?>

En images et en bulles
Flux RSSFlux RSS

1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


Réflexion sur le sens de la vie … Je vais rester

 

 

 

«  -Y’a un petit train de touriste qui y va … Mais je préférerais mourir asphyxié dans une fosse à purin que de poser mes fesses là-dedans.

-          Comme en 1990 avec le paysan, sa femme et son ami …

-          Je … ça me rassure de savoir que la mort est tout le temps présente, dans n’importe quelle situation. C’est pas pour me moquer de ces gens »

 

 

 

 

 

Résumé éditeur : C’est l’été, Fabienne et Roland arrivent à Palavas pour une semaine de vacances. Il a tout organisé, réservé, payé et noté dans un carnet les moments importants du séjour. Un accident tragique survient alors qu’ils n’ont pas encore déposé leurs bagages à l’appartement...  et elle se retrouve seule. Contre toute attente, elle décide de rester sur place et faire ce qui était prévu. Son hébétude et son déni laisseront-t-ils de la place à l’imprévu ?...

 

 

 

 

© Trondheim – Chevillard - Rue de Sèvre.

 

 

 

Certains crieront au génie, d’autres à l’arnaque.  Avec  Lewis Trondheim  au scénario, soit on apprécie son style d’écriture ou on le rejette totalement. Pour ma part, je me situe au point milieu de ces deux  extrêmes. Oui, l’histoire est captivante et l’on a fortement envie de découvrir l’attitude de Fabienne face au drame qui la touche. Par contre, le cheminement de l’histoire est hyper lent avec une conclusion laissant beaucoup de lecteurs sur leur faim.  Le titre traduit bien l’intrigue : Fabienne seule … face à son destin immédiat et à sa décision de poursuivre ses vacances selon le planning établi par Roland, son défunt mari.  C’est à cet instant que l’aventure prend tout son sens ! 

 

 

 

 

 

© Trondheim – Chevillard - Rue de Sèvre.

 

 

 

Le traitement des images laissé à l’appréciation de Chevillard Hubert  est splendide. Avec ces illustrations, ce dernier  établit une relation fusionnelle avec les lecteurs, captivant ceux-ci tout au long du récit. En résumé, une réflexion sur le sens de la vie vis-à-vis de celle des autres laissant le sentiment d’être passé à côté de la sienne tout en s’en accommodant.

 

Haubruge Alain.

 

 

Titre : Je vais rester


Genre : Drame social


Scénario : Lewis Trondheim


Dessins : Hubert Chevillard


Éditeur : Rue de Sèvre


Nombre de pages : 120


Prix : 18,00 €

 

ISBN : 9782369812289



Publié le 11/07/2018.


Source : Bd-best


Le plat est correct mais manque de sauce.  Etoilé 2 – Plat de résistance.

« - Samuel n’a jamais eu de chance dans la vie. Pour la première fois de sa vie, il a un cadre solide. Il me fait confiance. A l’équipe aussi. Je ne l’ai jamais vu aussi serein.

-          Vous en pensez quoi ?

-          C’est beau, chef !... Il s’est assagi, il écoute…

-          C’est de la merde. C’est pas au niveau. C’est comme vous ! J’ai plus d’idées. Comment je peux travailler ici avec une équipe aussi nulle ? Dans ce clapier dégueulasse…

-          Il va s’épanouir avec moi. J’le sens.

-          Putain de temps, putain de restaurant, putain de vie. »

 

 

 

 

 

 

Le chef Samuel Lejeune est débauché du restaurant financé par sa femme. La cuisine a été plus forte que l’amour,… ou ne serait-ce pas plutôt l’argent ? Pietruch, chasseur d’étoiles, mais pas de comètes, a débauché le finaliste de l’émission The ultimate cook. Dorénavant, Samuel travaille pour lui, dans un luxueux établissement.

Paula n’a pas dit son dernier mot. Pour contrer la trahison de son mari, elle engage Nicole, venue d’Asie, avec qui elle compte bien reconquérir une étoile.

 

 

 

 

 

 

 

© Lehéricey, Desmarès, Brahy, Denoulet - Dupuis

 

 

 

 

Après un hors-d’œuvre constitué par le tome 1, prometteur mais manquant un brin de dynamisme, heureusement sauvé par un cliffhanger final prometteur, ce plat de résistance avait tout pour être le must de la carte. Sur le pitch, ça marche. On a un décor rarement exploité en BD, on a l’intrigue, on a des personnages forts aux caractères bien trempés, il manque juste un scénario. Dis comme ça, cela peut paraître dur. Les deux scénaristes font ce qu’elles peuvent, mais il faudrait un Corbeyran pour assaisonner le tout. Les séquences sont parfois trop courtes, passent du coq à l’âne.

