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Marion Duclos, sur la piste de l’exil espagnol : « Laisser mes intervenants discuter entre eux tout en faisant que le lecteur puisse, lui aussi, discuter avec eux »

Elle est mignonne cette petite Vespa 400 pas franchement rapide mais utile à nous emmener sur les traces du passé. Dans un road-trip humain et attachant, Marion Duclos entraîne Ernesto, vieil Espagnol arrivé en France pour fuir le franquisme, dans une course contre-la-montre (mais pas trop pressée) et à la vie en quête du lien social et culturel d’Espagnols qui comme lui ont dû quitter le pays quand Franco est arrivé au pouvoir. Et forcément dans l’euphorie des retrouvailles, c’est aussi un passé dramatique, déracinant mais méconnu, qui se dévoile. Marion Duclos fait se délier les langues dans cette oeuvre généreuse et importante. En voiture pour une rencontre enrichissante.

Bonjour Marion, vous n’êtes pas une exilée espagnole, pourtant vous semblez tellement imprégnée de cette culture. Comment Ernesto est-il né ?

Quand j’étais enfant, la meilleure amie de ma maman était issue d’une famille d’exilés espagnols. Avec sa fille, nous nous entendions bien, et nous allions souvent voir son grand-père et sa grand-mère. Ceux-là que je finirais par appeler mes Yayo, Yaya sans savoir ce que cela pouvait signifier. Et forcément, je les entendais discuter, parfois s’engueuler même, avoir des conversations politiques. De quoi nourrir mes questions plus tard quand je m’intéresserais à l’ampleur de cet exil.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Et cet album, il a fallu, même si vous avez réalisé d’autres albums et collaborations entre-temps, dix ans pour que vous l’aboutissiez.

J’ai dû prendre confiance en moi, avoir le souci de la justesse. Cet album, ce fut un gros travail d’enquête, des rencontres. Je ne voulais pas m’arrêter aux personnes que je connaissais. Et même si elles ne se rencontraient pas, je voulais les faire intervenir virtuellement, prendre le temps de la rencontre et savoir ce que j’allais raconter. Si ça allait être un livre d’histoire ou un livre dans lequel les gens racontent leur histoire ? Finalement, j’ai opté pour la deuxième solution sans oublier l’Histoire avec le dossier pédagogique en fin d’album. Mais il fallait apprendre à raconter, et comme je m’y suis mise sur le tard, il a fallu trouver le bon ton.

 

 

 

 

© Marion Duclos chez Casterman

 

Puis, la guerre d’Espagne est étrangement méconnue, même chez les gens cultivés. Comme bien d’autres, malheureusement, cela dit.

Des rencontres, il y en a eu beaucoup, j’imagine ?

Combien, je ne sais pas. D’autant plus que j’ai parfois créé certains personnages à base de plusieurs témoignages et certains témoignages transparaissent à travers plusieurs personnalités. Mais les témoignages sont bien réels, j’ai repris certaines phrases, certaines expressions texto.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Mais n’est-ce pas difficile de faire parler ces personnes qui ne parlent parfois même pas de leur exil dans leur propre famille ?

Heureusement, j’étais parfois introduite notamment parce que dans mon cercle d’amies, il y a quelques petites-filles d’exilés espagnols à Bordeaux. Il y a eu des rencontres de fil en aiguille. Des rencontres au hasard, une discussion avec un inconnu dans le train qui se trouvait être lui aussi un émigré.

Si j’en suis arrivée à discuter ma légitimité ? Quelqu’un m’a bien demandé ce qu’une Française venait faire dans cette histoire ? (J’ai d’ailleurs opposé cette réflexion, mot pour mot, à Thomas, le Français de cette aventure) Je ne pouvais que répondre que si je ne pensais pas que cette aventure était importante, je n’aurais pas été vers lui. Que cela se fasse en BD ? peu importe le média, l’importance pour moi était d’en parler, et de bien le faire. Entre le moment où j’ai commencé et la parution de mon album, il doit y avoir eu une vingtaine de bouquins sur ce sujet, je me suis forcément demandé quel intérêt mon livre aurait.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Parmi mes amis, beaucoup sont des descendants de cette vague d’Espagnols républicains qui ont été obligés de fuir leur pays. Plus je parlais, plus j’en découvrais que cette grand-mère au prénom pourtant pas hispanique était une Espagnole. J’ai eu envie de partager tout ça. Et oui, peut-être que le fait d’être extérieure m’a permis de libérer la parole.

D’autant plus que vous ne l’orientez pas. Une fois la vanne ouverte, vous dessinez cette scène de banquet où vos héros partent dans une véritable joute verbale, pas toujours d’accord entre eux.

