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I kill giants: même avec des pieds d’argiles, on peut terrasser les plus grands gėants

Le harcèlement scolaire, c’est une problématique tellement tentaculaire que tous les moyens, spectaculaires ou pieds sur terre, sont bons pour engager le combat face à ce fléau qui profite des abus de faiblesse face à ceux qui souvent n’ont rien demandé mais mette un peu plus de temps à trouver leurs repères… et n’y sont pas aidés. Alors, il est bon d’enfoncer le clou. Et plutôt que de le faire en s’y tapant la tête, Joe Kelly et Ken Niimura ont pris un gros marteau (Thor va être jaloux) et des oreilles de lapin pour une oeuvre qui voyage encore un peu plus depuis qu’Anders Walter en a fait un film malheureusement sorti en direct-to-dvd.

 

 

 

 

 

 

 

© Niimura

 

Résumé de l’éditeur : L’histoire d’une petite fille perdue dans une vie de famille chaotique, et qui se perd dans un monde imaginaire bien plus commode : « Elle a poussé son existence fictive un peu loin, et ne parle vraiment que des géants à tout le monde. Elle est convaincue qu’ils sont en marche et qu’elle seule peut les arrêter »

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez HiComics

 

Il y a quelques semaines, nous vous parlions de ce roman graphique qui retraçait la genèse de Donjons et Dragons et les faits d’armes de l’un de ses créateurs, Gary Gygax. Avec Joe Kelly et Ken Niimura, c’est une partie de cet univers qui arrive dans notre monde par deux types de personnages : un géant surpuissant, ennemi par excellence de la petite mais téméraire Barbara, et des lutins facétieux et capables d’insuffler un peu d’espoir dans un monde de brute dont notre héroïne binoclarde ne cesse de faire l’amère expérience. Un monde qui ne juge qu’en termes de leadership quitte à sacrifier les rêveurs sous le coup d’insultes et de poing. Un peu plus chaque jour, refermant l’étau sur notre aventurière d’un autre monde, sur elle-même… même si son imaginaire fertile et expansif lui laisse des portes dérobées.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

Des portes dérobées qui lui offrent un filtre pour édulcorer la réalité, pour l’augmenter et ne pas sombrer dans le néant. La terre pourrait se fissurer et mieux avaler tout rond Barbara; au contraire, elle se couvre de tatous dont seule notre chasseuse connaît les significations. Autant de pistes pour échapper à la cruauté de ses camarades de crasses.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez HiComics

 

Bien sûr, des oeuvres traitant d’échappatoires plus ou moins virtuelles à une réalité crue et rude, il y en a eu à toutes les sauces. Et peut-être encore plus, en ce qui concerne le harcèlement, ces dernières années avec cette invention, aussi fantastique que maléfique, que sont les réseaux sociaux. Des hydres de Lerne capables de perpétuer à distance, à visage (dé)couvert et 24h/24 tout en bénéficiant de puissants relais inconscients. Des oeuvres culturelles importantes me viennent en tête comme BenX, Wonder ou encore le récent Quelques minutes après minuit (dont le film I kill giants a quelque peu pâti à cause de la proximité de leurs sorties et de leurs sujets).

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

Ici, Joe Kelly et Ken Niimura sont un cran plus loin que l’oeuvre de Juan Antonio Bayona: toute la tension de ce roman graphique réside dans l’approche du monstre, là où l’arbre et le petit garçon sympathiseront très vite. La méfiance et la crainte sont donc de mises de bout en bout, face aux dangers réels et irréels auxquels Barbara doit se confronter. Les deux auteurs ont trouvé une manière judicieuse et spectaculaire de mélanger les mondes, de les confondre car la confusion est le maître-mot de ce récit singulier et unique, furieux et sensé. Niimura insuffle toute l’énergie dont il est capable comme si chaque page de ce combat acharné était la dernière.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

I kill giants est une oeuvre barbare, jusqu’au-boutiste et capable de faire tremble les planches, de les faire s’ébranler. Comme un monde de petite fille peut s’ébranler face à la violence tyrannique de ses pairs qui se nourrissent des peurs et des craintes pour se grandir. Les géants ne sont peut-être pas où l’on croit mais ceux que dépeignent, dans la brutalité du noir et blanc, Kelly et Niimura, on y croit dur comme fer. Comme faire un monde meilleur en le mettant face à ses démons.

 

 

 

 

© Kelly/Niimura chez Image Comics

 

 

 

Alexis Seny

 

Titre : I kill giants

Récit complet

Scénario : Joe Kelly

Dessin : J. M. Ken Niimura (Page Facebook)

Noir et blanc

Traducteur : Philippe Touboul

Genre: Drame, Heroïc-Fantasy, Psychologique

Éditeur VO: Image Comics

Éditeur VF : HiComics

Nbre de pages: 184

Prix: 19,90€



Publié le 29/06/2018.


