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Le tandem Le Roux-Froissard invente la mille et unième nuit de Shéhérazade et compagnie et nous piègent dans un désert magnétique et imparable

Elles en auront fait couler de l’encre et de l’inspiration, perler des fronts aussi, ces mille et une nuits de légende qui restent vibrantes dans les mémoires de tous ceux qui aiment lire et s’endormir sur ces histoires sans fin. Comme celles dont Shéhérazade avait le secret. Mais d’où les tenait-elle d’ailleurs ? D’un soupçon de réalité et d’un torrent d’imaginaire ? Peut-être. Avec un truc en plus, quelques gouttes d’éternité pour que jamais ces histoires ne se craquellent. Prenant sa dernière nuit contée comme démonstration, Étienne Le Roux et Vincent Froissard (qui ont souvent croisé les traits et les couleurs avant de s’intéresser en tandem au Dernier voyage d’Alexandre de Humboldt) s’éloignent de l’écrin originel pour proposer une ultime aventure qui se prolongera bien plus loin que la nuit initiale.

 

 

 

 

 

 

 

© Étienne Le Roux/Vincent Froissard chez Soleil

 

Résumé de l’éditeur : Laissez-vous conter l’incroyable mille et unième nuit des célèbres contes de Shéhérazade… Le Sultan Shariar gouverne en imposant ses vues à la ville de Rum. Marié à Sheherazade, une conteuse qui tient le peuple éveillé, il accepte un pari fou lancé par le lion roi, Baali’m : lequel d’entre eux sera  jugé le meilleur roi ? Leur juge sera un vieil homme dont la femme et le fils ont été respectivement transformés en âne et en singe par Lilith, la femme de Salomon, dans d’étonnantes circonstances… Cette mille et unième nuit s’annonce aussi riche en événements qu’en rebondissements…

 

 

 

 

© Étienne Le Roux/Vincent Froissard chez Soleil

 

Sans doute, faut-il être tordu pour inventer une histoire pareille qui a si vite fait de vaciller du rêve à l’horreur et vice-versa. Étienne Le Roux et Vincent Froissard le sont suffisamment que pour rendre l’ensemble merveilleux, ne pouvant trouver mieux que la collection Métamorphose pour les abriter du sable et des tempêtes. On n’ouvre pas cet album comme on s’engouffre dans les albums « classique ». Ici, on admire l’objet avant tout, on se demande ce que peuvent receler les mystères de la couverture. Et ses dorures. On lévite déjà, ne manque plus que le tapis volant (car comment ne pourrait-il pas y avoir un tapis volant dans un tel songe) pour nous envoler.

 

 

 

 

© Étienne Le Roux/Vincent Froissard chez Soleil

 

Shéhérazade est toujours aussi belle malgré le temps passé, son roi toujours aussi cruel… et bon à la fois. C’est la nuit, le marchand de sable (qui n’a pas eu long chemin à faire) engage son bras de fer avec les oiseaux de nuit pendant que Vincent couche ses images fantastiques dans la douceur de tapis persans. Rien ne pourrait venir les perturber et pourtant. Shéhérazade sera bientôt enceinte, Dinarzade est toujours en quête de récits croustillants, un âne qui parle et son guide vont amener une pincée de fantastique à Rum (atchoum) que bientôt une armée de guerriers assiégeront. De quoi forcer le sultan à se jeter dans la gueule du l… ion qui règne en maître dans ce coin du désert qui fait peur à n’importe quel vivant un tant soit peu raisonné. Et c’est face au dilemme lancé Baali’m, le roi lion, que Shariar devra prouver qu’il peut être un grand roi, un homme de promesse et d’honneur. Même s’il doit oublier que pour se venger du mépris du passé il s’est promis de tuer toutes ses conquêtes dès la première nuit passée. Enfin ça, c’était avant de rencontrer l’ingénieuse Shéhérazade.

 

 

 

 

© Étienne Le Roux/Vincent Froissard chez Soleil

 

Ingénieux, nos deux auteurs le sont jusqu’à un certain point : un peu trop de magie, une main de dieu utilisée à mauvais escient pour débloquer trop facilement une situation cruciale et prometteuse (vous savez comme on les déteste ces héros qui ne sont jamais trop mis en péril). C’est dommage car ça nous a un peu fait sortir de la confortable et lumineuse ambiance à laquelle on était tout acquis. Mais pour le reste, on est dans cette Mille et unième nuit comme on s’enivrerait au café des délices. Les visages sont des ombres, le décor est d’ampleur et le grain des couleurs nous fait écarquiller les mirettes. Nous sommes la proie du désert, insignifiant et pourtant essentiel car s’il n’y a plus personne pour écouter ces histoires, comment pourraient-elles vivre. Et, bien plus, que d’y être contraints, on en est tout excités. Du très bel ouvrage. Mais n’est-ce d’ailleurs pas un djinn à la beauté vénéneuse qui malignement répand ce puissant philtre d’adhésion. Enchanteur.

 

Titre : La mille et unième nuit

Récit complet

Scénario : Étienne Le Roux

Dessin et couleurs : Vincent Froissard

Genre : Conte, Fantastique

Éditeur : Soleil

Collection : Métamorphose

Nbre de pages : 82

Prix : 16,95€



Publié le 27/11/2017.


Source : Alexis Seny


Grands crus en eaux troubles : vaudeville… et de vin rocambolesque avec vue sur la vigne claire mais un peu bouchonnée

En cette période de l’année, au coin du feu, on n’a pas trop le choix du grog, d’un cacao chaud ou d’un thé. Notez qu’un bon verre de vin (pas forcément chaud),  ça réchauffe aussi le coeur. Ce n’est pas pour rien que les salons du vin éclosent un peu partout dans la région. Des cépages dont les arômes qui font voyager et nous emmènent dans le Sud où Laurent Panetier, Georges Van Linthout et Alice Fischer sont sur la piste de ce qui pourrait être le plus gros casse viticole et folklorique de l’Histoire.