Cette scène de dialogues fut très difficile à écrire. Il fallait que je parvienne à laisser les gens discuter entre eux tout en faisant que le lecteur puisse, lui aussi, discuter avec eux.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Une adhésion rendue plus facile grâce à des phylactères conçus comme des petits nuages, plus léger ou plus opaque en fonction des moments.

C’est spontané mais j’en ai joué pour que leurs formes indiquent le ton, l’intention des mots. Qu’une certaine franchise soit induite et que certains nuages soient aussi plus doux, en effet.

Ce roman graphique, il fut compliqué à terminer?

Qu’il est compliqué de mettre un point final ! Surtout avec autant de matière. De tous les témoignages collectés, je dois avoir utilisé 20% au final, en devant évacuer certaines expériences fines et touchantes. C’est dur, mais je ne pouvais pas me permettre de faire une bande dessinée de 1480 pages. Ça aurait été indigeste.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Qu’est-ce que votre trait a évolué depuis 2010 quand vous publiiez Ernesto en ligne sur Coconino.

Oui, vous avez trouvé ça ? (elle rigole) À l’époque, mon trait était complètement obsessionnel. Je recherchais la spontanéité à l’état pur. Cela ressemblait finalement à du storyboard. Mais ces planches mal faites, j’ai dû les refaire dix fois !

Dans la pratique, je changeais tout le temps d’outils. Le travail sur mon précédent album, Victor et Clint, m’a aidé à épurer mon trait. Mes discussions avec mes éditeurs, Vincent Henry chez la Boîte à Bulles et Christine Cam chez Casterman m’ont aidé aussi. Ils sont ouverts à la discussion ou à m’amener à tester des choses.

 

 

 

 

© Marion Duclos chez Casterman

 

Pour les couleurs, ce fut aussi laborieux, j’ai dû faire 4-5 versions.

Votre héros, Ernesto se fait une joie de repartir en Espagne, son pays. Pourtant, dans votre road-trip, il ne va pas quitter le territoire français.

En prenant le large, il va se rendre compte que ce qu’il cherchait ce n’était pas un pays, pas une terre, mais des gens avec qui partager son rêve humaniste. Il va retrouver ses pairs, ceux qui ont vécu le même exil et dans les souvenirs, on le voit même rajeunir.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Outre l’aspect dessiné, dans un moment suspendu, vous faites se croiser deux poèmes, un de Rafael Alberti, l’autre de Manuel Azaña.

C’était évident, représentatif de l’état du personnage qui va se prendre les souvenirs en pleine face.

Finalement, cet exil nous ramène à un autre, celui connu par pas mal de « migrants » comme nos médias les ont appelés. Et rien n’a vraiment changé, même s’il n’y avait pas de réseaux sociaux à l’époque de leur exil, « vos » Espagnols ont souffert du regard sévère des Français.

C’est un éternel recommencement, je ne comprends pas. (silence). Pendant mon storyboard, je voyais l’actualité me rattraper. Bien sûr, il faut faire la part des choses, ne pas se laisser au rapprochement rapide de deux réalités mais oui, il y a éléments communs. Comment parler de ces événements, il y a 70 ans, sans les mettre en rapport avec ceux d’aujourd’hui. Finalement, ces Espagnols arrivés en France, malgré tous leurs malheurs, ont permis sans aucun doute à la France de s’enrichir culturellement. Alors qu’ils ont été si mal accueillis.

 

 

 

 

© Marion Duclos

 

Si mal accueillis mais, aujourd’hui, eux et leurs descendants sont toujours là en France. Ils ont continué à vivre et ont trouvé leur place en France, non ?

Ils ont continué à vivre… mais ils ont beaucoup perdu. Certains ont continué de faire vivre leurs convictions, de s’investir dans l’associatif, dans la politique, dans la vie culturelle française.

Cette BD du réel, qu’est-ce qui vous a amené vers elle ?

Pendant la gestation d’Ernesto, il y a plein de trucs que je me suis interdit de lire. Je voulais éviter les réminiscences. Dans les remerciements, je rends hommage au poète et écrivain toulousain Serge Pey dont Le trésor de la guerre d’Espagne m’a marqué. Ce sont des témoignages sous forme de nouvelles. C’est tellement beau.

 

 

 

 

Lors d’une lecture dessinée, Marion a mis en dessin des morceaux du Trésor de la Guerre d’Espagne de Serge Pey © Marion Duclos

 

En BD, il y a le travail de Rabaté et Prudhomme sur Vive la marée, je suis admirative de la justesse qu’ils sont parvenus à trouver. Après, il y a plein de gens que j’admire dans leur travail de retranscription. Un Riad Sattouf, c’est une évidence.

