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Que mettre au pied du sapin ? Episode 4 : Hägar Dünor Intégrale 2 : 1974-1975

« - Hägar ! Levez-vous ! Vous êtes censés piller l’Angleterre !... Alors ? »

            « - Je préfère roupiller. »

 

            Si Hägar était un chat, il s’appellerait Garfield. Il est flemmard, gourmand et rondouillet. Seulement voilà, Hägar est belliqueux et misogyne et surtout il n’est pas un chat. Hägar aime tailler l’ennemi en pièce, mais il n’aurait jamais pu jouer dans Games of Thrones. Il est beaucoup plus drôle. On n’y voit pas verser le sang, mais la bière coule à flots.

 

 

 

 

 

 

 

            Urban Comics poursuit l’édition intégrale de la grande saga épique d’Hägar Dünor, collection de strips drôlissimes. 481 strips sont regroupés dans ce deuxième pavé, réunis par ordre chronologique et publiés dans les années 1974 et 1975. L’ensemble est complété par une préface et une postface qui nous en apprend beaucoup sur le processus créatif et la vie éditoriale de la série. Par exemple, Hägar n’est pas le fruit du seul Dik Browne. Il est généré par une véritable équipe familiale : Dik est le chef d’orchestre, le dessinateur et l’écrivain principal, les enfants Chris et Chance écrivent aussi et Joan, la mère, supervise l’ensemble. Ainsi, les trois-quarts des gags imaginés ne sont pas exploités.

 

 

 

 

 

 

            En introduction, le non moins génial Diego Aragonès rend un hommage à Browne, comparant Hägar et son barbare Groo.

            Pour conclure, Tristan Lapoussière nous raconte l’histoire d’Hägar en France au travers des pages du journal de Mickey de 1973 à 1988.

 

            Souhaitons un grand succès à cette intégrale pour qu’elle soit complétée par les planches hebdomadaires du viking, afin d’offrir à Hägar le drakkar qu’il mérite.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Hägar Dünor

Tomes : Intégrale 2 : 1974-1975

Genre : Humour

Scénario : Browne Family

Dessins : Dik Browne

Éditeur : Urban Comics

Collection : Urban Strips

Nombre de pages : 256

Prix : 22,50 €

ISBN : 9782365779364



Publié le 19/12/2016.


Source : Bd-best


Le Marquis d’Anaon: une intégrale pour redécouvrir les premiers pas mystérieux mais déjà bien assurés de Vehlmann et Bonhomme

Avant de s’appeler le Marquis d’Anaon, ou le marquis des âmes en peine si vous préférez, il s’appelait Jean-Baptiste Poulain. Mais ça, c’était avant que de funestes aventures l’introduisent sur le territoire du danger, de la peur et de la mort. Cinq tomes sont passés et est resté pour le commun des mortels et des bédéphiles, le Marquis d’Anaon. Un sacré tour de force de Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme qui n’avait pas franchement trouvé son public, à l’époque, mais qui trouve, à l’aube des fêtes de fin d’année, une superbe intégrale.


Résumé de l’éditeur: On le surnomme « le marquis des âmes en peine ». De son véritable nom Jean-Baptiste Poulain, ce jeune homme à l’âme généreuse et à l’esprit curieux se heurte aux croyances et à tous les on-dit d’un XVIIe siècle épris de mystère et de surnaturel. En ce temps-là, la science, encore balbutiante, est loin d’avoir pris le dessus sur les légendes et les superstitions solidement ancrées dans les esprits…

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme

 

 

© Vehlmann/Bonhomme

 

À l’époque où Vehlmann et Matthieu Bonhomme se rencontrent, tous deux sont « débutants », avec toutes les preuves possibles et imaginables à faire. Franchir le cap du premier album, puis celui du deuxième. On est encore loin des Seuls et Spirou & Fantasio de l’un et des Esteban, Messire Guillaume et du premier Lucky Luke vu par de l’autre. Pourtant, Matthieu a une courte longueur d’avance sur Fabien, alors objecteur de conscience, et fait ses armes dans Spirou dans l’une ou l’autre histoire courte, aux côtés de Zidrou notamment. Fabien connaîtra cette joie, en 1998, avec le début du fabuleux et néanmoins glaçant Green Manor. Des premiers pas qui croisent ceux de Gwenn de Bonneval qui va introduire l’apprenti et déjà brillant scénariste à l’atelier de la place des Vosges où travaille… Matthieu Bonhomme. Et l’histoire peut commencer.

 

 

 

© Bonhomme chez Dargaud

 

 

© Bonhomme chez Dargaud

 

Une histoire qui s’imbrique dans l’Histoire. Nous sommes à la fin du XVIIème siècle… ou peut-être est-ce le début du XVIème? Une incertitude propice à l’entre-deux, un équilibre fragile qui peut balancer à tout moment vers les pratiques et légendes anciennes et fantastiques ou, au contraire, vers la rationalité d’une science encore loin d’avoir pignon sur rue. Et c’est cette tension qui intéresse Jean-Baptiste Poulain, cet ancien étudiant de médecine. Enfin, ça c’est un hobby, quand il a le temps, parce que pour l’heure il est attendu sur l’Île de Brac, au large de la Bretagne. Une contrée reculée où le fossé est large entre les petites gens et le baron du coin. Les deux ne s’entendent ni ne se parlent en raison d’obscures événements. Pourtant Jean-Baptiste doit tout de suite choisir son camp, c’est pour le baron qu’il est là, pour servir de précepteur au fils de celui-ci. Qui a justement… disparu.

 

 

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© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

Des disparitions de gamins, une étrange vierge noire, un navire hanté, une bête carnacière ou un mystère égyptien, en cinq albums, c’est peu dire que Vehlmann et Bonhomme ont varié les plaisirs et les décors tout en gardant comme fil rouge, via d’astucieux filons scénaristiques, leur personnage central: ce jeune homme à la peau lisse du début qui deviendra ce « marquis désabusé » et mal rasé, tome après tome. Car c’est une des forces de cette série: faire mûrir son héros, le transformer à mesure que les dures épreuves viennent le chahuter, le désespérer. À tel point qu’il ne croira plus ni en l’humain, ni même en lui.

