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Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 10

«  - Maintenant que vous connaissez toute l’histoire, ça ne vous paraît pas étrange que j’aie fait tout ce chemin depuis les Etats-Unis et qu’au final, je n’ai même pas passé quelques instants à me recueillir sur la tombe de mon aïeul ?

-          Non, je pense que vous n’étiez pas venu pour ça, même si vous l’avez cru !

-          Et je serai venu pour quoi alors ?

-          Ça… Vous êtes le seul à pouvoir le découvrir.

-          Je ne sais même pas si j’ai encore toute ma tête, alors ce n’est pas gagné ! »

 

Alors que Lisa prend ses fonctions de maire de Cowpoke Canyon, Joey parcours les vallons du Connemara, avec Aileen, chimère ou réalité. A soixante-dix ans d’intervalle, les chemins des protagonistes du « Train des orphelins » continuent à se tracer, écrivant une histoire dans l’Histoire. Années 20 en Amérique : Lee tente de séduire Lisa et a pour projet de construire une maison des orphelins. Années 90 en Europe : Louisa rencontre enfin Joey avec qui elle communiquait par radio.

 

 

 

 

 

 

Clap de fin pour « Le train des orphelins ». Cette excellente série voit ici sa conclusion. Décryptant un pan de l’histoire de l’Amérique peu connu, elle forme en huit volumes un récit émouvant, poignant, passionnant.

 

Le trait semi-réaliste de Xavier Fourquemin est un medium idéal pour une sensibilisation intergénérationnelle au phénomène historique romancé. Philippe Charlot navigue entre les époques avec une fluidité surprenante et exemplaire. Une prouesse.

 

Les auteurs signent un des fleurons des éditions Bamboo qui, à côté de séries comme « L’envolée sauvage », deviendra un des classiques de demain. Faire prendre conscience de l’Histoire, faire aimer l’Histoire, voilà une des missions accomplies. Même si ce n’est peut-être pas le but premier, c’est avec des albums comme ceux-ci que se déclenchent chez les jeunes lecteurs (et chez les autres) des passions qui les forgeront.

 

Compostez vos billets pour le train des orphelins, vous n’en reviendrez pas indemnes, vous en reviendrez riches d’un récit épatant.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Le train des orphelins

Tomes : 8 - Adieux

Genre : Drame historique

Scénario : Charlot

Dessins : Fourquemin

Couleurs : Smulkowski

Collection : Grand angle

Éditeur : Bamboo

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 978-2-81894-156-0



Publié le 20/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 9

  « - Tu mets du cœur à l’ouvrage, Porcinet Grassouillet. Mais ton style est vulgaire. Tu privilégies trop la force sur la ruse.

-          Mon nom est Yuki. Qui es-tu ?

-          Mon nom n’a pas d’importance. Mon conseil, si !

-          Depuis quand tu m’espionnes ?

-          Pourquoi des questions, alors que je te donne des réponses ?

-          Ma mère m’interdit de parler à des inconnus. Passe ton chemin, vieil homme. Je suis un grand guerrier. D’une respiration, je pourrais te blesser.

-          Tu as raison. Le sommeil m’attend. Mais n’oublie pas, Porcinet Grassouillet, dans un combat, seul le résultat compte. Rien d’autre ! »

 

Yuki, tel Moïse, vit avec sa mère adoptive dans la petite cité de Puchi-Minato, dirigée par le seigneur terrien Hayato Ikobayashi. Il ignore tout de ses origines. Il a treize ans et rêve de devenir samouraï. Mais la route est longue et le chemin est périlleux pour mériter d’intégrer cette caste de vaillants guerriers. Il deviendra disciple de Musashi Miyazaki pour accomplir son apprentissage.

 

 

 

 

 

Gorobei, après avoir signé l’hilarant « Remèdes de l’ouest » chez Makaka, fait son entrée par la grande porte chez Dupuis. Ses personnages bonhommes et attachants sont le signe d’un graphisme à la fois original et abordable dès le plus jeune âge du public. Les cases sans bordures offrent une fluidité et un confort de lecture invitant à pénétrer dans le récit et à s’identifier à son personnage principal plus aisément.