Ernesto vous a aussi permis de rencontrer des élèves de 14-16 ans, collégiens et lycéens du groupe scolaire Stendhal à Aiguillon. Comment cette rencontre s’est-elle passée ?

Le but était d’ouvrir la discussion au-delà des souvenirs de la guerre d’Espagne. Force est de constater que c’est difficile, voire impossible, pour ces enfants d’analyser cette tonne d’infos qui s’empilent. Finalement, ils digèrent peu de choses et ne reçoivent pas forcément les clés de lecture par les médias. Ainsi, dans leur classe, j’ai préféré dessiner les dialogues plutôt que de les écrire. Et au moment de montrer cette situation des Espagnols pris en étau entre les fascistes allemands et italiens, j’ai dessiné une croix gammée qui se transformait en avion.

 

 

 

 

Le dessin d’un élève.

 

Et là, un élève m’a demandé : « Mais vous n’avez pas le droit de dessiner des croix gammées ! » Ça montre à quel point ils sont emmêlés ses jeunes pour lesquels le mot « républicain » se rapporte uniquement à un parti politique. D’où l’importance de l’éducation. On a parlé des campagnes d’alphabétisation dans les usines ou au front pendant la guerre, il m’importait de leur donner une indication sur leur chance d’être éduqués, de se cultiver intellectuellement. La médiation, ça me plait.

Sur votre blog, j’ai vu la petite Lucia (qui se pare des plus belles couleurs de la culture espagnole dans votre album) s’animer.  Vous aimez l’animation ?

 

 

 

 

J’aime la recherche du mouvement mais aussi le danger. En ce moment, il y a peut-être moyen que j’assouvisse cette envie : j’écris un court-métrage avec une amie romancière, Laurence Vilaine. C’est compliqué de s’accorder à deux têtes, d’avoir une même vision des choses, des intentions profondes. Nous voudrions faire huit minutes de film mais pour le moment, on a écrit vingt ou trente minutes. L’histoire est issue de l’expérience de Laurence qui a tenu un atelier d’écriture pour des femmes à Alger. Pour se décloisonner, elle a, à un moment donné, proposé d’aller écrire sur une plage de Bab el Oued. Elle ne s’attendait pas à ce que ce soit si difficile de s’y retrouver tant ce quartier évoquait des craintes. C’était naïf pour Laurence mais ça lui a permis de parler de ce moment-là.


Après, il faut trouver comment l’aborder, en évitant le regard que peut avoir la femme occidentale issue d’un pays anciennement colonisateur. Mais on est suivies par les femmes de cet atelier, elles permettent de lever les doutes par rapport à des barrières qu’on pourrait se mettre mais qui n’auraient pas de raison d’être. Il faut trouver le point de vue, la finesse. Le thème, c’est la femme dans l’espace public. C’est passionnant mais très difficile, finalement.

 

 

 

 

Les femmes du projet de Laurence Vilaine et Marion Duclos
© Marion Duclos

 

D’autres projets ?

Là, ça se complique. C’est une autoroute à trois voies qui s’offre à moi et, pour le moment, j’avance sur… toutes. Outre le court-métrage, j’ai un projet jeunesse personnel, j’ai postulé pour une résidence. On verra si je suis prise. Si oui, je prendrai le temps de le concevoir là-bas.

J’ai un autre projet avec Olivier Ka, une adaptation de conte macabre !

Brrrr… changement de genre qui donne envie ! Belle continuation en Vespa 400 ou pas.

 

propos recueillis par Alexis Seny.

 

Titre : Ernesto

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Marion Duclos

Genre : Road trip, Histoire, Chronique sociale

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 160

Prix : 20€



Publié le 15/12/2017.


Source : Bd-best


Et en 2018 ? Albums prévus dans les prochaines semaines attendus avec impatience (Partie 4)

Poursuivons cette rubrique avec la sortie le 12 janvier janvier 2018 chez Dargaud du premier tome d'une aventure sur le thème historique par Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat.

Résumé de l'éditeur : En 1040, les armées de Byzance tentent de reconquérir la Sicile, alors aux mains des Arabes. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le général Maniakès, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape proposent les services de leur petite troupe de mercenaires. À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche d’Harald et lui propose un marché : il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Même s’il comprend que Tancrède est en mesure de réaliser ce prodige, Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a « traversé les Enfers » et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu… Pourquoi l’Église a-t-elle fait de lui une arme au service de Dieu ? Et quelle revanche veut-il prendre aujourd’hui ?…

 

 

 

© Brugeas - Toulhoat - Dargaud

 

 

Ira Dei, L'or des Caïds

Tome : 1

Scénario :   Vincent Brugeas

Dessins et couleurs : Ronan Toulhoat

Pages : 64

Prix : 13,99 €

Édité par : Dargaud

ISBN : 9782870972489



Publié le 15/12/2017.


