fidèles combattantes à l’assaut.

 

 

 

 

 

© Ange, Martino - Soleil

 

Dans cet épisode, pas ou peu question de Veill et de Dragon. Le sujet principal en est cet affrontement entre les deux Ordres. Et le scénario d’Ange est bien plus politique qu’il n’y paraît au premier degré. Les rebelles ne sont plus nommés « les hérétiques », mais « l’Ordre des Chevaliers Dragons d’Orient », opposé à celui de l’Occident. En ces temps aujourd’hui troublés d’endoctrinements terroristes, de guerres de religions et de haine d’autrui, La guerre des ombres transpose le phénomène dans le monde de l’Heroic-Fantasy. C’est en analysant le dessein des scénaristes que l’on prendra un plaisir supplémentaire à lire cette histoire, qui pourrait sembler relativement banale, jusqu’au coup de théâtre (presque) final.

 

 

 

 

 

© Ange, Martino - Soleil

 

Le dessin de Stefano Martino est propre et juste mais cependant sans éclat particulier. Bien qu’étant édité en Italie depuis 1996, son trait est un peu vert et manque d’envolée. C’est sa deuxième incursion dans le monde des Chevaliers Dragons après sa participation à l’album collectif La faucheuse d’Ishtar. Il fait son travail mais aurait à y gagner en personnalité.

 

La nuit torride de Lou et Harund est quand même un sommet d’hypocrisie graphique. Attaqués par des intrus dans leur chambre, nos héros bondissent de leur lit dans le plus simple appareil, mais la dague de l’un des tueurs cache pile poil les attributs de la dame. Ouf ! On a frôlé la censure !

 

            En bref, un album agréable pour les afficionados de la série, mais le duo Ange devra recadrer un poil son tir pour séduire de nouveaux lecteurs. Rendez-nous les Dragons !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : La geste des chevaliers dragons

Tome : 25 – La guerre des ombres

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Ange

Dessins : Martino

Couleurs : Merle

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302065031



Publié le 30/01/2018.


Source : Bd-best


Du Greenwich Village de Woody Allen au Montparnasse de Mondrian, les arts entrent en collision dans une explosion magnifique

Comme sur la couverture de What’s new Pussycat ?, c’est un baiser fougueux et intense qu’on a envie de faire à chaque fois qu’un nouvel album d’Antonio Lapone sort. On est addict. Même s’il nous confronte à des personnages portant le badge « Art is dead », il nous prouve tout le contraire dans des univers qu’il marque de son sceau, de sa puissance poétique et graphique, intemporelle et immortelle. Chanceux que nous sommes, la fin de l’année 2017 a vu la parution de deux nouveaux petits bijoux chorégraphiés par l’Italien. L’un en compagnie de Gihef qui signe la suite et la fin (déjà… snif) de Greenwich Village et l’autre avec Jean-Philippe Peyraud entre les lignes, les couleurs et surveillé par la fleur de Piet Mondrian.

 

 

 

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

What’s new pussycat ? De Sam Cooke à Bob Dylan, de Catwoman aux Gendarmes

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

Résumé de l’éditeur : Automne 1960. Cole Slowe est un sculpteur au tempérament ombrageux et aux fins de mois difficiles. S’il jouit à Greenwich Village d’une belle cote d’estime, son refus d’exposer ses oeuvres aux yeux du grand public l’empêche d’accéder à une notoriété sonnante et trébuchante. Ses sculptures d’assemblage ont néanmoins capté le regard de Sophie St-Cyr, une jeune comtesse française grande amatrice d’art. L’artiste n’est pas insensible au charme de la belle et accepte pour la séduire une exposition à sa gloire. Mais c’est sans compter les agissements nocturnes d’un cambrioleur de haut vol qui hante depuis peu le quartier. Agile comme un chat, le monte-en-l’air signe ses méfaits « Pussycat ». Il a délesté de ses plus belles oeuvres pas moins de trois galeries en quelques jours et ne compte pas s’arrêter là…

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

Sous un titre qui évoque clairement le premier film (au scénario) de Woody Allen (heureusement, il n’est pas encore interdit de le citer), se cache un deuxième opus dans la lignée du premier et allant chercher ses influences et ses fantasmes dans des films comme on n’en fait plus (jusqu’aux Gendarmes de Saint-Tropez !), où la légèreté teintée de jazz célébrait les rencontres charismatiques et pourtant impromptues. Le hasard fait bien les choses et pousse à aller voir ce qu’il y a derrière les apparences.

