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Une reprise telle une invitation au voyage.  Les forêts d’opale 10 – Le destin du jongleur

«  - Luksand l’escamoteur ? Ton spectacle m’a plu. Je veux te proposer un travail.

-          Non.

-          Tu ne connais pas mon offre !

-          Inutile. Vous n’êtes pas le premier à vouloir utiliser mes talents d’illusionniste pour quelque affaire malhonnête. Je ne crochèterai pas de serrure ni ne déroberai de bourse pour vous !

-          C’est tout à ton honneur et il ne s’agit pas de ça. J’ai un magasin d’antiquités archéologiques à Oryampe, et ton habileté à convaincre les foules pourrait agir sur mes clients. Je paye généreusement et tu auras des commissions sur les ventes. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 © Arleston, Fernandez - Soleil

 

 

Rodombre d’Oryampe est bien insistant. Luksand ne peut qu’accepter sa proposition. Avec la belle Altaï, assistante archéologue, il va former un duo de choc. Et quand Rodombre décide d’embarquer Luksand avec lui afin d’échanger un jeu de serpole nispanthe contre un bijou, Altaï ne compte pas rester sur le carreau.

 

Avec un scénario propre et net comme il sait les faire, Scotch Arleston offre une histoire qui se lit avec plaisir, simplicité et d’une traite. C’est déjà un pari de gagné lorsqu’on ne ferme pas un album en cours de lecture. Il place quelques originalités rendant la lecture fantastico-héroïque. Le gerris, appelé plus communément patineur ou punaise d’eau, est ici transformé en vaisseau géant des mers. Les arangs, structures mobiles, surplombent la canopée et sont destinés à l’exploitation des sèves de la forêt glacée.

Arleston joue également avec les clichés. On peut se demander si la scène où Altaï se déshabille intégralement pour dormir nue...parce qu’elle dort comme ça était vraiment nécessaire. Dans le déroulé du récit, non. Dans le cadre d’un album d’Heroic-Fantasy de chez Soleil, oui. Après tout, est-ce désagréable ? Manifestement, c’est un gimmick dont le malin scénariste se joue.

L’album pêche seulement par un final quelque peu expédié. Les auteurs semblent avoir été par le cadre obsolète des 46 planches. Plus de liberté dans la pagination serait grandement souhaitable, et moderne, chez les éditeurs de nos jours.

 

 

 

 

 

 © Arleston, Fernandez - Soleil

 

 

Après neuf albums dessinés par Philippe Pelet, Cédric Fernandez pénètre dans les Forêts d’Opale et s’en sort avec les honneurs. Le résultat est, disons-le, époustouflant. Le jeune dessinateur s’est emparé des personnages avec aise. Plus encore, sur les décors, il rabat le caquet à tous ceux qui pourraient regretter que Pelet ait quitté l’aventure. Cette reprise est une invitation au voyage.

 

Franck Perrot est le quatrième coloriste de la série, dont le troisième sur les trois derniers albums. Ayant l’habitude de travailler avec Fernandez, ils forment un duo apparemment indissociable.

 

Pénétre dans les Forêts d’Opale, et vas-y, joue, file, Opale !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les forêts d’opale

Tome : 10 – Le destin du jongleur

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Arleston

Dessins : Fernandez

Couleurs : Perrot

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302063051



Publié le 15/01/2018.


Source : Bd-best


Alessandro Barbucci a dans l’encre de son dessin le sang du dynamisme italien  Ekhö monde miroir 7 – Swinging London

« - Je vous ai fait venir à la demande de la plus haute des autorités : Sa sainteté la Pontife !

-          Message à l’attention de Fourmille Gratule : La situation au Royaume-Uni est critique : pénurie de thé. Les Preshauns sont instables et les incidents se multiplient. Des humains voient des choses qu’ils devraient ignorer. Après les événements de Rome, il a fallu rendre amnésique la moitié de la ville. On ne peut pas recommencer à l’échelle d’un pays. »

 

Voici donc une mission pour la jeune et jolie Fourmille Gratule et son adjoint Yuri Podrov. Au cœur du Londres du monde miroir, ils vont devoir tout faire pour comprendre pourquoi les cargaisons de thé disparaissent. Sans ce british breuvage, les mignons Preshauns deviennent de violents espèces de Gremlins.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après New-York, Paris, Hollywood, Barcelone, Rome et la Nouvelle-Orléans, nous retrouvons Fourmille, Sigisber et Yuri dans la capitale britannique où un Preshaun pète un câble dans un Escarbus à impériale. De la cohue de Picadilly Circus aux faubourgs de Soho, de Big Ben à Tower Bridge, c’est à une véritable course contre la montre que vont devoir se livrer nos héros avant que le manque de thé ne cause des dégâts irréversibles dans la City.