Source : Bd-best


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 9 : Une adaptation littéraire  En attendant Bojangles

«  - Oh, Georges, remettons Bojangles !

-          D’accord Antoinette, mais seulement si vous me servez un nouveau cocktail ! J’ai la gorge sèche comme un champ de blé en plein été !

-          Je m’en voudrais de vous laisser brûler au soleil, mon amour.

-          Maman, Papa, je vais encore être en retard à l’école.

-          Oh, mais je n’ai pas entendu le jour se lever !

-          Mais on ne peut pas faire attendre Mister Bojangles ! »

 

Rien n’est plus important que de danser sur la chanson Mister Bojangles de Nina Simone. Dans cette famille, maman vit sur son nuage de poésie, Papa l’accompagne d’un amour indéfectible et le fils est le plus terre à terre du trio. Leur appartement abrite également Mademoiselle Superfétatoire, grue de Numidie, qui, comme son nom l’indique, est inutilement ajoutée, vient en sus, de façon peu naturelle, mais symbolise tant. Parfois, l’Ordure, gras sénateur ami de la famille, est invitée. Mais lorsque la réalité des obligations de la vie rattrape ce petit monde, père et fils offrent à leur épouse et mère le cocon dans lequel sa douce extravagance reste protégée. The show must go on.

 

 

 

 

 

© Chabbert - Maurel - Stenkis

 

 

Mais au fait, qui est ce Bojangles ? Il s’agit de William Luther Robinson, danseur de claquettes américain mort à New York en 1949. Son surnom vient de la contraction de « bones jangle » qui signifie « tintement d’os ». La chanson Mr. Bojangles  a été écrite en son hommage en 1968 par Jerry Jeff Walker. Interprétée par Bob Dylan, Sammy Davis Junior, Whitney Houston ou encore Robbie Williams, seule Nina Simone l’a transcendée pour en faire un des plus beaux titres de son répertoire : http://www.jukebox.fr/nina-simone/clip,mr-bojangles,q8ms8l.html. L’écoute de ce morceau est indissociable de la lecture de ce livre.

 

 

 

 

 

 

© Chabbert - Maurel - Stenkis

 

 

C’est un voyage aux frontières de la folie que nous convie Olivier Bourdeaut dans son magnifique roman adapté ici par Carole Maurel et Ingrid Chabbert. Surréaliste, envoûtant, délicat, le récit est d’une forte sensibilité, une des plus belles histoires d’amour qui aient été écrites. La maman, dont le prénom change tout au long de l’histoire comme un oiseau qui se pose à chaque fois sur une branche différente, vit dans un autre monde, celui où le temps est important, celui où les gens qui s’aiment, où les gens qu’on aime, passent avant tout le reste. Chronique de l’égarement d’une femme entraînant celle de sa famille, « En attendant Bojangles » pose une question essentielle : Et si les fous, c’étaient les autres ?

 

Il est toujours difficile d’adapter un roman en BD, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un grand succès. On ne voit pas qui mieux que ces deux autrices auraient pu le faire. Plus que d’adaptation, parlons ici de contemplation. L’album est un délicieux complément au livre. On y retrouve toute la sensibilité des personnages, la volupté de leurs extravagances. Le pinceau de Maurel flotte dans l’univers de Bourdeaut, l’enveloppant de couleurs à la douce chaleur des fins d’après-midi de mi-saisons.

 

            Je connaissais un homme, Bojangles, et il dansait pour vous, dans des chaussures complètement usées, cheveux gris, chemise en loques et pantalon large. C'était le vieux spectacle habituel. Il sautait si haut... il sautait si haut… Puis il redescendait légèrement. Je l'ai rencontré dans une cellule, à la Nouvelle-Orléans. J'étais déprimé et trompé. Il m'a regardé avec le regard de la vie comme s'il s'y connaissait. Il a parlé de la vie, il a parlé de la vie, il a ri. Il a fait un pas de danse.

            Mister Bojangles, Mister Bojangles, Mister Bojangles, dansez !

"Please, Come back and dance, dance, dance, please dance, Mister Bojangles"

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : En attendant Bojangles

Genre : Drame

Scénario : Chabbert

Dessins & Couleurs : Maurel

Adapté de : Olivier Bourdeaut

Éditeur : Steinkis

Nombre de pages : 105

Prix : 18 €

ISBN : 978236841099



Publié le 15/12/2017.


