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Seuls 10 : La machine à démourir, Les auteurs arrivent encore à nous surprendre et à nous effrayer.

« - J’en ai assez, Koupchou… On sait pas où sont nos amis, on est pourchassés de partout, on a toujours peur… Y en a marre d’être morts ! Ce qu’il faudrait, c’est pouvoir revenir en arrière…que tout r’vienne comme avant, comme dans les films où… Oh, puniase, Koupchou… Je sais ! Dans les films, les savants, tous ils arrivent à faire démourir les gens ! On va faire comme eux !! »

            « - … Hhaaan ? »

            « - On va fabriquer une machine à démourir ! Ben nan, j’sais pas encore comment, mais on va trouver, t’inquiète ! »

 

            On le sait depuis quelques tomes maintenant, ce n’est un secret pour personne. Les personnages de la série sont morts. C’est pour cela qu’ils sont dans un monde parallèle sans adulte. Mais Terry en a marre. Il n’a qu’un but : démourir !

 

Pour ce nouvel épisode, la série aurait pu être rebaptisée « 5 fois Seul » au lieu de « Seuls ». Terry ère dans un salon du jouet avec le maître des couteaux qu’il a rebaptisé Koupchou. Dodji vient d’être envoyé dans un royaume de limbes par le Maître-Fou. Leïla est plongée dans un sommeil sans rêve sous la surveillance du défiguré Toussaint. Yvan semble être dans une faille spatio-temporelle pas loin de la maison de vacances de son père quand il était plus petit. Et Camille ? Camille est re-morte… L’enfant-Minuit se sent tellement seule sans ses amis.

 

 

 

 

 

 

            On croyait avoir tout subi dans « Seuls ». Les auteurs arrivent encore à nous surprendre et à nous effrayer.

 

            Fabien Vehlmann, grâce à un découpage quasi-scientifique, nous fait suivre les destins de chacun des personnages en parallèle. On soufre, on transpire, on a peur avec eux. Et quand la tension devient trop forte, qu’il faut que le lecteur souffle ou comprenne. Le personnage d’Anton apporte une explication aux événements.

 

            Bruno Gazzotti ne jouera plus jamais aux Legos comme avant. Comme il a dû transpirer dans le salon du jouet dans lequel Terry et le maître des couteaux croiseront la route de Camille. Ça va un petit peu agacer le maître qui va s’énerver avec une tronçonneuse, démantibulant un Empire State Building de Legos. Les petites briques vont voler en éclats. Gazzotti signe là une scène qui restera dans les annales de la bande dessinée et qui pourra être étudiée dans les écoles de dessin.

 

 

 

 

 

 

On peut  voir un reportage sur le tournage du film qui sortira sur les écrans le 8 février :  http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563932&cfilm=229867.html. Sofia Lesaffre joue le rôle de Leïla et Stéphane Bak incarne Dodji. Le film est réalisé par David Moreau à qui l’ont doit les terrifiants « Ils » et « The eye » (avec Jessica Alba), ou, dans un autre genre, la comédie romantique « 20 ans d’écart » avec Virginie Efira et Pierre Niney. Tout ça pour dire que « Seuls » n’a pas été confié à n’importe qui.

 

            « Seuls » est une saga au riche passé et à l’avenir prometteur. Il semble que les auteurs connaissent le final de la série. Où vont-ils nous amener ? Jusqu’où nous surprendront-ils ?

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Seuls

Tome : 10 – La machine à démourir

Scénario : Vehlmann

Dessin : Gazzotti

Couleurs : Usagi

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 9782800167176



Publié le 27/09/2016.


Source : Bd-best


Bizu Intégrale tome 2, une carrière mouvementée

« - Vite, Schnokbul, vite ! Il faut quitter cet endroit. »

            « - Allez-vous enfin m’ecfpliquer ?! »

            « - La décrue a commencé, nous allons embarquer sur cette planche… Trouvez de quoi faire des pagaies. »

            « - Bivu, f’est pas poffible, nous ne pouvons pas abandonner fette veune fille ! »

            « - Je vous dis, cornandouille, que c’est Keryna. La fée Keryna, la fée la plus maléfique de toute la celtie, voyons ! »

 

            Dans quel guêpier, nos amis se sont-ils encore fourrés ? Tout ça va encore nous entraîner dans des histoires féériques que sait si bien raconter Jean-Claude Fourneir.