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

Et cette volonté des auteurs entrent en collision avec l’évolution du trait de Matthieu Bonhomme, déjà très habile cependant. Dans ces cinq albums, on sent à quel point la vision du dessinateur a pu peser sur la confection de ces histoires. Fabien l’avoue même dans la l’interview qui prolonge cette intégrale: « Je n’étais pas préparé à ce que le dessinateur intervienne autant. (…) Le Marquis est le résultat de ces interactions qui existent entre nous« . Une complémentarité qui crée l’alchimie entre des planches où les textes sont bien présents et d’autres quasi muettes où Matthieu laisse toute l’expression à ses cases et ses dessins. Déjà à ce moment, Bonhomme a un sacré don pour faire baigner le lecteur dans ces atmosphères qui n’augurent rien de bon. Du fracas des flots ou des brumes bretonnes, de la froideur d’une montagne hantée par un monstre sanguinaire à cette Égypte qui encourage à être toujours sur ses gardes, rien ne résiste au talentueux dessinateur.

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

Quant à l’histoire, sur ces terrains variés, elle cherche à chaque coup à surprendre et à amener le lecteur en-dehors des chemins balisés par les précédents tomes, frôlant le fantastique et son aura sans jamais s’y engouffrer (et c’est là qu’elle se différencie d’une série à laquelle elle nous faisait penser: Fog, d’un autre débutant, Cyril Bonin). Notons que, sur trois histoires courtes de deux planches (parues lors d’une précédente intégrale), immergé dans la brièveté, le talent de ses deux-là ne se défait pas.

 

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

 

© Vehlmann/Bonhomme/Delf chez Dargaud

 

À l’époque du premier tome, j’avais dix ans, autant dire que je n’avais pas eu le loisir de découvrir cette série, et le plaisir, à la traque de l’origine de ces deux acteurs qui comptent dans le monde actuel du Neuvième art, en est peut-être d’autant plus grand. Le savoir-faire était déjà là… et bien! En plus, l’aventure pourrait jouer les prolongations, le duo ne ferme pas la porte à un sixième tome.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le Marquis d’Anaon

Intégrale

Scénario: Fabien Vehlmann

Dessin: Matthieu Bonhomme

Couleurs: Delf

Genre: Mystère, Aventure

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 280

Prix: 39€



Publié le 16/12/2016.


Source : Bd-best


Hey vous là, oui vous, ne serait-il pas temps de prendre de bonnes résolutions? Buche vous y aide

« Oh ben chéri, il te reste un cadeau. Tu ne l’ouvrirais pas? » Face à vous, votre copine, sourire aux lèvres et regard craquant, vous sentez l’arnaque. Les jours des fêtes, il y a toujours des cadeaux fun et des cadeaux à messages, tendant à vous dire… « ce serait bien que tu fasses… ». Et ce cadeau que vous avez tenté en vain d’enterrer sous votre beau sapin, roi des forêts, vous sentez bien qu’il risque d’appartenir au deuxième groupe! Mais bon puisque vous n’avez pas le choix, vous le déballez à contrecoeur. Vos peurs se justifient, en plein dans le mille. Vous avez dans les mains « 40 bonnes résolutions de mec » de Buche et vous redoutez que cette lecture ne soit pas une partie de plaisir. Vous avez tort. Et en vous l’offrant, votre copine a eu tort aussi, na!

 

 

 

© Buche chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Résumé de l’éditeur: Quel mec n’a jamais tenté de prendre de bonnes résolutions pour devenir un homme meilleur ? Buche, lui, prend quotidiennement des résolutions pour améliorer son quotidien : prendre soin de son corps et changer de tête, devenir aimable avec sa belle-mère, se mettre au bricolage et faire les devoirs avec ses enfants, cesser les achats impulsifs, devenir généreux et oeuvrer pour un monde meilleur, méditer au lieu de s’avachir devant la télé… Et ça marche !… Enfin presque…

 

 

 

© Buchez chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Nageant en plein délire autofictionnel, Éric Buche s’est dit que pour la nouvelle année, il prendrait non pas une, ni deux mais quarante bonnes résolutions! Vous avez bien lu: quarante comme les rugissants, comme les voleurs qui donnent du fil à retordre à Ali Baba. Pire, quarante comme un carême, comme une traversée du désert. On ne sait pas quelle « zin » lui a pris (oui c’est un belgicisme, on peut traduire ça par « folie ») mais il y croit le papa de Franky Snow. Et, en un album de BD, il entend devenir le mari idéal, le père fantastique, le collègue incroyable, le sportif accompli tout en commençant par devenir le beau-fils loyal et serviable. Et rien que ça, ce n’est pas gagné. Mais bonne chance!

 

 

 

© Buchez chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Vous vous y attendez certainement, ces bonnes résolutions (sont-elles d’ailleurs bonnes quand elles impliquent autant de prises de tête?) vont tourner court pour amuser un peu plus la galerie. D’autant que le Buche dessiné ne manque pas de bonne volonté. Mais face au machiavélique Buche-dessinateur, tous les efforts sont vains et renversés par le sort tragique et inéluctable qui revient à la charge: une pratique des sports qui tourne au jus d’os, la police aux trousses sans compter la cuisine qui devient un champ de bataille dès que le brave Éric s’y essaye.

 

 

 

© Buchez chez Bamboo

 

 

© Buche chez Bamboo

 

Notez, pour la défense de Buche, ses copains sont dans les mêmes draps, qu’ils s’appellent Zep, Tebo, Nob ou Téhem; Boulet, lui, s’en sort mieux. Chacun d’eux a, en tout cas, offert une planche au pauvre Buche qui, au bout de quarante résolutions mises en application, n’en pouvait plus.