Le scénario à plusieurs niveaux de Thierry Gloris est une nouvelle réussite à comptabiliser à son palmarès. Au-delà de la quête initiatique basique, le lecteur perspicace relèvera bien des clins d’oeil : Karaté Kid, les dessins animés de notre enfance, et surtout l’œuvre du grand cinéaste Miyazaki.

Nul doute que Yuki deviendra un des personnages phares du journal de Spirou et Bushido une des séries classiques du catalogue Dupuis.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Bushido

Tomes : 1 – Yuki

Genre : Quête initiatique et humoristique

Scénario : Gloris

Dessins : Gorobei

Couleurs : Piscitelli

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800167794



Publié le 18/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 8

« - Alors ? Tu es content de tes recherches ?

-          Ouaip !

-          Tu as déjà appris beaucoup de choses ? Quoi par exemple ?

-          Que les gens cherchaient sans cesse à manipuler les mages.

-          Oh… Je vois. Les hommes craignent les mages ou tentent de profiter de leurs pouvoirs…parce que ces pouvoirs sont immenses. Ils demandent donc beaucoup de sagesse pour être utilisés. Et les mages n’ont pas toujours fait preuve de sagesse.

-          Tu… tu veux parler du démoniste ? »

 

Où l’on se rend compte qu’alors que l’on pensait que 7 était le chiffre pivot autour duquel s’articulait l’équilibre des mages, il existe un huitième élément venant donner un grand coup de pied dans la fourmilière.

 

 

 

 

 

Au travers de ses lectures dans la bibliothèque de son père, Léo fait de bien importantes découvertes sur l’histoire des mages et de leurs origines. Mais le paternel lui donne-t-il toutes les clefs du mystère ?

 

Les dessinateurs d’origine La Barbera & Quattrocchi ont laissé leur place à une cohorte de collègues chacun en charge d’un court récit nous en apprenant un peu plus sur l’un des mages. Qu’ils soient peu connus du grand public comme Upchurch ou Raapack, ou bien auteurs aguerris comme Ers ou Clarke, chacun donne le meilleur de lui-même pour former un ensemble d’une cohérence étonnante. Kenny Ruiz dessine les séquences intermédiaires, proposant une continuité dans le style de La Barbera & Quattrocchi, sans toutefois copier leur style. Ruiz fait indéniablement partie des véritables révélations de ces Vérités.

 

Revisite de La légende de Hamelin, récits innovants comme La malédiction de l’alchimiste, la palme d’or des histoires racontées dans cet opus revient au Devin stoïque, dessiné par le trop rare Denis Bodart, variation d’Un jour sans fin, ou de Edge of tomorrow, où il est démontré que changer le cours du destin peut être vaine tentative.

 

Avec cet album au concept original, arrivant seulement après les trois premiers épisodes de la série, Kid Toussaint génère une mythologie autour des Magic 7 qui donne une crédibilité à l’histoire et stabilise les fondations du monde magique qu’il a créé. Alors qu’après Harry Potter, on pouvait penser que le thème était devenu intouchable, le scénariste tire son épingle du jeu.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Magic 7

Tomes : 4 - Vérités

Genre : Aventure fantastique

Scénario : Kid Toussaint

Dessins : Ruiz, Upchurch, Raapack, Ers, Clarke, Bodart, Evenhuis, Beroy

Couleurs : Noiry, Upchurch, Villarrubia, Ers, Hamo, Evenhuis, Cerise

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56

Prix : 9,90 €

ISBN : 9782800165608



Publié le 17/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 7

« - Contempler un feu qui meurt n’est jamais signe d’une grande joie.

-          Ma vie me semblait compliquée au village mais tout était si simple en fait…

-          Petits enfants, petits problèmes. Grands enfants, grands problèmes.

-          En qui peut-on avoir confiance dans la vie ?

-          En soi-même…

-          Et encore… »

 

Ralph Azham, surintendant d’Astolia, tient à nettoyer la ville des malfrats qui hantent ses rues. Mais ce n’est pas la seule mission qu’il tient à mener à bien. Il cherche également à retrouver Will, immortel agent doublequi l’espionnait dans la forteresse de Malène.

