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Madame de Nancy Peña, chat échaudé craint temps de chien mais gare aux gaffes domestiques!

Ne dites pas à Madame qu’elle a du chien, cela pourrait la vexer profondément. Madame, c’est une chatte domestique… ou plutôt est-ce l’inverse. Car Madame a du tempérament et prend un malin (et machiavélique plaisir à faire tourner sa maîtresse en bourrique. Et Nancy Peña (la dessinatrice, dans un tout autre genre, de Médée), non contente de lui donner la parole et de fantasmer un peu ses petites manières, de la coucher sur internet (un blog d’abord) papier. Enfin d’essayer. Parce que Madame gigote beaucoup et mieux vaut être bien assuré.

 

 

 

 

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

Résumé de l’éditeur : Au grand dam de Nancy Peña, l’espiègle minette n’en a pas terminé avec les bêtises. Tour à tour styliste (grunge), paysagiste (cataclysmique) et même lave-vaiselle (turbo et cycle court !), Madame ne compte pas brider ses compétences et expériences. Qui a dit que les chats se prélassaient dans l’oisiveté ?

 

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

Manifestement, Madame n’est pas rassasiée et a encore faim de gloire et d’amuser la galerie. Pas besoin de redoubler d’effort, pour autant, dans ce deuxième tome, en matière de pire, Madame connaît son sujet sur le bout des griffes. Et tant qu’à parler de sujet, parlons aussi des verbes qui accompagne ses frasques. « Madame formule », « Madame bouscule » ou encore « Madame fatigue »… mais jamais longtemps tandis que Nancy Peña rivalise d’originalité pour mettre des mots sur les innommables bévues et mauvais coups de sa compagne féline et vicieuse.

 

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

 

©Nancy Pena chez La boîte à bulles

 

Tout au long des 80 pages, on rit souvent de bon cœur tout en se disant « mieux vaut que ce soit chez Nancy que chez nous » car Madame dépote ! Les moments de sieste, véritables havres de paix pour la propriétaire de cette chatte écaille de tortue si mignonne… à l’extérieur, sont donc trop rares, et pour le reste, il faut s’armer de patience… alors que la féline s’arme elle de tout ce qu’elle trouve: le ruban des cadeaux de Noël (hé oui, on y pense déjà), un bidon d’essence ou un bol de soupe sans compter les babioles qui encombrent la cheminée et que Madame s’empresse de faire dégringoler pour… tester les lois de la physique.
©Nancy Pena chez La boîte à bulles
©Nancy Pena chez La boîte à bulles

Oui, Madame est savante et trop craquante que pour qu’on lui passe un savon. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Fini le temps de l’espion aux pattes de velours, la chatte en question, ici, ne fait pas dans la dentelle et a sa place toute trouvée parmi les chat-valiers de l’apocalypse. En témoigne l’étendue des dégâts dans la maison, les jours de pluie. À miauler de rire!

 

 

Alexis Seny

 

Série: Madame

Tome: 2 – Un temps de chien

Scénario et dessin: Nancy Peña (et sur Fb)

Bichromie

Genre: Humour, Gag

Éditeur: La Boîte à Bulles

Collection : Contre-pied

Nbre de pages: 80

Prix: 13€



Publié le 29/11/2016.


Source : Bd-best


Jeux d’eau et judo avec Teddy Riner sur les vagues de l’Amérique du Sud

Le premier combat était convaincant, alors voilà l’as des as du tatami mondial qui repart pour une nouvelle aventure, quasiment sous les sunlights des Tropiques. Au programme, bronzette et « bombes » dans les vagues que propose la Guadeloupe, mais aussi un entraînement intensif en vue des Jeux olympiques de Rio. Mais comme les courants sont plutôt forts de ce côté du monde, voilà que Teddy et ses amis (Fleur et Loup, nous avions fait les présentations, vous vous souvenez?) dérivent vers la dangereuse et indomptable Amazonie en quête du secret du judoka légendaire: Copa Kabana.

Résumé de l’éditeur: La Guadeloupe est une île paradisiaque. Idéale pour des vacances, elle est aussi un terrain d’entraînement formidable pour Teddy. Et maître Otapi, le coach du champion, sait parfaitement exploiter toutes les richesses du lieu. Mais, lorsque Teddy apprend que son adversaire, le terrible Ivan, cherche à découvrir le secret de l’invincibilité du légendaire Copa Kabana, il décide lui aussi de partir à la rencontre du champion brésilien.

