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Héritage pirate.  Effroyable Shermann

 

 «  - Bienvenue, Madame. Nos condoléances.

- Merci, Baldo. Dites-moi stop, Maître.

- Veuillez m’excuser, mais sur le continent nous sommes habitués à des boissons plus saines...Vous l’ignoriez ?

- J’ignorais surtout que mon père avait un avocat.

- J’ai beaucoup de choses à vous apprendre sur votre père. »

 

 

 

 

 

 

 

                Wilmina Stiegmann est aubergiste. Elle reçoit aujourd’hui un avocat qui, en plus de lui annoncer le décès de son père, lui apprend qu’il a laissé un testament sur lequel sont couchés d’autres héritiers. Auguste Welliliver Shermann, le pirate le plus redouté de tous les temps, s’était réfugié à Tourneboussole où il avait ouvert une auberge et fondé une famille sous un faux nom, celui d’Arthur Stiegmann, le père de Wilmina. Outre sa fille, l’héritage devra être partagé avec ses trois neveux et nièces. Il y a Cecil Shermann, cocher et père de famille nombreuse, Magdalena Shermann, énorme femme, noble et tyrannique, se déplaçant en chaise à porteurs, ainsi que Carl Christ Shermann, un aventurier que les situations improbables rendent curieux. Pour toucher leur héritage, ils vont devoir mettre la main dessus, c’est un butin au montant mystérieux caché sur l’île.

 

 

 

 

© Palloni, Marsili - Ankama

 

 

                On connaît surtout de la BD italienne les fumetti comme Tex, Dylan Dog ou autres, ou bien encore toutes les productions Disney, les meilleures du monde dans le genre. N’oublions évidemment pas Prat et Manara. Au milieu de tout ça, peu de productions que l’on pourrait classifier de BD classique à la franco-belge franchissent nos frontières. Avec Effroyable Shermann, c’est chose faite. Grâce aux éditions Ankama, les pirates débarquent. Le scénariste Lorenzo Palloni invoque Robert Louis Stevenson, Björn Larsson et consorts sur une île isolée, non pas une « Tortue » mais une île double en forme de pieds. Il entraîne ses personnages dans une chasse au trésor qui se transforme en jeu de dupes. Quelqu’un tire non pas des ficelles mais des cordages. Qui en sortira victorieux ?

 

 

 

 

© Palloni, Marsili - Ankama

 

 

                Au dessin, Alessandra Marsili adopte un trait semi-réaliste ultra-dynamique. Les décors sont dépaysants. Que l’on soit en extérieur ou bien à l’intérieur d’une auberge, l’univers pirate est immersif. Les explosions fusent. Palme d’or au personnage de Magdalena, dont les colères redoutables sont drôlissimes et vont jusqu’à faire trembler l’album. Le cahier graphique final montre les projets de couverture et permet de voir l’évolution de quelques personnages principaux et de mesurer ainsi le travail préalable qu’il y a pour un auteur ou une autrice d’arriver au rendu voulu.

 

 

 

 

© Palloni, Marsili - Ankama

 

 

                Les éditions Bang offrent à la BD espagnole la diffusion qu’elle mérite en France et en Belgique. Avec Effroyable Shermann, les éditions Ankama ont trouvé leur fer de lance pour faire de même avec la BD italienne.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 


 

 

One shot : Effroyable Shermann

 

Genre : Piraterie

 

Scénario : Lorenzo Palloni

 

Dessins & couleurs : Alessandra Marsili

 

Éditeur : Ankama

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 17,90 €

 

ISBN : 9791033513544

 

 

 

 



Publié le 15/09/2022.


Source : Boulevard BD


Commando de crocs.  Idéfix et les irréductibles 2 - Les romains se prennent une gamelle !

 

«  - Ah ! J’adore ce quartier ! Je me demande si ce n’est pas un de mes coins préférés de Lutèce, avec tous ces artistes ! »

 

 

 

 

 

 

 

                Idéfix et ses nouveaux amis se promènent dans ce qui sera le futur quartier Montmartre, avec ses artistes et un monument qui ressemble au futur Sacré-Cœur. Ils sont de retour avec trois histoires complètes composant ce deuxième volume. Côté canin, Idéfix, Turbine et Padgachix forment un trio dans lequel chacun a son caractère. Baratine est une chatte indépendante aux yeux vairons. Le hibou Voldenuix et le pigeon Asmatix sont les volatiles qui complètent le groupe.

 

 

 

 

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2022 Les éditions Albert René/Goscinny-Uderzo

 

 

                Dans « L’œuf à la romaine »,le bouledogue Padgachix sert de nounou à un aiglon tombé d’un convoi romain.

                Dans « L’affaire du collier », vous ne croiserez ni Blake, ni Mortimer, ni Olrik. Turbine se prend d’affection pour un gaulois dont elle est persuadée qu’il est son maître.

                Enfin, « La statue de Labienus » prend un axe plus fantastique avec une statue du général romain Labienus qui prend vie grâce à une potion magique, mais pas celle qui rend costaud.