Il n’est pas trop tard pour sauver la série. Il est urgent que Dupuis réagisse et engage quelqu’un qui pourrait aider Lehéricey et Desmarès et assaisonner le dessert. L’idée de l’équipe de bras cassés engagés pour épauler Nicole est excellente. Il suffit (la critique est facile mais l’art est difficile) d’appliquer la bonne recette.

 

 

 

 

© Lehéricey, Desmarès, Brahy, Denoulet - Dupuis

 

 

 

 

Luc Brahy fait tout ce qu’il peut pour sauver le navire. Heureusement que c’est lui qui est à la barre, ou plutôt en cuisine. Le dessinateur rapide et talentueux permet à ses afficionados de continuer à réserver leurs places dans le restaurant « Etoilé », mais il faut absolument corriger la carte avant que les clients ne se lassent.

Les dégradés de Bertrand Denoulet donnent à la série une ambiance intéressante. En pleine cuisine pendant les préparatifs ou lors de scènes nocturnes, le coloriste fait sentir les odeurs des plats et les tensions entre les personnages.

 

Etoilé a tout pour en récolter, des étoiles, mais a besoin d’aide en cuisine.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Etoilé

Tome : 2 – Plat de résistance

Genre : Thriller culinaire

Scénario : Lehéricey & Desmarès

Dessins : Brahy

Couleurs : Denoulet

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 52

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800174563 

 

 



Publié le 10/07/2018.


Source : Bd-best


Le Tour de France fait sa bataille des nuages, sans sabre laser, juste à la force des mollets et du braquet, toujours plus haut, toujours plus loin

 Y’a pas que la baballe dans la vie, les matchs de Coupe du monde se raréfient au fur et à mesure que le tournoi avance et il est temps de penser aux autres aventures sportives de cet été. Et notamment une autre au long cours qui commencera ce 7 juillet et fera la part belle aux forçats de la route (quand l’UCI est en déroute et blanchit Froome plus vite que son ombre bannie du Tour, et ça, c’est triste, enfin soit, disons-nous que le spectacle est ailleurs). Dès ce dimanche, la grande Boucle prendra le départ de Noirmoutier, au niveau de la mer mais ne réfrénera pas ses ardeurs et celles de ces cyclistes pour atteindre quelques monstres de montagnes, pentus et décisifs (on l’espère). Car c’est dans la succession des monts, des pics et des cols que la réputation du Tour de France s’est aussi faite. En danseuse ou à la moulinette, Didier Ocula et Thomas Liera clôturent leur triptyque officiel (« du souvenir » comme ils l’appellent) sans suffoquer, sans mal de l’altitude, avec la force des attitudes.

 

 

 

 

 

 

 

 

©Ocula/Liera/Hamo/Vanecht chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Ce sont à coup sûr les étapes du Tour de France les plus palpitantes, les plus spectaculaires et les plus douloureuses pour l’organisme. La tête dans les nuages, le cou tendu, là-haut, tout là-haut, juste à côté du soleil, les hommes doivent s’affronter, mais face à eux, il n’y a que leur âme. C’est un bien étrange et singulier duel que de se battre avec soi-même en pleine montagne.

 

 

 

 

©Ocula/Liera/Hamo/Vanecht chez Dupuis

 

La bataille des nuages, c’est onirique, ça pourrait aisément être le titre d’une histoire de Sf, d’un  cloudy space opera son et lumière. Il n’en est rien (quoique, certains coureurs sont si assoiffés de victoires qu’ils pourraient pédaler de manière stratosphérique pour arriver à poser le premier… boyau sur la Lune), si le son et la lumière sont bien là, le spectacle se fait au ras des pâquerettes ou des edelweiss,  sans sabre laser mais à la force des jambes et d’un courage que la route cherche à malmener. De la défaillance à la consécration, du virage magistralement négocié à la chute qu’on n’avait pas vu venir, de la mise-à-pied aux pédales qu’on ne peut plus sentir, l’ascension est vitale autant que mortelle.

 

 

 

 

©Ocula/Liera/Hamo/Vanecht chez Dupuis

 

S’ils avaient déjà abordé le sujet dans leurs précédents tomes, les deux auteurs carolos ont donc décidé de prendre de la hauteur, de l’altitude, de surplomber les lacets et les raidillons. Quand les hommes aussi sportifs soient-ils se retrouvent à avoir l’apparence de vulgaires insectes dans une nature qui les dépasse mais sur qui ils veulent néanmoins gagner. Gagner contre soi, contre les conditions, puis sur les autres. Bon, à l’heure actuelle, avec les progrès techniques (pas motorisés, s’il vous plaît), les voitures suiveuses et toute une série d’améliorations qui permettent plus ou moins de confort quand on vit sa journée sur une selle, ça peut paraître surmontable; mais imaginez cette course, il y a quelques décennies, quand les couleurs ne pouvaient compter que sur leurs ressources, et les plus insoupçonnées.