 

 

 

 

 

 

 

© Panetier/Van Linthout/Fischer chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Antoine et Julien travaillent pour un mensuel indépendant, La Feuille de vigne, spécialisé dans le milieu du vin. Leur prochaine enquête concerne Jean Poitou, un célèbre collectionneur de grands crus récemment victime d’un cambriolage. Un individu fantasque et singulier, connu pour ses prises de position radicales, en croisade contre la spéculation à tout crin qui fait monter la cote des grands millésimes à des prix plus qu’exorbitants. Quelqu’un qui ne s’est donc pas fait que des amis… Arrivés chez Poitou, Antoine et Julien découvrent un certain nombre de « bizarreries » qui les incitent à rester pour mener leur propre enquête.

 

 

 

 

© Panetier/Van Linthout/Fischer chez Glénat

 

M’enfin ! Un vin, ça se boit. Ça ne s’entrepose pas durant des décennies comme on le fait de bandes dessinées dans une bibliothèque. Et pourtant, Jean Poitou est un as du vin (ou de la vinasse quand elle a tourné des années) et collectionne les vins de prestige comme on collectionne les timbres-poste. Et si le goût de ces grands crus est à relativiser, reste qu’il y a des collectionneurs aussi fous que lui pour les marchander… ou les lui voler. Un sacré magot couleur raisin, mine de rien ! De vent mauvais en vin mauvais, cagoule et armes d’assaut en prime. De vendange en vidange. De quoi secouer ce bout de campagne et de vignobles bien tranquille mais de quoi réveiller la vin-dicte populaire (quoique Poitou l’a peut-être bien mérité, de l’avis de certains) qui entend bien ne pas laisser ce crime, contre l’humanité imbibée, impuni. Si les collectionneurs dégustent, reste à voir si les voleurs seront vinifiés et condamnés à la peine capiteuse.

 

 

 

 

© Panetier/Van Linthout/Fischer chez Glénat

 

Avec vue sur la vigne… pardon la ligne claire, c’est tout un pan du patrimoine franco-belge qui coule dans les veines de Georges Van Linthout, comparse notamment de Walthéry et souvent à l’oeuvre dans des collectifs pour la bonne cause mais aussi papa de Lou Smog. Georges est loin d’être un inconnu, son trait est franc et sympathique, souriant et pertinent dans cette histoire qui titille les zygomatiques à défaut de vraiment nous faire goûter ces grands crus promis qui, entre deux péripéties, ont beau nous mettre l’eau à la bouche mais n’en lâche pas une goutte.

 

 

 

 

© Panetier/Van Linthout/Fischer chez Glénat

 

Par contre, ça faisait longtemps que Laurent Panetier n’avait plus en haut de la couverture, lui qui était si habitué aux livres humoristiques (Blagues bien typées et autres passionnés de la petite reine). S’il n’a rien perdu de ses réflexes, force est pourtant de constater qu’à force de zyeuter sur des références comme Gil Jourdan, cet ouvrage prend des allures de pastiches séparant trop les bons grains de l’ivraie. Et c’est dommage car le casting, de l’excentrique victime au milliardaire russe intéressé par cette collection démesurée, sans oublier les deux enquêteurs amateurs, était plutôt bien mis en place, bien charpenté.

 

 

 

 

© Panetier/Van Linthout/Fischer chez Glénat

 

Mais voilà, cet album (qui sort pourtant de la gamme de produits stéréotypés et se prenant trop au sérieux de ces dernières années)  manque de tanin pour se boire jusqu’à l’ivresse ou, même, sortir de l’immense production livresque que l’or rouge arrose chaque mois. Reste une insouciance effervescente à défaut d’être gouleyante.

 

Titre : Grands crus en eaux troubles

Récit complet

Scénario : Laurent Panetier

Dessin : Georges Van Linthout

Couleurs : Alice Fischer

Genre : Humour, Enquête, Vaudeville

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 56

Prix : 14,50€



Publié le 24/11/2017.


Source : Alexis Seny


Gaston Lagaffe amuse la galerie depuis 60 ans et, avec autant d’hommages, la galerie le lui rend bien

Il y a quelques jours, lorsque le film Gaston s’est révélé un peu plus en quelques clichés, c’est un véritable mouvement « Touche pas à mon Gaston » qu’on a vu fleurir sur les réseaux sociaux. Si, pas forcément convaincus par le premier aperçu de ce film de Pef, nous attendrons d’en voir plus pour juger, le moment est venu de s’interroger sur ce Gaston qui appartient à tellement de lecteurs. « Mon » Gaston est-il celui du voisin? Pas forcément… peut-être même qu’en-dehors des constantes irréfutables à l’art de Franquin, il y a autant de Gaston que de lecteurs… et d’auteurs de BD. Car pour les soixante ans de la terreur des bureaux en col roulé vert, Dupuis a convié 60 auteurs (ou paires ou trios d’auteurs) à ériger une statue de plus en l’honneur de Lagaffe. Et ça ne vaut assurément pas des baffes !

 

 

 

 

 

 

 

© Mathieu Burniat chez Dupuis

Résumé de l’éditeur :  On ne présente plus Gaston, le plus célèbre gaffeur de toute l’histoire de la bande dessinée ! En 2017, cet anti héros débordant de malice et de créativité, créé par Franquin, a fêté ses soixante ans. Soixante ans d’émotions, de gags et d’inventions décalées auxquels la BPI du Centre Pompidou à Paris consacra une exposition durant plusieurs mois. À leur tour, de nombreux auteurs contemporains ont tenu à rendre hommage à cette irrésistible figure de l’humour et à son fameux pull-over vert en se la réappropriant et en lui donnant de nouveau vie à travers leurs dessins.

 

 

 

 

© Tébo chez Dupuis

 

Dans Gaston, il y a ton, et celui employé par Franquin n’appartient définitivement qu’à lui, gravant Lagaffe sur nos rétines pour l’éternité et l’instituant comme un indémodable héros farfelu. Le temps passe, les générations se chassent mais Lagaffe ne s’efface. La preuve, dix-huit ans après la parution du dernier album du King of ze divan (ou du hamac, pendant que le courrier s’entasse), il y a toujours des expos et des panoplies d’ouvrages documentaires pour s’intéresser à ce qui fait la force de frappe de Lagaffe. Une force qui gagne en puissance quand près de 80 auteurs s’invitent dans le monde de Franquin pour faire une gaffe, une planche, et appuyé un peu plus l’événement : 60 ans, ce n’est pas rien dans un monde de la BD qui a changé mais a gardé ses références et son amour pour les géants.