Source : Bd-best


Balzac et la petite tailleuse chinoise : le propos graphique de Freddy Nadolny Poustochkine uni au propos littéraire de Dai Sijie

Balzac et la petite tailleuse chinoise, ce titre vous dit sans doute quelque chose. Au moins si, comme moi, vous avez dû le lire au temps béni de vos études. L’oeuvre emblématique de Dai Sijie a bientôt vingt ans et reste un ouvrage marquant de dissidence face à un pouvoir despotique qui veut contrôler de A à Z toutes les belles lettres littéraires mises à la portée du peuple. Pour créer cette histoire, l’écrivain chinois installé depuis trente ans en France n’a pas dû aller bien loin : il l’a vécue. Témoin et souffre-douleur de la Chine de Mao Zedong, alors que ses parents contestataires étaient envoyés en prison, le jeune Dai fut intégré durant trois ans dans un camp dit de rééducation, un camp de travail ayant pour but de purger les esprits de leurs jeunes résidents de toute idée opposée à l’ordre en place. Aujourd’hui, c’est Freddy Nadolny Poustochkine qui donne puissance à cette oeuvre décloisonnée.

 

 

 

 

 

 

 

© Freddy Nadolny Poustochkine

 

Résumé de l’éditeur : Deux amis de 17 et 18 ans, le narrateur et son ami Luo, qui se connaissent depuis l’enfance, sont envoyés en rééducation dans la province du Sichuan, car ils sont considérés comme des « intellectuels ». Nous sommes en pleine période de la Révolution culturelle lancée par Mao Zedong, en 1971. Le narrateur est plutôt réservé et joue du violon. Luo, son meilleur ami, était son voisin de palier avant leur départ pour la rééducation. Il est beaucoup moins timide, il est même un bon conteur. Il raconte toutes sortes d’histoires au chef du village, et surtout les films que ce dernier leur demande d’aller voir en ville. Les deux amis rencontrent la fille du tailleur du village voisin. Elle est considérée comme la plus belle de la montagne, pleine de vie, mais sans aucune instruction. Tous deux en tombent immédiatement amoureux. Luo devient l’amant de la petite tailleuse. Pour service rendu, le Binoclard, un autre garçon lui aussi en rééducation dans un village voisin, prête aux deux amis Ursule Mirouët, un roman de Balzac. Fascinés, les deux amis volent toute la valise de livres interdits du Binoclard, valise contenant les romans des plus grands auteurs occidentaux du XIXe siècle. Luo fait alors un serment : « Avec ces livres, je transformerai la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde ».

 

 

 

 

© Freddy Nadolny Poustochkine chez Futuropolis

 

C’est vrai que des profondeurs de la mine, de cette gueule du loup terreuse et dangereuse, il est bien difficile de voir la lumière du jour, de l’espoir de jours meilleurs. Mais pour nos deux héros, malgré les peines et les efforts surhumains qu’on demande à leurs jeunes corps, il n’est pas difficile de s’apercevoir que ce coin de montagne isolé recèle deux trésors : la jolie petite tailleuse volontaire dans les pas de son père et des livres interdits que Le Binoclard semble garder précieusement, sans vouloir partager ce monde de sensations.

 

 

 

 

 
© Freddy Nadolny Poustochkine


L’heure viendra pour nos deux prisonniers de les découvrir mais, en attendant, Freddy Nadolny Poustochkine ne se prive pas de déjà entrouvrir la porte de ce monde de sensations. Graphiques tout d’abord, dès un prologue où l’on ne voit goutte sinon l’essentiel, les corps meurtris, le combat face à la mine. L’art de Poustochkine prend place par tache, par goutte, plus que par des cases conventionnelles. Comme dans un rêve qui tiendrait plus du cauchemar.

 

 

 

 

© Freddy Nadolny Poustochkine chez Futuropolis

 

Ça désarçonne, ça déstabilise (d’autant que c’est peut-être un peu trop linéaire) mais ça donne du biscuit et on découvre un vrai propos graphique (d’une beauté affolante) qui s’unit à celui, littéraire, de Dais Sijie. Inutile de dire que le pari pas forcément évident de l’adaptation d’un tel monument, d’une telle promesse de vie au-delà des barrières est réussi.

 

 

 

 

© Freddy Nadolny Poustochkine


On sent que ce récit, non content de le représenter, Freddy s’y est investi, l’a vécu. Et ses exploits graphiques tiennent la route (et sur 318 pages, il faut y aller) entre redondance assumée pour les scènes minières et une évasion sans modération. Une grande rencontre entre deux arts engagés.


Titre : Balzac et la petite tailleuse chinoise

Récit complet

D’après le roman de Dai Sijié

Scénario, dessin et couleurs : Freddy Nadolny  Poustochkine

Genre : Historique, Drame

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 318

Prix : 32€



Publié le 14/12/2017.


Source : Alexis Seny


Exposition

Exposition d'originaux, des travaux de recherches et du processus de création des 4 tomes de la série éditée chez Futuropolis.

