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Nelson, le diablotin, n’est plus du Matin mais continue de faire lever son entourage du pied gauche

Comment ça, je ne vous ai jamais, en ces pages, parlé de Nelson, le petit diablotin orange qui hante les jours, les nuits, la vie sous toutes les coutures de Julie. Et de Floyd, le labrador qui rivaliserait bien avec Rantanplan. Personne n’avait rien demandé, du moins pas à ce point, mais Nelson a débarqué et n’en a fait qu’à sa tête sans que les enfers n’aient l’envie de le reprendre pour de bon. Et voilà comme, depuis plus de 3400 strips, le Suisse Bertschy a non seulement imposé mais aussi développé son petit monstre qui continue de tant me plaire. Un dix-neuvième album vient de paraître, Petit sinistre… Mais grand cynisme.

 

 

 

 

 

 

 

© Bertschy chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Nelson, c’est ce petit diablotin orange à l’apparence tout à fait angélique qui pourrit la vie de Julie, une jeune et jolie célibataire, et de Floyd, un labrador engourdi, pour le plus grand bonheur de centaines de milliers de lecteurs. Rappelez-vous : après le vol d’un rouleau de papier-toilette au bureau, Julie se voit condamnée à accueillir, sans possibilité de retour à l’expéditeur, un petit diable relativement inoffensif… mais hyper doué pour les catastrophes ménagères !

 

 

 

 

© Bertschy chez Dupuis

 

Des trublions, dans le monde de la BD, il y en a en pagaille dont beaucoup aux Éditions Dupuis. Pourtant, Nelson a su se faire sa place sans forcer, bien avant que les Very Bad Trip et les Projet X soient en vogue, le petit monstre a su imposer sa folie dévastatrice et pourtant si comique, tout en sachant ne jamais descendre en puissance. Ainsi sans réel fil rouge particulier si ce n’est quelques passages permettant de suivre un Père Noël qui joue au kicker et doit désormais se diversifier, un Hubert qui souhaite devenir un tombeur comme George Clooney ou le véganisme qui va s’insinuer dans les pires cauchemars de Nelson; Bertschy ne laisse pas tomber ses bonnes vieilles habitudes et fait feu de tout bois pourvu que ça fasse rire. Et ça fait rire.

 

 

 

 

© Bertschy chez Dupuis

 

Et tant qu’à faire défaut à la tradition suisse, Nelson est plutôt speedé. Il faut l’être pour faire mouche en un strip horizontal de trois à cinq cases maximum. Assez speedé que pour suivre une nouvelle fois Julie, sa propriétaire malgré elle, dans le moindre millimètre carré de sa vie, en privé comme en public, du saut du lit au sommeil du juste en passant forcément par le bureau où la jeune femme tente vaille que vaille de masquer tout le gâchis dont est capable le démon.

 

 

 

 

© Bertschy chez Dupuis

 

Notez que, parfois, Nelson se repose quand même. La preuve, il laisse un peu de champ libre à ses partenaires et fidèles victimes : Floyd et Hubert. Qui peuvent ainsi vivre leurs trépidantes (je ne crois pas si bien dire) aventures entre un gang de pigeons malfaisants et la quête ultime que peut être la conception d’un presse-papier parfait. Aussi, non content de jouer avec ses personnages, Bertschy n’hésite pas à jouer également avec le lecteur en l’interpellant ou en le mettant à l’écart d’une scène à la violence intenable, en variant les cadrages et les champs/contre-champs et en maîtrisant l’art du running gag. J’ai aussi beaucoup aimé ce voyage dans le temps qui permet à Nelson de revêtir les traits qu’il avait en 1999 lors de sa création. Y’a pas photo, il a bien changé.

 

 

 

 

© Bertschy chez Dupuis

 

Tiens, et puisqu’on en parle de sa création, tout récemment (le 21 juillet dernier), Le Matin a cessé de paraître en journal papier. Outre la perte indéniable pour la diversité journalistique, c’est là que Nelson avait fait ses premières armes et flammes.

 

Alexis Seny

 

Série : Nelson

Tome : 19 – Petit sinistre

Scénario, dessin et couleurs : Bertschy

Genre: Humour, Strips

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 48

Prix: 10,95€



Publié le 21/08/2018.


Source : Bd-best


Presque maintenant de Cyril Bonin: est-ce encore vivre que de ne jamais lâcher prise ?

Vous n’avez pas peur de mourir, vous ? Je dis ça, je dis rien, mais avec tout ce qu’on nous annonce pour les prochaines décennies sur la planète, le nombre de cancers, la qualité de ce que nous mangeons et buvons sans cesse remise en question… il y a certainement de quoi s’inquiéter. Et ça inquiète de manière différente les trois nouveaux personnages de Cyril Bonin, dans un récit plus contemporain que ça tu meurs… ou tu vis ?

 

 

 

 

 

 

 

© Bonin chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur : Et s’il était possible de connaître son état de santé en temps réel ? Et de connaître du même coup son espérance de vie ? Ce miracle est à présent rendu possible grâce à un progrès médical révolutionnaire : les Nanopills. Grâce à elles, c’est sûr, nous allons tous mourir… mais en bonne santé. Une histoire qui se passe dans un futur tellement proche… que l’on pourrait dire qu’elle se passe « presque maintenant »…

 

 

 

 

© Bonin

 

L’hypocondrie, c’est la maladie des maladies qu’on croit avoir. Comment peut-on être un scientifique à la pointe des biotechnologies, étudier des traitements révolutionnaires, sans souffrir de ce mal dont Dany Boon n’a pas l’exclusivité. Félix est hypocondriaque à mort et les Nanopils qu’il vient de mettre à jour ne vont pas arranger son cas : il va devoir contrôler les moindres de ses paramètres vitaux (cholestérol, pression, monocytes, potassium et tant d’autres concepts compliqués pour le commun des mortels, qui plus est se sentant en bonne santé).


