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Guantanamo Kid : This is not América !

C'est l'histoire d'un jeune garçon qui se rêve un avenir meilleur et quitte l'Arabie Saoudite pour étudier l'anglais et l'informatique au Pakistan. Deux mois après son arrivée, c'est le 11 septembre 2001. Au mauvais endroit au mauvais moment, le jeune adolescent est vendu par les services secrets pakistanais aux Américains, au prétexte qu'il appartiendrait à Al-Qaïda. C'est une descente aux enfers qui le mène à Guantánamo, au camp X-Ray puis au camp Delta, où il va vitre la routine des tortures, des interrogatoires incessants et vains. Une histoire vraie.

 

 

 

 

 

 

 

© Tubiana / Franc  Dargaud.

 

 



Été 2001, Mohammed El-Gorani, un jeune Saoudien de quatorze ans décide de quitter sa famille en Arabie Saoudite  pour entreprendre des études de réparateur matériel informatique au Pakistan. Alors qu’il est présent depuis quelques jours, les attentats du 11 septembre 2001 contre les deux tours du WTC font à peu près trois mille victimes à New-York. Considéré comme une déclaration de guerre aux États-Unis, le gouvernement US va entreprendre une croisade contre le terrorisme international sur l’ensemble de la planète.

 

 

 

 

© Tubiana / Franc  Dargaud.

 

 

 

Dans cette optique, plusieurs arrestations de masses eurent lieu dans différents pays orientaux. Les prisonniers furent envoyés sur la base militaire de Guantánamo, un camp de détention créé par les Etats-Unis sur l’île de Cuba. Cette particularité géographique (emplacement non soumis aux lois fédérales US) aura pour répercussion des comportements barbares (torture) utilisés par une nation se défendant d’être respectueuse des droits de l’homme.
Arrêté par les autorités Pakistanaises, Mohammed fut vendu au gouvernement américain contre la somme de 5000 $. Incarcéré dans différentes prisons dont Kandahar (Afghanistan), il sera transféré à Guantánamo où il restera prisonnier pendant près de huit ans. Ce sont les conditions de détention du jeune homme face à ses gardiens décrites dans ce livre.

 

 

 

 

© Tubiana / Franc  Dargaud.

 

 

 

Le scénariste (Jérôme Tubiana) a rencontré à de nombreuses reprises Mohammed pour retranscrire cette histoire. Alexandre Franc (dessinateur) illustre en noir et blanc les mésaventures connues par Mohamed en alternant entre styles fictifs de l’histoire et documentaire.

 

 

 

 

© Tubiana / Franc  Dargaud.

 

 

 

Le récit nous fait prendre conscience de l’horreur des moyens utilisés par les geôliers afin de faire avouer aux détenus de Guantánamo leur allégeance à Al-Qaïda. Sans s’intéresser à la culpabilité des prisonniers, il nous montre la solidarité commune entre détenus.  Alors que l’on aurait pu croire que la libération de Mohamed les choses allait s’apaiser, ce dernier reste sous  surveillance constante effectuée par les États-Unis. Il vit désormais caché avec sa famille. Aujourd’hui (janvier 18), Guantánamo reste ouverte pour une population de 41 détenus.

Nb : les lecteurs trouveront en fin d’ouvrage, une série de documents officiels ainsi que des détails sur la vie de Mohammed après sa libération de Guantánamo.

 

Haubruge Alain.

 

One Shot : Guantanamo Kid.

Scénario : Jérôme Tubiana.

Dessin : Alexandre Franc.

Genre : Histoire – Biographie.

Éditeur : Dargaud.

Nbre de pages : 172.

EAN : 9782205077681

Prix : 19.99 €



Publié le 28/03/2018.


Source : Bd-best


Écorchant notre coeur de lecteur tout en y mettant du baume, les enfants de la résistance n’ont pas fini de nous épater

Pas plus haut que trois pommes, c’est vite dit, mais imaginez que des mômes de cette taille fassent force commune, de quoi donner un grand pommier fragile de ses racines encore juvéniles mais téméraire pour rester solide lorsque ces branches se prennent dans le vent mauvais de l’histoire. Des pommes plus des pommes, pourvu qu’elles soient belles face à celles qui seront pourries, ça donne quelque chose de fort même quand l’adversité part dans l’escalade. Et Vincent Dugomier et Benoît Ers font plus que tenir bon, du côté des Enfants de la résistance.


Résumé de l’éditeur : François, Lisa et Eusèbe ont accompli la plus grande victoire du « LYNX » en détruisant l’usine de recyclage de cuivre. Mais leur contact avec la résistance est abattu, et l’heure est plus grave que jamais. Ils doivent maintenir le réseau qu’il a mis en place, et surtout le développer en assurant le bon acheminement d’un émetteur-récepteur, lequel leur permettrait de communiquer avec Londres !

