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Information générale concernant le monde de la BD
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Que serait la vie sans le mystère de la mort ?  Le cimetière des innocents 3 – Le grand mystère de l’au-delà

 

« - Je ne suis pas sûre qu’il faille suivre aveuglément les ordres de son père. Si j’avais écouté le mien, je n’aurais jamais appris la science des plantes.

- Eh bien moi, je lui reste fidèle ! Ainsi, je peux marcher la tête haute.

- Oui, la tête haute… cachée sous une capuche !

- Tu préfèrerais que je me rende complice d’un système que je dénonce… en jouant les saintes.

- Ce n’est pas un peu ce que tu fais en vendant ces reliques ?

- Je lutte de l’intérieur pour aider à l’avènement de la vraie foi !

- Un pèlerin m’a assuré que ton roi Henri serait prêt à se convertir au catholicisme pour apaiser les tensions dans le royaume.

- Jamais il ne ferait une chose pareille !

- Il aurait dit : « Paris vaut bien une messe. » »

 

 

 

 

 

  Jonas n’a pas l’air convaincu de l’arrivée du bon roi Henri IV dans la capitale. Les protestants ont levé le siège de Paris.

Pour remplacer le curé des Saints-Innocents, un vicaire est nommé. Pour lui, nul fils de Dieu ne pourrait commettre l’infanticide sur ce bébé qu’Oriane avait guéri. Le malin aurait-il été attiré au cimetière des innocents ? Pratiques douteuse, goût des faux miracles, achat des indulgences, dévotion aux reliques, fausses saintes, il est temps d’expurger le mal. Oriane et ses miracles n’ont pas que des amis.

 

A part ça, un fantôme est étonné d’avoir retrouvé la vie, une pucelle fait son retour, ainsi qu’un roi… Quoi de plus normal ?

 

 

 

 

© Charlot, Fourquemin, Hamo - Bamboo

 

 

Clap de fin pour le cimetière des innocents. En à peine un peu plus d’un an, chapeau messieurs, Philippe Charlot et Xavier Fourquemin ont bouclé leur triptyque fantastico-historique.

 

Par le biais d’une fiction fantomatique, Philippe Charlot éclaire une période trouble de l’histoire de France. Qui aurait cru qu’un tel drame improbable pourrait faire comprendre les oppositions entre protestants et catholiques ? Si on lit bien les dialogues de chacun des protagonistes, on y lit les morceaux de l’Histoire de France qui ont scellé celle d’aujourd’hui. Ces conflits de religions ne sont pas sans rappeler une histoire du XXIème siècle encore tourmenté et torturé par de telles hérésies. Quand Jonas pose la question de savoir si l’athéisme ne serait pas un espoir pour le dix-septième siècle, on pourrait la réitérer quatre cents ans plus tard.

 

Xavier Fourquemin, avec cette série, aura relié le fantastique de la Légende du Changelling et le réalisme du Train des Orphelins. Au confluent de ces deux récits, le Cimetière des Innocents offre un cadre historique précis à une histoire de résurrections. Graphiquement, le dessinateur s’est émancipé de certains de ses tics. On ne peut plus dire que ses personnages se ressemblent trop. Du lansquenet au vicaire, de l’apothicaire au roi, il propose des gueules propres à chacun.

 

 

 

 

© Charlot, Fourquemin, Hamo - Bamboo

 

 

Et que dire des fantômes rosâtres de Hamo ? Le coloriste tranche dans le vif, c’est original et ça marche. Avec des professionnels comme ça, il est grand temps que Bamboo, comme beaucoup d’autres éditeurs, adopte la méthode Delcourt en inscrivant le nom des coloristes en couverture des albums, comme des auteurs à part entière.

 

Jamais deux sans trois. On espère que ces auteurs là vont se réunir à nouveau pour une troisième série.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le cimetière des innocents

 

Tome : 3 – Le grand mystère de l’au-delà

 

Genre : Aventure historique

 

Scénario : Charlot

 

Dessins : Fourquemin

 

Couleurs : Hamo

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Nombre de pages : 56

 

Prix : 14,90 €

 

ISBN : 9782818966884

 



Publié le 12/04/2019.


Source : Bd-best


Nuage noir sur l'édition Bd. Cessation des activités Sandawe.

 

 

 

 

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris à la rédaction la cessation des activités de la maison d'édition Sandawé.

 

 

 

 

 


 



Publié le 12/04/2019.


Source : Bd-best


Destination sans retour.  L’île infernale Saison 2 - 1

 

 « - J’espère que votre dernier voyage en avion s’est bien passé. Désormais, vous allez vivre au sein de ces installations. Vous avez été condamnés à un bannissement de rang 1. vous ferez donc votre peine sur l’île polaire. Une île qui n’a de territoire japonais que le nom. Un bout de terre où croupissent les criminels qui, comme vous, ont vu la justice leur enlever  le droit de coexister avec leurs semblables. Une île dont personne ne peut s’échapper. Tant que vous ne causez aucun trouble, vous aurez de quoi vous habiller, manger et dormir, et ce jusqu’à votre mort que je vous promets paisible. »

 

 

 

 

  Qu’a donc bien pu faire Jin Sunosaki ? Reconnu coupable de meurtre sans la moindre circonstance atténuante, il a été condamné au bannissement et à la déportation sur l’île la plus lointaine, une île polaire, au large des côtes de la région d’Hokkaïdo. Sur cette île, croupissent les criminels que la société a exclu. Personne ne peut s’en échapper.

 

 

 

© Yusuke Ochiai 2018

 

 

  Jin y débarque en compagnie d’un prêtre, du docteur Todo, accusé pour avoir pratiqué l’euthanasie sur certains de ses patients, et d’un molosse craintif dont la force n’a d’égal que la terreur qui se dégage de son visage.

 

 

 

 

© Yusuke Ochiai 2018

 

  Très vite, Jin va se rendre compte que les gardiens de l’île sont bien énigmatiques et que les visites médicales institutionnalisées ont un but bien précis. Entre les souvenirs qui lui reviennent par bribes et les mystères qui se dévoilent,  Jin se demande si son arrivée sur l’île n’est pas l’étape d’une mission qu’il doit accomplir ?

 

 

 

 

© Yusuke Ochiai 2018

 

 

L’île infernale est une des séries phares de Komikku. Le jeune éditeur a pris son envol et sa légitimité grâce à elle. Après une saison 1 palpitante, elle fait son retour. L’enfer est encore au rendez-vous.

 

 

 

 

© Yusuke Ochiai 2018

 

 

Yusuke Ochiai décrit une société sombre. Avec un pessimisme voisin de celui de Motoro Mase dans Ikigami, il dépeint une société japonaise à bout de souffle. Comme le Survival, le thème de la prison isolée est un genre presque à part entière dans le manga. On l’a vu avec entre autres Area D paru chez Pika.