À côté de lui, dans la collocation, il y a Alexis, étudiant en lettres, russophone et russophile, qui rêve de vivre de sa plume. C’est ce qui l’entraîne à la bibliothèque. Là même où il va faire la connaissance d’Anna. Anna, c’est une violoniste rêvant d’intégrer un grand orchestre philarmonique. Très vite, elle va se lier d’amitié avec Félix et Alexis. Une amitié qui, comme dans la chanson de Fiori, Goldman et Ricol, est bien difficile à gérer et à conserver quand vient s’y heurter l’amour.

 

 

 

 

© Bonin

 

Chacun des deux garçons a eu sa chance mais il n’en restera qu’un pour se réveiller chaque jour aux côtés d’Anna. Ou presque, car si la belle a arrêté de fumer suite à ses prises de bec avec Félix, elle n’a pas laissé tomber ses rêves de symphonie.

 

 

 

 

© Bonin chez Futuropolis

 

Éclairant toujours aussi personnellement et magnifiquement ses personnages pour nous les rendre sympathiques, malgré leurs défauts, dès la première apparition, Cyril Bonin nous entraîne à nouveau entre des destins plus ou moins contrariés. Nouant le drame entre ses trois héros, Bonin questionne ainsi notre propension au « mieux vaut prévenir que guérir », à contrôler tout de ce que notre corps fait ou ingurgite. À se garder de tout excès, tout en étant soi-même excessif. Car est-ce encore vivre que de ne jamais lâcher prise ?

 

 

 

 

© Bonin

 

Encore plus quand votre espérance de vie varie d’une minute à l’autre. Raccrochant ce questionnement à un drame sentimental touchant, beau mais sans vraiment de happy end (ou en tout cas, nuancé), Cyril Bonin fascine une nouvelle fois par ses images intemporelles, comme gravées plutôt que dessinées sur la feuille, déjà patinées; là où il déçoit un peu avec une histoire peut-être un peu trop prévisible (The Time Before nous reste en tête, un cran plus haut) mais qui a le mérite de remettre les choses en place et de nous faire prendre conscience que si on veut lutter contre quelque chose, il convient de bien choisir le combat et de se mettre en tête, que pilules ou pas, tout peut arriver. Malheureusement et… heureusement.

 

 

 

 

© Bonin chez Futuropolis

 

 

Alexis Seny

 

Titre: Presque maintenant

Histoire complète

Scénario, dessin et couleurs: Cyril Bonin

Genre: Drame

Éditeur: Futuropolis

Nbre de pages: 72

Prix: 17€



Publié le 14/08/2018.


Source : Bd-best


Inversion : rêve éveillé, vie endormie, quand la réalité virtuelle n’a jamais semblé aussi réelle

Quelques mois après ces jours qui disparaissent qui a fait éclater un peu plus le talent de Timothée Boucher; Sylvie Gaillard, Frank Woodbridge, KolonelChabert (alias Alexis Chabert) et Renaud Angles y vont eux aussi de leur perte de repères d’un homme entre rêves et réalité, du coup, cauchemardesque. Aussi jubilatoire qu’à faire froid dans le dos. Un cri de Munch dans la nuit qui gagne de plus en plus de terrain sur le jour.

 

 

 

 

 

 

 

© Woodbridge/Gaillard/Chabert/Angles chez Grand Angle

 

Résumé de l’éditeur : Paul est un musicien et un compositeur. Sa femme l’a quitté depuis déjà plusieurs semaines. En perte totale de repères, il choisit de noyer son désarroi dans les antidépresseurs et les somnifères. Paul va s’accrocher de plus en plus à ses pilules qui lui procurent le plus grand des soulagements : la possibilité de dormir pour oublier son mal. Ses longues heures de sommeil remplies de rêves vont se perdre et se confondre jusqu’à absorber la réalité de son quotidien. Paul va alors se mettre à mélanger ce qu’il vit et ce qu’il croit vivre.

 

 

 

 

© Woodbridge/Gaillard/Chabert/Angles chez Grand Angle

 

À bâiller aux corneilles, faites gaffe, vous prenez le risque qu’elles se matérialisent un peu plus, une fois que vous aurez fermé les yeux, assoupis sur votre vie mais pas sur vos désirs qui ont, dès lors, quartier libre. Encore plus quand on est devenu un « type vide et avachi » comme se définit Paul Beaulieu, pianiste qui a perdu sa femme et ses gammes. Même s’il se rêve encore dans le coup, à naviguer vers de nouvelles aventures et symphonies, il est devenu une épave. Vie brisée sur les récifs de la réalité n’empêche pas les projets les plus fous d’aboutir sur un tapis d’écume de rêve.

 

 

 

 

© Woodbridge/Gaillard/Chabert/Angles chez Grand Angle

 

Malgré les bruits de la ville qui, elle, n’a pas cessé de mener grand-train, Paul dort de plus en plus. Et son subconscient lui joue des tours, raccordant ses élucubrations (teintées pourtant de ce qu’il se passe autour de notre personnage endormi) à la partition que notre héros abandonne de plus en plus. Un rêve éveillé ou un éveil endormi qui rend tout confus. Le combat entre le corps qui se laisse aller et l’esprit qui veut encore donner. Bien plus qu’un effet de déjà-vu, désormais Paul croit dur comme fer tout ce que son sommeil lui dicte: les rencontres, le retour de la chance…

 

 

 

 

© Woodbridge/Gaillard/Chabert/Angles chez Grand Angle

 

Et le cocktail alcool-cigarettes-médicaments va le faire s’enfoncer un peu plus dans la torpeur pourtant vivifiante de son monde endormi et qui pourtant fait déboîter son destin. Paul n’est pas narcoleptique, ni Nemo; dans son sommeil, il n’y a pas de place pour l’action, pas d’écriture automatique, pas de sursaut d’un alter-ego qui réparerait les failles de sa vie… Non, Paul dort, et c’est tout, il s’imagine qu’il a à nouveau la grinta mais ne la saisit pas. La grinta qui le grignote et le pousse un peu plus loin dans son chaos, dans son précipice.