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Si, à l’instar d’un petit village gaulois, François, Lisa et Eusèbe résistent encore et toujours à l’envahisseur, celui-ci s’est taillé une redoutable place à Guerchin, Pontain l’écluse, comme ailleurs. Et les bons héros sont rarement irréductibles, encore moins dans les tourments de cette guerre qui force les plus faibles d’esprit à vendre leur voisin, leur copain. Les petits papiers circulent. Ceux qui organisent la résistance. Ceux qui fricotent avec l’occupant… et les fonctionnaires français qui se sont pliés à leur programme.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

La chasse aux Juifs continue charriant expositions et campagnes de manipulations mais aussi arrestations brusques et brutes. Cette fois, le notaire et sa famille sont pris dans la tourmente, bien aidés par un corbeau jaloux aux précédés peu reluisants. Aberrant pour le trio de jeunes héros qui ne peut rien y faire mais continue de plus belle à relever la tête et à risquer leur peau pour des forces invisibles aux actions pourtant concrètes. Jusqu’à ce qu’ils se retrouvent face au terrible Pégase.

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

De la neige, de la verdure, des paysages champêtres et des petits chemins de campagne. Qu’est-ce que c’est beau sous le talent de Benoît Ers. D’ailleurs, si, avec Vincent Dugomier, ils ne faisaient pas autant peser la guerre et sa foudre, sans doute prendrait-on le temps de s’y balader, en toute insouciance. Sauf que là, ce mot-là, les mois passés comme passent des décennies ont pris le temps de l’effacer, de le bannir.

La joie de vivre ne se vit plus que par des maigres soubresauts (un bonhomme de neige qui se paye la tête et la moustache d’Hitler, par exemple) et il n’y a plus beaucoup de place pour l’insouciance. L’écho de la rafle du Vél d’hiv parvient à nos héros ainsi que d’autres horreurs. Les deux auteurs ne relâchent pas la tension, ils l’amplifient, attisant le climat de méfiance et d’incertitude mais promulguant la nécessité d’agir pour ne pas reculer sous les coups de sape de l’oppresseur.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Toujours aussi formidablement documenté (les affiches visant à monter la population contre les Juifs font toujours autant froid dans le dos), ce quatrième opus continue de refaire l’Histoire connue et reconnue, à l’échelle de ces mini-héros et de leurs actes valeureux et risqués. D’épisode en épisode, favorisant les rencontres et les échanges pour ouvrir l’esprit (qui, dans ce climat, pourrait vite être borné) de ces enfants héroïques… et celui, des nôtres, en 2018. Les dessins, portés par les couleurs si habiles à nous mettre dans l’atmosphère, nous rappellent magnifiquement que les jours noirs coulent des jours malheureux dans une neige douce, dans une verdure luxuriante ou sous un ciel bleu. Écorchant le coeur tout en y mettant du baume, car tout n’est pas désespéré et c’est la plus grande force du tandem. Le travail abattu est remarquable, tant dans la représentation que dans la fluidité et la vulgarisation de cette période qu’on voudrait oublier mais dont on doit perpétuer le souvenir et les leçons. Les deux auteurs sont au sommet de leur art et qu’est-ce qu’ils nous sont précieux !

 

Alexis Seny

 

Série : Les enfants de la résistance

Tome : 4 – L’escalade

Scénario : Vincent Dugomier

Dessin et couleurs : Benoît Ers

Genre : Histoire, Aventure, Drame

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48 (+ 8 pages de dossier documentaire)

Prix : 10,95€



Publié le 27/03/2018.


Source : Bd-best


Des amis, des amours, une lettre.  A la lettre près

   « - C’est très étrange de te revoir, surtout ici ! ça remonte à combien de temps, déjà ?

-          Ça doit bien faire une dizaine d’années, j’imagine.

-          La dernière fois, c’était pas très glorieux, si je me souviens bien.

-          Tu te souviens assez bien.

-          Sinon, tu bosses toujours pour cette boîte, là, je sais plus…

-          Ecoute, pour la dernière fois j’ai vraiment été le roi des cons, j’aurais jamais dû partir comme ça…

-          Laisse tomber, ça n’a plus aucune importance. »

 

Oh, que si, pour Patrick, ça en a beaucoup. Ce n’est peut-être pas l’avis de Lorena, mais il y tient.

Il y a vingt-trois ans, Patrick a écrit à l’adulte qu’il serait plus tard. Tête en l’air, il chercha à qui confier cette lettre car il craignait de la perdre. Il trouva sa factrice en la personne de Lorena, sa petite amie de l’époque. Mais après tout ce temps et des chemins qui se sont séparés, ils ont des choses à se dire. Patrick est-il devenu celui qu’il aurait voulu ou celui en qui il redoutait de se muer ?