Source : Bd-best


Alix Senator : fin d’époque volcanique aux pieds de Cybèle, de la folie des grandeurs à l’honnie terreur

Outch, faites gaffe à vos héros ! S’ils ont eu la chance d’arriver jusqu’en 2018 sans être oubliés, il semblerait bien qu’ils ne sortiront pas forcément indemne de leurs nouvelles aventures qui n’ont plus rien de bon enfant et qui vont les tuer à la tâche, ou les laisser plus morts que vif. Avec la puissance et l’éternité, Valérie Mangin, Thierry Démarez et Jean-Jacques Chagnaud livrent une conclusion-choc à un cycle qui, plus encore que le premier, aura chamboulé l’univers de cet Alix dans la force de l’âge. Qui l’aura fracassé, sans nul espoir de retour à la normale.

 

 

 

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Murés dans le tombeau d’Auguste, Alix et Kephren attendent la mort. Le fils d’Enak aura tout perdu dans sa quête de la Cybèle d’orichalque. Ignorant leur sort, l’empereur a ordonné à sa sœur, Lidia, de détruire la terrible idole cachée en Italie. Nul ne devra jamais plus pouvoir s’en emparer. Mais qui pourrait résister à la promesse d’acquérir la puissance et l’éternité ?

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Aaaaaaaaaahhhh… aaaarrrrggggghhhh…  la soif d’éternité, du pouvoir et de la richesse, combien d’aventures de BD ou d’ailleurs (Indiana Jones : Les aventuriers de l’arche perdue, par exemple, auquel on a pas mal pensé , toutes proportions gardées à la lecture de ce nouveau tome) aura-t-elle mené en bateau, sans jamais épuiser sa puissance de feu, de séduction et même de fascination, aussi morbide puisse-t-elle être en fin de compte.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Depuis qu’il est question de la Cybèle d’orichalque dans ce spin-off adulte d’Alix, les auteurs ne nous auront pas épargnés, maltraitant leurs personnages pour les acculer à l’énergie du désespoir. Il n’est plus question de témérité, d’héroïsme ou même d’être les hommes de la situation, puisque celle-ci leur a complètement échappé et fait peser sur eux les plus sinistres augures. Tous sont dans un sale pétrin pendant que les puissants (et, notamment, la grande méchante Livie) tirent les ficelles, ne les relâchant que rarement.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

D’Alix, Khephren, Titus ou encore Enak, Valérie Mangin goûtant aux joies du théâtre antique (plus tragique que comique) a fait des marionnettes qu’elle tient en son pouvoir, dans un gant de fer qui semble aimer la cuisine saignante. Éclatant les champs de l’action pour mieux isoler ses personnages de papier, la scénariste dépose ses dernières cartes sans bluff (si ce n’est Alix que tout le monde croit mort dans les premières planches de cet album), dans un échiquier sur lequel les espions antiques prennent leurs positions avec une propension à la terreur absolue.


Entre l’arrière-plan véridique et l’avant-plan fictif, au fur et à mesure que l’on avance vers les entrailles de la terre, là où semble logée Cybèle, c’est un peu plus d’enfer qui nous attend. Donnant à la série un soupçon fantastique et des allures de champ de bataille. Ce ne sont plus des ressorts scénaristiques, ce sont des coups de semonce amenant un goût de fin d’époque. Plus rien ne sera jamais plus comme avant.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Car oui, cet album est le plus machiavélique, le plus malfaisant, le plus monstrueux de la série et Thierry Démarez arrive à approcher la créature, faisant peser la tension dans les mines déconfites et celles qui jubilent, dans les décors riches et ceux, plus loin, dépouillés pour y mettre le feu volcanique. Sa démarche graphique ne fait pas économie du détail et cela rend l’ensemble de l’album cohérent et prestigieux. Même si on observe peut-être une petite baisse de qualité de par la parution rapprochée des albums. Le huitième épisode, suite directe de celui-ci et intitulé La cité des poisons, arrivera en effet en novembre. Et on craint déjà ce qui pourrait arriver aux survivants de ce septième album qui marque résolument un tournant passionnant.

 

 

 

 

© Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

 

Alexis Seny

 

Série: Alix Senator

Tome: 7 – La puissance et l’éternité

D’après l’univers créé par Jacques Martin

Scénario: Valérie Mangin

Dessin: Thiérry Démarez

Couleurs: Jean-Jacques Chagnaud

Genre: Histoire, Aventure

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 48

Prix: 13,95€



Publié le 28/06/2018.


Source : Bd-best


Une boule, un ballon et un champion. Boule à zéro 7 – Goal !

 

 

« - Zita, je t’amène de la compagnie ! Allez, toi ! Ne te fais pas plus timide que tu ne l’es déjà !... Et n’oublie pas, Moïse : je t’ai autorisé à rentrer avec ton ballon, mais ce n’est pas pour jouer au football dans les couloirs !

 
-    C’est quoi, ça ?

 
-    Ton nouveau colocataire ! »

 

 

 

 

 

Lorsque le docteur Semoun amène un nouveau patient pour occuper un lit de la chambre 612 où loge Zita, ce n’est pas vraiment du goût de cette dernière. Zita n’a jamais dit qu’elle voulait partager sa chambre, et encore moins avec un garçon. Mais le cœur dur de Zita va voir sa carapace se fêler devant la tendresse que dégage ce petit fan de foot. Elle va tout faire pour que le séjour a l’hôpital de Moïse devienne inoubliable.