 

            Nul besoin d’être breton ou adepte des crêpes et du chouchen pour adorer Bizu. Ce petit bonhomme de Brocéliande habite dans un lieu rêvé, vit des aventures palpitantes et est accompagné d’amis originaux comme Mukès, champignon domestique, ou Schnockbul, râleur au grand cœur qui fait pousser des fleurs à chacun de ses pas. Quel gamin n’a jamais rêvé de dormir dans un lit clôt ? Qui n’a jamais imaginé converser avec des lutins ou autres créatures bizarroïdes ?

 

 

 

 

 

 

            Bizu a connu une carrière mouvementée qui se découpe clairement en trois parties. Les débuts, comme une enfance de création, étaient présentés dans l’intégrale 1. La maturité fera l’objet du troisième volume. Dans ce tome 2, c’est une sorte d’adolescence à la fois graphique et scénaristique de la série.

            Exclu à l’époque du giron Dupuis, Jean-Claude Fournier semble libéré. Il s’épanouit et donne à sa série une dimension qui ne cessera de grandir, hélas pour une trop courte vie.

 

            Dans « Le signe d’Ys », un déluge dévaste la forêt. Dans le calme après la tempête, Bizu et Schnockbul rencontrent Keryna, fée maléfique qu’ils reconnaissent à son médaillon : le signe d’Ys ! Celle-ci réduit Schnockbul. Les esprits de la forêt, qui seront plus tard appelés les Bilzigs, ne lui rendront sa taille initiale qu’à condition que Bizu leur ramène ce médaillon disparu.

 

            La rencontre de Bizu avec « Le fils de Fa Dièse » est au cœur du deuxième grand récit. A la recherche de Schnockbul, ils vont arriver jusqu’au repaire lacustre du Blévis Noir, sombre seigneur qui détient Keryna prisonnière.

 

            Enfin, « Le grand désordre », aventure inédite et inachevée raconte la vengeance du Blévis Noir . Décidemment, Fournier n’a pas de chance. Pour la deuxième fois, après l’aventure de Spirou « La maison dans la mousse », il laisse un récit en plan après avoir longuement travaillé dessus.

 

Une des caractéristiques de la série est aussi la force de présence des personnages secondaires comme Lomig, sorte de chien dinosaurien rose, le Grand Karnablem, chef des esprits de la forêt, demandant à son valet Karig qu’il lui amène son sceptre, ou encore les crapauds Léon et Léone, dont la boule de cristal peut-être d’un grand secours.

 

            Flaubert disait : « Madame Bovary, c’est moi. ». Fournier peut se définir ainsi : « Bizu, c’est moi. ». Alors, Monsieur Fournier, racontez-nous de nouvelles belles histoires de vous…

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Bizu

Tome : Intégrale 2

Scénario & Dessin : Fournier

Couleurs : D’Authenay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 192

Prix : 24 €

ISBN : 9782800160887



Publié le 26/09/2016.


Source : Bd-best


Fog de Roger Seiter et Cyril Bonin: les mystères de Londres n’ont rien à envier à ceux de Paris!

Il y a quelques mois, Cyril Bonin nous épatait, une fois de plus, avec The Time Before, un nouvel acte dans une oeuvre personnelle empreinte de préoccupations modernes. Pourtant, ce serait oublier que ses premiers pas dans la bande dessinée, il les a faits en compagnie de Roger Seiter dans le « Fog » londonien de l’époque victorienne, entre Sherlock Holmes et les récits de l’ami (moins connu) de Charles Dickens, Wilkie Collins. Ainsi, entre les Indiens navajos, les fanas de spiritisme, les effrayants démons, les marins qui éclusent les tavernes jusqu’à plus soif, les prostituées qui font valoir leurs atouts, les amours contrariés ou des meurtres plus sinistres les un que les autres; les deux auteurs ont signé pas moins de huit albums en huit ans, chez Casterman. Les quatre premiers font l’objet d’une nouvelle intégrale en deux actes aux Éditions du Long Bec. Une excellente idée tant l’univers développés par les deux auteurs reste une référence et dans lequel on n’aurait bien tort de ne pas se replonger.