 

Dans la foultitude de séries scénarisées par Christophe Arleston, Ekhö a ceci de particulier qu’une ville différente est le lieu principal de l’action de chacun des albums. Avec Lanfeust, c’est la meilleur de ses créations dans le domaine de la Fantasy, bien que le style ici s’éloigne un tant soit peu de l’Heroïc pur.

Fidèle à son style, le scénariste dissémine des clins d’oeil tout au long de l’album, comme lorsque Fourmille traverse ce quartier où les gens traversent tous la rue alignés par quatre.

 

 

 

 

© Arleston - Barbucci - Soleil

 

 

Alessandro Barbucci a dans l’encre de son dessin le sang du dynamisme italien, rassemblant tout un univers d’affinités européennes. Entre Didier Tarquin et Denis Bodart, il ajoute une dose de Giorgio Cavazzano pour créer un monde disneyien dans lequel on pourrait croire voir apparaître Basil, détective privé au coin d’une rue.

Quand son héroïne enflamme la piste d’un pub, elle danse réellement. Quand elle bondit devant Big Ben, tasse de thé à la main, dans un mouvement d’art martial, elle est la figure de proue d’une couverture superbe.

 

            Taïaut, taïaut, taïaut, longue vie à la série Ekhö !

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Ekhö monde miroir

Tome : 7 – Swinging London

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Arleston

Dessins : Barbucci

Couleurs : Lebreton

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302063020



Publié le 12/01/2018.


Source : Bd-best


Dans la lumière et les nuances de la Lune, ses enfants viennent à notre rencontre guidés par Chamblain et Nalin

Formidable outil pour prendre le temps de la rencontre en mots, en dessin et en couleurs, la bande dessinée nous offre souvent des moments délicieux, simplement humain, que le hasard peut être habile à provoquer dans le réel mais à côté desquels on passe si facilement, à tort. Chance est que Joris Chamblain et Anne-Lise Nalin ne l’ont pas raté, ce sujet fantastique qui fait se confronter les enfants du soleil et ceux de la Lune, par l’intermédiaire d’un journal puis d’une confrontation.

Résumé de l’éditeur : Morgane a seize ans. Elle vient d’emménager dans une nouvelle maison, avec ses parents et son petit frère. Tandis qu’elle déballe ses cartons, elle retrouve un journal intime caché derrière un radiateur. C’est celui de Maxime, un jeune homme de dix-sept ans, qui y raconte son étrange maladie qui l’empêche de vivre à la lumière du jour. C’est un enfant de la lune… Elle va le lire et vibrer à ses mots et n’aura alors plus qu’une seule idée en tête: retrouver la trace de Maxime pour lui rendre son journal oublié. Ses pas la conduiront bien plus loin qu’elle n’aurait pu l’imaginer…

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

C’est le genre de découverte qu’on voudrait tous faire. Dans un vieux grenier, dans une nouvelle maison, dans une chambre d’hôtel. Puisque les humains sont juste de passage (« sur cette Terre énervée », complétait Pagny) et qu’ils en laissent des traces plus ou moins volontairement, pourquoi ne trouverions-nous pas des petits trésors là où ils se sont établis ou égarés ?

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Morgane n’a pas dû chercher très longtemps avant de tomber sur ce drôle d’objet fait main et sur la couverture duquel le Soleil n’a plus rendez-vous avec la Lune et est parti fâché pour le plus grand sourire de l’astre de la nuit mais sans tarder à mettre sa vengeance à exécution. De quoi susciter surprise et intérêt pour la jeune fille qui ouvre ce journal comme elle ouvrirait le coeur de Maxime Lebuisson, l’énigmatique (au début) auteur de ce testament de jeunesse. Un oiseau de nuit forcé qui va attirer Morgane sur les toits et à l’aube d’un nouveau jour qui apportera conscience et connaissance d’un monde jusque-là insoupçonné.