 

 

 

 

Oh, Bob Dylan ! © Gihef/Lapone chez Kennes

 

Alors dans ce Greenwich de rêve, plutôt qu’un lapin blanc, c’est un chat noir que Gihef et Lapone nous invitent à suivre, d’étage en étage et de case en case (et il y en a tout plein par planche, et pourtant c’est d’une lisibilité et d’une clarté !) pour aller voir ce qu’il se trame dans cet immeuble qui swingue de la Perry Street.

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

Le printemps a filé sa place à l’automne, mais les couleurs n’en démordent pas et les acteurs de ce vaudeville artistique et mystérieux ne sont pas frileux, les portes claquent, les gamins crient, Sam Cooke chante à n’en plus finir, les téléphones de la police ne cessent d’hurler et, méthodiquement, les coffres-forts s’ouvrent dans le bruit singulier et que reconnaissent ceux qui ont des dollars plein les yeux. Éh oui, un voleur ou plutôt une voleuse, ce qui permet à Lapone d’amener le parfum et la finesse de Catwoman, sévit et séduit, de manière immodérée. Gihef a pris toute la mesure du talent d’Antonio Lapone lui proposant des péripéties plus que jamais sur mesure et le dessinateur-coloriste met le rêve en pratique.

 

 

 

 

© Gihef/Lapone

 

C’est somptueux, ça donne envie de danser et ça finit de nous faire nous lever du bon pied ! On est malheureusement retombé sur notre pied gauche en apprenant que Greenwich Village ne compterait jamais de troisième tome (même pas écrit, d’ailleurs), les ventes de la série n’ayant pas décollé. Raison de plus pour en profiter.

 

 

 

 

© Gihef/Lapone chez Kennes

 

 

 Série : Greenwich Village

Tome : 2 – What’s new pussycat ? (Récit complet)

Scénario : Gihef

Dessin : Antonio Lapone

Couleurs : Anne-Claire Thibaut-Jouvray et Antonio Lapone

Genre : Polar, Vaudeville, Mystère

Éditeur : Kennes

Nbre de pages : 72

Prix : 19,95€


 

 

Mondrian entre les lignes mais plus que jamais haut en couleur

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : À l’origine, il y avait cette même photo que Jean-Philippe Peyraud et Antonio Lapone avaient au-dessus de leur table à dessin. Celle d’une fleur en plastique dans l’atelier de Mondrian, seul rappel du végétal dans l’univers à la géométrie implacable du peintre. C’est l’histoire de cette fleur que les auteurs ont décidé d’imaginer pour raconter Mondrian, figure majeure de l’art abstrait, dont on connaît peu de choses, si ce n’est qu’il vivait au cœur du Montparnasse des années folles et qu’il était un inconditionnel de la danse de salon…

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Sur la couverture grand format, c’est un couple valsant entre noir et rouge qu’on pourrait presque voir danser sur la paume de notre main. C’est parti mon kiki pour un voyage entre les lignes, les cases et les couleurs si chères à Mondrian.

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Dans la peinture, dans l’Histoire, il y a des détails qui sembleraient anodins mais qui, pour peu qu’on s’y intéresse et qu’on en presse le jus donnent de merveilleux récits. Une fleur dans un atelier d’artiste, c’est courant, mais dans l’atelier de Mondrian, cela avait de quoi intriguer, catalyser les émotions et les passions qui ressortiraient dans un récit grandeur nature. Tellement grand, qu’on peut s’y plonger comme dans une piscine revigorante, et y brasser quelques divagations sublimes.