 

 

© Nob chez Bamboo

 

 

© Nob chez Bamboo

 

Bref, voilà un album de saison qui joue la carte du fun tout en donnant quelques bonnes idées de résolutions… et tous les moyens pour les contrecarrer s’il vous venait l’idée, après une Saint-Sylvestre trop arrosée, d’en prendre. Bon courage! Et comme le dit l’auteur: « Homme parfait s’abstenir ».

 

Alexis Seny

 

Titre: 40 bonnes résolutions de mec

Album de gag

Scénario et dessin: Éric Buche

Couleurs: Buche avec l’aide d’Arnow, Ernest, Ghislaine et Maroussia

Genre: Humour, Gag

Éditeur: Bamboo

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€



Publié le 16/12/2016.


Source : Bd-best


Du A de Arthur au Z de Zombillénium: De Pins dans tous ses états et en grand format dans Vectorama

Une fois dans votre vie, vous avez tous déjà vu au moins une fois un dessin, une affiche, une couverture ou même un clip d’Arthur De Pins. Si vous dites non, on ne vous croit pas! Car, en quinze ans de carrière, celui qui se prépare à exploser un peu plus les codes du cinéma d’animation (du moins, on l’espère bien) avec Zombillénium avait matière à concevoir un formidable artbook (un premier était sorti en 2007 mais assez réducteur). C’est désormais choses faites avec Vectorama, une mine d’or à garder précieusement.

 

 

 

 

 

 

Boum Tchak, pour l'exposition Arludik © Arthur De Pins

 

Boum Tchak, pour l’exposition Arludik © Arthur De Pins

 

Ouf, il est arrivé avant Noël et on va pouvoir le glisser sous le sapin! Ce n’est pas grâce aux Chinois qui, sous prétexte que le livre était porno (on vous rassure tout de suite, il ne l’est pas même pour un poil, l’auteur s’affirme plus dans le registre « coquin » mais pas que…), ont refusé d’imprimer cet artbook conséquent. Tant pis pour eux, on leur laisse le panier de crabes, quant au reste, ça en fera plus pour nous.

 

 

 

Illustration pour un flyer de Wombat © Arthur De Pins

 

 

Illustration pour un flyer de Wombat © Arthur De Pins

 

Et on ne croit pas si bien dire avec Vectorama: un titre qui va comme un gant pour définir le travail de celui qui est devenu le roi du dessin vectoriel et des aplats, dans la lignée de Monsieur Z et même du… Créateur (Arthur est convaincu que Dieu (ou la Nature ou quel que soit son nom) a créé le monde sur Illustrator). En grand format, ce livre compile ce qu’Arthur De Pins a fait de mieux. Et, à même pas quarante ans, le natif de Bretagne, qui a préféré les Péchés Mignons chics et en chair ainsi que les boîtes de crabes au Kouign-amann natal, a de la bouteille.

 

 

 

Chara Design pour un jeu vidéo, en 2000 © Arthur De Pins

 

 

Chara Design pour un jeu vidéo, en 2000 © Arthur De Pins

 

Pourtant, c’est vrai qu’en tapotant sur le net le nom de celui qui maîtrise Illustrator et Photoshop à la perfection, on est vite réduit à quelques images de Chicas, ces petites femmes potelées et sexy en diable qui peuplent les quatre tomes de Péchés Mignons et de nombreux visuels (pour la collection Osez… notamment). Un syndrome « Dany » qui n’est pourtant que la face immergée de l’iceberg. Car, en grattant un peu (mais pas trop pour ne pas abîmer ce tentaculaire album qu’est Vectorama), Arthur de Pins, ce sont de merveilleux dessins à profusion. Une imagination sans limite.

 

 

 

Modèle Vivant pour Dr Sketchy © Arthur De Pins

 

 

Modèle Vivant pour Dr Sketchy © Arthur De Pins

 

Mais avant tout, Arthur De Pins, c’est une entrée fracassante dans le monde de l’animation avec Géraldine, un court-métrage de fin d’étude qui rafle une flopée de prix et témoigne d’un style en émergence. Avec de l’humour, du fantastique, un regard sur la société (et plus particulièrement, les relations hommes-femmes) et un peu d’érotisme. Prenant au pied de la lettre Michel Sardou et « son voyage en absurdie qu’il fait lorsqu’il s’ennuie« , voilà l’étrange histoire de Gérald qui se réveille transformé… en femme.

Mais si ce joli coup encouragera Arthur De Pins à persévérer dans cette voie, parallèlement, c’est dans le character design (on vous parlait justement de ce métier, ici) qu’il crée son petit monde, le peuplant d’une grande variété de personnages: des femmes (forcément, de l’infirmière à la mécanicienne), des cowboys, des animaux sportifs, des extra-terrestres mais aussi les futurs héros de conte de fée de la série Magic (avec Michel Coulon, produite par Xilam) qui connaîtra une saison et sera diffusée sur Disney Channel puis France 3 et Gully. Une série qui, aux dernières nouvelles, huit ans après la première saison, devrait connaître une suite!

Ainsi, la visite formidable de Vectorama (qui n’est pas de tout repos tant il faut regarder dans tous les coins pour ne pas perdre une miette du spectacle) se poursuit au fil des chapitres au nombre de six: Characters, Clubbers, Crabs, Chicks  (ces « chicas » qui ont fait tourner bien des têtes de lecteurs), Humans et Freaks. On fait le plein d’images, Arthur De Pins n’a pas été radin pour le coup. D’autant plus que, sur internet, on ne trouve que des parcelles du travail de cet auteur éclectique et productif.