 

 

 

 

© Yusuke Ochiai 2018

 

 

Ancien assistant de Satoshi Yoshida, Ochiai, dans un trait réaliste inquiétant, mise tout sur les regards. Il caractérise ainsi toute une panoplie de personnages secondaires, galerie redoutablement efficace asseyant les bases d’une histoire finement construite. Les yeux fixes de Miss Laymie traduisent aussi bien sa froideur que sa détermination et son insensibilité. Le professeur Mizusawa, leader de l’équipe de recherche, a le profil d’un Docteur Mengele et une petite moustache à la Hitler qui lui donnent l’apparence d’un scientifique rescapé du nazisme. Yuri Sugihara, gardien chef de la zone B, a les yeux exorbités d’un soldat fidèle prêt à aller jusqu’au bout de ce qu’on lui demanderait.

 

 

 

 

© Yusuke Ochiai 2018

 

Embarquez pour l’île infernale, vous n’en reviendrez pas !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : L’île infernale

 

Tome : Saison 2 - 1

 

Genre : Thriller

 

Scénario & Dessins :  Yusuke Ochiai

 

Éditeur : Komikku

 

Nombre de pages : 224

 

Prix : 8,50 €

 

ISBN : 9782372874038

 



Publié le 10/04/2019.


Source : Bd-best


Gilson et Dragan De Lazare réunissent Natacha et Rubine dans les meilleurs des mondes de la BD pour notre plus grand bonheur

2019 commence en fanfare pour le petit monde impérissable et toujours aussi attrayants de François Walthéry. Un gros pavé, le premier d’une collection déjà incontournable, Une vie en dessins, vient de sortir faisant la part belle à ce grand bonhomme du Neuvième Art et de la vie liégeoise. L’occasion de revisiter son oeuvre, de la visiter et mieux la comprendre accompagné du maître, page après page. On en reparlera, avec une interview.

Parallèlement, deux de ses amis et collaborateurs de longue date, Dragan de Lazare et Gilson, livrent une compilation de pastiche et de parodie réunissant pour le plus grand plaisir des lecteurs Rubine et Natacha. Deux héroïnes emblématiques traitées avec respect et emmenées dans différents univers pour profiter de l’occasion pour rendre aussi hommage à quelques autres grands maîtres de cet Art. Hommage Collatéral, un album pour lequel nous avons collaboré à la finition en réalisant une interview des deux auteurs, en fin d’album. En voici des morceaux choisis à lire en intégrale dans l'album si vous le possédez déjà.

Mais avant toute chose, un petit mot d’explication sur le cadre dans lequel paraît cet album. Derrière cette initiative, on trouve un duo de créatifs, Olivier Ghys et Michèle Lahaye, passés en 2018 par le programme reStart de Beci, qui accompagne les entrepreneurs ayant fait faillite. Né de la solidarité des temps difficiles, le tandem a pensé à un concept simple pour retrouver du travail : un contrat d’emploi via la Smart pour promouvoir les artistes, leurs œuvres et le patrimoine culturel. C’est ainsi qu’est née ABA ASBL, dont la première initiative est donc cet album, « Hommage collatéral », commis par un collectif de dessinateurs dont Walthéry himself, mais surtout Dragan De Lazare et Gilson, pour ne citer qu’eux.

Bonjour à tous les deux. Vous voilà bien accompagnés. Rubine, Natacha, on ne s’en lasse jamais ?

Dragan De Lazare : Non jamais, des belles filles comme ça, on en redemande. Et pas que nous, il n’y a qu’à voir les files d’attente en dédicace.

Gilson : C’est comme manger ou boire, c’est vital (rires).

Cela fait longtemps que vous collaborez avec François Walthéry, comment est-il au travail ? On a souvent l’image de la BD de papa avec des ateliers et des studios d’auteurs stakhanovistes. J’imagine que ce n’est pas le cas avec François ?

Dragan : Du tout. Travailler avec François est un vrai plaisir. Je n’ai malheureusement pas vraiment eu l’occasion d’être à ses côtés, dans son atelier, comme lui à ses débuts dans celui de Peyo, car à l’époque où j’ai commencé Rubine, en 1991, François avait des soucis de santé, notamment un problème avec son pouce à la main droite. Il n’a pas pu dessiner pendant près d’un an. Et surtout j’habitais Paris et lui à Cheratte. Heureusement, la Poste a très bien fait son travail. Je lui envoyais les crayonnés, François corrigeait ce qui n’allait pas puis me renvoyait les planches, et je faisais l’encrage. Il était toujours très, très délicat lorsqu’il fallait corriger quelque chose. C’était fait avec une gentillesse inouïe. La plupart du temps c’était pour ajouter du mouvement, car le fait de travailler avec un si grand maître de la BD, qui a bercé mon enfance, me rendait assez coincé à l’époque, je dois l’avouer.

 

 

 

© Gilson/De Lazare / Walthéry chez Bardaf

 

Avec ces fausses couvertures, vous réalisez le rêve de beaucoup : une aventure commune de ces deux dames parmi les plus adulées du Neuvième Art. Vous en avez rêvé aussi ?

Dragan : Exactement, je crois que tous les fans de l’univers Walthéry ont rêvé de voir ce magnifique duo de choc ensemble. Il m’est, ma foi, arrivé de glisser Natacha par-ci, par là dans les albums de Rubine, Mais c’était un petit clin d’œil amical c’est tout. Ce que nous avons fait avec Bruno et François dans ce livre est vraiment un vieux fantasme qui se réalise enfin.

Au fond, y’a-t-il une bible Walthéry qui dit ce qu’on peut faire ou pas ? Déshabiller mais pas trop ses héroïnes ?

Dragan : Non ça n’existe pas, mais le respect des personnages tels qu’ils sont dans les album nous oblige à rester dans une limite disons « tout public » avec, bien sûr, un peu plus de liberté quand même… mais sans jamais dépasser celle du bon goût et surtout pas sortir du cadre de la beauté. On les aime trop.

 

 

 

© Gilson/De Lazare / Walthéry chez Bardaf

 

À quoi faut-il penser quand on fait une couverture, qu’elle soit fausse ou réelle ?

Dragan : À se faire plaisir surtout. Ce plaisir déteint sur les lecteurs. Et croyez-moi c’était le cas avec chacune d’entre elles. Nous avons tous lu beaucoup de bandes dessinées étant enfants et ces histoires ont aidé à développer notre imaginaire. Une fois arrivé dans le métier, on a su et enfin pu dessiner ses rêves d’enfant, entre autres, des couvertures qui n’ont jamais existé, sauf dans notre imagination, mais dont certaines aurait pu réellement exister. Elles sont tellement poignantes qu’en les voyant on regrette presque qu’il n’y ait pas un livre derrière certaines d’entre elles, tellement on aimerait l’ouvrir et plonger dans l’histoire.