 

 

 

©BeKa/Jikkô/Cosson chez Dargaud

 

 

©BeKa/Jikkô/Cosson chez Dargaud

 

Comme dans le premier tome, ne vous attendez pas à une leçon de judo mais plutôt à une récréation qui occupera la tête de nos futurs semeurs d’ippons. Il y a de l’humour, de l’aventure, de bons principes, comme souvent avec le duo Beka. Puis, cette Amazonie, même si on n’y trouve pas de Marsupilami (mais bien des singes tout mignons et des piranhas aux dents longues, et aussi une… sorcière), nous permet de profiter un peu plus du trait de Maître Jikkô (ro kano?) dans un autre univers.

 

 

 

Création de la scène de la sorcière. ©BeKa/Jikkô

 

 

Création de la scène de la sorcière. ©BeKa/Jikkô

 

Puis, en héros de bande dessinée, Teddy Riner a la tête de l’emploi, bien dans ses pompes dessinées et charismatique comme il faut sans rien perdre de sa musculature massive. Le larron fait l’occasion, et ici sans prétention, on s’amuse une nouvelle fois plutôt bien au contact des judogis de cette équipe éclectique. Bon, pas de quoi faire de l’ombre au Corcovado mais l’aventure ne laisse pourtant pas le temps de siroter un cocktail sur un des lieux paradisiaques visités. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois!

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Teddy Riner

Tome: 2 – La force des vagues

Scénario: BeKa

Dessin: Jikkô

Couleurs: Maëla Cosson

Genre: Sport, Humour, Aventure

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 48

Prix: 9,99€

 

 



Publié le 28/11/2016.


Source : Bd-best


Les masques et la plume, to be or not to be, Blake et Mortimer sur les traces du mystère Shake-Speares

Remis du fiasco du Bâton de Plutarque, Blake et Mortimer repartent inlassablement vers de nouvelles aventures. Moins trépidantes mais plus érudites, cette fois. Car Yves Sente et André Juillard se sont mis en tête de fêter non pas un (les 70 ans de Philip et Francis) mais deux anniversaires. Et si, a priori, le titre ne nous avait pas vraiment mis sur la voie, les premières planches nous ont mis la puce et la pièce à l’oreille: le Testament de William S. est un bien bel hommage à le seul et l’unique Shakespeare. L’unique? Quoique…



Résumé de l’éditeur: Nos héros les plus british mènent l’enquête sur le plus british des dramaturges: William Shakespeare of course ! Mais qui est-il vraiment ? Entre l’Angleterre et l’Italie, Philip Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown, résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres. Entre-temps, Francis Blake enquête sur une bande organisée de Hyde Park.

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard/Demille aux Éditions Blake et Mortimer

 

Diviser pour régner, sans doute l’expression n’a-t-elle jamais autant convenu pour un album de Bande Dessinée. Dans Le Testament de William S., c’est devenu une habitude chez Sente et Juillard, Philip et Francis mènent leurs petites affaires chacun de leur côté. Mieux! Par un parallèle temporel insoupçonné, si l’on remonte près de 350 ans en arrière, nous tomberons sur deux êtres, l’un campagnard, l’autre de prime noblesse, qui pourraient bien former à deux le vénéré… Shakespeare, contre vents et tempêtes, peu importe ce que pensent leurs proches. Shakespeare, une identité littéraire bicéphale. To be or not to be… schizophrénique. Cela vaut bien un trait d’union, Shake-Speares (William Shake, le campagnard – Guillermo Da Spiri, le voyageur).

 

 

 

© Sente/Juillard chez Dargaud (Visible dans l'Héritage Jacob, 9ème tome de Autour de Blake et Mortimer)

 

 

© Sente/Juillard aux Éditions Blake et Mortimer (Visible dans l’Héritage Jacob, 9ème tome de Autour de Blake et Mortimer)

 

S’introduisant dans la brèche laissée béante par le mystère qui entoure l’auteur(s) de Roméo et Juliette, Yves Sente et André Juillard ne confondent pas la fiction et la réalité, et s’ils s’inspirent de deux ou trois grandes lignes de la (prétendue) vie du dramaturge, pas question de privilégier l’une ou l’autre piste fiables selon les experts de Shakespeare comme l’avait fait avec brio le film Anonymous de Roland Emmerich. Le mieux est donc d’inventer, de créer, tout en dispersant quelques références (Edouard de Vere, par exemple, l’un des noms qui revient le plus quand on cherche à attribuer la paternité de l’oeuvre de Shakespeare à un de ses contemporains).

