Rencontre avec Laetitia Coryn
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Rencontre avec Laetitia Coryn

Laetitia Coryn et Pénélope Bagieu ont un point commun: leur corps de bimbos (c'est mademoiselle Coryn qui le dit!) et leur amour de la BD dite "girly", cette passion de la BD se perpétue grâce à des albums comiques très spéciaux comme "le monde merveilleux des vieux", albums dont les thématiques se rapprochent de l'humour trash de Gotlib ou des auteurs de "Fluide Glacial". Quand on sait, en plus, que cette auteure femme (et qui le revendique!) dessine sous les chaperonnages d'auteurs BD comme Florence Cestac ou Jean-Claude Mézières, elle est entre de bonnes mains et ne cherche pas à décevoir ses aînés dans l'humour baroque et trash.
Rencontre donc avec une auteure en devenir et pleine de promesses qui, elle aussi, arrive de l'animation mais a su s'en affranchir afin de créer son propre univers BD et ainsi, alimenter son blog personnel ("Caca, le blog de Laetitia").  Potacherie, nous voilà!!

Votre carrière débute quand ?

J'ai commencé en 2006 chez Witch, dans l'illustration jeunesse. Puis j’ai publié ma première planche de BD dans le Psikopat. J’ai signé mon premier album, "le monde merveilleux des vieux" l’année suivante, album assez trash, revendiqué d’ailleurs.

Vous avez été à l'école Estienne?

Oui effectivement. J'ai fait un DMA cinéma d'animation, on était la première promotion. Je me suis aperçu au bout des 2 années que l'animation n'était peut-être pas faite pour moi...mais je me suis rendu compte que c'était d'abord de la BD que je voulais faire. Ca m’a pas empêché de me faire des potes pendant mes études et d’apprendre beaucoup à leur contact.

Votre rencontre avec Florence Cestac a été déterminante?

Ah oui tout à fait, c'est elle qui m'a mis le pied à l’étrier, je ne ferais sans doute pas ce métier si elle n’avait pas été là. Jean-Claude Mézières aussi m’a beaucoup aidée. Déjà c’est lui qui m’a présenté Florence et il m’a suivie, conseillée durant toute mon adolescence. Je leur dois beaucoup à tous les deux.

Vous avez donc publié deux albums sur le monde merveilleux des vieux

Oui, ainsi que le Péril Vieux, chez Hugo Desinge. C’est un one shot mais l’humour reste grosso modo le même. Du trash potache ! Pas toujours facile à vendre aux éditeurs mais bon.

Vos influences BD?

Les auteurs de « Fluide Glacial » en général. Florence Cestac aussi, Vuillemin, Moebius… Pour les albums, dernièrement, j'ai adoré "Mauvais genre" de Chloé Cruchaudet, formidable cette BD. Dans l'animation, j’apprécie beaucoup le travail de Michel Ocelot ou Paul Grimault… et bien sûr « South Park » !

Vous avez publié combien d'albums?

J'en suis à 5 ( en plus des albums sur les vieux, j’ai fait « La question de Dieu » chez 12bis, avec Pat Perna au scénar, ainsi que « Fenêtre sur cour d’école » chez Dargaud )… de manière générale, je vois mon avenir dans la BD, même si j’ai toujours l'impression de recommencer à zéro. Je sors un sixième album l’année prochaine avec Philippe Brenot, sexologue et anthropologue, album sur l'histoire de la sexualité, je m'éclate à le faire. Personnellement, je préfère faire des albums différents, autant dans le thème que dans les outils que j’emploie. Comme j’ai du mal à me trouver un «style reconnaissable », autant varier les plaisirs ! Au départ, je m'éclatais à faire des potacheries comme "le monde merveilleux des vieux ». Ca m’amuse toujours mais il y avait peut-être plus d’innocence et de gaité dans les premiers ( j’étais plus jeune ! ). Maintenant, j’ai l’impression que je vais vers un humour plus « dur », un peu comme les pages que je fais pour la revue AAARG !

 

 

 

 


La surproduction BD actuelle, ça vous touche?

C'est un vrai problème effectivement. Disons qu’il y a toujours des lecteurs mais qu’il y a beaucoup d’albums qui sortent et que c’est difficile de se faire une place quand on démarre. Et même pour ceux qui sont là depuis un moment, j’en connais qui rament encore à 50 balais passés. Il y en a beaucoup qui cumulent plusieurs emplois. Personnellement je suis pas à plaindre, je fais un métier que j’aime beaucoup à côté, le doublage. Mais si je n’avais pas cette double casquette, je ne pourrais pas vivre de la BD.

Vous pensez quoi des combats du SNAC-BD?

Je suis solidaire, beaucoup d'auteurs BD sont en situation précaire alors que le marché de la BD se porte plutôt bien a priori. Les nouvelles réformes ne vont sûrement pas arranger les choses et on a peu de moyens de pression. Ah si, on peut s’arrêter de dessiner. Mais bon, pas sûre qu’on tienne très longtemps et pas sûre non plus qu’on soit pris très au sérieux.

 

Propos recueillis par Dominique Vergnes.



Publié le 12/04/2015.


Source : Bd-best

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