Gilson : Une couverture est une invitation lancée au lecteur. La vitrine de ce qu’il va découvrir à l’intérieur de l’album. Elle évoque l’histoire dans laquelle il se plongera au fil des pages. Dans le cas de figure qui nous intéresse ici, nous allons plus loin en lui proposant quelque chose de totalement imaginaire comme le dit Dragan. Car bien entendu, le contenu n’existe pas. Et quoi de plus grisant du susciter l’imagination collective.


Pour les albums classiques, les auteurs ont l’habitude de faire beaucoup de tests et croquis pour arriver à la « bonne » couverture qui va attirer le regard. Quand on se lance dans la parodie, c’est aussi le cas ?

Dragan : Absolument, tout le travail est pareil. Le but, justement, est de réussir à créer une couverture qui donne envie, une couverture qui déjà nous plaît à nous, en la faisant et qui réveillera des sentiments chez tous ces nostalgiques de la bonne bédé classique qu’on dévorait, enfants, dans nos journaux favoris. Bien sûr, lorsqu’on s’inspire d’une couverture existante certains éléments sont déjà en place, de ce point de vue-là, la tâche est plus simple. Mais d’un point de vue technique, le travail est identique à celui fourni pour une vraie couverture d’album. Une fois qu’on a l’idée il faut faire des croquis puis le dessin définitif, l’encrage et enfin la couleur.

Gilson : Et je dirais même plus : c’est un travail encore plus pointu car l’erreur, je dirais, n’est pas permise. Un hommage ou un pastiche se doit d’être respectueux des personnages originaux. C’est aussi un travail de recherches et de documentation souvent fastidieux mais ô combien passionnant tout de même.

D’ailleurs, dans cet album, on trouve aussi des couvertures inédites, non-retenues pour des albums de Rubine. Pourquoi, Dragan ?

Dragan : Pour la simple raison qu’à l’époque, Yves Sente, le rédac-chef aux éditions du Lombard, me demandait de créer trois proposition de couvertures différentes pour chaque nouvel album. Il ne s’agissait bien sûr pas de dessin définitifs, mais plutôt de mise en place et de crayonnés plus ou moins poussés. Comme je m’investissais vraiment dans l’idée de chacune d’entre elles, mais que les trois ne pouvant être choisies, il m’en restait forcément deux jamais réalisées dans les fardes. Et bien là, j’en ai profité et certaines sont enfin devenues de vrais couverture alternative de mes albums parus il y a 25-30 ans.

C’est important de ne pas verser dans le too much, non ?

Dragan : Ah oui, très important. En faire trop est pire que pas assez. Le pas assez laisse encore de la place pour le désir, par contre le too much – donne la nausée.

Gilson : Moi je devrais en faire trop car je n’en fais pas assez (rires).
Une première version non-retenue de Kong Kong le gorille a très bonne mine

 

 

 

 

Premier essais pour l'album © Gilson

 

 

Et de dessiner à la manière de François là où vous avez une large palette de styles différents ?

Dragan : Croyez-moi ce que je fais est LOIN, même très loin du style Walthery. Son style est inégalable. C’est un virtuose qui a une facilité désarmante à faire des choses magnifiques. Chez lui, chaque trait chante, cela bouge de l’intérieur. Je ne me lasserai jamais de regarder encore et encore ces planches incroyables du « 13ème apôtre » de « La mémoire de métal » ou d’ « Un Trône pour Natacha ». Oui j’ai d’autres styles, si on peut dire cela comme ça, c’est un mélange de tout ce que j’ai aimé, de ce que je suis et surtout… de toutes mes imperfections.

Gilson : Je rejoins ce que dit Dragan. Cela dit, il n’y a qu’une personne au monde capable de faire du Walthery et c’est Walthery lui-même. On peut s’approcher du style, oui, mais arriver à confondre non. C’est impossible. Et croyez-moi, pour avoir vu François réaliser devant moi des merveilles à la mine de plomb, il me faudrait bien deux vies pour arriver à une telle maîtrise.

Êtes-vous perfectionnistes ?

Dragan : Ahahahahaha. Je dirais plutôt que je ne suis jamais satisfait de ce qui sort sous ma main. Donc faut gommer, recommencer puis encore re-gommer. Puis lorsque je ne m’y retrouve plus dans tous mes traits, je reprends le dessin à la table lumineuse et hop, c’est reparti…. Lorsque je n’en peux plus… j’abandonne. Et c’est ce que j’ai abandonné que le public voit publié. Mais ça ne veut pas dire que j’en suis content, oh non…

Gilson : Dragan est un Stakanoviste (rires) En fait, je suis paradoxal. Je suis entre guillemets perfectionniste mais doublé d’une indécrottable feignasserie si je puis utiliser ce néologisme. Dès lors il s’agit toujours d’une suite de compromis et de conflits intérieurs. Je dirais qu’être satisfait rapidement de son œuvre est une grosse erreur. Ce que je fais souvent, je laisse « reposer » comme on dit dans le métier. Ensuite quelques jours plus tard je ressors le dessin du tiroir et comment dire ?… je le déchire souvent et recommence en éructant des borborygmes et autre vociférations (rires).
Une première version non-retenue pour un hommage à Tembo Tabou

 

 

 

 

Scène coupée au montage © Gilson

 

Il y a le dessin mais aussi les couleurs de Renaud Mangeat qui retrouve les couleurs qui ont tant donné de peps aux albums de ces héroïnes. Lui aussi est passionné ?

Dragan : Oui, et ça se ressent dans ses mises en couleurs. Renaud a fait du très, très beau boulot. Il sent très bien les couleurs, les gammes et il sait créer une ambiance. C’est le plus important pour un coloriste. Il a mis en couleur la couverture principale du livre, les couvertures de François et certaines des couvertures de Bruno Gilson. En ce qui concerne les miennes, je me suis fait le plaisir de tout faire moi-même. Ça m’a beaucoup amusé, alors que d’habitude la mise en couleur ce n’est pas ce que je préfère, c’est très long et surtout fatiguant.

 

 

 

 

© Dragan de Lazare

 

Elle vous manque ? Vous aimeriez lui donner une nouvelle aventure ?

Dragan : Rubine? Elle ne me manque pas du tout, je la dessine tous les jours (rires). On m’en demande tout le temps, au point qu’elle ne me laisse jamais chômer. Une nouvelle aventure ? Qui sait ? Je constate surtout que même si la série est arrêtée depuis un moment déjà, la belle Rubine a encore un grand nombre fans. J’ai ouï dire que quelque chose se tramait du côté Mythic – Di Sano…. On attend avec impatience de voir.

Oui, même si plus aucun album ne sort pour Rubine, le public est toujours là au rendez-vous, aux séances de dédicaces notamment. Un personnage culte, intemporel ? Et pourtant délicieusement vintage ?