 

 

 

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

 

Après le succès d’estime de William Lapoire, les plus franches reconnaissances avec Clin d’œil et Les zappeurs, Serge Ernst atteint la consécration avec Boule à zéro. Dans un trait rond et des décors épurés, le dessinateur va à l’essentiel, sans fioritures et avec vérité. Les aventures hospitalières de cette petite fille malade sont une œuvre de bienfaisance. Ernst fait d’ailleurs le nécessaire pour que ses albums soient distribués dans les hôpitaux.

Oui, la maladie peut arriver à tout le monde. Non, on n’en ressort pas forcément vivant. Zidrou ne fait pas dans la dentelle. Il raconte la vérité de la vie. Mais il n’y a pas de fatalité. L’humour est une arme pour se battre contre la maladie.

Les auteurs jouent franc-jeu. Le FC Leucémie affronte le Cancer Football Club. Il y a de quoi banaliser le quotidien dans une chambre de malades. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de tout faire comme « à l’extérieur » ? On y prépare le brevet des collèges, alors pourquoi n’y jouerait-on pas au foot ?

 

 

 

 

© Ernst, Zidrou, Carpentier - Bamboo

 

 

 

Outre celle des patients, la vie et les problèmes du personnel ne sont pas oubliés. Ce n’est pas le docteur Semoun, directeur de l’hôpital, qui le contredira, lui pour qui il n’est pas évident de concilier travail et vie de famille.

Ce septième opus de Boule à zéro ferait presque aimer le foot.
Marre !... Marabout !... Boule à zéro !... Pas marre du tout !



Laurent Lafourcade


Série : Boule à zéro


Tome : 7 – Goal !


Genre : Humour tendre hospitalier


Scénario : Zidrou


Dessins : Ernst


Couleurs : Carpentier


Éditeur : Bamboo


Nombre de pages : 48


Prix : 10,95 €


ISBN : 9782818944981



Publié le 28/06/2018.


Source : Bd-best


Pas un jour sans humour, pas un jour sans poésie. Pas un jour sans soleil

 

 

 

    « C’est beau, c’est frais, c’est léger. » C’est Pascal Rabaté qui le dit.

 

 

 

 

 

 

 

Pas un jour sans soleil est un recueil de dessins d’humour pleine page.

    Quatre saisons, quatre chapitres. Printemps, été, automne, hiver, quatre saisons en bord de mer. De la grosse dame qui promène son chien à la jeune ingénue les yeux rivés sur son smartphone, de l’enfant grelottant dans sa serviette de bain aux mouettes cherchant miettes, Francois Ravard raconte les destins ponctuels de vacanciers, pour qui, quoi qu’il se passe, il n’y a pas un jour sans soleil.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Ravard - Glénat

 

 

    On est bien loin du style du Portrait, sur scenario de Dauvilliers, chez Carabas, avec lequel le dessinateur breton originaire de Normandie s’est fait connaître en 2006.
    Ravard a rencontré Sempé, Peynet et Kiraz. Sur sa plage, on pourrait croiser le petit Nicolas, les célèbres amoureux ou des parisiennes. Tous y auraient leur rond de serviette…de plage.
    Ravard est un peintre, un poète et un humoriste de grande classe. Chaque situation est une pépite, un bijou, sertie d’un titre percutant qui décuple la force de l’illustration. Ces titres isolés seraient anodins : Premier bain, Eclipse, Chien méchant, Duel,… C’est vraiment l’association légende/dessin qui créé la punchline.

 

 

 

 

 

© Ravard - Glénat

 

 

    Qu’Evelyne Dhéliat et Tatiana Silva aillent se rhabiller. Sur les plages bretonnes, il n’y a pas un jour sans soleil.


Laurent Lafourcade


One shot : Pas un jour sans soleil


Genre : Humour poétique


Scénario, Dessins & Couleurs : Ravard


Éditeur : Glénat


Nombre de pages : 64


Prix : 15 €


ISBN : 9782344027882



Publié le 27/06/2018.


Source : Bd-best


Serial-buteurs en Russie, les Diables rouges ne tournent pas casaque et nous offrent un petit florilège en BD aussi

Alors, ça y est, vous avez mis deux matchs pour y rentrer mais maintenant vous êtes chaud boulette, vous avez rougi et pris des airs de vainqueur qui ne lâchera rien et sera derrière nos Diables jusqu’au bout de leur parcours au Mondial ? D’ailleurs, vous êtes déjà en manque de leurs exploits et attendre jusqu’au prochain match, ça ne va pas le faire ? On a peut-être bien une solution qui épargnera vos jambes et peut même se déguster avec une bière (on ne cite pas de marque), mais faites gaffe de ne pas pouffer entre les gorgées, car tout peut arriver avec Falzar, Lapuss, Stédo et BenBK qui éloignent le sérieux des enjeux pour faire l’épopée russe (un titre tellement bien trouvé que la RTBF l’a aussi adopté pour son slogan) à leur manière et à leur humour.

 

 

 

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Résumé de l’éditeur : La Coupe du Monde de football en Russie sera assurément le plus grand événement sportif de l’année. Eden, Kevin et consorts peuvent légitimement rêver d’y brandir le trophée suprême, et derrière eux, des milliers de supporters s’apprêtent à vivre l’événement.