 

 

 

 

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2022 Les éditions Albert René/Goscinny-Uderzo

 

 

                Les auteurs offrent à Lutèce un ancêtre de Tour Eiffel grâce à un colombier qui en a la forme. Avec des clins d’œil bien pensés, ils n’oublient pas les adultes en se référant à King-King ou à Stromae dans des références que seuls les plus grands peuvent apprécier.

 

                Le concept d’Idéfix et les irréductibles est axé sur le même principe que la série Billy-the-cat, qui a fait les beaux jours de Dupuis dans les années 90 : une bande d’animaux sympas, chiens, chats et quelques oiseaux, qui vivent leurs aventures en ville, à hauteur de la cheville des humains. Loin d’être un succédané d’Astérix, ce spin-off autour d’Idéfix est une série sincère, tous publics et qui mérite sa place dans le PBDFB, paysage de la bande dessinée franco-belge. Les dessinateurs Philippe Fenech et Jean Bastide la portent au rang des séries de qualité graphique égale à celle de la série mère. Elle aurait mérité une édition dans un format un peu plus grand.

 

 

 

 

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2022 Les éditions Albert René/Goscinny-Uderzo

 

 

                Ce deuxième volume d’Idéfix et les irréductibles accompagne la série animée qui a débarquée sur France Télévisions l’année dernière. Transcription de qualité d’épisodes du dessin animé, ces petits albums vont se vendre comme des petites croquettes.

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : Idéfix et les irréductibles

 

Tome : 2 - Les romains se prennent une gamelle ! 

 

Genre : Aventures humoristiques 

 

Scénario : Michel Coulon, Simon Lecocq, Hervé Benedetti & Nicolas Robin 

 

Dessins : Jean Bastide & Philippe Fenech

 

D’après : René Goscinny & Albert Uderzo 

 

Éditeur : Albert René

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 8,99 €

 

ISBN : 9782864976004

 

© Bastide, Fenech, Coulon, Lecocq, Benedetti, Robin – Albert René

 



Publié le 15/09/2022.


Source : Boulevard BD


Spirou 4405 -  14 Septembre 2022

 

 

Spécial détective – Les 40 ans de Bloche

 

 

 

 

 

 

 

            Bon anniversaire, Jérôme !!! 40 ans déjà que le détective privé créé par Alain Dodier, Pierre Makyo et Serge Le Tendre est apparu dans un hors série Spirou + avec tout d’un coup sa première grande aventure L’ombre qui tue. Depuis, le garçon n’a cessé de rouler en solex en plein Paris ou ailleurs, mais toujours dans les pages de Spirou. Cet anniversaire valait bien un numéro spécial.

 

            Spécial Bloche également pour les abonnés avec un poptastic représentant le privé en solex devant son immeuble.

 

Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Mathieu, Dodier – Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Louca : L’histoire de Nathan

Tuniques bleues (Les) : Irish Melody

 

 

Récits complets :

 

Docteur Witt & Mr… (Debard & Boriau)

Jérôme K. Jérôme Bloche : La plus belle des surprises (Hamo & Vehlmann)

Marc & Pep : Idole & fétiche

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Edito (L’)

Etres de papier à la rescousse ! (Les)

Fifiches du professeur (Les) (La pause-cartoon)

Grotesque (La pause-cartoon)

Nelson

Pernille

Spoirou & Fantasperge (Marges de Sti)

Strip dont vous êtes la star (Le)

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Willy Woob

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Pixel Vengeur

Concours : Chapeau, Jérôme !

Interview : Dodier

Nouvelle : JKJ Bloche : Embarquement immédiat

Jeux : Alphonse, le pire détective du monde (Cerq & Tyst)

Leçon de BD (La) : Dutreix

 

 

Supplément abonnés :

Poptastic : Jérôme K. Jérôme Bloche

 

 

 

En kiosques et librairies le 14 Septembre 2022.

2,70 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 15/09/2022.


Source : Bd-best


Blake et Mortimer toujours vivants. Les amis de Jacobs

 

Les Amis de Jacobs est une Association Loi 1901 crée le 12 septembre 2005 par Christian Viard avec l'aide de Dominique Bréchoteau et Didier Bruimaud. Son principal but statutaire, entre autres, est de promouvoir la connaissance ou la découverte de l'œuvre d'Edgar Pierre Jacobs et sa continuité par les nouveaux auteurs et scénaristes. L’association édite revues, albums, livres, portfolios, marque-pages, cartes postales, affiches... De 7 adhérents en 2005, elle en compte plus de 500 aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

A l’instar d’Hergé, Edgar-Pierre Jacobs est l’un des pères fondateurs de la bande dessinée. En quelques mois, de nombreux ouvrages consacrés à l’auteur ou à ses personnages sont parus.

 

 

 

 

 

 

Il aurait rêvé mener une carrière glorieuse de baryton d’opéra. Le destin en décidera autrement. Ses notes les plus remarquables, il les couchera sur papier dans une œuvre inoubliable. Edgar P. Jacobs a signé un pacte avec Blake et Mortimer, héros de son opéra de papier. Dans une biographie riche et détaillée, la réédition augmentée de Edgar P.Jacobs, un pacte avec Blake et Mortimer, Benoît Mouchart et François Rivière nous content la vie de cet homme chic qui a contribué à faire de la bande dessinée un art.  