 

 

 

 

© Blutch chez Dupuis

 

Et tous ces auteurs invités à souffler sur le gâteau ont dû le mériter s’imposant comme… des David face aux G… oliath (qui est même Hulkesque dans l’hommage le plus super-héroïque de l’album par Mathieu Reynès) qu’est Gaston. Et dans ces 60 planches, on croise de tout, d’hier et d’aujourd’hui (Yoann, Vehlmann et Croix s’intéressent au rapport qu’aurait pu avoir Gaston avec la réalité virtuelle), à la rédaction ou dans un écrin de verdure (souvent avec Mam’zelle Jeanne, tiens tiens), dans des styles plus ou moins proche de Franquin (Grégory Panaccione et, encore plus, Delaf confondant de mimétisme).

 

 

 

 

© Delaf chez Dupuis

 

L’imagination n’a pas été bridée, cadenassée là où on s’attendait à avoir de l’attendu, du vu et revu, quelque chose de fade. Comme toujours, les hommages sont plus ou moins réussis, plus ou moins recherchés, mais dans l’ensemble (très éclectique, et ça nous botte), on peut se dire que quand elle rend hommage à ses maîtres, la BD ne fait pas les choses à moitié (pas comme une certaine industrie de la musique quand il s’agit de faire chanter Cloclo par Pokora, Goldman par une bande d’argentier ou encore Sardou par des Kids unis mais sans envergure).

 

 

 

 

© Diego Aranega chez Dupuis

 

Dans cet album traversé par des jeunes et des plus vieux, Gaston fait donc sa Galerie des illustres  gaffes et les 400 coups avec Diégo Aranega qui veut lui voler la vedette avec Victor Lalouz, Fabcaro qui fait de l’oeil et des mots à De Mesmaeker, Olivier Pont qui fait rejouer à Prunelle l’envolée sauvage, Tebo qui liste les gadgets foireux (et très crado) de la créature de Franquin, Cromheecke et STi montrant un Gas’tond qui n’est pas un mouton ou Obion qui montre toute l’omniprésence du gaffeur même quand il n’apparaît pas tandis que Frank Pé s’en va déposer une gerbe (ah non, attendez, il semblerait qu’il y ait un accro) sur la tombe de Franquin.

 

 

 

 

©Obion chez Dupuis

 

Alors, c’est vrai, certains hommages ne résistent pas à la comparaison avec le génie de Franquin (et donc l’affirment encore plus, non ?) mais quelques autres jouent d’un amour et d’une finesse qui nous ont embué les yeux. Le premier, c’est celui de Pascal Jousselin qui, tout là-haut sur son petit nuage de rêve, réussit un voyage immobile à travers tout ce que peut générer la lecture d’un album de Gaston, en explosion, en animaux, en inondations jusqu’à ce que le sommeil vous prenne pour vous emmener dans la grotte mythique que Gaston privilégiait pour ses siestes à rallonge. Un vrai bijou.

 

 

 

 

© Pascal Jousselin chez Dupuis


Un peu plus loin, c’est une origin story en une planche que nous livre Fabrice Tarrin en faisant un crossover entre la célèbre naissance d’Astérix de la main de Goscinny et Uderzo (la dernière case du Papyrus de César) et la case de la première apparition de Gaston. Astérix est en bonne voie pour échouer chez… Spirou, c’est sans compter Gaston serveur mais déjà gaffeur qui passe par là et va changer le cours de l’Histoire du Neuvième Art.

 

 

 

 

© Fabrice Tarrin chez Dupuis

 

La page après, c’est Renaud Collin qui fait entrer Gaston à l’heure du BURN OUT avec un Aimé De Mesmaker qui s’est reconverti en gourou zen. Heureusement, Gaston est dans les parages et de la parade. Le dessin de Renaud Collin fonctionne comme sur des roulettes et, en sept cases, l’auteur du monde selon François, grave pour l’éternité l’importance de savoir se défouler et se décontracter. Brillant et tellement d’actualité et de folie. Et tant qu’à parler de roulette, Alain Dodier met tout le monde au home mais la frénésie est de mise et Aimé prend enfin sa revanche.

 

 

 

 

© Renaud Collin chez Dupuis

 

Puis, il y a la mise en abyme de Mathieu Burniat, Blutch qui joue les prolongations à ses Variations (la chronique arrive), Terreur Graphique et ses nuances de Gast…Ron, James et Boris Mirroir qui imaginent la mort de Gaston au bout du clavier ou encore Olivier Bocquet (qui a aussi une bonne idée mois bien concrétisée par un Brice Cossu en petite forme, malheureusement) dans le bon coup avec Florent Sacré et un robot pour remplacer Gaston.

 

 

 

 

© Terreur Graphique chez Dupuis

 

Un dernier pour la route ? M’enfin, mais bien sûr ! Quelques pas de danse avec Benoît Feroumont qui maîtrise le retourné-renversé à la perfection.

 

 

 

 

© Benoit Feroumont chez Dupuis

 

Bref, tant qu’il y a de la vie et du rire, y’a de l’espoir, et Gaston aurait pu tomber plus bas. Ici, il y a du rebond, de la générosité et pas mal de talent pour rajeunir un Gaston qui depuis 60 ans et encore pour longtemps, rend les vies légères et délicieusement cinglées.