 


(c) Bonin

(c) Bonin

 

 

Londres l’embrumée, Londres la Victorienne, Londres la… criminelle. En cette deuxième partie du XVIIIème siècle, la capitale britannique est en pleine évolution et entre doucement dans une autre ère. Pourtant, englués dans les brumes, ses mystères sont toujours aussi épais que le Fog ambiant et la pluralité des classes et des castes qui ne jouent pas vraiment toujours en la faveur des enquêteurs de Scotland Yard.

 

 

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Des gars résistants mais soumis à un tyrannique directeur et oppressés par une presse qui n’a rien à envier aux médias populistes actuels répandant la terreur. Non, la tâche n’est pas simple pour Andrew Molton et Julian Harwood. D’autant plus, lorsque deux vikings tueurs sont sortis de leur sommeil éternel par des archéologues trop curieux ou qu’un démon « vampirique » semble s’être échappé du petit monde spirite londonien. Heureusement, sur la route de ces deux enquêteurs, le destin brumeux va leur envoyer le journaliste Ruppert Graves et la splendide et pleine de jugeote Mary Launceston. Mais le quatuor issu du commun des mortels peut-il lutter avec des puissances étranges et occultes?

 

 

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Lancée en 1999, Fog a très vite trouvé son rythme avec deux albums composant à chaque fois une histoire complète, soit quelque 120 planches d’ambiance et de voyage dans le temps. Car Roger Seiter n’a pas son pareil pour visiter une époque dont il semble féru (en témoigne Spécial Branch qu’il réalisera, plus tard, avec Hamo) et le scénariste avait trouvé en Cyril Bonin, une perle qui ne demandait qu’à révéler son éclat et son talent. Du rictus d’un personnage à la démesure horrifique de ce Londres bien loin de celui que nous visitons parfois le temps d’un long week-end.

 

 

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Ainsi, Fog, c’est non seulement des intrigues passionnantes préférant s’immiscer dans les rues sombres et dans les cafés mal famés, au plus près de la mort qui guette, que de lézarder sous le soleil des bons vivants. Sociologique sur les bords, Fog, avant même d’être une fiction et un divertissement à choyer, est une enquête des auteurs eux-mêmes, retraçant et documentant le Londres d’après 1850, recomposant ses strates sociales et la misère, les mauvaises fortunes, qui forgent les destins et font plonger certains dans les affres de la violence et de l’inconscience meurtrière.

 

 

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Dans cette voie, Seiter et Bonin sont même jusqu’au-boutistes, n’hésitant pas à supprimer certains de leurs personnages et à en amener d’autres, quitte à explorer d’autres horizons (des Navajos à Londres, vous aviez déjà vu ça?). Côté dessin, tour à tour lugubre, lancinant, sanglant, parfois lumineux, Bonin posait là les clés d’une voûte qui n’allait cesser de tutoyer les hauteurs, voire même de les repousser. Qui aurait pu dire que le Fog si cher à Carpenter allait accoucher d’un génie graphique dont on n’allait cesser de parler de plus en plus.

 

 

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De bout en bout, cette première intégrale (chez les Éditions du Long Bec, car Casterman avait déjà publié ses propres recueils) se révèle intrigante et bénéficie d’un page-turning jamais démenti. Mais en plus, plus loin que de compiler les quatre premiers albums, cette réédition va plus loin et propose un avant-propos documentaire de Roger Seiter mais aussi, et surtout, une novelisation inédite d’une partie de la seconde histoire. Certes, cela lève un peu le pouvoir à l’imagination qui était donné aux lecteurs à l’époque,  mais ce nouveau chapitre permet aussi de mieux comprendre l’histoire. C’est judicieux. Vous l’aurez compris, si vous ne connaissez pas la série ou que vous l’aviez peut-être (mauvais que vous êtes) oublié dans un coin de votre tête embrumée, il n’y a pas de quoi bouder votre plaisir.