 

 

 

 

 

 

Lewis Trondheim continue à développer son monde moyen-heroic-Fantasy-âgeux avec de plus en plus de finesse et de philosophie. Empreintes d’une violence rare dans ce type de bandes-dessinées, les aventures de Ralph Azham invitent à une réflexion certaine sur le sens de la vie et celui des actions que l’on commet, sur le pouvoir et sur la religion. Au-delà de cela, la question de l’intérêt de l’immortalité et de ce que l’on en ferait est au centre des relations entre le canard au bec bleu et ses ennemis.

Avec Ralph Azham, Trondheim tient sous sa plume une grande saga au long cours, un Game of Thrones où chaque personnage est une figure ou un pion d’un échiquier avec lequel il s’amuse avec jubilation.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Ralph Azham

Tome : 9 – Un feu qui meurt

Genre : Heroïc Fantasy

Scénario & Dessins : Trondheim

Couleurs : Findlaky

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 12 €

ISBN : 9782800170343



Publié le 13/07/2017.


Source : Bd-best


L’adoption et Les beaux étés 3 : Zidrou, de voyages en cheminements, déjoue les attentes et les apparences

Sacré Zidrou, non content d’être partout (encore cet été, dans une exposition prestigieuse au Centre Belge de la Bande dessinée), il aime à viser juste. Présent dans tous les genres (manquerait plus que la science-fiction, et il aurait toutes les cordes à son arc), l’auteur attachant et sympathique s’est renouvelé, ces dernières années, dans des thèmes touchant à l’intime, plus que jamais à la vraie vie. Parmi ses récits, Les Beaux Étés et L’Adoption comptent parmi les plus réussis, les plus intemporels et les chouchous du public. Et les qualités de ces deux albums vont dans ce sens, avec de bien belles nuances.

 

 

 

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Pena chez Dargaud

 

« Au p’tit bonheur, je trace mon chemin », la chanson et l’air de Camping Sauvach sont connus (dans le Namurois, du moins) et conviennent plutôt pas mal aux parenthèses de vie(s) auxquelles nous convie Zidrou. Et nous voilà repartis sur la piste d’autres horizons, d’autres évasions. Pour la famille Faldérault, le curseur s’est arrêté en 1962 (après avoir visité les étés 73 et 69) et si les jeunes parents Pierre et Mado viennent de faire l’acquisition d’une fabuleuse Estérelle, une 4L que la sympathique famille ne compte pas épargner sur la route des vacances.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Pena chez Dargaud

 

Et comme l’heure est venue de préparer ses bagages et de prendre le large, voilà que la petite famille (Pierre, Mado mais aussi la petite Julie et bébé Nicole, « renforcés » par la présence de mamie « Yvette-la-parfaite » et papi « pauvre Henry ») se met en route pour… Saint-Étienne. Saint-Étienne « où la rue artérielle limite le décor, les cheminées d’usine hululent à la mort, la lampe du gardien rigole de mon style » comme ne le chantait pas encore Lavilliers. Bref, vous imaginez l’enthousiasme de ces cinq-là. Oui, parce que, naturellement, Yvette en tyran indécrottable a choisi la destination et impose sa loi. Et, en grenouille de bénitier qu’elle est, de clocher en restaurants avec moules mais sans frites, les vacances risquent d’être chouettes… Tu parles !

 

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre/Pena chez Dargaud

 

De son côté, dans l’adoption, c’est plutôt pour la formule « Il voyage en solitaire » que Gabriel a choisi. Le voilà en route pour le Pérou, combattant sa nature bourrue pour s’ouvrir à un monde dont il ne connaît rien. Dix-huit mois ont passé et Gabriel a changé. Il ne s’est jamais remis des événements qui ont à jamais chamboulé sa famille. Peut-être plus que son fils condamné à la prison. Plus aussi que son ex-belle-fille qui a coupé les ponts. Gabriel a eu du mal à s’y faire mais cette fois, il en est sûr : il est bien l' »achachi » de la petite Qinaya qu’il compte bien retrouver. Quitte à payer le prix d’un long voyage pour un homme qui n’est plus de toute première jeunesse.