 

 

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Taquins même durant les matches, les Diables rouges prêtent évidemment, plus que d’autres équipes sans doute, le flanc (qu’il soit droit ou gauche) à la parodie et à la comédie. Oui, la comédie, pas celle que certains font, sur le terrain, dans de grotesques simulations qui ne font pas franchement rire les spectateurs avides d’un autre spectacle que celui-là. Alors, c’est vrai que là où certains pays sont derrières leur équipe nationale à la vie à la mort, notre histoire footballistique a parfois été plus à l’agonie. Des mauvais souvenirs chassés bien loin sous les dribbles d’une génération dorée à qui tout pourrait réussir. Depuis Eden Hazard, Romelu Lukaku, Kevin De Bruyne, Thomas Meunier et le souvent insubmersible Thibaut Courtois; les Belges ne nous ont plus donné l’occasion de rougir de honte.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

De quoi relancer la ferveur populaire (à faire frémir les Diables, vous verrez) autour des matchs de ces Diables, mais aussi des à-côtés, des drapeaux, des mascottes et de toutes la littérature qui leur est consacrée, et notamment en BD. C’est ainsi que, pendant cinq saisons,  André Lebrun et Philippe Bercovici ont animé leur équipe de papier dans la joie et la bonne humeur (pas toujours dans l’inspiration la mieux nourrie) chez feu les Éditions Joker… mais dont une partie du catalogue a été reprise, il y a peu, par les Éditions Kennes.

Qui, plutôt que de relancer une série, a prolongé la série existante avec non plus un tandem mais un trio bien connu : Falzar (Sac à Puces, les spin-off de Ducobu), Lapuss (Le Piou, Napoléon ou diverses parodies bien senties) et un des super-héros de la BD belge actuelle tant par son rythme stakhanoviste que par l’énergie de son trait, Stédo (Garage Isidore, Les Pompiers, Napoléon aussi ainsi que Boulard). Au-delà de la popularité de ses héros, le pari n’est pas aussi facile qu’il y paraît puisqu’on ne compte plus le nombre d’albums BD s’attachant au foot (et même au sport, en général) et à certaines de ces personnalités collectives ou individuelles (des Bleus à Neymar en passant par Zlatan, Zidane, etc.) et rivalisant de médiocrité et de facilité… et ça commence parfois par des caricatures ne ressemblant même pas de loin aux personnages qu’elles sont censées représenter. Des albums faits sur le coin d’une table, le produit dérivé dans toute sa splendeur décervelée.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Bref, arrêtons de parler de ce que cet album n’est pas, mais de ce qu’il est. Le premier bon point, c’est une nouvelles fois la qualité graphique de Stédo. Et Stédo fait bien mieux que beaucoup de dessinateurs qui ont eu à jouer avec les Red Devils. Ici, dès le premier coup d’oeil sur la couverture, on les reconnaît tous, sans hésitation, la bande à Eden (dont fait encore partie Radja Nainggolan, comment les auteurs pouvaient-ils savoir à quelle sauce il serait mangé tout cru). La ressemblance est parfaite et constante au fil des planches et des situations. Mieux, Stédo n’est pas tombé dans le piège de la haute-fidélité, non plus et a injecté de son ADN à ses Diables, en faisant des personnages stédoesques. De même, il y a un monde autour des diables, pas des décors de papiers mâchés en vitesse; Stédo varie les univers pour mieux mettre un carton rouge à l’immuabilité emmerdante. Balle de 2-0, donc. Il faut dire que si les délais étaient courts, l’équipe d’auteurs a ainsi voulu se concentrer sur trente-deux planches plutôt que de jouer les prolongations dans un 46 planches classique. On sent qu’il y a eu de l’application pour qu’il y ait du rendement, précis, au centimètre-carré. Bon, le prix aurait pu être un rien revu à la baisse compte tenu le nombre de pages de cet album un peu light. Cela vaut un petit 2-1.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Quant à l’occupation du terrain, les deux scénaristes de pointe ont cadré leur gag pour éviter la facilité dont nous parlions tout à l’heure et nous réjouir d’une certaine sagacité amenant ce que tout le monde attend d’histoires humoristiques autour de l’équipe belge tout en surprenant. Bien sûr, on parle de Courtois qui doit souvent s’embêter depuis son goal imperturbable (notre gardien ne serait pas contre une télé pour combler l’ennui), des blessures à répétition de Kompany, des facéties de Romelu, des albums Panini, des frites et, bien sûr, du douzième homme, qu’il regarde les confrontations au stade, devant les grands écrans ou dans le confort de son salon dépaysé par quelques images Russie et de sa place Rouge. Les scénaristes font merveille avec le dessin de Stédo et avec nos attentes, donnant de la personnalité aux Diables, les sortant du collectif pour leur donner du caractère. Quitte à ce que celui-ci ne soit pas forcément conforme à la réalité, il n’y a pas de trahison. 3-1 sans concession.