 

Alexis Seny

 

Titre: Fog

Intégrale: Livre 1/2

Scénario: Roger Seiter

Dessin et couleurs: Cyril Bonin

Genre: Mystère, Polar, Enquête, Fantastique

Éditeur: Les éditions du Long Bec

Nbre de pages: 272

Prix: 34,50€



Publié le 23/09/2016.


Source : Bd-best


Ravage, l'apocalypse. Une relecture moderne du chef-d’œuvre de Barjavel

En 2052, François Deschamps, étudiant en chimie agricole, rencontre à Paris son amie Blanche Rouget. Dans cet univers, c’est la guerre entre François et Albert. François gagne cette guerre. Il ne sait pas que le monde va subir un cataclysme sous forme de privation définitive d’électricité.

 

Résumé de l'éditeur :

Le futur. Toute trace de technologie semble avoir disparu de la surface de la Terre. Deux armées se font face devant l’ancien village de La Cadière-d'Azur. De sa tente de commandement, un homme âgé et charismatique s’entretient avec ses conseillers. Hostile à toute forme de progrès, celui que tous appellent le « Patriarche » s’apprête à lancer son attaque pour détruire la « machine » conçue par son adversaire. Car lui se souvient... 100 ans auparavant, en 2052, François Deschamps n’était alors qu’un simple étudiant à l’École supérieure de Chimie agricole de Paris. Fiancé à la jeune et belle Blanche, tout semblait aller pour le mieux dans sa vie. Le monde était régi par une technologie toute puissante. Jusqu’à ce que tout s’arrête. Jusqu’à ce que la catastrophe survienne...

 

 

 


 

Un scénario inspiré de Barjavel

Barjavel n’est pas aussi connu des jeunes lecteurs que Stephen King. Ravage est adapté en bande dessinée par le scénariste Jean-David Morvan qui souhaitait de transposer le roman paru en 1943. L’adaptation est fidèle et captive les lecteurs de science-fiction. Il met en place des éléments futuristes et nous montre un monde qui n’est plus le même que le nôtre parce qu’il a subi des ravages. Graphiquement, Rey Hacutay nous livre une prestation irréprochable.

On attend avec impatience la suite de ces ravages…

 

Jean Jacobs

 

Scénariste :  Jean-David Morvan

Dessinateur : Rey Macutay

Coloriste : Walter

Genre : Science-fiction

Collection : Grafica    

Nombre de pages : 48  

EAN/ISBN : 9782344000625

Prix : 13.90 €



Publié le 23/09/2016.


Source : Bd-best


Mort aux vaches: gangsters et fermiers contre-attaquent dans un polar joyeux et décapant

Mort aux vaches, mort aux condés, mort aux bourgeois etc. Vous connaissez la chanson, on ne va pas vous la refaire mais ainsi vous aurez un petit aperçu dans le récit de cavale de l’inarrêtable Aurélien Ducoudray et du très prometteur François Ravard. Une couverture à faire pâlir les affiches des meilleurs polars français des années 60 et 70 et nous voilà projetés dans les quelques jours qui suivent un casse complètement dingue. Seulement voilà, la mise au vert (et à la campagne) ne va pas se passer comme… prévu.

 


(c) Futuropolis - Ducoudray/Ravard

(c) Futuropolis – Ducoudray/Ravard

 

 

Résumé de l’éditeur: « Dis donc ta gagneuse là, tu trouves pas qu’elle ressemble à une Marianne de mairie défavorisée…» Ferrant, Romu, Cassidy et José. Deux vieux gangsters homosexuels sur le retour, une nymphette et un monsieur muscle dans l’enceinte d’une ferme. Si le casse a réussi, ce n’est pas encore la vie de château pour les associés malfaiteurs. D’autant que le vieux cousin Jacky s’est improvisé éleveur bovin spécialiste en génétique, et qu’il cache ses bêtes atteintes de la vache folle.

 

 

(c) Futuropolis - Ducoudray/Ravard

(c) Futuropolis – Ducoudray/Ravard

 

 

Ne venez pas dire que c’est cliché, c’est normal, c’est voulu et les deux auteurs en jouent avec un malin plaisir. Ainsi, dans Mort aux vaches, c‘est un casting d’enfer qui compose cette fresque truande et hyper-divertissante.