 

 

 

 

© Zidrou/Monin chez Grand Angle

 

D’un côté, il y a le généreux Jordi Lafèbre. Son dessin est beau comme un soleil (rayonnant avec les couleurs de Mado Peña) et se nourrit des mots de Zidrou, réglé comme du papier à musique mais n’hésitant pas à pas jouer de toutes les notes. C’est ce qui fait la symphonie réussie des Beaux Étés depuis trois tomes et pour longtemps encore, espérons-le. De l’autre côté, dans L’Adoption, c’est toute la sensibilité d’Arno Monin qui est à l’oeuvre dans ce voyage au bout du monde mais aussi au coeur de soi. Ce gars est bourré de talent, on le sait encore plus (et on n’est pas les seuls) depuis ce diptyque fameux et couronné de succès.

 

 

 

 

© Zidrou/Monin chez Grand Angle

 

Arno Monin, on voit ses traits sous la couleur, leur expression, leurs certitudes et leurs incertitudes. Assemblés, on ne voit le résultat, pertinent et puissant, d’un vol au-dessus de Nazca au boucan d’enfer d’un taximan nerveux et un peu brouillon. Résolument, Zidrou sait choisir ses dessinateurs et cela tombe bien, ils le lui rendent bien dans ces dessins où brillent le coeur mais aussi l’âme. Dans ces planches, il y a de l’humain et de ses sentiments.

 

 

 

 

© Zidrou/Monin chez Grand Angle

 

Zidrou, tout ce qu’il touche, il le transforme en or, ou à peu près. En or, dans le sens noble du terme, celui qui éclaire un peu plus nos vies. Ainsi dans ce troisième tome des Beaux Étés comme dans cette deuxième partie de L’Adoption, le scénariste joue de rire et d’émotion.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre

 

Et s’il n’est pas facile de faire rire, il est encore moins facile de jouer des deux arcs, humoristiques et dramatiques. Dans un miracle répété d’albums en albums (cela tient donc désormais plus du savoir-faire et de la sagesse), Zidrou déjoue encore tous les pièges pour ne pas verser dans la facilité et l’émotion « sanitaire » (celle qui fait pleurer comme on pisse) et profiter de celle salutaire. Puis, ce Zidrou-là, capable de gravité autant que de légèreté, déjoue aussi toutes les attentes.

 

 

 

 

© Zidrou/Lafebre


Ainsi nous livre-t-il une conclusion inespérée à son diptyque L’Adoption, à des galaxies de ce à quoi on pensait assister. C’est fortiche, et on ne voit pas si souvent des auteurs se dégager des liens de l’attachement à un public pour tracer leur propre voie et séduire encore plus. En suivant les destins de ces personnages sculptés dans la plasticine pour être le moins immuables possible, on se rend compte qu’on… murit et qu’on s’ouvre à d’autres réalités. Le tout dans la simplicité… ébouriffante de génie.

 

Alexis Seny

 

Titre : Les beaux étés

Tome : 3 – Mam’zelle Estérelle (1962)

Scénario : Zidrou

Dessin : Jordi Lafebre

Couleurs : Jordi Lafebre et Mado Peña

Genre : Chronique familiale, Humour, Feeling Good

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€



Publié le 11/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 6

    « - Tout ça ne nous explique pas cette histoire de dragon postal qui prend la poudre d’escampette…

-          Monsieur le directeur !!! C’est une catastrophe ! L’enclos ! L’enclos aux dragons ! Il est vide !!

-          Quoi ?!

-          Plus un seul dragon ! Ils sont tous partis !!

-          Comment est-ce possible ?

-          Justement, à ce sujet, je…

-          Plus tard, mon vieux ! C’est une catastrophe ! Il faut les retrouver ! »

 

            Mais, que se passe-t-il ? Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Les dragons disparaissent ? Il n’y a plus de potions magiques ? On court au drame. Tous les 300 ans, c’est une nouvelle génération de dragons qui laisse place à la précédente. Et comme le feu des dragons chauffe les potions, ceci explique la pénurie constatée. Notre sorcière préférée va tenter de pallier au problème en se rendant dans la communauté chinoise qui fournit habituellement les potions à l’école des sorciers.

 

 

 

 

 

            Décidément, Clarke, en prenant seul les rênes de la série, a choisi la meilleure orientation possible. Il atteint son rythme de croisière en proposant des aventures complètes dont chacune d’entre elles est meilleure que la précédente. Cette « année du dragon » est donc une parfaite définition de la bande dessinée franco-belge s’inscrivant à la fois dans la plus pure tradition classique, mais aussi dans un dynamisme moderne, représenté, entre autres, par « Le royaume » de Féroumont. Son style épuré va à l’essentiel, invitant à une vitesse de lecture qui réconciliera les lecteurs de Manga avec le 44 planches conventionnel.