 

 

 

 

© Falzar/Lapuss/Stédo/BenBK chez Kennes

 

Enfin, si on parle de rouge, il convient aussi de parler de couleurs. C’est BenBK qui a gagné sa place dans la sélection. Une recrue de choc, qu’on ne présente plus (Tamara, quelques albums de Midam, des Nombrils et tant d’autres) et qui donne de jolies couleurs à cet album, grand public et incisives, nuançant le rouge pas toujours omniprésent. Un bel équilibre et un beau réalisme pour mener à un endiablé 4-1. Et vu la cohésion de toute cette épopée, ça fait 5-1. Bon, il y aura toujours de l’adversité et des esprits chagrins (hein, Romelu, tu le sais, toi), donc ça fait 5-2 (bon l’excuse est bidonne et pourrie mais il faut coller au score). Le compte est bon, c’est celui de ce deuxième match contre la Tunisie qui qualifie (presque) les Diables pour les huitièmes et cet album, en grande pompe, dans votre bibliothèque.

 

Alexis Seny

 

érie : Les Diables rouges

Tome : 6 – L’épopée russe

Scénario  : Falzar et Lapuss

Dessin : Stédo

Couleurs : BenBK

Genre: Gag, Humour, Sport

Éditeur: Kennes

Nbre de pages: 32

Prix: 10,95€



Publié le 26/06/2018.


Source : Bd-best


Une « autre » bande dessinée, déclaration d’amour à un « autre » cinéma.  Midi-Minuit

    « - Excusez-moi, ce n’est pas la cinémathèque ici ? Je devais retrouver quelqu’un… J’ai dû me tromper.

 
-    Non, non, vous ne vous trompez pas. C’est bien la cinémathèque. Il venait voir quoi, votre ami ?

 
-    Les fraises sauvages de Bergman.

 
-    Ah, alors là, par contre, vous vous êtes trompé de jour. On est vendredi, là c’était la soirée du cinéma-bis.

 -    Ben oui, le vendredi, c’est le jour du bis, tout le monde sait ça. »

 

 

Hiver 1998 : François et Christophe, dit Godzy sortent d’une projection à la cinémathèque des boulevards parisiens. Ils viennent d’assister à Des vierges pour le bourreau et Le monstre au masque, deux films de seconde zone italiens. L’espace de quelques heures, le temps s’est effacé, la magie a opéré.
Les deux jeunes cinéphiles vont partir en Italie pour y interviewer Marco Corvo, cinéaste mythique. Mais le réalisateur n’est pas homme facile. Il refuse de répondre aux questions des journalistes italiens qui ont pourri ses films pendant vingt ans. Alors, avoir décroché un entretien avec le maître, c’est un scoop à ne pas manquer. Ils vont tenter de découvrir pourquoi Corvo a brusquement tout arrêté en 1975. Attention, les consignes de la rencontre sont strictes : il faut lui proposer une pause si on voit qu’il fatigue, il ne faut pas lui parler de Luisa Diamanti et lorsqu’il dit que l’entretien est fini, il est fini.

 

 

 

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise - Dupuis

 

 

Ajoutez des meurtres atroces, un journaliste italien, un flic déterminé et une gouvernante sexy : tous les ingrédients sont là pour transformer un reportage en polar mystérieux…comme au cinéma.

Doug Headline rend hommage au giallo, genre de films aux croisements du policier, de l’horreur et de l’érotisme. Marco Corvo est une synthèse de Mario Bava, Dario Argento et autres réalisateurs des années 70, âge d’or du genre. Les titres en disent long : La maison aux fenêtres qui rient, La mort caresse à minuit, La dame rouge tua sept fois, L’emmurée vivante,…
Headline a été rédacteur en chef de Starfix et a réalisé des documentaires sur le cinéma. Midi-Minuit est le scénario d’un passionné qui transmet sa passion à travers cette histoire qui transforme un documentaire en fiction.

 

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise - Dupuis

 

 

 

    Massimo Semerano a un trait proche de Moynot. Tel un réalisateur de cinéma, il s’efface discrètement derrière ses acteurs pour les mettre en valeur. Il réalise une bande dessinée en cinémascope, intégrant photos de films aux cases de son album. Le procédé donne une seule envie : aller voir les films dont on nous parle.
Pour fluidifier la narration, le dessinateur italien utilise une technique originale. Afin de donner plus de place aux images de cinéma, il créé des bulles inversées, dans lesquelles figurent à la fois le texte et le visage au format réduit du personnage qui parle.

Le cauchemar de Godzy dans lequel apparaît un étrange voleur aux allures d’homme-oiseau semble être une scène toute droit sortie du récent Homme-gribouille de Serge Lehman et Frederik Peeters paru chez Delcourt. L’analogie s’arrête là, mais les deux albums se font écho dans la mesure où, dans l’un comme dans l’autre, les frontières entre fiction et réalité sont volontairement troubles.

Fiction ou reportage ? Témoignage ou fantaisie ? BD sur le cinéma ou Cinéma dans une BD ? Midi-Minuit est un ovni. Midi-Minuit, déclaration d’amour à un « autre » cinéma, est « autre » chose qu’une simple bande dessinée.

