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Double masque, chronique d'un succès.
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Double masque, chronique d'un succès.

Le scénario :


Point n'est besoin de vouloir chercher la petite bête à ce scénario. Il est la continuité parfaite des tomes précédents, mêlant avec talent les personnages de fiction à ceux qui ont réellement existé. Jean Dufaux est un homme de culture et ses histoires sont toujours le fruit d'une suite logique dans sa tête. Suite logique dont lui seul maîtrise les tenants et aboutissants à la manière d'une pièce de théâtre dont les acteurs eux-mêmes vont de surprises en surprises, déliant les cordes d'un rideau qui petit à petit tombe sur le public incrédule et complètement hébété par la scène qui suit. Les surprises sont monnaie courante et nous ne nous lassons pas de cet auteur prolixe dont le talent reconnu bien au delà de nos frontières fait la fierté de notre chauvinisme.
Jean Dufaux nous met toujours l'eau à la bouche en nous faisant espérer le tome suivant. C'est un art dont il a la parfaite maîtrise, contrairement à d'autres scénaristes qui n'ont pas encore cette fibre qui s'acquière difficilement...ou pas du tout. Un grand critique et gastronome lui-même a dit que : "on nait cuisinier, mais on n'est pas cuisinier". Cela s'aplique à jean Dufaux sur le plan scénaristique. Confronter abeille et fourmi voila qui est bien singulier.
Il est né scénariste et c'est un parcours exemplaire que le sien. Rien à redire sur cet opus que j'apprécie comme les autres.

 

 

Le dessin :


Comment décrire un tel talent ?

Martin Jamar a un style tout particulier. Peu de dessinateurs laissent une empreinte très personnelle de leur œuvre. Martin Jamar est de ceux-la.
On ne saurait confondre son dessin à celui d'un autre tant le style lui est propre, à nul autre pareil. C'est un festival de petits détails et de visions des cases qui lui donne la renommée qui est la sienne. Il magnifie les visages de ses personnages en leur donnant des expressions que lui seul sait donner à ceux-ci. J'ai essayé d'imaginer ces mêmes personnages dessinés par d'autres, mais le rendu aurait été à 10 encablures du résultat présent. La couverture de ce cinquième tome nous donne vraiment le ton rien qu'en voyant l'expression du borgne.
Nous nous retrouvons à l'époque de Napoléon comme un voyageur qui arpente les lignes du temps. La particularité de Martin Jamar se situe entre autre dans la forme des visages de ses acteurs. Une forme assez allongée, un peu taillés en lame de couteau pour ceux dont l'expression doit être arrogante et hautaine. Les plus sympathiques ont droit à une forme plus ronde et douce,on ne saurait se tromper sur la nature des caractères.
Voyez la cas 2 de la page 28 (celle du milieu) avec le personnage voilé aux yeux jaunes , c'est très impressionnant. Le travail des rides, l'expression des yeux et le voile buccal tissé en carrés ajouté à la couleur gris bleuté donne une puissance hors norme au sujet. Certaines poses figée des sujets et d'autres en mouvement rapide sont typique de la technique de Martin Jamar. Certaines cases seraient dignes de figurer dans les livres d'histoire car ressemblant très fortement à des tableaux d'époque, représentant Napoléon et ses courtisans.
Je pense très fort à Jaques Louis David, peintre attitré de napoléon (de son sacre surtout), et à Gérard son portraitiste attitré. On est un peu plongé dans cette atmosphère.
Ce qui frappe aussi dans le dessin, c'est la manière de dessiner les cheveux. Très détaillés et très vrais.
Je n'ai qu'une chose à dire : Bravo monsieur Jamar.

 

Erick Dewit

Double Masque tome 5 " Les coqs" par Dufaux & Jamar paru le 5 mars 2011 chez Dargaud.

 

Toutes images © Dargaud 2011



Publié le 06/03/2011.


Source : Graphivore

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