 

 

 

 

© Woodbridge/Gaillard/Chabert/Angles chez Grand Angle

 

Drame intimiste dans les quatre murs de cet appartement qui sent peu à peu l’ours en hibernation prolongée, Inversion est un long fleuve pas tranquille, porté par quelques bouleversements et rebondissements bien trouvés. Les couleurs de Renaud Angles font la différence entre les songes éclatants et le morne quotidien. Et nous laisse une petite réserve: pourquoi différencier le réel et l’irréel alors qu’on pouvait les faire se confondre et embarquer un peu plus le lecteur? Le dessin d’Alexis Chabert (qui semble prendre pour modèle Frank Woodbridge, lui-même, avant tout musicien et compositeur, lui, saisit autant l’endormissement que les sursauts, la surprise du personnage principal aux charnières de son dédoublement de personnalité. Par la porte ou par la fenêtre, la musique rentre de tous les côtés et le dessinateur nous en envahit, alignant de belles idées de composition dans ce huis clos que le sommeil voudrait sans frontière. Et à mesure que Paul porte le tube de drogue médicamenteuse, on se dit que cette histoire pourrait être plus proche de la réalité que de la fiction.

 

Alexis Seny

 

Titre : Inversion

Récit complet

Scénario : Sylvie Gaillard et Frank Woodbridge

Dessin : KOLONELCHABERT

Couleurs : Renaud Angles

Genre : Drame

Éditeur : Grand Angle

Nbre de pages : 80

Prix : 16,90 €



Publié le 06/08/2018.


Source : Bd-best


Black Monday Murders : la finance, ce n’était pas trop votre truc ? Elle va devenir votre pire cauchemar dans un livre-objet vénéneux !

Dans une de ses toutes premières chansons, Florent Pagny vociférait qu’Économie était une déesse et il ne croyait pas si bien dire. L’or, l’argent et tous les petits ruisseaux qui font les grandes et colossales fortunes sont toujours assimilés à un lexique extra-large allant des nues aux tréfonds de notre monde plus ou moins civilisé, plus ou moins gangréné par Satan. Avec Black Monday Murders, Jonathan Hickman, Tomm Coker et Michael Garland mettre le chiffre du diable (et plus encore de Mammon) à la une des bourses.

 

 

 

 

 

 

 

© Hickman/Tomm/Garland chez Urban Comics

 

Résumé de l’éditeur : Depuis les premiers trocs et la création de la monnaie, l’argent, au-delà de sa valeur symbolique, se chargea d’une véritable puissance magique. Cette puissance, manipulée et alimentée par un groupe d’individus vénérant Mammon, Prince des Enfers et de la Cupidité, est aujourd’hui au fait de sa gloire. Le premier krack boursier de 1929, le premier choc pétrolier de 1974, la crise bancaire de 2008… Autant d’événements qui furent orchestrés par les serviteurs du Démon pour régenter en sous-main l’humanité. C’est sur cet univers occulte que l’enquêteur s’apprête à braquer les lumières de son enquête liée au meurtre ritualisé de l’une des grandes figures de Wall Street…

 

 

 

 

© Hickman/Tomm/Garland chez Image Comics

 

Des théories du complot, il y en a à la pelle, encore plus à l’heure des réseaux sociaux. Black Monday Murders en est une autre, de derrière les fagots et solidement armée et argumentée par des auteurs qui, en guise de premier tome, Gloire à Mammon, livrent un cheminement épatant d’ésotérisme et d’esthétisme. Black Monday Murders, c’est plus qu’une BD, c’est un livre-objet. Un peu comme quand petit garçon, je m’aventurais dans les incroyables aventures de l’Oncle Ernest sur pc, cherchant les indices pour mieux trouver le fin mot de ses histoires. Il y a de ça ici. Si tout se passe sur papier, sans prolongement sur internet, le trio maléfique s’est chargé d’éparpiller des traces de méfaits satanico-économiques, un langage d’initié impossible à déchiffrer et une succession de légendes urbaines et faits réels qui parcourent l’échine des cours boursiers pour mieux les faire frissonner.

 

 

 

 

© Hickman/Tomm/Garland chez Urban Comics

 

Et on fait bien plus que frissonner devant ce grand déballage de secrets bien gardés, même au prix du sang, qui met à mal les puissantes familles qui jettent les bases d’une saga politico-fantastico-économique dont il est bien trop tôt que pour comprendre vers quoi elle se dirige. Car, oui, il convient d’être accroché et de passer outre la frustration de ne pas toujours tout comprendre à cette histoire retorse mais diaboliquement enlevée. Le mystère est épais et même les auteurs se sont fait avoir : s’ils nous donnent toutes les pièces de leur puzzle au fur et à mesure que l’enquête avance, celles-ci ont été travesties par un dessein intelligent mais néanmoins malveillant. Comme ses interrogatoires et discussions retranscrites dans lesquelles on pourrait saisir plein d’éléments pour dénouer ce noeud semblant inextricable si de nombreux passages essentiels n’étaient pas recouverts d’un noir qui ne présage rien de bon.

 

 

 

 

© Hickman/Tomm/Garland chez Image Comics

 

Pour le reste, le dessin de Tomm Coker et Michael Garland fait bon ménage pour voyager dans ces cités friquées mais maudites, dans les tours d’ivoire calfeutrées, dans la violence des regards acérés et des passages à l’acte (un interrogatoire du principal suspect absolument mémorable), dans les heurts que provoquent les discussions tendues et les visages inquiets. Quelque chose nous échappe, quelque chose leur échappe, mais il est sûr que les trois auteurs ne s’arrêteront pas en si mauvais chemin. Argent comptant ou flanchant. Vénéneux, redoutablement.

 

 

 

 

© Hickman/Tomm/Garland chez Image Comics

 

PS : L’étagère imaginaire l’a également bien placé dans ses rayons !