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

Avec cette fleur et cette flamme déclarées à l’abstraction, Peyraud et Lapone réussissent un peu ce que Zabus et Campi ont réussi précédemment avec Magritte : faire un rêve, évoquer un artiste tout en courbant les lignes biographiques pour les faire communier avec les lignes… graphiques et picturales. Lapone, doublé de l’esprit du peintre hollandais, bouscule les planches comme sous des coups de pinceaux un peu trop nerveux qui joueraient à chahuter pour mieux créer.

 

 

 

 

© Peyraud/Lapone chez Glénat

 

La BD pourrait s’écrouler sur elle-même, au contraire elle rayonne en cette confluence des arts, folle d’ambiances, de bruits et de musique. Virtuose et symphonique pour mettre à notre portée un peintre moins accessible mais ténor dans son genre. Un plaisir que prolonge un sketchbook bien fourni, une rose dans l’atelier de… Lapone, cette fois.

 

 

 

Alexis Seny

 

 

Titre : La fleur dans l’atelier de Mondrian

Récit complet

Scénario : Jean-Philippe Peyraud

Dessin et couleurs : Antonio Lapone

Genre : Comédie dramatique, Rêverie

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 88

Prix : 19,50€



Publié le 29/01/2018.


Source : Bd-best


Après le grand froid, Arsenio et Barny s’offrent un coup de chaud et les lignes de Nazca prennent vie

On les avait découverts sur le tard dans la jolie couleur des Aurores de North Pole, cette fois on n’a pas loupé le coche : le deuxième tome des enquêtes d’Arsenio et Barny vient de sortir et on a vite eu fait d’embarquer dans ce trip au soleil brûlant et dont vous ne devrez pas vous risquer à chercher des explications aux phénomènes inexpliqués qui vont s’en dégager. Les mystères; qu’ils prennent la forme d’animaux mythologiques dans le désert ou de phénomènes nettement plus contemporains, humains et criminels; Olivier Matejka et Bruno Issaly ont bien compris qu’il ne fallait pas toujours les expliquer. Et c’est la surprise du chef de ce double-tandem d’ores et déjà attachants.


Résumé de l’éditeur : Comme venue de nulle part, une vieille décapotable américaine roulant à tombeau ouvert, termine violemment sa course folle dans la piscine d’un hôtel miteux. Les deux mystérieux occupants du véhicule sont tués sur le coup. L’inspecteur McDoherty, toujours en proie à ses visions, est témoin de la scène. En effet, alors que celui-ci se rendait à Rio en villégiature, son avion a été détourné sur l’aéroport de NAZCA, pour raison mécanique. Tandis qu’il se trouve coincé sur la région pour plusieurs jours, la curiosité d’Arsenio va le pousser à mener l’enquête. Il sera aidé dans sa tâche par son adjoint Petrowsky qui, par une étrange coïncidence, se trouve lui aussi dans les parages !

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

C’est le principe d’un duo inséparable malgré ses divergences, emmenez l’un à des milliers de kilomètres de son fief, l’autre le suivra presque par magie. Aussi invraisemblablement que cela puisse paraître. C’est le principe des aimants, si McDoherty et Petrowsky ne se ressemblent pas vraiment, ils s’attirent irrémédiablement. Et aussi vrai qu’on dit jamais deux sans trois, le mystère effroyable et criminel les a suivis aussi, contre vents et marées sablées.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

Et dans la tempête qui guette, la poussière qui se soulève, on distingue des formes plus ou moins surnaturelles, plus ou moins déformées par le trouble d’Arsénio, la terrible zoopsie. Celle qui affectait Yves Montand dans le Cercle rouge (on remarquera aussi que Barny n’a pas son pareil pour donner des gifles venturesques !). Et, dans une enquête, là où le héros n’a de cesse de trouver des repères, Matejka et Issaly n’ont de cesse de nous faire perdre les nôtres en mixant dépaysement et déroutement. Ce voyage au Pérou n’aura décidément rien d’un voyage touristique.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

