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La résistance pas plus haute que trois pommes à en déplacer des ponts

C’est déjà le cinquième tome de cette série-bijou qui nous arrive entre les mains. Les enfants de la résistance de Vincent Dugomier et Benoît Ers a su mener sa barque entre didactisme et information à réflexes de fiction. Et surtout aucun compromis à l’égard de la terreur et de la violence de cette deuxième guerre mondiale qui gangrenait et divisait les pays.

 

 

 

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 



Résumé de l’éditeur : François, Lisa et Eusèbe poursuivent leur combat. Le réseau Lynx a dorénavant pour mission de protéger un « pianiste », un espion en charge de l’émetteur-récepteur qui permet à la Résistance locale de communiquer avec Londres.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Dans ce cinquième tome, Le pays divisé, le trio d’enfants a déjà perdu des plumes, des proches mais n’a jamais reculé, forçant l’admiration et le bagout lié à la jeunesse et laissant penser que rien n’est impossible.


Préparant l’arrivée d’un nouvel opérateur radio (clandestine bien sûr) tout en faisant toujours plus profil bas face à un étau allemand qui se resserre, se referme.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Peut-être moins soutenu que les précédents, ce nouvel opus laisse respirer le lecteur avant d’enchaîner sur un nouveau durcissement. Cela laisse le temps de se balader dans les cases, dans l’espace.


Outre sa beauté graphique, cet album est comme un simulateur, une manière de se retrouver 75 ans en arrière dans un décor grandeur nature, habité par la documentation riche et dingue (les affiches placardées sur les murs) et brillant par son amour pour la liberté, l’audace et la tolérance.

 

 

 

 

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

 

Alexis Seny

 

Série : Les enfants de la résistance

Tome : 5 – Le pays divisé

Scénario : Vincent Dugomier

Dessin et couleurs : Benoît Ers

Genre : Histoire, Aventure, Drame

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48 (+ 8 pages de dossier documentaire)

Prix : 10,95€



Publié le 21/02/2019.


Source : Bd-best


Leçons de vie.  Et pourtant elles dansent...

 

 

                  « - J’arrive d’abord à Saint-Malo, chez ma sœur qui est naturalisée française. Elle s’est mariée il y a longtemps et son mari est quelqu’un d’agréable. Au Cameroun ? J’ai validé mon bac plus 4, en droit des affaires… Et puis j’ai passé des concours mais il n’y avait pas de travail. Alors avec l’aide de ma famille, j’ai pu venir en France. Je me disais qu’avec mon niveau d’études, je pourrais trouver un emploi, payer des impôts… J’avais envie d’exister… Mais à l’arrivée, j’étais face à d’autres réalités. »

 

 

 

 

 

Elle sont déracinées, et pourtant elles dansent…

Elles ont tout quitté, leur pays, une partie de leur famille, et pourtant elles dansent…

On les a brisées, et pourtant elles dansent…

Certaines n’ont plus d’identité, et pourtant elles dansent…

Elles réclament le droit d’asile, et pourtant elles dansent…

 

Au sein de l’association Femmes en Luth, à Valence, des femmes immigrées venant de divers pays racontent à tour de rôles à Vincent Djinda, l’auteur, leurs parcours de vie.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

Au travers d’un album témoignage, Djinda livre de manière brute et objective les aventures, avec tout le côté tragique que ce terme pourrait avoir, de ces femmes réfugiées en France. Leurs conditions de victimes ne les empêchent pas de culpabiliser. D’Afrique ou du Kosovo, de Tchétchénie ou d’Albanie, elles ont pris le risque de tout quitter pour un El Dorado qui n’est pas aussi rose que ce qu’elles espéraient.

 

Il se dégage de leurs récits dramatiques de véritables leçons de vie. Pourquoi un beau (?) jour  ont-elles été contraintes de fuir ? Comment ont-elles décidé de ne pas baisser les bras, de se battre et d’aller de l’avant ?