 

 

(c) Futuropolis - Ducoudray/Ravard

(c) Futuropolis – Ducoudray/Ravard

 

 

Jugez plutôt: des gendarmes pas si loin de Saint-Tropez et ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez; des braqueurs archaïques, anarchico-anachronique dans une époque qui semble être la nôtre, ou, du moins, n’en est pas loin; une braqueuse amatrice passée allumeuse professionnelle, deux gays, une vache folle et des fermiers qui, pour vaincre la solitude, s’en vont chercher l’amour à l’est. Tout un programme.

 

 

(c) Futuropolis - Ducoudray/Ravard

(c) Futuropolis – Ducoudray/Ravard

 

 

Avec ses personnages savamment explosifs, inutile de vous dire que les deux auteurs nous emmènent dans un trip détonnant où les braqueurs ne sont pas vraiment doués pour faire profil bas. En témoigne, par exemple une bagarre pas comme les autres mais épique dans une discothèque et bien d’autres passages hilarants.

 

 

(c) Futuropolis - Ducoudray/Ravard

(c) Futuropolis – Ducoudray/Ravard

 

 

Ventura n’est jamais loin (les baffes se perdent, d’ailleurs), Audiard non plus Ducoudray-isé (« Ravachol de supérette ! Guernica en carton ! Miterrandiste !« ) et François Ravard, inspiré, livre un hommage inventif et, tour à tour, sensuel, viril et avec une ambiance impériale (quelques successions de cases muettes à la force hallucinante). Quelle révélation.

 

 

(c) Futuropolis - Ducoudray/Ravard

(c) Futuropolis – Ducoudray/Ravard

 

 

C’est bien connu, les héros n’ont pas froid… aux yeux. Et dans le genre, François Ravard et Aurélien Ducoudray sont sacrément burnés, réinventant un genre qu’on pensait, sauf rares exceptions, éculé depuis des lustres! Loin de l’industriel, on revient au « fait main », cousu sur mesure. Et quel spectacle, ça donne!

 

Alexis Seny

 

Titre: Mort aux vaches

Récit Complet

Scénario: Aurélien Ducoudray

Dessin: François Ravard

Noir et blanc

Genre: Polar, Comédie

Éditeur: Futuropolis

Nbre de pages: 112

Prix: 19€



Publié le 23/09/2016.


Source : Bd-best


Choubi-Choubi mon chat pour la vie 3 VS Choubi-Choubi mon chat tout petit 2

« - Bien ! Dînons maintenant ! … Tiens ! Ton repas Choubi-Choubi ! … J’avais laissé du poisson refroidir rien que pour toi… Mais ? »

            « - Mi Hiii… Psshhh. »

 

            Mamie est bien surprise et le chat bien attrapé. Son poisson chaud a été croqué et l’animal s’est retrouvé la langue brûlée. C’est bien connu, l’assiette du voisin est toujours plus intéressante que la sienne.

 

 

 

 

 

 

            Konami Kananata a délaissé la délicieuse Chi pour la vie plus casanière mais non moins palpitante de Choubi-Choubi. La mangaka propose deux séries parallèles présentant la chatte à deux époques distinctes de sa vie.

 

            Dans Choubi-Choubi, mon chat pour la vie, série créée en 1990 avant la vague « Chi », une grosse chatte qui ne demande que la tranquillité, la féline vit avec une mamie dans une maison japonaise classique. Au total, douze volumes sont prévus.

            Un sushi ou des cigales, une bogue de châtaigne ou une bouillotte, une feuille morte ou un balai sont autant de sortes de choses du quotidien qui, en situation face à Choubi-Choubi, se transforment en autant de déclencheurs de situations lyriques, oniriques, félines… Choubi-Choubi, c’est la vie sans prétention, une ode à l’épicurisme démontrant qu’on peut et qu’il faut profiter d’un rien.