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard/Demille aux Éditions Blake et Mortimer

 

Un bond en avant, un bond en arrière, le duo d’auteurs a trouvé un excellent mécanisme pour remonter le temps et placer nos deux héros (qui trouvent renforts chez d’autres personnages venus en one-shot ou nous rappelant le souvenir de précédents albums) sur l’échiquier d’une chasse au trésor géante, entre Stratford, Venise ou encore Vérone. L’enjeu est de taille: mettre la main sur une pièce totalement inédite du père de Roméo et Juliette et, par la même occasion, mettre un terme à la querelle (parfois meurtrière) que se livrent depuis des luxes Oxfordiens et Stratfordiens. Sans compter que d’autres personnages plus ou moins malveillants entendent bien se tailler la part du lion. Comme… Olrik qui, en prison, téléguide ses sbires en vue d’accomplir de noirs desseins.

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard

 

“Les hommes qui parlent le moins sont les plus vaillants” disait le dramaturge. Alors Blake et Mortimer sont sans doute moins vaillants, sur ce coup-ci, mais pas dépourvu de qualités pour autant. C’est vrai qu’il y a à lire dans ce nouveau tome. Beaucoup à lire. Et n’en déplaise à ceux qui pensent que la BD se conçoit plus en dessin qu’en lettres. Les fanas d’action peuvent donc ici passer leur tour, ce Blake et Mortimer-ci se veut plus intellectuel, passionnant.

 

 

 

© Sente/Juillard/Demille chez Dargaud

 

 

© Sente/Juillard/Demille aux Éditions Blake et Mortimer

 

Ici, Dan Brown croise Agatha Christie et l’enquête vaut son pesant de surprises. Sans besoin de forcer le talent, le trait de Juillard est la plupart du temps statique tout en sachant se dévergonder et se faire efficace lors des moments d’action. Le testament de William S., malgré une couverture pas folichonne (celle de la version « strip » est beaucoup plus réussie) signe le retour en grâce de deux amis qui n’étaient plus vraiment en forme depuis quelques années.

 

 

 

© Sente/Juillard

 

 

© Sente/Juillard

 

Et quant à savoir qui se cache vraiment derrière l’homme de Stratford, là… n’est plus la question. Le mystère est savamment entretenu et laissons à Shakespeare le mot de la fin: "Un feu léger est vite étouffé : si vous le laissez faire, des rivières ne sauraient l’éteindre."

 

Alexis Seny

 

Série: Les aventures de Blake et Mortimer

D’après les personnages d’Edgar P. Jacobs

Tome: 24 – Le testament de William S.

Scénario: Yves Sente

Dessin: André Juillard

Couleurs: Madeleine Demille

Genre: Aventure, Enquête, Mystère

Éditeur: Blake et Mortimer

Nbre de pages: 64

Prix: 15,95€



Publié le 28/11/2016.


Source : Bd-best


La Geste des Chevaliers Dragons 23 : La mer close

   « - Des femmes à bord, c’est le malheur sur le vaisseau, Capitaine ! C’est s’attirer les foudres, la malchance, la colère des dieux… C’est interdit par les mânes ! Et c’est interdit par le règlement ! »

            « - Les Chevaliers Dragons ne sont pas des femmes, Timon. Pas au sens où tu l’entends. Ce sont… des combattantes, des soldats, d’une certaine manière…des gens de guerre, au service de l’impératrice… »

            « - Sauf votre respect, Capitaine, vos « gens de guerre », elles ont des fesses et des seins ! Regardez-moi ça, là-bas ! Elles se cachent dans leurs voiles. Elles font de leur mieux mais ce sont quand même des drôlesses ! Et la poisse qui va nous tomber dessus parce qu’il y a des femelles à bord, elle s’y trompera pas ! La déveine va s’abattre ! Comme une pluie de purin ! »

 

            Philippe, Capitaine de navire, transporte des Chevaliers Dragons, jeune femmes vierges, dont la mission est de combattre un monstre marin propageant le veill, mal incurable dont elles seules ne peuvent être atteintes. En chemin, le Capitaine va recueillir à bord des esclaves fuyant le port d’Alerp. Sa Majesté l’impératrice ne va pas forcément apprécier cette initiative.