Et les deux auteurs, suivis de près par leurs deux héros, n’ont de cesse de prouver que l’aventure se trouve moins au bout du monde qu’au coin de la rue… de l’imagination. Les péripéties s’enchaînent dans un sans queue ni tête assumé. Le lecteur est d’ailleurs assez drogué par ce trip que n’aurait pas refusé un Hunter S. Thompson que pour n’y voir que du feu et voyagé entre le réel et l’irréel, entre les humains et les dieux. Mais tout en se raccrochant aux relents sordides de l’Histoire : les extrêmes qui remontent sans cesse, tout encapuchonnés qu’ils sont.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

Dans ce deuxième opus, il y a un peu de Tintin (celui des cigares du pharaon mais aussi de l’Étoile mystérieuse, de l’Indiana Jones aussi, un peu de James Bond au lit et pourquoi pas du Mad Max… Il y a surtout un univers touffu, dans lequel l’imagination n’a pas de limite, portée par deux auteurs jusqu’au-boutiste, y compris dans le délire. Et ça nous plait formidablement.

 

 

 

 

© Matejka/Issaly chez Cerises et coquelicots

 

PS : C’est la petite maison d’édition, constamment surprenante, Cerises et Coquelicots qui a donné leur chance à Arsenio et Barny, courageusement et avec la passion. Pourtant, il est toujours compliqué de faire parler d’un album à l’ombre des gloires qui obnubilent souvent les médias. Du coup, une campagne a été lancée sur Ulule pour promouvoir la série et lui donner une plus grande visibilité, par de la pub mais également la planification d’événements et de quoi encourager les deux auteurs à plancher sur leur troisième aventure qui les emmènera dans le Bayou avec « Welcome to Bayou Buffalo ». N’hésitez pas, les contreparties sont chouettes, avec notamment l’édition collector et tirage de tête de ce deuxième tome.

 

Alexis Seny

 

Série : Arsenio & Barny

Tome : 2 – Les Lignes de Nazca

Scénario : Olivier Matejka

Dessin et couleurs : Bruno Issaly

Genre : Polar, Mystère, Aventure, Fantastique

Éditeur : Cerises & coquelicots

Nbre de pages : 72

Prix : 15€

 

 



Publié le 26/01/2018.


Source : Bd-best


Des attitudes de conte moderne avec un esprit voisin de Miyazaki.  Le monde de Milo tome 5 – La fille des nuages 1/2

« - Milo, attention ! Il se passe quelques chose d’étrange ici !

-          Je ne te le fais pas dire ! Une si belle épuisette, manifestation d’un si beau pouvoir !

-          Je ne plaisante pas, Milo ! Il ne s’agit pas de ton pouvoir ! Je crois que tu ferais mieux de sortir du lac !

-          Sortir ? Mais…

WOOOOOOOOOSSSHH ! SPLASH !

-          Milo, regarde ! Il y a quelque chose dans l’eau, à côté de toi ! »

 

Un être venu d’ailleurs, une nature qui fait des facéties, le mystère est posé. Dans cette « croisée des mondes », Milo et Valia recueillent une jeune fille flottant évanouie sur le lac. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Elle montre le ciel, semblant venir de là-haut. Pendant ce temps, au village, de mystérieuses ronces géantes rejoignent le ciel. Avec ses faux airs de Jack et le haricot magique, la fille des nuages a des attitudes de conte moderne.

 

 

 

 


 © Marazano, Ferreira - Dargaud

 

 

Le monde de Milo a la saveur du Cycle de Taï-Dor. Il s’agit là d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Cette série scénarisée par Rodolphe et Le Tendre et dessinée par Serrano, puis Foccroulle, est parue entre 1987 et 1994 chez Novedi puis Vents d’Ouest. Déjà, les auteurs jouaient sur ce thème de mondes parallèles et avec le concept de « l’autre côté du miroir ». Lewis Carroll était passé par là avant eux. C’est donc dans cette veine que s’inscrit la saga de Milo.