 

 

 

 

© Pomès – Glénat

 

 

 

 

 

Le scénario d’A la lettre est conçu à l’envers. Chaque chapitre, dont l’en-tête est un extrait de la lettre de Patrick, raconte un pan de sa vie. Au fil des séquences, on comprend comment l’homme en est arrivé là.

 

Cyrille Pomès signe un scénario intelligent, émouvant, audacieux dans sa narration non linéaire. Les bonds en arrière dans la vie de Patrick font l’effet d’un film que l’on regarde en commençant par la fin. C’est avec cet artifice qu’elle trouve tout son sel. Une fois l’album terminé, il est intéressant de le laisser reposer et de le relire en commençant les chapitres par le dernier pour en découvrir une deuxième version. Comme si dans l’une, on suivait le Patrick de 40 ans, et dans l’autre celui de 17 ans.

 

 

 

© Pomès – Glénat

 

 

 

 

 

Le trait fusain de Pomès, avec des couleurs dans des tons gris-verts, laisse penser que Patrick n’a pas installé sa vie et ne le fera jamais. Comme s’il ne voulait pas s’enfermer définitivement dans une relation, ou mieux, comme s’il pensait pouvoir un jour gommer des choses qu’il voudrait changer.

 

Cette histoire publiée une première fois en 2005 chez Albin Michel a valu à son auteur une place dans la sélection officielle du festival d’Angoulême. Aujourd’hui rééditée chez Glénat dans la collection 1000 feuilles, une deuxième chance s’offre à elle. Pourtant ce nouveau départ souffre d’un double handicap. D’une part, la collection 1000 feuilles, qui aurait pu être le pendant d’Aire Libre chez Dupuis ou de Signé au Lombard n’est pas du tout clairement identifié. D’autre part, la couverture de l’album est ratée. Pour ces deux raisons, il est regrettable que l’éditeur n’est pas fait correctement son travail. Le choix d’une couverture est un travail d’équipe et doit inciter le lecteur à ouvrir l’album. Le visage en gros plan est un dessin réussi. Là n’est pas la question. Mais il ne provoque pas de questionnement, pas de curiosité à entrer dans la lecture. Il est frustrant et énervant que des histoires ratent leur public à cause de décisions mal-à-propos. Bref, heureusement qu’il reste des chroniques pour rattraper le coup.

 

A la lettre près est le roman d’un homme faisant le point au cœur de sa vie, un constat du temps qui passe et qui joue avec les sentiments.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : A la lettre près

Collection : 1000 feuilles

Genre : Chronique de vie

Scénario & Dessins : Pomès

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 80

Prix : 15,50 €

ISBN : 9782344026861



Publié le 27/03/2018.


Source : Bd-best


Bob et Bobette croise Hibernatus et Retour vers le futur dans un mélange détonnant et délirant qui leur rend leur prestige

Après Spirou, Mickey et à l’instar de bien des super-héros de comics, Bob et Bobette (ou Suske et Wiske, si vous êtes de l’autre côté de la frontière linguistique) s’offrent d’autres regards dans une collection « vu par », associant un scénariste avec un dessinateur pour attirer les deux personnages de Willy Vandersteen (et de son studio) à eux, dans des histoires plus personnelles. Sans les dénaturer ? C’est là tout le défi, amplement réussi par Yann et Gerben Valkema (qui avait un coup d’avance puisqu’il avait déjà dessiné un Bob et Bobette, inédit en français) qui lance la série en fanfare et en préhistoire.

 

 

 

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

 

Résumé de l’éditeur : Jérôme et Lambique apprennent qu’au début du siècle dernier, une expédition a découvert un homme de Cro-Magnon dans les glaciers de l’Himalaya. Le bloc de glace contenant le représentant de nos ancêtres a été entreposé dans un congélateur de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Bruxelles et… oublié. Incapable de maîtriser sa curiosité, Jérôme part à la recherche de son contemporain congelé. Nos amis retrouvent le bloc de glace mais celui-ci est en train de fondre et l’homme de Cro-Magnon ressuscite en leur réservant une fameuse surprise !

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

 

La métaphore était tentante, Yann et Gerben Valkema l’ont appliquée avec brio : ils ont brisé la glace qui emprisonnait les héros monolithiques, coulés dans un bronze immuable, pour les ramener, non pas à la vie, mais à la modernité, tout en repartant de plus belle vers leur préhistoire. Bob est devenu un indécrottable geek et gamer qui voit des na… zombies partout, Sidonie fait sa permanente sans décrocher de son feuilleton abrutissant, Lambique et Jérôme dissertent autour d’une pas si bonne trappiste et même Fanfreluche a perdu des couleurs.

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

Il est loin le bon temps des grandes aventures juteuses et verbeuses, elles se vivent désormais dans le salon ou, allez, dans le pâté de maison. Il n’y a plus rien à faire. À moins qu’une coupure d’un journal de 1966 (vous savez, ces vieux journaux qu’on étale sur les carreaux des bâtiments en rénovation) relance la machine et répande le feu sacré de l’action pour allumer la mèche et tout dynamiter.