 

 

 

Publicité pour Nutella © Arthur De Pins

 

 

Publicité pour Nutella © Arthur De Pins

 

Que ce soit sur les dancings pour le magazine Wombat ou l’actu people pour Max Magazine ou encore dans le monde de la publicité dont Arthur De Pins semble un peu dégoûté à force d’entendre la même chanson et d’être confronté à certaines volontés sexistes. « Il était temps que j’aille japper ailleurs« , confie-t-il à Frédéric Vidal, dans la courte interview qui remet en contexte cet artbook. Par volonté de l’auteur, pas mal de dessins « atroces mais bien payés » n’apparaissent pas.

 

 

 

Portrait de Pascal Nègre, à l'époque PDG d'Universal Music France

 

 

Portrait de Pascal Nègre, à l’époque PDG d’Universal Music France © Arthur De Pins

 

Pas de quoi bouder son plaisir pour autant: à chaque page, ou quasi, brille un trésor. Ceux de la partie bien connue de l’iceberg ne sont pas en reste mais il y a aussi d’autres raretés. Comme ces tableaux et portraits basés sur des modèles vivants ou fantaisistes (une sirène alcoolique, par exemple).

 

 

 

Un squelette à l'acrylique de 1998 © Arthur De Pins

 

 

Un squelette à l’acrylique de 1998 © Arthur De Pins

 

Ou ces projets de couverture pour des films comme Les Tuche et Le grand méchant Loup (assez amusant de voir Benoît Poelvoorde, Kad Merad et Fred Testot entre les pinces d’Arthur), ces affiches de festivals BD ou ces visuels pour des sites (aucune frontière ne l’arrête, on le retrouve même dans les pays scandinaves).
L'affiche pour la 15ème édition du festival Des Calanques et des Bulles.

 

 

 

 

L'affiche pour la 15ème édition du festival Des Calanques et des Bulles. © Arthur De Pins

 

 

L’affiche pour la 15ème édition du festival Des Calanques et des Bulles. © Arthur De Pins

 

Sans oublier les contenus de ses diverses expositions, à la galerie Arludik notamment, et un fameux match de catch féminin par profil Facebook interposé avec Jüne (relaté ici par Ederweld).

 

 

 

© Arthur De Pins

 

 

© Arthur De Pins
© Jüne

 

Puis, comment évoquer Arthur De Pins sans revenir au début et évoquer le cinéma, mais aussi la BD. Car les deux sont intimement liés dans la carrière de De Pins. On a parlé des Péchés Mignons, mais ce serait faire de l’ombre aux crabes, ces crustacés fétiches qu’Arthur mit d’abord en scène dans le court-métrage phénomène « La révolution des crabes«  avant de leur donner suite (faute de producteur prêt à relever le défi d’une suite en long-métrage) dans une trilogie de BD.

 

 

 

Couverture du Fluide Glacial d'août 2014 © Fluide Glacial

 

 

Couverture du Fluide Glacial d'août 2014 © Fluide Glacial

 

Et dans le sens inverse… Fan de monstres depuis les bancs de son école catholique (les deux étant assez inconciliable, cela lui a valu quelques « Vade retro satanas »… ou assimilés), c’est en 2008, après la réalisation d’une couverture d’Halloween pour Spirou (et après un autre projet tout aussi monstrueux qui n’aboutit pas) qu’Arthur De Pins donne vie à l’univers de Zombillénium.

Une série BD fantastique et un peu horrifique évoquant la vie tout sauf tranquille d’un parc d’attractions rempli de monstres. Mais aussi une critique sociale du monde des grandes entreprises toujours prêtes à faire plus de bénéfices, même s’il faut pour cela vendre son âme au… Diable.

 

 

 

Affiche de promotion du film © Arthur De Pins

 

 

Projet d’affice du film © Arthur De Pins pour Maybe Movies

 

Après trois épisodes (et en attendant les trois autres qui boucleront (?) la série) et un clip dément pour Skip The Use, Arthur se consacre depuis 2013 à la mise en chantier du film Zombillénium, en co-réalisation avec Alexis Ducord.

Sortie prévue le 18 octobre 2017 (en attendant, il y a la page Facebook) et Vectorama lui sert de fameux prélude. Pourvu qu’Arthur De Pins n’arrête pas en si bon chemin son parcours d’exception, on en redemande. Vous n’aviez pas d’idée pour Noël? Vous voilà servi!

 

 

 

Couverture du Spirou Spécial Noël de 2012 ©Dupuis

 

 

Couverture du Spirou Spécial Noël de 2012 ©Dupuis

 

 

Alexis Seny

 

Titre: Vectorama (Arthur De Pins Artbook)

Artbook

Auteur: Arthur De Pins

Éditeur: Soleil

Collection: Venusdea

Nbre de pages: 224

Prix: 34,95€



Publié le 15/12/2016.


Source : Bd-best


Que mettre au pied du sapin ? Episode 3 : 421 : Intégrale 1

« - President, President, there’s something going on ! »

            « - Tovaritch, Tovaritch, il se passe quelque chose de grave ! »

            « - 421 ?! Laissez tout tomber, venez d’urgence ! »

            « - Pour une fois qu’il fait beau à Londres, je parie qu’ils vont m’envoyer en Alaska ! »

 

            Pas facile tous les jours, la vie d’espion. Entre faire le tour du monde et côtoyer de jolies filles, il faut passer entre les balles des brigands et ne pas glisser sur des liasses de billets.

            Jimmy Plant est au service de Sa Majesté. Plus connu sous le pseudonyme de 421, l’espion sans peur et joli cœur nous revient enfin dans une intégrale regroupant les trois premiers titres de la série.