 

 

 

 

 

            La Geste des Chevaliers Dragons est une série concept qui date de 1998. Une série Soleil qui devient adulte, c’est assez rare pour le souligner.

            Créée et toujours scénarisée par le duo Ange, la Geste voit les dessinateurs se succéder, parfois revenir, avec des couleurs de Stéphane Paitreau, parfois accompagné, unifiant la collection. Le titre de la série la définit parfaitement. C’est une geste, avec tout ce qu’il y a d’épique, de lyrique, d’héroïque.

Dans cet épisode, le Comte de Charmont écrit à son cousin et lui présente les événements décrits dans son journal de bord. Proche du récit épistolaire, cela transforme la BD à la limite parfois de l’album illustré. Qu’importe. Dans la Geste, ça passe naturellement. Ange fait monter l’action jusqu’à un final grandiose tant au niveau de la narration que du dessin. Par ailleurs, La mer close est en plein dans l’actualité. On peut lire en effet dans les intercases tout le problème européen actuel des migrants, quittant leurs pays pour trouver refuge ailleurs, à la recherche d’un pays d’accueil où les conditions d’intégration peuvent se transformer en prétextes de ré-expédition.

 

Dix ans après avoir signé Les jardins du palais, cinquième album de la Geste, Christian Paty revient dans l’aventure. Il dépeint avec force les paysages maritimes et signe une couverture forte que l’on voit d’un autre regard une fois l’album terminé.

 

Avec les voyages de la Geste, les contes et légendes traditionnels du Moyen-Age ayant traversé les ans trouvent des successeurs au XXIème siècle.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

Série : La geste des chevaliers dragons

Tomes : 23 - La mer close

Genre : Heroïc-Fantasy

Scénario : Ange

Dessins : Paty

Couleurs : Paitreau

Éditeur : Soleil

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 978-2-302-05586-5

 



Publié le 28/11/2016.


Source : Bd-best


Walking dead 26 : L’appel aux armes, Robert Kirkman, scénariste créateur, a une conception télévisuelle de son univers

« - Bien. Très bien, Gabriel. Mais la prochaine fois, commence par tirer sur le plus proche, et éloigne-toi au fur et à mesure. Ça va ? »

            « - Désolé, je… Ça va. Ça faisait si longtemps… Je ne m’attendais pas à ce que ça soit…si facile. »

            « - C’est l’entraînement. Ça doit devenir une seconde nature. C’est là que ça commence à faire peur. Mais le monde est comme ça. T’as bien assuré, mon Père. Dieu serait fier de toi. »

 

 

 

 

 

 

 

 

            Dwight, ancien lieutenant de Negan, apprend au prêtre Gabriel comment chasser les macchabées. Rick et les siens s’organisent pour affronter les chuchoteurs, ce groupe d’humains revêtus de peaux de zombies et ayant réussi à les « dompter ». A l’intérieur du camp, Eugène Porter rafistole un vieil émetteur radio et réussit à prendre contact avec un groupe d’autres rescapés.

            Après un volume 25 plutôt plan-plan, les zombies de Walking Dead reviennent en force dans un épisode où ils sont paradoxalement assez peu présents.

Encore une fois, l’horrifique Negan vole la vedette à tout le monde, non seulement à Rick et à sa communauté ainsi qu’aux morts-vivants, mais il prend aussi le pas sur les chuchoteurs. Sans dévoiler le surprenant final, Negan va se transformer en ver dans le fruit parmi eux.

 

            Robert Kirkman, scénariste créateur, a une conception télévisuelle de son univers. Est-ce dû au succès de son adaptation sur le petit écran ? Toujours est-il que les scènes intermédiaires prennent des positions stratégiques avec des dialogues percutants, ne lésinant pas sur les grossièretés. La traduction y est peut-être pour beaucoup. Chaque volume de la version française est composé de six fascicules des comics américains, avec une tension qui monte crescendo.