 

Alexis Seny

 

Série : Black Monday Murders

Tome : 1 – Gloire à Mammon

Scénario : Jonathan Hickman

Dessin : Tomm Coker

Couleurs : Michael Garland

Traduction : Maxime Le Dain

Genre : Drame, Ésotérique, Fantastique, Polar, Thriller

Éditeur VF: Urban Comics

Éditeur VO : Image Comics

Nbre de pages : 240

Prix : 10 €



Publié le 01/08/2018.


Source : Bd-best


Michel Ange, le banquet des damnés de BD : le slasher post-médiéval trouve sa fin entre les têtes coupées et grâce à un pévôt Vittore sur les genoux

Après un premier tome qui nous avait un peu laissés pantois non par rapport à son intrigue fort présente mais par la présence effacée d’un Michel Ange qui donnait pourtant son titre au diptyque élaboré par Didier Convard (dans son roman), Éric Adam, Thibaud De Rochebrune et Delf. Du banquet des damnés, l’illustre sculpteur-peintre au caractère bien trempé s’était semble-t-il éclipsé. À force d’enquête, les auteurs et le prévôt Vittore (qui avait déjà, on s’en souvient, été mêlé à une affaire impliquant Léonard De Vinci. À l’époque, Didier Convard oeuvrait avec le regretté Gilles Chaillet) ont retrouvé la trace du créateur de la mémorable fresque de la chapelle Sixtine. Rusés qu’ils sont.

 

 

 

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur : 1508. Une sordide affaire de meurtres secoue Milan. Qui est cet étrange bourreau qui décapite ses victimes à la hache d’arme, et quelle hideuse apparence cache-t-il sous ses bandages ? Pourquoi signe-t-il ses crimes VENIT IUSTITIAE SOL – Le soleil de la justice a brillé ? Et pourquoi Michelangelo Buonarroti a-t-il décidé de s’y rendre à la suite d’une mystérieuse convocation, abandonnant sa fresque de la Chapelle de Sixte ? Éprouvé par l’enquête et victime d’une attaque cardiaque, le prévôt Vittore, seul capable de résoudre ces énigmes, reste alité. Et pendant ce temps, les têtes continuent de tomber…

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune chez Glénat

 

Pas de Da Vinci Code ici, les auteurs ont préféré rester bloqués en 1508, au tournant des arts et de la religion chrétienne, mesurant les implications d’un sinistre massacre perpétré sur ordre de Salomé. Elle qui voulait la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. Un souvenir douloureux qui se rappelle au souvenir des Milanais au travers de crimes sordides visant des notables n’ayant a priori rien à se reprocher. Quatorze ans après Vinci, Le prévôt Vittore n’est toujours pas marié et il va devoir remettre la quête d’une âme soeur à plus tard, il y a du pain sur la planche, haché menu par un sordide individu couvert de bandage et d’une cape rouge à hanter vos pires cauchemars. Le prévôt aura bien besoin d’aide car, un peu à l’instar de Clint Eastwood dans Créances de sang, son corps ne suit plus.

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Dès la couverture, formellement noire (dommage, cependant, qu’elle s’abîme très vite), on est plongé dans l’ambiance de ce début de siècle tourmenté. Le deuxième acte peut commencer et amener son lot de réponses, attendues ou pas. Revenant sur les traces de la légende de la mort de Jean-Baptiste mais ne négligeant pas l’intrigue contemporaine de Michel Ange qui précipite d’ailleurs l’action devant mener à la révélation finale, Éric Adam et Thibaud de Rochebrune font du bon boulot, érudit mais pas lénifiant, pour nous faire croire cette thèse selon laquelle le Baptiste était l’envoyé de Dieu et que sa tête dissimule l’esprit de celui-ci. De quoi faire des envieux. Les décors sont variés, visitant les heures du jour mais aussi de la nuit, de quoi donner l’occasion à Delf d’utiliser une belle palette de couleurs.

 

 

 

 

© Convard/Adam/De Rochebrune/Delf chez Glénat

 

Bien sûr, la réponse à cette (en)quête est sous nos yeux, depuis le début, mais il faut être devin pour la voir venir et les auteurs nous mènent par le bout du nez (qu’heureusement, on ne nous a pas encore coupé) et n’ont pas leur pareil pour mettre à mal leurs personnages, les torturer. Espèces de bourreaux ! Le graphisme expressif et donnant de l’amplitude aux cases de Thibaud de Rochebrune parachève ce thriller ésotérico-historique pour lui donner du galon parmi les oeuvres mélangeant ces deux genres. Avec succès et passion, ici.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Michel Ange

Tome : 2/2 – Le Banque des Damnés

D’après le roman de Didier Convard, Michelangelo et le banquet des damnés

Scénario : Éric Adam

Dessin : Thibaud De Rochebrune

Couleurs : Delf

Genre : Thriller, Ésotérisme, Histoire

Éditeur : Glénat

Collection : Les enquêtes du prévôt Vittore

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90 €



Publié le 30/07/2018.


Source : Bd-best


Mutations animalières et troubles de la personnalité, Panique au zoo chamboule à fond la faune de tout poil, à en rendre zinzin Darwin

L’été sera chaud, dans les t-shirts, dans les maillots mais aussi sous les fourrures, dans les coquilles. Les animaux de tout poil risquent de frôler l’insolation et de ne plus avoir toutes leurs frites dans le même paquet… mais dans un bon paquet de planches, quand même, tant la bande dessinée aime toujours autant les mondes anthropomorphes. On vous en proposera plusieurs exemples tout au long de l’été. En attendant, quitte à s’offrir une excursion rafraîchissante dans le monde animal, allons-là où il y a le plus de chances d’en observer des spécimens de tous bords : au zoo ! Et pour le coup, votre aide ne sera pas de trop pour résoudre le mystère inquiétant autant que fascinant qui plane sur le zoo autogéré du Chanoine : les pensionnaires mutent inexplicablement et s’hybrident en toute… désharmonie. En plus, il y a eu un mort et un putsch fort en griffes se prépare.