Synopsis du tome 4 : En septembre 1917, remis de ses blessures, le lieutenant Vialatte apprend deux nouvelles d'importance : Eva, l'amour de sa vie, travaille comme interprète à la Croix-Rouge. Par ses fonctions, elle est en contact avec les camps de prisonniers français en Allemagne. Et c'est par elle que Vialatte découvre que Peyrac, porté disparu en 1915, a été fait prisonnier et qu'il est bien vivant. Vialatte, avec l'aide de Janvier, reprend donc son enquête, pour découvrir enfin le nom du ou des coupables de l'assassinat des trois jeunes femmes sur le front. Où l'on apprendra comment Peyrac fut mis à la tête d'une unité de gamins, de fortes têtes repris de justice, puis après la mort de ces derniers, comment il se retrouva prisonnier en Allemagne. Vivant donc, mais mal en point, en proie à des délires cauchemardesques...

Lieu : Médiathèque 5, rue Alfred Marchand
72400 LA FERTE-BERNARD

Contact : +33 02 43 93 24 44

Web : https://www.tourisme-en-sarthe.com/fetes-et-manifestations/exposition-notre-mere-la-guerre-0


Pays : France

Date de l'événement : du 23/12/2017 au 24/01/2018.

Publié le 14/12/2017.


Source : Bd-best


Dans ma hotte de Noël, il y a…  Episode 8 : La nouvelle série d’un scénariste prolifique  Alto Plano 1 – Colombie

« - Votre CV m’indique que vous n’êtes pas mariée… Mais êtes-vous fiancée…engagée ? Avez-vous des projets qui vont dans le sens de fonder une famille ?

-          Ma priorité reste ma carrière pour les trente prochaines années…

-          Une dernière question… Pourquoi souhaitez-vous quitter Guardiani ? C’est une grosse enseigne avec pignon sur rue dans le monde entier…Et elle n’est pas réputée pour sous-payer ses employés…

-          La raison principale qui me pousse à partir, c’est l’inertie… Le job d’un aromatologue devrait être à mon sens plus créatif et plus expérimental… »

 

Albane Desroches est une véritable working girl. Elle n’est pas de ces femmes que la routine métro-boulot-dodo peut satisfaire. Et alors donc, devenir mère de famille, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Aromatologue dans le domaine du café, elle va devoir développer ses talents dans des exploitations de café dans l’Alto Plano, région andine de la Colombie, pour les comptes d’une Start up de commerce équitable. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Et entre un contremaître abusant de son statut et les magouilles boursières autour de cet or brun, Albane va devoir revoir son jeu afin d’abattre les cartes qui lui permettront de moudre son destin à son goût.

 

 

 

 

© Corbeyran - Postec - Brahy - Delcourt

 

Luc Brahy est maintenant bien installé dans le monde des dessinateurs réalistes populaires. A l’instar d’auteurs comme Lucien Rollin ou Francis Vallès, il enchaîne les séries dans un style propre, sans faire de bruit, mais en étant toujours présent dans le paysage malgré la surproduction ambiante. Avec Alto Plano, il laisse éclater ses qualités de paysagiste dans les grandes étendues de caféiers.

 

 

 

 

© Corbeyran - Postec - Brahy - Delcourt

 

Eric Corbeyran s’associe à la romancière Vanessa Postec pour un scénario à quatre mains. Surfant sur le succès des séries consacrées au business du vin, c’est au café que s’attaque le bordelais. Instructif et malin, le récit amène le lecteur à suivre une jeune louve ambitieuse jusqu’aux confins de l’Amérique du Sud. Les personnages secondaires sont bien campés et s’apprêtent à jouer des rôles décisifs dans les prochains albums, en particulier Hernan et la belle et déterminée Estrella Villalobos, victimes d’une concurrence dont le fair-play n’est pas la première qualité. L’ensemble est exemplairement équilibré entre actions et conversations, dans une fluidité qui peut se permettre de surclasser le scénario incompréhensible du dernier Largo Winch. Bref, de la BD d’aventure comme on l’aime.

 

 

 

Après avoir lu cet album, vous connaîtrez les jacus et vous ne boirez plus jamais du café comme avant.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Alto Plano

Tome : 1 – Colombie

Collection : Machination

Genre : Thriller

Scénario : Corbeyran & Postec

Dessins : Brahy

Couleurs : Saint-Blancat

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 46

Prix : 12 €

ISBN : 9782756052052

 



Publié le 14/12/2017.


Source : Bd-best


Et en 2018 ? Albums prévus dans les prochaines semaines attendus avec impatience (Partie 3)

Casterman propose pour début 2018, une autobiographie culinaire de Benoît Peeters, dessinée par Aurélia Aurita et préfacée par Pierre Gagnaire.