 

 

 

 

©Ocula/Liera

 

Ainsi, fidèle à leurs habitudes, Ocula et Liera nous baladent dans l’histoire à deux roues, compilant onze histoires connues ou méconnues qui ont vu les vélos viser le ciel. Il y a Merckx évidemment et cannibalement mais aussi un Jacques Anquetil superstitieux, un Pintarelli devenu momie à cause des chutes sous la pluie, l’ouvrier Roger Walkowiak qui rêvait de jaune ainsi que de ce Christophe Colomb des cimes qu’était Alphonse Steinès, ce journaliste aussi fou que jusqu’au-boutiste qui guida le peloton au pays des neiges éternelles ou presque, le Tourmalet.

 

 

 

 

©Ocula/Liera/Hamo/Vanecht chez Dupuis

 

Si le temps est toujours compté, encore plus sur les premiers, en montagne, le tandem sur son tricycle semble avoir eu un peu plus de temps pour concrétiser cet album naturellement spectaculaire, y remplir l’avant-plan comme l’arrière-plan (clins d’oeil à l’appui) et pour le fignoler en une admirable conclusion. Ocula et Liera se sont dégagés des rayons pour laisser parler un peu plus la fantaisie et la magie de la mise en scène. Le trait rond du deuxième fond dans la bouche et sous les yeux. Se dégageant du réalisme feint et trop appuyé que pour délivrer une quelc… (calque?)onque saveur de certaines oeuvres, Liera a un graphisme enthousiasmant qui fait de ce Tour un Disneyland à ciel ouvert et sans frontière, si ce n’est les limites humaines. Les couleurs d’Hamo et Colin Vanecht se fondent dans une chart qu’on imagine forcément restrictive et parviennent à donner un peu plus vie à ces images déjà bien animées, passant de la quiétude à l’orage et la brume qui peuvent faire s’écrouler toutes les ambitions de coureurs. Une apothéose à deux roues qui, malgré les scandales dans lesquels les autorités du cyclisme semblent bien se complaire, ne freine pas notre enthousiasme. Qu’ils sont beaux ces efforts, quand ils sont insoupçonnables (on l’espère de tout coeur).

 

 

 

 

©Ocula/Liera

 

 

Alexis Seny

 

Série : Le Tour de France

Tome : 3 – La bataille des nuages

Scénario : Didier Ocula

Dessin : Thomas Liera

Couleurs : Hamo et Colin Vanecht

Genre : Sport, Histoire, Récits courts

Éditeur : Dupuis

Licence : Le Tour de France

Nbre de pages : 44 (+ 4 pages de cahier graphique)

Prix : 14,95€



Publié le 10/07/2018.


Source : Bd-best


Rentrée 2018, les immanquables ! (1)  « Spirou ou l’espoir malgré tout T.1 » Émile Bravo

 

 

 

Dix ans après la parution de l’album « Spirou, le journal d’un ingénu », Émile Bravo nous propose la suite des aventures de Spirou, faisant évoluer  son héros au cours de la Seconde Guerre mondiale.  « Spirou ou l’espoir malgré tout » sera décliné en quatre tomes pour un total de 327 pages.

Quatre années ont été nécessaires à l’auteur afin d’écrire cette nouvelle histoire dont la parution du premier tome est prévue début octobre 2018.

 

 

 

 

 

 

© Émile Bravo – Dupuis.

 

 

Cette nouvelle aventure permettra à notre groom de rencontrer un peintre Juif allemand et son épouse polonaise tous deux réfugiés à Bruxelles.

 

 

 

© Émile Bravo – Dupuis.

 

 

 

Les plus impatients peuvent retrouver dès à présent les vingt premières pages en prépublication dans le N° 4175 du Journal de Spirou paru à l’occasion des 80 ans du journal.

 

 

 

© Émile Bravo – Dupuis.

 

 

 

 

Haubruge Alain

 

 

Editeur : Dupuis.


Date de parution : 5 octobre 2018.


Scenariste : Bravo Emile


Dessinateur : Bravo Emile


Nombre de pages : 88


Prix : 16,50 €



Publié le 09/07/2018.


Source : Bd-best


Les charentaises, c’est pas pour les… Papy Boomers 1

« - Ça alors !!! Roger ?...

-           ?