 

 

 

 

 

 

            Les dessinateurs Charlie Adlard, Stefano Gaudiano et Cliff Rathburn sont dans une routine qu’on pourrait penser monotone. Pourtant, ce sont eux qui tiennent le lecteur éveillé quand il n’y a pas d’action, avec notamment un travail sur les noirs et gris qui montre leur maîtrise de la pratique. Dessinateur, encreur ou poseur de trames et niveaux de gris, les trois artistes sont en symbiose.

 

            Walking dead n’a pas fini de nous faire marcher.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Walking dead

Tomes : 26 - L’appel aux armes

Genre : Horreur

Scénario : Kirkman

Dessins : Adlard & Gaudiano

Trames et niveaux de gris : Rathburn

Collection : Contrebande

Éditeur : Delcourt

Nombre de pages : 152

Prix : 14,95 €

ISBN : 978-2-7560-7704-8



Publié le 25/11/2016.


Source : Bd-best


Neige origines, Fred Vignaux maîtrise aussi bien les paysages hivernaux que printaniers

« - ça se confirme… Je suis mort. Et je suis au paradis ! »

            « - En effet, bienvenue en Eden… Par contre, je vous rassure : vous êtes bien vivant. Nous vous avons soigné. »

            « - Qui êtes-vous ? »

            « - Je suis Yahvé. Et vous ? Comment vous-appelez-vous, mon fils ? »

            « - Chantefable. »

 

            Laissé pour mort lors d’une attaque de hors-clans, Chantefable croit se réveiller dans un bucolique paradis. Yahvé, dandy au costume blanc et au visage recouvert d’une cagoule de la même couleur, lui présente le domaine verdoyant. Rien à voir avec l’Europe glaciale dans lequel Northman cherche à retrouver le groupe d’hospitaliers parti au ravitaillement. L’Eden, royaume de Yahvé, n’est nulle part et partout. Mais lorsque quelqu’un tente de s’en évader, ses frontières peuvent s’avérer infranchissables. Chantefable va braver les dangers pour tenter de découvrir ce qui se cache derrière cette idyllique prison dorée. Et Neige dans tout cela ? Il est dans le coma, aux bons soins de Yahvé.

 

 

 

 

 

 

 

            Convard et Adam reviennent aux origines de Neige. C’est un épisode particulièrement angoissant qui ouvre ce diptyque dans lequel Neige et neige sont au second plan. On reste quand même dans l’ambiance de l’univers créé par Convard, même si celui-ci semble plus éloigné des dialogues. On sent qu’Adam est en train de prendre la main, comme un passage de flambeau. Un seul regret dans le scénario de cet album : les auteurs ont cédé à la mode des zombies. Attention, surfer sur un phénomène peut vite s’avérer dangereux pour une série et la rendre old school plus vite que prévu. Laissons Walking dead chez Walking dead. Par contre, le côté Mad Max est bien plus adéquat à l’esprit Neige.

 

            Fred Vignaux maîtrise aussi bien les paysages hivernaux que printaniers. Ses explosions explosent littéralement. Les anges blancs planent réellement. Pour un peu, on se croirait dans une BD en 3D. Vignaux ne cherche en aucun cas à copier Gine. Il reste lui-même ce qui dégage une certaine sincérité dans son propos graphique.

 

            Neige fondations et Neige origines, c’est bien et même très bien, mais Neige tout court, c’était fantastique. Messieurs les auteurs et éditeur, une petite fin par respect du lecteur, ce serait bien, non ?

 

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Neige origines

Tomes : 2 - Eden

Genre : Anticipation

Scénario : Convard & Adam

Dessins & Couleurs : Vignaux

Éditeur : Glénat

Nombre de pages : 48

Prix : 13,90 €

ISBN : 9782344009260



Publié le 22/11/2016.


Source : Bd-best


Cyril Bonin perpétue de manière fabuleuse notre besoin de… délicatesse

On la connaissait en roman, d’abord. Puis en film (l’écrivain étant lui-même passé de la plume à la caméra avec Audrey Tautou et François Damiens). Voilà que La délicatesse de David Foenkinos fait son chemin et son voyage au pays des bulles et des dessins, à la façon inimitable de Cyril Bonin. Sans redite par rapport au roman ou au film mais en offrant une prolongation, un autre regard et en perpétuant notre besoin de délicatesse.