 

 

 

 

 

Dans Choubi-Choubi mon chat tout petit, série créée en 2013 après le tsunami « Chi », la grosse mèmère et la mamie se rappellent de l’enfance de la chatte. On n’est pas très éloigné de l’univers de Chi. De cours chapitres poétiques montrent sa vie au quotidien. La série se clôt avec en deux volumes.

 

Laurent Lafourcade

 

Série : Choubi-Choubi, mon chat pour la vie

Tome : 3

Scénario & Dessin : Konami Kanata

Genre : Shojo

Éditeur : Soleil Manga

Nombre de pages : 162

Prix : 7,99 €

ISBN : 978-2-3020-5398-4



Publié le 23/09/2016.


Source : Bd-best


Louve, La reine des Alfes noirs, la fuite

Louve quitte la maison qu’elle partage avec sa mère, Aaricia, pour retrouver son père. Sa mère tente de la convaincre de rester sans succès. Louve s’en va pour Bag Dadh avec son singe qui communique avec elle par la pensée. Celui-ci donne raison à Aaricia. Louve lui explique que les hommes croient en de nombreux dieux. Le singe, lui, croit en un seul dieu. C’est alors que le nain Tjahzi demande l’aide de Louve pour qu’elle sauve son peuple des Alfes noirs et de leur reine fourbe…

 

Résumé éditeur :

Louve en a assez d'attendre, comme Aaricia, que Thorgal revienne. Elle décide d'aller à Bag Dadh pour le retrouver. A peine en route, elle croise le nain Tjahzi, affolé, qui recherche aussi Thorgal afin qu'il aide son peuple à sortir des griffes des Alfes noirs. Les nains ont été réduits en esclavage afin de forger des haches qui permettraient de trancher les racines d'Yggdrasil, l'arbre sacré d'Odin, dans le but de provoquer le Chaos des Mondes. Et voilà Louve plongée dans une aventure merveilleuse et effrayante qui fera émerger à nouveau sa la part la plus sauvage de sa personnalité !

 

 

 

 

Un scénario compliqué


Les auteurs emmènent Louve chez le peuple nain qui est sous la coupe des Alfes noirs qui veulent détruire le royaume d’Asgard. Le scénariste Yann nous plonge dans la mythologie scandinave et dans les aventures passées de Thorgal. Louve se frotte au nain Tjahzi, à la gardienne des clés et à Volsung de Nichor. Le lecteur doit s’accrocher et relire la série mère. Le dessinateur Surzhenko sauve un scénario qui manque d’originalité grâce à un graphisme superbe proche de celui de la série mère.
On attend quand même la suite avec impatience !

Jean Jacobs

 

Éditeur : Le Lombard

Collection : LES MONDES DE THORGAL

Série : Louve

Titre : La reine des Alfes noirs Tome 6

EAN : 9782803637010

Scénario :  Yann

Dessins :  Surzhenko



Publié le 22/09/2016.


Source : Bd-best


Planète Gaspard, encore quelques rêves enfantins après la rentrée

Connaissez-vous Gaspard? Écolier distrait imaginé par le duo BeKa et Domas, Gaspard n’est pas loin d’être le cousin rêvant de Martin Mystère et vit de folles aventures sans pour autant bouger de sa classe. N’en déplaise à sa maîtresse. De quoi prolonger un peu les vacances? Assurément.

 


(c) Beka/Domas/Cosson

(c) Beka/Domas/Cosson

 

 

Résumé de l’éditeur: Gaspard est un petit garçon rêveur, qui est toujours dans la lune. Mais alors, toujours ! Ce qui lui crée souvent des ennuis avec ses parents, sa demi-soeur, son institutrice, ses copains, sa psy… enfin, avec tout le monde, quoi !

 

 

(c) Planète Gaspard chez Bamboo par Beka/Domas/Cosson

(c) Planète Gaspard chez Bamboo par Beka/Domas/Cosson

 

 

Mais que peut bien cacher Gaspard sous sa grand tignasse blonde et dans ses yeux rêveurs? Une imagination débordante et des aventures toujours plus dingues, pardi! Bon, c’est vrai, tout ça ne va pas vraiment de pair avec l’école qui recommence, dans la bd comme dans la vie. Mais la rentrée et l’école n’ont pas que des mauvais côtés. Que du contraire, même.