Dragan : Vous savez les belles filles c’est intemporel. On en veut toujours, encore et encore, et cela ne s’arrange pas avec l’âge (rires).

 

 

 

 

Une deuxième scène coupée au montage © Gilson/De Lazare / Walthéry chez Bardaf

 

Et même si Rubine, et Natacha aussi, ne connaissent plus autant d’aventures que le voudraient les lecteurs, vos couvertures, une seule image par page, n’est-ce pas le meilleur moyen pour raviver l’imaginaire du lecteur et le pousser à créer ses propres histoires ?

Dragan : Certainement. Vous savez, nous aussi ça a commencé comme un petit jeu anodin. On faisait des dessins clins d’œil à notre ami François et ensuite on en a refait pour faire plaisir à des amis, puis ça nous a bien plu et donné d’autres idées… Finalement le battement d’ailes du papillon est devenu ouragan. Et a un moment on s’est dit, pourquoi ne pas les montrer à tout le monde. J’espère que les lecteurs y prendront autant de plaisir que nous.

 

 

 

 

Un extrait de l'album de Dragan de Lazare


Gilson : C’est vrai, nous nous sommes bien amusés. Réunir ces petites calembredaines en un recueil est en quelque sorte une suite logique. À tel point que nous nous sommes attelés immédiatement à la conception d’un tome 2.

Vintage mais pas nunuche, à l’heure des mouvements metoo et de la révolte des femmes contre le sexisme et un certain paternalisme, Rubine et Natacha pourraient être les égéries de ces mouvements, sexy mais pas folles les guêpes !

Dragan : Je ne veux surtout pas partir dans la politique, mais tous ces mouvements qu’ils soient féministe ou autres m’ennuient profondément. Ils sont le plus souvent imposés aux femmes pour des intérêts de petits groupuscules qui les utilisent pour finalement mieux les exploiter… les hommes comme les femmes… Il est aujourd’hui bien connu que la « libération » de la femme n’est pas apparu pour aider les femmes, mais pour doubler le nombre d’ouvriers sur le marché du travail et donc baisser les salaires, donc pour aider le patronat, pas les pauvres bougres. On a dit à une femme qu’elle est « libre » si elle passe sa journée à trimer pour un patron au lieu de s’occuper de ceux qu’elle aime, de ses enfants, de sa famille. Chaque femme qui réfléchit et qui n’est pas manipulée est consciente de cela. Pour être franc, je ne crois pas que les héroïnes de BD sont des modèles sociaux-culturels. C’est de la détente, une évasion et du plaisir, et ça s’arrête là.

Comment expliquez-vous que ces femmes de papier aient toujours autant de succès, telles des madeleines de Proust ? C’est le génie de François ?

Dragan : Absolument, il a ouvert les portails d’un univers fantastique qui crée un dépaysement, nous fait oublier nos soucis, nous entraîne dans le rêve, l’aventure et la bonne humeur. Lorsque on est amateur de bonne BD, que peut-on demander de plus. Merci monsieur François !

 

 

 

 

Un ex-libris pour le champagne Vautrain © Gilson/De Lazare / Walthéry chez Bardaf

 

Et même si Rubine, et Natacha aussi, ne connaissent plus autant d’aventures que le voudraient les lecteurs, vos couvertures, une seule image par page, n’est-ce pas le meilleur moyen pour raviver l’imaginaire du lecteur et le pousser à créer ses propres histoires ?

Dragan : Certainement. Vous savez, nous aussi ça a commencé comme un petit jeu anodin. On faisait des dessins clins d’œil à notre ami François et ensuite on en a refait pour faire plaisir à des amis, puis ça nous a bien plu et donné d’autres idées… Finalement le battement d’ailes du papillon est devenu ouragan. Et a un moment on s’est dit, pourquoi ne pas les montrer à tout le monde. J’espère que les lecteurs y prendront autant de plaisir que nous.

Gilson : Si je ne m’abuse, c’est la première héroine du genre qui à été créée à l’époque. Elle a traversé les âges et se porte très bien pour une femme d’à peu près 49 ans hahaha ! Et puis il n’y a qu’à voir le public toujours aussi émerveillé et ce quelques soit les générations.

 

Comment expliquez-vous que ces femmes de papier aient toujours autant de succès, telles des madeleines de Proust ? C’est le génie de François ?

Dragan : Absolument, il a ouvert les portails d’un univers fantastique qui crée un dépaysement, nous fait oublier nos soucis, nous entraîne dans le rêve, l’aventure et la bonne humeur. Lorsque on est amateur de bonne BD, que peut-on demander de plus. Merci monsieur François !

 

 

 

 

© Gilson/De Lazare / Walthéry chez Bardaf

 

Gilson : Si je ne m’abuse, c’est la première héroine du genre qui à été créée à l’époque. Elle a traversé les âges et se porte très bien pour une femme d’à peu près 49 ans hahaha ! Et puis il n’y a qu’à voir le public toujours aussi émerveillé et ce quelques soit les générations.

 

Avec vraiment un style qui tranche par rapport aux BD’s d’hommes ? Une woman touch salvatrice dans une BD souvent trop dédiée aux héros masculins et où les femmes sont repoussées aux seconds-rôles ? Walthéry a ouvert la porte à une certaine égalité ?

Dragan : Égalité ? Vous me faites rire. Les femmes ont tellement davantage sur les hommes que je me demande ce qu’elles veulent de plus. Elles sont si belles, charmantes, mignonnes, en un mot : irrésistibles… Une femme attire cent fois plus l’attention qu’un homme. Non mais vraiment… de quelle égalité parlez-vous ? Si dans le temps il n’y avait pas tellement de héroïnes dans les BD, c’est que tout simplement on respectait trop la femme pour la caricaturer. Il a fallu au 9ème art le talent d’un François Walthéry pour enfin montrer que l’on pouvait dire aux femmes qu’on les adore même dessinées, même en papier.

L’efficacité du dessin de François, comment l’expliquez-vous ?

Dragan : Si je pouvais l’expliquer je serais sûrement capable de dessiner comme lui, mais malheureusement cela reste encore un grand mystère pour moi aussi. Voilà 40 ans que je dessine en essayant de comprendre comment ont fait les grands maîtres, et à chaque fois que je crois avoir saisi un petit quelque chose, vite je me rends compte que ce n’était qu’une chimère. Dieu donne a ceux que Lui a choisi.

Gilson : ça ne s’explique pas en fait. Mais…ça reste du travail, grand maître ou pas nous ne sommes pas des androïdes.

Dans l’univers Walthéry, quelle est votre couverture préférée ? Et votre aventure ? Pourquoi ?

Dragan : Ma couverture préférée ce n’est pas celle d’un de ses albums, mais une des premières que j’ai jamais découverte, dans Spirou. D’ailleurs elle apparaît dans ce livre en version Rubine à la place de Natacha avec un revolver sur les toits humides. C’est une couverture du journal Spirou datant de 1973.