            Cerise (coloriste) sur le gâteau, le dessinateur signe une couverture remarquable qui restera dans les annales : un magnifique hommage à Hergé, Maître ultime vénéré, relecture du mythique Lotus bleu.

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Mélusine

Tomes : 25 – L’année du dragon

Genre : Aventure fantastique

Scénario & dessins : Clarke

Couleurs : Cerise

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 10,95 €

ISBN : 9782800170305



Publié le 11/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 5

Après un premier tome glaçant et nous renvoyant à nos pires cauchemars, les deux vénérables et infernaux acolytes Mat Salvia et Djet clôturent leur diptyque consacré aux Croquemitaines, et aux dissensions de ce monde de brutes et d’ombres, à tombeau ouvert. Et le petit Elliott dans tout ça doit bien se cramponner au Chien et au Père-la-Mort s’il veut avoir une chance de survivre dans ce monde ténébreux et lugubres.

 

 

 

 

 

 

 

© Salvia/Djet chez Glénat

 

Amis de l’hémoglobine, avec les chefs-coq Salvia et Djet, vous allez être servi. Le concept original est maîtrisé et les deux auteurs font feu de tout bois et de toutes les références. Sous influence, mais sortant du lot. Proposant des méchants Croquemitaines qui ont des allures de boss impitoyables dans un jeu vidéo prenant. Non, résolument, en ouvrant grand la porte de cette garde-robe d’où on craignait de voir apparaître un monstre carnassier, les deux auteurs réussissent une entrée fracassante et remarquée dans le monde du comics à la française. Avec en plus plein d’hommages et bonus de quelques grands auteurs actuels. On en bégaye, on en transpire, on en redemande !

 

 

 

 

L’hommage de Tébo chez Glénat

 

« Croquemitaines », Livre 2, Mathieu Salvia et Djet, Glénat Comics, coll. « Original Graphic Novel », 128p., 17,95€, sorti le 31/05/2017.



Publié le 07/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 4

Lui, aussi, peut se vanter d’avoir fourni à l’Histoire bien des champs de bataille sur lesquels des hommes se sont trouvés démembrés. Napoléon, le terrible, l’insatiable mais aussi… « votre flétrissure », « votre ventripotence » ou encore « votre impuissance ». Avec un personnage comme ça, comme l’Histoire laisse de la place à l’humour, on ne peut que s’en donner à coeur-joie. Et c’est ce que font, sans se priver, Lapuss et Stédo (qui, même sans Les Pompiers, ne peut s’empêcher de péter des flammes).

Deux matadors pour un empereur qui perd de sa contenance et de sa prestance pour devenir un vrai héros de BD avec son nez pointu, la taille d’Astérix mais le diamètre d’Obélix.

 

 

 

 

 

 

 

© Lapuss/Stedo/Lunven chez Bamboo

 

On rit beaucoup face aux péripéties et à la fougue de ce pathétique empereur mais on saisit aussi le supplément d’âme conféré par les deux auteurs qui varient les plaisirs (et les décors) en farfouillant dans les éléments véridiques de la vie de cet empereur incatalogable. Ainsi apparaissent son sosie, un certain Coluche sans oublier ses soupirantes et la délicate Joséphine. Un joli cocktail.

 

 

 

 

© Lapuss/Stedo/Lunven chez Bamboo

 

« Napoléon », t.2, « Empereur et sans reproche », Lapuss/Stédo/Lunven, Bamboo, 42p. (+ six pages de dossier), 10,60€, sorti le 07/06/2017
 



Publié le 05/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances, part 3

Si vous partez en vacances, faites bien gaffe à ne rien vous casser. Pire, à ne pas perdre un de vos membres. Je sais, c’est gore. Mais, au moins, ça nous met en situation pour entrer dans La fabrique des corps, deuxième volume de la collection Octopus dirigée par Boulet aux Éditions Delcourt. Après être parti à la conquête de l’espace, on revient donc plus terre à terre avec la toute jeune autrice, Héloïse Chochois.