-          Lucien ! Classe de terminale au lycée Victor Hugo en 70 !...

-          Lulu ?!

-          Dis donc, ça fait un bail ! Qu’est-ce que tu deviens ?...

-          Bah… On vieillit, comme tout le monde, avec les petits soucis de la soixantaine… De l’arthrite, de l’arthrose, un double pontage et des problèmes à la prostate… Quant à Popol, ça fait une éternité qu’il ne regarde plus les avions dans le ciel !...

-          Et toi ? T’as l’air en forme.

-          Moi, de ce côté-là, tout va bien ! Un moral et une santé en béton !... Faut dire que je m’entretiens. Gym trois fois par semaine, régime diététique… C’est important pour rester jeune !... »

 

 

 

 

Il en a de la chance, Roger, de ne pas subir les petits tracas du deuxième âge et demi. Parce que le troisième âge, pas question d’en entendre parler ; c’est pour les vieux. T’as qu’à croire ! Le papy boomer a des œillères, mais il est bien comme les copains. Un peu phraseur, légèrement roublard, franchement attachant, Roger croit encore en la jeunesse éternelle et au pouvoir de séduction. Speed-datings et viagra font partie de son quotidien.

Pour les copains de sa génération, la situation n’est pas forcément préférable. L’un d’eux a fait un enfant sur le tard avec une petite jeune qui le mène à la baguette, un autre est au bout du rouleau, ne supportant plus bobonne.

Et quand Roger se promène avec à son bras une femme qui n’est pas de première fraîcheur, ce n’est pas sa nouvelle chérie… c’est Maman.

 

 

 

 

 

 

© Goulesque, Widenlocher, Cosson - Bamboo

 

Goulesque écrit pour son dessinateur des gags sur mesure. Le « héros » de l’album s’appelle Roger. Tiens, comme Widenlocher. Entre situations tendres ou humoristiques, parfois les deux à la fois, le thème traité et le public ciblé est assez inédit en bande dessinée. Pas besoin d’être de la génération jeunes papys pour se marrer. Là où les seniors riront sous cape se regardant comme dans un miroir ou croyant voir son voisin, les juniors imagineront leurs grands-pères refusant élégamment, ou pas, de vieillir.

 

 

 

 

© Goulesque, Widenlocher, Cosson - Bamboo

 

 

 

 

 

Mais quel plaisir de retrouver Roger Widenlocher. Le dynamique dessinateur de Nab est trop rare. Son trait rondouillard et envolé a fait école. Des dessinateurs comme Stédo sont dans sa pure filiation.

Widenlocher ose, sans fard, une mise en abîme de lui-même. Il ne craint pas la comparaison entre lui et le personnage principal de cet album, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Il faut avoir un humour certain et un certain recul sur soi-même pour y arriver.

Le Roger de l’album ressemble à Nab. Il nous manque bien ce petit dinosaure qui a mis la préhistoire en vedette bien avant Jurassic Park. Reviens, Nab !

 

En attendant, s’il y avait besoin d’un viagra du rire pour ceux qui n’arrivent plus à rigoler, Papy Boomers serait le médicament idéal.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Papy Boomers

Tome : 1

Genre : Humour jeunes vieux

Scénario : Goulesque

Dessins : Widenlocher

Couleurs : Cosson

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 46

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782818946671



Publié le 08/07/2018.


Source : Bd-best


Descendants d’Astérix et Obélix, les Grognards d’Hautière et Salsedo sont trois têtes brûlées bien givrées sur un lac gelé

La BD n’a pas attendu la coupe du monde pour visiter la Russie, sous toutes les coutures et dans toutes les époques. Voilà donc la suite et fin pour l’aventure napoléonienne et n’importequoi-ienne de Régis Hautière et Fred Salsedo qui entendent bien conclure en beauté et aller jusqu’au bout de leur version décalée et ne manquant pas de piment de l’Histoire.

 

 

 

 

 

 

 

© Hautière/Salsedo/Salsedo chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Honoré Dimanche, recruté par des anti-bonapartistes pour faire échouer Napoléon, se voit confier une nouvelle mission : escorter une espionne jusqu’au camp russe pour qu’elle y délivre des informations stratégiques. Et voilà Honoré reparti pour un voyage semé d’embûches, flanqué de ses acolytes habituels.

 

 

 

 

© Hautière/Salsedo/Salsedo chez Casterman

 

Si Astérix et Obélix (farpaitement, Kemeneur en est sans nul doute un descendant) avaient voyagé dans le temps, sans doute aurait-il vécu une histoire comme celle racontée par Hautière et Salsedo qui, en offrant un dernier baroud d’honneur à leur trio désespérant plus que désespéré, lorgne beaucoup vers l’univers de Goscinny et Uderzo. Dans les attitudes et les références, même si être trois en guise de village gaulois résistant encore et toujours à l’envahisseur, c’est un peu peu. Sans potion magique, qui plus est, mais bien avec la potion qui agite les zygomatiques.