 

 

 

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle

 

Résumé de l’éditeur : Rien ne va plus au Zoo du Chanoine ! D’étranges mutations donnent naissance à d’étonnants hybrides tels que le chat-poney, le serpent-pie-thon, les oursins polaires ou les stupéfiantes loutre-Epics. Le directeur du Zoo embauche deux détectives privés, Poulpe et Castor Burma, pour tenter de lever le voile sur cet édifiant mystère, tandis que dans les allées du Zoo, on murmure, on complote, on ourdit…

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle/Alvarez chez Delcourt

 

Des enquêteurs animaliers dans le monde de la BD, on en connaît pas mal. Et souvent des fins limiers. Ceux qu’ont imaginé Frédéric Bagères, Marie Voyelle et Jérôme Alvarez aiment plutôt prendre le temps (celui de faire des jeux de mots vaseux, notamment) et se laisser porter. Ils se nomment Poulpe et Castor Burma et leur réputation les précèdent pourtant. C’est la première fois qu’une de leurs enquêtes est rendue publique. Une enquête pas banale.

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle/Alvarez chez Delcourt

 

Car dans ce zoo d’un nouveau genre, révolutionnaire, qu’est celui du Chanoine, les événements récent ne sont pas du tout banals. Et à l’heure de la disparition des espèces de plus en plus précipitée, de nouvelles viennent d’apparaître, des combinaisons foutraques et complètement freaks qui rendraient totalement zinzin Darwin. Pas que lui d’ailleurs, imaginez les troubles de personnalité qui vont accompagner le cheminement pour trouver sa place (et c’est pas gagné) de ce gorille croisé avec un flamand rose ou de ces oursins polaires. Et ce chameau qui n’a plus qu’une bosse, vous y avez pensé ? Et ce dromadaire qui, au contraire, en a désormais deux ? Quel choc ! Et encore, on vous garde les surprises au chaud, dans les intrigues parallèles qu’ont goupillé les auteurs. Le seul qui s’en sort bien, c’est l’araconda, ce serpent qui a muté avec un volatile et se prend désormais pour le grand Quetzalcoatl.

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle/Alvarez chez Delcourt

 

Bref, si l’anomalie concerne un tout petit pourcentage des pensionnaires du zoo et qu’elle semble se propager par phase, la dawa est bel et bien semée. Et si cela se généralisait à l’entièreté du parc ? Bien sûr, le directeur se frotte les mains en pensant que cette spécificité très particulière pourrait attirer du public. Reste qu’il a fait appel à nos deux enquêteurs qui ont leur entrée gratuite pour ce jardin du bien et du mal.

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle

 

C’est comique, dès les premières planches, Panique au zoo m’a ramené à un jeu de société tout simple que j’ai exhumé il y a peu pour jouer avec mon neveu : Animaux Rigolos. Une sorte de jeu de mémo dans lequel il faut reconstituer, avec quatre pièces, les corps d’animaux exotiques en tenues civiles pour gagner la partie. Même si la tentation est grande d’intervertir les pièces et de créer des animaux nouveaux et hilarants.

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle/Alvarez chez Delcourt

 

Il y a de ça dans le récit dynamique que proposent Bagères et Voyelle qui ont dû, eux, aussi prendre leur pied palmé (sait-on jamais qu’eux aussi aient muté!) avec cette histoire inventive, farfelue et pourtant drôlement efficace. Cette histoire, si l’idée de départ était cocasse, encore fallait-il la mener à bon porc… euh port, et force est de constater que les trois seuls humains de cette histoire, si on excepte le caméo d’un vétérinaire dont on ne voit de toute façon que les pieds qui sait peut -être a-t-il une tête de moineau ou de rhino, rien ne disant qu’il n’a pas participé aux fêtes du zoo où tout a basculé), s’y engagent bec et ongle, multipliant les à-côtés de bonne facture mais n’oubliant pas de faire progresser l’enquête en s’adressant autant aux jeunes lecteurs premier degré qu’aux plus grands avec un univers bardés de références. Comme au sergent-instructeur Hartman du mémorable Full Metal Jacket, le Livre de la jungle ou encore Fight Club.

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle/Alvarez chez Delcourt

 

Quant au dessin de Marie Voyelle, si elle avait déjà fait intervenir un certain Raoul-le-morse dans un précédent album, il fallait aller visiter ses pages et sites (ou ses livres pour enfants, tout simplement) pour mieux apprécier sa délicatesse à apprivoiser les animaux. Panique au zoo fait figure de redoutable carte de visite. Non contente de donner un comportement humain à ces animaux déjantés, sans excès, elle leur donne aussi des personnalités variées (et des tempéraments forts, il y en a!) et trouve son style pour éviter de faire du Sokal, du Guarnido ou du Reculé mais juste du Voyelle. Et tellement Voyelle. Le mouvement, les attitudes, les expressions, tout est rendu à la perfection et rythmé par les couleurs bien choisies de Jérôme Alvarez. Ça a l’air faussement facile mais il doit y avoir un gros boulot de chara-design derrière toute cette ménagerie animée.

 

 

 

 

© Bagères/Voyelle/Alvarez chez Delcourt

 

Guidé par ce duo mal-assorti et pourtant si sympathique et inséparable, voilà un polar qui pète des flammes, pas pressé mais pourtant sans temps mort de par les interventions de tout ce petit monde irrésistible. Il y a de la poésie, de l’esprit et surtout un ton qui nous a fait craquer pour cet album. Loup-phoque et fourmi-lion d’idées.

 

 

 

 

La colorisation © Bagères/Voyelle/Alvarez

 

En espérant qu’il y en ait d’autres, de génisse… oups de génie, pour que d’autres enquêtes de ce duo voient le jour.

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Panique au zoo

Récit complet

Scénario : Frédéric Bagères

Dessin : Marie Voyelle (Page Fb)

Couleurs : Jérôme Alvarez

Genre : Anthropomorphisme, Aventure, Humour, Polar

Éditeur : Delcourt

Collection : Humour de rire

Nbre de pages : 48

Prix : 23,95€



Publié le 24/07/2018.