 

 

 

 

© Headline, Semerano, Cerise - Dupuis

 

 

    Le monde du cinéma est fait de gens qui ont besoin d’amour et de reconnaissance du public et de la critique. Marco Corvo montre les racines de son imaginaire, de ses rêves, de ses cauchemars, de ses films pour qu’à présent on le comprenne mieux, et à travers lui tous les cinéastes de sa famille.

 
Laurent Lafourcade


One shot : Midi-Minuit


Genre : Polar cinéphile


Scénario : Headline


Dessins : Semerano


Couleurs : Cerise


Éditeur : Dupuis


Collection : Aire Libre


Nombre de pages : 176


Prix : 22 €


ISBN : 9782800174617



Publié le 26/06/2018.


Source : Bd-best


Rétrospective David Sala à la Galerie Maghen

La galerie Daniel Maghen présente une rétrospective dédiée à David Sala pour ce dernier rendez-vous avant l’été.
 
L’exposition met en lumière les deux grands registres graphiques de l’artiste, à la fois remarquable dessinateur de bandes dessinées et illustrateur jeunesse de talent. Une centaine d’œuvres seront exposées dont les planches originales du "Joueur d’échecs", brillante adaptation et succès critique du chef-d’œuvre littéraire de Stefan Zweig, ainsi qu’une sélection d’illustrations issues de ses livres jeunesse dont "La Belle et la Bête", "Le Coffre enchanté", "La Colère de Banshee", "Féroce" et "La Prisonnière du brouillard".
 
Véritable créateur d’univers, David Sala se démarque par la puissance évocatrice de ses dessins. Magie des couleurs, décors finement ciselés, ses illustrations jeunesse aux compositions oniriques, réalisées à la peinture à l’huile, entraînent au cœur des rêves et des légendes. L’exposition souligne notamment le travail remarquable réalisé sur les motifs qui cohabitent harmonieusement dans son dessin, à la manière de Gustav Klimt. L’artiste aborde la bande dessinée d’un trait plus instinctif à la mine de plomb et à l’aquarelle. Jouant sur la composition, le rythme et une palette restreinte de couleur, David Sala parvient à rendre toute l’intensité du récit par l’image, en créant des atmosphères saisissantes.
 
Vernissage de l’exposition en compagnie de l'auteur le vendredi 29 juin à 19h.

 

Lieu : Galerie Daniel Maghen
36 Rue du Louvre, 75001 Paris

Contact : +33 1 42 84 37 39  info@danielmaghen.com


Pays : France

Date de l'événement : du 29/06/2018 au 21/07/2018.

Publié le 22/06/2018.


Source : Bd-best


Quatre murs et un toit ou même pas dans la chaleur tonifiante et magnifiante des beaux étés

Ça y est, l’été est là avec son lot de moments d’évasion et de grands projets, le temps des vacances ou pour la vie. L’été, sur la plage et les planches de nos lectures, c’est aussi le moment choisi par la famille Faldérault pour se rappeler à notre doux souvenir. Parmi les rendez-vous qu’on ne manque pas, il y a celui donné par Zidrou et Jordi Lafebre depuis trois ans. Et c’est toujours autant de bonheur partagé.

Résumé de l’éditeur : « Dans ce 4e tome, nous retrouvons les Faldérault au complet : Pierre, Madeleine et leurs quatre enfants, auxquels s’est joint Jean-Manu, le petit ami de Nicole. Cet été sera celui du grand changement : Pierre est devenu copropriétaire d’une villa toute neuve, clé sur porte, dans la campagne provençale ! En route ! La clé, ils l’ont – mais où diable se trouvent la porte et la villa ?…

 

 

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre

 

S’ils se la jouent comme Star Wars, éparpillant la chronologie pour mieux la rendre surprenante et nous tenir en haleine, Zidrou et Lafebre réussissent aussi à mieux nous immerger dans les histoires qu’ils racontent, sans besoin de les relier à un tome précédent et suivant. On vit l’instant. Et cet instant, il n’a jamais été aussi rapproché de notre époque. Enfin, à quarante ans près. Mais si le précédent album abordait l’année 1962 (l’année la plus lointaine traitée par le duo, jusqu’ici) à bord de l’irréductible Mam’zelle Estérel, c’est en 1980 que nous sommes désormais projetés, à la faveur d’un Banana Split, toujours indémodables aujourd’hui.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Tout se profile plutôt bien puisque même Pierre a su terminer ses planches dans les temps et même en avance. Aaaaah si seulement il n’avait pas eu l’idée d’accepter de faire un poster pour son éditeur. C’est sûr, ça veut dire qu’on croit à sa nouvelle série, mais en attendant le voilà à nouveau en retard et contraint de laisser la petite famille… qui a bien grandi partir sur la route des vacances, immuable cérémonial d’une famille soudée à jamais.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Même si l’adolescence et le premier amour de Nicole, Jean-Manu, ne sont pas toujours des plus faciles à vivre. Comme le temps est long loin de sa tribu pour Pierre. Mais se souvenant de ses débuts comme petite main d’un artiste ayant pignon sur rue (une séquence furtive mais formidable), notre auteur de BD se résigne à mettre au travail un jeune dessinateur sur ce fameux poster. Avec bien plus de considération, tout de même que dans les ateliers de quelques monstres sacrés qui n’ont laissé que l’anonymat à leurs contributeurs. Mais soit, c’est une autre histoire.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