 

 

(c) Beka/Domas/Cosson

(c) Beka/Domas/Cosson

 

 

C’est avant tout des copains et des amitiés qui se tissent. Comme Colin, le nouvel ami avec qui Gaspard passe le plus clair de son temps… enfin quand il ne l’oublie pas sur le trottoir. D’ailleurs, si Gaspard parle beaucoup de son nouveau camarade, Colin reste un grand inconnu aux yeux des parents de Gaspard. Si bien que ceux-ci ne sont pas loin de penser que ce Colin n’est qu’un rêve de plus, un ami… imaginaire.

 

 

(c) Domas

(c) Domas

 

 

« Un enfant qui rêve est un enfant heureux« . Partant de ce constat, BeKa et Domas (dont le trait nous rappelle un peu Jojo, qui nous manque tant) créent un univers sans télé, sans smartphones. Un terrain de jeu propice aux rêves et aux aventures inédites, comme seul un enfant à l’imaginaire foisonnant peut y donner lieu. Ça marche, c’est tendre, attachant et malicieux. À mettre dans les mains de nos têtes blondes car par les temps qui courent, de telles lectures sont des petits trésors.

 

Alexis Seny

 

Série: Planète Gaspard

Tome: 1 – L’ami imaginaire

Scénario: BeKa

Dessin: Domas (Fb)

Couleurs: Maëla Cosson

Genre: Gags, Humour

Éditeur: Bamboo

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€



Publié le 22/09/2016.


Source : Bd-best


La fille du professeur, un album de bande dessinée surréaliste

« - C’était un télégramme de Père, il ne rentrera pas. »

            « - Très bien. Enfin, je veux dire, rien de grave au moins ? »

            « - Pour nous, si. Il dit que le gens du Museum vont venir vous prendre pour une exposition. »

            « - ça me changera les idées. »

            « - Vous ne comprenez pas ! C’est vous qu’ils veulent exposer. Derrière une vitrine ! Vous ne pourrez plus bouger ! »

 

            Et là, c’est le drame. Dans l’Angleterre victorienne, pour les beaux yeux de la momie du Pharaon Imhotep IV, la fille du professeur Bowell, archéologue de son état, va commettre l’irréparable, une bévue, une gaffe, une boulette,… un crime. Liliane et Imhotep vont donc se retrouver en cavale jusqu’à ce qu’ils soient confrontés au père de ce dernier, également momifié. Le procès sera inéluctable !

 

 

 

 

 

 

Publiée en 1997 dans la défunte et non regrettée collection Humour Libre, La fille du professeur trouve aujourd’hui un écrin à sa valeur, toujours Libre, mais plus Humour, toujours Libre, mais Aire Libre, la prestigieuse collection quasi sans faux pas des éditions Dupuis. Emmanuel Guibert peut enfin offrir une couverture digne de ce nom. Rappelons que la particularité d’Humour Libre était de proposer des couvertures minimalistes, présentant juste un ou deux personnages principaux en minuscule devant un fond de couleur souvent pétant…tout ça pour la visibilité en grandes surfaces. Tu parles ! Un échec. Pourtant des fleurons ont ainsi été publiés, comme La vie est courte de Larcenet et Thiriet, les gags animaliers de Gary Larson, ou encore cette fille de professeur. Mais revenons-y.

 

On y croise une Reine Victoria désabusée, boulotte et secouée, des avocats volubiles, des gardes royaux anglais perspicaces, ou pas, et des marins véreux. On y assiste à des scènes de dialogues truculentes, à des courses poursuites, à des rêves, à des crimes et à des moments d’amour.

 

 

 

 

 

Les deux auteurs en sont encore à leurs premières armes. Le scénariste Joann Sfar n’a pas encore créé le chat d’un rabbin. Le dessinateur Emmanuel Guibert n’a pas encore raconté la guerre d’un Alan. Cet album est leur première collaboration. Ils se retrouveront pour Sardine de l’espace, ainsi que pour Les olives noires.

 

            S’il fut des écrivains, des poètes, des dramaturges surréalistes, Sfar et Guibert signent avec La fille du professeur un album de bande dessinée surréaliste qu’auraient adoré Breton, Prévert, Magritte ou autres génies.