 

 

 

 

© Hautière/Salsedo/Salsedo chez Casterman

 

Honoré & co auraient pourtant bien besoin d’un remontant : ils doivent pénétrer le camp de l’ennemi pour tenter de devenir ses amis? Oui, c’est tarabiscoté, mais il s’agit une nouvelle fois de couper l’herbe sous le pied du cheval blanc de Napoléon et ce qui devrait être une opération d’envergure pour se donner toutes les chances d’aboutir n’est qu’une mission-suicide menée par trois têtes brûlées que même un plongeon dans un lac gelé ne parviendra pas à rafraîchir. Ils sont butés !

 

 

 

 

© Hautière/Salsedo/Salsedo chez Casterman

 

 

 

 

© Hautière/Salsedo/Salsedo chez Casterman

 

Avec cet Austerlitz sous le soleil – un euphémisme quand on sait que la quasi-totalité de l’album se passe dans la nuit ou le brouillard (ultime allié pour nos héros ?) -, Les trois grognards trouvent leur meilleur épisode. Pas que le scénario soit très étoffé mais que cette histoire aligne une quantité de gags qui font mouche. Tout comme toutes les expressions inimitables par lesquelles passent les différents protagonistes de cette histoire. Pour autant, Fred Salsedo a un peu perdu de sa superbe, son trait (toujours efficace, cela dit) semble un peu démobilisé, moins précis surtout. Est-ce le dessin en lui-même, la couleur de  Greg Salsedo (par ailleurs très bon pour faire peser et imprimer la brume) ou un foirage à l’impression qui l’a rendu imprécis ? Toujours est-il que cela nuance quelque peu mais pas assez la réussite de cet ultime album d’une série qui nous aura bien fait marrer !

 

 

 

 

© Hautière/Salsedo/Salsedo chez Casterman

 

 

Alexis Seny

 

Série: Les trois grognards

Tome:  3 – Austerlitz sous le soleil

Scénario: Régis Hautière

Dessin: Frédérik Salsedo

Couleurs: Greg Salsedo

Genre: Humour, Aventure

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 54 (+ 10 pages bonus)

Prix: 14,95€



Publié le 05/07/2018.


Source : Bd-best


Une compilation houba mot magnifique. Marsupilami – Des histoires courtes 2

 

 

« - Hâtez-vous, Norbert ! Il est tout proche. Je le sens ! Je vais bientôt exhiber une magnifique peau de Marsupilami à nos chers amis du PAF. (Pourris Amateurs de Fourrures)

-           La nuit va tomber sur nos têtes, ma mie. Ne préféreriez-vous pas trouver une belle clairière et contempler les étoiles filantes ?

-          Je ne suis pas venue me mouiller les fesses dans cette forêt pour regarder des loupiotes dans le ciel mais pour tâter de ma belle peau rare et chère ! »

 

 

 

 

 

Mythe ou réalité ? Le Marsupilami est recherché par tous les chasseurs de bestioles rares du monde. Mais l’animal est le boss de la forêt palombienne. Quelques-uns le voient. Certains l’approchent. Personne (ou presque) ne le capture.

 

 

© Bodart – Dupuis

 

 

 

Dans ce deuxième hors-série hommage au Marsupilami, dix dessinateurs proposent leurs digressions sur le personnage sur des scenarii aussi originaux que variés. Hormis Bodart et Lapière, qui font office de tauliers, les éditions Dupuis ont eu l’audace de confier la tâche à de jeunes auteurs bien talentueux.

 

 

 

 

 

 

© Goum – Dupuis

 

 

 

 

Gijé et Garnier déplacent le lieu de vie du Marsu en Arctique. Ils présentent une bête qui pourrait être un cousin de celui que l’on connaît et qui pourrait faire partie de la galerie des cousins présentés par Batem et Colman dans leurs derniers albums.

Drouin et Lylian mettent le Marsu aux prises avec El Devorator, créature de l’espace.

Bodart garde les fondamentaux et raconte une histoire mafieuse au cœur de Chiquito.

Vernay et Zabus jouent avec le tigre cher à Franquin, une histoire adorable au trait délicat et somptueux. On se croirait dans le générique de la mythique émission « Les animaux du monde ».

Goum et Ducoudray signent une histoire muette fort émouvante au graphisme proche des grands films d’animation.

Efa et Lapière montrent l’espoir qui peut survivre dans un monde post-apocalyptique.