 

 

 

 

Cette couverture m’a fait tant rêver. J’imaginais toute la ville, en bas, les gens dans les immeubles avoisinants qui regardent cette fille magnifique en mini-jupe sur leurs toits… puis cette pluie qui donne une ambiance irréelle. À mon humble avis, c’est une des plus belles couvertures de Spirou de tous les temps. Mes aventures de Natacha préférées sont les albums allant de la « Mémoire de métal » à « L’île d’outre monde », ce sont les plus belles aventures, puis surtout parmi elles, il a celles écrites par Maurice Tillieux…. que dire de plus. Si vous n’avez pas grandi avec ça… il vous manque une CASE! (rires).

Gilson : « Les machines incertaines », Je suis féru de science-fiction et celle-ci me parle plus que les autres par définition.  Et puis elle réunit les talents de Walthery et Jidéhem ce qui n’est pas rien.

La parodie, est-ce un art facile ou plutôt difficile, finalement ?

Dragan : Les deux, et je m’explique. Avec la parodie on peut très facilement glisser dans le banal, le facile, le vulgaire. Par contre lorsqu’on fait ça vraiment avec amour, passion et tendresse, cela peut donner des résultats magnifiques. Lors de la réalisation de ces couvertures, le fait de sentir l’enfant en moi se réjouir, comme je me réjouissais il y a plus de 40 ans en recevant mon Journal de Spirou hebdomadaire, me rassure que j’ai réussi à y mettre tout mon coeur.

Gilson : comme c’est bien dit (rires). Dans mon cas l’exercice fut certes difficile du point de vue technique. Je n’ai jamais eu l’occasion de travailler sur les personnages de Walthery d’une manière intensive comme on le fait pour un album entier. Il m’a fallu une grande rigueur et pas mal de concentration. Pour le reste, oui c’est le cœur qui s’est exprimé avant tout.

Au fil de vos couvertures, on voit que Rubine comme Natacha sont tout-terrain, elles vont dans l’espace, affrontent des monstres, se retrouvent sur un sous-marin… C’est important de laisser évoluer les personnages dans des milieux où on ne les attend pas forcément ?

Dragan : Oui, c’est le but premier de l’aventure, mais dans ce cas précis, celui de ces couvertures c’est surtout le fait qu’on a voulu rendre hommage à des univers très différent, d’abord à d’autres auteurs et héros de bédé, mais aussi de cinéma et dont le cadre n’est pas toujours forcément lié à l’ambiance dans lesquelles évoluent Natacha et Rubine d’habitude.

 

 

 

 

© Walthéry chez Dupuis

 

Y’a-t-il une histoire que vous regrettez que François n’ait pas faite

Dragan : Oh oui ! Une histoire passionnante que j’ai écrite moi-même. (rires)

Gilson : Hmm, un troisième vieux bleu… non je plaisante (rires)

Y compris ailleurs que dans la BD. On ne compte plus les ex-libris, portfolio, objets dérivés auxquels ont donné lieu les albums de Walthéry. Natacha et Rubine ont dépassé leurs albums, sont vraiment devenues des icônes quasi de chair et d’os ?

Dragan : Vous avez raison, et pas uniquement en papier… il n’y a qu’à voir les figurines…. Elles sont de plus en plus grandes. Et là, finalement il y a une Natacha grandeur nature ! Une vrai « petite » perle ! Bon, moi j’attends quand même celle en chair et en os! Vu comment ça évolue, c’est sûrement pour très bientôt.

En tout cas, c’est aussi un jeu de titraille et de textes, trouvez un minimum de bons mots et leurs donner le style des albums, des films auxquels ils font référence. Pas évident ?

Dragan : C’est très facile quand vous êtes inspirés, et surtout amusant, mais des fois ça ne vient pas du tout et je veux justement profiter de cette occasion pour vous dire qu’un grand nombre de titres de ce recueil ont été trouvés par mes amis Dominique Léonard et Bruno Gilson, qui sont de vraies sources d’idées. Je leur dis un grand merci.

Gilson : Pour moi, jouer avec les mots est un pécher mignon, une marotte, quasiment une passion. Il ne se passe pas un jour sans que je détourne quoi que ce soit en une sorte de calembour ou d’à peu près. Mais rassurez-vous je sais quand je dois m’arrêter (rires).

Plus qu’un hommage parodique et bienveillant au monde de Walthéry, vous l’emmenez voir d’autres grands maîtres E.P. Jacobs, Tillieux, Vampirella, du Kox aussi, de la s-f des 50’s et au magazine Spirou, surtout. L’un ne va pas sans les autres ?

Dragan : Bien sûr, c’est un amalgame de bons souvenirs qui a enfanté cet ouvrage. On aurait tant aimé pouvoir dire sans arrêt merci à tous ceux qui nous ont donné tant de bonheur durant notre enfance. Mais la liste est bien longue …nous n’avons que commencé à rendre hommage à certains d’entre eux, mais il y en a tant d’autres. Il nous faut un tome 2 très vite (rires).

Outre ces anciens, dans la jeune génération, certains se réclament de Walthéry ? On le perçoit dans leur style, leur humour ?

Dragan : L’influence est naturelle, tous les grands artistes laissent des traces profondes et marquent les jeunes qui débutent. Certains, comme Franquin, Hergé, Peyo, Macherot, Goscinny, Tillieux, Walthéry et d’autres géants de la BD le feront toujours. Leur héritage est sublime et incontournable. On a une chance énorme de les avoir. On peut y puiser sans arrêt, et je suis sûr que l’on devrait le faire beaucoup plus, s’il y a une crise dans le monde du 9eme art, c’est bien par ce que l’on a un peu oublié ces sources.

 

 

 

 

Original extrait de l'album © Gilson

 

 

Cet album sort chez Bardaf, en auto-édition, si je ne me trompe ? Les maisons d’édition classiques ne sont pas friandes de ce genre d’exercice ?

Dragan : Je laisse Bruno répondre à cette question, car c’est lui qui s’occupe de tout cela.

Gilson : Cette fois il ne s’agit pas d’auto-édition mais d’une véritable structure qu’il serait bien long et complexe à décrire ici. Et en effet les majors ne sont pas friandes de cet exercice. Mais je pense que cela va évoluer. Nombre d’auteurs confirmés issus de grandes maisons se tournent eux-mêmes et de plus en plus vers l’auto-édition. Je pense personnellement que c’est en quelques sorte l’avenir de la BD car cela donne entre autre aux jeunes auteurs, plus de possibilités et de chances d’éditer en album leurs productions via notamment les sites de financement participatifs de plus en plus nombreux sur le web.

Quels sont vos projets ? Encore et toujours du Walthéry ? Cat, pour vous Dragan ? Et un petit indien, Tatanka, pour vous Bruno ? D’autres choses ?