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Enfant de la Lune, c’est ainsi que sont surnommés les jeunes victimes du Xeroderma pigmentosum, maladie rare et héréditaire d’origine génétique. Des malades handicapés par une peau de vampire, si sensible aux rayons UV que les réactions cutanées suivant une exposition sans protection sont dantesques. De quoi réduire ces jeunes à l’ombre ou à une combinaison bien hermétique pour se prémunir de tout risque de cancer inéluctable si le moindre rayon de soleil vient vous caresser de son gant clouté.

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Et en cet été, le temps n’est pourtant pas à rester enfermer même si le déménagement de la famille de Morgane n’est pas de tout repos et se joue majoritairement en intérieur. Ce journal découvert qui ouvre la porte sur le destin d’un inconnu, réjouissant puis inquiétant quand celui-ci, victime de raillerie de par tout l’attirail qu’il doit porter pour vivre sa vie d’écolier normalement, va mettre Morgane et ses proches sur la piste de Maxime. Mais aussi de tout ce petit monde mal aimé par la chance mais n’ayant pas refusé les plaisirs de l’enfance et de ses jeux même s’ils doivent être arrangés avec les heures sans soleil. Et Morgane, si râleuse et pas toujours de bonne composition quand on lui demande un service, de se trouver une mission auprès de ces êtres aux besoins si humains.

 

 

 

 

© Chamblain/Nalin chez Kennes

 

Pris les pieds dans la fiction, Journal d’un enfant de Lune se veut aussi documentaire et sensibilisateur, doté de toute l’humanité dont Joris Chamblain est capable. Et la lueur d’espoir et de reconnaissance attisée tout au long de ses 54 planches est galvanisé par le trait et les couleurs de l’encore toute jeune Anne-Lise Nalin, tellement prometteuse et perspicace pour créer des images ni trop simple, ni trop complexe, qui parleront autant aux parents qu’aux enfants. Avec, de jour comme de nuit, des ambiances sublimes et un feu d’artifice qui réunit les nocturnes et les diurnes autour d’un sens commun, celui de la vie, de l’amour malgré tous les bâtons que ce coquin et inégal de sort peut mettre dans les roues de ceux qui, pourtant, ne lui ont rien demandé. À chérir !

Alexis Seny

 

Titre : Journal d’un enfant de Lune

Récit complet

Scénario  : Joris Chamblain

Dessin et couleurs : Anne-Lise Nalin (Page Fb)

Genre: Famille, Jeunesse, Drame, Sensibilisation

Éditeur: Kennes

Collection : Ensemble

Nbre de pages: 57

Prix: 15,95€



Publié le 11/01/2018.


Source : Bd-best


Comment faire d’une histoire horrible un recueil de situations improbables  Game of crowns 1 – Winter is cold

« - Papa ! L’autre bâtard, il fait rien qu’à chourrer mon carquois !

-          Arrête de m’appeler bâtard !

-          Encore en train de vous battre ? Que vous ai-je donc enseigné à propos de la violence ? La valeur d’un homme se juge à ses actes et chez les Spark, on met un point d’honneur à respecter les traditions millénaires d’allégresse et de paix ! Vous comprendrez quand vos testicules seront descendus… Maintenant, allez jouer, j’ai du boulot ! »

 

John Sneeze, chef de clan d’un des sept royaumes, fait la guerre à ses ennemis pour devenir le maître du pays. Grodo, brute épaisse, cherche à séduire la princesse Denarines, qui elle aussi cherche à conquérir le monde. Et tout ce joli monde vit sa jolie petite vie… mais il est certain que sur un crâne fendu il n’est pas évident de poser une couronne.

 

 

 

 

 

© Lapuss, Baba, Tartuff - Casterman

 

 

Le trio du Piou est aux commandes du pastiche de « the » série télé du moment. Ils prennent un plaisir jubilatoire à mettre en scène les personnages créés par George Martin dans un pastiche irrévérencieux.

 

Le titre « Winter is cold » sonne comme un postulat signifiant que, quoique l’on fasse, le destin est en marche. Mais c’est peut-être la seule phrase sérieuse du bouquin.

 

 

 

 

© Lapuss, Baba, Tartuff - Casterman

 

 

On retrouve avec plaisir les bonshommes sauce Baba, avec leurs grands yeux et leurs rondeurs, mais il faut bien avouer que l’album est réservé aux afficionados de la série. Le profane passera à côté d’une bonne partie des gags.