            421 contre la silhouette et L’épave et les millions constituent la première grande aventure (en deux parties) du héros de Maltaite et Desberg. Publiée dans la collection Carte Blanche chez Dupuis, elle n’avait jamais eu l’honneur d’intégrer la série titre. C’est pourtant elle qui a donné à 421 le sésame pour posséder sa propre collection. L’espion y affronte une bande de dangereux malfrats dont le chef utilise une drogue qui fait que les comportements des hommes et des femmes s’inter-changent. Délicieusement subversive, cette histoire mêle habilement humour et suspens dans une ambiance un poil misogyne. Plus de trente ans après sa parution, on peut se demander si la bienpensance actuelle permettrait sa publication. Elle est en tout cas drôle et réussie.

 

 

 

 

 

 

            Le visiteur du crétacé est une courte histoire scénarisée par Maltaite lui-même. Plant se trouve confronté à un professeur fou qui va l’amener au paradis du rêve dont on ne revient pas, aux origines de la création.

            Les chauves-souris peuvent s’avérer être de dangereuses messagères de la mort. C’est ce que l’on apprend dans Bons baisers du 7ème ciel. 421 va devoir déjouer une organisation qui propose les services de bestioles télécommandées pour commettre des crimes. Et si vous n’aimez pas les piqûres, priez pour ne jamais croiser la route de Dolly Blackwidow, infirmière championne toutes catégories au jeu de fléchettes.

            Guerre froide clôt cette intégrale et la première partie de la vie de 421 avant sa mutation graphique. 421 fera face à une menace météorologique. Entre James Bond et Indiana Jones, cet épisode haletant montre un 421 devenant « adulte ».  Malgré des dialogues encore humoristiques, le personnage et la série gagnent en sérieux. On sent que les auteurs ont besoin de s’affranchir de nombreuses influences et qu’il est temps pour eux de passer au plan B. Mais ceci est une autre histoire.

 

            En 1980, Eric Maltaite fait là ses grands débuts sur le devant de la scène du journal Spirou. Encore sous le modèle de son père Will, les premiers pas de 421 sont fortement apparentés à l’ambiance graphique de Tif et Tondu.

            Stephen Desberg, jeunot succédant à l’immense Tillieux au scénario des mêmes Tif et Tondu, ne sait pas encore qu’il sera un des scénaristes phare des années suivantes.

 

 

 

 

 

 

            Chez Dupuis, il y a trois types de séries : les séries fleuves ayant dépassé la trentaine d’albums (Spirou, les Tuniques Bleues, Tif et Tondu,Yoko Tsuno, …), les séries express ayant marqué, supprimées au bout de 4 ou 5 épisodes (Donito, Louison Cresson, Alice et Léopold, Gully, …) et puis les sacrifiées, séries promises à un grand avenir mais disparues alors qu’on les croyait intouchables, comme Jimmy Tousseul, Boulouloum et Guiliguili ou encore Billy The Cat. 421 entre dans cette dernière catégorie.

 

            A l’heure des revivals et autres reboots, si 421 devait un jour revenir, que ce serait chouette de revoir l’espion à ses débuts dans un cross-over avec Clifton. C’est une idée, comme ça, en passant…

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : 421

Tomes : Intégrale 1

Genre : Espionnage

Scénario : Desberg

Dessins : Maltaite

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 200

Prix : 20,50 €

ISBN : 9782800157641

 



Publié le 15/12/2016.


Source : Bd-best


Le chateau de ma mère en BD, un bol d’air frais et de soleil avant l’hiver

Pas besoin de beaucoup d’effort, juste se laisser porter. Et alors que l’hier frappe à nos portes, voilà que tout nous revient: les criquets, la garrigue, les bartavelles qui tentent de frayer parmi les pièges, cet accent si ensoleillé et ce soleil qui peut frapper dur. Quelques coups de crayon, quelques mots aux milles saveurs, et c’est Pagnol qui nous entraîne au pays des santons, non loin de Marseille, auprès des châteaux de sa mère. Et comme pour La gloire de mon père, Serge Scotto, Éric Stoffel et Morgann Tanco sont de la partie de chasse… au royaume de l’insouciance.

 

 

 

 

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© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

Résumé de l’éditeur: La fin de l’été est un drame pour le petit Marcel Pagnol, obligé d’abandonner ses chères collines. Mais la famille monte dorénavant chaque samedi à La Bastide Neuve. Un matin, lors d’une partie de chasse dans la garrigue, Marcel fait la rencontre d’un jeune paysan, Lili des Bellons. Une nouvelle aventure s’offre à lui : celle de l’amitié. Pittoresque et truculent, voici après La Gloire de mon père, le deuxième tome des « Souvenirs d’enfance » de Pagnol.

 

 

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© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

Au-delà de la grisaille belge, le soleil du Sud de la France comme les voix d’un Fernandel ou d’un Raimu en font écho. Ajoutons à ça la vivacité du petit Marcel qui ne tient pas en place dès qu’on lui parle de nature et d’aventure à l’air pur, et c’est parti pour un voyage dans la simplicité de la vie, sans souci… si ce n’est le retour, bientôt, de l’école. Quitter la rocaille, les grottes et leurs secrets et des monstres de la nuit qui hululent étrangement, jamais! Alors, dans sa petite tête de bout d’homme pas plus haut que trois pommes, Marcel échaffaude sa fugue pour perpétuer l’esprit de vacances, quitte à être un « hermite » tout poilu.

 

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco

 

Ce n’est que le début de l’aventure, palpitante autant qu’inattendue, avec des hauts et des bas, des moments à l’ombre et d’autres en plein soleil, entre l’eau qui jalonne ces trois châteaux plantés là comme des maisons de petits cochons que le loup aurait laisser tranquille. Mais peut-être le loup y habite-t-il d’ailleurs, mieux vaut être prudent!

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

 


© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

L’univers de Marcel Pagnol, c’est ça et beaucoup plus encore, l’audace de l’innocence téméraire et prête à tout, sans oublier la répartie caustique. Et voir ce petit monde, vu et revu pourtant mais saisi d’un regard neuf et néanmoins scrupuleux par rapport à l’oeuvre originale, qui s’anime devant nous, est un plaisir renouvelé.

