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Les vieux fourneaux reviennent, francs à la relance (économique) et prouvant qu’il n’y a pas d’âge pour jouer les apprentis sorciers
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Les vieux fourneaux reviennent, francs à la relance (économique) et prouvant qu’il n’y a pas d’âge pour jouer les apprentis sorciers

Alors qu’ils sont déjà promis à une belle destinée cinématographique sous les traits d’Eddy Mitchell, Pierre Richard et Roland Giraud, il serait trop facile pour Les vieux fourneaux de se reposer sur leurs lauriers et de lâcher leur si cher Neuvième Art. Non contents d’être un véritable phénomène d’édition (de société aussi, cela dit tant ils sont emblématiques d’une vitalité qui repousse les limites de la vieillesse), les voilà plus jeunes que certains jeunes pour expérimenter encore et toujours ce que leur réserve cette vie qui leur donne un sursis qui, on l’espère, sera le plus éternel possible. Mais trêve de plaisanterie, à bond de sauterelle, nos trois larrons (enfin deux, le dernier est en voyage) ont du pain sur la planche dans ce quatrième tome.


Résumé de l’éditeur : Après une tournée d’été du théâtre du « Loup en slip », Sophie et Antoine rentrent au bercail… pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d’extension de l’entreprise Garan-Servier, qui relancerait l’économie de la région, est menacé… par une mystérieuse « magicienne dentelée » occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c’est un coup de bol pour les vieux fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié… Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père…Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l’identité du père de sa fille, Juliette ?

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Mine de rien, ça lui a fait du bien à notre Antoine de suivre sa fille dans sa tournée d’été : campagne, quiétude, liesse populaire et soleil au menu, sans compter l’adorable petite Juliette qui a bien grandi. Pourtant la tournée du Loup en slip se termine (et il aurait dû prendre une doudoune, car il se les gèle dans le deuxième tome de ces aventures) et les ennuis recommencent. Alors qu’Antoine se réjouissait de voir Garan-Servier enfin s’étendre (et il est bien l’un des seuls à s’être prononcé aussi fièrement), toute une série de déconvenues pointe à l’horizon.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

À commencer par la magicienne dentelée, sauterelle incapable de bondir mais néanmoins protégée. Pas une des sept plaies d’Égypte qui anéantirait les prés et champs souriants de ce coin de Tarn-et-Garonne mais assez que pour mettre des bâtons dans les roues de Garan-Servier. Et s’il n’y avait que ça ! Non résolument, les vacances sont passées, les tracas sont de retour.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Plus que l’Astérix en roue livre proposé par Ferry et Conrad sans doute, la fresque du banal trépidant offerte par Wilfrid Lupano, Cauuet et Gom est clairement, pour moi, l’événement éditorial de cette rentrée 2017. C’est tellement, infiniment bien fagoté, cet âge de déraison en roue libre (et à contre-clichés, hollywoodiens notamment) pour donner lieu à des péripéties toujours hautes en couleur mais trempée dans le réel (Gom est fortiche), profondément. Parce que plus que jamaisLupano et Cauuet font la paire et l’accord parfait pour dépeindre avec sérieux un récit rocambolesque mais pas totalement invraisemblable.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Parce que dans ce monde fictif au bord duquel les auteurs se sont installés tels un Francis Cabrel, notre monde à nous se révèle à chaque planche. Dans la fin de l’innocence et le mal que voit cette mère partout une fois confrontée à un petit théâtre éveilleur de conscience avec son loup en slip et pourtant inoffensif. Dans cette peut d’avancer. Dans les jours sans lendemain, une fois que les sociétés veulent prendre leurs cliques et leurs claques. Dans les secrets de famille complexes et enfermés dans le silence. Dans ce désert médical qui s’étend dans la ruralité (Jean-Jacques est à a retraite, place à Madame Gheorgiu). Dans une quête du… wi-fi et de la connexion permanente aussi (avec un second-rôle formidable). Et dans bien d’autres choses encore.

 

 

 

 

© Lupano/Cauuet/Gom chez Dargaud

 

Lupano (qui nous a offert une superbe relecture de Valérian) et Cauuet ne lésinent pas sur les couches qu’ils mettent et remettent mais la mécanique est si bien huilée et aérée qu’elle entraîne tout sur son passage, dans une chasse au trésor menée plus à l’instinct que dans la préparation en bonne et due forme. Tout est laissé à l’euphorie et aux éclats de rire, dans les seconds-rôles éclatants (Le Zébu !). Quel plaisir, à l’heure où certains de nos aînés ont oublié de vivre, ce retour de la vitalité aux cheveux blancs mais au moral intact orchestré par ces auteurs est imparable.

 

Série : Les vieux fourneaux

Tome : 4 – La Magicienne

Scénario : Wilfrid Lupano

Dessin : Paul Cauuet

Couleurs : Gom

Genre : Chronique sociale, Aventure, Humour

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 11,99€



Publié le 13/11/2017.


Source : Alexis Seny

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