 

Dans un graphisme au lavis et une uniformité de tons proche du sépia, Vincent Djinda semble mettre un filtre entre ces femmes et le lecteur. Mais il ne faut pas voir ce filtre comme une barrière. C’est une paroi poreuse qui à la fois aide à supporter les histoires violentes que l’on absorbe de plein fouet, mais aussi semble protéger les témoins face à un monde occidental qu’elles intègrent mais qui ne les accueille pas à bras ouverts.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

Dans les yeux de ces femmes, la pupille et l’iris se confondent comme dans une recherche d’identité, comme si elles attendaient que la France fasse briller leurs regards et leur redonne des couleurs pour des lendemains qui chantent.

 

Comme un rappel à l’espoir, Gift, enfant turbulent, illumine les rencontre de son sourire communicatif symbole d’avenir.

 

 

 

 

© Djinda– Des Ronds dans l’O

 

 

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » Cet extrait de Rougeur des matinaux, de René Char, chapitre un ouvrage engagé, émouvant et qui donne l’envie d’ouvrir les bras.

 

Et pourtant elles dansent… est un livre vecteur d’humanité.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Et pourtant elles dansent…

 

Genre : BD-reportage

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Djinda

 

Éditeur : Des Ronds dans l’O

 

Nombre de pages : 280

 

Prix : 28 €

 

ISBN : 9782374180403

 



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


Spirou 4219 -  20 Février 2019

 

Nelson & Floyd, la langue bien pendue !

 

            Il est de séries comme le bon vin, qui s’améliorent en vieillissant. C’est le cas de Nelson, le diablotin de plus en plus drôle. C’est à croire que l’art du strip, c’est comme le sport. Plus on s’entraîne, meilleur on est. Bravo Bertschy !

 

 

 

 

            Côté récits complets, Laudec et Cauvin nous livrent une adorable histoire émouvante de Cédric, et une nouvelle dessinatrice Arianna Rea illustre Rocky Mozart, sur un scénario du toujours excellent Makyo (que l’on aimerait lire plus souvent dans Spirou).

 

            Saluons la fin de Pebble’s Adventures. Ce petit caillou nous aura enchanté. Sa publication en deux planches hebdomadaires a rappelé le bon vieux temps où la quasi-totalité des séries étaient publiées sous ce format là, ce qui permettait de garder ses héros dans les pages du journal pendant plus de quatre mois.

 

            Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Deglin – Dupuis 

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Avant : Mumu la bâtarde

Dans les yeux de Lya : En quête de vérité

Pebble’s Adventures

Télémaque : Aux portes de l’enfer

 

 

Récits complets :

 

Cédric : Le cake

Rocky Mozart : Boxissimo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Capitaine Anchois

Cramés !

Dad

Dessous marins

Edito (L’)

Fifiches du proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Game Over

Kahl & Pörth

Katz

Macadam Valley (La pause-cartoon)

Minions (Les)

Nelson

Page 12 bis

Roger et ses humains

Tash et Trash (La pause-cartoon)

XXIème siècle est parmi nous (Le) (La pause-cartoon)

 

 

Rubriques :

 

Coin du lecteur (Le) : Bienvenue dans mon atelier ! Henriet

Interview : Bertschy

Leçon de BD (La) : Neidhardt

En direct du futur : Emile Bravo

Pic & Zou : Bat-Pic

Spirou et moi : David De Thuin

 

 

Supplément abonnés :

Autocollants : Crapule

 

 

En kiosques et librairies le 20 Février.

2,50 €

 

 

Laurent Lafourcade

 



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


Décès de Jacques Sandron

Nous vous faisons part de la disparition de Jacques Sandron.

Il est engagé en 1957 en tant qu'apprenti retoucheur à l'imprimerie des éditions Dupuis. Il s'occupe du retouchage dans les bâtiments de Marcinelle où est imprimé le Journal de Spirou depuis sa création en 1938.

Le virus de la bande dessinée l'atteint et, en 1975, il présente au rédacteur en chef une histoire qui lui est refusée. Il y fait néanmoins la connaissance de Raoul Cauvin, avec qui il crée Godaille et Godasse, une série humoristico-historique qui obtient immédiatement un grand succès dans le Journal de Spirou. Cette série paraît en albums aux éditions Dupuis.

 

 

 

 

En 1984, pour Je bouquine, il imagine avec le même scénariste les mésaventures d'un brave facteur : Raphaël et les Timbrés, une série qu'il dessinera jusqu'en 1994.