Entre 18 et 25 ans, la cuisine a tenu une place immense dans la vie de Benoît Peeters. Après un repas chez les Frères Troisgros à Roanne, alors le restaurant le plus célèbre de France, le jeune homme apprend la cuisine avec passion, en autodidacte.

 

 

 

 

 

 

© Peeters - Aurita - Casterman

 

Quand il laisse tomber la préparation du concours de Normale Sup et que ses parents lui coupent les vivres, Benoît tente de devenir cuisinier à domicile ! Entre deux articles et un job dans une librairie, il s’essaie aux recettes les plus subtiles… et se confronte à la rudesse du réel.

Comme un chef

A paraître le 17/01/2018 chez Casterman

216 pages en noir et blanc

18,95 €

ISBN : 9782203146754



Publié le 13/12/2017.


Source : Michel D.


Vente aux enchères de prestige par Huberty Breyne

A 13h, vente prestige en 3 parties :

- collection Rackam : albums de bande dessinée
- Uderzo, des débuts en fanfare : originaux datant d'avant Astérix
- planches originales : illustrations, planches et couvertures originales

Bruxelles

Vendredi 15 décembre de 11h à 21h
Cocktail vendredi 15 décembre à partir de 18h
Samedi 16 décembre 11h à 19h
Dimanche 17 décembre 10h à 12h
Téléphone pendant les expositions : +32 (0)2 893 90 30

Lempertz
6, Rue du Grand Cerf
1000 Bruxelles – BELGIQUE

Lieu : Hôtel des ventes Lempertz
6 Rue du Grand Cerf
1000 Bruxelles

Contact : +32 (0)2 893.90.30  par mail  contact@hubertybreyne.com

Web : www.hubertybreyne.com


Pays : Belgique

Date de l'événement : du 15/12/2017 au 17/12/2017.

Publié le 13/12/2017.


Source : Bd-best


Kid Paddle # 15 : pas au bout de son trip geek, Midam est toujours le roi du game

Depuis 2014, Kid Paddle avait ralenti la cadence au profit de la décadence (bien orchestrée et ensanglantée) de sa créature, Le petit barbare, qui en a profité pour rattraper le temps perdu. En cette année 2017, Game Over, le spin-off a dépassé la (série-) mère en nombre d’albums et avec, pourtant, dix ans de moins que Kid Paddle (qui fêtera en 2018 son quart de siècle, vous imaginez ???). C’est dire si l’univers – que dis-je, l’empire – érigé par Midam et ses sbires a pris et bien pris et que le chaudron est toujours à même de bouillonner. Au bonheur des geeks, des blorks et des autres.

Résumé de l’éditeur : Entre expériences scientifiques bizarres qui dégénèrent, cauchemars à base de licornes en peluche, fraude au cinéma pour adultes, massacres de blorks dans une salle d’arcade au gardien aussi teigneux que son molosse : la vie de Kid Paddle n’est jamais sereine, mais toujours drôle !

Avec Men in Blork, un titre forcément inspiré de deux chasseurs d’aliens aux lunettes noires devenus cultes, Midam et ses personnages auraient très bien pu aller à la chasse aux ET. Il n’en est rien, car aussi vrai que qui va à la chasse perd sa place… à la borne d’arcade, il y a déjà bien trop à faire sur cette terre de gamers. Alors Kid, Horace, Big Bang et les autres restent sur les mêmes bases, entre réalité et virtualité, et réalité virtuelle.

 

 

 

 

© Midam chez Glénat

 

D’ailleurs, à l’heure où l’on met des lunettes à smartphones sur le bout de notre nez pour se persuader qu’on peut se téléporter sur une île paradisiaque ou simuler une chute libre, on oublierait presque que Midam fut un sacré précurseur. Car y’a-t-il arme plus fatale pour intégrer une dimension parallèle que le seul pouvoir de l’imagination ? Et dès le début des années 1990, plus performant que certains jeux vidéo désormais démodés, Midam apposait sa marque, ses codes de couleurs et sa patte graphique pour nous emmener dans le monde  et le game cruels et sans pitié des jeux pour ados pas si boutonneux et attardés.

 

 

 

 

© Midam chez Glénat

 

La preuve, le temps a passé, ils y sont toujours et s’ils ont bien tenté d’évoluer (bon s’ils s’y prennent comme ils tentent d’entrer au cinoche pour un film qui n’est pas de leur âge, on comprend que ça n’ait pas marché), Kid et ses amis n’ont rien perdu de leur ferveur à dézinguer des Blorks, pitoyables joueurs qu’ils sont. Car en 15 tomes de Kid Paddle (et 16 de Game Over, donc), nos zéros n’ont pas vraiment été flamboyants face aux créatures hideuses et bébêtes sorties de l’imagination sans fond de Midam. On pourrait presque compter sur les doigts de la main les méchants que cette bande de loosers a pu anéantir. Tout cela n’est pas brillant mais quel plaisir coupable on prend toujours à les voir se faire ratatiner.