 

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

 

© Scotto/Stoffel/Tanco/Cordurié chez Grand Angle

 

Le dessin de Morgann Tanco étincelle (même dans un orage à vol d’aigle) et se hisse à la hauteur du soleil qui fait tant le charme de Pagnol. Et de sa nostalgie aussi. Vivement la suite, car si la tristesse s’éparpille sur la dernière planche, il y aura d’autres joies et d’autres secrets dans le troisième et avant-dernier tome des Souvenirs d’enfance.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le château de ma mère

Souvenirs d’enfance – Tome 2

D’après le livre de Marcel Pagnol

Scénario: Serge Scotto et Éric Stoffel

Dessin: Morgann Tanco

Couleurs: Sandrine Cordurié

Genre: Biographie, Chronique sociale, Aventure

Éditeur: Grand Angle

Collection: Marcel Pagnol

Nbre de pages: 90 (+ dossier de 5 pages)

Prix: 18,90€



Publié le 15/12/2016.


Source : Bd-best


Z comme Don Diego, de Zorro e zéro pointé du bout de l’épée

Vous croyiez que les héros de comics avaient le monopole des problèmes d’identité secrète? Raté, Don Diego a des soucis similaires. Mais on se demande s’il ne le fait pas un peu exprès. Enfin bon, ça ne date pas d’hier mais de 2012 et le justicier masqué à l’épée bien affûtée et zozotant s’est taillé quelques belles tranches de rire sous l’humour complètement à l’ouest (normal quand l’histoire se passe au Mexique) de Fabcaro et Fabrice Erre. Deux tomes avaient été commis, coup sur coup. Les voici réunis dans une intégrale à l’italienne et à pleurer de rire.

 

 

 

 

 

© Fabcaro/Erre

 

© Fabcaro/Erre

 

Résumé de l’éditeur: Son nom, il le signe à la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire… Don Diego ! Cette parodie délirante de Zorro – écrite par Fabcaro, l’auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï, et dessinée par Fabrice Erre – est absolument hilarante. Zorro est y présenté comme un justicier à côté de la plaque, complètement dépassé par les événements… Cette édition à l’italienne, enrichie d’une couverture et de quatre gags inédits, remplace les deux titres existants.

 

 

© Fabcaro/Erre

 

 

© Fabcaro/Erre chez Dargaud

 

Il paraît que des scientifiques tendent à prouver qu’il existe bel et bien des univers parallèles et que dans ceux-ci se trouvent un double pour chaque homme sur cette Terre. À coup sûr, ce sont les histoires d’un double de Zorro que nous content les enfants terribles Fabcaro et Fabrice Erre. Comment, dans la réalité, Zorro pourrait-il être aussi poltron et maladroit? Un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

 

© Fabcaro/Erre

 

 

© Fabcaro/Erre

 

Oh, remarquez, le sergent Garcia ne vaut pas vraiment mieux, ça équilibre les chances et transforme les duels à fleur d’épée en joutes verbales sur la pluie et le beau temps… et les courbes affriolantes de Sexoualidad, la fille du gouverneur. Une jeune fille en fleur, et en rondeurs surtout (et qui n’a d’ailleurs rien à envier aux héroïnes de Russ Meyer), qui ne laisse pas Don Diego de glace. Elle, elle aime Zorro, et c’est peut-être la seule de toute cette bande de joyeux drilles à ignorer que Don Diego et Zorro sont les deux facettes d’une seule et même personne. D’où les quiproquos à gogo.

 

 

© Fabcaro/Erre chez Dargaud

 

 

© Fabcaro/Erre chez Dargaud

 

Totalement à côté de ses pompes et même de son canasson (Tornado qui relève un peu le niveau), ce Zorro parodique fait moins mouche sur le bedon du Sergent Garcia que dans les éclats de rire à profusion qu’il suscite. Décalé et inattendu de burlesque, cet autre Zorro, qui convie aussi un certain Wolverino, ne s’interdit rien et encore moins le droit de s’échapper de sa posture de héros infaillible. Bernardo n’a pas besoin de vous faire signe, foncez!

 

Alexis Seny

 

Titre: Z comme Don Diégo

Intégrale

Scénario: Fabcaro

Dessin: Fabrice Erre

Couleurs: Sandrine Greff

Genre: Parodie, Aventure, Humour

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 168

Prix: 14,99€



Publié le 13/12/2016.


Source : Bd-best


La face crashée de Marine Le Pen, de Marilyn à Star Wars et Game of Thrones!

À l’approche de mai 2017, les livres et notamment les bandes dessinées consacrées (auto-, parfois, tant il est devenu tendance pour les hommes et femmes politiques de sortir leur programme en livre) aux candidats à la présidentielle se font de plus en plus nombreux. Encore plus lorsque le candidat en question est jugé « infréquentable » par d’aucuns. Après un petit tour dans le documentaire prévisionniste de Durpaire et Boudjellal, revoici Marine Le Pen sous le crayon délicieux de Riss et les idées de Richard Malka et Saïd Mahrane. On n’a pas trouvé mieux pour faire une bonne figure bien crashée.

Résumé de l’éditeur: 7 mai 2017 : matin du second tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen se réveille sur un air de Dalida. Le soir même, sa vie basculera. Peut-être. Une longue journée l’attend…
D’abord, une visite secrète chez son psychanalyste : plongée trouble dans l’enfance et les années de fête. Puis, un ultime complot du vieux Front à déjouer. Florian Philippot qui se voit à Matignon et ne pense qu’à son 20 heures. Marion en embuscade, médaille de la Vierge autour du cou. Jean-Marie Le Pen qui se confie à son ami Serge Moati. Les dossiers secrets du parti. Le déjeuner mensuel des trois conspirateurs, Zemmour, Villiers, et Buisson. Les anciens du GUD qu’il faut cacher. L’envers de la dédiabolisation. Les affaires et les lingots que nul ne saurait voir. Les idées nouvelles de Soral et Dieudonné. Et, par-dessus tout, le marketing. Présidente, oui, mais pour quoi faire ?