 

 

Laurent Lafourcade

 

One shot : La fille du professeur

Collection : Aire Libre

Scénario : Sfar

Dessin & Couleurs : Guibert

Genre : Fantastique

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 64

Prix : 16,50 €

ISBN : 9782800149493



Publié le 22/09/2016.


Source : Bd-best


Des rencontres improbables, de la Lune à la Terre, de la ville à la forêt, mais toujours en BD

Mais qu’est-ce qui peut bien réunir un SDF engoncé dans sa misère et un gamin trisomique qui rêve de conquérir les étoiles? Et que dire d’une citadine un peu perdue dans sa vie parisienne qui se retrouve face à un honnête épicier? A priori, rien de rien ne pouvait les faire s’effleurer, encore moins se rencontrer. C’était sans compter deux albums qui pallient à notre besoin d’évasion en cette rentrée. C’est chez Bamboo et Grand Angle, et ça vaut la peine.

À coucher dehors… mais la tête dans les étoiles

Après être parti sur les traces de la guerre en Tchétchénie dans Amère Russie, Aurélien Ducoudray et Anlor reviennent plus près de chez nous avec un duo improbable: un SDF parisien endurci et aux allures de Capitaine Haddock dans ce qu’il a de plus mal léché, Amédée, et Nicolas, un jeune garçon atteint par la trisomie 21. Un handicap, certes, qui n’entache en rien la trame étoilée qui lui sert d’histoire et ses rêves cosmonautes. Là où Amédée ne demande rien à personne, Nicolas veut tutoyer Gargarine. L’un à la rue, l’autre dans un centre, les probabilités ne jouent pas en faveur de leur rencontre. Mais impossible n’est pas BD.

 


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(c) Ducoudray/Anlor

 

 

Et voilà que dans le fatras qui sert de logis à Amédée, débarque un notaire ruisselant pour faire d’Amédée, l’héritier tant recherché d’une tante oubliée. Bon, Amédée n’est pas le nouveau Largo Winch, faut pas rêver, mais le voilà désormais propriétaire d’une jolie bicoque avec tout le luxe nécessaire à les faire rêver, lui et ses deux compagnons de rue, Prie-Dieu (un Juif-Arabe né à Lourdes et qui se fait un devoir d’allumer des cierges à ses trois religions) et la Merguez (un grand brûlé black). Une maison que les trois originaux peuvent investir de leur fourbi à une condition: s’occuper de manière irréprochable de Nicolas, le fils trisomique de l’improbable tante. Un jeune garçon souriant, insouciant et qui met un point d’orgue à viser la Lune. Quitte à ce que cette conquête spatiale passe par la… fugue.

 

 

(c) Ducoudray/Anlor

(c) Ducoudray/Anlor – Grand Angle

 

 

Annoncé sur deux tomes, À coucher dehors fait partie de ces récits qui commencent sur les chapeaux de roues, originaux tout en sachant se faire tendres à l’ombre d’une société où on fait souvent payer le prix de la différence (il y a suffisamment de faits d’actualité l’illustrant, ces derniers mois).

 

 

(c) Ducoudray/Anlor

 

(c) Ducoudray/Anlor

 

 

Pas si loin du duo du film Intouchables, le récit de Ducoudray et Anlor part ainsi de deux thématiques pas forcément faciles à traiter pour en tirer le meilleur (dialogues, que le Capitaine Haddock et Audiard réunis ne renieraient pas, à l’appui), toute la saveur et éviter les clichés. Le dessin d’Anlor est d’une spontanéité à toute épreuve, efficace et tourbillonnant, tandis que Ducoudray tisse le suspense autour de ce qui ne pourrait être qu’une succession de gags. C’est fort, tour à tour hilarant et diablement touchant!

 

Alexis Seny

 

Titre: À coucher dehors

Tome: 1/2

Scénario: Aurélien Ducoudray

Dessin et couleurs: Anlor

Genre: Comédie, Drame

Éditeur: Bamboo

Collection: Grand Angle

Nbre de pages: 48

Prix: 13,90€



Publié le 20/09/2016.


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