 

 

 

 

 


Dans Le mystère Edgar P.Jacobs, Jean Knoertzer, passionné de la vie et de l’œuvre du maître, n’offre pas une biographie comme on peut en lire tant. On n’y lira pas la genèse minutieuse de chacun des albums du maître, mais nous allons pénétrer dans son intimité, visiter sa maison, partir en vacances et admirer des expositions avec lui. Et ça, c’est complètement inédit. Plutôt solitaire (on le surnommait l’Hermite du Bois des Pauvres, en référence au lieu où il habitait), peu de gens ont eu l’occasion de l’approcher. Il a travaillé avec Hergé sur certains albums de Tintin. Cet ouvrage unique permet, à travers de nombreuses photos inédites et documents, de découvrir sa vie et ses projets.  

 

 

 

 

 

 

Plus récemment, avec Jacobs, Blake & Mortimer - Les pièges diaboliques, Xavier Mauméjean et Nicolas Tellop font une analyse introspective par un biais inédit et envoûtant. On découvre ainsi que, comme le souligne le titre de l’essai, la vie et l’œuvre d’Edgar P. Jacobs ont été parsemées de pièges diaboliques. S’il a connu la gloire essentiellement après sa mort, il laisse une œuvre magistrale dont toutes les reprises, même si certains albums sont fort honorables, n’arrivent pas à la cheville de l’original. 

 

 

 

 

 

 

                Côté bande dessinée, le trio Van Hamme, Beurserik et Van Dongen ont signé Le dernier Espadon. Situé après La vallée des immortels, l’histoire rebondit sur le premier récit d’Edgard-Pierre Jacobs : Le secret de l’Espadon. Jean Van Hamme avait juré qu’on ne l’y reprendrait plus, mais il y est retourné. Il pousse cette fois-ci le curseur tellement loin qu’on croirait presque lire une parodie. Lorsque l’on lit entre les lignes, on est parfois plus proche de Philip et Francis que de Blake et Mortimer. Les codes sont utilisés à l’extrême, ce qui donne une étrange impression d’être dans des chaussons mais d’avoir trop chaud dedans. Le scénariste se permet des choses que Jacobs n’aurait pas écrites. Certains dialogues entre Olrik et Mortimer sonnent faux. De même, Marge interrompant une réunion au sommet pour donner un message à Blake est une scène improbable. Reste le plaisir de retrouver au premier plan Nasir dans un rôle stratégique.

 

 

 

 

 

 

S’il est un album indispensable, c’est Edgar P. Jacobs le rêveur d’apocalypses. La vie de Jacobs est si riche que l’auteur a tout d’un héros de bande dessinée. Le scénariste François Rivière s’est entretenu des heures durant avec lui. Si quelqu’un connaissait bien l’ermite du Bois des Pauvres, c’est bien lui. Il était donc l’homme idéal pour raconter sa vie et faire qu’elle se lise « comme un roman ». On croisera bien sûr Laudy et Hergé, mais aussi Franquin et Martin, Leblanc et Duchâteau, pour ne citer qu’eux. La véritable surprise de l’album ne vient pas tant de Jacobs dont bon nombre de lecteurs connaissaient les grandes lignes de la vie, pas tant non plus de François Rivière qu’on savait excellent scénariste (Albany en particulier), mais de Philippe Wurm. Si le dessinateur n’en est pas à son coup d’essai, il publie depuis 1988, il est la révélation de ce Rêveur d’apocalypse. Wurm donne une ahurissante leçon de ligne claire. L’introduction est merveilleuse. Le final est magistral. Le cœur de l’album est un envoûtement.

 

 

 

 

 

 

                Avec La fiancée du Dr Septimus, la collection illustrée Le dernier chapitre est de retour grâce, toujours à François Rivière au récit, et à Jean Harambat au dessin. On a beau avoir été un savant fou ayant terrorisé jadis la perfide Albion et en particulier sa capitale, on n’en a pas moins eu un cœur. Le Docteur Septimus, celui-là même qui tirait les ficelles de la tristement célèbre Marque Jaune, avait une collaboratrice en la personne d’Ursula Phelps. Cette biologiste semble avoir eu des liens intimes avec Septimus. Au dessin, Jean Harambat pénètre avec délicatesse et sobriété dans l’univers jacobsien. Comme par timidité, il montre peu de visages. Les personnages sont très souvent de dos ou de trois-quart dos. Au niveau des décors et des ambiances, Harambat s’approche peut-être plus du Jacobs illustrateur de La guerre des Mondes d’H-G Wells. Wells-Whale, il est des coïncidences qui dépassent la compréhension de la création.

