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Nils 2 : bien sûr quon peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir et en excellant !
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Nils 2 : bien sûr quon peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir et en excellant !

Souvent, quand on lit un premier tome qui nous scotche complètement, on n’a qu’une seule crainte : que la suite ébranle la bonne impression. Avec la première partie de Nils, on était restés la tête dans les étoiles (un brin amères, quand même), sur le cul de découvrir un propos tellement contemporain et pourtant emmené de jolie manière dans un monde de fantasy nourri (et pourri) par des influences multiples et sublimées. Le deuxième tome, Cyan, est arrivé, on n’est pas redescendus de notre nuage. Entre nous, il a même gagné en altitude, mettant la barre un peu plus haut.
Couverture de l’édition Canal BD



Résumé de l’éditeur : Selon de vieilles légendes, il existerait un monde au-delà de la matière. Un monde constitué d’êtres lumineux – les élémentaires, sans lesquels cette matière resterait inerte. Ainsi, quand les territoires du Nord, jadis fertiles et florissants, se muent en terres arides où plus rien ne pousse, ces légendes ressurgissent. Jeune garçon dans la fleur de l’âge, Nils, accompagné de son père, se lance dans une longue quête afin d’élucider ce mystère. Il doit, à présent, trouver Yggdrasil, l’arbre de vie qui fait le lien entre les neuf mondes et libérer les élémentaires. De son côté, Alba doit se rendre au royaume de Cyan afin de se confronter à l’ennemi…

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Avant toute chose, on est restés quelques minutes à fixer la superbe couverture réalisée par Antoine Carrion, subjugués par sa beauté, tentant de percer ses mystères. De prime abord, ça commence donc plutôt bien. Le plaisir est prolongé sur la double-page de titre où l’insouciance d’une nymphe contraste avec un décor bien glauque. Puis, vient le temps de se réengager dans l’aventure, celle d’Arun et Nils sur ce lac gelé et montagneux (si, si vous verrez), celle d’Alba et consorts dans des forêts naturelles puis urbaines, aussi. Le premier groupe atteint Yggdrasil tandis que l’autre arrive peu à peu, mais tout en se cachant de créatures steampunk malveillantes, de Cyan.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Une ville qui porte mal son nom tant elle est passée du bleu au gris et tant ceux qui y règnent sont loin d’être… scients. Ils pourraient être des magnats du pétrole, mais ici c’est l’ethernum qui est convoitée. Une source d’énergie qui rend invulnérable mais qui, ôtée de son biotope, cause aussi la mort de tout un petit monde. Le dilemme ne se pose même pas et les puissants, trop contents de leur invulnérabilité, préfèrent crâmer le monde plutôt que renoncer aux propriétés affolantes de l’éthernum. Ce, pendant que quelques déesses, aussi aidantes que ne reculant devant aucun sacrifice, tentent de guider nos jeunes héros dans ce monde au bord du chaos.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

De la mythologie à nos jours en conviant des références culturelles très diverses, Jérôme Hamon et Antoine Carrion font de la haute et élégante couture pour que cette oeuvre, importante, ne ressemble pas à un patchwork mal fichu mais ait la puissance et l’intensité de ses ambitions. Et le duo est assez cruel (ou plutôt… réaliste ?) que pour faire souffrir, voire disparaître, certains de ses personnages, faire peser de tout leur poids les notions de vie et de mort, et ainsi brouiller les pistes quant à l’hypothétique apothéose de cette histoire, cette symphonie aussi éclairante que lugubre.

 

 

 

 

© Hamon/Carrion chez Soleil

 

Comme le faisait le Petit Prince, et dans une vague d’auteurs désormais conscients qu’on peut raconter une histoire aux enfants sans occulter l’obscurité et le désespoir, Hamon et Carrion livrent une suite remarquable à tous les points de vue, animée (c’est le mot tant le graphisme de Carrion semble en mouvement) par l’envie de changer les choses, même depuis le monde merveilleux et infernal les plus éloigné de notre bonne vieille terre.

 

Série: Nils

Tome: 2 – Cyan

Scénario: Jérôme Hamon

Dessin et couleurs: Antoine Carrion

Genre: Fantastique, Conte

Éditeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Nbre de pages: 56 (+ cahier graphique de 6 pages)

Prix: 15,50€



Publié le 05/01/2018.


Source : Bd-best - Alexis Seny

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