 

 

 

 

 

 

 

© Chochois chez Delcourt

 

Après avoir prouvé sur le net qu’elle avait le trait et la fibre scientifique, voilà qu’elle publie son premier album consacré à l’un des champs scientifiques en constante mutation : celui qui vise à réparer les humains. Vous vous souvenez du Dr. Connor dans Spiderman ? Celui qui s’est transformé en lézard en voulant faire repousser son bras ? Hé bien, ce n’est plus de la science-fiction, et désormais, non content de réapprendre à vivre avec une main ou un pied en moins, l’humain peut aujourd’hui se parer de prothèses de plus en plus performantes.

 

 

 

 

© Chochois chez Delcourt

 

Avec comme guide de luxe Ambroise Paré, Héloïse suit ainsi le parcours du combattant adouci par les progrès de la science d’un jeune victime d’une collision entre son scooter et un cerf à l’orée du bois. Ça fait mal tout de suite et voilà qu’il se réveille amputé de son bras gauche. Passé la surprise, mauvaise et glaçante, le voilà totalement acquis à la cause d’Ambroise Paré qui va lui faire découvrir la Fabrique des corps du Mésolithique à notre futur proche et à son humain augmenté. Faisant de l’épreuve une grande promenade dans les dédales de la science de Vésale, Héloïse Chochois allie l’intime de l’expérience personnelle de cet homme au corps brisé (avec ce que cela comporte d’acceptation, d’habitude et d’attente avant de retrouver pleine possession de ses moyens) à la grande histoire d’une science méconnue mais peut-être encore plus essentielle à l’heure où les guerres déchiquettent et explosent les membres.

 

 

 

 

© Chochois chez Delcourt

 

Le regard d’Héloïse n’est pas pour autant faussé et irraisonné puisqu’il est aussi question des limites et des craintes liées à une telle pratique de renforcement de l’humain meurtri. La dessinatrice qu’elle est trouve un graphisme efficace pour ce cours magistral sans doute un peu trop conventionnel et technique que pour prendre la mesure de ce sujet complexe. Impossible de tout retenir, donc, mais voilà un nouvel exemple de tout ce que la BD peut nous apprendre en un minimum de textes et un maximum de dessins.

« La fabrique des corps. Des premières prothèses à l’humain augmenté », Héloïse Chochois, Delcourt, coll. Octopus, 160p., 18,95€,



Publié le 03/07/2017.


Source : Bd-best


Quelques planches de BD en plus sur la plage de vos vacances part 2

Michigan, sur la route d’une War Bride

Il y a un peu plus de septante ans, au sortir de la guerre, près de 200 000 Européennes ont quitté leur patrie et leur pays pour suivre un soldat américain, un GI comme on les appelle. Une façon de vivre leur rêve américain avec les yeux de l’amour, envers et contre cet océan qui les séparerait de leur ancienne vie. Parmi celles-ci, il y avait ma grand-tante mais aussi celle de la compagne de Julien Frey. C’est son destin entre hier et aujourd’hui, au coeur du Midwest et du Michigan, que le scénariste raconte dans Michigan, sur la route d’une War Bride.

 

 

 

 

© Frey/Varela chez Dargaud

 

Ou comment un Milky Way va influencer le cours d’une vie, le cours de plusieurs vies. Pour ces vacances longue durée en Amérique, Julien Frey a trouvé un allié de choc en la personne du redoutable et remarquable dessinateur argentin Lucas Varela (dont le terrible Jour le plus long du futur nous émeut encore). Le mal de l’air et de l’avion en moins, nous voilà ainsi découvrant cette Amérique sous le filtre d’Odette, cette ancienne Parisienne à la trempe bien affirmée et sous la curiosité de Julien qui, en raconteur qu’il est, voit là un formidable récit à partager.

 

 

 

 

© Frey/Varela chez Dargaud

 

Des petites histoires, des anecdotes qui forment peu à peu une trajectoire de vie sublimée par les choix graphiques simples mais de toute beauté de Lucas Varela qui allie humour et grande sensibilité. Dieu, que cette Amérique-là, à visage humain, faite de différences d’origine, est belle et touchante.

 

 

 

 

© Frey/Varela chez Dargaud

 

« Michigan, sur la route d’une War Bride », de Julien Frey et Lucas Varela, Dargaud, 148p., 19,99€



Publié le 30/06/2017.


Source : Bd-best


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