 

 

 

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur: Nathalie et François sont jeunes et amoureux. Leur vie est une promesse. Tout est joyeusement possible. Mais François meurt accidentellement, un dimanche… Le chagrin de la jolie veuve est profond, comme un mal incurable. La mort inattendue de son mari a figé leur amour. Nathalie s’écarte du monde, accablée, aveugle aux hommes, la voilà devenue cariatide d’un amour en gloire. « Il passait par là, elle l’avait embrassé sans réfléchir. Maintenant elle se demande si elle a bien fait. C’est l’histoire d’une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.»
Recherches autour du personnage de Nathalie © Cyril Bonin
Recherches autour du personnage de Nathalie © Cyril Bonin

Judicieusement confiée aux bons soins de Cyril Bonin (à qui l’on doit, récemment, The time before, et moins récemment, Fog dont la première intégrale est ressortie, il y a quelques semaines), l’histoire naissante entre Nathalie et Markus prend toute sa force et sa simplicité. Mais avant l’amour, il y a le deuil, et ménageant les cartouches, Cyril Bonin continue son travail accompli sur The Time Before et s’impose en maître du temps. Dès les premières planches, le rythme s’impose et on se retrouve projeté dans ses bribes de vies, heureuses avant le drame.

 

 

 

Recherches autour du personnage de Nathalie © Cyril Bonin

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

Bonin réussit le prodige, avec la temporalité qu’il dicte à son récit, à faire mieux que le cinéma dont c’est pourtant la spécialité. Et rien que ça, c’est grandiose. D’habitude, en BD, ça arrache toujours un peu, on doit se forcer à y croire, ici tout coule de source. Cette délicatesse en bande dessinée part donc sacrément sur de bonnes bases.

 

 

© Cyril Bonin chez Futuropolis

 

 

 

© Cyril Bonin

 

… et de bonnes cases. Car le reste en découle, d’une beauté folle, d’une humanité sans faille. La maladresse de Markus est encore plus criante, les meurtrissures de Nathalie plus fortes, sans se soucier du regard des autres. Il y a des restaurants, le toit de l’immeuble et la promiscuité d’une auto. Bonin met tout cela en grâce. Le roman de David Foenkinos ne pouvait pas mieux trouver. Et nous? Hé bien, on s’y retrouve. Infiniment.

 

Alexis Seny

 

Titre: La délicatesse

Récit complet

D’après le roman de David Foenkinos aux Éditions Gallimard

Scénario, dessin et couleurs: Cyril Bonin

Genre: Comédie dramatique, Romance

Éditeur: Futuropolis

Nbre de pages: 96

Prix: 17€



Publié le 21/11/2016.


Source : Bd-best


March, quand un comic book indépendant devient le symbole de la lutte anti-Trump

L’Amérique est schizophrène. Elle vient d’élire Trump Président. Et pendant ce temps, une petite BD en 3 volumes, March, écrit par John Lewis et Andrew Aydin et dessiné par Nate Powell, rafle toutes les accolades pour nous conter avec brio la vie de John Lewis, militant pour les Droits Civils et figure centrale de la grande marche sur Washington de 1963.

 

 

 

 

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La BD est un ghetto culturel. Un milieu relativement insulaire qui ne flirte avec le grand public que via ses adaptations sur écrans. Mais parfois une œuvre se détache du lot, comme Maus en son temps qui avait reçu un… Pulitzer! Maus avait gagné la reconnaissance du monde des Comics via le Eisner Award, la plus haute récompense du milieu de la BD outre-Atlantique. Et aussi reçu le respect du monde littéraire U.S. via l’American Book Award et d’autres prix. C’était au début des années 90.

 

 

 

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(c) Lewis/Aydin/Powell chez Top Shelf

 

 

Aujourd’hui, au lendemain de l’élection de Donald Trump, l’Histoire se répète. March, publié par l’éditeur indépendant Top Shelf ( qui collabore, entre autre, fréquemment avec Alan Moore), avait, cet été déjà, remporté un Eisner (meilleur album inspiré de faits réels pour le tome 2), comme Maus. Et voici que le tome 3 de March remporte également le National Book Award de la littérature pour la jeunesse. Auparavant, jamais un roman graphique n’avait remporté un National Book Award! Vous l’aurez compris, il va falloir tenir à l’œil les prochaines nominations Pulitzer…

 

 

 

(c) Lewis/Aydin/Powell chez Top Shelf

 

 

(c) Lewis/Aydin/Powell chez Top Shelf

 

Il faut dire que March a tous les atouts pour devenir le symbole de la lutte anti-Trump. Le « Graphic Novel » en 3 volumes est l’auto-biographie de John Lewis, icônes du mouvement des Droits Civils qui militait dans l’Amérique des 60’s pour l’égalité raciale. Aujourd’hui, Lewis est membre du Congrès et toujours actif politiquement.