 

Ce n’est pas bien grave. L’essentiel n’est-il d’être un bon gardien du mur ?

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Game of crowns

Tome : 1 – Winter is cold

Genre : Pastiche historique

Scénario : Lapuss’

Dessins : Baba

Couleurs : Tartuff

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 48

Prix : 9,95 €

ISBN : 9782203153554



Publié le 11/01/2018.


Source : Bd-best


Fantomino, la poésie de la mort et des monstres de Mauricio de Sousa ressuscitée par Paulo Crumbim et Cristina Eiko

Et s’il y avait une vie après la mort ? Si les fantômes du purgatoire attendaient leur heure au cimetière en jouant à cache-cache et en attendant qu’une cigogne les ramène à une enveloppe charnelle. Telle est l’idée développée dans Fantomino (alias Penadinho) de Paulo Crumbim et Cristina Eiko, une aventure entre le monde des monstres, celui des humains et celui des revenants bien sympathiques. La deuxième incursion (après Bidou, le petit chien) de Glénat dans le patrimoine brésilien de la BD et les héros cultes issus de l’imagination débordante de Mauricio de Sousa.

 

 

 

 

 

 

 

©Mauricio De Sousa



Résumé de l’éditeur : Fantomino le petit fantôme aime jouer à cache-cache avec ses amis dans le cimetière où ils habitent. Un soir, Lady Grue, leur figure tutélaire, leur annonce une grande nouvelle, la fantômette Petite Âme sera enfin autorisée à se réincarner au petit matin ! Fantomino est partagé entre la joie pour son amie et la déception car il n’a jamais pu lui avouer son amour… Il décide de l’emmener voir leur dernier lever de soleil et de lui déclarer sa flamme avant qu’elle ne le quitte. Mais, sur le chemin, Petite Âme est enlevée par un sorcier qui utilise l’essence des fantômes pour créer des philtres d’amour ! Fantomino et ses compagnons vont devoir partir à l’aventure pour sauver leur amie qui se retrouvera face à un choix : partir ou rester ?

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko chez Glénat

 

Ah l’amour, l’amour toujours ! Se pourrait-il qu’il soit contrarié entre la mort et la… vie ? Toujours est-il que, cherchant plus de quatre chemins pour y arriver, Fantomino n’a jamais trouvé une manière d’avouer sa flamme fantomatique à Petite Âme. Bon, cela dit, quand on est fantôme, on a tout son temps… sauf que la condition ectoplasmique a elle aussi une fin et que quand Dame Cigogne pointe le bout de son bec, ce n’est pas pour apporter des bébés mais pour ranimer les décédés.

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko chez Glénat

 

Fantomino doit donc jouer le tout pour le tout pour dire ce qu’il a sur le coeur (enfin, façon de parler) avant le grand départ de Petite Âme. Mais le mal est en ville et Petite Âme est convoitée par d’autres individus que le gentil petit fantôme.

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko

 

Relooké et modernisé pour le coup, Penadinho, comme Bidou un peu plus tôt en 2017 (mais aussi dans le Death Road de David Boriau et Jose Garcia), nous emmène dans une histoire à dormir debout mais aussi dans un pan de culture, dans une manière de raconter des histoires bien différente de ce qu’on voit dans notre bande dessinée européenne. Avec des codes, des bruitages, des onomatopées propres mais aussi des conventions qui existent pour être détournées (ainsi le lecteur sera-t-il surpris de découvrir une planche devant plus aux jeux vidéo qu’à la BD) et une expressivité toute latino.

 

 

 

 

© Paulo Crumbim/Cristina Eiko

 

Bref, un univers faussement naïf débordant de créatures attachantes (si, c’est possible), pas si enfant qu’il n’y paraît mais avec de vrais rapport et raccord à l’amour et à la définition que chacun en a. Frissonnant, ça va de soi.




 

Alexis Seny

 

Titre : Fantomino

Récit complet

D’après les personnages créés par Mauricio de Sousa

Scénario, dessin et couleurs : Paulo Crumbim et Cristina Eiko

Genre: Fantastique, Horrifique, Aventure

Éditeur: Glénat

Nbre de pages: 72

Prix: 11,50€



Publié le 10/01/2018.