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

 

Dynamite, c’est le mot. Car Yann et Gerben ne regardent pas en arrière et foncent dans le sillage d’un Jérôme en forme olympique. Enfin, s’ils ne se retournent pas pour faire cet album à leur mode (et le sortir du carcan rouge auquel on est si habitué quand on lit un Bob & Bobette), les deux auteurs s’encombrent quand même du passé pour prolonger l’intrigue  laissée en vrac par Vandersteen lui-même dans Les mousquetaires endiablés et qui scellait l’amitié de nos deux héros avec Jérôme tout en levant le voile sur ses origines préhistoriques. Les deux prolongent donc le plaisir mais conjuguent au présent leurs héros d’un jour.

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

 

On a parlé de la jeu-vidéophilie de Bob mais ce qui va remettre la joyeuse bande en selle n’est autre que l’imbroglio que peuvent générer les autorités wallonnes et flamandes (et bruxelloises) quand elles doivent (ou pas) s’entendre. Au grand dam, donc, de cet homme préhistorique qui attend son heure qui sonnera le glas de la glace qui l’emprisonne. Caustiquement et par Lambique interposé, Yann nous propose une savoureuse vision de son expérience de la Belgique et de ses conflits linguistiques, lui qui est Marseillais devenu Brusseleir.

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

 

Pour le reste, refusant de considérer Bob et Bobette comme seuls au monde, les deux auteurs usent de caricatures et de références pour les faire côtoyer quelques autres héros de BD bien belges et les attirer, grâce à Barabas fidèle au rendez-vous, dans une sorte d’Hibernatus qui aurait trouvé la voie de Retour vers le futur… ou vers le passé, à la rencontre de leurs lointains aïeux (face auxquels, pour la petite frustration du lecteur que nous sommes, ils n’auront aucun problème de communication).

 

 

 

 

© Yann/Valkema/Dekkers aux Éditions Standaard

 

Et, pour le coup, tout ça est enlevé, survitaminé, porté par une adrénaline sans faille et survoltée… et ce, même si c’est une coupure de courant qui va réveiller (et révéler?) tout ce beau monde, plus expressif que jamais, Gerben Valkema ayant cassé le moule du mimétisme pour apposer sa marque. On en sort réconciliés avec ce binôme qui avait pris des allures assez pathétiques, ces dernières années. Cromignonne et Croexcitant !

 

Alexis Seny

 

Série : Bob et Bobette par…

Titre : Cromignonne

D’après les personnages de Willy Vandersteen

Scénario : Yann

Dessin : Gerben Valkema

Couleurs : Marloes Dekkers et Gerben Valkema

Genre : Humour, Aventure, Fantastique

Éditeur : Éditions Standaard

Nbre de pages : 48

Prix : 9,99€



Publié le 26/03/2018.


Source : Bd-best


Le rapt du siècle.  Vies volées, Buenos Aires Place de Mai

         « - J’y ai encore réfléchi. Je crois qu’il faut que j’aille leur parler. Je dois tirer cette histoire au clair.

-          Tu ne vas pas recommencer avec ça, si ?

-          J’y pense tout le temps, tu sais ? Ça m’obsède. J’ai besoin de savoir, d’en avoir le cœur net. 

-          Alors, fais quelque chose, que veux-tu que je te dise ? Mieux vaut agir que continuer à te torturer comme ça. Tu sais que tes parents risquent de très mal le prendre ? Tu te sens prêt ?

-          Vous savez qu’on ne fait le test que lorsqu’on a de sérieux doutes. Est-ce que c’est votre cas ?

-          Je crois. Il y a des choses qui ne vont pas. Je ne ressemble pas du tout à mes parents. »

 

Mario, la vingtaine, a des doutes sur ses origines. Il se rend donc Plaza de Mayor pour rencontrer les abuelas, les grands-mères, qui aident les enfants adoptés à retrouver leurs origines. Mais ces bambins argentins se sont retrouvés dans cette situation de façon atypique. Entre 1976 et 1983, la dictature argentine les a arrachés à leurs familles opposantes pour les confier à des gens plus dociles. Mario entraîne son copain Santiago dans sa quête. Les deux jeunes hommes vont passer des tests ADN, première étape de la recherche. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.

 

 

 

© Goust, Matz – Rue de Sèvres

 

 

 

 

 

Matz aborde un sujet peu connu des lecteurs européens. Il présente un témoignage argentin historique, montrant ainsi les affres silencieuses de la dictature. Les conséquences de ce scandale sont ressenties des années plus tard par ces jeunes en quête de leur véritable identité. Le scénariste pénètre au cœur des âmes et présente les différents cas de figures qui peuvent se présenter pour tous ceux qui veulent savoir. Sans concession, il n’épargne rien à ses personnages. L’avenir et les réponses, ou pas, ne sont pas toujours simples. Il peut arriver à certains de rester encore dans le tunnel de l’inconnu, voire pire, de ne pas réussir à en sortir.