Kid Toussaint et Toledano traitent du sujet des manipulations génétiques.

Vavril conte une légende Chahutas.

Pau rend hommage au Marsupilami de Franquin, dans son look des Voleurs du Marsupilami et dans une ambiance de Nid des Marsupilamis, mais à l’époque des conquistadors.

Enfin, Chamblain et Mobidic concluent l’album avec le requiem d’un vieil animal.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Gijé, Garnier – Dupuis

 

Cette compilation disparate est d’une unité et d’une cohérence hors du commun. Il en résulte un album qui avait tout pour être une compilation froide mais qui réussit l’exploit d’être une synthèse logique de l’univers du Marsupilami.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Marsupilami    

Tome : Des histoires courtes 2

Genre : Aventures palombiennes

Scénario :Toussaint, Ducoudray, Chamblain, Bodart,

Garnier, Pau,Vavril, Zabus, Lapière, Lylian

Dessins : GoumVavrilBodart, Drouin, Efa, Vernay, Mobidic, Toledano, GijéPau

Couleurs : HamoVernay, EfaLorienVavril, Toledano, GoumPauGijéMobidic

Couverture : Goum 

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 104

Prix : 19 €

ISBN : 978280017376



Publié le 04/07/2018.


Source : Bd-best


Nykko et Bannister décapitent la statue de la Liberté et coulent un New-York qui ne fait plus du tout rêver mais devient badass à souhait

Le processus de la création et de l’imagination est sans doute inversement professionnel à la vie et au réel qui nous entoure. Sans doute, est-ce pour ça que le futur en fiction a de beaux jours devant lui… là où notre planète plus si bleue semble aller tout droit dans le mur. Le nombre de récits abordant les années à venir et un avenir pas si lointain se multiplient comme des petits pains (pourtant, il y a rarement des sauveurs providentiels), de manière plus ou moins trash, plus ou moins édulcorée. Cette fois, c’est Nykko et Bannister qui s’y collent et nous emmènent dans un New York décrépi et noyé de pluies acides, qui a fini de faire rêver, sans Trump mais avec bien d’autres fous de guerre.

Résumé de l’éditeur : New York. Dans un monde ravagé par la surpopulation, les inégalités sociales et les désastres climatiques, Manhattan n’est plus que le fantôme outragé d’un passé prestigieux. Manipulant la colère sourde des habitants ayant depuis longtemps perdu leurs illusions, un nouvel ordre religieux, la New Cruzade, s’apprête à engager sa guerre sainte. Dans ce chaos grandissant, Leto Wolf, flic de la criminelle, et sa collègue Hana Yamashirogumi essaient de faire régner un semblant d’ordre. À la recherche d’une jeune fille non immatriculée et témoin d’un meurtre, ils sont confrontés au plus puissant consortium mondial, la Venka Corp, et à un ennemi aussi mystérieux que redoutable.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister chez Glénat

 

La Statue de la liberté décapitée, des écrans géants qui répercutent à toute heure les alertes ouragan, des routes aériennes qui surplombent une ville rougeoyant comme dans le creux d’un volcan… Pas de doute, la première planche fait mouche et Nykko et Bannister réussissent en une image un film catastrophe qui plante le décor dantesque dans lequel nous allons évoluer durant deux tomes, au bord du chaos.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

On n’a pas le temps de souffler, ça tombe bien l’ambiance anxiogène ne donne pas envie de visiter ce fantôme urbain, l’action s’engage très vite, on fera connaissance avec les héros (?) à bord de leur bolide. Toujours est-il qu’avec sa carrure de vieux loup de mer… de (ça, il s’y connaît) Leto Wolf a tout d’un hybride entre Clint Eastwood, Hugh Jackman et Kurt Russel et il n’a pas pris que leurs qualités. Ça vous situe un peu le niveau badass de cet homme risque-tout et qui n’a que faire des ordres qui viennent d’en haut. Ça va chier.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

Et tant qu’à bien y contribuer, Bannister, en créateur d’univers hors-pair, met de côté ses états d’âme pour aussi se la jouer destructeur balèze, histoire de mieux faire exploser l’architecture, certes vacillante, qu’il a créé quelques planches plutôt. La course-poursuite ne transigera pas et gare à ceux qui se trouveront sur son passage, du plancher des vaches (on doute qu’il y en ait encore, en fait) à l’underground désaffecté mais bien irrigué.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister

 

Méchants et bons se mélangent dans une lutte endiablée. On n’arrête pas un torrent de colère et de haine, on le laisse passer. Oui, sauf que les auteurs ont activé la caméra embarquée. Si les actions pourraient être plus claires, c’est d’une efficacité fracassante, entre ombres et lumières, le tout pointant vers l’inconnue. Ou peut-être la Lune. Il y a une de ces classes dans la composition des cases! Entre esthétique de jeu vidéo dans la dernière partie et un dessin à traits vivifiants, les deux auteurs nous ont bien embarqués dans ce thriller futuriste, furieux, fun et assez addictif.