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

Cigarette au bec, sourire forcé et gêné, robe blanche qui vole au vent. Qui aurait cru un jour que Marine Le Pen se la jouerait Marilyn (en attendant de se la jouer Mari…anne?) au-dessus des caniveaux d’où Jean-Marie, Robert, Marion et les autres passent la tête? Rassurez-vous, ce cauchemar éveillé n’est « que » la couverture d’une bande dessinée de Richard Malka et Riss d’après l’enquête Saïd Mahrane. Des dessins bel et bien animés des desseins présidentiels de la tête de gondole du FN, et perpétuant surtout le souvenir de la minutie d’investigation mêlée à l’humour de Philippe Cohen, auteur de La face kärchée de Sarkozy en 2006, autant dire au temps des kärcher.

 

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

L’idée et le concept ont fait un bout de chemin et fait pas mal de petits (on pense notamment au Ahmadinejad atomisé de Mohamed Sifaoui et Bercovici). Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, une ère électorale en a chassé une autre, Sarkozy est hors-course mais il y a… Marine Le Pen. Une cible en or pour que Grasset offre un spin-off à l’illustre prédécesseur toujours en compagnie de Riss et Richard Malka mais avec en renfort le rédacteur en chef du Point, Saïd Mahrane, et à la mise en scène le toujours très inspiré Ptiluc.

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

Une équipe infernale pour plonger dans le passé particulièrement retors de celle qui pourrait (si le sort s’acharne, après Trump) devenir première présidente de la France. Mais, avant ça, petit bond en avant pour se retrouver le jour fatidique du 7 mai 2017. Il est tôt et la journée va être marathonienne, on pourrait s’attendre à la bande-originale de Rocky, mais c’est un petit air de Dalida que balance le radio-réveil. « Il venait d’avoir 18 ans » (on ignorait que Marine Le Pen avait cette chanson  en commun avec la femme de Macron!), et le prétexte est trop beau: Marine se met une heure au vert dans « le lieu que l’on ne nomme pas », chez son… psy, pour replonger dans son enfance.
©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset
©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

Le pitch est parfait pour comprendre un peu mieux comment celle qui se destinait, avec son Oedipe non réglé, à une carrière d’avocate à la Cour, défendant le commun des mortels, qu’il soit blanc, black ou beur. Ça ne pouvait donc pas durer pour Gollnisch et sa clique, d’autant plus que sa soeur Marie-Caroline est désormais out alors qu’elle incarnait la relève du FN. Qui fera office de plan B? C’est Marine! Et c’est le début de notre histoire.

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

S’offrant une vision (prémonitoire?) en 70 planches (et un rabais explicatif, prouvant les événements réels sur lesquels se basent les auteurs) du jour du second-tour où tout basculera ou pas, la bande à Malka et Riss détricote l’envers de la haine avec expérience et une efficacité remarquable. Tous les amis sont là, d’un côté comme de l’autre de la barrière idéologique qui divise désormais le parti d’extrême-droite: Gilbert Collard, Florian Philippot, Frédéric Chatillon, Nicolas Bay, Steeve Briois, Louis Aliot… Le parti a ses bons et ses méchants, et dans cet imbroglio relationnel, les auteurs sont affûtés et parviennent habilement à replacer chacun sur cet échiquier grandeur nature.

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

Bien informés, les auteurs ne sont pas en reste d’humour, les gags sont bien présents de même que des parodies hilarantes de Star Wars ou Game of Thrones, histoire de dire que ces gens-là, monsieur, ne sont ni des étoiles ni des foudres de guerre… mais qu’ils ont de l’ambition. Quitte à se tirer dans les pieds l’un de l’autre. Comique, caustique et drôlement bien fait, La face crashée de Marine Le Pen nous fait rire du danger tout en en prenant conscience. Pour mieux éviter le crash démocratique?

 

Alexis Seny

 

Titre: La face crashée de Marine Le Pen

Récit complet

Enquête: Saïd Mahrane

Scénario: Richard Malka

Dessin: Riss

Mise en scène: Ptiluc

Couleurs: Cerise

Genre: Politique, Documentaire, Humour

Éditeur: Grasset

Nbre de pages: 96

Prix: 14,90€



Publié le 13/12/2016.


Source : Bd-best


L'Armée de l'Ombre tome 4, Speltens nous entraîne aux côtés de ces combattants face à l’horreur

Août 1944. Les troupes allemandes sont repoussées vers l'Allemagne. Les ventres sont vides, les corps sont fatigués. Les longues colonnes de soldats sont impitoyablement massacrées par l'aviation soviétique maitresse des cieux. La politique de la terre brûlée n'a eu pour d'autres effets que de décupler la haine de l'ennemi.

Février 1945. Dans une dernière tentative pour arrêter les russes, les allemands font sauter les ponts sur l'Oder, distant seulement de 90 km de Berlin. Le fanatisme de la SS pousse le peuple jusqu'a l'ultime sacrifice : les enfants sont enrôlés dans les troupes combattantes ! Le jeune Kessler a depuis longtemps perdu toute illusion concernant le sort de l’Allemagne. Les soldats sont face à un choix difficile : combattre les bolchéviques qui menacent Berlin et y trouver une mort certaine ou tenter de gagner le front ouest dans l'espoir de se rendre aux anglo-américains.

 

 

 

 

 

 

Oliver Speltens nous délivre le dernier tome de cette formidable série (plus de 75000 exemplaires déjà vendus) qu’est « L’armée de l’Ombre ». Contrairement à ce que certaines personnes pensaient au début de celle-ci, l’auteur ne fait en rien l’apologie du nazisme mais explique habilement le cheminement de ces jeunes hommes ayant choisi de faire allégeance à l’idéologie prônée par Hitler.