 

 

 

 

 

 

Paralèllement à toutes ces parutions, depuis le 23 avril et jusqu'au 27 novembre 2022, le Château de La Roche-Guyon célèbre en 2022 les 60 ans de l'album Le Piège Diabolique dont l'action se déroule dans ce village du Vexin et notamment dans son château millénaire coiffé de son donjon dominant la Seine. Cette exposition, imaginée par Thierry Bellefroid (journaliste, scénariste de bande dessinée et écrivain, membre de la fondation E.P.Jacobs) et Eric Dubois (professeur agrégé de design et enseignant à l'école Boulle, membre de la fondation E.P.Jacobs), met à l'honneur la sixième aventure de Blake et Mortimer. Dans MachinaXion, Mortimer est prisonnier du temps au Château de La Roche-Guyon.

 

 

 

 

© Affiche de l’exposition MachinaXion, Mortimer prisonnier du temps au Château de La Roche- Guyon & Le Piège diabolique (couverture édition 1962) Edgar P. Jacobs Première publication dans le Journal Tintin de 1960 à 1961 Première édition en 1962 aux Éditions du Lombard / Dargaud © Collection Fondation E.P. Jacobs Éditions BLAKE ET MORTIMER / Studio Jacobs

 

 

On le voit, on le lit, Jacobs est encore vivant. Tout cela justifie bien l’existence d’une association comme Les amis de Jacobs. Elle est basée à Angoulême. Pour 35 € annuels, vous recevez deux numéros des Amis de Jacobs, revue imprimée sur un papier de grande qualité et emplie d’informations, anecdotes, dessins, analyses de l’œuvre de Jacobs, et avez la possibilité de commander tous les autres ouvrages, cartes et autres édités par l’association. Outre marque-pages de Blake & Mortimer ou du Rayon U, portfolio « cartes de membre », parmi les dernières parutions, on trouve une édition dans son format et ses couleurs d’origine de S.O.S. météores, deux tomes de contes illustrés par Jacobs pour le journal Bravo et deux important volumes Esquisses et dessins, trésors jamais vus.

 

 

 

 

 

 

Toutes les informations pour adhérer et commander sont sur le site de l’association Les amis de Jacobs, association d’utilité bédéïque. http://www.amisdejacobs.org/fr/

 

Laurent Lafourcade

 

 

 


 

 

 


 



Publié le 13/09/2022.


Source : Boulevard BD


Whodunit au château.  Meurtres à Moulinserre

 

  « - Heureux de te revoir en pleine possession de tes moyens, honorable Tcheng. Et merci de prendre la peine de me guider dans un périple auquel je ne suis pas accoutumé.

- Mon cœur n’est pas dans l’inquiétude, Poudre Bénie. Martin a appris que vous nous aviez fait l’honneur de rejoindre l’Europe et il profite de l’anniversaire de la cantatrice pour convier à cette modeste réception quelques visages chers ayant jalonné son existence. »

 

 

 

 

 

 

 

Paris, gare du Nord. Tcheng Song-Yin attend le Thalys rouge et blanc de 11h55. Il doit retrouver ici-même le fils installé en France du sherpa Tharpay, ainsi que le moine bouddhiste Poudre Bénie. Ensemble, ils vont se rendre à Moulinserre, dans le Brabant Wallon. Ils y sont invités par la cantatrice Bruna Castraflore qui donne une grande fête au château le 22 mai à l’occasion de son anniversaire. Plus que pour la fête, Tcheng est heureux d’y aller car il va revoir son ami de toujours, Martin. Sur place, on s’affaire dans les préparatifs. Martin, Pilou, Paddock et Tournelune sont là, ainsi que, évidemment, Hector, le fidèle serviteur, qui ne quitte jamais les lieux. Pour l’instant, l’heure n’est pas aux festivités. Ce sont les obsèques d’Emile Van Hot, l’arboriste de Moulinserre. Les célèbres enquêteurs Durandt qui font partie des proches sont venus en 4 CV. Mais il falloir très vite se reconcentrer sur la réception. Les invités vont commencer à arriver, et ils sont nombreux. Comme dans tout polar qui se respecte, tout va bien se passer jusqu’à ce qu’un meurtre soit commis.

 

 

 

 

© Nattiez, Stanislas - Sépia

 

 

Renaud Nattiez est l’un des plus grands spécialistes de l’univers hergéen. Il a écrit plusieurs livres consacrés à l’œuvre du maître, dont le récent Milou, humain trop humain. Paru préalablement, Meurtres à Moulinserre est une fiction mettant en scène les personnages de Tintin, ou plutôt de Martin, son avatar. D’ailleurs, qui a dit que l’on était chez Hergé ? On est à Mouliserre, en Belgique, et non pas à Moulinsart. Pas de Capitaine Haddock, on reste au Paddock. Pas de professeur Tournesol, mais un Tournelune aussi sourdingue que son modèle. Et la cantatrice, rien à voir avec le rossignol milanais : Bruna Castraflore n’a de commun avec Bianca Castafiore que la profession. Ha, ha ! Mais bien évidemment que ce sont eux, dans le monde régit par la société Moulinsart qui gère les droits de Hergé, enfin, Tintin Imaginatio. Renaud Nattiez a simplement modifié tous les noms pour ne pas subir leurs foudres. Ce qui s’avérait être un handicap se transforme en atout.