Source : Bd-best


Sexy, drôle et pédagogique : le plastique et la BD sont fantastiques !  Le plastique, c’est fantastique

« - Excuse-moi… Tu permets que je te tienne compagnie ?... Oulà, ne commence pas à ma dire que tu as le cœur à l’envers ! Je n’aime pas bien les garçons qui roulent des mécaniques. Je ne suis pas affamée à ce point ! 

-    Tu préfères déguster ? »

 

Ça, pour déguster, elle va déguster, la nana ! Mais elle va faire rentrer son compagnon d’un soir dans le club très fermé du plastique. Et ça, c’est fantastique. L’amour sous cellophane, ça préserve, un point, c’est tout. Comme elle le dit, maintenant, il est élégant de partout.

 

 

 

 

© Even - Lenoble - Elmer Food Beat - Graph Zeppelin

 

 

Sexy, drôle et pédagogique : ces trois mots définissent ce recueil de cinq chansons du groupe Elmer Food Beat racontées en images. Les classiques Plastique et Daniella côtoient les un peu moins célèbres Les traversées sont solitaires, Ridy Oh et Martine à la plage.

 

            Les traversées sont solitaires est une histoire de pirates tentant de résister à des sirènes. Mais avec des culs pareils, même Pinocchio ne pourrait pas rester de bois. C’est la première fois qu’on voit d’ailleurs des sirènes avec les fesses apparentes.

            Le plastique, c’est fantastique, certainement le plus gros succès du groupe, raconte l’initiation d’un jeune homme à l’usage du préservatif.

 

 

 

 

© Even - Lenoble -  Elmer Food Beat - Graph Zeppelin

 

 

            Daniella a une bien jolie maison dans laquelle on peut se mettre à trois. Les voisins ont bien envie de la visiter, et pas que la maison. Monsieur n’est pas là mais il n’en voudra à personne.

            Ridy Oh est une rigolote histoire de cow-boy priapique, plus porté sur les animaux que sur la gent féminine. Mais les dames de l’ouest n’ont pas dit leur dernier mot.

            Enfin, Martine à la plage, toute droit échappée des gentils livres de Marcel Marlier et de Gilbert Delahaye, ou plutôt sa cousine, fait perdre la raison à tous les garçons lorsqu’elle se jette à l’eau.

 

 

            Les personnages de Katia Even font penser à ceux des Péchés mignons d’Arthur de Pins : gueules rondouillardes, formes exagérées, mais physiques un peu plus élancés. Jamais sale, jamais vulgaire, le graphisme érotique soft sied bien aux textes du groupe musical. La coloriste Hélène Lenoble accompagne la dessinatrice pour former un duo d’auteurs féminins en donnant aux planches des tons…chauds.

 

            Espérons qu’un tome 2 nous fera faire connaissance avec d’autres héroïnes d’Elmer Food Beat : la grosse Jocelyne, Caroline ou encore la caissière de chez Leclerc. Elles gagnent à être culs nus…euh…connues.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Le plastique, c’est fantastique

Genre : Comédie érotique

Scénario & Dessins : Even

Couleurs : Lenoble

Adapté de : Elmer Food Beat

Éditeur : Graph Zeppelin

Nombre de pages : 46

Prix : 10 €

ISBN : 9791094169155

 

Pour la sortie de leur BD érotique “Le Plastique c’est fantastique”, les Elmer Food beat seront présents au salon de la BD d’Angoulême des le jeudi 25 janvier sur le stand de Tabou éditions.

Et en concert Au MARS - 10, rue Raymond Poincaré 16000 Angoulême vendredi 26 janvier 2018 - 21h00 -
première partie Double Cheese - ouverture billetterie à 19h30

 

 

 

Le groupe Elmer Food Beat



Publié le 10/01/2018.


Source : Bd-best


En terres d’Arran, Elfes, Nains et désormais Orcs et Gobelins s’étripaillent joyeusement (ou pas) mais offrent un équilibre entre justesse et pur divertissement #2

Gold chantait les Îles d’Aran, la bande à Soleil a rajouté un « r » et décline depuis près de cinq ans les Terres d’Arran. Cinq ans dans le monde humain qui ont vu passer les décennies dans le monde des Elfes, des Nains et, désormais, des Orcs et des Gobelins. À la fin du mois de janvier (avec deux tomes attendus à la fin de ce mois de janvier), près de trente-deux albums auront été publiés, de la main d’auteurs confirmés et comme des poissons dans l’eau, pour décliner un univers bien plus foisonnant et évocateur que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Alors les Nains, les Elfes, les Orcs et les Gobelins usent-ils le genre, en pesant de tout leur poids, jusqu’à la corde ? Absolument pas. La preuve avec un coup d’oeil sur les deux dernières parutions et sur les prochains opus.