Dragan : (rires) CAT c’est du cyrillique et en Serbe ça se prononce : SAT ce qui veut dire : L’HORLOGE. C’est ma toute dernière BD, mais que je n’ai pas dessiné… eh non… L’Horloge, je l’ai scénarisée. C’est d’ailleurs mon premier scénario publié et je suis fier de dire que c’est un très grand succès en Serbie. Avec mon ami dessinateur de grand talent, Vujadin Radovanovic – Vuja, nous avons reçu le prix de la meilleure BD du Salon du livre de Belgrade cette année. Comme il s’agit de l’histoire de nos arrières grands parents lors de la Grande Guerre, en plus de l’album l’un des plus grands quotidiens Serbes « Vecernje Novosti » a diffusé cette BD a plus de 120.000 exemplaires lors du centenaire de l’Armistice, le 11 novembre dernier. C’est un one shot poignant, une histoire vrai raconté avec émotion, qui a touché au plus profond et a fait pleurer la moitié de mon pays… j’espère que les lecteurs français et belges auront bientôt l’occasion de le découvrir.

Gilson : Tatanka cela veut dire bison en Sioux (rires). Blague à part je vais entamer le tome 2 avec Manuel Tenret (rantanplan). Le format restera à l’italienne en cartonné. Et une intégrale est même prévue avec encore plus de jeux pour les enfants. La date de sortie est normalement prévue pour cette fin d’année 2019 voire courant 2020. Dans le même temps Dragan et moi poursuivrons le travail sur le second tome des hommages et pastiches. Je caresse l’idée d’un recueil de créatures fantastiques mais bon, j’ai déjà pas mal de pain sur la planche pour cette année, nous verrons bien.

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Alexis Seny

 

Titre : Hommage collatéral

Recueil de parodies

Auteurs : Walthery, De Lazare, Gilson

Auteurs invités : Di Sano, Kox, Carpentier, Bojan Vukic

Couleurs : Dragan De Lazare, Gilson & Renaud Mangeat

Genre : Hommage, Parodie

Nbre de pages : 56

Prix : 20 €



Publié le 10/04/2019.


Source : Bd-best


La fille de Vercingetorix arrive en octobre chez Albert rené

Au même titre que les blockuster cinématographiques américains et bien dans l'air du temps, la féminité n'est pas en reste dans la bande dessinée.

Voici venir pour ce nouvel album par Conrad et Ferri, rien de moins que "La fille de Vercingétorix" !

Annoncé ce 10 avril dernier au parc Astérix, nos envoyés spéciaux ont pu découvrir la couverture provisoire de ce nouvel opus que nous partageons avec vous. Il reste à espérer que ce nouvel opus fera sinon aussi bien, mieux que son prédécesseur sorti en 2017.

Les talentueux auteurs ont donc prit le temps pour nous concocter ce nouveaux volume.

Affaire à suivre jusqu'à sa sortie en octobre peu après la rentrée littéraire de 2019 !

 



Publié le 10/04/2019.


Source : Bd-best


Pourquoi faudrait-il écrire le mot fin ?  L’amour n’a pas d’âge

 

« - Les premiers jours sont toujours les plus compliqués. On en veut à tout le monde. A la famille de nous avoir amené ici, aux personnels de toujours devoir leur demander dès qu’on veut faire la moindre chose, aux autres, ceux qui sont « dehors » et vivent leur vie sans se soucier de nous… Mais surtout, on s’en veut à soi-même de ne plus être capable de se débrouiller seul, comme avant. L’important, ici, c’est d’avoir des activités. Un peu de lecture ?

- Non merci.

- C’est dommage, on y apprend des choses passionnantes.

- permettez ?

- Allez-y cher ami, madame n’en veut pas. »

 

 

 

 

  Colette Buisserond vient d’arriver à l’EPHAD, établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. On ne peut pas dire que son moral soit au beau fixe. Jean Tessier, lui, y est depuis quelques temps déjà. Il l’accueille avec lucidité et bienveillance. Entre les deux, le courant va faire plus que passer. Mais est-ce que tout le monde est capable de le comprendre ?

 

  Les ateliers d’activités, les animations, les visites de la famille et les résidants avec chacun leur petit caractère, on vit la vie en immersion dans la maison de retraite, comme si on y était.

 

 

 

 

© Lambert - Des ronds dans l’O

 

 

  Après Au coin d’une ride, sur la maladie d’Alzheimer et l’homosexualité, puis De rose et de noir, traitant des violences conjugales, Thibaut Lambert signe sont troisième album chez Des ronds dans l’O. D’un sujet grave et triste, il tire un album drôle et émouvant. Alors qu’il aurait pu facilement tomber dans le pathos, il entraîne le lecteur dans une comédie romantique réaliste.

 

  On dit toujours qu’en littérature, en chanson ou au cinéma, il est beaucoup plus facile de faire pleurer que de faire rire. Essayez donc dans un EPHAD. Lambert y parvient avec un naturel qui ne peut être feint. Et pour cause. L’album a été co-écrit lors d’ateliers BD avec les pensionnaires d’une maison de retraite. Colette et Jean existent mais n’existent pas. Ils sont un mélange des pensionnaires de la résidence. Scène par scène, ils ont dirigé et validé le scénario. Il en résulte une vraie « intrigue » avec situation de départ, problématique et résolution, comme dans une « vraie » histoire. Peut-être est-ce parce qu’elle est tout simplement « vraie » ?

 

 

 

 

© Lambert - Des ronds dans l’O

 

 

  Graphiquement, Thibaut Lambert est dans un semi-réalisme délicat. A la manière de Troub’s dans Mon voisin Raymond, son trait effleure les personnages pour mieux les respecter, respecter leurs passés et leurs rides. Les regards simples en points noirs retranscrivent étonnamment toutes les émotions. Enveloppé par une aquarelle privilégiant le printemps à l’automne, L’amour n’a pas d’âge est un album résolument optimiste.

 

  Si tous les directeurs d’EPHAD souhaitent aider leurs pensionnaires dans leur quotidien, mieux les accueillir, leur redonner le sourire et l’espoir alors qu’ils pensent prendre le dernier chemin de leurs vies, qu’ils mettent L’amour n’a pas d’âge sur une table basse, dans le hall d’entrée, sur une table basse.

 

 

 

 

© Lambert - Des ronds dans l’O

 

 

  Avec Les collectionneurs de sciences, Et pourtant elles dansent, Sur l’autre rive, et à présent L’amour n’a pas d’âge, quatre ouvrages aussi différents que sensibles, 2019 ne serait-elle pas l’année Des ronds dans l’O ?

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : L’amour n’a pas d’âge

 

Genre : Comédie réaliste

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Lambert

 

Éditeur : Des ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 92

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782374480687

 



Publié le 09/04/2019.