 

 

 

 

© Nattiez, Stanislas - Sépia

 

 

Les tintinophiles retrouveront dans cette enquête policière non seulement les personnages principaux de Tintin, mais aussi une grande partie des acteurs secondaires. La liste est longue. On les voit sur les plans de tables de la réception. Le Général Alcatraz, Attila, le fils de l’émir, toujours présent pour les facéties, Chérubin Champion et sa famille, ne sont que quelques noms dont on peut s’amuser à deviner les originaux, dont un qu’on pensait disparu. Ceux-ci sont très faciles, mais qui saura les réattribuer tous ? Nattiez ne s’arrête pas là. Il met également en scène des doubles de personnages réels. Fanny et Nick Rodwell, Albert Algoud, Philippe Goddin, Numa Sadoul et bien d’autres sont mis en scène par le truchement de substituts. Il ne manque que le célèbre auteur des aventures de Martin, Hervé, mais il est décédé.

 

 

 

 

© Nattiez, Stanislas - Sépia

 

 

Renaud Nattiez ajoute une hilarante post-face avec une sélection d’ouvrages écrits par les personnages de ce roman, deux pages qui arrivent comme une cerise sur le gâteau. On n’aurait qu’une envie : qu’existent vraiment les livres Le Malfrapopoulos sans peigne, par Albert Bagoud, Crimes en cascade de Torrino, T’as l’beau rôle, Martin, par Jean-Pierre Peugeot, et tous les autres...

 

Avec cette histoire de meurtres et par delà de succession, c’est tout l’héritage hergéen qui est parodié par Renaud Nattiez. Pas besoin de maîtriser tous les private-tintinophiles-jokes pour apprécier l’affaire. Les fans d’Agatha Christie, de Cluedo et autres « Whodunit » seront enchantés par ce polar réjouissant. Et après cela, vous n’aurez qu’une seule envie : relire Tintin. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

One shot : Meurtres à Moulinserre 

 

Genre : Polar

 

Texte : Renaud Nattiez 

 

Couverture : Stanislas

 

Éditeur : Sépia

 

Collection : Zoom sur Hergé

 

Nombre de pages : 288 

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9791033401971

 

 

 

 



Publié le 13/09/2022.


Source : Boulevard BD


Un magicien d’ose, ose rêver.  L’émouvantail 5 - L’étang du rêve

 

« - Oh ! Quelque chose a bougé ! Où est-il ? Je n’en suis pas certain, mais il m’a semblé voir un poisson… Peut-être va-t-il repasser ? Mmh… J’ai l’impression qu’il s’est bel et bien envolé… Petit poisson !? Reviens ! Je ne vais pas te manger, tu sais ! »                    

 

 

 

 

 

 

 

Généralement, un épouvantail se trouve au beau milieu d’un champ, passant son temps à effrayer les oiseaux. Celui-ci n’y est pas. Il rêvasse au bord d’un étang. Peut-être est-ce parce qu’il n’est pas un épouvantail justement, mais un émouvantail. Il a un cœur et  a la tête ailleurs. Il est dans la lune, celle qu’il mire dans le reflet de l’eau, dans l’onde scintillante de l’étang. Une ombre passe entre deux nénuphars. C’est un poisson, un poisson céleste. Il sort de l’eau et s’envole, invitant l’émouvantail à grimper sur son dos.

 

 

 

 

© Dillies, Bouchard - La Gouttière

 

 

Renaud Dillies écrit et dessine une poésie. L’émouvantail est une série tout ce  qu’il y a de plus merveilleux. On part d’un reflet de la lune. On nage dans le ciel et l’on découvre comment naissent les arc-en-ciel. Une bande rouge, une bande orange, une bande jaune, une bande verte, une bande bleue, une bande violette. Les couleurs de Christophe Bouchard accompagnent ce joli voyage, cette merveilleuse épopée, cette balade, promenade avec un « l », cette ballade, chanson de geste avec deux « l ». Deux « l », deux ailes, ailes-nageoires comme celles de ce poisson volant.

 

 

 

 

© Dillies, Bouchard - La Gouttière

 

 

Des papillons, un petit oiseau jaune, un canard et sa famille ainsi qu’une grenouille accompagneront l’émouvantail dans ce petit album philosophique où tous ceux qui le liront bien sauront comment voler.

 

 

 

 

© Dillies, Bouchard - La Gouttière

 

 

En cinq albums, L’émouvantail est devenue une série phare des éditions La Gouttière, une série feel-good. Chaque fois que l’on finit un livre de ce personnage hors du commun, on ne peut que se sentir mieux. Merveilleux.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 

 

 

Série : L’émouvantail

 

Tome : 5 - L’étang du rêve

 

Genre : Emotion 

 

Scénario & Dessins : Renaud Dillies

 

Couleurs : Christophe Bouchard 

 

Éditeur : La Gouttière

 

Nombre de pages : 32 

 

Prix : 10,70 €

 

ISBN : 9782357960640 

 

 

 



Publié le 13/09/2022.


Source : Bd-best


L’incroyable destin de l’enfant du Sahara.  L’or d’El Ouafi

 

«  - Et voilà la consécration sur le marathon, à l’autre bout du monde ! Je vous demande d’applaudir Alain Mimoun ! Alain, vous méritez bien le titre de champion des champions et de héros national !