Source : Bd-best


Tosca des bois n’a rien à envier à Robin et s’évade d’un Moyen Âge guerrier pour retrouver l’insouciance de la jeunesse téméraire

Qu’elles sont belles et apaisées les villes italiennes. Solaires. Il n’en a pas toujours été ainsi et fut une époque où ces jolis bastions se la jouaient frère ennemis et se menaient des guerres sans relâche et à qui mieux mieux. Que voulez-vous, la soif de pouvoir et de territoires. Et tous les coups étaient permis. Sur cet échiquier médiéval, on ne saurait en vouloir à la princesse Lucilla d’avoir besoin d’évasion et de voyage avec ses nouveaux amis pas forcément de sa classe seigneuriale mais complices. Sauf que les ennemis de son père entendent bien mettre la main sur elle pour faire levier.

 

 

 

 

 

 

 

© Radice/Turconi chez Dargaud

 

Résumé de l’éditeur : Alors que le seigneur de Castelguelfo se prépare hardiment à la guerre contre l’infâme Gautier de Brienne, sa fille, Lucilla, fuit le château familial pour explorer le monde en compagnie de ses amis Tosca et Rinaldo. Les merveilles qui’ils croisent sur leur chemin sont innombrables mais en ces temps de guerr, le danger guette…

 

 

 

 

© Radice/Turconi chez Dargaud

 

Toujours sous le charme du premier opus de cette série, on se laisse embarquer sans méfiance dans l’histoire que nous destine le duo toujours aussi magique, Teresa Radice et Stefano Turconi. Les couleurs ont changé dans les derniers reflets de l’automne et ceux de l’hiver. Peu importe les armées qui en souffriront. Les enfants, quelle que soit leur condition, laissent la misère de la guerre aux grands inconséquents pour faire leurs expériences et traverser les bois.

 

 

 

 

© Radice/Turconi chez Dargaud

 

Après tout, pourquoi n’y aurait-il que les scouts qui aimeraient vivre au fond des bois. Hue, dada. Turconi n’a pas son pareil pour mettre de l’étincelle et de la malice dans les regards de ses héros, de l’insouciance aussi. Celle-là même qui fait qu’ils n’ont pas vu venir le danger. Hippique et épique.

 

 

 

 

© Radice/Turconi chez Dargaud

 

Recyclant des éléments bien connus du genre (comme le traquenard en forêt) avec facétie, pugnacité et frénésie graphique, Radice et Turconi livre un nouveau one-shot qui ne s’empêche pas de faire avancer la trame de fond de la série et de lever le voile sur les origines de cette orpheline téméraire qu’est Tosca des Bois. Ne restant pas sérieux, les deux auteurs prennent le partie de se payer une bonne tranche de rire sur la table de cette époque troublée et alignent les gags rythmés et réussis dans des décors toujours aussi somptueux et enluminés. La belle aventure continue, sur un final insoutenable !

 

 

 

 

© Radice/Turconi chez Dargaud

 

 

 

Alexis Seny

 

Série : Tosca des Bois

Tome : 2 – Complots, fuites, secrets et enlèvements

Scénario : Teresa Radice

Dessin et couleurs : Stefano Turconi (Facebook)

Traduction : Emmanuel Justo

Genre : Aventure, Médiéval, Humour, Jeunesse

Éditeur : Dargaud

Éditeur VO : BAO Publishing

Collection : Dargaud Jeunesse

Nbre de pages : 48

Prix : 9,99€



Publié le 23/07/2018.


Source : Bd-best


Inépuisables aventures, poésie inestimable, esthétique vintage magnifiée : Trondheim et Keramidas galvanisent durablement Mickey, Donald & co

À l’heure où Dupuis interrompt momentanément la série de « Spirou vu par… » (ce qui réjouit les puristes et nous chagrine un peu tant il y a eu de belles choses dans cette collection), Glénat continue d’offrir à Mickey et sa bande une french touch tellement rafraîchissante. Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas ne se le sont pas fait dire deux fois… ou plutôt si puisque, coup sur coup, ils ont entraîné Mickey et Donald dans deux aventures plus folles et heureuses l’une que l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur  pour Mickey’s craziest adventures : Catastrophe, le coffre-fort de Picsou a été dévalisé ! Les responsables ne sont autres que Pat Hibulaire et les Rapetou, ayant réussi à dérober la machine à miniaturiser conçue par Géo Trouvetou lui-même. Pour les arrêter, Mickey et Donald doivent unir leurs forces et partir à leur poursuite. C’est pour eux le début d’une course effrénée, du laboratoire du génial inventeur aux méandres d’une dangereuse jungle, en passant par les ruines d’une cité antique et secrète…

 

 

 

 

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Glénat

 

Résumé de l’éditeur pour Donald’s happiest adventures : Un matin comme les autres : Donald se lève de la patte gauche et reçoit un appel de Picsou. Après leurs aventures aux quatre coins du monde avec Mickey, son oncle a besoin de lui pour une nouvelle chasse au trésor. Mais Donald se rend compte que, peu importe l’étendue des richesses qu’il lui envoie chercher, son oncle ne sera jamais satisfait. Picsou a beau être un vieux canard pingre et acariâtre, il veut la même chose que tout le monde : le bonheur. Aussi décide-t-il d’envoyer son neveu à la recherche de cet inestimable trésor ! Mais pour le colérique et malchanceux Donald, trouver le secret du bonheur semble mission impossible…

 

 

 

 

© Trondheim/Keramidas chez Glénat

 

Dès le renouveau des beaux jours, quel plaisir de chiner sur les brocantes. Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas ne sont, semble-t-il, pas les derniers à goûter aux joies des quêtes et des reconquêtes d’objets vieillots non identifiés. C’est ainsi, au hasard d’une promenade matinale qu’ils ont mis la main sur des numéros quasi-antiques d’hebdomadaires oubliés des années 60 : des exemplaires de Mickey’s quest et de Donald’s quest comics and stories. Sans doute ont-ils rêvé car de l’histoire des magazines jeunesse, jamais aucun n’a porté l’un de ces deux titres. Sans doute aussi les deux auteurs sont-ils trop modestes que pour s’attribuer la paternité des deux histoires qu’ils ont conçues et qu’ils préfèrent se cacher derrière un prétexte. C’est sûr, depuis le temps que Mickey est Mickey et Donald est Donald, tellement d’artistes sont passés dans leurs sillages qu’on pourrait croire que plus personne ne saura leur apporter une dimension supplémentaire.