 

 

 

© Goust, Matz – Rue de Sèvres

 

 

 

 

 

Le trait de Mayalen Goust, c’est la délicatesse même. Dans des couleurs pastels, elle cherche à aider Mario, Santiago ou encore Victoria. Son dessin les porte dans leur quête. Disposées en aplats pour les personnages en général, les couleurs se muent en hachures pour des décors tranchants, symbolisant le fouillis du monde dans lequel ils réalisent n’être que des marionnettes.

 

            Rarement symbiose n’a été autant ressentie entre des auteurs et les acteurs de leur récit que dans ces Vies volées. C’est un peu comme si Matz et Mayalen Goust avaient tout fait pour offrir le meilleur destin à tous, mais que malheureusement ils n’y étaient pas arrivés…tout simplement parce que l’on peut raconter l’Histoire mais pas la détourner de son cours.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Vies volées, Buenos Aires Place de Mai

Genre : Chronique historique contemporaine

Scénario : Matz

Dessins & Couleurs : Goust

Éditeur : Rue de Sèvres

Nombre de pages : 80

Prix : 15 €

ISBN : 9782369813958

 



Publié le 26/03/2018.


Source : Bd-best


Avec Myth, le monde de l’héroïc fantasy à tendance orcs et gobelins a son Ethan Hunt !

On vous l’a déjà dit (et même redit), les histoires se suivent, à cadence infernale, mais ne se ressemblent absolument pas dans l’univers des Elfes, Nains, Orcs & Gobelins. On ne prend pas les mêmes et on ne recommence pas tout à fait. Dans un univers qui, s’il est commun, est un parfait terreau pour faire germer des objectifs personnels, des enjeux de vie et de mort qu’ils soient consciemment voulus ou subordonnés par une éminence supérieure. C’est ainsi que Myth, le Gobelin va être entraîné dans une mission impossible.

À lire aussi | En terres d’Arran, Elfes, Nains et désormais Orcs et Gobelins s’étripaillent joyeusement (ou pas) mais offrent un équilibre entre justesse et pur divertissement

 

 

 

 

 

 

 

© Sylvain Cordurié/Giovanni Lorusso

 

Résumé de l’éditeur : Myth est un voleur gobelin très doué. C’est aussi un incurable vantard partageant son temps entre la cambriole et la fuite incessante. Quand il fait escale à Scarande, des mercenaires le mettent à l’épreuve pour tester ses compétences. Un mystérieux assassin veut lui confier une mission suicide : voler le joyau de Raal’yn, un vieil elfe noir qui réside dans la citadelle de Slurce. Une réponse négative s’impose mais ce client, diablement efficace pour massacrer son prochain, menace sa vie, difficile de dire non…

 

 

 

 

© Cordurié/Lorusso/Digikore chez Soleil

 

Avec ses moyens du bord, Myth est un peu le Ethan Hunt tout vert de ce monde médiéval d’héroïc fantasy. Myth, c’est un as de la cambriole, un voleur d’envergure dont le talent tient notamment dans le fait qu’il est un… rochassier : à l’instar de Spiderman, il peut tenir sur un plan vertical et marcher sur les murs. Ce talent, allié à un sens de la réactivité aiguisée, fait de lui un redoutable malfrat, insaisissable et terreur des citadelles les plus imprenables. Sauf celle de Slurce, un palais vertigineux qui peut certes nourrir des ambitions qu’il faudrait d’emblée regretter : tenter de s’immiscer dans cet édifice du diable avec de mauvaises intentions serait, dans le meilleur des cas, du suicide et, dans le pire des cas, une mortelle inconscience. Mais Myth n’a pas le choix et doit, s’il ne veut pas de toute façon perdre la tête, s’immiscer dans le repère de cet elfe noir surpuissant qu’est Raal’yn, déjouer ses garnisons et ne pas se faire roussir à point par les dragons gardés dans cette forteresse.

 

 

 

 

© Cordurié/Lorusso/Digikore chez Soleil

 

Comme dans le précédent opus (le premier de la série), c’est un formidable labyrinthe rempli de pièges et grandeur nature que s’offrent Sylvain Cordurié et Giovanni Lorusso comme terrain de jeu. Un jeu quitte ou double dans lequel les combats s’enchaînent, le sang coule sans faiblir et la pluie ne cessera de rendre le terrain glissant face au feu (et sa puissance) qui gronde intra-muros. Jouant du rapport entre le chaud et le froid, les deux auteurs livrent un blockbuster explosif et exécuté avec ce qu’il faut de tripes pour nous couper le souffle.