- Je suis très heureux de l’accueil et de l’attention que vous m’accordez. Jamais je n’aurai cru être invité ici un jour, même si j’ai toujours cru en ma bonne étoile. J’ai eu l’honneur de défendre plusieurs fois la France. La première sur le front, la deuxième en tant qu’athlète aux jeux olympiques, avec au bout l’or dont j’ai tant rêvé. Il y a un autre homme parmi nous qui a eu ce parcours là. Il m’a en quelque sorte ouvert la voie. J’ai tenu à ce qu’il soit présent aujourd’hui. Je vous demande d’applaudir le médaillé d’or Boughéra El Ouafi… »

 

 

 

 

 

 

 

                Décembre 1956, Alain Mimoun est reçu à l’Elysée par le président René Coty. Parmi les convives pour fêter la médaille d’or en marathon qu’il ramène des jeux olympiques de Melbourne se trouve Boughéra El Ouafi. Mimoun n’est pas le premier à ramener l’or dans cette discipline. Vingt-huit ans plus tôt, El Ouafi est rentré des JO d’Amsterdam avec la même récompense. Aujourd’hui, El Ouafi est oublié de tous. Il vit ruiné dans une chambre de bonne. En rentrant chez lui, il raconte au chauffeur qui le ramène son incroyable destin.

 

 

 

 

© Carcenac, Saint-Dizier, Girard - Michel Lafon

 

 

                Paul Carcenac et Pierre-Roland Saint-Dizier sont deux journalistes. Si L’or d’El Ouafi est le premier album du premier d’entre eux, ce n’est pas la première publication du second qui est scénariste depuis une douzaine d’années. Ensemble, ils racontent la vie passionnante et passionné du coureur, s’inspirant librement des faits réels. On découvre ainsi le jeune Boughéra gardant des chèvres à Ouled Djellal dans le Sahara algérien. C’est en toute fin de première guerre mondiale qu’il sera démobilisé pour rejoindre les troupes françaises dans les tranchées. Les années suivantes, il restera engagé en France pour saisir le charbon allemand. Remarquant ses prédispositions à la course, l’un de ses supérieurs l’inscrit à un marathon. Ce sera le véritable début d’un challenge qui ne le quittera plus : réaliser à chaque fois une meilleure course que la précédente. Premiers JO à Paris en 1924. Il faudra attendre quatre ans de plus pour la consécration hollandaise.

                L’histoire ne s’arrête pas là. Les scénaristes poursuivent le récit, de ses années de bête de cirque aux Etats-Unis jusqu’au retour en France et les avanies qui se sont succédées jusqu’à sa mort, tragique et bête, parce qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment.

 

 

 

 

© Carcenac, Saint-Dizier, Girard - Michel Lafon

 

 

                Christophe Girard traite le graphisme dans une ambiance charbonneuse et transpirante. Quand il est à la guerre ou qu’il travaille, El Ouafi se trouve dans des tons de planches plus sombres que lorsqu’il est sur la piste. Le dessinateur est un artiste plasticien spécialisé dans la gravure et cela se ressent dans son trait. Son El Ouafi a quelque chose de L’homme qui marche de Giacometti, sauf que lui est l’homme qui court.

                Magnifique, la couverture que l’on pourrait penser allégorique ne l’est finalement pas tant que ça. Ce n’est pas pour rien que ce sont un cheval et un guépard qui courent avec lui. Ce n’est pas pour rien que les anneaux olympiques sont au sol et tracent leur chemin.

 

 

 

 

© Carcenac, Saint-Dizier, Girard - Michel Lafon

 

 

                Il est des destins oubliés ou brisés. Celui de Boughéra El Ouafi entre dans les deux catégories. Que cet hommage qu’est cet « Or d’El Ouafi » puisse permettre à son étoile de scintiller à nouveau.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 


 

 

One shot : L’or d’El Ouafi 

 

Genre : Biographie

 

Scénario : Paul Carcenac & Pierre-Roland Saint-Dizier

 

Dessins & couleurs : Christophe Girard

 

Éditeur : Michel Lafon

 

Nombre de pages : 128

 

Prix : 20,95 €

 

ISBN : 9782749947105

 

 

 



Publié le 13/09/2022.


Source : Bd-best


Le tsar de l’espace.  L’ange du prolétariat, une vie de Youri Gagarine

 

«  - Tu viens à la gymnastique, tout à l’heure, Youri ?

- Non. J’ai enfin pu m’inscrire à l’aéro-club. Ça me changera des tracteurs qu’on bricole en cours.

- Pour piloter ? Mais… C’est pas un peu dangereux, ça ?