De grandes histoires merveilleuses, bien construites, avec un héros auquel le lecteur peut s’assimiler facilement et des seconds rôles attachants : les auteurs appliquent la recette, si tant est-il qu’il y en ait une, pour faire une série tous publics où chacun y trouvera son goût.

 

 

 

 

 

 

© Marazano, Ferreira - Dargaud

 

 

Richard Marazano est un enfant des années 70. On retrouve dans son scénario les influences des dessins animés qui ont fait le bonheur des mercredis après-midis de toute une génération. Les gendarmes du monde de Milo sont deux personnages semblant tout droit sortis d’une de ces séries. Ne font-ils pas penser à Sancho et Pedro des Cités d’Or ? Dans un autre style, les vieilles tantes, quant à elles, ont la malice des trois fées de La belle au bois dormant.

 

Christophe Ferreira est expatrié à Tokyo depuis plusieurs années. Issu des Gobelins, il a entamé une carrière d’animateur au Japon. Milo est sa deuxième série de BD après Alcyon. Son graphisme est à mi-chemin entre Miyazaki et le franco-belge, entre Asie et Europe. Les personnages sont posés ou excités, transmettent leurs émotions par leurs regards ou leurs mouvements. Ils semblent parfois réellement bouger. Il en est de même pour les éléments : les eaux, les végétaux, les vents. Ils surgissent comme les images arrêtées dans les animes. Autre prouesse : on entend tellement les onomatopées que l’on ne les voit pas. Comprenne qui lira.

 

Le monde de Milo est une série idéale pour les jeunes lecteurs faisant la transition de la BD pour enfants à celle pour adolescents. Comme dans la vraie vie, on y traverse les mondes et on grandit.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le monde de Milo

Tome : 5 – La fille des nuages 1/2

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Marazano

Dessins & Couleurs : Ferreira

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 56

Prix : 13,99 €

ISBN : 9782205077650



Publié le 25/01/2018.


Source : Bd-best


Parfums de mystère et de fantastique dans un Moyen-Âge cruel et impitoyable.  Le cimetière des innocents1 – Oriane et l’ordre des morts

« - Je te cherchais…  Sers-nous à boire !

-          C’est de l’alcool, père !

-          Sers-nous ! Nous avons quelque chose à fêter ! regarde ça !

-          Mon dieu ! Cette couleur !

-          Celle après laquelle je cours depuis des années ! Je viens de trouer cette pierre dans une cornue en chauffe depuis sept semaines. (…) A boire, tavernier !

-          Père… Vous savez que l’alcool ne vous réussit pas.

-          Aujourd’hui, tout me réussit !... »

 

Une procession, une recluse emmurée vivante nourrie par une ouverture entre deux pierres… Non, ce n’est pas un carnaval de fous. Dans un Moyen-Âge cruel où la religion régente la vie des riches et des pauvres, des croyants et des athées, des nobliaux et des mendiants, Jonas, huguenot orphelin cherchant les restes de son père, rencontre Oriane. Il a promis à sa mère de lui ramener l’anneau qu’il portait.

 

 

 

 

 

© Charlot, Fourquemin, Hamo - Bamboo Grand Angle

 

 

 

Le père d’Oriane est apothicaire. Après des années de recherche, vient-il de découvrir la pierre philosophale ? Nicolas Flamel a-t-il trouvé son successeur ? En ces temps meurtris de guerres de religions, à une époque où les chasses aux sorcières rassemblent les foules sur les places publiques, faire des expériences aux frontières de la réalité n’est pas chose aisée et peut s’avérer dangereux pour sa survie.

 

            Après la formidable, épatante, passionnante série Le train des orphelins, le duo Charlot/Fourquemin remet immédiatement le couvert pour nous embarquer dans un univers totalement différent. Pari risqué, mais défi relevé.