C’est archi-faux, au fil des saisons, des époques et des évolutions, les personnages de papier, pour peu qu’ils soient en vie (pauvre Tintin), muent. Et Trondheim et Keramidas leur apportent une présence d’esprit et un supplément d’âme assez fameux sous prétexte de grande déconnade et d’aventure foutraque. Leurs deux albums sont des oeuvres de grande maîtrise et d’une esthétique vintage et bouleversante. Avec chasses au trésor et inventions qui prennent le contre-pied de ce qu’ont proposé Filippi et Camboni qui optaient pour le futurisme. Ici, tout est fait, des fac similé de taches ou de moisissures, des auréoles à la page déchirée en passant par les couleurs passées (couleurs, elles-mêmes, d’époque: le travail de Brigitte Findakly est là aussi étincelant), pour nous faire croire que l’ouvrage qu’on a entre les mains est un trésor, celui que cherche sans relâche ces personnages qui nous suivent tout au long de notre vie. Et ça l’est.

 

 

 

 

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Glénat

 

Le premier opus, Mickey’s craziest adventures, rajoute à cette esthétique des affres du temps pourtant diablement soignée un fonctionnement par épisode. Comme si les auteurs avaient scanné les pages ancestrales des revues trouvées par hasard dans cette brocante. Avec en-têtes qui à elles seules font rêver mais aussi des épisodes… manquants ! Vous en trouvez souvent, vous, des lots de magazines totalement complets ?

Moi qui collectionne les Journaux Spirou d’antan, il m’est souvent arrivé de devoir lire une histoire à suivre en devant imaginer ce qu’il se passait durant quatre ou cinq planches que je n’avais pas. Ça fait travailler l’imaginaire. C’est sur ce même procédé d’imprégnation et d’investissement que joue le duo magique en proposant 82 épisodes-planches répartis sur 42 planches.

 

 

 

 

Projet de couverture © Keramidas

 

De quoi donner une histoire aussi rocambolesque que sans queue-ni-tête. Et pourtant sensée à mesure que le lecteur s’y invite peu ou prou, s’accaparant ce récit trépidant (des profondeurs sous-marines à la Lune en passant par des cités antiques et des… cités antiques) et en en faisant un récit dont il est aussi le héros aux côtés d’une galerie bien connue : Géo Trouvetou, les Rapetou et Pat Hibulaire, le Professeur Mirandus… en plus d’un bestiaire fouillé.

 

 

 

 

© Trondheim/Keramidas chez Glénat

 

Au coeur de ses pérégrinations passant sans faute de raccord ni d’accord de Chérie, j’ai rétréci les gosses à Indiana Jones et l’Atlantide, le duo mène cet album d’une trombe en multipliant les gags, les running gags et les rebondissements inattendus. Nicolas Keramidas n’a pas vendu son âme au dia… à la petite souris et réussit à faire du Disney sans trahir son style, si efficace, si spectaculaire.
Encrage de quelques entêtes © Trondheim/Keramidas

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, les deux auteurs ont ainsi donné suite à cette aventure inattendue en proposant une variation autour du bonheur et de Donald. Donald, le personnage de l’univers Disney qui n’est pas le plus heureux qui soit, c’est un fait. Et quand le personnage qui l’est sans doute le moins, Picsou, lui confie une mission corsée, ça risque de faire un malheur.

 

 

 

 

© Trondheim/Keramidas/Findakly chez Glénat

 

Dans cette histoire qui fait passer Mickey au rang des seconds rôles, on prend les mêmes et on recommence. Si ce n’est que, conscients que les plus courtes sont les meilleurs, Trondheim et Keramidas ont cette fois « retrouvé » l’intégralité des numéros de Donald’s Quest. Plus besoin dont d’imaginer ce qui se passe durant de nombreuses ellipses : tout est là !

 

 

 

 

Crayonné © Trondheim/Keramidas

 

Tout est là mais ça n’empêche pas le lecteur de s’investir, d’une autre façon; dans ce récit moins tragi- que -comique tant le tandem nous renvoie à une question simple et universelle, naïve mais pertinente : qu’est-ce que le bonheur et comment y accède-t-on ? Un Disney philosophique ? En quelque sorte mais évitant soigneusement tout ce qui pourrait être un poil pompeux et soporifique. On est quelque part entre Walter Mitty et QRN sur Bretzelburg, avec un Donald toujours plus emmêlés dans les fils inextricables d’un destin facétieux, lui qui est si malchanceux par rapport à son cousin à la chance insolente, Gontran.

 

 

 

 

Crayonné © Trondheim/Keramidas

 

Dans les décors souvent rêvés et parfois cauchemardés qui peuplent cette odyssée, on se rend compte que le message développé par les deux auteurs à l’aide de personnages pour enfants nous touche mille fois plus que si le trait avait été ultra-réaliste et l’histoire baignée de nos certitudes humaines. C’est tellement bien vu et bien senti. Mickey et Donald ont atteint la quintessence et le dessin si riche de Keramidas semble inépuisable, intarissable. On en redemande encore et encore.

 

Alexis Seny

 

Titre : Donald’s happiest adventures 

Récit complet

Scénario : Lewis Trondheim

Dessin : Nicolas Keramidas (Page Facebook)

Couleurs : Brigitte Findakly

Genre : Aventure, Humour, Philosophie

Éditeur : Glénat

Collection : Mickey vu par

Nbre de pages : 48

Prix : 15€



Publié le 19/07/2018.


Source : Bd-best


La musique de Mickaël Jackson résonne. Magic Seven 6 – Le village des damnés.