- Et alors ? C’est tout le sel de la chose, non ? »

 

 

 

 

 

 

 

                1945, un peu avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en Prusse orientale, une fusée nazie est récupérée par les forces soviétiques. Il va falloir faire appel aux meilleurs ingénieurs pour l’analyser. Mois de Mai, les américains sont à la frontière suisse-allemande. Un certain Wernher Von Braun fait l’objet de toutes les attentions. Il travaille sur les missiles V2. Nous sommes aux origines de ce qui deviendra la conquête de l’espace. Quelques années plus tard, on va assister à l’émergence d’un jeune pilote qui va se positionner dans la liste des candidats au départ dans la navette spatiale soviétique. Il s’appelle Youri Gagarine. C’est l’ange du prolétariat.

 

 

 

 

© Nikolavitch, Ruiz - 21g

 

 

                Après s’être intéressés aux frères Roy et Walt Disney, Alex Nikolavitch et Felix Ruiz traversent l’Atlantique (ou le Pacifique, ça dépend dans quel sens on tourne) pour passer des Etats-Unis à l’URSS et de la conquête du cinéma d’animation à celle de l’espace. La couverture ambiance affiche de propagande donne le ton. Les auteurs nous invitent à l’intérieur du système soviétique sans rien nous cacher.

                Tous les acteurs sont réunis de Khrouchtchev à Korolev, de la chienne Laïka à Guerman Titov et Grigori Nelioubov, les deux autres membres du trio final des prétendants au siège dans Soyouz. Les premiers essais à Baïkonour, le succès de l’opération, le retour sur Terre, moins conventionnel que prévu, avec la communication orientée qui s’en suivra, rien n’est laissé dans l’ombre. La biographie est objective. Gagarine, même s’il en est un, n’est pas présenté comme un super-héros. C’était un homme passionné, à la fois instrument du parti, mais aussi et surtout un pionnier, le pionnier de la conquête spatiale. La continuation de la guerre par d’autres moyens, Bip-bip, Héros de l’union soviétique, Alors les cieux s’ouvriront, en quatre chapitres, par le prisme de Gagarine, Alex Nikolavitch passe d’un monde qui se réveille en ruines à un nouvel Empire dont seules les fondations commencent à être posées.

 

 

 

 

© Nikolavitch, Ruiz - 21g

 

 

                Au dessin, Felix Ruiz quitte le style cartoon adopté pour la bio des frères Disney. Son trait prend un axe plus réaliste tout en restant dans une ligne claire à la Jacobs dans les visages. Pour le découpage, Ruiz reste dans une école Comics avec des fonds perdus, des personnages empiétant d’une case à l’autre. Les décollages de fusées sont époustouflants. On a l’impression d’y être. On en a des frissons.

 

 

 

 

© Nikolavitch, Ruiz - 21g

 

 

                Les biographies dessinées sont l’une des spécialités maison des éditions 21g. Martin Luther King, Nelson Mandela, Ernest Hemingway, le roi Pelé, Edward Curtis, Prince, Gandhi,… les sujets étudiés sont de tous horizons. Avec Gagarine, cet horizon dépasse les limites pour atteindre l’espace. Nikolavitch et Ruiz nous présentent la naissance d’une nouvelle étoile, de son étincelle à son extinction, une fin bête, trop bête pour un tel homme après avoir pris des risques inconsidérés.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

 


 

 

One shot : L’ange du prolétariat, une vie de Youri Gagarine 

 

Genre : Biographie

 

Scénario : Alex Nikolavitch

 

Dessins & couleurs : Félix Ruiz

 

Éditeur : 21g

 

Nombre de pages : 104

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9791093111490

 

 

 



Publié le 13/09/2022.


Source : Bd-best


Bd Comics Festival 2022 – Prix Atomium

 

Le Prix Première du roman graphique a été attribué cette année à Jean-Louis Tripp pour son livre « Le petit frère » paru aux Éditions Casterman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© D.Pasamonik (L’Agence BD) – Jean-Louis Tripp - Casterman

 


 

 

 

 

 

 

La RTBF (Radio-Télévision belge de la Communauté française) a lancé en 2017 ce nouveau prix, récompensant un genre en phase avec les auditeurs de la PREMIÈRE.

L’avis du jury : Le jury du Prix Première du Roman Graphique 2022 a tenu à récompenser une œuvre qui, à travers le partage de la part la plus intime d’un homme, parvient à toucher l’universel.

Le deuil que raconte JeanLouis Tripp, la perte de son petit frère, a profondément ému nos six juré.e.s : l’un confiant qu’une période de retrait lui a été nécessaire avant de poursuivre ses lectures, un autre s’est dit chaviré, quand une autre encore a retenu les silences parcourant cette œuvre.

JeanLouis Tripp raconte au plus près de lui et de ses proches, il le fait avec délicatesse et précision, sans pathos mais sans concessions, et c’est ainsi qu’il a communié avec toutes celles et tous ceux qui l’ont lu : il leur a parlé de leur propre histoire aussi, une histoire de vie avec la mort. Une histoire de présence malgré l’absence.

Dotation : 20.000 euros en espace publicitaire, ainsi qu’une forte présence rédactionnelle sur les supports de La Première.

Partenaire : La Première - RTBF (Radio-Télévision belge de la Communauté française)

 

Ci-contre, le lien de la chronique que nous avions consacrée à l’album : S'envoler à 11 ans ... Le petit frère (bd-best.com)

 

 

 

 

 

 

Mise en page : Alain Haubruge

 



Publié le 12/09/2022.