 

Titre : Gaston – La galerie des gaffes

Album collectif

Auteurs : Yoann, Fabian Vehlmann, Laurence Croix, Diego Aranega, Fabien Toulmé, Fabcaro, Caro Khaldy, Bertschy, Fabrice Erre, Olivier Pont, Pascal Jousselin, Rudy Spiessert, Fabrice Tarrin, Renaud Collin, José Homs, Madaule, Tebo, Luc Cromheecke, Sti, Fred Neidhardt, Francis Porcel, Philippe Bercovici, Leonardo, Alessandro Barbucci, Nob, Jean-Paul Krassinsky, David De Thuin, Thomas Priou, Olivier Saive, Obion, Delaf, Fabrice Parme, Grégory Mardon, Frank Pé, Blutch, Ian Dairin, Mathieu Burniat, Lewis Trondheim, Jérôme Jouvray, Anne-Claire Jouvray, Olivier Schwartz, Terreur Graphique, Mathieu Reynès, Grégory Panaccione, James, Boris Mirroir, Daniel Goossens, Dab’s, Brice Cossu, Olivier Bocquet, Yoann Guillo, Olivier Dutto, William, Christope Cazenove, Jean-Claude Götting, Hervé Bourhis, Florent Sacré, Étienne Lécroart, Guillaume Bouzard, Nob, Ztnarf, Aude Picault, Lucile Thibaudier, Joris Chamblain, Libon, Alfred, Jose Luis Munuera, Éric Buche, Benoît Feroumont, Alain Dodier, Nicoby, Nix

Couleurs

Genre : Hommage, Humour, Gag

Éditeur : Dupuis

Nbre de pages : 64

Prix : 12,50 €



Publié le 23/11/2017.


Source : Bd-best


Opération Copperhead : à un doigt du sosie parfait

Opération Copperhead, c’est une histoire aussi vraie que rocambolesque du contrespionnage britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. À partir d’un fait réel, Jean Harambat crée de toutes pièces une histoire d’une inventivité folle et réalise un pastiche désopilant et fantaisiste de trois protagonistes : les comédiens David Niven, Peter Ustinov et Clifton James. Il s’agit, selon une idée de Winston Churchill, de recruter et de former un sosie (Meyrick Edward Clifton James) pour jouer le rôle du général Montgomery – le général des forces alliées, alors surveillé par les nazis – et ainsi induire en erreur l’ennemi quant au lieu réel du Débarquement. Dans le même temps, alors que la capitale anglaise subit le Blitz, la vie se déploie dans les cabarets où officie une vénéneuse – et néanmoins charmante – jeune femme, Vera.

 

 

 

 

© Jean Harambat chez Dargaud

 

Avec Opération Copperhead, on reste bien au chaud pour se glisser dans l’arrière-cuisine de la guerre avec une folle histoire :  celle de Meyrick Edward Clifton James. Vous ne le connaissez pas, on ne vous en voudra pas, pourtant sachez qu’il a failli avoir un rôle en or et déterminant dans – toujours – cette deuxième guerre mondiale. Bon, il ne fut et ne sera jamais l’égal de Peter Ustinov et David Niven, ses deux comparses de légende dans cette folle aventure, mais Clifton James avait un atout : il était le sosie (comme d’autres grands de ce monde en ont un, fantasmé ou bien réel) de Montgomery en personne… ou en double.

 

 

 

 

© Jean Harambat chez Dargaud

 

Et double, Clifton James voyait plus souvent qu’à son tour, tombé dans l’alcool quand il était petit ou presque. Et ça, ça n’allait pas aider malgré toute la bonne volonté de ceux qui le soutenaient. Monty en pire, donc.

 

 

 

 

© Jean Harambat chez Dargaud

 

Dès le pitch de départ, on se marre. Il faut dire que Jean Harambat a déniché une pépite du contre-espionnage, assez réelle que pour être crédible (notamment par l’apport de morceaux choisis des autobiographies de David Niven, Peter Ustinov et Clifton James) , assez trouble que pour ne pas brider l’imagination fertile de notre auteur, entre esthétique du cinéma de cette époque et un feeling tout britannique. Car, mettre Clifton James dans la peau de Monty, un tant soit peu au moins, en vue de risquer sa peau mais de tromper les nazis en un lieu bien loin du débarquement, ça n’avait rien d’une partie de plaisir. Tout comme il y a un monde entre le cinéma de propagande et la réalité pure et dure, sans artifice.

 

 

 

 

© Jean Harambat chez Dargaud

 

Dans Opération Copperhead, la guerre se joue ainsi dans Londres, à l’abri du fracas… plus souvent dans les bars jusqu’à plus soif que sur les plateaux et les camps d’entraînement. Dans les couleurs de ce temps révolu, Jean Harambat livre un récit haut en couleur dont, à aucun moment, on ne cherche à défaire le vrai du faux. C’est assumé et c’est tant mieux, pétillant et succulent, avec une âme british jusque dans les couleurs d’Isabelle Merlet. Comme quoi, on peut en apprendre sur la guerre sans avoir les larmes aux yeux… ou du moins pas de tristesse mais de joie.

 

Titre : Opération Copperhead

Récit complet

Scénario et dessin : Jean Harambat

Couleurs : Isabelle Merlet

Genre : Espionnage, Histoire, Humour,  Fiction réalité, Réalité fictionnalisée

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 176

Prix : 22,50€



Publié le 21/11/2017.


Source : Bd-best


Tango : Matz et Xavier passent à l’action dans ce petit coin de désert bolivien, entre lézards et lamas, était décidément trop tranquille

Tango, ce n’est pas une bière (belge, s’il vous plait) avec de la grenadine, encore moins du petit lait. Non, c’est du sérieux dans un cadre de rêve pour célébrer la rencontre entre Matz et le tandem Philippe Xavier/Jean-Jacques Chagnaud. Car même si vous fuyez les ennuis à l’autre bout du monde, dans un océan de pierre où ne vivent que quelques âmes, il y a de grandes chances qu’ils vous rattrapent et que les choses vous échappent. En un claquement de doigt et le fracas des détonations.

 

 

 

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

Résumé de l’éditeur : Après avoir volé des millions à un cartel de la drogue, John Tango s’est installé dans un village perdu de Bolivie, pensant avoir trouvé le coin idéal pour prendre sa retraite. Mais le hasard fait bien mal les choses, son nouveau voisin et son fils semblent fuir eux aussi un passé compliqué. Quand ces derniers sont attaqués par trois hommes armés, Tango prend leur défense et tue les assaillants. Il l’ignore encore mais il vient d’attirer l’attention de deux puissants groupes armés. Le coin le plus tranquille de la Cordillère des Andes ne va pas le rester longtemps.