Source : Bd-best


Pourquoi faudrait-il écrire le mot fin ?  L’amour n’a pas d’âge

 

« - Les premiers jours sont toujours les plus compliqués. On en veut à tout le monde. A la famille de nous avoir amené ici, aux personnels de toujours devoir leur demander dès qu’on veut faire la moindre chose, aux autres, ceux qui sont « dehors » et vivent leur vie sans se soucier de nous… Mais surtout, on s’en veut à soi-même de ne plus être capable de se débrouiller seul, comme avant. L’important, ici, c’est d’avoir des activités. Un peu de lecture ?

- Non merci.

- C’est dommage, on y apprend des choses passionnantes.

- permettez ?

- Allez-y cher ami, madame n’en veut pas. »

 

 

 

 

  Colette Buisserond vient d’arriver à l’EPHAD, établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. On ne peut pas dire que son moral soit au beau fixe. Jean Tessier, lui, y est depuis quelques temps déjà. Il l’accueille avec lucidité et bienveillance. Entre les deux, le courant va faire plus que passer. Mais est-ce que tout le monde est capable de le comprendre ?

 

  Les ateliers d’activités, les animations, les visites de la famille et les résidants avec chacun leur petit caractère, on vit la vie en immersion dans la maison de retraite, comme si on y était.

 

 

 

 

© Lambert - Des ronds dans l’O

 

 

  Après Au coin d’une ride, sur la maladie d’Alzheimer et l’homosexualité, puis De rose et de noir, traitant des violences conjugales, Thibaut Lambert signe sont troisième album chez Des ronds dans l’O. D’un sujet grave et triste, il tire un album drôle et émouvant. Alors qu’il aurait pu facilement tomber dans le pathos, il entraîne le lecteur dans une comédie romantique réaliste.

 

  On dit toujours qu’en littérature, en chanson ou au cinéma, il est beaucoup plus facile de faire pleurer que de faire rire. Essayez donc dans un EPHAD. Lambert y parvient avec un naturel qui ne peut être feint. Et pour cause. L’album a été co-écrit lors d’ateliers BD avec les pensionnaires d’une maison de retraite. Colette et Jean existent mais n’existent pas. Ils sont un mélange des pensionnaires de la résidence. Scène par scène, ils ont dirigé et validé le scénario. Il en résulte une vraie « intrigue » avec situation de départ, problématique et résolution, comme dans une « vraie » histoire. Peut-être est-ce parce qu’elle est tout simplement « vraie » ?

 

 

 

 

© Lambert - Des ronds dans l’O

 

 

  Graphiquement, Thibaut Lambert est dans un semi-réalisme délicat. A la manière de Troub’s dans Mon voisin Raymond, son trait effleure les personnages pour mieux les respecter, respecter leurs passés et leurs rides. Les regards simples en points noirs retranscrivent étonnamment toutes les émotions. Enveloppé par une aquarelle privilégiant le printemps à l’automne, L’amour n’a pas d’âge est un album résolument optimiste.

 

  Si tous les directeurs d’EPHAD souhaitent aider leurs pensionnaires dans leur quotidien, mieux les accueillir, leur redonner le sourire et l’espoir alors qu’il pensent prendre le dernier chemin de leurs vies, qu’ils mettent L’amour n’a pas d’âge sur une table basse, dans le hall d’entrée...

 

 

 

 

© Lambert - Des ronds dans l’O

 

 

  Avec Les collectionneurs de sciences, Et pourtant elles dansent, Sur l’autre rive, et à présent L’amour n’a pas d’âge, quatre ouvrages aussi différents que sensibles, 2019 ne serait-elle pas l’année Des ronds dans l’O ?

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : L’amour n’a pas d’âge

 

Genre : Comédie réaliste

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Lambert

 

Éditeur : Des ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 92

 

Prix : 18 €

 

ISBN : 9782374480687

 



Publié le 09/04/2019.


Source : Bd-best


Le dernier western.  Hollywood Menteur

 

 

« - Tu es prête ?

- Il est encore trop tôt pour arriver en retard, Arthur…

- Mais la réception a déjà commencé il y a une heure, Darling. Les gens s’impatientent de te voir.

- … Les gens… D’ici, on dirait des p’tits cailloux… Des p’tits cailloux poussés par le vent du désert… John, Clark, Eli, Monty… Tout le monde est là. Tu aimes bien Monty, hein ? Monty…

- Bon, je monte à la skyroom leur dire que tu arrives ! Et je te rapporte une coupe de champagne, ok ?

- Si tu veux. Laisse la porte ouverte, on étouffe ici. »

 

 

 

 

 

Mapes Hotel, juillet 1960. Arthur Miller et Marylin Monroe viennent d’arriver à Reno. Le tournage des Misfits, les « paumés », traduit en France par Les désaxés, va débuter. Miller en a signé le scénario, Marilyn en est la star. Ils ne se doutent pas encore que le projet va se transformer en chant du cygne d’un âge d’or. Avec des acteurs encore plus torturés que les personnages qu’ils jouent, la réalisation du film va s’avérer complexe. Le metteur en scène John Huston devra jongler avec les états d’âme de chacun. Il apprendra que les chevaux s’apprivoisent plus facilement que les acteurs. Entre une Marilyn Monroe dépressive, un Clark Gable alcoolique et un Montgomery Clift ayant dû mal à faire accepter son homosexualité, The Misfits rentrera à peine dans ses frais et mettra des années à devenir le film culte qu’il est aujourd’hui.

 

 

 

© Luz - Futuropolis

 

 

Clark Gable mourra quelques jours après la fin du tournage. Marilyn Monroe n’achèvera pas son film suivant. Montgomery Clift quittera quelques années plus tard Hollywood pour New-York à cause du regard de l’industrie cinématographique sur ses penchants. Seul Eli Wallach tirera son épingle du jeu, avec à la clef une belle carrière couronnée par un Oscar d’honneur en 2011 et par son rôle du truand dans Le bon, la brute et le truand.

 

 

 

© Luz - Futuropolis

 

 

Luz semble enfin sorti du drame Charlie Hebdo pour retrouver son statut d’auteur « libre », si tant est que cela soit possible. Toujours est-il qu’on le sent immergé dans cette histoire de l’histoire d’un film. Projet à la base prépublié dans Les Cahiers du Cinéma, Luz a lié les séquences pour en faire un récit fluide.

 

 

 

 

© Luz - Futuropolis

 

 

Hollywood Menteur fait figure de tragédie antique. Il y a du Racine dans ce drame. Mais Luz n’oublie pas qu’il est humoriste. Paula Strasberg, la dame de compagnie et coach de Marilyn, est finalement la meilleure actrice parmi les stars de l’époque. Elle apporte un comique réaliste et crédible, assénant des vérités et des sentences aussi courtes que transparentes. Elle est finalement la seule à dire la vérité, à être la vérité.