 

Alexis Seny

 

Série : Orcs et gobelins

Tome : 2 – Myth

Scénario : Sylvain Cordurié

Dessin : Giovanni Lorusso

Couleurs : Digikore Studios

Genre : Heroic Fantasy

Éditeur : Soleil

Collection : Heroic Fantasy

Nbre de pages : 54

Prix : 14,95€



Publié le 23/03/2018.


Source : Bd-best


Boucq seul dans les plaines du Far West. Acte 2  Bouncer 11 – L’échine du dragon

            « - Si le reste du parcours est aussi accidenté, je ne suis pas sûr qu’on puisse traîner longtemps ce chariot et son chargement.

-          De quel chargement parles-tu ? J’espère que tu ne manquerais pas de respect à notre chère comtesse ?! Ecoute-moi bien, fils de pute !... On fait exactement comme j’ai dit. La comtesse et moi avons passé un accord et je compte l’honorer… »

 

El Cuchillo n’a pas l’intention d’abandonner sa chasse au trésor. Grâce au plan tatoué sur le crâne de Panchita, il compte bien mettre la main sur le magot qui lui permettra d’embarquer pour l’Europe et de fréquenter les cours les plus prestigieuses. Et il a bien l’intention d’écraser tous ceux qui auront le tort de se mettre au travers de son chemin. Bouncer, tiens-le-toi pour dit ! Mais trimballer une comtesse obèse dans des paysages escarpés avec un manchot et sa troupe aux basques est loin d’être chose aisée.

 

 

 

 

© Boucq, Boucq - Glénat

 

 

 

 

 

            L’échine du dragon est une montagne de pierre au creux de laquelle un canyon mène à un désert de sable. Alors qu’on croyait qu’El Cuchillo serait le plus terrible ennemi que pourrait avoir à affronter le Bouncer, tous vont se retrouver face à une menace bien plus dangereuse, impitoyable, cruelle et barbare. Boucq n’a pas besoin de Jodorowsky pour dépasser les limites de l’horreur.

 

 

 

© Boucq, Boucq - Glénat

 

 

 

 

 

Le dessinateur confirme le coup d’essai du premier épisode de ce diptyque. Il maîtrise son sujet de A à Z, même si, car il y a un mais, Boucq semble avoir manqué un poil de matière pour boucler son histoire avec le nombre de planches voulu. Succession de petits rebondissements, la dernière partie de l’histoire est dispensable, au moins sous la forme qu’elle prend. Mais ne chipotons pas. Plus l’auteur est grand, plus on est exigeant. L’ensemble reste d’excellente facture.

 

            Bien qu’appartenant à deux éditeurs différents, on rêve à présent de ce que pourrait donner un cross over entre les deux meilleures séries westerns du moment : Bouncer et Undertaker.

 

Laurent Lafourcade

 

Série :Bouncer

Titre : 11 – L’échine du dragon

Collection : Grafica

Genre : Western

Scénario & Dessins : Boucq

Couleurs : Boucq & Boucq

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 82

Prix : 18 €

ISBN : 9782344027721



Publié le 23/03/2018.


Source : Bd-best


Zarla, l’héroïc-fantasy en format XXS et rouge de colère, poutre toujours autant !

Cinq (pas si) petits tours et puis s’en va. C’est clair, elle était impitoyable, Zarla, pour nous laisser en plan comme ça, alors qu’on l’aurait bien vu continuer un peu à défoncer des brigands lorsque la colère l’aveugle. La vie en a voulu autrement non sans un dernier coup d’épée : une intégrale des cinq albums concoctés par Janssens, Guilhem et Cesano vient de sortir.

 

 

 

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Résumé de l’éditeur : Zarla est la fille de deux redoutables chasseurs de dragons mystérieusement disparus. Cette adorable gamine tient à se montrer digne de ses valeureux parents et se lance dans toutes sortes de défis. Mais elle ne sait pas que c’est son vieux chien Hydromel qui combat à sa place. Elle ignore sa face cachée de bull-guerrier (mi-chien, mi-guerrier) doué d’une force et d’une science des armes prodigieuses.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

À bien y réfléchir, Zarla et son chien Hydromel, c’est un peu la variante héroïc-fantasy de ce que Godard et Blesteau imaginaient avec Toupet, le bébé casse-cou, qui évoluait sous le regard bienfaisant et salvateur (parfois) du boxer Binette. Le boxer, chien de famille par excellence, constamment joueur, brute, impétueux aussi, constamment adorable (et généreux en bave, aussi).