 

 

 

© Charlot, Fourquemin, Hamo - Bamboo Grand Angle

 

 

 

 

 

Ce diptyque moyenâgeux au lendemain de la nuit de la Saint-Barthélémy a des parfums de mystère et de fantastique. Les personnages de Philippe Charlot sont emplis de secrets. Le scénario distille des indices sans tout dire. Intelligemment, le scénariste laisse planer des interrogations sans vraiment les poser : D’où vient la bague que portait le père de Jonas ? Pourquoi le lansquenet, mercenaire allemand, s’octroie-t-il un rôle d’ange gardien auprès du jeune homme ?

 

            Xavier Fourquemin est un dessinateur rapide dans un style semi-réaliste populaire. Après le XXème siècle du train des orphelins, il retrouve une époque plus proche d’Alban, série monastique de ses débuts, qu’il réalisait sur des scenarii de Dieter.

Rues crasseuses, regards possédés, en un clin d’œil, Fourquemin immerge le lecteur dans un monde cynique et impitoyable. Les fans du dessinateur retrouveront ses gimmicks graphiques. Il est vrai que, d’une série sur l’autre, on retrouve des personnages très ressemblants. Mais, au final, cela a un côté familial et rassurant. Après tout, Alain Delon ou Gérard Depardieu jouent bien des rôles différents d’un film sur l’autre, mais on y retrouve leurs mêmes gueules d’acteurs.

 

            Ouvrez la porte du cimetière des innocents, dansez avec les squelettes et flirtez aux frontières de la magie.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le cimetière des innocents

Tome : 1 – Oriane et l’ordre des morts

Genre : Aventure historique

Scénario : Charlot

Dessins : Fourquemin

Couleurs : Hamo

Éditeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

Nombre de pages : 56

Prix : 14,90 €

ISBN : 9782818943823

 



Publié le 24/01/2018.


Source : Bd-best


Pas débiles, les bulles au musée #2: après la loi du marché, la loi du musée et le Syndrome de Stendhal qui fait de vous un art-cteur

Ça peut être cafardeux d’avoir à trouver du boulot après une période plus ou moins longue de disette. Et les tâches qu’on doit accepter, presque couteau sous la gorge, peuvent se révéler bien ingrates. Il y avait Vincent Lindon dans la loi du marché, il y a désormais Frédéric Delachaise dans la loi du… musée. Et quel musée ! Le centre Pompidou ! Celui-là même qui a fêté ses quarante ans d’existence, en 2017, mais auquel notre héros malgré lui est bien étranger. Mais tout le monde peut changer, encore plus quand Aurélie Herrou et Sagar président à votre destinée et soufflent un vent inattendu dans les couloirs et les courants d’a…rt.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Herrou/Sagar/Cardona/Moreno chez Glénat/Centre Pompidou

 

Résumé de l’éditeur : À 35 ans révolus, Frédéric Delachaise se trouve dans l’obligation de travailler pour la première fois de sa vie. Quand il entre comme gardien de musée au Centre Pompidou, il découvre un univers dont il ignore tout et auquel il ne comprend rien. Il regarde tout d’abord les œuvres qu’il doit surveiller avec mépris. Mais, jour après jour, insidieusement, un étrange phénomène va se produire… Et Fred va bientôt devenir captivé par l’art contemporain. Littéralement. Victime du syndrome de Stendhal, Fred est ainsi capable de se projeter mentalement à l’intérieur des œuvres qu’il regarde. Une plongée au cœur de la création qui aura pour effet de lui ouvrir les yeux sur l’art, et sur sa propre existence.
Croquis au Centre Pompidou © Sagar

Être de planton dans un musée, sur une chaise inconfortable, face à des gens qui n’ont d’attention pour vous (ou presque) quand ils cherchent les toilettes, c’est pas forcément un métier prenant. Oui, mais il y a des oeuvres remarquables, de celles qui forgent la culture à travers les temps et les décennies.

 

 

 

 

© Herrou/Sagar/Cardona/Moreno chez Glénat/Centre Pompidou

 

Oui, c’est vrai, mais encore faut-il les aimer ou du moins les apprécier. Chargé de les surveiller, Frédéric a du mal à les accepter et les regarder la journée durant ce n’est vraiment pas son (s)trip. Le coeur a ses raisons et ses passions que la raison ignore. Ou ignorait… car à force de fréquenter ces tableaux a priori moches selon lui, Frédéric Delachaise en est tombé à la renverse et amoureux.