La nôtre se passe en direction du beau temps et d’une surprise que Pierre a réservé aux siens : fini le camping, place à quatre murs et un toit. Pierre a acquis en copropriété un pied-à-terre taillé et construit sur mesure, sur des plans qu’il a lui-même réalisé. Le rêve touché du doigt et du crayon, le bonheur à plein poumon dans une campagne charmante et semblant ne pas connaître la pluie.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Heureusement, il y a des coins d’ombres, des arbres amenant une fraîcheur appréciable, d’autant plus appréciable que du mas auquel tout le monde aspirait la première pierre n’a même pas été posée. Le terrain est toujours en jachère, à l’abandon, et les Faldérault semblent s’être fait arnaquer dans toute leur splendeur. Et ils ne sont pas les seuls. Le repos du guerrier, nom tout trouvé à ce rêve retombé sur terre, attendra; il va falloir bosser, se serrer les coudes… Et les voisins abusés autant que désabusés vont se laisser emporter par la puissance salvatrice et réjouissante, toute en simplicité de la petite famille.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Peña chez Dargaud

 

Le lundi au soleil, c’est bien; la semaine, encore mieux; toute la vie, c’est le nec plus ultra. Et s’il y a parfois une petite pluie (souvent pour le retour en Belgique, on se demande pourquoi), c’est souvent le soleil éclatant, le trait généreux et les couleurs expressives (de Mado Peña et Jordi Lafebre, toujours) qui règnent en maître. Jordi Lafebre gagne toute notre adhésion, dans sa manière d’utiliser l’espace et de nous faire quitter terre. Il y a là une énergie créatrice étincelante, qui coupe le souffle tout en en conférant beaucoup. La preuve, les pages se tournent toutes seules. Et que dire du délicieux scénario proposé par un Zidrou au sommet de sa forme… depuis un bon moment.

Dans des décors pittoresques, la famille Faldérault amène ce ton cocasse et cet entrain irrépressible, celui qui séduit et emmène tous les personnages qui les entourent mais aussi les lecteurs qui tournent les pages et entrent toujours plus dans cette histoire qui d’anecdotes personnelles dévie sur une histoire universelle et tellement rassurante. Si les musiques de YMCA, de Michel Berger, des Buggles, de Lio ou même d’Annie Cordy (Jane la Tarzane) donnent un peu plus de souffle joyeux à ce récit qui prend des airs de comédie musicale invitant surtout à ne pas faire du sur-place (et à ne pas se lamenter), c’est une chanson de McFerrin qui nous reste dans les oreilles. Ne t’en fais pas, sois heureux. Car l’insouciance, c’est sans doute le dernier des atouts-maîtres de cette échappée une nouvelle fois formidable.

 

 

 

 

© Lafebre

 

Et si vous avez envie de fraîcheur, en surprise du chef, la belle bande reviendra pour Noël !

 

Alexis Seny

 

Titre : Les beaux étés

Tome : 4 – Le repos du guerrier (1980)

Scénario : Zidrou

Dessin : Jordi Lafebre

Couleurs : Jordi Lafebre et Mado Peña

Genre : Chronique familiale, Humour, Feel Good

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€



Publié le 22/06/2018.


Source : Bd-best


Une bonne vieille histoire récente comme dans le journal Tintin.  La jeunesse de Thorgal 6 – Le drakkar des glaces.

 

    « - Salut à toi, étrangère ! Mon nom est Gandalf et je suis le…

 
-    Ecourtons les présentations !... Cette bourse est à toi si tu acceptes de nous servir de guide sans poser de question ! ça te va ?

 
-    Hâtez-vous donc ! Je dois arriver au plus vite… derrière cette colline, là-bas ! Remue donc ta bedaine, Gandalf ! Mon temps est plus précieux que le tien !

 
-    Noble Gandalf, qu’attends-tu pour fendre le crâne de cette chienne rousse arrogante qui te parle comme à un esclave ? »

 

 

 

 

Gandalf-le-fou n’a aucun intérêt à se rebeller contre Slive, la Reine des mers gelées. Un marin viking tombé entre ses mains et qui s’était évadé lui a parlé de ses mines avant d’expirer. Si Gandalf épouse la belle rousse, il sera si riche qu’il pourra lever une armée et étendre son empire. Thorgal, quant à lui, croit son amour disparue. Aaricia, fille de Gandalf et promise du jeune viking, a-t-elle rejoint le Walhalla ?

 

 

 

 

 

 

© Surzhenko – Rosinski - Yann - Le Lombard

 

 

 

Petit à petit, Yann dirige la jeunesse de Thorgal vers le raccord avec La magicienne trahie et L’île des mers gelées. Le scénariste complète les moindres interstices des origines des héros de Van Hamme et Rosinski. On apprendra ici comment Slive est devenue borgne.
Yann est un véritable caméléon. L’histoire qu’il propose semble sortie des pages d’un célèbre et regretté magazine BD, cette revue d’un éditeur qui publiait ses albums avec un encadré : Une histoire du journal Tintin. Yann confectionne une madeleine de Proust inédite. Mais est-il pour autant un faussaire ? Le fourbe se ferait presque un malin plaisir de s’en vanter. Non, Yann est un passionné, un amoureux de la BD qui sait faire les récits qu’il aimait lire. Et même si la lecture des tomes précédents pourrait s’avérer judicieuse, comme dans toute bonne histoire à suivre, Yann distille suffisamment d’indices et de rappels pour qu’on comprenne et qu’on entre dans le train en marche. L’homme rajoute le soupçon d’humour qui lui est propre, tourmentant Thorgal au milieu de femmes amoureuses de lui.