 

 

 

 

 

 

Pour ce dernier récit, les troupes soviétiques contre-attaquent vigoureusement les armées d’un ordre censé être au pouvoir durant un millénaire. Cependant, en mars 1945, à l’est de l’Oder, les régiments allemands vont causer d’énormes pertes aux troupes soviétiques, cédant le terrain, maison par maison, à ces derniers. Kessler et ses amis en sont réduits à faire un choix : soit combattre Ivan dans les faubourgs de Berlin ou gagner le front ouest pour se rendre aux troupes américaines.

A l’aide de ses illustrations, d’une solide documentation concernant les véhicules et uniformes et d’un choix de couleurs particulièrement judicieux, Speltens nous entraîne aux côtés de ces combattants, partageant leurs sentiments, doutes et regrets face à l’horreur d’une doctrine dont ils ont été abreuvés depuis leurs naissances.

 

 

 

 

 

 

Une série dont je ne peux que conseiller la lecture aux jeunes (à partir de quatorze ans) afin de conscientiser la génération montante des dangers d’un système dont certains relents se font cruellement ressentir à l’heure actuelle.

 

Alain Haubruge

 

L’armée de l’Ombre. Tome 4 : nous étions des hommes» Olivier Speltens

Collection mémoire 1939-1945. Éditions Paquet, 48 pages

 

 

 

Olivier Speltens à la galerie 9art

Infos ICI



Publié le 09/12/2016.


Source : Bd-best


Gaston au-delà de la gaffe: une exposition et un livre pour un anti-héros qui ne devait pas faire de… la BD!

« Si un jour, dans vingt ou trente ans quelqu’un trouve un de mes albums dans un grenier, il dira: « Quel vieux machin! » S’il ajoute que c’est tout de même marrant », je ne serai même pas content puisque je n’existerai plus. » Franquin ne croyait pas si bien dire. Trop tôt disparu, ses héros lui a survécu et de quelle manière. Si bien que 35 ans après cette déclaration, la tête de Gaston qui « gâchait » autrefois la lecture d’une page entière de Spirou devient celle de gondole du… Centre Pompidou et de sa Bibliothèque publique d’information. Gaston, au-delà de Lagaffe, une exposition qui s’amuse à donner tort à Franquin et qui se décline aussi en un bel album chez Dupuis, what else.


Beau bébé tout de jaune vêtu, c’est un bien bel ouvrage que les Éditions Dupuis nous ont concoctés à l’occasion de cet événement culturel de grande ampleur. Et s’il y a déjà eu une flopée d’exposition consacrée à Franquin (et près de vingt ans après sa mort, les dieux de la BD savent à quel point il y a encore beaucoup à dire sur ce géant), qu’un événement soit exclusivement focalisé sur sa maladroite et paresseuse créature au pull-over vert, c’est plus rare.

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

Et pourtant, il y a à dire et à redire sur cette mythique institution du Neuvième Art, « ce héros con » en avance sur son époque et qui a trahi ses origines, délaissant le trublion du Journal de Spirou qu’il était pour devenir véritable héros de sa propre série. À l’inverse de la volonté première de Franquin qui ne voulait surtout pas en faire un héros de BD.

 

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

Ce n’est pas nous qui le disons mais Franquin, qui devient notre guide de luxe pour nous balader dans l’incroyable histoire de son anti-héros. Qui de mieux que le maître pour parler de son enfant, dans des pensées courtes mais efficaces, histoire de laisser les images en dire long. Franquin apparaît donc par l’intermédiaire de commentaires et citations issus d’une quarantaine d’entretiens avec des interlocuteurs aussi diversifiés et éclairés que Numa Sadoul, Philippe Vandooren, Didier Pasamonik ou encore Jean Léturgie.

 

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

L’occasion de se rappeler (ou d’apprendre pour les plus jeunes d’entre nous) que M’oiselle Jeanne ne devait apparaître normalement que le temps d’un gag mémorable dans lequel sa queue de cheval semblait toute trouvée pour le costume de canasson trouvé par Gaston. Ou encore que le premier album de Gaston, que d’aucuns diraient aujourd’hui « conçu à l’arrache », aujourd’hui prisé par les collectionneurs, a, un temps, été distribué… gratuitement. « Il y a eu le premier album: une chose bizarre, au format d’un strip, imprimée – mal – sur des rebuts et des chutes de papier, que nous avons faite sans contrat, comme un essai jovial pour nous amuser entre nous. (…) La dimension de l’ouvrage avait surpris bon nombre de vendeurs, au point même que, dans un grand magasin de Charleroi, quelqu’un, croyant qu’il s’agissait d’une prime publicitaire, le distribuait gratuitement à ses clients les plus dépensiers. » Des débuts cocasses pour un héros dont on ne compte aujourd’hui plus les rééditions.

 

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

Aéré mais conséquent, cet album contient donc beaucoup d’anecdotes attendues mais aussi inattendues, et un paquet d’illustrations à se damner. Des planches forcément, des bouts du Journal de Spirou mais aussi des recherches des personnages emblématiques entourant Gaston, « la mécanique du gag » et, entre bien d’autres choses, l’album de Franquin, série de clichés de Franquin à travers les âges. Bref, il y a matière à s’inst-rire et à se mettre en appétit pour rallier le Centre Pompidou et voir ça d’encore plus près. Un passage obligé? M’enfin, bien sûr!

 

Alexis Seny

 

Titre: Gaston au-delà de Lagaffe

Sous-titre: Une visite guidée dans l’univers de Gaston commentée par Franquin

Genre: Catalogue d’exposition, Beau-livre, Documentaire

Éditeur: Dupuis – Bibliothèque du Centre Pompidou

Nbre de pages: 208

Prix: 30€



Publié le 09/12/2016.


Source : Bd-best


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