 

 

 

john-lewis-appel-a-vote

 

 

Et c’est via un intérêt commun pour la bande dessinée entre Lewis lui-même et un de ses collaborateurs, Andrew Aydin, que l’idée de raconter une époque charnière de l’Histoire par l’un de ses acteurs-clefs est née. Lewis cite d’ailleurs volontiers comme influence un comic-book de 1958 racontant une autre grande figure du mouvement: Martin Luther King. Le dessinateur Nate Powell, déjà multi-récompensé aux USA, entre alors dans l’équation. La suite de l’Histoire… est en marche.

 

Un article de Christophe Coel



Publié le 21/11/2016.


Source : Bd-best


Les tuniques bleues : Des histoires courtes par…

« - Blutch !... Blutch !! Dieu du ciel ! Ne me dites pas qu’il… !! »

            « - Pas d’inquiétude, sergent. Votre copain s’en est bien tiré… Enfin physiquement, je veux dire… Pour le reste, il semblait au bout du rouleau… Hélas, ce genre de problème dépasse mes compétences… Les blessures invisibles sont souvent les plus terribles. Les pauvres âmes meurtries sont alors condamnées à errer dans les limbes pour l’éternité… Ha ! J’allais oublier. Votre ami a tout de même trouvé la force de vous écrire ce billet. Hé !... »

            « - Faites voir… ? Ha ! Non ! Il ne va pas remettre ça ! »

 

 

 

 

 

 

 

            Blutch a-t-il encore déserté ? Non. Contre toute attente, il a décidé de s’engager dans un bataillon de tireurs d’élite. Mais quelle mouche l’a donc piqué ? Chesterfield ferait bien de vérifier rapidement s’il n’y aurait pas anguille sous roche.

            Cette histoire est la première de l’album collectif des Tuniques Bleues où la fine fleur des auteurs d’aujourd’hui leur rend hommage. Signée Bodart et Gloris, « Tireur au flanc » est l’un de ces courts récits qui sort du lot.

            Inutile de présenter chacune des variations proposées, mais outre celle déjà citée, trois autres histoires se distinguent.

            « Les bleus en font des caisses » est une farce signée Sti et Goulet, dans laquelle le caporal et le sergent convoient un mystérieux chargement jusqu’à Fort Bow. Quintessence d’humour, ce récit est le plus drôle de l’album. Les deux auteurs forment un duo à exploiter dans d’autres univers. (Niffle, m’entends-tu ?)

 

 

 

 

 

 

            « Les mots bleus » de Dutto, pièce en un acte et deux acteurs où l’on apprend que Blutch a entretenu des relations épistolaires avec des individus rencontrés lors de diverses aventures, est une lettre d’amour aux personnages et en particulier aux dialogues de Raoul Cauvin. Avec « Les p »tits diables », Dutto, un des meilleurs gagmen de nos jours, a déjà montré comment il a pu tirer bénéfice de l’influence du Maître Raoul.

            « Des bleus et des Dalton » est signée Clarke. Impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler. Clarke, avec l’expérience acquise jadis chez Fluide dans ce format de courts récits, montre encore une fois qu’il est le tôlier en la matière.

            On pourrait disserter sur d’autres récits, mais les quatre présentés ici sont les meilleurs.

            Même si l’on peut regretter que certaines histoires soient trop sérieuses, l’ensemble constitue un album collectif qui se tient. Un bel hommage.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Les tuniques bleues

Tomes : HS – Des histoires courtes par…

Genre : Aventures humoristiques

Scénario : Collectif

Dessin & Couleurs : Collectif

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 92

Prix : 19 €

ISBN : 978-2-8001-6839-5



Publié le 21/11/2016.