 

 

 

 

© Surzhenko – Rosinski - Yann - Le Lombard

 

 

 

Le dessinateur russe Roman Surzhenko se place dans le sillage de Rosinski, avec une approche graphique se situant vers le milieu de la carrière de Rosinski, juste avant sa période couleurs directes, et avec une maîtrise plus importante que le polonais à ses débuts.

 

 

 

 

 

© Surzhenko – Rosinski - Yann - Le Lombard

 

 

 

    Très longue souffrance vaut mieux que trop brève vengeance, dit l’adage. Thorgal est encore jeune ; il n’est pas près d’avoir fini de souffrir. Vengeances et rancunes sont au cœur des âmes des peuples du Nord et des étoiles.



Laurent Lafourcade


Série : La jeunesse de Thorgal


Tome : 6 – Le drakkar des glaces


Genre : Heroïc Fantasy  


Scénario : Yann


Dessins & Couleurs : Surzhenko


Couverture :  Rosinski


Éditeur : Le Lombard


Nombre de pages : 48


Prix : 12,45 €


ISBN : 9782803672462



Publié le 22/06/2018.


Source : Bd-best


Michel French Lover, de serial loser en bestial fucker mais avec les ennuis qui vont avec !

Dans Michel French Lover, Arnaud Le Gouëfflec & Yannick Grossetête ont, sans besoin de l’aide de Kad Merad, trouvé leur Jean-Michel sans charisme. Il s’appelle d’ailleurs Michel et on ne peut pas dire que sa vie fasse rêver. Il est la risée du monde entier et encore plus des filles qui prennent un malin plaisir à le faire tourner en bourrique et à lui apprendre à être un éternel célibataire. Il s’y ferait presque, Michel, jusqu’au jour où tout va changer sans que lui n’aie rien changé pour autant.

 

 

 

 

 

 

 

© Le Gouëfflec/Grossetête chez Fluide Glacial

 

Résumé de l’éditeur : Michel est un lose, un vaccin contre l’amour, un anonyme voué à la solitude et à la masturbation éternelle. Mais un jour, subitement et sans raison apparente, il devient irrésistible et sa vie bascule. Michel est désormais le plus grand tombeur de son époque.

 

 

 

 

© Le Gouëfflec/Grossetête chez Fluide Glacial

 

Il y a quelques semaines, on vous parlait des Petites distances qui voyaient Max, son personnage principal, disparaître complètement aux yeux du monde. Ben, Michel, c’est sans doute ce qu’il pourrait lui arriver de mieux. Ce coquin de sort imaginé par Le Gouëfflec et Grossetête a pourtant décidé de le croquer à une autre sauce et de le servir à la façon d’une soupe populaire. Du jour au lendemain (un concept qui a encore de beaux jours devant lui), Michel est devenu un mâle alpha, un toréador dont le cul est désormais un trésor et sur lequel s’agglutine une nuée de femmes, prêtes à se damner pour avoir, ne fut-ce que quelques minutes, les honneurs de Michel qui aurait tort de ne pas en profiter. De loser en panzer du sexe et de la luxure.

 

 

 

 

© Le Gouëfflec/Grossetête chez Fluide Glacial

 

Ça va un temps avant que Michel ne se rende compte qu’il n’est pas forcément plus heureux et qu’il a hérité de la rançon de la gloire. À quoi sert d’avoir le divin sex-appeal si c’est pour se retrouver trois jours plus tard dans le caniveau, expédié en enfer par un rival qui préfère les grands moyens aux grands remèdes. Dilemme.

 

 

 

 

© Le Gouëfflec/Grossetête chez Fluide Glacial

 

Dans un tout autre style que son premier album en solo et minimaliste, 90 minutes (dont vous devinerez le thème sans qu’on vous le souffle),s (gros making-of comme on les aime sur le site de l’auteur).

C’est de la BD comme on n’aurait pas pu en faire il y a vingt ans, le pendant d’Aardman mais en BD, et ça rend cette farce très dynamique. D’autant que le redoutable Le Gouëfflec fait moins compliqué que dans le formidable Mondo Reverso mais a toujours l’art des situations inexplicables et inextricables. Bien dans la veine de Fluide Glacial. Un bon moment, comique et caustique.

 

 

 

 

© Le Gouëfflec/Grossetête chez Fluide Glacial

 

 

Alexis Seny

 

Titre : Michel French Lover

Récit complet

Scénario : Arnaud Le Gouëfflec

Dessin et couleurs : Yannick Grossetête (Page Fb)

Genre : Fantastique, Humour

Éditeur : Fluide Glacial

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€



Publié le 21/06/2018.


Source : Bd-best


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