Source : Bd-best


Qui veut la peau de Jeremiah et Kurdy ?   Jeremiah T.39 – Rancune

 

 

 

Un nouveau « Jeremiah » n’est pas forcément une surprise. Il débarque dans les rayons de nos librairies à date quasi régulière depuis quelques années, comme le Beaujolais nouveau … Et comme lui, tous les millésimes ne sont pas systématiquement identiques ou de niveau égal !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais comment ces deux-là peuvent-ils encore s’entendre ? Être plus qu’amis au point d’être inséparables pour le meilleur … mais surtout le pire ? Avouons d’ailleurs que pour le pire, Kurdy est champion ! Ne le fait-il d’ailleurs pas « exprès » sachant que Jer’ sera là pour le tirer d’affaire ?

 

 

 

 

 

© Herman - Dupuis

 

 

Mais cette fois, Jer’ le laisse gentiment derrière les barreaux et s’en va se vider la tête au bord de la mer. A moins qu’il n’ait besoin de réfléchir pour tenter de trouver l’astuce afin de sortir son ami des sales draps dans lesquels il s’est (comme toujours) plongé !

Toujours est-il que pour lui-même la situation a tendance à rapidement se compliquer. Témoin involontaire d’une agression lors de ses « réflexions », il est pris dans une rixe de retour en ville. Et c’est ainsi qu’il se fait arrêter par la milice !

Mais contrairement aux autres protagonistes de cette bagarre, ce n’est pas au commissariat qu’il est embarqué !

Emmené dans un entrepôt miteux par 2 flics corrompus, il fait la rencontre d’Aloïs. Sorte de « monstre » digne de Jabba le Hutt … en version humaine. Brute épaisse, il n’a aucun sens de l’humour et semble même légèrement « dérangé », voire incontrôlable lorsque sa fureur l’emporte. Avec sa sœur Candice, surnommée respectueusement « Madame » par ses hommes de main, ils dirigent fermement la ville en sous-main, et accomplissent certains contrats pour des clients fortunés.

 

 

 

 

 

 

© Herman - Dupuis

 

 

Kurdy et Jeremiah se seraient dès lors plutôt fait « piégés ». Mais pour quel commanditaire ? Pour quelle raison ? Qui aurait donc suffisamment de « rancune » vis-à-vis des deux amis pour mettre un contrat sur leur tête et exiger qu’ils lui soient livrés ensemble ?

Et comment cela va-t-il se dérouler vu qu’ils ont l’art de mettre des grains de sable dans les engrenages les mieux graissés ?

La suite, à la lecture de ce 39e tomes de « Jeremiah » : « Rancune » !

 

 

 

 

 

 

© Herman - Dupuis

 

 

39e déjà et néanmoins un sentiment de fraîcheur, de rebondissements anti-routine dans un scénario innovant. Oui, Jeremiah et Kurdy sont séparés dés la première page et nous nous doutons qu’ils vont tout faire pour s’en sortir et se retrouver … libres ! Mais ce chassé-croisé « captif-libre » voit une intrigue plus recherchée, fouillée apparaître petit à petit, jusqu’à un final digne de ce qu’Hermann est capable d’imaginer.

 

 

 

 

 

 

© Herman - Dupuis

 

 

Ceci ne l’empêchant pas de nous emporter dans ces atmosphères nocturnes dont il est siiiiiiiiii friand. Des décors brumeux, une pénombre obscure où seuls certaines teintes rouges, beiges ou vertes éclairent parfois l’une ou l’autre case.

Avouer qu’Hermann affectionne particulièrement ce type d’ambiance est un euphémisme ! L’occasion pour ce « peintre de la BD » de déployer toute sa maîtrise dans l’art du lavis monochrome. Technique qu’Hermann privilégie volontiers pour nuancer les différentes intensités de ses décors humides et grisâtres.

 

Maintenant, le dessin seul ne suffit pas pour apprécier ce nouvel opus. Les dialogues mettent clairement en avant les côtés irascibles et détraqués d’Aloïs exacerbant la lente perte de contrôle de la situation de sa sœur Candice. Celle-ci supporte de plus en plus difficilement ce frère dégénéré ! Cela ne l’amènerait-elle pas à commettre l’irréparable ?

 

 

 

 

 

 

 

© Herman - Dupuis

 

Des gueules d’atmosphère (comme souvent chez Hermann), un « monstre » post-apocalyptique (résidu du conflit nucléaire préalable à la série), un scénario à double tranchant, des couleurs exceptionnellement grises et moites, … les ingrédients indispensables à un bon « Jeremiah » divertissant !

 

Et dire que le 40e tome « Celui qui manque » est déjà en route …

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

 

Titre : Rancune

 

Série : Jeremiah

 

Tome : 39

 

Éditeur : Dupuis

 

Scénario : Hermann

 

Dessin : Hermann

 

Couleurs : Herman

 

Nombre de pages : 42

 

Prix : 12,95 €

 

ISBN : 9791034757381

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié le 12/09/2022.


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