 

La rédaction remet ses condoléances à la famille et aux proches de monsieur Sandron.



Publié le 18/02/2019.


Source : Bd-best


Réédition d’un symbole d’une époque et d’un genre.  La variante du dragon

 

« - Tout ça ne me passionne pas ! Je n’ai plus envie de jouer ! J’aime bien choisir mes adversaires !

- Pas cette fois-ci ! L’échiquier est vaste : grand comme Paris ! Les pions sont de chair et d’os et le tir à balles réelles ! Dans ce jeu, reculer, c’est mourir ! Intéressons la partie !

- Disons que j’appartiendrai au vainqueur ! Une sorte de prime à la réussite ! Le marché ne vous tente pas ? »

 

 

 

 

 

  Evereste Puig, joueur blanc. Sainte-Croix, joueur noir. L’enjeu : Catherine. Depuis qu’Evereste a joué contre elle, il ne rêve que de la conquérir. Mais acoquinée à Sainte-Croix, un gnome qui veut gérer la pègre parisienne, elle lui propose une revanche dont elle serait l’enjeu. Sauf qu’à présent, pas question de cavaliers, pions, reines, tours et rois. Seuls les fous subsistent et les pièces sont humaines. Entre flics et malfrats, des putes aux immigrés, le trafic d’héroïne est le sang qui coule dans les tripots et entre les cases du plateau de jeu. Et si le chemin est barré, il va falloir avancer en diagonale.

 

 

 

 

© Golo, Frank - Revival

 

 

  Après Nestor Burma et ses enquêtes dans les quartiers de Paris, avant les films d’Olivier Marchal, leurs flics ripoux, leurs truands shootés et leurs putes indics, il y a eu La variante du dragon.

 

  Publié à la fin des années 80 dans la revue (A suivre), ce polar aujourd’hui réédité rappelle combien la revue phare des éditions Casterman a laissé un vide depuis sa disparition.

 

 

 

 

© Golo, Frank - Revival

 

 

  Golo et Frank ont débuté aux éditions du Square avec Ballades pour un voyou, puis ont fait les beaux jours des éditions Futuropolis à leurs débuts avec, entre autres, Rampeau. Puis ça a été Les noces d’Argot chez Dargaud, avant le sommet de leur collaboration avec cette variante du dragon. Un titre percutant et énigmatique, une mise en scène originale, une ambiance glauque et mystérieuse, une comédie dramatique chorale et une publication dans un journal en vogue : toutes les conditions étaient réunis pour faire de La variante du dragon un album qui allait rester dans l’histoire de la bande dessinée. Paris est un échiquier sur lequel les personnages sont les pièces du jeu dans une partie où ils doivent à tout prix éviter l’échec et mat.

 

  Golo fait partie de ces dessinateurs discrets qui, bien qu’occupant rarement le devant de la scène, ne l’a jamais quittée depuis la fin des années 70, proposant régulièrement des albums faisant preuve de grande originalité. Parmi eux, citons Mendiants et orgueilleux, ainsi que Les couleurs de l’infamie, adaptations des romans éponymes d’Albert Cossery, le diptyque Mes mille et une nuits au Caire (où l’auteur a vécu plusieurs années), B.Traven, portrait d’un anonyme célèbre, énigmatique touche-à-tout du XXème siècle, et plus récemment Istrati !, la vie passionnante de Panaït Istrati, libre penseur et écrivain roumain mort en 1935. Cette dernière histoire, parue en deux parties chez Actes Sud, en 2017 et 2018, a été saluée par la critique et a fait partie de la sélection officielle du festival d’Angoulême.

 

  Le graphisme faussement naïf de Golo montre à la fois la douleur et la malice des petites gens. Ses personnages ont des gueules de cinéma. Ils ont soufferts et les méandres de leurs vies sont marqués sur leurs visages.

 

  Frank est traducteur de romans en langue anglaise. Ses incursions dans la BD se sont faites essentiellement aux côtés de Golo et Baudouin et se sont arrêtées en 1990.