 

 

 

 

© Midam chez Glénat

 

Et, dans le même esprit qu’un Skottie Young avec I Hate fairyland, Midam réinvente la mythologie de ses héros sans panne d’inspiration. Mieux, puisqu’il ne quitte jamais vraiment le pâté de maisons vu et revu dans lequel évoluent ses personnages (le home « gore home entre papa le poltron et Carole qui veut désormais être une grande sportive, le cinéma interdit aux gnomes, le palace des jeux vidéo et le décor de ceux-ci, et c’est à peu près tout… ah non, ils vont aussi au… Musée), Midam le réinvente.

Mieux, il établit un réel univers en expansion avec des licornes débiles, des petits garçons qui se transforment en Rikiki (mais si, cet imbécile de canard rose) et des monstres plus répugnants les uns que les autres. Midam n’est pas au bout de son trip de geek tout public, développe des envies graphiques nouvelles, des expérimentations (des moustiques, une planche « à l’oeil ») et ça nous botte. GG comme on dit !

 

Série : Kid Paddle

Tome : 15 – Men in Blork

Scénario et dessin : Midam (avec la collaboration d’Adam, Steve Piraux et Valérian)

Couleurs : Angèle

Genre : Humour, Gag, Geek

Éditeur : Glénat

Collection : Mad Fabrik

Nbre de pages : 45 (+ 2 pages de bonus)

Prix : 10,95€



Publié le 13/12/2017.


Source : Alexis Seny


Rencontre avec Stan Manoukian à la Galerie Glénat

Stanislas Manoukian est né en octobre 1969 à Paris. Il entre à l'école Estienne en 1985, et travaille pour la publicité dès sa sortie en 1988. Son amitié avec Vince fait qu'ils forment à eux deux une équipe de travail soudée et quasi indéfectible. Ils multiplient les expériences, mettant leurs talents au service de la presse (conception et réalisation de maquettes), de l'animation (conception et réalisation des personnages et décors d'une série animée de marionnettes, Les Bestioles, pour France 3), du cinéma (pubs et courts métrages, conception et réalisation du molosse du film Doberman)...

Le premier album de bande dessinée de Stan paraît en 1992 chez Zenda, et l'année suivante, il entame avec Vince la première série BD réalisée à quatre mains : Vortex. Durant 9 tomes, deux héros y pourchassent des nazis qui ont dérobé des informations essentielles : celles du voyage dans le temps ! Tess Wood et Campbell s'engouffrent à leur poursuite... directement dans le futur, par le biais de cette incroyable machine ! Cette série vibre d'hommages à la bande dessinée américaine des années 30 et 40 ainsi qu'aux pulps magazines. Pleine de rebondissements, elle a le goût suave de la science-fiction et du comics, reflétant parfaitement les centres d'intérêts des deux auteurs. Travaillant dans le même atelier parisien, ils déploient une activité paraissant sans limites, publiant dans L'Écho des savanes, Spirou, Fluide glacial, réalisant en parallèle toujours des travaux publicitaires.

Ils font aussi une incursion remarquée au pays des comics où ils réalisent un épisode du célèbre Shadow : Shadow and the mysterious Three puis une mini-série : Shadow and Doc Savage. Suivent une mini-série sur Tarzan, plusieurs couvertures pour les comics Star Wars et Ghost et de courtes histoires dans la revue Dark Horse Presents. Stan et Vince se sont aussi associés au célèbre Benoît Delépine pour un album paru chez Albin Michel.

En 2015, Stan Manoukian, s’était lancé un défi: dessiner un monstre par jour pendant un an. Le défi a continué ensuite pour devenir un véritable projet artistique, donnant lieux à des illustrations de plus en plus grandes et complexes, établissant un style graphique et un bestiaire unique intitulé "Species".

La Galerie vous propose pour les fêtes de fin d'année 2017, les albums à tirage limité Bunny! , Meelo’s Big Adventure et Species 1 et 2.

- Album 20 €

- Album + dessin original (14 x 14 cm) 75 €


Rencontre / Signature / Exposition de 15h à 19h.

 

Galerie Glénat – Carreau du Temple – 22, rue de Picardie 75003 Paris

Tél : +33 1 42 71 46 86

 

 


Pays : France

Date de l'événement : du 16/12/2017 au 16/12/2017.

Publié le 13/12/2017.


Source : Bd-best


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