 

 

 

 

© Nykko/Bannister chez Glénat

 

 

 

 

Un extrait du tome 2 © Nykko/Bannister

 

 

Alexis Seny 

 

Titre: Exodus Manhattan (Page Fb)

Tome: 1/2

Scénario: Nykko

Dessin et couleurs: Nicolas Bannister

Genre: Policier, Science-fiction, Thriller

Éditeur: Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages: 64

Prix: 14,95€



Publié le 04/07/2018.


Source : Bd-best


L’idylle d’une idole pour sa musique dans une histoire d’amour à mort.  Vince Taylor, l’ange noir

 

 

« - Je m’appelle Brian Maurice Holden. Je m’appelle aussi Vince Taylor. J’aime bien l’idée d’avoir plusieurs noms. Il faut que vous sachiez, mon père, que j’ai dédié ma vie au rock’n’roll… D’ailleurs, les anges n’ont pas besoin d’aller se confesser… N’est-ce pas ?

-          Je ne sais pas, mon fils, je ne connais pas d’ange. Et comment votre rêve se termine-t-il ?

-          Il ne se termine pas. Il s’interrompt avant que j’aie touché le sol. A chaque fois, la douleur me réveille. »

 

 

 

 

 

 

Cette histoire est une histoire d’amour. Et les histoires d’amour finissent mal en général. Cette histoire n’est pas l’histoire d’amour entre un homme et une femme. C’est l’idylle d’une idole avec sa musique : le rock’n’roll.

 

Le rock n’est pas qu’une musique de danse. Vince Taylor le définit comme l’art du bruit. Pour lui, le rockeur est un voleur de décibels livrant aux hommes stupéfaits le fruit de son larcin. Vince Taylor vit sa musique dans ses veines, dans son sang, jusqu’aux tréfonds de son âme. Le genre est tout autant mystique que mythique pour cet écorché vif. Son dieu s’appelle Elvis. Il ne fait que le singer. Sa trinité est complétée par Eddie Cochran et Jerry Lee Lewis. Lui s’imagine en diable du rock. L’homme est croyant ; la religion fait partie de sa vie.

Vince voit en cette musique qu’est le rock le moyen aristocratique élégant d’être élevé au rang de héros. Il trouvera son pseudonyme sur un paquet de cigarettes et son surnom à cause ou grâce à un costume de cuir.

Vince est torturé. Il aurait souhaité un destin à la Ritchie Valence, Buddy Holly et Big Bopper. Mais il n’était pas dans leur avion lors du crash.

 

 

 

 

 

 

 

© Le Gouëfflec, Malès - Glénat

 

 

 

Le chapitre en France a une saveur particulière. Eddie Barclay, Brigitte Bardot, Dick Rivers, Gilbert Bécaud, Monsieur Pompidou,… Vive la France ! Ce Johnny Hallyday ne durera pas. Ils veulent l’original.

Puis viendra la chute sur terre… Les histoires d’amour finissent mal en général.

 

Le Gouëfflec raconte la vie de Vince Taylor, de son enfance en Angleterre à l’exil en Amérique, où « là-bas, tout est neuf, les enfants. », jusqu’à son retour en Europe, son succès en France et la descente aux enfers.

Après Le chanteur sans nom et Dominique A., Vince Taylor est un autre trophée au tableau des excellentes biographies signées Le Gouëfflec. Même si l’on n’est pas fanatique du genre de musique pratiqué par l’ange noir, on ne peut qu’être séduit par l’artiste, partager ses succès et compatir à ses faiblesses.

En étant aussi à l’aise dans ce domaine que dans l’extravagance de Mondo Reverso, Arnaud Le Gouëfflec devient un scénariste valeur sûre sur qui il faudra compter dans les années à venir.

 

 

 

 

 

© Le Gouëfflec, Malès - Glénat

 

 

 


L’Amérique fait partie de la biographie de Marc Malès depuis longtemps. Des Révoltés à De silence et de sang, il est un spécialiste de l’Amérique des années 50. Alors que le début de l’album est d’un noir et blanc classique, au fil des planches, le dessinateur joue avec les textures, les ombres et toute la force de son trait se déploie au fur et à mesure que l’ange noir déploie ses ailes.