 

 

 

 

© Luz - Futuropolis

 

 

Luz fait des yeux de Marilyn le miroir intime d’une femme perdue, comme si elle était déjà morte. Sa pupille et son iris se transforment en disque microsillon sur lequel se jouent les dialogues du film qu’elle regarde se tourner de l’intérieur comme si quelqu’un d’autre agissait à sa place.

 

 

 

 

© Luz - Futuropolis

 

 

La post-face de Virginie Despentes apporte un éclairage et une justification au récit. Intitulée Sainte Marilyn, vierge des désirs défoncés…, elle montre comment Luz a ouvert le capot de l’usine à rêves. On y assiste à la crucifixion des mythes, à la chute des anges et à l’auto-destruction d’un monde en carton-pâte.  Despentes, avec tout son talent littéraire, compare Marilyn à une adolescente d’aujourd’hui, encore plus photographiée qu’une instagrammeuse addict.

 

 

© Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc.

 

 

Jusqu’au 4 mai, la galerie Huberty & Breyne, 91, rue Saint-Honoré, Paris 1°, accueille une exposition de planches originales de l’album et de portraits de Marilyn.

 

 

 

© Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc.

 

 

En ajoutant Hollywood menteur à sa bibliographie, Luz s’installe définitivement comme un futur grand prix potentiel du festival international de la BD d’Angoulême.

 

« Rouler en décapotable avec la clim à fond, ça, c’est le rêve américain. » Mais de l’autre côté du rêve, la face cachée recèle les tourments.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Hollywood Menteur

 

Genre : Drame

 

Scénario & Dessins : Luz

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 112

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9782754824224

 



Publié le 09/04/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4226 -  10 Avril 2019

 

 

 

Le Psy ne décroche jamais !

 


 

 

 

 


            Le Docteur Médard a le moral dans les chaussettes. Le fondu du Tour de France court toujours après les vélos; la fillette possédée a toujours le démon en elle; la toquée du ménage aspire de plus belle; le passe-muraille tente toujours vainement de traverser les murs; l’agent fiscal est toujours obsédé par le redressement fiscal. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres. Ces échecs ont conduit le psy le plus célèbre du neuvième art à ranger son divan et à se lancer dans l’élevage de chèvres. Mais un bon psy fait-il un bon berger ?

 

            Les histoires complètes sont complétées (elle est pas mal, celle-là) par une histoire de Cédric et par un conte signé Kid Toussaint et Fabio Ruotolo.

 

            Hugues Dayez signe un petit livret collector réservé aux abonnées : Les Psy de A à Z. Il y revient sur la genèse de la série, leurs auteurs et quelques secrets de fabrication.

 

 

 

 

© Bédu, Cauvin – Dupuis 

 

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Frnck : Cannibales

Marsupilami (Le) : Bienvenido a Bingo !

Raowl : La belle et l’affreux

Six coups

 

 

Récit complet :

 

Cédric : Aux poils !

Géants (Les) (Ruotolo & Toussaint)

Psy (Les) : Fin de séance

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Spoirou & Fantasperge

Millborough (La pause-cartoon)

Willy Woob

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin des lecteurs (Le) : Vous êtes mon auteur préféré ! : Reynès

En direct du futur : L’agent 212

Interview : Bédu & Cauvin

Leçon de BD (La) : Nix

Jeu : Panique sur le rallye ! (Lerouge)

 

 

Supplément abonnés :

Mini-Livre : les Psy de A à Z

 

 

En kiosques et librairies le 10 avril 2019.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 07/04/2019.


Source : Bd-best


Le lever de soleil de la pleine conscience dans une méditation politiquement incorrecte.  Sri-Raoul le petit yogi

 

« - Oooh putain !

- La télé ! Il a pété la télé !!!

- Un pas de plus vers la conscience… Rien ne peut me détourner de mon chemin…

- Mais t’es pas un peu malade !?

- Bon… C’est quoi ce bordel ?

- C’est Raoul ! Il a explosé la télé…

- Ces crétins prétendaient me détourner de la voie… Comme si le braiment de l’âne pouvait surpasser le cristal mélodieux qui berce l’esprit éveillé !! »

 

 

 

 

Quand on joue gentiment à « Death Mekong Ultra Holocaust fighter » et qu’on a pour frère Raoul, il faut s’attendre à se faire salement niquer par sa conscience yogique. Le dernier de la famille se prend pour un bouddhiste depuis qu’il a vu Little Bouddha. Flanqué de Lucien, son ours en peluche qui ne le quitte jamais, le « chercheur intégral » fait régner la conscience dans la maison pour une paix indestructible. Mais pour atteindre la perfection, l’obstacle est sa seule chance de progrès. Et ici, il s’appelle la famille.

 

 

 

 

© Gaudelette- Fluide Glacial

 

 

Après la trilogie Radada la méchante sorcière, Gaudelette publie en 1999 l’unique album des aventures de Sri-Raoul le petit yogi. Témoignage d’une des meilleures époques de Fluide Glacial, il est aujourd’hui réédité pour notre plus grand bonheur… mais pas pour celui de la famille de Raoul.

 

Raoul a trois frères, dont Lorenzo qu’il trouve raté, alors qu’il est « juste mongolien ». Qui plus est, Maman est enceinte. Mais Raoul en est sûr, elle trimballe dans son tiroir la septième réincarnation de Gohlam Tabatâviah Rinpoché. Comment son incapable de père a-t-il été choisi pour élever le futur Grand Lama ?

 

 

 

 

© Gaudelette- Fluide Glacial

 

 

Les méditations de Sri-Raoul prennent corps dans des délires psychologiques. L’ours en peluche Lucien devient son compagnon de route. Papa prend corps sous forme d’un menaçant aigle noir à lunettes. Raoul lui-même s’imagine papillon à oreilles tentant d’échapper aux prédateurs. Soit c’est la catastrophe, soit on passe à un cheveu de yogi du drame, soit pour lui-même, soit pour les siens.

 

 

 

 

© Gaudelette- Fluide Glacial

 

 

Sri-Raoul n’aura vécu que le temps de six courtes histoires. Politiquement incorrect, il est dommage que l’hilarant petit bouddha n’ait pas connu une destinée plus longue. C’est même une histoire à part qui termine l’album dans laquelle Gaudelette se met en scène, préfigurant l’album qui suivra sur La vie des festivals.

 

Petite pépite d’humour noir, Sri-Raoul démontre qu’il n’est pas facile d’avoir une conscience éveillée dans une famille de nazes. On ne médite pas à table !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Sri-Raoul le petit yogi

 

Genre : Humour spirituel

 

Scénario & Dessins : Gaudelette

 

Éditeur : Fluide Glacial

 

Nombre de pages : 48

 

Prix : 10,95 €

 

ISBN : 9782378782559

 



Publié le 06/04/2019.


Source : Bd-best


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