 

 

 

 

© Golo, Frank - Casterman

 

 

  Les éditions Revival ont fait un travail remarquable de numérisation des planches. L’album est agrémenté d’une préface de Julien Baudry. Un seul bémol : alors que la couverture originale est une belle composition autour de l’échiquier, celle de cette réédition est un plan qui reprend la quatrième de couverture de l’album Casterman. Accompagnée d’une maquette pas formidable, elle n’est pas du tout engageante à ouvrir l’album. Ce handicap fait que, à part les nostalgiques, peu de lecteurs pourraient avoir envie de le découvrir. Alors, lecteurs, ne vous arrêtez pas à cela. Lisez la variante du dragon, vous ne voudrez plus quitter les rues malfamées de Paris.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : La variante du dragon

 

Genre : Polar

 

Scénario : Frank

 

Dessins : Golo

 

Éditeur : Revival

 

Nombre de pages : 106

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9791096119158

 



Publié le 15/02/2019.


Source : Bd-best


Anthony Pastor s’en va en (No) War : « Le besoin d’un retour à un dessin plus fouillé, de refaire des gammes, des recherches personnelles »

No War, quelle qu’elle soit, beaucoup en rêvent dans un monde gangrené de violences en tout genre. No War, c’est le nouveau projet d’Anthony Pastor. Une série jeunesse tout en étant adulte, se situant dans un pays fictionnel mais synthétisant bien des phénomènes actuels, sur fond de mythologie et du courage adolescent. Un univers fertile, avec de quoi nourrir bien des tomes. L’auteur nous le présente.

Bonjour Anthony, vous nous revenez avec No War, une oeuvre qui sera déclinée sur le long tout. Ça amène l’espoir mais ça suppose aussi la guerre. Celle qui fleurit un peu partout depuis que le monde est monde.

Oui, il y a de ça. Mais, je voulais voir la guerre dans un ensemble plus large. Ne pas parler que d’armées. Je voulais également explorer la violence de deux parents, ceux de Run, dont les intérêts sont opposés et divergents. Bien sûr, Run préférerait qu’ils s’aiment mais la question est de savoir comment lui va se construire. Cette violence commence là et, symboliquement, elle va se reproduire à une échelle bien plus grande. À l’échelle nationale, un engrenage va se mettre en parallèle aux petites guerres auxquelles chacun est confronté, intimes et personnelles. On explore les strates.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

La guerre, c’est finalement très actuel, à plein de niveau, social, idéologique, militaire, celle que les migrants fuient, celle que mènent les gilets jaunes…

C’est vrai, c’est très en prise avec l’actualité. Probablement, si mon album arrive aujourd’hui, ce n’est pas un hasard, ça découle de ce que nous vivons au quotidien. Il y a une forme d’engagement, ce questionnement d’un pays. À partir de quel moment, celui-ci se réunit-il, dépasse-t-il sa spécificité nationale ? Si les gilets jaunes étaient arrivés avant que je fasse cet album, j’aurai peut-être écrit sur eux, d’ailleurs. Qui sait ?

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Dans les remerciements, il y en a un, précieux, pour votre fils. Il vous a aidé dans la création de cet album ?

Je travaille à la maison, donc ma famille est pas mal impliquée. Et arrive le moment où je viens de finir un projet. C’était la Vallée du diable, la question d’un troisième tome se posait. Je ne l’ai pas fait. J’ai dû chercher un autre projet. Max a onze ans et lit beaucoup et je caressais l’idée d’une série jeunesse. Je l’ai interrogé :  que voulait-il lire ? Du contemporain. Et, petit à petit, le Vukland est sorti de terre. Au fil des discussions erratiques, on en est arrivé à établir une intrigue sur des choses très basiques, en pleine vague d’attentats. Une intrigue qui mettrait en opposition ceux qui ont ou pas. La tentation était grande de parler de religion, de djihad mais je m’en suis écarté pour trouver le fond de tout ça. Tout en veillant à ce qu’il y ait de l’action.

Pour l’anecdote, après La vallée du diable, j’ai participé à une réunion avec mon éditeur durant laquelle je présentai mes projets envisageables. J’en ai toujours en stock, j’essaie d’anticiper. J’avais un one-shot polar dans les années 30-40. Moi-même, j’étais moyennement enthousiaste. Jusqu’à ce que je dise : sinon, j’ai No War. Ils m’ont dit de foncer.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Un album jeunesse, non ?