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

 

 

 

© Philippe Xavier

 

Seul au monde ou presque. Tango, cet étranger dans cette Bolivie ensablée, n’a jamais eu peur de la solitude. On ne vogue pas sur les flots loin des terres, sinon… Troquant son eau contre le sable à perte de vue, Tango a gagné sa retraite, profitant de l’occasion pour s’éloigner du bruit du monde, pas forcément recommandable, pour commencer une seconde vie sereine et souriante, sincère et bénéfique face aux lamas, aux lézards et aux quelques vivants de ce village aéré (ça tranche avec ses buildings l’un sur l’autre) près de Potosi, la montagne d’argent.

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

Tango se rachète une vie (il a de quoi voir venir après avoir filé entre les pattes de ses patrons) près de la belle et incendiaire Agustina mais aussi de Diego et son père, Anselmo. Ici, le coeur n’est pas aussi sec que son environnement. Ces existences au milieu de nulle part semblent être insoupçonnables et pourtant, sans doute ce trou perdu de toute beauté était-il trop petit et trop gros que pour accueillir deux hommes au passé trouble. Et forcément, ça va dégénérer.

 

 

 

 

© Matz/Xavier chez Le Lombard

 

Après l’Hyver et les croisades, le dépaysement est total dans ce rêve aride à perte de vue. Parce que mine de rien, c’est facile d’implanter une histoire à des lieues d’ici mais si on n’y croit pas. Ici, tous les éléments sont réunis pour croire et accéder à la réalité de ce western contemporain dans lequel les opposés s’attirent et où il n’est pas inscrit dans le marbre que les ennemis le seront à jamais.

 

 

 

 

© Matz/Xavier/Chagnaud chez Le Lombard

 

Et c’est quand le jeu de dupes tombe, que les protagonistes se retrouvent face à face et face à eux-mêmes, que la vraie partie commence. Éblouissante dans des paysages indomptables qu’aucun coup de fusil ne parviendra à ébranler. Les hommes peuvent s’entretuer, la montagne ne cillera pas. Mais le lecteur, lui, attendra avec impatience la suite.

 

Série : Tango 

Tome : 1 – Un océan de pierre

Scénario : Matz

Dessin : Philippe Xavier

Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud

Genre : Aventure, Thriller

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 64 (+ 6 pages de carnet de voyage)

Prix : 14,45€



Publié le 17/11/2017.


Source : Alexis Seny


À l’heure où les super-héros américains prennent le gros coup, les z’héros de Justices prennent le gros nez dans un esprit bon enfant, pas à l’abri des tempêtes de… neige en plein été

Les super-héros américains tentent d’envahir nos vies et nos écrans. Plus raisonnables, les super-héros franco-belges ont pourtant du vent dans les plumes et un beau coup à jouer. Et s’il y en a eu de tout temps, plus ou moins bien mis en valeur, ces dernières années ont vu une jolie galerie se créer loin des modèles des Marvel et DC Comics, et c’est ce qui les rend intéressants. Comme le grand Fox-Boy, C.R.A.S.H. mais aussi Justices qui, au roman comme à l’image, développe un bel univers. Sous les tropiques mais aussi dans un froid polaire qui ne peut être que suspect.

 

 

 

 

 

 

 

© De Vriendt/Gihef/Daviet chez Kennes

 

Résumé de l’éditeur : Pour d’obscures raisons, les deux ligues de justiciers sont accusées et mises en prison sans le moindre procès. Comment prouver son innocence alors qu’on est enfermé dans le plus horrible pénitencier de tous les temps ? Heureusement, Camille ne perd pas espoir. Bravant le froid et les forces de l’ordre, il tente de libérer ses amis et de déjouer le terrible complot dont ils sont victimes. Accompagné de l’ourson P-L, son éternel compagnon, Camille affronte tous les dangers. Mais les deux amis ne sont pas au bout de leurs peines : à Nova City, on ne sait jamais à qui on peut faire confiance…

 

 

 

 

© De Vriendt/Gihef

 

À Nova City comme dans nos contrées, le temps se refroidit. Étrange, il y a quelques heures il faisait pourtant si chaud, sans un nuage à l’horizon. L’hiver en plein été. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Pas faux, il y a quelque chose qui cloche et Justice pour tous comme Justice d’élite semblent bien ne pas être étrangers à cette affaire météorologique, envers et contre les apparences. Car un super-vilain excentrique en veut à tous les super-héros de Nova City, les attaquant de manière détournée. En insinuant l’idée que les justiciers créent les situations délicates et nécessitant leur intervention pour en faire un business juteux. Nous aurait-on donc menti ? Le doute  fait son chemin et dans ce deuxième tome de la série adaptée des romans de Renaud De Vriendt, c’est un peu Civil War, toutes proportions gardées et nos super-héros sont traqués pour être emprisonnés.

 

 

 

 

© De Vriendt/Gihef/Daviet chez Kennes

 

Rien de neuf sous le soleil si ce n’est cette insouciance et cette non-prétention qui réussissent bien à cette série avant tout pour les enfants et les ados. Pas si loin de Cosmic Patrouille de Mauricet et avec un côté Bob et Bobette qui lui va bien, Justices tient la route avec ses personnages adorables et son sens de l’aventure et du divertissement. Gihef est comme un poisson dans l’eau pour animer ces super-héros un brin médiocres et d’autant plus sympathiques. Sans melon ni grosse tête mais avec de gros nez et des références (un super-méchant entre Sean Connery et le Jordan Collier des 4400, un autre qui ressemble à Gru), ces super-héros-là et leurs super-pouvoirs pas forcément enviables sont bien dans leurs pompes, s’assument et ça fait plaisir à voir.

 

 

Série : Justices

Tome : 2 – Zéro absolu

D’après la série de romans de Renaud De Vriendt

Scénario et dessin : Gihef

Couleurs : Véra Daviet

Genre : Fantastique, Super-héros, Humour

Éditeur : Kennes

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€



Publié le 15/11/2017.


Source : Alexis Seny


Justice League Anthologie, Les justiciers de A à Z chez Urban Comics

La sortie du film ce 15 novembre 2017 donne l'occasion aux éditeurs de sortir ou ré-éditer quelques comics et autres produits dérivés. C'est de bonne guerre. Cependant, dans le cas qui nous intéresse, Urban Comics vient d'éditer un bien intéressant recueil.