 

 

 

 

© Herrou/Sagar/Cardona/Moreno chez Glénat/Centre Pompidou

 

De la raison à la déraison, il n’y a qu’un pas, et Frédéric l’a franchi, sans le savoir, sans s’en rendre compte. Lui qui avait les pieds si lourds à l’idée d’une nouvelle journée de taf’ se retrouve l’être et le coeur léger. Une légèreté pas si insoutenable : le syndrome de Stockholm n’a pas que du mauvais. Les perceptions changent et le duo Herrou-Sagar parvient à rendre ce vertige tangible, ce qui n’était pas forcément gagné en jouant la carte de la bande dessinée (le cinéma, d’où vient Aurélie Herrou qui signe son premier album, aurait peut-être été un choix plus évident). Le pari est largement gagné et en résultent une poésie et une frénésie graphiques étranges et saisissantes (par Sagar, un Espagnol dont c’est le premier album et qui frappe déjà un grand coup, fort en expressions et en moments de voltige) nous font voir le Centre Pompidou sous un angle frais et distingué, jamais vu.

 

Alexis Seny

 

Titre : Le syndrome de Stendhal

Récit complet

Scénario : Aurélie Herrou

Dessin : Sagar

Couleurs : Sagar, Alba Cardona et Carlos Moreno

Genre : Humour, Initiatique

Éditeur : Glénat/Centre Pompidou

Collection : 1000 feuilles

Nbre de pages : 120

Prix : 22€



Publié le 23/01/2018.


Source : Bd-best


Dialogues percutants et situations drôlissimes pour un nouveau héros du strip.  Boni1 – La dernière bouchée de carotte

 « - Tu as vu la nouvelle ? Elle est vraiment belle !!

-          Qui ? Brigitte ?

-          Oui, Brigitte ! Comment la trouves-tu ?

-          Bof ! Je n’aime pas ! Elle a des dents de lapin ! »

 

Mio, le pote de Boni, en pince pour Brigitte. Evidemment, qu’elle a des dents de lapins, comme les deux lapereaux qui parlent d’elle, elle est de la même race. Mais les réflexions des bestioles se rapprochent plus de ce que l’on entend dans les cours de récréations que dans les clapiers.

 

Le petit monde de Boni est constitué d’un aéropage de lapins aux personnalités bien campées. Le petit lapin sait ce qu’il dit et à qui il le dit. Par des remarques innocentes, il arrive souvent à ses fins, notamment avec son père ou sa mère. Mais pour ce qui est de son grand-père, c’est beaucoup plus compliqué. Vieillard acariâtre au langage ordurier, l’ancêtre a toujours le dernier mot. Et Bruno, ce butor sans cervelle au poing qui dégaine plus vite que son ombre, ce n’est pas sûr qu’il aura des cadeaux à Noël. Ajoutons à tout ça les six petits monstres qui constituent la fratrie de Boni et Madame Paupine, la gardienne d’enfants, aussi aimable que le papi, et la galaxie Boni est quasi-complète.

 

 

 

 

© Fortin - Dupuis

 

 

Cette « dernière bouchée de carotte » est d’une saveur savoureuse et sucrée. Avec l’auteur Ian Fortin, les éditions Dupuis éditent un petit album à la structure inédite. Les strips, sans cases, sont présentés sur des fonds de couleurs pastels. Sans décors et avec quelques simples éléments de mobiliers, les situations sont placées dans des lieux évidents compréhensibles au premier coup d’œil. Cette économie entraîne la lecture vers le dessin rond et rigolo de ces lapins aux nez énormes et vers les dialogues percutants et drôlissimes.    Fortin, le canadien, vient de créer un lapin dont on parlera encore longtemps, comme d’un chat qui aime les lasagnes, d’un petit chien blanc qui dort sur le toit de sa niche ou d’un diablotin orange qui pourrit la vie de sa propriétaire. Boni est un lapin durable.