Justement, si c’était mon idée de départ, je ne veux pas que No War ne soit compris que comme étant du jeunesse, j’espère toucher un large public. Avec de la violence sous-jacente mais aussi des zones plus personnelles. J’aime l’idée de faire voyager, d’être dans le divertissement tout en faisant réfléchir. C’est chouette si mon histoire peut se prolonger dans les têtes, que son décor donne envie de se remuer.

Je n’aime pas les tiroirs, aujourd’hui, il faut se méfier des compartiments dans la littérature. J’ai mis du Akira dans les mains de mon fils. Le roman d’aventure, même à la façon de Tintin, ne compose pas avec un public particulier.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Ma BD est très connotée, on a beaucoup discuté chez mon éditeur de la façon de le mettre en avant, du produit hors-cadre.

C’est facile ou, justement, difficile, de collaborer avec un enfant ?

Les enfants, ils sont cash, ne mettent pas de gants, ni de pincettes. On peut tester nos idées avec eux mais on risque de se frotter à des « ah non, ça, c’est nul ». Ça arrive. Ce n’est pas mal pour faire des choix.

Très vite, ce début de série est devenu un challenge. Bien sûr, j’avais ce polar en projet, j’avais appris à maîtriser le genre mais ça n’aurait été qu’un bouquin de plus. Avais-je besoin de ça ? Et le public ? Je devais aller à l’essentiel. J’aime me lancer dans des projets ambitieux, avec du sens, du défi. Quelque chose qui me touche et me pousse dans mes retranchements, entre la bonne intensité à trouver et l’exigence.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Qui s’est matérialisée de quelle manière ?

Je travaille là-dessus depuis deux ans, pour pouvoir sortir deux volumes par an. J’ai crayonné la totalité des trois premiers albums, j’ai refait plein de scène. Je n’ai jamais autant travaillé sur un album. Mais je devais voir où j’allais, trier les infos dans mon écriture et ne pas me louper. Ce sont des bouquins comme ça qu’il faut faire, pas ceux dans lesquels on se plonge en pantoufles, tranquillement.

Pour celui qui passerait de La Vallée du Diable à No War, quel changement de graphisme !

L’importance, c’est le lien, ce que je raconte d’intime dans mon récit, je suis investi à 100%. Mes projets s’étalent dans le temps. En un an et demi, plein de choses s’imposent, l’écriture se met au service du propos. Y compris l’écriture graphique. Regardez Tardi, Pratt.
La vallée du diable © Anthony Pastor chez Casterman

Mon dessin, j’étais arrivé au point où je l’avais simplifié de manière un peu fabriquée. J’avais besoin d’un retour à un dessin plus fouillé, de refaire des gammes, des recherches personnelles. Et même si j’avançais la série sur deux ans, je devais la fonder sur l’urgence, l’intensité, l’énergie, un trait d’immédiateté.

Quant au changement de style, de ceux qui me suivent et me suivront, on fera le compte. Je ne sais pas si on peut dire que j’ai un public, mais toujours est-il qu’il n’est pas énorme, ça me confère la liberté de ne pas me tenir à un style. J’ai du mal à me caler sur un style. Il faut que celui-ci soit cohérent avec ce que je raconte.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Pourquoi un pays imaginaire ?

Le Vukland, je l’ai créé pour avoir une liberté de propos, dans la façon de mettre mon histoire en scène. Je sortais d’une expérience plus documentée et historique. J’avais besoin de tester les limites, de réaffirmer une fiction forte… mais actuelle, avec une résonance universelle. Avec des combats sociaux, économiques. On n’est pas loin des tendances Trump, Bolsonaro ou de ce qu’il se passe en Hongrie ou en Pologne.

J’ai dû synthétiser. C’est un laboratoire, une scène de théâtre en fait. Une île pour permettre le huis-clos. Il y a une façon symbolique et distanciée de raconter des choses qui me touchent. Il y a de la documentation bien sûr, mais réadaptée.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Quoi comme documentation ?