Orcs et gobelins, t.1 : des Walking dead de fantasy et une entraide pavée de mauvaises intentions

Résumé de l’éditeur : L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. À l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer. Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, Il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

 

 

 

 

© Jean-Luc Istin/ Diogo Saito

 

Quoi de mieux pour découvrir un nouvel univers, ou du moins d’un nouveau décor, de s’y réveiller en même temps qu’un personnage qui en a tout oublié. Alors, on admire le panorama qui dévoile un lopin de ville désertée et totalement encerclée par la mer. On progresse à son aise… enfin… au pas de course car, très vite, on se rend compte que s’il doit y avoir un seul vivant sur cette île, il ne vous veut pas que du bien, en témoignent ses flèches acérées qui tentent bien plus que de vous écorcher. Puis, il semble y avoir une présence bien plus nombreuse, des êtres qui n’ont plus toute leur tête mais qui ont les dents longues, très longues. Heureusement, Toruk n’a pas atterri seul sur cette terre immergée, deux de ses comparses sont tout autant en fâcheuse posture et ne seront pas de trop pour survivre plus vifs que morts.

 

 

 

 

© Jean-Luc Istin/ Diogo Saito chez Soleil

 

Pour ce lancement de nouvel arc narratif, c’est ni plus ni moins que l’incontournable et tout-terrain Jean-Luc Istin qui oeuvre au scénario pour y mettre plein de bonnes choses. Des genres déjà visités comme les morts-vivants (lui qui a adapté Romero) mais aussi un début comme Mémento et un labyrinthe semblable à celui de Minos et de son Minotaure (soigneusement remplacé par une créature tout aussi sanguinaire).

 

 

 

 

© Jean-Luc Istin/ Diogo Saito chez Soleil

 

Sous le trait plus comics de Diogo Saito (qui a oeuvré pour Marvel et ses Gardiens de la Galaxie, notamment, et a plus d’expérience en tant que coloriste), ce premier tome n’entend pas jouer la carte de la profondeur comme le fait Jarry avec les Nains mais ouvre la voie au pur divertissement. Cette fois encore, les bords de planches noirs sont légion et renforcent l’immersion dans ces pages où bientôt la trahison chassera l’union sacrée. C’est badass, amoral mais ça tient le haut du pavé jusqu’à nous procurer un intense sentiment de frustration à la fin… en attendant la suite ! Avec, en bonus, un aperçu de ce qui nous attend.

 

Alexis Seny

 

Série : Orcs et gobelins

Tome : 1 – Turuk

Scénario : Jean-Luc Istin

Dessin et couleurs : Diogo Saito

Genre : Heroic Fantasy

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 49 (+ 6 pages d’aperçu)

Prix : 15,50€



Publié le 09/01/2018.


Source : Bd-best


Une série idéale pour amener les novices dans l’Heroic-Fantasy  Marlysa 16 – L’emprise

« - Ce n’est un mystère pour personne : la maladie me ronge depuis plusieurs cycles et mes jours sont comptés ! Après ma disparition, Tolden devra élire son nouveau sage. Plusieurs personnes vont se présenter, mais deux risquent d’emporter le plus de suffrages… Le premier s’appelle Reidjal. Il est plutôt compétent et toujours à l’écoute de son prochain… Pour tout dire, c’est mon favori. Le second s’appelle Styneil. C’est un homme bourru et assez cassant… (…)

-          Qu’attendez-vous de moi au juste ?

-          Ton statut de fille adoptive de Tolden fait de toi la témoin la plus objective… Tu trouveras à l’intérieur de cet ouvrage tout ce qu’il faut savoir sur nos us et coutumes. En cas d’irrégularités, tu devras te saisir du conseil… »

 

C’est une bien lourde responsabilité que confie le Grand Sage à Marlysa : veiller à l’avenir du village de Tolden. La jeune femme masquée va se trouver au milieu d’un complot politique dont elle va être la première victime, accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis.