Source : Bd-best


Bec dans l’eau ou balle dans la tête, deux nuances de Pascal Regnauld très différentes

Pascal Regnauld, sacré as que celui-là. Pourtant, si vous n’avez pas été attentif, peut-être l’avez-vous loupé… jusqu’ici. Car c’est vrai que la publicité pour laquelle il a longtemps travaillé est du genre à ne pas partager la renommée avec ses hommes de l’ombre. Puis, sous l’imposant nom de Sokal qui orne les couvertures de Canardo, la place au soleil est parfois difficilement atteignable (comme sur les plages trop bondées, l’été). Mais oui, Pascal Regnauld anime depuis plus de vingt ans la série Canardo aux côtés du maître de la pêche aux canards, Benoît Sokal. Depuis deux albums, Pascal Regnauld assure même tout seul, comme un grand (mais encore sous-estimé), le dessin de cet emplumé d’enquêteur. Mais voilà qu’en deux coups, Pascal Regnauld a fait encore plus fort avec Trou de mémoire qui révèle un sens inné du polar et un graphisme très singulier et inédit.

 

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

Trou de mémoire, la fuite en arrière et… en avant

Dans Trou de mémoire, c’est avec Roger Seiter que Pascal Regnauld développe (ou en tout cas dévoile) un peu plus toute l’étendue de son art. Trou de mémoire, c’est un polar vieille école dans l’Amérique mal élevée et revanchard des années 60. Les familles mafieuses aiment à se faire la guerre et les tueurs à gage se vendent au plus offrant. Et c’est sur une scène de crime, aux côtés d’une jolie fille raide morte et baignant dans le sang qui s’écoule de sa tête éraflée par une balle indécise que notre homme se réveille. Sur un ponton de San Francisco.

Notre homme? On peut avoir un nom, quand même? Ce sera plus facile pour suivre cette histoire, non? Oui, sauf que notre homme bien sapé a un gros problème: lui-même ne sait plus ce qu’il fait là, le pourquoi. Plus inquiétant, si la balle qui l’a heurtée ne laissera au pire qu’une petite cicatrice, elle semble avoir fait plus de dégât à l’intérieur: cet inconnu ne sait plus qui il est.
© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec
© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

Est-il l’assassin ou la victime? Pas le temps de se le demander, il faut fuir sans avoir idée d’un quelconque refuge. Enfin, il y a bien ce carton d’hôtel dans sa poche. Le temps de remettre le peu d’idées en place dans le taxi qui l’emmène et voilà que ce type tout perdu n’a pas le temps de souffler: il comprend qu’il trempe dans quelque chose de louche, de noir et que, peut-être, dans la pénombre de ce climat post-Kennedy, quelqu’un veut lui faire… la peau.

 

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

Trou de mémoire, ce n’est ni Memento ni Jason Bourne, c’est une atmosphère à part et un style qui ne doit rien à personne. Se servant de l’amnésie du personnage principal pour faire naviguer le lecteur (j’allais dire le spectateur, on est si proche de cinéma dans cette oeuvre) dans le flou, Roger Seiter se joue des apparences pour tirer le meilleur des faux-semblants et nous tenir en haleine jusqu’aux dernières cases de ce diptyque, bien construit. Deux albums qui ont chacun leurs propres questions et leur rythme. Tout s’accélère de plus en plus jusqu’au final sans-issue.
 

 

 

 

© Seiter/Regnauld chez Les Éditions du Long Bec

 

 

© Regnauld

 

Et en Pascal Regnauld, Roger Seiter a trouvé le bon allié pour développer un style unique et indescriptible et dont, de surcroît, il s’était bien garder de nous faire part. Dans ce décor monochrome d’où jaillit le rouge sang, dans ce sépia qui vieillit bureaux et chambres d’hôtel, c’est toute une époque révolue qui nous tend les bras. Une époque imprévisible et où décidément tout peut se passer. Pas si loin de Frank Miller ou de Brüno (en plus appliqué dans les détails), le trait de Regnauld est vif, précis, invente sa propre grammaire dans des décors réalistes et avec des personnages caricaturaux. Des vraies gueules, quoi! Le spectacle est intense et tellement divertissant, explosant tous les quotas fixés. Une révélation, incontestablement.

 

Alexis Seny

 

Titre: Trou de Mémoire

Tome: 2 – Combien de temps un homme peut-il survivre sans respirer?

Scénario: Roger Seiter

Dessin et couleurs: Pascal Regnauld

Genre: Polar, Thriller

Éditeur: Les éditions du Long Bec

Nbre de pages: 56

Prix: 15,50€

 



Publié le 18/11/2016.


Source : Bd-best


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