L’actu que j’ingurgite quotidiennement mais aussi l’ambiance et la géographie de l’Islande. Bon, je n’y suis pas parti mais j’ai fait des repérages sur… Google Chrome. Sur les caractéristiques ethniques aussi. La capitale du Vulkland est calquée sur Reykjavik. Mon pays, son univers, tout devait être crédible, avoir une assise et des fondations fortes. Même si c’est une fiction, ce fut un travail au long cours.

Pour vous faire la main, il y a eu une histoire courte dans Pandora, une sorte de prequel qui se retrouve dans les bonus de ce premier album.

Une manière de faire des petites expériences. L’éditeur me posait des questions sur la cosmogonie. Cet exercice m’a permis de créer une mythologie, un cadre, de creuser cet aspect avec des personnages qui n’apparaissent pas dans l’histoire en tant que telle.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Sinon, je pense qu’il faut faire l’effort de ne pas tout dire, d’en rester à l’essentielle. Il doit y avoir plus derrière l’intrigue, une certaine densité, de quoi prolonger.

Il y a quand même pas mal de personnages dans cette première partie d’histoire. Comment les avez-vous abordés ? Et leur place dans l’histoire.

Si on en met de trop, on court le risque de passer trop vite sur eux. La question du dosage, du rythme entre en ligne de compte. Il faut trouver le bon tempo. J’aurais pu en éliminer certains mais, à un moment, ils existaient tellement que je ne pouvais plus faire marche arrière. Il me fallait trouver la place pour développer les personnages mais aussi les différentes strates de la société. Les relations entre les parents et les enfants et au-delà de cette sphère.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

À ce niveau, j’ai été fort marqué par The Wire et Baltimore, les récits de David Simon. Je souhaitais arriver à un niveau d’écriture de cette veine. J’ai essayé d’y retrouver une hiérarchie tout en faisant exister ces personnages.

Combien de tomes sont-ils prévus ?

J’ai signé pour trois tomes. Après, j’en prévois trois autres. On verra à quel point le succès ou la pression commerciale se fait plaisir. Peut-être le public trouvera-t-il cela pas assez bien, ou pas assez intéressant. Il sera décisif. Toujours est-il que je devais bien me projeter, d’élaborer un guide. Une fin m’est venue entre-temps. On verra comment la série prend mais quoi qu’il en soit, ce sera cohérent. En tout cas, j’ai jeté les bases jusqu’au tome 9.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

Les tomes 4, 5 et 6 sont bien écrits. Je continue de creuser, tout reste à organiser. L’éditeur est enthousiaste, je ne suis pas tout seul, c’est important.

 

Il reste beaucoup d’éléments mystérieux en tout cas. Les corbeaux, les pierres…

C’est une alchimie à trouver, il ne faut pas ennuyer mais ne pas en dire trop non plus. Je suis engagé à fond, j’y mets mes tripes.

 

 

 

 

© Anthony Pastor chez Casterman

 

 

 

Propos recueillis par Alexis Seny

 

Série : No War

Tome : 1

Scénario, dessin et couleurs : Anthony Pastor

Genre: Thriller

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 130

Prix: 15€



Publié le 15/02/2019.


Source : Bd-best


Bee Spy de Cosimo Ferri opération Mangoose chez Original Watts !

Voici BEE spy la nouvelle héroïne de  Cosimo Ferri chez Original Watts, une série au format Comics OW!

Après L’Archer Blanc, Epsilon, Alwilda et Alias Nemo, la collection Comics OW! accueille enfin la plus piquante des espionnes dans un décor ensoleillé au coeur des seventies...

Avec « Opération Mangoose » le premier épisode de Bee Spy, on vous propose un format souple de 24 pages (avec les annexes) en 3 versions en édition limitée, numérotée et signée.

La collection Comics OW! est un format souple inspiré du format Comics à l’américaine au papier de qualité offset 115 gr. Un format original idéal pour retrouver les épisodes de ses séries préférées, toujours suivis de plusieurs pages d’annexes.

Chaque tirage est numéroté et signé, livré sous blister avec un certificat d’authenticité.

 

 

 

 

Collection Comics OW!
Scénario & dessin : Cosimo Ferri
Format : Souple - 17,1 cm X 25,9 cm - 24 pages couleurs
Papier : Qualité offset 115 grammes

Caractéristiques :
Premier épisode “Opération Mangoose”, suivi d’une annexe (sketchbook), proposé en 3 versions de couvertures.