 

 

 

 

 

© Gaudin, Danard - Soleil

 

 

            Série culte du catalogue Soleil, Marlysa, sans faire grand bruit, poursuit son bonhomme de chemin. Rassemblant tous les poncifs de l’heroic-fantasy, des barbares musclés aux guerrières aux gros nichons (ce terme pouvant paraître vulgaire étant employé ici à dessein), la série est idéale pour amener les jeunes lecteurs dans ce monde. Il n’y a ni sexe, ni vulgarité dans Marlysa. Ça fait penser aux livres dont vous êtes le héros qu’on lisait dans les années 80 chez Folio Junior. Le monde de Marlysa constitue un univers fantastique cohérent avec des personnages secondaires que l’on retrouve avec plaisir : Randin, fils impulsif et déterminé, qui n’a qu’une idée en-tête : retrouver son père Bragal, Stirius, sorte de varan fidèle et imposant, élément comique de l’histoire, Cilia, la fidèle amie, ou encore le petit peuple des Lods.

 

 

 

© Gaudin, Danard - Soleil

 

 

 

 

Seul petit point négatif, la couverture, pourtant dynamique et inquiétante, n’a pas grand-chose à voir avec l’histoire. C’est dommage.

 

            Deux albums sont parus quasi-simultanément chez deux éditeurs différents avec le même titre : L’emprise, à savoir le tome 5 d’Avant la Quête et ce seizième Marlysa. La comparaison s’arrête là. Si dans la Quête, l’emprise est hypnotique, dans Marlysa, elle est physique. Les victimes sont « envoutées » par les vêtements qu’elles portent.

 

            Après seize albums, Marlysa garde son masque mais continue à dévoiler ses charmes.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Marlysa

Tome : 16 – L’emprise

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Gaudin

Dessins : Danard

Couleurs : Odone

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782302065000



Publié le 09/01/2018.


Source : Bd-best Laurent Lafourcade


Et Franquin créa Lagaffe : entretiens avec André Franquin, une ré-édition enrichie à venir en mars 2018

De février à mai 1985, à trois reprises et du Midi de la France jusqu'à Bruxelles, Numa Sadoul rencontrera André Franquin pour de longues conversations intimistes autour de la bande dessinée, de l'art et de la vie du dessinateur. De ces entretiens si particuliers, l'interviewer de Hergé publiera un livre, Et Franquin créa la gaffe, qui connut un succès tel à sa sortie, en 1986, qu'il fut très vite épuisé, mais jamais réimprimé. À l'occasion des 60 ans du célèbre personnage, c'est enfin chose faite.

"Et Franquin créa Lagaffe : entretiens avec André Franquin" n'est pourtant pas qu'une simple réédition. Celui qui enregistra ensuite Gotlib, Moebius ou encore Tardi et Uderzo, s'était de nouveau entretenu avec le père de Gaston Lagaffe à de nombreuses reprises jusqu'à la tragique disparition de l'auteur en 1997. Ces retrouvailles, longtemps restées inédites, viennent aujourd'hui enrichir ce volume qui, à la lumière d'une minutieuse et fidèle retranscription, découvre mille et cent facettes de l'illustre dessinateur. Un rendez-vous immanquable avec l'une des figures de proue de la bande dessinée franco-belge.

« Et Franquin créa Lagaffe : entretiens avec André Franquin » n'est pourtant pas qu'une simple réédition. Celui qui enregistra ensuite Gotlib, Moebius ou encore Tardi et Uderzo, s'était de nouveau entretenu avec le père de Gaston Lagaffe à de nombreuses reprises jusqu'à la tragique disparition de l'auteur en 1997. Ces retrouvailles, longtemps restées inédites, viennent aujourd'hui enrichir ce volume qui, à la lumière d'une minutieuse et fidèle retranscription, dévoile mille et cent facettes de l'illustre dessinateur. Un rendez-vous immanquable avec l'une des figures de proue de la bande dessinée franco-belge.

 

Prix : 48.00 EUR
format : 160 x 220
Album cartonné
676 pages en couleurs
EAN : 9782800161723
Sortie le 23 mars 2018

 



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best - Dupuis


Case à part : Arnest Ringard et Augraphie, vue par Ginette Latouille

« - Je viens payer mon loyer.

-          Ah ! Te voilà, toi ! Pas trop tôt… On est le 31. Vite ! File-moi ma pièce d’or !

-          Minute ! Vous devez me délivrer une quittance !

-          Une quittance !... A un rongeur ?