En effet si vous cherchiez une anthologie digne de ce nom pour vous retrouver dans le labyrinthe des productions de La Ligue des justiciers, cet imposant pavé est fait pour vous. Sur 400 pages, l'éditeur vous propose de rentrer dans les détails et fait le pari de vous donner l'occasion d'y voir plus clair.

Ils sont les plus grands super-héros de la Terre, rassemblés en une équipe surpuissante afin de repousser toutes les menaces qu'ils ne peuvent combattre seuls.

 

 

 

 

 

 

 

À partir de 1960, la Ligue de Justice a évolué depuis ses débuts où elle réunissait sept membres fondateurs : elle a ensuite évolué, est devenue internationale et s'est dissoute et reformée plusieurs fois. Pierre angulaire de l'Univers DC, sa série a été supervisée par les auteurs les plus célèbres. Cette anthologie propose onze récits complets évoquant les différentes versions et époques de la Ligue de Justice, réalisées par une multitude d'artistes légendaires.

 

 

 

 

Pléthore d'auteurs constituent le contenu de ce bel ouvrage et relate les changements successifs au sein de la Ligue. Divisée en quatre partie avec "Fondations", "Incarnations", "Mutations" et "Révolutions" et fortement documenté, ces chapitres vous permettrons de bien appréhender l'univers de cette franchise. Un bon compromis qui nous permet de bien saisir les évolution de la Ligue et de s'attarder sur le noyau dur Superman-Wonder Woman-Batman.

 

 

 

 

Le Contenu vo : _ « Starro, the Conqueror » (THE BRAVE AND THE BOLD #28, 1960) par Gardner FOX et Mike SEKOWSKY : La première apparition de la Ligue de Justice. _ « And So, My World Ends » (JUSTICE LEAGUE OF AMERICA #71, 1969) par Dennis O'NEIL et Dick DILLIN : J'onn J'onzz demande l'aide de la Ligue pour sauver sa planète natale, Mars. _ « A League Divided » (JUSTICE LEAGUE OF AMERICA #200, 1982) par Gerry CONWAY et George PÉREZ, Pat BRODERICK, Jim APARO, Dick GIORDANO, Gil KANE, Carmine INFANTINO, Brian BOLLAND et Joe KUBERT : Les recrues de la Ligue affrontent les membres fondateurs, manipulés par les créatures d'Apellax. _ « The End of the Justice League » (JUSTICE LEAGUE OF AMERICA ANNUAL #2, 1984) par Gerry CONWAY et Chuck PATTON : Dissoute par Aquaman, la Ligue se reforme à Detroit et accepte de nouveaux membres. _ « Apokolips No ! » (DC RETROACTIVE: JUSTICE LEAGUE AMERICA – THE 1990s #1, 2011) par Keith GIFFEN, J.M. DeMATTEIS et Kevin MAGUIRE : La Ligue de Justice Internationale tente de sauver New York d'un de leurs ennemis modifié par une arme d'Apokolips. _ «Born Once Again » & « Pawns » (JUSTICE LEAGUE AMERICA #61-62, 1992) par Dan JURGENS, Rick BURCHETT et Jackson GUICE : Superman dirige une nouvelle Ligue de Justice qui fait face au Maître d'Armes. _ « The Bigger They Come... » (JLA #27, 1999) par Mark MILLAR et Mark PAJARILLO : La Ligue de Justice est en pleine période de recrutement quand elle est attaquée par Amazo, l'androïde surpuissant. _ « Two-Minute Warning » (JLA #61, 2002) par Joe KELLY et Doug MAHNKE : Après la disparition d'Aquaman, des créatures mythologiques apparaissent au large de l'Océan Atlantique. _ « Yesterday, Today, Tomorrow » (JUSTICE LEAGUE OF AMERICA V2 #0, 2006) par Brad MELTZER, Eric WIGHT, Ed BENES et Dick GIORDANO, Tony HARRIS, George PÉREZ, J.H. WILLIAMS III, Luke McDONNELL, Gene HA, Rags MORALES, Ethan VAN SCIVER, Kevin MAGUIRE, Adam KUBERT, Dan JURGENS, Jim LEE, Howard PORTER, Andy KUBERT et Phil JIMENEZ : l'histoire de la Ligue vue à travers les yeux de Batman, Superman et Wonder Woman. _ « First Impressions » (JUSTICE LEAGUE #51, 2016) par Dan ABNETT et Paul PELLETIER : Peu après les débuts de la Ligue de la Renaissance et son combat contre Darkseid, Batman présente à l'équipe son partenaire, Robin. _ « Legacy » (TITANS ANNUAL #1, 2017) par Dan ABNETT et Minkyu JUNG : Les héros de la Ligue de Justice et leurs anciens partenaires, les Titans, se retrouvent prisonniers d'un de leurs plus grands ennemis, l'occasion de se pencher sur leurs relations.

Comme vous le voyez, c'est aussi l'occasion de découvrir scénaristes et dessinateurs et de pourquoi pas, compléter votre collection grâce à cette mine de renseignements.


Remerciements particuliers à Yann Graf qui tout au long de cet impressionnant bouquin nous éclaires sur la sélection d'épisode au moyen d'une brillante documentation. Un must have du moment pour tout amateurs des Justiciers.

 

Titre : Justice League Anthologie

Éditeur : Urban Comics

Scénariste : Jurgens Dan, Fox Gardner, Abnett Dan, Johns Geoff, Collectif -

Dessinateur : Jurgens Dan, Pérez George, Collectif

Collection : DC Anthologie
    
Pagination : 400 pages

EAN : 9791026811848

Prix : Prix : 25 €



Publié le 15/11/2017.