Tirage numéroté et signé, livré sous blister avec certificat d’authenticité.

 

 

 

 

 

1. Version Blank Cover – 69 exemplaires - Prix : 30 euros
Couverture blanche dédiée aux dédicaces de l’auteur.
ISBN : 979-10-93063-37-9 EAN : 9791093063379

2. Version Variant Cover – 69 exemplaires - Prix : 18 euros
Couverture différente de la version Limited Edition.
ISBN : 979-10-93063-37-9 EAN : 9791093063379

3. Version Limited Edition – 250 exemplaires - Prix : 15 euros
Illustration couleurs de la couverture officielle.
ISBN : 979-10-93063-37-9 EAN : 9791093063379

 “Opération Mangoose”, premier épisode de la série Bee Spy, est disponible en 3 versions de couvertures au format Comics OW!

Découvrez aussi “La Photo” de Cosimo Ferri chez Original Watts, dans la collection Artiste Édition !

EN VENTE DÈS LE 1ER FÉVRIER EN LIBRAIRIE & SUR WWW.ORIGINALWATTS.COM



Publié le 15/02/2019.


Source : Bd-best


En direct de la FLB : « Enfants du passé, garants du futur » !

 

 

 

Premier jours d’ouverture pour la Foire du livre à Bruxelles. L’occasion pour notre collaborateur didactique (Thierry Ligot) de participer avec deux classes de l’Institut Sainte-Ursule de Forest (41 élèves de 1ere secondaire 12-13 ans) à un échange verbal des plus passionnants et intéressants mettant en scène Vincent Lodewick Dugomier.

 

 

 

 

 

© Thierry Ligot

 

 

Ce dernier, scénariste de la bande dessinée « Les enfants de la résistance – Le Lombard », s’est prêté avec toute sa gentillesse au jeu des questions-réponses posées par les élèves.

 

 

 

 

 

 

© Thierry Ligot

 

 

 

Dans le cadre du cours de français, l’ensemble de ceux-ci avait préalablement lu le dernier tome de la série « Le pays divisé » parus le 25 janvier 2019. Certains d’entre –eux ont même prolongé le plaisir en lisant la série complète.

 

La rencontre s’est terminée par une séance improvisée de signature/dédicace, preuve une fois encore si nécessaire, de la disponibilité de Vincent pour son jeune public et l’importance qu’il apporte au travail de mémoire. Travail indispensable pour ces jeunes générations qui nous montrent qu’ils veulent très tôt prendre leur avenir en mains ... parfois déjà sur d’autres questions tout aussi fondamentales.

 

 

 

 

© Thierry Ligot

 

 

 

 

 

 

Espérant que ce genre d’initiative se multiplie, l’ensemble de la rédaction se joint à moi afin de féliciter les deux auteurs (Benoît Ers- Vincent Lodewick Dugomier) pour le soin et la qualité historique de leur série.

 

 

Haubruge Alain & Ligot Thierry



Publié le 14/02/2019.


Source : Bd-best


Mutafukaz : sortie en DVD, BLU‐RAY et VOD le 20 FÉVRIER

Après avoir dynamité le paysage de la bande dessinée, Mutafukaz a bousculé le cinéma français, proposant une adaptation en long métrage animé, exigeante et pour un public adulte.

A partir du 20 février, le film Mutafukaz débarque dans les salons français, en VOD, DVD et Blu-ray. De nombreux bonus sont à y retrouver : la version US du film, bande annonce et making-of.

Le film adapté de la BD Mutafukaz (Label 619 / Ankama Éditions) sera disponible  en DVD, BLU‐RAY et VOD avec de nombreux bonus. Les fans pourront également retrouver le DVD ou le Blu‐Ray dans un coffret inédit : la « Cereal Box » éditée pour l’occasion sur le site d’Ankama Shop.

 

 

 

 

Mutafukaz a fait également figure d’ovni dans les salles françaises : un film d’animation, pour adultes, aux qualités graphiques exigeantes, servi par un casting de voix 4 étoiles (avec Orelsan, Gringe, Redouanne Harjane, et de nombreux vétérans du doublage français, dont Féodor Atkine et Alain Dorval, entre autres).