-          Un insectivore ! Et sans quittance, je ne paie pas. »

 

Une taupe qui paye un loyer à un être humain ?! Non, mais ça ne peut exister que dans les bande-dessinées un truc pareil ! Oups, excusez-moi, je ne me suis pas présentée… Désolée… Bonjour… Je m’appelle Ginette Latouille. Je suis une des seules héroïnes de BD qui n’ait jamais été dessinée. Arnest Ringard, célibataire endurci vivant dans son petit pavillon de banlieue, en pince pour moi. Telle l’Arlésienne de Daudet, je n’arrive jamais. Il le prendra tout seul son petit dîner aux chandelles sur la terrasse de son jardinet. Une fois, je lui ai envoyé une cassette avec le son de ma voix. Je ne sais pas pourquoi il l’a mal pris quand je lui racontais avoir rencontré sur la plage un beau maître-nageur au torse bronzé.

 

 

 

 

 

 

            Ce qui me rassure, c’est que ce brave Arnest ne vit pas complètement tout seul. En effet, la taupe Augraphie squatte le sous-sol de son jardin et détient un fabuleux trésor sur lequel le bourru bonhomme rêve de mettre la main. En attendant, ce pécule permet à la bestiole de verser ses émoluments au propriétaire des lieux.

 

            Les situations cocasses succèdent aux péripéties malignes dans lesquelles la taupe sortira très fréquemment victorieuse et Arnest Ringard fort couvent souillonné ! Tiens, voilà ici une contrepèterie comme celles, plutôt salaces, dont les scénaristes André Franquin et Yvan Delporte se sont délectés dans tous les titres des saynètes de la série. En voici quelques exemples, je vous laisse le loisir de les décoder :

 

-          Où Arnest Ringard se perd avec sa torche bien suspendue

-          Où Arnest Ringard émet des doutes sur la prune

-          Où Arnest Ringard se fait une cassette qui lui donne la voix branlante

-          Une bonne détection fait la joie errante

-          Où Arnest Ringard et la taupe constatent que les perturbations de nos masses nous rendront sourd

 

 

 

 

 

 

Vous avez tout trouvé ? Sinon, envoyez-moi un message à l’adresse : Ginette.Latouille@Taupmail.com, et si ça ne marche pas, mettez un petit commentaire en dessous de ce post.

Il paraît que chez Dupuis les dirigeants n’y ont vu que du feu pendant un bon bout de temps.

 

Dans l’histoire, le plus animal des deux n’est pas forcément celui que l’on croit. La taupe rend souvent chèvre le propriétaire des lieux. Si son coffret à cigare disparaît, il peut bien passer son temps à le chercher : Augraphie en a fait une boîte pour ranger ses quittances. S’il veut construire une piscine dans son jardin, la taupe le met en garde contre les mines, résidus de guerre, qui pourraient s’y trouver. Le seul objectif de la bête est de préserver son pécule et son habitat qu’elle ne fait qu’améliorer au fil du temps tandis que la demeure de Ringard, sombre maisonnette de banlieue morose, n’est pas un modèle de modernité.

 

Série étant passée anormalement inaperçue dans la carrière d’un géant comme Franquin, même s’il n’en est pas le dessinateur, ces démêlées se sont bonifiées en vieillissant. Et si le jeune lecteur d’une dizaine d’années a pu passer à côté dans le journal de Spirou, l’adulte qui le relit en découvre une saveur inédite.

 

 

 

 

 

 

            Les confrontations entre Arnest Ringard et Augraphie vécurent deux vies. Après la première, commencée en 1978 et conclue en 1981 par la publication d’un album dans la collection Carte Blanche, la série s’arrêta. En 1993, Frédéric Jannin reprit l’ensemble des planches et les redessina sous les conseils avisés de Franquin, puis, toujours avec Yvan Delporte, ils continuèrent et racontèrent de nouveaux déboires de Ringard et de sa taupe. Mais Dupuis ne republia pas d’album. Marsu Productions rendra tardivement justice à cette pépite dans une intégrale parue en 2006 reprenant les planches redessinées, les planches inédites et les annotations de Franquin sur les premiers jets de Jannin.

 

            Tiens, je viens de recevoir du courrier… Ah ? Une lettre d’Arnest Ringard ! Il m’invite à prendre un petit verre de Porto chez lui. Et si cette fois j’y allais ?

 

Laurent Lafourcade



Publié le 08/01/2018.


Source : Bd-best


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