 

 

 

 

© Godard/Blesteau chez Dupuis

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Hasard ou hommage appuyé à la série à quatre pattes de leurs prédécesseurs, c’est un peu le même duo qu’ont repris à leur compte Janssens et Guilhem même si Zarla marche (et même plutôt vite, une vraie pile électrique) et peut porter une armure et un glaive sans problème et que la quiétude du boxer est réveillée par un pouvoir ancestral : celui des bull-guerriers, capable de faire jaillir la tempête des eaux calmes et paresseuses qui semblent bercer Hydromel et de le transformer en combattant rouge de colère. Et ce, dès que Zarla, petite orpheline mais pas en manque d’aventures, est en danger.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Une amulette reçue de ses parents lui permet ainsi d’être connectée à cet ange gardien et canin dont elle ignore tout de la férocité. Si bien qu’Hydromel doit toujours veiller à intervenir (au risque de ne pas le pouvoir) quand Zarla ne se doute de rien et croit qu’elle réalise elle-même ces exploits sanguinaires qui terrassent les ennemis, même les plus accomplis. Tout le piment et le ressort gag-dramatique sont là, aidés par un univers médiéval et fantastique dans lequel les challenges sont à portée d’épée.

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Si on a parlé de Toupet, dont l’influence (si tant est qu’il y en ait une) est sans doute inconscience, les deux auteurs ne peuvent nier qu’ils ont beaucoup lu Goscinny, Uderzo et Astérix (comme d’autres, regardez Munuera) et c’est loin d’être un reproche. Que du contraire. Quitte à être influencé, autant l’être par des génies.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Et le duo Janssens-Guilhem semble, en particulier, avoir adoré les scènes de baston entre les deux Gaulois et les pirates. Au point d’en faire un runninggag forestier à chaque fois que le meilleur ami de l’héroïne et celle-ci croisent des brigands. Mais aussi de faire intervenir en Molfrig, le mercenaire borgne et peu scrupuleux, qui a tout du parfait héritier de Barbe-Rouge. Et tant qu’à parler de marins, n’ayons pas peur de retrouver un peu de Haddock dans les jurons de cette petite fille aux limites du syndrome de Gilles de la Tourette, sous les yeux ébahis de son grand-père infirme et de sa nourrice de géante.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Au-delà de ces clins d’yeux maîtrisés pour ne pas phagocyter ce qui se passe autour d’eux (et il s’en passe des choses), les auteurs sont suffisamment solidaires que pour poser les pierres d’un style bien à eux. Bien avant que Les trois fantômes de Tesla nous explose magnifiquement à la figure, le trop rare Guilhem montrait toute l’étendue de son talent dans ces péripéties énergiques, bourrées d’humour graphique (pas si loin de Tex Avery) et d’un bestiaire faramineux (apprenez-vous à vous méfier, il n’est pas si sûr que les petites bêtes ne mangeront pas les grosses) aussi hilarant qu’effrayant et redoutable.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

En cinq tomes (un triptyque des « origines » avec peut-être quelques longueurs et deux tomes plus indépendants plus page-turners), sous les couleurs lumineuses d’Angélique Cesano, Janssens et Guilhem marquaient l’heroic-fantasy de leurs poings et de sujets toujours actuels (que le dernier tome, dont le sujet n’est autre que la haine et l’exil de l’étranger, poussait à son paroxysme) et inventaient une grammaire.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem/Cesano chez Dupuis

 

Bref, voilà un univers qui nous a bien manqués avant que cette intégrale ne vienne réveiller quelques souvenirs de grande aventure taille XXS et même Z tout en ravivant des questions auxquelles on n’aura jamais la réponse, et il faudra s’en contenter ou leur donner voie dans les aventures de Zarla que nous nous inventerons seul dans notre coin. N’empêche qu’est-ce que c’était bien et ça poutre toujours autant.

 

 

 

 

© Janssens/Guilhem

 

Ah oui, encore une chose, pour ceux qui auraient loupé des épisodes, un dossier d’Arnaud Hilmarcher encadre cette intégrale en reprenant la genèse de ce projet et quelques dessins et planches parus dans Spirou.

 

Alexis Seny

 

Série : Zarla

L’intégrale impitoyable

Scénario  : Janssens

Dessin : Guilhem

Couleurs : Angélique Cesano

Genre: Héroïc Fantasy, Aventure, Humour

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 272

Prix: 28€



Publié le 22/03/2018.


Source : Bd-best


Humeurs et horreurs, pas d’erreur, c’est Donald.  Trump en 100 tweets

  « Désolé, losers et haineux, mais mon Q.I. est un des plus élevés – et vous le savez tous ! Ne vous sentez ni bêtes, ni déstabilisés, je vous prie, ce n’est pas de votre faute ! 

Quand quelqu’un vous provoque injustement, répliquez toujours – soyez brutal, dur – ne vous laissez pas faire. L’important, c’est toujours de GAGNER ! »

 

Top ! Qui suis-je ? Je suis né le 14 juin 1946 à New-York. Je suis un homme d’affaires. J’ai été animateur de télévision avant de devenir président des Etats-Unis le 20 janvier 2017. J’ai un globe à ne pas passer les portes. Il paraît que j’ai une moumoute mais je soutiens que non. A travers ce livre de tweets, mes auteurs montrent que je suis aussi bête que méchant. Je suis… Je suis….