 

 

 

 

Les bonus :

• Un Genga (illustration originale utilisée pour le long métrage) avec certificat d’authenticité

• Un Porte‐clés Eightball à l’effigie d’Angelino : pose-lui une question, il vous répondra avec une répliq liée à l’univers de Mutafukaz !

• 6 stickers : 3 Angelino Grapes + 3 blasons Dark Me City

• Une Carte postale Palm Hill

• Un Pin’s Lowrider avec effet glitter ;

• Un T‐shirt Grapes à l’effigie d’Angelino.



Publié le 14/02/2019.


Source : Bd-best


Cachez cette société que l’on ne saurait voir.  Les nuisibles

 

 

  « - Tu places les cartons comme ça, le long du mur à côté des poubelles. Les vacanciers se plaignent, ils ont peur. La direction ne me lâche pas la grappe !

- Qu’est-ce que c’est ?

- De la colle. C’est ce qu’il y a de plus efficace. Regarde bien comment je l’étale en zigzag… Les touristes ne doivent pas tomber sur les cadavres. Il faut venir les ramasser à l’aube. C’est à toi de le faire. En fait, c’est simple : tu dois cacher ce que les gens ne veulent pas voir. Je peux te faire confiance ?

- Euh… oui. »

 

 

 

 

 

 

 

Dès son plus jeune âge, au port de plaisance, Bruno a appris la technique pour se débarrasser des « nuisibles ». Ennio lui a montré comment attraper les rats à la colle. Mais il fallait impérativement faire disparaître les cadavres dès l’aube.

 

Aujourd’hui, Bruno est gardien de péage sur un pont dans la plaine du Pô en Italie. Il est ami avec Maria. Mais les enfants de la dame veuve souhaitent qu’elle quitte son logement isolé pour les rejoindre à la ville. Pas loin de là, sur un chantier, Anton se blesse en tombant d’un échafaudage. Il fuit le refuge dans lequel il est soigné avec l’argent de la caisse. Anton se cache dans une cabane près du fleuve appartenant à Maria.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Comme les nuisibles, ces gens-là sont des personnes que la société ne veut pas voir. Anton, travailleur au noir immigré : nuisible. Bruno, enfant du pays, viscéralement attaché à sa terre qu’il ne quitterait pour rien au monde : nuisible. Maria, retraitée qui ne peut plus vivre seule : nuisible.

 

Mais depuis son enfance, Bruno a appris que les nuisibles, on les fait disparaître parce qu’il n’est pas de bon ton qu’on les voit.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Les nuisibles est la chronique du travail illégal et de la campagne désertifiée qui devient le terrain des rejetés de la société.

 

Piero Macola, en fin analyste, illustre les fêlures d’un monde qui se perd et qui se cherche. Ses personnages voudraient maîtriser leurs destins mais ils n’ont pas les cartes en main. Ses crayons de couleurs apportent un côté carnet de croquis qui donne l’impression d’être une caméra embarquée dans un reportage télévisé, comme dans feu l’émission Strip-Tease, au plus près des acteurs de la vie de tous les jours.

 

 

 

 

© Macola—Futuropolis

 

 

Entre Davodeau pour son côté réaliste ouvrier et le Troub’s de Mon voisin Raymond pour l’attachement que l’on peut avoir aux gens de la campagne, Macola est le témoin d’une société qui ne maîtrise plus son avenir.

 

Bruno et Anton semblent sortis d’une fable de Lafontaine. Bruno est la fourmi travailleuse qui avance quelques soient les embuches. Anton est la cigale qui va où le vent la porte, et en l’occurrence d’abord pour trouver du travail, puis pour fuir les poches pleines.

 

Les personnages vont voir leurs destins bouleversés et se retrouveront dans un chemin de vie qu’ils n’auront pas forcément ni choisi ni rêvé et qu’ils ne pourront pas rebrousser.

 

Le fleuve se fout des règles. Il décide quand, comment et où finissent les histoires.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Les nuisibles

 

Genre : Chronique sociale

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Macola

 

Éditeur : Futuropolis

 

Nombre de pages : 120

 

Prix : 20 €

 

ISBN : 9782754814829

 



Publié le 14/02/2019.


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