Malès a juste des problèmes pour dessiner les enfants. Son Taylor version kid est disproportionné, comme si une tête d’adulte était posée sur un corps d’enfant. Heureusement, il n’apparaît que dans quelques courtes scènes.

 

            Toutes les idoles finissent jetées à terre. Le Gouëfflec et Malès ont relevé Taylor pour le réinstaller en haut des charts.

 

            Cet album est évidemment à lire en écoutant Vince Taylor. Embarquez dans the Brand new Cadillac : https://www.youtube.com/watch?v=HvNHXbTL7Oc

 

Well, my baby drove off in a brand-new Cadillac
Ooh, my baby drove off in a brand-new Cadillac
Well, she looked at me, "daddy, I ain't never comin' back"
I said baby-baby-baby won't you listen to me?
Come on sugar, come on hear my plea
Well she looked at my Ford, we'll never agree
Cadillac car, oh yeah

 

Well, the Caddy's rollin' and going 'bout ninety-five
Well, the Caddy's rollin' and going 'bout ninety-five
Well, me and my Ford, we're right by her side
I said baby-baby-baby won't you listen to me
Come on baby, come on hear my plea
Turn that big car around, come on back to me
Hangin' on Scotty, here we go

 

Paroliers : Henry Nicola Mancini / Vince Taylor

Paroles de Brand New Cadilac © Warner/Chappell Music, Inc, Universal Music Publishing Group

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Vince Taylor, l’ange noir

Genre : Biographie

Scénario : Le Gouëfflec

Dessins : Malès

Éditeur : Glénat

Collection : 1001 feuilles

Nombre de pages : 152

Prix : 22 €

ISBN : 9782344006016



Publié le 03/07/2018.


Source : Bd-best


Une femme, deux hommes, trois infortunes. Les Campbell 5 – Les trois malédictions.

« - Papa, il y a des heures que tu regardes cette figurine ! Y en a marre ! Quand est-ce qu’on arrive ? Quand est-ce qu’on mange ?

 
-    Genova, ce n’est pas une figurine, c’est une boussole olmèque.

 
-    Je m’en fiche ! Ce n’est pas comestible, elle ne m’intéresse pas !

 
-    Endurer la faim, la chaleur, l’épuisement et les moustiques pour la promesse d’une récompense incertaine, c’est ça l’aventure ! Nous cherchons un trésor, ma fille !

 
-    Pff ! C’est trop nul ! Quand je serai grande, je me présenterai à des concours. Pour travailler à la poste, par exemple… »

 

 

 

 

Et bien, non. Genova ne travaillera pas à la poste quand elle sera grande. Elle sera pirate, comme Papa.
Belle et impitoyable terreur des mers, Genova se souvient de son enfance avec sa grande sœur et son père, comme cette fois où, sur l’île de San Brandamo, ils sont partis avec tout l’équipage à la recherche d’un trésor.

 

 

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

Comme à chaque pleine lune, le fantôme de Fanny, la femme de Campbell, décédée depuis plusieurs années, vient rappeler les trois malédictions qui enchaînent Inferno, le frère ennemi : la première pour la fillette qu’il a rendue orpheline, la deuxième pour le bébé qui venait de naître, la troisième pour l’homme qu’elle aimait. Mais est-il prêt pour rencontrer l’ombre de ce dernier ?

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

José Luis Munuera met beaucoup de sentimentalité dans la saga de piraterie de la famille Campbell. Les aventures de ce père de famille veuf ont quelque chose de féérique et d’héroïque au niveau du cœur. Pourquoi ? Parce que les personnages ont une histoire, un passé, des fêlures, des secrets. Campbell élève ses filles au milieu d’un monde où les requins ne sont pas tous dans la mer. Son frère Inferno n’appartient pas au même clan. Il est au service de sa Majesté d’Angleterre afin d’éradiquer les pirates des mers. Sa femme Fanny a manifestement eu un rôle trouble entre les deux hommes.

 

 

 

 

 

© Munuera, Sedyas - Dupuis

 

 

    Les trois malédictions est une histoire émouvante au final exceptionnel. Bien plus qu’un simple récit de piraterie, Munuera construit une fable familiale touchante, mêlant intelligemment action et émotion.



Laurent Lafourcade




Série : Les Campbell   

 
Tome : 5 – Les trois malédictions


Genre : Piraterie sentimentale


Scénario & Dessins : Munuera


Couleurs : Sedyas


Éditeur : Dupuis


Nombre de pages : 64


Prix : 13,95 €


ISBN : 9782800170428



Publié le 02/07/2018.


Source : Bd-best


1·2·3·4·5·6·7·8·9·10·11·12·13·14·15·16·17·18·19·20


©BD-Best v3.5 / 2018