            Donald Trump ! Bravo !

 

 

 

 

 

 

© Boucq, Duhamel - i-éditions

 

 

 

 

            Ce grand écrivain, génie du tweet, voit son œuvre compilée dans ce recueil. Mais, dès le départ, les auteurs nous invitent à jouer. En effet, un soi-disant mauvais plaisant aurait mêlé quelques faux tweets aux vrais. Aux lecteurs de les dénicher. Nous vous prévenons tout de suite, le jeu est extrêmement difficile tellement l’ensemble est surréaliste, affligeant, consternant, et donc drôle… ou pas.

 

 

 

 

© Boucq, Duhamel - i-éditions

 

 

 

            On peut considérer ce livre de deux manières différentes : une comédie ou un drame, un ensemble de citations et aphorismes drôles ou un regroupement pathétique de déclarations, humour ou horreur. Les sentences de Donald Trump amusent autant qu’elles font froid dans le dos quand on pense qu’il s’agit de paroles sorties de la bouche, ou plutôt du smartphone, de l’homme qui dirige la première puissance mondiale.

 

 

 

© Boucq, Duhamel - i-éditions

 

 

 

 

            François Boucq est décidément sur tous les fronts en ce moment. Cet opuscule fait office de récréation pour lui. Il transforme Trump en un personnage qui pourrait très naturellement intégrer l’univers de Jérôme Moucherot. Ce dernier fait d’ailleurs de la figuration dans cet ouvrage. Boucq dessine le président des Etats-Unis en pantin ridicule, en benêt lamentable, utilisant simplement le miroir des médias.

 

            Avec Trump, la réalité dépasse la fiction. On attend maintenant ses 100 tweets suivants, à moins que les auteurs ne dégottent ceux de Kim Jong-un.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : Trump en 100 tweets

Genre : Comédie réaliste

Sélection : Duhamel

Dessins : Boucq

Éditeur : i-éditions

Nombre de pages : 128

Prix : 9,50 €

ISBN : 9782376500209



Publié le 22/03/2018.


Source : Bd-best


Entrez dans la danse, la mort est dans la favela.  Rio 3- Carnaval sauvage

« - Ta mère était une grande médium, très respectée, très crainte dans la communauté… Elle était presque intouchable.

-          Pourtant on l’a assassinée et Nina aussi. Et moi je suis condamné à rester seul.

-          Ton existence et celle de ta sœur n’ont pas de secrets pour moi. Je sais les drames que tu as traversés… Mais Dieu ne dort jamais et alors qu’on pense que c’est la fin, un nouveau cycle advient. Tu sais, l’esprit de ta mère me visite parfois… Il m’a prévenue de ton retour dans notre favela.

-          Pourra-t-il me parler ce soir ?

-          Chut ! ça y est, il arrive… On va pouvoir commencer… »

 

Nina White est décédée depuis plus d’un mois. Rubeus a perdu sa sœur, assassinée, comme leur mère Alma. Par le biais de Capitu et de ses incantations, Alma réclame vengeance à son fils. Mais l’oracle joue-t-elle franc jeu ? A la favela Beija Flor, entre bandes rivales et policiers véreux, un carnaval de sang se prépare.

 

 

 

© Rouge, Garcia - Glénat

 

 

 

 

 

Corentin Rouge s’inscrit dans la plus pure tradition des descendants évidemment de son père (souvenez-vous des Ecluses du ciel et de la reprise de Comanche), mais aussi de Vance, Wilson et consorts. Avec Rio, il a trouvé une série au décor original, se détachant ainsi des classiques westerns et polars réalisés par les maîtres dont il suit la lignée.

 

Le scénario, réalisé par Louise Garcia et Corentin Rouge lui-même, ne fait pas dans la demi-mesure. La violence n’est pas dissimulée. On ne se voile pas la face au cœur de la favela. On y est très grossier également, parfois trop. A la lecture, ça peut devenir lourd. Mais la réalité dépasse certainement la fiction.

 

 

 

© Rouge, Garcia - Glénat

 

 

 

 

 

Un regret toutefois : le carnaval de Rio, promis dans le titre et en couverture, n’occupe que les cinq dernières des 78 planches de l’album. Elles sont si belles que l’on aurait aimé qu’elles fussent plus nombreuses. Rouge se dépasse et on n’oubliera pas de sitôt le regard de Luana au cœur de la dernière planche.

 

« Chacun pour soi » annonce un épilogue impitoyable dans le prochain album.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Rio

Titre : 3- Carnaval sauvage

Collection : Grafica

Genre : Thriller

Scénario : Garcia & Rouge

Dessins & Couleurs : Rouge

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 80

Prix : 17,50 €

ISBN : 9782344027875



Publié le 21/03/2018.


Source : Bd-best


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