 

 

« - Non, je ne sais pas si on a pris la bonne décision. Mais au moins, c’est la mienne… Entre vous, mes parents, Alice ou les livres secrets des anciens mages, c’est de toute façon impossible de faire des choix. Les livres me disent qu’en étant réunis tous les sept, on est dangereux. Mais séparés, on est à la merci de tous ceux qui nous veulent du mal… à commencer par mon père. C’est dingue, j’ai passé ma vie à la croire mort et à espérer entrer en contact avec lui… pour finalement découvrir que c’est un psychopathe manipulateur. Puis, j’apprends qu’il y aura forcément un traître parmi les sept et Alice me dit que l’un de nous va mourir très prochainement. Enfin, bref, je ne sais plus qui croire…

-          Si t’espères que c’est le moment où je vais te dire « d’écouter ton cœur », tu te fourres le doigt dans l’œil. »

 

C’est un Léo en plein doutes que nous retrouvons à bord du train le transportant, lui, ses fantômes et ses copains. Le Magic Wagon de Lupe les transporte vers Jezebel, le démon de Farah. Arrivés dans la ville où se trouve le monstre, les cartes sont rebattues pour les Magic 7. Les pouvoirs se mélangent, les habitants sont ensorcelés. Les forces du mal semblent avoir pris le dessus.

 

 

 

 

 

 

© Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

 

Kid Toussaint ne fait pas de cadeau aux mages. Les jeunes héros se trouvent bousculés dans une aventure diabolique.

Sans cassure et avec cohérence, les auteurs font grandir la série avec leurs lecteurs. Si pour les plus âgés, la musique du Thriller de Mickaël Jackson se fait entendre dans les intercases, les plus jeunes y retrouveront des zombies semblant tout droit sortis des cases de Charlie Adlard dans Walking Dead.

 

 

 

 

© Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

Kenny Ruiz a pris le parti de relooker les personnages, leur offrant de nouvelles coupes de cheveux. C’est décidé, maintenant, cette série est la sienne. Pas question d’une reprise, Ruiz s’est emparé de la série pour la faire sienne. Aidé par les couleurs de Noiry, on assiste à de grandioses scènes effrayantes ou magiques donnant à la saga un lyrisme à juste titre envoûtant.

 

 

 

 

© Toussaint, Ruiz, Noiry - Dupuis

 

 

 

 

 

Magic 7 n’aura pas eu besoin d’attendre son septième album pour atteindre l’âge de raison. Avec ce sixième opus, la série atteint déjà sa maturité.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

Série : Magic Seven

Tome : 6 – Le village des damnés 

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Kid Toussaint

Dessins : Ruiz 

Couleurs : Noiry

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800171715

 



Publié le 17/07/2018.


Source : Bd-best


Les chemins de Compostelle : l’art de se retrouver en découvrant le monde.

« Le Moyen-Âge occidental représente les trois destinations principales de pèlerinage par trois signes que les marcheurs vont porter sur eux.

-          Les clés signifient Rome : clés entrecroisées qui ouvrent les portes de la Ville éternelle, annonciatrices du Paradis. Clés qui symbolisent aussi le corps des deux apôtres sacrifiés à la persécution.

-          Les palmes et la croix symbolisent Jérusalem : ce sont les palmes agitées devant le fils de l’Homme lors de son entrée dans la Ville sainte, le dimanche dit des Rameaux, et la croix de son supplice.  

-          La coquille est l’attribut des jacquets, ainsi qu’on surnomme ceux qui prennent la route de Compostelle. Il s’agit du pecten ramassé par les pèlerins sur les grèves de Galice, mais aussi du symbole, féminin, de la Vierge protectrice des pérégrins, et du symbole antique de la naissance. » 

 

Résumé éditeur :

 

C’est en traversant le temps et la France que Jhen nous emmène sur les traces de Jacques de Compostelle, à la rencontre de Jacques le Majeur, martyr chrétien, ayant terminé ses jours en Galice. Nous retrouvons les pèlerins, qui – entre légendes et réalités – nous font découvrir le patrimoine français. Depuis les origines du pèlerinage à la Légende Dorée de Jacques de Voragine, des constructions de cathédrales en passant par la rencontre de personnages marquants de l’histoire de France, tels Nicolas Flamel, l’alchimiste, Jacques Cœur, Prosper Mérimée ou Bernard de Clairveaux… Jhen nous emmène à la découverte d’un des plus célèbres voyages initiatiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Chemins de Compostelle.

 

Avec ce livre, l’équipe Martin nous propose la découverte des chemins de Compostelle. Ces chemins guidant de nombreux pèlerins (croyants ou incroyants) vers eux-mêmes. Il faut relever l’incroyable travail effectué par Arnaud de la Croix afin de nous présenter les différentes routes initiatiques de ce pèlerinage au moyen de textes sans parti pris. Il rassemble pour les lecteurs une masse importante d’informations permettant une découverte historique et religieuse accessible à tout un chacun.

 

 

 

 

 

 

© Chemins de Compostelle.

 

 

Yves Plateau complète graphiquement les nombreuses photographies dispersées au long des pages constituant cet ouvrage. Ses dessins apportent un bonus non négligeable à la vision de ces pèlerins en quête de rencontre avec l’autre comme avec Dieu. Ces nombreux marcheurs ayant chacun leurs propres motivations, se détachent de leurs fonctions, de leurs familles et de leurs conforts afin d’effectuer plusieurs centaines voire milliers de kilomètres à travers les routes européennes convergeant vers un seul lieu : (Santiago) Saint-Jacques de Compostelle.

 

Chroniques d'en haut --> Compostelle par la montagne

 

 

Haubruge Alain

 

Série : Les voyages de Jhen

Titre : Les chemins de Compostelle.

Genre : Historique

Scénario : Arnaud de la Croix.

Dessins : Yves Plateau.

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 56

Prix : 12,90 €

ISBN : 9782203090354  



Publié le 13/07/2018.


Source : Bd-best


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