Source : Damien Caste


Les vieux fourneaux reviennent, francs à la relance (économique) et prouvant qu’il n’y a pas d’âge pour jouer les apprentis sorciers

Alors qu’ils sont déjà promis à une belle destinée cinématographique sous les traits d’Eddy Mitchell, Pierre Richard et Roland Giraud, il serait trop facile pour Les vieux fourneaux de se reposer sur leurs lauriers et de lâcher leur si cher Neuvième Art. Non contents d’être un véritable phénomène d’édition (de société aussi, cela dit tant ils sont emblématiques d’une vitalité qui repousse les limites de la vieillesse), les voilà plus jeunes que certains jeunes pour expérimenter encore et toujours ce que leur réserve cette vie qui leur donne un sursis qui, on l’espère, sera le plus éternel possible. Mais trêve de plaisanterie, à bond de sauterelle, nos trois larrons (enfin deux, le dernier est en voyage) ont du pain sur la planche dans ce quatrième tome.


Résumé de l’éditeur : Après une tournée d’été du théâtre du « Loup en slip », Sophie et Antoine rentrent au bercail… pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d’extension de l’entreprise Garan-Servier, qui relancerait l’économie de la région, est menacé… par une mystérieuse « magicienne dentelée » occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c’est un coup de bol pour les vieux fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié… Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père…Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l’identité du père de sa fille, Juliette ?

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Mine de rien, ça lui a fait du bien à notre Antoine de suivre sa fille dans sa tournée d’été : campagne, quiétude, liesse populaire et soleil au menu, sans compter l’adorable petite Juliette qui a bien grandi. Pourtant la tournée du Loup en slip se termine (et il aurait dû prendre une doudoune, car il se les gèle dans le deuxième tome de ces aventures) et les ennuis recommencent. Alors qu’Antoine se réjouissait de voir Garan-Servier enfin s’étendre (et il est bien l’un des seuls à s’être prononcé aussi fièrement), toute une série de déconvenues pointe à l’horizon.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

À commencer par la magicienne dentelée, sauterelle incapable de bondir mais néanmoins protégée. Pas une des sept plaies d’Égypte qui anéantirait les prés et champs souriants de ce coin de Tarn-et-Garonne mais assez que pour mettre des bâtons dans les roues de Garan-Servier. Et s’il n’y avait que ça ! Non résolument, les vacances sont passées, les tracas sont de retour.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Plus que l’Astérix en roue livre proposé par Ferry et Conrad sans doute, la fresque du banal trépidant offerte par Wilfrid Lupano, Cauuet et Gom est clairement, pour moi, l’événement éditorial de cette rentrée 2017. C’est tellement, infiniment bien fagoté, cet âge de déraison en roue libre (et à contre-clichés, hollywoodiens notamment) pour donner lieu à des péripéties toujours hautes en couleur mais trempée dans le réel (Gom est fortiche), profondément. Parce que plus que jamaisLupano et Cauuet font la paire et l’accord parfait pour dépeindre avec sérieux un récit rocambolesque mais pas totalement invraisemblable.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Parce que dans ce monde fictif au bord duquel les auteurs se sont installés tels un Francis Cabrel, notre monde à nous se révèle à chaque planche. Dans la fin de l’innocence et le mal que voit cette mère partout une fois confrontée à un petit théâtre éveilleur de conscience avec son loup en slip et pourtant inoffensif. Dans cette peut d’avancer. Dans les jours sans lendemain, une fois que les sociétés veulent prendre leurs cliques et leurs claques. Dans les secrets de famille complexes et enfermés dans le silence. Dans ce désert médical qui s’étend dans la ruralité (Jean-Jacques est à a retraite, place à Madame Gheorgiu). Dans une quête du… wi-fi et de la connexion permanente aussi (avec un second-rôle formidable). Et dans bien d’autres choses encore.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Lupano (qui nous a offert une superbe relecture de Valérian) et Cauuet ne lésinent pas sur les couches qu’ils mettent et remettent mais la mécanique est si bien huilée et aérée qu’elle entraîne tout sur son passage, dans une chasse au trésor menée plus à l’instinct que dans la préparation en bonne et due forme. Tout est laissé à l’euphorie et aux éclats de rire, dans les seconds-rôles éclatants (Le Zébu !). Quel plaisir, à l’heure où certains de nos aînés ont oublié de vivre, ce retour de la vitalité aux cheveux blancs mais au moral intact orchestré par ces auteurs est imparable.

 

Série : Les vieux fourneaux

Tome : 4 – La Magicienne

Scénario : Wilfrid Lupano

Dessin : Paul Cauuet

Couleurs : Gom

Genre : Chronique sociale, Aventure, Humour

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 11,99€



Publié le 13/11/2017.


Source : Alexis Seny


Maxime Valmont : Seiter et Manunta mettent l’aventure dans son plus simple appareil sans s’arrêter au cul et en y mettant du QI

Il a la fougue d’Indiana Jones et le sex-appeal de James Bond, pourtant Maxime Valmont n’est ni l’un ni l’autre. Préférant le luxe de son hôtel particulier du Quai d’Anjou et les pointes qu’il pousse jusqu’à la salle de ventes aux enchères (c’est mieux qu’Ebay mais bon), il y avait peu de chance que le jeune homme tombe sur l’aventure au coin de la rue. C’était sans compter ses deux fieffés papas, épris de grandes péripéties, Roger Seiter et Giuseppe Manunta qui signent une première collaboration « originale » après avoir emmené Sherlock Holmes en terres alsaciennes.


Résumé de l’éditeur : 17 juillet 1918, villa Ipatiev. Un détachement de l’Armée Rouge exécute Nicolas II et sa famille. Quant à la montre du tsar, un modèle unique, elle disparaît dans la tourmente. Paris, janvier 1927. Rien ne saurait tirer le jeune et brillant Maxime Valmont de sa confortable routine de dandy. Rien, sauf une chasse à la montre… surtout lorsque sa partenaire est une jolie comtesse russe ! Mais la magnifique pièce d’horlogerie est très convoitée. De la France à l’Egypte, le parcours qui mène jusqu’à elle est semé d’embûches…

 

 

 

 

© Roger Seiter/Giuseppe Manunta aux Éditions du Long Bec

 

Un objet pour catalyser le mystère et lancer des pistes pour guider une folle course, ce n’est pas la première fois (et certainement pas la dernière) que le procédé est utilisé comme trame scénaristique. Et si l’on vous dit, que les morts se succèdent sur la route de Paris à l’Égypte en passant par les steppes glacées, vous comprendrez que cette montre de Nicolas II fait bien des envieux malgré les sinistres et sanglantes circonstances dans lesquelles elle s’est évaporée dans la nature.