 

Quelques dessins animés de Boni prévus pour Télétoon sont visibles sur la page Facebook du petit lapin.

 

 

 

 

© Fortin - Dupuis

 

 

Une invasion de carottes est prévue dans les bibliothèques puisque les trois premiers albums de Boni sont prévus pour cette année et les trois suivants pour l’année prochaine. On avait l’habitude qu’ils se reproduisent vite, ça va encore être le cas, pour le meilleur et le fou rire.

Les années 70 voyaient le succès du groupe Boney M.

Les années 2010 seront celles du succès de Boni, aime !

 

 

Laurent Lafourcade



Série : Boni

Tome : 1 – La dernière bouchée de carotte

Genre : Humour

Scénario, Dessins & Couleurs : Fortin

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 128

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800167251



Publié le 23/01/2018.


Source : Bd-best


Comment attraper les lecteurs au lasso et ne pas les lâcher. Lonesome 1 – La piste du prêcheur

«  - Hm… Sale temps, pas vrai, Mister !... Vous ne trouverez pas d’autre abri à moins de deux jours de cheval… Avec cette foutue neige…
-          Avant de vous installer et de vous réchauffer en notre compagnie, Sir, pourriez-vous me rassurer sur un point ?... Une rumeur fâcheuse est venue aux oreilles du Pasteur Markham, dont nous sommes les disciples. Il semble qu’un curieux le suive depuis quelques semaines le long de la frontière. Il pose des questions à son sujet. Si par hasard vous étiez cet homme, sir, je vous encourage à profiter de l’opportunité, je me ferai un plaisir de vous éclairer.
-          J’ai entendu parler d’un prêcheur… »
 
Mais ce prêcheur dont a entendu parler le cow-boy solitaire héros de Lonesome a une façon bien à lui d’interpréter l’évangile. Malheur à l’oie égarée qui met une patte en dehors du droit chemin, le bon Pasteur l’empêchera définitivement de dévier. ………..

 

 

 

 

 © Swolfs - Le Lombard

 

 

Ça a le goût de Durango. Ça a l’odeur de Durango. Ça a le look de Durango. Mais ce n’est pas Durango.
En ouvrant Lonesome, ou déjà en observant la couverture, on ne peut que se dire qu’on va passer un moment sympa, avec toute la connotation péjorative que peut parfois avoir ce terme, et lire une histoire qu’on oubliera dès qu’on l’aura terminée. Que nenni ! Swolfs est un narrateur hors pair pour tenir le lecteur en haleine de la première à la dernière planche. Il y a dans ses planches la passion pour le western qu’avait Eddy Mitchell lorsqu’il présentait La dernière séance.

 

 

 

© Swolfs - Le Lombard

 

 

Le dessinateur maîtrise tout un art du découpage. Rien n’est laissé au hasard. Les attitudes, les regards des personnages se répondent d’une planche sur l’autre. De surcroit, dès qu’il le peut, le scénariste rattache la petite histoire à la grande, héros et as de la gâchette vivant à l’aube de la guerre de Sécession. Pour en savoir plus, on ne peut que conseiller la lecture du passionnant dossier consacré à cette nouvelle série dans le non moins passionnant magazine Casemate, Yves Swolfs y décortique une vingtaine de planches de l’album.
Il y a des gens ou des choses qui sont photogéniques. Le genre du Western est, quant à lui, définitivement BDgénique. Ni ce Lonesome cow-boy, ni le Poor Lonesome de la même profession ne le démentiront.
 
Peu d’auteurs peuvent se targuer d’attraper les lecteurs au lasso pour ne pas les lâcher. Swolfs est de ceux-là.
 
 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Lonesome

Tome : 1 – La piste du prêcheur

Genre : Western

Scénario & Dessins : Swolfs

Couleurs : Julie Swolfs

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 56

Prix : 14,45 €

ISBN : 9782803671045



Publié le 22/01/2018.


Source : Bd-best


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