 

 

 

 

© Roger Seiter/Giuseppe Manunta aux Éditions du Long Bec

 

Indiana Jones, Alan Quatermain ou encore Benjamin Gates étaient au repos, c’est donc Maxime Valmont qui s’y colle, sans se dévêtir des références (mais bien d’autres choses) comme la couverture, qui fait déjà se soulever la poussière, le souligne d’emblée. Prêt à en découdre.

 

 

 

 

© Roger Seiter/Giuseppe Manunta aux Éditions du Long Bec

 

Ce n’est pas révolutionnaire (même si certains personnages voudraient bien la faire, la révolution, et que Roger Seiter se remémore un thème exploité au temps de Fog) mais ça a assez d’atouts que pour sortir du fan service dont certaines oeuvres se targuent sans supplément d’âme. Et si Manunta est doué pour déshabiller ses héros (toujours à leur avantage), force est de constater que les deux auteurs ont su rester soft pour faire passer le QI de leur récit avant le cul et ne pas faire de celui-ci un prétexte de lecture (malgré une scène devant laquelle, les amis, vous allez décrocher la mâchoire!). Il y a de l’amour du travail bien fait, au fil des planches.
Les lecteurs du quotidien Dernières Nouvelles d’Alsace ont eu le plaisir de découvrir Maxime Valmont en primeur… avec quelques modifications et un peu d’auto-censure de la part des auteurs.

 

 

 

 

© Seiter/Manunta aux Éditions du Long Bec

 

Pour le reste, ça flingue à bon escient, et dans ces cases de cartes postales vieillies mais authentiques, les deux acolytes associés contre le crime mais également pour l’Aventure font souffler un vent délicieux et dépaysant. Sans être un incontournable du genre, ce one-shot installe un héros qu’on se verrait bien fréquenter plus loin qu’un seul album.

 

 

Titre : Maxime Valmont

Scénario : Roger Seiter

Dessin et couleurs : Giuseppe Manunta

Genre : Aventure, Thriller

Éditeur : Éditions du Long Bec

Nbre de pages : 54 (+ 2 pages de croquis)

Prix : 15,50€

 



Publié le 10/11/2017.


Source : Alexis Seny


Sacha Guitry en BD et dans l’engrenage des amours éphémères et des envies de conquêtes toujours plus lancinantes

Toujours présent au moins une fois par semaine parmi les citations (il faut dire qu’il en a eu des bons mots, au fil de sa carrière) des Grosses Têtes, Sacha Guitry a marqué son époque et est toujours un monument impossible à déclasser des lettres et des arts de la scène en France. Alors que ses pièces continuent d’être reprises un peu partout, soixante ans après sa mort, le dramaturge aux origines russes fait son entrée dans un diptyque en BD de Noël Simsolo et Paolo Martinello. Malheureusement pas un nouveau testament.

 

 

 

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : Après son divorce, le comédien Lucien Guitry enlève Sacha, son fils de cinq ans et l’emmène plusieurs mois à Saint-Pétersbourg où il se produit devant la cour impériale. C’est ainsi que l’enfant Sacha Guitry débute sur scène devant le Tsar Nicolas. Ces premiers pas sur les planches lui donnent le goût du théâtre. Très jeune, et malgré une scolarité désastreuse, il écrit et interprète ses propres pièces à Paris et connait ainsi la gloire. Ami de Sarah Bernhard, Colette, Alphonse Allais, Jean Cocteau, Georges Feydeau, il connait un destin fabuleux qui l’amène à être le roi de Paris.

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

Roi de Paris, légende immortelle, les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier cette personnalité hors-norme, ce surdoué du théâtre (et sous-doué à l’école) au destin remarquable. Mais peu de traits l’avaient incarné jusqu’ici. Alors, à l’heure où cinéma et littérature (en mots ou en dessins) aiment faire écho des récits de vies anonymes ou célèbres, Sacha Guitry avait toute sa place dans le vaste monde du Neuvième Art (plutôt deux fois qu’une puisque Delcourt vient de lui consacrer un roman graphique). C’est pourquoi, au-delà de l’icône et de l’esprit, Noël Simsolo (lui-même acteur, réalisateur, écrivain, historien du cinéma et auteur, en 1988, d’un essai sur Sacha Guitry) et Paolo Martinello s’intéressent en profondeur à celui qu’ils surnomment le bien-aimé mais dont ils se gardent bien d’enjoliver l’existence, prise dans l’engrenage des amours éphémères et des envies de conquêtes toujours plus lancinantes.

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

C’est vrai, la vie trépidante de Sacha Guitry n’a rien à envier aux feuilletons télévisés qui n’en finissent plus, il y a toujours à dire, il y a toujours un rebondissement. Et ses pairs ont tellement du mal à le suivre, dans ses grandes qualités mais aussi ses immenses défauts. Un homme avec ses failles, quoi, un joli coeur qui aimait trop les femmes mais auquel on pardonnait tous les excès une fois qu’il grattait le papier de cette plume formidable.

 

 

 

 

© Simsolo/Martinello chez Glénat

 

L’éclat de cet homme moderne, les deux auteurs peinent à rivaliser avec lui. L’histoire se suit mais là où l’Italien Paolo Martinello nous séduisait sur la couverture, il pioche un peu plus tard, sans parvenir à trouver la force de sortir de ce qui se contente d’être finalement une biographie convenue, sobre et un peu terne malgré quelques cases et des premières planches fascinantes, fortes en ambiance. Et quand on se frotte à un virtuose scénique, ça ne pardonne pas. « Citer les pensées des autres, c’est regretter de ne pas les avoir trouvées soi-même », mettait pourtant en garde l’homme dont il est question ici.

 

Titre : Sacha Guitry

Tome : 1/2 – Le bien-aimé

Scénario : Noël Simsolo

Dessin et couleurs : Paolo Martinello

Genre : Biopic

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 66

Prix : 14,95€



Publié le 09/11/2017.


Source : Alexis Seny


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